Rencontre d’auteur, Fanny était avec David Hennebelle

Les rencontres de Fanny H

Rencontre d’auteur, Fanny était avec David Hennebelle

 

Aujourd’hui je vais vous parler de l’auteur David Hennebelle que j’ai rencontré à la librairie Le Marais du Livre à Hazebrouck.

David Hennebelle est né en 1971 à Lille. Professeur agrégé et docteur en histoire, il s’est d’abord consacré à la recherche historique. Ses travaux ont porté sur l’histoire sociale et culturelle de la musique en Europe au XVIII. En 2009, il met au jour un document inédit sur le séjour versaillais de Mozart de 1763-1764 (Revue de musicologie, 2009, 95/1, p.195-196). Son roman « Mourir n’est pas de mise » est lauréat 2018 du prix littéraire Georges Brassens.

Ce jour-là, l’auteur est venu nous présenter son roman « Je marcherai d’un cœur parfait » avec une date de parution au 18 mars 2020, en plein confinement, les envois étant programmés vers les libraires, impossible de faire marche arrière. Il nous dit avoir été un peu déçu par le fait de ne pouvoir échanger avec les lecteurs à cette occasion mais que cela apprend patience et humilité. Je pense qu’il faut être empreint d’une certaine sagesse pour parler comme cela. Rares sont les personnes qui parlent comme cela de nos jours.

L’affaire des moines de Tibhirine le préoccupait depuis longtemps. L’alchimie d’un lieu exceptionnel et d’êtres exceptionnels est l’élément déclencheur pour lui écrire. Il est  également très inspiré par le réalisateur Terrence Malick.

Ce livre n’est pas une biographie, ce n’est pas ce qu’il a cherché à faire. Il avait envie de se confronter à un sujet un peu plus étranger pour lui : la croyance. Il s’est basé sur les nombreux écrits de Frère Luc, Frère Christian et Frère Christophe et quelques extraits du journal de la communauté. C’est une recherche historique normale mais sur des aspects canoniques, théologiques et religieux comme la lecture de la bible. David Hennebelle ne voulait pas trahir les faits qui sont donc rigoureusement exacts dans son livre. Pour lui, l’écriture littéraire permet plus de liberté que l’écriture historique. 

L’écrivain René Charlet, accompagné de sa femme, étaient présents dans l’auditoire car ils ont vécu un temps en Algérie.

L’auteur a un projet littéraire bien défini : la Quête de l’absolu, une sorte de cycle et la recherche ce que l’homme a fait de plus noble. L’envie d’écrire est pour lui un dépassement de soi avant tout. Il nous apprend qu’il écrit lentement, laborieusement, douloureusement et de façon fragmentée. Il cherche à mettre beaucoup de silence dans son écriture (j’adore cette phrase qui prend tout son sens dans Je marcherai d’un coeur parfait). 

David Hennebelle a tenté deux fois de se rendre en Algérie mais son visa n’a pas été accepté et bien sûr, pour l’instant avec les problèmes sanitaires que nous connaissons, ce voyage n’est plus d’actualité. Ce n’est que partie remise car il est, de plus, toujours en contact avec le prêtre actuel. Il existe une association qui vise à protéger les écrits des moines, elle se nomme Association des Ecrits des 7 frères de l’Atlas en lien direct avec l’abbaye Notre-Dame d’Aiguebelle dans la Drôme où se trouvent tous les écrits des moines de Tibhirine, il n’y a plus rien en Algérie. 


Questions/Réponses :
 

  1.  Fanny : Lorsque vous êtes en période d’écriture, en parlez-vous autour de vous ? A votre famille ou vos amis ? Ou êtes-vous plutôt dans votre bulle ?

C’est très solitaire mais en même temps j’ai envie de partager et d’échanger. J’en discute assez facilement avec mes proches. Je fais lire des passages, j’aime avoir un regard critique sur mes écrits, échanger mais j’ai parfois le sentiment de voler du temps aux autres. Ecrire ce n’est pas que de la peine et de la lutte pour moi, c’est aussi de l’excitation. 
 

  1. Vous dîtes que vous écrivez douloureusement. Donc comment avez-vous vécu la période du confinement, douloureusement aussi ou a-t-elle été prolifique ?

L’écriture a été stérile pendant plusieurs mois ainsi que la lecture comme pour beaucoup, j’ai été incapable de lire. J’en ai profité pour faire énormément de marche dans la campagne et pratiquer la méditation.

3. Est-ce exact que vous vous consacrez uniquement à l’écriture actuellement et si oui, est-ce une envie que vous aviez depuis très longtemps ou vous est-elle venue plus tard ?

Enfant, j’ai écrit des poèmes et commencé quelques petits bouts de romans très minimes. J’ai produit des choses qui serviront à d’autres. Et le premier roman m’a servi à la fois à m’éclairer sur « qu’est-ce que je peux écrire  ? Et comment ? ». Avant, je pataugeais sans avoir le sentiment de faire quelque chose d’original ou vraiment très personnel.


L’auteur est dans une phase documentaire pour son prochain livre. Il définit sa catégorie comme littérature du réel car il part du réel pour nous écrire l’histoire.

David Hennebelle est habité, c’est certain. Il vit pleinement sa quête de l’absolu et nous la fait ressentir également. Il dégage quelque chose d’indescriptible.
Je lui souhaite  d’arriver à ce qu’il recherche et de continuer à nous le faire partager.

Merci à cet auteur pour cette belle rencontre et au Marais du Livre pour l’organisation de celle-ci.

4 réflexions sur “Rencontre d’auteur, Fanny était avec David Hennebelle

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