Luca – Franck Thilliez


Aujourd’hui c’est double chronique.

Et c’est nos flingueuses alsaciennes qui nous donnent leur avis sur le dernier Thilliez.

Après la chronique de So sur Luca, ce soir c’est Marc qui s’y colle.

Le livre : Luca de Franck Thilliez. Paru le 2 mai 2019 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir. 22€90 ; (550p) ; 14x21cm.

4ème de couverture :

Partout, il y a la terreur.

Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.

S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.

C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer.

L’auteur :  Franck THILLIEZ est né en 1973 à Annecy. Il était ingénieur en nouvelles technologies, il se consacre maintenant à l’écriture. Il vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est membre de La Ligue de l’Imaginaire. Il est l’auteur de 17 romans, parmi lesquels Atomka, Le Syndrome E et, plus récemment, Pandemia Rêver et Sharko. Lauréat du prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014 avec Angor, il confirme sa place de pilier du thriller français et continue d’alterner one shots et enquêtes menées par son couple phare, Lucie Henebelle/Franck Sharko. Après Sharko où on retrouvait le duo de flics, il revient avec un one shot Le manuscrit inachevé. Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste. Ses livres sont traduits dans le monde entier.

 

Extrait :
« Le silence.
Le même silence religieux qui avait envahi les couloirs du 36 quai des Orfèvres, un jour de novembre, lorsque les terroristes avaient frappé à plusieurs endroits de la capitale. Comme une vague qui se retire avec une infinie discrétion après s’être fracassée sur la plage, et qu’on regarde avec l’espoir de ne plus devoir affronter ça. Mais la vague finit toujours par revenir, c’est sa raison d’être. »

 

L’arrêt du sur image de Marc

« Luca » …ça sonne comme un uppercut !! de ceux qui vous laissent à terre, dont on ne se relève pas tellement c’est un chef d’œuvre. Une plongée dans le monde connecté qui est notre quotidien à tous aujourd’hui. Un monde rempli de travers qui font que l’homme dérive doucement vers une décérébration progressive.

Franck Thilliez a focalisé l’essentiel du livre sur l’intrigue, et c’est une réussite sans faille. Le premier qualificatif qui me vient à l’esprit est ENORME. Les thématiques abordées sont nombreuses, toutes concernent les avancées scientifiques ou technologiques qui prennent doucement, mais de manière insidieuse beaucoup de place dans nos vies. Je ne sais pas comment il a été possible d’écrire un roman aussi complexe sans se perdre, ou se mélanger les pédales. C’est du grand art. Tout s’emboite à la perfection comme un Tetris manipulé par un génie, il n’y a aucun espace dans lequel on pourrait trouver une imperfection. L’enquête et toute l’histoire est violente, oppressante, l’auteur à voulu faire souffrir le lecteur, et c’est ici encore une réussite. Les romans qui m’ont fait vibrer de la sorte sont rares.

Nous sommes bien dans un livre de la saga des Sharko/Hennebelle , mais ces deux personnages sont très en retrait par rapport aux romans précédents. Ils ne prennent guère plus de place que les autres acteurs de l’histoire. Comme je l’ai dit plus haut, l’auteur a choisi de mettre l’intrigue comme héros de ce livre.

Fini aussi le 36 quai des orfèvres, c’est dans les nouveaux locaux ultra modernes, situés 36 rue du bastion, qu’il faut désormais chercher nos policiers favoris.

Pour conclure, je crois que je vais me contenter de dire, que selon moi, c’est le meilleur livre de Franck Thilliez depuis ses débuts.

Luca de Franck Thilliez


Aujourd’hui c’est double chronique.

Et c’est nos flingueuses alsaciennes qui nous donnent leur avis sur le dernier Thilliez.

Et ce matin c’est Sofia qui s’y colle.

 

Le livre : Luca de Franck Thilliez. Paru le 2 mai 2019 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir. 22€90 ; (550p) ; 14x21cm.

4ème de couverture :

Partout, il y a la terreur.

Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.

S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.

C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer.

L’auteur :  Franck THILLIEZ est né en 1973 à Annecy. Il était ingénieur en nouvelles technologies, il se consacre maintenant à l’écriture. Il vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est membre de La Ligue de l’Imaginaire. Il est l’auteur de 17 romans, parmi lesquels Atomka, Le Syndrome E et, plus récemment, Pandemia Rêver et Sharko. Lauréat du prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014 avec Angor, il confirme sa place de pilier du thriller français et continue d’alterner one shots et enquêtes menées par son couple phare, Lucie Henebelle/Franck Sharko. Après Sharko où on retrouvait le duo de flics, il revient avec un one shot Le manuscrit inachevé. Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste. Ses livres sont traduits dans le monde entier.

 

Extrait :
« Franck ne dit rien et fixa la route. Bon Dieu, ses fils lui manquaient, et il se demanda s’il pourrait les protéger de toute cette violence encore longtemps. La violence pervertissait ce qu’elle n’anéantissait pas, et ses gosses allaient grandir dans un monde où les bombes menaçaient d’exploser à chaque coin de rue, où des adolescents se suicident en direct sur Periscope et où on parlait de mettre des flics dans les écoles. Chaque nouvelle génération allait devoir supporter les maux des générations précédentes »

Les P’tits Papiers de So

LUCA de Franck THILLIEZ

Dans ce dernier opus, Franck Thilliez revient, au sommet de son art. Le Maestro maîtrise sa partition, c’est à se demander comment il fait pour nous emmener toujours plus loin, toujours plus haut, emportant son lecteur plus encore dans l’obscurité.

Dans son dernier roman de la saga Sharko/Hennebelle, nous avions quittés les héros et la bande de flics au bord du gouffre, aux portes du 36 quai des Orfèvres.

Deux ans plus tard, c’est avec un grand bonheur que nous retrouvons le couple phare, et bien d’autres encore, au Bastion.

Contrairement à Sharko, l’intrigue est d’avantage mise en avant. C’est pied au plancher que démarre le roman, dès les premières pages, la tension est à son comble, et ne fera que croître, véritable apnée, palpitations, nerfs à vifs, aucun répit. Du grand art signé Thilliez.

Et sa signature, bien évidemment, c’est de toujours mettre en avant l’Homme et la science.

L’une des plus grandes surprises de cette œuvre, est le nombre de thématiques abordées ; Intelligence Artificielle, PMA, manipulations génétiques, l’auteur n’a pas son pareil pour nous plonger dans l’horreur de notre société.  C’est sans compter la précision qu’on lui connait pour appuyer tous les faits en lien avec ces thématiques, glaçant.

Œuvre de fiction bien évidemment, et pourtant, criante de réalisme, nous poussant à nous interroger sur notre place et notre rôle dans la société.

LUCA est sans doute le roman le plus contemporain qu’il ait pu écrire, une lecture en réalité virtuelle…

Déroutant, bouleversant, glaçant, terrifiant, voilà ce qu’est LUCA.

Vous l’avez compris, j’ai été emballée par cette lecture, probablement mon roman préféré. Avec un (minuscule)bémol tout de même, le sentiment que LUCA pourrait plus être considéré comme un One Shot avec des guests stars. Bémol parce que j’ai rencontré Sharko et Lucie étudiante, j’ai grandis avec eux, j’ai souffert avec eux, presque 20 ans qu’ils m’accompagnent…Tous les 2 ans, c’est comme si je retrouvais de vieux potes, cette année j’aurai aimé les avoir un peu plus longtemps à ma table…

Quoi qu’il en soit, lorsque j’ai refermé le bouquin, j’ai lâché un juron avec un sourire jusqu’aux oreilles…Mr Thilliez, vous êtes mon maître absolu !!!!!

 

Mauvaise main de Gilbert Gallerne


Le livre :  Mauvaise main de Gilbert Gallerne. Paru le 10 janvier 2019 chez French Pulp éditions dans la collection polar. 18€. (254 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv : 

Mauvaise main

Éric, quasiment à la rue avec une femme sur le point d’accoucher, n’a plus de travail.

Il n’a qu’une seule solution pour s’en sortir : quitter la ville pour rejoindre la scierie familiale, perdue en pleine ligne bleue des Vosges.

Un retour aux sources compliqué quand on n’a pas vu les siens depuis des années.

Il y a ça, et surtout les secrets de famille, sans compter les magouilles du frère aîné qui règne en véritable tyran sur le domaine.

Une France profonde et noire où il ne fait pas bon s’aventurer…

 

L’auteur : Gilbert Gallerne a obtenu le Prix du Quai des Orfèvres 2010 pour son roman Au pays des ombres. Il avait publié avant cela une vingtaine d’ouvrages dans les différents registres de la littérature populaire, de la SF jusqu’au Gore. Depuis quelques années il s’est orienté avec succès vers l’écriture de thrillers. Il est par ailleurs l’auteur d’une dizaine de traductions, parmi lesquelles Danse avec les loups et Basic Instinct.

 

Extrait :
Léo et Michel ont monopolisé la conversation, ce dernier généralement pour approuver ce que dit son aîné. Les femmes n’ouvrent la bouche que pour manger. Annabelle jette de temps à autre des regards circonspects à son beau-frère. De ce qu’Élise fera ce soir dépendra son futur statut. Elle demeure à sa place. Finit son assiette. Michel se tourne vers la table des enfants et interpelle sa fille pour l’envoyer aider sa grand-mère.
L’adolescente proteste qu’elle n’a pas terminé, mais son père la fait taire et elle se lève pour se diriger vers la cuisine en traînant les pieds. Élise se demande combien de temps elle restera à la scierie. Que peut-elle envisager d’autre ? Des études ? Ou bien est-elle condamnée à demeurer Ici pour torcher les plus petits tandis que les hommes débitent le bois, jusqu’à ce qu’un voisin vienne la chercher comme une pièce de bétail ? Élise n’est là que depuis quelques heures, mais déjà elle n’en peut plus. Elle jette un regard vers Éric, ses yeux lui mangent le visage. Il fixe ses frères, sa mère, avec une avidité qui l’effraye.Il parlait rarement de sa famille, qu’l avait depuis longtemps rayée de sa vie. Le destin qui s’acharne sur eux et le contraint à revenir ici s’apprête-t-il à lui jouer un nouveau mauvais tour ? Élise a l’impression de se trouver plongée dans une de ces romanes qu’elle lit à l’occasion. Sauf qu’il n’y a pas de château, pas de bel aristocrate ténébreux. Juste une scierie au bord de la ruine, et une famille qui n’a pas voulu d’Éric autrefois et ne semble pas davantage désireuse de l’accueillir aujourd’hui.
Éléonore revient avec un plat chargé de viande et Élise oublie ses soucis pour ne plus penser qu’à la faim qui la tenaille. Solange suit, portant une marmite d’où monte une bonne odeur de chou. Elle la pose sur la table.
– Voilà ! dit Michel. C’était pas dur ! Tu peux aider, tout de même ! T’es presque une adulte maintenant !
– Presque une adulte, tu parles ! intervient Léo en saisissant sa nièce par la taille. C’est déjà une vraie petite femme ! Regarde ça : elle a des nichons !
Et il referme les doigts sur la poitrine de Solange. La gamine se tortille pour échapper à son étreinte. Elise ouvre de grands yeux. Pétrifiée. Tout le monde s’est figé et fixe la scène. Il n’y a plus que Solange qui se débat et son oncle qui lutte pour garder son emprise.
– Lâche-la !
Le cri jaillit de la table des enfants. Ludovic bondit au secours de sa soeur en renversant sa chaise. Il saisit le bras de Léo mais celui-i tient bon, amusé par les efforts de sa nièce. Léo repousse l’adolescent d’un revers de coude et, gloussant, il écrase le sein de Solange qui gémit.
– C’est du ferme, dis donc !
Il est le seul à rire. Élise agrippe la table, se tourne vers Éric. Son mari a reculé sur sa chaise, dépassé par cette violence. Personne ne bouge. Ludovic se dresse seul contre son oncle. Bernard, le fils de Léo, fait mine de se lever à son tour pour secourir son père. Elise regarde les autres. Pourquoi demeurent-ils tous à leur place, laissant Ludovic se débrouiller ? pourquoi Michel se contente-t-il d’arborer un sourire niais devant son frère qui tripote sa fille, comme si la scène n’avait pas d’importance ? Pourquoi Annabelle reste-t-elle clouée sur sa chaise, la bouche ouverte sur une protestation qui ne vient pas ? Elise se tourne pour dégager son ventre de sous la table et prend appui pour se lever.
– Ça suffit ! Lâche-là !
L’ordre a tonné de l’autre bout de la pièce. Éléonore fixe son fils. Léo la défie du regard avant de pivoter vers Solange, toujours prisonnière, puis vers Ludovic qui tire sur son bras sans succès. Il demeure ainsi trois longues secondes. Il finit par relâcher la gamine. Elle recule en trébuchant, le rouge aux joues et les larmes aux yeux. A peine Solange écartée, Léo attrape Ludovic par le col. Il contraint l’adolescent à s’abaisser jusqu’à ce que leurs visages se frôlent.
– Et toi, petit con, me parle plus jamais comme ça. Quand tu seras un homme, on verra. D’ici là, reste à ta place !
Il le rejette. Ludovic lutte pour conserver son équilibre, le défiant toujours du regard. Léo se raidit.
– Ludo ! Ça suffit ! Va t’asseoir.
L’enfant fixe sa mère sans comprendre, ce qui lui fournit une excuse pour détourner les yeux et rompre le duel  qui l’opposait à son oncle. Mâchoires crispées, contenant des larmes de rage et d’humiliation, il regagne sa place.
– Bon, dit Éléonore. L’incident est clos. Qui veut du chou ?
– Commence par Élise, dit Léo en regardant sa belle-soeur. Je crois qu’elle a tellement faim qu’elle a failli se lever
Élise prend conscience que ses phalanges sont toujours crispées sur le rebord de la table. Elle se relâche, sans cesser de fixer Léo. Elle perçoit de l’amusement dans ses yeux, mais cela ne la rassure pas. Annabelle prend son assiette et la tend à Éléonore.

 

Chronique d’une flingueuse :

Les petits mots de Flo

Mauvaise main de Gilbert Gallerne

Eric est au chômage, sa femme Elise est enceinte. En grande difficulté financière, le couple n’a pas d’autre solution que de trouver refuge dans la famille du jeune homme, qui tient une scierie dans les Vosges.
L’accueil n’est pas des plus chaleureux. Il y a là Eléonore, la mère d’Eric qui l’a confié à sa soeur à l’âge de 12 ans pour que cette dernière l’élève. Marcel, 56 ans, est l’oncle d’Eric, un personnage inquiétant, qui observe, ne s’exprime que par bribes incompréhensibles.
Les deux frères d’Eric, Léo et Michel ont pris les rennes de la scierie et sont tous les deux mariés, le premier avec Rose-Marie, femme peu aimable avec le jeune couple. Michel est marié à Annabelle, qui va se lier d’amitié avec Elise. Il y a aussi les enfants des deux couples qui observent la venue de cet oncle, Eric, porteur d’une prothèse à la main et qu’ils n’ont jamais vu.
Elise va observer, découvrir le fonctionnement de ce clan dans lequel son mari tente de s’intégrer. Et progressivement les événements vont prendre une tournure angoissante.
Gilbert Gallerne signe un roman noir très prenant, à coup de chapitres courts au terme desquels la tension va crescendo. le premier chapitre donne d’emblée le ton du roman, en décrivant une scène terrible tirée de l’enfance d’Eric.
C’est finalement Elise, le personnage principal de ce roman, celle qui va observer, ressentir, entendre, réfléchir, analyser et ce personnage féminin est vraiment très réussi.
L’atmosphère est pesante, la tension en augmentation perpétuelle ; nous sommes dans un quasi huis-clos. Les scènes qui se déroulent à l’extérieur du territoire familial sont peu nombreuses. La violence est omniprésente, sourde ou affirmée, qu’elle soit verbale, physique, sexuelle mais le roman se lit très bien car Gilbert Gallerne n’est jamais dans la surenchère.
L’écriture de l’auteur est précise, très visuelle et je n’ai pu m’empêcher de me rappeler certains films vus dans ma jeunesse, comme “Les granges brûlées” de Jean Chapot ou bien encore “La veuve Couderc”, pour l’ambiance rurale dramatique.
Un vrai coup de coeur que je vous invite à découvrir !

Une affaire de famille  de Hirokazu Kore-eda


Le livre : Une affaire de famille  de Hirokazu Kore-eda. Paru le 28 novembre 2018  aux éditions JC Lattès. 18 € ; (256 pages) ; 13×20 cm. Traduit du japonais par Corinne Atlan.

4ème de couverture :

Au retour d’une expédition de vol à l’étalage avec son fils, Osamu recueille dans la rue une petite fille qui semble livrée à elle-même et qui lutte pour survivre dans le froid glacial. D’abord réticente à l’idée d’abriter l’enfant, la femme d’Osamu accepte de s’occuper d’elle lorsqu’elle comprend que ses parents la maltraitent.

Malgré leur pauvreté, les membres de cette famille semblent vivre heureux, jusqu’à ce qu’un événement inattendu ne révèle leurs secrets les plus terribles…
L’auteur :  HIrokazu Kore-eda est né à Tokyo en 1962. Lui qui rêvait de devenir romancier a fait ses débuts comme assistant réalisateur à T.V. Man Union et s’est lancé dans le cinéma. Il est notamment l’auteur de Nobody knows (2004), Tel père, tel fils (2013), Notre petite sœur (2015) et Après la tempête (2016). Son œuvre est marquée par les thèmes de la filiation, la mémoire, la perte et la mort, ainsi que par l’entremêlement de la fiction et du récit documentaire.
Corinne Atlan, la traductrice, est romancière et essayiste, et a traduit une soixantaine d’œuvres japonaises, parmi lesquelles les romans de Murakami.
Extrait :
– Si on te tapait, tu sais, ce n’est pas parce que tu avais été vilaine. Et puis, c’est un mensonge, de dire à quelqu’un qu’on le tape parce qu’on l’aime ou parce que c’est pour son bien.
Nobuyo se souvenait de sa propre expérience, trente ans plus tôt. Sa voix, quelque part, ressemblait un peu à celle de sa mère.
– Quand on aime quelqu’un, voilà ce qu’on fait, dit-elle en serrant l’enfant contre elle, fort, très fort, jusqu’à ce que leurs joues soient collées l’une contre l’autre.
Elle sentait les larmes couler le long de ses joues. Des larmes tiédies par la chaleur du feu qui brulait le survêtement. Rin se tourna vers elle et essuya ces pleurs  de sa petite main.
  

Les émotions de lecture de Cécile

L’histoire d’une famille japonaise vivant de la débrouille. Le père vole à l’étalage aidé de son fils déscolarisé, la mère fait les poches des clients de la blanchisserie où elle travaille tandis que la fille aînée s’exhibe dans un peep-show. Ils recueillent un jour, dans la rue, une fillette maltraitée. Roman écrit par le réalisateur à partir de son film Palme d’or au Festival de Cannes 2018.

Une affaire de famille  de Hirokazu Kore-eda

 

Après la Corée, j’ai pris le ferry direction le Japon pour un voyage chez ses laissés-pour-compte du Japon contemporain. Ce sont un peu des frères ennemis, un passé colonial, la seconde guerre mondiale, les plaies sont assez profondes entre les deux pays mais pourtant les liens sont forts même dans leur différence. La culture n’y échappe pas et leurs sensibilités littéraires m’enchantent.

Hirokazu Kore-eda a pris pour la première fois la plume pour cette affaire de famille qui est aussi un film. Je finirai par aller le voir sans crainte puisqu’il est à la fois le réalisateur et l’auteur de cette perle d’émotions. Que j’aime ces âmes cabossées, les lire comme les écrire, ces familles qu’on se choisit, ou qu’on se crée !

Leurs destins, leurs passés comme leurs avenirs ne font pas de cadeaux à cette famille de bric et de broc. Une veille dame indigne, une mère revêche, un père feignant et expert en vol à l’étalage, un fils qui ne peut pas dire papa à cet homme, une jeune femme avec le peep show comme seul moyen d’obtenir l’attention qu’elle n’a pas, et une petite fille maltraitée ! Sur le papier, peu de choses pour les aimer mais, pourtant, l’auteur-réalisateur avec son style cinématographique nous emporte avec eux.  C’est aussi doux que dur à la fois, ancré dans le réel mais avec une vraie poésie, brute et tendre, cru et délicat. Un mélange doux-amer comme je les apprécie !

 Le Japon comme la Corée gâtent mes émotions et mes lectures en ce moment.

Dans la brume écarlate – Nicolas Lebel.


La double chronique,

vous connaissez le principe maintenant la double chronique c’est deux avis pour le prix d’un.

Deux Flingueuses vous propose leurs avis respectifs sur une même livre.

Aujourd’hui c’est Mamie Danièle et Ge notre porte Flingue qui s’y collent.

Alors bonne lecture.

Allez on démarre par la chronique de Ge

Le livre : Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel. Paru le 27 mars 2019 aux éditions Marabout  dans la collection Black lab . 19.90 € ; (389 p.) ;  15 x 23 cm.

4ème de couverture :

Dans la Brume écarlate

« Il n’y eut pas un bruit dans la rue désolée, dans la ville morte, et pourtant elle sut que quelqu’un, quelque chose était là, qui l’épiait, vorace et concupiscent, avide, alors son coeur détona et elle se mit à courir, son haleine se mêlant à la brume épaisse qui accrochait son corps, ses vêtements, ses cheveux, qui collait à sa vie, la freinait, l’empêchait de fuir ce cauchemar éveillé. Elle hurla dans sa course impossible car quelqu’un, quelque chose était là qui la talonnait, s’enivrait de sa terreur, en voulait à sa vie. »

Paris, XIIe arrondissement. Une étudiante disparaît. À travers la ville engluée dans une brume épaisse, le capitaine Mehrlicht et son équipe mènent une course contre la montre pour retrouver celui qui sème derrière lui des cadavres exsangues.

 

L’auteur : Nicolas Lebel est né à Paris où il vit encore aujourd’hui. Après quelques allers-retours aux quatre coins du globe, il revient à Paris où il tente depuis plusieurs années d’enseigner l’anglais aux Français. Passionné de littérature et de linguistique, il publie en 2006 une première fiction, une épopée lyrique en alexandrins : Les Frères du serment, qui sort dans un silence prometteur. En 2013, il publie aux Éditions Marabout L’Heure des fous, en 2014, Le Jour des morts, puis en 2015, Sans Pitié ni remords (2017-Livre de poche), puis en 2017 De Cauchemar et de feu, quatre romans policiers caustiques où histoire, littérature et actualités se mêlent, des romans noirs qui interrogent et dépeignent la société française contemporaine avec humour et cynisme, dont le ton est souvent engagé, et le propos toujours humaniste.
Animal carnivore à sang chaud, Nicolas Lebel est un roux émotif, partiellement fumeur, explorateur intrépide des Côtes du Rhône et des Whiskies Islay, une quête que les lecteurs encouragent en lui faisant de nombreux cadeaux dans les festivals
Extrait : 
« Lucie percuta un arbre surgi du brouillard, perdit une chaussure et tomba au sol, hébétée, s’empêtra un instant dans les ombres osseuses des ramures noires, se releva, reprit sa fuite aveugle, des larmes dans les yeux, traversa une ruelle en piaulant à l’aide, boitant sur son pied nu, trouva un hall d’immeuble, une porte fermée, des rangées de boutons d’Interphone, lueurs dans la nuit, pressés du plat de sa main écorchée, des anonymes qui décrochèrent mais n’entendirent que le cri aigu et lointain d’une femme avalée par le brouillard. »

 

 

Le post-it de Ge

Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel.

Quel pied, mais quel pied que ce nouveau roman de Nicolas Lebel.

Décidément je ne regrette en rien d’en avoir fait mon chouchou. Il est vraiment talentueux ce garçon et il a une vraie plume.

Dans la brume écarlate on retrouve le petit capitaine Mehrlicht et son équipe engluée dans de sombres histoires. On retrouve la gouaille de Mehrlicht, son sale caractère. On retrouve ses lieutenants, Dos Santos, ses doutes et ses travers, Latour et son âme d’infirmière toujours au chevet de la veuve et l’orphelin.

Notre joyeuse bande d’enquêteurs, joyeuse pas si sure, va être confronter à de drôles d’enquêtes.

Sa fille, Lucie, une étudiante, n’étant pas rentrée de la nuit, une femme sollicite le capitaine Mehrlicht au commissariat du XIIe arrondissement de Paris. Dans le même temps, son équipe est appelée au cimetière du Père-Lachaise, où les gardiens ont découvert une mare de sang, mais pas de corps. Un peu plus tard, le cadavre exsangue d’une femme est retrouvé dans la Seine.

Avec ce 5e opus des aventures de Merlich, Nicolas Lebel a décidé de rendre hommage au roman gothique. Dans les brume écarlate en utilise tout les codes, un lieu inquiétant, des éléments naturels appropriés, la présence de l’au-délà et et une atmosphère d’angoisse et de mystère.

Notre auteur joue à merveille avec ces codes. Il distille tout au long de cette enquête classique des petites touches de surnaturel. Il soigne ses décors, il s’attache même à ceux ci, les eaux trouble de la seine, les histoires mystérieuses du cimetière du Père-Lachaise …

Mais il n’en oublie pas pour autant la réalité sociale de notre époque. L’Immigrations.  Les migrants sont aussi un de thème de ce roman. La peur de l’autre, la xénophobie, l’invasion de notre pays par des milliers de musulmans potentiels terroristes. Ces émigrés révélateurs de nos peurs ancestrales. L’insécurité sur laquelle surfe quotidiennement l’extrême droite et la droite extrême propageant insidieusement ses idées nauséabondes.

On aborde aussi ici le thème des violence faites aux femmes. Nicolas Lebel se pose en féministe, évoquant la place de la femme dans notre société. La vision que le monde a et a eu de la femme à travers le temps. La femme victime de l’oppressions des hommes et des classes dominantes.

D’ailleurs l’idée du roman gothique est une nouvelle fois bien vu, les femmes, notamment les britannique ayant été les pionnières du genre. On pense à Clara Reeve, Ann Radcliffe, Sophia Lee et Charlotte Smith. De Charlotte Drake à Mary Shelley et son Frankenstein. Ces femmes qui ont façonné la littérature gothique pour en faire une littérature noire.

D’ailleurs il est très plaisant de retrouver des citations de ses œuvres majeures du roman noir anglais tout au long de notre lecture. Mary Shelley bien-sur mais aussi  Bram Stocker et son Dracula ou encore Oscar Wilde et Le Portrait de Dorian Gray. On y entrevoit aussi Edgar Allan Poe mais aussi le docteur Jekyll et son  double M. Hyde. 

Et puis la poésie, l’onirisme sont toujours présent dans les livre de Nicolas Lebel. Les mythes, les légendes aussi. Cette fois c’est vers la Roumanie qu’ils vont nous transporter avec la figure de Vlad l’empaleur et de toutes ses représentations contemporaines.

Bref vous l’aurez compris je me suis régaler à la lecture de ce titre de Nicolas Lebel.

Surtout que notre auteur sait distiller à merveille des petites touches d’humour bienvenues au milieu de toute cette tension. Et croyez moi, vous aussi vous allez vouloir tenter les sélections pour « Question pour un champion. » Mais quelle trouvaille mister Niko….Je ne vous en dis que ça, je ne vous en dis pas plus….

Une lecture enthousiaste comme lorsque je j’avais découvert il y a une petite quinzaine d’année  Les ogres du Gange de Philippe Cavalier , le premier volume de la tétralogie Le siècle des chimères.

Dans la brume écarlate est un roman brillant,  intense , flamboyant un grand roman

Dans la brume écarlate est de ces titres qui vous mettent du baume au cœur et qui vous redonne goût à la lecture. Merci pour cela aussi Nicolas.

 

Extraits :
« Aujourd’hui on percevait encore le célibat d’une femme comme la dernière des tares, et chacun de ses proches s’ingéniait à proposer untel, l’ami d’amis, souvent Prince des Tocards ou Archiduc des Blaireaux, parce que à leurs yeux il valait mieux qu’une femme fût mal accompagnée que seule. Il en allait ainsi depuis la nuit des temps : la femme seule ne savait pas se tenir. »
« – Tout ça parce que vous prenez la tangente ? Vous laissez les potos clapoter dans la mistoufle ? La mistoufle ? répéta Matiblout , cueilli . La mistoufle ! Parce qu’on va se dorer la lune dans les sphères . Mais enfin capitaine… Y’a pas de  » capitaine « , patron ! La demande de bornage ! Ca fait deux plombes qu’on l’attend ! Et l’autre jean-foutre de Dubois qui a de la pisse de chat dans les veines et qui tricote des pincettes dès qu’il a une responsabilité ! Les  » pincettes  » ? Mais…et c’est pas avec les quiches qu’on a ici , les Truffeau et consort,qu’on va relever le niveau ! A croire qu’on regroupé tous les décébrés de la police nationale dans le même zoo ! »

 

 

Les Mains vides – Valerio Varesi


Les Mains vides  de Valerio Varesi. Traduit de l’italien par Florence Rigollet. Paru le 4 avril 2019 chez Agullo Editions dans la collection Agullo noir. 21€. (258 p.) ; 20 x 14 cm

4e de couv

« Vous parlez comme un curé ou un communiste. Vous pensez vraiment que les gens la veulent, la liberté ? »

Dans la chaleur humide et gluante du mois d’août à Parme, Francesco Galluzzo, un marchand du centre, a été battu à mort. Le commissaire Soneri, chargé de l’enquête, écarte rapidement le motif du vol pour se concentrer sur un usurier, Gerlanda, qui tire toutes sortes de ficelles dans l’ombre depuis des années.

La vérité a mille visages, et Soneri, malgré sa répugnance pour les méthodes de l’usurier, comprend bien vite que Gerlanda et consorts ne sont que les vestiges d’un monde qui disparaît. Une nouvelle pieuvre déguisée en sociétés irréprochables a décidé de dévorer sa chère ville de Parme, et rien ne semble pouvoir l’arrêter. Pas même l’acharnement désespéré du commissaire…

 


L’auteur :  VALERIO VARESI est né à Turin le 8 août 1959 de parents parmesans. Diplômé en philosophie de l’Université de Bologne, journaliste notamment à La Stampa et La Repubblica, il est l’auteur de treize romans mettant en scène le commissaire Soneri, dont Le Fleuve des brumes, La Pension de la via Saffi et Les Ombres de Montelupo parus aux éditions Agullo. Les enquêtes du commissaire Soneri, amateur de bonne chère et de bons vins parmesans, sont traduites en huit langues. Prix Violeta Negra 2017 pour La Pension de la via Saffi

 

Extrait:
Soneri bouillait de colère. Il ne reconnaissait plus sa ville ni le peuple de sa ville. Sa nature polémiste, sa rebelion anarchiste, son intolérance à tous les injustices et son goût pour les barricades, où étaient ils passés? Ses yeux de commissaire voyait défiler une communauté réduite en bouillie , et la chaleur n’était plus qu’une représentation physique d’une dérive bien plus profonde.

 

Le petit avis de Kris

« Les mains vides » est le quatrième volume des enquêtes du commissaire Soneri, désormais bien connu des lecteurs français. Valerio Varesi continue avec maestria à arpenter les rues de Parme, les bas-fonds et l’histoire tourmentée.
La chaleur humide et gluante du mois d’août à Parme reflète la situation du commissaire Soneri, aux prises avec une affaire poisseuse. Francesco Galluzzo, un marchand du centre, a été battu à mort dans sa maison par des agresseurs inconnus. Le vol semble un motif évident, mais les premières investigations pointent plutôt vers une  » leçon  » qui s’est mal terminée. D’autres recherches conduisent le commissaire à un usurier connu, Gerlanda, à qui la victime devait de l’argent. Mais la vérité a mille visages, et Soneri trébuche bientôt sur une piste qui sent la cocaïne. Peu à peu, le policier réalise que la mort de Galluzzo ne représente qu’un détail, un détail presque insignifiant dans une image plus grande où la vraie victime est la ville elle-même. Un nouveau type de criminels, déguisés en sociétés financières et immobilières irréprochables, a remplacé la vieille garde, composée de gars comme Gerlanda, tout juste bon, désormais, pour la retraite. Avec amertume, Soneri ne peut que constater que sa chère ville de Parme s’est perdue : elle a remplacé Dieu par Mammon, idole toute-puissante qui ne vit que pour l’instant présent, et ne refuse pas quelques sacrifices… humains ?

Quel bonheur de suivre le Commissaire Soneri dans les rue de Parme. On calque nos pas sur les siens et on découvre le seul Parme connu des Parmesans.

Des brumes des précédents opus on passe à la canicule qui s’abat en même temps que Parme a un sursaut de réveil.

Avec le Commissaire Soneri les enquêtes ne sont pas que de banales enquêtes policières comme on en lit ici ou là, non, c’est beaucoup plus que ça ! C’est une atmosphère, avant tout, un état d’esprit, une ambiance, des constats sur notre société. Et puis quel bon vivant qui sait apprécier les bons petits plats et les vins raffinés, un personnage vraiment.

Et toujours l’éternelle lutte du pot de terre contre le pot de fer !

C’est truculent, poétique et attachant. Et alors les « via Garibaldi », « borgo del Parmigianino », « Borgo della Posta » et autres « via Farini » et « Borgo Antini » chantent tellement bien à nos oreilles qu’on aurait presque envie de visiter Parme.

Un véritable régal !!

 – avec Valerio Varesi.

De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic


Le livre : De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic. Paru le 2 mai 2019 aux Editions Albien Michel dans la collection Thrillers. 21€90 ; (420 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

De bonnes raisons de mourir

Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d’un bâtiment.

Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante.

Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou qui signe ses crimes d’une hirondelle empaillée.

Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…

Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques.

 

L’auteur : Morgan Audic est né à Saint-Malo le 30 janvier 1980 et a grandi à Cancale. Il vit depuis plus de dix ans à Rennes, où il enseigne l’histoire et la géographie en lycée.
Il est l’auteur de « Trop de morts au pays des merveilles« , un thriller publié en 2016.

 

 

 

 

Extrait :
Grincements métalliques, respirations sifflantes.
Il s’éveilla dans une pénombre inquiétante, traversée de flashs vert et bleu chaque fois qu’il clignait les paupières. L’air était lourd, saturé d’une puanteur âcre de corps mal lavés mêlée à des d’odeurs d’antiseptique et d’alcool fort.
Où je suis ?
Ses yeux s’habituèrent à la faible luminosité de la pièce et il aperçut une rangée de lits plaqués contre le mur en face de lui. Ils étaient occupés par des êtres informes et gémissants qui remuaient lentement leurs membres comme des scarabées à demi écrasés agitent leurs pattes avant de s’éteindre.
Bouge !
Une pulsion au fond de son crâne lui criait de fuir. Il essaya de se redresser, mais ses poignets et ses chevilles refusèrent de se décoller du matelas. Avec horreur, il réalisa qu’ils étaient attachés au cadre du lit par des sangles. Il tira de toutes ses forces pour arracher ses liens, mais l’effort lui fit tourner la tête au point qu’il crut s’évanouir. Désorienté, le corps baigné d’une sueur froide et grasse, il tenta de se rappeler comment il était arrivé ici.

 

Le post-it de Ge

De bonnes raisons de mourir – Morgan Audic

Un cadavre mutilé est découvert à Pripiat, ville près de Tchernobyl. Le commandant Melnyk, policier ukrainien animé par le sens du devoir, est chargé d’enquêter tandis qu’Alexandre Rybalko, policier russe a été engagé par le père de la victime pour retrouver l’assassin et le tuer. Leurs investigations se croisent et les conduisent sur la trace d’un double homicide commis la nuit du 26 avril 1986.

J’ai adoré ce bouquin, j’avais déjà beaucoup aimé le premier roman de Morgan Audic Trop de morts au pays des merveilles, qui avait été un de mes coup de coeur 2016.
Mais là quel coup de maître, Morgan Audic nous offre un roman policier parfait. A la fois roman noir, roman d’espionnage, cold case est un formidable thriller. De bonnes raisons de mourir, est la révélation de ce premier semestre 2019.

Je vous le disais, tout y est.
L’intensité de l’intrigue, le charisme des personnages, la véracité des thèmes exploités.
C’est parfait et parfaitement dosé. C’est formidablement maîtrisé. L’écologie, géopolitique, les enjeux économiques rien ne manque. Sans oublier cette guerre larvée au cœur de notre bonne vieille Europe.
Bien mieux qu’un bon documentaire sur ses sujets, ce titres se lit avec un tel plaisir, une telle intensité qu’on ne peut le lâcher
L’écriture et le style de notre auteur en font un magnifique thriller qu’on lit d’une traite malgré ces 420 pages.

C’est très cinématographie, ça s’imprime sur votre rétine et ça reste gravé dans votre cerveau.
Un putain de bouquin, un page turner certes mais qui restera longtemps dans nos esprits.

Surtout ne passez pas à coté.

Vous ne le regrettez pas, foi de porte flingue.

Les Anges de Babylone de Ghislain Gilberti


Les Anges de Babylone de Ghislain GilbertiLe livre : Les Anges de Babylone, la trilogie des ombres, Tome 2 de Ghislain Gilberti. Paru le 18 avril aux Editions Metropolis.  22 € ; 624 pages ; 15 x 23 cm .

 4ème de couverture :

Débarquée de l’enquête sur Borderline, Cécile Sanchez revient sur le terrain lorsqu’une guerre des ombres éclate entre de nouveaux caïds et le Réseau Fantôme. Prêt à tout détruire, l’un des leaders de la corporation de tueurs, bien plus dangereux et instable que ses coreligionnaires, vient de sortir de prison après une décennie passée à l’isolement.

Au centre de cette guerre pour le contrôle global, les Anges de Babylone, une nouvelle unité qui a grandi dans l’ombre de Borderline, s’apprête à prendre le ciel et s’étendre aux périphéries du territoire. Avec toujours la mystérieuse Voix pour guider leurs actions, leurs pensées et leurs bras armés.
C’est dans cette zone que la nature est à nouveau sauvage. Les Anges feront la guerre pour l’Homme. Même les anges déchus auront leur croisade et celle qui ouvre la porte au grand chaos balaiera tout sur son passage : il n’y aura pas le moindre quartier.

Suite virtuose de Sa Majesté des Ombres, révélation polar de l’année 2018, Prix des Géants du Polar 2018 et salué unanimement par les lecteurs, Les Anges de Babylone est le second volume apocalyptique de La trilogie des Ombres.

 

 

anoghislain-gilberti
L’auteur : Ghislain Gilberti a 41 ans. Ancien tireur de précision pour l’armée de terre, père de trois enfants, il se consacre à l’écriture.

 

 

 

Extrait :
« La tension est à son maximum, les index sont crispés. Le reste du monde a disparu. Il n’y a plus qu’elles, ainsi que la faucheuse qui tourne dans les ombres et arbitre ce duel, attendant avec impatience d’emporter avec elle l’un des deux âmes en Enfer.
Les deux si possibles. »

 

 

L’accroche de Miss Aline :

Les Anges de Babylone de Ghislain Gilberti 1

Les Anges de BabyloneLa trilogie des ombres – tome 2, Ghislain Gilberti

Prologue : Surtensions. Epilogue : Disjonction. Entre les deux, 600 et quelques pages où pas un instant ton attention se relâche. Immersion immédiate et totale dans le monde des narcotrafiquants. Une guerre sans merci pour récupérer un territoire. C’est sanglant, violant, sans fioritures. On passe a tabac, on torture, on tue. Le tout dans une chorégraphie parfaitement maitrisée. Tout est planifié, orchestré de manière  méthodique. Pas de place pour le hasard. Si ton dernier souffle s’échappe c’est que les Borderline l’ont décidé ainsi. Les Ombres semblent toujours aussi insaisissables.

 La commissaire Sandrine Torterotot de la DCRI va tout faire pour réintégrer Sanchez à l’enquête. Une autre guerre sans merci commence : force de l’ordre contre trafiquants. Sans oublier les guerres intestines de chaque côté. Les égos sont exacerbés, chauffé à blanc, ne supportant pas le moindre obstacle.

Sanchez aura une fois de plus fort à faire pour avancer dans son enquête.  Quel sera le prix  à payer pour voir justice rendue ? Peu-on s’en sortir indemne face à une bande de psychopathes ne reculant devant rien pour faire aboutir leur plan ?

Avec Les Anges de Babylone, Ghislain Gilberti nous livre un roman dense. Certes, c’est un pavé de 624 pages mais pas que. Les personnages y sont nombreux, complexes aussi bien chez les Borderline ou du côté flic. Rien n’est tout noir ou tout blanc.

Les Anges de Babylone c’est une encyclopédie du mal. Ghislain Gilberti dissèque le monde de la drogue pour nous en donner une description au plus juste. Il va décortiquer pour nous les rouages d’une organisation borderline dirigée par des psychopathes. L’être humain y est décrit dans toute sa splendide noirceur.

Sa plume est aiguisée et trempée dans un acide corrosif. Chaque mot est à sa juste place. Il hypnotise. Tu ne lis pas, tu es au centre d’une scène en 4D. Immersion totale. Tu assistes, impuissante, au carnage. Une touche émotionnelle vient te cueillir au fond du gouffre dans lequel l’auteur te fait descendre un peu plus à chaque page. Tu restes sur le carreau. Il t’embarque et te montre le monde côté pile. Va-t-il te laisser une lueur d’espoir ? Ou l’espoir n’est-il qu’une illusion de l’esprit pour mieux supporter une réalité morbide ?

Ghislain Gilberti est un magicien des mots. Encore une fois, j’ai été happé par ma lecture. Encore une fois je salue la force d’écriture, le travail colossal de l’auteur pour nous livrer son Œuvre.

Un très grand merci aux Editions Metropolis pour ce SP et ce moment livresque grandiose.

Vlast – Peter Higgins


La journée fantastique

Vous le savez déjà, le 28 du mois chez Collectif Polar c’est notre journée SFFF.

Aujourd’hui c’est un peu spécial car une alors vous proposé une double chronique.

J’ai je l’avoue un peu obligé notre Jumelle infernale à lire ce titre que j’avais énormément aimé.

Alors c’est partie pour le double chronique de Vlast 2/2


Le livre :Vlast de Peter Higgins. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Arnaud Demaegd. Paru le 19 mars 2014 au éditions Bragelonne. 20€ ; (505 p.) ; 21 x 14 cm.

4ème de couverture :
L’inspecteur Vissarion Lom est convoqué à Mirgorod, la gigantesque capitale du Vlast, a n d’arrêter un terroriste, l’insaisissable Kantor. Un état totalitaire usé par une guerre interminable doit se montrer impitoyable. Mais Lom découvre la corruption qui règne à Mirgorod, entre police secrète et révolutionnaires, cabarets et artistes maudits. En compagnie de la lle de Kantor, il dévoile une conspiration qui s’étend aux plus hautes sphères du parti. Il est temps pour lui de changer de camp…

 

 

L’auteur : Peter Higgins a enseigné l’anglais à Oxford, il a été chercheur et a travaillé dans la haute administration britannique.

 

 

 

 

Extraits :
«A l’instant où Kantor referma la porte derrière eux, il sentit l’attention d’Archange pénétrer dans la pièce. Les meubles craquèrent sous l’effet de la peur.
-Encore ! fit Kantor à mi-voix. Non ! Non, je ne veux pas.
Archange l’ouvrit et entra en lui. Se fraya violement un chemin dans sa tête. Occupant out. Prenant tout. N’omettant aucun secret. SA voix était comme un murmure rugissant.»

Les Lectures de Maud :

Vlast de Peter Higgins

Nous voici au cœur d’une conspiration à l’échelle étatique. Lom Vissarion de la campagne est appelé dans la grande ville afin de débusquer un terroriste qui sévit depuis des décennies et qui malgré un passage en prison, continue ses activités, semblerait-il en toute impunité. Sa mission initiale va être totalement chamboulée par ses découvertes qui vont l’amener à se remettre en question, que se soit personnellement ou sa fonction.

Sa rencontre avec Maroussia va être déterminante et va l’amener à se poser pas mal de questions. De nombreuses embuches l’attendent, viennent-elles tous de l’ennemi ? Mais en fait, qui est vraiment cet ennemi ? Jusqu’où vont ses ramifications ? Vers qui peut-il se tourner ? Avoir confiance ? Sa poussière d’ange, son éducation, ses valeurs vont être mises à mal, Lom va devoir se battre pour découvrir la vérité et surtout rester en vie. En effet, les menaces pleuvent de partout, mais de qui viennent-elles réellement ? N’est-il pas lui aussi une victime du système ? et qui est vraiment Kantor ?

Dans un monde en pleine implosion, où les êtres ne sont pas forcément ce qu’ils semblent être. La protection et le fichage du peuple sont des priorité, et pourtant ? Que recèlent ces dossiers ?

Un plaisir de lecture, une très belle découverte. L’auteur livre ici un volet passionnant et un véritable thriller haletant qui va pousser le personnage principal dans ses retranchements. Une écriture fluide, entraînante, sans temps mort ; les doctrines étatiques volent en éclat et mettent en lumière un sombre complot. Au vue de la fin, une suite pourrait être attendue. Un livre que je recommande évidemment !!!! Je remercie Geneviève pour le conseil de lecture !

Version  lue : Numérique

Mention : Premier Roman

:

 

Inexorable de Claire Favan


inexorable Claire FavanLe livre: Inexorable de Claire Favan. Paru le 11 octobre 2018 aux éditions Robert Laffont, collection La Bête Noire.20 euros; 384 pages; 14 x 3,3 x 22,5 cm
 
4ème de couverture:

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.
Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.
Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.
Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…
Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

Claire-Favan-L’auteur: Claire Favan est une femme de lettres française, auteure de roman policier.
Mère de famille parisienne, elle travaille dans la finance et écrit sur son temps de loisirs.
Son premier roman, « Le Tueur intime » (Les Nouveaux Auteurs, 2010), a remporté le Prix VSD du Polar 2010 ainsi que le Prix Sang pour Sang Polar en 2011. « Le Tueur de l’ombre » (2012), son second roman, clôture le diptyque sur le tueur en série Will Edwards.
Inexorable est le premier roman dont elle situe l’intrigue en France. Il est son septième roman.
Extrait:
« Il déteste entendre autant de lassitude dans sa voix. Il voudrait lui dire que cette fois, il s’est énervé parce que sa punition était injuste. Il voulait juste redevenir un petit garçon comme les autres, mais comment peut-il y arriver si les adultes le présentent comme une personne dont il faut avoir peur et se méfier? »

Le OFF de OPH

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Inexorable de Claire Favan

En refermant ce roman. Mon cœur de maman s’est serré. La première chose que j’ai faite, c’est d’aller embrasser mon fils qui dormait paisiblement.

Dans ce roman, Claire Favan a mis tout son amour de mère.Si l’histoire m’a paru assez loin du prologue de Gabriel, il n’en reste pas moins que Claire met en avant et surtout pointe du doigt un certain nombre de défaillances dans la gestion des enfants en difficultés. Difficultés de part un handicap, visible ou non, un traumatisme, une différence physique, une intelligence hors norme… La différence isole et entraîne parfois à des situations inextricables et particulièrement
douloureuses.

Milo a 4 ans quand survient le premier traumatisme. Son père est interpelé en pleine nuit, à leur domicile. De cette nuit de cauchemar, Milo ne se remettra pas. Il transformera sa haine, sa douleur, en violence… Une violence incomprise, une violence qui l’exclura et fera de lui le bouc émissaire de ses camarades. Un traumatisme qui le suivra toute sa vie…

J’ai eu mal à la lecture des souffrances de Milo. J’avais envie de crier « écoutez-le ».
Où place-t-on la parole de l’enfant quand ce dernier adopte un comportement répréhensible? Quel adulte a cherché à l’aider, à mettre des mots sur ces maux, mocaliser sa douleur?
Attention, le sujet n’est pas, ici, la toute puissance de la parole de l’enfant. Par pitié pas d’amalgame. Il n’est pas question d’enfant roi, mais de les écouter et d’entendre leurs souffrances. Ne pas donner systématiquement raison à un adulte sans avoir écouté l’enfant. Faire preuve de discernement.

Claire Favan évoque aussi l’impact des mensonges. Et s’il n’est pas question de Dolto et de ses principes, il est indéniable que mentir à un enfant, en pleine construction, c’est prendre le risque de fragiliser les bases de son édifice social. Vous souvenez-vous des réactions de vos enfants apprenant que le père-noël n’existait pas? De leurs larmes parfois, de leur incompréhension « pourquoi m’as-tu menti »? C’est nous, parents, leur référence dans la dissociation du bien et du mal. Pensons-nous à la peine que peuvent ressentir nos enfants quand nous leur mentons? Toutefois, il n’y a ici aucun jugement de ma part. Juste une prise de conscience aussi.

Parfois, le mensonge nous apparait nécessaire. Il est pour nous un acte de protection. En tant que parents, nous essayons de faire de notre mieux. Nous faisons des choix qui nous semblent bon sur l’instant. Parfois ils se révèlent être désastreux, mais par amour, nous soutenons nos progénitures et cherchons à faire de notre mieux pour redresser la barre. Amoindrir les effets négatifs de nos erreurs. Mais jusqu’à quel point?

Nous devenons parents en même temps que nos enfants grandissent. Pas de mode d’emploi. Juste la volonté de faire de notre mieux.

Enfin, Claire évoque aussi la difficulté de briser les cercles vicieux créés par les mauvaises réactions des uns et des autres face à la différence qui devient indifférence, face à l’incompréhension qui fini par faire de nous des aveugles volontaires. Exclure ou isoler un enfant pour protéger les autres, renforcer son sentiment d’injustice, le laisser se renfermer davantage et exacerber sa souffrance…

Si ce roman reste un thriller de part l’intrigue, Claire Favan nous livre son message au travers de Milo et Alexandra. Des personnages avec lesquels on fait corps. Des personnages dans lesquels on se retrouve forcément à un moment ou un autre de part une attitude, une parole, un choix… Elle nous offre aussi son amour et son cœur de maman. Et pour tout cela, merci Claire.