Le top lectures des flingueuse 2018, Cathie


Le top des flingueuse 2018

Le top 12 de Cathie

2018 s’est achevé pour laisser place à une nouvelle année que je souhaite aussi riche en découvertes et heureuses surprises littéraires qu’en 2018. Je peux vous assurer que le choix s’est avéré plus que cornélien dans cette année a été fructueuse en belles lectures. Finalement, j’ai opté pour un top 12 avec un codicille de 3 livres supplémentaires qui méritent amplement de figurer ici. Je tiens néanmoins à préciser que l’ordre choisi ne reflète aucunement une appréciation dégressive des mérites de chaque auteur.

Top 12 de l’année 2018.

1-Une danse avec le diable de Christophe Sémont

: une remarquable maîtrise de la langue pour une efficacité optimale. lire

« Krung Thep, la cité des anges.
Sauf que les anges avaient méchamment morflé. »

Après l’accident de sa fille, Mai se prostitue dans les rues de Bangkok pour le compte de Petchai, un boxeur raté qui croule sous les dettes de jeu de son père. Quand un tueur implacable s’en prend à eux, Petchai s’arrange pour faire entrer dans la danse Prachya Srimonju, un lieutenant de police corrompu jusqu’à l’os.

Il est loin de se douter que ses actes ont enclenché une mécanique implacable, dont nul ne sortira indemne. On ne danse pas impunément avec le diable…

Sac au dos, Christophe Sémont a parcouru le monde en long, en large et en travers. Il en a tiré un goût immodéré pour les histoires, orales ou écrites, réalistes ou fantastiques. 
Depuis, il s’est marié, a posé ses valises en Bretagne et eu deux enfants. 
Une Danse avec le diable, son deuxième roman, explore les bas-fonds d’une ville aussi complexe que dangereuse. Entre policiers corrompus, trafiquants de drogue et prostitution organisée, Bangkok est le théâtre d’une tragédie sanglante qui n’épargnera rien ni personne.

 

2-Où les roses ne meurent jamais de l’auteur norvégien Gunaar Staalesen

: une intrigue classique sous forme de whodunit, un style épuré, un rebondissement final totalement inattendu tant l’auteur excelle à égarer le lecteur dans des impasses.

Où les roses ne meurent jamais

Mette jouait gentiment devant la fenêtre de la cuisine. Soudain, elle ne fut plus là, seul son nounours traînait encore dans le bac à sable. Presque vingt-cinq plus tard, sa mère lance un ultime appel, juste avant la date de prescription pour ce genre de crime. Si crime il y a eu. Et les cas désespérés sont pour Varg Veum. Le privé norvégien lutte pour ne pas succomber à la bouteille d’aquavit qui le nargue. Il se lance dans une enquête où raviver les souvenirs de chacun n’est pas une mince affaire.

Dans ce polar de haut vol, Varg Veum revisite les communautés hippies de la fin des années 1970, icônes de partage et d’ouverture d’esprit. Ou de secrets et mensonges ?

 

 

3-Les blessures du silence de Natacha Calestrémé

: j’ai découvert la plume de Natacha avec ce roman bouleversant que je vous invite vivement à découvrir ici

Les blessures du silence

Une femme a disparu. Son mari évoque un possible suicide, ses parents affirment qu’elle a été tuée, ses collègues pensent qu’elle s’est enfuie avec un amant, et autant de témoignages contradictoires qui ne correspondent pas avec la description qui est faite de cette mère de trois petites filles.

Qui croire ?

Qui manipule qui ?

Connaît-on vraiment la personne qui vit à nos côtés ?

Au fil d’une intrigue aussi poignante que déroutante, Natacha Calestrémé dépeint les effets de l’emprise et de la perversion, les silences qui accompagnent cette violence invisible, les pièges dans lesquels tombe l’entourage… et donne peut-être les clefs pour s’en libérer.

 

4-Chine retiens ton souffle de Qiu Xiaolong

: première incursion dans l’univers du polar chinois, une véritable révélation pour un roman que je qualifie de socio-politique intéressant lire

Chine, retiens ton souffle

L’inspecteur Chen a du mal à reconnaître sa ville dans le brouillard persistant qui l’enveloppe. Shanghai, la perle de l’Orient, n’a pas été préservée du mal insidieux qui gagne tout le pays : la pollution atmosphérique. Si les autorités – à l’abri derrière leurs purificateurs d’air – continuent de fermer les yeux sur le fléau, la population, elle, souffre. Mais pas forcément en silence. Des milliers d’internautes protestent et suivent avec attention les articles postés sur le Net par une activiste que l’inspecteur Chen a bien connue du temps où il avait été envoyé en mission sur le lac Tai. Cette fois-ci, le Parti voudrait qu’il enquête sur elle. Quant au fidèle inspecteur Yu, il aimerait que Chen lui prête main-forte pour identifier l’auteur d’une série de meurtres, perpétrés au petit matin avec une régularité alarmante…

 

5-Le cercle des derniers libraires de Sylvie Baron

: comme toujours avec Sylvie, une intrigue bien ficelée des personnages et des lieux évoluant auteur d’un thème d’actualité qui pose question. lire

Le Cercle des derniers libraires

Cycliste de haut niveau, Adrien Darcy est aussi journaliste sportif. Le vélo, c’est sa passion. Mais depuis son accident, ses blessures le font terriblement souffrir et le laissent affaibli et amer. Pourtant, quand le rédacteur en chef de La Montagne lui propose de mener l’enquête sur trois meurtres de libraires, le jeune homme relève le défi. Malgré ses réticences à pénétrer dans cet univers du livre gui lui semble si éloigné du monde sportif, Adrien se lance à la recherche du meurtrier. Premier indice : les trois victimes appartenaient au Cercle des derniers libraires. Qui se cache derrière cette association ? Qui lui en veut au point d’en supprimer les membres ? C’est bien ce qu’il compte découvrir !

« Notre métier de libraire a une vraie raison d’être. Je crois en sa pérennité, sinon je ne me battrais pas. Ce n’est pas seulement la survie de notre espèce qui est en cause, mais bien celle d’une société à visage humain, une société où on prend le temps d’échanger entre nous plutôt que de se replier derrière son écran. Tout l’enjeu est là, il est énorme, il ne faut pas s’y tromper. »

Sans publicité, cette histoire ne servait pas ses intérêts. Il voyait déjà les grands titres accrocheurs comme « Le Cercle qui tue », « À qui le tour ? », « Vendre des livres est dangereux », ainsi que tout un tas d’articles fielleux qui mettraient Emma en cause.

 

6-Le chevalier du Soleil de Jean-Luc Aubarbier

: un des belles découvertes de cette année que ce roman ambitieux et très réussi mettant en scène le célèbre philosophe Michel de Montaigne. lire

Une aventure de Monsieur de Montaigne

En cette seconde moitié du XVIe siècle, malgré plusieurs tentatives d’apaisement, catholiques et protestants s’entre-déchirent. Le massacre de la Saint-Barthélemy, ravivant les passions religieuses, relance une guerre civile toujours plus cruelle.

Alors que le duc de Guise, dit le Balafré, manigance pour accroître son pouvoir en attisant les haines, les chevaliers du Soleil oeuvrent dans le plus grand secret pour rétablir la tolérance. Michel de Montaigne est l’un d’eux. Élève et ami d’Étienne de La Boétie, il a promis à ce dernier de contribuer à faire vivre ce cercle d’hommes au service de la raison.

Conseiller d’Henri de Navarre qu’il pousse vers le trône, auteur des Éssais, un livre révolutionnaire, il entreprend un long voyage vers Rome pour obtenir une audience auprès de Grégoire XIII et le convaincre d’accepter la liberté de religion.

Bien sûr, les chevaliers du Soleil vont lui prêter main-forte, et Henri de Navarre lui-même ainsi que Guillaume d’Orange se sont engagés à rejoindre le philosophe sur le chemin vers la paix. Un chemin long et périlleux…

 

7-Le retour d’Arsène Lupin de Frédéric Lenormand

: un savoureux petit bijou au rythme haletant écrit avec l’humour inclassable dont use Frédéric Lenormand avec beaucoup de bonheur. lire

1908. Arsène Lupin a entamé une thérapie pour soigner son addiction au vol. Un comble pour notre gentleman cambrioleur, qui se voit contraint de trouver un moyen honnête de gagner sa vie. Pour cela, il ouvre une agence de détectives, l’agence Barnett. Sa première cliente, la très riche Mme Bovaroff, se plaint qu’on lui a dérobé un inestimable autoportrait de Delacroix, L’Homme au gilet vert. Mais voilà que l’oeuvre réapparaît comme par magie, tandis que ceux qui l’ont eue entre les mains disparaissent… Si l’affaire est épineuse, c’est le charme d’une ensorcelante danseuse orientale nommée Mata Hari qui sera l’un des obstacles les plus dangereux que Lupin-Barnett aura à surmonter.

Dans les fastes de la Belle Époque, à travers une intrigue riche en rebondissements, Frédéric Lenormand nous offre une nouvelle série qui ressuscite magistralement Arsène Lupin, son astuce et sa rouerie légendaires.

Fin connaisseur de la figure d’Arsène Lupin et grand admirateur de l’oeuvre de Maurice Leblanc, Frédéric Lenormand est l’auteur à succès de romans historiques et de séries policières – dont les mythiques aventures de l’écrivain philosophe Voltaire et du juge Ti (JC Lattès).

 

 

8-La disparue de Saint-Maur de Jean-Christophe Portes

: troisième volet des aventures de Victor Dauterive que nous retrouvons avec toujours autant de plaisir pour une lecture divertissante et instructive.

Une enquête de Victor Dauterive dans la France révolutionnaire.

En cet hiver 1791, la France est au bord du chaos. Depuis sa fuite à Varennes, Louis XVI est totalement discrédité. Royalistes et nouveaux députés se menacent, armes à la main et la tension est extrême.

C’est dans ce contexte explosif qu’Anne-Louise Ferrières disparaît. La belle et mystérieuse fille d’aristocrates désargentés, encore célibataire à trente ans, n’a pas été vue depuis une semaine. Et une semaine, avec ce froid polaire… Plus personne ne s’attend à la retrouver en vie.

Enlèvement ? Suicide ? Fuite ? Étrangement, la question semble laisser sa famille de glace. Loin de dissuader le gendarme Victore Dauterive, cette indifférence hostile excite sa curiosité. Et il flaire chez les Ferrières des manigances qui débordent largement le cadre familial…

9-Les jumeaux de Piolenc de Sandrine Destombes

: du très bon polar écrit par une romancière très sympathique que vous découvrirez ici; une passionnante intrigue. lire

Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l’ail. Trois mois plus tard, seul l’un d’eux est retrouvé. Mort.

Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L’histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s’installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c’est de comprendre enfin ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs. 

 

 

 

 

 

10-Mystères et diableries sous Louis XI, tome 1: Les loups du Pontet de Alain Bosc

: une très belle découverte pour ce premier tome d’une trilogie policière et historique qui nous fait découvrir une période peu ou mal connue. découvrir

Premier opus d’une saga historique mettant en scène un couple d’enquêteurs.
Louis XI règne depuis deux ans et déjà des troubles agitent le royaume. Trois paysannes disparaissent dans une forêt enneigée. Deux jours plus tard, c’est une famille entière qui est sauvagement massacrée…
Mais qui est donc ce Thomas Russ ?
A la fin de la guerre de cent ans, défaits par Charles VII, les anglais établis à Bordeaux durent s’exiler. Le père anglais et la mère française de Thomas quittèrent Bordeaux pour Bristol. Thomas, lui, choisit de rester à Bordeaux, au service de son oncle marchand lui aussi. Mi commis, mi homme de confiance, mi bras armé (hum, ça fait trois demis ça !), il risque sa vie en compagnie d’une jeune flamande enfuie de Bruges qui se fait passer pour un homme afin d’échapper aux contraintes que l’époque impose aux femmes.
Si un petit séjour à l’époque de Louis XI vous tente, accompagnez Paula et Thomas dans leurs aventures, à Bordeaux pour le premier roman, à Bristol pour le second. Mais attention, ça risque de ne pas être de tout repos!

 

11-Silencieux tumultes d’ Edmée de Xhavée

: seul roman à ne pas appartenir au genre policier; une très jolie histoire avec pour personnage principal une maison et ses secrets. Une plume délicate et efficace à découvrir ici

Une maison, c’est un écrin de rêves d’amour et d’avenir…c’est aussi le témoin discret de ce qui explose ou couve entre ses murs, le seul qui connaisse le labyrinthe émotionnel de ses habitants. C’est le temple de l’âme de la famille…
Car elle sait tout, la maison, mais ne dira rien du poids sur les épaules de Maine, la primesautière jeune fille d’autrefois, ou de ce qui laboure le cœur de Marco et devient douleur et chagrin pour son épouse Anne. De ce qui transforme Christine, anime Mireille ou interpelle Pavlina…
Et elle se réjouit de chaque amour qu’elle abrite et protège, chaque amour qui bénira ses murs vêtus de riantes tapisseries, et dont elle mesurera les douceurs du cœur tout comme l’amertume des pleurs. Les silencieux tumultes…

 

12-Le Tigre et les pilleurs de Dieu de Philippe Grandcoing

: une des belles révélations de l’année pour ce polar historique bien ficelé, bien documenté et passionnant. lire

La première enquête de l’antiquaire Hippolyte Salvignac

Paris, automne 1906 : la France se remet à peine de l’ouragan de l’affaire Dreyfus. La séparation de l’Église et de l’État est dans tous les esprits… Hippolyte Salvignac, modeste antiquaire parisien d’une quarantaine d’années, est recruté par Georges Clemenceau pour aider la police à pourchasser des trafiquants d’oeuvres d’art. Ces derniers pillent les trésors qui sommeillent dans les églises de campagne… Flanqué de l’inspecteur Jules Lerouet, bâtard au grand coeur, Salvignac découvre les méandres d’une situation explosive : luttes politiques, tensions diplomatiques, conflits religieux et trafics internationaux. Au fil de son enquête, il sillonnera l’Europe de la Belle Époque, de son Quercy natal à Londres en passant par les stations thermales d’Auvergne et la banlieue parisienne.

Une galerie de personnages attachants, romanesques ou réels, fait de ce polar historique un livre passionnant, alors que va naître la police moderne des Brigades du Tigre. Fréquentant aussi bien les allées du pouvoir que le monde interlope des marchands d’art ou les soupentes du Quai des Orfèvres, Salvignac entraîne le lecteur dans le tourbillon des années 1900. À travers mille, rebondissements se dévoile tout un monde révolu où se côtoient premières automobiles et voitures à chevaux, lampes à pétrole et ampoules électriques, une société où s’invente chaque jour la modernité du XXe siècle.

CODICILLE: parce que je ne peux me résoudre à interrompre ma liste d’une manière aussi abrupte, j’ajoute ces trois romans mais j’aurai pu également parler de celui de Eric Bony, de Thomas Clearlake, d’Olivia Kiernan, de Jean-François Régnier et d’Alain Fabre…Peut-être que l’année prochaine je ferai un top 20….

 

13-L’or de Malte de Jacques Sudre

: du très lourd en matière de polar historique: une documentation et une reconstitution très soignées, une intrigue passionnante pour ce second opus des aventures du colonel de Sallanches. lire

 

L’or de Malte

« Le corps gisait au centre de la pièce. Le crâne était défoncé mais, moins que la blessure, ia tenue du défunt retenait surtout l’attention : Lestoile était vêtu d’une espèce de combinaison qui recouvrait l’ensemble de son corps. Seules sa tête et ses extrémités en dépassaient. La matière du vêtement, de couleur ventre de biche, ne semblait ni tissu ni acier et paraissait lui coller à la peau. »

Mars 1807, alors que Napoléon se bat en Pologne, le colonel de Sallanches, ingénieur-géographe et aide de camp de l’Empereur, devra enquêter cette fois dans le monde de la finance. Qui en effet a assassiné Perrégaux, le gouverneur de la Banque de France, mais aussi tué le baron Lestoile, le plus riche banquier de Genève ? Qui des Anglais, des Russes ou du Pape mettra la main sur l’or de Malte, l’immense trésor des chevaliers si longtemps recherché et dominera ainsi l’Europe ?

La seconde aventure du colonel de Sallanches conduira le lecteur des sommets de Chamouny jusqu’aux égouts de Rome en passant par les rives du lac Léman. Un vrai thriller où les protagonistes s’appellent Napoléon, Germaine de Staël ou encore Élisabeth Vigée Le Brun.

14-L’enfant ultime de Yang Yong-Min

: auteur coréen que je découvre avec ce roman bouleversant sur la disparition d’un être cher. découvrir

Alice Rosa qui élève seule sa fille Michelle reçoit un jour la visite de l’agent du FBI Ken Simon. Une lettre de Shin Gaya, qui s’est suicidé dix ans plus tôt, annonce et provoque depuis sa réception, la veille, une vague de meurtres. La petite Michelle qui a une mémoire prodigieuse est aussi capable, comme Gaya, son père, de prédire l’avenir.

 

 

 

 

 

 

 

15-Tuez-les toutes de Sophie Mancel

: véritable coup de coeur avec ce roman bien construit à l’intrigue passionnante, au rythme soutenu comme je les aime. lire

Février 2015,

Il pleut sans discontinuer depuis plusieurs jours sur Périgueux. Deux corps suppliciés d’adolescentes sont retrouvés à quelques jours d’intervalle dans une grotte touristique et flottant sur la Vézère en furie.

Eve Milano et Philippe Tavel, officiers de police judiciaire, sont saisis – avec la gendarmerie -, pour enquêter, au grand dam du major Blainville, misogyne jusqu’au bout des ongles. Cette enquête sur les crimes de tueurs en série va prendre une autre tournure lors de l’assassinat d’une troisième jeune fille. Les trois victimes ne partagent qu’un élément commun, une grossesse précoce ; pas assez concordants, selon le psychologue engagé par la gendarmerie, pour parler de l’oeuvre d’un seul psychopathe. L’abandon d’un message sur le corps de chaque victime interpelle Milano. Il pourrait s’agir d’un rendez-vous morbide pour le crime suivant. Les intempéries vont compliquer le travail des enquêteurs, rendant les routes impraticables et provoquant le déraillement d’un train et une surcharge de travail pour des médecins légistes très investis.

Plusieurs suspects vont chambouler leurs investigations. Milano finit par identifier un tableau peint au Moyen-âge qui inspirerait les meurtriers. Un tableau auparavant accroché aux murs d’une école fermée depuis longtemps.

Une quatrième adolescente disparaît.

Un compte à rebours diabolique s’est enclenché pour tenter de la sauver.

L’appétit de la destruction de Yvan Robin


Il y a quelques jours je vous présentée une nouvelle flingueuse : Florence.

Aujourd’hui notre apprentie Flingueuse vous propose sa première chronique sur Collectif Polar?

Allez c’est parti


Le livre : L’appétit de la destruction de Yvan Robin. Paru le 25 janvier 2019 aux éditions Lajouanie dans la collection Roman policier mais pas que…18€ ; (206 p.) ; 13 x 19 cm.
4 ème de couverture :
L’Appétit de la destruction relate les dernières heures d’un groupe de rock (Âme  less), les
frasques de son leader, les coulisses d’un milieu qui suscite bien des fantasmes.
On pense évidemment à Bertrand  Cantat (Noir  Désir), à Nicolas  Sirkis (Indochine) mais
aussi aux Rolling  Stones, aux Clash, aux Sex  Pistols, à Nirvana… à toutes ces formations
géniales menées tambour battant par des rockstars déjantées, s’autorisant tous les abus.
Une fiction parfois trash, passionnante, qui mêle tragique, transgression, disparition…
Du rock donc, des excès, du sexe… Bref de la littérature. Pas un polar mais presque…
Des libraires conquis :
“ On a envie de lire ce genre de roman, qui bouscule, qui dérange même, qui explore des
procédés narratifs sans tomber dans l’outrance, et qui malgré tout raconte quelque chose.
J’ai adoré. Dès les premières lignes, j’étais dedans et j’ai eu du mal à le lâcher. J’ai terminé
le livre un peu sonnée, un peu K-O. ” Anne – Librairie le Gang de la clef à molette.
“ Au-delà de la plume, toujours aussi maîtrisée et juste, la narration est très réussie. On est
happé de bout en bout. ” Martin – Librairie Le Passeur.
“ La démesure des personnages aux appétits destructeurs s’entremêle à la beauté des mots.
Yvan Robin explore et ose. Repousse les limites. Bouscule les émotions. Dans un souffle
alcoolisé, il nous murmure de la poésie. ” Karine – Maison de la presse Mondésir.
L’auteur : Yvan Robin est né le 10 novembre 1983. Il vit à Bordeaux. Il a grandi en Saintonge, fréquenté le collège de Jonzac et poursuivi ses études au lycée dePons. Avec des copains d’enfance, il crée un groupe “Les gens“. Cet ensemble rencontre lesuccès et se produit un peu partout en France. Avec sa nouvelle formation, « L’œil du Maître« , il a sorti un CD “Histoire d’île et d’ailes“ enregistré avec Norbert Labrousse. La disgrâce des noyés, son premier roman, a été publié aux éditions Baleine en 2011.Travailler Tue aux éditions Lajouanie en 2015. L’Appétit de la destruction aux éditions Lajouanie en 2019.
Extrait :
– Déjà la rouille de l’oubli ronge le groupe. L’effervescence du début de carrière se mue en lointain souvenir. L’antre bordelais n’est plus réservé qu’aux deuxfrères.
– Sage décision.
– Des soirées orgiaques organisées par le passé, il ne reste qu’un vague relentglaireux …
Pierre s’est mis en tête de rénover lui-même le vaste bâtiment, quifut naguère un hôtel particulier. Adrien n’aperçoit plus Alissa Von Rathqu’entre les pages Internet de sites peu fréquentables. Leur histoire n’a pas survécu à l’épisode du Fentanyl, dont la presse s’est courageusementemparée. Peu lui importe. Il garde intact en mémoire le souvenir indéfectible de Marie Delaunay. Qui vivote avec son musicien sans gloire et sans talent, une idylle qui n’a rien à envier aux platitudes des steppes mongoles … Alorsque les matériaux s’entassent au bas de l’escalier, Adrien prend le large et le train en direction de Montpellier. Il éprouve le besoin d’ajuster les distances.
Le recul aidant, les deux frères prennent conscience du versant fusionnel de leur relation. Adrien entre dans le premier hôtel qu’il trouve en sortant de la gare Saint-Roch, et paye d’avance une semaine. Il passe le plus clair de son temps à errer dans la ville, à faire la sortie des écoles à dévisager les passagers des transports en commun … A force d’opiniâtreté, il parvient à identifier la silhouette de l’homme qui lui a pris sa place dans les bras de Marie. Qui lui a volé son costume d’époux et de père.
– Matthieu Larnaudie.
– En personne …
Il sort d’une séance d’enregistrement au studio Vox, l’étui de ses cymbales sous le bras. Il déambule élégamment, chemise blanche rentrée dans un pantalon de serge bleu.
– Une dégaine de premier de la classe.
– A peu près, oui.
Adrien le suit dans les rues piétonnes du centre-ville, jusqu’au domicile familial, rue Campan. Il regarde le jour s’éteindre, et les lumières s’allumer derrière les vitres. Le lendemain, il quitte Les Alizés, pour emménager à l’hôtel Rhénan, situé dans la même rue que l’appartement. De sa fenêtre, il peut suivre à loisir les allées et venues de sa femme et de ses fils. Louis et Ferdinand sont méconnaissables. Ils ont perdu leurs joues, et leur allure bonhomme de culbuto. Fins comme des cierges, ils lui semblent poussés trop vite.

Chronique d’une flingueuse

Les mots de Flo

Il m’a fallu un peu de temps pour accrocher à cette lecture. J’avais l’impression de lire quelque chose de facile, ce que nous imaginons tous des groupes délurés, immatures, ne parvenant pas à gérer leur succès. Certes il y a de cela mais mieux encore. Ma persévérance a été récompensée dans ce roman très noir.

Côté narration, un dialogue incluant un proche du groupe nous permet d’en découvrir l’histoire, de la naissance au lycée jusqu’au présent. Nous saurons tout : la rencontre des membres, les premiers morceaux, l’arrivée du succès, la vie sentimentale des membres du groupe, les processus créatifs, la scène, le quotidien des tournées, les cures de désintoxication, la séparation puis la reformation du groupe.

A coups de chapitres très courts, Robin nous propulse dans la tête du leader charismatique, qui carbure à l’alcool, aux psychotropes, et nous fait vivre de l’intérieur la chute de cet homme, chanteur, musicien mais aussi comédien chargé de jouer son rôle de rock star sur scène lors de chaque concert. Chute, déchéance aussi car c’est bien de cela dont il s’agit, nous en prendrons conscience très rapidement.

Qu’est-ce qui fait que ce roman a fini par me plaire autant ? Deux raisons à cela : la construction du roman est particulièrement réussie. Moi qui ne le fais jamais, arrivée au terme de ma lecture, je suis retournée au début du livre, pour retracer le chemin des différents narrateurs du récit. Et cette relecture a été magique ! Yvan Robin parvient à faire coexister le réalisme de certaines scènes où drogues, alcool, sexe, dégradations des lieux, errance dans les rues avec des tournures poétiques, des extraits de chansons qui forment au final un tout parfaitement homogène et hypnotique. L’écriture d’Yvan Robin est tout simplement magnifique, une poésie crue.

 Les tous derniers chapitres sont particulièrement puissants et émouvants. Je ne suis pas prête d’oublier cette lecture !

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (20)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (20)

Bonjour, vous êtes le doyen de ceux que j’ai reçu ici. À votre âge, on se présente encore ?

Salut bande de tarés, niaaaaaa (ouais, c’est mon rire, et alors?). Moi c’est Mollard, Renaud Mollard. Je suis ce qu’on appelle un sale vieillard, rapport à mon grand âge et à quelques traits de caractère que nous allons voir plus loin. Je suis probablement l’homme le plus vieux sur cette terre, et l’explication s’en trouve dans l’un des romans de l’autre con de Cetro. Je vis la majorité du temps enfermé dans une chambre d’hôpital, d’où il me fait parfois sortir.

Après tout ce temps sur notre planète, vous devez avoir un caractère bien affirmé…

Les mauvaises langues diront volontiers que je suis un emmerdeur, un fléau sur pattes (bien que je ne tienne plus sur mes vieilles guibolles). Je suis irascible, intolérant, raciste, colérique, j’ai l’insulte facile et le verbe haut. Je suis plus vif d’esprit que de corps, toujours prompt à dégainer mes saillies verbales, rarement flatteuses. Je ne suis pas avare de mes excréments, non plus, dont je gratifie le personnel soignant avec une régularité de métronome. Je crois pouvoir dire qu’entre moi et la Berthe, le colonel infirmière, le panzer à blouse blanche, c’est une histoire d’amour vache.

Le tableau est charmant… Et pour Cetro alors, combien de temps il vous a tenu enfermé dans sa tête ?

Tu sais, pas facile de savoir ce qu’il a au juste dans la tête, ce malade, niaaaaaa. Je crois que j’y suis né le jour où il a dû s’occuper d’un vieillard présentant à peu près les mêmes défauts que moi.Et depuis, mon gars, j’en suis jamais ressorti, de sa foutue tronche.

Mais vous n’êtes pas dupe, il doit bien y avoir des parts de lui dans votre personnalité.

Non ! Des parts de moi en lui, ça oui. Tu sais que sans moi, il n’est pas grand chose.

Je dirais que mes pires travers sont les siens aussi. Cette grossièreté, cette manie de faire chier son monde sans autre but… ouais, je crois que c’est ça. Ce mec est un vicelard, une pourriture, tout ce qui pourrait vous faire penser l’inverse ne serait que pure connerie.

Vous avez une relation compliquée avec lui, il me semble. C’est pour cela qu’il ne vous épargne pas dans les romans ?

Ca, je te le fais pas dire. J’apparais dans 3 de ses bouquins, un 4ème devrait suivre. Eveil, l’élue 1 et 2, reste à venir le 3. Il me fait faire les pires saloperies, cet abruti, notamment dans Eveil. Si je lui en veux ? Il faudrait déjà que j’en ai quelque chose à cirer de cet olibrius, niaaaaaa.

 

Ce mec est un vicelard, une pourriture, tout ce qui pourrait vous faire penser l’inverse ne serait que pure connerie.

 

Ça doit quand même vous reposer quand il passe à autre chose non ? Vous occupez comment votre temps libre alors ?

Tu sais, quand il ne m’entraîne pas dans des aventures rocambolesques, j’ai tout loisir pour faire chier ma Berthe. Si tu voyais l’engin, c’est un docker sous stéroïdes avec une paire de mamelles, quoi. Je sais pas trop pour combien de temps j’en ai, avec ce fils de bichon maltais de Cetro, alors je profite comme je peux de cette vie qu’il m’a créée. Mais quand t’es enfermé dans un putain d’hosto, t’imagines bien que les activités sont limitées. Alors je fais chier mon monde, quoi.

Cetro lira sans doute cette interview… Une question à lui poser ?

Huuum, voyons, une question à cette empeigne ? Cetro, crois-tu qu’un jour tu écriras une série dont je serais le personnage principal ? Putain ouais, ça aurait de la gueule, ça !

M’est avis qu’il pourrait se laisser convaincre… Un mot pour conclure ?

Voyons… Je leur dirais probablement que je suis né dans le premier thriller de Cetro, Eveil. Ce malade a écrit ce bouquin en 15 jours, pas étonnant que je sois aussi déjanté. Si vous voulez me découvrir plus en profondeur, vous savez donc ce qu’il vous reste à faire, hein ? Allez, salut les dégénérés niaaaaaa.

Je te hais de Gilles Caillot


Le livre : Je te hais de Gilles Caillot. Paru le 14 novembre chez Terra Nova 2018. 19€ ; (348 p.) ; 23 x 15 cm.

4e de couv :

Flic tourmenté, le capitaine Marc Kasowski aimerait pouvoir tirer un trait sur les horreurs de son passé. Mais comment oublier son père, ce bourreau qui a assassiné sa mère et sa soeur ? Surtout au moment où celui-ci va sortir de prison…

Alors que le policier lutte contre ses terribles souvenirs d’enfance, un petit garçon et une fillette disparaissent. Et le kidnappeur envoie aux parents une lettre glaçante dans laquelle il détaille la manière dont il les a tués.

Cette affaire, qui rappelle étrangement à Marc ce qu’il a lui-même vécu, risque de faire vaciller son fragile équilibre psychologique. Pour parvenir à démasquer le meurtrier, il va devoir plonger dans les abîmes de son histoire familiale. Et le prix à payer pour sa rédemption risque d’être terrible…

Une enquête aux confins de la folie.
Un thriller glaçant.

L’auteur : Gilles Caillot est l’auteur de six autres thrillers ayant rencontre un grand succès critique et public, notamment L’apparence de la chair et Lignes de sang. Il fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs français de polars sombres, aux côtés de Franck Thilliez, Patrick Bauwen ou Karine Giebel.

 

Extrait : 
Ce que je sais aussi, c’est que, même avec des aveux, rien ne sera gagné pour autant. Je connais la justice et ses lourdeurs. Ses incohérences, aussi. Un mec comme la raclure de tout à l’heure peut très bien s’en sortir à bon compte. Surtout s’il est bien conseillé. Et les baveux qui conseillent bien, y en a quelques-uns sur la place publique.

 

Le OFF de Oph

« Je te hais » de Gilles Caillot chez Editions Terra Nova

Chronique d’une apnée au cœur de la folie!

Je l’attendais avec impatience ce dernier roman de Gilles Caillot ! J’ai découvert cet auteur avec la quadrilogie du mal, puis j’ai enchaîné avec « La couleur des âmes mortes » et en fermant ces romans, je me suis dit qu’on tenait un génie du genre !
Gilles Caillot c’est de la psychologie, de la folie, du noir du très très noir, du visuel… Et « Je te hais » n’y déroge pas.

Attention, en ouvrant ce roman, vous ne pourrez pas le lâcher avant de l’avoir terminé. Gilles, une fois encore, arrive à créer une ambiance et une tension qui nous entraîne dans une lecture frénétique. Il nous fait flirter avec la folie. La folie de ses personnages, mais la notre aussi. Combien de fois me suis je dis : ai-je bien compris où il veut m’emmener ? Non cette hypothèse ne tient pas.. et pourtant… J’ai tourné les pages en me délectant de ce style incisif, piquant qui est sa marque de fabrique. Ma propre folie de lectrice m’a rattrapée et c’est en une poignée d’heures que j’ai achevé cet excellent thriller.

Je te hais s’ouvre sur un horrible drame familial. Un drame qui resurgira des souvenirs de Marc Kasowski, Capitaine de Police, lorsque deux enfants seront enlevés.

Dans une première partie, Gilles Caillot nous donne une narration sur deux plans temporels : sa jeunesse, ce traumatisme qu’il a vécu, et en parallèle le début de l’enquête de police qui fait suite à l’enlèvement de deux enfants. Une partie dans laquelle Gilles construit ses personnages centraux. Il leur donne vie à la manière d’un Geppetto mais au fil d’une plume plus aiguisée que le traditionnel ciseau à bois. En fil rouge il traite de la pédophilie, de l’anthropophagie et du traumatisme chez l’enfant.

Dans la seconde partie, exit l’enfance de Marc. Nous restons sur l’enquête et plongeons dans la folie, en apnée, sans que l’auteur nous laisse reprendre notre souffle. La tension narrative est constante, nos hypothèses se font et se défont au fil des pages, jusqu’à un final… (soupir)

« Assis sur le canapé du salon, je ferme les yeux pour tenter de m’affranchir de cette sensation, mais les phrases, monstrueuses, reviennent par flux de plus en plus violents.Je le sais, c’est inéluctable. J’ai beau lutter, mon esprit a beau les rejeter, les ressacs d’une cruauté invraisemblable m’attirent vers un océan carmin de tourmente. Vicié. Empoisonné. Avec l’impression épouvantable de m’y noyer. De perdre corps. De sombrer…corps et âme. De douleur. D’horreur… »

Avec Je te hais, Gilles Caillot signe un thriller psychologique qui flirte avec mon idée de la perfection dans le domaine. La folie est omniprésente et les aspects psychologiques des personnages sont traités avec maestria. Certaines scènes sont si visuelles que l’horreur et le dégoût ont flirté avec mon plaisir coupable de lectrice avide de ce genre littéraire.
Un excellent roman donc que je vous conseille de découvrir sans tarder !

#Jenaipasportéplainte de Marie-Hélène Branciard : Papote de Flingueuse


Le livre : #Jenaipasportéplainte de Marie-Hélène Branciard. Préface de Marie Van Moere. Paru le 7 Septembre 2016 aux Editions Du Poutan. Collection : Romans. 17.50 euros. 266 pages. 21 x 15 cm

4ème de couverture :
Paris, place de la Nation… Après une manif pro « Mariage Pour Tous? », Solün, photographe de presse, découvre le corps inanimé d’une jeune femme. A l’hôpital où elle l’accompagne, elle fait connaissance avec ses potes – une bande d’artistes un poil allumés – et se lance avec eux à la poursuite des agresseurs. Le commandant Jourdan, officiellement chargé de l’enquête va moyennement apprécier leur aide… Les oiseaux noirs de Twitter® et l’ombre de quelques monstres planent sur ce récit tandis qu’une mystérieuse DJ nous parle de vengeance et de création…

L’auteur : Née au siècle dernier au Sahara, Marie-Hélène Branciard a vécu à Lyon, Paris et Dijon. Après des études de sociologie, elle a été successivement pigiste pour des magazines de mode, chargée d’études sociologiques, rédactrice en chef de Planète Spook (magazine du Centre Info jeunesse de Bourgogne). Actuellement webmaster pour le site du salon Des Livres en Beaujolais, elle écrit son troisième roman et tient un blog dédié au design et à l’écriture.

 

Extrait :
Mafalda ignore superbement la bande de morveux qui ricane sur son passage. Avec ses cent kilos, elle a appris à gérer les moqueries au quotidien. Quoi qu’il arrive, où qu’elle se trouve, on la remarque… Son perfecto rose et sa perruque peroxydée n’arrangent rien à l’affaire mais la font se sentir bien, calée dans son armure délirante. Elle ne résiste pourtant pas longtemps à coller une trouille bleu à ces merdeux qui la suivent en la sifflant. Elle se retourne d’un bloc en imitant le Haka des All Blacks :
— Ka mate ! Ka mate ! Ka ora ! Ka ora ! Tenei te tangata puhuruhuru !
Plus un mot. Maf enchaîne ses postures menaçantes du haut de son mètre quatre-vingt. Calmés les mômes !
Elle s’arrête aussi vite qu’elle a commencé. Pas que ça à foutre non plus. Elle s’engouffre dans sa Smart en lançant aux gosses tétanisés :
— Eh ouais, j’ai une Smart ! Ça vous fait marrer aussi les p’tits cons ?
Alors que sa bagnole renâcle à démarrer, elle lance un regard vers l’armée de lutins, prête à en découdre. Plus un chat : son Haka a encore fait ses preuves.
— Non mais ! lance-t-elle en démarrant.

Papote de Flingueuses 

#Jenaipasportéplainte de Marie-Hélène Branciard 

Maud et moi, bibliothèque parmentier polar

Maud et Ge ont la parole

et vous parle d’une même lecture

Geneviève : Hello petite sœur, je suis contente que toi aussi tu es lu le 2eme roman de Marie Hélène

Maud : Bonjour, oui je l’ai lu et apprécié. Très contente qu’on en papote ensemble

Geneviève : Dis-moi est ce que tu savais où tu mettais les pieds en acceptant de lire ce livre à l’aveugle presque.

Maud : Même si 4ème de couverture est très bien faite, il reste une part de mystère qui fait que j’ai été aussi très surprise de son contenu. Et toi ?

Geneviève : Moi j’avais compris que l’on serait dans le milieu LGBT c’est pour cela que j’ai été curieuse.

Maud : On y est quand même, mais peut-être pas comme tu t’y attendais ?

Geneviève : Et puis j’avoue que le débat qu’a suscité le mariage pour tous m’a fait flipper. Toutes ses « manif pour tous » où on a pu entendre des monstruosités obscènes à l’égard des homosexuel (le)s. Non cette mobilisation des extrêmes a été un choc. Je pensais à tort sans doute que la société française avait évolué et évolué plus vite que les mœurs.

Non j’ai comme l’impression qu’au 21e siècle nous sommes moins tolérants qu’à la fin du 20e

Maud : Je te comprends tout à fait. Et donc tu t’attendais à ce que « la manif pour tous » soit plus développée dans le livre ?

Pour moi c’est le point de départ

Les choses changent évoluent mais peut-être pas aussi vite que l’on souhaiterait…

Geneviève : Non, non j’avais bien compris que nous étions là dans un milieu interlope, avec un groupe d’amis plutôt aisés. La 4e de couv’ est assez explicite tu l’as dit toi-même.

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Maud : D’accord. Je trouve bien et même très bien que l’on trouve des auteurs courageux qui se lancent dans des faits de société qui nous concernent tous, la justice, la tolérance

Geneviève : Non juste la problématique est juste évoquée mais assez subtilement pour nous faire réagir.

Maud : oui oui la réaction est immédiate chez le lecteur

Geneviève : Tout comme d’autres problématiques d’ailleurs très actuelles.

Maud : Oui tout à fait d’accord

Geneviève : Cette histoire est bien ancrée dans son temps

Maud : oui elle a sa place afin de contribuer à faire évoluer les gens, les mentalités et la prise de conscience

Geneviève : Difficile d’en parler sans trop en dévoiler

Et oui on peut le dire elle est partisane mais dans le bon sens.

Comme dans un roman noir elle nous montre les dérives de notre société.

Maud : Oui… Ce qui m’ retournée dans ce livre c’est également l’injustice. Elle est très bien amenée et malheureusement un fait universel. Partisane oui mais sans trop être engagée !! Le tout est fait avec pudeur et bienséance

Geneviève : Oui c’est ça, et en même temps, il y a ici quelque chose de plus, il y a une force de conviction. Nos héroïnes sont des combattantes, tu ne trouves pas ?

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Maud : Oui très combattantes. Elles ont soif de justice!!

Et aussi on voit la puissance des réseaux d’amis et réseaux sociaux

Geneviève : Ce qui est bien c’est même si victimes, elles se relèvent et font front !

Alors tu vois le coté réseaux sociaux m’a moins marquée.

Maud : Oui elles ont choisi de revêtir le manteau de battante plutôt que celui de victime. Se relever et avancer même si…

Geneviève : Oui le coté communauté, le coté militant oui là j’étais à fonds dedans

Maud : C’est surtout que toutes les infos trouvées se font hors enquêtes de police, les indices sont trouvés grâce à des hackeurs qui ont épluchés les réseaux

Le côté communautaire est très présent sans tomber dans l’excès

Geneviève : Mais des geeks, il y en a du côté de la police 

Maud : les infos sont d’abord trouvées par la communauté avant les flics. Il y a vraiment eu une mobilisation très importante de ce groupe d’amis

Sans eux l’enquête est au point mort. Le commandant Jourdan le reconnaît et donc d’une certaine manière accepte cette enquête parallèle

Geneviève : Mais c’est vrai qu’ici il y a quelques beaux spécimens de lanceurs d’alertes, mais je n’en dirais pas plus de peur d’en dévoiler trop.

Maud : J’échange avec toi en ayant la 4ème de couverture sous les yeux pour éviter les spoils. Mais oui une vraie démonstration de force

Geneviève : J’ai un autre aveu à te faire.

Maud  Une amitié sincère et une confiance entière les lient. Vas-y

Geneviève : J’ai eu un peu de mal à entrer dans ce livre. Au début je me perdais un peu dans les différents personnages. Surtout dans le groupe d’amis. J’avais du mal à les différencier. 

Maud : suis rentrée totalement dedans dès les premières pages, quant à l’identification : ils ont un rôle bien particulier chacun (c’est mon avis)

Et après ? une fois que tu es rentrée dedans ?

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Geneviève : En fait j’ai fini par avoir un déclic avec l’apparition de la flic.

Maud : La fameuse Commandant Jourdan, flic très atypique j’ai trouvé

Geneviève : Oui notre commandant de police. Carole Jourdan ça ne s’invente pas !

Maud : ha ah

Atypique, je m’explique elle laisse le groupe d’amis enquêter de leur côté car elle sait qu’ils sont accès à des infos qu’elle ne peut pas avoir par la voie normale

Geneviève : Ben oui si tu es  fan de Val McDermid, notre commandant n’est pas sans nous rappeler Carol Jordan une des héroïnes récurrentes de l’auteure britannique.

Maud : Mince je ne connais pas, j’en ai quelques-uns dans ma PAL mais pas encore lus

Geneviève : Et oui quelque part l’enquête de notre groupe d’ami(e)s l’arrange bien même si quelque part, il entrave l’enquête légale. D’ailleurs elle est plutôt sympa avec nos jeunes apprentis détectives.

Maud : Oui elle est sympa avec eux et elle a conscience de ce qu’ils apportent !!! Elle le reconnaît ce qui est rare 

Ils ont des motivations personnelles pour agir et n’ont aucune limite !!

Geneviève : Oui contrairement à la police qui est soumise à des tas de codes et de procédures.

Maud : oui au final ils sont complémentaires !! Le commandant fait en sorte que ce qu’ils trouvent soit recevable !!

Geneviève : Oui en effet, elle n’a pas le choix si elle veut que son enquête avance.

Dis-moi sœurette, comme tu es arrivée à t’identifier dans cette histoire.

Maud : Elle aurait pu les bloquer où les accuser de délit d’entraves et elle a l’intelligence de jouer la carte de la coopération

L’identification, si on peut parler comme ça, j’ai surtout eu le sentiment que même quand les tribunaux n’ont pas la possibilité de rendre justice. La roue tourne et à un moment donné chacun paie son addition et c’est aussi l’Espoir que j’ai ressenti en lisant ce livre qui m’a beaucoup plu

Geneviève : Ah tu voulais que le bien triomphe. Je vois

Moi le sujet qui m’a touché et qui est très présent je trouve dans ce livre c’est la place des femmes dans la société.

Maud : Emue et chamboulée à la fin. Il donne l’Espoir que le bien triomphe d’une manière ou d’une autre à un moment ou à un autre…

Geneviève : Et la place des femmes aujourd’hui !

Maud : Oui aussi, la place des femmes est très importante dans ce livre

Geneviève : Et comme toi j’aime bien le final pas très moral quoique. Mais n’en disant pas plus on risquerait de spoiler

Maud : La morale… oui tu as sans doute raison… moi j’ai aimé cette fin… mais chut chut pas de spoile

Geneviève : Je te reconnais bien là, la justicière que tu es à du kiffer en effet !

Maud : Oui oui 

Globalement j’ai été entraîné par cette lecture du début à la fin…

Geneviève : Moi mais je me répète sans doute, ce que j’ai aimé c’est le côté très actuel du livre. Le coté très contemporain. Les thèmes abordés très dans l’actualité. Mais aussi l’écriture de Marie Hélène est elle aussi très dynamique, très actuelle, j’allais dire très branchée.

Maud : Oui l’écriture est dynamique, ponctuée de dialogues, des phrases courtes qui donnent un rythme à la lecture

Geneviève : Oui et puis le narrateur qui change régulièrement. Parfois ce sont les personnages eux même qui mènent la narration.

Maud : Cette variante permet d’avoir une vision globale de leurs pensées

Geneviève : Oui notre auteur à un style punchy qui colle parfaitement à l’histoire.

Maud : Oui j’ai trouvé aussi!! Je le recommande et toi?

Geneviève : Et visiblement elle connait bien son sujet, ses sujets j’ai envie de dire. Perso moi j’ai bien envie de lire son premier roman. Car j’ai trouvé qu’elle maîtrisait parfaitement la psychologie de ses personnages, elle n’en a pas fait des caricatures, ils sont plus vrais que nature, et elle a un style bien à elle, reconnaissable et j’avoue que celui-ci m’a séduite.

Oui comme toi je recommande ce livre.

Maud : Oui comme dit plus haut, tout est savamment dosé pour éviter lourdeur et caricature! C’est parfait

Ça été un plaisir d’échanger avec toi sur cette lecture! Merci

Geneviève : Une belle découverte pour nous deux, c’est top !

Et on remet ça quand tu veux pour une petite papote matinale !

Maud : Oui, on redécouvrira quand tu veux de nouveaux livres

Geneviève : Chouette, mais en attendant cher Polardeux allez à la rencontre de Marie-Hélène Branciard. Vous ne devriez pas être déçus. Et puis pour les plus averti(e)s vous devriez retrouver quelques références à des personnages de femmes de série de ces dernières années. Si je vous dis, The L World ou encore Dexter, ça vous parle…

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#Jenaipasportéplainte de Marie-Hélène Branciard


Le livre : #Jenaipasportéplainte de Marie-Hélène Branciard. Préface de Marie Van Moere. Paru le 7 Septembre 2016 aux Editions Du Poutan. Collection : Romans. 17.50 euros. 266 pages. 21 x 15 cm

4ème de couverture :
Paris, place de la Nation… Après une manif pro « Mariage Pour Tous? », Solün, photographe de presse, découvre le corps inanimé d’une jeune femme. A l’hôpital où elle l’accompagne, elle fait connaissance avec ses potes – une bande d’artistes un poil allumés – et se lance avec eux à la poursuite des agresseurs. Le commandant Jourdan, officiellement chargé de l’enquête va moyennement apprécier leur aide… Les oiseaux noirs de Twitter® et l’ombre de quelques monstres planent sur ce récit tandis qu’une mystérieuse DJ nous parle de vengeance et de création…

L’auteur : Née au siècle dernier au Sahara, Marie-Hélène Branciard a vécu à Lyon, Paris et Dijon. Après des études de sociologie, elle a été successivement pigiste pour des magazines de mode, chargée d’études sociologiques, rédactrice en chef de Planète Spook (magazine du Centre Info jeunesse de Bourgogne). Actuellement webmaster pour le site du salon Des Livres en Beaujolais, elle écrit son troisième roman et tient un blog dédié au design et à l’écriture.

 

 

 

 

Extraits :
« Ils sont cinq, alignés devant l’immense mur. Ils ont préparé les panneaux numérotés qu’ils encollent avant de les passer à Fifi. Daria est impressionnée par l’organisation. Excepté le froissement du papier et les seaux de colle qui heurtent parfois le sol ou le mur, les street-artistes œuvrent dans un silence parfait. Derrière elle, Zabou enregistre la scène. Elle se déplace avec agilité le regard bloqué sur son écran de contrôle. Sous leurs yeux, la fresque prend forme à toute allure. La journaliste la découvre pour la première fois. Elle sait que d’autres équipes d’artistes sévissent au même moment dans plusieurs quartiers de Paris et dans toutes les grandes villes d’Europe. A Porto, Berlin, Édimbourg… des artistes de tous horizons dénoncent le silence et l’hypocrisie de l’Église face à la pédophilie de ses prêtres.»

 

Les Lectures de Maud :

 

Une histoire très touchante, abordant des thèmes comme l’homosexualité et l’injustice.

Un groupe d’amis va se mobilier afin de percer le mystère de cette agression. Est-ce lié à la manifestions, son thème ou n’a-t-elle strictement rien à voir ? Ils vont user de tous les moyens à leur disposition, réseaux sociaux, hacking, ils vont mener leur enquête.

Le Commandant Jourdan ne voit pas d’un très bon œil que des civiles mènent leur enquête, mais elle doit reconnaître qu’ils ont des moyens efficaces.

Cette lecture m’a éprouvée, touchée et émue car le sujet de l’injustice me tient particulièrement à cœur ; en même temps je me suis régalée de voir qu’un jour d’une manière ou d’une autre la roue tourne.

L’auteur, signe ici un très bon deuxième livre, très original dans sa construction car les flics sont rangés au second plan. Le groupe d’amis m’a littéralement me subjuguée, surprise, étonnée et peut redonner l’espoir à tous ceux qui n’y croient plus. De nombreux dialogues rendent très vivante cette histoire, une belle leçon de vie sur l’amour, l’amitié et l’espoir.

Je remercie l’auteur pour sa confiance !!!

Version lue : Broché

 

 J’irai tuer pour vous de Henri Lœvenbruck


La double chronique

Quand deux Flingueuses vous donnent leur avis sur un même livre.

Ce matin c’est Mamie Danièle qui a dégainée la première et maintenant  c’est au tour de Jean Paul notre Mister Flingueuse.


Le livre : J’irai tuer pour vous de Henri Lœvenbruck. Paru le 24 octobre 2018 aux Éditions Flammarion. 22,00 € ; 640 p. ; 15,3 x 24,1 cm.

4ème de couverture :

1985, Paris est frappé par des attentats comme le pays en a rarement connu. Dans ce contexte, Marc Masson, un déserteur parti à l’aventure en Amérique du Sud, est soudain rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne… Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henry Loevenbruck raconte un moment de l’histoire de France qui résonne particulièrement aujourd’hui dans un roman d’une tension à couper le souffle. Pour écrire ce livre, il a conduit de longs entretiens avec « Marc Masson » et recueilli le récit de sa vie hors norme.

L’auteur : Henri Loevenbruck est né en 1972 à Paris. Fils d’enseignants, il grandit dans le quartier de la Nation et hérite de ses parents d’une passion pour la culture anglo-saxonne. A 25 ans, après des études littéraires, il épouse d’ailleurs une Anglaise et part vivre avec elle en Angleterre puis ils reviennent en banlieue parisienne. Après quelques pas dans le journalisme et la musique, au milieu des années 90, amoureux des littératures de l’imaginaire, il fonde Science-Fiction Magazine avec Alain Névant, un ami d’enfance. Après avoir tenu le poste de rédacteur en chef de ce magazine pendant plusieurs années, il décide ensuite de se consacrer pleinement à l’écriture. Il partage aujourd’hui son temps entre les romans et les scénarios, avouant son penchant pour le thriller investigatif, la Fantasy et le roman d’aventure en général. Il est l’auteur de nombreux polars qui ont rencontré un vif succès, dont Le Syndrome Copernic, L’Apothicaire et Le Mystère Fulcanelli (Flammarion, 2007, 2011, 2013). En juillet 2011, il a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres
Extrait :
« Très jeune, j’ai été déçu par le sens que le monde moderne a donné à la politique. Et par ceux qui la font. J’ai le sentiment que, comme va le monde, les gens s’intéressent trop à la politique et pas assez à la philosophie. La norme semble non plus d’avoir une pensée, mais un avis. Un avis politique. Au lieu de se forger chaque jour une philosophie de vie propre, on se sent obligé de choisir un camp, on devient un partisan, dès lors on cesse de penser.
…/…
Les gens qui font de la politique et ceux qui les élisent ne le font plus pour des raisons philosophiques, mais partisanes. Ils ne pensent plus à l’humanité, à leur portefeuille.
J’ai toujours pensé que l’homme ne devrait se battre que pour protéger les faibles, jamais pour les assouvir. L’homme ne devrait pas être dirigé par l’homme, mais pas ses idées, ou ses idéaux, il faut s’instruire, apprendre, écouter, chercher questionner, remettre tout en question à chaque instant, y compris ses propres convictions.» 

 

Le ressenti de Jean-Paul

Bonjour à toutes et à tous…

 

Roman “coup de poing“ !!!

 

La 4e de couverture, n’était que la partie visible de cet iceberg percutant. Je sais d’ores et déjà que « J’irai tuer pour vous » va continuer a résonner encore longtemps dans mon esprit.

 Henri Loevenbruck nous livre un magnifique pavé, au sens propre comme au sens figuré, basé sur des faits réels. Il nous plonge au cœur des services de renseignements dans la France du milieu des années 80. Les attentats à Paris, les journalistes français kidnappés, un monde politique en pleine effervescence à la veille de nouvelles élections présidentielles, des secrets d’état et autres magouilles politiques.

Récit choc, très intense, plein de suspense et de rebondissements dont l’écriture hypnotisante alterne entre phrases courtes, dialogues très denses, entrecoupés d’extraits du carnet du héros.

Et malgré tout, en parallèle, Henri Loevenbruck arrive à nous offrir aussi une très belle histoire d’amour, dans ce récit qui malgré tout, comme à son habitude reste un condensé d’émotions assez incroyable.

Le parcours tortueux de celui qui va devenir “Hadès” ne vous laissera insensible…

 Ce roman est un véritable hommage pour ces hommes de l’ombre, qui au delà de leur vie, font passer leurs devoirs avant tout, n’hésitant pas à se mettre en danger au quotidien !

Henri n’a pas fini de m’étonner… Excellent moment de lecture.

 Je remercie Masse critique et Babelio pour m’avoir transmis ce roman quelques jours avant sa sortie et aussi pour leur confiance !

 

 J’irai tuer pour vous – Henri Lœvenbruck


La double chronique

Quand deux Flingueuses vous donnent leur avis sur un même livre.

Aujourd’hui c’est Mamie Danièle et  Jean Paul notre Mister Flingueuse.


Le livre : J’irai tuer pour vous de Henri Lœvenbruck. Paru le 24 octobre 2018 aux Éditions Flammarion. 22,00 € ; 640 p. ; 15,3 x 24,1 cm.

4ème de couverture :

1985, Paris est frappé par des attentats comme le pays en a rarement connu. Dans ce contexte, Marc Masson, un déserteur parti à l’aventure en Amérique du Sud, est soudain rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne… Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henry Loevenbruck raconte un moment de l’histoire de France qui résonne particulièrement aujourd’hui dans un roman d’une tension à couper le souffle. Pour écrire ce livre, il a conduit de longs entretiens avec « Marc Masson » et recueilli le récit de sa vie hors norme.

L’auteur : Henri Lœvenbruck est né en 1972 à Paris, écrivain, parolier et scénariste. Auteur de thrillers et de romans d’aventures, il est traduit dans plus de quinze langues.
Après le bac, hésitant entre la musique et la littérature, il tente d’allier ses deux passions : la semaine, il étudie en khâgne au lycée Chaptal et le week-end il se défoule en concert ou en studio avec de nombreux musiciens. Après avoir étudié la littérature américaine et anglaise à la Sorbonne, l’heure du service national venue, il fait une objection de conscience et passe 17 mois comme maquettiste aux Éditions Francophones d’Amnesty International, il épouse d’ailleurs une Anglaise, puis il part vivre en Angleterre, près de Canterbury, où il enseigne le français dans un collège.
De retour en France, il exerce divers métiers, de barman à web-designer en passant par professeur d’anglais, avant de se diriger vers le journalisme littéraire. Après quelques pas dans le journalisme et la musique (il chantait et jouait de l’orgue Hammond dans divers groupes de rock parisiens), au milieu des années 90, il fonde Science-Fiction Magazine avec Alain Névant, un ami d’enfance.
Après être resté rédacteur-en-chef de ce titre de 1996 à 2000, il publie son premier roman en 1998 aux éditions Baleine, sous le pseudonyme de Philippe Machine. Il décide ensuite de se consacrer pleinement à l’écriture.
Il publie alors deux trilogies de Fantasy, La Moïra (2001-2002) et Gallica (2004), lesquelles rencontrent un succès inédit pour un auteur français (La Moïra dépasse en France les 300 000 exemplaires, toutes éditions confondues, et les droits sont vendus dans 11 pays).
Suivront de nombreux thrillers aux éditions Flammarion (Le Syndrome Copernic, 2007, Le Rasoir d’Ockham, 2008…) qui lui vaudront d’être qualifié par le Nouvel Observateur de « nouveau maître du thriller français ».
Auteur-compositeur-interprète, il écrit des chansons pour lui-même et pour d’autres artistes français. De 2013 à 2015, il rejoint le groupe de rock Freelers.
Membre fondateur du collectif d’artistes La Ligue de l’Imaginaire, en juillet 2011, il est nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.
En 2015, son roman Nous rêvions juste de Liberté, salué par la critique, est en cours d’adaptation pour le cinéma.

son site 

 

 Extrait :

« Mon père connaît le nom des arbres. Parfois, il les nomme, comme ça, devant moi, et je me contente de hocher la tête. Pin du Paraná, flamboyant rouge, palo borracho… Je ne dis rien, de peur de sortir une bêtise et que le padre, irrité, ne mette un terme à notre expédition. Ces moments de bonheur me paraissent si fragiles ! Je retiens mon souffle et je le regarde religieusement poser des pièges, construire des arcs, tailler des flèches, ramasser les baies comestibles, allumer un feu… Ici, mon père, ce n’est plus un modeste ouvrier, ce n’est plus une bête de somme. Ici, c’est un savant, un aventurier. Un guerrier. »
 

La chronique jubilatoire de Dany

Après Nous rêvions juste de liberté, les lecteurs attendaient le nouveau Loevenbruck. Certes, il a fallu patienter trois ans et demi, mais il est excusé car quand on voit la masse de travail de documentation qu’a dû demander ce thriller, on comprend que la gestation a été longue et semée d’embuches. La relation des sentiments et doutes de Marc, le personnage central inspiré d’un homme que l’auteur a côtoyé pour faire de sa vie un roman, est en soi un pari réussi. Il n’est sans doute pas aisé d’approcher les secrets d’Etat, mes méandres du renseignement et d’être fidèle à l’histoire, la petite et la grande. Nous en découvrons des choses qu’il est parfois plus confortable d’ignorer.  Tout ça n’en rend que plus précieux le résultat par ces 640 pages.

Soit un triangle, une pyramide si vous voulez, … au somment les politiques,  cyniques, qui ne pensent qu’à leur élection présidentielle, voire leur réélection, ils vont mener le jeu, la diplomatie qu’ils disent … Une sphère publique, dont on connaît les noms, soucieuse de l’image et de son avenir, dépendante de la haute finance qui tire les ficelles de la vente d’armes à l’international…

Entre le sommet et la base, les services secrets qui ont pour objectifs de démanteler les réseaux et commanditaires des attentats et des prises d’otages, parce que c’est leur job. Ils observent, analysent, préparent, choisissent les cibles, déploient la logistique nécessaire mais pas toujours suffisante…

Et enfin la base, niveau de l’exécution, qui ne doit pas se poser de questions sur le bien fondé des commandes à honorer, sans état d’âme ou presque.

La base, c’est bien le centre de ce thriller, l’auteur nous fait approcher le cheminement d’un obscur, la construction de sa personnalité, par son carnet qui ponctue le récit actuel. Les lecteurs comprennent alors pourquoi un petit aventurier devient barbouze sans scrupule, capable de mener de front ses deux identités.

L’action principale se situe au milieu des années 80, pendant une période d’attentats perpétrés à Paris, que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître … : les événements ont cependant une résonance particulière au vu de notre actualité récente. Nous allons assister au recrutement, à l’entrainement et aux actions de ce héros de l’ombre, attachant par ses questionnements et sa quête de bonheur. Au-delà des aventures qui, si elles n’étaient pas adaptées du réel, pourraient sembler improbables, la vie de Marc est donc tumultueuse et clandestine …

Il est peu aisé d’en dire d’avantage si ce n’est qu’il faut lire absolument ce dernier Loevenbruck, bien loin de l’ésotérisme et la fantasy auxquels il nous avait habitués dans ses premiers romans, plus proche de Nous rêvions juste de liberté par sa sensibilité et ses questionnements.

Rythmé et réaliste, précis et haletant, un style efficace, ce « témoignage » sera sans conteste un coup de cœur 2019 …

Lu en version numérique.

epub 13.99 € (640 pages)

 

Extraits :
« — Il y en a qui disent que nous, les musulmans, on ne dénonce pas assez les attentats, qu’on devrait les condamner publiquement, et que si on dit rien, c’est qu’on les cautionne. Mais le reste du temps, on nous demande de nous intégrer, de faire comme tout le monde, de pas faire de bruit, de pas nous faire remarquer. Du coup, moi, je me sens complètement paumée, au milieu de tout ça. J’ai l’impression qu’on m’enlève le droit d’être simplement triste et terrifiée, comme tout le monde. Comme n’importe quelle Française. Dans la rue, j’ai l’impression qu’on me regarde de plus en plus de travers, comme si j’étais complice. Comme si je devais me justifier.
— Ça fait partie du plan des terroristes, Samia. Ils veulent faire monter le racisme et le sentiment anti-islam en Europe, pour que les musulmans s’y sentent de plus en plus rejetés, incompris, détestés, et que du coup, par réaction, ils se radicalisent, qu’ils rejoignent le camp des fondamentalistes. C’est vicieusement parfait, comme stratégie. »
« — C’est une histoire de fric, comme toujours. Derrière tout ça, il y a juste des pays qui, pour des raisons d’argent, essaient de mettre la main sur la communauté musulmane qui s’est installée en Europe, en espérant peser à travers elle dans les choix économiques de nos pays.
— Et pourquoi les a-t-on laissés faire ?
— C’était une stratégie occidentale pendant la Guerre froide, Samia. Les Américains ont favorisé l’expansion d’un islam radical en espérant que cela empêcherait l’avancée du communisme et de l’influence soviétique dans le monde arabe. On a appelé ça la stratégie du « vert contre le rouge ». Une immense connerie…
— Et qu’est-ce qu’on peut faire, alors ?
— Toi et moi, pas grand-chose. Il faudrait que les gouvernements européens aient les couilles d’empêcher que l’islam en Europe ne soit financé depuis l’étranger. »
 
« Les sens aiguisés par la montée d’adrénaline, Marc enfila sa cagoule et se faufila entre les deux pans du mur éventré. Il avait tellement bien mémorisé le trajet planifié par la Boîte qu’il aurait pu le faire les yeux fermés.
À cet instant, dans ce moment de vérité, le jeune homme était entré, d’instinct, dans un état second. Un état d’ultraconscience, de concentration ultime, aiguisée, où chaque seconde comptait comme la dernière et où ses sens et son esprit n’étaient voués qu’à la seule réussite de sa mission. La condition d’un guerrier en chasse, une sagesse martiale. »
 
« On dit que la lecture est un plaisir solitaire, mais celui qui ne lit pas est bien plus seul encore. Il lui manque le monde entier. »
 
«… Vous préféreriez vivre sous un régime où la presse est bâillonnée ?
— Non, bien sûr. Mais parfois, j’aimerais juste vivre sur une île déserte, Hadès. Écouter le chant des oiseaux sur mon hamac en regardant le ressac…
— Damned ! Vous allez changer mon nom de code en Vendredi ?
— Ne m’en voulez pas, je vous aime bien, mais trente ans en tête à tête avec vous, non, je n’aurais pas la patience d’un Robinson Crusoé… Il suffit d’un indigène sur une île déserte, et ce n’est déjà plus une île déserte.
— « Le pluriel ne vaut rien à l’homme, et sitôt qu’on est plus de deux, on est une bande de cons », cita Masson.
— Pardon, mais Brassens disait « sitôt qu’on est plus de quatre », il me semble…
— Il était plus tolérant que moi, avoua Marc.
— Bon sang, ce qu’il me manque ! lâcha Dartan d’un air authentiquement mélancolique.
— À moi aussi, mais vous n’êtes tout de même pas venu à Lyon pour me parler de Brassens, Olivier ?
— Si seulement…, répondit l’officier en souriant. Mais commençons par demander au serveur de nous apporter à boire et à manger… »
 
«Je suis libre. Je suis libre et je veux boire ma liberté jusqu’à la dernière goutte, à présent que j’en connais le prix et la fragilité. Nul ne devrait jamais ignorer le prix de sa précieuse liberté, ni les combats qu’elle nécessite pour être préservée. »
 

Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 4, Cyril Carrère


Nouvelle innovation au collectif Polar :

l’interview « bracelet électronique ».

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le quatrième auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Cyril Carrère


Aline : Bonsoir à tous, C’est ici que se déroulera l’interview bracelet électronique Grand Froid. Merci Cyril d’accepter cet échange. Peux-tu te présenter aux lecteurs / lectrices qui ne te connaissent pas encore ?

Maud et Jean Paul : 😍

Jean-Paul : Bonsoir Cyril, merci à toi de te prêter au « jeu » !

Maud : 😍

Geneviève : Ok je vous suis de loin mais je garde un oeil sur vous les Flingueuses

Maud : Ah OK ! 

Cyril : Bonjour Aline Jean-Paul et Maud, merci à vous de me proposer cette interview !
Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis un jeune auteur de thriller de 35 ans, français expatrié au Japon depuis début 2018.
Bien que Messin de naissance, j’ai grandi à Nîmes où j’ai encore de solides attaches.
J’ai publié deux thriller cette année :
Le Glas de l’innocence, dont l’intrigue se déroule au Japon sur deux époques différentes ;
Grand Froid, dont l’intrigue prend racine dans l’ouest de la France. Ce roman a été finaliste du concours VSD-Michel Bussi, qualifié avec le plus grand nombre de votes du public.
Hormis l’écriture, j’aime faire du sport, voyager, découvrir de nouvelles cultures et… lire  🙂 . Avant d’être un auteur je suis un lecteur passionné.

Maud 😍et Jean Paul👍

Maud : Bonjour. Comment t’es venu le thème de Grand froid? Les personnages ?

Cyril : J’avais le thème en tête depuis un certain moment déjà, bien avant le concours. J’ai fait énormément de recherches, beaucoup lu sur le sujet… je laisserai le soin aux lecteurs de découvrir de quoi il en retourne 🙂
Quant aux personnages, au départ je n’avais que Lucas et Gaëlle (sa mère) en tête.
Très vite Jean-Philippe s’est ajouté à l’équation.
Loïc Mandé est un personnage que j’avais aussi prévu de faire apparaître. Pour les autres, ils sont nés au fur et à mesure, même si ma trame était prête (dans les grandes lignes)

Jean-Paul : Combien de romans as-tu écrit à ce jour ? Mais surtout à quel moment et pourquoi as-tu eu l’envie de partager tes textes et d’être publié ?

Maud : Tu veux bien nous parler de ton aventure dans le concours Fyctia?

Cyril : J’ai écrit 3 romans. Avant Le Glas de l’innocence et Grand Froid, j’ai écrit une dystopie, Greyworld (avec laquelle j’ai fait mes armes sur le site Fyctia il y a un peu plus de 2 ans).
Sinon, j’ai toujours écrit dans mon coin. C’est en découvrant le site Fyctia que j’ai essayé de partager mes écrits – sans grande conviction au début. Mais les retours ont été bons, et je me suis pris au jeu. J’ai participé à deux concours :
Un concours thriller parrainé par B.A. Paris, où j’ai été finaliste (classé second) avec la première version du Glas ;
Puis le concours VSD-RTL Michel Bussi avec la première version de Grand Froid, qui a recueilli un grand nombre de votes du public (autant que Vincent Hauuy l’année précédente avec Le Tricycle Rouge).
L’aventure Fyctia a été riche sur le plan humain, je m’y suis fait des amis parmi les auteurs, j’y ai aussi gagné un lectorat – Grand Froid a été très suivi, très commenté, et certains « Fyctionnautes » lisent encore les chapitres que j’ai écrits dans le cadre du concours… 🙂
Une très belle expérience.

Maud 😍et Jean Paul👍

Aline : Qu’est ce qui a fait qu’un jour tu as eu envie de partager tes textes ? Une sorte de test pour savoir si tu devais continuer ou pas d’écrire ?

Jean Paul : 👍

Cyril : Une sorte de test pour voir comment ce serait reçu… mais même si ça n’avait pas été concluant, j’aurais continué à écrire dans mon coin  🙂

Aline :  👍 Dans Le Glas de l’innocence, nous avons un enfant malmené. Dans Grand froid, encore une enfance particulière. Pourquoi ce thème récurrent de l’enfance ?

Jean-Paul : Ton écriture est-elle influencée par d’autres auteurs ? Des auteurs que tu aimes forcément. Si oui, lesquels ?

Cyril : C’est un sujet qui me tient à cœur – l’enfance que l’on vit conditionne en grande partie l’adulte que l’on devient. Au départ c’est plus une réflexion d’ordre général, pas forcément reliée aux événements violents ou tragiques que l’on peut subir. Violence physique et/ou morale, mensonges, abandon… Peuvent radicalement une vie et c’est ce que j’ai voulu mettre en avant dans mes écrits.

Jean-Paul oui, j’aime beaucoup Maxime Chattam (notamment la trilogie du mal), Linwood Barclay et Stephen King.
Ça influence mon écriture, que je veux directe, précise et toujours du point de vue des personnages – l’auteur reste en retrait.🙂

Jean Paul👍

Maud : Alors justement tu abordes le sujet… quel lecteur es-tu ?

Cyril : Je suis gros consommateur de thriller, j’aime me poser des questions, échafauder des théories, être baladé et surpris  🙂

Maud : Des auteurs au-delà de ceux déjà cités ? Un endroit de prédilection pour lire?

Cyril : Pour l’écriture ? Non 🙂

Maud :  Non en tant que lecteurs 🤗

Cyril : En tant que lecteur je suis assez bon public, j’aime découvrir de nouveaux auteurs. Cette année j’ai découvert Denis Zott avec Maudite et la chute du cafard, mon ami Jacques Pons avec Organigramme

Je m’apprête à lire Mattias Koping (les démoniaques, le manufacturier) et Armelle Carbonnel (Sinestra). La liste est encore très longue (et le temps manque)  🙂

Jean Paul👍

Maud : Nous te comprenons tout à fait, c est pareil pour nous 😂

Cyril et Jean Paul😆

Cyril : Toujours côté lecture, j’aime être au calme, chez moi. Je ne lis pas dans les transports par exemple. J’ai besoin d’être dans ma bulle, comme quand j’écris.

Maud : 👍

Maud : Tu as déclaré faire des recherches pour ton prochain livre. Peux-tu nous en dire un peu plus?

Cyril : Il y a plusieurs axes de recherches, mais pour en citer un, je dirai les montages financiers et leurs dérives. C’est un exemple très spécifique qui sert le pan initial de l’intrigue, et en particulier le savoir d’un des personnages…
Dur d’en dire plus à ce stade, mais on ne sera pas du tout dans du thriller « financier » .🙂
Je passe souvent beaucoup de temps sur le background des personnages, leurs spécificités afin de « maîtriser » leurs connaissances du mieux possible, puisqu’elles vont conditionner leurs actions, leurs décisions, ainsi que leurs interactions avec les autres protagonistes.
J’ai utilisé la même méthode pour Grand Froid, par exemple avec la médecine légale.

Maud : 👍

Aline : Dans vos deux romans c’est « dis-moi ou tu veux aller et on ira ailleurs ». C’est une technique d’écriture ? Une façon de capter l’attention du lecteur ?

Cyril :  (hors interview: mince, je pensais avoir répondu!!! 😮 … pardon…) Une technique, je ne sais pas, mais en tant que lecteur, j’aime être baladé, manipulé… donc j’essaie de penser à cet aspect. Est-ce que j’ai ce qu’il faut pour surprendre le lecteur? Est-ce que c’est cohérent? Ce questionnement m’accompagne à chaque étape de l’écriture.

Aline : Parle-nous du lieutenant Loïc Mandé. Un auteur mettant souvent une par le lui dans ses romans, quelle part de vous empreinte-y-il ?

Cyril : Loïc est un personnage fort, c’est vrai. Bourru au grand cœur, je pense que c’est sa générosité et sa spontanéité qui sont un reflet de moi-même… toujours « à fond », réactif, brut de décoffrage, qui ne remet pas à demain ce qu’il pourrait faire tout de suite.  🙂
Un personnage que j’affectionne tout particulièrement.

Aline : Sauf erreur de la part, Grand froid a une fin ouverte. Pourrait-on être amené à retrouver Loïc dans d’autres aventures ?

Cyril : Exact… pour être honnête j’aimerais beaucoup revoir Loïc Mandé. Est-ce que ce sera une suite directe ou pas? Au vu de la fin de Grand Froid, ça n’est pas obligatoire (j’aime l’idée de laisser le lecteur se faire sa propre idée de la suite) C’est donc à voir… Mais j’y pense.

Jean Paul : 👍

Aline : Pourquoi cet attachement à ce personnage ?

Cyril : Pour les valeurs qu’il véhicule, et qui sont proches des miennes. Il est intègre, humble, un peu impulsif parfois, mais toujours dans l’humain et l’affectif. Je me reconnais fortement en lui et je veux le voir évoluer devant les lecteurs au-delà de Grand Froid.

Jean Paul : 👍

Aline : En lisant ce roman, Grand froid représente également la Mort. Elle est très présente, elle est même (pour moi) ombre de Lucas. Pourquoi cette place importante ?

Cyril : Parce qu’elle se prête bien à l’intrigue, à l’ambiance que je voulais instaurer pour cette histoire. Elle est toujours là, non loin, menaçante et contribue à l’atmosphère oppressante du livre. Le rythme s’en ressent également. Mais hormis cela, pas d’autre raison sous-jacente.

Aline : Originaire de Nîmes, expatrié au Japon. Grand froid se passe à Nantes. Pourquoi ce choix géographique ?

Cyril : C’est vrai que c’est le grand écart 😂. J’ai aussi passé 5 ans en Angleterre (Canterbury et Londres).
Nantes est une ville que je connais, qui me parle, et j’avais déjà en tête l’ouverture du récit et notamment l’île de Nantes.

Même hors écriture, je reste attentif aux lieux, aux évènements, l’inspiration n’est jamais très loin et j’ai toujours un cahier noir (mon « thriller book » 😂 – moi qui suis fan de death note) dans lequel je gribouille dès qu’un thème, un lieu, ou un personnage me vient à l’esprit.

C’est comme ça que « Nantes » s’est retrouvée couchée sur papier il y a un sacré moment déjà.

Aline : Le prochain roman se trouve dans le « thriller Book »?

Cyril : Le thème principal en fait partie ainsi que certains personnages forts que je voulais utiliser.
Pour le reste, tout évolue au fil de l’écriture – surtout sur la forme.
Pour Grand Froid, l’intrigue a énormément évolué en cours de route, j’avais notamment un « découpage » de l’intrigue assez différent (mais je ne peux pas en dire plus sans spoiler les potentiels lecteurs).

Aline : Est-il prévu des salons en France, Cyril ?

Cyril : Oui, pour l’instant seulement les Géants du Polar à Douai au mois de juin, pour lequel une seconde nouvelle devrait venir se greffer en début d’année au sujet de Grand Froid
Sinon, pas d’autres dates à ce jour, même si je ne désespère pas. Le roman a moins d’un mois, c’est déjà génial de recevoir de l’intérêt (et puis je découvre un peu tout ça 🙂 )

Aline : As-tu quelque chose à ajouter pour tes lecteurs ou futurs lecteurs ?

Cyril :Je souhaite vous remercier, sans vous, les livres ne vivraient pas bien longtemps… 🙂
C’est grâce à vous si Grand Froid prend un si bon départ…
J’espère que ce roman fera son petit bout de chemin, auprès de vous, dans les mois à venir 🙂.

Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de fin d’année ❄☃️🎄🎁 , surtout profitez de vos proches 😊 !

Jean Paul : 👍

Jean-Paul : Merci Cyril, désolé d’avoir été peu présent sur les échanges, mais j’ai vu que tu étais entre de bonnes mains !
À bientôt

Cyril : @Jean-Paul pas de problème 🙂 , merci à toi ainsi qu’@Aline et @Maud 😊🤗🤗

Maud 😍et Jean Paul👍

Aline : Merci Cyril de nous avoir consacré du temps. On te souhaite de bonnes fêtes de fin d’année. On se retrouve pour le prochain roman ! En attendant on souhaite à Grand froid tout le succès qu’il mérite. À tantôt.

Jean Paul : 👍

Cyril : Merci à tous, j’ai adoré ce format ! 🙂 bonnes fêtes de fin d’année, j’espère à très vite 😊😊

Geneviève : Merci à vous 4 pour cette interview bracelet électronique. Et à très bientôt. Nous vous promettons d’autres auteurs assignés à résidence ou même en GAV.

 Grand Froid de Cyril Carrère.


Le livre : Grand Froid de Cyril Carrère. Paru le 22 Novembre 2018 aux Editions Nouvelle Bibliothèque. 18.00 euros. 366 pages. 14 x 2,1 x 21,6 cm


4ème de couverture :
Le jour où sa mère est retrouvée morte, la vie de Lucas bascule. Délaissé par la police qui conclut à un suicide, ses doutes l’incitent à surmonter sa douleur pour mener sa propre enquête. La lettre anonyme qu’il reçoit confirme ses soupçons : quelque chose ne tourne pas rond. Et lorsqu’un mystérieux individu s’attaque à ses proches, il n’a plus qu’une solution : lui échapper et tout faire pour établir la vérité…

 

 

 

L’auteur : Originaire de Nîmes et vivant aujourd’hui à Tokyo, Cyril Carrere est féru d’innovation, de sport, de culture et de voyages. L’écriture le passionne depuis son plus jeune âge.
Le Glas de l’Innocence, son premier thriller, a été finaliste d’un concours organisé sur la plateforme Fyctia et parrainé par B.A. Paris.
Son second thriller, Grand Froid, a quant à lui été finaliste du concours VSD-RTL Michel Bussi 2018 (classé premier au nombre de votes du public) et a été publié en novembre de la même année.
Page et actualité ici :

 

 

Extraits :
« Gaëlle fit volte-face et se retrouva nez à nez avec un homme qui ne lui disait rien. Grand, athlétique, il devait passer des heures sur les bancs de musculation. Le visage poupin, elle estima son âge à une trentaine d’années environ. Ses yeux étaient aussi verts que les siens. Ils tiraient même vers le gris. Son regard inexpressif comme figé, la mit mal à l’aise. Elle baissa les yeux et remarqua ses mains gantées de cuir et ses vêtements sombres. Vu la météo, impossible de le blâmer, pensa-t-elle. Mais quelque chose clochait chez ce personnage. Pourquoi l’appelait-il ? Ses trais se tirèrent, sa mâchoire se contracta. Les sautes d’humeur intempestives qui avaient pris leurs aises depuis le début de son traitement renforçaient la tension qui est montait en elle. Elle pensa à son fils, en bénissant le ciel qu’il ne l’ait jamais vu dans cet état.»

Les Lectures de Maud :

 Nous voici plongés dans une affaire qui débute par le suicide d’une avocate, motif de décès que son fils Lucas, médecin urgentiste, ne croit pas du tout. Dès lors, il va mettre tout en œuvre pour découvrir la vérité sur la mort de sa mère. Pour cela, il va braver les dangers, ne sachant plus à qui faire confiance. Aidé de Loïc, ils vont à eux deux, démêler ce mystère, qui au fil de leur enquête n’aura de fait que de s’épaissir. De nombreux retournements de situation vont mettre à mal ce duo… Des ombres planent au-dessus de leur tête. Que vont-ils trouver au bout de ce tunnel ?

Lucas, personnage attachant, qui vient de perdre sa mère dans des conditions douteuses. Il va devoir mettre sa peine et son chagrin de côté afin de faire éclater la vérité. Mais jusqu’où cette quête va-t-il le mener ?

Loïc, lieutenant de police, va aller contre les ordres afin de soutenir Lucas dans ses recherches, mettant en péril sa relation avec son père Commissaire et sa carrière. Un personnage qui est l’armure de Lucas mais pas que…

L’auteur, avec une écriture directe et efficace, nous emporte dans cette quête dans un rythme effréné. Le lecteur ressent le stress, les angoisses, les peurs et la douleur des protagonistes. Pareil il ne sait plus à qui faire confiance. Totalement absorbé par ce livre, le lecteur court aussi après les réponses, s’attendrit également. Les émotions sont très présentes dans ce livre. Jusqu’où ce duo va-t-il nous emmener ? Une fin surprenante, sur les chapeaux de roues, très bien ficelée.

Je remercie les Editions Nouvelle bibliothèque et l’auteur pour leur confiance

Version lue : Numérique