Ineffaçables de Clarence Pitz

Le livre : Ineffaçables de Clarence Pitz. Paru le 28/10/2019 aux éditions Nouvelle Bibliothèque. 24 euros ; (510 p.) ; 15 x 21 cm.

4ème de couverture :

Bruxelles 2016. Au lendemain d’une vague d’attentats, des fresques pornographiques apparaissent sur les façades des quartiers populaires de la capitale et secouent l’opinion publique. Épaulé par Fred Boland, jeune recrue immature, l’inspecteur Karel Jacobs est confronté à une série de crimes sexuels d’une perversité sans nom. Les sévices s’enchaînent mais les victimes ne se ressemblent pas. Et le duo est rapidement dépassé par une enquête pavée de violence qui l’emmène dans les recoins sensibles de la ville. Samira, jeune mineure émancipée, est retrouvée violée en plein cœur de Molenbeek. Sa route croise celle de Virgile Plisson, flic infirme relégué à la paperasserie et ancien membre de la cellule tag prêt à tout pour reprendre du service. Du folklore estudiantin aux codes du street art, Clarence Pitz nous emmène dans les profondeurs de Bruxelles à travers un thriller rythmé et immersif basé sur un fait divers attesté, celui des fresques clandestines de Bruxelles.

L’auteur : Après avoir dirigé le casier judiciaire de Bruxelles pendant 7 ans, Clarence Pitz change radicalement de carrière pour devenir professeur d’Anthropologie et d’Histoire de l’Art.
Dévoreuse insatiable de polars et autres littératures sombres, elle se lance dans l’écriture en 2017 et entame une série de romans qui mêlent culture et suspense.
Son premier livre, La parole du chacal, a été finaliste du concours VSD du meilleur thriller 2018.
Ineffaçables est son second roman.
Extrait :
« … hier, aux aurores, Virgile Plisson, le petit gars fade mais bien gentil de la Première Division, l’avait contacté sur son portable pour l’informer que le graffeur libidineux avait de nouveau frappé. Le dessin était comme à chaque fois très clair, extrêmement bien réalisé et, surtout, choquant. Rue des Poissonniers, proche du quartier branché des Halles Saint-Géry, en plein centre de Bruxelles, la façade d’une banque était affublée d’une scène de pénétration sans équivoque et d’une vulgarité inouïe. Un accouplement en gros plan, de plusieurs mètres carrés. »

Les pépites d’Isabelle

Ineffaçables de Clarence Pitz

Clarence Pitz, pour ceux qui ne la connaîtraient pas, est une parfaite ambassadrice de la Belgique. Au salon de Nogent-le-Rotrou, elle m’a fait découvrir les cuberdons, bonbon iconique-et-conique à la framboise. A l’Iris Noir, elle m’a donné quelques bons plans pour découvrir Bruxelles. Dans Ineffaçables, son second roman, la capitale belge n’est d’ailleurs pas une toile de fond mais un personnage central. Clarence en distille l’essence par ses descriptions de lieux, de coutumes ou par l’usage d’expressions linguistiques qui s’inscrivent toujours dans l’action. Et c’est ce qui donne à son livre une atmosphère unique et intrigante, à l’image de sa couverture qui faisait partie des finalistes du prix Osny & Clyde 2019 de la plus belle couverture de polar, je tiens à le souligner 😉
L’idée de départ est originale. Elle s’inspire d’un fait divers qui, en 2016, avait fait couler beaucoup d’encre : l’apparition de dessins pornographiques géants sur les murs de Bruxelles. Dans le roman, ils préfigurent une série de crimes sordides.
Trois policiers traquent le graffeur à l’origine de ces fresques clandestines. Cette enquête les entraîne dans une course contre la montre à travers toute la ville et ses faubourgs, et en particulier à Molenbeek. Notons que, pour une fois, la commune n’apparaît pas comme un haut-lieu du djihadisme mais comme une terre d’asile, de reconstruction et d’entraide.
Autre milieu particulièrement bien décrit, celui du street art et des graffeurs, très investi à Bruxelles, dont le credo, les tendances et les techniques sont fidèlement rapportés. Il faut aussi souligner le respect des procédures policières qui donne toute sa crédibilité à l’enquête. Clarence a dirigé le Casier judiciaire de Bruxelles et cela se sent. Le réalisme est d’ailleurs une de ses marques de fabrique, ne comptez pas sur elle pour édulcorer une scène de sexe ou de violence.
Quel que soit leur rôle dans l’histoire, tous les personnages du roman sont aboutis. Nos trois enquêteurs sont originaux, et croyez-moi, ce n’est pas facile d’innover dans ce domaine où tout a été tenté, ou presque. Clarence a su, en quelques traits, les faire vivre sous nos yeux.
Je me suis immergée avec plaisir dans ce roman à la palette riche et variée. La nature du récit et l’univers dans lequel il prend place en font, à mon avis, un polar plutôt qu’un thriller, même si son rythme haletant peut évoquer la série 24 heures chrono.

8 réflexions sur “Ineffaçables de Clarence Pitz

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