Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (33)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (33)

Salut Bill, content de vous avoir ici. Même si je commence à en avoir rencontré quelques-uns, je trouve toujours ça extra de pouvoir discuter avec un personnage de roman. Vous vous présentez ?

Bonjour Nick, vrai ! Plutôt rare. Je m’appelle Bill. Bill Wendal. Je suis né il y a une bonne trentaine d’années dans les Hamptons sur la côte est des États-Unis. Pas grand-chose à dire de plus, si ce n’est que ma mère a essayé de me donner une chance en m’élevant dans ce beau coin… Elle avait juste oublié qu’on vivait dans une caravane améliorée, qu’elle faisait des ménages, et que les gosses ne sont pas des anges ! Pas grand-chose d’autre à dire… Enfin jusqu’à ce que ce reportage passe à la télévision. Sans ça, je pense que je n’aurais jamais cherché une oreille pour raconter mon histoire. C’est juste qu’il n’y avait pas grand-chose à dire vous voyez… Après l’interview ça a été différent. Tout est remonté d’un coup, ça m’a fait mal, j’ai compris… J’avais… comment dit-on déjà ? Occulté c’est ça ? Oui, c’est ça merci. Et puis comme je vous ai dit, tout m’est revenu, et là, j’ai vu rouge !

Cette colère, c’est un de vos traits de caractère prépondérant ?

Prépondérant ? Vous pouvez préciser… C’est que je suis pas allé beaucoup à l’école voyez ? Je connais pas tous les mots… Ah, ok merci, c’est plus simple comme ça. Eh bien… Ça peut paraître fou, mais… Je suis plutôt calme, voyez. Du genre à me balader, à profiter de ce qui m’entoure… Gamin j’adorais longer le lac marin en rentrant à la maison. Sentir l’odeur saline des embruns… C’est chouette ça non, comme phrase ? Vous la mettrez dans votre interview ? Regarder les couleurs qui changent, la mer qui danse… Oui c’est ça, merci M’sieur Gardel, contemplatif. J’aime bien ce mot, je vais essayer de m’en souvenir… C’est un mot calme. J’aime les mots calmes. Et puis je suis sensible, ça, je sais le dire. Mais… personne ne l’a vu, parce que tout le monde s’en moque !

 

Ça l’a surpris, c’était tellement violent.

Vous êtes restés combien de temps dans la tête de Loseus ?

Ça, y’a personne pour répondre. C’est moi qui suis venu vers lui. Il y a eu ce flash télé et puis… Fallait que je trouve un canal pour que mon histoire rentre dans une tête, pour que quelqu’un la raconte. C’est tombé sur Loseus… mais ça aurait pu être n’importe lequel d’entre vous. C’est moi qui suis tombé sur lui. Il était là, ouvert, disponible, la brèche était entrouverte… Je m’y suis engouffré pour lui ai balancer ce que j’étais en train de faire. Ça l’a surpris, c’était tellement violent. Je l’ai vu prendre un calepin pour noter… Et puis après il était bien à l’écoute, alors il a tendu l’oreille, impatient qu’il était de savoir pourquoi j’avais fait ça !

Et vous vous retrouvez dans sa personnalité ? Peut-être qu’il se retrouve en vous ?

Je ne le connais pas, pour moi Loseus c’était juste un canal pour que mon histoire soit connue… Demandez-lui ! C’est mon histoire, peut-être qu’il s’est ouvert parce que ça le touchait, allez savoir ! C’est sûrement pas un hasard si c’est tombé sur lui.

Même s’il n’est qu’un vecteur, vous n’êtes pas épargné. Ça ne remue pas votre douleur ce passage à l’écrit ?

Je crois que c’est lui qui a été mal… Il était dans un sale état en écrivant ce que je lui racontais. Sûr qu’il a morflé !!!

Et une fois l’histoire finie, comment vous avez géré « l’après » ? Qu’est devenue votre existence ?

La mienne est terminée. J’imagine qu’un autre est allé à sa rencontre depuis, pour lui raconter la sienne.

Peut-être qu’il est temps de lui poser une question alors ?

Pourquoi tu as ce canal qui s’ouvre ? Oui, c’est ça ! Pourquoi des gens peuvent te raconter des histoires ?

C’est effectivement la question qui se pose… Un mot pour conclure ?

C’est mon histoire ! Elle est pas belle, mais c’est la mienne… Ce que j’ai fait est impardonnable, mais je voulais que les gens comprennent. Je voulais qu’ils sachent. Maintenant, c’est fait !

Rencontre Thriller


Rencontre Thriller

Ce soir 20h

Ce soir j’aurai l’immense plaisir d’animer une rencontre d’auteur à la médiathèque de la canopée à Chevry Cossigny.

Le thème de cette table ronde, le thriller.

Aussi j’aurai le bonheur pour cette occasion d’interviewer des auteurs de grand talent.

Il y aura là, Nathalie Hug, Jérôme Camut, Louise Mey et Les CamHug.

 

Malheureusement ma complice ne sera pas là, Ophélie est obligée de nous abandonner avec regret.

Mais ne t’inquiète pas mon Oph, on pensera à toi promis.

 

Pour plus d’info je joins le communiqué de presse de la médiathèque de la canopée

[LECTURE PUBLIQUE / MEDIATHEQUE]

Après le roman historique et les policiers-écrivains, la médiathèque La Canopée vous convie le vendredi 24 mai à 20h00 à la 3ème rencontre d’auteurs autour des thrillers.
Vous êtes de plus en plus nombreux au fil des rencontres autour de Geneviève van Landuyt et d’Ophélie Cohen du blog Collectif Polar : Chronique de Nuit. Pour clôturer le cycle polar, elles inspecteront minutieusement les parcours professionnels et littéraires de Louise Mey, Jérôme Camut Nathalie Hug.
Les auteurs dédicaceront leurs ouvrages vendus par notre partenaire la librairie Le livre d’Oz.


Rendez-vous exceptionnellement à la salle Françoise Narce où se déroulera à 19h30 la remise des prix des gagnants du jeu des 27 silhouettes.

JEU CONCOURS.

« Question n°1 » :
J’apparais dans un de mes films de manière très furtive. Qui suis-je ?

« Question n°2 » :
Un de mes ennemis est Herlock Sholmès. Mon personnage est associé à Georges Descrières. Qui suis-je ?

« Question n°3 » :
Je suis une Miss Marple Rock’ n Roll. Qui suis-je ?

« Question n°4 » :
Mon personnage apparaît dans 6 films. Emmanuelle Béart et Jean Réno ont joué dans l’un deux. Qui suis-je ?

« Question n°5 » :
Gotham City est mon terrain de jeu. Robin m’y aide à combattre l’injustice. Qui suis-je ?

« Question n°6 » :
Peter Sellers l’a incarné à plusieurs reprises. Qui suis-je ?

« Question n°7 » :
J’ai 17 ans mais j’ai l’apparence d’un enfant de 6 ans. Je veux démasquer l’Organisation des Hommes en Noir. Qui suis-je ?

« Question n°8 » :
Je suis né à St Fiacre et je suis amateur de la blanquette de veau. Je travaille au 36, quai des Orfèvres. Qui suis-je ?

« Question n°9 » :
Je suis agent spécial du FBI qui doit résoudre un crime commis en 1989. Longtemps, je fus bloqué dans le Black Lodge. Qui suis-je ?

« Question n°10 » :
Je suis associé à Emma Peel. Qui suis-je ?

« Question n°11 » :
Je suis un herboriste Bénédictin du 12ème siècle qui enquête au Pays de Galles. Qui suis-je ?

« Question n°12 » :
Je suis un cyber policier et ma nièce s’appelle Sophie. Qui suis-je ?

« Question n°13 » :
Je suis une brillante écolière dans la ville de Framboisy. Je mène une double vie la nuit et Ficelle et Boulotte, mes deux meilleures amies, ne connaissent pas mon secret. Qui suis-je ?

 « Question n°14 » :
Peter Ustinov et David Suchet m’ont incarné à l’écran. Qui-suis je ?

« Question n°15 » :
Mon meilleur ami est Sammy Rogers. Qui suis-je ?

« Question n°16 » :
J’ai été incarné à l’écran par Diana Reeg. Qui suis-je ?

 « Question n°17 »
L’inspecteur Jacques Clouseau est à la recherche de ce bijou. Qui suis-je ?

« Question n°18 » :
J’ai le permis de tuer. Qui suis-je ?

« Question n°19 ».
Mon compagnon est un Fox Terrier. Qui suis-je ?

« Question n°20 »
Mon créateur est un ancien ambassadeur de France en Guinée Bissau, décédé récemment. Qui suis-je ?

« Question n°21 » :
Je vis à St Mary Mead et je suis un « détective en fauteuil ». Qui suis-je ?

Question n°22″ :
Je suis rédacteur en chef de « l’écho du rongeur » et ma sœur Téa m’entraine dans de drôles d’aventures. Qui suis-je ?

« Question n°23 » :
Les initiales de mon nom et prénom constitue mon surnom. Qui suis-je ?

« Question n°24 » :
J’habite 21 Backer street. Qui suis-je ?

« Question n°25 » :
Je travaille au « Moustic Hôtel ». Qui suis-je ?

« Question n°26 » :
J’ai 9 ans, je vis avec mon papa journaliste à Paris. Je mène des enquêtes policières. Qui suis-je ?

« Question n°27 » :
Je suis un criminel qui aide le FBI. Qui suis-je ?

 

Alors ce soir tous à la Médiathèque de la Canopée pour répondre ensemble aux questionx

9 rue Jean Delsol

77173 Chevry-Cossigny

 

Papote d’Auteur, miss Aline était avec Xavier Massé


Papote d’Auteur, miss Aline était avec Xavier Massé

 Miss Aline papote avec Xavier Massé.

 

 Miss Aline : Bonjour Xavier. Merci de me consacrer un peu de ton temps pour cette interview. Peux-tu, pour commencer, te présenter aux lecteurs ?

Xavier : Alors…Xavier Massé de mon nom, 41 ans en couple  et j’ai un petit garçon de 5 ans, travaille à la SNCF depuis 20 ans, et je suis fan dirons-nous de cinéma, sport auparavant et donc depuis peu je me suis mis à l’écriture.

Miss Aline : Qu’est-ce qui t’as amené à l’écriture ?

Xavier : Alors, j’étais passionné de sport avant et le temps me manquait pour donner libre cours à mes idées. J’étais très inspiré par le cinéma et les scénarios…Puis les accidents sportifs m’ont contraint à arrêter le sport et un beau matin, j’ai pris mon ordinateur et j’ai commencé à écrire. D’une idée de base et je ne me suis plus arrêté.

Miss Aline : As-tu besoin de réunir certaines conditions pour écrire : un lieu précis, musique, etc. ?

Xavier : Alors l’unique condition ça serai le temps…je n’en trouve pas assez entre mon boulot, mon fils et ma famille. Mais sinon je dirai plutôt d’être au calme. Car je visualise énormément les scènes que j’ai envie de décrire….limite à parler tout seul pour faire les dialogues…. (Le mec limite psychopathe !:)))

Miss Aline : Tous les auteurs sont un peu psychopathes ! Parles-moi de L’inconnue de l’équation. D’où te viens l’idée de cette intrigue, ce multi huis clos ?

Xavier : Alors  à l’issue de mon 1er roman,  je voulais continuer dans mon style « scénario complexe »…pour moi c’est ma colonne vertébrale. Mais pour le coup je voulais prouver (surtout à moi même) que je pouvais faire des styles différents. Et inspiré de cinéma, je voulais trouver une idée originale de construction. J’ai un faible pour les espèces de transitions dans les films : passé, présent, narratif, flashback…Et pour le coup de rajouter une sorte de double interrogatoires avec deux visions, pour moi c’était la cerise sur le gâteau …l’idée était de perdre le lecteur sans pour autant le faire fuir.

Miss Aline : Et c’est une réussite, je me suis régalée. Comment travailles-tu tes personnages ? Tu fais des fiches avec un maximum d’infos ou tu te laisses porter par eux ?

Xavier : je me laisse complètement porter par eux ! En fait j’adore vivre mes personnages pour mieux faire ressentir la réalité. Je me mets à leur place et j’imagine ce qu’ils peuvent ressentir pour retranscrire. Tout en restant dans la réalité…pas de fioriture…

Miss Aline : C’est compliquer d’expliquer ce phénomène : le personnage vit et prend le pouvoir pour ainsi dire. Est-ce que tes personnages t’accompagnent dans ton quotidien ou les laisses-tu dans ton ordi une fois la séance d’écriture terminée ?

Xavier : ohhhh le pire c’est quand je suis tout seul dans ma voiture …je revis certaines scènes et je fais des dialogues…mais c’est terrible, on a l’impression parfois d’être déconnecté de la réalité…

Miss Aline : Quand le mot fin s’inscrit, ils restent encore avec toi ou tu les laisses partir ?

Xavier : Oh que non ils ne partent pas…tout d’abord car je sais que la correction va être longue. Et aussi je suis super pointilleux sur des détails scénaristiques…j’ai trop peur d’oublier un détail crucial….et j’ai envie de dire qu’on ne commence à le lâcher que lorsqu’on attaque le suivant… et encore…

Miss Aline : Y-a-t-il un suivant dans ta tête actuellement ?

Xavier : allez….je balance…il est terminé ! Mais il y a encore toute la correction. Et là encore j’ai voulu faire un style différent…

Miss Aline : Ah ! Toujours du thriller / polar ?

Xavier : Ah …ouiiii je ne ferai jamais autre chose, on va dire que je cherche à faire des styles de thriller différents, psychologique, huis clos, et voire un peu plus trash pour le prochain…

Miss Aline : Le thriller est un genre littéraire très prisé par le lectorat. D’où penses-tu que vienne cet engouement ? La recherche de sensationnel ? Une vie par procuration : « faire » au milieu des pages ce que la morale empêche dans la vie vraie vie ?

Xavier : Je pense que oui le lecteur est à la recherche de sensationnel. C’est comme quand tu vas au cinéma pour voir un film. Tu adores quand tu ressors de la séance et tu fais : waouh ! Le lecteur cherche à s’évader et à vibrer et surtout d’être surpris… mais c’est que mon avis…

Miss Aline : Pourrais-tu te laisser tenter par l’écriture à quatre mains ?

Xavier : Alors l’écriture à quatre mains pourrait être une expérience mais je me dis que les personnes devront bien s’entendre …

Miss Aline : As-tu des modèles, des mentors parmi les auteurs ?

Xavier : Très peu, car je lis rarement … et oui je suis aux antipodes de l’auteur classique
En réalité je manque beaucoup de temps. Donc quand j’en trouve je le garde pour écrire. Malgré tout je dirai Harlan Coben pour ses constructions « scénaristiques ».  Mais la réalité est que je m’inspire plus des films que des livres. Ce qui me pose beaucoup de problème quand j’essaye d’écrire…

Miss Aline : Peux-tu développer ? A quel niveau cela te pose problème ?

Xavier : En fait je visionne des images des scènes avant d’écrire et je me lance …mais j’en oubli que le lecteur à un temps de retard sur moi et forcément il est nécessaire pour lui d’être plongé dans cette scène, de lui rappeler où il se trouve pour bien comprendre. Dans un film on passe d’une scène à une autre en une seconde, une phrase suffit lorsqu’elle est raccrochée avec l’image … or là j’oubli parfois que l’image n’y est pas et qu’il faut mieux accompagner le lecteur.

Miss Aline : Que penses-tu de la place du livre (objet) dans la société actuelle où tout va de plus en plus vite ?

Xavier : Je dirais qu’il tient encore sa place. Les choses vont très vite, les innovations aussi et malgré tout il est là est reste un objet symbolique aux lecteurs. On m’enlèvera pas l’idée que tourner manuellement les pages pour avoir la suite de l’histoire qui vous tient… je ne sais pas c’est quelque chose d’indémodable pour moi … mais on ne peut pas ignorer que ce n’est plus comme avant… mais au regard d’autres choses … lui est encore là et continue de vivre ou …de survivre.

Miss Aline : Quel rapport as-tu aux lecteurs, tiens tu compte de leurs remarques ?

Xavier : Alors oui….car je pense qu’il faut entendre ce qui a plu et déplu. C’est ça qui permet d’avancer et de s’améliorer. Après il faut faire la part des choses, car un lecteur qui n’a pas aimé … c’est comme ça parfois, et ce n’est pas parce qu’on refera le livre en tenant compte de ses remarques qu’il aimera … on ne peut pas plaire à tout le monde …

Miss Aline : Un coup de gueule et un coup de cœur de l’auteur Xavier ?

Xavier : Coup de cœur : remercier toutes les personnes que j’ai rencontrées depuis la sortie de mon 1er livre. Le milieu du livre est comme le reste à un certain niveau mais il existe réellement une communauté si je peux l’appeler comme ça et une certaine solidarité. Est-ce que c’est propre au monde du polar… je ne pourrais pas le dire … mais j’ai fait des superbes rencontres.

 Coup de gueule : Mais c’est quand que TF1 va enfin repasser « salut les musclés »… et mette enfin un vrai programme ! Lol non en fait je n’ai rien à dire et surtout je n’ai pas de coup de gueule, car je pense que suffisamment de gens gueulent assez comme ça tous les jours pour un oui ou pour un non …

Miss Aline : Y a-t-il quelque chose que tu souhaiterais dire ici et dont nous n’avons pas parlé et qui te tiendrais à cœur ?

Xavier : Te dire merci pour cet ITW et ta gentillesse. Car consacrer du temps à une personne est la chose la plus sympa qui soit !

Miss Aline : Merci à toi pour avoir accepté cette interview au pied levé. Rendez-vous au prochain roman !

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (32)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (32)

Bonjour, notre série continue et bien que cela ne soit pas aisé, je reçois encore une fois un personnage de roman. Je vous laisse vous présenter.

Bonjour. Je comprends tout à fait et cʼest très gentil à vous de bien vouloir me recevoir Nick. C’est vrai que nous sommes tellement sollicités par nos fans qu’il nous est assez difficile de trouver quelques minutes pour nous échapper de nos reliures.
Me concernant, je m’appelle Emma, veuve depuis quelques années et je suis la maman de deux jeunes chérubins tout à fait adorables. Bien entendu, je ne peux décemment pas vous donner mon âge, mais je peux vous dire que les hommes se retournent sur mon passage malgré le fait que j’essaie, autant que faire se peut, de passer inaperçue. J’aime la tranquillité et la vie sereine, même si parfois tout peut basculer.

Voilà qui est un vœux pieu quand on est le personnage d’une aventure comme la vôtre. Cette façon de voir les choses fait-elle partie de votre caractère ?

Je suis volontaire, d’un naturel jovial, persévérante et pugnace dans mon travail et, de ma vie, je ne me souviens pas avoir fait de mal à quiconque. Ce qui, malheureusement, n’est pas totalement réciproque lorsque cela vient à me concerner. Une dernière chose, je ferai tout pour mes enfants.

Comment s’est passée votre rencontre avec Eric Oliva ?

Ce pauvre bougre a ruminé mon histoire pendant près dʼune année. Je pense quʼil voulait quʼelle ne ressemble a aucune autre, mais par-dessus tout qu’elle se rapproche de ce quʼil vit au quotidien. Du coup, lorsque lʼon connaît son métier, je me dis quʼil a dû avoir du pain sur la planche pour que je puisse coller autant à la réalité.

Pour coller à cette réalité justement, vous pensez qu’il a glissé des parts de lui dans votre personnalité ?

Pas physiquement et heureusement pour moi… Intellectuellement, non plus puisque jʼai fait quelques études et pas lui. Mais nous avons cela en commun : en dépit de tous les déboires que la vie nous réserve, nous sommes profondément humains. Le principal pour nous, cʼest lʼamour et lʼamitié des autres. Quitte à franchir certains seuils…

Oui parce que tout n’est pas rose pour vous dans cette histoire… Lui en voulez-vous ?

Nul doute que je devrais certainement, mais je nʼy arrive pas. Il avait besoin de délivrer un message à tous ceux qui plongeraient dans mon histoire et les alternatives qui sʼoffraient à Eric nʼétaient pas légion. Il fallait que les méchants le soient autant quʼils le sont dans la vraie vie et que je sois vraiment moi. Cʼétait un pari fou et lorsque jʼen parle avec dʼautres personnages que je croise parfois au détour dʼune page, cʼest un pari gagné.

Maintenant que l’aventure est terminée, comment occupez-vous votre temps libre ?

J’en relis certains passages et je me dis que tout nʼest pas nécessairement terminé. Que peut-être un jour je réapparaitrai dans une nouvelle enquête de la P.J de Nice. Lʼaventure a été éprouvante, mais jʼai confiance en ce flic que jʼai rencontré.

En dépit de tous les déboires que la vie nous réserve, nous sommes profondément humains.

Et si vous deviez lui poser une question, quelle serait-elle ?

Mais où trouves-tu toutes ces idées ???

Bien sûr, je connais fort bien la réponse, puisquʼil mélange souvent à ses romans des histoires quʼil a vécue. En fait, cʼest trop facile pour ce gars.

En guise de conclusion, un petit mot pour ceux qui vont vous découvrir ?

Un jour que nous étions en tête à tête sur sa terrasse, Eric mʼa expliqué quʼil allait essayer de toutes ses forces de rester humain avec moi. Vu ce quʼil mʼa fait vivre, je sais maintenant quʼil nʼy est pas très bien arrivé, mais comme je vous lʼai dit plus haut, je ne peux pas lui en vouloir.
Pourquoi cela me direz-vous ?
Eh bien, quand je lui ai demandé quelques explications, il mʼa regardé droit dans les mots et mʼa dit : Tu sais Emma, ce que tu as vécu dans Du soleil vers lʼenfer te semble dur et inhumain et je sais que ça lʼa été, mais crois-moi, dans la réalité, jʼai souvent vu bien pire.

Assignée à résidence : L’interview bracelet électronique 9, Frédéric Mars


Assignée à résidence : L’interview bracelet électronique 9, Frédéric Mars

L’interview « bracelet électronique »,  vous connaissez maintenant, non ?

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le neuviène auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Frédéric Mars mais pas que.   

Mo Malo aussi !

Lundi 7h30

Miss Aline : Bonjour Frédéric, bonjour Mesdames. Commence aujourd’hui l’assignation  à résidence de Frédéric Mars. 
Frédéric,  si vous pouviez vous présenter pour les lecteurs.

Frédéric : Je suis Frédéric Mars, auteur de romans (mais pas que) sous cette identité (mais pas que) depuis environ 15 ans (et déjà un peu plus que ça encore). Je ne serai sans doute pas votre « client » le plus facile à interroger, par la faute justement de mes activités et mes identités très diverses. Bref, je suis un peu le Keyser Soze de la littérature populaire contemporaine 😉 Jamais tout à fait QUI ni LA où on l’attend.

Dany : Bonjour Frédéric, bonjour Aline Gorczak

Frédéric : Bonjour 😉

Miss Aline : Bonjour Danièle.

Geneviève : Bonjour tout le monde, je ne fais que passer, ne vous soucier pas de moi, poursuivez comme si de rien n’était !

Dany : Justement, avant d’être atteint de schizophrène littéraire, il était comment le petit Frédéric ?

Geneviève : 👍

Frédéric : Déjà difficile à maintenir sur terre, constamment dans ses rêves 😉La fiction m’a très tôt semblé bien plus riche, structurée et intéressante que la supposée réalité. Dès que je le pouvais, donc, je m’échappais de l’une pour me réfugier dans l’autre. Je donnais notamment beaucoup d’importance à mes rêves.

Dany : ses rêves … il se les fabriquait seul ou il lisait …

Frédéric : Les deux mon général ! Je lisais beaucoup, regardais beaucoup de films, et même si je n’écrivais pas tant que ça je passais beaucoup de temps à rêvasser, à imaginer d’autres réalités alternatives possibles.

Dany : Chez toi, c’était bien accepté ?

Frédéric : Ah oui, très, mon père était un peu pareil, d ‘ailleurs la maison débordait de livres, de disques, de peintures, mon père peignait des toiles genre Magritte érotique (sic !), donc l’imaginaire était quelque chose de très valorisé chez mes parents.

Miss Aline : Tous les enfants devraient grandir dans un environnement ou l’imaginaire à une vraie place.

Frédéric : Je suis bien d’accord 😉

Miss Aline : du rêve à l’écriture, c’est quoi le déclic ?

Frédéric : Eh bien, à l’école, je dois à deux profs, l’une en CM2, puis l’autre en 6e, d’avoir détecté chez moi une relative facilité de plume, et de m’avoir encouragé par de petits compliments. Ce fut très léger, et peu fréquent, mais ça a suffi pour qu’en tire l’idée (encore diffuse) que j’avais ma place là, dans la construction d’histoires avec des phrases, et pas ailleurs.

Miss Aline : tu écris n’importe où  ou vous faut-il un cadre bien précis (lieu, musique etc) ?

Frédéric : D’une manière générale il me faut une bulle de calme absolu : pas de bruit, pas de musique, pas de mouvement autour de moi. Mais, ceci étant posé, ça peut être n’importe où, même si évidemment c’est plus simple chez moi. Mais je suis incapable de travailler sérieusement dans les cafés ou le train, comme certains de mes confrères/consoeurs. J’admire et j’envie cette capacité !

Dany : Quelles étaient tes lectures d’enfant, d’ado ?

Frédéric : Beaucoup de choses très différentes, et pas forcément de mon âge ! 😉 Classiques de la BD (Tintin, Astérix, Gaston Lagaffe, Achille Talon, Bicot, etc.), mais aussi des Jules Verne, et tout ce qui traînait dans la bibliothèque paternelle. Il y avait notamment de la SF (type Asimov) et des anthologies de textes éditées par la revue Planète dans les années 60-70 qui me fascinaient.

Dany : et quels héros étaient tes modèles ?

Frédéric : Aucun en particulier, franchement. Je n’ai jamais adulé ni un héros ni un auteur précis. Ce qui m’a toujours plu s’est justement la diversité des personnages, des destins des histoires, ce réservoir imaginaire infini. C’est sans doute pour ça que je suis aujourd’hui si versatile et diversifié moi même dans ma production. Pourquoi se limiter à un genre et un univers, quand il y en a tant de différents disponibles ? 😉
Chez mes parents il y avait vraiment de tout, et par la suite j’ai cultivé ce goût de la diversité et du grand écart. A 17 ans, je relisais encore de la SF type « Le monde des A » ou Philip K. Dick et en même temps, cette année, là, je me souviens que j’ai lui tout Shakespeare !!!

Dany : Aujourd’hui est-ce que tu lis encore ?

Frédéric : Oui, mais moins paradoxalement. Mes lectures sont plus documentaires, pour nourrir mes propres écrits. Les lectures « plaisir » sont beaucoup moins nombreuses, faute de temps. Pour en avoir parlé avec nombre de mes confrères auteurs, je sais que je ne suis hélas pas le seul. Et puis, quand on passe comme moi ses journées entières à écrire ses propres textes, le soir on a peu de cerveau dispo pour lire encore pendant des heures. Quelques pages, oui, mais pas une soirée complète de lecture.

Dany : Les soirées … les nuits … c’est pour les lecteurs ! La doc on vous la laisse et on vous fait confiance les auteurs …

Frédéric : Ah ah merci 😉

Miss Aline : Les marcheurs , d’où en vient l’idée ?

Frédéric : De deux articles lus dans la presse anglaise : l’un parlait d’implants mammaires explosifs comme une possibilité crédible d’attaque terroriste, et l’autre d’une attaque bien réelle où un opposant au régime saoudien s’était introduit une charge explosive dans le rectum pour s’en prendre au ministère de l’intérieur de son pays. Mais, par chance, il avait été maitrisé avant que la charge n’explose…

Dany : Sur ce sujet il y a aussi le Prix du quai des orfèvres2018 Tension extrême de Sylvain Forge  ...

Frédéric : J’avoue ne pas l’avoir lu 😉 Même si je vois de quoi il s’agit.

Miss Aline : Le monde est fou !

Dany : Alors après l’article… une histoire …

Frédéric : Oui, mais ces articles et cette histoire datent pas mal, en l’occurrence de 2010 (la première édition du livre est sortie fin 2011). J’ai alors eu l’idée, je ne sais plus bien comment, de la marche continue comme  condition sine qua non : s’ils ne marchent plus, ils explosent. Ça m’a semblé un facteur de tension accrue. Et à partir de là, je n’ai eu qu’à dérouler les parcours croisés de mes principaux protagonistes, et des institutions qu’ils représentent.

Dany : Plus qu’à … avec méthode tout de même … laquelle ?
Un plan, une fin connue dès la 1ère ligne ?
Un grand tableau… plein de post it

Frédéric : Toujours pareil : à partir de l’idée de départ je note tout ce qui me semble pouvoir faire partie du périmètre de l’histoire, puis je me documente beaucoup, et enfin je monte un script très détaillé, scène par scène, qui peut faire entre 30 et 50 pages, voire plus. Dans le cas des marcheurs, le scénario est particulièrement tortueux et complexe, donc ça m’a pris pas mal de temps et de travail.
Un mélange de tout ça : je commence par un grand cahier où chaque page est découpée en 3/4 lignes dramatiques principales (en gros une par personnage principal), et où je colle des post-it qui correspondent aux scènes ou aux idées d’action en général. Comme ça je peux déplacer mes « briques » à l’envi. Et, à partir de là, je peux écrire mon script détaillé. Ça peut sembler fastidieux, mais de mon point de vue, c’est me seul moyen de rester tendu et cohérent à la fois.

Dany : c’est surtout complexe 
Quand tu écris, c’est un genre à la fois ou plusieurs romans ou scénarios en parallèle ?

Frédéric : Pardon, je ne suis pas sûr de comprendre ta question : est-ce que j’écris plusieurs livres en parallèle ? Si c’est bien ça, la réponse est non. J’ai besoin de m’immerger complètement dans un sujet. J’ai du mal à zapper d’un univers à l’autre au cours d’une même période. Mais une fois cet univers refermé, je n’ai aucun problème à sauter dans un univers très différent.

Dany : C’était tout à fait ma question

Frédéric : OK 😉

Lundi 11:12

Dany : A regarder la « méthode », on peut donc dire que l’histoire prime sur les personnages … c’est ça ?

Frédéric : Ca pourrait laisser penser ça en effet, mais à l’intérieur de ce scénario très précis, je laisse une grande autonomie à mes personnages. Bien souvent, je modifie d’ailleurs des aspects de l’histoire en fonction de la manière dont ils évoluent en cours d’écriture. Je les crée, mais très vite ce sont eux qui prennent le pouvoir !

Dany : donc l’histoire n’est pas « arrêtée » avec les premières lignes, toi-même tu peux t’étonner ?

Frédéric : Exactement ! Je définis une histoire avec une fin, mais la manière dont on y parvient peut en effet me surprendre en partie moi-même 😉

Dany : au-delà de l’histoire, de l’intrigue,les valeurs qui te sont chères (du moins je le suppose) et les messages « sociétaux » sont-ils essentiels ?

Frédéric : Je ne parlerais pas vraiment de « message » car je ne fais pas de politique, et je ne cherche à délivrer aucune morale. En revanche, je me passionne pour l’état de notre société, et en offrir une photographie à mes lecteurs (certes un peu déformée par la fiction) est en effet une motivation forte pour moi. C’était le cas avec les Marcheurs, s’agissant du terrorisme, mais ça va être encore plus le cas encore avec La lame, mon roman qui sort chez Métropolis fin mai, où il est beaucoup question d’un sujet très actuel, et pour part polémique : l’immigration sub-saharienne en Europe, et en quoi celle-ci représente un enjeu politique et économique mondial pour les décennies à venir.
PS : tout ça sous la forme d’un thriller, je te rassure 😉

Dany : Quand tu pourras nous en dire plus que la 4ème de couverture, nous t’attendons avec plaisir sur Collectif Polar … à moins que dès maintenant …

Frédéric : Je peux juste donner un pitch pour l’instant, qui correspond à  une grosse 4e. Je ne sais pas si ça peut intéresser le collectif en l’état…

Dany : Essaye toujours …
Petite réflexion perso : Ring pas de bol pour mon arthrose du poignet , il ne fait pas de numérique !

Frédéric : Ah oui, je sais, mais c’est délibéré de la part de David Serra, je crois, pour éviter le piratage d’une part, et de l’autre pour que l’objet livre reste un bel objet, un produit noble.
Pitch de LA LAME, donc :

8 octobre 2031, Avignon, sur le célèbre pont Saint Bénezet.
Le président de la République, Bako Jackson, le « Obama français », en lice pour sa propre réélection, rencontre une délégation des migrants nigérians parvenus sur la Côte d’Azur suite au tsunami qui les a chassés de Lagos, à travers toute l’Afrique puis la Méditerranée. Mais de la foule, jaillit une main anonyme qui plante une lame blanche dans son ventre. Le président s’écroule.
Huit jours plus tôt, le 30 septembre, dans la cité « la Soli » des quartiers nord de Marseille, l’officier de PJ Simon Mardikian découvre le cadavre d’une jeune prostituée noire, Joy, alias Queen, sans identité définie. Son enquête dans les bas-fonds de la prostitution marseillaise et des réseaux migrants-prostituions-drogue commence.
Le lendemain, 1er octobre, à Lagos, dans le bidonville flottant de Makoko, l’instituteur Sékou Williams tient tête au dealer Kaza qui cherche à recruter de revendeurs parmi ses élèves. Mais soudain, une immense vague-submersion venue de la mer voisine emporte tout sur son passage.
Le même jour, à l’Élysée, le président Bako Jackson annonce sa candidature à sa propre réélection. Il en profite pour annoncer aussi le renforcement du dispositif Frontex. C’est sa fermeté sur les questions migratoires qui a valu à ce métis, fils d’un pasteur nigérian, de ravir le pouvoir à l’extrême droite en 2027. Il achève à peine son allocution qu’on lui annonce la catastrophe climatique de Lagos.
Ce qu’il ignore, c’est qu’au tsunami maritime va succéder une lame migratoire comme la France n’en a jamais connue en aussi peu de temps. Une vague qui en annonce d’autres. Ce qu’il ignore, c’est que quelque part en Afrique, une lame de couteau s’apprête à croiser sa route. La seule chose qu’il perçoit, c’est cette lame de tarot qui lui prédit un drame d’envergure inédite.
Comment ? Pourquoi ? Quel rapport avec le vaste réseau de trafic narcotique et humain qui a déjà déferlé sur nos côtes ? Qui agit dans l’ombre pour déstabiliser une Europe en proie à des flux migratoires incontrôlables ?

Voici le parcours de la lame qui va changer l’histoire de notre pays.


Lundi 12:39

Frédéric : PS : je risque d’être moins dispo durant deux petites heures (dej et trajet en voiture).

Geneviève : 👍, oui notre auteur même assigné à résidence à le droit de dejeuner😉

Lundi 14:22

Miss Aline : Beaucoup d’auteurs disent que leur personnages prennent le contrôle , qu’ils vivent leurs vies. Peux tu expliquer ce processus ?
Ça reste très abstrait.

Frédéric : Et pour nous assez difficile à faire partager comme sensation 😉
Mais disons qu’au même titre que des proches qu’on côtoie au quotidien, ces personnages qui entrent dans notre vie et y restent pendant des mois, parfois même des années, finissent par avoir sur nous une forme d’influence. En tout cas, ce ne sont pas de simples marionnettes qu’on range sagement le soir, quand on arrête d’écrire. Ils continuent à vivre en nous. On y pense. On se demande comment ils se comporteraient dans telle ou telle situation qu’on rencontre, etc.

Lundi 16:57

Dany : Comment fais-tu concrètement pour vivre avec tout ce monde dans ta tête … une journée de schizophrène se passe comment ?

Frédéric : Avec pas mal de migraines !!! 😉 J’ai l’air de plaisanter, mais parfois mes proches s’étonnent du fait que j’oublie certains détails de notre vie bien réelle… pour la simple et bonne raison que ma conscience  est déjà fort encombrée par toutes ces vies fictionnelles ! Tout ça fait beaucoup d’informations, sans doute trop, et les deux univers se télescopent de temps à autre ! 😉

Lundi 19:54

Dany : Merci pour aujourd’hui… Je reprends les hostilités demain… Bonne nuit!

Frédéric : Avec plaisir ! 😉 Bonne soirée et à demain !

Miss Aline : Bonsoir à tous.

Mardi  08:49

Dany : Bonjour tout le monde ! Frédéric,  j’espère que tu as pu te reposer malgré le port du bracelet …
Revenons à ton métier d’auteur et ta façon d’écrire.
Est-ce que tu prépares toutes tes munitions et ensuite tu te lances dans l’écriture d’une traite ? Combien d’heures pas jours ? Papier crayon ou ordi ?
Oui, oui on veut tout savoir !!!!!!!!!!!!!

Geneviève : 👍

Frédéric : Bonjour à tous ! J’ai mal dormi, mais le bracelet n’est pas en cause je pense 😁 Juste trop d’idées qui tournaient en tête !

Geneviève : Bonjour les flingueuses et bonjour Frédéric Mars. Je ne fais que passer pour vous soutenir dans ces instants délicats d’une assignation à résidence. Allez belle audition à vous !

Frédéric : Alors oui je prépare tous mes documents, en particulier ce long scénario dont je parlais hier. Et aussi une fiche par personnage principal, toute la documentation concrète pour les lieux, etc.
Une fois tout ceci préparé, j’écris sur ordinateur presque exclusivement. Je complète juste un peu par des notes ponctuelles que je prends en cours de projet sur des post-it ou sur mon téléphone (via Evernote).
J’écris un minimum de cinq à six heures par jour, jusqu’à 10 maxi, en moyenne plutôt 7 à 8 h.
Je suis surtout performant le matin. Moins l’après midi et pas du tout le soir ou la nuit.
On est très loin du mythe de l’auteur qui écrit la nuit à la bougie 😉

Dany : Tout comme de l’auteur maudit …
Et tu te fais relire en cours d’écriture ?

Frédéric : Quand mon projet est complexe, comme Les Marcheurs ou la Lame, je tiens durant toute la durée de l’écriture un « journal de bord », sur lequel je reporte tous les soirs les petites trouvailles ou inflexions dans mon scénario qui ont jailli en cours de journée. Histoire de garder une cohérence maximale, et ne rient laisser en plan pour le lecteur. Que tout ce que je pose soit 100% utile à mon récit.
Assez peu (pour la relecture). Tant que j’écris, j’ai besoin qu’on me fiche la paix 😉 Généralement je soumets juste les premières pages à mon éditeur pour qu’on soit bien raccord sur le ton général et la direction, et ensuite je lui demande de me faire confiance et de me laisser travailler peinard. Si vraiment on est à la bourre, je lui envoie une partie de chapitres, par paquets, au fur et à mesure que je progresse.
Mais même dans ce cas, et  à moins qu’il identifie un gros problème sur le texte, je lui demande de garder ses remarques pour la fin, quand je lui ai tout remis.
A partir de là, pas de souci, je suis ouvert à toutes les remarques et toutes les modifs. Mais pas en cours de route… sinon, ça me « coupe les pattes » !!! 😉

Dany : Ton entourage n’est pas sollicité ?

Frédéric : Ça arrive mais c’est assez rare. J’ai tendance à ne faire confiance qu’à mon éditeur / éditrice. L’entourage proche est toujours « trop ». Soit trop indulgent soit trop cassant, mais rarement juste et technique. Trop dans l’affect et pas assez dans l’économie du récit.
Je ne l’ai fait que quand ce que j’écrivais impliquait plus ou moins directement le/la proche en question/
Pour qu’il / elle ne se sente pas trahi.

Miss Aline : Réseaux sociaux, salons… incontournables pour l’auteur aujourd’hui. Quel est ton rapport avec tes lecteurs ?
Autant que faire se peut écoutes-tu leurs remarques pour tes prochains travaux ?

Frédéric : Je suis assez présent sur les Réseaux Sociaux je pense, même si c’est très consommateur de temps, et que ma multiplicité d’identités rend la tâche plus ardue encore. Mais j’aime bien ce rapport direct oui.
Alors oui j’écoute ce qu’on me dit. Ça peut m’aider à corriger certains détails pour des tomes suivants. Mais au final, je me laisse toujours emporter par mon imaginaire… qui n’est pas forcément le leur ! 😂

Miss Aline : Je suis d’accord l’imaginaire et le ressenti sont propres à chacun.
En dehors de l’écriture, une passion ?

Frédéric : Voilà ! Tout ce qu’on peut espérer est tant qu’auteur, c’est que la manière dont on raconte son histoire puisse embarquer le lecteur, y compris celui qui n’avait pas de goût a priori pour notre univers. C’est le plus beau compliment qu’on ait pu me faire notamment sur les Marcheurs : » d’habitude je déteste les romans sur le terrorisme, mais j’ai quand même aimé ton histoire ». 😉

Miss Aline : 👍

Geneviève : 👍


Frédéric : Le cinéma !!! J’y vais (en salles) entre 120 et 150 fois par an. Je suis totalement accro. 2-3 jours sans séance et je suis en état de manque. C’est vraiment ma seule drogue (avec le chocolat et quelques autres gourmandises)

Miss Aline : Ah le chocolat !

On est d’accord que le ressenti c’est la somme de notre vécu, les émotions au moment T, nos peurs, nos espoirs.
En va-t-il de même pour l’écriture : aujourd’hui auriez-vous écrit les marcheurs de la même façon ?

Frédéric : Oui, chaque livre est vraiment le produit de ce que l’on est à un instant T, c’est tout à fait ça. Et donc non, évidemment, je n’écrirais pas Les marcheurs de la même manière aujourd’hui, pas plus que mes autres livres. Et c’est tant mieux comme ça 😉

Miss Aline : Le livre que tu aurais aimé écrire et pourquoi ?

Frédéric : Difficile de répondre à cette question, car quand je suis lecteur, je suis vraiment lecteur, je débranche en partie mes automatismes d’auteur pour apprécier pleinement ce que je lis. Et c’est d’autant plus difficile que j’ai des goûts très éclectiques, je lis des choses TRES différentes. Mais s’il faut n’en retenir qu’un, je dirais REPLAY de Ken Grimwood, un livre à la structure vertigineuse et dont je suis forcément un peu jaloux. L’un des rares romans que je connaisse qui arrive à faire rimer suspense et métaphysique.
Ah, et au titre de mes passions j’ai oublié la photo aussi. J’en fais moins actuellement, mais je suis toujours très amateur. Mon tout premier job, il y a près de 25 ans, était d’ailleurs dans un magazine photo.

Dany : Est-ce qu’il est des sujets que tu t’interdis d’aborder … pas peur, par conviction, par « timidité » ?

Frédéric : Franchement, quasiment jamais, et ce n’est pas pour me faire plus tête brûlée que je ne suis. Mais au contraire, plus un sujet me semble sensible ou polémique, et plus j’ai envie d’y aller. Je pense que LA LAME va en être une bonne illustration d’ailleurs. Le sujet en est à la fois contemporain, sensible ET objet de polémiques.  Ce sont plutôt les éditeurs qui me disent « tout doux bijou » que moi qui m’autocensure. Comme on dit familièrement, je serais prêt à toutes les audaces pour le plaisir d’une histoire que je trouve intéressante à raconter. 😉 Pour moi, la fiction justifie tout ou presque ! 😁
Si vous saviez les délires que j’ai dans mes cartons, vous auriez froid dans le dos 😂

Miss Aline : Des délires que tu pourrais sortir et développer ?

Frédéric : Pour certains d’entre eux oui. Je ne peux pas encore en parler de manière précise, car c’est un projet non signé pour l’heure, mais il est notamment question que je sorte un contre-livre de Noël politiquement très incorrect en fin d’année 😁

Mardi 11:06

Dany : Y a-t-il des causes pour les quelles tu es prêt à t’engager ?

Frédéric : Au risque de décevoir, pas vraiment. Je me méfie toujours des embrigadements quels qu’ils soient, même mus par de bonnes intentions. Les causes que je pourrais défendre sont plus « philosophiques’ que réellement humanistes. Je défends par exemple mordicus le droit à ne pas être drôle, à ne pas être léger, à être différent de cette époque qui subit la dictature du fun. je défends aussi celui à ne pas s’engager en noir ou blanc, justement. A avoir des positions nuancées, voire ambiguës ou contradictoires. Je suis toujours effaré de constater que la plupart des individus, aujourd’hui, vous veulent AVEC ou CONTRE eux, et si vous n’êtes pas AVEC eux, ils vous classent d’emblée CONTRE eux. Bref, je milite pour le droit à ne pas penser comme les autres sans pour autant devenir leur ennemi. Et pour le devoir de laisser son prochain en paix, si le seul « crime » du prochain en question est de penser différemment de vous. Bref, ce n’est pas avec ça que je vais mobiliser des foules ni créer un parti politique 😂

Dany : Ca a le mérite de la sincérité sans opportunisme …
Pourquoi tous ces pseudos ? Ne craints-tu pas d’y perdre en visibilité ?

Frédéric : Au début, et encore aujourd’hui, les pseudos m’ont été imposés par mes différents éditeurs, pour faire un distinguo qu’ils estimaient nécessaire entre mes différentes productions. Et puis, avec le temps , même si je n’ai rien voulu de tout ça ni calculé cette apparente schizophrénie, je dois avouer que cela s’est mis plutôt à me plaire. Aujourd’hui j’aime changer de costume en fonction de ce que j’écris, comme le ferait un comédien. Après tout, on n’imaginerait pas un acteur montant sur scène dans son costume de ville ! On trouve normal qu’il endosse une identité différente à chaque rôle. Eh bien moi c’est pareil, j’endosse l’identité qui colle avec chacun des univers que j’ai envie d’explorer. Et comme ils sont nombreux… ma « garde robe » peut encore contenir pas mal d’autres costumes ! 😃
PS : si l’ imagination d’un auteur ne lui sert pas à se réinventer lui-même, franchement à quoi sert-elle ? 😉

Geneviève : Personnellement je me t’ai rencontré qu’une seule fois avec mon amie Caroline Noëlle. à l’occasion de la sortie de vos livres respectifs chez Charleston. Je t’ai rencontré et tu t’appelais Emma Mars😉. Hahaha

Miss Aline : Pour l’entourage déstabilisant où tu remets le costume « vrai toi » quand tu sors de l’écriture ?

Frédéric : Jusqu’ici mon entourage a toujours suivi le mouvement avec beaucoup de bienveillance et de compréhension, justement parce qu’il existe un « vrai Frédéric » dans l’intimité et qu’ils le connaissent et le reconnaissent. En tout cas, je pense…  Mais il m’arrive tout de même  de faire des emprunts à mes autres identités dans le quotidien, quand cela se justifie ou me semble amusant.

Dany : Un acteur même s’il endosse des rôles différents a un nom de scène … même Tanguy a un nom !

Frédéric : C’est vrai, mais (voir ci-dessus), mon entourage sait qui je suis vraiment, au-milieu de toute cette diversité (parfois contradictoire et un peu déroutante), et c’est l’essentiel pour moi 😉

Dany : Mais je me place du côté du lecteur, celui qui apprécie Frédéric  ne connait pas ne connait pas Mo Malo alors que Quaanaaq a eu un bon lancement !
Mais … tu as de illustres prédécesseurs …

Frédéric : C’est en effet le risque et la limite… Mais une fois de plus, ces choix là relèvent généralement plus de la volonté des éditeurs que celle des auteurs. L’auteur, en tout cas dans mon cas, ne programme pas sa « carrière » selon un plan bien défini. Il va un peu là où on veut bien de lui 😉 A moins d’être une star de l’édition, et encore, c’est rarement lui le maître du jeu.
Très illustres oui, et je compense sans doute leur renommée et leur talent par la multiplicité de mes identités 😂😅

Dany : Dans ta bio il est dit que tu étais scénariste TV … tu peux nous en dire plus ou est-ce encore un pseudo 😂?

Frédéric : Oui, sous pseudo aussi 😉 Mais ce fut des expériences assez brèves et assez peu concluantes me concernant

Dany : Des projets TV ou ciné ?

Frédéric : je rêverais évidemment que certains de mes ouvrages soient adaptés, évidemment. Des intérêts ont déjà été manifestes, et encore actuellement. Mais rien n’a abouti pour l’instant. Car, il faut bien le dire, j’imagine des scénarios assez complexes, ou situés dans des lieux pas très accessibles, donc peu économiques … et donc hors de portée de la plupart des productions françaises. Mais bon, si David Fincher m’appelle pour adapter les Marcheurs, je ne refuserai pas ! 😂

Miss Aline , Dany et Geneviève : 👍 👍

Dany : Allez … pause déjeuner … Bon appétit !
On se revoit dans quelques heures

Frédéric : Ca marche ! A tout à l’heure ! Bon appétit 😉

Mardi 14:56

Miss Aline : As tu déjà écris à quatre mains ? Si non est-ce une expérience que tu aimerais tenter?

Frédéric : Oui, je l’ai déjà fait, et encore assez récemment, sous un autre pseudo. Ce n’est pas mon exercice préféré, mais quand on trouve un(e) partenaire très autonome, comme c’était le cas il y a peu, ça peut devenir franchement excitant et enrichissant. Ce qui n’est pas tenable, c’est quand l’un « bouffe » l’autre ou assume tout à sa place, ce qui hélas arrive assez souvent…

Miss Aline : Comment s’inscrit ton avenir d’auteur sur le long terme ?

Frédéric : Je n’en ai aucune idée ! 😉 Comme dit précédemment, nous auteurs proposons des choses, et les éditeurs disposent. Aucun auteur ne peut prétendre avoir la main sur son avenir. La seule chose dont je suis sûr, c’est que voilà déjà 15 ans que je vis de ma plume… et que j’ai bien l’intention de poursuivre dans cette voie aussi longtemps que possible 🙂 C’est épuisant, mais c’est aussi ce que je connais de plus exaltant sur cette terre !

Miss Aline : Nous avons abordé beaucoup de choses dans cette ITW. Y a-t-il quelque chose que tu voudrais dire et dont on aurait pas parlé ?

Frédéric : Eh bien, sans jouer mon syndicaliste de base ni faire pleurer Margaux, oui je voudrais alerter sur la précarité de plus en plus critique des auteurs, et sur le travail mené par La ligue des auteurs professionnels qui se bat depuis quelques mois pour améliorer notre situation. J’invite à ce propos tous les auteurs, à partir d’un seul livre publié à compte d’éditeur, à adhérer à ladite Ligue (la cotisation annuelle n’est que de 5 euros). Une réforme de fond du statut d’auteur doit être menée en France. Et même si je doute voir les choses évoluer de mon vivant, j’ai tout de même bon espoir que les choses finissent par évoluer. C’est peu su, mais en France l’édition est le premier secteur culturel en valeur (devant le cinéma, le théâtre ou la musique), et c’est le seul d’entre eux où ceux qui produisent le matériau de base, les auteurs, ne peuvent quasiment pas vivre de leur travail. Comme aurait dit le grand William, il y a là quelque chose de « pourri au royaume de Danemark » qu’il est urgent de corriger.

Dany : Un coup de cœur pour conclure ?

Frédéric : Lecture, film, autre ?

Dany : Oui …. tout !

Frédéric : Côté livre je vais la jouer « corpo », mais c’est aussi sincère, car c’est un thriller prodigieux, je veux parler du Manufacturier de Mattias Köpping chez Ring. En plus, ce qui ne gâche rien, Mattias est un garçon passionnant et adorable.

Miss Aline : Sacré bouquin en effet.

Dany : What else ?

Frédéric : Et puis, un coup de cœur musical récent, le nouvel album (soul) de Durand Jones & the indications, intitulé American Love Call.
J’ai été très rock par le passé, mais j’écoute de plus en plus de folk et de soul.

Miss Aline : Merci beaucoup pour cette ITW , pour ce moment de partage, Frédéric. Rendez-vous au prochain roman.

Dany : Pour ma part je n’ai rien à ajouter. Pour le moment je n’ai lu que Tout le bonheur du monde (tient dans la poche) donc je crains, comme je le disais, pour mon arthrose du poignet et la santé de ma carte bleue 😂😇
Merci beaucoup pour ces échanges et tout le temps que tu as accepté de nous consacrer. A bientôt sur un salon !!

Geneviève : 👍

Geneviève : Beau travail les flingueuses.  Merci à Frédéric de s’être si bien prêté au jeu.
Très beaux échanges. 
Je sens que comme moi les lecteurs de Collectif Polar vont adorer.

Frédéric : Merci à vous trois pour ce moment partagé, et la pertinence de vos questions 😉  j’ai beaucoup aimé l’exercice !

Miss Aline, Dany et Geneviève : 👍

Frédéric : Juste une info et une question : LA LAME sort donc le 28 mai chez Metropolis Noir, et la question : notre dialogue sera mis en ligne quand ? 😉

Geneviève : Moi je n’y suis pas pour grand chose. C’est nos deux  flingueuses qui ont bien bossé.  Merci Miss Aline et merci Mamie Danièle.
Il faut dire aussi que notre auteur à été un client parfait.

Et pour répondre à ta question je ne sais pas encore exactement début mai, dans la première quinzaine juste avans la sortie de La Lame ton prochain roman, promis.

Et moi Frédéric je t’avais découvert avec ce livre (enfin avant qu’il ne soit en poche :

Et je serai ravie de te revoir à nouveau à SMEP, Saint Maur en Poche

Allez Fin de cette assignation à résidence et je me permets d’enlever le bracelet électronique de Messieurs Frédéric Marc et Mo Malo.

 

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (31)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (31)

Bonjour, si vous le voulez bien nous pouvons rentrer tout le suite dans le vif du sujet. Tout d’abord, je vous laisse vous présenter.

Bonjour, je m’appelle Cameron. Je ne vous donne pas mon nom de famille, car j’en ai déjà porté trois. Et c’est peut-être pas fini… J’ai été enlevé lorsque j’avais cinq ans et dressé à devenir un tueur. Mais mes compétences vont bien au-delà de ça.

Dressé ? Quels sont les qualités premières d’un tueur selon vous ?

J’ai dû apprendre à m’adapter. C’est sans doute mon trait de caractère le plus marqué. Je suis un caméléon qui s’ajuste à son environnement et à ses interlocuteurs. Cela peut poser des difficultés face à des personnes fragiles ou observatrices. Max m’a aussi appris à être autonome et rigoureux. Je suis un battant et je ne baisse pas les bras. Ma survie est ma priorité numéro 1.

Votre créatrice a donc bien défini votre caractère. Vous pensez qu’elle y a inséré des parts d’elle-même ?

Sincèrement, j’espère pour elle que non ! Je suis un tueur, un manipulateur, avec une personnalité fluctuante. Si vous insistez, je vous dirai juste qu’on aime cuisiner, que nous aimons tous les deux les livres et le cinéma. Mais dans l’ensemble, elle est beaucoup plus fréquentable que moi !

Je suis capable de vivre au sein de votre société tout en m’affranchissant de ses règles morales.

Vous partagez tout de même des choses avec elle. Vous vous côtoyez sans doute depuis longtemps… Quand avez-vous investi sa tête ?

Je n’en sortirai jamais totalement. Et ça me va. Il y a plein de gens comme moi là-dedans. Il y a de l’ambiance !

De l’ambiance, je veux bien le croire ! Pourtant, elle ne vous épargne pas. Vous accumulez les actions moralement limites. Vous ne le regrettez pas parfois ?

Si je n’avais pas eu à faire ces trucs pas jojo, je n’aurais jamais existé. Et puis, c’est toute la différence entre une existence normale et un destin extraordinaire comme le mien. Je suis un survivant. Max a parfaitement réussi son challenge en faisant de moi un super prédateur. Je suis capable de vivre au sein de votre société tout en m’affranchissant de ses règles morales. Pouvez-vous me dire que votre vie à vous est aussi excitante ?

Ces derniers temps, avec toutes les rencontres que je fais, je dois dire que c’est pas mal… Mais pour en revenir à vous, vous dites que vous vous intégrez dans notre société. Comment faites-vous quand Claire Favan ne dicte plus vos faits et gestes ?

J’existe pour chaque lecteur qui ouvre « dompteur d’anges », c’est un destin fabuleux. Mon auteur m’a créé et conduit là où elle le voulait. Depuis, elle m’a libéré et je peux désormais poursuivre ma route seul.

C’est tout le mal qu’on vous souhaite en définitive. Vous avez peut-être une question à poser à votre créatrice ?

Bon alors, mon prochain frangin tueur, il arrive quand ?

Je crois que vous n’êtes pas le seul à l’attendre !

Voilà, je crois que l’entretien touche à sa fin. Je vous laisse conclure ?

Il paraît que mon histoire reflète une réalité de chez vous : l’endoctrinement. Je souhaite à tous les gars qui ont subi cette saloperie d’ouvrir les yeux comme moi j’ai fini par le faire.

Papote d’Auteur, Maud était avec Amélie de Lima


Papote d’Auteur, Maud était avec Amélie de Lima

Bonjour Amélie de Lima,

Maud : Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux vous connaître. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat.

Pouvez-vous nous parler un peu de vous ? Nous sommes très curieux

Amélie : Bonjour Maud et merci pour cette interview  J’ai fait des études de lettres modernes, j’ai un master de prof de secondaire mais la vie m’a fait basculer vers le côté obscur de la publicité…je travaille dans une agence marketing depuis un peu plus de 5 ans et en même temps, je suis formatrice dans la même entreprise.

Mes passions ? L’écriture, la lecture (même si en ce moment j’ai très peu de temps pour lire ☹), le cinéma, les voyages et les virées de dernière minute, le train, j’adore le train ! la mode (j’avoue), la nature, découvrir de nouvelles cultures, parler plusieurs langues, rire et bien sûr mon petit rayon de soleil, Elsa.

Mes goûts musicaux ? J’ai toujours été plus branchée rock / Indie / Folk / soul et pour écrire, généralement j’écoute une playlist qui s’appelle Peaceful Piano.

Mes loisirs ? Profiter de la plage le dimanche, me balader, le ciné et les vieux films en noir et blanc, voir mes amies, boire du café (beaucoup de café) pas de sport car je n’en ai jamais fait mais si je devais m’y mettre, ce serait Self defense.

Pour l’écriture, ça a toujours été une évidence pour moi. J’écris depuis que j’ai 10 ans. Bien souvent dans ma bulle, j’en profitais pour m’évader en écrivant…

Maud : Parlons de vos ouvrages, Le Silence des Aveux et A fleur de Bruine sont vos deux polars qui où l’on retrouve le personnage Véronique de Smet. Comment ont germé ces histoires ? Ces personnages ?

Amélie : Je dois faire une confidence…je pense que j’ai dû l’avouer une seule fois…à la base, Le silence des Aveux devait s’appeler La vie d’Élise et ce n’était pas un thriller mais une romance ! oui, oui  J’ai commencé à l’écrire durant mon année au Maroc.

Et puis un jour, je venais de déménager à Barcelone et j’avais un long trajet à faire en train pour aller au boulot. Du coup, je suis entrée dans une petite librairie et j’ai demandé au libraire un livre pour passer le temps, un livre sans prise de tête. Et il m’a mis dans les mains un roman de Gillian Flynn, ça a été un déclic ! C’était ça ma voie, le thriller psychologique !

Le personnage de Véronique n’était pas censé être un personnage récurrent mais après avoir lu le premier, tout le monde m’a demandé une suite, alors, je l’ai gardée. Véronique c’est un peu le mix entre deux amies à moi.

Je visionne énormément de reportages, documentaires sur les serials killer, les disparitions non élucidées alors je trouve souvent l’inspiration là-dedans. Pour À Fleur de Bruine, tout a commencé suite à l’histoire des jeunes hommes retrouvés noyés dans la Deûle et dont l’affaire n’a toujours pas été résolue…

On m’a déjà demandé si je comptais changer de cadre pour mes romans, alors je peux le dire, non, je ne changerai pas de cadre. Je suis lilloise, expatriée mais lilloise et pour moi cette ville est comme un personnage. Elle est aussi importante que Véro, Élise ou Bettina.

J’aime la froideur et en même temps la chaleur humaine de cette ville, j’aime son côté sombre, mystérieux, son architecture, son histoire. Bref, c’est la ville de mes romans.

Maud : Une anecdote sur ces opus en particulier ? Lors de l’écriture ou retour de lecture ?

Amélie : Certainement au sujet de certaines scènes « hot » des romans, les influences de la romance perdurent… J’ai eu un peu de mal à les faire lire au début car j’ai eu peur de l’interprétation qu’on pouvait en faire mais finalement, ça s’est bien passé…

Maud : Vos plus belles joies en tant qu’auteur ? Vos « pires » moments ?

Amélie : Les plus belles joies, voir que mes romans plaisent. Moi qui pensais que seuls ma famille et mes amis les liraient…joies aussi lorsque je lis les messages privés ou publics des lecteurs, les mots réconfortants qu’ils t’adressent pour te soutenir, les petites attentions, que du bonheur.

Les pires moments, sans aucun doute, les premiers mois de la sortie du silence des aveux. J’étais perdue, j’avais publié un livre sans passer par la correction pro et du coup, évidemment, les commentaires ont été incendiaires à ce sujet. J’ai rectifié le tir et je l’ai fait corriger, ouf !

Maud : Après l’écriture, passons à la lecture, quelle lectrice êtes-vous ?

Amélie : Je suis à la base une très grande lectrice mais ces derniers temps un peu moins. Mon genre de prédilection était la littérature française, les grands classiques et puis petit à petit je me suis tournée vers le thriller et plus précisément, le thriller psychologique. J’adore lire et écrire à la tombée de la nuit.

Maud : Pouvez-vous nous parler du recueil qui vient de sortir Projet 666 ?

Amélie : Éric m’a contactée il y a quelques mois et m’a proposée de participer à ce projet, je n’ai pas hésité une seule seconde ! C’est un recueil de 6 nouvelles sombres, écrites par 6 auteur(e)s et dont les bénéfices seront reversés à Innocence en danger. La préface a été écrite par Angélina Delcroix.

Maud : Vous avez écrit Voix Nocturnes également dont j’espère nous aurons l’occasion de reparler ensemble. Etes-vous déjà sur d’autres projets ? Oui oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime  

Amélie : Alors Voix Nocturnes a été un coup de tête pour moi, je l’ai écrit très vite en un mois ou deux je crois, je devais l’écrire cette histoire…En fait, elle provient d’une histoire vraie que m’a racontée ma coiffeuse et je l’ai romancée à ma manière…

Je suis en cours d’écriture pour le prochain roman, un thriller psychologique également qui devrait être terminé avant cet été (si tout va bien) On retrouvera Véronique pour une nouvelle affaire qui va être vraiment glauque…

 

Maud : Merci beaucoup Amélie de nous avoir accordé ces instants, je vous laisse le mot de la fin :

Amélie : Je voulais simplement vous remercier pour cette interview, remercier ma famille, mes ami(e)s, mes lecteurs et lectrices qui me soutiennent depuis le début et qui font partie de ma vie maintenant. Merci aux groupes de lecture, aux partages, aux avis et retours que vous prenez le temps de rédiger tout simplement pour nous aider, nous les auteurs.

Alors merci une fois de plus et à bientôt pour de nouvelles aventures lilloises !

Ps : La fille de Lille.

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (30)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (30)

Bonjour, merci d’avoir accepté cette rencontre. D’ordinaire je laisse à l’invité le soin de se présenter…

Gauthier H. Esclavagiste. Officiellement, je dirige d’une main de maître un complexe hôtelier tout près de la Suisse, dans une région tranquille pour qu’il n’y ai aucun grabuge, mais officieusement, je fais construire des logements pour quelques clients richissimes triés sur le volet, avides de pouvoir expérimenter des choses interdites sur du bétail (comprenez, je ne parle pas d’animaux quand je parle de bétail). Je suis très exigeant et sais me montrer très doux quand il faut « mater » un nouvel esclave.

Voilà qui est direct ! Ça fait partie de vos traits de caractère ?

J’aime exploiter, dominer, réduire mes convives à l’état d’objet. Je suis un collectionneur. Mais un collectionneur de qualité. J’aime les gens qui viennent de l’Est. Je suis très maniaque et j’aime l’ordre dans toutes ses formes.

C’est assez perturbant comme psyché… On se demande d’ailleurs comment Loana Hoarau a pu vivre avec vous. Vous êtes resté longtemps dans sa tête ?

Bien un an. Au début, j’étais plutôt un perso sympathique parce qu’elle aime ce prénom. Mais elle m’a vite transformé en monstre pour me donner une constance.

Elle est donc pleinement responsable de ce virage selon vous. Vous pensez qu’il y a des parts d’elle dans votre personnalité ?

Je pense que oui. Elle adore les verres de lait.

J’aime faire du mal.

Au-delà de ça, une telle construction vous mets dans une position qui n’est pas particulièrement enviable, lui en voulez-vous ?

Au contraire. J’aime faire du mal. Je trouve même qu’elle n’est pas allée assez loin dans le délire. Ça manquait un peu de nécrophilie. Mais apparemment, elle va vite se rattraper dans un autre livre !

Au-delà des péripéties du roman, parlez-nous de votre vie propre. Comment occupez-vous votre temps libre ?

Je prépare mes petites potions magiques pour droguer mes convives. Enfin, je les fais préparer, mais ça, je n’en parle pas.

Pour l’instant, une seule aventure assume votre présence. Vous avez d’autres projets ?

J’aimerais bien revenir dans un autre bouquin. Je sais qu’elle m’aime bien comme perso. Qu’elle aimerait encore m’exploiter.

L’avenir le dira donc… Il nous reste à conclure, je vous laisse le soin de le faire.

Entrez donc découvrir mon univers. Je ne mords pas tout de suite. Surtout si vous êtes un beau jeune homme. Voulez-vous un verre de lait ?

Assigné à résidence : : L’interview bracelet électronique 8, Mattias Köping


Nouvelle innovation au collectif Polar : l’interview « bracelet électronique ».

Mais maintenant vous connaissez, non ?

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le septième auteur, pardon la huitième auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique et à être assigné à résidence est…

Mattias Köping


 Vendredi  21h00

Miss Aline : Bonsoir Mattias,
Commence aujourd’hui ton assignation à résidence avec bracelet électronique !
Peux tu en quelques mots nous donner ta biographie d’auteur ?

Dany : Bonjour Mattias

Mattias : Je me suis fait connaître avec mon premier roman , Les démoniaques, paru chez Ring en octobre 2016. J’ai récidivé en octobre 2018, avec Le manufacturier, toujours chez Ring.

Miss Aline : Tu es donc un jeune auteur. Comment es tu venu à l’écriture ?

Mattias :En fait, j’écrivais bien avant cela. J’avais écrit des romans, des nouvelles, des poésies. Tout cela était très mauvais. J’ai tout détruit et je n’ai pas écrit pendant 13 ans, avant de m’y remettre avec Les démoniaques. J’ai un rapport curieux à l’écriture : ne pas écrire ne pose aucun problème. Si je n’ai pas envie, je n’écris pas. Je m’y remets seulement quand ça me démange. Et « cette démangeaison », je ne me l’explique pas. Quand elle est là, je dois me remettre à écrire.

Miss Aline : quel a donc été ton déclencheur pour écrire à nouveau et surtout sortir les Démoniaques ?

Mattias : Au début, j’avais juste le chapitre 2 en tête : une fille marginale vole un livre. C’est tout. Mais cela a coïncidé avec le débat sur la prostitution, question à laquelle je ne m’étais jamais intéressé auparavant. J’ai été pris d’un grand intérêt pour cette question, devant la violence des débats. Là, la lumière s’est faite :  la fille qui vole le livre était devenue Kimy, une victime d’un réseau de prostitution. J’ai continué à me documenter pour nourrir le livre. Et ce que j’ai découvert m’a effaré et dégoûté…La réalité de cet univers est d’une dureté sordide et effroyable.

Miss Aline : c’est important pour toi de te documenter ? Où prends tes infos (média…) ?

Mattias : Oui, très, car cela donne de l’épaisseur à la toile de fond de mes récits.  Mes personnages principaux sont fictifs, mais tout est nourri par une masse de données. Je m’intéresse beaucoup aux infos, petites et grandes. Pour mes deux bouquins, j’ai lu et relu beaucoup d’articles de presse, mais aussi des choses plus pointues, tels que des comptes rendus de procès, des décisions judiciaires. Je regarde beaucoup de documentaires historiques et de grands reportages ( Envoyé spécial, complément d’enquête, national geographic channel, etc.), je consulte des encyclopédies en ligne ou pas, j’écoute la radio…tout cela donne un aspect très crédible. Mais, j’insiste bien, je ne suis en aucun cas historien ou géopoliticien. J’écris des fictions.

Miss Aline : Lorsque tu écris, as-tu des rituels : même endroit, musique ou pas, un nombre de mots ou de pages, etc ?

Mattias : Oui, j’ai un rituel auquel je ne déroge jamais : je relis systématiquement une partie de ce que j’ai écrit pendant la séance précédente et j’apporte des modifications, grandes ou petites, d’un mot à plusieurs pages. Pour la longueur, c’est très variable : parfois quelques lignes, parfois quelques pages…Pour le reste, je préfère écrire dans le silence, mais ce n’est pas une obligation.

Miss Aline : Pour tes deux romans je t’ai rencontré sur des salons. Tu en fais souvent. Quel est ton rapport aux lecteurs ?

Mattias : J’aime beaucoup rencontrer les lectrices et lecteurs. Ce sont de très bons moments de partage. C’est ce que je préfère dans la dimension publique de l’activité d’écrivain : échanger avec vous 🙂 ! Écrire est vraiment une activité solitaire, alors avoir des discussions avec les lecteurs est plaisant et très instructif. Ils ne voient pas forcément les bouquins sous le même angle que moi et j’apprends des choses sur mes propres livres !

Miss Aline : Bonsoir Mattias, Geneviève te remercie de ta participation..

Mattias : bonsoir à toute l’équipe.

Samedi 08:53

Dany : Bonjour Mattias, je suis le binôme d’Aline pour cette itv et aussi la candide de service « pas lu et pas vu » mais je vais me soigner très prochainement …
Alors j’ai bien compris que l’héroïne était arrivée avant l’intrigue dans les démoniaques, mais une fois le chapitre 2 écrit, est-ce que tu connais la fin de ton histoire ?

Mattias :Bonjour Danièle : je ne sais jamais où je vais. J’écris sans plan préalable. J’avance sur plusieurs possibilités et je me demande si cela fonctionne ou pas. Du coup, je ne pars jamais d’une fin préétablie.

Dany : et du coup tu peux passer d’un format « normal » à un poids lourd …
Donc toujours si j’ai bien compris … il y a un message véhiculé par l’auteur et est-ce que tu trouves essentiel ce rôle de l’auteur ?

Mattias : Un livre est le résultat des choix de l’auteur, à tous les points de vue : fond, forme, style, etc. On peut sans doute dire qu’un livre peut faire passer des messages, mais ce n’est pas non plus une catéchèse : je n’écris pas des romans à thèse. En revanche, je trouve intéressant de ne pas se ménager quand on écrit, et de ne pas non plus chercher à ménager ses lecteurs.

Dany : Je pense que j’avais compris que le « ménagement » c’était pas ton truc … la violence alors : un vecteur, un outil, un incontournable, …

Samedi 11:45

Mattias : En tout cas, la nécessité de la montrer sans fard. Tous les polars noirs et thrillers sont construits sur le crime en général. Mais le crime n’est pas glamour. Or, tel qu’on nous le montre dans les grilles de TV, en prime time, il est comestible, léger, lointain, presque anodin, alors qu’on parle de choses très graves et horribles. Essayer d’approcher au plus près l’insoutenable  est à mon avis ( peut-être que je me trompe) une façon assez efficace de ne pas occulter la vraie nature de la violence au prétexte qu’il faut ménager les lecteurs.

Dany : Jamais d’adaptation TV donc … pas de prime time du moins. Au cinéma c’est envisageable ?

Mattias : En toute franchise, je ne sais pas si c’est une bonne idée : la violence dans un livre est différente de celle d’un film. Le support n’est pas le même : avec un  livre, il faut le temps de lire la page, on peut le refermer, sauter quelques lignes, etc. Les images me semblent beaucoup plus terribles et marquantes. De plus, une image est immédiate. On n’a pas le temps de l’esquiver. En proposant un support visuel, elle s’incruste beaucoup plus dans notre esprit et notre mémoire.

Dany : quand on parle avec René Manzor, il dit justement que la TV c’est une adaptation de l’intrigue à l’image, une vision offerte au spectateur alors que pour le livre l’échange auteur-lecteur est plus intime, suggestif. Ça veut donc dire pour toi que la psychologie est plus importante que l’intrigue ?

Samedi 12:59

Mattias : je les tiens à parts égales, même si j’accorde d’abord une grande importance à mes personnages. Ce sont eux les vecteurs de la profondeur psychologique du bouquin. Ils donnent l’état d’esprit global au livre. C’est pour cela que je les travaille avec soin, en particulier les ordures. Si votre sale type n’est pas crédible, alors l’atmosphère noire va s’en ressentir. Et c’est aussi ce que je préfère travailler. C’est très stimulant de faire naître des personnages et de les observer évoluer. Parfois même, ils vous échappent et vivent leur vie.

Dany : Merci pour ces précisions très intéressantes …
Comme je disais, je ne t’ai jamais lu. J’ai tremblé avec Sinestra d’Armelle Carbonel, je ne suis toujours pas remise de La dynamique du chaos de Ghislain Gilbert, j’ai aimé Du feu de l’enfer de Sire Cédric mais je n’ai pas terminé l’enfant des cimetières … peux-tu me donner 3 bonnes raisons de lire Mattias Köping et par quel roman commencer ?

Mattias :En fait, je vais commencer par un avertissement, car il est important qu’un auteur précise la nature de ses bouquins auprès des lecteurs : mes livres s’adressent à un public averti. Cela étant dit, les lecteurs s’y aventurent désormais en connaissance de cause.
Trois raisons pour lire mes livres, donc :

1./ si vous aimez le noir, vous serez à votre aise.

2./ Je ne transige pas avec les attendus de type « grand public » . Il y a certes des moments de grâce dans mes livres, mais rien ne s’arrange jamais. Je ne cherche pas à créer à toute force du happy end ou ce genre de chose.

3./ on peut en  apprendre un peu sur les côtés obscurs de nos sociétés en lisant mes bouquins.

Quant à l’ordre, il n’y en a pas. En fait, mes deux livres sont assez différents et totalement indépendants. Peut-être que Le Manufacturier est plus dur que mon premier bouquin.

Mattias : Merci et à bientôt 🙂 !

Miss Aline : Pour conclure as tu un coup de cœur ou un coup de gueule à ajouter ?

Mattias : Un coup de cœur, oui ! Merci à toutes mes lectrices et à tous mes lecteurs, à toutes les passionnées et tous les passionnés qui partagent avec enthousiasme leurs avis sur les livres et qui donnent de leur temps sans compter pour rendre compte de leurs lectures, mais aussi pour animer des blogs, des sites et pour créer des événements. Vous êtes les meilleurs relais pour les bouquins. Un grand merci, donc ! 🙂

 Aline : Geneviève, Daniele et moi-même te remercions pour ce moment de partage.
On te rends ta liberté en te retirant ton bracelet électronique.Bonne journée Mattias.

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (29)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (29)

Bonjour et merci d’avoir accepté cette entrevue. Sacrifions aux habitudes de cette série, pouvez-vous vous présenter ?

Cécile Quidelevitch, Capitaine de son état dans la PJ. Officiant à Paris, mais provinciale du Nord. La trentaine bouillonnante, pour ne pas dire ni plus ni moins. Regard d’effrontée, je l’admets. Fumeuse pour tuer le temps, je l’assume. Souvent à côté de mes baskets, mais aussi en plein dedans quand il faut résoudre une affaire. À la tête d’une équipe de lieutenants devenus amis – l’amitié, c’est dans mes gènes -, je ne ménage pas mes efforts pour prendre des risques à leur place, parfois malgré moi en raison de mon côté va-t-en-guerre imprudent. Divorcée, je connais le mal d’amour, la mélancolie qui en découle que j’oublie dans les bras de Hanjo, mon amour de chat. Tout comme je ne me sépare jamais de ma vieille Toyota qui me sert de refuge mobile quand il faut fuir les soucis du quotidien. Et si je donne l’impression de n’avoir peur de rien, c’est bien l’incertitude des lendemains qui m’effraie le plus. Combative avec la hiérarchie, je dispose d’un caractère de feu pour dénoncer les injustices liées à notre statut de policier. Et surtout, n’oublierai jamais ce pour quoi je suis rentrée dans la police et qui me la fera quitter quand j’aurais résolu ce mystérieux pourquoi.

Eh bien… Voilà qui est complet ! J’ose à peine vous proposer de compléter cela par un court exposé de votre caractère ?

Obstinée, jamais je ne traite les affaires en surface. Dans tout je m’investis. La présence d’une arme ne me fait pas kiffer. Son emploi est synonyme d’échec. Je préfère le dialogue et les rapports humains. Pour ça, je suis increvable. Ne croyant pas au manichéisme, je peux pardonner s’il y a encore de l’humanité chez l’autre, sous condition que ce ne soit pas un tueur d’enfants. Retord, mon esprit me joue des farces, me mettant dans des situations parfois complexes. Casse-cou, je suis capable de sauter d’un balcon pour rejoindre l’indicible. Je ne crois pas à l’évidence soudaine. Bien sûr, je peux faire preuve d’autorité si l’on ne me comprend pas. Mes prises de risques inattendues de baroudeuse sont mes travers, mais aussi mes meilleures armes.

Tout cela est très précis et nuancé… Votre création a dû prendre un certain temps, non ?

Alors ça, quelle affaire ! Car croyez-moi, jamais je n’aurais imaginé être la source d’un tel envoutement. Ah ça non. D’après lui, ça a muri des mois. Je veux dire par là que j’ai grandi de longs mois dans sa tête. Tout ça parce que je hantais son mur virtuel, moi, Cécile Quidelevitch. Bref, si j’ose le croire, ça a duré cinq mois avant qu’il se décide à me faire une place dans son histoire. Forcément, pas un jour où je ne cède pas à l’envoi d’une petite humeur, lui donnant presque tout de moi sans que je m’en rende compte.

Si je comprends bien vous êtes en quelques sortes un passage du virtuel au réel ? Mais Sourisse a-t-il mis de lui-même dans ce transfert ?

On est semblable sur plusieurs points, c’est forcé. C’est un solitaire, je le suis. Je suis une passionnée, nul doute qui l’est. C’est un fouilleur des âmes, dont des plus sombres j’essaie d’en retirer de la lumière. On se complémente. Peut-être que ce qui nous diffère et nous rassemble aussi, c’est que j’ai un chat, il a une chienne. Nous aimons la rude campagne et les boulevards cabossés des grandes villes. Tout ce qui est lisse, trop évident nous projette dans une nouvelle aventure. La banalité et l’ennui sont nos ennemis.

Contre cette banalité et cet ennui, il ne vous ménage pas pourtant, lui en voulez-vous ?

Dans la pénombre, je vois une silhouette bougée dans les buissons depuis mon balcon, il me fait enjamber son parapet, quitte à me retrouver dans les ronces. Il ne l’aurait pas fait, je lui en aurai voulu. Et ce n’est qu’un petit exploit. Alors lui en vouloir, non, impossible !

Tout ce qui est lisse, trop évident nous projette dans une nouvelle aventure. La banalité et l’ennui sont nos ennemis.

Mais votre existence n’est pas un travail à temps complet, si j’ose dire. Entre deux instants d’écriture comment occupez-vous votre temps libre ?

Je ne fais pas de mots croisés, ça, c’est certain. Je revis les scènes de l’enquête qui vient de s’achever et me pose des questions sur ma propre capacité à me lancer dans une nouvelle affaire. Pour avancer, j’ai besoin de sentir des vibrations au fond de moi. Et ce que je n’ai pas pu approfondir, comme des liens humains qui me hantent encore, j’essaie de les comprendre en les retrouvant dans ma mémoire où pas un tiroir ne reste vide longtemps, rempli d’images, d’odeurs, de sons. Sinon, à bord de ma Toyota, j’adore me lancer dans un road-movie. Puis, il est vrai aussi que ma complicité avec la Plume fait qu’on ne se quitte jamais. J’ai besoin qu’il titille mon esprit, qu’il vienne réveiller ma curiosité et mon désir d’en finir avec un monde hostile. Et forcément, ça implique que j’influence sur son état d’esprit, sur les choix de ses prochains thèmes.

Prenez donc ce rôle d’influenceur une nouvelle fois, mais cette fois-ci, posez-lui une question.

Pourquoi moi ?

C’est effectivement une question récurrente ici… Le mot de la fin ?

Parlez-en ! Parlez-en ! Étant avant tout lectrice, je me rends compte combien nous les lecteurs sommes confrontés à une pléthore de propositions de lectures, ce qui certes est très sain, mais pour un auteur comme celui de la plume de Crucifixions, exerçant à l’aube de son activité, l’anonymat est une réelle difficulté à surmonter.

D’ailleurs, je vous conseille de lire son 1er roman noir, Cortèges et ses pièces de théâtre. Ça vaut le détour, parole de Capitaine !