Heureux qui comme Alyce, tome 2 : A vu cent paysages

Le livre : Heureux qui comme Alyce, tome 2 : A vu cent paysages. Paru le 19 août 2020 chez Evidence Editions. 22€. (640 pages) ; 21 x 15cm

4ème de couverture :

Alyce et ses loups victorieux, de retour de Lutèce, se sont perdus. Attaqués, déroutés puis désorientés, ils ont dû vaincre le Cyclope. Ils ignoraient alors que leur voyage ne faisait que commencer.

Dix ans à la chercher, dix ans qu’on la croyait perdue dans les contrées de l’ancienne Europe effondrée. Toutes les rumeurs ont couru, des histoires ont mêmes circulé, la plupart sont fausses. Des déserts irradiés du Sud au camp sordide de Drancy, en passant par le barnum géant de Circé, Alyce va connaître l’enfer, la mort, puis la résurrection. Une odyssée qui n’a rien d’une partie de plaisir. Dans son village, son régulier Ego, et son fils TélémaK l’attendent, persuadés qu’elle est encore en vie. Le pouvoir en place va-t-il tenir ? Les ambitions des prétendants ne sont-elles pas si puissantes qu’elles pourraient obliger son régulier à tout lâcher ? Alyce arrivera-t-elle au bout du voyage ?

L’auteur : Jérémy Bouquin, né en 1975, touche à tout, mais surtout passionné : il est vidéaste, scénariste de comics book (Le privé, Freddy Marteau), et animateur radio Auto-éduqué à grands coups de néo-polar, bercé par l’ambiance polar avec des auteurs comme Ellroy, Hammet, J.P Manchette, la SF cyberpunk de Gibson Sterling et les comics books d’Alan Moore, Miller, Warren Ellis et Ed Brubaker. Il est l’auteur de plusieurs nouvelles, de plusieurs romans et même d’un thriller fantastique pour ados.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Extrait : 
Gus venait de sortir Alyce du coffre. Pliée depuis une dizaine d’heures, enchaînée dès leur évasion du camp de travail de Drancy, la Daronne retrouve la lumière. Elle plisse les yeux.
Gus ne l’a pas bâillonnée, elle a promis de ne pas crier ce coup-là, de ne pas taper la carlingue.
Elle n’a fait aucune remarque.
Elle s’était rapidement, simplement, dépliée du coffre, les bras en l’air. Gus, lui, toujours méfiant a braqué son calibre en direction de la Daronne. Il se doute bien qu’à la longue, elle risque de trouver une faille et, là, elle peut à tout moment le secouer.
Alyce est rusée, il le sait.

 

La Kronik d’ Eppy Fanny

HEUREUX QUI COMME ALYCE – T2. A VU CENT PAYSAGES

DE JEREMY BOUQUIN chez Évidence Éditions – ISBN 979-10-348-1560-9

 

Introduction :

Dans ce dernier volume on découvre le périple d’Alyce et ce qu’ont été ces 10 années pour elle. Les récits croisés des hommes à sa recherche et celui qu’elle fait en se racontant à Gus composent ce roman. Cette héroïne attachante m’a accompagnée encore un moment, même après avoir refermé le T2. Il est vrai que les sujets sociétaux abordés sous travers de fiction ne peuvent que faire réfléchir. Et que, suivant nos sensibilités personnelles, nous inventerons une fin différente. Les possibilités sont multiples.

 

L’histoire :

Dix ans plus tôt :

L’oracle et le Maori sont à la recherche d’Alyce. L’oracle, qui n’était qu’un charlatan, a désormais de vraies visions. La fille de Tonnerre, grâce à qui Trois est tombée, a disparu. Taloche, le fidèle de Tonnerre, est lui aussi à sa recherche. Il n’a pas confiance en l’oracle en qui Tonnerre, affaibli et mourant, a mis tous ses espoirs.

De nombreux corps de motards sont retrouvés mais pas celui d’Alyce. Qui a osé ? Des manouches, des maraudeurs, des Touaregs. Ces gangs des cités sont capables de tout. Ou alors une milice ? Il y a tant de possibilités. En fait ce sont les Cyclopes qu’Alyce a affrontés. Et rares ont été les survivants. Des deux côtés.

Comble de malheur, les Cimmériens, qui n’étaient jusque-là qu’une menace lointaine, sont arrivés en Bretonnie, sur les terres de Kalvaire, qu’ils attaquent tout en continuant d’avancer. Inéluctablement.

Dans les coulisses, des accords se nouent, des partages de pouvoirs se mettent en place…

Et pendant ce temps TélémaK et Simone grandissent. Lui perfectionne son business avec Gorillaz, en bonne intelligence et sans éthique.

Tonnerre meurt. Les Darons n’ont plus de président. Voilà un poste fort envié enfin libre. Doublement avec la disparition d’Alyce. Les Cimmériens s’installent, par ruse ou par force, avec la complicité du gouvernement central qui a négocié avec eux pour conserver leurs privilèges. Mais qu’attendre d’autres d’oligarques ? Ce nouveau monde bouge en reprenant de nombreux codes de l’ancien : magouilles et compagnie et loi du plus fort.

Le village d’Ego est en danger depuis qu’Alyce et ses loups ne sont plus là pour le protéger.

Il va devoir accepter des compromis pour le sauver. Compromis que Télémak refuse.

 

Alyce et Gus, maintenant :

Alyce tente de raviver la mémoire de Gus, de Gavroche. Elle veut tant comprendre.

Lui l’observe. La légendaire, toujours aussi douée avec une fronde malgré sa déchéance physique. Il espère qu’elle ne va pas crever avant qu’il ne l’ai conduite à destination. C’est qu’il en attend une grosse récompense. Puis il veut connaître l’histoire, la vraie. Que lui est-il arrivé après l’affrontement des Cyclopes. Elle lui parle alors de ce désert, de cette terre ocre, radioactive ? De cette chaleur qui tue le jour et ce froid qui finit le boulot la nuit. Et la voilà, avec ses compagnons de route, captive de « taupes », d’humains dégénérés, isolés, qui vivent sous terre dans des galeries. Mais surtout qui sont des Morphales. Les pires, ceux des montagnes. Pour eux, ses compagnons et elle ne sont que de la viande.

Et quitte à crever, Alyce va se battre. Et va mourir avant de se réveiller deux ans plus tard.

 

Extrait page 220 :

« Deux ans dans le coma, tous les sens endormis, les organes qui fonctionnent au minima et, là, d’un coup, la machine repart. Je reprends vie, mais mon corps aussi. Le trauma est présent physiquement. Comme des décharges électriques permanentes, un corps qui se retrouve, qui, du coup, réagit comme si on me tazait, des articulations grippées, des muscles secs, presque collés à la peau. Je ne suis qu’une loque. Je ne suis que souffrance. »

Cette souffrance la ronge, seule la pensée d’Ego et de TélémaK la motive. Cinq ans désormais qu’elle a ressuscité.

 

Extrait page 268 :

« Hier, Alyce s’est vue dans une glace, un reflet embué sur une vitre fêlée, une forme qu’elle doit mettre un temps à reconnaître. Elle a vu ce qu’elle est maintenant, presque méconnaissable, seulement la forme de ses yeux, celle de son front, un peu son sourire, quand elle peut ouvrir la bouche correctement. Elle est chauve maintenant, elle a perdu ses cheveux. Au début, ils l’avaient rasé, mais rien n’a repoussé. La plaque lui couvre l’arrière du crâne, brute de fonderie, en ferraille, la peau prise dedans. »

 

Elle se trouve dans un camion avec d’autres fracassés. Un camion qui s’arrête. Des installations d’autres véhicules, nombreux. Et ces personnes, telles des fourmis qui s’activent pour installer ce cirque nomade. Ses sauveurs sont des Queers Roaders. Et la musique omniprésente qui s’aligne sur le beat. L’univers de Circé, la sirène. Mais la sirène n’a pas d’effet sur elle. Sa plaque de métal la protège. Hélas Circé et sa troupe ne sont pas invincibles et voici Alyce qui change encore de mains… jusqu’à finir à Drancy où Gus l’a trouvée.

Maintenant  qu’elle a fini son récit à Gus, elle préserve le peu de forces qui lui restent. Ils sont en route pour son village. Retrouver enfin son fils et son régulier à qui Gus veut la revendre. Elle doit tenir encore un peu. Les retrouver, enfin. Les voilà arrivés aux abords du Havre.

 

Extrait page 451 :

« Avec la fonte des neiges, la mer a avalé un moment les sols. Elle est venue des fonds comme pour déborder de la terre. Les bidonvilles se sont développés là au début pour y cultiver la terre, croyant en la fertilité des marécages, avant de se rendre compte que les légumes les condamnaient à petit feu, malformations, terribles maux de ventre. Tout ce que cette terre a su faire pousser est comme un poison pour les hommes. »

Mais le est chemin est encore long, d’autant que le maréchal de Drancy en personne s’est lancé à sa poursuite accompagné de ses mercenaires. Ils sont tellement nombreux à la vouloir morte…

 

Mon ressenti :

Dans cette seconde partie nous découvrons le récit passionnant des 10 années qu’Alyce a traversées, mais également ce qui s’est passé au village, dans la Daronnie, ainsi que les enjeux et les motivations des personnages, attachants comme détestables. Une suite qu’il est impossible de lâcher tant que le point final et le mot « fin » ne sont pas arrivés. Pour ma part une belle nuit blanche pour finir ce récit bien noir. 

Une fois encore, il y a de l’humour, du cynisme, de la dérision. C’est noir, c’est trash, c’est du Jérémy et j’ai adoré.

 

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