Face Mort, Stéphane Marchand

Le livre : Face Mort de Stéphane Marchand – Paru le 15 octobre 2020 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir –  19.90 € (464 pages) ; 14 x 21 cm

4ème de couverture :

« Une intrigue qui fait froid dans le dos… Impossible à lâcher ! »
Jérôme Toledano, Librairie des Cyclades

Le sous-lieutenant Georges Kabla, petit génie tout juste sorti de Polytechnique, effectue son stage au centre radioélectrique des Alluets-le-Roi, en réalité une base d’écoute de la DGSE. Sa mission? Paramétrer Face Mort, un algorithme de reconnaissance faciale extrêmement sophistiqué. Quand la machine déclenche une alerte après avoir détecté et analysé une vidéo, la France se retrouve en première ligne face à une conspiration impitoyable…

À des milliers de kilomètres de là, de l’autre côté de la Méditerranée, en Afrique du Nord, une femme traque dans le plus grand secret les djihadistes français pour les éliminer. Maxime Barelli, capitaine dans les forces spéciales, affronte ses vieux démons, mais obéit aux ordres. Jusqu’à ce matin où elle découvre qu’une arme inconnue vient d’être testée dans une petite ville de Libye. Une arme qui choisit ses victimes, aussi insaisissable que l’air, et qui menace l’Hexagone !

L’auteur : Stéphane Marchand est né en 1960.  En 2016, il publie, sous le nom de Stefan Palk, son troisième roman, un thriller captivant, Cognitum.
Stéphane Marchand est diplômé de l’École polytechnique et de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE).
Il commence sa carrière en 1987 au journal « Le Figaro » comme reporter au service Étranger. Il est envoyé l’année suivante à Jérusalem comme correspondant alors que se termine la guerre du Liban et que commence la première Intifada. À la fin de 1990, il est correspondant du Figaro à Washington, où il couvre la fin du mandat de George Bush (père) et le premier mandat de Bill Clinton. Il analyse en particulier, de Washington, les suites de la première guerre du Golfe et les guerres des Balkans.
De retour en France, toujours au Figaro, il est rédacteur en chef du service de Macroéconomie. En 2006, il est directeur adjoint de la rédaction du Figaro, en charge des pages Débats Opinions où il signe des éditoriaux.
Il quitte le Figaro en 2008 et fonde, puis dirige jusqu’en 2009 le journal économique en ligne E24.
Il est chroniqueur économique sur la chaîne France 24 et rédacteur en chef de ParisTech Review, une revue anglophone consacrée aux technologies et destinée à promouvoir dans les grands pays émergents, les enseignements et les unités de recherche des écoles de ParisTech, en partenariat avec la Harvard Business Review, la revue Knowledge@wharton et le journal Les Echos. Il est chroniqueur scientifique au journal L’Opinion.

Extraits :
 
« Le café était une mine d’or. C’était le dernier péage avant la plage de Khoms, la dernière occasion, pour les voyous de la ville, de piller les maigres possessions des migrants africains qui convergeaient vers la Compagnie nationale du ciment, à trois cents mètres au nord. Là-bas, après des milliers de kilomètres à travers le Sahel, les rabatteurs confiaient les migrants aux passeurs. Tout le monde pouvait monter à bord. Il suffisait de payer pour embarquer. »
« — Moi, je crois qu’une arme génétique, ça existe déjà. Nous avons toujours traité le cancer comme on bombarde une ville qu’on veut détruire. La chimiothérapie, c’est un bombardement. On utilise d’ailleurs les mêmes agents que dans les armes chimiques. Et, comme dans les bombardements, il y a beaucoup de dommages collatéraux. 
Une toux sèche le secoua comme un prunier. 
— Mais maintenant, grâce aux progrès de la génétique, nous savons que chaque cancer est unique. Nous pouvons exterminer des cellules cancéreuses spécifiques, d’une manière spécifique, chez une personne spécifique. Comme un laser. Il faut simplement construire le projectile pour transporter l’arme. 
— Mais qui est capable de fabriquer ça aujourd’hui ? demanda le Belge. 
Le vieux professeur n’avait pas l’habitude d’être coupé. Pourtant, loin d’en prendre ombrage, il répondit : 
— Les Chinois. L’Institut de génomique de Pékin est à la pointe sur ce sujet. Ils ont la technologie, la seule question est de savoir ce qu’ils vont en faire. Car, pour être plus clairs, les projectiles peuvent cibler les cellules cancéreuses, mais on peut aussi les programmer pour attaquer des cellules saines. Elles pourraient par exemple détruire des cellules rétiniennes et rendre quelqu’un aveugle, ou des cellules de l’hippocampe pour rendre quelqu’un amnésique. Il n’y a aucune limite à ce qui pourrait être fait. On pourrait même infecter le cerveau en y introduisant de la schizophrénie synthétique, un trouble bipolaire, ou Alzheimer. » 
 

La chronique jubilatoire de Dany

Face Mort Stéphane Marchand

Bienvenu dans la planète de l’e-terrorisme et de l’intelligence artificielle.

Deux super-doués de l’informatique et des technologies de la reconnaissance faciale, vont mettre leurs compétences au service de la nation, cible d’attentats de masse. Ils feront équipe avec le commando de Maxime Barelli, une femme qui est affectée au « nettoyage » de terrain, en bref à l’élimination radicale des ennemis de l’Etat, et comme dans la série « mission impossible », si elle échoue, personne ne la sauvera. Elle va jusqu’au bout pour la protection de son groupe.

Ce thriller technologique n’a rien à envier aux « Clancy » de la belle époque. L’auteur a su faire coller l’intrigue riche et réaliste, aux multiples ramifications, aux angoisses existentielles des populations, aux peurs actuelles. La contamination est vécue au quotidien, mais cette contamination ciblée est le fait de l’ultra haute technologie, sans états d’âmes puisqu’elle est commanditée par des méchants et que les exécutants, sous la façade idéologique, ne se vendent qu’au plus offrant. Un final extrême, très visuel, en apothéose et une dernière page qui laisse pantois.

Un vrai thriller technologique donc, qui embarque le lecteur au plus profond de ses angoisses, qui le questionne sur ses priorités, ses limites, son courage potentiel. Les scientifiques et leurs financeurs sont-ils fous de se lancer de tels défis ? Sont-ils corruptibles ? Au service de quels idéaux peuvent-ils se mettre ? Humanisme ou extrémisme, pouvoir ou finance ?

En conclusion, une très bonne histoire, un choc générationnel … l’éthique a-t-elle un avenir ?
Ceux qui ont aimé les thrillers technologiques de Franck Thilliez, Sylvain Forge et Bernard Minier (et d’autres) seront ravis par ce roman de Stéphane Marchand.

Lu en version numérique 13.99 €.

 

Autres extraits :
« Depuis le matin, l’Élysée était en état de siège. La publication de la photo avait frappé le pays comme une décharge électrique. L’article cochait toutes les cases de la rigueur journalistique, mais il entraînait subtilement le lecteur vers une conclusion qui coupait le souffle : quelques semaines avant le début de la guerre en Libye, en 2011, un banquier français protégé par le colonel Kadhafi avait construit un montage financier aussi illégal que colossal autour d’une ferme solaire géante. Il avait détourné des fonds européens avant de flouer presque tous les investisseurs, sauf sa banque. Paris intra-muros bruissait d’invraisemblables rumeurs de coup d’État. Les gens étaient sonnés. Les réseaux sociaux vomissaient comme jamais. Dans quelques heures, ils seraient furieux et réclameraient des têtes. » 
« Le dirigeant écoutait, une posture rarissime de sa part. 
— Il faut que je dise « je » combien de fois ? 
— Idéalement, une fois seulement. En tout cas, c’est toi qui as décidé d’engager l’opération Philharmonie. Il ne faut aucune ambiguïté là-dessus. 
— Rappelle-moi, comment se comportent les sondages, en cas d’attentat ? 
Le conseiller ne consulta pas ses notes. Il connaissait tout ça sur le bout des doigts. 
— Au-delà de dix victimes civiles, ta cote remonte mécaniquement. Celle du Premier ministre aussi. Au-dessus de vingt victimes, tu montes plus que lui. » 
 

5 réflexions sur “Face Mort, Stéphane Marchand

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