Vlast de Peter Higgins


La journée fantastique

Vous le savez déjà, le 28 du mois chez Collectif Polar c’est notre journée SFFF.

Aujourd’hui c’est un peu spécial car une alors vous proposé une double chronique.

J’ai je l’avoue un peu obligé notre Jumelle infernale à lire ce titre que j’avais énormément aimé.

Alors c’est partie pour le double chronique de Vlast 1/2


Le livre :Vlast de Peter Higgins. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Arnaud Demaegd. Paru le 19 mars 2014 au éditions Bragelonne. 20€ ; (505 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

La corruption règne à Mirgorod.

Entre agents du parti et révolutionnaires fanatiques, cabarets décadents et exécutions sommaires, survivre est un défi quotidien dans la gigantesque capitale du Vlast. Lorsque l’inspecteur Vissarion Lom est chargé d’arrêter un terroriste qui menace le parti, il ne se doute pas encore que son enquête va le mener jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir, et lui faire découvrir un secret lié à son propre passé. Sa rencontre avec une mystérieuse jeune femme, Maroussia, proche du criminel qu’il est censé traquer, achève de faire basculer Lom dans un monde de faux-semblants, ambigu et vénéneux…

 

L’auteur :Peter Higgins a enseigné l’anglais à Oxford, a été chercheur et a travaillé dans la haute administration britannique. À mi-chemin entre Boulgakov et John Le Carré, unanimement salué par la critique, Vlast nous entraîne dans les bas-fonds d’un univers crépusculaire et envoûtant.

 

 

 

Extrait : 
C’est le futur. Un futur qui requiert de nouveaux modes de pensée : une nouvelle philosophie, une nouvelle moralité, un nouveau genre d’hommes. Tout ce qui est vieux et inutile doit être détruit pour laisser la place à l’avenir.

La journée fantastique  de Ge

La journée fantatisque est un peu spéciale aujourd’hui.

En effet, je vais vous parler d’un roman que je qualifierais de transgenre.

De plus en plus les genres SF et polar se mélangent. L’anticipation devient elle aussi un nouveau genre du roman policier.

On va au-delà de la simple critique sociale, on projette celle-ci pour imaginer le monde de demain et tenter de décrypter ses dérives possibles.

Dans une Russie soviétique imaginaire l’inspecteur Lom traque un terroriste. Il côtoiera des agents du parti, des révolutionnaires fanatiques, des anges, des géants… Entre les éléments déchaînés et les exécutions sommaires il découvrira les secrets les mieux gardés. Et découvrant la corruption qui gangrène la ville, le policier décide de rejoindre la résistance. Un roman dense et déroutant basé sur l’histoire et les mythes de la Russie. Un roman comme je les aime, mélangeant les genres, les détournant. Jouant avec tous les codes connus pour nous faire vivre une aventure épique et singulière. Une Urban Fantasy très réussi, un excellent premier roman , il n’est pas sans me rappeler « The City and the City » de China Mieville.

Vlast de Peter Higgins : le souffle et l’âme russe entre légendes et roman noir.

 

Les petits + de Collectif Polar

C’est le premier titre de la nouvelle collection de Bragelonne : L’Autre.

« Il y a toujours eu dans notre catalogue des ouvrages différents de l’image générale de Bragelonne : des romans littéraires, hybrides et originaux. Des romans qui ne correspondent pas exactement à un genre, une cible, une catégorie. Soit parce qu’ils mélangent les genres, les références et les inspirations au point de ne pouvoir être rangés sous aucune des étiquettes habituelles (SF, Fantasy, fantastique, policier etc.). Soit parce que les éléments imaginaires n’y sont qu’un mince prétexte, se fondent dans le récit plutôt que d’être développés et explorés, et servent à déclencher et mettre en valeur une histoire essentiellement humaine et universelle. Ce sont des romans fusion, inclassables, étonnants, qui surprennent et provoquent, mais savent aussi toucher et convaincre le grand public par leur puissance, leur personnalité et leur sensibilité littéraire. L’Autre Bragelonne est la collection qui réunit désormais ces ouvrages. » (cf. Le blog de Bragelonne).

Petite précision de votre porte flingue :

Vlast et le premier tome d’une trilogie. Mais les deux tomes suivant ne sont toujours pas édité en français. Alors si Bragelonne nous entend, s’il vous plais, faites que la suite de Vlast soit vite disponible pour les lecteurs car nous sommes tous, je suis très impatiente de lire le suite et la fin de cet opus qui déjà semble être une oeuvre majeur.

Bird Box de Josh Malerman


Le livre : Bird box : n’ouvrez jamais les yeux de Josh Malerman. Traduit de l’américain par Sébastien Guillot. Paru le 17 septembre 2014 chez Calmann-Levy. 20€90 ;. (373 p.) ; 23 x 15 cm
4e de couv : 
La plupart des gens n’ont pas voulu y croire.

Les incidents se passaient loin, sans témoins.

Mais bientôt, la menace s’est rapprochée, a touché les voisins.

Ensuite, Internet a cessé de fonctionner.

La télévision et la radio se sont tues.

Les téléphones ne sonnaient plus.

Certains, barricadés derrière leurs portes et leurs fenêtres, espéraient pouvoir y échapper.

Depuis qu’ils sont nés, les enfants de Malorie n’ont jamais vu le ciel. Elle les a élevés seule, à l’abri du danger qui s’est abattu sur le monde. Elle a perdu des proches, a assisté à leur fin cruelle. On dit qu’un simple coup d’oeil suffit pour perdre la raison, être pris d’une pulsion meurtrière et retourner sa violence contre soi. Elle sait que bientôt les murs de la maison ne pourront plus protéger son petit garçon et sa petite fille. Alors, les yeux bandés, tous trois vont affronter l’extérieur, et entamer un voyage terrifiant sur le fleuve, tentative désespérée pour rejoindre une colonie de rescapés.

Arriveront-ils à bon port, guidés par leur seule ouïe et leur instinct ?

L’auteur : Originaire de Detroit et habitant désormais à Royal Oak dans le Michigan, Josh Malerman est le chanteur et le parolier du groupe de rock The High Strung. Bird Box est son premier roman.

 

Le post-it de Ge

 

Au départ j’ai tout de suite adhéré au postulat de ce livre.

La fin du monde approche. Un fléau, des fléaux  peu à peu touchent les habitants de nos contrés.

Un récit qui alterne entre les scènes du présent (fuite de Malorie et de ses deux enfants sur la rivière) et les scènes qui se déroulent les quatre années précédentes et qui expliquent petit à petit l’arrivée du « phénomène » et ce qui s’est passé ensuite dans la vie de l’héroïne.

Mais qui sont ces créatures mortifères que l’on ne voit jamais et que fuit notre héroïne ? D’ailleurs il ne veut mieux pas les voir sous peine de devenir violent et fou avant de mourir dans d’atroces souffrances psychologiques qui les poussent au suicide.

J’ai beaucoup aimé aussi le courage de Malorie, cette mère courage qui quitte tout pour tenter de sauver ses deux enfant, Fille et Garçon

Nous avons là un bon page-turner, , intriguant et anxyogène à souhait, qu’on ne peut plus lâcher jusqu’à la dernière page.

Une écriture nerveuse, directe contribue  à la tension insoutenable  de ce roman postapocalyptique. De plus, Josh Malerman sait très bien jouer sur nos peurs les plus profondes .

Bref si  j’ai adhéré au postulat de départ, j’ai tout au long de cette histoire tremblé pour nos protagoniste, j’ai simplement trouvé la fin un peu facile.

 

 

Enfin (tous) réunis d’Annabelle Léna


Le livre : Enfin (tous) réunis  d’Annabelle Léna. Paru le 21 septembre 2013 aux ed. du Caïman. 12€ ; (254 p.) ; 19 x 12 cm

4e de couv :

Marseille, nowadays. Les maquereaux tombent les uns après les autres, un couteau planté dans le coeur. Le commissaire Rognes est chargé de l’enquête mais il s’en fout, comme il se fout de tout.

Sur le lieu d’un des meurtres, une photo sépia attire son attention. Une photo toute simple mais qui l’obsédera jusqu’à lui faire affrontée son propre album de famille.

Les intrigues se croisent, entre vengeance des prostituées du quartier et introspection d’un homme trop seul. Bien sûr, pour être heureux, il lui suffirait de rassembler les siens…

Mais comment faire ?

 

L’auteur : Annabelle Léna est née le 25 juillet 1979 à Marseille. Elle grandit à la campagne où, à l’abri d’un saule pleureur, elle s’assoit et reve durant des heures. Petite, elle veut devenir caissière indépendante mais ne trouva aucun débouche, à Page adulte. À défaut, et après des études bien ennuyeuses, elle devient donc contrôleur de gestion mais trop d’histoires se bousculaient dans sa tête en réclamant à sortir. Annabelle se fâcha alors avec les chiffres pour acheter un stylo quatre couleurs et écrire. Écrire, encore écrire. Elle fit ainsi la fortune de certaines papeteries et remplit ses tiroirs de feuillets fiévreusement raturés. Depuis elle a publié 2 romans. « A tort ou à raison » chez Eastern Editions. Et celui ci , Enfin (tous) réunis aux ed. du Caïman.

 

Extrait : « Rognes avait tout compris. Et il s’en maudissait.
Il se maudissait car peu importait si ces deux bonnes femmes se détestaient, se tripotaient ou bien s’echangeaient des secrets sur les méthodes d’epilation à la cire. Ce qu’il devait déchiffrer, lui, c’était pourquoi le coeur du type à terre avait été transperce par un couteau en G-10, c’est-à-dire en fibre de carbone avec résine, laminé en multicouche, soit un petit bijou dont le prix affichait plusieurs zéros et n’intéressait que les cultelluphilistes, le tout incliné en suivant un angle sud / sud-ouest impeccable.
Mais ça, Rognes n’en savait rien…
Et surtout, il s’en foutait. »

Le Post-It de Ge

 

A Marseille le commissaire Rognes enquête sur la mort de plusieurs souteneurs. Une vieille photographie découverte à côté de l’un des cadavres va l’obséder.

Enfin (tous) réunis est son deuxième  roman noir. Le ton y est incisif, les personnages torturés.

Annabelle Léna nous fait vivre la descente au enfer d’un flic torturé, dépressif, sans conteste. Un mec pas forcément sympa, il peut même être carrément odieux. C’est vrai, on lui trouve des excuses, il a perdu sa femme et sa fille, alors depuis il a une obsession. Il cherche à se recréer une famille. Et c’est aussi sans doute pour cela qu’il est attiré par les photos des autres. Peut-être cherche-t-il a ce composer un album digne de la famille qu’il aurait aimé avoir.

Alors on va suivre l’odieux commissaire Rogue dans son enquête marseillaise, à la poursuite d’un tueur en série s’en prenant aux proxénètes . Mais notre policier, il faut le dire ne met guère de cœur à l’ouvrage pour résoudre cette affaire qui secoue de la cité phocéenne.

La cité phocéenne, parlant en, c’est bel et bien le deuxième personnage de ce roman, même si sous la plume de l’auteur la ville est fantasmée voire magnifiée. On l’a découvre tantôt belle et enjouée et d’autres fois, sordide, sale ou encore misérable.

Vous l’aurez compris, Annabelle Lena nous propose un roman noir sans nuance, elle excelle quand elle nous parle et décortique l’âme humaine, quand elle compose ces personnages. Sa plume est alerte et sait se monter parfois ironique et aime jouer avec l’humour. Un humour noir, grinçant, il va sans dire.

Et même si l’intrigue policière passe au second plan, cela me m’a pas gênée dans ma lecture tellement le style et la maîtrise de l’écriture sont au rendez vous. Ce roman, je vous le dis, est une formidable découverte.

Extrait :
Quoi ? Vingt-quatre cadavres de filles dans la salle de bains ? Pourquoi n’ai-je pas été prévenu plus tôt ?
 Heu… non, commissaire. Vingt-quatre passeports…
(…)
Et que ceux, comme Ranc, qui voulaient sa place aillent se faire foutre car vingt-quatre cadavres pouvaient parfaitement s’entasser dans une salle de bains. Découpés en petits morceaux et bien alignés, ça devait tenir. Peut-être en utilisant quelques planches de bois pour éviter l’affaissement de l’édifice. Suffisait simplement d’être organisé, de vider le sang, de se débarrasser des organes spongieux, de réfrigérer la pièce et de s’équiper en formaldéhyde.

Les lois de la frontière de Javier Cercas


Le livre : Les lois de la frontière de Javier Cercas. Paru le 08 janvier 2014 chez Actes Sud dans la collection Lettres hispaniques. Traduit de l’espagnol par Beyer, Elisabeth Beyer et  Aleksandar Grujicic. 23€ ;  (345 p.) ; 15×24 cm.

Réédité en poche dans la collection Babel le 2 septembre 2015. 9€70 ; (411 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

À l’été 1978, un adolescent de la classe moyenne en délicatesse avec son milieu croise la route du charismatique Zarco et de son amie Tere et devient un habitué de leur qg, un bar interlope dans un quartier malfamé de Gérone. Bientôt ils l’entraînent de l’autre côté de la “frontière”, au pays de ceux qui ne sont pas bien nés, l’initiant au frisson des braquages et au plaisir des tripots. Le garçon navigue entre les deux rives pendant tout l’été, irrésistiblement attiré par les lois de cette jungle dont il préfère continuer d’ignorer les codes, jusqu’au coup qui tourne mal.
Vingt ans plus tard, avocat établi, il assure la défense de son ancien camarade multirécidiviste et doit plaider. Pour le symbole vivant d’une rébellion salutaire, la victime expiatoire d’un système frelaté, ou les zones d’ombre de sa propre jeunesse ? Un écrivain, chargé de raconter l’histoire, recueille au cours d’entretiens divers les souvenirs et impressions des protagonistes. Lui-même cherche la vérité inattendue et universelle du romancier : l’ambiguïté.
C’est dans cette ambiguïté qu’excelle Javier Cercas, qui démystifie ici le romantisme de la délinquance comme celui de la rédemption, la démocratie espagnole et son miroir aux alouettes, les tourments qui toujours gouvernent l’exercice de la liberté.

 L’auteur : Javier Cercas Mena (né en 1962 à Ibahernando, dans la province de Cáceres) est un écrivain et traducteur espagnol. Il est également chroniqueur du journal El País.
Extrait :
Bref, a conclu l’inspecteur Cuenca, quand j’ai fini de lire le livre, je me suis souvenu d’avoir entendu un jour un professeur dire à la télé qu’un livre est comme un miroir, et que ce n’est pas le lecteur qui lit les livres mais les livres qui lisent le lecteur, et je me suis dit que c’était vrai. Je me suis aussi dit: Putain, les meilleures choses qui me soient arrivées dans ma vie me sont arrivées à cause d’un malentendu, parce qu’un livre horrible m’a plu et que j’ai pris un malfrat pour un héros. L’inspecteur Cuenca s’est tu; puis, sans cesser de me regarder avec une malice infiniment ironique, avec une ironie absolument sérieuse, il a demandé: C’est drôle, non?

 Le post-it du bibliothécaire

Ce roman rassemble tous les ingrédients de l’efficacité et de l’excellence des récits de Javier Cercas : une intrigue tenue avec brio jusqu’à la dernière page, des personnages surprenants, anti-héros de leurs propres vies et miroirs opaques de leurs faiblesses les plus profondes, et ce subtil mélange entre histoire et fiction qui caractérise l’écriture de cet auteur.

A l’époque de la transition démocratique espagnole, nous partons ici en quête de l’identité d’un jeune délinquant, qui de souffre-douleur va devenir malgré lui le pilier d’une relation indéfinissable entre deux personnages à la fois solitaires et inséparables : Zarco, figure impossible de l’amitié, et Tere, figure impossible de l’amour. Ce trio infernal va traverser une série d’épisodes douloureux, porté par son irrésistible propension à la chute.

Ce roman de Javier Cercas fait preuve d’une écriture brillante, parfois incisive, parfois rondement développée, mais qui n’oublie jamais la raison d’être de l’intrigue : l’écriture, la figure même de l’auteur. Le récit est en effet porté par la reconstitution de l’histoire de Zarco par un écrivain. C’est ce double jeu entre l’invention d’une histoire et sa transcription qui rend les personnages de Javier Cercas si réels et si attachants.

Les larmes rouges du citron vert de Lucie Brasseur


Le livre : Les larmes rouges du citron vert de Lucie Brasseur. Paru le 9 janvier 2014 chez Bookly édition et Prisma média. 13,90€, (237 p.) ; 21 x 13 cm.

4e de couv :

Les larmes rouges du citron vert

Au Galaxie, lieu d’accueil de SDF à Paris, Amy, bénévole de 29 ans, rencontre Mélanie avec qui elle essaie de créer une relation de confiance… Mais la jeune femme est retrouvée morte quelques jours plus tard. Par la suite, tous ceux avec qui Amy tissera des liens seront assassinés violemment. L’enquête piétine, la police semble impuissante, et Amy, bouleversée par ces événements, décide de mener sa propre enquête. Formant un duo atypique avec un jeune inspecteur – entre attirance et hostilité -elle va plonger dans les eaux troubles d’un milieu dangereux et inconnu, avec ses codes et ses mystères…

Thriller, drame social, jeu de séduction… laissez-vous captiver par un roman original et surprenant que vous ne pourrez pas lâcher avant la révélation finale !

Extrait : « Dans ma cage à poule de 7m² je me sentais un peu, disons… à l’étroit. Vue sur cour, je n’ai pas beaucoup plus accès aux rayons du soleil, mais, désormais, je dispose d’un magnifique bureau de 250m². Bon, ok, il s’agit d’un open space où trente personnes s’entassent….J’ai gagné en surface utile mais perdu en intimité. Ils appellent ça la cohésion d’équipe, le DRH a même parlé de «Team building»… Si j’avais eu droit au chapitre, j’aurais probablement répliqué pompeusement, qu’à mon sens, il s’agissait plus d’une hideuse façon de donner du champ à la prolifération des ragots et autres blablatages futiles de mes collègues »
L’auteur : Lucie Brasseur, Trentenaire, parcourt le monde, et vit la où elle se sent bien pour écrire. Après avoir créé trois entreprises, elle décide, suite à deux accidents de voiture successifs, de consacrer tout son temps et son énergie à sa vraie passion : l’écriture. Les larmes rouges du citron vert est son premier roman.

 

 

Le post-it de Ge

Les larmes rouges du citron vert de Lucie Brasseur

 

Amy 29 ans, est une jeune femme bien dans son temps, un brin égocentrique mais pourtant tournée vers le monde qui l’entoure. C’est devenu, une jeune parisienne pur jus, de ceux que l’on nomme les bourgeois bohème, les fameux bobo. Enfin Amy est sans doute plus bohème que bourgeoise. Elle est assistante de prod’ chez Téléjachète.com, genre de téléshopping sur le web. La startup a récemment été rachetée par un groupe suédois, le groupe Scaab. Les nouveaux dirigeants invitent leurs collaborateurs à s’engager dans des actions de RSE, (Responsabilité Sociale et Environnementale). L’image de la boite n’en sera que plus belle, un vrai coup de com. en fait.

Extrait : »Bref, chez Téléjachète.com, devenu Téléjachète.com-groupe Scaab, les adeptes du blabla stérile sont au paradis. Avant le rachat, nous étions déjà cinquante sept répartis sur trois étages. Au rez-dechaussée, la compta, le marketing, le dév. Au premier, la prod, les commerciaux. Au dernier, sous les toits, le studio d’enregistrement. Après opération, une vague massive de recrutements a été opérée et plus de quarante-cinq personnes supplémentaires ont rejoint la structure en six mois. Alors, voilà, on a déménagé, dans un espace plus grand et plus lumineux fait d’open spaces et de longs couloirs. Mes collègues sont sympas, franchement, mais il n’y a rien à faire, je ne suis pas comme eux. »

C’est ainsi qu’Amy atterrit un peu par hasard au Galaxie, le centre d’accueil de jour pour SDF du Xe arrondissement de Paris. Là, personne ne lui parle, personne ne semble la voir. Transparente. Pourtant, un matin, Mélanie, jeune SDF de 20 ans lui adresse enfin la parole. Amy se sent alors utile, comme investie par une mission. Le Galaxie prend le pas sur son boulot qu’elle trouve alors stérile. Elle commence à se lier avec certains pensionnaires du centre d’accueil. Mais tous ceux avec qui elle tissera enfin des liens, seront retrouvés morts, assassinés violemment. N’y tenant plus, Amy troque son costume d’assistante de prod. pour celui d’apprentie enquêtrice. Les chemins qu’elle empruntera changeront sa vie. Bienvenus au pays du Citron Vert…

Vous l’aurez compris Amy est le reflet de son auteur, pétillante, dynamique et fort sympathique. Un concentré de vitamines. Et, comme elle s’attache à ses « laissés-pour-compte, nous finissons par nous attacher à elle. Elle nous touche, car sous ces dessous pétulants on sens une certaine fragilité.

Il y a dans Amy un petit coté Bridget Jones. Et tout le roman de Lucie Brasseur est comme cela, un mixt entre un journal intime et un polar social. Car si le ton est joviale, il n’en demeure pas moins que l’auteur souligne les grandes failles et les paradoxes de notre sociétés : « Réseaux sociaux, Smartphones et startups du web y côtoient la part la plus sombre de l’humanité : les oubliés de la croissance, les accidentés de la vie et ceux qui n’ont pas

eu la chance d’être nés sous une bonne étoile. »

Bref une bien belle entrée en matière dans le petit monde du polar pour Lucie Brasseur avec ce roman policier urbain et amoureux.

Alors si vous avez envie d’un savoureux moments de lecture. Si vous n’en pouvez plus des romans noirs trop sombre, si vous voulez sortir des polars gores, alors précipitez vous sur ce roman-ci. C’est contemporain, vivant, frais et revigorant.

A oui j’allais oublier une petite anecdote qui m’a fait sourire lors de ma rencontre avec Lucie. Enfant et adolescente, quand elle venait chez sa grand-mère à Paris. Celle-ci l’emmenait à la bibliothèque de son quartier. Et vous savez quoi ?

Cette bibliothèque est celle où je travaille actuellement. Oui la bibliothèque Parmentier dans le XIe.

Oui oui, c’est possible.

Extrait :« Mon passe-temps favori ? Mes escapades à la petite librairie indépendante, cachée dans la venelle perpendiculaire à la rue Saint Sauveur. Ses étagères recèlent de surprises littéraires, premiers romans ou rééditions introuvables, traductions inattendues… Les livres ont toujours été ma grande passion. Ai-je hérité cet amour de ma grand-mère maternelle? En tout cas, sa bibliothèque aura été mon principal héritage. Un héritage encombrant mais extraordinaire de découvertes. Le plus bel héritage dont j’aurais pu rêver. Les souvenirs de nos balades parisiennes, de nos sorties ciné, de nos escapades dans les librairies ou à la bibliothèque du quartier, et ses murs de livres qui recouvrent désormais mon petit appartement du XXème arrondissement. »

Le sang versé de Asa Larsson


Le livre : : Le sang versé de Asa Larsson. Traduit du suédois par Caroline Berg. Paru le 2 avril 2014 chez Albin Michel. 22€ ; (471 p.) ; 23 x 16 cm.

Réédité en poche le 9 septembre 2015 chez Le Livre de Poche dans la Collection Thriller.  7€60 ; (497 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Véritable star en Scandinavie, Åsa Larsson compte des millions de lecteurs à travers le monde, accros aux enquêtes de son héroïne, la brillante avocate fiscaliste Rebecka Martinsson. Best-seller en Suède, Le Sang versé, prix du meilleur roman policier suédois, illustre la sensibilité et l’écriture particulières de cette reine du polar.

À 145 kilomètres du cercle polaire, dans l’atmosphère crépusculaire du grand nord, un petit village aux environs de Kiruna, ville natale de l’avocate, est sous le choc : le pasteur de la paroisse – une femme – vient d’être assassiné. En mission là-bas pour son cabinet d’avocats, Rebecka remonte la piste de cette affaire qui réveille le souvenir traumatisant d’un autre meurtre…

« Fascinant : les fans de Henning Mankell, Karin Fossum et Arnaldur Indridason seront séduits. »  Publishers Weekly (USA)

 

 

« Les romans policiers de Larsson sont en ce moment ce qu’il y a de plus original et de plus créatif en provenance de Scandinavie. »  Die Welt (Allemagne)

« Åsa Larsson a autant de talent pour camper des situations glaçantes que pour se mettre à la place de ses personnages. »  Washington Post (USA)

L’auteur :  Åsa Larsson est née à Uppsala, en Suède en 1966. Quand elle avait quatre ans ses parents se sont installés à Kiruna, en Laponie, au nord du cercle polaire. C’est là qu’elle a grandi avant de retourner à Uppsala pour étudier le droit fiscal. Elle a travaillé à l’Office national des impôts.

Åsa Larsson a écrit une série de quatre romans policiers qui mettent en scène Rebecka Martinsson, une jeune femme qui a grandi à Kiruna, étudié à Uppsala pour devenir avocate, puis a trouvé un poste d’assistante dans un cabinet d’avocats de Stockholm. Sa spécialité: le droit fiscal.

Extrait :
« Elle descend l’allée en courant, passe de l’autre côté du balcon et découvre le corps suspendu devant les tuyaux de l’instrument et le signe sami, le symbole cher aux autochtones lapons, qui a la forme d’un soleil et qui l’orne en son centre.
Le cadavre est accroché à une corde, non, pas une corde, une chaîne.
Elle distingue maintenant les taches brunes sur le tapis, à l’endroit où elle a ramassé le caillou tout à l’heure.
Du sang. Est-ce vraiment du sang ? Elle se baisse à nouveau. Elle comprend que ce qu’elle avait pris pour un caillou et qu’elle tient encore entre ses doigts n’est pas un bout de pierre mais un bout de dent. Elle se relève précipitamment, regarde le fragment blanc dans sa main et le jette loin d’elle, horrifiée. »

Le post-it de Ge

Le sang versé de Asa Larsson

L’avocate Rebecka Martinsson, en mission pour son cabinet, est de retour dans sa ville natale de Kiruna, au nord de la Suède, à proximité du cercle polaire. Elle y revient un an après une affaire douloureuse pour elle. Malheureusement les fait se répètent, Mildred Nilsson une femme pasteur est retrouvée mutilée et pendue à l’orgue de son église. Ce meurtre n’est pas sans rappeler à la jeune femme une affaire similaire qui a eu lieu un an auparavant. Ceux sont les inspecteurs Anna-Maria Mella et Sven-Erik Stalnacke qui sont chargés de l’affaire. Et l’enquête va se révéler plus complexe qu’il n’y parait. La victime de par son le caractère bien trempé et son militantisme féministe un brin écolo étaient loin de faire l’unanimité au sein de sa petite communauté.

Voilà le décor est planté :

Deux pasteurs sont assassinés et, pour une fois, il ne s’agit ni de l’œuvre d’un tueur en série, ni de celle d’un groupe de satanistes, lointain héritiers des Templiers, à la recherche d’un manuscrit prouvant que Jésus était père de famille nombreuse. L’enquête est bien menée, le roman prend le temps de construire et de développer les personnages, de les nuancer, de bien les intégrer à la vie du village dans lequel ils évoluent. De la psychologie, mais sans excès ; des points de vue variés qui enrichissent autant l’intrigue que l’ambiance. Bref, un excellent roman, classique mais pas académique.

J’avais déjà beaucoup aimé Horreur boréale paru à la série noire en 2006. Avec cette première enquête de Rebecka Martinsson, récompensée par le prix du Premier Roman policier suédois, elle faisait une entrée fracassante en littérature. Elle confirme ici son talent de compteuse et surtout elle reste sur son thème de prédilection ; à savoir la religion et le fanatisme qui en découle.

Extrait :
« Viens t’allonger ici, lui chuchotait la forêt. Viens poser ta tête sur le sol de bruyère pour regarder par-dessous les arbres se balancer dans la brise du soir. […]
Elle réfléchit à l’offre de la forêt, pensa aux grands pins élancés, à leurs troncs de cuivre frappé. Au vent ruisselant dans les cimes comme de l’eau. Aux sapins d’un noir de suie mangés de lichen barbu. Au bruit de ses pas sur le cladonia et la bruyère, au toc-toc des pics épeichettes, au silence profond qui succède au passage d’un animal sauvage, au doux froissement des aiguilles de pin et au craquement léger des brindilles.
On marche et on marche. Au début, la pensée est comme un écheveau emmêlé, les branches vous griffent le visage et s’accrochent à vos cheveux. Et puis, peu à peu, les fils se démêlent, se détachent, restent accrochés aux arbres, s’envolent dans la brise. Bientôt on a la tête vide et on se contente d’avancer. On traverse les marais fumants aux lourds effluves où le corps devient moite et où les pieds s’enfoncent. On gravit un escarpement et là-haut, sur le plateau, le vent souffle plus fort. Les bouleaux nains, phosphorescents, semblent ramper sur le sol. Arrivé là, on se couche. Et la neige se met à tomber. »


Le cercle et la fraternité de Christophe Lunetto


9782903533373Le livre : Le cercle et la fraternité, de Christophe Lunetto. Paru le 17 novembre 2014 chez Chemin Vert dans la collection polar. 23€ ; (254p) ; 13,4 x 19,7

4e de couv :

 » Le bébé allait bientôt fêter son deuxième anniversaire. En attendant, il était confortablement installé sur les genoux de sa mère profondément assoupie et ne lâchait pas des yeux l’homme vêtu d’une longue redingote qui se trouvait avec eux dans le compartiment de seconde classe. « 
Londres, hiver 1886. Quelques jours avant Noël, le cadavre horriblement mutilé d’une prostituée est retrouvé sur les bords de la Tamise.
Les jeunes et pas encore célèbres James M. Barrie, Arthur Conan Doyle et Bram Stoker se lancent sur la piste des tueurs. Des bas-fonds de la ville au plus profond de la lande écossaise, ils vont devoir dénouer les fils d’une intrigue périlleuse, percer des secrets séculaires et affronter un adversaire redoutable : la Fraternité.
Bien des années plus tard, ils se souviendront de cette aventure horrifique pour leurs créations respectives de Peter Pan, Sherlock Holmes et Dracula.

L’auteur : Christophe Lunetto est né en 1971 et, aussi loin qu’il se souvienne, il a le sentiment d’avoir toujours écrit. Passionné de cinéma, se destinant à l’origine à une carrière de scénariste, il participe au prestigieux concours de scénario du Tribeca Film Institute de New York. Finaliste du prix 2013 « Nos Lecteurs ont du talent © », Le Cercle et la fraternité est son premier roman.
Extrait :
C’est Conan Doyle qui s’est chargé d’aller récupérer Emma Combs dans la serre avec l’aide des deux employés de la morgue appelés en renfort. Ils agirent promptement, avec le souci de ne pas attirer l’attention du voisinage. Dans sa précipitation, Arthur fut même obligé de prendre à pleines mains le tas d’intestins et de le jeter dans un vieux pot de fleurs pour pouvoir le transporter plus vite avec le reste du corps.(…)
(…)Quoi qu il en soit, toujours est il que, dès qu il fut mis au courant, sir Henry fit tout ce qui était en son pouvoir pour imposer le secret absolu autour du cas Emma Combs, pour éviter, je le cite, «un inutile vent de panique parmi la population à l approche des fêtes de Noël». Pour commencer, car il faut bien commencer par quelque chose, il tua dans l oeuf toute idée d enquête officielle (à la grande consternation d Abberline) en nous annonçant, sur un ton qui ne souffrait aucune contestation, que les causes du décès étaient dues à… une noyade accidentelle!

 

Chronique de lectrices

Londres, hiver 1886. Les jeunes James M. Barrie, Arthur Conan Doyle et Bram Stoker enquêtent sur le meurtre d’une prostituée retrouvée mutilée sur les bords de la Tamise. Un adversaire redoutable se dresse contre eux : la Fraternité. Cette aventure horrifique les inspirera pour leurs créations respectives futures : Peter Pan, Sherlock Holmes et Dracula.

Nous avons aimé :

La fraîcheur de ce sympathique polar. La période et le décor. Le Londres Victorien, une époque qui porte à la rêverie et l’onirisme.et l’écosse et ses paysages grandioses servent de décor.

On a aimé le suspense entretenu et parfaitement distillé. Un petit polar que se dévore avec délectation. On entre dans ‘histoire et on ne la lâche plus.

Et le petit plus c’est un coup de génie de l’auteur de faire se retrouver des personnages connus. De les associer avant leur notoriété et de leur inventer des aventures communes.

Outre le « Cercle » formait par nos trois futur auteurs, on fait dans ce livre d’autres rencontres intéressantes. Des personnages de roman comme des personnes réelles tel Frédérik Abberline  ou encore Moriarti.

Lire le début ICI

Cannibal tour d’ Anouk Langaney


Cannibal tour d’ Anouk Langaney : un délicieux périple

Le livre :Cannibal tour d’Anouk Langaney. Paru le 19 novembre 2014 chez Albiana. 15€ ; (290 p.) ; 22 x 14 cm.

29 décembre 2014, 06:05

4e de couv :

Dans une île aux antécédents cannibales, deux corps sont retrouvés. Leurs meilleurs morceaux ont été découpés et cuisinés avec une application certaine.

À la stupéfaction succède bientôt le grand tamtam médiatique. Tout cynisme bu, voici que certains en viennent à espérer voir déferler des foules de touristes, mues par l’appétit du sang et le théâtre de la sauvagerie. Un coup de fouet inespéré à l’économie locale… Le crime n’est-il pas un spectacle de choix ?

Mais voilà que les meurtres et les sacrifices traditionnels, d’une haute tenue gastronomique, commencent à se multiplier… Les enquêteurs auront bien du mal à s’orienter dans la jungle du crime insulaire, fertile en non-dits et en faux-semblants.

Geeks, rastas, collégiens, universitaires, pêcheurs, professionnels du tourisme, hommes d’affaires surfant sur la vague du revival identitaire : les âmes damnées de la micro-société insulaire, prêtes à tout « avaler » pour exister aux yeux du monde, se bousculent en une sarabande ironique et macabre…

 

L’auteur : Anouk Langaney est l’auteur de Même pas morte (Albiana, 2012), déjà remarqué pour son humour et la virtuosité avec laquelle l’intrigue est menée. Son deuxième opus est tout aussi drôle et inquiétant…

 

 

Ma petite lecture

Cannibal tour d’ Anouk Langaney : un délicieux périple

C’est rare que je fasse 2 petites chroniques de 2 titres d’un même auteur. Sauf pour mais chouchous !

Mais là, j’avoue, je ne peux pas résister. Je suis fan absolue. Et oui…

… Anouk Langaney nous offre une île paradisiaque, enfin à première vue, car le monde qu’elle crée n’est pas tout à fait comme sur les cartes postales…

Car dans cette île, la population a des coutumes singulières et surtout des antécédents cannibales. Et si le cannibalisme a été interdit, il n’est pas dit que sa pratique soit tout à fait éteinte. Et un jour, deux corps sont retrouvés et leurs meilleurs morceaux ont été découpés et cuisinés avec application.

À la stupéfaction succède bientôt le grand frisson annonciateur de foules de touristes mues par les instincts les plus bas et par un certain voyeurisme de bon goût. Le crime est un spectacle et il profite, quoi qu’on en pense…Il flotte un air de fête macabre qui semble animer la micro-société insulaire prête à tout pour exister malgré tout…

Mais voilà, les meurtres et les sacrifices à visée culinaire commencent à se multiplier et les enquêteurs se donneront bien du mal pour démêler le vrai du faux.

Un polar comédie à l’humour grinçant, à croquer à pleines dents !!! Je l’ai dévoré. Je vous l’ai dit je suis fan.

J’aime réellement la façon ,dont l’auteur a, de me pas se prendre au sérieux tout en dénonçant ou plus exactement en montrant quelques dysfonctionnements de notre société. Un humour qui se déguste avec délectation.

Alors vite, embarquez pour les Centaurides

Artères souterraines de Warren Ellis


Artères souterraines de Warren Ellis

 Attention ça décape.

Extrait :
« Acheter des vêtements, c’est un Truc de Petit Copain. Tu poireautes et tu regardes d’un œil vide les morceaux de tissu pendus aux cintres, tu mates les étiquettes et tu te demandes comment un machin qui te couvrirait tout juste la couille droite peut coûter le prix d’un rein, et tu observes les vendeuses qui te surveillent et qui se demandent ce que tu fous avec elle, vu qu’elle est mignonne et que toi t’as plutôt un air bizarre, et elle essaie ses fringues et tu reluques son cul dans une bonne douzaine de modèles différents qui te paraissent identiques, mais faut bien reconnaître que tu te contentes juste de détailler son cul et que tout finit par se mélanger, et quelqu’un colle un aspirateur dans ton portefeuille pour récolter tout ton liquide, et tu sors de la boutique avec un sac tellement minuscule que deux souris pourraient même pas y niquer. Tu répètes la scène une douzaine de fois. Ou jusqu’à ce que ton cerveau décède. »
 Le livre :Artères souterraines de Warren Ellis :roman traduit de l’anglais par Laura Derajinski Paru le 26 août 2010 Au Diable Vauvert. 19€ ; (295 p.) ; 20 x 13 cm

Le livre paru en poche au début de l’année 2014 au prix de 6,60€.

4e de couv :

Artères souterraines

Un privé à la dérive, Michael McGill, est embauché pour retrouver une version de la Constitution des États-Unis comportant des amendements écrits à l’encre alien invisible. Depuis les années 50, le précieux document est passé de main en main en échange de services louches.

Pour un demi-million de dollars, McGill entre dans ce que l’Amérique a de plus fou, grotesque, déviant et hilarant.

Un livre guidé tambour battant par la logique du pire, l’exploration transgressive d’un pays foutraque et décadent à la recherche de ce qui pourrait modifier le cours de son histoire…

L’auteur : Né en 1968 en Angleterre, scénariste, Warren Ellis a participé au renouveau du label Marvel dans les années 90 sur les séries Fantastic Four et Iron Man. Il est l’auteur du chef-d’oeuvre d’humour et de noirceur Transmetropolitan et de plusieurs séries. Son premier roman atomise toutes les conventions et frappe un grand coup !

 

Extrait : — Que sais-tu des cultures amérindiennes ? — Juste l’essentiel, qu’on les a empoisonnés avec des couvertures infectées. Je me demande toujours pourquoi on ne s’offre pas des couvertures miniatures en cadeau à Thanksgiving. 

Post it de la bibliothécaire : Ge

Michael McGill, privé à la dérive, doit retrouver l’original de la Constitution des Etats-Unis, version secrète aux annotations à l’encre alien, grâce à laquelle le gouvernement veut remettre le pays dans le droit chemin d’une morale inflexible.Car depuis le vol du précieux document, le pays a sombré dans la décadence morale. McGill part à la recherche du précieux document volé dans les années 1950 et passé depuis de main en main. Premier roman du scénariste de comics.
Warren Ellis, star dans le milieu des comics grâce à ses séries Fantastic Four et Iron Man, scénariste des films Red et Red 2 et avant tout symbole de la contre-culture américaine. Il signe ici un premier roman mené tambour battant par la logique du pire. Il nous entraîne dans l’exploration transgressive d’une Amérique en déclin, à l’aube de découvrir ce qui pourrait modifier son histoire…Un road-trip hallucinant, déluré, fantasque, avec parfois une surenchère de glauque, de trash, de déviant et certains passages sont bien dégueulasses. Ce tableau de toutes les perversions de l’Amérique est suffisamment éloquent . Et ce pamphlet au vitriol se veut anti-puritain et irrévérencieux, pour autant c’est plutôt intelligent et le ton est résolument moderne. Et pour que notre intérêt se maintiennent jusqu’au bout l’aventure démarre au quart de tour et le rythme ne faibli pas.
Attention âmes sensibles s’abstenir.

Extrait : » Vous voyez, Mike, nous avons besoin d’un balai à chiotte humain qui n’a pas peur de plonger dans la cuvette qu’est l’Amérique. Nous n’avons que faire d’un homme qui se contenterait de ramper sur la lunette et exigerait qu’on tire la chasse ou qu’on ajoute un bloc de Canard WC. Il nous faut quelqu’un qui soit heureux de patauger dans les étrons. « 
Extrait : C’est dans ce but qu’on a fabriqué des pop-stars à Los Angeles. On prend une petite conne cupide au visage symétrique, on époussette les miettes de Pringles, on l’éduque dans le moule Disney, on lui colle une paire de seins et on s’arrange pour que ses clips soient produits par un scénariste de porno : tous les gamins de moins de seize ans sont à vous.

La deuxième vie d’Amy Archer de R. S. Pateman


Le livre : La deuxième vie d’Amy Archer de R. S. Pateman. Paru le 4 juin 2014 chez Actes Sud; Actes noirs. 22€30 ; (349 p.) ; 24 x 15 cm.

 

 

Le point de vue des éditeurs

Le 31 décembre 1999, Amy Archer, fillette de dix ans, a disparu de son terrain de jeux habituel. On n’a jamais retrouvé son corps, et la vie de ses parents, Beth et Brian, s’en est trouvée dévastée.

Dix ans jour pour jour après sa disparition, Beth est seule, toujours aux prises avec l’énormité de son chagrin, seule face à l’horreur de ne pas connaître le sort de son enfant unique, quand une inconnue frappe à sa porte, prétendant savoir ce qui est arrivé à Amy.

Beth fait la connaissance d’une fillette, troublant sosie de sa fille disparue, qui sait des choses qu’Amy est seule à pouvoir connaître : le nom de son jouet préféré, des souvenirs de vacances, ce que Beth prend au petit-déjeuner. Mais comment la fillette pourrait-elle être Amy ? Elle n’a pas du tout vieilli…

Pour découvrir ce qui est vraiment arrivé à Amy, Beth va devoir remettre en question tout ce à quoi elle croyait et envisager l’impossible.

Aussi glaçant qu’haletant, La Deuxième Vie d’Amy Archer est le premier roman d’une nouvelle voix dans le monde du suspense psychologique britannique. Un thriller coup de poing, qui ravira ceux qui ont aimé Avant d’aller dormir, de S. J. Watson, et Les Apparences, de Gillian Flynn.

 

L’auteur : R. S. Pateman a été accompagnateur de voyages, animateur de centre de loisirs, et videur de boite de nuit, mais il a toujours voulu devenir écrivain. Il a fini par s’y coller et a écrit plusieurs livres. L’un d’entre eux est devenu La Deuxième Vie d’Amy Archer.

 

 

 

Extrait :
Elle est plus grande qu’elle ne paraissait derrière la fenêtre, et la lumière argentée que laisse entrer l’embrasure de la porte rend son visage encore plus pâle. Son sourire faiblit. Quand elle essaie de parler, aucune parole ne franchit ses lèvres. les mots me font défaut à moi aussi. Je prends une profonde inspiration. Ma question finit par sortir en un murmure désespéré.
“Où est ma fille ?”
Libby avale sa salive et se mord la lèvre.
“C’est une longue histoire. Il voudrait peut-être mieux vous asseoir.”
Je recule lentement et ouvre la porte.
Le froid la suit dans l’entrée. Elle ôte ses gants et me présente la main droite. Sa poignée de main est brève, mais je sens tous les os de ses doigts.
Je retire brusquement ma main.
“Je sais que ce n’est sûrement pas facile, dit-elle. Croyez-moi, ce n’est pas facile pour moi non plus.
— dites-moi seulement ce que vous savez. Je vous en supplie.”
Elle hausse les épaules et prend une inspiration.
“Ça va vous sembler très bizarre. Vous allez penser que je suis folle – si ce n’est pas déjà fait.”
Elle me reprend la main. Je la retire à nouveau.
“Je sais où est Amy.” Sa voix est ferme. Son ton catégorique.
“vous l’avez déjà dit. Mais… si on avait trouvé son corps,
la police serait venue me prévenir.
— Je n’ai pas retrouvé son corps.”
Je m’appuie contre le mur, les yeux fermés, et je me pince l’arête du nez. J’ai bien du mal à trouver le souffle ou le courage pour exprimer à haute voix ce que je crois saisir.
“Je… ne comprends pas. voulez-vous dire…?”
une promesse impossible me fait tourner la tête.
Libby fait un oui imperceptible de la tête.
“C’est exact, madame Archer. Amy est vivante.”

 

Le post-it du bibliothécaire :

A 10 ans, Amy, la fille de Beth, a disparu sans laisser. Dix ans plus tard, Beth fait la connaissance d’une fillette, le sosie d’Amy au moment de sa disparition, qui sait des choses que seule son enfant est en mesure de savoir. Beth doit alors tout remettre en question pour découvrir ce qui est réellement arrivé à sa fille.

Un polar très original . Une intrigue surprenante et puissante Des personnages convaincants, tout en nuance bien nuancés. Une belle et parfaite réussite

Un suspense psychologique implacable !

Bref, pourquoi pas un nouveau coup de cœur pour ce premier roman ?