Toutes taxes comprises de Patrick Nieto


Le livre: Toutes taxes comprises de Patrick Nieto. Paru le 26 septembre 2016 chez Cairn collection du Noir au Sud. 16€ ; 336 pages; 18  x 12 cm

 

4ème de couverture :
Pierre-Henri Sennelier, proche collaborateur du président de la République, est abattu d une balle dans la nuque dans sa résidence secondaire de Bruniquel, paisible village du Tarn-et-Garonne. Une épouse infidèle, un amant joueur de poker, une avocate mal dans sa peau ou un escroc international, sont quelques-uns des personnages qui se succèdent au fil du récit avec, en toile de fond, l’escroquerie la plus lucrative de tous les temps en Europe : la fraude à la taxe carbone. Le commissaire Lemoine du SRPJ de Toulouse mène l enquête. Mais parviendra-t-il à approcher la vérité face à un tueur, maître dans l art de brouiller les pistes ? D autant que les meurtres se suivent et ne se ressemblent pas.
L’auteur : Originaire du sud-ouest de la France, Patrick Nieto, 54 ans, est commandant de police. Ses 30 années passées dans le domaine de l’investigation judiciaire et le traitement d’affaires sensibles lui ont permis d’acquérir une approche très fine des pratiques en vigueur dans son métier ainsi que des hommes et des femmes gravitant dans le milieu policier. Il est passionné de littérature asiatique et de polars. Toutes taxes comprises est son premier roman.
Extrait :
« La difficulté dans mon métier est de bâtir des hypothèses sur la base d’indices dont on dispose pour reconstituer un évènement passé. Depuis le départ, en assemblant des éléments épars, j’apprends petit à petit des choses sur le meurtrier. »

Le OFF de OPH

Chronique d’un roman en « je » !

Pourquoi en « je » ? Parce que ce roman est écrit, du début à la fin, à la première personne du singulier. Jusque là, rien d’original me direz-vous, des narrations de ce type, il en existe pléthore dans la littérature. Certes. Sauf qu’ici, Patrick Nieto prête sa plume au « je » de la quasi totalité des personnages qu’il a créé. A chaque chapitre, c’est un personnage qui s’exprime et ils sont une dizaine. Ils se relaient, narrant tour à tour une partie de l’histoire, l’ensemble aboutissant à un roman noir à l’intrigue particulièrement bien amenée, avec un final qu’on ne voit pas arriver.

Au-delà de cette enquête qui nous emmène de certitudes en fausses pistes, Patrick Nieto évoque des sujets qui peuvent avoir des résonances particulières selon le lecteur.
Il explique les mécanismes d’une enquête de police, mettant en avant le caractère chronophage des recherches et autres investigations. Il use du vocabulaire policier et de ses expressions, peut-être un peu trop parfois ; car si la majorité des lecteurs ne relèveront pas, j’ai eu parfois le sentiment de lire des extraits de procès-verbaux.
Il revient aussi régulièrement sur les pressions hiérarchiques et médiatiques que peuvent subir les enquêteurs selon la nature d’une affaire, mais aussi le difficile sentiment d’échec face à une impasse, la naissance de doutes jusqu’à, parfois, la perte de confiance en soi.
Dans les thèmes brossés en fil rouge, l’auteur décrit également différents types de tueurs en série : le psychopathe, le psychotique, le tueur impulsif ou d’opportunité. Un sujet que j’aurais aimé que Patrick développe davantage.
Il parle aussi de ce ces ragots et des chapes de plomb qui s’abattent sur les villages lorsqu’un fait divers vient bouleverser la tranquillité du « pays ».
Enfin, il est important de souligner les recherches et apports techniques qu’a fait l’auteur quant aux lois sur la taxe carbone et les montages financiers. Un sujet qu’il a su vulgariser pour le rendre compréhensif par tous.

Côté style, j’ai beaucoup aimé les pointes d’humour avec lesquelles l’auteur a ponctué son roman. Les phrases sont plutôt courtes, le vocabulaire soutenu mais sans que ce ne soit trop pompeux. la narration est rythmée de part la technique employée et le suspens distillé par l’auteur, même si on n’est pas dans un page-turner.
Pour finir, la narration multiple en « je » permet de développer les différents traits de caractère des personnages, certains étant toutefois bien plus construit que d’autres, mais pour les besoins de l’intrigue.

Un premier roman réussi donc, avec lequel j’ai passé un agréable moment.

J’ai eu le plaisir d’accompagner Geneviève lors de l’interview de Patrick et de son éditrice le 1er décembre 2018 à la bibliothèque Parmentier (Paris XI). Un excellent moment de partage et de confidences!

 

 

Les espionnes du Salève, Tome 2 : Bletchley Park de Mark Zellweger.


Samedi prochain j’aurai le plaisir de recevoir à la bibliothèque Mark Zellweger pour un Apéro Polar spécial romans d’espionnages.

Apéro Polar mark

Pour l’occasion Maud nous propose sa lecture du dernier titre de notre auteur invité.


Le livre : Les espionnes du Salève, Tome 2 : Bletchley Park de Mark Zellweger. Paru le 26  2018 Octobre 2018 aux Eaux Troubles. Collection : Thriller 21.00 euros. 312 pages.  21 x 2,6 x 14,5 cm


4ème de couverture :
Ce second volume de la saga à succès qui se déroule entre août 1941 et novembre 1942 nous réserve bien du suspense.
Un pur régal !
Le réseau des Espionnes du Salève se restructure après la trahison d’une des leurs. Elles s’activent sur tous les fronts tant à Genève, Berne, qu’à Lyon, Londres, Varsovie et Oran. La Gestapo, l’Abwehr et les traitres en tout genre se rapprochent d’elles chaque jour un peu plus. Le danger est omniprésent. Combien de nos Espionnes seront encore en vie ?
Hannah Leibowitz apprend le jour de Noël 41, d’une source top secrète, que les nazis construisent des camps d’extermination dans sa Pologne natale, alors qu’elle n’a plus de nouvelle de son mari resté au ghetto de Lodz. Avram Leibowitz sénior est-il encore vivant ?
De l’eau lourde a disparu en Norvège ! Une Espionne part à la recherche d’un centre de recherche atomique nazi ultra secret. Reviendra-t-elle ? Les nazis auront-ils l’arme de destruction massive ?
Le Royaume Uni subit une attaque sans précédent de l’Abwehr. Celle-ci va-t-elle percer les secrets de Bletchley Park ?
À Lyon où la Résistance et le SOE britannique en lien avec les Espionnes du Salève sont devenus très efficaces et organisés, la répression nazie s’intensifie. Qui s’en sortira indemne ?

 

L’auteur : Mark Zellweger, auteur suisse, Fribourgeois, né en 1959. Diplômé d’histoire romaine de la Sorbonne et de marketing stratégique de Business Schools. Il a été directeur marketing-vente dans l’industrie pharmaceutique en Suisse et à l’Etranger une trentaine d’années. En parallèle, il fut conseiller particulier de directeurs de services de renseignement internationaux de tout premier plan. Aujourd’hui, il se consacre à l’écriture et est considéré comme le nouveau maître du roman d’espionnage par de nombreux critiques spécialisés. Certains vont jusqu’à l’inclure dans le club fermé des grands auteurs que sont : Follett, Ludlum, Clancy, Higgins. Les Espionnes du Salève sont son 5e roman. Xtrême préjudice est sélectionné pour le Prix du Polar Suisse Romand 2017 festival Lausan’noir. Mark Zellweger, directeur marketing puis consultant en stratégie pendant une trentaine d’années, a voyagé dans le monde entier. En parallèle, il fut conseiller spécial auprès des directions des actions clandestines appartenant aux plus grands services de renseignement.
Mettant à profit sa connaissance approfondie de la géopolitique internationale et sa compréhension des services secrets, il se consacre désormais à l’écriture. Ses thrillers se placent dans la lignée des maîtres du genre que sont Ludlum, Clancy et Cussler, avec une touche helvétique.

 

Extraits :
« Il était tombé amoureux d’Adèle sans s’y attendre. Il ne savait pas ce qu’était une femme avant elle. Cette jeune femme arborait un sourire irrésistible et si charmeur ! Quelques jours après son arrivée, ils s’étaient aimés passionnément dans la grange alors que Jules se trouvait en ville de Genève à régler des affaires. L’attachement et l’attirance qu’il portait à la jeune femme le poussaient à rester. Mais de l’autre côté, ses convictions et le souvenir du sacrifice paternel lui demandait de combattre pour la liberté. »

Les Lectures de Maud :

 

A peine remise de leurs aventures et mésaventures que les voilà de nouveau à sillonner les routes de France, de Suisse, d’Europe et d’Afrique du Nord ; en quête d’informations ou de messages. L’heure est grave, le décryptage de messages à Bletchley Park alerte, affole et plonge les hauts dirigeants dans la tourmente. En Europe du Nord, les nouvelles ne sont pas plus réjouissantes, une catastrophe se prépare… En Afrique du Nord, le réseau d’espionne œuvre également en renseignant les alliés sur les positions ennemies.

Ravie de retrouver Hannah et son réseau de femmes courageuses et volontaires, prêtes à mettre leur vie en danger pour lutter contre le nazisme. Les revers sont multiples et viennent de toute part, même de là où on ne l’imagine pas. Comment vont-elles mettre en œuvre des stratagèmes afin de remplir leurs missions ?

Après une magnifique lecture du premier volet, je suis enchantée par celui-ci, nous retrouvons à travers des faits historiques, une trame dynamique, entraînante, et peu connue de notre Histoire. De nouveaux personnages apparaissent, les anciens sont plus développés ; on en apprend d’avantage, sur leur vie, leur passé et leur caractère. Je pense principalement à Sev pour cet opus. Je pense que leurs aventures ne vont pas s’arrêter alors je vais patienter sagement jusqu’aux prochaines.

Je remercie l’auteur pour sa confiance

Version lue : Broché

 

Les indésirables de Diane Ducret


Le livre : Les indésirables de Diane Ducret. Paru le 1er mars 2017 chez Flammarion dans la collection littérature française. 19€90 ; (312 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv :

Les indésirables

Nous avons ri, nous avons chanté, nous avons aimé. Nous avons lutté, mon amie, c’était une belle lutte. Je me suis sentie plus vivante à tes côtés que je ne le fus jamais.

Un cabaret dans un camp au milieu des Pyrénées, au début de la Seconde Guerre mondiale.

Deux amies, l’une aryenne, l’autre juive, qui chantent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish, en français… cela semble inventé ! C’est pourtant bien réel. Eva et Lise font partie des milliers de femmes « indésirables » internées par l’État français. Leur pacte secret les lie à Suzanne « la goulue », Ernesto l’Espagnol ou encore au commandant Davergne. À Gurs, l’ombre de la guerre plane au-dessus des montagnes, le temps est compté. Il faut aimer, chanter, danser plus fort, pour rire au nez de la barbarie.

À la façon d’une comédie dramatique, Diane Ducret met en scène le miracle de l’amour, la résistance de l’espoir dans une fable terrible et gaie, inspirée d’histoires vraies.

 

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L’auteur : Diane Ducret, est née à Anderlecht (Belgique) le 17 novembre 1982. Normalienne, historienne, philosophe et journaliste, Diane Ducret, alors qu’elle n’a pas 30 ans, a animé le Forum de l’histoire sur la chaîne Histoire, et réalise des documentaires pour l’émission « Des Racines et des ailes ».
En 2011, elle sort son premier livre, « Femmes de Dictateur », best-seller en France et traduit dans vingt langues. Un second tome paraît en 2012.
En 2013, elle publie « Corpus Equi », prix du premier roman à La Forêt des livres, coup de cœur de l’émission Le Masque et la Plume, un roman autobiographique véritable ode au cheval et à la liberté.
Elle publie en 2014 un essai sur le sexe féminin, « La Chair interdite » aux éditions Albin Michel.
En 2015, elle publie aux Éditions Perrin / Plon un ouvrage intitulé « Lady Scarface » qui raconte les destins croisés de femmes de gangster de la pègre américaine.
En janvier 2017, elle publie chez Pocket « Les Marraines du Crime », un ouvrage dans lequel, à partir d’archives déclassifiées, de journaux de l’époque, d’entretiens avec des descendants et de documents inédits, Diane Ducret dévoile l’intimité de ces femmes gangsters américaines durant les années folles.
En mars 2017, elle publie aux Editions Flammarion « Les indésirables ». Dans cet ouvrage, Diane Ducret nous raconte l’histoire du camp de Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques.

 

Extrait : 
« – Nous vous envoyons trois mille femmes à interner. Allô ? Allô ? »
Au téléphone, l’attaché du cabinet du général Héring attend une réponse de la part du commandant. Au bout du fil, rien qu’un silence, puis, à peine plus fort, la chute d’un corps sur la laine d’un tapis. Le chef d’escadron Davergne, pris de stupeur, est tombé de sa chaise. Le nombre exorbitant résonne encore dans sa tête tandis qu’il recoiffe ses cheveux bruns ondulés d’une main et replace de l’autre ses petites lunettes rondes sur son nez, juste au-dessus de la moustache triangulaire qui relie équilatéralement chacune de ses narines aux extrémités de sa bouche. Sur la joue du jeune commandant de trente-cinq ans s’épanouit un grain de beauté. Il s’est vu confier la direction du camp depuis quelques mois seulement. »

 

Le post-it de Ge

Les indésirable de Diane Ducret

Mai 40, sur l’ordre du gouvernement français, près de 5000 femmes sans enfant sont entassées au Vélodrome d’Hiver à Paris. Pour la plupart des réfugiées. Beaucoup ont fui la guerre et le régime nazi en Allemagne.

Le Vel d’Hiv, tristement célèbre  pour sa rafle survenu deux ans plus tard en 42. Cette terrible rafle où plus de 13 000 juifs seront rassemblés sur décision du régime de Vichy en vue d’être déportés dans les camps de la mort.

Mais déjà en 40, la France était à la botte de Berlin.

Un peu plus tard une partie de ses femmes seront internées à Gurs dans les pyrénéens, dans un camp de détention français.

Un épisode mal ou pas connu de l’histoire de la France.

Ces femmes que l’on nomme « Les Indésirables » sont parquées là dans des conditions sanitaires terribles. Il y avait des Polonaises, des Belges, des Autrichiennes, des Allemandes, des Alsaciennes, juives et non-juives.

 Eva et Lise, deux amies  sont deux de ces indésirables. Elles sont internées là, ensemble par l’Etat français dans un camp au beau milieu des Pyrénées.

Il y a les brimades, il y a la faim, la dysenterie et la boue et les abus. La violence voire le viol. Il y a aussi les hivers et le froid. Et pourtant…

Pourtant ces indésirables ont compris que pour survivre il va falloir être désirable.

Et un jour le commandant du camps décide de leur offrir un piano. Oh ce n’est sans doute pas par pure bonté d’âme, non il a des choses qui pèsent sur sa conscience le commandant Davergne.

 Aussi ce simple piano va redonner l’espoir à ses femmes. Et avec l’espoir, la joie va revenir. Elles créent un cabaret, elles chantent et dansent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish et en français. Un peu d’insouciance.

A travers Lise et Eva, l’auteur nous conte aussi une formidable histoire d’amitié. Eva l’aimé est née dans une famille bourgeoise allemande, mais pour échapper à l’idéologie galopante qui gangrène son pays et trouve écho dans sa famille, elle fuit vers la France, ce pays des droits de l’homme. Lise, elle a à peine trente ans quand elle se retrouve à Gurs. Elle habitait Berlin, mais pour une jeune femme juive, la vie n’était plus possible en Allemagne et quand en 1933 les premiers signes annonciateurs de l’horreur ont frappé le commerce de ses parents, elle a préféré se réfugier à Paris.  Croyant trouver la paix en France. Et voilà que 7 ans plus tard le gouvernement français, on est pas encore sous le régime de Vichy, ordonne aux ressortissants étrangers de se regrouper pour ensuite les parquer.

Enfin revenant à notre histoire. Diane Ducret met en scènes ces femmes, ces héroïnes, qui vont tout faire pour maintenir un peu d’humanité dans leur épouvantable détention. Elles vont nous parler d’amour, d’espoir, de vie simplement. Quoi de plus fort que la vie dans ce trou infâme dédié à la mort.

Ce que j’ai aimé aussi c’est que l’auteur laisse passer un peu de luminosité dans cet univers très noir. Qu’elle mette en lumière la solidarité, l’entraide, la compassion  que ces femmes ont l’une envers l’autre.

Le piano ne fait pas que redonner espoir à nos Indésirables, il nous tire des sourires, des larmes et parfois aussi des éclats de rire.

Bravo à Diane Ducret pour ce travail de documentation, et ce formidable travail d’écriture et de mémoire.

 

Le Sixième Crime de Sébastien Fritsch


Le livre : Le Sixième Crime de Sébastien Fritsch. Paru le 5 Juillet 2012 aux éditions Fin Mars Début Avril. 5€ ;. 96 pages.  ; 17 x 11 cm

4ème de couverture :
Lex, le plus talentueux des écrivains francophones contemporains, vit depuis plus de quarante ans dans un hameau isolé de la Drôme provençale. Coupé du monde, sans autre compagnie que celle d’un piano de concert, il reçoit journalistes et curieux avec cette même phrase : « Quand je souhaite m’exprimer, j’écris. »
Mais le Maître restera-t-il aussi impénétrable face à un commandant de la police judiciaire ? Car il n’est plus question de littérature à présent : il est question de meurtres. Des meurtres inspirés par une série de polars, aussi sinistres que mal écrits. Leur auteur est tout l’opposé du grand écrivain.
Pourtant, le commandant Jérôme Babalnic, piétinant depuis des mois dans son enquête, ne voit plus d’autre solution que de solliciter l’expertise de Lex pour résoudre cette « énigme littéraire » et mettre fin au carnage. Car cinq romans noirs ont déjà été mis en scène par l’assassin. Qui sera la victime du sixième crime ?

L’auteur : Né en région parisienne en 1969, Sébastien Fritsch s’est installé à Lyon en 2000. De formation scientifique, il a travaillé une quinzaine d’années dans le domaine de la logistique pharmaceutique avant de se reconvertir dans l’enseignement. Il a publié sept romans à ce jour, dans des univers et sur des thèmes très différents : romans noirs, contemporains ou historiques, évoquant transmission familiale, influence de la littérature, fidélité dans l’amitié ou violence conjugale. Quelques points communs les relient néanmoins entre eux : un attachement aussi important à la langue qu’à l’intrigue et une petite tendance à manipuler les lecteurs jusqu’aux toutes dernières lignes.

Extraits :

« Sur la route qui serpente entre les rochers et les arbres bas, il faut peu de temps pour oublier ce que l’on laisse derrière soi. La nationale, l’autoroute que l’on parcourait quelques instants plus tôt, la ville quittée le matin même s’effacent un peu plus à chaque virage.
Restent le souple mouvement des oliviers, l’ondulation des collines, le respectueux enlacement de la ligne grise de bitume qui se faufile sur leurs flancs. Plus on la suit et plus on se demande où elle conduit – même en le sachant pertinemment. Et la surprise est bien réelle lorsqu’un dernier tournant révèle Pensegarde. 
Je me suis arrêté face au versant sur lequel s’agrippent les quelques maisons que désigne ce nom. Bien sûr, c’est une carte postale : la pierre claire, les volets pastel, les bouquets d’arbres, le ciel parfait, le fond de vallée serein qui leur sert de cadre. C’est pourtant beau. Il n’y a rien d’autre à en dire. Et ce sont bien ces mots qui me vinrent à l’esprit. Je n’ai même pas pensé : «Alors, c’est ici que vit le célèbre Lex !» 
Je suis remonté dans ma voiture pour parcourir les derniers lacets qui montaient au hameau. Je me suis garé sur la placette ménagée en son centre. Un tilleul à l’ample ramure en assurait la garde. Plus loin, dans l’ombre, une fontaine dévidait sa romance, image de fraîcheur capable aussi de figurer la chaleur de l’accueil. Vues de près, les bâtisses qui m’entouraient m’apparurent encore plus pimpantes que ce qu’elles m’avaient semblé d’en bas. 
Dans laquelle vivait-il ? Tous les volets étaient ouverts, toutes les fenêtres étaient agrémentées de rideaux, tous les perrons étaient fleuris. Peut-être les habitait-il toutes tour à tour, écrivant dans l’une, mangeant dans l’autre, dormant dans la suivante, se distrayant dans la quatrième et méditant dans la dernière. C’est seulement au moment où je pensai cela que je pris conscience du nombre de maisons : cinq. Autant que les crimes sur lesquels j’enquêtais. 
«Bonjour. Vous vous êtes égaré ?»
Je me tournai vers la deuxième maison – du moins celle que j’avais considérée comme telle dans mon coup d’œil circulaire. La voix qui m’avait interpellé était celle d’un homme grand et large d’épaules. Vêtu de façon simple, pour ne pas dire neutre, il donnait néanmoins une impression d’élégance, de par la prestance de sa silhouette athlétique. Si je n’avais pas su qu’il avait soixante-quatorze ans, je lui en aurais aisément donné vingt de moins.
«Non, je venais vous voir», répondis-je.»

Les Lectures de Maud :

Fritsch Sébastien – Le 6ème Crime


 Une enquête qui va se révélée difficile et compliquée. Des meurtres ont été commis à partir de romans dont l’auteur a mystérieusement disparu. Quels sont les codes ? Comment sont choisies les victimes ? Les lieux ? Tant de paramètres qui paraissent loufoques, mais qui requiert une prouesse en terme de logique.

Deux personnes échangent dans ce livre, Jérôme Babalnic commandant et enquêteur qui vient chercher des réponses que seul l’auteur Lex peut lui fournir. Les deux hommes vont s’apprivoiser se jauger, se juger, jouer avec les mots jusqu’à s’affronter face à leurs différentes théories sur les meurtres perpétrés. Chacun campe sur sa position et soutien ses éléments.

Ce hameau, Pensegarde, composé de 5 maisons n’est pas seulement un décor mais semble être un personnage à part entière. Les descriptions sont très pointilleuses que le lecteur à l’impression d’y être, ce lieu est le témoin muet du passé et des histoires.

J’ai beaucoup aimé cette ambiance huit clos, dans un endroit qui semble magnifique mais témoin de tant de noirceur. C’est le deuxième livre que je découvre de l’auteur ; j’apprécie toujours autant sa plume, son registre et son récit. Même dans court ce roman, l’auteur arrive à nous emporter, à nous imprégner, à nous berner. Un suspense très bien maintenu, un déroulé très intriguant et efficace. Une très belle lecture.

Version  lue : Broché

Fantazmë de Niko Tackian


Il y a deux mois sortait en poche la seconde enquête de Tomar Khan pour cette occasion notre mamie Flingueuse nous offre son retour de lecture


 

Le livre : Fantazmë de Niko Tackian. Réédité en poche le 2 janvier 2019 chez Le Livre de Poche. 7€70 ;  (281 p.) ; 18 x 11 cm

Paru initialement le 3 janvier 2018 aux Editions Calmann- Lévy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18,50 € ; (263 p.)  13,5 x 21,5 cm.

4 ème de couv :

Fantazmë

Janvier 2017, Paris, XVIIIe arrondissement. Le corps d’un homme atrocement mutilé est retrouvé dans une cave. Le commandant Tomar Khan pense d’abord à un règlement de comptes. Le genre d’affaire qui reste en suspens pendant des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre. Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.

 

 

L’auteur : Né à Paris en 1973, Niko Tackian fait des études de droits, d’Histoire de l’art avant de devenir journaliste et rédacteur en chef. Scénariste, réalisateur, romancier Niko Tackian est un touche à tout. Il se défini lui-même comme « un raconteur d’histoire ». Il reçoit en 2015 le prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac pour « Quelque part avant l’enfer » avec un thème minutieusement étudié : le phénomène de la mort imminente. En 2016 suivra « la nuit n’est jamais complète » puis « Toxique ». Ce premier volet, paru aux Editions Calmann Lévy, nous amène à suivre le commandant Tomar Khan, que l’on retrouve dans « Fantazmë » en ce début 2018.

 

Extrait :
« Il y avait d’abord cette enquête et la pénible impression d’avoir mis les pieds dans un labyrinthe de désespoir d’indifférence qui lui rappelait celui de son enfance »
« Bouvier (le légiste) n’était pas croyant, sa foi se limitait aux processus métaboliques et à l’activité cérébrale. Pour lui l’existence se résumait à une longue phrase dont la naissance formait la majuscule et la mort le point final. Passer de vie à trépas était le plus naturel des phénomènes et le destin de chaque être humain. Espérer autre chose était vain…. Il était persuadé que l’identité d’une personne se créait en réaction aux relations entretenues avec ses semblables. « Nous n’existons pas sans l’autre » … »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

Page 242 « Il y avait d’abord cette enquête et la pénible impression d’avoir mis les pieds dans un labyrinthe de désespoir d’indifférence qui lui rappelait celui de son enfance 

 

C’est le deuxième roman de cette série commencée avec « Toxique ». On y retrouve le groupe d’enquêteurs du 36 en tout début de l’année 2017. La mafia albanaise qui a main mise sur la drogue, l’esclavage sexuel et autres trafics à Paris et dans la banlieue, voit un certain nombre de ses « soldats » disparaître avec une violence maximale. Qui est donc ce justicier ? Ce Fantazsmë, ce spectre. Tomar rompu aux situations extrêmes et aux débordements aurait-il trouvé son maître ?

Scénarisé avec efficacité, une intrigue en premier plan interpelle le lecteur sur sa peur de voir la réalité qui l’entoure, l’indifférence généralisée comme maladie du siècle et en arrière plan, une interrogation plus intime qui concerne Tomar et ses débordements. Mal en point ce héro fatigué va-t-il se nettoyer le cerveau avec l’aide d’un ami médecin et d’un psychiatre, aura-t-il confiance au point de se livrer ? Son éducation et sa culture font-elles suffisamment obstacles à sa violence pour qu’il puisse rester le flic champion de la criminelle ?

Enfin une construction originale qui dévoile l’identité du justicier vers le milieu de l’intrigue … une vraie claque !

Notons dans la galerie de personnages que nous offre Niko Tackian, celui de Ara, la mère de Tomar, ancienne peshmerga, humaniste et généreuse, toujours prompte à rappeler à son fils les fondamentaux de son éducation.

L’auteur nous avait promis un vrai méchant sans circonstances atténuantes : c’est vrai, je l’ai rencontré ! Flippant !

 

Extraits :
« … il y avait des rumeurs concernant le commandant Tomar Khan… Certes ses états de service étaient impressionnants, et on lui devait la résolution de bon nombre d’affaires, mais on parlait aussi de méthodes borderline et surtout d’un homme au passé difficile, obligé de canaliser sa violence par la pratique du sport à outrance. »
« Combien de drames pourraient être évité en signalant un hurlement nocturne ou une conduite violente, combien d’auteurs de souffrances tues et cachées sous des apparences de banalité pourraient être condamnés ? »
« Lui aussi (Tomar), il préférait voir des ombres diffuses là où se trouvait la réalité de la souffrance humaine. Des fantômes qu’on tentait d’oublier sans pouvoir nier leur existence. »
« Tomar n’adhérait à aucun dogmes, mais il croyait au sacrifice… à la rédemption, sa rédemption. »
« Eric (le SDF) ne pouvait pas lui en vouloir, depuis le temps qu’il galérait dans cette ville il avait pigé que les gens n’étaient pas foncièrement mauvais, ils avaient juste peur. Peur qu’on leur parle, qu’on les mettent en retard, qu’on leur demande de l’argent, qu’on leur file des maladies, qu’on les agresse, peur de tout un tas de trucs au point de se réfugier sur l’écran de leurs téléphones portables ou dans leurs bouquins pour être le moins en contact possible avec le reste du monde. Y avait qu’à lever la tête pour voir tous ces gens fuir la réalité dans laquelle lui et ses camarades d’infortune se trouvaient empêtrés ».

Trauma zéro de Elly Rosemad


Le livre : Trauma zéro de Elly Rosemad. Paru le 27 septembre 2018 Éditions De Saxus.
19,90€ ; (315 p.) ; 14,5 x 22 cm

4ème de couverture :

L’euthanasie vient d’être légalisée.
Un médecin va en profiter pour semer la mort.

Gabriel, un jeune médecin séduisant et talentueux, va profiter de cette opportunité pour assouvir ses pulsions criminelles et sadiques à l’insu de tous. Ses proies seront des femmes en fin de vie, mais leur mort sera tout sauf paisible.

Dans le même hôpital, Maddy, une psychologue au caractère rebelle abîmée par la vie, a mis au point Trauma Zéro, un protocole expérimental destiné à effacer les traumatismes de la mémoire des patients. Mais l’expérience a été suspendue suite à un accident.

Alors qu’elle tente de la remettre sur pied pour oublier ses propres souvenirs douloureux, elle essuie le refus de ses collègues. Désemparée, elle ne sait plus vers qui se tourner. Pourtant un événement va tout changer. Un jour, elle surprend Gabriel en plein meurtre. Mais contre toute attente, Maddy lui propose le plus inattendu des pactes : ne pas le dénoncer en échange de son aide pour s’appliquer le protocole Trauma Zéro.

Un jeu dangereux débute alors entre eux et ses conséquences seront terribles…

Un thriller psychologique intense !

 

L’auteur : Elly Rosemad est psychologue de formation.
Trauma zéro est son premier roman aux Éditions De Saxus.

 

 

 

 

 

Extrait :
« Gabriel lui adressa un dernier sourire. Un dernier regard insistant, de ceux que l’on n’oublie pas. Si seulement Bérénice savait ce qu’il s’apprêtait à faire. Si seulement tous avaient connaissance de la véritable raison pour laquelle il avait fait en sorte que l’euthanasie soit accessible à tous les patients dans cet hôpital, même les plus démunis. Par les temps qui couraient, il était exceptionnel de voir un hôpital prendre en charge les frais médicaux, et ce pour tous les patients. La sécurité sociale avait désormais entièrement disparue et, avec elle, la possibilité de couvrir les dépenses médicales par ce dispositif. Seuls les plus aisés pouvaient permettre de ses soigner ou de demander l’euthanasie. Les centres hospitaliers étaient finalement devenus des entreprises comme les autres, avec une exigence de rentabilité. »

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 Nous sommes en 2025 – L’euthanasie vient d’être légalisée.

 Attention !

Style très direct, Elly Rosemad sous couvert d’un roman d’anticipation, ne tourne pas autour des mots. Elle tranche, elle cogne, elle traumatise… Ici pas de fioritures !

Âmes sensibles passez votre chemin !

 Trauma Zéro est un thriller psychologique très réussi qui m’a pris aux tripes. La lecture est très rythmée, haletante et dérangeante parfois, mais n’est-ce pas ce que l’on attend parfois.

Elly plante le décor dès le début, un hôpital qui fait des recherches, des personnages attachants ou répugnants… Ça c’est fait !

Dès la lecture commencée il m’a été très difficile de m’arrêter, tant l’atmosphère est particulière…

Angoissant, terrifiant, impuissance de certains médecins, la puissance de certains autres, avec un réalisme incroyable. Elly tisse une véritable toile d’araignée où je me suis englué dans ce récit gigogne.

 La mort y est omniprésente et tous les personnages ont des fêlures, des psychoses, sont mals dans leur peau.

Je ne dévoilerai rien de plus pour que vous découvriez par vous-même la puissance de cette plume.

 J’ai passé un excellent moment de lecture…

J’avoue que depuis plusieurs années, je fais parti de ceux qui souhaite que l’euthanasie soit acceptée pour une fin accompagnée de bien-être.

Mais là, Ça fait peur !!!

 Trauma Zéro, un vrai coup de poing qui ne peut laisser insensible…

Merci Elly Rosemad pour ce premier roman…

Rosemad. Tout un programme même dans le nom de l’auteur

 

Un grand merci aux éditions De Saxus…

Je te hais de Gilles Caillot


Le livre : Je te hais de Gilles Caillot. Paru le 14 novembre chez Terra Nova 2018. 19€ ; (348 p.) ; 23 x 15 cm.

4e de couv :

Flic tourmenté, le capitaine Marc Kasowski aimerait pouvoir tirer un trait sur les horreurs de son passé. Mais comment oublier son père, ce bourreau qui a assassiné sa mère et sa soeur ? Surtout au moment où celui-ci va sortir de prison…

Alors que le policier lutte contre ses terribles souvenirs d’enfance, un petit garçon et une fillette disparaissent. Et le kidnappeur envoie aux parents une lettre glaçante dans laquelle il détaille la manière dont il les a tués.

Cette affaire, qui rappelle étrangement à Marc ce qu’il a lui-même vécu, risque de faire vaciller son fragile équilibre psychologique. Pour parvenir à démasquer le meurtrier, il va devoir plonger dans les abîmes de son histoire familiale. Et le prix à payer pour sa rédemption risque d’être terrible…

Une enquête aux confins de la folie.
Un thriller glaçant.

L’auteur : Gilles Caillot est l’auteur de six autres thrillers ayant rencontre un grand succès critique et public, notamment L’apparence de la chair et Lignes de sang. Il fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs français de polars sombres, aux côtés de Franck Thilliez, Patrick Bauwen ou Karine Giebel.

 

Extrait : 
Ce que je sais aussi, c’est que, même avec des aveux, rien ne sera gagné pour autant. Je connais la justice et ses lourdeurs. Ses incohérences, aussi. Un mec comme la raclure de tout à l’heure peut très bien s’en sortir à bon compte. Surtout s’il est bien conseillé. Et les baveux qui conseillent bien, y en a quelques-uns sur la place publique.

 

Le OFF de Oph

« Je te hais » de Gilles Caillot chez Editions Terra Nova

Chronique d’une apnée au cœur de la folie!

Je l’attendais avec impatience ce dernier roman de Gilles Caillot ! J’ai découvert cet auteur avec la quadrilogie du mal, puis j’ai enchaîné avec « La couleur des âmes mortes » et en fermant ces romans, je me suis dit qu’on tenait un génie du genre !
Gilles Caillot c’est de la psychologie, de la folie, du noir du très très noir, du visuel… Et « Je te hais » n’y déroge pas.

Attention, en ouvrant ce roman, vous ne pourrez pas le lâcher avant de l’avoir terminé. Gilles, une fois encore, arrive à créer une ambiance et une tension qui nous entraîne dans une lecture frénétique. Il nous fait flirter avec la folie. La folie de ses personnages, mais la notre aussi. Combien de fois me suis je dis : ai-je bien compris où il veut m’emmener ? Non cette hypothèse ne tient pas.. et pourtant… J’ai tourné les pages en me délectant de ce style incisif, piquant qui est sa marque de fabrique. Ma propre folie de lectrice m’a rattrapée et c’est en une poignée d’heures que j’ai achevé cet excellent thriller.

Je te hais s’ouvre sur un horrible drame familial. Un drame qui resurgira des souvenirs de Marc Kasowski, Capitaine de Police, lorsque deux enfants seront enlevés.

Dans une première partie, Gilles Caillot nous donne une narration sur deux plans temporels : sa jeunesse, ce traumatisme qu’il a vécu, et en parallèle le début de l’enquête de police qui fait suite à l’enlèvement de deux enfants. Une partie dans laquelle Gilles construit ses personnages centraux. Il leur donne vie à la manière d’un Geppetto mais au fil d’une plume plus aiguisée que le traditionnel ciseau à bois. En fil rouge il traite de la pédophilie, de l’anthropophagie et du traumatisme chez l’enfant.

Dans la seconde partie, exit l’enfance de Marc. Nous restons sur l’enquête et plongeons dans la folie, en apnée, sans que l’auteur nous laisse reprendre notre souffle. La tension narrative est constante, nos hypothèses se font et se défont au fil des pages, jusqu’à un final… (soupir)

« Assis sur le canapé du salon, je ferme les yeux pour tenter de m’affranchir de cette sensation, mais les phrases, monstrueuses, reviennent par flux de plus en plus violents.Je le sais, c’est inéluctable. J’ai beau lutter, mon esprit a beau les rejeter, les ressacs d’une cruauté invraisemblable m’attirent vers un océan carmin de tourmente. Vicié. Empoisonné. Avec l’impression épouvantable de m’y noyer. De perdre corps. De sombrer…corps et âme. De douleur. D’horreur… »

Avec Je te hais, Gilles Caillot signe un thriller psychologique qui flirte avec mon idée de la perfection dans le domaine. La folie est omniprésente et les aspects psychologiques des personnages sont traités avec maestria. Certaines scènes sont si visuelles que l’horreur et le dégoût ont flirté avec mon plaisir coupable de lectrice avide de ce genre littéraire.
Un excellent roman donc que je vous conseille de découvrir sans tarder !

 J’irai tuer pour vous de Henri Lœvenbruck


La double chronique

Quand deux Flingueuses vous donnent leur avis sur un même livre.

Ce matin c’est Mamie Danièle qui a dégainée la première et maintenant  c’est au tour de Jean Paul notre Mister Flingueuse.


Le livre : J’irai tuer pour vous de Henri Lœvenbruck. Paru le 24 octobre 2018 aux Éditions Flammarion. 22,00 € ; 640 p. ; 15,3 x 24,1 cm.

4ème de couverture :

1985, Paris est frappé par des attentats comme le pays en a rarement connu. Dans ce contexte, Marc Masson, un déserteur parti à l’aventure en Amérique du Sud, est soudain rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne… Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henry Loevenbruck raconte un moment de l’histoire de France qui résonne particulièrement aujourd’hui dans un roman d’une tension à couper le souffle. Pour écrire ce livre, il a conduit de longs entretiens avec « Marc Masson » et recueilli le récit de sa vie hors norme.

L’auteur : Henri Loevenbruck est né en 1972 à Paris. Fils d’enseignants, il grandit dans le quartier de la Nation et hérite de ses parents d’une passion pour la culture anglo-saxonne. A 25 ans, après des études littéraires, il épouse d’ailleurs une Anglaise et part vivre avec elle en Angleterre puis ils reviennent en banlieue parisienne. Après quelques pas dans le journalisme et la musique, au milieu des années 90, amoureux des littératures de l’imaginaire, il fonde Science-Fiction Magazine avec Alain Névant, un ami d’enfance. Après avoir tenu le poste de rédacteur en chef de ce magazine pendant plusieurs années, il décide ensuite de se consacrer pleinement à l’écriture. Il partage aujourd’hui son temps entre les romans et les scénarios, avouant son penchant pour le thriller investigatif, la Fantasy et le roman d’aventure en général. Il est l’auteur de nombreux polars qui ont rencontré un vif succès, dont Le Syndrome Copernic, L’Apothicaire et Le Mystère Fulcanelli (Flammarion, 2007, 2011, 2013). En juillet 2011, il a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres
Extrait :
« Très jeune, j’ai été déçu par le sens que le monde moderne a donné à la politique. Et par ceux qui la font. J’ai le sentiment que, comme va le monde, les gens s’intéressent trop à la politique et pas assez à la philosophie. La norme semble non plus d’avoir une pensée, mais un avis. Un avis politique. Au lieu de se forger chaque jour une philosophie de vie propre, on se sent obligé de choisir un camp, on devient un partisan, dès lors on cesse de penser.
…/…
Les gens qui font de la politique et ceux qui les élisent ne le font plus pour des raisons philosophiques, mais partisanes. Ils ne pensent plus à l’humanité, à leur portefeuille.
J’ai toujours pensé que l’homme ne devrait se battre que pour protéger les faibles, jamais pour les assouvir. L’homme ne devrait pas être dirigé par l’homme, mais pas ses idées, ou ses idéaux, il faut s’instruire, apprendre, écouter, chercher questionner, remettre tout en question à chaque instant, y compris ses propres convictions.» 

 

Le ressenti de Jean-Paul

Bonjour à toutes et à tous…

 

Roman “coup de poing“ !!!

 

La 4e de couverture, n’était que la partie visible de cet iceberg percutant. Je sais d’ores et déjà que « J’irai tuer pour vous » va continuer a résonner encore longtemps dans mon esprit.

 Henri Loevenbruck nous livre un magnifique pavé, au sens propre comme au sens figuré, basé sur des faits réels. Il nous plonge au cœur des services de renseignements dans la France du milieu des années 80. Les attentats à Paris, les journalistes français kidnappés, un monde politique en pleine effervescence à la veille de nouvelles élections présidentielles, des secrets d’état et autres magouilles politiques.

Récit choc, très intense, plein de suspense et de rebondissements dont l’écriture hypnotisante alterne entre phrases courtes, dialogues très denses, entrecoupés d’extraits du carnet du héros.

Et malgré tout, en parallèle, Henri Loevenbruck arrive à nous offrir aussi une très belle histoire d’amour, dans ce récit qui malgré tout, comme à son habitude reste un condensé d’émotions assez incroyable.

Le parcours tortueux de celui qui va devenir “Hadès” ne vous laissera insensible…

 Ce roman est un véritable hommage pour ces hommes de l’ombre, qui au delà de leur vie, font passer leurs devoirs avant tout, n’hésitant pas à se mettre en danger au quotidien !

Henri n’a pas fini de m’étonner… Excellent moment de lecture.

 Je remercie Masse critique et Babelio pour m’avoir transmis ce roman quelques jours avant sa sortie et aussi pour leur confiance !

 

 Grand Froid de Cyril Carrère.


Le livre : Grand Froid de Cyril Carrère. Paru le 22 Novembre 2018 aux Editions Nouvelle Bibliothèque. 18.00 euros. 366 pages. 14 x 2,1 x 21,6 cm


4ème de couverture :
Le jour où sa mère est retrouvée morte, la vie de Lucas bascule. Délaissé par la police qui conclut à un suicide, ses doutes l’incitent à surmonter sa douleur pour mener sa propre enquête. La lettre anonyme qu’il reçoit confirme ses soupçons : quelque chose ne tourne pas rond. Et lorsqu’un mystérieux individu s’attaque à ses proches, il n’a plus qu’une solution : lui échapper et tout faire pour établir la vérité…

 

 

 

L’auteur : Originaire de Nîmes et vivant aujourd’hui à Tokyo, Cyril Carrere est féru d’innovation, de sport, de culture et de voyages. L’écriture le passionne depuis son plus jeune âge.
Le Glas de l’Innocence, son premier thriller, a été finaliste d’un concours organisé sur la plateforme Fyctia et parrainé par B.A. Paris.
Son second thriller, Grand Froid, a quant à lui été finaliste du concours VSD-RTL Michel Bussi 2018 (classé premier au nombre de votes du public) et a été publié en novembre de la même année.
Page et actualité ici :

 

 

Extraits :
« Gaëlle fit volte-face et se retrouva nez à nez avec un homme qui ne lui disait rien. Grand, athlétique, il devait passer des heures sur les bancs de musculation. Le visage poupin, elle estima son âge à une trentaine d’années environ. Ses yeux étaient aussi verts que les siens. Ils tiraient même vers le gris. Son regard inexpressif comme figé, la mit mal à l’aise. Elle baissa les yeux et remarqua ses mains gantées de cuir et ses vêtements sombres. Vu la météo, impossible de le blâmer, pensa-t-elle. Mais quelque chose clochait chez ce personnage. Pourquoi l’appelait-il ? Ses trais se tirèrent, sa mâchoire se contracta. Les sautes d’humeur intempestives qui avaient pris leurs aises depuis le début de son traitement renforçaient la tension qui est montait en elle. Elle pensa à son fils, en bénissant le ciel qu’il ne l’ait jamais vu dans cet état.»

Les Lectures de Maud :

 Nous voici plongés dans une affaire qui débute par le suicide d’une avocate, motif de décès que son fils Lucas, médecin urgentiste, ne croit pas du tout. Dès lors, il va mettre tout en œuvre pour découvrir la vérité sur la mort de sa mère. Pour cela, il va braver les dangers, ne sachant plus à qui faire confiance. Aidé de Loïc, ils vont à eux deux, démêler ce mystère, qui au fil de leur enquête n’aura de fait que de s’épaissir. De nombreux retournements de situation vont mettre à mal ce duo… Des ombres planent au-dessus de leur tête. Que vont-ils trouver au bout de ce tunnel ?

Lucas, personnage attachant, qui vient de perdre sa mère dans des conditions douteuses. Il va devoir mettre sa peine et son chagrin de côté afin de faire éclater la vérité. Mais jusqu’où cette quête va-t-il le mener ?

Loïc, lieutenant de police, va aller contre les ordres afin de soutenir Lucas dans ses recherches, mettant en péril sa relation avec son père Commissaire et sa carrière. Un personnage qui est l’armure de Lucas mais pas que…

L’auteur, avec une écriture directe et efficace, nous emporte dans cette quête dans un rythme effréné. Le lecteur ressent le stress, les angoisses, les peurs et la douleur des protagonistes. Pareil il ne sait plus à qui faire confiance. Totalement absorbé par ce livre, le lecteur court aussi après les réponses, s’attendrit également. Les émotions sont très présentes dans ce livre. Jusqu’où ce duo va-t-il nous emmener ? Une fin surprenante, sur les chapeaux de roues, très bien ficelée.

Je remercie les Editions Nouvelle bibliothèque et l’auteur pour leur confiance

Version lue : Numérique

 

L’appel du Néant de Maxime Chattam.


Le livre : L’appel du Néant de Maxime Chattam. Paru le 8 novembre 2017 chez Albin Michel dans la collection Thriller.  22€90 ; (516 p.) ; 23 x 16 cm.
Rééditer en poche le 14 février 2019 chez Pocket dans la collection Pocket Thriller. 8€60 ; 18 x 11 cm.

4e de couv : 

Tueur en série…
Traque infernale.
Médecine légale.
Services secrets.
… Terrorisme.
La victoire du Mal est-elle inéluctable ?

Ce thriller va détruire vos nuits et hanter vos jours.

L’auteur : Est-il besoin de le présenter ? Né le 19 février 1976 à Herblay, dans le Val-d’Oise, Maxime Chattam fait au cours de son enfance de fréquents séjours aux États-Unis, à New York, à Denver, et surtout à Portland (Oregon), qui devient le cadre de L’âme du mal. Il suit le Cours Simon à Paris en parallèle de ses études. Après le bac, petits boulots, Lettres Modernes à la fac. Il suit des cours en criminologie et écrit sous différents pseudo. Depuis une bonne dixaine d’année maintenant, Maxime Chattam est l’un des maîtres du thriller français dont l’imagination intarissable est régulièrement saluée par la presse. Il a vendu plus de 7 millions d’exemplaires en France et est traduit dans une vingtaine de pays. Après La Conjuration Primitive et La Patience du Diable, ce troisième épisode des enquêtes de la Section de recherches de Paris nous plonge dans le monde des pires criminels et à la racine du Mal moderne.

 

Extrait :
L’homme a souvent considéré, à tort, que les ténèbres consistent en une entité propre, alors qu’elles ne sont qu’absence de lumière. Elles n’existent que par un manque et, s’il faut convenir qu’elles incarnent bien quelque chose, ce n’est rien d’autre que le néant.
Telle était en tout cas la conviction de la jeune femme qui se tenait ramassée sur elle-même dans un coin de l’étroit réduit silencieux et aveugle. Elle enserrait de ses bras ses jambes repliées contre sa poitrine, le menton calé entre les genoux. Bien qu’il n’y ait pas le moindre photon pour l’éclairer, elle savait que son visage devait être crasseux, elle devinait la terre séchée qui lui croûtait les joues et le front, sa peau de porcelaine maquillée de zébrures de poussière noire, les boucles blondes de sa chevelure appesanties par la saleté lui tombant sur les épaules, sa beauté dissoute dans le vide de l’attente, dans l’angoisse et l’obscurité.

 

La recommandation de Jean Luc

Ludivine Vancker et ses collègues de la section de recherches de Paris enquêtent sur un tueur insaisissable dont les traces ne permettent pas son identification. Lorsque les services secrets français décident de participer à la résolution de l’affaire, les mots tueur en série et terrorisme sont associés.

13Avec l’Appel du Néant, l’auteur renoue avec ce qu’il fait de mieux, autrement dit le polar !

Les personnages sont intéressants, on y retrouve les personnages de l’une de ses derniers enquêtes policières, et même si on ne se rappelle plus les enquêtes précédentes, cela n’est pas gênant pour dévorer cette histoire sur fond de terrorisme.
L’auteur s’est beaucoup documenté sur les rouages de toutes les émanations de la police française, on y apprend quantité de choses en matière de procédés scientifiques, d’enquêtes, de technologies liées aux communications, du fonctionnement de la nébuleuse intégriste. C’est réellement passionnant, il pose aussi la question de la réaction de notre société face au terrorisme, il explique la montée du terrorisme, et il décrit aussi au passage la complexité du monde arabe.
Cela pourra paraître compliqué pour certains, mais moi, ça m’a passionné et rend cette enquête encore plus crédible.
Et aussi, il y a la signature propre à l’auteur avec son univers bien particulier surtout lors de la première moitié du livre !
Mais je n’en dirai pas plus…
Au final, ce thriller est nettement supérieur aux autres parce qu’il pourrait être vrai, et cette enquête est vraiment passionnante avec un final à la hauteur.
Un très bon polar comme je les aime.