EspylaCopa de Jérôme Camut et Nathalie Hug

La nouvelle : EspylaCopa de Jérôme Camut et Nathalie Hug. Paru 3 septembre 2012 chez Bragelonne dans la collection Brage, epub 0.99€. (26 pages)

résumé :

A la suite d’une catastrophe survenue à New York, un homme se voit transporté dans un lieu où tous ses fantasmes les plus sanguinolents se réalisent. Mais en cédant ainsi à ses pulsions, il serait peut-être en train de rater l’occasion d’une ultime rédemption.

 

 

 

 

Les auteurs : 

Jérôme Camut, né en 1968, écrit des scénarios pour le cinéma et la télévision. Thriller historique, aventure philosophique, critique de la civilisation, élan vers l’ailleurs : Malhorne est une tétralogie visionnaire et remarquablement documentée dans la foulée de Bernard Werber et aussi efficace qu’un best-seller anglo-saxon.

Nathalie  Hug est née à Nancy le 13 janvier 1970. Elle grandit vite, si vite qu’elle est toujours la plus grande des filles de sa classe, à son grand dam. Les railleries des couillons, les moqueries, elle connaît. Mais à quatorze ou quinze ans, on ignore que ce que vous reprochent les gens sera plus tard ce qu’ils vous envieront. Aussi Nathalie travaille-t-elle son gauche et devient la bête noire des cours de récréation. Dans l’intimité familiale, elle joue l’enfant modèle. Cours de piano, danse classique. Elle est l’aînée et doit montrer l’exemple.
Les années d’étude passent, la vie suit son cours. L’écriture y trouve sa place. Nathalie noircit des cahiers de poèmes, de nouvelles, de romans qu’elle fera lire à ses professeurs et à ses amis sans jamais penser à contacter un éditeur. Et comme il faut gagner sa vie et qu’elle aime tout ce qui touche à la médecine, elle travaille pour l’industrie pharmaceutique d’abord comme déléguée médicale, puis comme responsable de formation du réseau et enfin comme directrice régionale : elle passe sa vie dans les hôtels, toujours entre deux avions, deux congrès, deux voyages ou séminaires…
… jusqu’à ce qu’un jour de novembre 2004 fasse basculer sa vie.

Mars et juin 2004, Jérôme Camut publie les deux premiers tomes de la tétralogie Malhorne aux éditions Bragelonne. Nathalie Hug se les procure et, bouleversée par sa lecture, décide de contacter l’auteur. Ils se rencontrent peu après : premier regard, premier bonheur. Ils ne se quitteront plus et commencent très vite à écrire ensemble.

Tout en publiant avec Jérôme Camut, ( Les voies de l’ombre dont le premier tome, Prédation est en cours d’adaptation pour le cinéma, et plus récemment la trilogie W3) elle écrit dans un tout autre genre littéraire. Pour L’Enfant-rien, son premier roman « solo », elle a imaginé un personnage naïf et inquiétant, à la voix singulière, aux questionnements bouleversants. Son deuxième roman, la demoiselle des tic-tac raconte l’histoire d’une petite allemande dans la France des années 40, et le 3ème, 1, rue des Petits-pas raconte l’histoire de Louise, sage-femme dans les années 20.

Extrait :
Il n’a pas pu s’empêcher de faire poser des fers à ses talons. Il aime qu’on l’entende marcher, qu’on se retourne sur lui. Il aime qu’on le regarde, et qu’on ne l’oublie pas. Sa démarche est si légère, si racée.
Son allure désinvolte, avec ses épaules jetées en arrière, et son menton relevé. Le résultat d’années d’entraînement et de fins ajustements.
Les mains sur les capots, balançant les hanches, il se faufile entre les voitures.
Il tuerait sur le champ celui qui ferait ça sur la sienne. Sans hésitation. D’ailleurs, la voilà. Et la voir ainsi, tapie dans la pénombre, fait monter dans sa poitrine un sentiment de sérénité mêlé d’orgueil.
La tête rouge, son rêve de gamin, luit pour son plaisir de mille reflets carmin.
— Testa Rossa mia, murmure-t-il.
Il jette un rapide coup d’œil alentours. Au cas où…
Il adore qu’on le voie s’approcher d’elle, et s’y engouffrer.
À première vue, personne. Dommage. Il aurait bien fait l’important devant une jolie fille.
Il accomplit un tour sur lui-même. Toujours rien. Sauf là…
Sur sa droite, à côté d’un pilier, il y a une drôle de forme. Enfin, peut-être. Samuel devine quelque chose de sombre, de plus sombre que le reste, qui dessine comme une silhouette dans le maigre éclairage.
Quelque chose de noir qui absorbe la lumière.
Quelque chose de particulièrement étrange…
La clé de contact en main, Samuel s’attarde un instant, scrutant l’obscurité. Une Ferrari, ça excite bien des convoitises. Il écarquille les yeux.
Mais non, il a dû se tromper. Il n’y a rien.
Une deuxième secousse ébranle son univers. Cette fois, il n’y a pas de doute. Tout son corps tressaute. Il entend des craquements sinistres. Peut-être bien des hurlements. Des colonnes de poussière tombent en tournoyant autour de lui.
Samuel se précipite. Il va la faire rugir, sa bombe rouge. Et sortir de là en deux temps trois mouvements.
Il y a un autre bruit, maintenant, tout proche.
Un sifflement feutré, comme la respiration d’un asthmatique. Ça fait froid dans le dos. Samuel réprime un frisson.
La troisième secousse lézarde le plafond, juste au-dessus de sa belle sportive. Les poutrelles grincent et libèrent une énorme plaque de béton, qui se brise sur le capot avec un bruit sourd.
Samuel est tétanisé. Son regard fixe se brouille de larmes.
Ce spectacle de tôle froissée est pour lui de l’ordre du blasphème. C’est tellement inenvisageable.
Pendant une poignée de secondes, son esprit refuse l’évidence. Puis, lorsqu’il reprend ses esprits, il ne pense qu’à une chose. Son bien est abîmé. Sa vie, sa survie, l’indiffèrent.
Il se jette comme un fou sur les gravats qui blessent la carrosserie et tente de les dégager. Ses gestes sont saccadés, ses mains tremblent. Tout autour de lui, des blocs de ciment écrasent les voitures dans un vacarme assourdissant. Samuel n’en a cure. Il déblaye tant bien que mal le mélange de cailloux et de sable qui reste sur le capot. L’atmosphère est étouffante. La poussière s’épaissit et brûle ses yeux.
Soudain, une douleur fulgurante le plie en deux et le jette sur la tôle aimée, les lèvres écrasées sur la peinture rouge. Le bâtiment gronde, vibre comme une entité monstrueuse.
La température monte brutalement. Il a la sensation d’être prisonnier d’un four. Son cœur cogne si fort contre ses côtes qu’il le sent déborder dans sa gorge. Une quinte de toux le secoue, sa langue épaisse remplit sa bouche un peu trop. Il crache plusieurs fois.
Sa salive laisse un long filet sombre accroché à son menton.
La porte. Rejoindre la porte.
Le panneau de l’issue de secours clignote. L’appelle, en grésillant.
Bzz. Bzz. Bzzzz…
Il se redresse, les doigts maculés de gravats et d’éclats carmin. Son regard brouillé se balance de droite à gauche. De gauche à droite.
Testa Rossa. La porte. Testa Rossa.
Je ne peux pas. On va me la prendre.
Comme pour lui répondre, le plafond s’effondre avec fracas sur le pick-up voisin, dans un déluge de pierres et de cendres.
Assailli de projectiles en tout genre, Samuel lève les bras devant son visage et s’aplatit contre le mur.
Quelque chose retombe à ses pieds avec un bruit différent, étonnamment fort. Un bruit écœurant, comme ferait un mouchoir mouillé en s’écrasant sur le sol. Une forme oblongue, pâle et tachée de sang.
Putain, un doigt !
Un doigt qui tombe du plafond. C’est tellement incongru, presque grotesque.
Avant, Samuel aurait ri. De tout son cœur, de toutes ses dents. Mais Samuel a perdu le goût de rire.
Et il se moque pas mal du propriétaire de ce doigt

 

La Kronik d’Eppy

EspylaCopa de Jérôme Camut et Nathalie Hug

Un premier récit écrit à 4 mains et où on trouve déjà tout ce qui fera le succès des romans à venir.

Samuel, tout dans le paraître.Gagnant né, quitte à piétiner au propre comme au figuré ceux et celles qui lui résistent.Des circonstances, des opportunités, où toutes les barrières tombent. Pouvoir, enfin, aller jusqu’au bout de ses fantasmes de pouvoir destructeur .Mais tout a un prix. Toujours !

J’ai adoré ce récit où j’ai retrouvé la touche Jérôme Camut Nathalie Hug.

Tout est déjà là et ne demande qu’à grandir. C’est fait et avec brio !

6 réflexions sur “EspylaCopa de Jérôme Camut et Nathalie Hug

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