Papote d’auteur, Isabelle Villain était avec Sylvain Pavlowski

Papote d’auteur, Isabelle Villain était avec Sylvain Pavlowski

Souvenez vous, il y a quelques semaine Isabelle nous parlait du dernier roman de Sylvain Pavlowski, Profession de foi(e) .

Aujourd’hui elle nous propose une interview exclusive de son auteur

Alors, écoutant ce qu’ont à nous dire Sylvain à travers les questions d’Isabelle


Bonjour Sylvain, pour ceux qui ne te connaissent pas encore très bien, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Bonjour Isabelle. Tout d’abord, merci de me donner cette opportunité. En quelques lignes, j’approche de la soixantaine et j’habite en région parisienne. Après une carrière internationale, j’ai décidé de prendre mon temps et de me lancer dans l’écriture. Il n’est jamais trop tard. C’est une activité très chronophage et je ne suis pas un rapide quand il s’agit d’écrire, du coup il me semblait impossible de conjuguer écriture et boulot. J’ai attendu aussi longtemps que nécessaire avant de me lancer…et voilà, en 2017 je sortais mon premier roman « La Menace Blackstone ». Suivi de 3 autres livres depuis.

As-tu une ou plusieurs autres passions que l’écriture ?

Je pratique assidûment la voile (en Bretagne Nord) – d’ailleurs existe-t-il un meilleur endroit pour naviguer, hein ? bon je dis ça, je dis rien, je vais encore me faire allumer sur les réseaux ! Mais j’assume. La Bretagne, rien que la Bretagne. Je passe aussi beaucoup de temps avec la famille. J’ai trois enfants et déjà 4 petits enfants… et bientôt 5. La famille c’est important pour moi.

 

Peux-tu me citer un livre qui t’accompagne ?

Question difficile. Je ne crois pas. De fait, je relis rarement un livre. Il existe tellement d’opportunités de découvrir de nouvelles choses. Le seul bouquin relu plusieurs fois c’est « le Seigneur des Anneaux » – mais c’est plus qu’un livre (enfin 3 tomes bien charnus…) – c’est l’univers de Tolkien qui me fascine. Rarement un auteur a passé autant de temps à créer, disséquer un univers. C’est si riche. Et cette lecture peut se faire à tellement de niveaux. De la fantasmagorie à la morale, le monde de Tolkien transcende l’humanité et ses travers. Je ne crois pas qu’on n’ait jamais rien écrit de mieux dans ce style en tout cas.

 

Une chanson ?

Même chose, pas vraiment une seule chanson. Je viens de réaliser que je n’ai finalement que très peu de repères uniques. Plutôt des périodes ou des styles. J’adore Peter Gabriel (période Genesis comprise !) – allez, si je dois en choisir une, je choisirais « Red rain » – un rêve de Gabriel dans lequel il nage dans une mer rouge. À noter que c’est Stewart Copeland, le batteur du groupe Police qui joue des symbales dans le morceau, utilisées pour simuler le bruit de la pluie qui tombe.

 

Un film ?

Alors là oui ! J’ai été complètement scotché par « Midnight Express » le film d’Alan Parker et Oliver Stone (Platoon, JFK) sorti en 78. Je suppose que nombreux sont ceux qui liront cet interview et n’auront pas vu le film. La plupart n’étaient sans doute même pas nés, mais il faut comprendre que c’était la première fois que nous explosait au visage le trafic de drogue et l’univers ultra violent des prisons à l’étranger. J’en ai encore des frissons rien que d’en parler. Bon, depuis on a compris que cette vision post Reaganienne du monde a évoluée, que l’Amérique des gentils contre le monde entier peuplé de méchants, était un poil réducteur, mais à l’époque ça marchait. Il faut se remettre dans le contexte d’une Amérique à la recherche de sa dignité perdue après les désastres du Vietnam et la Corée. Bref, un coup de poing.

 

Un voyage ?

J’ai beaucoup voyagé, parcouru la plupart des pays, mais en mode business, tu vois. Hotels 4 étoiles, chauffeurs, etc… Pourtant, j’ai été véritablement percuté par l’Inde. C’était il y a une dizaine d’années. Dès l’aéroport, tu es dans le bain, obligé de lutter pour sortir, avec les dizaines de rickshaws et les taxis poussifs qui se disputent tes valises. Puis les autoroutes vers Bombay sur lesquelles en double sens, les voitures croisent ceux qui remontent à pied. Le matin à même le sol, des corps entassés sur les trottoirs. Certains semblent sans vie. Les dizaines d’enfants qui t’assaillent dès que tu mets un pied dehors. Et puis ce souffle violent de la vie qui trouve son chemin, la folie des foules qui se croisent, les senteurs violentes des épices. Les voitures hors de prix qui circulent. Ce pays est si particulier, si plein de complexités et de nuances. Tu adores ou tu détestes. Pas de milieu.

 

Tu écris depuis combien d’années ?

J’écris depuis très longtemps, mais je fais partie de ceux qui conservaient leurs griffonnages bien au chaud. Peur du regard des autres sans doute. Manque de courage ou de confiance en soi. Il en faut pour se présenter devant des gens que tu ne connais pas qui te vont lire et te juger. Parfois avec indulgence, souvent assez durement. Et puis un beau jour je me suis dit : allez, lance-toi ! Pourquoi pas ??

Te considères-tu comme un gros lecteur ? et si oui quel est ton genre de prédilection ?

Je lis entre 20 et 30 livres par an. Donc pas un lecteur boulimique, mais oui au moins deux livres par mois. Sans compter la lecture studieuse sur les sujets de mes romans, car tu sais que je me documente énormément avant l’écriture. La lecture reste un plaisir et entre les autres sollicitations de la vie courante, le temps est compté… sans parler évidemment de l’écriture qui est aussi très consommatrice de temps…

Je lis en grande majorité des policiers. J’aime en particulier Connelly et ses Harry Bosch. C’est sans doute l’auteur qui m’a donné le plus envie de me lancer. Mais je lis du Mankel, Deon Meyer, Grisham, Kellerman.

« Profession de foi(e) » est ton 5ème roman, si je ne me trompe pas. Pauline Rougier est ton héroïne récurrente. Envisages-tu un jour d’écrire un « one shot » et de laisser Pauline se reposer un peu ?

Si. Je crois que le moment est arrivé et j’envisage très sérieusement de faire autre chose. J’ai plusieurs idées, mais je ne sais pas trop si mes lecteurs suivront. J’ai publié l’an dernier un livre sur Mai 68 et je dois admettre que de mes 5 bouquins, c’est celui qui a eu le plus de mal. Ceci étant dit, j’écris avant tout pour me faire plaisir. J’ai deux projets en tête. Une dystopie et une histoire de littérature blanche. À suivre. Mais sans doute un de ces deux projets verra le jour en 2021/2022.

La politique et les machinations sont omni présentes dans tes histoires. Tu t’inspires de faits divers pour écrire ?

Généralement pas. En fait, je prends des sujets qui me parlent. Intelligences artificielles, trafics d’armes ou d’organes ou encore misère des migrants qui viennent mourir sur nos côtes. J’essaye de traiter le sujet sans prendre parti, sans jugement, mais avec lucidité. Mon credo : essayer de donner des grilles de lecture pour mieux comprendre notre monde. À mon humble niveau bien sûr…

 

Tu es plutôt du genre « plan super détaillé » ou au contraire « écriture au fil de l’eau » ?

Un peu des deux. Je n’ai pas de plan super détaillé et souvent les personnages prennent des libertés qui me poussent à revoir mon histoire, mais j’ai en tête une structure et quelques scènes structurantes du récit qui vont « porter » l’histoire. Dans « En Apnée » par exemple, la scène du Paris inondé, avec cette vague qui vient submerger les ponts et inonder la Concorde, cette scène-là, associé à celle de Jack et l’attaque du QG des Justes ; ces deux scènes étaient prêtes avant même le reste de l’histoire. Ensuite, je travaille au fil de l’eau. Je laisse les choses se faire. C’est étonnant cette liberté qu’ont les personnages à évoluer pendant l’écriture.

 

Travailles-tu actuellement sur un autre projet ?

Bien sûr ! Un nouvel opus avec Pauline… Mais chut !! C’est secret. Sortie idéalement au printemps prochain.

 

Pour conclure, un coup de cœur ?

J’ai découvert le monde de l’écriture, des auteurs, des éditeurs et des chroniqueurs sur le tard comme on dit. Mais j’ai un peu l’impression d’avoir trouvé une nouvelle famille. Tout n’est pas rose, comprenons-nous bien. Il y a des jaloux, des gens bien et des moins bien, mais on y trouve quand même une certaine forme de solidarité. Alors voilà, je profite de ces quelques mots pour remercier tous ceux qui forment et participent à cet écosystème. Merci aux chroniqueurs, comme toi, et aux nombreux autres qui permettent de faire savoir qu’un livre existe, ces dizaines de groupes Facebook avec les passionnés qui respirent et vivent pour et par la lecture.

 

Un coup de gueule ?

Pas sûr qu’il s’agisse d’un coup de gueule, mais je suis dégoûté de voir tous les salons du livre être annulés les uns après les autres. En respectant les gestes barrières et en demandant aux visiteurs de se comporter de manière responsable, je pense qu’on pourrait quand même les vivre ces salons ! C’est important. C’est du tissu social, c’est l’expression de la culture et pour certains c’est aussi un gagne-pain. Je suis particulièrement déçu que le salon de Nadine (Doyelle) à Longperrier ait été annulé. On attendait tous d’aller y saluer nos copains auteurs (et accessoirement de rencontrer aussi des lecteurs bien entendu). C’est moche ! Moche pour ceux qui investissent leur temps pour les organiser et moche pour les lecteurs qui se font aussi un plaisir de rencontrer les auteurs. C’est un désastre.

 

Un grand merci pour ta disponibilité Sylvain.

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