Le labyrinthe de Pan, Guillermo del Toro  et Cornelia Funke

Le livre : Le labyrinthe de Pan de  Guillermo del Toro et Cornelia Funke. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christophe Rosson. Illustré par Allen Williams. Paru le 14 novembre 2019 chez Michel Lafon. 17€95. (317 p.) ; illustrations en noir et en couleur ; 23 x 16 cm

4e de couv : 

Tu ne devrais pas venir ici.
Tu pourrais te perdre.
C’est déjà arrivé.
Je vais te raconter l’histoire…

IL ÉTAIT UNE FOIS…
Dans les contes, il y a des hommes et des loups, il y a des bêtes et des fées, il y a des enfants et des forêts.
Comme toutes les jeunes filles qui ont la tête pleine d’histoires, Ofelia sait tout ça. Alors quand elle rencontre son beau-père, elle voit tout de suite le capitán Vidal pour ce qu’il est, dans son uniforme immaculé et ses gants de cuir : un loup.
Mais rien ne peut la préparer à affronter la réalité hostile de la maison du capitán, au cœur d’une inquiétante forêt qui cache bien des secrets, dont un labyrinthe protégé par son terrifiant gardien. Là où la monstruosité et l’humanité se rencontrent, là où les mythes deviennent réalité.

 

Les auteurs :
Cornelia Funke
est auteure allemande de célèbres séries de romans fantastiques pour la jeunesse. Son oeuvre a reçu plusieurs prix dont le Grand Prix de l’imaginaire pour Coeur d’encre.
Guillermo Del Toro
est le réalisateur mondialement connu et encensé du Labyrinthe de Pan, de La Forme de l’eau (oscars du meilleur film et du meilleur réalisateur) et de Pacific Rim.
 
 Extrait 
PROLOGUE
On raconte que, il y a de cela fort longtemps, dans un royaume souterrain qui ne connaissait ni le mensonge ni la douleur, une princesse rêvait au monde des humains. La princesse Moanna rêvait de ciels bleus, d’océans de nuages ; elle rêvait d’herbe, de soleil et du goût de la pluie. Si bien qu’un jour elle faussa compagnie à ses gardes et découvrit notre monde. Le soleil effaça bientôt tous ses souvenirs, jusqu’à ce qu’elle oublie qui elle était, d’où elle venait. Elle erra, souffrit du froid, de la maladie, endura mille maux. Enfin, elle mourut.
Son père, le roi, refusa d’abandonner les recherches. Il savait que l’esprit de Moanna était immortel ; il espérait plus que tout le revoir un jour.
Dans un autre corps, une autre époque. Un autre lieu peut-être.
Il attendrait.
Jusqu’à son dernier souffle.
Jusqu’à la fin des temps.

Le Sach’Avis de Sacha Erbel

Le labyrinthe de Pan, Guillermo del Toro  et Cornelia Funke

Le  » ça c’est du Guillermo tout craché » du jour!

Comme toutes les jeunes filles fascinées par les histoires, Ofelia sait que dans les contes il y a des enfants, des loups et des fées. Mais elle n’est pas prête à affronter la réalité hostile de la maison de son beau-père, le capitan Vidal, entourée d’une inquiétante forêt aux multiples secrets, dont un labyrinthe protégé par un gardien terrifiant.

Une fois n’est pas coutume, voilà un livre tiré d’un film! Film réalisé par l’excellent et fantasque Guillermo del Toro. Film dont j’etais sortie avec un sentiment… bizarre, voire même de malaise, mais dans le bon sens du terme, hein! Le livre, des années plus tard, me laisse le même sentiment incroyable! Mais lequel, tu vas me dire!

Le « Labyrinthe de Pan » est un conte, mais un conte cruel et mélancolique à la fois! L’Espagne de Franco et cette jeune Ofelia, prisonnière de ce beau père violent et sans pitié. L’enfant cherche un refuge dans un monde imaginaire peuplé de fées et d’un faune qui paraît si bienveillant. Le livre est aussi sombre que le film et ne te laisse pas sans réflexion sur la noirceur qui peut envahir l’âme humaine. L’innocence de l’enfance et la recherche d’évasion percute la réalité avec une telle violence que lorsque tu fermes ce bouquin, ben tu ne sais plus trop où tu habites! Une bonne gifle! Aller, vas prendre la tienne!…🥰

Autre extrait
 » Il était une fois, dans le nord de l’Espagne, une forêt si ancienne qu’elle connaissait des histoires oubliées des hommes depuis longtemps. Les arbres s’ancraient si profondément dans le sol tapissé de mousse que leurs racines s’enroulaient aux ossements des morts, tandis que leurs branches tutoyaient les étoiles.
Tant de choses sont perdues, murmuraient les feuilles sur le passage des trois berlines noires qui empruntaient ce chemin de terre bordé de fougères.
Mais tout ce qui est perdu peut être retrouvé, chuchotaient les arbres.
On était en 1944, et la jeune fille assise à l’arrière d’une des voitures, à côté de sa mère enceinte, ne comprenait pas ce que soufflaient les arbres. Bien qu’âgée d’à peine treize ans, Ofelia ne connaissait que trop bien le sens du verbe « perdre ». Son père était mort voilà un an et il lui manquait si fort que, parfois, son cœur lui faisait l’effet d’un coffret vide où ne restait que l’écho de sa peine. Elle se demandait souvent si sa mère souffrait elle aussi, sans jamais lire hélas le moindre indice sur son visage pâle.
« Blanche comme la neige, rouge comme le sang, noire comme le charbon, aimait à répéter son père d’une voix où perçait toute sa tendresse lorsqu’il regardait sa femme. Tu lui ressembles tellement, Ofelia. » Perdu.
Elles roulaient depuis des heures, laissant derrière elles tout ce qu’elles connaissaient, s’enfonçaient dans cette interminable forêt, pour aller trouver le nouveau père que sa mère lui avait choisi. Ofelia le surnommait « le Loup » et préférait le chasser de ses pensées. Quand bien même les arbres semblaient murmurer son nom.
L’adolescente n’avait pu emporter avec elle que quelques livres. Elle en avait d’ailleurs un posé sur les cuisses, dont elle caressait la couverture. Quand elle l’ouvrit, le blanc des pages sembla éclairer les ombres qui emplissaient la forêt, et les mots lui procurèrent un refuge, du réconfort. Les lettres étaient comme des empreintes dans la neige, un immense paysage blanc épargné par la douleur, par des souvenirs trop sombres pour être conservés, trop doux pour être abandonnés.
– Pourquoi as-tu pris tous ces livres, Ofelia ? Nous nous installons à la campagne, enfin !
Le voyage en voiture avait encore pâli les traits de sa mère. La voiture, et l’enfant qu’elle portait. Elle arracha le livre des mains de sa fille ; les paroles apaisantes se turent.
– Tu as passé l’âge de lire des contes de fées ! Tâche plutôt d’observer le monde qui t’entoure ! « 

 

10 réflexions sur “Le labyrinthe de Pan, Guillermo del Toro  et Cornelia Funke

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