La Femme de paille, Catherine Arley

Le livre : La Femme de paille de Catherine Arley. Paru le 5 juin 2019 au édition du Masque, collection Masque poche. 8€50. (250 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

En ouvrant la porte, elle crut que ce vendredi serait semblable aux autres, ni plus gai, ni plus triste. Pourtant, elle ne devait jamais, par la suite, oublier ce jour où se déclencha la machination.

Chaque semaine, Hildegarde lit les petites annonces dans le courrier du coeur du journal. Dans son cas, les sentiments n’ont rien à y voir. À trente-quatre ans, Hildegarde ne cherche pas l’amour ; elle cherche la fortune, elle qui a tout perdu pendant la Seconde Guerre mondiale. Un jour, la chance lui sourit enfin. Un vieux millionnaire veut de la compagnie. Mais, s’il est immensément riche, il est aussi odieux. Et son homme de confiance, profondément manipulateur. Hildegarde a la détermination de ceux qui n’ont rien. Et de la détermination, il lui en faudra si elle veut parvenir à ses fins…

Prix du masque de l’année français

 

L’auteur :  Catherine Arley, est le pseudo de Pierrette Pernot, actrice, romancière et dramaturge française, née à Paris le . À la fin de ses études secondaires classiques, elle entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Elle joue ensuite dans des pièces de boulevard et dans quelques films. Elle participe à la création française du Fleuve étincelant de Tennessee Williams. Elle renonce à sa carrière de comédienne après son mariage et au moment où son premier roman, Tu vas mourir, paraît en 1953 chez Denoël dans la collection “Oscar” dirigée par Marcel Duhamel. Malgré cet accueil encourageant, son second roman, La Femme de paille, une histoire d’escroquerie à l’adoption, est refusé par tous les éditeurs français à qui elle le propose. Elle se tourne alors vers l’étranger. Publié en Suisse en 1954, puis traduit dans vingt-quatre pays, son roman se voit adapté au cinéma par Basil Dearden avec Gina Lollobrigida et Sean Connery. La renommée internationale qu’elle acquiert ne lui permet pas plus facilement de trouver un éditeur en France. De 1962 à 1972, elle ne publie que trois romans : Le Talion (1962), Les beaux messieurs font comme ça (1968) qui lui vaut le prix international du suspense, et Les Valets d’épée (1968).Ce n’est qu’en 1972 qu’elle réussit à être éditée en France : Pierre Genève (alias de Marc Schweizer) lance la collection « Suspense » chez Eurédif et il en fait son auteur vedette. C’est la période faste. Elle publie entre autres Duel au premier sang (1973, porté à l’écran par Sergio Gobbi sous le titre Blondy), Les Armures de sable (1976) et À tête reposée (1976), récit d’un drame vécu à travers le père d’un condamné à mort, écrit avec sobriété, qui obtient le prix du suspense français 1979. En 1980, Eurédif arrête sa collection policière. Catherine Arley émigre vers Le Masque qui publie simultanément des inédits et des rééditions pendant deux ans. Son roman À cloche-cœur reçoit le prix du roman d’aventures en 1981. Le Fleuve noir publie en 1990 En 5 sets. Ses derniers romans paraissent directement en traduction japonaise où ils sont aussitôt adaptés pour la télévision. Catherine Arley a également tiré une pièce de théâtre de La Femme de paille qui sera programmée à la télévision en 1976.

 

Extrait : 
Après avoir allumé une cigarette, elle réfléchit. « Hambourgeoise de préférence, n’ayant jamais été mariée, sans famille ni attache »… « Hambourgeoise »… Il préférait sans doute une compatriote. « Sans famille »… Il se préservait de l’invasion d’une meute de pique-assiettes… « Ingénue ou vieille fille s’abstenir »… C’était net.
Les mots magiques « fortune considérable » s’allumaient comme les tilts des machines à sous.
Le prétendant cachait sans doute derrière le bouclier de sa fortune une tare soit physique, soit morale, mais Hildegarde n’était pas en position de faire la difficile.

 

Le post-it de Ge

A 34 ans, Hildegarde lit chaque jour les petites annonces en espérant trouver celui qui peut la tirer de la misère. Elle rencontre ainsi un vieux millionnaire insupportable et raciste, accompagné de son homme de confiance, un homme manipulateur. La jeune femme est prête à toutes les combines pour s’en sortir.

La Femme de paille  est sans doute le roman phare  de Catherine Adley Et quelle bonne idée ont eu les Éditions du Masque de  rééditer ce roman policier paru en 1954 avec, comme coup de projecteur, l’obtention du Prix du Masque de l’année 2019. Ça m’a permis de découvrir ce très bon roman que l’on pourrait aujourd’hui nommer thriller domestique. Il n’a pas pris une ride, cette histoire pourrait tout à fait se passer de nos jours. On est là aussi dans un roman noir, une histoire quelque peu cynique et anticonformistes avec une fin immorales comme je les aime !

 On se souvient aussi du film de Basil Dearden, (Woman of straw, 1964), avec Gina Lollobrigida et Sean Connery

 

Extrait 2 :
L’entretien prenait un ton étrange. Elle avait tout imaginé de cette entrevue sauf de se retrouver de l’autre côté d’un bureau en train de donner ses références.
— Fumez-vous, mademoiselle Maëner ?
— Volontiers.
Il sortit un étui d’or de sa poche et lui offrit une cigarette qu’il alluma à un briquet d’or également. Elle fut un peu décontenancée de voir qu’il ne fumait pas.
— Êtes-vous bien installée ?
— Très confortablement, je vous remercie.
— Je suis désolé, il n’y avait plus de chambre sur la mer.
34— Aucune importance, je suis très bien sur les jardins.
— Tant mieux. Votre voyage n’a pas été trop pénible ?
Elle fit signe que non et se demandait s’il l’avait fait venir d’Allemagne pour une conversation à bâtons rompus, sans doute préférait-il rester dans le vague avant de se faire une opinion. Mais Hilde, après avoir imaginé le pire, ne pouvait que le trouver acceptable. Elle aurait aimé se lever et dire : « topez-là, marché conclu », puis descendre dans Cannes acheter les choses les plus folles pour rattraper le temps perdu.
— Puis-je vous demander, mademoiselle Maëner, quels sont vos moyens d’existence ? Il est si remarquable à notre époque qu’une femme puisse surnager dans ce chaos.

2 réflexions sur “La Femme de paille, Catherine Arley

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