Et toujours les forêts, Sandrine Collette

Le livre : Et toujours les forêts  de Sandrine Collette. Sorti le 2 janvier 2020 chez Lattes. 20€. (334 p.) ; 21 x 13 cm

4 e de couv :

Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni les commères dont les rumeurs abreuvent le village, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser.

Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.

À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente.

Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps ; les arbres perdent leurs feuilles au mois de juin. Quelque chose se prépare.

La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement.

L’auteur : Sandrine Collette  est née en 1970, elle est une romancière. Sandrine Collette partage son temps entre Paris et le Morvan.
Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique. Elle devient chargée de cours à l’Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.
Elle décide de composer une fiction et adresse son manuscrit aux éditions Denoël. Il s’agit « Des nœuds d’acier », publié en 2013. Son premier roman rencontre un vif succès critique et public avec 20 000 exemplaires vendus. Il obtient le Grand Prix de littérature policière ainsi que le Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne.
En 2014, elle publie son second roman « Un vent de cendres » (chez Denoël) qui revisite le conte « La Belle et la Bête ».
Devenue l’un des grands noms du thriller français, une fois encore, elle montre son savoir-faire imparable dans « Six fourmis blanches » (2015).
« Il reste la poussière » (2016) obtient le Prix Landerneau du polar. En 2017 paraît « Les larmes noires sur la terre ».
Son huitième roman, « Et toujours les forêts », une fiction post-apocalyptique, a été récompensé, en 2020, par le prix de La Closerie des Lilas et le grand prix RTL-Lire.
Extrait :
Les premiers jours, Augustine avait installé Corentin au grenier. On y accédait par un escalier extérieur. C’était le seul endroit où elle pouvait lui offrir une chambre, le bas étant un espace ouvert. Elle venait le chercher le matin pour le petit déjeuner, il ne devait pas bouger avant qu’elle soit prête. C’était la règle.
Elle se ravisa au bout d’une semaine en remarquant que l’enfant était toujours éveillé quand elle ouvrait la porte du haut, habillé, comme au garde-à-vous, les yeux agrandis par elle ne savait quel sentiment sinon la peur – alors elle se souvint qu’il ne connaissait pas les grands bois sombres, les bruits de la nuit, le silence assourdissant des vieilles campagnes.
Il ne connaissait pas les Forêts.
Un territoire à part, colossal, charnu d’arbres centenaires, de chemins qui s’effaçaient chaque saison sous la force de la nature.
Un territoire maléfique, disaient certains qui ne savaient plus pourquoi, mais c’était un réflexe, chaque fois qu’un malheur s’abattait par ici, les vieilles et les vieux se tordaient les mains en hochant la tête : Ce sont les Forêts.
Rien de bon ne levait jamais dans ces terres maigres, tout crevait, il faisait trop chaud, ou trop mouillé, le sol était bourré de ces insectes qui bouffent les plants par la racine, il n’y avait que de la caillasse, le bétail était creux aux flancs, il n’y avait rien à faire.
Rien de bon non plus dans le cœur des hommes qui s’était asséché depuis des générations.

 

Chronique d’une Flingueuse, l’avis d’Isa

« Et toujours les forêts » de Sandrine Collette

Je n’ai pas souvent d’énormes coups de cœur littéraires. Il y a eu quelques livres qui m’ont hantée pendant de longues semaines « Entre deux mondes » d’olivier Norek. « Ils étaient vingt et cent » de Stanislas Petrovski. « Alex » de Pierre Lemaitre.

« Et toujours les forêts » n’est pas un coup de cœur. C’est un immense coup de foudre.

J’avais déjà lu certains romans de Sandrine Collette. J’avais beaucoup aimé « des nœuds d’acier », un peu moins « six fourmis blanches » et « un vent de cendres »

Dès les premières lignes, les premiers mots, j’ai senti que j’allais être happée par cette lecture. On commence avec l’histoire du petit Corentin qui est d’une intensité rare. Le temps passe. Corentin grandit puis arrive l’apocalypse. La destruction de la terre par un gigantesque incendie. Ce roman noir est le récit de ce jeune homme qui part retrouver Augustine, son arrière grand mère dans les forêts. Une longue marche à travers des paysages lunaires, un désert de cendres parsemé de cadavres. Une lutte sans merci pour survivre dans ce monde de désolation. Ici rien de spectaculaire. Aucun cri. Juste un quotidien très sombre où les protagonistes doivent renouer avec leurs instincts les plus primaires mais où l’espoir garde tout de même toute sa place. Ici, aucune leçon de morale, juste un constat froid et implacable.

Et toujours les forêts est un roman engagé. Fort. Percutant. Envoutant. Asphyxiant. Bouleversant. Intelligent. Une lutte de tous les instants pour reconstruire, réapprendre à vivre, à se nourrir, à rire dans un monde où la couleur grise est désormais omniprésente.

Une écriture ciselée et poétique. Des phrases courtes, hachées, des retours à la ligne. Je suis demeurée en apnée tout au long de ma lecture. J’ai eu envie de ralentir pour prolonger le plaisir, mais impossible. Ce roman est totalement addictif.

En conclusion, un immense bravo à Sandrine Collette pour ce roman qui restera gravé longtemps en moi.

29 réflexions sur “Et toujours les forêts, Sandrine Collette

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s