Les protégés de Sainte Kinga de Marc Voltenauer

Le livre : Les protégés de Sainte Kinga de Marc Voltenauer. Paru le 1er octobre 2020 Chez Slatkine & Cie. 21€90. (544 p.) ; 24 x 16 cm

4ème de couverture :

« Saler sa propre vie était une exhortation à être en paix avec soi-même et avec les autres. Saler sa vie signifiait s’élever contre toute forme d’injustice, de discrimination et d’intolérance. Saler sa vie, c’était mettre au cœur de son existence une exigence morale d’amour qui dépasse frontières et différences. Pourtant ils étaient allés trop loin. »

Le 16 mai 1826, Aaron Salzberg descend d’une diligence sur la place de Bex. Il a quitté sa Pologne natale pour travailler dans les mines de sel qui font la notoriété de la petite ville suisse. Son exil dans les Alpes vaudoises va tourner à la tragédie.

Près de deux siècles plus tard, l’inspecteur Andreas Auer est appelé en urgence : un homme, déguisé en Charlot, retient des otages dans la mine. Parmi eux, les élèves d’une classe de l’enseignement secondaire. Le compte à rebours commence.

 

L’auteur : Né en 1973, Marc Voltenauer a étudié la Théologie à l’Université de Genève. Vpus l’aurez compris Marc est suisse. Passionné par les polars nordiques qui le ramènent à ses terres d’origine, il trouve son inspiration dans le pittoresque village montagnard de Gryon.

 

 

 

 

Extrait : 
A toutes les patrouilles d’ACA fixe, on nous signale qu’un vol à main armée serait en cours à la bijouterie, rue de Bourg.
— ACA fixe d’ACA 15. Bien reçu. Nous y allons.
— Bien reçu, ACA 15.
Lionel Magnin et Kinga Nowak se mirent à courir. En arrivant près de la joaillerie, ils ralentirent et se positionnèrent de part et d’autre de la porte, la main sur leur arme de service, prêts à dégainer.
Nowak inclina légèrement sa tête vers le monophone accroché à sa chemise d’uniforme au niveau de l’épaule. Elle appuya sur la
Elle appuya sur la touche d’appel et chuchota :
— ACA fixe d’ACA 15. Nous sommes sur place. Nous allons entrer.
 

 

La kronik d’Eppy Fanny

LES PROTÉGÉS DE SAINTE KINGA DE MARC VOLTENAUER

Chez Slatkine & Cie, 2020, 1ER octobre 2020 – ISBN 978-2-88944-14577

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé l’inspecteur Andreas Auer pour une nouvelle aventure. Très personnelle puisque dans ce récit la vie de son neveu est en jeu.

Une fois de plus, Marc joue habilement de sa machine à voyager dans le temps. Pour le plus grand plaisir des lecteurs et il nous offre un récit riche s’il en est.

L’histoire :

Au tout début il y eu une légende. Celle de Jean Bouillet, dit le Bracaillon. De sa rencontre avec un gnome qu’il suivra et du trésor qu’il découvrira. Ce trésor qui scintille : du sel enfoui sous terre. De ses années envolées et de sa vie sauvée in extremis. Car tout a toujours un prix.

1823 :

Aaron a quitté sa Pologne et arrive à Bex pour travailler dans les mines de Sel. Grâce à ses compétences il va vite progresser et améliorer les rendements. Une progression si rapide fait des jaloux. Il a pris leur place, leur maison, et même convoité la femme d’un d’eux. Mais l’amour rend imprudent. Il n’est pas des leurs. C’est un sale juif qui ne mérite qu’une chose : la mort ! Et lorsque des hommes de pouvoir se lient contre un étranger, ce dernier ne fait jamais le poids. Malgré des amis fidèles.

Aujourd’hui :

  • Un habile hacker active un mail et s’introduit dans le réseau de communication des mines de Bex.

  • Un groupe néonazi, le Bloc identitaire suisse, est réuni dans la salle de conférence des mines de sel de Bex. Ils débattent de leur idéologie, eux qui haïssent ce qui n’est pas blanc de peau ni hétéro. Ils ont loué la salle sous le prétexte de créer une nouvelle brasserie.

  • Un groupe d’élèves, leurs enseignantes et une guide débutent la visite des mines. Adam, le neveu d’Andreas, fait partie des élèves avec sa meilleure amie Valentine.

  • Deux sauniers sont déjà à la tâche.

Et tout bascule : des hommes en armes braquent leurs fusils sur eux et dirigent tout ce petit monde dans la salle de conférence. Les nazillons font moins les malins.

La police est appelée sur place. Il y a là Bakary, négociateur de talent, qui visionne la 1ère vidéo reçue. A l’écran un homme habillé en Charlot. Son moyen de communication : un clap de cinéma avec des références à un film de Chaplin et une phrase en latin. Puis des feuilles de papier à hauteur de poitrine délivrent leur message. Charlot est ressuscité et toutes les personnes dans la mine sont ses otages.

Andreas et son équipe vont se joindre au poste de commandement qui est sur place, accompagné d’une petite nouvelle, Kinga. Un prénom prédestiné pour ce qu’ils vont devoir gérer. Ste Kinga étant la patronne des mineurs. Les piliers de l’équipe, Karine et Christophe, sont auprès d’Andrea. Il y a également Mélaine, nouvelle dans l’équipe. Andreas décèle une tension entre Mélaine et Kinga. Il sera toujours temps de percer l’abcès une fois les otages libérés.

Les forces de l’ordre sont concentrées sur les plans de la mine et les caméras. Comment les preneurs d’otages ont pu entrer et comment comptent-ils sortir ? Le mystère est pour l’instant entier. Alors qu’Andrea vient d’apprendre que son neveu fait partie des otages, un wagon sort de la mine. A son bord, un homme ligoté et bâillonné recouvert d’une substance blanche, qui se transforme en torche humaine. Et une seconde vidéo arrive. Un nouveau clap, une référence au film « le Dictateur » et une devise sur les enfants blancs. Bakary, part ses origines, est heurté par ces références. Le voilà face à Charlot pour un 1er contact. Bien compliqué lorsque le preneur d’otage se cantonne au rôle de mime et garde la main. Une rançon est réclamée.

Et là une évidence. Cette prise d’otage a été longuement préparée. Les ravisseurs savent que l’état Suisse n’accepte jamais de payer. Ils se sont donc arrangés pour que ce soit la classe de Valentine qui soit sur place. Valentine, dont le père est le seul à avoir les moyens de réunir la somme dans un délai aussi court. Comment ont-ils fait ? Qui sont leurs complices ?

Voici Charlot qui se sert de Facebook live pour délivrer son message :

Extrait page 116 :

« Aujourd’hui, je m’élève contre toute forme d’injustice, de discrimination et d’intolérance. Aujourd’hui, je vous exhorte à combattre ces crimes contre l’humanité. Que chacun de vous lutte dans la mesure de ses moyens. »

C’est enfin clair, les preneurs d’otages visent le groupe d’extrême droite. Seulement, au sein de ce groupe, se trouve un policier infiltré depuis 18 mois. La cheffe de la police judiciaire fédérale les en informe. Il ne manquait plus que ça !

Puis un nouveau Clap, une nouvelle demande. Charlot souhaite l’asile politique pour un homme séparé des siens. Cette requête fait tomber le masque et permet la découverte de son identité. D’autres otages seront sacrifiés. La demande suivante sera pour qu’un abbé, qui par ses propos incite à la haine envers les homosexuels, présente publiquement des excuses.

Quel lien y a-t-il entre toutes ces demandes disparates ?

Heureusement, le compagnon d’Andréa, Mikaël, fait des recherches utiles qui vont venir éclairer cette histoire. Une enquête éprouvante pour Andrea et son équipe, pour Bakari qui n’oublie pas l’enfant qu’il n’a pu sauver et qui doit aujourd’hui sauver une classe entière. Une enquête qui conduira Andrea hors des frontières Suisses pour un final dont personne ne sortira gagnant. N’est pas Sun Tzu qui veut.

Et alors, ces mots prendront tous leurs sens :

« Saler sa propre vie était une exhortation à être en paix avec soi-même et avec les autres. Saler sa vie signifiait s’élever contre toute forme d’injustice, de discrimination et d’intolérance. Saler sa vie, c’était mettre au cœur de son existence une exigence morale d’amour qui dépasse frontières et différences. Pourtant ils étaient allés trop loin. »

En conclusion :

Une fois encore un pur bonheur de lecture avec toujours des sauts dans le temps. Ce que pour ma part j’apprécie particulièrement. L’auteur aborde dans ce roman, des faits historiques tels que : la fondation du grand-duché de Varsovie, la persécution des juifs en Pologne, la ligue des frères afrikaners et d’autres ligues qui prônent la suprématie blanche, l’ANC, le sort des réfugiés d’hier et d’aujourd’hui, celui des homosexuels…

Il nous parle également du poids du passé qui construit le présent. De ces nouvelles technologies qui peuvent être dangereuses entre de mauvaises mains.

C’est dense.

C’est passionnant.

Ça interroge sur les moyens de combattre les injustices.

Doit-on devenir à son tour un monstre pour y parvenir ?

Un livre impossible à lâcher tant que la dernière page n’est pas terminée.

6 réflexions sur “Les protégés de Sainte Kinga de Marc Voltenauer

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