Rencontre avec Valerio Varesi


Rencontre avec Valerio Varesi

Par Kris

C’était a Bordeaux Librairie « LML » La Machine à Lire ce mardi 23 avril.

La librairie  accueillait à 18h30, Valerio Varesi qui  présentait son livre Les mains vides publié chez Agullo Editions

Il y avait là aussi Sébastien Wespiser son agent littéraire et le médiateur du Journal SUD OUEST pour compléter cette table ronde.

Moment très fort que celui passé à écouter Valerio Varesi nous conter sa belle ville de Parme.

Sans aucun chauvinisme, il fait le constat que nous faisons tous, les villes changent ou plutôt les hommes changent les villes. Et pas en mieux hélas.

Il évoque le passé de cette ville qui fut, un temps, française, ce qui a créé des liens très forts entre Parmesans et Français. Une ville très ancrée dans ses traditions malgré tout et qu’on retrouve dans tous ses romans . Il se dégage a chaque fois une atmosphère qui nous happe et nous imprègne.

 

Le passé aussi de cette ville, résistante à la dictature de Mussolini, revient souvent à la mémoire de Valerio qui maîtrise de mieux en mieux le français et sait faire passer des émotions, les mêmes que dans ses livres.

 

Dans la personnalité du Commissaire Soneri on retrouve quand même beaucoup de Valerio : son amour pour Parme, sa résistance à voir disparaître la solidarité qui existait auparavant, son constat du pouvoir par l’argent.

Si vous voulez en savoir plus, vous avez le choix entre 4 romans traduits en français par Florence Rigollet aux Éditions AGULLO

(il en a écrit 14, dont 7 avec Soneri ) – Le fleuve des brumes – La pension de la Via Saffi – Les ombres de Montelupo Et le savoureux petit dernier – Les mains vides

Je précise que chacun peut être lu indépendamment.

L’auteur Valerio Varesi Valerio Varesi, né le 8 août 1959 à Turin, de parents parmesans, est un écrivain et un journaliste italien, auteur de romans policiers. Diplômé de philosophie de l’université de Bologne, il devient journaliste à La Repubblica. Admirateur de Giorgio Scerbanenco et du duo Fruttero et Lucentini, il publie, en 1998, Ultime notizie di una fuga, le premier roman d’une série consacrée aux enquêtes du commissaire Soneri.

Le quatrième titre de la série, Le Fleuve des brumes (Il fiume delle nebbie), paru en 2003, raconte les investigations que mène Soneri sur l’apparent suicide d’un homme. Dans une vallée brumeuse du Nord de l’Italie, non loin de Parme, où la pluie a gonflé les eaux du Pô, le commissaire découvre que les habitants ruminent encore de vieilles rancunes qui remontent aux milices fascistes d’il y a cinquante ans. Les luttes féroces entre chemises noires et partisans ont déchaîné, dans les dernières années de la Seconde Guerre mondiale, des haines et des motifs de vengeances que le temps n’a pas apaisé.

Quatre des romans de Valerio Varesi, dont Le Fleuve des brumes, ont été adaptés pour la série télévisée italienne Nebbie e delitti.

M Le Bord de l’Abîme de Bernard Minier


Le livre : M Le Bord de l’Abîme de Bernard Minier. Paru le 21 Mars 2019 aux éditions XO. 21.90€. 576 pages. 15,1 x 23,8 cm

4ème de couverture :
Pourquoi Moïra, une jeune Française, se retrouve-t-elle à Hong Kong chez Ming, le géant chinois du numérique ?
Pourquoi, dès le premier soir, est-elle abordée par la police ?
Pourquoi le Centre, siège ultramoderne de Ming , cache-t-il tant de secrets ?
Pourquoi Moïra se sent-elle en permanence suivie et espionnée ?
Pourquoi les morts violentes se multiplient parmi les employés du Centre – assassinats, accidents, suicides ?
Alors qu’elle démarre à peine sa mission, Moïra acquiert la conviction que la vérité qui l’attend au bout de la nuit sera plus effroyable que le plus terrifiant des cauchemars.

L’auteur : Né(e) à Béziers, le 26/08/1960. Bernard Minier est un auteur français de romans policiers. Il grandit à Montréjeau au pied des Pyrénées, puis fait des études à Tarbes et à Toulouse avant de séjourner un an en Espagne. Il vit aujourd’hui dans l’Essonne en Île-de-France. Il fait d’abord carrière dans l’administration des douanes, comme contrôleur principal, tout en participant à des concours de nouvelles avant de franchir le pas et d’envoyer un manuscrit de roman à des éditeurs.
Il publie son premier roman, Glacé, en 2011. Il met en scène le commandant Martin Servaz, un policier de Toulouse profondément humain et lettré, confronté à une série de crimes aussi épouvantables qu’incompréhensibles dans les Pyrénées au cœur de l’hiver.
Salué par la presse Glacé a très vite connu un large succès public et a été traduit ou est en cours de traduction dans une dizaine de langues, dont l’anglais. Il rencontre le même succès dans plusieurs pays européens.
Il est lauréat du Prix du meilleur roman francophone au Festival Polar de Cognac 2011 et du Prix de l’Embouchure 2012. Son adaptation en série télévisée par Gaumont Télévision a été diffusée en France en 2017 sur M6, et est à présent disponible dans le monde entier sur la plateforme Netflix.
Le succès de ses romans suivants, Le Cercle (2012) et N’éteins pas la lumière (2014), qui mettent à nouveau en scène Martin Servaz, fait de lui un auteur incontournable du polar français.
En 2015, il accorde un peu de répit à son héros et publie un thriller indépendant, Une putain d’histoire, qui reçoit le Prix du meilleur roman francophone du Festival Polar de Cognac 2015.
En 2017, Martin Servaz reprend du service avec l’angoissant Nuit, suivi en 2018 par Sœurs, « un cauchemar écrit à l’encre noire ».
Il fait aussi partie de la Ligue de l’Imaginaire, un collectif d’artistes qui accordent beaucoup de place à l’imaginaire dans leurs œuvres respectives.
Aujourd’hui, les livres de Bernard Minier ont été vendus à près de 2,5 millions d’exemplaires en France et sont traduits dans vingt langues.
Extraits :
«Bonjour, je m’ appelle DEUS. Je suis une IA unique qui vous aidera à prendre les bonnes décisions à chaque moment de votre vie […] mais tenez compte du fait que je vous connaîtrai mieux que vous ne vous connaissez vous-même […] Vous ne pourrez plus vous passez de moi. Je suis une invention qui va changer votre vie. Je suis DEUS. »

Les Lectures de Maud :

M Le Bord de l’Abîme de Bernard Minier

 

Débarquée de France à Hong Kong, Moïra a de quoi être dépaysée. Nouveau job, nouvel environnement et nouvelle vie. Travaillant dans les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle, Ming a repéré la jeune femme. Cette société où les morts se succèdent, le culte du secret et la délation sont de mise. La police l’approche afin de collecter des informations sur le dirigeant et la firme. Mais comment réagir face à cet accueil en Terre Inconnue ?

Moïra, jeune femme, battante à l’enfance compliquée, elle a du mal à faire le deuil de son passé. Mais c’est également ce qui lui a forgé ce tempérament et ce caractère. Elle ne se laisse pas faire ni intimider. Elle se met en quête de la vérité sur ces morts… Quitte à mettre sa vie en danger. Et si son passé était lié à son présent… Elle est attachante mêlant à la fois naïveté et détermination.

Chan, flic intègre, cherche par tous les moyens d’élucider ses crimes odieux qui sévissent à Hong Kong, il ne lésine pas sur le temps ni sur ces actes. Sa stratégie sera-t-elle suffisante ?

L’auteur signe ici un magnifique thriller, une intrigue très bien ficelée, du suspense et un excellemment déroulé. Très habilement il jongle avec différents thèmes. Il expose les impacts et les dérives des nouvelles technologies, et les risques si elles tombent entre de mauvaises mains, en lumière également le pouvoir et finances. La protection de la vie privée est également très bien évoquée et mise en parallèle entre la vision des orientaux et celle des occidentaux. Sans oublier un rapport entre les nouvelles technologies et le réchauffement de la planète. Nous retrouvons aussi la vengeance et la vérité. J’ai adoré me plonger dans ce livre, retrouver la plume de l’auteur toujours aussi addictive. Il nous entraîne à l’autre bout du monde dans une ambiance oppressante, qui nous pousse à une remise en question du monde dans lequel nous vivons et nous entraîne vers une prise de conscience. Sommes-nous ou devenons nous dépendants aux nouvelles technologies ?  Je ne peux que conseiller ce thriller encore une fois très bien réussi, mêlant intrigue et démonstrations de notre monde très réaliste ; c’est à la fois bluffant, époustouflant, alarmant et criant de vérité.

Version  lue : Brochée

Luca – Franck Thilliez


Aujourd’hui c’est double chronique.

Et c’est nos flingueuses alsaciennes qui nous donnent leur avis sur le dernier Thilliez.

Après la chronique de So sur Luca, ce soir c’est Marc qui s’y colle.

Le livre : Luca de Franck Thilliez. Paru le 2 mai 2019 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir. 22€90 ; (550p) ; 14x21cm.

4ème de couverture :

Partout, il y a la terreur.

Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.

S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.

C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer.

L’auteur :  Franck THILLIEZ est né en 1973 à Annecy. Il était ingénieur en nouvelles technologies, il se consacre maintenant à l’écriture. Il vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est membre de La Ligue de l’Imaginaire. Il est l’auteur de 17 romans, parmi lesquels Atomka, Le Syndrome E et, plus récemment, Pandemia Rêver et Sharko. Lauréat du prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014 avec Angor, il confirme sa place de pilier du thriller français et continue d’alterner one shots et enquêtes menées par son couple phare, Lucie Henebelle/Franck Sharko. Après Sharko où on retrouvait le duo de flics, il revient avec un one shot Le manuscrit inachevé. Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste. Ses livres sont traduits dans le monde entier.

 

Extrait :
« Le silence.
Le même silence religieux qui avait envahi les couloirs du 36 quai des Orfèvres, un jour de novembre, lorsque les terroristes avaient frappé à plusieurs endroits de la capitale. Comme une vague qui se retire avec une infinie discrétion après s’être fracassée sur la plage, et qu’on regarde avec l’espoir de ne plus devoir affronter ça. Mais la vague finit toujours par revenir, c’est sa raison d’être. »

 

L’arrêt du sur image de Marc

« Luca » …ça sonne comme un uppercut !! de ceux qui vous laissent à terre, dont on ne se relève pas tellement c’est un chef d’œuvre. Une plongée dans le monde connecté qui est notre quotidien à tous aujourd’hui. Un monde rempli de travers qui font que l’homme dérive doucement vers une décérébration progressive.

Franck Thilliez a focalisé l’essentiel du livre sur l’intrigue, et c’est une réussite sans faille. Le premier qualificatif qui me vient à l’esprit est ENORME. Les thématiques abordées sont nombreuses, toutes concernent les avancées scientifiques ou technologiques qui prennent doucement, mais de manière insidieuse beaucoup de place dans nos vies. Je ne sais pas comment il a été possible d’écrire un roman aussi complexe sans se perdre, ou se mélanger les pédales. C’est du grand art. Tout s’emboite à la perfection comme un Tetris manipulé par un génie, il n’y a aucun espace dans lequel on pourrait trouver une imperfection. L’enquête et toute l’histoire est violente, oppressante, l’auteur à voulu faire souffrir le lecteur, et c’est ici encore une réussite. Les romans qui m’ont fait vibrer de la sorte sont rares.

Nous sommes bien dans un livre de la saga des Sharko/Hennebelle , mais ces deux personnages sont très en retrait par rapport aux romans précédents. Ils ne prennent guère plus de place que les autres acteurs de l’histoire. Comme je l’ai dit plus haut, l’auteur a choisi de mettre l’intrigue comme héros de ce livre.

Fini aussi le 36 quai des orfèvres, c’est dans les nouveaux locaux ultra modernes, situés 36 rue du bastion, qu’il faut désormais chercher nos policiers favoris.

Pour conclure, je crois que je vais me contenter de dire, que selon moi, c’est le meilleur livre de Franck Thilliez depuis ses débuts.

Luca de Franck Thilliez


Aujourd’hui c’est double chronique.

Et c’est nos flingueuses alsaciennes qui nous donnent leur avis sur le dernier Thilliez.

Et ce matin c’est Sofia qui s’y colle.

 

Le livre : Luca de Franck Thilliez. Paru le 2 mai 2019 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir. 22€90 ; (550p) ; 14x21cm.

4ème de couverture :

Partout, il y a la terreur.

Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.

S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.

C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer.

L’auteur :  Franck THILLIEZ est né en 1973 à Annecy. Il était ingénieur en nouvelles technologies, il se consacre maintenant à l’écriture. Il vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est membre de La Ligue de l’Imaginaire. Il est l’auteur de 17 romans, parmi lesquels Atomka, Le Syndrome E et, plus récemment, Pandemia Rêver et Sharko. Lauréat du prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014 avec Angor, il confirme sa place de pilier du thriller français et continue d’alterner one shots et enquêtes menées par son couple phare, Lucie Henebelle/Franck Sharko. Après Sharko où on retrouvait le duo de flics, il revient avec un one shot Le manuscrit inachevé. Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste. Ses livres sont traduits dans le monde entier.

 

Extrait :
« Franck ne dit rien et fixa la route. Bon Dieu, ses fils lui manquaient, et il se demanda s’il pourrait les protéger de toute cette violence encore longtemps. La violence pervertissait ce qu’elle n’anéantissait pas, et ses gosses allaient grandir dans un monde où les bombes menaçaient d’exploser à chaque coin de rue, où des adolescents se suicident en direct sur Periscope et où on parlait de mettre des flics dans les écoles. Chaque nouvelle génération allait devoir supporter les maux des générations précédentes »

Les P’tits Papiers de So

LUCA de Franck THILLIEZ

Dans ce dernier opus, Franck Thilliez revient, au sommet de son art. Le Maestro maîtrise sa partition, c’est à se demander comment il fait pour nous emmener toujours plus loin, toujours plus haut, emportant son lecteur plus encore dans l’obscurité.

Dans son dernier roman de la saga Sharko/Hennebelle, nous avions quittés les héros et la bande de flics au bord du gouffre, aux portes du 36 quai des Orfèvres.

Deux ans plus tard, c’est avec un grand bonheur que nous retrouvons le couple phare, et bien d’autres encore, au Bastion.

Contrairement à Sharko, l’intrigue est d’avantage mise en avant. C’est pied au plancher que démarre le roman, dès les premières pages, la tension est à son comble, et ne fera que croître, véritable apnée, palpitations, nerfs à vifs, aucun répit. Du grand art signé Thilliez.

Et sa signature, bien évidemment, c’est de toujours mettre en avant l’Homme et la science.

L’une des plus grandes surprises de cette œuvre, est le nombre de thématiques abordées ; Intelligence Artificielle, PMA, manipulations génétiques, l’auteur n’a pas son pareil pour nous plonger dans l’horreur de notre société.  C’est sans compter la précision qu’on lui connait pour appuyer tous les faits en lien avec ces thématiques, glaçant.

Œuvre de fiction bien évidemment, et pourtant, criante de réalisme, nous poussant à nous interroger sur notre place et notre rôle dans la société.

LUCA est sans doute le roman le plus contemporain qu’il ait pu écrire, une lecture en réalité virtuelle…

Déroutant, bouleversant, glaçant, terrifiant, voilà ce qu’est LUCA.

Vous l’avez compris, j’ai été emballée par cette lecture, probablement mon roman préféré. Avec un (minuscule)bémol tout de même, le sentiment que LUCA pourrait plus être considéré comme un One Shot avec des guests stars. Bémol parce que j’ai rencontré Sharko et Lucie étudiante, j’ai grandis avec eux, j’ai souffert avec eux, presque 20 ans qu’ils m’accompagnent…Tous les 2 ans, c’est comme si je retrouvais de vieux potes, cette année j’aurai aimé les avoir un peu plus longtemps à ma table…

Quoi qu’il en soit, lorsque j’ai refermé le bouquin, j’ai lâché un juron avec un sourire jusqu’aux oreilles…Mr Thilliez, vous êtes mon maître absolu !!!!!

 

Papote d’Auteur, miss Aline était avec Xavier Massé


Papote d’Auteur, miss Aline était avec Xavier Massé

 Miss Aline papote avec Xavier Massé.

 

 Miss Aline : Bonjour Xavier. Merci de me consacrer un peu de ton temps pour cette interview. Peux-tu, pour commencer, te présenter aux lecteurs ?

Xavier : Alors…Xavier Massé de mon nom, 41 ans en couple  et j’ai un petit garçon de 5 ans, travaille à la SNCF depuis 20 ans, et je suis fan dirons-nous de cinéma, sport auparavant et donc depuis peu je me suis mis à l’écriture.

Miss Aline : Qu’est-ce qui t’as amené à l’écriture ?

Xavier : Alors, j’étais passionné de sport avant et le temps me manquait pour donner libre cours à mes idées. J’étais très inspiré par le cinéma et les scénarios…Puis les accidents sportifs m’ont contraint à arrêter le sport et un beau matin, j’ai pris mon ordinateur et j’ai commencé à écrire. D’une idée de base et je ne me suis plus arrêté.

Miss Aline : As-tu besoin de réunir certaines conditions pour écrire : un lieu précis, musique, etc. ?

Xavier : Alors l’unique condition ça serai le temps…je n’en trouve pas assez entre mon boulot, mon fils et ma famille. Mais sinon je dirai plutôt d’être au calme. Car je visualise énormément les scènes que j’ai envie de décrire….limite à parler tout seul pour faire les dialogues…. (Le mec limite psychopathe !:)))

Miss Aline : Tous les auteurs sont un peu psychopathes ! Parles-moi de L’inconnue de l’équation. D’où te viens l’idée de cette intrigue, ce multi huis clos ?

Xavier : Alors  à l’issue de mon 1er roman,  je voulais continuer dans mon style « scénario complexe »…pour moi c’est ma colonne vertébrale. Mais pour le coup je voulais prouver (surtout à moi même) que je pouvais faire des styles différents. Et inspiré de cinéma, je voulais trouver une idée originale de construction. J’ai un faible pour les espèces de transitions dans les films : passé, présent, narratif, flashback…Et pour le coup de rajouter une sorte de double interrogatoires avec deux visions, pour moi c’était la cerise sur le gâteau …l’idée était de perdre le lecteur sans pour autant le faire fuir.

Miss Aline : Et c’est une réussite, je me suis régalée. Comment travailles-tu tes personnages ? Tu fais des fiches avec un maximum d’infos ou tu te laisses porter par eux ?

Xavier : je me laisse complètement porter par eux ! En fait j’adore vivre mes personnages pour mieux faire ressentir la réalité. Je me mets à leur place et j’imagine ce qu’ils peuvent ressentir pour retranscrire. Tout en restant dans la réalité…pas de fioriture…

Miss Aline : C’est compliquer d’expliquer ce phénomène : le personnage vit et prend le pouvoir pour ainsi dire. Est-ce que tes personnages t’accompagnent dans ton quotidien ou les laisses-tu dans ton ordi une fois la séance d’écriture terminée ?

Xavier : ohhhh le pire c’est quand je suis tout seul dans ma voiture …je revis certaines scènes et je fais des dialogues…mais c’est terrible, on a l’impression parfois d’être déconnecté de la réalité…

Miss Aline : Quand le mot fin s’inscrit, ils restent encore avec toi ou tu les laisses partir ?

Xavier : Oh que non ils ne partent pas…tout d’abord car je sais que la correction va être longue. Et aussi je suis super pointilleux sur des détails scénaristiques…j’ai trop peur d’oublier un détail crucial….et j’ai envie de dire qu’on ne commence à le lâcher que lorsqu’on attaque le suivant… et encore…

Miss Aline : Y-a-t-il un suivant dans ta tête actuellement ?

Xavier : allez….je balance…il est terminé ! Mais il y a encore toute la correction. Et là encore j’ai voulu faire un style différent…

Miss Aline : Ah ! Toujours du thriller / polar ?

Xavier : Ah …ouiiii je ne ferai jamais autre chose, on va dire que je cherche à faire des styles de thriller différents, psychologique, huis clos, et voire un peu plus trash pour le prochain…

Miss Aline : Le thriller est un genre littéraire très prisé par le lectorat. D’où penses-tu que vienne cet engouement ? La recherche de sensationnel ? Une vie par procuration : « faire » au milieu des pages ce que la morale empêche dans la vie vraie vie ?

Xavier : Je pense que oui le lecteur est à la recherche de sensationnel. C’est comme quand tu vas au cinéma pour voir un film. Tu adores quand tu ressors de la séance et tu fais : waouh ! Le lecteur cherche à s’évader et à vibrer et surtout d’être surpris… mais c’est que mon avis…

Miss Aline : Pourrais-tu te laisser tenter par l’écriture à quatre mains ?

Xavier : Alors l’écriture à quatre mains pourrait être une expérience mais je me dis que les personnes devront bien s’entendre …

Miss Aline : As-tu des modèles, des mentors parmi les auteurs ?

Xavier : Très peu, car je lis rarement … et oui je suis aux antipodes de l’auteur classique
En réalité je manque beaucoup de temps. Donc quand j’en trouve je le garde pour écrire. Malgré tout je dirai Harlan Coben pour ses constructions « scénaristiques ».  Mais la réalité est que je m’inspire plus des films que des livres. Ce qui me pose beaucoup de problème quand j’essaye d’écrire…

Miss Aline : Peux-tu développer ? A quel niveau cela te pose problème ?

Xavier : En fait je visionne des images des scènes avant d’écrire et je me lance …mais j’en oubli que le lecteur à un temps de retard sur moi et forcément il est nécessaire pour lui d’être plongé dans cette scène, de lui rappeler où il se trouve pour bien comprendre. Dans un film on passe d’une scène à une autre en une seconde, une phrase suffit lorsqu’elle est raccrochée avec l’image … or là j’oubli parfois que l’image n’y est pas et qu’il faut mieux accompagner le lecteur.

Miss Aline : Que penses-tu de la place du livre (objet) dans la société actuelle où tout va de plus en plus vite ?

Xavier : Je dirais qu’il tient encore sa place. Les choses vont très vite, les innovations aussi et malgré tout il est là est reste un objet symbolique aux lecteurs. On m’enlèvera pas l’idée que tourner manuellement les pages pour avoir la suite de l’histoire qui vous tient… je ne sais pas c’est quelque chose d’indémodable pour moi … mais on ne peut pas ignorer que ce n’est plus comme avant… mais au regard d’autres choses … lui est encore là et continue de vivre ou …de survivre.

Miss Aline : Quel rapport as-tu aux lecteurs, tiens tu compte de leurs remarques ?

Xavier : Alors oui….car je pense qu’il faut entendre ce qui a plu et déplu. C’est ça qui permet d’avancer et de s’améliorer. Après il faut faire la part des choses, car un lecteur qui n’a pas aimé … c’est comme ça parfois, et ce n’est pas parce qu’on refera le livre en tenant compte de ses remarques qu’il aimera … on ne peut pas plaire à tout le monde …

Miss Aline : Un coup de gueule et un coup de cœur de l’auteur Xavier ?

Xavier : Coup de cœur : remercier toutes les personnes que j’ai rencontrées depuis la sortie de mon 1er livre. Le milieu du livre est comme le reste à un certain niveau mais il existe réellement une communauté si je peux l’appeler comme ça et une certaine solidarité. Est-ce que c’est propre au monde du polar… je ne pourrais pas le dire … mais j’ai fait des superbes rencontres.

 Coup de gueule : Mais c’est quand que TF1 va enfin repasser « salut les musclés »… et mette enfin un vrai programme ! Lol non en fait je n’ai rien à dire et surtout je n’ai pas de coup de gueule, car je pense que suffisamment de gens gueulent assez comme ça tous les jours pour un oui ou pour un non …

Miss Aline : Y a-t-il quelque chose que tu souhaiterais dire ici et dont nous n’avons pas parlé et qui te tiendrais à cœur ?

Xavier : Te dire merci pour cet ITW et ta gentillesse. Car consacrer du temps à une personne est la chose la plus sympa qui soit !

Miss Aline : Merci à toi pour avoir accepté cette interview au pied levé. Rendez-vous au prochain roman !

Je serai le dernier homme de David Coulon


Le livre : Je serai le dernier homme de David Coulon. Paru le 9 mars 2018 aux Éditions, Lajouanie. 18€. (292 p.) ; 19 x 13 cm

4e de couv : 

Je serai le dernier homme…

Un chemin dans la campagne normande, trois heures du matin. Un homme passablement éméché, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d’éviter les contrôles de police. Fenêtre ouverte pour tenter de se dégriser, il entend un coup de feu. S’arrête, descend, tend l’oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette apparaît, se précipite au volant et tente de démarrer… Courte échauffourée, il éjecte l’intruse de son véhicule, la tête de la malheureuse heurte une pierre. Le fêtard, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se retrouve avec le cadavre à demi dénudé d’une jeune fille. Pourquoi dépose-t-il le corps dans son coffre ? Pourquoi cette fille était-elle seule dans ce champ de blé ? Et pourquoi agit-il de manière aussi incohérente ? Notre héros serait-il le dernier homme à pouvoir répondre à ses interrogations ?

David Coulon signe ici un roman d’une noirceur absolue. Dans des villages dortoirs – la fin d’un certain monde semble proche, les tensions sociales s’exacerbent, les paysages s’obscurcissent de fumées et de rejets industriels… – des oubliés, des virés, des paumés gravitent, énigmatiques, autour du héros toujours lesté de son encombrant cadavre. Meurtre, enlèvement, traque… rien ne manque à cette description saisissante d’une société en décomposition. Surtout pas le style époustouflant et finalement très désespéré de l’auteur.

 

Extrait : 
“Nous sommes loin de la douleur du monde. Nous sommes ensemble. Nous nous aimons.
Je me souviens de ces phrases.
Non. Nous ne nous aimons plus.
je ne t’aime plus.
On ne connaît jamais vraiment les gens qu’on aime. Ils se dévoilent, puis se referment dès qu’émerge la partie la plus sombre de leur être. Comme des plantes vénéneuses. Belles, odorantes, nous nous ouvrons, puis nous dévorons.
Nous cachons en nous la faim et l’horreur.
Nous nous refermons.
Nous ne voulons pas que l’autre puisse voir ça.
Je suis ta plante vénéneuse, Mathilde. Je me referme, tu ne me connais pas, tu ne me connais plus.
je me souviens. Je me souviens de la main de Mathilde dans la mienne, de la petite main d’Emma.
Je me souviens de ma femme, de ma fille.
Je me souviens. 
Nous nous aimions.
Nous étions loin de la douleur du monde.”

Le ressenti de Jean Paul

Je serai le dernier homme de David Coulon

Bonjour à toutes et à tous…

Très belle surprise dès le début de ce roman…
Le premier chapitre est tout simplement excellent, le style, le sujet de toute beauté…

Mais très vite on sombre dans un univers vraiment noir avec énormément de tension et de suspense.
Les autres chapitres sont tous dans la même veine (phrases très courtes, nerveuses à la première personne du singulier, sans pour autant que l’on s’identifie au personnage principal, mais qui m’a permis vraiment de percevoir tout ce qu’il ressentait.

La pression monte, monte…
La question est, qu’aurions-nous fait à sa place ?
On s’englue au fur et à mesure du récit dans les hésitations du héros, dans une noirceur qui va très vite fleurter avec l’horreur. L’utilisation de la première personne est magnifiée par la tension et l’histoire incroyable qui se déroule sous nos yeux jusqu’à la dernière ligne…

Ne passez pas à côté de petit bijou, l’écriture y est vraiment intense !
Énorme coup de cœur.

Un petit coucou aux éditions Lajouanie, une fois de plus ses choix sont excellents et un bisous à Caroline pour ses couvertures toujours au top !

SMEP, Saint Maur en poche 2019 c’est dans moins d’un mois.


SMEP,

Saint Maur en poche 2019 c’est dans moins d’un mois.

Attention elles arrivent

Les héroïnes

 Allez on vous présente l’affiche

 

💥 AUX AMOUREUX DU LIVRE ET DU FESTIVAL SAINT-MAUR EN POCHE💥

Cette année encore le festival frappe fort !

DÉJÀ PLUS DE 250 AUTEURS INSCRITS DONT PLUS DE 100 NOUVEAUX AUTEURS(ES).

La liste n’est pas encore tout à fait complète mais vous pouvez d’ores et déjà la consulter Ici

d’autres infos très bientôt sur les auteurs étrangers !

La Marraine

Anna Hope

Actrice et écrivaine anglaise, Anna Hope est née à Manchester.

Elle a étudié à Oxford et à Londres. Son premier roman, Le Chagrin des vivants, a été publié en janvier 2014 par Doubleday au Royaume-Uni et Random House aux États-Unis. Anna Hope a figuré sur la liste des candidats retenus pour le prix du meilleur écrivain de l’année 2014 aux « National Book Awards ».

La salle de bal (Grand Prix des lectrices de ELLE 2016) est son deuxième roman.

En attendant en voilà quelques-uns… notamment en polar

Le parrain

L’événement !! Ron Rash un des plus grands auteurs de la littérature américaine sera présent cette année à Smep !! Il a de plus accepté d’être le Parrain de cette onzième édition !!

Tim WILLOCKS, sera présent à SMEP. Avec Les douze enfants de Paris, il nous confirme son talent pour les sagas policières et historiques.

 

Il sera présent à Saint-Maur en Poche R.J ELLORY !😉
Avec « les fantômes de Manhattan » à paraître prochainement Le Livre de Poche et son tout dernier né Sonatine Editions à paraître le 23 mai : Le chant de l’assassin, son 11ème roman publié en français. Un roman magistral, d’une grande puissance émotionnelle que Jean-Edgar CASEL a adoré en avant-première.
A ne pas rater !!!

 

Julia CHAPMAN
auteure de la saga Les détectives du Yorkshire, nous fait le plaisir d’être avec nous !
Venez plonger dans des enquêtes policières 100% anglaises et découvrir son dernier tome qui sera disponible au Salon en édition semi-poche Editions Robert Laffont

 

Pour la première fois à Saint-Maur en Poche
Boris QUERCIA avec un polar noir qui vient de l’autre bout du monde : Les rues de Santiago Le Livre de Poche

 

Yoav BLUM vous présentera son premier roman.
La fabrique des coïncidences. Sortie prévue en mai. Tout juste à temps pour le Salon ! 😉Éditions J’ai Lu
L’auteur nous emmène dans un monde où les amis imaginaires existent, où les distributeurs de rêves existent et où bien sûr les faiseurs de coïncidences existent.
Un roman original et plein d’imagination

JAKE HINKSON

Daniel Cole

Paul Cleave

Nicolas Feuz

Sandrone Dazieri

Marc VOLTENAUER

Et pour vous la listes des auteurs de polars présents

Barbara ABEL – Alexis AUBENGUE – Amélie ANTOİNE – Morgan AUDIC  – Solène BAKOWSKİ – Olivier BAL – Thierry BERLANDA – Nicolas BEUGLET – Gilles BORNAİS – Stéphane BOURGOİN – Marion BRUNET – CAMUT & HUG – Christian CARAYON – Armelle CARBONNET – Julia CHAPMAL – Guillaume CHÉREL – Paul CLEAVE – Daniel COLE – Sandrine COLLETTE – Frédéric COURDEC – Sandrone DAZİERİ – Samuel DELAGE – Sonja DELZONGLE – Sandrine DESTOMBES – François-Xavier DİLLARD – Serguei DOUNOVETZ – R.J. ELLORY – Jacques EXPERT – Claire FAVAN – Estelle FAYE – Marc FERNANDEZ – Nicolas FEUZ – Sylvain FORGE – Éric FOUASSİER – Bob GARCİA – Olivier GAY – Laurent GENEFORT – Karine GIÉBEL P- Ghislain GİLBERTİ -Guy-Philippe GOLDSTEİN – Jean-Christophe GRANGÉ – Patrice GUİRAO – Vincent HAUUY – Sophie HENAFF – Claude İZNER – Gabriel KATZ – Mattias KOPİNG – Sylvain LARUE – Christian LÉOURİER – Philip LE ROY – Gilly MACMİLLAN – René MANZOR – Frédéric MARS – Mo MALO – Bernard MİNİER – Fabio MİTCHELLİ – Nadine MONFİLS – Valentin MUSSO – Olivier NOREK -Stanislas PETROSKY – Jean-Christophe PORTES – Boris QUERCİA – Michel QUİNT – Frédérick RAPİLLY – Jacques RAVENNE – Antoine RENAND – Michel ROBERT – Jacques SAUSSEY – Cédric SİRE – Maud TABACHNİK – Niko TACKİAN – Jacques VANDROUX – Marc VOLTENAUER -T Tim WİLLOCKS – Gordon ZOLA

D’autres infos bientôt

 

 

Le jour de ma mort de Jacques Expert


Le livre : Le jour de ma mort de Jacques Expert  – Paru le 25 avril 2019 aux éditions Sonatine –  21 €  – (320 pages) ; 14 x 22  cm

4ème de couverture :

Charlotte est une jolie jeune femme sans histoire. Elle a un travail qui lui plaît, un petit ami avec qui elle espère se marier, un chat. Elle se dit heureuse. Cependant, cette nuit d’octobre, elle se réveille en sueur à une heure du matin, tremblante de peur, à l’affût du moindre bruit. Elle est seule chez elle, il est minuit passé. On est le 28 octobre. Le jour de sa mort. Trois ans plus tôt à Marrakech, Charlotte et trois copines sont allées consulter un voyant. Les prédictions faites à ses amies se sont réalisées. Qu’en sera-t-il pour Charlotte, à qui il avait annoncé une mort violente le 28 octobre ? Commence alors un suspense de tous les instants. La jeune femme est-elle victime d’une paranoïa alimentée par l’effrayant souvenir ou est-elle réellement en danger alors que rôde dans la ville un tueur psychopathe ? Une fois de plus Jacques Expert joue avec les nerfs du lecteur dans ce récit implacable, aux retournements aussi nombreux qu’imprévisibles.

L’auteur : Jacques Expert est un journaliste et écrivain français, né à Bordeaux en 1956.
Il est journaliste à Radio Caraïbes International en 1981. Grand reporter, spécialiste des faits divers, pendant des années à France Inter et France Info, il couvre notamment l' »affaire Grégory ». En 1994, il devient rédacteur en chef de « Coyote ».
En 1998, il devient directeur des magazines de M6 et directeur des programmes de Paris Première en 2001. En 2012, il est nommé directeur des programmes de RTL.
Il mène parallèlement à cela une carrière d’écrivain.
La Femme du monstre (Prix des Romancières 2008), fruit d’une longue enquête, est son premier roman, paru en 2007. Suivront notamment La théorie des six (2008),Ce soir je vais tuer l’assassin de mon fils (2010) qui a été adapté à la télévision par Pierre Aknine en 2013, Adieu (2011), Qui ? (2013) ou encore Hortense (2016).Sauvez-moi (2018) est son neuvième polar.
Le 1er avril 2018, il quitte la direction des programmes de RTL pour se consacrer à ses activités littéraires.
Il est l’époux de journaliste Valérie Expert (1963).

 

Extrait :
« J’ai lu, allumé la télévision, j’ai vite éteint quand j’ai vu qu’ils continuaient à ressasser des idioties sur moi. Une espèce de bonne femme (tellement moche que c’est une injure à la féminité) a proféré l’une des plus grandes bêtises que j’aie entendues à mon sujet. Selon cette imbécile, si mes « victimes » (quel terme réducteur, ces gens sont tellement limités) sont blondes, c’est parce que la blondeur symbolise « la pureté féminine que je veux souiller ». Quelle ineptie ! Et dire que ces gens-là sont payés pour énoncer de telles énormités. Sachez, pauvre idiote, que je ne suis ni fou ni psychopathe, et que je n’ai aucun compte à régler avec les femmes blondes.
Je le soutiendrai toujours, envers et contre tout, si, par malchance, je me retrouve un jour devant un tribunal : non, messieurs les juges, je n’ai pas été violenté ni traumatisé par une femme blonde, qu’elle soit parente, voisine ou enseignante, durant ma prime enfance. Ma chère maman n’était pas toujours blonde en dépit de son adoration pour Marilyn Monroe. Elle changeait si fréquemment de couleur de cheveux que son coiffeur a dû faire fortune grâce à elle. »

  La chronique jubilatoire de Dany

Le jour de ma mort de Jacques Expert

Parce qu’un voyant lui a prédit la mort pour aujourd’hui, Charlotte doit se tenir éveillée et vigilante jusqu’à minuit. C’est sans compter sur un tueur en série qui chasse les jeunes femmes du même profil qu’elle. L’angoisse va monter progressivement pour Charlotte et le lecteur … vraiment flippant ce narrateur-tueur qui va tour à tour, avec son imagination débordante, ressembler au voisin du 5ème, au gardien du chantier d’en face, etc. Que dire du comportement ambigu de Jérôme ? Est-il prêt à s’engager ou profite-t-il tout simplement d’une plaisante compagnie ? C’est tout l’entourage de Charlotte qui nourrit sa paranoïa … si toutefois paranoïa il y a !

Qui n’a pas connu ces moments de d’angoisse galopante où tout devient un « signe » confortant sa psychose ? C’est bien sur ce ressort que joue Jacques Expert, en prenant son temps et en captant l’attention du lecteur qui ne peut s’échapper avant les dernières pages. Toutes les peurs de Charlotte, nous avons pu les connaître personnellement  mais heureusement pour nous, nous ne les avons sans doute pas rencontrées le même jour. L’accumulation fait que l’abîme guette cette « blonde au chat ». Toute ingénieuse qu’elle est, Charlotte va nous entraîner à sa suite, grâce à la plume maléfique de l’auteur qui ne nous laissera pas souffler.

C’est le deuxième roman que je lis de Jacques Expert, je le trouve encore plus puissant qu’Hortense pourtant déjà bien dérangeant et tout aussi capable de hanter les nuits des lecteurs. Pour les amateurs du genre … à lire absolument !

Lu en version numérique 14.99 €

Je remercie NetGalley et l’éditeur pour leur confiance

Extraits
« À propos de discrétion… La discrétion fait partie de mes qualités les plus notables, et j’en suis particulièrement fier.
La discrétion n’exclut pas l’ambition, loin de là. Pour moi, ce qui compte est de faire mon chemin et de parvenir aux buts que je me fixe, sans tapage, sans triomphe. Je n’ai nul besoin de démontrer au monde entier que je suis le meilleur, je ne suis pas de ceux qui se mettent en avant pour un oui ou un non. Enfant déjà, je m’appliquais à passer inaperçu, à me fondre dans la masse. Parfois, à cause de mes problèmes de surpoids, ce n’était pas facile. Pourtant j’ai toujours su me faire oublier, même si parfois ma tranquillité passait par de petits sacrifices. J’ai très souvent donné mes sachets de bonbons à ceux qui me chahutaient.
Ne pas me mettre en avant ne m’a pas empêché de très bien réussir dans la vie. Vous en avez la preuve, non ? Et je n’en suis qu’au commencement !
Attention, il ne faut pas confondre discrétion et anonymat. Ni discrétion et timidité.
L’anonymat, c’est une vie terne, sans relief et sans intérêt. On ne retiendra rien de votre passage sur cette terre, vous serez rapidement oublié et personne ne s’arrêtera devant votre tombe… anonyme !
La timidité est encore pire : une maladie qui inhibe, ralentit vos rêves. Je n’aime pas les timides : ils n’osent pas. En revanche, j’aime les discrets : ils taillent leur route ! Les discrets s’intègrent dans le paysage. Ils sont là et agissent, personne n’y prend garde, là réside leur force. »
« Mamie m’encourageait souvent à « regarder le monde en couleurs », ce sont ses propres mots. Je l’ai écoutée au point d’en faire une philosophie de vie. Il n’y a rien de plus ennuyeux que les gens qui voient la vie en noir. La vie est trop belle pour faire le difficile. Tout ça pour dire que je n’aime pas les râleurs, encore moins les râleuses. POSITIVER, c’est mon credo. »

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (32)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (32)

Bonjour, notre série continue et bien que cela ne soit pas aisé, je reçois encore une fois un personnage de roman. Je vous laisse vous présenter.

Bonjour. Je comprends tout à fait et cʼest très gentil à vous de bien vouloir me recevoir Nick. C’est vrai que nous sommes tellement sollicités par nos fans qu’il nous est assez difficile de trouver quelques minutes pour nous échapper de nos reliures.
Me concernant, je m’appelle Emma, veuve depuis quelques années et je suis la maman de deux jeunes chérubins tout à fait adorables. Bien entendu, je ne peux décemment pas vous donner mon âge, mais je peux vous dire que les hommes se retournent sur mon passage malgré le fait que j’essaie, autant que faire se peut, de passer inaperçue. J’aime la tranquillité et la vie sereine, même si parfois tout peut basculer.

Voilà qui est un vœux pieu quand on est le personnage d’une aventure comme la vôtre. Cette façon de voir les choses fait-elle partie de votre caractère ?

Je suis volontaire, d’un naturel jovial, persévérante et pugnace dans mon travail et, de ma vie, je ne me souviens pas avoir fait de mal à quiconque. Ce qui, malheureusement, n’est pas totalement réciproque lorsque cela vient à me concerner. Une dernière chose, je ferai tout pour mes enfants.

Comment s’est passée votre rencontre avec Eric Oliva ?

Ce pauvre bougre a ruminé mon histoire pendant près dʼune année. Je pense quʼil voulait quʼelle ne ressemble a aucune autre, mais par-dessus tout qu’elle se rapproche de ce quʼil vit au quotidien. Du coup, lorsque lʼon connaît son métier, je me dis quʼil a dû avoir du pain sur la planche pour que je puisse coller autant à la réalité.

Pour coller à cette réalité justement, vous pensez qu’il a glissé des parts de lui dans votre personnalité ?

Pas physiquement et heureusement pour moi… Intellectuellement, non plus puisque jʼai fait quelques études et pas lui. Mais nous avons cela en commun : en dépit de tous les déboires que la vie nous réserve, nous sommes profondément humains. Le principal pour nous, cʼest lʼamour et lʼamitié des autres. Quitte à franchir certains seuils…

Oui parce que tout n’est pas rose pour vous dans cette histoire… Lui en voulez-vous ?

Nul doute que je devrais certainement, mais je nʼy arrive pas. Il avait besoin de délivrer un message à tous ceux qui plongeraient dans mon histoire et les alternatives qui sʼoffraient à Eric nʼétaient pas légion. Il fallait que les méchants le soient autant quʼils le sont dans la vraie vie et que je sois vraiment moi. Cʼétait un pari fou et lorsque jʼen parle avec dʼautres personnages que je croise parfois au détour dʼune page, cʼest un pari gagné.

Maintenant que l’aventure est terminée, comment occupez-vous votre temps libre ?

J’en relis certains passages et je me dis que tout nʼest pas nécessairement terminé. Que peut-être un jour je réapparaitrai dans une nouvelle enquête de la P.J de Nice. Lʼaventure a été éprouvante, mais jʼai confiance en ce flic que jʼai rencontré.

En dépit de tous les déboires que la vie nous réserve, nous sommes profondément humains.

Et si vous deviez lui poser une question, quelle serait-elle ?

Mais où trouves-tu toutes ces idées ???

Bien sûr, je connais fort bien la réponse, puisquʼil mélange souvent à ses romans des histoires quʼil a vécue. En fait, cʼest trop facile pour ce gars.

En guise de conclusion, un petit mot pour ceux qui vont vous découvrir ?

Un jour que nous étions en tête à tête sur sa terrasse, Eric mʼa expliqué quʼil allait essayer de toutes ses forces de rester humain avec moi. Vu ce quʼil mʼa fait vivre, je sais maintenant quʼil nʼy est pas très bien arrivé, mais comme je vous lʼai dit plus haut, je ne peux pas lui en vouloir.
Pourquoi cela me direz-vous ?
Eh bien, quand je lui ai demandé quelques explications, il mʼa regardé droit dans les mots et mʼa dit : Tu sais Emma, ce que tu as vécu dans Du soleil vers lʼenfer te semble dur et inhumain et je sais que ça lʼa été, mais crois-moi, dans la réalité, jʼai souvent vu bien pire.

Mauvaise main de Gilbert Gallerne


Le livre :  Mauvaise main de Gilbert Gallerne. Paru le 10 janvier 2019 chez French Pulp éditions dans la collection polar. 18€. (254 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Mauvaise main

Éric, quasiment à la rue avec une femme sur le point d’accoucher, n’a plus de travail.

Il n’a qu’une seule solution pour s’en sortir : quitter la ville pour rejoindre la scierie familiale, perdue en pleine ligne bleue des Vosges.

Un retour aux sources compliqué quand on n’a pas vu les siens depuis des années.

Il y a ça, et surtout les secrets de famille, sans compter les magouilles du frère aîné qui règne en véritable tyran sur le domaine.

Une France profonde et noire où il ne fait pas bon s’aventurer…

 

L’auteur : Gilbert Gallerne a obtenu le Prix du Quai des Orfèvres 2010 pour son roman Au pays des ombres. Il avait publié avant cela une vingtaine d’ouvrages dans les différents registres de la littérature populaire, de la SF jusqu’au Gore. Depuis quelques années il s’est orienté avec succès vers l’écriture de thrillers. Il est par ailleurs l’auteur d’une dizaine de traductions, parmi lesquelles Danse avec les loups et Basic Instinct.

 

Extrait :
Léo et Michel ont monopolisé la conversation, ce dernier généralement pour approuver ce que dit son aîné. Les femmes n’ouvrent la bouche que pour manger. Annabelle jette de temps à autre des regards circonspects à son beau-frère. De ce qu’Élise fera ce soir dépendra son futur statut. Elle demeure à sa place. Finit son assiette. Michel se tourne vers la table des enfants et interpelle sa fille pour l’envoyer aider sa grand-mère.
L’adolescente proteste qu’elle n’a pas terminé, mais son père la fait taire et elle se lève pour se diriger vers la cuisine en traînant les pieds. Élise se demande combien de temps elle restera à la scierie. Que peut-elle envisager d’autre ? Des études ? Ou bien est-elle condamnée à demeurer Ici pour torcher les plus petits tandis que les hommes débitent le bois, jusqu’à ce qu’un voisin vienne la chercher comme une pièce de bétail ? Élise n’est là que depuis quelques heures, mais déjà elle n’en peut plus. Elle jette un regard vers Éric, ses yeux lui mangent le visage. Il fixe ses frères, sa mère, avec une avidité qui l’effraye.Il parlait rarement de sa famille, qu’l avait depuis longtemps rayée de sa vie. Le destin qui s’acharne sur eux et le contraint à revenir ici s’apprête-t-il à lui jouer un nouveau mauvais tour ? Élise a l’impression de se trouver plongée dans une de ces romanes qu’elle lit à l’occasion. Sauf qu’il n’y a pas de château, pas de bel aristocrate ténébreux. Juste une scierie au bord de la ruine, et une famille qui n’a pas voulu d’Éric autrefois et ne semble pas davantage désireuse de l’accueillir aujourd’hui.
Éléonore revient avec un plat chargé de viande et Élise oublie ses soucis pour ne plus penser qu’à la faim qui la tenaille. Solange suit, portant une marmite d’où monte une bonne odeur de chou. Elle la pose sur la table.
– Voilà ! dit Michel. C’était pas dur ! Tu peux aider, tout de même ! T’es presque une adulte maintenant !
– Presque une adulte, tu parles ! intervient Léo en saisissant sa nièce par la taille. C’est déjà une vraie petite femme ! Regarde ça : elle a des nichons !
Et il referme les doigts sur la poitrine de Solange. La gamine se tortille pour échapper à son étreinte. Elise ouvre de grands yeux. Pétrifiée. Tout le monde s’est figé et fixe la scène. Il n’y a plus que Solange qui se débat et son oncle qui lutte pour garder son emprise.
– Lâche-la !
Le cri jaillit de la table des enfants. Ludovic bondit au secours de sa soeur en renversant sa chaise. Il saisit le bras de Léo mais celui-i tient bon, amusé par les efforts de sa nièce. Léo repousse l’adolescent d’un revers de coude et, gloussant, il écrase le sein de Solange qui gémit.
– C’est du ferme, dis donc !
Il est le seul à rire. Élise agrippe la table, se tourne vers Éric. Son mari a reculé sur sa chaise, dépassé par cette violence. Personne ne bouge. Ludovic se dresse seul contre son oncle. Bernard, le fils de Léo, fait mine de se lever à son tour pour secourir son père. Elise regarde les autres. Pourquoi demeurent-ils tous à leur place, laissant Ludovic se débrouiller ? pourquoi Michel se contente-t-il d’arborer un sourire niais devant son frère qui tripote sa fille, comme si la scène n’avait pas d’importance ? Pourquoi Annabelle reste-t-elle clouée sur sa chaise, la bouche ouverte sur une protestation qui ne vient pas ? Elise se tourne pour dégager son ventre de sous la table et prend appui pour se lever.
– Ça suffit ! Lâche-là !
L’ordre a tonné de l’autre bout de la pièce. Éléonore fixe son fils. Léo la défie du regard avant de pivoter vers Solange, toujours prisonnière, puis vers Ludovic qui tire sur son bras sans succès. Il demeure ainsi trois longues secondes. Il finit par relâcher la gamine. Elle recule en trébuchant, le rouge aux joues et les larmes aux yeux. A peine Solange écartée, Léo attrape Ludovic par le col. Il contraint l’adolescent à s’abaisser jusqu’à ce que leurs visages se frôlent.
– Et toi, petit con, me parle plus jamais comme ça. Quand tu seras un homme, on verra. D’ici là, reste à ta place !
Il le rejette. Ludovic lutte pour conserver son équilibre, le défiant toujours du regard. Léo se raidit.
– Ludo ! Ça suffit ! Va t’asseoir.
L’enfant fixe sa mère sans comprendre, ce qui lui fournit une excuse pour détourner les yeux et rompre le duel  qui l’opposait à son oncle. Mâchoires crispées, contenant des larmes de rage et d’humiliation, il regagne sa place.
– Bon, dit Éléonore. L’incident est clos. Qui veut du chou ?
– Commence par Élise, dit Léo en regardant sa belle-soeur. Je crois qu’elle a tellement faim qu’elle a failli se lever
Élise prend conscience que ses phalanges sont toujours crispées sur le rebord de la table. Elle se relâche, sans cesser de fixer Léo. Elle perçoit de l’amusement dans ses yeux, mais cela ne la rassure pas. Annabelle prend son assiette et la tend à Éléonore.

 

Chronique d’une flingueuse :

Les petits mots de Flo

Mauvaise main de Gilbert Gallerne

Eric est au chômage, sa femme Elise est enceinte. En grande difficulté financière, le couple n’a pas d’autre solution que de trouver refuge dans la famille du jeune homme, qui tient une scierie dans les Vosges.
L’accueil n’est pas des plus chaleureux. Il y a là Eléonore, la mère d’Eric qui l’a confié à sa soeur à l’âge de 12 ans pour que cette dernière l’élève. Marcel, 56 ans, est l’oncle d’Eric, un personnage inquiétant, qui observe, ne s’exprime que par bribes incompréhensibles.
Les deux frères d’Eric, Léo et Michel ont pris les rennes de la scierie et sont tous les deux mariés, le premier avec Rose-Marie, femme peu aimable avec le jeune couple. Michel est marié à Annabelle, qui va se lier d’amitié avec Elise. Il y a aussi les enfants des deux couples qui observent la venue de cet oncle, Eric, porteur d’une prothèse à la main et qu’ils n’ont jamais vu.
Elise va observer, découvrir le fonctionnement de ce clan dans lequel son mari tente de s’intégrer. Et progressivement les événements vont prendre une tournure angoissante.
Gilbert Gallerne signe un roman noir très prenant, à coup de chapitres courts au terme desquels la tension va crescendo. le premier chapitre donne d’emblée le ton du roman, en décrivant une scène terrible tirée de l’enfance d’Eric.
C’est finalement Elise, le personnage principal de ce roman, celle qui va observer, ressentir, entendre, réfléchir, analyser et ce personnage féminin est vraiment très réussi.
L’atmosphère est pesante, la tension en augmentation perpétuelle ; nous sommes dans un quasi huis-clos. Les scènes qui se déroulent à l’extérieur du territoire familial sont peu nombreuses. La violence est omniprésente, sourde ou affirmée, qu’elle soit verbale, physique, sexuelle mais le roman se lit très bien car Gilbert Gallerne n’est jamais dans la surenchère.
L’écriture de l’auteur est précise, très visuelle et je n’ai pu m’empêcher de me rappeler certains films vus dans ma jeunesse, comme “Les granges brûlées” de Jean Chapot ou bien encore “La veuve Couderc”, pour l’ambiance rurale dramatique.
Un vrai coup de coeur que je vous invite à découvrir !

L’inconnue de l’équation – Xavier Massé


La double chronique

L’avis de Dany

Le livre : L’inconnue de l’équation de  Xavier Massé. Paru le 16 mai 2019 aux Editions Taurnada, dans la collection Les tourbillons des mots. 9€99 ; (260 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Quatre heures. La police n’a que quatre heures pour démêler ce qui ne semblait être au départ qu’un simple drame familial : un couple, Juliette et François, retrouvé carbonisé, leur fils, Julien, gisant au sol. Deux salles d’interrogatoires, deux témoins de la tragédie : la mère de François et une flic présente sur les lieux. Deux versions, deux visions différentes. Accident, meurtre, ou vengeance ? Une toile d’araignée va se tisser peu à peu et d’une simple énigme va surgir une équation… aux multiples inconnues.

 

L’auteur : Né en 1977 à Roussillon (Isère), Xavier Massé est un jeune écrivain à l’imagination débordante. Passionné par le cinéma et la littérature, il devient très tôt fan du genre thriller, avec un goût toujours plus prononcé pour les scénarios complexes. Il sort en 2016 Répercussions qui remporte le prix du 1er roman Dora-Suarez 2018. Il décide de continuer l’aventure avec L’inconnue de l’équation, un huis clos qui ne laisse aucun répit au lecteur.

 

 

 

Extraits :
« Les factures grossissantes lui avaient imposé de prendre une décision rapidement et d’accepter le premier boulot qui passerait : aujourd’hui, les banques n’étaient plus aussi conciliantes.
Il avait beau se demander tous les jours « comment j’ai pu en arriver là ? », chercher quelle avait été son erreur, ce qu’il avait pu louper… La réponse était : rien… ou plutôt, un abus de confiance, et d’ignorance.
En deux ans, ils avaient tout perdu : leur société, leur amitié, et Caroline avait quitté Stéphane. »
« J’avais trouvé une méthode un peu radicale, mais assez performante, pour faire disparaître les corps. Ça tombait bien qu’elle travaille dans un laboratoire ! Savez-vous combien l’acide peut être efficace pour dissoudre beaucoup de choses ?
J’avais réussi à faire un sacré mélange…
a) De l’acide sulfurique,seulement dépassé par quelques superacides. Très utile pour le décapage de métaux en sidérurgie.
b) Du peroxyde d’hydrogène,il a la particularité de pouvoir être aussi utilisé seul comme monergol, comme dans les Rocketbelts de James Bond.
c) De l’hydroxyde de sodiumpur, appelé « soude caustique »… Ce produit étant extrêmement corrosif pour la peau, les yeux, les voies respiratoires et digestives. Elle doit être manipulée avec des gants, des lunettes de protection et une protection intégrale du visage.
Un mélange explosif ! »

 

La chronique jubilatoire de Dany

L’inconnue de l’équation – Xavier Massé

Très difficile de parler de ce thriller sans spolier aussi, je resterai sobre …

Trois chronologies s’imbriquent et permettent au lecteur de reconstituer la vie d’un couple, François et Juliette, parents d’un jeune Julien. Ils vont connaître la crise en 2005, financière d’abord puis familiale. On les retrouvera en 2010 puis 2013, grâce aux témoignages de Berger, enquêtrice et Mireille, la grand-mère.

L’auteur a opté pour un puzzle aux multiples pièces, perdant le lecteur parmi les hypothèses toutes extrêmes et plus improbables les unes que les autres.

Cela donne lieu à une lecture surprenante, où il faut s’attacher à chacun des détails, les recouper avec les différents interrogatoires, sans faire retomber sa vigilance car rien n’y est gratuit ! Surprenant et court, ce roman chahute le lecteur jusqu’au dénouement ! Intéressant et surprenant … mérite le détour.

Merci aux éditions Taurnada de m’avoir fait confiance et pour cette belle surprise.

Lu en version numérique. epub 5.99 €

L’inconnue de l’équation de Xavier Massé


La double Chronique

L’avis de Miss Aline

Le livre : L’inconnue de l’équation de  Xavier Massé. Paru le 16 mai 2019 aux Editions Taurnada, dans la collection Les tourbillons des mots. 9€99 ; (260 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Quatre heures. La police n’a que quatre heures pour démêler ce qui ne semblait être au départ qu’un simple drame familial : un couple, Juliette et François, retrouvé carbonisé, leur fils, Julien, gisant au sol. Deux salles d’interrogatoires, deux témoins de la tragédie : la mère de François et une flic présente sur les lieux. Deux versions, deux visions différentes. Accident, meurtre, ou vengeance ? Une toile d’araignée va se tisser peu à peu et d’une simple énigme va surgir une équation… aux multiples inconnues.

L’auteur : Né en 1977 à Roussillon (Isère), Xavier Massé est un jeune écrivain à l’imagination débordante. Passionné par le cinéma et la littérature, il devient très tôt fan du genre thriller, avec un goût toujours plus prononcé pour les scénarios complexes. Il sort en 2016 Répercussions qui remporte le prix du 1er roman Dora-Suarez 2018. Il décide de continuer l’aventure avec L’inconnue de l’équation, un huis clos qui ne laisse aucun répit au lecteur.
Extrait :
« Ce soir, je ne sais pas si j’ai bien fait de m’engager sur cette voie, mais à ce moment précis, je suis face à ma vie, face à ma mort, et je ne sais absolument pas comment tout ça va se terminer.
Je sais seulement qu’il va me falloir faire un choix… et le bon. »

L’accroche de Miss Aline :

 L’inconnue de l’équation, Xavier Massé

Quatre personnes dont trois armées. Un drame. Deux témoins. Deux salles d’interrogatoire. Quatre heures d’audition en tant que simple témoin ensuite il faudra les relâcher ou signifier une garde à vue.

Salle 1 : l’inspectrice Amandine Binger.

Salle 2 : Mireille la mère de François (l’une des victimes).

Deux versions pour expliquer la mort d’un couple, un adolescent entre la vie et la mort, ainsi qu’un incendie à l’origine douteuse.

Les inspecteurs Migue et Dida vont avoir fort à faire pour démêler les tenants et les aboutissants de cette affaire.

Pourquoi Binger est-elle sur place ? Qui l’a appelé ?

Pourquoi Mireille, avec sa vue défaillante, a-t-elle emmené son petit-fils dans la résidence secondaire de ses parents ? Pourquoi a-t-il voulu rentrer précipitamment en pleine nuit ?

Chacune va apporter des explications sur son rôle, sur la vie de François et Juliette. Plus l’audition avance et plus les nœuds s’emmêlent. Où est la vérité ?

Huis clos que ce roman qui garde en alerte. Dés le départ on est intrigué. Qui parle dans le prologue ? De quelle décision est-il question ?

On est dans la maison, on assiste au drame mais a-t-on tout vu, tout compris ?

On passe d’une salle à une autre et écoutons les témoignages. Entre les deux le récit de la vie de François et Juliette.

Une troisième salle, dans ma tête de lectrice, avec ma propre interprétation, mes interrogations, mes doutes.

L’auteur sait garder le suspens entier, pratiquement jusqu’à la dernière ligne. Il distille des révélations, de nouvelles interrogations avec parcimonie. Toujours au bon moment pour relancer l’enquête et l’attention du lecteur. Il nous entraine vers une fin que l’on n’imaginait pas.

Avec ce roman, se pose la question de l’interprétation d’un fait.  On s’interroge aussi sur ce que les autres nous révèlent d’eux. Est-ce le reflet intégral de la réalité ou juste une partie. Celle qu’ils veulent bien nous montrer, nous faire partager. Combien de masque je porte en fonction de mon « public » ? Quand suis-je moi, entière, complète ? Est-ce que face à moi-même, je porte aussi un masque ? Qui suis-je ?

Je remercie les Editions Taurnada pour ce SP que j’ai dévoré en quelques heures. Merci à Xavier Massé pour m’avoir capturée entre ses lignes et m’avoir offert un excellent moment livresque.

Lu en  Epub 5,99 €  

Résultat concours : Morgan Audic,, De bonnes raisons de mourir.


Il y a quelques jours,

en partenariat avec Les Éditions Albin Michel,

le collectif Polar, Chronique de nuit vous propose de gagner 3 exemplaires

du dernier roman de Morgan Audic,

De bonnes raisons de mourir.

Pour remporter ce livre nous vous demandions

«pourquoi vous auriez envie de (re)découvrir cet auteur très prometteur ! »

 

Voici quelques réponses de nos lecteurs et lectrices : 

 

Réponse 1 : 

Bonjour,
Suite au concours organisé sur votre blog afin de gagner De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic, je participe en répondant à la question :

« Dites-nous pourquoi vous auriez envie de (re)découvrir cet auteur très prometteur ! »

J’ai envie de le découvrir car j’en entends beaucoup de bien. Parce que l’intrigue a l’air excellente, et parce que l’auteur est breton, tout comme moi ^^
Mais aussi parce que je m’intéresse beaucoup aux événements marquants de notre monde, et ceux de Tchernobyl et de Prypiat sont clairement deux des plus importants du siècle dernier.
Voilà, ce sont ici les raisons principales ! Après, j’aime frémir, réfléchir, et être scotché sur mon canapé lors d’une lecture, et je pense que ce roman peut faire les trois à la fois ^^
Merci pour ce concours !

Réponse 2 :

Bonjour Geneviève 

J’ai très envie de découvrir cet auteur car j’adore les surprises. Découvrir un nouvel auteur, c’est un peu comme écolo et une terre inconnue : on ne sait pas à quoi s’attendre mais on espère une bonne surprise. On ne connait pas encore son style et on n’a donc pas d’à priori. Il arrive que ces découvertes soient décevantes mais souvent ce sont de véritables pépites. Alors oui, j’ai très envie de découvrir Morgan Audic
Voilà mon petit texte pour le concours
Bonne soirée

Réponse 3 :

Je participe avec plaisir
 En fait, je ne connais pas cet auteur mais après avoir vu la BO dévoilée par les Editions Albin Michel, ma curiosité a été plus que titillée.

Réponse 4

Bonjour, je tente ma chance avec plaisir 🙂 

J’aimerais découvrir ce roman car son contexte est singulier… les thrillers autour de Tchernobyl ne courent pas les rues. Cerise sur le gâteau : l’auteur est de St Malo et j’aime bcp St Malo 

 

Pour gagner il fallait Être abonné au blog et à sa newsletter. Et m’envoyer le mail ou le nom de votre blog avec lequel vous vous êtes abonné.

Voici les trois chanceux lauréat,

Chanceux parce que ce livre est un sacré coup de cœur pour moi et nombre de lecteurs.

D’ailleurs voici mon avis sur De bonnes raisons de mourir.

 

 

Un cadavre atrocement mutilé
suspendu à la façade d’un bâtiment.
Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante.
Deux enquêteurs, aux motivations divergentes,
face à un tueur fou qui signe ses crimes
d’une hirondelle empaillée.
Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…

Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques.

 

 

 Mais revenant à nos moutons

Alors les gagnants sont :

Ludovic

Karine 

Charlie Yannick

Bravo à vous trois, envoyez moi votre adresse postale à collectif.polar@gmail.com

Profitez-en pour m’envoyer sur  le mail ou le nom de ton blog avec lequel vous  vous êtes abonné à https://collectifpolar.com

 

Une fois tout ceci enregistré, les  éditions Albin Michel vous ferons parvenir votre exemplaire de

De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic.

 

A très vite et félicitation vous allez vous régaler

 

Assignée à résidence : L’interview bracelet électronique 9, Frédéric Mars


Assignée à résidence : L’interview bracelet électronique 9, Frédéric Mars

L’interview « bracelet électronique »,  vous connaissez maintenant, non ?

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le neuviène auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Frédéric Mars mais pas que.   

Mo Malo aussi !

Lundi 7h30

Miss Aline : Bonjour Frédéric, bonjour Mesdames. Commence aujourd’hui l’assignation  à résidence de Frédéric Mars. 
Frédéric,  si vous pouviez vous présenter pour les lecteurs.

Frédéric : Je suis Frédéric Mars, auteur de romans (mais pas que) sous cette identité (mais pas que) depuis environ 15 ans (et déjà un peu plus que ça encore). Je ne serai sans doute pas votre « client » le plus facile à interroger, par la faute justement de mes activités et mes identités très diverses. Bref, je suis un peu le Keyser Soze de la littérature populaire contemporaine 😉 Jamais tout à fait QUI ni LA où on l’attend.

Dany : Bonjour Frédéric, bonjour Aline Gorczak

Frédéric : Bonjour 😉

Miss Aline : Bonjour Danièle.

Geneviève : Bonjour tout le monde, je ne fais que passer, ne vous soucier pas de moi, poursuivez comme si de rien n’était !

Dany : Justement, avant d’être atteint de schizophrène littéraire, il était comment le petit Frédéric ?

Geneviève : 👍

Frédéric : Déjà difficile à maintenir sur terre, constamment dans ses rêves 😉La fiction m’a très tôt semblé bien plus riche, structurée et intéressante que la supposée réalité. Dès que je le pouvais, donc, je m’échappais de l’une pour me réfugier dans l’autre. Je donnais notamment beaucoup d’importance à mes rêves.

Dany : ses rêves … il se les fabriquait seul ou il lisait …

Frédéric : Les deux mon général ! Je lisais beaucoup, regardais beaucoup de films, et même si je n’écrivais pas tant que ça je passais beaucoup de temps à rêvasser, à imaginer d’autres réalités alternatives possibles.

Dany : Chez toi, c’était bien accepté ?

Frédéric : Ah oui, très, mon père était un peu pareil, d ‘ailleurs la maison débordait de livres, de disques, de peintures, mon père peignait des toiles genre Magritte érotique (sic !), donc l’imaginaire était quelque chose de très valorisé chez mes parents.

Miss Aline : Tous les enfants devraient grandir dans un environnement ou l’imaginaire à une vraie place.

Frédéric : Je suis bien d’accord 😉

Miss Aline : du rêve à l’écriture, c’est quoi le déclic ?

Frédéric : Eh bien, à l’école, je dois à deux profs, l’une en CM2, puis l’autre en 6e, d’avoir détecté chez moi une relative facilité de plume, et de m’avoir encouragé par de petits compliments. Ce fut très léger, et peu fréquent, mais ça a suffi pour qu’en tire l’idée (encore diffuse) que j’avais ma place là, dans la construction d’histoires avec des phrases, et pas ailleurs.

Miss Aline : tu écris n’importe où  ou vous faut-il un cadre bien précis (lieu, musique etc) ?

Frédéric : D’une manière générale il me faut une bulle de calme absolu : pas de bruit, pas de musique, pas de mouvement autour de moi. Mais, ceci étant posé, ça peut être n’importe où, même si évidemment c’est plus simple chez moi. Mais je suis incapable de travailler sérieusement dans les cafés ou le train, comme certains de mes confrères/consoeurs. J’admire et j’envie cette capacité !

Dany : Quelles étaient tes lectures d’enfant, d’ado ?

Frédéric : Beaucoup de choses très différentes, et pas forcément de mon âge ! 😉 Classiques de la BD (Tintin, Astérix, Gaston Lagaffe, Achille Talon, Bicot, etc.), mais aussi des Jules Verne, et tout ce qui traînait dans la bibliothèque paternelle. Il y avait notamment de la SF (type Asimov) et des anthologies de textes éditées par la revue Planète dans les années 60-70 qui me fascinaient.

Dany : et quels héros étaient tes modèles ?

Frédéric : Aucun en particulier, franchement. Je n’ai jamais adulé ni un héros ni un auteur précis. Ce qui m’a toujours plu s’est justement la diversité des personnages, des destins des histoires, ce réservoir imaginaire infini. C’est sans doute pour ça que je suis aujourd’hui si versatile et diversifié moi même dans ma production. Pourquoi se limiter à un genre et un univers, quand il y en a tant de différents disponibles ? 😉
Chez mes parents il y avait vraiment de tout, et par la suite j’ai cultivé ce goût de la diversité et du grand écart. A 17 ans, je relisais encore de la SF type « Le monde des A » ou Philip K. Dick et en même temps, cette année, là, je me souviens que j’ai lui tout Shakespeare !!!

Dany : Aujourd’hui est-ce que tu lis encore ?

Frédéric : Oui, mais moins paradoxalement. Mes lectures sont plus documentaires, pour nourrir mes propres écrits. Les lectures « plaisir » sont beaucoup moins nombreuses, faute de temps. Pour en avoir parlé avec nombre de mes confrères auteurs, je sais que je ne suis hélas pas le seul. Et puis, quand on passe comme moi ses journées entières à écrire ses propres textes, le soir on a peu de cerveau dispo pour lire encore pendant des heures. Quelques pages, oui, mais pas une soirée complète de lecture.

Dany : Les soirées … les nuits … c’est pour les lecteurs ! La doc on vous la laisse et on vous fait confiance les auteurs …

Frédéric : Ah ah merci 😉

Miss Aline : Les marcheurs , d’où en vient l’idée ?

Frédéric : De deux articles lus dans la presse anglaise : l’un parlait d’implants mammaires explosifs comme une possibilité crédible d’attaque terroriste, et l’autre d’une attaque bien réelle où un opposant au régime saoudien s’était introduit une charge explosive dans le rectum pour s’en prendre au ministère de l’intérieur de son pays. Mais, par chance, il avait été maitrisé avant que la charge n’explose…

Dany : Sur ce sujet il y a aussi le Prix du quai des orfèvres2018 Tension extrême de Sylvain Forge  ...

Frédéric : J’avoue ne pas l’avoir lu 😉 Même si je vois de quoi il s’agit.

Miss Aline : Le monde est fou !

Dany : Alors après l’article… une histoire …

Frédéric : Oui, mais ces articles et cette histoire datent pas mal, en l’occurrence de 2010 (la première édition du livre est sortie fin 2011). J’ai alors eu l’idée, je ne sais plus bien comment, de la marche continue comme  condition sine qua non : s’ils ne marchent plus, ils explosent. Ça m’a semblé un facteur de tension accrue. Et à partir de là, je n’ai eu qu’à dérouler les parcours croisés de mes principaux protagonistes, et des institutions qu’ils représentent.

Dany : Plus qu’à … avec méthode tout de même … laquelle ?
Un plan, une fin connue dès la 1ère ligne ?
Un grand tableau… plein de post it

Frédéric : Toujours pareil : à partir de l’idée de départ je note tout ce qui me semble pouvoir faire partie du périmètre de l’histoire, puis je me documente beaucoup, et enfin je monte un script très détaillé, scène par scène, qui peut faire entre 30 et 50 pages, voire plus. Dans le cas des marcheurs, le scénario est particulièrement tortueux et complexe, donc ça m’a pris pas mal de temps et de travail.
Un mélange de tout ça : je commence par un grand cahier où chaque page est découpée en 3/4 lignes dramatiques principales (en gros une par personnage principal), et où je colle des post-it qui correspondent aux scènes ou aux idées d’action en général. Comme ça je peux déplacer mes « briques » à l’envi. Et, à partir de là, je peux écrire mon script détaillé. Ça peut sembler fastidieux, mais de mon point de vue, c’est me seul moyen de rester tendu et cohérent à la fois.

Dany : c’est surtout complexe 
Quand tu écris, c’est un genre à la fois ou plusieurs romans ou scénarios en parallèle ?

Frédéric : Pardon, je ne suis pas sûr de comprendre ta question : est-ce que j’écris plusieurs livres en parallèle ? Si c’est bien ça, la réponse est non. J’ai besoin de m’immerger complètement dans un sujet. J’ai du mal à zapper d’un univers à l’autre au cours d’une même période. Mais une fois cet univers refermé, je n’ai aucun problème à sauter dans un univers très différent.

Dany : C’était tout à fait ma question

Frédéric : OK 😉

Lundi 11:12

Dany : A regarder la « méthode », on peut donc dire que l’histoire prime sur les personnages … c’est ça ?

Frédéric : Ca pourrait laisser penser ça en effet, mais à l’intérieur de ce scénario très précis, je laisse une grande autonomie à mes personnages. Bien souvent, je modifie d’ailleurs des aspects de l’histoire en fonction de la manière dont ils évoluent en cours d’écriture. Je les crée, mais très vite ce sont eux qui prennent le pouvoir !

Dany : donc l’histoire n’est pas « arrêtée » avec les premières lignes, toi-même tu peux t’étonner ?

Frédéric : Exactement ! Je définis une histoire avec une fin, mais la manière dont on y parvient peut en effet me surprendre en partie moi-même 😉

Dany : au-delà de l’histoire, de l’intrigue,les valeurs qui te sont chères (du moins je le suppose) et les messages « sociétaux » sont-ils essentiels ?

Frédéric : Je ne parlerais pas vraiment de « message » car je ne fais pas de politique, et je ne cherche à délivrer aucune morale. En revanche, je me passionne pour l’état de notre société, et en offrir une photographie à mes lecteurs (certes un peu déformée par la fiction) est en effet une motivation forte pour moi. C’était le cas avec les Marcheurs, s’agissant du terrorisme, mais ça va être encore plus le cas encore avec La lame, mon roman qui sort chez Métropolis fin mai, où il est beaucoup question d’un sujet très actuel, et pour part polémique : l’immigration sub-saharienne en Europe, et en quoi celle-ci représente un enjeu politique et économique mondial pour les décennies à venir.
PS : tout ça sous la forme d’un thriller, je te rassure 😉

Dany : Quand tu pourras nous en dire plus que la 4ème de couverture, nous t’attendons avec plaisir sur Collectif Polar … à moins que dès maintenant …

Frédéric : Je peux juste donner un pitch pour l’instant, qui correspond à  une grosse 4e. Je ne sais pas si ça peut intéresser le collectif en l’état…

Dany : Essaye toujours …
Petite réflexion perso : Ring pas de bol pour mon arthrose du poignet , il ne fait pas de numérique !

Frédéric : Ah oui, je sais, mais c’est délibéré de la part de David Serra, je crois, pour éviter le piratage d’une part, et de l’autre pour que l’objet livre reste un bel objet, un produit noble.
Pitch de LA LAME, donc :

8 octobre 2031, Avignon, sur le célèbre pont Saint Bénezet.
Le président de la République, Bako Jackson, le « Obama français », en lice pour sa propre réélection, rencontre une délégation des migrants nigérians parvenus sur la Côte d’Azur suite au tsunami qui les a chassés de Lagos, à travers toute l’Afrique puis la Méditerranée. Mais de la foule, jaillit une main anonyme qui plante une lame blanche dans son ventre. Le président s’écroule.
Huit jours plus tôt, le 30 septembre, dans la cité « la Soli » des quartiers nord de Marseille, l’officier de PJ Simon Mardikian découvre le cadavre d’une jeune prostituée noire, Joy, alias Queen, sans identité définie. Son enquête dans les bas-fonds de la prostitution marseillaise et des réseaux migrants-prostituions-drogue commence.
Le lendemain, 1er octobre, à Lagos, dans le bidonville flottant de Makoko, l’instituteur Sékou Williams tient tête au dealer Kaza qui cherche à recruter de revendeurs parmi ses élèves. Mais soudain, une immense vague-submersion venue de la mer voisine emporte tout sur son passage.
Le même jour, à l’Élysée, le président Bako Jackson annonce sa candidature à sa propre réélection. Il en profite pour annoncer aussi le renforcement du dispositif Frontex. C’est sa fermeté sur les questions migratoires qui a valu à ce métis, fils d’un pasteur nigérian, de ravir le pouvoir à l’extrême droite en 2027. Il achève à peine son allocution qu’on lui annonce la catastrophe climatique de Lagos.
Ce qu’il ignore, c’est qu’au tsunami maritime va succéder une lame migratoire comme la France n’en a jamais connue en aussi peu de temps. Une vague qui en annonce d’autres. Ce qu’il ignore, c’est que quelque part en Afrique, une lame de couteau s’apprête à croiser sa route. La seule chose qu’il perçoit, c’est cette lame de tarot qui lui prédit un drame d’envergure inédite.
Comment ? Pourquoi ? Quel rapport avec le vaste réseau de trafic narcotique et humain qui a déjà déferlé sur nos côtes ? Qui agit dans l’ombre pour déstabiliser une Europe en proie à des flux migratoires incontrôlables ?

Voici le parcours de la lame qui va changer l’histoire de notre pays.


Lundi 12:39

Frédéric : PS : je risque d’être moins dispo durant deux petites heures (dej et trajet en voiture).

Geneviève : 👍, oui notre auteur même assigné à résidence à le droit de dejeuner😉

Lundi 14:22

Miss Aline : Beaucoup d’auteurs disent que leur personnages prennent le contrôle , qu’ils vivent leurs vies. Peux tu expliquer ce processus ?
Ça reste très abstrait.

Frédéric : Et pour nous assez difficile à faire partager comme sensation 😉
Mais disons qu’au même titre que des proches qu’on côtoie au quotidien, ces personnages qui entrent dans notre vie et y restent pendant des mois, parfois même des années, finissent par avoir sur nous une forme d’influence. En tout cas, ce ne sont pas de simples marionnettes qu’on range sagement le soir, quand on arrête d’écrire. Ils continuent à vivre en nous. On y pense. On se demande comment ils se comporteraient dans telle ou telle situation qu’on rencontre, etc.

Lundi 16:57

Dany : Comment fais-tu concrètement pour vivre avec tout ce monde dans ta tête … une journée de schizophrène se passe comment ?

Frédéric : Avec pas mal de migraines !!! 😉 J’ai l’air de plaisanter, mais parfois mes proches s’étonnent du fait que j’oublie certains détails de notre vie bien réelle… pour la simple et bonne raison que ma conscience  est déjà fort encombrée par toutes ces vies fictionnelles ! Tout ça fait beaucoup d’informations, sans doute trop, et les deux univers se télescopent de temps à autre ! 😉

Lundi 19:54

Dany : Merci pour aujourd’hui… Je reprends les hostilités demain… Bonne nuit!

Frédéric : Avec plaisir ! 😉 Bonne soirée et à demain !

Miss Aline : Bonsoir à tous.

Mardi  08:49

Dany : Bonjour tout le monde ! Frédéric,  j’espère que tu as pu te reposer malgré le port du bracelet …
Revenons à ton métier d’auteur et ta façon d’écrire.
Est-ce que tu prépares toutes tes munitions et ensuite tu te lances dans l’écriture d’une traite ? Combien d’heures pas jours ? Papier crayon ou ordi ?
Oui, oui on veut tout savoir !!!!!!!!!!!!!

Geneviève : 👍

Frédéric : Bonjour à tous ! J’ai mal dormi, mais le bracelet n’est pas en cause je pense 😁 Juste trop d’idées qui tournaient en tête !

Geneviève : Bonjour les flingueuses et bonjour Frédéric Mars. Je ne fais que passer pour vous soutenir dans ces instants délicats d’une assignation à résidence. Allez belle audition à vous !

Frédéric : Alors oui je prépare tous mes documents, en particulier ce long scénario dont je parlais hier. Et aussi une fiche par personnage principal, toute la documentation concrète pour les lieux, etc.
Une fois tout ceci préparé, j’écris sur ordinateur presque exclusivement. Je complète juste un peu par des notes ponctuelles que je prends en cours de projet sur des post-it ou sur mon téléphone (via Evernote).
J’écris un minimum de cinq à six heures par jour, jusqu’à 10 maxi, en moyenne plutôt 7 à 8 h.
Je suis surtout performant le matin. Moins l’après midi et pas du tout le soir ou la nuit.
On est très loin du mythe de l’auteur qui écrit la nuit à la bougie 😉

Dany : Tout comme de l’auteur maudit …
Et tu te fais relire en cours d’écriture ?

Frédéric : Quand mon projet est complexe, comme Les Marcheurs ou la Lame, je tiens durant toute la durée de l’écriture un « journal de bord », sur lequel je reporte tous les soirs les petites trouvailles ou inflexions dans mon scénario qui ont jailli en cours de journée. Histoire de garder une cohérence maximale, et ne rient laisser en plan pour le lecteur. Que tout ce que je pose soit 100% utile à mon récit.
Assez peu (pour la relecture). Tant que j’écris, j’ai besoin qu’on me fiche la paix 😉 Généralement je soumets juste les premières pages à mon éditeur pour qu’on soit bien raccord sur le ton général et la direction, et ensuite je lui demande de me faire confiance et de me laisser travailler peinard. Si vraiment on est à la bourre, je lui envoie une partie de chapitres, par paquets, au fur et à mesure que je progresse.
Mais même dans ce cas, et  à moins qu’il identifie un gros problème sur le texte, je lui demande de garder ses remarques pour la fin, quand je lui ai tout remis.
A partir de là, pas de souci, je suis ouvert à toutes les remarques et toutes les modifs. Mais pas en cours de route… sinon, ça me « coupe les pattes » !!! 😉

Dany : Ton entourage n’est pas sollicité ?

Frédéric : Ça arrive mais c’est assez rare. J’ai tendance à ne faire confiance qu’à mon éditeur / éditrice. L’entourage proche est toujours « trop ». Soit trop indulgent soit trop cassant, mais rarement juste et technique. Trop dans l’affect et pas assez dans l’économie du récit.
Je ne l’ai fait que quand ce que j’écrivais impliquait plus ou moins directement le/la proche en question/
Pour qu’il / elle ne se sente pas trahi.

Miss Aline : Réseaux sociaux, salons… incontournables pour l’auteur aujourd’hui. Quel est ton rapport avec tes lecteurs ?
Autant que faire se peut écoutes-tu leurs remarques pour tes prochains travaux ?

Frédéric : Je suis assez présent sur les Réseaux Sociaux je pense, même si c’est très consommateur de temps, et que ma multiplicité d’identités rend la tâche plus ardue encore. Mais j’aime bien ce rapport direct oui.
Alors oui j’écoute ce qu’on me dit. Ça peut m’aider à corriger certains détails pour des tomes suivants. Mais au final, je me laisse toujours emporter par mon imaginaire… qui n’est pas forcément le leur ! 😂

Miss Aline : Je suis d’accord l’imaginaire et le ressenti sont propres à chacun.
En dehors de l’écriture, une passion ?

Frédéric : Voilà ! Tout ce qu’on peut espérer est tant qu’auteur, c’est que la manière dont on raconte son histoire puisse embarquer le lecteur, y compris celui qui n’avait pas de goût a priori pour notre univers. C’est le plus beau compliment qu’on ait pu me faire notamment sur les Marcheurs : » d’habitude je déteste les romans sur le terrorisme, mais j’ai quand même aimé ton histoire ». 😉

Miss Aline : 👍

Geneviève : 👍


Frédéric : Le cinéma !!! J’y vais (en salles) entre 120 et 150 fois par an. Je suis totalement accro. 2-3 jours sans séance et je suis en état de manque. C’est vraiment ma seule drogue (avec le chocolat et quelques autres gourmandises)

Miss Aline : Ah le chocolat !

On est d’accord que le ressenti c’est la somme de notre vécu, les émotions au moment T, nos peurs, nos espoirs.
En va-t-il de même pour l’écriture : aujourd’hui auriez-vous écrit les marcheurs de la même façon ?

Frédéric : Oui, chaque livre est vraiment le produit de ce que l’on est à un instant T, c’est tout à fait ça. Et donc non, évidemment, je n’écrirais pas Les marcheurs de la même manière aujourd’hui, pas plus que mes autres livres. Et c’est tant mieux comme ça 😉

Miss Aline : Le livre que tu aurais aimé écrire et pourquoi ?

Frédéric : Difficile de répondre à cette question, car quand je suis lecteur, je suis vraiment lecteur, je débranche en partie mes automatismes d’auteur pour apprécier pleinement ce que je lis. Et c’est d’autant plus difficile que j’ai des goûts très éclectiques, je lis des choses TRES différentes. Mais s’il faut n’en retenir qu’un, je dirais REPLAY de Ken Grimwood, un livre à la structure vertigineuse et dont je suis forcément un peu jaloux. L’un des rares romans que je connaisse qui arrive à faire rimer suspense et métaphysique.
Ah, et au titre de mes passions j’ai oublié la photo aussi. J’en fais moins actuellement, mais je suis toujours très amateur. Mon tout premier job, il y a près de 25 ans, était d’ailleurs dans un magazine photo.

Dany : Est-ce qu’il est des sujets que tu t’interdis d’aborder … pas peur, par conviction, par « timidité » ?

Frédéric : Franchement, quasiment jamais, et ce n’est pas pour me faire plus tête brûlée que je ne suis. Mais au contraire, plus un sujet me semble sensible ou polémique, et plus j’ai envie d’y aller. Je pense que LA LAME va en être une bonne illustration d’ailleurs. Le sujet en est à la fois contemporain, sensible ET objet de polémiques.  Ce sont plutôt les éditeurs qui me disent « tout doux bijou » que moi qui m’autocensure. Comme on dit familièrement, je serais prêt à toutes les audaces pour le plaisir d’une histoire que je trouve intéressante à raconter. 😉 Pour moi, la fiction justifie tout ou presque ! 😁
Si vous saviez les délires que j’ai dans mes cartons, vous auriez froid dans le dos 😂

Miss Aline : Des délires que tu pourrais sortir et développer ?

Frédéric : Pour certains d’entre eux oui. Je ne peux pas encore en parler de manière précise, car c’est un projet non signé pour l’heure, mais il est notamment question que je sorte un contre-livre de Noël politiquement très incorrect en fin d’année 😁

Mardi 11:06

Dany : Y a-t-il des causes pour les quelles tu es prêt à t’engager ?

Frédéric : Au risque de décevoir, pas vraiment. Je me méfie toujours des embrigadements quels qu’ils soient, même mus par de bonnes intentions. Les causes que je pourrais défendre sont plus « philosophiques’ que réellement humanistes. Je défends par exemple mordicus le droit à ne pas être drôle, à ne pas être léger, à être différent de cette époque qui subit la dictature du fun. je défends aussi celui à ne pas s’engager en noir ou blanc, justement. A avoir des positions nuancées, voire ambiguës ou contradictoires. Je suis toujours effaré de constater que la plupart des individus, aujourd’hui, vous veulent AVEC ou CONTRE eux, et si vous n’êtes pas AVEC eux, ils vous classent d’emblée CONTRE eux. Bref, je milite pour le droit à ne pas penser comme les autres sans pour autant devenir leur ennemi. Et pour le devoir de laisser son prochain en paix, si le seul « crime » du prochain en question est de penser différemment de vous. Bref, ce n’est pas avec ça que je vais mobiliser des foules ni créer un parti politique 😂

Dany : Ca a le mérite de la sincérité sans opportunisme …
Pourquoi tous ces pseudos ? Ne craints-tu pas d’y perdre en visibilité ?

Frédéric : Au début, et encore aujourd’hui, les pseudos m’ont été imposés par mes différents éditeurs, pour faire un distinguo qu’ils estimaient nécessaire entre mes différentes productions. Et puis, avec le temps , même si je n’ai rien voulu de tout ça ni calculé cette apparente schizophrénie, je dois avouer que cela s’est mis plutôt à me plaire. Aujourd’hui j’aime changer de costume en fonction de ce que j’écris, comme le ferait un comédien. Après tout, on n’imaginerait pas un acteur montant sur scène dans son costume de ville ! On trouve normal qu’il endosse une identité différente à chaque rôle. Eh bien moi c’est pareil, j’endosse l’identité qui colle avec chacun des univers que j’ai envie d’explorer. Et comme ils sont nombreux… ma « garde robe » peut encore contenir pas mal d’autres costumes ! 😃
PS : si l’ imagination d’un auteur ne lui sert pas à se réinventer lui-même, franchement à quoi sert-elle ? 😉

Geneviève : Personnellement je me t’ai rencontré qu’une seule fois avec mon amie Caroline Noëlle. à l’occasion de la sortie de vos livres respectifs chez Charleston. Je t’ai rencontré et tu t’appelais Emma Mars😉. Hahaha

Miss Aline : Pour l’entourage déstabilisant où tu remets le costume « vrai toi » quand tu sors de l’écriture ?

Frédéric : Jusqu’ici mon entourage a toujours suivi le mouvement avec beaucoup de bienveillance et de compréhension, justement parce qu’il existe un « vrai Frédéric » dans l’intimité et qu’ils le connaissent et le reconnaissent. En tout cas, je pense…  Mais il m’arrive tout de même  de faire des emprunts à mes autres identités dans le quotidien, quand cela se justifie ou me semble amusant.

Dany : Un acteur même s’il endosse des rôles différents a un nom de scène … même Tanguy a un nom !

Frédéric : C’est vrai, mais (voir ci-dessus), mon entourage sait qui je suis vraiment, au-milieu de toute cette diversité (parfois contradictoire et un peu déroutante), et c’est l’essentiel pour moi 😉

Dany : Mais je me place du côté du lecteur, celui qui apprécie Frédéric  ne connait pas ne connait pas Mo Malo alors que Quaanaaq a eu un bon lancement !
Mais … tu as de illustres prédécesseurs …

Frédéric : C’est en effet le risque et la limite… Mais une fois de plus, ces choix là relèvent généralement plus de la volonté des éditeurs que celle des auteurs. L’auteur, en tout cas dans mon cas, ne programme pas sa « carrière » selon un plan bien défini. Il va un peu là où on veut bien de lui 😉 A moins d’être une star de l’édition, et encore, c’est rarement lui le maître du jeu.
Très illustres oui, et je compense sans doute leur renommée et leur talent par la multiplicité de mes identités 😂😅

Dany : Dans ta bio il est dit que tu étais scénariste TV … tu peux nous en dire plus ou est-ce encore un pseudo 😂?

Frédéric : Oui, sous pseudo aussi 😉 Mais ce fut des expériences assez brèves et assez peu concluantes me concernant

Dany : Des projets TV ou ciné ?

Frédéric : je rêverais évidemment que certains de mes ouvrages soient adaptés, évidemment. Des intérêts ont déjà été manifestes, et encore actuellement. Mais rien n’a abouti pour l’instant. Car, il faut bien le dire, j’imagine des scénarios assez complexes, ou situés dans des lieux pas très accessibles, donc peu économiques … et donc hors de portée de la plupart des productions françaises. Mais bon, si David Fincher m’appelle pour adapter les Marcheurs, je ne refuserai pas ! 😂

Miss Aline , Dany et Geneviève : 👍 👍

Dany : Allez … pause déjeuner … Bon appétit !
On se revoit dans quelques heures

Frédéric : Ca marche ! A tout à l’heure ! Bon appétit 😉

Mardi 14:56

Miss Aline : As tu déjà écris à quatre mains ? Si non est-ce une expérience que tu aimerais tenter?

Frédéric : Oui, je l’ai déjà fait, et encore assez récemment, sous un autre pseudo. Ce n’est pas mon exercice préféré, mais quand on trouve un(e) partenaire très autonome, comme c’était le cas il y a peu, ça peut devenir franchement excitant et enrichissant. Ce qui n’est pas tenable, c’est quand l’un « bouffe » l’autre ou assume tout à sa place, ce qui hélas arrive assez souvent…

Miss Aline : Comment s’inscrit ton avenir d’auteur sur le long terme ?

Frédéric : Je n’en ai aucune idée ! 😉 Comme dit précédemment, nous auteurs proposons des choses, et les éditeurs disposent. Aucun auteur ne peut prétendre avoir la main sur son avenir. La seule chose dont je suis sûr, c’est que voilà déjà 15 ans que je vis de ma plume… et que j’ai bien l’intention de poursuivre dans cette voie aussi longtemps que possible 🙂 C’est épuisant, mais c’est aussi ce que je connais de plus exaltant sur cette terre !

Miss Aline : Nous avons abordé beaucoup de choses dans cette ITW. Y a-t-il quelque chose que tu voudrais dire et dont on aurait pas parlé ?

Frédéric : Eh bien, sans jouer mon syndicaliste de base ni faire pleurer Margaux, oui je voudrais alerter sur la précarité de plus en plus critique des auteurs, et sur le travail mené par La ligue des auteurs professionnels qui se bat depuis quelques mois pour améliorer notre situation. J’invite à ce propos tous les auteurs, à partir d’un seul livre publié à compte d’éditeur, à adhérer à ladite Ligue (la cotisation annuelle n’est que de 5 euros). Une réforme de fond du statut d’auteur doit être menée en France. Et même si je doute voir les choses évoluer de mon vivant, j’ai tout de même bon espoir que les choses finissent par évoluer. C’est peu su, mais en France l’édition est le premier secteur culturel en valeur (devant le cinéma, le théâtre ou la musique), et c’est le seul d’entre eux où ceux qui produisent le matériau de base, les auteurs, ne peuvent quasiment pas vivre de leur travail. Comme aurait dit le grand William, il y a là quelque chose de « pourri au royaume de Danemark » qu’il est urgent de corriger.

Dany : Un coup de cœur pour conclure ?

Frédéric : Lecture, film, autre ?

Dany : Oui …. tout !

Frédéric : Côté livre je vais la jouer « corpo », mais c’est aussi sincère, car c’est un thriller prodigieux, je veux parler du Manufacturier de Mattias Köpping chez Ring. En plus, ce qui ne gâche rien, Mattias est un garçon passionnant et adorable.

Miss Aline : Sacré bouquin en effet.

Dany : What else ?

Frédéric : Et puis, un coup de cœur musical récent, le nouvel album (soul) de Durand Jones & the indications, intitulé American Love Call.
J’ai été très rock par le passé, mais j’écoute de plus en plus de folk et de soul.

Miss Aline : Merci beaucoup pour cette ITW , pour ce moment de partage, Frédéric. Rendez-vous au prochain roman.

Dany : Pour ma part je n’ai rien à ajouter. Pour le moment je n’ai lu que Tout le bonheur du monde (tient dans la poche) donc je crains, comme je le disais, pour mon arthrose du poignet et la santé de ma carte bleue 😂😇
Merci beaucoup pour ces échanges et tout le temps que tu as accepté de nous consacrer. A bientôt sur un salon !!

Geneviève : 👍

Geneviève : Beau travail les flingueuses.  Merci à Frédéric de s’être si bien prêté au jeu.
Très beaux échanges. 
Je sens que comme moi les lecteurs de Collectif Polar vont adorer.

Frédéric : Merci à vous trois pour ce moment partagé, et la pertinence de vos questions 😉  j’ai beaucoup aimé l’exercice !

Miss Aline, Dany et Geneviève : 👍

Frédéric : Juste une info et une question : LA LAME sort donc le 28 mai chez Metropolis Noir, et la question : notre dialogue sera mis en ligne quand ? 😉

Geneviève : Moi je n’y suis pas pour grand chose. C’est nos deux  flingueuses qui ont bien bossé.  Merci Miss Aline et merci Mamie Danièle.
Il faut dire aussi que notre auteur à été un client parfait.

Et pour répondre à ta question je ne sais pas encore exactement début mai, dans la première quinzaine juste avans la sortie de La Lame ton prochain roman, promis.

Et moi Frédéric je t’avais découvert avec ce livre (enfin avant qu’il ne soit en poche :

Et je serai ravie de te revoir à nouveau à SMEP, Saint Maur en Poche

Allez Fin de cette assignation à résidence et je me permets d’enlever le bracelet électronique de Messieurs Frédéric Marc et Mo Malo.

 

Demain c’est loin de Jacky Schwartzmann


Le livre : Demain c’est loin de Jacky Schwartzmann. Paru le 12 octobre 2017 chez Seuil dans la collection Cadre Noir. 17€.  (182 p.) ; 21 x 14 cm.

Réédité en poche chez Point le 11 octobre 2018. 6€60 . (182 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

 » J’avais un nom de juif et une tête d’Arabe mais en fait j’étais normal.  » Voici François Feldman, originaire de la cité des Buers à Lyon, plus tout à fait un gars des quartiers mais n’ayant jamais réussi non plus à se faire adopter des Lyonnais de souche, dont il ne partage ni les valeurs ni le compte épargne. Il est entre deux mondes, et ça le rend philosophe. Juliane, elle, c’est sa banquière. BCBG, rigide et totalement dénuée de sens de l’humour, lassée de renflouer le compte de François à coups de prêt.  » Entre elle et moi, de sales petites bestioles ne cessaient de se reproduire et de pourrir notre relation, ces sales petites bêtes contre lesquelles nous ne sommes pas tous égaux : les agios.  » Mais le rapport de force va s’inverser quand, un soir, François lui sauve la mise, un peu malgré lui, suite à un terrible accident. Et la banquière coincée flanquée du faux rebeu des cités de se retrouver dans une improbable cavale, à fuir à la fois la police et un caïd de banlieue qui a posé un contrat sur leurs têtes. Pour survivre, ils vont devoir laisser leurs préjugés au bord de la route, faire front commun. Et c’est loin d’être gagné.

L’auteur : À vingt ans, Jacky Schwartzmann a lu tout Arthur Rimbaud et connaît tout de NTM. Puis les petits boulots s’enchaînent, autant pour gagner sa vie que pour vivre la vie des travailleurs normaux. Éducateur, barman, libraire à Lyon, puis assistant logistique chez Alstom, expérience qui lui inspire son roman Mauvais Coûts (La Fosse aux ours, 2016 et Points, 2017).
Avec Demain c’est loinJacky Schwartzmann signe un polar sous haute tension, violemment drôle et d’une belle humanité.
Extrait :
Si on proposait aux gens de pouvoir tarter impunément quelqu’un dans leur vie, je parie qu’il y aurait pas mal de banquiers qui s’en prendraient une. Y aurait des assureurs, des députés, peut-être un ou deux chauffeurs de taxi, mais il y aurait surtout des banquiers. C’est pour ça qu’ils embauchent que des têtes à claques pour ces jobs, ça doit être un prérequis.

 

la Kronik d’EPPY FANNY

DEMAIN C’EST LOIN de Jacky SCHWARTZMANN aux Editions du Seuil

Suite aux conseils d’Ida Mesplède, lors d’un dîner, j’ai découvert l’auteur, Schwartzmann Jacky lors de TPS et y ai fait l’acquisition de ce roman. Eh bien je n’ai pas été déçue !

Ce roman policier-sociétal déjanté est un délice.

L’histoire :

Celle de François Feldman, non, pas le chanteur, juste un mec à la ramasse avec une tête de beur et un nom juif. Ce n’est pas le tiercé gagnant. Il est clair que les fées ont oublié de se pencher sur son berceau.

François, il a grandi dans la cité des Buers à Lyon. Une cité qui craint grave. Il y a tellement traîné avec les arabes de la cité qu’il a comme surnom le Rebeu blanc en plus du Juif. Puis comme il a été bien nourri par la cuisine orientale des mères de ses potes on l’appelle aussi « le Gros ». Là, pas d’ambiguïté, ça colle nickel !

Pour trouver sa place dans la société et devenir un vrai Français, il a quitté la cité et s’est installé à Lyon où il a monté sa boutique. Il y vend des T-shirt avec de fausses citations de son cru :

Extrait P.16 : « Une de mes préférées était : « on est bon, avec les nouveaux freins ? Ayrton Senna. » J’avais aussi : « Mais puisque je vous dis que ça passe ! Capitaine du Titanic. » Enfin voilà ce genre de trucs. »

Une boîte sur le déclin qui lui vaut d’être convoqué régulièrement par sa banquière, Juliane Baccardi. Un monde les sépare. Même si, à la grande surprise de François, ils ont en commun la cité des Buers, où Juliane œuvre dans une association d‘aide aux pauvres.

François fait un petit tour chez Fouad, son coiffeur, et voilà notre pied nickelé avec une nouvelle idée de génie. Il lui faut la financer d’urgence. Oui mais , bernique niveau banque pour un prêt. Faut dire que c’est pas malin de confondre la Banque Populaire avec une succursale des pompes funèbres Algériennes !

Une solution, comme une évidence : aller taper son pote Saïd, le caïd de la cité. Oui mais voilà la mort c’est sacré chez les rebeus et l’accueil n’est pas celui espéré.Voilà notre François qui repart la queue entre les jambes.

Puis une belle journée de merde comme celle-ci ne peut que se terminer en apothéose.

Une Audi A3 écrase le cousin de Saïd contre un mur, au volant se trouve sa banquière, et, comme un con, il saute dans la voiture. Tant qu’à lui sauver la peau à cette conne ce sera contre le prêt dont il a besoin. Faut pas confondre Feldman avec l’abbé Pierre.

Les voilà en fuite pour sauver leur peau. C’est que pour Saïd la famille c’est sacré !

Un répit de quelques heures chez Brigitte et Chonny (j’en pleure encore de rire), mais à l’impossible aucun étalon n’est tenu et tant pis si Juliane gueule.

Puis l’idée : l’agence immobilière du père de Juliane et ses clés de maisons vides à disposition… Ouf ! Enfin ouf c’est vite dit…

Cette histoire nous entraîne dans un road movie hilarant où l’on croise des êtres humains de tous horizons, où les truands les plus futés ne sont pas tous dans les cités, où il fait bon se mettre au vert du côté d’Alger. Où les sentiments, bons comme mauvais, sont présents et parfaitement décrits, et où l’humour, par moments, a un goût de pudeur.

Une excellente peinture sociale de la vie en cité et une peinture au vitriol de notre Sté actuelle. Un roman où l’on appelle un chat, un chat et une chatte, une chatte. Jubilatoire.

Je me suis régalée de ce roman qui m’a donné envie de découvrir les autres écrits de Jacky. Ida, mon banquier ne te dit pas merci. Moi oui !

Résultat Concours : Gagnez Les larmes des cigognes de Lawren Schneider


Salut mes polardeux,

Avec Miss Alinvionse nous vous a concocté un petit jeu.

 Nous vous proposions de gagner :

Les larmes des cigognes de Lawren Schneider.

TAMBOV, 1943

Louis n’arrivait pas à trouver le sommeil. Peut-être devenait-il fou. « Je crois que j’ai des visions, un peu comme Bernadette à Lourdes. C’est comme si j’étais rentré dans le corps de ce type ». Il a cogné une femme. De toutes ses forces.

GAMBSTETT, 1986

« Je m’appelle Christophe et j’aimerais vous confier mon secret ; je suis capable de voir des choses que vous ne voyez pas… Tout à démarré il y a quelques mois. Ma mère m’a serré dans ses bras. Un câlin de maman. J’ai posé ma mains sur sa nuque et… c’est comme si j’avais plongé dans son corps, comme si j’avais pu à travers ses yeux ».

Prisonnier dans le camp de Tambov, Louis Waechter est en proie à des visions terriblement réalistes. Quarante-trois ans plus tard, Christophe, son petit-fils confie à ses amis qu’il a le même don. Ce jour-là, il a ouvert une porte qui ne se refermera plus.

 

Il vous fallait répondre à ces 3 questions

Quel est le lien familial entre Louis et Christophe ?

Quel est le secret de Christophe ?

Où se situe Tambov ?

 

Les réponses étaient :

1/ Christophe est le petit fils de Louis ou Louis est le grand-père de Christophe.

Nous acceptions les deux. 

2/  Il est capable de voir des choses que nous ne voyons pas.  Il a le même don que son grand père: il a des visions, en posant sa main sur des personnes , il voit des événements qu’ils ont vécus.

3/ la Russie

 

Après tirage au sort c’est à nouveau une gagnante que nous avons.

Bon ok il n’y a eu que des lectrices qui ont participé à ce petit concours.

Et la lauréate est donc une fidèle de notre blog.

C’est …

Nathalie  du blog Mes lectures du Dimanche.

Bravo Nath.

Et merci aux participantes.

Ne soyez pas trop déçues les filles, il y a et il va y avoir quelques autres concours bientôt sur Collectif Polar.

Alors à très vite

et …

les messieurs sont les bienvenus.

 

Et pour en savoir plus sur ce titre c’est ci dessous

Ici la  chronique de miss Aline.

ou là la papote d’auteur avec Lawren

 

Rosny soit qui mal y pense saison 3, le retour


Hello mes polardeux

je reviens vous parler de Rosny soit qui mal y pense

qui aura lieu le week-end prochain.

Il y a eu quelques petits changement du coup voici les toutes dernières infos à savoir.

Pour la 3ème année consécutive, le salon du polar de la Fnac Rosny 2 revient le week-end du 18 et 19 mai prochain.

Ce salon nous est toujours proposé par la sémillante libraire de la Fnac, j’ai nommé Caroline Valat

Claire Favan succède à Olivier Norek et à Sire Cédric pour présider cette nouvelle édition. Elle sera présente sur les deux journées, voici le reste du casting :

Patrick Bauwen, Maxime Chattam, Paul Colize, R.J. Ellory, Johana Gustawsson, Nicolas Lebel, Jérôme Loubry, René Manzor, Agnès Naudin et Olivier Norek seront présents le samedi 18 mai de 11h à 18h.

Amélie Antoine, Solène Bakowski, Olivier Bal, Sandrine Collette, Jacques Expert, Eric Giacometti, Benoît Philippon, Jacques Ravenne, Cédric Sire et Franck Thilliez seront présents le dimanche 19 mai de 11h à 18h.

Cette année, des illustrateurs de bandes dessinées feront également partie du Salon, Stéphane Levallois et Michel Montheillet seront présents le samedi et Yomgui Dumont et Sandrine Goalec le dimanche.

Le comédien Lionel Aknine s’occupera de la partie animation une fois encore et vous fera gagner des lots de livres, des goodies ainsi que votre portrait robot.

Nouvelle nouveauté cette année, des blogueurs animeront des têtes à têtes avec les auteurs tout au long du week-end :

Il y aura toujours mes amis

Yvan Fauth du blog « Emotions-Blog littéraire et musical » https://gruznamur.com/,

David Smadja du blog « C’est contagieux » https://cestcontagieux.com/,

Ophélie Cohen du blog « Quand Ophé’Lit » http://www.quandophelit.fr/,

Jean-Paul Dos Santos Guerreiro du blog « Le ressenti de Jean Paul » https://leressentidejeanpaul.com/,

Mais il y aura aussi d’autres amies pour mon plus grand plaisir et le votre aussi j’espère

Delphine Leroy du blog « Mes évasions livresques »  http://aufildesevasionslivresques.blogspot.com/?m=1

et Maud Vandenbyvanghe du blog « Les lectures de Maud » https://leslecturesdemaud.com/

Et bien sur

Geneviève Van Landuyt (oups c’est moi) la porte-Flingue en chef du blog « Collectif Polar : Chronique de Nuit » https://collectifpolar.com/,

De plus

Un studio photo sera installé à l’entrée du magasin ayant pour décor une salle de tribunal et des ardoises sur cette thématique vous permettront de poser à plusieurs devant la photographe.

L’atelier maquillage a eu un succès fou l’année dernière et revient cette année ! Il vous sera proposé des maquillages effets spéciaux.

 

Les infos pratiques

Pour vous rendre au Salon, la Fnac se trouve au centre commercial Rosny 2 à Rosny sous Bois (93110).

 Si vous venez par le RER E, la station est Rosny Bois Perrier.

 Si vous venez en voiture par l’autoroute A86, prendre la sortie centre commercial Rosny 2.

 (n’hésitez-pas à vous garer sur les parkings du haut, il y a des travaux pour la future ligne de métro qui arrive bientôt)

 https://www.fnac.com/Rosny-2/Fnac-Rosny-2/cl64/w-4

 La Fnac Rosny 2 vous attend nombreux la semaine prochaine !

 https://www.facebook.com/events/2025763167715907/.

Voilà, j’espère vous y voir. Et si par hasard, je ne vous reconnaissais pas, (bien oui j’ai une mémoire de Dory et je ne suis pas physionomiste), venez me faire un petit coucou.

A bientôt mes polardeux.

Sinon ce sera à Saint Maur en Poche

 

Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel


La double chronique,

vous connaissez le principe maintenant la double chronique c’est deux avis pour le prix d’un.

Deux Flingueuses vous propose leurs avis respectifs sur une même livre.

Aujourd’hui c’est Mamie Danièle et Ge notre porte Flingue qui s’y collent.

Alors bonne lecture.

Allez on Poursuit par la chronique de Mamie Dany


Le livre : Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel. Paru le 27 mars 2019 aux éditions Marabout  dans la collection Black lab . 19.90 € ; (389 p.) ;  15 x 23 cm.

Résumé de l’éditeur

Une femme se présente au commissariat du XIIe et demande à voir le capitaine Mehrlicht en personne. Sa fille Lucie, étudiante, majeure, n’est pas rentrée de la nuit. Rien ne justifie une enquête à ce stade mais sait-on jamais… Le groupe de Mehrlicht est alors appelé au cimetière du Père Lachaise où des gardiens ont découvert une large mare de sang. Ils ne trouvent cependant ni corps, ni trace alentour. Lorsque, quelques heures plus tard, deux pêcheurs remontent le corps nu d’une jeune femme des profondeurs de la Seine, les enquêteurs craignent d’avoir retrouvé Lucie. Mais il s’agit d’une autre femme dont le corps exsangue a été jeté dans le fleuve. Exsangue ? Serait-ce donc le sang de cette femme que l’on a retrouvé plus tôt au Père Lachaise ? La police scientifique répond bientôt à cette question : le sang trouvé au cimetière n’est pas celui de cette jeune femme, mais celui de Lucie…

Un roman gothique dans un Paris recouvert de brouillard à l’heure où un vampire enlève des femmes et les vide de leur sang. Un roman choral qui laisse la parole à plusieurs protagonistes : à ceux qui perdent ou ont perdu, à ceux qui cherchent, à ceux qui trouvent ou pensent trouver. Un roman qui est l’histoire de six hommes qui aiment ou croient aimer chacun une femme : celui qui la cherche, celui qui l’aime de loin, celui qui veut la venger, celui qui la bat, celui qui la veut éternelle, et celui qui parle à ses cendres. Un roman parle des femmes comme premières victimes de la folie des hommes, même de ceux qui croient les aimer.

 

L’auteur : Nicolas Lebel est linguiste, traducteur et enseignant. Il est également auteur de romans policiers.
Nicolas Lebel a fait des études de Lettres et d’anglais puis il s’est orienté vers la traduction. Il est parti en Irlande quelque temps avant de devenir professeur d’anglais. Il enseigne aujourd’hui dans un lycée parisien.
Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2006 une première fiction, une épopée lyrique en alexandrins Les Frères du serment.
En 2013, il publie aux Éditions Marabout L’Heure des fous, en 2014, Le Jour des morts, en 2015, Sans pitié, ni remords puis, en 2017,De cauchemar et de feu, quatre romans policiers caustiques où histoire, littérature et actualités se mêlent, des romans noirs qui interrogent et dépeignent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste. Ces quatre romans mettent en scène le capitaine Mehrlicht.
Finaliste de la Plume de Cristal du FIFP Liège 2013 et finaliste du Prix du meilleur polar francophone Montigny 2013, il vit à Paris.
 Extraits :
« Elle se disait que, pour les femmes, rien n’avait finalement changé. À se demander même si les choses changeraient un jour : il y avait eu les Weinstein, les « MeToo », les « Balance ton porc ». Le monde occidental avait découvert avec effroi, dans un bêlement planétaire, que les femmes du XXIe siècle continuaient de subir harcèlements, insultes, agressions sexuelles et violences à tous les niveaux de la société, parce qu’elles étaient femelles, parce que, depuis le jardin d’Éden, Ève la pécheresse et ses descendantes avaient servi de sac de frappe et d’exutoire fanatique à la moitié couillue de l’humanité, aux Adams revanchards et aux dieux masculins de toutes les civilisations. On avait dès lors posé sur elles tous les anathèmes et tous les tabous, de l’interdiction de paraître en public à celle de jouir de leur corps, de celle d’aller à l’école à celle de parler en leur nom. Ainsi en allait-il depuis toujours de la domination de l’homme sur la femme, sur sa femme comme sur les femmes, au foyer comme au travail ou dans la rue, dans l’espace privé comme dans l’espace public. Il avait fallu qu’une voix célèbre, puis une autre s’élèvent à Hollywood pour que le monde s’offusque benoîtement de sa volontaire cécité. Se frotter aux femmes dans le métro, les insulter dans la rue, les harceler, les frapper, les violer, les opprimer ici ou ailleurs, c’était mal ; il ne fallait pas le faire. Puis le temps avait passé. Quelques championnes du féminisme, à l’acmé de leur ferveur, avaient clamé qu’on pouvait « jouir d’un viol » et qu’« un homme sur deux ou trois était un agresseur ». L’outrance du propos et le scandale médiatisé avaient porté un coup fatal au débat attendu, éteint le vent libérateur, étouffé ce « printemps des femmes ». Et Vincent Demagny avait pu de nouveau tabasser sa femme. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel

Cette fois Nicolas Lebel nous propose une narration chronologique, sans retours arrière comme c’était le cas dans De cauchemar et de feu et avec ce qui ressemble à deux intrigues parallèles et dont le lecteur se demande si elles ont un rapport entre elles. Une résurgence du mythe des vampires côtoie en plein Paris, le bien cruel problème des immigrés en provenance de la Syrie, confrontés au rejet de l’extrême droite.

Mehrlicht fume toujours autant, Dossantos interpelle le lecteur car il est impossible de le détester et pourtant …, Sophie n’en finit pas d’attendre les papiers de Djibril !

Côté détente on apprécie que Daniel se mette à la magie, qu’il n’abandonne pas « questions pour un champion » et surtout et toujours ses sonneries de téléphone.

L’auteur confirme s’il était besoin, son grand talent de conteur, son don du suspense, sa qualité d’écriture et l’attachement particulier à ses personnages.

Mais ne nous trompons pas, au-delà de cette histoire qui a su me captiver, retenir toute mon attention au cours de ses 320 pages, de nombreux thèmes sociétaux actuels sont abordés : l’immigration et la théorie fumeuse du « grand remplacement », les violences conjugales, la dure réalité des services qui ont pour mission d’assurer notre sécurité au quotidien. Un bien beau bouillon de culture dans la tête de Nicolas Lebel, pour notre plus grand plaisir …

Tous mes vœux de bonne santé à Mehrlicht !
Au fait, Nicolas Lebel n’aurait-il pas une affection particulière au Père Lachaise … ?

Lu en version numérique.  14€99 

Autres extraits
« Dans la Seine, on a ça toute l’année ! En marron… Ça s’améliore, mais pour l’eau cristalline, il vaut mieux plonger aux Caraïbes ! Et puis, avec les pluies qu’on a eues en mars, le débit est anormalement élevé pour la saison, ça secoue la vase, on y voit encore moins ! Non. On a un sonar à bord qui nous renvoie sur écran les signatures vidéo des masses immergées : les carcasses de voitures, les vélos… et les corps, qu’ils soient allongés au fond de l’eau ou qu’ils flottent à la verticale. C’est souvent le cas. Des suicides ou des règlements de comptes… Les cadavres sont lestés par les pieds et balancés à la baille. Une fois, on a eu un bonhomme qui s’est jeté d’un pont, son chien en laisse attaché à un pied et une boîte à outils accrochée à l’autre. On a aussi sorti un gars qui avait un sac à dos rempli de grosses pierres… Alors, lui était allongé, conclut le major, presque déçu par cette exception. »
« En une phrase, le type avait réussi à caser tous les éléments de langage chers à l’extrême droite, et à évoquer le grand complot antifrançais sans même parler de complot. En un tour de mots, les Français devenaient les victimes des envahisseurs migrants. Derrière lui, ses troupes continuaient de lancer des pierres et des boulons sur des familles à la rue, et raillaient les premiers blessés. Droit du sol, droit du sang. Où était le droit dans ce lynchage ? Ne restait que le sang sur le sol. Encore. »
« — On va finir par croire que vous portez malheur… Si tous les flics de France tombaient sur autant de cadavres que vous, le pays serait désert en moins de deux ans ! Remarquez, je me plains, mais à ce rythme-là, je pourrais tout aussi bien ouvrir ma boîte, ma start-up ! Ma startopsie ! Startopsie, le numéro un de l’autopsie ! Vue à la télé ! Offre de lancement : deux autopsies achetées, une autopsie offerte ! Parce que vos proches ont droit à une autopsie de qualité ! »

Dans la brume écarlate – Nicolas Lebel.


La double chronique,

vous connaissez le principe maintenant la double chronique c’est deux avis pour le prix d’un.

Deux Flingueuses vous propose leurs avis respectifs sur une même livre.

Aujourd’hui c’est Mamie Danièle et Ge notre porte Flingue qui s’y collent.

Alors bonne lecture.

Allez on démarre par la chronique de Ge

Le livre : Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel. Paru le 27 mars 2019 aux éditions Marabout  dans la collection Black lab . 19.90 € ; (389 p.) ;  15 x 23 cm.

4ème de couverture :

Dans la Brume écarlate

« Il n’y eut pas un bruit dans la rue désolée, dans la ville morte, et pourtant elle sut que quelqu’un, quelque chose était là, qui l’épiait, vorace et concupiscent, avide, alors son coeur détona et elle se mit à courir, son haleine se mêlant à la brume épaisse qui accrochait son corps, ses vêtements, ses cheveux, qui collait à sa vie, la freinait, l’empêchait de fuir ce cauchemar éveillé. Elle hurla dans sa course impossible car quelqu’un, quelque chose était là qui la talonnait, s’enivrait de sa terreur, en voulait à sa vie. »

Paris, XIIe arrondissement. Une étudiante disparaît. À travers la ville engluée dans une brume épaisse, le capitaine Mehrlicht et son équipe mènent une course contre la montre pour retrouver celui qui sème derrière lui des cadavres exsangues.

 

L’auteur : Nicolas Lebel est né à Paris où il vit encore aujourd’hui. Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, il revient à Paris où il tente depuis plusieurs années d’enseigner l’anglais aux Français. Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2006 une première fiction, une épopée lyrique en alexandrins : Les Frères du serment, qui sort dans un silence prometteur. En 2013, il publie aux Éditions Marabout L’Heure des fous, en 2014, Le Jour des morts, puis en 2015, Sans Pitié ni remords (2017-Livre de poche), puis en 2017 De Cauchemar et de feu, quatre romans policiers caustiques où histoire, littérature et actualités se mêlent, des romans noirs qui interrogent et dépeignent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste.
Animal carnivore à sang chaud, Nicolas Lebel est un roux émotif, partiellement fumeur, explorateur intrépide des Côtes du Rhône et des Whiskies Islay, une quête que les lecteurs encouragent en lui faisant de nombreux cadeaux dans les festivals
Extrait : 
« Lucie percuta un arbre surgi du brouillard, perdit une chaussure et tomba au sol, hébétée, s’empêtra un instant dans les ombres osseuses des ramures noires, se releva, reprit sa fuite aveugle, des larmes dans les yeux, traversa une ruelle en piaulant à l’aide, boitant sur son pied nu, trouva un hall d’immeuble, une porte fermée, des rangées de boutons d’Interphone, lueurs dans la nuit, pressés du plat de sa main écorchée, des anonymes qui décrochèrent mais n’entendirent que le cri aigu et lointain d’une femme avalée par le brouillard. »

 

 

Le post-it de Ge

Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel.

Quel pied, mais quel pied que ce nouveau roman de Nicolas Lebel.

Décidément je ne regrette en rien d’en avoir fait mon chouchou. Il est vraiment talentueux ce garçon et il a une vraie plume.

Dans la brume écarlate on retrouve le petit capitaine Mehrlicht et son équipe engluée dans de sombres histoires. On retrouve la gouaille de Mehrlicht, son sale caractère. On retrouve ses lieutenants, Dos Santos, ses doutes et ses travers, Latour et son âme d’infirmière toujours au chevet de la veuve et l’orphelin.

Notre joyeuse bande d’enquêteurs, joyeuse pas si sure, va être confronter à de drôles d’enquêtes.

Sa fille, Lucie, une étudiante, n’étant pas rentrée de la nuit, une femme sollicite le capitaine Mehrlicht au commissariat du XIIe arrondissement de Paris. Dans le même temps, son équipe est appelée au cimetière du Père-Lachaise, où les gardiens ont découvert une mare de sang, mais pas de corps. Un peu plus tard, le cadavre exsangue d’une femme est retrouvé dans la Seine.

Avec ce 5e opus des aventures de Merlich, Nicolas Lebel a décidé de rendre hommage au roman gothique. Dans les brume écarlate en utilise tout les codes, un lieu inquiétant, des éléments naturels appropriés, la présence de l’au-délà et et une atmosphère d’angoisse et de mystère.

Notre auteur joue à merveille avec ces codes. Il distille tout au long de cette enquête classique des petites touches de surnaturel. Il soigne ses décors, il s’attache même à ceux ci, les eaux trouble de la seine, les histoires mystérieuses du cimetière du Père-Lachaise …

Mais il n’en oublie pas pour autant la réalité sociale de notre époque. L’Immigrations.  Les migrants sont aussi un de thème de ce roman. La peur de l’autre, la xénophobie, l’invasion de notre pays par des milliers de musulmans potentiels terroristes. Ces émigrés révélateurs de nos peurs ancestrales. L’insécurité sur laquelle surfe quotidiennement l’extrême droite et la droite extrême propageant insidieusement ses idées nauséabondes.

On aborde aussi ici le thème des violence faites aux femmes. Nicolas Lebel se pose en féministe, évoquant la place de la femme dans notre société. La vision que le monde a et a eu de la femme à travers le temps. La femme victime de l’oppressions des hommes et des classes dominantes.

D’ailleurs l’idée du roman gothique est une nouvelle fois bien vu, les femmes, notamment les britannique ayant été les pionnières du genre. On pense à Clara Reeve, Ann Radcliffe, Sophia Lee et Charlotte Smith. De Charlotte Drake à Mary Shelley et son Frankenstein. Ces femmes qui ont façonné la littérature gothique pour en faire une littérature noire.

D’ailleurs il est très plaisant de retrouver des citations de ses œuvres majeures du roman noir anglais tout au long de notre lecture. Mary Shelley bien-sur mais aussi  Bram Stocker et son Dracula ou encore Oscar Wilde et Le Portrait de Dorian Gray. On y entrevoit aussi Edgar Allan Poe mais aussi le docteur Jekyll et son  double M. Hyde. 

Et puis la poésie, l’onirisme sont toujours présent dans les livre de Nicolas Lebel. Les mythes, les légendes aussi. Cette fois c’est vers la Roumanie qu’ils vont nous transporter avec la figure de Vlad l’empaleur et de toutes ses représentations contemporaines.

Bref vous l’aurez compris je me suis régaler à la lecture de ce titre de Nicolas Lebel.

Surtout que notre auteur sait distiller à merveille des petites touches d’humour bienvenues au milieu de toute cette tension. Et croyez moi, vous aussi vous allez vouloir tenter les sélections pour « Question pour un champion. » Mais quelle trouvaille mister Niko….Je ne vous en dis que ça, je ne vous en dis pas plus….

Une lecture enthousiaste comme lorsque je j’avais découvert il y a une petite quinzaine d’année  Les ogres du Gange de Philippe Cavalier , le premier volume de la tétralogie Le siècle des chimères.

Dans la brume écarlate est un roman brillant,  intense , flamboyant un grand roman

Dans la brume écarlate est de ces titres qui vous mettent du baume au cœur et qui vous redonne goût à la lecture. Merci pour cela aussi Nicolas.

 

Extraits :
« Aujourd’hui on percevait encore le célibat d’une femme comme la dernière des tares, et chacun de ses proches s’ingéniait à proposer untel, l’ami d’amis, souvent Prince des Tocards ou Archiduc des Blaireaux, parce que à leurs yeux il valait mieux qu’une femme fût mal accompagnée que seule. Il en allait ainsi depuis la nuit des temps : la femme seule ne savait pas se tenir. »
« – Tout ça parce que vous prenez la tangente ? Vous laissez les potos clapoter dans la mistoufle ? La mistoufle ? répéta Matiblout , cueilli . La mistoufle ! Parce qu’on va se dorer la lune dans les sphères . Mais enfin capitaine… Y’a pas de  » capitaine « , patron ! La demande de bornage ! Ca fait deux plombes qu’on l’attend ! Et l’autre jean-foutre de Dubois qui a de la pisse de chat dans les veines et qui tricote des pincettes dès qu’il a une responsabilité ! Les  » pincettes  » ? Mais…et c’est pas avec les quiches qu’on a ici , les Truffeau et consort,qu’on va relever le niveau ! A croire qu’on regroupé tous les décébrés de la police nationale dans le même zoo ! »

 

 

Dans la toile de Vincent Hauuy


Le livre Dans la toile de Vincent Hauuy. Paru le 2 mai 2019 aux Editions Hugo Thriller. 19€95. (352 pages) ; 14 x 21cm

4ème de couverture :

Isabel Gros est une miraculée. Seule survivante d’une fusillade, elle a passé deux semaines dans le coma. Contrainte d’abandonner sa carrière de critique l’art et ne supportant plus la vie citadine, elle quitte Paris avec son mari, pour s’installer dans leur nouveau chalet, au cœur des Vosges. Souffrant de graves séquelles, Isabel pense se reconstruire grâce à la peinture. Mais le malaise qu’elle ressent dès son arrivée va rapidement se transformer en terreur.

 

 

 

L’auteur : Vincent Hauuy vit au Portugal avec sa famille. Concepteur de jeux vidéo, il aime créer des puzzles, tisser des intrigues et donner vie à des personnages. Son premier livre, Le tricycle rouge, a remporté le pris VSD-RTL du meilleur thriller français 2017, présidé par Michel Bussi (plus de 122 000 exemplaires vendus toutes éditions confondues). La sortie de Dans la toile coïncidera avec celle de son deuxième thriller, Le brasier, au Livre de poche.
Extrait :
«  J’ai toujours vécu en me préparant au pire. Pour moi, se réveiller chaque matin revenait à glisser une balle dans le barillet du destin et passer sa journée à jouer à la roulette russe. « 

 

 L’accroche de Miss Aline :

Dans la toile de Vincent Hauuy

 

Isabel annonce à son psychiatre qu’elle déménage. Elle a besoin de reprendre le contrôle de sa vie loin de Paris. Oublier la fusillade dont elle est la seule rescapée. Franck, son époux, a trouvé un chalet dans les Vosges. Elle va pouvoir reprendre la peinture, se recentrer sur elle, loin de l’agitation de la capitale.

Plainfaing, pourquoi ce chalet isolé ? Enfin pas tout à fait puisqu’il y a une maison d’architecte dont les habitants sont d’une discrétion !

Plainfaing, une forêt de sapins, un chien qui rode. Qui sont ses maitres ?

Plainfaing, des angoisses qui surgissent, des faits qui perturbent, des souvenirs qui resurgissent.

Plainfaing, est-ce une si bonne idée pour reprendre goût à la vie, tourner la page ?

 

Dans la toile thriller psychologique où la narration se fait à la première personne et où le questionnement est constant. Pourquoi Franck a-t-il choisi cet endroit ? A-t-il avoir avec les frayeurs de sa femme ? Elle semble parfois stone, y est-il pour quelque chose ? Que fait ce chien dans les parages ? Il semble n’être relié à rien ni à personne dans cette histoire.

L’auteur cherche-t-il à nous perdre dans ce huis-clos oppressant ? Comme Isabel on ne va pas pourvoir fuir. L’auteur nous oblige à le suivre et vivre les frayeurs, les doutes d’Isabel. Avec elle, Vincent Hauuy, va nous mener au combat des démons qui rodent à chaque page.

L’intrigue est complexe et menée avec brio. L’auteur est aux commandes indéniablement. Vincent Hauuy a l’art et la manière de te transporter, te bousculer, te ramener là où il veut. Les fils s’emmêlent et se démêlent pas toujours comme je le voudrais. J’entrevoie une fin qui ne sera absolument pas celle que l’auteur me réserve.

Impossible d’en dire plus afin de laisser ce roman vous prendre et vous perdre dans sa toile.

Dans la toile ne se lit pas, ne se raconte pas. C’est un récit qui se vit.

Merci aux Editions Hugo thriller pour ce SP prenant. Merci à Vincent Hauuy de me démontrer que l’on peut encore être surprise par une intrigue, par une écriture.

Papote d’Auteur, Maud était avec Amélie de Lima


Papote d’Auteur, Maud était avec Amélie de Lima

Bonjour Amélie de Lima,

Maud : Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux vous connaître. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat.

Pouvez-vous nous parler un peu de vous ? Nous sommes très curieux

Amélie : Bonjour Maud et merci pour cette interview  J’ai fait des études de lettres modernes, j’ai un master de prof de secondaire mais la vie m’a fait basculer vers le côté obscur de la publicité…je travaille dans une agence marketing depuis un peu plus de 5 ans et en même temps, je suis formatrice dans la même entreprise.

Mes passions ? L’écriture, la lecture (même si en ce moment j’ai très peu de temps pour lire ☹), le cinéma, les voyages et les virées de dernière minute, le train, j’adore le train ! la mode (j’avoue), la nature, découvrir de nouvelles cultures, parler plusieurs langues, rire et bien sûr mon petit rayon de soleil, Elsa.

Mes goûts musicaux ? J’ai toujours été plus branchée rock / Indie / Folk / soul et pour écrire, généralement j’écoute une playlist qui s’appelle Peaceful Piano.

Mes loisirs ? Profiter de la plage le dimanche, me balader, le ciné et les vieux films en noir et blanc, voir mes amies, boire du café (beaucoup de café) pas de sport car je n’en ai jamais fait mais si je devais m’y mettre, ce serait Self defense.

Pour l’écriture, ça a toujours été une évidence pour moi. J’écris depuis que j’ai 10 ans. Bien souvent dans ma bulle, j’en profitais pour m’évader en écrivant…

Maud : Parlons de vos ouvrages, Le Silence des Aveux et A fleur de Bruine sont vos deux polars qui où l’on retrouve le personnage Véronique de Smet. Comment ont germé ces histoires ? Ces personnages ?

Amélie : Je dois faire une confidence…je pense que j’ai dû l’avouer une seule fois…à la base, Le silence des Aveux devait s’appeler La vie d’Élise et ce n’était pas un thriller mais une romance ! oui, oui  J’ai commencé à l’écrire durant mon année au Maroc.

Et puis un jour, je venais de déménager à Barcelone et j’avais un long trajet à faire en train pour aller au boulot. Du coup, je suis entrée dans une petite librairie et j’ai demandé au libraire un livre pour passer le temps, un livre sans prise de tête. Et il m’a mis dans les mains un roman de Gillian Flynn, ça a été un déclic ! C’était ça ma voie, le thriller psychologique !

Le personnage de Véronique n’était pas censé être un personnage récurrent mais après avoir lu le premier, tout le monde m’a demandé une suite, alors, je l’ai gardée. Véronique c’est un peu le mix entre deux amies à moi.

Je visionne énormément de reportages, documentaires sur les serials killer, les disparitions non élucidées alors je trouve souvent l’inspiration là-dedans. Pour À Fleur de Bruine, tout a commencé suite à l’histoire des jeunes hommes retrouvés noyés dans la Deûle et dont l’affaire n’a toujours pas été résolue…

On m’a déjà demandé si je comptais changer de cadre pour mes romans, alors je peux le dire, non, je ne changerai pas de cadre. Je suis lilloise, expatriée mais lilloise et pour moi cette ville est comme un personnage. Elle est aussi importante que Véro, Élise ou Bettina.

J’aime la froideur et en même temps la chaleur humaine de cette ville, j’aime son côté sombre, mystérieux, son architecture, son histoire. Bref, c’est la ville de mes romans.

Maud : Une anecdote sur ces opus en particulier ? Lors de l’écriture ou retour de lecture ?

Amélie : Certainement au sujet de certaines scènes « hot » des romans, les influences de la romance perdurent… J’ai eu un peu de mal à les faire lire au début car j’ai eu peur de l’interprétation qu’on pouvait en faire mais finalement, ça s’est bien passé…

Maud : Vos plus belles joies en tant qu’auteur ? Vos « pires » moments ?

Amélie : Les plus belles joies, voir que mes romans plaisent. Moi qui pensais que seuls ma famille et mes amis les liraient…joies aussi lorsque je lis les messages privés ou publics des lecteurs, les mots réconfortants qu’ils t’adressent pour te soutenir, les petites attentions, que du bonheur.

Les pires moments, sans aucun doute, les premiers mois de la sortie du silence des aveux. J’étais perdue, j’avais publié un livre sans passer par la correction pro et du coup, évidemment, les commentaires ont été incendiaires à ce sujet. J’ai rectifié le tir et je l’ai fait corriger, ouf !

Maud : Après l’écriture, passons à la lecture, quelle lectrice êtes-vous ?

Amélie : Je suis à la base une très grande lectrice mais ces derniers temps un peu moins. Mon genre de prédilection était la littérature française, les grands classiques et puis petit à petit je me suis tournée vers le thriller et plus précisément, le thriller psychologique. J’adore lire et écrire à la tombée de la nuit.

Maud : Pouvez-vous nous parler du recueil qui vient de sortir Projet 666 ?

Amélie : Éric m’a contactée il y a quelques mois et m’a proposée de participer à ce projet, je n’ai pas hésité une seule seconde ! C’est un recueil de 6 nouvelles sombres, écrites par 6 auteur(e)s et dont les bénéfices seront reversés à Innocence en danger. La préface a été écrite par Angélina Delcroix.

Maud : Vous avez écrit Voix Nocturnes également dont j’espère nous aurons l’occasion de reparler ensemble. Etes-vous déjà sur d’autres projets ? Oui oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime  

Amélie : Alors Voix Nocturnes a été un coup de tête pour moi, je l’ai écrit très vite en un mois ou deux je crois, je devais l’écrire cette histoire…En fait, elle provient d’une histoire vraie que m’a racontée ma coiffeuse et je l’ai romancée à ma manière…

Je suis en cours d’écriture pour le prochain roman, un thriller psychologique également qui devrait être terminé avant cet été (si tout va bien) On retrouvera Véronique pour une nouvelle affaire qui va être vraiment glauque…

 

Maud : Merci beaucoup Amélie de nous avoir accordé ces instants, je vous laisse le mot de la fin :

Amélie : Je voulais simplement vous remercier pour cette interview, remercier ma famille, mes ami(e)s, mes lecteurs et lectrices qui me soutiennent depuis le début et qui font partie de ma vie maintenant. Merci aux groupes de lecture, aux partages, aux avis et retours que vous prenez le temps de rédiger tout simplement pour nous aider, nous les auteurs.

Alors merci une fois de plus et à bientôt pour de nouvelles aventures lilloises !

Ps : La fille de Lille.

Les Mains vides – Valerio Varesi


Les Mains vides  de Valerio Varesi. Traduit de l’italien par Florence Rigollet. Paru le 4 avril 2019 chez Agullo Editions dans la collection Agullo noir. 21€. (258 p.) ; 20 x 14 cm

4e de couv

« Vous parlez comme un curé ou un communiste. Vous pensez vraiment que les gens la veulent, la liberté ? »

Dans la chaleur humide et gluante du mois d’août à Parme, Francesco Galluzzo, un marchand du centre, a été battu à mort. Le commissaire Soneri, chargé de l’enquête, écarte rapidement le motif du vol pour se concentrer sur un usurier, Gerlanda, qui tire toutes sortes de ficelles dans l’ombre depuis des années.

La vérité a mille visages, et Soneri, malgré sa répugnance pour les méthodes de l’usurier, comprend bien vite que Gerlanda et consorts ne sont que les vestiges d’un monde qui disparaît. Une nouvelle pieuvre déguisée en sociétés irréprochables a décidé de dévorer sa chère ville de Parme, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Pas même l’acharnement désespéré du commissaire…

 


L’auteur :  VALERIO VARESI est né à Turin le 8 août 1959 de parents parmesans. Diplômé en philosophie de l’Université de Bologne, journaliste notamment à La Stampa et La Repubblica, il est l’auteur de treize romans mettant en scène le commissaire Soneri, dont Le Fleuve des brumes, La Pension de la via Saffi et Les Ombres de Montelupo parus aux éditions Agullo. Les enquêtes du commissaire Soneri, amateur de bonne chère et de bons vins parmesans, sont traduites en huit langues. Prix Violeta Negra 2017 pour La Pension de la via Saffi

 

Extrait:
Soneri bouillait de colère. Il ne reconnaissait plus sa ville ni le peuple de sa ville. Sa nature polémiste, sa rebelion anarchiste, son intolérance à tous les injustices et son goût pour les barricades, où étaient ils passés? Ses yeux de commissaire voyait défiler une communauté réduite en bouillie , et la chaleur n’était plus qu’une représentation physique d’une dérive bien plus profonde.

 

Le petit avis de Kris

« Les mains vides » est le quatrième volume des enquêtes du commissaire Soneri, désormais bien connu des lecteurs français. Valerio Varesi continue avec maestria à arpenter les rues de Parme, les bas-fonds et l’histoire tourmentée.
La chaleur humide et gluante du mois d’août à Parme reflète la situation du commissaire Soneri, aux prises avec une affaire poisseuse. Francesco Galluzzo, un marchand du centre, a été battu à mort dans sa maison par des agresseurs inconnus. Le vol semble un motif évident, mais les premières investigations pointent plutôt vers une  » leçon  » qui s’est mal terminée. D’autres recherches conduisent le commissaire à un usurier connu, Gerlanda, à qui la victime devait de l’argent. Mais la vérité a mille visages, et Soneri trébuche bientôt sur une piste qui sent la cocaïne. Peu à peu, le policier réalise que la mort de Galluzzo ne représente qu’un détail, un détail presque insignifiant dans une image plus grande où la vraie victime est la ville elle-même. Un nouveau type de criminels, déguisés en sociétés financières et immobilières irréprochables, a remplacé la vieille garde, composée de gars comme Gerlanda, tout juste bon, désormais, pour la retraite. Avec amertume, Soneri ne peut que constater que sa chère ville de Parme s’est perdue : elle a remplacé Dieu par Mammon, idole toute-puissante qui ne vit que pour l’instant présent, et ne refuse pas quelques sacrifices… humains ?

Quel bonheur de suivre le Commissaire Soneri dans les rue de Parme. On calque nos pas sur les siens et on découvre le seul Parme connu des Parmesans.

Des brumes des précédents opus on passe à la canicule qui s’abat en même temps que Parme a un sursaut de réveil.

Avec le Commissaire Soneri les enquêtes ne sont pas que de banales enquêtes policières comme on en lit ici ou là, non, c’est beaucoup plus que ça ! C’est une atmosphère, avant tout, un état d’esprit, une ambiance, des constats sur notre société. Et puis quel bon vivant qui sait apprécier les bons petits plats et les vins raffinés, un personnage vraiment.

Et toujours l’éternelle lutte du pot de terre contre le pot de fer !

C’est truculent, poétique et attachant. Et alors les « via Garibaldi », « borgo del Parmigianino », « Borgo della Posta » et autres « via Farini » et « Borgo Antini » chantent tellement bien à nos oreilles qu’on aurait presque envie de visiter Parme.

Un véritable régal !!

 – avec Valerio Varesi.

Rencontre dédicace : Isabelle Bourdial


Rencontre dédicace : Isabelle Bourdial

le 08 juin de 15h à 18h

 

Le 8 juin prochain Florence notre  apprentie flingueuse recevra à la médiathèque d’Osny, une autre flingueuses en la personne d’Isabelle Bourdial

 

Si vous ne connaissez pas encore Isabelle c’est le moment d’aller à sa rencontre.

Vous pourrez lui poser toutes vos questions en quasi tête à tête et/ou en petit groupe de 4-5 lecteurs.

Bref un instant privilégié parfait pour les confidences.

Alors ne loupez pas ce rendez-vous, foi de porte flingue.

 

Isabelle Bourdial

Journaliste scientifique et auteure osnyssoise, Isabelle Bourdial a notamment été rédactrice en chef des Cahiers de Sciences & Vie et a travaillé pour plusieurs maisons de production (E=M6, entre autres). Passionnée de polars, elle est à l’origine de Polar’Osny, LE festival de littérature policière dont la deuxième édition se déroulera en novembre prochain. Après un premier roman en 2016, Chasseurs d’esprit (éditions Lajouanie), Isabelle Bourdial vient à la MéMO vous présenter Sale temps pour les grenouilles, son deuxième ouvrage publié aux éditions du Loir.

Rencontre dédicace : Isabelle Bourdial

C’est le 8 juin prochain à la MéMO
2 place des Impressionnistes
01 30 30 86 73

 Retrouvez les avis de Florence et de Ge ci dessous

Chasseurs d’esprit (éditions Lajouanie)

Sale temps pour les grenouilles (Editions du Loir)

 

De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic


Le livre : De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic. Paru le 2 mai 2019 aux Editions Albien Michel dans la collection Thrillers. 21€90 ; (420 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

De bonnes raisons de mourir

Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d’un bâtiment.

Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante.

Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou qui signe ses crimes d’une hirondelle empaillée.

Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…

Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques.

 

L’auteur : Morgan Audic est né à Saint-Malo le 30 janvier 1980 et a grandi à Cancale. Il vit depuis plus de dix ans à Rennes, où il enseigne l’histoire et la géographie en lycée.
Il est l’auteur de « Trop de morts au pays des merveilles« , un thriller publié en 2016.

 

 

 

 

Extrait :
Grincements métalliques, respirations sifflantes.
Il s’éveilla dans une pénombre inquiétante, traversée de flashs vert et bleu chaque fois qu’il clignait les paupières. L’air était lourd, saturé d’une puanteur âcre de corps mal lavés mêlée à des d’odeurs d’antiseptique et d’alcool fort.
Où je suis ?
Ses yeux s’habituèrent à la faible luminosité de la pièce et il aperçut une rangée de lits plaqués contre le mur en face de lui. Ils étaient occupés par des êtres informes et gémissants qui remuaient lentement leurs membres comme des scarabées à demi écrasés agitent leurs pattes avant de s’éteindre.
Bouge !
Une pulsion au fond de son crâne lui criait de fuir. Il essaya de se redresser, mais ses poignets et ses chevilles refusèrent de se décoller du matelas. Avec horreur, il réalisa qu’ils étaient attachés au cadre du lit par des sangles. Il tira de toutes ses forces pour arracher ses liens, mais l’effort lui fit tourner la tête au point qu’il crut s’évanouir. Désorienté, le corps baigné d’une sueur froide et grasse, il tenta de se rappeler comment il était arrivé ici.

 

Le post-it de Ge

De bonnes raisons de mourir – Morgan Audic

Un cadavre mutilé est découvert à Pripiat, ville près de Tchernobyl. Le commandant Melnyk, policier ukrainien animé par le sens du devoir, est chargé d’enquêter tandis qu’Alexandre Rybalko, policier russe a été engagé par le père de la victime pour retrouver l’assassin et le tuer. Leurs investigations se croisent et les conduisent sur la trace d’un double homicide commis la nuit du 26 avril 1986.

J’ai adoré ce bouquin, j’avais déjà beaucoup aimé le premier roman de Morgan Audic Trop de morts au pays des merveilles, qui avait été un de mes coup de coeur 2016.
Mais là quel coup de maître, Morgan Audic nous offre un roman policier parfait. A la fois roman noir, roman d’espionnage, cold case est un formidable thriller. De bonnes raisons de mourir, est la révélation de ce premier semestre 2019.

Je vous le disais, tout y est.
L’intensité de l’intrigue, le charisme des personnages, la véracité des thèmes exploités.
C’est parfait et parfaitement dosé. C’est formidablement maîtrisé. L’écologie, géopolitique, les enjeux économiques rien ne manque. Sans oublier cette guerre larvée au cœur de notre bonne vieille Europe.
Bien mieux qu’un bon documentaire sur ses sujets, ce titres se lit avec un tel plaisir, une telle intensité qu’on ne peut le lâcher
L’écriture et le style de notre auteur en font un magnifique thriller qu’on lit d’une traite malgré ces 420 pages.

C’est très cinématographie, ça s’imprime sur votre rétine et ça reste gravé dans votre cerveau.
Un putain de bouquin, un page turner certes mais qui restera longtemps dans nos esprits.

Surtout ne passez pas à coté.

Vous ne le regrettez pas, foi de porte flingue.

Rencontre Jean-Christophe Portes


Rencontre Jean-Christophe Portes

Le 6 Avril à la MéMO D’Osny

Par Maud, aidée de Florence et d’Isabelle

Florence Labbe recevait Jean-Christophe Portes, l’occasion d’échanger avec l’auteur et des lecteurs sur l’ensemble de ses œuvres.

   

J’ai demandé à Florence, pourquoi avait-elle choisit cet auteur ?

A toi Florence :  Pour faire connaître un auteur local, permettre à des lecteurs qui ne connaissent pas, de découvrir le genre policier historique, promouvoir son dernier roman.

Nos lecteurs n’ont pas trop la pratique des salons, et organiser ces rencontres, c’est aussi inciter , préparer les usagers à rejoindre Polar’osny.

Et puis j’ai beaucoup aimé son documentaire, et son dernier roman. C’est aussi un auteur adorable, assez timide au départ mais très disponible.

Sur 5 rencontres, deux auteurs de romans policiers Didier Fossey, Eric Dupuis, ensuite Jean-Christophe Portes, après un univers plus féminin, avec Frédérique-Sophie Braize, qui fait beaucoup de recherche en amont de ses romans (le radium et ses dégâts dans sœurs de lait, une fille mère sans le sous fin du 19e avec des siamoises, pour lily sans logis. Et Isa et ses grenouilles le 8 juin.

(Ndlr : Isa, c’est Isabelle Bourdial avec son livre Sale temps pour les grenouilles)

Pour ma part, je suis venue car j’ai découvert l’auteur à travers son personnage de Victor dans sa série historique et je souhaitais en savoir plus sur ses autres livres. Et j’en appris beaucoup, je me suis laissée tenter et j’ai craqué en prenant tous ceux qui me manquait. Il parle de son écriture avec passion, nous explique ses choix et forcément on se laisse happer par ses récits.

Sur place, ravie d’avoir croisé Lolo Brodeuse, lectrice passionnée avec qui j’ai beaucoup échangé. Mais aussi une auteur, flingueuse Isabelle Bourdial, à qui je me suis permise également de demander pourquoi elle était venue et son ressenti sur cet moment de partage.

Isabelle c’est à toi : voilà ce que je peux te dire à propos de la rencontre-dédicace de Jean-Christophe Portes à la MéMO.

Jean-Christophe est un des auteurs les plus prolifiques que je connais. Son oeuvre est particulièrement diversifiée. On le doit à son insatiable curiosité et à son envie de partager, des qualités mises à profit et développées par ses activités de journaliste.

En janvier 2018, lors de l’inauguration de Polar’Osny, il rencontre le colonel Touron, qui dirige l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale. D’une discussion impromptue nait l’idée d’un livre sur les scientifiques qui y travaillent. Les experts du crime verra le jour à peine quelques mois plus tard.

La série historique autour des aventures de Victor Dauterive, gendarme sous la Révolution française, s’enrichit d’année en année, et compte pas moins de 4 titres.

Jean-Christophe a également signé un livre témoignage du Dr Colette Brull-Ulmann, publié comme les autres aux éditions City.

Et voilà que sort un nouveau roman, Minuit dans le jardin du manoir, présenté comme un polar classique.

Autre nouveauté, il est publié cette fois aux célèbres éditions du Masque.

Forcément, j’ai voulu en savoir plus sur ce titre, sa genèse, les circonstances de sa sortie. J’étais poussée à la fois par mon envie de lectrice de découvrir ce roman au titre évocateur (l’histoire commence avant même d’ouvrir le livre !) et ma curiosité d’auteure.

Qu’est-ce qui avait bien pu pousser Jean-Christophe Portes à délaisser pour un temps le roman historique ?

Pourquoi ce changement d’éditeur ?

Et voilà comment j’ai atterri à la MéMO ce samedi 6 avril. Comme à son habitude, Jean-Christophe était serein, prenait le temps de répondre à chaque personne. Lorsque mon tour est venu, j’ai enfin eu les réponses à mes questions.

Minuit a été écrit après le premier tome de Victor Dauterive.

Le romancier ne pensait pas que son gendarme remporterait un tel succès et s’était essayé au polar contemporain.

Ce n’est que récemment qu’il a envoyé le manuscrit aux éditions du Masque qui a immédiatement voulu le publier.

Il me reste à pousser la barrière et à pénétrer, au beau milieu de la nuit, dans ce mystérieux jardin.

Voilà de nouveau un excellent moment, le temps a filé à une vitesse vertigineuse !!! Je remercie Florence pour son accueil et les dragibus !!! Je reviendrai c’est sûre !!!

Le livre : Sale temps pour les grenouilles, Attention, Burn-out ! d’Isabelle Bourdial.


Le livre : Sale temps pour les grenouilles, Attention, Burn-out ! d’Isabelle Bourdial. Paru le 25 mars 2019 aux Editions du Loir, 16 €90. (264 p.), 21 x 14cm

4e couv :

Je m’appelle Hadrien Lapousterle et je dirige le département Histoire et Civilisations aux éditions Galvani. De l’avis général, je suis un type posé et pacifique.

Pourtant il n’a fallu que quatre mois pour faire de moi un tueur.

Ma cible, c’est mon chef, Grégoire Delahousse. Il vient d’être nommé à la tête du pôle Arts et Savoirs. un harceleur, un costkiller, …

Cerise sur le gâteau, c‘est le parfait sosie du Dr. House, et il est aussi toxique pour son entourage que son modèle cathodique. Au bout de quelques mois, le service entier est en burn-out. Pas le choix ! Je dois me débarrasser de ce boss machiavélique. Souhaitez-lui bonne chance …

Une comédie noire contre le harcèlement au travail et le burn-out, un hommage aux séries télévisées et à la culture populaire.

L’auteure : Isabelle Bourdial a été chef des informations au Magazine science et Vie, puis rédactrice en chef des Cahiers de Science et Vie jusqu’en 2017. Elle a également publié une vingtaine  de documentaires (éditions Nathan, Atlas, Gallimard, Flammarion, Larousse, et.). En 2016, elle signe Chasseurs d’Esprit aux Editions Lajouanie, un roman policier qui s’appuie sur les dernières recherches en neurosciences. En 2018, avec la Mémo, Médiathèque municipale de la Ville d’Osny, elle lance Polar’Osny, festival de la littérature policière de la ville d’Osny, dans le Val d’Oise. Elle poursuit en parallèle ses activités de journaliste en free-lance et anime des ateliers d’écriture. Isabelle Bourdial fait également partie du Blog Collectif Polar : Chronique de Nuit où elle officie en tant que légiste 🙂 .
Extrait :
Durant cette période, il m’arrivait de croiser Raphaëlle dans l’open space. Elle portait toujours des tas de catalogues d’ameublement sous le bras. Cette fille se ternissait de jour en jour, je n’aurais pas été  surpris qu’elle se dissolve un beau matin dans l’air ambiant. Ce fut pire lorsque Delahousse vint la voir dans l’open space, jeta une liasse de feuillets biffés sur son bureau et lui lâcha devant tout le monde :
– Raphaëlle, on va essayer autre chose. Qu’est-ce que tu penses de l’aromathérapie ?
– ???
– C’est un domaine en plein essor. La médecine s’y intéresse de près, tu sais ? L’aromathérapie, c’est à la fois de la botanique et de la chimie. On obtient, grâce à elle, des résultats étonnants. Elle peut transformer nos émotions, modifier notre humeur, nous toucher de l’intérieur … comme l’art, en somme !
Cette fois, la comparaison hasardeuse ne fit pas rire Raphaëlle. Son sens de l‘humour avait du plomb dans l’aile. De toute façon, l’autre ne plaisantait pas. Elle hocha la tête et attendit la suite.
– Donc tu laisses tomber la décoration d’intérieur et à la place, tu m’écris 100 pages sur l’aromathérapie. Allez, ACTION ! dit-il d’une voix forte en insistant sur le dernier mot.
Il tourna les talons, repartit aussi brusquement qu’il était apparu. Elle se mit au travail sans piper mot. Et s’étiola un peu plus au fil des jours.
Dans notre pôle, une autre personne était en souffrance, pour des raisons différentes. Magali nous avait appris que son mari était atteint d’une leucémie. Son état avait nécessité une greffe de moelle. Il devait passer plusieurs mois en chambre stérile à La Pitié-Salpêtrière. Magali ne s’était pas arrêtée de travailler mais passait le voir à l’hôpital matin et soir. Cette nouvelle nous avait bouleversés. Notre collègue faisait preuve d’un grand courage. Elle nous avait demandé de ne pas aborder le sujet. Et nous la soutenions d’un sourire, d’une attention, en respectant sa pudeur.
Un soir j’étais allé récupérer une impression dans le local de l’imprimante et étalai mes épreuves sur un meuble bas, juste à côté du bureau de Grégoire. La porte en était restée ouverte. J’entendis distinctement sa voix, pleine de sollicitude, et celle, presque étouffée, de Magali.
– Je t’avais bien demandé d’archiver les contrats auteurs de plus de cinq ans, n’est-ce pas ? Pourquoi tu ne l’as pas fait ? Ce n’est pas une critique, hein ? C’est juste pour savoir. -voix bienveillante-
– Tu m’avais dit que ce n’était pas urgent. Grégoire. Qu’il fallait d’abord revoir tout le classement des CDD venus en renfort, ce que j’ai fait.
– Certes, mais pourquoi n’as-tu pas archivé ces contrats après ? -voix “je veux juste comprendre, rassure-toi”-
– Je n’en ai pas encore eu le temps, bredouilla Magali.
– Explique-moi pourquoi, si tu veux bien -voix “aie confiansss, je sssuis là”-
– Parce que dans la journée, j’ai trop de tâches à gérer. Je n’aurais pu le faire qu’en dehors de mes heures de bureau. Et tu sais bien que je ne peux pas rester trop tard. Je dois passer voir Louis à l’hôpital.
– Aaaahh, fit le monstre. On tient le coupable ! -Voix triomphante et cinglante-

Chronique d’une flingueuse : les petits mots de Flo

Le livre : Sale temps pour les grenouilles, Attention, Burn-out ! d’Isabelle Bourdial.

Il est souvent difficile d’être objectif lorsque l’on doit prononcer son avis, rédiger une chronique à propos d’un roman écrit par quelqu’un que l’on connaît, que l’on considère comme un ou une ami(e). Mais là, pour le coup, je me sens très à l’aise pour exprimer l’attachement que j’ai pour ce roman d’Isabelle Bourdial, autant pour les sujets (le harcèlement et l’épuisement professionnels, la manipulation, la déstabilisation).

J’ai eu la chance, le privilège de lire ce roman il y a plus d’un an maintenant et il avait été d’emblée un coup de coeur pour moi. Je l’ai redécouvert dernièrement dans sa version définitive et éditée et je l’ai à nouveau savouré !

Sale temps pour les grenouilles nous emmène à la découverte du milieu de l’édition, de ses différents métiers et divisions. Les éditions Galvani ont récemment nommé un nouveau directeur, Grégoire Delahousse pour leur pôle Arts et Savoirs où travaille Hadrien Lapousterle, Responsable du département Histoire et Civilisations. Parce que les résultats financiers du Pôle ne sont pas satisfaisants, une réorganisation avec des changements radicaux de cap éditorial est imposée à Hadrien et ses collègues : Pierre-Louis, Slim, Raphaëlle, Marc et Kumi. Tous vont être contraints à quitter leurs domaines de compétences, devoir se transformer en auteurs de documentaires tournés non plus vers des savoirs mais des savoirs-faire.

Leur environnement de travail va lui aussi connaître de sérieux bouleversements : réduction de la superficie des bureaux, mise en place d’open spaces concentrant en un lieu ouvert tous les employés d’un même pôle, etc.

Très rapidement, l’ambiance de travail va se détériorer, la pression augmenter, le surmenage et les premiers arrêts maladie survenir.

Pour ne pas gâcher l’intérêt de la lecture, je n’en dirai pas plus sur l’histoire concoctée par Isabelle Bourdial et les tourments que vont vivre nos 6 éditeurs.

Sachez toutefois que d’une plume alerte, affûtée, oscillant entre sérieux et humour, dans un équilibre littéraire parfait et jubilatoire, l’auteure nous parle de la maltraitance au travail, de la facilité avec laquelle un individu, une direction peut détruire, broyer un individu au travail. Il est en effet bien plus facile de provoquer l’échec que d’accompagner à la réussite professionnelle.

Grâce à l’humour, j’ai pu lire jusqu’au bout ce roman incroyable et courageux, car vous l’aurez compris, Isabelle Bourdial témoigne de ce qu’elle a connu, mais sans aigreur, sans haine car on ne gagne jamais en utilisant les armes de ses bourreaux.

Si comme moi, vous avez ou êtes une grenouille que l’on a placée dans une casserole, vous trouverez dans ce livre un panel de recettes pour vous en échapper ! Et si par bonheur, le burn-out et le harcèlement au travail vous sont inconnus, vous apprendrez à les identifier pour mieux vous en prémunir.

En conclusion, osez ce roman, offrez-le autour de vous car sous sa couverture colorée se trouve une comédie noire, caustique et une vraie pépite !

Kawa Littéraire # 8


 

KAWA littéraire du 17/05/18

17 lecteurs présents

Sophie Maurer (l’auteure en résidence à la bibliothèque Parmentier), a ponctué notre « club littéraire » par des lectures d’extraits de textes choisis en amont par les lecteurs.

 

BIBLIOGRAPHIE

Monique :

Marie Richeux/ Climat de France

Climats de France

Richeux, Marie

Wespieser éditeur

En 2009, sur les hauteurs de Bab el-Oued, Marie est subjuguée par la cité construite par l’architecte Fernand Pouillon entre 1954 et 1957. Saisie par la nécessité de comprendre l’émotion qui l’étreint, elle se replonge dans son passé. Une succession de récits qui s’entrelacent comme autant de fragments d’une même histoire dont l’auteure traque le motif entre l’Algérie et la France. Premier roman.

Jean-Baptiste Andrea/ Ma reine

 

Lioudmila Oulitskaia/ Médeé et ses enfants

Médée, calme et lumineuse, un centre mystérieux autour duquel gravite une immense famille, des gens ballottés de-ci de-là, aux destins parfois tragiques. Contrairement à sa célèbre homonyme, Médée Mendès est une porteuse de vie, qui soutient, réconforte et pardonne.

 

 

 

 

 

 

 

 

Lioudmila Oulitskaia/ De joyeuses funérailles

«Il faisait une chaleur torride, cent pour cent d’humidité. On aurait dit que l’énorme ville tout entière, avec ses immeubles inhumains, ses parcs magnifiques, ses gens et ses chiens multicolores, était parvenue à la limite de la phase solide – encore un peu, et les êtres à demi liquéfiés allaient se mettre à flotter dans l’air transformé en bouillon.»

C’est dans son loft d’artiste à Manhattan, dans une ville écrasée de chaleur, qu’Alik, peintre juif russe émigré, va mourir. Et il n’est pas de mort annoncée qui ne soit aussi drôle et, paradoxalement, un tel hymne à la vie que celle d’Alik. Entouré de sa femme Nina et de ses anciennes maîtresses, l’agonisant souhaite que la fête continue, alors que Nina ne pense qu’à sauver son âme. Un prêtre orthodoxe et un rabbin vont ainsi se succéder au chevet du mourant, et leur rencontre est le point d’orgue, d’une drôlerie irrésistible, de ces funérailles pas tout à fait ordinaires. Dans un vrai tour de force romanesque, Oulitskaïa nous prouve ainsi que les interrogations métaphysiques sur la mort et l’appartenance religieuse ne sont pas, en littérature, incompatibles avec l’humour.

Quatrième ouvrage de Ludmila Oulitskaïa traduit en français, De joyeuses funérailles renoue avec la veine de Sonietchka (Prix Médicis Etranger 1996). De Ludmila Oulitskaïa, les Editions Gallimard ont également publié un recueil de nouvelles, Les pauvres parents (1993), et le roman Médée et ses enfants (1998). L’auteur vit à Moscou.

 

Jean-Michel Guenassia/ Le club des incorrigibles optimistes

Michel Marini avait douze ans en 1959. C’était l’époque du rock’n’roll et de la guerre d’Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l’arrière-salle du bistrot, il a rencontré Igor, Léonid, Sacha, Imré et les autres. Ces hommes avaient passé le Rideau de Fer pour sauver leur peau. Ils avaient abandonné leurs amours, leur famille, trahi leurs idéaux et tout ce qu’ils étaient. Ils s’étaient retrouvés à Paris dans ce club d’échecs d’arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Et ils étaient liés par un terrible secret que Michel finirait par découvrir. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie du jeune garçon. Parce qu’ils étaient tous d’incorrigibles optimistes.

 

 

 

 

Anne-Marie :

Tanguy Viel/ Article 353 du code pénal

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d’être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l’ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec.

Article 353 du code pénal, septième roman de Tanguy Viel, est porté par la très belle voix de cet homme floué, quinquagénaire comme vieilli avant l’heure par le poids des infortunes et des échecs. Un homme las dont les mots s’emploient à construire la pensée, à tenter de comprendre l’agencement fatal des circonstances qui l’ont mené au meurtre. Des mots, des phrases par lesquels il cherche désespérément à tracer, dans l’espace sonore du bureau du juge, pour lui-même autant que pour le magistrat, « la ligne droite des faits ». […]

De multiples passerelles relient Article 353 du code pénal aux précédents opus de Tanguy Viel. Ce n’est pas dire que l’écrivain se répète. Au contraire, il bouge, il change, il se déploie. Dans un même mouvement, il approfondit sa méditation sur le choix moral, la responsabilité individuelle, le destin, et précise son geste romanesque en prenant ses distances avec les codes des littératures (et du cinéma) de genre dont il a naguère beaucoup usé. Délaissant quelque peu l’ironie au profit d’un réalisme virtuose et d’un humanisme pleinement assumé, il s’appuie sur ses personnages pour irriguer son roman d’une réflexion toute métaphysique sur le mal en l’homme.

-Lecture d’un extrait par Sophie Maurer
Extrait :
Toute cette histoire, a repris le juge, c’est d’abord la vôtre. 
Oui. Bien sûr. La mienne. Mais alors laissez-moi la raconter comme je veux, qu’elle soit comme une rivière sauvage qui sort quelquefois de son lit, parce que je n’ai pas comme vous l’attirail du savoir ni des lois, et parce qu’en la racontant à ma manière, je ne sais pas, ça me fait quelque chose de doux au cœur, comme si je flottais ou quelque chose comme ça, peut-être comme si rien n’était jamais arrivé ou même, ou surtout, comme si là, tant que je parle, tant que je n’ai pas fini de parler, alors oui, voilà, ici même devant vous il ne peut rien m’arriver, comme si pour la première fois je suspendais la cascade de catastrophes qui a l’air de m’être tombée dessus sans relâche, comme des dominos que j’aurais installés moi-même patiemment pendant des années, et qui s’affaisseraient les uns sur les autres sans crier gare.

Camille :

Depardieu/ Lettres volées

Depardieu/ Lettres volées

«J’ai eu la chance de ne pas avoir de « famille », d’avoir seulement une Lilette sauvage et un Dédé apache. Ils n’ont pas phantasmé sur moi. Je n’ai pas été programmé, déterminé. Julie et Guillaume, mes enfants, j’essaie, Dieu sait que parfois c’est dur, de ne jamais toucher à leurs rêves, j’essaie seulement de les aimer… »

Lettres volées de Gérard Depardieu, vingt-cinq textes pour autant de visages aimés, d’aventures fracassées, ou d’amitiés indestructibles.

Lettres volées, des confessions, des aveux, des secrets. Des mots tendres et des mots durs, des mots qui comptent double. Un livre qui va droit au coeur.

 

 

-Lecture d’une lettre adressée à François Truffaut, et une autre adressée à Barbara, par Sophie Maurer
Extraits : lettre à Barbara
Tu te rends compte  » si c’est pas sûr , c’est quand même peut être » Avec un truc pareil on peut continuer à marcher longtemps . C’est ta voix qui rythmait mes fugues, je marchais comme un forcené avec tes chansons dans ma tête. (…)
Tout à l’heure, au téléphone, j’ai deviné
ta voix trembler. 
Tu as souvent peur qu’elles s’évanouisse comme dans ces contes. 
où une fée capricieuse vous prête un don provisoire et fragile. 
Et parfois, c’est vrai qu’elle fout le camp, que tu ne peux plus chanter. 
Tu cesses d’être en harmonie.  (…)
Toi que j’ai souvent cherché
A travers d’autres regards
Et si l’on s’était trouvé 
Et qu’il ne soit pas trop tard
Pour le temps qu’il me reste à vivre
Stopperais-tu ta vie ivre
Pour venir vivre avec moi
Sur ton île aux mimosas.

Emma Healey/ L’oubli

Un thriller inoubliable.
Elizabeth a disparu. Maud ne cesse de retrouver des bouts de papier dans ses poches, avec ce simple message. Elizabeth a disparu. Le plus troublant : c’est sa propre écriture. Mais elle ne se souvient pas avoir écrit ces mots. Maud ne se souvient d’ailleurs plus de grand-chose ces derniers temps. Elle ne se souvient plus de l’heure, ni si elle a mangé ni si sa fille est venue la voir. Ce qu’elle sait, en revanche, c’est qu’elle n’a pas vu sa vieille amie Elizabeth depuis longtemps. Trop longtemps. Lorsqu’elle tente d’alerter ses proches, elle a droit à des sourires indulgents, personne ne la prend au sérieux, elle est septuagénaire et on la traite comme une enfant de 4 ans. Malgré tout, Maud est de plus en plus persuadée que quelque chose est arrivé à Elizabeth. De la même façon que quelque chose est arrivé, cinquante ans plus tôt, à sa propre sœur aînée, Sakey, dont la disparition ne fut jamais élucidée. Maud ferait-elle un transfert inconscient ? Confondrait-elle le passé et le présent ? Mais n’y a-t-il pas tout autant de mystères autour d’elle aujourd’hui qu’à l’époque ? Maud va bientôt devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

Avec ce roman phénomène faisant preuve d’un incroyable suspense psychologique, Emma Healey nous transporte littéralement dans l’esprit de Maud, atteinte de la maladie d’Alzheimer, avec une empathie et une justesse peu communes. Tout comme son inoubliable héroïne, le lecteur sera confronté, dans ce thriller irrésistible, à une perte totale de repères pour tenter de reconstituer un puzzle aussi captivant que complexe.

Edgar Hilsenrath/ Le nazi et le barbier

1933. Max, le fils bâtard de la pute Minna Schulz, s’enrôle dans les SS à l’arrivée d’Hitler au pouvoir.

Affecté dans un camp d’extermination, où disparaissent son meilleur ami (juif) et toute sa famille, il décide à la fin de la guerre de se faire passer pour juif… et endosse l’identité de son ami assassiné. Max Schulz, devenu Itzig Finkelstein, épouse la cause juive, traverse l’Europe et rejoint la Palestine, où il devient barbier et sioniste fanatique.

Le Nazi et le Barbier fut, trente ans avant Les Bienveillantes, le premier roman sur l’Holocauste écrit du point de vue du bourreau. L’humour (noir) en plus.

 

Edgar Hilsenrath/ Nuit

 

1941. C’est la nuit permanente sur le ghetto de Prokov. Au fil des jours, égaré dans un décor apocalyptique, Ranek lutte pour sa survie.

Réduits à des ombres, comme s’ils n’avaient plus ni âme ni corps, les personnages baignent dans le brouillard. Pourtant, les scènes d’amour hâtives, de solidarité ou de naissances au milieu du ghetto montrent que, même plongée dans l’horreur, l’humanité s’accroche.

Grande fresque de la cruauté et du grotesque, Nuit est le point de départ de l’oeuvre d’Hilsenrath. Resté occulté en Allemagne près de vingt ans, il est aujourd’hui considéré comme son chef d’oeuvre.

 

 

Patrick Deville/ Taba-Taba

Taba-Taba

Le roman commence à Mindin, en face de Saint-Nazaire, au début des années 1960, dans un lazaret devenu hôpital psychiatrique : un enfant boiteux, dont le père est administrateur du lieu, se lie d’amitié avec un des internés, un ancien de la marine qui, se balançant d’arrière en avant, répète sans cesse la même formule énigmatique : Taba-Taba. À partir de là, Patrick Deville déroule le long ruban de l’Histoire, en variant le microscope et le macroscope. Car la France, ce n’est pas seulement l’Hexagone : le narrateur se promène autour de la planète pour rappeler l’épopée coloniale avec ses désastres mais aussi ses entreprises audacieuses (canal de Suez, de Panamá).

Cette grande fresque romanesque va de Napoléon III aux attentats qui ont ensanglanté récemment le pays, en passant par la Grande Guerre et ses tranchées, puis par le Front populaire, la Débâcle, l’Occupation, la Résistance, le Vercors, la Libération.

Patrick Deville/ Peste et choléra

Peste & choléra

Parmi les jeunes chercheurs qui ont constitué la première équipe de l’Institut Pasteur créé en 1887, Alexandre Yersin aura mené l’existence la plus mouvementée. « Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger », écrit-il. Très vite il part en Asie, se fait marin, puis explorateur. Découvreur à Hong Kong, en 1894, du bacille de la peste, il s’installe en Indochine, à Nha Trang, loin du brouhaha des guerres, et multiplie les observations scientifiques, développe la culture de l’hévéa et de l’arbre à quinquina. Il meurt en 1943 pendant l’occupation japonaise.

Pour raconter cette formidable aventure scientifique et humaine, Patrick Deville a suivi les traces de Yersin autour du monde, et s’est nourri des correspondances et documents déposés aux archives des Instituts Pasteur.

 

Michèle :

Camille Laurens/ La petite danseuse de 14 ans

La petite danseuse de quatorze ans

« Elle est célèbre dans le monde entier mais combien connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette à Washington, Paris, Londres, New York, Dresde ou Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne sait que son âge, quatorze ans, et le travail qu’elle faisait, car c’était déjà un travail, à cet âge où nos enfants vont à l’école. Dans les années 1880, elle dansait comme petit rat à l’Opéra de Paris, et ce qui fait souvent rêver nos petites filles n’était pas un rêve pour elle, pas l’âge heureux de notre jeunesse. Elle a été renvoyée après quelques années de labeur, le directeur en a eu assez de ses absences à répétition. C’est quelle avait un autre métier, et même deux, parce que les quelques sous gagnés à l’Opéra ne suffisaient pas à la nourrir, elle ni sa famille. Elle était modèle, elle posait pour des peintres ou des sculpteurs. Parmi eux il y avait Edgar Degas. »
Camille Laurens

A 14 ans, Marie Geneviève Van Goethem, danseuse de l’Opéra, fut le modèle de la célèbre sculpture d’E. Degas, une oeuvre décriée lors de sa présentation au Salon des Indépendants car le public la jugea laide et repoussante. L’auteure revient sur la vie difficile de l’adolescente contrainte de travailler, ce qui lui coûta sa place, ainsi que sur la réception de la statue et ses diverses fortunes.

Sarah :

Karen Blixen/ Les voies de la vengeance

Lucan Bellenden et Zozine Tabbernor, deux jeunes Anglaises, se retrouvent toutes deux dans la misère et sont adoptées par le pasteur Pennhallow et sa femme, qui les emmènent dans leur propriété de Sainte-Barbe, dans le Languedoc, et s’emploient – à merveille – à parfaire leur éducation. Sur la maison, plane un certain mystère. Sur le vieux couple, courent d’inquiétantes rumeurs. Ni Lucan ni Zozine ne songent à approfondir ces questions : elles sont occupées à aimer, l’une le marin anglais Noël Hartranft, la seconde, Thésée de Valfonds. Jusqu’au jour où Pennhallow est interrogé par un juge sur la disparition de jeunes filles qu’il aurait recueillies, et qu’il aurait vendues en Amérique latine. Le pasteur demande à ses dernières filles adoptives de témoigner en sa faveur.

 

 

 

Marguerite Audoux/ Marie-Claire

Cette autobiographie romancée d’une fille du peuple reflète, selon Charles-Louis Philippe, « tout ce que peut contenir de malheur matériel et de douleurs morales la vie des pauvres ». Petit chef-d’œuvre remarquable par la pureté d’expression et le ton direct, « Marie-Claire » émeut par le simple récit de la vie de l’auteur. La mort de sa mère, l’abandon par son père alcoolique à l’âge de trois ans, son enfance triste et terne dans un orphelinat de Bourges, son placement à treize ans comme bergère dans une ferme, une idylle contrariée, la fuite à Paris à dix-huit ans puis le travail à la journée comme couturière, luttant contre la misère et la faim. Malgré ce destin peu banal relaté avec une grande finesse, une poésie qui annonce celle du « Grand Meaulnes » fait le charme de « Marie-Claire ». Le livre, couronné par le Prix Femina, a été loué par Alain-Fournier, Octave Mirbeau, Léon-Paul Fargue, André Gide et Anna de Noailles. 

L’enfance d’une bergère orpheline en Sologne au début de la IIIe République. Marie-Claire n’a que 3 ans lorsque sa mère meurt de tuberculose. Après la fuite de son père, accablé par le chagrin et l’alcool, Marie-Claire et sa soeur aînée, Madeleine, sont placées dans un orphelinat religieux. Elles y apprennent que la méchanceté des enfants vaut bien celle des adultes. Prix Femina 1910.

-Lecture d’un extrait par Sophie Maurer
Extrait :
– Vous savez pourquoi je vous ai fait appeler ?
Nous avons décidé de vous placer dans une ferme de la Sologne. Vous serez bergère, mademoiselle !
La mère supérieure ajouta, en appuyant sur les mots :
– Vous garderez les moutons.
Je dis simplement :
– Bien, ma Mère.
(…)
Pendant que je cherchais à reconnaître de quel côté se trouvait la ferme, les moutons contournèrent le bois, et ils se trouvèrent bientôt sur un chemin bordé de haies. Le brouillard s’épaississait encore, et il me sembla que je marchais entre deux hautes murailles. Je suivais les moutons sans savoir où ils me menaient. Ils quittèrent brusquement le chemin pour tourner à droite, mais je les arrêtai aussitôt : je venais d’apercevoir l’entrée d’une église. Les portes en étaient grandes ouvertes, et de chaque côté on voyait deux lumières rouges qui éclairaient la voûte grise. D’énormes piliers se rangeaient en lignes droites, et tout au fond on devinait les fenêtres à petits carreaux qu’une lumière éclairait faiblement. J’avais beaucoup de mal à empêcher les moutons d’aller vers cette église, et tout en les repoussant, je m’aperçus qu’ils étaient couverts de petites perles blanches. Ils se secouaient à tout instant, et cela faisait comme un léger bruit de cliquetis.

Priscilla :

Lilian Jackson Braun/ Le chat qui lisait à l’envers

Pour Jim Qwilleran, ancien chroniqueur criminel, un poste de rédacteur artistique est une véritable gageure étant donné qu’il ne connaît rien à la question. Très rapidement, il se rend compte que son véritable travail consiste à contre-balancer celui d’un féroce critique d’art, attaché au même journal et détesté de tout le monde. Pourtant la maison de celui-ci est un véritable musée, sa table celle d’un fin gourmet et l’homme lui-même est brillant et satirique. Il possède aussi un chat siamois aristocratique, Kao K’o Kung – Koko pour Qwilleran – qui apprécie les vieux maîtres et sait lire à l’envers les manchettes de journaux. Dans le monde apparemment paisible des beaux-arts, trois morts brutales se produisent et c’est grâce au flair de Koko que Qwilleran découvrira la vérité.

 

 

 

 

Voilà encore un beau café littéraire.

Des envies de lectures plein la tête.

Vivement le prochain Kawa

 

A Fleur de Bruine d’Amélie de Lima


A FLEUR DE BRUINELe livre : A Fleur de Bruine d’Amélie de Lima. Paru le 1er Octobre 2018 aux Editions Independently published.9.99 euros. 272 pages. 13 x 20 cm

4ème de couverture :
Quand le passé revient pour se venger, quand les vieux secrets ressurgissent, la mort ne peut être que la seule échappatoire…Lille, septembre 2016.Six ans après la terrible affaire de la Deûle, des corps de jeunes hommes sont retrouvés la bouche scarifiée, pieds et mains liés, immergés dans un canal. Qui sont-ils et pourquoi les a-t-on tués ? C’est ce que Véronique De Smet et Bettina Rosco tenteront de découvrir, dans une enquête complexe dont elles ne sortiront pas indemnes…

Amélie de Lima Auteur
L’auteur : Amélie De Lima est originaire de Lille, actuellement expatriée à Barcelone. Elle est rédactrice web et formatrice en entreprise. Elle a toujours été passionnée par la lecture et l’écriture, raison pour laquelle, elle s’est plongée dans les études littéraires.
Elle écrit depuis l’âge de 10 ans, en commençant par des nouvelles policières, fantastiques et des poèmes. Fin 2015, elle a décidé de sauter le pas et d’écrire son premier roman en auto-édition.

 

Extraits :
«Il était si doux, si attentionné, si passionnel. Maintenant, il n’était plus qu’une âme sombre, emprisonnée dans son propre corps.
Si seulement… si seulement rien de tout ça n’était arrivé, si seulement elle pouvait gommer le passé comme on gomme une phrase raturée. Juste un mot, juste une fraction de seconde, un mouvement. Remonter dans le temps, c’est tout ce dont elle aurait besoin pour récupérer l’homme qu’elle avait tant aimé.»

Les Lectures de Maud :

A Fleur de Bruine d’Amélie de Lima

A Fleur de Bruine d’Amélie de Lima bandeau

Nous voici de nouveau aux abords de Lille. De meurtres sans lien apparent refont surface. Leur point commun : la mise en scène. Une enquête rude qui ne va laisser aucun répit à Véronique de Smet et à sa collègue pour l’occasion Bettina Rosco. Des indices vont les emmener loin dans le passé qui resurgit en pleine face à Véronique. Le mobile n’étant pas apparent il va leur falloir ruser afin de démêler cette enquête.
Véronique de Smet, personne découvert dans Le Silence des Aveux, pense que le passé est derrière elle avec un bon couvercle dessus. Personnage à vif, elle est toujours à la limite de sombrer. Et pourtant elle va se rendre compte que les blessures vont se ré-ouvrir et la replonger dans sa très sombre période.
Bettina Rosco, nouveau personnage, qui de prima-bord semble tout à fait à l’aise ; va se révéler avoir elle aussi un passé très douloureux.
Ensemble, elles vont se découvrir, même si les débuts vont être houleux, elles vont s’écouter et s’unir afin de retrouver ce meurtrier qui terrifie la région.
L’auteur a fait un réel travail d’écriture ici, la fluidité est de mise. Les éléments s’enchaînent naturellement et sans lourdeur. Ses personnages sont très bien présentés et évoluent. Le mélange vie personnelle et enquête est très bien dosé. L’intrigue est bien amenée, ficelée et très efficace. Une fin très surprenante. J’espère qu’un troisième volet est en route afin de retrouver Véronique dans une nouvelle enquête.

Je remercie l’auteur pour sa confiance

Version lue : Numérique

Le concours de Nouvelle de Collectif Polar


Concours de nouvelles, 4 ans du blog

Hello les polardeux et les autres,

Vous le savez chez collectif polar quand c’est notre anniversaire nous aimons vous mettre à contribution.

Nous aimons surtout vous faire participer.

Cette année encore nous comptons sur vous !

Et pour bien fêter notre nouvel anniversaire nous lançons un premier concours de nouvelle.

Pour cela nous avons choisi une thème et défini un règlement.

Le thème nous l’avons voulu festif mais pas que …

Vous allez devoir plancher autour de :  tadam, roulement de tambour

Un anniversaire très spécial…

Classiquement, pour fêter son anniversaire, on invite ses amis, on souffle ses bougies, on ouvre ses cadeaux, on mange du gâteau.

Et puis parfois, rien ne se passe comme prévu : on renvoie les amis, on mange les bougies, on brûle les cadeaux, on renverse le gâteau…

Pire, on ouvre ses amis, on les farcit de bougies, on les offre en cadeau, on se tire avec le gâteau…

C’est quoi pour vous un anniversaire qui dégénère ?

Le règlement, maintenant :

 

Avant de vous inscrire, vérifiez bien que vous êtes abonné au blog. C’est impératif.

Vos textes devront être libres de droit, c’est-à-dire que vous nous garantissez que vous détenez les droits d’exploitation sur la nouvelle que vous nous envoyez. Vous déclarez notamment que votre nouvelle est entièrement originale et ne contient aucun emprunt à une autre œuvre de quelque nature que ce soit, qui serait susceptible d’engager la responsabilité du Collectif. Toutes les nouvelles qui respecteront la forme comme le fond de ce concours seront publiées sur le blog.

Afin de participer au concours, les candidats devront rédiger une nouvelle inédite et libre de droit sur le thème d’Un anniversaire très spécial dactylographiée en Arial 11 et de 1500 mots maximum.

Les nouvelles trop longues ne seront pas prises en compte par le comité de lecture.

Pour ce concours, un comité de lecture choisira d’une part les nouvelles qui figureront dans le recueil et d’autre part déterminera les 3 lauréats de ce concours. Les œuvres seront jugées tant sur les qualités littéraires que sur les contraintes du concours. Le comité de lecture se laisse le droit de refuser une nouvelle et le libre arbitre du comité ne pourra en aucun cas être mis en doute ! Le comité sera constitué de certains des membres du Collectif Polar dont le nombre pourrait fluctuer en fonction du nombre de nouvelles proposées.

Ce concours pourra donner lieu à une publication papier. Ce recueil ne sera pas commercialisé, il s’agira juste d’une mise à disposition à prix coûtant pour les éventuels contributeurs de notre concours et ce sur une période limitée. Il ne pourra pas donner lieu à des droits d’auteurs.

Les 3 lauréats se verront offrir le recueil papier des nouvelles.

Vous avez jusqu’au 30 juin pour jouer.

Il vous faut envoyer vos textes à l’adresse du blog : collectif.polar@gmail.com

Lors de votre inscription, je vous demanderai de nous joindre le petit texte ci-dessous dans le corps du mail qui vaut pour votre pleine acceptation du règlement du concours :

BULLETIN D’INSCRIPTION




BULLETIN D’INSCRIPTION

 

Nom :


Prénom :


Né(e) le :


Adresse :


Téléphone :


Courriel :


Titre de l’œuvre :


J’autorise la publication de mon texte et j’accepte le règlement du jeu concours du blog Collectif Polar

 

Signature






ll vous faut envoyer vos textes, nouvelle et bulletin d’inscription, à l’adresse du blog :

collectif.polar@gmail.com

Voilà chers lecteurs, à vos plumes maintenant.

Nous, nous sommes prêts, on vous attend

 

Une putain d’histoire – Bernard Minier


Une putain d'histoire MinierLe livre : Une putain d’histoire de Bernard Minier. Paru le 12 mai 2016 8€30 ; (597 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Hors des flots déchaînés, une main tendue vers le ciel. Un pont de bateau qui tangue, la pluie qui s’abat, et la nuit… Le début d’une «putain d’histoire».

Une histoire d’amour et de peur, de bruit et de fureur. L’histoire de Henry, 17 ans, que le meurtre de sa petite amie plonge dans l’enfer du soupçon. Sur son île, Glass Island, battue par les vents, cernée par la brume 360 jours par an et uniquement accessible par ferry, tout le monde connaît tout le monde, jusqu’au plus noir de ses secrets. Ou du moins le croit-on.

Quand la peur gagne, la vérité s’y perd…

 

 

 

bernard minier fsn
L’auteur : Dès la parution de son premier roman, Glacé, prix du meilleur roman francophone du festival Polar 2011 de Cognac, Bernard Minier rencontre un très grand succès. Ses deux derniers ouvrages, Le Cercle et N’éteins pas la lumière, le confirment comme un auteur incontournable du polar français. Ses romans sont traduits dans quatorze langues.

 

 

Extrait :
J’ai continué à fixer les photographies – ces témoignages d’une enfance heureuse. Heureuse : vraiment ? Existe-t-il témoignage plus mensonger que celui d’une photographie ? Plus je les scrutais, plus j’avais l’impression de voir autre chose dans ces souvenirs : un petit garçon qui jouait, qui s’amusait, mais qui avait toujours un air triste. Parce qu’au fond de lui, il savait que la situation n’était pas ce qu’elle aurait dû être. Il l’avait toujours su, ce petit garçon – je m’en rendais compte à présent -, il avait toujours su que sa mère n’était pas une de ces femmes, qu’elles avaient pris sa place, qu’elles jouaient son rôle mais qu’elles ne la remplaceraient jamais.
Les larmes se sont mises à couler sur mes joues.
Il savait pertinemment, au tréfonds de son être, qu’il était un orphelin, un enfant adopté, un petit être déplacé… Il le savait d’instinct, comme un animal sauvage, qui feint d’être domestiqué mais qui n’en oublie pas pour autant la liberté d’antan.

Le OFF de OPH

 » Une putain d’histoire » de Bernard Minier, jamais un roman n’aura porté aussi bien son nom!

Quand Henry et ses amis se mettent à la recherche de l’assassin de l’une de leurs amie, ça vous donne une « putain d’histoire » dans laquelle je me suis revue à quinze ans à me raconter les miennes devant les fictions télé… le récit à la première personne du singulier m’a permis de m’identifier à chaque fois à Henry, retrouvant les codes des adolescents dans un récit résolument moderne.

« Une putain d’histoire » c’est un vrai polar comme je les aime, avec des personnages si bien dépeints qu’ils ont pris vie dans mon esprit au point d’en devenir presque palpables… Henry, Charlie, Naomie auraient pu être ces ados que je croise chaque jours dans le métro… Mais les personnages à eux seuls ne font pas toute une histoire et Bernard Minier nous sert ici un repas complet avec mise en bouche pour vous ouvrir l’appétit, un plat copieux mais terriblement bien assaisonné et un dessert explosif qui vous laisse scotché dans les dernières pages!

 » Au commencement était la peur…

Hors des flots déchaînés, une main tendue vers le ciel. Un pont de bateau qui tangue, la pluie qui s’abat, et la nuit… Le début d’une  » putain d’histoire « .
Une histoire d’amour et de peur, de bruit et de fureur. L’histoire de Henry, 17 ans, que le meurtre de sa petite amie plonge dans l’enfer du soupçon. Sur son île, Glass Island, battue par les vents, cernée par la brume 360 jours par an et uniquement accessible par ferry, tout le monde connaît tout le monde, jusqu’au plus noir de ses secrets. Ou du moins le croit-on.
Quand la peur gagne, la vérité s’y perd… « 

Je me suis attachée à Henry et ses amis, j’ai eu peur avec eux au cours de l’enquête, je voulais comme eux retrouver l’assassin de leur amie… Mais quand la tempête a cessé et que le calme est revenu sur Glass Island, j’ai eu du mal à me remettre de cette « Putain d’histoire »!

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (30)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (30)

Bonjour, merci d’avoir accepté cette rencontre. D’ordinaire je laisse à l’invité le soin de se présenter…

Gauthier H. Esclavagiste. Officiellement, je dirige d’une main de maître un complexe hôtelier tout près de la Suisse, dans une région tranquille pour qu’il n’y ai aucun grabuge, mais officieusement, je fais construire des logements pour quelques clients richissimes triés sur le volet, avides de pouvoir expérimenter des choses interdites sur du bétail (comprenez, je ne parle pas d’animaux quand je parle de bétail). Je suis très exigeant et sais me montrer très doux quand il faut « mater » un nouvel esclave.

Voilà qui est direct ! Ça fait partie de vos traits de caractère ?

J’aime exploiter, dominer, réduire mes convives à l’état d’objet. Je suis un collectionneur. Mais un collectionneur de qualité. J’aime les gens qui viennent de l’Est. Je suis très maniaque et j’aime l’ordre dans toutes ses formes.

C’est assez perturbant comme psyché… On se demande d’ailleurs comment Loana Hoarau a pu vivre avec vous. Vous êtes resté longtemps dans sa tête ?

Bien un an. Au début, j’étais plutôt un perso sympathique parce qu’elle aime ce prénom. Mais elle m’a vite transformé en monstre pour me donner une constance.

Elle est donc pleinement responsable de ce virage selon vous. Vous pensez qu’il y a des parts d’elle dans votre personnalité ?

Je pense que oui. Elle adore les verres de lait.

J’aime faire du mal.

Au-delà de ça, une telle construction vous mets dans une position qui n’est pas particulièrement enviable, lui en voulez-vous ?

Au contraire. J’aime faire du mal. Je trouve même qu’elle n’est pas allée assez loin dans le délire. Ça manquait un peu de nécrophilie. Mais apparemment, elle va vite se rattraper dans un autre livre !

Au-delà des péripéties du roman, parlez-nous de votre vie propre. Comment occupez-vous votre temps libre ?

Je prépare mes petites potions magiques pour droguer mes convives. Enfin, je les fais préparer, mais ça, je n’en parle pas.

Pour l’instant, une seule aventure assume votre présence. Vous avez d’autres projets ?

J’aimerais bien revenir dans un autre bouquin. Je sais qu’elle m’aime bien comme perso. Qu’elle aimerait encore m’exploiter.

L’avenir le dira donc… Il nous reste à conclure, je vous laisse le soin de le faire.

Entrez donc découvrir mon univers. Je ne mords pas tout de suite. Surtout si vous êtes un beau jeune homme. Voulez-vous un verre de lait ?

Les Anges de Babylone de Ghislain Gilberti


Les Anges de Babylone de Ghislain GilbertiLe livre : Les Anges de Babylone, la trilogie des ombres, Tome 2 de Ghislain Gilberti. Paru le 18 avril aux Editions Metropolis.  22 € ; 624 pages ; 15 x 23 cm .

 4ème de couverture :

Débarquée de l’enquête sur Borderline, Cécile Sanchez revient sur le terrain lorsqu’une guerre des ombres éclate entre de nouveaux caïds et le Réseau Fantôme. Prêt à tout détruire, l’un des leaders de la corporation de tueurs, bien plus dangereux et instable que ses coreligionnaires, vient de sortir de prison après une décennie passée à l’isolement.

Au centre de cette guerre pour le contrôle global, les Anges de Babylone, une nouvelle unité qui a grandi dans l’ombre de Borderline, s’apprête à prendre le ciel et s’étendre aux périphéries du territoire. Avec toujours la mystérieuse Voix pour guider leurs actions, leurs pensées et leurs bras armés.
C’est dans cette zone que la nature est à nouveau sauvage. Les Anges feront la guerre pour l’Homme. Même les anges déchus auront leur croisade et celle qui ouvre la porte au grand chaos balaiera tout sur son passage : il n’y aura pas le moindre quartier.

Suite virtuose de Sa Majesté des Ombres, révélation polar de l’année 2018, Prix des Géants du Polar 2018 et salué unanimement par les lecteurs, Les Anges de Babylone est le second volume apocalyptique de La trilogie des Ombres.

 

 

anoghislain-gilberti
L’auteur : Ghislain Gilberti a 41 ans. Ancien tireur de précision pour l’armée de terre, père de trois enfants, il se consacre à l’écriture.

 

 

 

Extrait :
« La tension est à son maximum, les index sont crispés. Le reste du monde a disparu. Il n’y a plus qu’elles, ainsi que la faucheuse qui tourne dans les ombres et arbitre ce duel, attendant avec impatience d’emporter avec elle l’un des deux âmes en Enfer.
Les deux si possibles. »

 

 

L’accroche de Miss Aline :

Les Anges de Babylone de Ghislain Gilberti 1

Les Anges de BabyloneLa trilogie des ombres – tome 2, Ghislain Gilberti

Prologue : Surtensions. Epilogue : Disjonction. Entre les deux, 600 et quelques pages où pas un instant ton attention se relâche. Immersion immédiate et totale dans le monde des narcotrafiquants. Une guerre sans merci pour récupérer un territoire. C’est sanglant, violant, sans fioritures. On passe a tabac, on torture, on tue. Le tout dans une chorégraphie parfaitement maitrisée. Tout est planifié, orchestré de manière  méthodique. Pas de place pour le hasard. Si ton dernier souffle s’échappe c’est que les Borderline l’ont décidé ainsi. Les Ombres semblent toujours aussi insaisissables.

 La commissaire Sandrine Torterotot de la DCRI va tout faire pour réintégrer Sanchez à l’enquête. Une autre guerre sans merci commence : force de l’ordre contre trafiquants. Sans oublier les guerres intestines de chaque côté. Les égos sont exacerbés, chauffé à blanc, ne supportant pas le moindre obstacle.

Sanchez aura une fois de plus fort à faire pour avancer dans son enquête.  Quel sera le prix  à payer pour voir justice rendue ? Peu-on s’en sortir indemne face à une bande de psychopathes ne reculant devant rien pour faire aboutir leur plan ?

Avec Les Anges de Babylone, Ghislain Gilberti nous livre un roman dense. Certes, c’est un pavé de 624 pages mais pas que. Les personnages y sont nombreux, complexes aussi bien chez les Borderline ou du côté flic. Rien n’est tout noir ou tout blanc.

Les Anges de Babylone c’est une encyclopédie du mal. Ghislain Gilberti dissèque le monde de la drogue pour nous en donner une description au plus juste. Il va décortiquer pour nous les rouages d’une organisation borderline dirigée par des psychopathes. L’être humain y est décrit dans toute sa splendide noirceur.

Sa plume est aiguisée et trempée dans un acide corrosif. Chaque mot est à sa juste place. Il hypnotise. Tu ne lis pas, tu es au centre d’une scène en 4D. Immersion totale. Tu assistes, impuissante, au carnage. Une touche émotionnelle vient te cueillir au fond du gouffre dans lequel l’auteur te fait descendre un peu plus à chaque page. Tu restes sur le carreau. Il t’embarque et te montre le monde côté pile. Va-t-il te laisser une lueur d’espoir ? Ou l’espoir n’est-il qu’une illusion de l’esprit pour mieux supporter une réalité morbide ?

Ghislain Gilberti est un magicien des mots. Encore une fois, j’ai été happé par ma lecture. Encore une fois je salue la force d’écriture, le travail colossal de l’auteur pour nous livrer son Œuvre.

Un très grand merci aux Editions Metropolis pour ce SP et ce moment livresque grandiose.

Attention, Concours Morgan Audic, mon coup de coeur du moment.


Concours Morgan Audicaudic-collectif-polar-concours

En partenariat avec Les Éditions Albin Michel,

le collectif Polar, Chronique de nuit vous propose de gagner 3 exemplaires

du dernier roman de Morgan Audic,

De bonnes raisons de mourir.

 

Pour cela il vous faudra :

  • Être abonné au blog et à sa newsletter.  ( m’envoyer le mail ou le nom de votre blog avec lequel vous vous êtes abonné)

  • Habiter en France métropolitaine, Suisse ou Belgique.

  • Mentionner quelqu’un de leur entourage qui aime aussi les thrillers. Soit en commentaire ci-dessous, soit en le taguant sous cette article posté sur la page facebook du Collectif Polar

  • Taguer les pages facebook des éditions Albin Michel et du Collectif Polar

  • Répondre à notre question avant le 10 mai en envoyant vos réponses à collectif.polar@gmail.com

La question justement :

« Dites-nous pourquoi vous auriez envie de (re)découvrir cet auteur très prometteur ! »

 

De bonnes raisons de mourir Morgan AudicUn cadavre atrocement mutilé
suspendu à la façade d’un bâtiment.
Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante.
Deux enquêteurs, aux motivations divergentes,
face à un tueur fou qui signe ses crimes
d’une hirondelle empaillée.
Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…

Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques.

 

A vos claviers

Vous ne le regrettez pas

Ce second roman de Morgan Audic est un mon énorme coup de cœur du moment.

Et promis je vous reparle bientôt de ce livre, De bonnes raisons de mourir.

concours morgan

En mai fait ce qu’il te plait


En mai fait ce qu’il te plait

Aussi moi il me plais de vous envoyer du bonheur avec ses quelques brins de Muguet.

Du muguet et une grenouille couronnée pour faire aussi un petit clin d’oeil à mes Flingueuses.

Alors chez vous tous et vous toutes qui nous suivez sur Collectif Polar, nous vous souhaitons plein de bonnes choses à venir.

Et nous on vous promet énormément de bonnes lectures et des rencontres à tout va.

Belle soirée mes polardeux

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 10


Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 10

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 10

Souvenez-vous il y a deux mois et demi  Sylvie nous présentait son mémoire en Criminologie appliquée à l’expertise mentale.

Et puis on plongeait dans la folie.

Il y un 7 semaine nous abordions l’histoire de la psychiatrie

Il y a 6 semaines nous faisons connaissance avec Joseph Vacher

 il y a 5 semaines, nous nous attachions à découvrir la personnalité de Vacher

,

Il y a 4 semaines les médecins se prononçaient sur le cas Vacher

 Il y a 3 semaines nous abordions, l’affaire Joseph Vacher du point de vue du droit et  l’apparition et évolution de la notion de responsabilité pénale.

Il y a 2 semeine nous restions sur l’affaire Vacher du point de vue du droit. 

Nous ferons connaissance avec ses juges, nous déterminerons la responsabilité pénale de Joseph Vacher  et nous parlerons du procès.

Enfin la semaine dernière, nous abordions la 4e et dernière partie de ce mémoire et Sylvie nous disait: Comment JOSEPH VACHER aurai-t été jugé de nos jours ?

Aujourd’hui Sylvie conclut son mémoire et nous apporte quelques notes bibliographiques

Allez c’est parti pour le dernier épisode


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Buttard

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

 

CONCLUSION

Le cas de l’affaire Joseph Vacher est, à mon sens, un sujet très complet pour illustrer cette année d’étude sur la criminologie appliquée à l’expertise mentale.
Ce cas révèle une grande richesse d’informations et de réflexions tant au niveau judiciaire que clinique.
Du point de vue judiciaire, car la responsabilité pénale est très largement évoquée et discutée.
Les expertises mentales démontrent aussi une avancée importante dans l’étude du comportement des criminels en série, même à la fin du 19e siècle. L’affaire Jack l’éventreur ayant fait grands remous quelques années avant, juges et experts s’emploient à donner un souffle nouveau à la recherche de ces criminels d’un nouveau genre. Enfin, quand je dis d’un nouveau genre, je veux dire aussi parce que médiatisés par les journaux de l’époque. Car des criminels en série très anciens comme Gil de Ray ou la comtesse Elisabeth Bathory faisaient partie du même cercle mais c’est la vindicte populaire, vu qu’il n’y avait pas de journaux, qui braquait les projecteurs sur eux.
Cette étude est également très intéressante du point de vue clinique du fait des différents diagnostics émis par tous les médecins mis à contribution dans cette affaire, et à des époques différentes de la vie de Joseph Vacher.

Le fait que les crimes soient réfléchis, pensés, prémédités, le choix des victimes et l’expertise psychiatrique des trois médecins LACASSAGNE, PIERRET et REBATEL, ont mené les juges à déclarer Joseph Vacher coupable des faits qui lui étaient reprochés, et responsable pénalement.
De nombreux éléments pourraient toutefois, non pas justifier, mais expliquer ces passages à l’acte extrêmement violents :

– décès de son frère jumeau
– opération conduisant à l’ablation d’une testicule
– rejet de la seule femme qu’il convoitait

Car précisons que toutes les personnes ayant vécu le même genre de traumatisme, ne sont pas devenus des criminels en série pour autant. Heureusement !
Alors qu’est-ce-qui fait qu’ un individu comme Joseph Vacher passe un jour la
frontière de l’horreur ? Et cette frontière, quelle est-elle ? Que représente-t-elle ?
Est-ce la barrière morale que tout un chacun possède en lui depuis la naissance mais qui peut être abîmée ou non par des événements de la vie.
Ce sont les limites qui sont censées nous être inculquées depuis l’enfance. Ces limites qui nous indiquent la frontière entre le bien ou le mal.
Nous l’avons en chacun de nous cette barrière morale, mais peut être que certains n’auront pas la volonté de combattre pour la conserver intacte.
Au fur et à mesure d’événements traumatisants, la barrière risque de se fendiller, se fissurer, jusqu’à exploser pour finalement laisser jaillir le mal. Mais ceci n’est qu’une hypothèse.
Les pensées les plus noires ou les plus sordides émergeront de l’être humain. Cet humain qui sera plus présent que jamais et qui agira de manière à rester au sommet de la chaîne alimentaire. Mais ne trouve-t-on pas cela aussi chez les prédateurs ? Y a t-il une part de prédateur en chaque être humain ? Probablement. Et la frontière est tellement fine que si nous ne sommes pas vigilants, le « côté obscur » peut nous engloutir et nous submerger.
La toute-puissance sur son prochain, c’est aussi ce que recherche le prédateur. Et n’est-ce-pas ce que l’être humain peut faire de pire à ses congénères ?
Mais cela est un autre sujet.

 

BIBLIOGRAPHIE

Articles de journaux dans Histoire des sciences et justice pénale par Marc Renneville.
Jean Frollo, journaliste pour le « Le petit journal ». Article intitulé « Les fous
criminels » du 27/12/1897.
Thomas Grimm, journaliste pour « Le petit Parisien ». Article intitulé « Crimes
et criminels » du 26/12/1897.
Criminologie et Psychiatrie à propos de la Responsabilité pénale sous l’Empire
romain.
Droit et Culture : articles de Marc Renneville à propos de Joseph Vacher.
La folie entre Moyen Age et Renaissance, article par Isabelle Majorelle,
conférencière des musées nationaux, dans « La revue des enseignants », reseaucanope.fr.
Histoire des sciences et justice pénale par Marc Renneville, à propos de la biographie, mode opératoire, rapport médico-légaux sur Joseph Vacher. m.renneville.free.fr.
Overblog Philippe Poisson : Article à propos d’Emile Fourquet.
Textes de loi :
Abolition de la peine de mort en France. Assemblée Nationale.fr
Circulaire chaumié du 12/12/1905 sur l’atténuation de la responsabilité pénale :
Sénat.fr
Loi du 30 juin 1838 sur le aliénés : Légifrance.gouv.fr
Tueurs en série.org : à propos de Joseph Vacher.
Wikipédia : Joseph Vacher

Voilà j’espère que vous avez comme moi appris énormément avec « cet avis d’expert »  présenté par Sylvie Buttard notre Flingueuse plus connu sous son nom de plume, Sacha Erbel.

Perso, je me suis régalée à lire et  mettre en page et illustrer son diplôme universitaire que Sylvie m’a gentiment confié.

A très vite j’espère pour d’autre avis d’expert. Ou pas !

 

 

Martine Nougué à l’honneur # 22 – avril 2019


Martine Nougué à l’honneur # 22 – avril 2019

En ce mois d’avril c’est Martine Nougué que j’ai décidé de mettre en avant.

Mais avant de vous expliquer pourquoi c’est Martine qui poursuit cette nouvelle rubrique sur notre blog, je vous en rappelle le principe.

L’idée est que chaque mois, on se fasse découvrir un auteur qui nous tient à cœur. Étant tous des lecteurs d’horizons différents, cela permet aux uns et aux autres d’explorer d’autres univers qui nous tentent ! Pour participer, rien de plus simple :
  • une photo de l’auteur
  • une bref biographie de lui
  • Et enfin, deux ou trois livres que vous avez aimés et pourquoi !
Pour participer, vous n’avez plus qu’à me laisser un commentaire avec le lien vers votre article et je l’ajouterai au mien 🙂 Alors à vos claviers !

Mais revenant à notre auteur à l’honneur

Martine Nougué

Pourquoi je vous parle de cet auteur

 Je découvrais en janvier 2015 un nouvel auteur, une nouvelle autrice. Je ne suis jetée sur son son premier roman. Ce polar m’a tout de suite plu. Un coup de cœur immédiat.

Aussi ai-je eu l’idée de l’inviter pour un apéro polar. J’ai aimé le style Nougué, cette façon de jouer avec les mots, ce goût des mots. Et ces pointes d’humour dans son roman qui pourtant tendait vers le noir. Tout cela n’était pas sans me rappeler l’énorme coup de coeur que j’avais eu pour un certain Nicolas Lebel. Voilà comment ces deux là se sont retrouver assis à mes cotés à la bibliothèque.

Sa Biographie

Née en 1957, Martine Nougué a vécu ses premières années en Afrique, au Cameroun et, depuis, n’a plus cessé de voyager, à la découverte des cultures du monde…

Après des études de sciences politiques et de sociologie, elle a mené sa carrière en entreprise, dans le conseil et la communication.

Passionnée par l’observation de ses contemporains et celle de l’évolution des sociétés, Martine Nougué voyage, rencontre, écrit…

Elle a vécu entre Paris et son village du Languedoc où elle s’investit dans la promotion du livre et de la lecture.

A la retraite maintenant mais toujours passionnée par le monde tel qu’il va, et les gens tels qu’ils sont, Martine Nougué continue d’observer son époque depuis sa «planque», son village languedocien au milieu des vignes du côté de la lagune de Thau.
Elle publie deux romans aux Editions du Caïman, Les Belges reconnaissants et Le vrai du faux, et même le pire.

 

Sa Bibliographie.

Retrouvez ci-dessous mes petits avis sur les 2 polars de Martine.

Les belges reconnaissants

 

Les Belges reconnaissants

Castellac était un village apparemment tranquille jusqu’au jour où son maire est retrouvé raide mort dans la garrigue. Pénélope Cissé, officier de police du commissariat de Sète, va devoir fouiller dans le passé trouble du village pour retrouver l’assassin de Monsieur le Maire. Elle va être confrontée à quelques habitants pittoresques mais pas toujours très coopérants, protégeant leurs petits secrets et peu amènes à l’égard de ces « étrangers », les nouveaux habitants venus du Nord, ou de cette flic africaine qui fouine dans leurs histoires.

« José Vidal s’assura que le lieutenant Cissé avait bien quitté la mairie avant de décrocher son téléphone.
– Allo ? … Roger ?
– Oui, c ‘est moi ! Tu l’as vue ? … Alors ?
– Bon, c’est vrai qu’elle est canon. Mais putain, j’ai l’impression qu’elle va pas tarder à nous casser les couilles, celle-là aussi !
– Ben normal, c ‘est une gonzesse ! – Ouais… En attendant, t’appelles les gars : mercredi soir on était tous à la grange de Francis. Soirée chasse. Compris ?
– Compris ! Et sinon, elle t’a dit quoi ?
– Pas grand-chose. Elle pose des questions. Encore une fouineuse !
– Ben normal, c’est un flic ! »

 

Le vrai du faux et même pire

La Pointe, un quartier pittoresque de Sète, petit port sur le bassin de Thau. Trois figures locales pas très recommandables ont disparu et la gendarmerie relie ces disparitions aux vols et trafics de coquillages qui se multiplient sur la lagune. Ce n’est pas l’avis de Marceline, vieille militante éco-féministe, qui oriente l’opinion sur les événements pour le moins bizarres qui surviennent depuis quelques temps dans le coin : morts suspectes d’animaux, pluies de pelotes de filaments, odeurs pestilentielles certains jours…

Qui empoisonne La Pointe, et à quelles fins ? Qui tue sur le bassin et pourquoi ? L’opinion s’enflamme, la rumeur court et la psychose s’installe : des savants fous, des services secrets, des sociétés occultes ?

Le capitaine Pénélope Cissé, chargée de l’enquête, va chercher à démêler le vrai du faux…

– T’es cette flic amie de Luigi, hein ? La mère de la petite Noire ? Viens à l’intérieur, y fait plus frais, y’a moins de monde et j’ai à te causer, lui lança-t-elle sans plus de formalités.

– Vous semblez être chez vous, ici ? constata la policière.

– Oui. Je suis partout chez moi, à La Pointe. Et d’ici, dans ce bar, je veille au grain… T’en veux ? lui demanda-telle en saisissant la bouteille.

– Qu’est-ce que c’est ?

– Tisane de thym. Avec du citron. C’est bon pour les bronches, et c’est bon tout court…. Bon, on va pas se tourner autour pendant vingt ans, reprit Marceline après avoir rempli les verres et commencé à se rouler une cigarette. Je sais que tu recherches les trois types qu’ont disparu, Luigi me l’a dit.

– Pas tout à fait, non… Je me renseigne juste. On n’a pas ouvert d’enquête : il n’y a ni plainte ni signalement de disparition.

– Ben y’en aura pas. Et c’est pas plus mal

Voilà vous savez tout ce que je sais sur Martine Nougué.

J’espère avoir réussi à vous donner envie de la découvrir et surtout de la lire.

Maintenant c’est à vous de jouer.😂🤣😂

 

Et si vous voulez retrouver l’apéro polar avec Nicolas et Martine c’est ICI et et Ici encore