Burn out de Didier Fossey

La Double Chronique

Une nouvelle 2 flingueuses ont eu la même lecture et vous font le retour de celle-ci dans cette « Double Chronique »


 

Le livre  :  Burn Out de Didier Fossey.  Paru le 28 février 2015 chez Flamant Noir éditions.   15 euros ;  (289 p.) ; 22 x 14 cm. Réédité en poche le 14 février 2018 chez Bragelonne dans la collection Poche Thriller. 7€90. (277 p.) ; 18 x 11 cm

epub 4.99 €

La série des trois premières enquêtes rééditées sous le titre 36 Quai – Les enquêtes du Commandant Le Guenn – chez Flamant Noir Editions – est disponible en format numérique pour 9.99 €

4e de couv :

Paris. Avril 2014. La police enquête sur une série de vols d’objets d’art dans les cimetières de la capitale. Lors d’une nuit de planque, un policier est assassiné. Pas de témoins. Peu d’indices. Boris Le Guenn, chef de groupe de la BAC au quai des Orfèvres, est saisi de l’affaire. Mais il manque d’effectifs et doit mener plusieurs enquêtes de front. La descente aux enfers d’un de ses lieutenants, déterminé à rendre justice lui-même, ne va pas lui faciliter la tache…

Burn-Out nous fait entrer dans l’intimité de la police. Un monde désenchanté, dans lequel l’histoire ne se termine ni bien ni mal : elle se termine, c’est tout. Certains flics boivent pour oublier, d’autres ont une démarche plus radicale, violente, imprévisible… Ça pue la clope, le sang et la sueur de ceux qui veillent sur la population. Ces flics, obsédés par leur boulot, à qui on demande de laisser au vestiaire leurs problèmes personnels, sont vite rattrapés par leurs démons…
Ambiance, jargon, procédures… vous aurez l’impression de faire partie de cette équipe de la BAC dès les premières pages. Didier Fossey a fait toute sa carrière dans la Police nationale, il sait donc de quoi il parle. Quand leur métier prend toute la place, devient insupportable au quotidien et risque de leur faire tout perdre, ils trouvent parfois en leur arme de service l’ultime solution…

Prix Polar 2015 du Lions Club

L’auteur : Didier Fossey en né en 1954 à Paris. Après des études secondaires laborieuses, il fréquente un lycée hôtelier à Granville, en Normandie, d’où il sort muni d’un CAP de garçon de restaurant. Il a la chance de travailler sur le paquebot France, puis dans différents établissements parisiens avant d’ouvrir son propre restaurant. En 1984, il laisse tout tomber pour entrer dans la police, à Paris. Ses années de service en brigade anti-criminalité de Nuit du 13e arrondissement de 1986 à 2001, les nuits de planque, de traque, la morsure du froid, ce monde de la nuit lui plaisent et lui fournissent quelques anecdotes croustillantes qui lui serviront quelques années plus tard.
Après avoir retrouvé des textes écrits autrefois pour le plaisir, il se lance dans l’écriture de son premier polar, Tr@que sur le Web publié dans une petite maison d’édition en 2010. Fort de cette expérience, il écrit un autre polar, Ad Unum, en 2011, toujours dans la même maison d’édition.
En 2014, sollicité par un nouvel éditeur, il écrit un roman d’action. Puis, en 2015, il renoue avec le polar et écrit Burn-Out aux Éditions Flamant Noir. Le livre rencontre un très grand succès et remporte le Prix polar 2015 du Lions club. Depuis, il ne cesse de conquérir les lecteurs !
On pourrait vous dire aussi qu’il est né en 1954, adore son chien Amos, un carlin sur lequel il n’a aucune autorité. Qu’il n’a jamais correspondu aux clichés de policiers, ce qui a lui a valu parfois quelques remontrances. Qu’il aime aussi chiner dans les brocantes, écouter Serge Gainsbourg et manger un Paris-Brest, que sur une piste de danse il a deux pieds gauches et qu’il est ophiophobe, mais ça, c’est une autre histoire…
Extraits :
« Le 13e arrondissement, sa première affectation en sortant de l’école de Police. Gardien de la paix à la vigie Olympiades, sur la dalle du même nom. À l’époque, il y avait encore des effectifs et des vigies ouvertes et équipées, jour et nuit, dans tous les arrondissements, en plus des commissariats centraux. Période bénie de la Pol Prox, ou Police de proximité, tout le monde ne jurait que par ça, c’était la solution miracle à tous les problèmes des cités. Et puis les réductions budgétaires étaient passées par là, exit la Pol Prox, aux oubliettes. »
« « Tous les flics ont des cauchemars, ça fait partie du paquetage », avait dit un jour Olivier Marchal, ancien policier devenu réalisateur de films à succès. Le problème, c’est qu’au départ le flic n’est pas prévenu que le paquetage s’alourdira au fil des ans, et rien n’est prévu pour les ranger, ces foutus cauchemars. Alors certains, comme Franck, mettent une carapace, s’endurcissent et le payent dans leur vie privée. D’autres se laissent déborder, et à défaut de sac pour y mettre leurs peurs, leurs angoisses et les problèmes personnels qui en découlent, se servent de leur arme pour en terminer, à raison d’une quarantaine par an, toutes forces de police confondues. Sa vie privée avait fait les frais de sa vie professionnelle. »

  

La chronique jubilatoire de Dany

Burn out de Didier Fossey

Troisième tome de la série des enquêtes de Le Guenn.

Beaucoup plus intime que les deux précédentes, cet opus approche les angoisses et incertitudes des policiers en charge d’une affaire devenue meurtrière « par hasard ».

Les lecteurs auront de l’empathie pour Guillaume, il serait facile de dire de lui qu’il est coupable de désintérêt pour sa compagne mais en fait nous le voyons très vite, il est victime du système qui en demande toujours plus, n’importe où et n’importe quand ! Quant à ce qu’il fera de la traque de son concurrent : sa réaction est humaine même si ses objectifs sont excessifs.

L’autre personnage attachant c’est Franck, qui a perdu son coéquipier et ne se complaît pas dans l’attente. Il résume à lui seul toute la rancœur de ceux dont les sentiments ne sont pas écoutés

L’auteur Didier Fossey a vécu la BAC de nuit bien trop longtemps dit-il pour ne pas en avoir gardé des traces. Ses romans sont autant d’hommages à ses anciens collègues, son écriture sans doute une délivrance, maintenant qu’il peut dire les choses.

Notons que c’est toujours avec beaucoup de plaisir que le lecteur débusque les clins d’œil d’un auteur à ses confrères de plume. Ici j’ai pu identifier un joailler et un sous-préfet mais il paraît qu’il y en a d’autres cachés.

Boris Le Guenn est bien le chef de clan, il paye de sa personne, il couvre ses collègues, son métier déborde sur sa vie familiale au point d’oublier constamment de donner de ses nouvelles. Tout autre (ou presque) que lui serait insupportable mais c’est Le Guenn, alors nous avons de la sympathie pour lui. Le suivre au fil de cette série procure de très bons moments de lecture.

Lu en version numérique.

Autres extraits
« Quatre gendarmes au tapis sur un cambriolage, on n’est vraiment pas à l’abri ! Les mecs n’hésitent plus, ils flinguent. C’est fini l’époque des « beaux mecs » qui n’opposaient pas de résistance lorsqu’ils se faisaient arrêter. Pour ces truands-là, pas question de buter un lardu. Ça ne se faisait pas. On ne s’aimait pas, mais il y avait du respect. »
 
« Malgré le deux tons, la plaque Police et le gyrophare, la voiture avançait par à-coups. Boris voyait la tête des autres conducteurs irrités de devoir se pousser. Il pouvait voir les lèvres remuer et connaissait par cœur les réflexions qui se faisaient à voix haute dans l’intimité de l’habitacle.
« Ils sont pressés d’aller jouer leur tiercé. »
« Vont être en retard pour l’apéro. »
« À deux dans une bagnole, tu vas pas me dire qu’ils vont sur un truc urgent ?! »
« Ils finissent tôt aujourd’hui. »
« Sont pressés de rentrer à la maison. »
« Regarde-moi ces cons ! Et dire que c’est avec nos impôts. »
Il en avait tellement entendu qu’il pouvait deviner leurs propos rien qu’en voyant leurs têtes.
— Tranquille, Boris, tu vas finir par me faire gerber. »
mots clefs : meurtres, trafic œuvre d’art, Père Lachaise, BAC, filature, adultère, jalousie, surmenage, équipe, police criminelle

10 réflexions sur “Burn out de Didier Fossey

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