Blog à Part : Portrait de Blogueuse, Sandra de Lettres & Caractères

Salut mes polardeux , Aujourd’hui je reviens avec « mes ITW Blogueur »

une rubrique qui a pris vie il y a un peu plus d’un an sur notre blog et que vous devez commencer à connaître

Blog à part : Portrait de blogueur

 

La quinzième blogueuse à être interrogée aujourd’hui c’est :

Sandra de Lettres & Caractères

Je vous laisse découvrir son ITW Blogueur


Blog à part : Portrait de blogueur Sandra de Lettres & Caractères

ITW Blogueur

Ge : As-tu déjà participé à des interviews ?

Oui mais toujours du côté de l’intervieweur et je ne pensais jamais passer de l’autre côté.

 

1ère Partie

Ge : Bonjour Sandra, es-tu prêt(e) à être soumise à la question ?

Bonjour Ge. D’après ce que je vois, il y en a bien plus qu’une 

Ge : Alors ici on va, je vais essayer de comprendre comment on en arrive à créer un blog et comment on anime celui-ci.

Mais avant cela je sais que mes lecteurs et lectrices sont curieux

Alors, peux-tu te présenter ? je veux tout savoir, ta scolarité, ton parcours pro, ton âge, oui je le demande même aux dames ! Surtout quand elle aime le noir !

Comment faire simple et court quand on a un parcours un peu atypique ? Je m’appelle Sandra Delhert, j’ai 41 ans, j’habite à une cinquantaine de kilomètres de Toulouse, au pied des Pyrénées et je suis mariée et belle-mère de deux ados plutôt sympas. Depuis bientôt 20 ans, j’écris pour les autres puisque je suis tout à la fois rédactrice web, chef de projet et responsable éditorial (oui, sans e à éditorial, même pour les femmes puisque l’éditorial est le domaine de compétence et non un adjectif, voilà un parfait exemple de mon quotidien : traquer les fautes et notamment celles que je commets en nombre).

Avant d’en arriver à travailler dans le domaine du contenu web, j’ai suivi une scolarité plutôt originale puisque je n’ai pas le bac mais un brevet de technicien agricole en polyculture et élevage équin à la place, complété par un cursus universitaire en rédaction journalistique et en édition électronique. Entre les deux il s’est passé quelques années ponctuées de rêves et de désillusions aussi, de belles rencontres et d’opportunités mais tout ce que je peux dire c’est que je ne regrette rien de mon parcours atypique. J’ai toujours pensé que la singularité était une force parce qu’elle oblige à se battre pour se faire accepter alors qu’on ne rentre pas dans le moule.

Ge : Et tu as bien raison, la singularité ça nous parle chez Collectif Polar. Mais dis-moi : Quelle place avait la lecture dans ton milieu familial ?

Je viens d’une famille d’ouvriers qui n’a jamais lu pour se cultiver mais pour se divertir. Je me souviens de mon père qui nous racontait au déjeuner les chapitres qu’il avait lus la veille. Ses auteurs favoris étaient des raconteurs d’histoires du terroir : Claude Michelet (notamment la saga Des grives aux loups), Christian Signol, Régine Deforges (ah La bicyclette bleue…) ou encore Bernard Clavel. Ce sont les premiers auteurs de livres pour adultes que j’ai d’ailleurs lus et j’en conserve un goût prononcé pour les écrivains qui savent raconter une histoire et nous embarquer dans leur univers. Pour autant, à la différence de mon père, je ne lis pas pour m’évader mais pour ressentir des émotions fortes, fussent-elles très noires.

Ge : Comment abordait-on le livre chez toi ?

Le livre était sur la table de chevet, on ne l’ouvrait qu’avant d’aller dormir. La journée était réservée à l’action, pas à la rêverie à mon grand désarroi.

Ge : Veux-tu bien me montrer ta/tes bibliothéque (s) :

Et m’expliquer comment elles fonctionnent, comment elles sont rangées ?

Avec plaisir ! Plus les années passent, plus je lis et plus mes bibliothèques rapetissent. Avant j’embarquais ma vingtaine de cartons de livres dans chacun de mes déménagements, je ne me voyais pas vivre sans mes livres. Et puis, presque du jour au lendemain, j’ai eu une sorte de déclic en voyant le contenu de ma bibliothèque : les livres lus qu’elle contenait étaient essentiellement des livres que j’avais peu voire pas aimés, tous les autres avaient été prêtés à droite ou à gauche sans aucune illusion sur leur possible retour. Du coup j’ai décidé de faire du vide dans ma bibliothèque, de me débarrasser de tous les livres lus pour ne conserver que les livres à lire. Cette longue explication pour dire tout simplement que ma bibliothèque est aujourd’hui ma pile à lire. Elle est rangée par maison d’édition pour le côté esthétique de la chose mais j’ai toujours une petite pile des livres que je dois lire absolument en priorité qui traîne dans un coin.

Ge : Rhooo, il faut que je suive ton exemple, mes bibliothèques débordent et pourtant je donne beaucoup de mes livres. Mais revenant à nos livres justement ! Le livre et la lecture pour toi c’est quoi ?

Ce qui me motive à me lever le matin car je démarre toujours ma journée par une heure de lecture.

Ge : Moi aussi j’essaie même 2 heures en fait . Bon sinon…Es-tu papier ou numérique ?

Papier, numérique et audio. J’aime le contact du papier, la praticité et la légèreté de la liseuse en déplacement et je ne conçois pas un trajet en voiture sans un livre audio. Les trois supports sont complémentaires et je choisis celui qui convient le mieux à chaque livre.

Ge : Pareil, le livre audio c’est quand je mets en page les chroniques de notre blog pour toute la team de Ge et ses flingueuses ou les différents articles de notre blog, là, en ce moment par exemple.  En parlant de bibliothèque, vas-tu ou es-tu allée en bibliothèque ?

Non je n’y vais jamais car je ne lis que des livres neufs. Etre la première à ouvrir un livre participe en grande partie à mon plaisir de lecture. Même quand je décide de relire un livre, je vais m’offrir une nouvelle édition (ce toc de lecteur a-t-il un nom ?). En tout cas tu comprends mieux maintenant pourquoi ma bibliothèque est en fait ma Pal.

Ge : Alors là je ne sais pas le nom officiel de ce TOC. Et du coup As-tu une librairie attitrée ? Une ou plusieurs d’abord. Une ou tu achètes tes bouquins ?

Oh oui ! J’ai la grande chance d’avoir un beau-frère libraire qui tient une merveilleuse librairie à Marmande dans le Lot-et-Garonne : Le gang de la clef à molette. J’aimerais un jour pouvoir sauter le pas comme Xavier et son associée il y a 6 ans. Leur aventure m’inspire beaucoup.

Ge : Où achètes-tu principalement tes bouquins. (Ça peut-être dans différent lieu, par exemple, moi c’est dans ma librairie de quartier, dans les librairies où je vais voir des auteurs, des librairies que je visite en vacances. Et aussi énormément sur les festivals et les salons où je vais. Parfois même c’est dans ma bibliothèque quand je reçois des auteurs…mais là c’est une libraire qui vient vendre les bouquins à la biblio pour l’occasion)

Autant que possible je les commande auprès de mon beau-frère mais, il est évident que si je croise une librairie sur mon chemin, je ne vais pas pouvoir m’empêcher d’y entrer et d’y acheter plusieurs livres (un seul ça serait un crime). J’en achète aussi de temps à autre chez Cultura car c’est l’enseigne la plus proche de mon travail et parce que je m’y rends aussi pour mes activités manuelles. Et lorsque je fais des virées à Toulouse, notamment pour des rencontres entre lecteurs, je m’arrête autant que possible chez Ombres blanches, Terra Nova, Privat et le Chameau sauvage (une super petite librairie de quartier qui a ouvert l’an dernier dans le quartier des Minimes).

2ième Partie

Ge :  Bon passons aux choses sérieux, tu es toujours prêt(e) ?

Ah parce que ça n’était que l’échauffement, là ? 

Ge : Oui, Oui   que l’echauffement , je sais je suis curieuse ☺!!!

Ge : Alors Sandra, combien de livre lis-tu par semaine, par mois, par ans ?

Par semaine c’est difficile de répondre, tout dépend de l’épaisseur du bouquin que je suis en train de lire et de ma motivation à le finir mais sur une année j’arrive à un peu plus d’une centaine.

Ge : Tiens-tu décompte précis de tes lectures ?

Jusqu’au mois de septembre, je faisais un bilan mensuel très précis de mes lectures mais j’ai arrêté faute de temps.  Et puis je suis dans une période où j’ai plus envie de me laisser porter que de tout calculer et anticiper.

Ge : As-tu une PAL ?

Voir ma réponse concernant ma bibliothèque  ☺

 Ge : Combien de livre dans ta PAL ?

300 ? 400 ? je ne saurais dire exactement

Ge : Pour toi c’est quoi ta PAL, quelles relations entretiens-tu avec elle ? Comment la vis-tu ?

C’est une promesse de très longues heures de bonheur. De façon tout à fait paradoxale, j’ai été très heureuse pendant le confinement de voir la production éditoriale s’arrêter pour me laisser le temps de plonger avec délectation dans des œuvres qui m’attendent pour certaines depuis des années. J’ai un peu honte de l’avouer, tant ce confinement a fait du tort à tous les acteurs de la chaîne du livre mais je crois bien que je ne suis pas la seule à avoir éprouvé une forme de soulagement à pouvoir enfin me poser et lire ce que j’avais dans ma pal sans céder à l’appel de la nouveauté. Car c’est bien un stress pour le lecteur que de voir cette pal dont on n’arrivera jamais au bout, tous ces livres que l’on rêve de lire mais que l’on ne parvient jamais à sortir de la pile car d’autres passent avant pour de multiples raisons. C’est très frustrant finalement tout ça. Elle est où l’île déserte où je pourrai m’isoler quelques années avec ma bibliothèque ?

Ge : Alors…. Et le polar dans tout ça ? Pourquoi tu en lis ? as-tu un rapport particulier avec le genre. (J’entends par polar tout ce qui a attrait aux littératures policières, du roman de procédure, au roman noir en passant par tous les types de thrillers…)

Ah le polar… je l’aime autant que je le déteste. En fait, j’aime énormément le roman noir et le thriller car il y a bien souvent un réel travail sur la psychologie des personnages, sur la place de la victime, sur les intensions du tueur. Il se dégage une atmosphère qui me permet de ressentir les émotions fortes que j’évoquais plus haut. J’aime chercher à comprendre comment on peut passer d’un individu normal à un meurtrier, cet aspect-là me fascine. Mais je ne retrouve pas tout cela dans la plupart des polars que j’ai lus (exception faite du dernier que j’ai adoré : Fermer les yeux d’Antoine Renand qui me donne envie de reconsidérer le genre). Ce que je reproche aux romans centrés sur l’enquête c’est l’absence d’horizon, j’ai l’impression de lire toujours un peu les mêmes histoires de flics cabossés, d’enquêtes de la PJ, d’autopsies, d’interrogatoires… En général quand je regarde la 4e de couverture d’un roman, s’il y est fait mention de l’inspecteur Dudul qui mène l’enquête pour traquer le tueur, je le repose direct. C’est difficile à expliquer mais l’aspect procédural ne m’intéresse pas du tout, ce qui me passionne c’est le crime en lui-même, les motivations du tueur, la vie de la victime, les secrets dévoilés et plus on est dans un contexte de normalité et plus ça me plaît, c’est pour ça que je dis toujours être davantage une lectrice de thrillers psychologiques et domestiques que de polars.

Ge : dis-nous, quels sont tes auteurs favoris ?

Je n’ai pas vraiment d’auteurs favoris dans le sens où je ne me jette pas sur toute une biographie quand une œuvre m’a plu mais disons que certains auteurs m’ont fait forte impression à travers un ou deux livres. Je ne cite ici que des auteurs qui ont flirté avec la littérature noire : Truman Capote (De sang-froid),

Thomas H. Cook (Au lieu-dit Noir-Etang),

RJ Ellory (Le chant de l’assassin),

Dennis Lehane (Shutter Island et plus encore avec Mystic River),

Donald Westlake (Le couperet)

et plus récemment Jérôme Loubry (Le douzième chapitre et Les refuges)

ou Karine Giebel (Meurtres pour rédemption et Ce que tu as fait de moi).

 Ge  : Peux-tu nous parler de 5 livres qui t’auraient marqué ces dernières années

Si je prends comme point de départ la création de mon compte Instagram, tous genres confondus, je dirais que les 5 livres qui m’ont le plus marquée sont :

–  Rebecca de Daphné du Maurier découvert dans une incroyable version audio lue par Virginie Méry. Je pense que c’est l’atmosphère hitchcockienne qui se dégage de Manderley qui m’a subjuguée

Nous rêvions juste de liberté de Henri Loevenbruck. Ce roman m’a cueillie par surprise et je crois n’avoir jamais autant pleuré qu’en lisant l’histoire de Bohème

A l’est d’Eden de John Steinbeck. Finalement, si je devais revenir sur la question précédente je citerais Steinbeck comme auteur préféré parce que sa profonde humanité se retrouve dans chacun de ses personnages. Sa plume est exquise, ses dialogues d’une grande finesse, c’est de toute beauté, du premier mot à la dernière ligne. Mais voilà, ça n’est pas de la littérature noire alors ça ne compte pas.

Les démoniaques de Mattias Köping car on peut difficilement faire plus noir. Pour la première fois j’ai eu honte d’aimer autant un livre, ça m’a pas mal bousculée.

De si bons amis de Joyce Maynard. Voilà encore une auteure que j’aime beaucoup et qui m’a fait pleurer à chaudes larmes avec Un jour, tu raconteras cette histoire. Mais dans De si bons amis, point de larmes, seulement un plaisir malsain de suivre une histoire de manipulation psychologique, superbement amenée.

Il y en a évidemment plein d’autres que j’aimerais citer mais mes origines alsaciennes me poussent toujours à respecter les règles édictées. Cinq, c’est cinq, point.   

Ge : Fréquentes-tu les festivals et autres salons…Si oui depuis quand ?

Non plus depuis que j’habite à Toulouse. Quand j’étais à Paris je ne manquais jamais le Salon du livre pour y faire mes emplettes, ce rendez-vous me manque. J’espère par contre aller un jour au salon du livre de Brive.

Ge : Que t’apportent ces salons, ces rencontres ?

A vrai dire, je ne suis pas très attirée par les séances de dédicaces et par les rencontres avec des auteurs dans des lieux où il y a une queue interminable. J’ai presque l’impression d’être dans un zoo face à des animaux en cage qui ne peuvent refuser le contact avec la foule, c’est une position qui m’a toujours mise très mal à l’aise. Je préfère mille fois échanger quelques mots sur instagram avec un auteur que je viens de lire car la démarche est spontanée, c’est l’auteur qui vient parler avec ses lecteurs si le cœur lui en dit, la relation ne lui est pas imposée. Mais j’ai toujours été comme ça, je n’ai pas l’âme d’une groupie, je n’irai jamais vers un chanteur, un acteur ou un sportif que j’admire, j’aurais trop peur de perturber son intimité, c’est l’un de mes traits de caractère.

Du coup, pour en revenir à la question, si je devais me rendre dans un salon ça serait exclusivement pour acheter des livres ou écouter des conférences.

 

3ième Partie Un blog ? Pourquoi un blog ?

Ge: Nous voilà dans le dur, on va sans doute enfin comment pourquoi, et comment on en vient à créer un blog.

Ge : Alors dis-moi :  qu’elles ont été la motivation à la création de ton blog ? Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer dans la création d’un blog

Mon blog, lettres-et-caracteres.com, est né de mon bookstagram @lettres_et_caracteres qui lui-même est né de mon envie de faire place nette dans ma bibliothèque. Je vous disais plus tôt avoir eu à un moment un déclic par rapport aux livres qui étaient en ma possession. D’un coup j’ai eu envie de me séparer de ceux que j’avais lus pour ne conserver que ceux à lire mais pour autant, toutes ces lectures passées m’étaient très précieuses. Alors m’est venue l’idée en 2016 de référencer sur Instagram tous les livres lus au fur et à mesure. Pendant près d’un an je n’ai fait ce compte que pour moi en indiquant pour chaque livre une impression à coup de + et de -, un système de notation très sommaire. Et puis, petit à petit je suis allée voir ce que d’autres lecteurs proposaient sur Instagram, j’ai commencé à discuter avec certains d’entre eux, je suis entrée sans vraiment m’en rendre compte dans la communauté des bookstagrameurs. J’ai alors commencé à écrire des avis plus étoffés, à soigner un peu plus mes photos, jusqu’au jour où je suis devenue carrément bavarde et frustrée par le format limité d’Instagram. De ce jour est née l’envie de disposer de mon propre support pour parler librement de mes lectures. Mais ce qui m’a vraiment fait sauter le pas c’est le fait d’avoir été recalée deux années de suite pour le jury du Prix Audiolib. Pour être membre de ce jury dédié aux livres audio (l’une de mes passions), il fallait être blogueur. J’ai bien essayé de leur expliquer dans ma lettre de motivation que j’avais un bookstagram et que c’était comme un blog, rien à faire, impossible d’intégrer ce jury. Alors après mon dernier refus en janvier 2019 j’ai décidé d’ouvrir ce fameux blog pour être en mesure de présenter une candidature conforme à leurs attentes à l’automne suivant. Et bingo, j’ai été retenue dans le jury pour 2020.  Comme je l’ai souvent dit à l’équipe d’Audiolib, je les considère un peu comme les parrains de mon blog car ils m’ont donné la motivation nécessaire pour me lancer dans cette aventure.

Ge: Comment ont choisi le nom de son blog ?

Pour le blog ça a été facile puisque je n’ai fait que reprendre le nom de mon bookstagram. Mais sur Instagram mon compte s’est d’abord nommé Bien dans mes poches car à l’époque je ne lisais que des livres de poche mais les choses ayant beaucoup changé avec le temps, le nom ne me correspondait plus alors j’ai cherché un pseudonyme qui me représente davantage. Comme je l’explique sur la page A propos de mon blog, les lettres et les caractères font partie de ma vie de rédactrice. Quand on écrit, on compte inévitablement le nombre de signes d’un article (ou le nombre de caractères), quant aux lettres, le parallèle est évident. Et puis, le fait d’associer les lettres et les caractères, ça mettait aussi un peu l’accent sur le fait que j’ai un caractère bien trempé et que je ne mâche pas mes mots quand je parle de ceux des autres. Si j’aime, je sais le dire, mais si j’ai détesté un livre, comptez sur moi pour le dire aussi. C’est un peu ma ligne de conduite. Donc tout ça mis bout à bout, ça a donné ce nom. Nom que j’exploite aussi aujourd’hui comme nom de marque pour mon entreprise de confection de pochettes de livres. Alors qui sait encore où m’emmènera Lettres & caractères ? Jusqu’à l’enseigne d’une librairie peut-être ? En tout cas c’est mon vœu le plus cher.

    Ge :Un bien beau vœu,  j’ai longtemps eu le même. Mais bon passant. Alors dis moi… Quelle est la date de création et l’origine du nom de ton   blog ?

Le blog est né deux fois : la première fois en juin 2019 mais sa première vie fut brève, la plateforme technique sur laquelle je l’avais créé (Wix, pour ne pas la nommer) a été incapable de résoudre un bug très fâcheux qui, du jour au lendemain, avait réécrit toutes les URL (les liens) de mes pages, créant des centaines de pages d’erreur (les fameuses erreurs 404 redoutées par tous les rédacteurs web), tous mes liens étaient erronés, un vrai carnage. Du coup j’ai tout repris depuis le début avec un ami graphiste et intégrateur qui m’a fait un joli site sur-mesure sous WordPress. Cette deuxième naissance a eu lieu fin juillet 2019 et depuis, le bébé grandit bien et se porte à merveille.

J’aimerai une brève histoire pour expliquer comment a débuté son blog ?

Ge : Pourquoi l’avoir nommé ainsi Lettres & Caractères

Oups… je crois avoir anticipé  ces questions.

Ge : Oui en effet ou alors c’est moi qui deviens trop lente !  Quel est le but de ton blog ?

Garder une trace de chaque livre passé entre mes mains (ou mes oreilles), qu’il ait été profondément aimé ou détesté voire abandonné. Evidemment, j’espère toujours que mon avis, tout personnel et subjectif qu’il est forcément, pourra être utile à d’autres.

Ge : Comment fonctionne celui-ci ?

Le plus simplement du monde : dès qu’un livre est lu, il est chroniqué dans la foulée et l’avis est publié sur le blog.

Ge : Où trouves-tu ton inspiration pour écrire tes articles ?

Dans mes impressions de lecture bien évidemment. J’essaye dans la mesure du possible de retranscrire mes ressentis immédiats. Les articles sont toujours écrits à chaud car j’estime que c’est là que je peux être la plus sincère. Il y a des coups de foudre qui peuvent ternir un peu avec le temps mais qui m’ont donné de vrais beaux frissons sur le moment et des colères qui s’émoussent au fil des jours mais qui sur l’instant m’auront vraiment donné envie de balancer le bouquin par la fenêtre. C’est cela que j’ai envie de transmettre dans mes avis. Je n’ai aucune expertise à revendiquer, aucune culture littéraire qui me mettrait en position de critique faisant autorité dans son domaine, je suis juste une lectrice qui prend ou non du plaisir avec un livre et qui le dit.

Ge :Comment les prépares-tu ?

 Je suis simplement la trame de mon blog : un avis, une fiche d’identité du livre et 3 raisons de le lire/3 raisons de ne pas le lire pour finir. A partir de là, je ne m’impose aucune autre contrainte, la rédaction est spontanée.

Ge : À quelle fréquence postes-tu et comment tu t’organises ?

Comme je poste après chaque lecture et que celles-ci peuvent s’enchaîner à un rythme plus ou moins soutenu, il peut très bien y avoir des posts plusieurs jours de suite puis plus rien pendant 8 ou 10 jours.

Ge : Comment fais-tu la promotion de ton blog et de tes posts ?

Je publie tous mes avis à la fois sur mon blog, mon bookstagram, sur Babelio, Bepolar (quand c’est du noir bien sûr), Amazon et j’en fais la promo sur ma page Facebook et ma toute récente page Twitter.

Ge : : Combien de temps consacres-tu à ton blog par jour ?

Comme je ne publie pas tous les jours, je vais plutôt estimer le temps hebdomadaire et je dirais 4h environ. 4h par semaine pour rédiger et publier sur mon blog et sur mes réseaux sociaux. En revanche je ne compte pas là dedans le temps de réponse et d’interaction avec les personnes d’Instagram car ça je le fais au fil de la semaine, je m’y connecte des dizaines de fois par jour, c’est un peu ma deuxième maison. 

Ge : Que t’a-t-il apporté depuis sa création ?

Enormément de découvertes. Quand vous avez un blog, les maisons d’édition viennent plus facilement vers vous vous proposer des partenariats. C’est le meilleur moyen de découvrir de nouveaux genres et pour cela je les remercie sincèrement. De la même manière, j’ai l’impression que ça ouvre plus facilement certaines portes…

En revanche, pour les échanges mon support de cœur reste Instagram. La communauté de lecteurs y est riche, vivante, vibrante. Ca gueule parfois, on ne peut pas toujours être d’accord mais la bienveillance prime malgré tout. Depuis 3 ans je crois ne pas avoir acheté un seul livre qui n’a pas été recommandé dans une chronique Instagram.

Ge : Qu’est-ce que ton blog a changé dans ta vie ?

         Là encore je crois que ce qui a vraiment changé ma vie c’est la création de mon bookstagram. Le blog n’est qu’une continuité de ce rêve éveillé.

Ge : Quel est ton meilleur souvenir de blogueur ?

Sans aucun doute le jour où j’ai pu partager les coulisses du Prix Landerneau 2019. J’avais fait partie des 12 jurys sur 220 à être invités à délibérer à Paris en présence de Michel-Edouard Leclerc et de Philippe Besson, président du jury pour cette édition. Les organisateurs avaient été d’une incroyable prévenance envers nous. Tout était pris en charge : le vol, le taxi à l’aéroport, le déjeuner de délibération, l’expo Van Gogh que nous étions allés voir l’après-midi, la nuit dans un hôtel 4 étoiles où avait lieu la cérémonie de remise du prix. Nous étions enchantés de remettre ce prix à Sylvain Prudhomme pour son roman Par les routes, et de le faire en la présence de nombreux éditeurs mais surtout de Serge Joncour, précédent lauréat du prix. Je n’ai jamais vu un truc pareil et j’ai été très heureuse de pouvoir largement partager cette expérience sur mon blog. Ce genre de chose marque une vie de lecteur.

Ge : Ah oui cela a du être un super moment de lectrice à vivre et que de beaux souvenirs… Peux-tu partager une anecdote avec nous, un truc rien qu’à toi ! sur toi ou ton blog ?

Justement, après mes billets sur les coulisses du Prix Landerneau j’ai plusieurs fois été contactée par des auteurs qui me prenaient pour l’organisatrice du prix (j’étais en tête des recherches Google sur le Landerneau, ceci explique cela). Ils voulaient tous me soumettre leur texte dans l’espoir d’être sélectionnés pour ce prix. Les pauvres ont eu quelques désillusions quand je leur ai expliqué comment les romans étaient sélectionnés (ce sont les libraires des Espaces culturels E.Leclerc qui sélectionnent 4 livres de la rentrée littéraire pour les soumettre au vote d’un jury composé de lecteurs, donc aucune chance pour un auto-édité d’être intégré à la sélection). 

Ge  :  Dirais-tu que tes habitudes de lecture ont changé depuis que tu tiens ton instagram et surtout ton blog ?

Oui, j’abandonne moins facilement un livre. Puisque je sais que je vais de toute façon le chroniquer, je m’accroche davantage pour affiner mon avis. Ca m’a déjà permis de faire de belles découvertes à l’arrivée mais il faut être honnête, quand un livre est mal engagé on change rarement d’avis au cours de sa lecture.

Ge  : Dis-moi quand on a un blog, on est beaucoup sollicité(e) ? On a beaucoup de propositions ? D’ailleurs quel genre de propositions ? Et les SP, comment on les gère

Effectivement, on peut lire toute l’année sans avoir besoin d’acheter un livre. Mais pour que tout cela reste un plaisir il faut savoir refuser les services presse qui ne nous correspondent pas. Dans la plupart des cas, l’interlocuteur est déçu et on n’en entend plus parler mais certaines maisons d’édition ont la présence d’esprit de vous proposer un autre titre qui vous conviendrait mieux dans leur catalogue et à ce moment-là tout le monde est gagnant.

Même si le risque d’être grillé auprès d’un éditeur n’est jamais plaisant, je le prends car je veux continuer à lire avec plaisir et à chroniquer avec sincérité. Et puis, avec la bibliothèque-pal que j’ai, je ne risque pas d’être à court de lectures avant au moins une vingtaine de confinements.

Ge : Te considères-tu comme un influenceur ? Pourquoi ?

Je le suis nécessairement si je suis parvenue à donner envie à quelqu’un d’autre d’acheter et de lire un livre. Mais tout le monde, à un moment ou à un autre se trouve en position d’influencer l’achat ou la lecture d’une autre personne. Il n’y a rien d’exceptionnel à ça et c’est surtout très sain tant que ça reste spontané, non rémunéré et surtout honnête. C’est le fameux bouche-à-oreille et on n’a encore jamais rien inventé de mieux pour mettre en valeur ceux qui le méritent.

Après, si on parle d’influenceurs professionnels, c’est une autre histoire et ça n’est pas la mienne.

Ge  : Quelle est pour toi la définition du bon blogueur ?

Celui qui est fidèle à lui-même, qui fait avant tout ce qui lui plaît avant de chercher à plaire aux autres. Il y a un public pour chaque chose donc inutile de se travestir. Etre blogueur n’est pas un métier mais une passion, il ne faut donc pas y mettre trop de contraintes si l’on veut que la passion perdure.

Ge :  A ton avis : Quel est l’avenir des blogs dans l’avenir du livre ?

Je pense que les blogs ont une place à part dans l’industrie du livre. Loin des critiques professionnels, parfois bien éloignés des aspirations des lecteurs, les blogueurs font entendre la voix de ceux qui achètent vraiment ces livres. Il n’est pas rare de voir un fossé entre les avis de la presse spécialisée et celle des lecteurs, les goûts ne sont pas toujours les mêmes et je pense qu’il y a aussi pas mal de copinage chez les premiers avec des renvois d’ascenseur parfois douteux. J’en veux pour preuve le peu de mauvaises critiques que l’on trouve aujourd’hui dans la presse alors que sur des réseaux sociaux comme Babelio les lecteurs n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Tout le monde se rend compte de cela aujourd’hui est j’ai le sentiment que les lecteurs font de plus en plus confiance à leurs pairs et de moins en moins aux professionnels de la critique. Mais ce lien de confiance ne perdurera que si nous nous montrons exemplaires dans notre démarche, or la tentation du copinage, l’envie de faire plaisir à un auteur ou à un éditeur, peut aussi rapidement envahir la blogosphère et alors là, nous n’aurons plus aucune valeur ajoutée à défendre.  

Ge : Ne penses-tu pas que la blogosphère livresque sera saturée un jour

Pas vraiment, il y a de la place pour tout le monde parce que nous représentons tous un certain type de lecteurs. Et puis, si on le fait par passion, qu’importe que l’on soit lu par 100 000 personnes ou seulement par sa mère ? Je me répète mais pour moi c’est important : pour être heureux et épanouis dans ce que l’on entreprend, il faut avant tout le faire pour soi. Soyons égoïstes pour pouvoir mieux donner aux autres ensuite. Si on calcule tout au départ, on ne fait plus rien.

Ge : Peux-tu donner deux conseils aux nouveaux blogueurs ?

Ca va t’étonner mais :

1. Soyez vous-mêmes 

2. Faites ce que vous voulez mais faites-le avec passion

Ge : A par la lecture et ton blog, quelles sont tes autres passions dans la vie ?

Ma plus ancienne passion est l’équitation mais après pas mal de déboires, pour conserver mon intégrité physique notamment, il a fallu que j’y renonce. C’est à la fois le plus beau sport du monde et le plus difficile moralement et physiquement.

Moins risqué, il y a la couture à laquelle je me suis mise il y a deux mois. Et comme je ne sais rien entreprendre sans passion, j’ai décidé dans la foulée d’ouvrir ma petite boutique de créations de pochettes de livres pour tous les formats. Si vous cherchez de quoi protéger votre livre de poche, votre grand format ou encore votre liseuse, allez faire un petit tour sur ma boutique dont le lien est présent dans le menu de mon blog (et hop, une petite pub très subtilement glissée).

Ge :  Non tu fais bien, d’ailleurs je vais rajouter le lien vers ta boutique en ligne ICI

 

Pour terminer, y a-t-il d’autres questions que tu aurais aimé que je te pose sur ton blog ?

Et si oui, lesquelles, et peux-tu y répondre du coup !

Quels ont été mes 5 plus gros coups de gueule ?

Sans m’appesantir (si vous voulez en connaître les raisons, je vous invite à aller sur le blog lire ma diatribe, j’ai d’ailleurs une rubrique dédiée aux déceptions, ça va plus vite comme ça), je dirais :

Ordesa de Manuel Vals,

La purge d’Arthur Nesnidal,

La mère parfaite d’Aimee Molloy,

37 fois de Christopher J. Yates

et le dernier Dicker L’énigme de la chambre 622 (l’avis le plus lu sur mon blog depuis sa création et vu le nombre de commentaires reçus sur ce billet, je suis loin d’être la seule à ne pas avoir goûté la dernière prose de cet auteur)

Ge : Sinon…rien à ajouter ?

Si : merci de t’être arrêtée sur lettres-et-caracteres.com et de m’avoir offert la possibilité de présenter mon bébé.

Ge : Tu es certain(e) que c’est ton dernier mot ?

Rien n’est jamais définitif dans la vie…

Ge : Alors un petit coup de gueule. ET Un gros coup de cœur… ? (Mais pas des livres, hein !)

La preuve… Alors là, si y a un coup de gueule à lancer tu peux toujours compter sur moi ! Ce qui m’horripile depuis pas mal de temps ce sont toutes les personnes qui trouvent normal de dire aux autres ce qu’ils ont droit de dire, de faire, d’acheter, de lire (on avait dit pas les livres mais tout de même c’est important de le signaler), de manger, de penser, de voter… Et en règle générale ce sont ces mêmes personnes qui se pensent exemplaires. Je suis à chaque fois étonnée que ces donneurs de leçon bien intentionnés n’aient pas un minimum de recul pour s’apercevoir que ce qu’ils font est dangereux. Très dangereux même. Ca m’horripile mais ça m’horrifie aussi de plus en plus de voir à quel point les uns et les autres sont montrés du doigt s’ils ne respectent pas la droite ligne établie par certains. Ca ressemble de plus en plus à l’émergence d’une nouvelle forme de totalitarisme ou je n’y comprends rien.

Mais heureusement il y a aussi de belles choses qui se passent en ce moment et je ne vais pas faire très original en disant que mon coup de cœur cette année va aux équipes soignantes qui se démènent pour continuer à assurer des soins de qualité. Parmi mes amies bookstagrameuses, j’ai quelques infirmières qui forcent chaque jour mon admiration. Elles, elles n’ont pas le temps d’aller voir ce qui se passe chez le voisin, elles essayent juste de garder la tête hors de l’eau et ça leur demande une énergie folle.

Ge :  Merci pour toutes cette sincérité Sandra. Ah et comme tu as un blog où on parle aussi des polars, peux-tu répondre à cette dernière question : Que pensez-vous de l’évolution du roman noir-policier et thrillers en ce moment ?

Je vais faire ma pénible mais je n’ai pas un blog autour des polars, seulement un blog autour de tout ce que j’ai eu envie de lire, que ça soit des romans noirs, des biographies, des romans contemporains ou encore des classiques. La précision est utile car je ne m’estime pas experte en littérature noire, je suis donc bien incapable d’émettre un avis sur son évolution. Et toi, qui en sait plus que moi sur le sujet, tu en penses quoi ?

Ge :  Pour répondre le plus brièvement possible à ta question, je dirais que les littératures policières et surtout la littérature noire qui était le mauvais genre mal vu par l’intelligentsia est déjà et sera demain la littérature la plus lu car c’est elle qui reflète le plus le monde d’aujourd’hui, celui qui nous entoure mais celui que l’on risque de connaître demain ! Voilà…Alors !  Pour conclure : Que penses-tu de ces questions ?

Tu n’as pas menti : tu es vraiment très curieuse. Ah non pardon, ce sont tes lecteurs et tes lectrices qui le sont, c’est vrai

Ge :  Merci à toi pour ces petites confidences, et à très vite sur Collectif Polar et sur Lettres & caractères

15 réflexions sur “Blog à Part : Portrait de Blogueuse, Sandra de Lettres & Caractères

Vous avez la parole, laissez un commentaire, ça fait toujours plaisir.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s