Le Jour du chien noir de Song Si-woo

Le livre : Le Jour du chien noir de Song Si-wooTraduit du coréen par Lee Hyonhee et Isabelle Ribadeau Dumas. Paru le 1 octobre 2020 aux Éditions Matin Calme. 19,90 € ; (304 pages); 15,4 x 22,5 cm. 

 4ème de couverture :

Le cadavre d’une randonneuse est retrouvé dans la forêt et un policier débute son enquête. Un homme assassine un voisin sans raison en le croisant dans l’escalier de leur immeuble. Travaillant sur ce second meurtre pour le compte de son oncle avocat, un jeune étudiant en
droit découvre que le meurtrier appartenait à un groupe de personnes dénonçant certains traitements contre la dépression. Or plusieurs membres de ce groupe se sont suicidés ou ont commis des crimes très peu de temps après avoir eux-mêmes cessé leur traitement.

Peu à peu, les deux enquêtes se rejoignent tandis que l’hécatombe se poursuit au sein des membres de ce groupe de parole.

 

L’auteur :  Song Si-woo est née à Daejeon. Elle étudie la philosophie à l’université de Koryo après quoi elle commence à écrire des polars : La maison du lilas rouge (adapté à l’écran en 2014), L’enquêteur qui courait (adapté en série TV en août 2019) et Le Jour du chien noir.
Elle reçoit le prix Jeune Talent de la revue Mystery. Elle est également l’autrice d’un recueil de nouvelles : L’Os de l’enfant.
Elle travaille à la Commission nationale des droits humains à Séoul, spécialiste de droit, éthique et psychiatrie.

 

Extrait :
            – Im Na-min le réconforta ; elle lui dit de ne pas se blâmer. « C’était peut-être son destin. Qui aurait pu l’empêcher ? » Elle se mit à se soucier de Kim Yeol. Pour lui, Cho No-hoon était un véritable soutien. Appuyés l’un à l’autre, ils tenaient debout. Quand l’un tombe, l’autre tombe. Le suicide est contagieux. Im Na-min ressentit l’urgence, le consola, le rassura. « Cho No-hoon a dû être apaisé dans ses derniers moments de vie : nous étions près de lui, en fait surtout toi. Alors il ne faut pas plonger avec lui. Il faut vivre nos vies. » Elle pensait que Kim Yeol avait dû aborder le sujet avec Sol Lisa pendant leur dernière promenade
Sans doute était-ce la raison pour laquelle la jeune fille, impressionnable, avait sombré d’un coup. Et Kim Yeol en souffrait aussi. Mais le fait que Kim Yeol se confie et cherche du réconfort auprès de quelqu’un est bon signe se dit-elle. Il faut parler quand on est envahi de pensées morbides. Il faut évacuer les pensées dangereuses par la parole. Cela empêche la mort de se faufiler partout en silence et de prendre le dessus. Im Na-min se demandait si c’était une bonne idée d’avoir décidé tacitement de ne pas mentionner le défunt. Im Na-min eut donc une longue conversation avec Kim Yeol : ils échangèrent des anecdotes joyeuses ou tristes, parlèrent de ce qu’ils devaient au disparu et évoquèrent sa personnalité unique. La brise nocturne ranimant les flammes vacillantes du feu en train de s’éteindre, ajoutait une note mélancolique.

 

 

Les émotions de lecture de Cécile

 Le Jour du chien noir de Song Si-woo:

Les Éditions du Matin Calme, et la fiction coréenne en général, ont l’art et la manière de m’emmener sur des chemins que je n’aurais peut-être pas empruntés seule. Ici, je suis partie à la rencontre du chien noir, terme que l’auteure Song Si-woo a emprunté à Winston Churchill pour parler de sa dépression. Avec talent, dans un style fluide et aux phrases percutantes, elle en fait un personnage central de son polar.

Du fléau de la dure et compétitive société coréenne, de la controverse sur le pouvoir des laboratoires pharmaceutiques, et de la lutte compliquée contre cette maladie, l’autrice nous en livre un polar sans temps mort. On suit un jeune avocat stagiaire et des flics sur la piste de malades qui cherchent la difficile guérison au sein d’un groupe de paroles, sur celle d’un père prêt à tout pour trouver le responsable du suicide de son fils et surtout sur celle d’un assassin en puissance qui profite de la détresse de chacun.

Une jolie réussite noire à la conclusion inquiétante, à mettre entre toutes les mains d’un public averti des dangers de la morsure du meilleur ennemi de l’homme ; le chien noir !

 

 

4 réflexions sur “Le Jour du chien noir de Song Si-woo

  1. Hé, mes parents ont un chien noir ! Ok, elle a des traces de fauve dans son poil, mais tout de même… Faut juste se méfier de ses coups de langue, vu tout ce qu’elle tripote avec sa langue… beurk !

    Je ne possède pas encore ce roman, mais je note, je note ! 😉

    Aimé par 1 personne

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