Une putain d’histoire – Bernard Minier


Une putain d'histoire MinierLe livre : Une putain d’histoire de Bernard Minier. Paru le 12 mai 2016 8€30 ; (597 p.) ; illustrations en noir et blanc, cartes ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Hors des flots déchaînés, une main tendue vers le ciel. Un pont de bateau qui tangue, la pluie qui s’abat, et la nuit… Le début d’une «putain d’histoire».

Une histoire d’amour et de peur, de bruit et de fureur. L’histoire de Henry, 17 ans, que le meurtre de sa petite amie plonge dans l’enfer du soupçon. Sur son île, Glass Island, battue par les vents, cernée par la brume 360 jours par an et uniquement accessible par ferry, tout le monde connaît tout le monde, jusqu’au plus noir de ses secrets. Ou du moins le croit-on.

Quand la peur gagne, la vérité s’y perd…

 

 

 

bernard minier fsn
L’auteur : Dès la parution de son premier roman, Glacé, prix du meilleur roman francophone du festival Polar 2011 de Cognac, Bernard Minier rencontre un très grand succès. Ses deux derniers ouvrages, Le Cercle et N’éteins pas la lumière, le confirment comme un auteur incontournable du polar français. Ses romans sont traduits dans quatorze langues.

 

 

Extrait :
J’ai continué à fixer les photographies – ces témoignages d’une enfance heureuse. Heureuse : vraiment ? Existe-t-il témoignage plus mensonger que celui d’une photographie ? Plus je les scrutais, plus j’avais l’impression de voir autre chose dans ces souvenirs : un petit garçon qui jouait, qui s’amusait, mais qui avait toujours un air triste. Parce qu’au fond de lui, il savait que la situation n’était pas ce qu’elle aurait dû être. Il l’avait toujours su, ce petit garçon – je m’en rendais compte à présent -, il avait toujours su que sa mère n’était pas une de ces femmes, qu’elles avaient pris sa place, qu’elles jouaient son rôle mais qu’elles ne la remplaceraient jamais.
Les larmes se sont mises à couler sur mes joues.
Il savait pertinemment, au tréfonds de son être, qu’il était un orphelin, un enfant adopté, un petit être déplacé… Il le savait d’instinct, comme un animal sauvage, qui feint d’être domestiqué mais qui n’en oublie pas pour autant la liberté d’antan.

Le OFF de OPH

 » Une putain d’histoire » de Bernard Minier, jamais un roman n’aura porté aussi bien son nom!

Quand Henry et ses amis se mettent à la recherche de l’assassin de l’une de leurs amie, ça vous donne une « putain d’histoire » dans laquelle je me suis revue à quinze ans à me raconter les miennes devant les fictions télé… le récit à la première personne du singulier m’a permis de m’identifier à chaque fois à Henry, retrouvant les codes des adolescents dans un récit résolument moderne.

« Une putain d’histoire » c’est un vrai polar comme je les aime, avec des personnages si bien dépeints qu’ils ont pris vie dans mon esprit au point d’en devenir presque palpables… Henry, Charlie, Naomie auraient pu être ces ados que je croise chaque jours dans le métro… Mais les personnages à eux seuls ne font pas toute une histoire et Bernard Minier nous sert ici un repas complet avec mise en bouche pour vous ouvrir l’appétit, un plat copieux mais terriblement bien assaisonné et un dessert explosif qui vous laisse scotché dans les dernières pages!

 » Au commencement était la peur…

Hors des flots déchaînés, une main tendue vers le ciel. Un pont de bateau qui tangue, la pluie qui s’abat, et la nuit… Le début d’une  » putain d’histoire « .
Une histoire d’amour et de peur, de bruit et de fureur. L’histoire de Henry, 17 ans, que le meurtre de sa petite amie plonge dans l’enfer du soupçon. Sur son île, Glass Island, battue par les vents, cernée par la brume 360 jours par an et uniquement accessible par ferry, tout le monde connaît tout le monde, jusqu’au plus noir de ses secrets. Ou du moins le croit-on.
Quand la peur gagne, la vérité s’y perd… « 

Je me suis attachée à Henry et ses amis, j’ai eu peur avec eux au cours de l’enquête, je voulais comme eux retrouver l’assassin de leur amie… Mais quand la tempête a cessé et que le calme est revenu sur Glass Island, j’ai eu du mal à me remettre de cette « Putain d’histoire »!

Le fruit de ma colère de Mehdi Brunet


Le livre : Le fruit de ma colère de Mehdi Brunet. Paru le 15 mars 2018 chez Taurnada dans la collection Le tourbillon des mots. 9€99 ; (224 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Le jour où Ackerman vient demander de l’aide à Josey Kowalsky, le compte à rebours a déjà commencé. Il faut faire vite, agir rapidement.

Josey n’hésite pas un seul instant à venir au secours de cet homme qui, par le passé, a su le comprendre. Ensemble, ils vont découvrir que la colère et la vengeance peuvent prendre bien des visages. Et s’il était déjà trop tard ?

 

 

 

 L’auteur : Mehdy BrunetNé en 1974 à Bressuire dans les Deux-Sèvres, Mehdy Brunet aime le changement : Gironde, Haute-Savoie, Genève, île de la Réunion, Lozère, la Manche, un sentiment de liberté anime sa vie. Agent de maîtrise dans l’industrie technologique, ce n’est que très tard qu’il découvre sa passion pour l’écriture. Au fil des mots, une facette méconnue de sa personnalité va poindre à l’ombre de sa plume.
Extrait :
Disons que la loi est un outil formidable qu’il faut connaître sur le bout des doigts si l’on ne veut pas qu’elle se retourne contre soi, et malheureusement les procédures font parfois la part belle aux criminels. Toujours est-il que quelques jours après, ma collègue a aperçu la môme sur le trottoir en face du commissariat. Elle se tenait debout les bras le long du corps et se balançait d’un pied sur l’autre, comme si elle attendait quelque chose. Je suppose que ce qu’elle souhaitait, c’était apercevoir la seule personne qui avait su lui apporter un peu de réconfort. Seulement voilà, Valérie, c’était le nom de ma collègue, n’a pas eu le courage d’aller à sa rencontre. Elle est restée tétanisée derrière la fenêtre de son bureau et s’est contentée de l’observer, déversant toutes les larmes de son corps.

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Le fruit de ma colère de Mehdi Brunet

Une suite du premier roman de cet auteur où l’on retrouve avec plaisir Paul Ackerman, flic démissionnaire et Josey Kowalski exilé en Espagne. Ils sont bien mal en point nos deux personnages rescapés de leur précédente aventure. Cette fois c’est Paul qui va solliciter Josey pour retrouver son frère jumeau Eric. Au bout du chemin, y aura-t-il vengeance ? Quelle vengeance peut être légitime quand la maltraitance est au cœur des rapports humains, des modes opératoires diront certains ? Qui a raison, qui a tort et surtout jusqu’où serions-nous prêt à aller si nous étions à leur place ? C’est cette question que nous pose encore une fois Mehdi Brunet, sous un angle cependant différent du premier opus. Néanmoins on y retrouve l’importance de la famille. Un bon moment de lecture, rythmé et douloureux … même si je me suis un peu perdue dans la construction de la multinationale matriarcale et dans la traque finale, je ne regrette pas et je constate que l’auteur confirme son talent de conteur.

Vous pouvez aussi retrouvez ICI l’avis de Fanny sur Le fruit de ma colère

 Manta de Yann Julien


Le livre : Manta de Yann Julien. Paru le 7 septembre 2016 en auto-édition .18€ ; (188 pages) ; 13 x  20 cm

 4ème de couverture :
Le domicile d’une riche résidente visité par des « déménageurs ». Le butin s’élève à 4 millions d’euros. Une équipe de cinq jeunes gens avaient déménagé plus tôt dans la journée du mobilier au domicile de Mme Madeleine Douglas ; ils sont suspectés d’avoir procédé à un repérage, puisque quelques heures plus tard, la riche veuve recevait la « visite » de l’un d’eux. Elle l’a formellement reconnu et a pu dresser un portrait-robot aux enquêteurs. L’affaire se déroule dans la soirée, la police est appelée pour intervenir au domicile de Madeleine Douglas : elle a surpris un malfaiteur qui s’est introduit par effraction. Après avoir tenté de le rattraper sans succès, le cambrioleur a réussi à prendre la fuite. On ignore si le suspect a agi seul, mais il aurait procédé à l’effraction, la fouille et le vol du contenu du coffre-fort de Madeleine Douglas : principalement des bijoux. Le montant du vol s’élève à plusieurs millions d’euros.

L’auteur : Né en 1978 à Lyon, Yann Julien a été bercé par les aventures de Tintin, la magie des films de Steven Spielberg puis, plus tard, les intrigues et le sens de la mise en scène d’Alfred Hitchcock.
Son immersion dans la culture populaire se poursuivra au travers des lectures des œuvres de Jules Verne et surtout d’Alexandre Dumas.
De ces influences, il gardera un goût prononcé pour les histoires qui emportent le lecteur, tout en procurant un goût pour l’aventure. Il commence alors à imaginer des récits dans lesquels évoluent les personnages qu’il s’invente.
Travaillant dans le domaine de l’ingénierie mécanique, il cultive également une passion pour l’Histoire et décide de se lancer dans l’écriture.
Après un premier roman, « Arnaud et Amélie », encouragé par les lecteurs et favorablement accueilli par les chroniques littéraires, il s’est consacré à l’écriture de ce roman « Manta », polar traitant de la vengeance d’un frère au cœur d’une enquête ponctuée de scènes d’action.
Extraits :
« Ce goûter et le parfum de la crème, à l’instar de la Madeleine de Proust, replongeaient chacun
dans son enfance. Ce doux moment permettait à Guillaume de ne pas penser au chômage le
menaçant et pouvait chasser sa récente rupture de la tête ; tandis que Solène oubliait son fils de
deux ans tout le temps dans ses jambes et son second qui ne faisait toujours pas ses nuits. »

Les Lectures de Maud :

Tout commence par un cambriolage qui tourne mal, des millions d’euros en bijoux volés. Des suspects ? Oui, les déménageurs de l’après-midi… La victime établit le portrait-robot, tout parait facile dans cette enquête. Et pourtant le lecteur va rapidement se rendre compte que ce n’est que le début de multiples rebondissements. Le gang est le coupable idéal, ce sont des voleurs, alors les voici les coupables désignés, la victime les a identifiés. Mais voilà où se trouve le butin ?

Tim, personnage attachant, geek, va se retrouver entraîner dans cette sombre histoire où les apparences sont parfois trompeuses. En moins de deux jours, il va voir sa vie totalement bousculée. Quel va être son rôle ? A-t-il conscience des conséquences de ses choix ?  D’autres personnages sont très vivants et bien représentés.

Une écriture fluide, dynamique, une histoire addictive. Un véritable page turner où le lecteur est emballé. Un très bon moment de lecture. L’auteur met à bas les préjugés, les clichés et rend sa superbe à ce récit très original !!! Un plaisir de lecture ☺

Les experts du crime : dans la peau des enquêteurs scientifiques de la gendarmerie de Jean-Christophe Portes


Le livre : Les experts du crime : dans la peau des enquêteurs scientifiques de la gendarmerie de Jean-Christophe Portes. Paru le 24 octobre 2018 chez City. 18€50 ; (284 p.) ; 23 x 15 cm

4e de couv :

Cheveu, empreinte, insecte, goutte de sueur, trace dans la boue : les experts scientifiques de la Gendarmerie nationale traquent le moindre élément des scènes de crime. Pour eux, tout peut être un indice permettant d’élucider une affaire. Ce livre nous fait entrer, pour la première fois, dans l’un des instituts de criminalistique les plus secrets au monde, à Paris.

Ces « super experts » racontent leur quotidien à travers une vingtaine d’affaires, de la mort de Diana au crash du vol Rio-Paris, de la disparition de Maëlys à la tuerie de la famille Flactif. On y découvre la réalité passionnante d’une profession où l’on jongle entre chimie, toxicologie, génétique, biologie, balistique et science des explosifs.

Un métier à mille lieues des séries télévisées… mais où tout est vrai !

Sur les grandes scènes de crimes avec les experts de la gendarmerie.

L’auteur :  Après des études à l’École Nationale de Arts Décoratifs, Jean-Christophe Portes est devenu journaliste et réalisateur pour de grandes chaînes de télévision. Il est également l’auteur de la série à succès de romans policiers historiques Victor Dauterive, enquêteur sous la Révolution.

 

 

 

 

Extrait : 
À Pontoise, trente kilomètres au nord-ouest de Paris, se dresse un ensemble de bâtiments ultramodernes, dont on ne devine pas grand-chose depuis le boulevard.
Pour en savoir un peu plus, il faut passer le poste de garde, présenter ses papiers d’identité à des gendarmes de faction puis franchir une grille blanche. Il y a un immeuble bas sur la droite, et à gauche, des parkings où je me gare. Après une deuxième grille, on entre par un portique sécurisé à l’IRCGN : l’Institut de recherches criminelles de la gendarmerie nationale. Plus de 260 experts de haut vol sont regroupés ici. Ils habitent un peu plus loin dans leurs casernes, disponibles 24 heures sur 24, confrontés sans cesse au crime, aux accidents, aux violences de tout ordre, aux explosions, agressions, assassinats, morsures et trafics de toutes sortes.
Ce sont les experts de la gendarmerie.
Des lieux comme celui-ci, il n’en existe pas beaucoup à travers le monde. Il y a le FBI à Quantico, bien sûr, les Allemands du BKA, le NFI des Hollandais, on compte sur les doigts de la main les structures de cette importance1. Les femmes et les hommes qui travaillent ici sont à la fois scientifiques et gendarmes (peu de civils parmi eux), au service de la justice et des enquêteurs de terrain – à la fois militaires, geeks, thésards, doctorants, des grosses têtes, médecins, dentistes, chimistes, informaticiens, ingénieurs, hyper spécialistes de toutes sortes de choses très complexes, de l’hématologie à la biochimie, en passant par la balistique, la médecine légale ou l’anthropologie, je ne les citerai pas toutes. En rencontrant Patrick Touron, alors patron de l’IRCGN, je réalise à quel point on connaît mal ces experts. Les vrais.
Extrait :
L’une de mes interrogations était de savoir si ces femmes et ces hommes ressemblaient à leurs alter ego des séries télévisées. J’ai trouvé quelques vagues ressemblances, mais surtout des différences. D’abord, comme je l’ai dit plus haut, beaucoup d’entre eux ne vont pas sur le terrain, sauf dans certains cas précis.

 

Le jour décalé du Off de Oph

« Les experts du crime: dans la peau des enquêteurs scientifiques de la gendarmerie » de Jean-Christophe Portes chez City Editions

« Vérification faite avec un moule en plâtre, la gouttière s’adapte parfaitement. Les dents de la victime avaient un signe particulier, se chevauchant en un endroit qu’il avait exactement reconnu.
-les dents, ce sont des personnes pour moi, conclut l’expert. Comme un visage. »

J’ai choisi ce passage pour entamer cette chronique parce qu’il reflète en grande partie le travail des experts scientifiques, qu’ils soient de la gendarmerie ou de la police: mettre des noms, des identités derrière des dents, des ADN, mais aussi et surtout derrière des faits.

Jean-Christophe a eu la chance de pouvoir pousser les portes de l’IRCGN de Pontoise et d’aller à la rencontre de nos experts à la française. Exit les fantasmes liés aux séries américaines, dans ce documentaire passionnant, il rétablit la vérité et nous offre la possibilité de lever le voile sur l’ensemble des domaines dans lesquels œuvrent ces femmes et hommes de l’ombre.

Bien qu’il s’agisse d’un documentaire puisque le but de cette oeuvre est de faire découvrir ces métiers méconnus et le rôle de la science dans les enquêtes judiciaires, mais aussi dans les drames humains et sanitaires que notre monde a pu connaître (le tsunami de 2004 en Indonésie par exemple), Jean-Christophe a su en faire un livre passionnant empreint d’une profonde humanité.

Au fil des pages, nous découvrons des femmes et des hommes passionnés par leur travail, qui œuvrent dans l’ombre ,avec abnégation, pour apporter des réponses à des familles, aux autorités judiciaires… Portés par la plume de l’auteur, ils se dévoilent, sans trop en dire, sur leurs parcours, leurs sentiments face à des situations dramatiques. Pionniers dans certains domaines, c’est avec humilité qu’ils partagent avec Jean-Christophe leurs parcours, les avancées de la science, mais aussi leurs ressentis.

Un documentaire qui se lit à la manière d’un roman. Les histoires de ces experts touchent, émeuvent, interpellent, passionnent.

De l’histoire d’une goutte de sang, à l’identification des corps du crash de Charm El-Cheikh en passant par de mystérieux incendies, je vous invite à suivre le travail des experts scientifiques de la gendarmerie, mais aussi, à aller la rencontre des ces femmes et de ces hommes, bien loin des personnages de séries télé, au travers de la plume de Jean-Christophe Portes.

Toutes taxes comprises de Patrick Nieto


Le livre: Toutes taxes comprises de Patrick Nieto. Paru le 26 septembre 2016 chez Cairn collection du Noir au Sud. 16€ ; 336 pages; 18  x 12 cm

 

4ème de couverture :
Pierre-Henri Sennelier, proche collaborateur du président de la République, est abattu d une balle dans la nuque dans sa résidence secondaire de Bruniquel, paisible village du Tarn-et-Garonne. Une épouse infidèle, un amant joueur de poker, une avocate mal dans sa peau ou un escroc international, sont quelques-uns des personnages qui se succèdent au fil du récit avec, en toile de fond, l’escroquerie la plus lucrative de tous les temps en Europe : la fraude à la taxe carbone. Le commissaire Lemoine du SRPJ de Toulouse mène l enquête. Mais parviendra-t-il à approcher la vérité face à un tueur, maître dans l art de brouiller les pistes ? D autant que les meurtres se suivent et ne se ressemblent pas.
L’auteur : Originaire du sud-ouest de la France, Patrick Nieto, 54 ans, est commandant de police. Ses 30 années passées dans le domaine de l’investigation judiciaire et le traitement d’affaires sensibles lui ont permis d’acquérir une approche très fine des pratiques en vigueur dans son métier ainsi que des hommes et des femmes gravitant dans le milieu policier. Il est passionné de littérature asiatique et de polars. Toutes taxes comprises est son premier roman.
Extrait :
« La difficulté dans mon métier est de bâtir des hypothèses sur la base d’indices dont on dispose pour reconstituer un évènement passé. Depuis le départ, en assemblant des éléments épars, j’apprends petit à petit des choses sur le meurtrier. »

Le OFF de OPH

Chronique d’un roman en « je » !

Pourquoi en « je » ? Parce que ce roman est écrit, du début à la fin, à la première personne du singulier. Jusque là, rien d’original me direz-vous, des narrations de ce type, il en existe pléthore dans la littérature. Certes. Sauf qu’ici, Patrick Nieto prête sa plume au « je » de la quasi totalité des personnages qu’il a créé. A chaque chapitre, c’est un personnage qui s’exprime et ils sont une dizaine. Ils se relaient, narrant tour à tour une partie de l’histoire, l’ensemble aboutissant à un roman noir à l’intrigue particulièrement bien amenée, avec un final qu’on ne voit pas arriver.

Au-delà de cette enquête qui nous emmène de certitudes en fausses pistes, Patrick Nieto évoque des sujets qui peuvent avoir des résonances particulières selon le lecteur.
Il explique les mécanismes d’une enquête de police, mettant en avant le caractère chronophage des recherches et autres investigations. Il use du vocabulaire policier et de ses expressions, peut-être un peu trop parfois ; car si la majorité des lecteurs ne relèveront pas, j’ai eu parfois le sentiment de lire des extraits de procès-verbaux.
Il revient aussi régulièrement sur les pressions hiérarchiques et médiatiques que peuvent subir les enquêteurs selon la nature d’une affaire, mais aussi le difficile sentiment d’échec face à une impasse, la naissance de doutes jusqu’à, parfois, la perte de confiance en soi.
Dans les thèmes brossés en fil rouge, l’auteur décrit également différents types de tueurs en série : le psychopathe, le psychotique, le tueur impulsif ou d’opportunité. Un sujet que j’aurais aimé que Patrick développe davantage.
Il parle aussi de ce ces ragots et des chapes de plomb qui s’abattent sur les villages lorsqu’un fait divers vient bouleverser la tranquillité du « pays ».
Enfin, il est important de souligner les recherches et apports techniques qu’a fait l’auteur quant aux lois sur la taxe carbone et les montages financiers. Un sujet qu’il a su vulgariser pour le rendre compréhensif par tous.

Côté style, j’ai beaucoup aimé les pointes d’humour avec lesquelles l’auteur a ponctué son roman. Les phrases sont plutôt courtes, le vocabulaire soutenu mais sans que ce ne soit trop pompeux. la narration est rythmée de part la technique employée et le suspens distillé par l’auteur, même si on n’est pas dans un page-turner.
Pour finir, la narration multiple en « je » permet de développer les différents traits de caractère des personnages, certains étant toutefois bien plus construit que d’autres, mais pour les besoins de l’intrigue.

Un premier roman réussi donc, avec lequel j’ai passé un agréable moment.

J’ai eu le plaisir d’accompagner Geneviève lors de l’interview de Patrick et de son éditrice le 1er décembre 2018 à la bibliothèque Parmentier (Paris XI). Un excellent moment de partage et de confidences!

 

 

Les espionnes du Salève, Tome 2 : Bletchley Park de Mark Zellweger.


Samedi prochain j’aurai le plaisir de recevoir à la bibliothèque Mark Zellweger pour un Apéro Polar spécial romans d’espionnages.

Apéro Polar mark

Pour l’occasion Maud nous propose sa lecture du dernier titre de notre auteur invité.


Le livre : Les espionnes du Salève, Tome 2 : Bletchley Park de Mark Zellweger. Paru le 26  2018 Octobre 2018 aux Eaux Troubles. Collection : Thriller 21.00 euros. 312 pages.  21 x 2,6 x 14,5 cm


4ème de couverture :
Ce second volume de la saga à succès qui se déroule entre août 1941 et novembre 1942 nous réserve bien du suspense.
Un pur régal !
Le réseau des Espionnes du Salève se restructure après la trahison d’une des leurs. Elles s’activent sur tous les fronts tant à Genève, Berne, qu’à Lyon, Londres, Varsovie et Oran. La Gestapo, l’Abwehr et les traitres en tout genre se rapprochent d’elles chaque jour un peu plus. Le danger est omniprésent. Combien de nos Espionnes seront encore en vie ?
Hannah Leibowitz apprend le jour de Noël 41, d’une source top secrète, que les nazis construisent des camps d’extermination dans sa Pologne natale, alors qu’elle n’a plus de nouvelle de son mari resté au ghetto de Lodz. Avram Leibowitz sénior est-il encore vivant ?
De l’eau lourde a disparu en Norvège ! Une Espionne part à la recherche d’un centre de recherche atomique nazi ultra secret. Reviendra-t-elle ? Les nazis auront-ils l’arme de destruction massive ?
Le Royaume Uni subit une attaque sans précédent de l’Abwehr. Celle-ci va-t-elle percer les secrets de Bletchley Park ?
À Lyon où la Résistance et le SOE britannique en lien avec les Espionnes du Salève sont devenus très efficaces et organisés, la répression nazie s’intensifie. Qui s’en sortira indemne ?

 

L’auteur : Mark Zellweger, auteur suisse, Fribourgeois, né en 1959. Diplômé d’histoire romaine de la Sorbonne et de marketing stratégique de Business Schools. Il a été directeur marketing-vente dans l’industrie pharmaceutique en Suisse et à l’Etranger une trentaine d’années. En parallèle, il fut conseiller particulier de directeurs de services de renseignement internationaux de tout premier plan. Aujourd’hui, il se consacre à l’écriture et est considéré comme le nouveau maître du roman d’espionnage par de nombreux critiques spécialisés. Certains vont jusqu’à l’inclure dans le club fermé des grands auteurs que sont : Follett, Ludlum, Clancy, Higgins. Les Espionnes du Salève sont son 5e roman. Xtrême préjudice est sélectionné pour le Prix du Polar Suisse Romand 2017 festival Lausan’noir. Mark Zellweger, directeur marketing puis consultant en stratégie pendant une trentaine d’années, a voyagé dans le monde entier. En parallèle, il fut conseiller spécial auprès des directions des actions clandestines appartenant aux plus grands services de renseignement.
Mettant à profit sa connaissance approfondie de la géopolitique internationale et sa compréhension des services secrets, il se consacre désormais à l’écriture. Ses thrillers se placent dans la lignée des maîtres du genre que sont Ludlum, Clancy et Cussler, avec une touche helvétique.

 

Extraits :
« Il était tombé amoureux d’Adèle sans s’y attendre. Il ne savait pas ce qu’était une femme avant elle. Cette jeune femme arborait un sourire irrésistible et si charmeur ! Quelques jours après son arrivée, ils s’étaient aimés passionnément dans la grange alors que Jules se trouvait en ville de Genève à régler des affaires. L’attachement et l’attirance qu’il portait à la jeune femme le poussaient à rester. Mais de l’autre côté, ses convictions et le souvenir du sacrifice paternel lui demandait de combattre pour la liberté. »

Les Lectures de Maud :

 

A peine remise de leurs aventures et mésaventures que les voilà de nouveau à sillonner les routes de France, de Suisse, d’Europe et d’Afrique du Nord ; en quête d’informations ou de messages. L’heure est grave, le décryptage de messages à Bletchley Park alerte, affole et plonge les hauts dirigeants dans la tourmente. En Europe du Nord, les nouvelles ne sont pas plus réjouissantes, une catastrophe se prépare… En Afrique du Nord, le réseau d’espionne œuvre également en renseignant les alliés sur les positions ennemies.

Ravie de retrouver Hannah et son réseau de femmes courageuses et volontaires, prêtes à mettre leur vie en danger pour lutter contre le nazisme. Les revers sont multiples et viennent de toute part, même de là où on ne l’imagine pas. Comment vont-elles mettre en œuvre des stratagèmes afin de remplir leurs missions ?

Après une magnifique lecture du premier volet, je suis enchantée par celui-ci, nous retrouvons à travers des faits historiques, une trame dynamique, entraînante, et peu connue de notre Histoire. De nouveaux personnages apparaissent, les anciens sont plus développés ; on en apprend d’avantage, sur leur vie, leur passé et leur caractère. Je pense principalement à Sev pour cet opus. Je pense que leurs aventures ne vont pas s’arrêter alors je vais patienter sagement jusqu’aux prochaines.

Je remercie l’auteur pour sa confiance

Version lue : Broché

 

Les indésirables de Diane Ducret


Le livre : Les indésirables de Diane Ducret. Paru le 1er mars 2017 chez Flammarion dans la collection littérature française. 19€90 ; (312 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv :

Les indésirables

Nous avons ri, nous avons chanté, nous avons aimé. Nous avons lutté, mon amie, c’était une belle lutte. Je me suis sentie plus vivante à tes côtés que je ne le fus jamais.

Un cabaret dans un camp au milieu des Pyrénées, au début de la Seconde Guerre mondiale.

Deux amies, l’une aryenne, l’autre juive, qui chantent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish, en français… cela semble inventé ! C’est pourtant bien réel. Eva et Lise font partie des milliers de femmes « indésirables » internées par l’État français. Leur pacte secret les lie à Suzanne « la goulue », Ernesto l’Espagnol ou encore au commandant Davergne. À Gurs, l’ombre de la guerre plane au-dessus des montagnes, le temps est compté. Il faut aimer, chanter, danser plus fort, pour rire au nez de la barbarie.

À la façon d’une comédie dramatique, Diane Ducret met en scène le miracle de l’amour, la résistance de l’espoir dans une fable terrible et gaie, inspirée d’histoires vraies.

 

photo_roberto_frankenberg_copyright_flammarion

L’auteur : Diane Ducret, est née à Anderlecht (Belgique) le 17 novembre 1982. Normalienne, historienne, philosophe et journaliste, Diane Ducret, alors qu’elle n’a pas 30 ans, a animé le Forum de l’histoire sur la chaîne Histoire, et réalise des documentaires pour l’émission « Des Racines et des ailes ».
En 2011, elle sort son premier livre, « Femmes de Dictateur », best-seller en France et traduit dans vingt langues. Un second tome paraît en 2012.
En 2013, elle publie « Corpus Equi », prix du premier roman à La Forêt des livres, coup de cœur de l’émission Le Masque et la Plume, un roman autobiographique véritable ode au cheval et à la liberté.
Elle publie en 2014 un essai sur le sexe féminin, « La Chair interdite » aux éditions Albin Michel.
En 2015, elle publie aux Éditions Perrin / Plon un ouvrage intitulé « Lady Scarface » qui raconte les destins croisés de femmes de gangster de la pègre américaine.
En janvier 2017, elle publie chez Pocket « Les Marraines du Crime », un ouvrage dans lequel, à partir d’archives déclassifiées, de journaux de l’époque, d’entretiens avec des descendants et de documents inédits, Diane Ducret dévoile l’intimité de ces femmes gangsters américaines durant les années folles.
En mars 2017, elle publie aux Editions Flammarion « Les indésirables ». Dans cet ouvrage, Diane Ducret nous raconte l’histoire du camp de Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques.

 

Extrait : 
« – Nous vous envoyons trois mille femmes à interner. Allô ? Allô ? »
Au téléphone, l’attaché du cabinet du général Héring attend une réponse de la part du commandant. Au bout du fil, rien qu’un silence, puis, à peine plus fort, la chute d’un corps sur la laine d’un tapis. Le chef d’escadron Davergne, pris de stupeur, est tombé de sa chaise. Le nombre exorbitant résonne encore dans sa tête tandis qu’il recoiffe ses cheveux bruns ondulés d’une main et replace de l’autre ses petites lunettes rondes sur son nez, juste au-dessus de la moustache triangulaire qui relie équilatéralement chacune de ses narines aux extrémités de sa bouche. Sur la joue du jeune commandant de trente-cinq ans s’épanouit un grain de beauté. Il s’est vu confier la direction du camp depuis quelques mois seulement. »

 

Le post-it de Ge

Les indésirable de Diane Ducret

Mai 40, sur l’ordre du gouvernement français, près de 5000 femmes sans enfant sont entassées au Vélodrome d’Hiver à Paris. Pour la plupart des réfugiées. Beaucoup ont fui la guerre et le régime nazi en Allemagne.

Le Vel d’Hiv, tristement célèbre  pour sa rafle survenu deux ans plus tard en 42. Cette terrible rafle où plus de 13 000 juifs seront rassemblés sur décision du régime de Vichy en vue d’être déportés dans les camps de la mort.

Mais déjà en 40, la France était à la botte de Berlin.

Un peu plus tard une partie de ses femmes seront internées à Gurs dans les pyrénéens, dans un camp de détention français.

Un épisode mal ou pas connu de l’histoire de la France.

Ces femmes que l’on nomme « Les Indésirables » sont parquées là dans des conditions sanitaires terribles. Il y avait des Polonaises, des Belges, des Autrichiennes, des Allemandes, des Alsaciennes, juives et non-juives.

 Eva et Lise, deux amies  sont deux de ces indésirables. Elles sont internées là, ensemble par l’Etat français dans un camp au beau milieu des Pyrénées.

Il y a les brimades, il y a la faim, la dysenterie et la boue et les abus. La violence voire le viol. Il y a aussi les hivers et le froid. Et pourtant…

Pourtant ces indésirables ont compris que pour survivre il va falloir être désirable.

Et un jour le commandant du camps décide de leur offrir un piano. Oh ce n’est sans doute pas par pure bonté d’âme, non il a des choses qui pèsent sur sa conscience le commandant Davergne.

 Aussi ce simple piano va redonner l’espoir à ses femmes. Et avec l’espoir, la joie va revenir. Elles créent un cabaret, elles chantent et dansent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish et en français. Un peu d’insouciance.

A travers Lise et Eva, l’auteur nous conte aussi une formidable histoire d’amitié. Eva l’aimé est née dans une famille bourgeoise allemande, mais pour échapper à l’idéologie galopante qui gangrène son pays et trouve écho dans sa famille, elle fuit vers la France, ce pays des droits de l’homme. Lise, elle a à peine trente ans quand elle se retrouve à Gurs. Elle habitait Berlin, mais pour une jeune femme juive, la vie n’était plus possible en Allemagne et quand en 1933 les premiers signes annonciateurs de l’horreur ont frappé le commerce de ses parents, elle a préféré se réfugier à Paris.  Croyant trouver la paix en France. Et voilà que 7 ans plus tard le gouvernement français, on est pas encore sous le régime de Vichy, ordonne aux ressortissants étrangers de se regrouper pour ensuite les parquer.

Enfin revenant à notre histoire. Diane Ducret met en scènes ces femmes, ces héroïnes, qui vont tout faire pour maintenir un peu d’humanité dans leur épouvantable détention. Elles vont nous parler d’amour, d’espoir, de vie simplement. Quoi de plus fort que la vie dans ce trou infâme dédié à la mort.

Ce que j’ai aimé aussi c’est que l’auteur laisse passer un peu de luminosité dans cet univers très noir. Qu’elle mette en lumière la solidarité, l’entraide, la compassion  que ces femmes ont l’une envers l’autre.

Le piano ne fait pas que redonner espoir à nos Indésirables, il nous tire des sourires, des larmes et parfois aussi des éclats de rire.

Bravo à Diane Ducret pour ce travail de documentation, et ce formidable travail d’écriture et de mémoire.

 

Le Sixième Crime de Sébastien Fritsch


Le livre : Le Sixième Crime de Sébastien Fritsch. Paru le 5 Juillet 2012 aux éditions Fin Mars Début Avril. 5€ ;. 96 pages.  ; 17 x 11 cm

4ème de couverture :
Lex, le plus talentueux des écrivains francophones contemporains, vit depuis plus de quarante ans dans un hameau isolé de la Drôme provençale. Coupé du monde, sans autre compagnie que celle d’un piano de concert, il reçoit journalistes et curieux avec cette même phrase : « Quand je souhaite m’exprimer, j’écris. »
Mais le Maître restera-t-il aussi impénétrable face à un commandant de la police judiciaire ? Car il n’est plus question de littérature à présent : il est question de meurtres. Des meurtres inspirés par une série de polars, aussi sinistres que mal écrits. Leur auteur est tout l’opposé du grand écrivain.
Pourtant, le commandant Jérôme Babalnic, piétinant depuis des mois dans son enquête, ne voit plus d’autre solution que de solliciter l’expertise de Lex pour résoudre cette « énigme littéraire » et mettre fin au carnage. Car cinq romans noirs ont déjà été mis en scène par l’assassin. Qui sera la victime du sixième crime ?

L’auteur : Né en région parisienne en 1969, Sébastien Fritsch s’est installé à Lyon en 2000. De formation scientifique, il a travaillé une quinzaine d’années dans le domaine de la logistique pharmaceutique avant de se reconvertir dans l’enseignement. Il a publié sept romans à ce jour, dans des univers et sur des thèmes très différents : romans noirs, contemporains ou historiques, évoquant transmission familiale, influence de la littérature, fidélité dans l’amitié ou violence conjugale. Quelques points communs les relient néanmoins entre eux : un attachement aussi important à la langue qu’à l’intrigue et une petite tendance à manipuler les lecteurs jusqu’aux toutes dernières lignes.

Extraits :

« Sur la route qui serpente entre les rochers et les arbres bas, il faut peu de temps pour oublier ce que l’on laisse derrière soi. La nationale, l’autoroute que l’on parcourait quelques instants plus tôt, la ville quittée le matin même s’effacent un peu plus à chaque virage.
Restent le souple mouvement des oliviers, l’ondulation des collines, le respectueux enlacement de la ligne grise de bitume qui se faufile sur leurs flancs. Plus on la suit et plus on se demande où elle conduit – même en le sachant pertinemment. Et la surprise est bien réelle lorsqu’un dernier tournant révèle Pensegarde. 
Je me suis arrêté face au versant sur lequel s’agrippent les quelques maisons que désigne ce nom. Bien sûr, c’est une carte postale : la pierre claire, les volets pastel, les bouquets d’arbres, le ciel parfait, le fond de vallée serein qui leur sert de cadre. C’est pourtant beau. Il n’y a rien d’autre à en dire. Et ce sont bien ces mots qui me vinrent à l’esprit. Je n’ai même pas pensé : «Alors, c’est ici que vit le célèbre Lex !» 
Je suis remonté dans ma voiture pour parcourir les derniers lacets qui montaient au hameau. Je me suis garé sur la placette ménagée en son centre. Un tilleul à l’ample ramure en assurait la garde. Plus loin, dans l’ombre, une fontaine dévidait sa romance, image de fraîcheur capable aussi de figurer la chaleur de l’accueil. Vues de près, les bâtisses qui m’entouraient m’apparurent encore plus pimpantes que ce qu’elles m’avaient semblé d’en bas. 
Dans laquelle vivait-il ? Tous les volets étaient ouverts, toutes les fenêtres étaient agrémentées de rideaux, tous les perrons étaient fleuris. Peut-être les habitait-il toutes tour à tour, écrivant dans l’une, mangeant dans l’autre, dormant dans la suivante, se distrayant dans la quatrième et méditant dans la dernière. C’est seulement au moment où je pensai cela que je pris conscience du nombre de maisons : cinq. Autant que les crimes sur lesquels j’enquêtais. 
«Bonjour. Vous vous êtes égaré ?»
Je me tournai vers la deuxième maison – du moins celle que j’avais considérée comme telle dans mon coup d’œil circulaire. La voix qui m’avait interpellé était celle d’un homme grand et large d’épaules. Vêtu de façon simple, pour ne pas dire neutre, il donnait néanmoins une impression d’élégance, de par la prestance de sa silhouette athlétique. Si je n’avais pas su qu’il avait soixante-quatorze ans, je lui en aurais aisément donné vingt de moins.
«Non, je venais vous voir», répondis-je.»

Les Lectures de Maud :

Fritsch Sébastien – Le 6ème Crime


 Une enquête qui va se révélée difficile et compliquée. Des meurtres ont été commis à partir de romans dont l’auteur a mystérieusement disparu. Quels sont les codes ? Comment sont choisies les victimes ? Les lieux ? Tant de paramètres qui paraissent loufoques, mais qui requiert une prouesse en terme de logique.

Deux personnes échangent dans ce livre, Jérôme Babalnic commandant et enquêteur qui vient chercher des réponses que seul l’auteur Lex peut lui fournir. Les deux hommes vont s’apprivoiser se jauger, se juger, jouer avec les mots jusqu’à s’affronter face à leurs différentes théories sur les meurtres perpétrés. Chacun campe sur sa position et soutien ses éléments.

Ce hameau, Pensegarde, composé de 5 maisons n’est pas seulement un décor mais semble être un personnage à part entière. Les descriptions sont très pointilleuses que le lecteur à l’impression d’y être, ce lieu est le témoin muet du passé et des histoires.

J’ai beaucoup aimé cette ambiance huit clos, dans un endroit qui semble magnifique mais témoin de tant de noirceur. C’est le deuxième livre que je découvre de l’auteur ; j’apprécie toujours autant sa plume, son registre et son récit. Même dans court ce roman, l’auteur arrive à nous emporter, à nous imprégner, à nous berner. Un suspense très bien maintenu, un déroulé très intriguant et efficace. Une très belle lecture.

Version  lue : Broché

Fantazmë de Niko Tackian


Il y a deux mois sortait en poche la seconde enquête de Tomar Khan pour cette occasion notre mamie Flingueuse nous offre son retour de lecture


 

Le livre : Fantazmë de Niko Tackian. Réédité en poche le 2 janvier 2019 chez Le Livre de Poche. 7€70 ;  (281 p.) ; 18 x 11 cm

Paru initialement le 3 janvier 2018 aux Editions Calmann- Lévy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18,50 € ; (263 p.)  13,5 x 21,5 cm.

4 ème de couv :

Fantazmë

Janvier 2017, Paris, XVIIIe arrondissement. Le corps d’un homme atrocement mutilé est retrouvé dans une cave. Le commandant Tomar Khan pense d’abord à un règlement de comptes. Le genre d’affaire qui reste en suspens pendant des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre. Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.

 

 

L’auteur : Né à Paris en 1973, Niko Tackian fait des études de droits, d’Histoire de l’art avant de devenir journaliste et rédacteur en chef. Scénariste, réalisateur, romancier Niko Tackian est un touche à tout. Il se défini lui-même comme « un raconteur d’histoire ». Il reçoit en 2015 le prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac pour « Quelque part avant l’enfer » avec un thème minutieusement étudié : le phénomène de la mort imminente. En 2016 suivra « la nuit n’est jamais complète » puis « Toxique ». Ce premier volet, paru aux Editions Calmann Lévy, nous amène à suivre le commandant Tomar Khan, que l’on retrouve dans « Fantazmë » en ce début 2018.

 

Extrait :
« Il y avait d’abord cette enquête et la pénible impression d’avoir mis les pieds dans un labyrinthe de désespoir d’indifférence qui lui rappelait celui de son enfance »
« Bouvier (le légiste) n’était pas croyant, sa foi se limitait aux processus métaboliques et à l’activité cérébrale. Pour lui l’existence se résumait à une longue phrase dont la naissance formait la majuscule et la mort le point final. Passer de vie à trépas était le plus naturel des phénomènes et le destin de chaque être humain. Espérer autre chose était vain…. Il était persuadé que l’identité d’une personne se créait en réaction aux relations entretenues avec ses semblables. « Nous n’existons pas sans l’autre » … »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

Page 242 « Il y avait d’abord cette enquête et la pénible impression d’avoir mis les pieds dans un labyrinthe de désespoir d’indifférence qui lui rappelait celui de son enfance 

 

C’est le deuxième roman de cette série commencée avec « Toxique ». On y retrouve le groupe d’enquêteurs du 36 en tout début de l’année 2017. La mafia albanaise qui a main mise sur la drogue, l’esclavage sexuel et autres trafics à Paris et dans la banlieue, voit un certain nombre de ses « soldats » disparaître avec une violence maximale. Qui est donc ce justicier ? Ce Fantazsmë, ce spectre. Tomar rompu aux situations extrêmes et aux débordements aurait-il trouvé son maître ?

Scénarisé avec efficacité, une intrigue en premier plan interpelle le lecteur sur sa peur de voir la réalité qui l’entoure, l’indifférence généralisée comme maladie du siècle et en arrière plan, une interrogation plus intime qui concerne Tomar et ses débordements. Mal en point ce héro fatigué va-t-il se nettoyer le cerveau avec l’aide d’un ami médecin et d’un psychiatre, aura-t-il confiance au point de se livrer ? Son éducation et sa culture font-elles suffisamment obstacles à sa violence pour qu’il puisse rester le flic champion de la criminelle ?

Enfin une construction originale qui dévoile l’identité du justicier vers le milieu de l’intrigue … une vraie claque !

Notons dans la galerie de personnages que nous offre Niko Tackian, celui de Ara, la mère de Tomar, ancienne peshmerga, humaniste et généreuse, toujours prompte à rappeler à son fils les fondamentaux de son éducation.

L’auteur nous avait promis un vrai méchant sans circonstances atténuantes : c’est vrai, je l’ai rencontré ! Flippant !

 

Extraits :
« … il y avait des rumeurs concernant le commandant Tomar Khan… Certes ses états de service étaient impressionnants, et on lui devait la résolution de bon nombre d’affaires, mais on parlait aussi de méthodes borderline et surtout d’un homme au passé difficile, obligé de canaliser sa violence par la pratique du sport à outrance. »
« Combien de drames pourraient être évité en signalant un hurlement nocturne ou une conduite violente, combien d’auteurs de souffrances tues et cachées sous des apparences de banalité pourraient être condamnés ? »
« Lui aussi (Tomar), il préférait voir des ombres diffuses là où se trouvait la réalité de la souffrance humaine. Des fantômes qu’on tentait d’oublier sans pouvoir nier leur existence. »
« Tomar n’adhérait à aucun dogmes, mais il croyait au sacrifice… à la rédemption, sa rédemption. »
« Eric (le SDF) ne pouvait pas lui en vouloir, depuis le temps qu’il galérait dans cette ville il avait pigé que les gens n’étaient pas foncièrement mauvais, ils avaient juste peur. Peur qu’on leur parle, qu’on les mettent en retard, qu’on leur demande de l’argent, qu’on leur file des maladies, qu’on les agresse, peur de tout un tas de trucs au point de se réfugier sur l’écran de leurs téléphones portables ou dans leurs bouquins pour être le moins en contact possible avec le reste du monde. Y avait qu’à lever la tête pour voir tous ces gens fuir la réalité dans laquelle lui et ses camarades d’infortune se trouvaient empêtrés ».

Trauma zéro de Elly Rosemad


Le livre : Trauma zéro de Elly Rosemad. Paru le 27 septembre 2018 Éditions De Saxus.
19,90€ ; (315 p.) ; 14,5 x 22 cm

4ème de couverture :

L’euthanasie vient d’être légalisée.
Un médecin va en profiter pour semer la mort.

Gabriel, un jeune médecin séduisant et talentueux, va profiter de cette opportunité pour assouvir ses pulsions criminelles et sadiques à l’insu de tous. Ses proies seront des femmes en fin de vie, mais leur mort sera tout sauf paisible.

Dans le même hôpital, Maddy, une psychologue au caractère rebelle abîmée par la vie, a mis au point Trauma Zéro, un protocole expérimental destiné à effacer les traumatismes de la mémoire des patients. Mais l’expérience a été suspendue suite à un accident.

Alors qu’elle tente de la remettre sur pied pour oublier ses propres souvenirs douloureux, elle essuie le refus de ses collègues. Désemparée, elle ne sait plus vers qui se tourner. Pourtant un événement va tout changer. Un jour, elle surprend Gabriel en plein meurtre. Mais contre toute attente, Maddy lui propose le plus inattendu des pactes : ne pas le dénoncer en échange de son aide pour s’appliquer le protocole Trauma Zéro.

Un jeu dangereux débute alors entre eux et ses conséquences seront terribles…

Un thriller psychologique intense !

 

L’auteur : Elly Rosemad est psychologue de formation.
Trauma zéro est son premier roman aux Éditions De Saxus.

 

 

 

 

 

Extrait :
« Gabriel lui adressa un dernier sourire. Un dernier regard insistant, de ceux que l’on n’oublie pas. Si seulement Bérénice savait ce qu’il s’apprêtait à faire. Si seulement tous avaient connaissance de la véritable raison pour laquelle il avait fait en sorte que l’euthanasie soit accessible à tous les patients dans cet hôpital, même les plus démunis. Par les temps qui couraient, il était exceptionnel de voir un hôpital prendre en charge les frais médicaux, et ce pour tous les patients. La sécurité sociale avait désormais entièrement disparue et, avec elle, la possibilité de couvrir les dépenses médicales par ce dispositif. Seuls les plus aisés pouvaient permettre de ses soigner ou de demander l’euthanasie. Les centres hospitaliers étaient finalement devenus des entreprises comme les autres, avec une exigence de rentabilité. »

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 Nous sommes en 2025 – L’euthanasie vient d’être légalisée.

 Attention !

Style très direct, Elly Rosemad sous couvert d’un roman d’anticipation, ne tourne pas autour des mots. Elle tranche, elle cogne, elle traumatise… Ici pas de fioritures !

Âmes sensibles passez votre chemin !

 Trauma Zéro est un thriller psychologique très réussi qui m’a pris aux tripes. La lecture est très rythmée, haletante et dérangeante parfois, mais n’est-ce pas ce que l’on attend parfois.

Elly plante le décor dès le début, un hôpital qui fait des recherches, des personnages attachants ou répugnants… Ça c’est fait !

Dès la lecture commencée il m’a été très difficile de m’arrêter, tant l’atmosphère est particulière…

Angoissant, terrifiant, impuissance de certains médecins, la puissance de certains autres, avec un réalisme incroyable. Elly tisse une véritable toile d’araignée où je me suis englué dans ce récit gigogne.

 La mort y est omniprésente et tous les personnages ont des fêlures, des psychoses, sont mals dans leur peau.

Je ne dévoilerai rien de plus pour que vous découvriez par vous-même la puissance de cette plume.

 J’ai passé un excellent moment de lecture…

J’avoue que depuis plusieurs années, je fais parti de ceux qui souhaite que l’euthanasie soit acceptée pour une fin accompagnée de bien-être.

Mais là, Ça fait peur !!!

 Trauma Zéro, un vrai coup de poing qui ne peut laisser insensible…

Merci Elly Rosemad pour ce premier roman…

Rosemad. Tout un programme même dans le nom de l’auteur

 

Un grand merci aux éditions De Saxus…