Papote d’Auteur, miss Aline était avec Xavier Massé


Papote d’Auteur, miss Aline était avec Xavier Massé

 Miss Aline papote avec Xavier Massé.

 

 Miss Aline : Bonjour Xavier. Merci de me consacrer un peu de ton temps pour cette interview. Peux-tu, pour commencer, te présenter aux lecteurs ?

Xavier : Alors…Xavier Massé de mon nom, 41 ans en couple  et j’ai un petit garçon de 5 ans, travaille à la SNCF depuis 20 ans, et je suis fan dirons-nous de cinéma, sport auparavant et donc depuis peu je me suis mis à l’écriture.

Miss Aline : Qu’est-ce qui t’as amené à l’écriture ?

Xavier : Alors, j’étais passionné de sport avant et le temps me manquait pour donner libre cours à mes idées. J’étais très inspiré par le cinéma et les scénarios…Puis les accidents sportifs m’ont contraint à arrêter le sport et un beau matin, j’ai pris mon ordinateur et j’ai commencé à écrire. D’une idée de base et je ne me suis plus arrêté.

Miss Aline : As-tu besoin de réunir certaines conditions pour écrire : un lieu précis, musique, etc. ?

Xavier : Alors l’unique condition ça serai le temps…je n’en trouve pas assez entre mon boulot, mon fils et ma famille. Mais sinon je dirai plutôt d’être au calme. Car je visualise énormément les scènes que j’ai envie de décrire….limite à parler tout seul pour faire les dialogues…. (Le mec limite psychopathe !:)))

Miss Aline : Tous les auteurs sont un peu psychopathes ! Parles-moi de L’inconnue de l’équation. D’où te viens l’idée de cette intrigue, ce multi huis clos ?

Xavier : Alors  à l’issue de mon 1er roman,  je voulais continuer dans mon style « scénario complexe »…pour moi c’est ma colonne vertébrale. Mais pour le coup je voulais prouver (surtout à moi même) que je pouvais faire des styles différents. Et inspiré de cinéma, je voulais trouver une idée originale de construction. J’ai un faible pour les espèces de transitions dans les films : passé, présent, narratif, flashback…Et pour le coup de rajouter une sorte de double interrogatoires avec deux visions, pour moi c’était la cerise sur le gâteau …l’idée était de perdre le lecteur sans pour autant le faire fuir.

Miss Aline : Et c’est une réussite, je me suis régalée. Comment travailles-tu tes personnages ? Tu fais des fiches avec un maximum d’infos ou tu te laisses porter par eux ?

Xavier : je me laisse complètement porter par eux ! En fait j’adore vivre mes personnages pour mieux faire ressentir la réalité. Je me mets à leur place et j’imagine ce qu’ils peuvent ressentir pour retranscrire. Tout en restant dans la réalité…pas de fioriture…

Miss Aline : C’est compliquer d’expliquer ce phénomène : le personnage vit et prend le pouvoir pour ainsi dire. Est-ce que tes personnages t’accompagnent dans ton quotidien ou les laisses-tu dans ton ordi une fois la séance d’écriture terminée ?

Xavier : ohhhh le pire c’est quand je suis tout seul dans ma voiture …je revis certaines scènes et je fais des dialogues…mais c’est terrible, on a l’impression parfois d’être déconnecté de la réalité…

Miss Aline : Quand le mot fin s’inscrit, ils restent encore avec toi ou tu les laisses partir ?

Xavier : Oh que non ils ne partent pas…tout d’abord car je sais que la correction va être longue. Et aussi je suis super pointilleux sur des détails scénaristiques…j’ai trop peur d’oublier un détail crucial….et j’ai envie de dire qu’on ne commence à le lâcher que lorsqu’on attaque le suivant… et encore…

Miss Aline : Y-a-t-il un suivant dans ta tête actuellement ?

Xavier : allez….je balance…il est terminé ! Mais il y a encore toute la correction. Et là encore j’ai voulu faire un style différent…

Miss Aline : Ah ! Toujours du thriller / polar ?

Xavier : Ah …ouiiii je ne ferai jamais autre chose, on va dire que je cherche à faire des styles de thriller différents, psychologique, huis clos, et voire un peu plus trash pour le prochain…

Miss Aline : Le thriller est un genre littéraire très prisé par le lectorat. D’où penses-tu que vienne cet engouement ? La recherche de sensationnel ? Une vie par procuration : « faire » au milieu des pages ce que la morale empêche dans la vie vraie vie ?

Xavier : Je pense que oui le lecteur est à la recherche de sensationnel. C’est comme quand tu vas au cinéma pour voir un film. Tu adores quand tu ressors de la séance et tu fais : waouh ! Le lecteur cherche à s’évader et à vibrer et surtout d’être surpris… mais c’est que mon avis…

Miss Aline : Pourrais-tu te laisser tenter par l’écriture à quatre mains ?

Xavier : Alors l’écriture à quatre mains pourrait être une expérience mais je me dis que les personnes devront bien s’entendre …

Miss Aline : As-tu des modèles, des mentors parmi les auteurs ?

Xavier : Très peu, car je lis rarement … et oui je suis aux antipodes de l’auteur classique
En réalité je manque beaucoup de temps. Donc quand j’en trouve je le garde pour écrire. Malgré tout je dirai Harlan Coben pour ses constructions « scénaristiques ».  Mais la réalité est que je m’inspire plus des films que des livres. Ce qui me pose beaucoup de problème quand j’essaye d’écrire…

Miss Aline : Peux-tu développer ? A quel niveau cela te pose problème ?

Xavier : En fait je visionne des images des scènes avant d’écrire et je me lance …mais j’en oubli que le lecteur à un temps de retard sur moi et forcément il est nécessaire pour lui d’être plongé dans cette scène, de lui rappeler où il se trouve pour bien comprendre. Dans un film on passe d’une scène à une autre en une seconde, une phrase suffit lorsqu’elle est raccrochée avec l’image … or là j’oubli parfois que l’image n’y est pas et qu’il faut mieux accompagner le lecteur.

Miss Aline : Que penses-tu de la place du livre (objet) dans la société actuelle où tout va de plus en plus vite ?

Xavier : Je dirais qu’il tient encore sa place. Les choses vont très vite, les innovations aussi et malgré tout il est là est reste un objet symbolique aux lecteurs. On m’enlèvera pas l’idée que tourner manuellement les pages pour avoir la suite de l’histoire qui vous tient… je ne sais pas c’est quelque chose d’indémodable pour moi … mais on ne peut pas ignorer que ce n’est plus comme avant… mais au regard d’autres choses … lui est encore là et continue de vivre ou …de survivre.

Miss Aline : Quel rapport as-tu aux lecteurs, tiens tu compte de leurs remarques ?

Xavier : Alors oui….car je pense qu’il faut entendre ce qui a plu et déplu. C’est ça qui permet d’avancer et de s’améliorer. Après il faut faire la part des choses, car un lecteur qui n’a pas aimé … c’est comme ça parfois, et ce n’est pas parce qu’on refera le livre en tenant compte de ses remarques qu’il aimera … on ne peut pas plaire à tout le monde …

Miss Aline : Un coup de gueule et un coup de cœur de l’auteur Xavier ?

Xavier : Coup de cœur : remercier toutes les personnes que j’ai rencontrées depuis la sortie de mon 1er livre. Le milieu du livre est comme le reste à un certain niveau mais il existe réellement une communauté si je peux l’appeler comme ça et une certaine solidarité. Est-ce que c’est propre au monde du polar… je ne pourrais pas le dire … mais j’ai fait des superbes rencontres.

 Coup de gueule : Mais c’est quand que TF1 va enfin repasser « salut les musclés »… et mette enfin un vrai programme ! Lol non en fait je n’ai rien à dire et surtout je n’ai pas de coup de gueule, car je pense que suffisamment de gens gueulent assez comme ça tous les jours pour un oui ou pour un non …

Miss Aline : Y a-t-il quelque chose que tu souhaiterais dire ici et dont nous n’avons pas parlé et qui te tiendrais à cœur ?

Xavier : Te dire merci pour cet ITW et ta gentillesse. Car consacrer du temps à une personne est la chose la plus sympa qui soit !

Miss Aline : Merci à toi pour avoir accepté cette interview au pied levé. Rendez-vous au prochain roman !

Assignée à résidence : L’interview bracelet électronique 9, Frédéric Mars


Assignée à résidence : L’interview bracelet électronique 9, Frédéric Mars

L’interview « bracelet électronique »,  vous connaissez maintenant, non ?

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le neuviène auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Frédéric Mars mais pas que.   

Mo Malo aussi !

Lundi 7h30

Miss Aline : Bonjour Frédéric, bonjour Mesdames. Commence aujourd’hui l’assignation  à résidence de Frédéric Mars. 
Frédéric,  si vous pouviez vous présenter pour les lecteurs.

Frédéric : Je suis Frédéric Mars, auteur de romans (mais pas que) sous cette identité (mais pas que) depuis environ 15 ans (et déjà un peu plus que ça encore). Je ne serai sans doute pas votre « client » le plus facile à interroger, par la faute justement de mes activités et mes identités très diverses. Bref, je suis un peu le Keyser Soze de la littérature populaire contemporaine 😉 Jamais tout à fait QUI ni LA où on l’attend.

Dany : Bonjour Frédéric, bonjour Aline Gorczak

Frédéric : Bonjour 😉

Miss Aline : Bonjour Danièle.

Geneviève : Bonjour tout le monde, je ne fais que passer, ne vous soucier pas de moi, poursuivez comme si de rien n’était !

Dany : Justement, avant d’être atteint de schizophrène littéraire, il était comment le petit Frédéric ?

Geneviève : 👍

Frédéric : Déjà difficile à maintenir sur terre, constamment dans ses rêves 😉La fiction m’a très tôt semblé bien plus riche, structurée et intéressante que la supposée réalité. Dès que je le pouvais, donc, je m’échappais de l’une pour me réfugier dans l’autre. Je donnais notamment beaucoup d’importance à mes rêves.

Dany : ses rêves … il se les fabriquait seul ou il lisait …

Frédéric : Les deux mon général ! Je lisais beaucoup, regardais beaucoup de films, et même si je n’écrivais pas tant que ça je passais beaucoup de temps à rêvasser, à imaginer d’autres réalités alternatives possibles.

Dany : Chez toi, c’était bien accepté ?

Frédéric : Ah oui, très, mon père était un peu pareil, d ‘ailleurs la maison débordait de livres, de disques, de peintures, mon père peignait des toiles genre Magritte érotique (sic !), donc l’imaginaire était quelque chose de très valorisé chez mes parents.

Miss Aline : Tous les enfants devraient grandir dans un environnement ou l’imaginaire à une vraie place.

Frédéric : Je suis bien d’accord 😉

Miss Aline : du rêve à l’écriture, c’est quoi le déclic ?

Frédéric : Eh bien, à l’école, je dois à deux profs, l’une en CM2, puis l’autre en 6e, d’avoir détecté chez moi une relative facilité de plume, et de m’avoir encouragé par de petits compliments. Ce fut très léger, et peu fréquent, mais ça a suffi pour qu’en tire l’idée (encore diffuse) que j’avais ma place là, dans la construction d’histoires avec des phrases, et pas ailleurs.

Miss Aline : tu écris n’importe où  ou vous faut-il un cadre bien précis (lieu, musique etc) ?

Frédéric : D’une manière générale il me faut une bulle de calme absolu : pas de bruit, pas de musique, pas de mouvement autour de moi. Mais, ceci étant posé, ça peut être n’importe où, même si évidemment c’est plus simple chez moi. Mais je suis incapable de travailler sérieusement dans les cafés ou le train, comme certains de mes confrères/consoeurs. J’admire et j’envie cette capacité !

Dany : Quelles étaient tes lectures d’enfant, d’ado ?

Frédéric : Beaucoup de choses très différentes, et pas forcément de mon âge ! 😉 Classiques de la BD (Tintin, Astérix, Gaston Lagaffe, Achille Talon, Bicot, etc.), mais aussi des Jules Verne, et tout ce qui traînait dans la bibliothèque paternelle. Il y avait notamment de la SF (type Asimov) et des anthologies de textes éditées par la revue Planète dans les années 60-70 qui me fascinaient.

Dany : et quels héros étaient tes modèles ?

Frédéric : Aucun en particulier, franchement. Je n’ai jamais adulé ni un héros ni un auteur précis. Ce qui m’a toujours plu s’est justement la diversité des personnages, des destins des histoires, ce réservoir imaginaire infini. C’est sans doute pour ça que je suis aujourd’hui si versatile et diversifié moi même dans ma production. Pourquoi se limiter à un genre et un univers, quand il y en a tant de différents disponibles ? 😉
Chez mes parents il y avait vraiment de tout, et par la suite j’ai cultivé ce goût de la diversité et du grand écart. A 17 ans, je relisais encore de la SF type « Le monde des A » ou Philip K. Dick et en même temps, cette année, là, je me souviens que j’ai lui tout Shakespeare !!!

Dany : Aujourd’hui est-ce que tu lis encore ?

Frédéric : Oui, mais moins paradoxalement. Mes lectures sont plus documentaires, pour nourrir mes propres écrits. Les lectures « plaisir » sont beaucoup moins nombreuses, faute de temps. Pour en avoir parlé avec nombre de mes confrères auteurs, je sais que je ne suis hélas pas le seul. Et puis, quand on passe comme moi ses journées entières à écrire ses propres textes, le soir on a peu de cerveau dispo pour lire encore pendant des heures. Quelques pages, oui, mais pas une soirée complète de lecture.

Dany : Les soirées … les nuits … c’est pour les lecteurs ! La doc on vous la laisse et on vous fait confiance les auteurs …

Frédéric : Ah ah merci 😉

Miss Aline : Les marcheurs , d’où en vient l’idée ?

Frédéric : De deux articles lus dans la presse anglaise : l’un parlait d’implants mammaires explosifs comme une possibilité crédible d’attaque terroriste, et l’autre d’une attaque bien réelle où un opposant au régime saoudien s’était introduit une charge explosive dans le rectum pour s’en prendre au ministère de l’intérieur de son pays. Mais, par chance, il avait été maitrisé avant que la charge n’explose…

Dany : Sur ce sujet il y a aussi le Prix du quai des orfèvres2018 Tension extrême de Sylvain Forge  ...

Frédéric : J’avoue ne pas l’avoir lu 😉 Même si je vois de quoi il s’agit.

Miss Aline : Le monde est fou !

Dany : Alors après l’article… une histoire …

Frédéric : Oui, mais ces articles et cette histoire datent pas mal, en l’occurrence de 2010 (la première édition du livre est sortie fin 2011). J’ai alors eu l’idée, je ne sais plus bien comment, de la marche continue comme  condition sine qua non : s’ils ne marchent plus, ils explosent. Ça m’a semblé un facteur de tension accrue. Et à partir de là, je n’ai eu qu’à dérouler les parcours croisés de mes principaux protagonistes, et des institutions qu’ils représentent.

Dany : Plus qu’à … avec méthode tout de même … laquelle ?
Un plan, une fin connue dès la 1ère ligne ?
Un grand tableau… plein de post it

Frédéric : Toujours pareil : à partir de l’idée de départ je note tout ce qui me semble pouvoir faire partie du périmètre de l’histoire, puis je me documente beaucoup, et enfin je monte un script très détaillé, scène par scène, qui peut faire entre 30 et 50 pages, voire plus. Dans le cas des marcheurs, le scénario est particulièrement tortueux et complexe, donc ça m’a pris pas mal de temps et de travail.
Un mélange de tout ça : je commence par un grand cahier où chaque page est découpée en 3/4 lignes dramatiques principales (en gros une par personnage principal), et où je colle des post-it qui correspondent aux scènes ou aux idées d’action en général. Comme ça je peux déplacer mes « briques » à l’envi. Et, à partir de là, je peux écrire mon script détaillé. Ça peut sembler fastidieux, mais de mon point de vue, c’est me seul moyen de rester tendu et cohérent à la fois.

Dany : c’est surtout complexe 
Quand tu écris, c’est un genre à la fois ou plusieurs romans ou scénarios en parallèle ?

Frédéric : Pardon, je ne suis pas sûr de comprendre ta question : est-ce que j’écris plusieurs livres en parallèle ? Si c’est bien ça, la réponse est non. J’ai besoin de m’immerger complètement dans un sujet. J’ai du mal à zapper d’un univers à l’autre au cours d’une même période. Mais une fois cet univers refermé, je n’ai aucun problème à sauter dans un univers très différent.

Dany : C’était tout à fait ma question

Frédéric : OK 😉

Lundi 11:12

Dany : A regarder la « méthode », on peut donc dire que l’histoire prime sur les personnages … c’est ça ?

Frédéric : Ca pourrait laisser penser ça en effet, mais à l’intérieur de ce scénario très précis, je laisse une grande autonomie à mes personnages. Bien souvent, je modifie d’ailleurs des aspects de l’histoire en fonction de la manière dont ils évoluent en cours d’écriture. Je les crée, mais très vite ce sont eux qui prennent le pouvoir !

Dany : donc l’histoire n’est pas « arrêtée » avec les premières lignes, toi-même tu peux t’étonner ?

Frédéric : Exactement ! Je définis une histoire avec une fin, mais la manière dont on y parvient peut en effet me surprendre en partie moi-même 😉

Dany : au-delà de l’histoire, de l’intrigue,les valeurs qui te sont chères (du moins je le suppose) et les messages « sociétaux » sont-ils essentiels ?

Frédéric : Je ne parlerais pas vraiment de « message » car je ne fais pas de politique, et je ne cherche à délivrer aucune morale. En revanche, je me passionne pour l’état de notre société, et en offrir une photographie à mes lecteurs (certes un peu déformée par la fiction) est en effet une motivation forte pour moi. C’était le cas avec les Marcheurs, s’agissant du terrorisme, mais ça va être encore plus le cas encore avec La lame, mon roman qui sort chez Métropolis fin mai, où il est beaucoup question d’un sujet très actuel, et pour part polémique : l’immigration sub-saharienne en Europe, et en quoi celle-ci représente un enjeu politique et économique mondial pour les décennies à venir.
PS : tout ça sous la forme d’un thriller, je te rassure 😉

Dany : Quand tu pourras nous en dire plus que la 4ème de couverture, nous t’attendons avec plaisir sur Collectif Polar … à moins que dès maintenant …

Frédéric : Je peux juste donner un pitch pour l’instant, qui correspond à  une grosse 4e. Je ne sais pas si ça peut intéresser le collectif en l’état…

Dany : Essaye toujours …
Petite réflexion perso : Ring pas de bol pour mon arthrose du poignet , il ne fait pas de numérique !

Frédéric : Ah oui, je sais, mais c’est délibéré de la part de David Serra, je crois, pour éviter le piratage d’une part, et de l’autre pour que l’objet livre reste un bel objet, un produit noble.
Pitch de LA LAME, donc :

8 octobre 2031, Avignon, sur le célèbre pont Saint Bénezet.
Le président de la République, Bako Jackson, le « Obama français », en lice pour sa propre réélection, rencontre une délégation des migrants nigérians parvenus sur la Côte d’Azur suite au tsunami qui les a chassés de Lagos, à travers toute l’Afrique puis la Méditerranée. Mais de la foule, jaillit une main anonyme qui plante une lame blanche dans son ventre. Le président s’écroule.
Huit jours plus tôt, le 30 septembre, dans la cité « la Soli » des quartiers nord de Marseille, l’officier de PJ Simon Mardikian découvre le cadavre d’une jeune prostituée noire, Joy, alias Queen, sans identité définie. Son enquête dans les bas-fonds de la prostitution marseillaise et des réseaux migrants-prostituions-drogue commence.
Le lendemain, 1er octobre, à Lagos, dans le bidonville flottant de Makoko, l’instituteur Sékou Williams tient tête au dealer Kaza qui cherche à recruter de revendeurs parmi ses élèves. Mais soudain, une immense vague-submersion venue de la mer voisine emporte tout sur son passage.
Le même jour, à l’Élysée, le président Bako Jackson annonce sa candidature à sa propre réélection. Il en profite pour annoncer aussi le renforcement du dispositif Frontex. C’est sa fermeté sur les questions migratoires qui a valu à ce métis, fils d’un pasteur nigérian, de ravir le pouvoir à l’extrême droite en 2027. Il achève à peine son allocution qu’on lui annonce la catastrophe climatique de Lagos.
Ce qu’il ignore, c’est qu’au tsunami maritime va succéder une lame migratoire comme la France n’en a jamais connue en aussi peu de temps. Une vague qui en annonce d’autres. Ce qu’il ignore, c’est que quelque part en Afrique, une lame de couteau s’apprête à croiser sa route. La seule chose qu’il perçoit, c’est cette lame de tarot qui lui prédit un drame d’envergure inédite.
Comment ? Pourquoi ? Quel rapport avec le vaste réseau de trafic narcotique et humain qui a déjà déferlé sur nos côtes ? Qui agit dans l’ombre pour déstabiliser une Europe en proie à des flux migratoires incontrôlables ?

Voici le parcours de la lame qui va changer l’histoire de notre pays.


Lundi 12:39

Frédéric : PS : je risque d’être moins dispo durant deux petites heures (dej et trajet en voiture).

Geneviève : 👍, oui notre auteur même assigné à résidence à le droit de dejeuner😉

Lundi 14:22

Miss Aline : Beaucoup d’auteurs disent que leur personnages prennent le contrôle , qu’ils vivent leurs vies. Peux tu expliquer ce processus ?
Ça reste très abstrait.

Frédéric : Et pour nous assez difficile à faire partager comme sensation 😉
Mais disons qu’au même titre que des proches qu’on côtoie au quotidien, ces personnages qui entrent dans notre vie et y restent pendant des mois, parfois même des années, finissent par avoir sur nous une forme d’influence. En tout cas, ce ne sont pas de simples marionnettes qu’on range sagement le soir, quand on arrête d’écrire. Ils continuent à vivre en nous. On y pense. On se demande comment ils se comporteraient dans telle ou telle situation qu’on rencontre, etc.

Lundi 16:57

Dany : Comment fais-tu concrètement pour vivre avec tout ce monde dans ta tête … une journée de schizophrène se passe comment ?

Frédéric : Avec pas mal de migraines !!! 😉 J’ai l’air de plaisanter, mais parfois mes proches s’étonnent du fait que j’oublie certains détails de notre vie bien réelle… pour la simple et bonne raison que ma conscience  est déjà fort encombrée par toutes ces vies fictionnelles ! Tout ça fait beaucoup d’informations, sans doute trop, et les deux univers se télescopent de temps à autre ! 😉

Lundi 19:54

Dany : Merci pour aujourd’hui… Je reprends les hostilités demain… Bonne nuit!

Frédéric : Avec plaisir ! 😉 Bonne soirée et à demain !

Miss Aline : Bonsoir à tous.

Mardi  08:49

Dany : Bonjour tout le monde ! Frédéric,  j’espère que tu as pu te reposer malgré le port du bracelet …
Revenons à ton métier d’auteur et ta façon d’écrire.
Est-ce que tu prépares toutes tes munitions et ensuite tu te lances dans l’écriture d’une traite ? Combien d’heures pas jours ? Papier crayon ou ordi ?
Oui, oui on veut tout savoir !!!!!!!!!!!!!

Geneviève : 👍

Frédéric : Bonjour à tous ! J’ai mal dormi, mais le bracelet n’est pas en cause je pense 😁 Juste trop d’idées qui tournaient en tête !

Geneviève : Bonjour les flingueuses et bonjour Frédéric Mars. Je ne fais que passer pour vous soutenir dans ces instants délicats d’une assignation à résidence. Allez belle audition à vous !

Frédéric : Alors oui je prépare tous mes documents, en particulier ce long scénario dont je parlais hier. Et aussi une fiche par personnage principal, toute la documentation concrète pour les lieux, etc.
Une fois tout ceci préparé, j’écris sur ordinateur presque exclusivement. Je complète juste un peu par des notes ponctuelles que je prends en cours de projet sur des post-it ou sur mon téléphone (via Evernote).
J’écris un minimum de cinq à six heures par jour, jusqu’à 10 maxi, en moyenne plutôt 7 à 8 h.
Je suis surtout performant le matin. Moins l’après midi et pas du tout le soir ou la nuit.
On est très loin du mythe de l’auteur qui écrit la nuit à la bougie 😉

Dany : Tout comme de l’auteur maudit …
Et tu te fais relire en cours d’écriture ?

Frédéric : Quand mon projet est complexe, comme Les Marcheurs ou la Lame, je tiens durant toute la durée de l’écriture un « journal de bord », sur lequel je reporte tous les soirs les petites trouvailles ou inflexions dans mon scénario qui ont jailli en cours de journée. Histoire de garder une cohérence maximale, et ne rient laisser en plan pour le lecteur. Que tout ce que je pose soit 100% utile à mon récit.
Assez peu (pour la relecture). Tant que j’écris, j’ai besoin qu’on me fiche la paix 😉 Généralement je soumets juste les premières pages à mon éditeur pour qu’on soit bien raccord sur le ton général et la direction, et ensuite je lui demande de me faire confiance et de me laisser travailler peinard. Si vraiment on est à la bourre, je lui envoie une partie de chapitres, par paquets, au fur et à mesure que je progresse.
Mais même dans ce cas, et  à moins qu’il identifie un gros problème sur le texte, je lui demande de garder ses remarques pour la fin, quand je lui ai tout remis.
A partir de là, pas de souci, je suis ouvert à toutes les remarques et toutes les modifs. Mais pas en cours de route… sinon, ça me « coupe les pattes » !!! 😉

Dany : Ton entourage n’est pas sollicité ?

Frédéric : Ça arrive mais c’est assez rare. J’ai tendance à ne faire confiance qu’à mon éditeur / éditrice. L’entourage proche est toujours « trop ». Soit trop indulgent soit trop cassant, mais rarement juste et technique. Trop dans l’affect et pas assez dans l’économie du récit.
Je ne l’ai fait que quand ce que j’écrivais impliquait plus ou moins directement le/la proche en question/
Pour qu’il / elle ne se sente pas trahi.

Miss Aline : Réseaux sociaux, salons… incontournables pour l’auteur aujourd’hui. Quel est ton rapport avec tes lecteurs ?
Autant que faire se peut écoutes-tu leurs remarques pour tes prochains travaux ?

Frédéric : Je suis assez présent sur les Réseaux Sociaux je pense, même si c’est très consommateur de temps, et que ma multiplicité d’identités rend la tâche plus ardue encore. Mais j’aime bien ce rapport direct oui.
Alors oui j’écoute ce qu’on me dit. Ça peut m’aider à corriger certains détails pour des tomes suivants. Mais au final, je me laisse toujours emporter par mon imaginaire… qui n’est pas forcément le leur ! 😂

Miss Aline : Je suis d’accord l’imaginaire et le ressenti sont propres à chacun.
En dehors de l’écriture, une passion ?

Frédéric : Voilà ! Tout ce qu’on peut espérer est tant qu’auteur, c’est que la manière dont on raconte son histoire puisse embarquer le lecteur, y compris celui qui n’avait pas de goût a priori pour notre univers. C’est le plus beau compliment qu’on ait pu me faire notamment sur les Marcheurs : » d’habitude je déteste les romans sur le terrorisme, mais j’ai quand même aimé ton histoire ». 😉

Miss Aline : 👍

Geneviève : 👍


Frédéric : Le cinéma !!! J’y vais (en salles) entre 120 et 150 fois par an. Je suis totalement accro. 2-3 jours sans séance et je suis en état de manque. C’est vraiment ma seule drogue (avec le chocolat et quelques autres gourmandises)

Miss Aline : Ah le chocolat !

On est d’accord que le ressenti c’est la somme de notre vécu, les émotions au moment T, nos peurs, nos espoirs.
En va-t-il de même pour l’écriture : aujourd’hui auriez-vous écrit les marcheurs de la même façon ?

Frédéric : Oui, chaque livre est vraiment le produit de ce que l’on est à un instant T, c’est tout à fait ça. Et donc non, évidemment, je n’écrirais pas Les marcheurs de la même manière aujourd’hui, pas plus que mes autres livres. Et c’est tant mieux comme ça 😉

Miss Aline : Le livre que tu aurais aimé écrire et pourquoi ?

Frédéric : Difficile de répondre à cette question, car quand je suis lecteur, je suis vraiment lecteur, je débranche en partie mes automatismes d’auteur pour apprécier pleinement ce que je lis. Et c’est d’autant plus difficile que j’ai des goûts très éclectiques, je lis des choses TRES différentes. Mais s’il faut n’en retenir qu’un, je dirais REPLAY de Ken Grimwood, un livre à la structure vertigineuse et dont je suis forcément un peu jaloux. L’un des rares romans que je connaisse qui arrive à faire rimer suspense et métaphysique.
Ah, et au titre de mes passions j’ai oublié la photo aussi. J’en fais moins actuellement, mais je suis toujours très amateur. Mon tout premier job, il y a près de 25 ans, était d’ailleurs dans un magazine photo.

Dany : Est-ce qu’il est des sujets que tu t’interdis d’aborder … pas peur, par conviction, par « timidité » ?

Frédéric : Franchement, quasiment jamais, et ce n’est pas pour me faire plus tête brûlée que je ne suis. Mais au contraire, plus un sujet me semble sensible ou polémique, et plus j’ai envie d’y aller. Je pense que LA LAME va en être une bonne illustration d’ailleurs. Le sujet en est à la fois contemporain, sensible ET objet de polémiques.  Ce sont plutôt les éditeurs qui me disent « tout doux bijou » que moi qui m’autocensure. Comme on dit familièrement, je serais prêt à toutes les audaces pour le plaisir d’une histoire que je trouve intéressante à raconter. 😉 Pour moi, la fiction justifie tout ou presque ! 😁
Si vous saviez les délires que j’ai dans mes cartons, vous auriez froid dans le dos 😂

Miss Aline : Des délires que tu pourrais sortir et développer ?

Frédéric : Pour certains d’entre eux oui. Je ne peux pas encore en parler de manière précise, car c’est un projet non signé pour l’heure, mais il est notamment question que je sorte un contre-livre de Noël politiquement très incorrect en fin d’année 😁

Mardi 11:06

Dany : Y a-t-il des causes pour les quelles tu es prêt à t’engager ?

Frédéric : Au risque de décevoir, pas vraiment. Je me méfie toujours des embrigadements quels qu’ils soient, même mus par de bonnes intentions. Les causes que je pourrais défendre sont plus « philosophiques’ que réellement humanistes. Je défends par exemple mordicus le droit à ne pas être drôle, à ne pas être léger, à être différent de cette époque qui subit la dictature du fun. je défends aussi celui à ne pas s’engager en noir ou blanc, justement. A avoir des positions nuancées, voire ambiguës ou contradictoires. Je suis toujours effaré de constater que la plupart des individus, aujourd’hui, vous veulent AVEC ou CONTRE eux, et si vous n’êtes pas AVEC eux, ils vous classent d’emblée CONTRE eux. Bref, je milite pour le droit à ne pas penser comme les autres sans pour autant devenir leur ennemi. Et pour le devoir de laisser son prochain en paix, si le seul « crime » du prochain en question est de penser différemment de vous. Bref, ce n’est pas avec ça que je vais mobiliser des foules ni créer un parti politique 😂

Dany : Ca a le mérite de la sincérité sans opportunisme …
Pourquoi tous ces pseudos ? Ne craints-tu pas d’y perdre en visibilité ?

Frédéric : Au début, et encore aujourd’hui, les pseudos m’ont été imposés par mes différents éditeurs, pour faire un distinguo qu’ils estimaient nécessaire entre mes différentes productions. Et puis, avec le temps , même si je n’ai rien voulu de tout ça ni calculé cette apparente schizophrénie, je dois avouer que cela s’est mis plutôt à me plaire. Aujourd’hui j’aime changer de costume en fonction de ce que j’écris, comme le ferait un comédien. Après tout, on n’imaginerait pas un acteur montant sur scène dans son costume de ville ! On trouve normal qu’il endosse une identité différente à chaque rôle. Eh bien moi c’est pareil, j’endosse l’identité qui colle avec chacun des univers que j’ai envie d’explorer. Et comme ils sont nombreux… ma « garde robe » peut encore contenir pas mal d’autres costumes ! 😃
PS : si l’ imagination d’un auteur ne lui sert pas à se réinventer lui-même, franchement à quoi sert-elle ? 😉

Geneviève : Personnellement je me t’ai rencontré qu’une seule fois avec mon amie Caroline Noëlle. à l’occasion de la sortie de vos livres respectifs chez Charleston. Je t’ai rencontré et tu t’appelais Emma Mars😉. Hahaha

Miss Aline : Pour l’entourage déstabilisant où tu remets le costume « vrai toi » quand tu sors de l’écriture ?

Frédéric : Jusqu’ici mon entourage a toujours suivi le mouvement avec beaucoup de bienveillance et de compréhension, justement parce qu’il existe un « vrai Frédéric » dans l’intimité et qu’ils le connaissent et le reconnaissent. En tout cas, je pense…  Mais il m’arrive tout de même  de faire des emprunts à mes autres identités dans le quotidien, quand cela se justifie ou me semble amusant.

Dany : Un acteur même s’il endosse des rôles différents a un nom de scène … même Tanguy a un nom !

Frédéric : C’est vrai, mais (voir ci-dessus), mon entourage sait qui je suis vraiment, au-milieu de toute cette diversité (parfois contradictoire et un peu déroutante), et c’est l’essentiel pour moi 😉

Dany : Mais je me place du côté du lecteur, celui qui apprécie Frédéric  ne connait pas ne connait pas Mo Malo alors que Quaanaaq a eu un bon lancement !
Mais … tu as de illustres prédécesseurs …

Frédéric : C’est en effet le risque et la limite… Mais une fois de plus, ces choix là relèvent généralement plus de la volonté des éditeurs que celle des auteurs. L’auteur, en tout cas dans mon cas, ne programme pas sa « carrière » selon un plan bien défini. Il va un peu là où on veut bien de lui 😉 A moins d’être une star de l’édition, et encore, c’est rarement lui le maître du jeu.
Très illustres oui, et je compense sans doute leur renommée et leur talent par la multiplicité de mes identités 😂😅

Dany : Dans ta bio il est dit que tu étais scénariste TV … tu peux nous en dire plus ou est-ce encore un pseudo 😂?

Frédéric : Oui, sous pseudo aussi 😉 Mais ce fut des expériences assez brèves et assez peu concluantes me concernant

Dany : Des projets TV ou ciné ?

Frédéric : je rêverais évidemment que certains de mes ouvrages soient adaptés, évidemment. Des intérêts ont déjà été manifestes, et encore actuellement. Mais rien n’a abouti pour l’instant. Car, il faut bien le dire, j’imagine des scénarios assez complexes, ou situés dans des lieux pas très accessibles, donc peu économiques … et donc hors de portée de la plupart des productions françaises. Mais bon, si David Fincher m’appelle pour adapter les Marcheurs, je ne refuserai pas ! 😂

Miss Aline , Dany et Geneviève : 👍 👍

Dany : Allez … pause déjeuner … Bon appétit !
On se revoit dans quelques heures

Frédéric : Ca marche ! A tout à l’heure ! Bon appétit 😉

Mardi 14:56

Miss Aline : As tu déjà écris à quatre mains ? Si non est-ce une expérience que tu aimerais tenter?

Frédéric : Oui, je l’ai déjà fait, et encore assez récemment, sous un autre pseudo. Ce n’est pas mon exercice préféré, mais quand on trouve un(e) partenaire très autonome, comme c’était le cas il y a peu, ça peut devenir franchement excitant et enrichissant. Ce qui n’est pas tenable, c’est quand l’un « bouffe » l’autre ou assume tout à sa place, ce qui hélas arrive assez souvent…

Miss Aline : Comment s’inscrit ton avenir d’auteur sur le long terme ?

Frédéric : Je n’en ai aucune idée ! 😉 Comme dit précédemment, nous auteurs proposons des choses, et les éditeurs disposent. Aucun auteur ne peut prétendre avoir la main sur son avenir. La seule chose dont je suis sûr, c’est que voilà déjà 15 ans que je vis de ma plume… et que j’ai bien l’intention de poursuivre dans cette voie aussi longtemps que possible 🙂 C’est épuisant, mais c’est aussi ce que je connais de plus exaltant sur cette terre !

Miss Aline : Nous avons abordé beaucoup de choses dans cette ITW. Y a-t-il quelque chose que tu voudrais dire et dont on aurait pas parlé ?

Frédéric : Eh bien, sans jouer mon syndicaliste de base ni faire pleurer Margaux, oui je voudrais alerter sur la précarité de plus en plus critique des auteurs, et sur le travail mené par La ligue des auteurs professionnels qui se bat depuis quelques mois pour améliorer notre situation. J’invite à ce propos tous les auteurs, à partir d’un seul livre publié à compte d’éditeur, à adhérer à ladite Ligue (la cotisation annuelle n’est que de 5 euros). Une réforme de fond du statut d’auteur doit être menée en France. Et même si je doute voir les choses évoluer de mon vivant, j’ai tout de même bon espoir que les choses finissent par évoluer. C’est peu su, mais en France l’édition est le premier secteur culturel en valeur (devant le cinéma, le théâtre ou la musique), et c’est le seul d’entre eux où ceux qui produisent le matériau de base, les auteurs, ne peuvent quasiment pas vivre de leur travail. Comme aurait dit le grand William, il y a là quelque chose de « pourri au royaume de Danemark » qu’il est urgent de corriger.

Dany : Un coup de cœur pour conclure ?

Frédéric : Lecture, film, autre ?

Dany : Oui …. tout !

Frédéric : Côté livre je vais la jouer « corpo », mais c’est aussi sincère, car c’est un thriller prodigieux, je veux parler du Manufacturier de Mattias Köpping chez Ring. En plus, ce qui ne gâche rien, Mattias est un garçon passionnant et adorable.

Miss Aline : Sacré bouquin en effet.

Dany : What else ?

Frédéric : Et puis, un coup de cœur musical récent, le nouvel album (soul) de Durand Jones & the indications, intitulé American Love Call.
J’ai été très rock par le passé, mais j’écoute de plus en plus de folk et de soul.

Miss Aline : Merci beaucoup pour cette ITW , pour ce moment de partage, Frédéric. Rendez-vous au prochain roman.

Dany : Pour ma part je n’ai rien à ajouter. Pour le moment je n’ai lu que Tout le bonheur du monde (tient dans la poche) donc je crains, comme je le disais, pour mon arthrose du poignet et la santé de ma carte bleue 😂😇
Merci beaucoup pour ces échanges et tout le temps que tu as accepté de nous consacrer. A bientôt sur un salon !!

Geneviève : 👍

Geneviève : Beau travail les flingueuses.  Merci à Frédéric de s’être si bien prêté au jeu.
Très beaux échanges. 
Je sens que comme moi les lecteurs de Collectif Polar vont adorer.

Frédéric : Merci à vous trois pour ce moment partagé, et la pertinence de vos questions 😉  j’ai beaucoup aimé l’exercice !

Miss Aline, Dany et Geneviève : 👍

Frédéric : Juste une info et une question : LA LAME sort donc le 28 mai chez Metropolis Noir, et la question : notre dialogue sera mis en ligne quand ? 😉

Geneviève : Moi je n’y suis pas pour grand chose. C’est nos deux  flingueuses qui ont bien bossé.  Merci Miss Aline et merci Mamie Danièle.
Il faut dire aussi que notre auteur à été un client parfait.

Et pour répondre à ta question je ne sais pas encore exactement début mai, dans la première quinzaine juste avans la sortie de La Lame ton prochain roman, promis.

Et moi Frédéric je t’avais découvert avec ce livre (enfin avant qu’il ne soit en poche :

Et je serai ravie de te revoir à nouveau à SMEP, Saint Maur en Poche

Allez Fin de cette assignation à résidence et je me permets d’enlever le bracelet électronique de Messieurs Frédéric Marc et Mo Malo.

 

Papote d’Auteur, Maud était avec Amélie de Lima


Papote d’Auteur, Maud était avec Amélie de Lima

Bonjour Amélie de Lima,

Maud : Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux vous connaître. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat.

Pouvez-vous nous parler un peu de vous ? Nous sommes très curieux

Amélie : Bonjour Maud et merci pour cette interview  J’ai fait des études de lettres modernes, j’ai un master de prof de secondaire mais la vie m’a fait basculer vers le côté obscur de la publicité…je travaille dans une agence marketing depuis un peu plus de 5 ans et en même temps, je suis formatrice dans la même entreprise.

Mes passions ? L’écriture, la lecture (même si en ce moment j’ai très peu de temps pour lire ☹), le cinéma, les voyages et les virées de dernière minute, le train, j’adore le train ! la mode (j’avoue), la nature, découvrir de nouvelles cultures, parler plusieurs langues, rire et bien sûr mon petit rayon de soleil, Elsa.

Mes goûts musicaux ? J’ai toujours été plus branchée rock / Indie / Folk / soul et pour écrire, généralement j’écoute une playlist qui s’appelle Peaceful Piano.

Mes loisirs ? Profiter de la plage le dimanche, me balader, le ciné et les vieux films en noir et blanc, voir mes amies, boire du café (beaucoup de café) pas de sport car je n’en ai jamais fait mais si je devais m’y mettre, ce serait Self defense.

Pour l’écriture, ça a toujours été une évidence pour moi. J’écris depuis que j’ai 10 ans. Bien souvent dans ma bulle, j’en profitais pour m’évader en écrivant…

Maud : Parlons de vos ouvrages, Le Silence des Aveux et A fleur de Bruine sont vos deux polars qui où l’on retrouve le personnage Véronique de Smet. Comment ont germé ces histoires ? Ces personnages ?

Amélie : Je dois faire une confidence…je pense que j’ai dû l’avouer une seule fois…à la base, Le silence des Aveux devait s’appeler La vie d’Élise et ce n’était pas un thriller mais une romance ! oui, oui  J’ai commencé à l’écrire durant mon année au Maroc.

Et puis un jour, je venais de déménager à Barcelone et j’avais un long trajet à faire en train pour aller au boulot. Du coup, je suis entrée dans une petite librairie et j’ai demandé au libraire un livre pour passer le temps, un livre sans prise de tête. Et il m’a mis dans les mains un roman de Gillian Flynn, ça a été un déclic ! C’était ça ma voie, le thriller psychologique !

Le personnage de Véronique n’était pas censé être un personnage récurrent mais après avoir lu le premier, tout le monde m’a demandé une suite, alors, je l’ai gardée. Véronique c’est un peu le mix entre deux amies à moi.

Je visionne énormément de reportages, documentaires sur les serials killer, les disparitions non élucidées alors je trouve souvent l’inspiration là-dedans. Pour À Fleur de Bruine, tout a commencé suite à l’histoire des jeunes hommes retrouvés noyés dans la Deûle et dont l’affaire n’a toujours pas été résolue…

On m’a déjà demandé si je comptais changer de cadre pour mes romans, alors je peux le dire, non, je ne changerai pas de cadre. Je suis lilloise, expatriée mais lilloise et pour moi cette ville est comme un personnage. Elle est aussi importante que Véro, Élise ou Bettina.

J’aime la froideur et en même temps la chaleur humaine de cette ville, j’aime son côté sombre, mystérieux, son architecture, son histoire. Bref, c’est la ville de mes romans.

Maud : Une anecdote sur ces opus en particulier ? Lors de l’écriture ou retour de lecture ?

Amélie : Certainement au sujet de certaines scènes « hot » des romans, les influences de la romance perdurent… J’ai eu un peu de mal à les faire lire au début car j’ai eu peur de l’interprétation qu’on pouvait en faire mais finalement, ça s’est bien passé…

Maud : Vos plus belles joies en tant qu’auteur ? Vos « pires » moments ?

Amélie : Les plus belles joies, voir que mes romans plaisent. Moi qui pensais que seuls ma famille et mes amis les liraient…joies aussi lorsque je lis les messages privés ou publics des lecteurs, les mots réconfortants qu’ils t’adressent pour te soutenir, les petites attentions, que du bonheur.

Les pires moments, sans aucun doute, les premiers mois de la sortie du silence des aveux. J’étais perdue, j’avais publié un livre sans passer par la correction pro et du coup, évidemment, les commentaires ont été incendiaires à ce sujet. J’ai rectifié le tir et je l’ai fait corriger, ouf !

Maud : Après l’écriture, passons à la lecture, quelle lectrice êtes-vous ?

Amélie : Je suis à la base une très grande lectrice mais ces derniers temps un peu moins. Mon genre de prédilection était la littérature française, les grands classiques et puis petit à petit je me suis tournée vers le thriller et plus précisément, le thriller psychologique. J’adore lire et écrire à la tombée de la nuit.

Maud : Pouvez-vous nous parler du recueil qui vient de sortir Projet 666 ?

Amélie : Éric m’a contactée il y a quelques mois et m’a proposée de participer à ce projet, je n’ai pas hésité une seule seconde ! C’est un recueil de 6 nouvelles sombres, écrites par 6 auteur(e)s et dont les bénéfices seront reversés à Innocence en danger. La préface a été écrite par Angélina Delcroix.

Maud : Vous avez écrit Voix Nocturnes également dont j’espère nous aurons l’occasion de reparler ensemble. Etes-vous déjà sur d’autres projets ? Oui oui, là c’est lectrice impatiente que je suis qui s’exprime  

Amélie : Alors Voix Nocturnes a été un coup de tête pour moi, je l’ai écrit très vite en un mois ou deux je crois, je devais l’écrire cette histoire…En fait, elle provient d’une histoire vraie que m’a racontée ma coiffeuse et je l’ai romancée à ma manière…

Je suis en cours d’écriture pour le prochain roman, un thriller psychologique également qui devrait être terminé avant cet été (si tout va bien) On retrouvera Véronique pour une nouvelle affaire qui va être vraiment glauque…

 

Maud : Merci beaucoup Amélie de nous avoir accordé ces instants, je vous laisse le mot de la fin :

Amélie : Je voulais simplement vous remercier pour cette interview, remercier ma famille, mes ami(e)s, mes lecteurs et lectrices qui me soutiennent depuis le début et qui font partie de ma vie maintenant. Merci aux groupes de lecture, aux partages, aux avis et retours que vous prenez le temps de rédiger tout simplement pour nous aider, nous les auteurs.

Alors merci une fois de plus et à bientôt pour de nouvelles aventures lilloises !

Ps : La fille de Lille.

Assigné à résidence : : L’interview bracelet électronique 8, Mattias Köping


Nouvelle innovation au collectif Polar : l’interview « bracelet électronique ».

Mais maintenant vous connaissez, non ?

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le septième auteur, pardon la huitième auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique et à être assigné à résidence est…

Mattias Köping


 Vendredi  21h00

Miss Aline : Bonsoir Mattias,
Commence aujourd’hui ton assignation à résidence avec bracelet électronique !
Peux tu en quelques mots nous donner ta biographie d’auteur ?

Dany : Bonjour Mattias

Mattias : Je me suis fait connaître avec mon premier roman , Les démoniaques, paru chez Ring en octobre 2016. J’ai récidivé en octobre 2018, avec Le manufacturier, toujours chez Ring.

Miss Aline : Tu es donc un jeune auteur. Comment es tu venu à l’écriture ?

Mattias :En fait, j’écrivais bien avant cela. J’avais écrit des romans, des nouvelles, des poésies. Tout cela était très mauvais. J’ai tout détruit et je n’ai pas écrit pendant 13 ans, avant de m’y remettre avec Les démoniaques. J’ai un rapport curieux à l’écriture : ne pas écrire ne pose aucun problème. Si je n’ai pas envie, je n’écris pas. Je m’y remets seulement quand ça me démange. Et « cette démangeaison », je ne me l’explique pas. Quand elle est là, je dois me remettre à écrire.

Miss Aline : quel a donc été ton déclencheur pour écrire à nouveau et surtout sortir les Démoniaques ?

Mattias : Au début, j’avais juste le chapitre 2 en tête : une fille marginale vole un livre. C’est tout. Mais cela a coïncidé avec le débat sur la prostitution, question à laquelle je ne m’étais jamais intéressé auparavant. J’ai été pris d’un grand intérêt pour cette question, devant la violence des débats. Là, la lumière s’est faite :  la fille qui vole le livre était devenue Kimy, une victime d’un réseau de prostitution. J’ai continué à me documenter pour nourrir le livre. Et ce que j’ai découvert m’a effaré et dégoûté…La réalité de cet univers est d’une dureté sordide et effroyable.

Miss Aline : c’est important pour toi de te documenter ? Où prends tes infos (média…) ?

Mattias : Oui, très, car cela donne de l’épaisseur à la toile de fond de mes récits.  Mes personnages principaux sont fictifs, mais tout est nourri par une masse de données. Je m’intéresse beaucoup aux infos, petites et grandes. Pour mes deux bouquins, j’ai lu et relu beaucoup d’articles de presse, mais aussi des choses plus pointues, tels que des comptes rendus de procès, des décisions judiciaires. Je regarde beaucoup de documentaires historiques et de grands reportages ( Envoyé spécial, complément d’enquête, national geographic channel, etc.), je consulte des encyclopédies en ligne ou pas, j’écoute la radio…tout cela donne un aspect très crédible. Mais, j’insiste bien, je ne suis en aucun cas historien ou géopoliticien. J’écris des fictions.

Miss Aline : Lorsque tu écris, as-tu des rituels : même endroit, musique ou pas, un nombre de mots ou de pages, etc ?

Mattias : Oui, j’ai un rituel auquel je ne déroge jamais : je relis systématiquement une partie de ce que j’ai écrit pendant la séance précédente et j’apporte des modifications, grandes ou petites, d’un mot à plusieurs pages. Pour la longueur, c’est très variable : parfois quelques lignes, parfois quelques pages…Pour le reste, je préfère écrire dans le silence, mais ce n’est pas une obligation.

Miss Aline : Pour tes deux romans je t’ai rencontré sur des salons. Tu en fais souvent. Quel est ton rapport aux lecteurs ?

Mattias : J’aime beaucoup rencontrer les lectrices et lecteurs. Ce sont de très bons moments de partage. C’est ce que je préfère dans la dimension publique de l’activité d’écrivain : échanger avec vous 🙂 ! Écrire est vraiment une activité solitaire, alors avoir des discussions avec les lecteurs est plaisant et très instructif. Ils ne voient pas forcément les bouquins sous le même angle que moi et j’apprends des choses sur mes propres livres !

Miss Aline : Bonsoir Mattias, Geneviève te remercie de ta participation..

Mattias : bonsoir à toute l’équipe.

Samedi 08:53

Dany : Bonjour Mattias, je suis le binôme d’Aline pour cette itv et aussi la candide de service « pas lu et pas vu » mais je vais me soigner très prochainement …
Alors j’ai bien compris que l’héroïne était arrivée avant l’intrigue dans les démoniaques, mais une fois le chapitre 2 écrit, est-ce que tu connais la fin de ton histoire ?

Mattias :Bonjour Danièle : je ne sais jamais où je vais. J’écris sans plan préalable. J’avance sur plusieurs possibilités et je me demande si cela fonctionne ou pas. Du coup, je ne pars jamais d’une fin préétablie.

Dany : et du coup tu peux passer d’un format « normal » à un poids lourd …
Donc toujours si j’ai bien compris … il y a un message véhiculé par l’auteur et est-ce que tu trouves essentiel ce rôle de l’auteur ?

Mattias : Un livre est le résultat des choix de l’auteur, à tous les points de vue : fond, forme, style, etc. On peut sans doute dire qu’un livre peut faire passer des messages, mais ce n’est pas non plus une catéchèse : je n’écris pas des romans à thèse. En revanche, je trouve intéressant de ne pas se ménager quand on écrit, et de ne pas non plus chercher à ménager ses lecteurs.

Dany : Je pense que j’avais compris que le « ménagement » c’était pas ton truc … la violence alors : un vecteur, un outil, un incontournable, …

Samedi 11:45

Mattias : En tout cas, la nécessité de la montrer sans fard. Tous les polars noirs et thrillers sont construits sur le crime en général. Mais le crime n’est pas glamour. Or, tel qu’on nous le montre dans les grilles de TV, en prime time, il est comestible, léger, lointain, presque anodin, alors qu’on parle de choses très graves et horribles. Essayer d’approcher au plus près l’insoutenable  est à mon avis ( peut-être que je me trompe) une façon assez efficace de ne pas occulter la vraie nature de la violence au prétexte qu’il faut ménager les lecteurs.

Dany : Jamais d’adaptation TV donc … pas de prime time du moins. Au cinéma c’est envisageable ?

Mattias : En toute franchise, je ne sais pas si c’est une bonne idée : la violence dans un livre est différente de celle d’un film. Le support n’est pas le même : avec un  livre, il faut le temps de lire la page, on peut le refermer, sauter quelques lignes, etc. Les images me semblent beaucoup plus terribles et marquantes. De plus, une image est immédiate. On n’a pas le temps de l’esquiver. En proposant un support visuel, elle s’incruste beaucoup plus dans notre esprit et notre mémoire.

Dany : quand on parle avec René Manzor, il dit justement que la TV c’est une adaptation de l’intrigue à l’image, une vision offerte au spectateur alors que pour le livre l’échange auteur-lecteur est plus intime, suggestif. Ça veut donc dire pour toi que la psychologie est plus importante que l’intrigue ?

Samedi 12:59

Mattias : je les tiens à parts égales, même si j’accorde d’abord une grande importance à mes personnages. Ce sont eux les vecteurs de la profondeur psychologique du bouquin. Ils donnent l’état d’esprit global au livre. C’est pour cela que je les travaille avec soin, en particulier les ordures. Si votre sale type n’est pas crédible, alors l’atmosphère noire va s’en ressentir. Et c’est aussi ce que je préfère travailler. C’est très stimulant de faire naître des personnages et de les observer évoluer. Parfois même, ils vous échappent et vivent leur vie.

Dany : Merci pour ces précisions très intéressantes …
Comme je disais, je ne t’ai jamais lu. J’ai tremblé avec Sinestra d’Armelle Carbonel, je ne suis toujours pas remise de La dynamique du chaos de Ghislain Gilbert, j’ai aimé Du feu de l’enfer de Sire Cédric mais je n’ai pas terminé l’enfant des cimetières … peux-tu me donner 3 bonnes raisons de lire Mattias Köping et par quel roman commencer ?

Mattias :En fait, je vais commencer par un avertissement, car il est important qu’un auteur précise la nature de ses bouquins auprès des lecteurs : mes livres s’adressent à un public averti. Cela étant dit, les lecteurs s’y aventurent désormais en connaissance de cause.
Trois raisons pour lire mes livres, donc :

1./ si vous aimez le noir, vous serez à votre aise.

2./ Je ne transige pas avec les attendus de type « grand public » . Il y a certes des moments de grâce dans mes livres, mais rien ne s’arrange jamais. Je ne cherche pas à créer à toute force du happy end ou ce genre de chose.

3./ on peut en  apprendre un peu sur les côtés obscurs de nos sociétés en lisant mes bouquins.

Quant à l’ordre, il n’y en a pas. En fait, mes deux livres sont assez différents et totalement indépendants. Peut-être que Le Manufacturier est plus dur que mon premier bouquin.

Mattias : Merci et à bientôt 🙂 !

Miss Aline : Pour conclure as tu un coup de cœur ou un coup de gueule à ajouter ?

Mattias : Un coup de cœur, oui ! Merci à toutes mes lectrices et à tous mes lecteurs, à toutes les passionnées et tous les passionnés qui partagent avec enthousiasme leurs avis sur les livres et qui donnent de leur temps sans compter pour rendre compte de leurs lectures, mais aussi pour animer des blogs, des sites et pour créer des événements. Vous êtes les meilleurs relais pour les bouquins. Un grand merci, donc ! 🙂

 Aline : Geneviève, Daniele et moi-même te remercions pour ce moment de partage.
On te rends ta liberté en te retirant ton bracelet électronique.Bonne journée Mattias.

FLIC LE JOUR ECRIVAIN LA NUIT


Il y a quelques semaines,  la médiathèque La Canopée à

Chevry-Cossigny (77) recevait 3 auteurs.

Aussi à l’invitation de Stéphanie Combrisson, la responsable de la médiathèque  Ge le porte flingue de Collectif Polar et Ophélie animaient cette rencontre d’auteurs sur le thème « Flic le jour, écrivain la nuit ».

 Sacha Erbel, Danielle Thiéry et Didier Fossey se sont ainsi retrouvés sous le feu des questions des flingueuses.

Mais une autres flingueuse était dans la salle et c’est elle qui va vous parler de ces échanges.


FLIC LE JOUR ECRIVAIN LA NUIT

le retour de Syvie K

C’est à la Médiathèque de Chevry-Cossigny dans le 77 que Stéphanie accueille le Collectif Polar pour la deuxième rencontre d’auteurs dont le thème pour celle-ci est « Flic le jour Ecrivain la nuit ».

Les Auteurs ; Danielle THIERY, Sacha ERBEL et Didier FOSSEY sont soumis à la question par Geneviève Van Landuyt et Ophélie Cohen. Leur particularité est de travailler ou d’avoir travaillé dans le milieu de la police et d’écrire. Les questions sur leurs parcours, leurs façons d’écrire, leurs idées, leurs métiers, leur venue à l’écriture passionnent l’auditoire venu en nombre.

Danielle THIERY ancienne Commissaire Divisionnaire a réalisé une brillante carrière dans la police.

Après avoir participé à la création de la série policière Quai n°1 en 1995 elle écrit son premier roman Mauvaise Graine s’en suivront 13 autres. Elle écrit même pour les enfants. Elle nous raconte ses débuts à la Brigade des Mineures qui venait d’être mise en place, son passage à la Brigades des stups avec crimes, prostituées, proxénètes etc … Elle a aussi travaillé dans la police ferroviaire et aérienne. Elle est la marraine de la 2ème édition du prix départemental de la nouvelle policière pour le 77 ».

Son dernier livre « SEX DOLL » sortira le 2 Mai 2019 et Nestor Burma Piquette à la Roquette en Septembre 2019.

 

La profession de Sacha ERBEL est la protection rapprochée des personnes politiques ou étrangères qui viennent en visite à Paris. Sacha a réalisé un mémoire en criminologie appliquée à l’expertise de la mémoire, elle est passionnée par les tueurs en série et n’hésites pas à faire des tables rondes sur le sujet. Elle à eu envie d’écrire « un jour comme ça » dit-elle. Sacha a déjà écrit deux polars dont l’action se passe à la Nouvelle Orléans avec ses rites et mystères vaudous. Son troisième roman « Eugène Terre de Feu » est en préparation ce sera un thriller différent dont l’action se passera aux Etats-Unis. Son dernier roman est « A l’ombre de Nola ».

 

Didier FOSSEY dont le père était policier était destiné à la cuisine. Il a même ouvert son restaurant mais le concours de la police le conduira à la Brigade Anticriminalité de nuit (BAC) du 13ième pendant 18 ans, un record ! Ensuite, il quitte la nuit pour le jour pour la Police administrative. Après avoir enregistré une plainte une idée de polar germe dans son esprit. Aussi après avoir montré ses écrits à sa femme qui l’encourage, il se met à l’écriture et écrit « Traque sur le Net. Le monde de la nuit, les traques, les planques lui serviront pour ses histoires. Son dernier livre

Artifices est un thriller avec des policiers !

Le prochain une enquête avec toujours Boris Le Guenn sortira en Juin 2019.

Les questions fusent, l’auditoire est attentif et volubile. Les auteurs en verves, nous comblent d’anecdotes, ce qui donne un échange passionnant se terminant avec des dédicaces et encore des échanges.

 A tout vite pour une 3ième rencontre Collectif, Auteurs, Lecteurs à L’Espace culturel la Marmite de Chevry.

 

Allez quelques autres photos

Un public nombreux et participatif

Ophélie et Sacha concentrées sur les bêtises que raconte Ge leur porte Flingue 😉

Ge toujours plus curieuse sur l’exceptionnel parcours de Madame Danielle Thiery

Tout le monde à l’écoute de la patronne !

Papote d’auteur, Maud était avec Isabelle Bourdial


Papote d’auteur, Maud était avec Isabelle Bourdial.

Alors que vient de sortir son second roman, Sale temps pour les grenouilles. Isabelle Bourdial confesse quelques indiscrétions à notre Jumelle démoniaque sur son premier roman, Chasseurs d’esprits

Et moi je le confesse aussi, j’ai hâte de découvrir le dernier roman d’Isabelle tant j’aime sa façon de s’amuser avec les mots. Foi de porte flingue.

Allez place aux interviews exclusives de Maud


Bonjour Isabelle Bourdial,

Maud : Je vous remercie d’avoir accepté cet entretien qui va nous permettre de mieux vous connaître. Ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’un interrogatoire, pas besoin de témoins ou d’avocat.

Isabelle : Tout cela reste entre nous alors, c’est bien ça ?

Maud : Bien sûre, n’ayez aucune crainte. Pouvez-vous nous parler un peu de vous ?

Isabelle : Je suis journaliste, j’anime également des ateliers d’écriture et je m’occupe de l’organisation de Polar’Osny, le festival de la littérature policière d’Osny (95) avec ma complice et amie Florence Labbe. Mes passions et loisirs : l’écriture, la lecture, la danse.

Durant mes études, j’ai toujours été partagée entre les sciences et les matières littéraires. Pourquoi devoir choisir entre les unes et les autres ? N’était-il pas possible de concilier les deux ? A la fin de mes études j’ai découvert un métier qui le permettait. C’est comme ça que je suis devenue journaliste scientifique. J’ai travaillé durant de longues années à la rédaction de Science & Vie, puis à celle des Cahiers de Science & Vie (qui traite de l’histoire des civilisations, une autre de mes passions). J’ai aussi écrit ou traduit une vingtaine de documentaires jeunesse et adulte pour une dizaine d’éditeurs (Nathan, Atlas, Flammarion, Gallimard…). J’ai travaillé ponctuellement pour plusieurs émissions de télévision ou sur des docufictions.

Maud : Chasseurs d’Esprit est votre premier roman. Comment a germé cette histoire ?

Isabelle : J’ai eu l’idée d’écrire ce livre alors que j’enquêtais sur les prouesses des neurosciences. Je me suis alors demandé ce qui se passerait si des enquêteurs recouraient à l’imagerie cérébrale pour sonder l’esprit d’un suspect ou à des techniques d’auditions de témoin basées sur les travaux des cogniticiens. Pourraient-ils réellement lire dans les pensées? Et auraient-ils le droit de perquisitionner nos cerveaux ? C’est comme ça qu’est née cette histoire. Elle m’a aussi permis d’aborder d’autres grands thèmes comme la peur qu’inspirent à nos sociétés les derniers peuples indiens, leur combat pour sauvegarder leurs terres ou les ravages de l’orpaillage sur la forêt amazonienne.

Maud : Une anecdote sur cet opus en particulier ? Lors de l’écriture ou retour de lecture ?

Isabelle : J’ai rencontré un jour quelqu’un qui s’appelait comme le salaud de mon roman, et qui lui ressemblait physiquement. Un type néfaste qui a voulu s’en prendre à moi mais qui n’y est pas parvenu. Un mauvais hasard, enfin je crois  . J’en ai fait une nouvelle !

Maud : Vos plus belles joies en tant qu’auteur ? Vos « pires » moments ?

Isabelle : Mes plus belles joies ? Difficile de faire un choix. L’écriture m’en apporte beaucoup. Depuis la sortie de Chasseurs d’esprit, j’ai découvert toute une communauté d’auteurs de polars bien pourvus côté humour. C’est toujours un plaisir de les retrouver. Pour la plupart, ils ont des parcours très étonnants. Ecrire m’a aussi permis de rencontrer des mordus de lecture, des serial lecteurs très pointus, qui sont souvent eux-mêmes blogueurs et/ou bibliothécaires. Dans ce milieu, j’ai noué de belles amitiés ! Et ça, ça n’a pas de prix ! J’ai pu lancer un festival de littérature policière, le rêve ! J’ai fait la connaissance de Geneviève et, comme vous chère Maud, j’ai intégré son Collectif Polar. Et là aussi, j’ai été gâtée ! Cadavre exquis, concours de nouvelles… Sans parler des échanges juste incroyables avec des lecteurs. Ou du travail d’édition, les échanges autour du texte, de la couverture, un travail d’équipe qui peut être extraordinairement gratifiant ! Les pires moments ? Ils sont bien insignifiants à côté des bons !

Maud : Après le côté auteur, passons de l’autre côté lecture, quelle lectrice êtes-vous ?

Isabelle : Je suis boulimique. Dès le saut du lit, je dévore des pages. Je lis dans les transports, dans les files d’attente, en soirée. Comme vous, j’angoisse d’être à court de livres et j’ai toujours une liseuse avec moi en vacances. Je n’ai pas une PAL mais plusieurs qui poussent un peu partout dans la maison. Goûts hétéroclites : du noir, bien sûr, de la blanche évidemment, et toutes les nuances intermédiaires. J’aime beaucoup les technothrillers, la SF, même si j’en lis peu en ce moment.  Je ne m’interdis aucun genre, je choisis selon l’auteur et le thème. Je lis toujours plusieurs livres de front.

Maud : Deux sorties sont annoncées cette année, pouvez-vous nous en parler ?

Isabelle : Le 25 mars sort Sale temps pour les grenouilles, une comédie noire sur le burn out, aux éditions du Loir. L’histoire d’un éditeur harcelé par son boss, qui décide de le supprimer, purement et simplement. Et qui va puiser son inspiration dans les séries télé pour y parvenir. Le titre initial était Pourquoi j’ai tué le Dr House. Mais la Fox n’aurait pas apprécié… En septembre prochain, je change de registre pour publier un bouquin de cuisine un peu spécial, toujours chez le même éditeur.

 Maud : Etes-vous déjà sur d’autres projets ? Oui oui, là c’est la lectrice impatiente que je suis qui s’exprime  

Isabelle : J’ai commencé la suite des Chasseurs d’esprit et celle des Grenouilles. Je travaille aussi sur un recueil de nouvelles mêlant science et contes : Donjon, Dragon et Doliprane.

 

Excellentes nouvelles !!! Merci beaucoup Isabelle de nous avoir accordé ces instants, je vous laisse le mot de la Fin :

 Longue vie aux lectures de Maud et au Collectif Polar !

Autopsie en huis clos : Arficices de Didier Fossey et Il y aura du sang sur la neige de Sébastien Lepetit


Aujourd’hui Didier Fossey (Artifices) et Sébastien Lepetit (Il y aura du sang sur la neige), deux potes , se prêtent au nouveau jeu des flingueuses … mieux qu’un huis clos, c’est deux Autopsie en huis clos croisées qu’on vous propose :
Dans un premier temps Sébastien va dire ce qu’il pense du dernier thriller de Didier puis on inverse les rôles !

Cette idée d’Autopsie en  huis clos est parti d’un commentaire de Didier Fossey qui a osé dire sur FB qu’il aimait les bouquins de Sébastien Lepetit… Bien lui en a pris car ce genre de propos peut être détourné par deux flingueuses et leur Cheffe au profit du Collectif ….

Il ne faut rien laisser passer de ses affinités dans notre monde de brutes !

Pris au mot nos auteurs ont joué le jeu.

Mais avant de démarrer nos » Autopsie en huis clos « notre porte flingue vous en dit un peu plus nos auteurs.

 

Didier Fossey est né le 11 décembre 1954. Son père est policier et lui inoculera le virus, car en plus d’écrire des polars, Didier Fossey fait partie de la grande maison.
De 1986 à 2000, il oeuvre au sein de la brigade anti-criminalité de nuit en groupe d’investigation, puis en 2001, il est affecté au groupe de recherches et d’investigations dans le 13e à Paris. Il y prend en charge le bureau de police administrative. Depuis quelques temps il jouit d’une retraite paisible qui nous l’espérons lui permettra de nous écrire plein de super polars.

Sébastien Lepetit est  né le 30 août 1969 à Loudéac. Auteur de romans à suspense, il aime mêler le mystère et l’Histoire, la personnalité des lieux et celle de ses personnages, pour conduire ses lecteurs dans un univers si proche d’eux qu’ils ne le voient pas toujours. Il recherche le calme des sentiers de montagne ou de forêt où il cueille les pensées et les sensations qui deviendront l’âme de ses romans. Ex administrateur territorial et directeur général adjoint en charge des solidarités au conseil départemental des Vosges il est  aujourd’hui  sous préfet de la Dordogne à Sarlat.


Allez, c’est parti  :

Les flingueuses et Sébastien parlent ensemble d’Artifice de Didier Fossey

Nom : Lepetit
Prénom : Sébastien
Profession : fonctionnaire d’Etat (cadre de la préfectorale) en activité
5 romans aussi et un héro récurrent
Le dernier Il y aura du sang sur la neige sorti le 10/12/2018

Miss Aline : Sébastien, une première impression générale : vous recommanderiez ce roman ?

MAR 00:11

Sébastien : J’ai adoré. Je lis les romans de Didier depuis que je le connais, donc depuis… pfiou… il était encore flic en activité. Et ce roman est fabuleux car il permet aux nouveaux lecteurs de rentrer dans une enquête comme Didier sait les écrire, avec plein de morceaux de vrai flic dedans. Et en même temps, le vieux lecteur que je suis retrouve comme dans un clin d’œil une vieille connaissance qui nous avait fait trembler dans un précédent roman.
Donc ma première impression est très très bonne. Que vous connaissiez ou non l’univers de Monsieur Didier Fossey, ce nouvel opus a tout pour vous plaire.

MAR 08:24

Dany : En ce qui me concerne c’était mon premier Fossey. J’ai aimé son rythme et le sujet. L’intrigue originale qui fait approcher un monde que l’on connait très mal … pas les flics mais les artificiers. Et toi Aline ?

Miss Aline : La même chose pour moi : découverte du monde artificier. Fort intéressant.

Dany : En plus la scène d’ouverture est particulière …

Miss Aline : La scène d’ouverture donne le ton.

Dany : En plus pour les méchants, périr par où ils ont fauté ça ravi la lectrice que je suis !
Sébastien et Aline, en quoi ce polar est « différent » pour vous ?
(Je ne suis pas mécontente de cette question parce que pour y répondre sans spoiler va falloir ramer !!!)

Miss Aline : Pour moi déjà par son univers artificier. Ensuite on connaît tout le monde dès le départ. Faut trouver les liens, les raisons qui peuvent les relier.

MER 00:08

Sébastien : Les polars de Didier Fossey sont différents par leur ton, l’immersion dans une équipe de policiers de tous les jours. Ce ne sont pas des héros, ni des super-flics, même si ce sont des flics supers. Ils sont humains, normaux, ils ont des soucis de tous les jours et leur quotidien est fait de routine et de stress.
Quant à ce roman, l’univers des artificiers nous permet de découvrir un monde inconnu et spectaculaire. Pour imaginer un tel mode opératoire, il faut être un peu tordu, n’avoir pas l’esprit très net. C’est ainsi que Didier réalise le tour de force de nous faire approcher de l’intérieur la folie meurtrière de ces personnages.
Avec Artifices, nous ne risquons pas le sentiment de déjà lu.

MER 06:39

Miss Aline : ce qui m’intrigue le plus c’est ce personnage dont on ne sait pas grand chose qui parle de son enfermement…

Sébastien : Ce personnage, Matthias, est justement celui qui offre au lecteur une double lecture. Il est intriguant si l’on découvre l’oeuvre de Didier avec Artifices ; il devient fascinant, presque vertigineux, quand on a lu ses autres romans.

Geneviève : 👍

 

Miss Aline : Artifices est ma découverte de Didier Fossey. 
Matthias a une forte influence sur autrui ainsi que sur lui-même. Ça en est dérangeant.

MER 09:41

Dany : Pour ma part, pour avoir lu Artifices à sa sortie j’avoue que ce qui me reste du roman c’est pas Matthias … je l’ai oublié ! mais plutôt le sentiment de culpabilité du lecteur. En effet on se dit souvent en parlant d’un personnage de fiction ; qu’aurais-je fait à sa place ? Ici c’est une culpabilité permanente que nous endossons car tous les jours on refuse de voir ce qui se passe à côté de chez nous … Et vous ?

MER 18:55

Miss Aline : Savoir et ne rien dire. Savoir et ne rien faire . Ce n’est malheureusement pas que de la fiction.

JEU 00:19

Sébastien : Sur cet aspect de l’histoire, c’est plutôt le passé caché remontant à la surface qui m’a marqué. J’ai toujours été fasciné par l’histoire, la grande et la petite, et les petites histoires dans la grande. L’idée que rien n’est définitivement enterré me plaît. Le passé revient toujours, inéluctablement, par un étrange concours de circonstances.

JEU 09:29

Dany : Si tu avais 3 adjectifs pour qualifier Artifices et ainsi donner envie de le lire, ça serait lesquels ?

JEU 21:47

Sébastien : Je dirais que ce roman est noir, effrayant, mais profondément humain.
Et j’ajouterais volontiers, remarquablement bien écrit, mais c’est un pléonasme que de dire cela d’un roman de Didier Fossey.

Dany : 👍

Dany : Merci Sébastien pour ces commentaires. Si Miss Aline n’a rien à ajouter, je pense qu’il va bientôt être temps de faire entrer l’auteur pour la confrontation …
du moins lui accorder un droit de réponse …
… Ils sont peut-être en train de regarder Kho Lanta …
Alors Didier, dès que tu es dispo, tu peux nous rejoindre … on a dit ce que l’on pensait de ton thriller, tu n’es peut-être pas d’accord … dis-nous tout !

Didier : Bonsoir, j’ai lu avec intérêt, au fil des jours, vos questions réponses.

Dany : et ???

Didier : Tout d’abord je tiens à vous remercier de l’intérêt que vous avez porté à Artifices .
J’essaie dans mes romans de faire en sorte que le lecteur se sente comme faisant partie de l’équipe.

Dany : Sébastien parle d’immersion, c’est tout à fait ça !
Il nous semblent tous familiers ces flics.

Didier : Oui cette réflexion de Sébastien m’a fait sourire et penser que j’avais réussi.
Je me suis inspiré pour les personnages de personnes rencontrées dans ma vie professionnelle.
Et même si on commence à lire du Fossey avec Artifices … on a envie de connaître leur histoire certes, mais cette découverte récente n’est pas handicapante.

Sébastien : C’est grâce à ça que les personnages sont si humains, si vrais !

Didier : Mes 4 romans peuvent effectivement se lire indépendamment. Il y a juste une évolution dans leur vie personnelle.
Salut Sébastien.

Sébastien : Salut Didier.

Didier : 👍

Sébastien : Ravi de te croiser grâce à nos deux bébés et à nos charmantes chroniqueuses.

Les flingueuses : 🤔😂😇

Didier : Moi également, je te remercie du temps consacré, je sais que le tien est précieux.

Sébastien : C’est un plaisir.

Didier : Très heureux de ton retour de lecture. Tes remarques et réflexions m’ont touché.

Sébastien : J’ai aimé Artifices, comme les précédents, et j’ai eu grand plaisir à retrouver le commandant Le Guen.
Et Mathias, même si le terme plaisir n’est peut-être pas le plus approprié.
À mon tour, je suis curieux de voir ton retour de lecteur, mais chut… Laissons à nos flingueuses le soin de mener cette partie-là de l’interrogatoire…

Didier : Il y a un moment que je voulais écrire un roman avec en toile de fonds les feux d’artifices. L’histoire de cette petite fille est arrivée à point nommé, car malheureusement c’est basé sur des faits réels. J’ai associé les deux et Mathias est revenu comme une évidence.
Oui laissons nos charmantes flingueurs, mener la danse.
Flingueuses pas flingueurs.

Sébastien : Je t’embrasse. À bientôt.

Didier : À bientôt Sébastien, passe une bonne soirée et prends garde à toi. Bises

 

Les flingueuses et Didier parle maintenant ensemble de Il y aura du sang sur la neige de Sébastien Lepetit

Nom : Fossey
Prénom : Didier
Profession : policier en retraite, « 18 ans en BAC de nuit dont 10 de trop »
5 romans à son actif dont un « embaumeur » et un héros récurrent.
Le dernier  Artifices  sorti le 18/06/2018

 

VEN 15:52

Dany : Bonjour les garçons … on vous avait laissé les clefs pour fermer hier en sortant. Merci d’avoir pris soin du matériel ! 
Alors Didier as-tu quelque chose à ajouter sur ce qui a été dit de ton roman ? Sinon on va faire sortir Sébastien quelques instants pour dire tout le mal que l’on pense de son petit dernier …

Didier : Bonjour, je n’ai rien à ajouter, selon la formule consacrée, je persiste et signe.

Dany : Donc on peut commencer par ton impression générale sur Il y aura du sang sur la neige de ton pote Sébastien  ! Alors ???

Didier : J’ai découvert Sébastien il y a quelques années déjà avec Merde à Vauban et l’Origine du Crime. C’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé le commissaire Morteau et le lieutenant Monceau. Cette fois ci Sébastien nous entraîne dans une enquête dans le milieu du sport et pas n’importe lequel, le ski de fond et la trans-jurassienne. Comme pour les précédents, les personnages sont haut en couleur, les paysages et atmosphères extrêmement bien décrites. L’intrigue est intéressante. Je l’ai lu en deux soirées, sans m’ennuyer un seul instant.

Dany : J’aime aussi l’épicurisme de Morteau, sa façon d’être et comme toi j’avais aimé Merde à Vauban (la faute à Léo si je l’ai lu celui-là). De plus comme je connais bien Lamoura l’hiver, tout comme notre Cheffe Geneviève d’ailleurs, j’ai retrouvé le cocon de ce microcosme. Les personnages secondaires sont bien à la hauteur de Morteau.

Didier : Oui Morteau l’épicurien, patient, réfléchi, associé à Monceau, fougueux et impétueux. J’aime beaucoup l’association des deux.

Dany : On découvre aussi la relation particulière qui l’unit à son père, bien fouillée et originale.

Didier : Oui je trouve dans cet opus que Sébastien s’est un peu plus penché sur la vie personnelle de Morteau. Ça donne un côté intimiste à ce roman.

Dany : avec une belle romance en bonus …

Didier : Ah oui, ça c’est super, Morteau amoureux, c’est chou.
J’aime bien les échanges qu’il a à ce sujet avec Flocon. Moment tendresse.

Sébastien : 😍 / Dany : 👍

VEN 19:29

👍Bonsoir
Pour ma part j’ai aimé ce roman.
Comme vous j’apprécie le personnage de Morteau.
En dehors de l’intrigue, on a des personnages à visage humain. On a envie de les rencontrer et de papoter avec eux.

SAM 10:31

Dany : Est-ce que vous pensez que le lieu est incontournable ? Que l’action ne pourrait pas se passer ailleurs ?

Sébastien : 👍

SAM 15:09

Didier : Le lieu n’est peut être pas incontournable mais il est bien choisi. Le ski de fond, la trans-jurassienne, une région méconnue sauf pour ses records de froid. Sébastien nous fait découvrir un endroit et un milieu méconnus.

Dany : Je trouve qu’il contribue à une ambiance, une certaine forme de « huis clos » en pleine nature, en étouffant les sons notamment … hors du temps et des bruits de la ville … à part quoi ! une autre dimension

Didier : Sébastien a une chouette plume pour décrire les atmosphères, on peut entendre la neige crisser sous les pas, on sent le froid qui pique, ce silence ouaté si particulier aux étendues enneigées.

Dany : Tout à fait et à part un trek dans la vallée de la mort je ne vois pas où l’on pourrait transposer ...

SAM 18:16

Didier : Monceau aurait moins froid.

Miss Aline : Que pensez-vous de l’intrigue en elle même ?
L’auriez vous construite différemment ?

Didier : L’intrigue appartient à Sébastien. Si j’avais eu l’idée de cette histoire j’aurais peut être fait la même chose ou différemment je ne sais pas. Telle qu’elle est construite je l’ai appréciée en tant que lecteur. J’ai assez vite deviné qui était le tueur et ses raisons mais ça n’a gêné en rien le reste de la lecture. J’étais intrigué de la façon dont Morteau et Monceau allaient la résoudre.

Miss Aline : Morteau me fait penser à Poirot : réfléchir, reconstituer le puzzle, étudier les personnalités..

Didier : C’est vrai qu’il y a des points communs.
Il fait marcher ses petites cellules grises.

Miss Aline : Et l’air de rien il avance dans son enquête. 
En plus de l’intrigue. On est entraîné par ce binômes d’enquêteurs. On veut en savoir plus sur eux.

Didier : Oui et ça marche bien, l’ancien patient, épicurien, un peu bougon, sage et le jeune cheval fou qu’il laisse partir au galop pour mieux le remettre au trot quand il faut. Ce binôme fonctionne parfaitement bien

Miss Aline : C’était mon premier roman de Sébastien. Je n’est pas été déçue. Bien au contraire. J’ai aimé l’intrigue et les personnages.

Didier : C’est mon troisième roman de Sébastien et c’était encore un vrai plaisir.

SAM 23:27

Dany : Les amis pour ce soir on arrête… une dernière petite confrontation demain et on se quittera au moins un petit moment. Bonne nuit. Merci de votre patience et de votre participation.

08:47

Dany : Bonjour les amis, comme prévu nous allons demander à Sébastien ce qu’il pense de nos ressentis …

Miss Aline : Bonjour à tous

Didier : Bonjour à tous, en direct de La Saussaye.

Dany : On est très fort à Collectif Polar … on a des envoyés spéciaux partout 😉

Miss Aline : Quelles nouvelles depuis Saussaye ?

Sébastien : Bonjour à tous. Je vous trouve très forts. Vous avez souligné de nombreux aspects de mes romans. Et j’avoue avoir rougi par moments en vous lisant.
Peut-être pourrais-je éclairer une des caractéristiques évoquées concernant les intrigues. Il y aura du sang sur la neige, comme ses grands frères Merde à Vauban et L’Origine du crime, est un whodunit (contraction de who have done it ?). Cela signifie que je m’engage à présenter tous les éléments de l’enquête au lecteur qui possède exactement les mêmes indices que le commissaire Morteau vers environ la moitié du livre. Dans un whodunit, l’auteur s’engage en quelque sorte à ne pas sortir de sa manche un élément caché à la dernière minute qui permet de comprendre toute l’intrigue. La lecture du roman est alors une course de vitesse où le lecteur tente de résoudre l’enquête avant le commissaire…
La grande spécialiste du genre, et peut-être son inventrice, était Agatha Christie, d’où peut-être la comparaison flatteuse que vous avez faite entre Morteau et Poirot.
Quant au style de narration, l’importance des lieux dans l’histoire ou encore la profondeur des personnages, même si je vénère l’immense Agatha dont j’ai lu plusieurs fois les 82 polars, je ressens une plus grande proximité avec le commissaire Laviolette de Pierre Magnan. Peut-être parce qu’il est très français, et très terrien, comme Bruno Morteau.

Dany : C’est très intéressant ce que tu nous dis là Sébastien. J’ignorais que « whodunit » était à ce point codifié, mais je sais qu’en tant que lectrice, j’apprécie particulièrement ces passages où il est fait « le résumé des chapitres précédents » et quand on ne nous présente pas un vilain petit canard inconnu auparavant pour boucler le dénouement …

Miss Aline : Je ne connaissais pas ce terme «  whodunit ».

11:24

Didier : Je ne connaissais pas ce terme non plus.
La Saussaye, temps couvert, 82 auteurs. Belle fréquentation.
Je me suis régalé avec Il y aura du sang sur la neige Sébastien, comme pour les deux premiers. La cerise sur le gâteau est le coup de cœur de Morteau. Très bon ça.

Dany : Bon du côté des flingueuses on peut dire qu’on adoube les deux thrillers n’est-ce pas Aline ?

Collectif Polar confirme que la neige peut faire bon ménage avec le feu (d’Artifice 😂😂)
Pour ma part j’ai bien envie de faire la connaissance des origines de Le Guenn pour l’un et du crime pour l’autre.
Merci à vous deux les auteurs, d’avoir joué le jeu et d’avoir accepté cette interview d’un autre type !


Miss Aline : Je suis tout à fait d’accord avec toi Danièle.

Didier : Merci à vous. Notre garde à vue est levée alors? 😂

Dany : On n’était pas en garde à vue … c’est une autre étape de votre martyre … une autre fois si tu en veux Didier !!!

Miss Aline : Merci à vous deux Sébastien et Didier pour cet échange.
Je ferais également plus ample connaissance avec vos autres titres.

Didier : C’était une audition libre alors. Merci à vous les flingueuses, merci Sébastien. Une bonne journée à vous tous.

Miss Aline : Au plaisir de vous rencontrer sur un salon ou autre. 
Merci à tous et bonne journée.

Dany : Merci Didier,  bonne dédicaces
Merci Sébastien,  bonne journée 
J’espère à bientôt !

 

Geneviève : Top tout ça messieurs dames.
Merci à nos deux auteurs.
Et parfait comme d’habitude    les super Flingueuses.

Miss Aline : Merci Genevieve 😊

Dany : Merci Cheffe

DIM 20:02

Sébastien : Merci à vous tous. L’échange fut fort agréable. C’est un peu comme un dessert ou comme Morteau devant une bouteille de vin jaune : on en reprendrait bien encore un peu.
Au plaisir. 😘

Geneviève : Attention on pourrait venir vous convoquer Messieurs.

😉

Mais pour l’heure fin de cette très belle autoptsie en Huit Clos.

Bravo encore à tous les 4.

 

Retrouvez les chronique jubilatoire de Danièle sur ses deux romans.

Ici Il y aura du sang sur la neige de Sébastien Lepetit

LA TRANSJURASSIENNE. Célèbre rendez-vous du ski de fond français. Tous les ans, plus de 3 500 skieurs se retrouvent sur les pistes du Haut-Jura pour braver le froid glacial, le vent et la fatigue, autour du même objectif : donner le meilleur de soi et franchir la ligne d’arrivée ! Le commissaire Morteau connaît bien cette compétition dont il suit chaque édition. Mais cette fois, l’événement lui réserve des surprises… Depuis quelque temps, l’organisation de la course reçoit des menaces de mort très sérieuses. Morteau, accompagné de son jeune collègue, Fabien Monceau, est appelé à se rendre sur place pour évaluer les risques. Mais lorsqu’un homme est retrouvé assassiné de plusieurs balles dans la tête en pleine montagne, la situation devient plus complexe que prévu. Jalousie personnelle, rivalité sportive ou jeu pervers ? Cette année, la neige pourrait bien prendre la couleur du sang…

Artifices de Didier Fossey

La nouvelle enquête du commandant Le Guenn au 36 quai des Orfèvres ! Avril 2013 – Hôpital psychiatrique de Cadillac.
Après trois années d’internement, un tueur en série est autorisé à quitter sa cellule, sous haute surveillance, pour des sorties régulières dans le parc…2 ans plus tard…Forêt de Rambouillet. Un corps est retrouvé ligoté à un arbre, sauvagement mutilé par des feux d’artifice. La violence du crime est sans précédent. L’enquête est confiée à Boris Le Guenn, commandant au 36 quai des Orfèvres. Une experte en explosifs vient l’épauler dans cette affaire. Tandis que d’autres meurtres se succèdent sur le même mode opératoire, un inconnu s’introduit au domicile du commandant Le Guenn et se met à le harceler par téléphone. Il semble en savoir long sur lui…Qui peut bien lui en vouloir ? Et si le passé de chacun était un premier indice… ?

Assignée à résidence : L’interview bracelet électronique 7, Armelle Carbonnel


Assignée à résidence : L’interview bracelet électronique 7, Armelle Carbonnel

Nouvelle innovation au collectif Polar : l’interview « bracelet électronique ».

Mais maintenant vous connaissez, non ?

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le septième auteur, pardon la septième autrice ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Armelle Carbonnel

Dimanche 8h46

Miss Aline : Bonjour Armelle, Danièle, Geneviève. 
L’assignation à résidence avec bracelet électronique d’Armelle commence ici et maintenant. 
Armelle, commençons en douceur et présentez vous à nos lecteurs ?

Dany : Bonjour Armelle, Bonjour Cheffe, Bonjour Aline

Armelle et Miss Aline😍

 

Dimanche 11:09

Geneviève  : Bonjour les Flingueuses, bonjour Armelle, Danièle, Aline
 Soyez bienveillante avec ma copine Armelle, hein ? Même si je sais qu’il vous faut être intraitable et digne du gang des flingueuses, hein les filles ? 😉 😛

Armelle : 😍

Geneviève : Allez je vous laisse mener cette audition

Armelle : Bonjour mes chères tortionnaires !

Geneviève : Armelle, si tu as besoin d’un avocat, je suis là !

Aline, Armelle 😆 😮

Armelle : Qui suis-je ? Une faiseuse d’histoires ayant commis 3 forfaits littéraires : Criminal Loft, Majestic Murder et Sinestra.
Mais je sévis depuis bien plus longtemps puisque j’ai commencé à commettre « l’acte d’écrire » à l’âge de 8 ans 😉

Geneviève : 😮

Dany : Peux-tu nous en dire plus … De quelle région es-tu originaire ?
Quels sont les livres qui ont peuplé ton enfance … ou pas ?
Tu dis écrire depuis l’âge de 8 ans … tu as commencé par écrire des histoires, des poèmes … autre chose ?

Armelle : Je suis née à Paris et j’ai grandis à Saint -Germain-en-Laye, ville que j’ai quittée il y a seulement six mois pour m’installer en Gironde. Quand j’étais enfant, il n’y avait pas de livres à la maison, mais un héritage des mots bien présent paradoxalement. Ma grand-mère écrivait, ma mère aussi et mon arrière grand-père était journaliste. Mais j’ai eu la chance de découvrir l’univers de Stephen King à l’âge de 10 ans avec Carrie. Livre qu’on m’avait interdit de lire ! Alors forcément, je me suis précipitée l’acheter avec mes 10 francs d’argent de poche ! Et quelle chance, j’ai adoré l’angoisse ressentie. Depuis, cette émotion est devenue une addiction quand j’écris !
J’ai commencé par des poèmes (Le premier s’intitulait « réincarnation ») puis mon premier « roman » à 12 ans qui s’appelait… Étrange demeure !

Dany : Alors voilà que tu nous livres une première clef de lecture de tes romans … on comprend d’où vient ton inspiration et ton goût pour l’horreur … 
Est-ce que tu allais dans les bibliothèques ?

Armelle : Dans le cadre scolaire uniquement. Mais je me suis rattrapée depuis en travaillant en bibliothèque en tant qu’agent du patrimoine à l’âge de 24 ans !

Dany : Une collègue de notre Cheffe donc !!!!
A part l’horreur, un style attirait plus particulièrement la jeune lectrice que tu étais ?

Armelle : Les pièces de théâtre m’attiraient étant plus jeune car je suivais des cours et pour être honnête, j’étais une piètre comédienne !!! Celle qui m’a le plus marquée : Huis clos  de Jean-Paul Sartre, et ça n’a rien d’une blague !

Dany : Deuxième clef de lecture donc …
Quel est le livre (classique ou non) que tu aurais aimé écrire ?

Armelle : L’ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon.

Geneviève : 👍

Dany : Tu peux nous dire pourquoi ? Je ne connais pas …

Armelle : On baigne dans les livres, leur poussière, leurs révélations. Il s’agit du premier volet d’une trilogie, celle d’un « cimetière des livres oubliés ». Une sourde atmosphère m’a conquise, mais ce livre est empli d’amour et la plume de l’auteur est exquise, divine. J’en aurais pleuré ! (D’ailleurs, je crois bien l’avoir fait !)

Dany : Tu as donc comme tu le dis « commis » 3 romans mais, y en a-t-il un, un petit manuscrit plus ancien, qui dormirait dans un tiroir et dont tu te dis … un jour peut-être …

Armelle : Oui, il y en a deux… mais ils ne me correspondent plus en l’état… L’histoire serait une base mais je me sentirais le besoin de la réécrire totalement en changeant mon point de vue et en l’agrémentant d’une atmosphère que j’affectionne particulièrement.

Dany : les lieux où tu situes tes intrigues ont une grande importance …
1 – pourquoi à l’étranger ?

Armelle : Oui, ils sont souvent à la base de mon inspiration.
1 – parce que ces lieux qui m’attirent se situent à l’étranger ! Je pourrais les déplacer, mais bien souvent, leur pays « d’appartenance «  sert l’histoire.

Dany : 2 – bien glauques … un ingrédient indispensable ? la glauquitude …

Armelle : 🤣 Personnellement, je ne les trouve pas glauques ! Ce sont des lieux chargés d’histoire mais leur architecture est sublime à mon sens. C’est plutôt cette aura qu’ils dégagent qui m’attire !

Dany : Tu dis pour Sinestra que le lieu existe, tu y a même séjourné me semble-t-il, est-ce que les lieux de tes autres romans existent aussi ?

Armelle : Tous les lieux qui servent de décor (voire plus !) existent. En revanche, je ne suis allée dans aucun d’entre eux même si j’aurais aimé les découvrir plutôt que les imaginer. Je travaille sur photos, archives, articles, que j’épingle face à mon ordinateur, ainsi, je m’y transporte par la pensée et m’y déplace de la même manière.

Dany : Parlons un peu de tes personnages … premier constat : avec ce que tu leur faire endurer, il est peu probable qu’ils puissent servir pour un tome 2 … as-tu été tentée de créer un personnage récurrent ?

Armelle : 🤣 Je ne fais que retranscrire leur histoire, loin de moi l’idée de les faire souffrir ! C’est encore plus vrai avec Sinestra, une expérience d’écriture inoubliable… je me sentais impuissante face au sort qui les attendait. Étrange, non ? Pour le moment, j’aime cette idée de voyager d’un pays à un autre, d’une époque à l’autre, de traiter des sujets très différents, donc difficile d’inscrire un personnage récurrent avec de tels besoins. Il faudrait qu’il soit immortel, globe-trotter et ouvert d’esprit ! (Rire)

Dany : Comment construis-tu tes romans : d’abord une intrigue puis tu créés les personnages qui vont avec ou l’inverse …

Armelle : Le sujet que je souhaite aborder est la première étape. Ensuite vient le lieu (mais l’inverse est vrai avec Sinestra notamment). Les personnages arrivent en quatrième position, car, oui, il m’est impossible de commencer un livre sans avoir trouvé le titre qui, dans mon cas, sera le fil conducteur, l’identité du roman.

Dany : et lorsque tu commences, tu connais la fin de ton intrigue ? Tu as besoin d’un plan à côté de tes photos ?

Armelle : En général, j’ignore la fin et même le chemin pour y parvenir (excepté pour Majestic Murder qui nécessitait de marcher sur une corde raide au risque de voir l’intrigue s’écrouler). Je ne fais pas de plan non plus. J’aime me lever le matin et me dire « que va-t-il se passer aujourd’hui ? ». Je suis en somme ma première lectrice car je découvre le déroulement de l’histoire au fur et à mesure et c’est grisant !

Dany : il y a cependant risque de se perdre … Tu démarres donc avec un titre et …

Armelle : …et une intention.

Dany : puis tu te lances …

Armelle : Pour Criminal Loft, pousser les dérives de la télé-réalité à son paroxysme (l’enjeu de la vie). Pour Majestic Murder, mettre de la beauté dans l’horreur. Pour Sinestra, je voulais un livre où les sens seraient exacerbés, dans lequel on pourrait sentir le parfum des fleurs, entendre l’orage, « sentir le lieu » et surtout, je voulais y mettre de l’amour. À l’écriture, je l’ai ressenti. À la lecture, je ne suis pas juge…
Et je me lance ! (Après quelques recherches sur le lieu et le thème malgré tout).

Dany : Armelle je te remercie pour cette première salve de confidences, je vais te laisser pour le moment. Aline prendra le relais pour te faire avouer d’autres choses sur ton métier d’auteure … A bientôt !

Armelle : 😍

Armelle : Merci Danièle !!! À très vite !

Dany : 👍

 

LUNDI 08:07

Miss Aline : Bonjour Armelle, Danièle, Geneviève.
Quels sont vos rituels d’écriture : lieu, musique, nombre de mots par séance etc ?

Armelle : Bonjour mesdames !
J’écris souvent sur papier, ce qui me permet de travailler n’importe où (avec une prédilection pour les cafés) puis seulement je m’enferme dans mon bureau, face à l’ordi, afin de peaufiner le texte manuscrit. J’écris toujours en musique, essentiellement sur des titres classiques ! En revanche, je ne m’impose aucun contrainte de mots car le temps de travail varie selon mes obligations.

Miss Aline : vous écrivez l’histoire au fur et à mesure donc au fil de vos états d’âme du jour. Ce peut -il que le lendemain vous vous dites  » ah non je n’aurai pas du lui faire subir ça  » et de changer votre déroulement ?

Armelle : Ça pourrait tout à fait, mais jusqu’à présent je n’y ai pas été confrontée.

Miss Aline : je viens de terminer Sinestra. Vous verriez vous écrire autre chose que du polar noir ?

Armelle : J’y songe parfois, mais je ne parviens pas à franchir le pas. Il me faut ma dose d’angoisse et de tension ! Je ne sais pas quel serait l’accueil en littérature blanche et parfois j’ai du mal à trouver ma place dans la littérature noire. Cruel dilemme ! (Sourire)

Miss Aline : Pensez-vous que le livre, en tant qu’objet, a encore de l’avenir dans une société où tout va de plus en plus vite ?

Armelle : Assurément. On remarque d’ailleurs que les lecteurs privilégiant les liseuses continuent à acheter des livres « papier ». On s’attache facilement à l’odeur d’imprimerie, au son des pages que l’on tourne et quoi de plus beau qu’une bibliothèque ? Les livres ont encore de beaux jours devant eux, selon moi. Les autres supports ou divertissements sont des compléments qui n’excluent en rien « l’objet livre ».

Miss Aline : Parmi tous ces livres lequel n’auriez vous JAMAIS voulu écrire ? Et pourquoi ?

Armelle : Je vous le dirai le jour où je l’aurai lu…

Geneviève : 😆 Miss Aline👍

Miss Aline : Une écriture à quatre mains ça vous tenterez ?

Armelle : Absolument ! J’avais d’ailleurs un projet – avec un auteur dont je ne peux citer le nom -mais les contraintes respectives ont repoussé ce projet. Un jour, peut-être ? En tout cas, ce doit être une expérience enrichissante et grisante !

Miss Aline : À choisir, vous seriez plutôt un mauvais flic ou un bon criminel ?

Armelle : Les deux ! Bon criminel dans la fiction et mauvais flic dans la réalité !

LUNDI 12:18

Armelle : En même temps, un bon criminel est un non sens 😉

Dany : C’est peut-être celui qui commet le crime parfait … et non dans le sens de gentil ! Le crime parfait existe-t-il ? Vaste question !

Armelle 👍

Dany : Armelle,  qui est ton premier lecteur / ta première lectrice ?

Armelle : Après moi ? (Sourire)… ma directrice littéraire, le plus souvent.

Dany : Tu parles de ta place dans la littérature noire, pourtant il me semble que tu as été bien accueillie chez tes collègues polardeux.

Armelle : Tout à fait ! La famille « polar » est chaleureuse ! Trouver sa place ne vient pas forcément des autres mais aussi du regard que l’on porte sur soi 😉

Dany : Et comment sont tes rapports avec tes lecteurs ? Tu es une grande timide ...

Armelle : Là encore, j’ai la chance de rencontrer des lecteurs chaleureux et les échanges sont souvent très enrichissants. Je suis d’une nature timide et réservée, c’est vrai, mais je perds rapidement ces aspects là quand je me sens en confiance.

Dany : comment réagis-tu face à une remarque qui te contrarie ? Est-ce que tu tiens (toujours) compte des observations ?

Armelle : C’est arrivé une fois, récemment d’ailleurs ! Je respecte tous les avis, tant qu’ils sont eux-mêmes présentés avec respect. Certaines remarques sont pertinentes et dans ce cas, je les prends en compte, bien évidemment ! C’est ainsi qu’on avance. D’autres sont plus subjectives, et là, je dirais qu’il serait vain d’espérer plaire à tout le monde 😊

Geneviève : 👍

Dany : Il y a longtemps que tu fréquentes les salons ?

Armelle : Avant de publier, je me rendais chaque année au salon de Saint-Maur en Poche. Mon attachement particulier à cet événement relève de quelques belles anecdotes qui lui sont associées.

Geneviève : Oui c’est d’ailleurs là que nous nous sommes rencontrées pour la première fois alors que tu n’étais qu’une simple lectrice. Avant que tu n’écrive Criminal Loft

Dany : tu faisais la queue pour qui ?

Armelle : Paul Cleave, Valentin Musso, Karine Giebel et tant d’autres que je ne pourrais pas les citer tous !

Dany : Tu ne veux vexer personne 😉

Armelle : 😆

Dany : Est-ce que la quête d’un éditeur a été longue ?

Armelle : Un vrai parcours du combattant ! Et quelques péripéties ont suivi ensuite ! J’avais d’ailleurs fait une croix sur l’édition à compte d’éditeur quand les portes se sont ouvertes. Le destin est farceur 😉 Mais ce que je retiens de ce parcours, c’est que rien n’est jamais acquis et qu’il faut sans cesse travailler et se remettre en question.

Dany : Entre le point final sur ton manuscrit et l’installation en rayon, il s’est passé combien de temps ?

Armelle : Si on ajoute la phase de corrections, 4 mois s’écoulent en général entre le point final et la mise en rayon.

Dany : Mais ça veut dire que tu as négocié avec la maison d’éditions avant ça …
Combien de temps pour en trouver une qui accepte ton projet ?

Armelle : En fait, je publiais en auto-édition quand trois éditeurs successifs se sont intéressés à Criminal Loft. La directrice littéraire du premier a changé de poste quelques semaines après nos négociations. Et le projet est tombé à l’eau. Ensuite, une autre maison s’est manifestée mais elle a mis la clef sous la porte trois mois avant la parution du livre… C’est là que le troisième éditeur (Fleur Sauvage, à l’époque), m’a contactée. Ce sont les aléas du métier… 😉

Dany : Pas de chance, ce milieu est terrible !

Armelle : D’où l’expression « parcours du combattant »!

Dany : Je comprends.

Armelle : Si, la chance est qu’à chaque étape, il y avait une plus-value.
J’ai eu la chance d’obtenir une préface de Laurent Scalese au troisième éditeur ! Et j’ai retravaillé le texte à chaque fois, et ça, c’est un plus !

Dany : Quelle est la durée de conception d’un roman, documentation, relecture, corrections comprises ?

Armelle : Pour ma part, entre 14 et 18 mois. Pas toujours évident quand on travaille à plein temps à côté…Mais l’idéal selon moi serait 24 mois.

Miss Aline : Y a t il des phases creuses : manque d’inspiration, protagoniste dont on ne sait pas quoi faire ? 

Armelle : Oui, Aline, ça arrive ! La fatigue nuit à la créativité et il y a des jours avec… et des jours sans ! Parfois, certains personnages finissent même dans un tiroir !

Miss Aline : 😮

Armelle : J’aime prendre le temps, savourer chaque étape. Ensuite, la durée d’écriture peut varier selon le thème et l’ampleur des recherches .

Dany : D’autant que tu as gardé une activité professionnelle à plein temps ! 
De nos jours, est-il plus dur de se faire un nom en province qu’à Paris ?

Armelle : Je ne suis provinciale que depuis 6 mois, donc je n’ai pas de réponse à apporter. Vivre en région parisienne pendant 42 ans n’a, selon moi, rien facilité puisque la plupart des échanges se font à présent par mail, téléphone…

Dany : Mais ta présence sur les salons est plus chronophage en raison des déplacements

Armelle : L’essentiel est d’être présent pour ses lecteurs et par chance, les salons fleurissent dans toute la France.

Miss Aline : Les salons sont-ils indispensables pour les auteurs d’aujourd’hui ?

Dany : On reviendra sur cette question demain …
Merci Armelle pour le temps que tu nous as consacré aujourd’hui. On revient vers toi demain. Bonne soirée … le bracelet ne gratte pas trop ?

Armelle : D’accord Danièle ! Il est vrai que ma chef me regarde un peu de travers depuis ce matin 🤣 Mais quel plaisir d’être enchaînée à vous ! 😂

Dany : plaisir partagé Armelle… Travaille bien !
On peut te faire un mot d’excuse …

Armelle : Travaillant dans l’armée, je vais finir au mitard à force 🤣

Dany : Tu pourras toujours le transformer en bibliothèque !

Armelle : 😆

Dany : Allez ! Sérieuses les filles ! On laisse notre prévenue au calme !

Armelle : Je dors un peu et je serai en pleine forme pour l’interrogatoire de demain ! (Euh, si ma chef m’entendait… 😉).

LUNDI  20:00

Geneviève ; Tout le monde au repos. Demain sera un autre jour !

Dany et  Miss Aline :👍

 

MARDI 08:41

Dany : Coucou les filles !
Je suis de passage en pointillé mais je suis …

Miss Aline : Bonjour. Pointillé pour moi aussi. Serais là en pause dej (mais je ne sais pas à quelle heure) ensuite  ce soir. 
Journée tranquille pour notre assignée à résidence !

Dany : Oui Armelle va pouvoir se remettre au travail …

Armelle : Bonjour mesdames ! Demain je serai en réunion de 9h à 16h mais je rejoindrai aussi vite que je le peux ma résidence !!😊

Dany : 👍

 

Miss Aline : Ça m’arrange cette indisponibilité.

Geneviève : OK, on se retrouve demain soir avec notre assignée !

 

MERCREDI 17:32

Miss Aline : Bonsoir tout le monde,

Dany : Bonsoir Aline. Bonsoir Armelle. Coucou à la Cheffe !

Miss Aline : Nous sommes resté hier sur la question des salons : sont-ils indispensables pour les auteurs d’aujourd’hui ?

Geneviève : Hello les Flingueuses

Armelle : Bonsoir à toutes !
Je pense qu’il est important pour les auteurs de rencontrer leurs lecteurs et vice versa. La présence en salon facilite l’échange, a fortiori quand on est un jeune auteur.

Miss Aline : Salon, réseaux sociaux … plus facile aujourd’hui de se faire une place, du moins se montrer?

Armelle : Les réseaux sociaux sont devenus de vrais supports de communication, dans tous les domaines et à tous les niveaux, c’est vrai.
Ça désacralise un peu le métier d’auteur car le contact en est facilité.

Dany : mais les réseaux sociaux …avec leurs limites et leurs débordements …

Miss Aline : 👍

Dany : ce que l’on oserait pas te dire en face, on l’étale sans argumentation

Armelle : Ah ça, c’est certain ! Il y a du bon et du moins bon en toute chose ! Les réseaux sociaux n’y échappent pas.

Dany : tu penses écrire un jour sur ce sujet ?

Armelle : Se cacher derrière un écran manque un tantinet d’exotisme à mon goût ! Ce sujet a déjà été traité me semble-t-il et personnellement, je pense que je l’exploiterais mal.

Miss Aline : On ne fait plus qu’entrer dans une histoire , on veut faire entrer l’auteur chez soi , le rendre accessible : on lui a parlé , on le connaît !
Hormis la dédicace qu’attendent de vous vos lecteurs sur un salon ? Y a t il des questions récurrentes ?

Armelle : Quand il a lu le livre, le lecteur en profite pour donner son ressenti et l’échange se fait naturellement autour du lieu, la plupart du temps !

Miss Aline : Quelle expérience seriez vous prête a faire dans le cadre de recherches pour un roman ? Assister a une autopsie ?😱

Dany : Aline … tu as achevé notre auteure …

Armelle : Désolée, je suis en famille…
Assister à une autopsie, oui, en cas d’extrême nécessité… 😳
Le plus sympa serait quand même de se rendre de nuit dans un lieu présumé hanté ! 😉

Miss Aline : Entre deux maux choisissons le moins…On vous laisse profiter de votre famille Armelle. 
Bonne soirée. À demain !

JEUDI 06:02

Armelle : Entre deux maux, choisissons le moins … réaliste !
Bonjour mesdames !

Miss Aline : Bonjour Armelle

Armelle : Bonjour Aline

Miss Aline : Parenthèse j’avais beaucoup aimé également l’ombre du vent.

Armelle : 👍

Miss Aline : Êtes vous une grande lectrice même en période d’écriture ?

Armelle : En période d’écriture, je lis essentiellement des livres à caractère documentaire. Je ne parviens pas à me concentrer sur un roman et à mon détacher de mon histoire.

Miss Aline : Lorsque vous lisez un roman ça vous distrait, ça vous nourrit pour écrire ?

Armelle : Ça m’évade ! Je me laisse porter par la volonté de l’auteur. C’est un peu comme entreprendre un voyage !

Miss Aline : Pour écrire il faut du talent ? Du culot ? C’est, Avoir des choses à dire ? Du travail ?

Armelle : Selon moi, il faut avant tout avoir l’envie, une bonne dose de travail agrémentée de persévérance. Des choses à dire aussi, ou à faire ressentir.

JEUDI 08:49

Dany : Bonjour les filles
En plus de distraire, Est-ce que tu penses que l’auteur a une obligation sociale de passer des messages ?

Armelle : Bonjour Danièle ! Pas d’obligation selon ma conception de l’écriture. Il est aussi libre d’écrire pour le plaisir de ressentir et provoquer des émotions sans pour autant « devoir » passer des messages. Quand on regarde bien, il y a toujours un message, qu’il soit conscient ou inconscient.

Dany : Certes, cependant y a-t-il des « causes » qui te tiennent à cœur tout particulièrement pour lesquelles tu serais prête à t’engager ?

Armelle : Ah ça, en revanche, oui ! Pas forcément à travers l’écriture d’ailleurs. Tout ce qui a trait aux enfants défavorisés me touche.

Dany : Merci Armelle. Je pense en avoir terminé avec mes questions … pour le moment en tous cas.
On reprendra de vive voix très bientôt ! 😉

Armelle : 😍

Miss Aline : Pour moi aussi c’est complet. Merci beaucoup Armelle pour votre participation et le temps que vous nous avez accordé.

Geneviève : Et bien les filles vous avez été bavardes. Et j’avoue que j’ai pris du plaisir à vous écouter.

Dany : Nous te rendons la prévenue Cheffe !
« prévenue », « assignée » … je ne sais plus !

Armelle : 😆

Armelle : Ce fut un vrai plaisir de coopérer ! Merci Danièle, Aline et à la cheffe !!!!

Geneviève : Merci les flingueuses comme d’hab vous avez été parfaite.
Merci Armelle d’avoir porté ce bracelet durant ces 5 jours.
Enfin je te l’enlève, te voilà libre.

Armelle : Geneviève, j’ai très bien vécu cette expérience inédite ! Je peux garder le bracelet en souvenir ?😉

 Merci les flingueuses

Dany : Il y aura tout de même un contrôle le bonne conduite le 11 mai !

Armelle : 😆

Miss Aline : Merci à vous Armelle.

Dany : Bonne journée à toutes !

Armelle : Merci, excellente journée également !

Geneviève : Le bracelet est à toi, il est trop petit pour moi Armelle.
Belle journée mesdames.
Et au plaisir d’une nouvelle rencontre.

Et moi je garde le souvenir d’un bel Apéro Polar que tu avais du déjà subir en juin de l’année dernière

😉

——————- Jeudi 9h22, fin de l’Itw bracelet———

Papote d’auteur : Mamie Danièle était avec Cédric Blondelot


Il y a deux jours Mamie Danièle nopus parler du premier roman de Cédric Blondelot.

Tolbiac Juillet : la fenêtre de Dieu

Aujourd’hui elle nous propose son interview.


Papote d’auteur : Mamie Danièle était avec Cédric Blondelot

Dany : Bonjour Cédric, ou peut-être faut-il t’appeler Tobiac Juillet ? 

Cédric : Bonjour, vous pouvez m’appeler Cédric, ça me va.

Tolbiac je l’aime bien, on peut même dire que nous sommes plutôt potes, mais il n’existe en général que lorsque l’écran s’allume. Étant scénariste par ailleurs, j’ai eu l’occasion de développer de nombreux personnages très différents ; de la femme flic, au chef d’entreprise devenu décroissant en passant par un génie de 13 ans qui ne sait toujours pas faire ses lacets… Il y a certes un peu de moi en chacun d’eux, mais mon apport est finalement minoritaire. Chaque personnage est une boule à facettes, il y a  potentiellement un peu de chaque personne croisée. En revanche ce qui compte, c’est le long et fastidieux travail de caractérisation du personnage : qui est-il ? Son parcours, dans quel terreau a-t-il poussé, s’il  préfère manger ses frites avec les doigts ou à la fourchette, comme réagit-il devant un pervers en imperméable, ou si sa voisine lui demande de garder son boa constricteur ? Il faut le soumettre aux situations dérangeantes pour en mesurer la résistance, la sensibilité, l’aplomb, fouiller son cœur et son âme. 

Dany : Peux-tu te présenter rapidement, sachant que le blog a publié récemment une chronique sur ton premier roman ?  

Cédric : Au lycée, le français, la philo, ne me parlait pas. Ce sont les chiffres que j’aimais. Comprendre, établir un résonnement, démontrer, résoudre. J’ai gravi les échelons, sans pour autant être un génie des mathématiques, mais j’ai travaillé. Je viens d’une famille modeste, mes parents étaient ouvriers. Ils avaient beaucoup de cœur, mais pour ce qui était de résoudre une équation j’ai dû me débrouiller seul. Je n’avais pas non plus de projet professionnel précis, j’ai obtenu un DEA de chimie de l’atmosphère et physique de l’environnement. Ensuite il y a eu des jobs dans le contrôle et l’analyse et je suis resté quelques années dans un grand laboratoire en tant qu’ingénieur en pollution atmosphérique. Bref l’environnement continue de me passionner, mais à un moment j’ai dû faire un choix. Car depuis un petit moment déjà j’écrivais des scénarios dans mon coin. J’ai toujours aimé le cinéma, et très vite il y a eu un réel intérêt pour le scénario, son architecture et l’art du dialogue. Je me suis formé seul pour l’essentiel. Le côté autodidacte c’est assez naturel dans la famille. Mon père travaillait divinement le bois alors qu’il n’avait jamais fait de formation d’ébéniste. Alors j’ai bossé : j’ai beaucoup lu sur la dramaturgie et des scripts aussi, puis via des rencontres avec des scénaristes professionnels.Voilà comment dans ma trentième année, j’ai quitté le laboratoire. Et là encore, pas de conte de fées, juste beaucoup de boulot, de la patience et une certaine endurance… Il y a eu depuis beaucoup de rencontres avec des producteurs et des co-auteurs, pour des projets TV, ciné, un peu tous les formats avec plus ou moins de réussite, mais qui ont contribué à me faire progresser.

Dany : Parlons de Tolbiac … Combien de temps le personnage est-il resté en « projet » ? Est-ce qu’il existait en dehors de cette aventure du tome 1 ? ou veux-tu avant tout faire vivre ton personnage ? 

Cédric : Tolbiac était un projet de série TV à la base. Mais il faut savoir que dans le métier de scénariste les retournements sont brutaux. Tout peut s’arrêter du jour au lendemain selon l’humeur du producteur, la tendance, un conseiller de programme… Cela a été le cas, on a lâché Tolbiac et je me suis retrouvé avec ce personnage de magicien pickpocket sur les bras.Alors j’ai continué de le développer, essentiellement pour moi au début, en apportant une touche plus littéraire à l’écrit, ce qui me manquait dans le scenario. Et j’ai aimé ça.

Dany : Quand tu te mets à écrire, as-tu une idée précise de l’intrigue et le personnage s’y colle en fonction des circonstances ?

Cédric : Concernant l’intrigue, je travaille rigoureusement l’arche narrative peut-être parce que je viens des sciences. Je la traite comme une équation. On ne peut passer d’un paragraphe à un autre sans que ce soit irréprochable dans la mécanique. Avec une base solide et une direction précise, il reste d’autant plus de places entre les lignes pour toute la fantaisie et la part d’imprévu.

Car oui, même si l’intrigue est bétonnée, il ne faut pas oublier une chose, et même l’accepter avec plaisir quitte à changer son fusil d’épaule en cours de route si nécessaire… Un personnage fort peut vous entraîner où il veut. Ce n’est pas moi qui en suis l’auteur, c’est un Anglais assez peu connu du grand public . Un certain Hitchcock il me semble, qui dans sa correspondance avec Truffaut évoquait le travaille du personnage et la possibilité que celui-ci lui échappe.

Dany : Merci Cédric, alors passons au tome 2… peux-tu en dire un peu plus que la 4ème de couverture ?

Cédric : Le tome 2 est divisé en deux parties. 

D’abord il y a une fuite, une reconstruction. Tolbiac entreprend un tour du monde de la magie, à moins que ce ne soit avant tout un tour de lui-même… Vous savez ce qu’on dit, lorsqu’on fait un long voyage, c’est le voyage qui vous défait. Il fera de nombreuses rencontres, de riches et intrigantes rencontres, dont l’écho résonnera encore longtemps après son départ. 

La seconde partie fête son retour à Paris… il y a les retrouvailles, l’amitié y est célébrée, la gestion de son secret reste une préoccupation et de nouvelles portes s’ouvrent, jusqu’au final dans le palais de toutes les trahisons.

Dany : Pour finir, peux-tu donner au lecteur qui ne te connait pas 3 bonnes raisons de faire connaissance avec Tolbiac Juillet ?

Cédric : On m’a souvent dit Tolbiac est inclassable, c’est un brassage, un OLNI ( Objet Littéraire Non Identifié) …

Je dirais pour tout cela. 

1) S’autoriser une sortie de piste fantasque.

2) Pour la dé-signalisation du scénario. Ici vous ne trouverez pas de pancartes pour vous indiquer le chemin.

3) Pour Tolbiac  : antihéros par excellence, magicien, pickpocket, l’humour prêt à fleurir sur les cicatrices.

Dany : Tu as parlé de ton activité de scénariste… dans quelles productions peut-on lire ton nom au générique ? Seulement si tu veux bien aborder ce volet de ton activité sinon on passe à la suite

Cédric : J’ai écrit plusieurs épisodes, d’une mini-série qui a bien fonctionné ; Les semaines de Lucide.

Également des formats courts sur M6 ( Scène de ménage, etc. ) Des pitchs pour TF1, des bibles d’unitaires ou de séries qui ont fait l’objet de développements avec des producteurs.

Dany : Alors maintenant quelle est ton actu (salons notamment) et tes projets ?

Cédric : En ce moment je finalise le synopsis du tome 1 de Tolbiac pour une adaptation cinéma. Je continue de promener mon statut d’auto-édité à travers la France pour des séances de dédicaces et je vais bientôt entrer dans les corrections du tome 3, déjà écrit. 

Dany : Merci Cédric pour ces confidences. Pour ma part j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir le tome 1 et je m’apprête à plonger dans sa suite … A bientôt !

Papote d’auteur : Aline était avec Pétronille Rostagnat


Papote d’auteur : Aline était avec Pétronille Rostagnat

Papote avec Pétronille Rostagnat

par Miss Aline

 

Miss Aline : Bonjour Pétronille. Merci de me consacrer de votre temps pour répondre à quelques questions. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter en quelques phrases ?

Pétronille : Bonjour Aline. Merci pour cet échange. Me présenter en quelques mots !!! Je vais essayer d’être concise. Alors, j’ai 38 ans. Avant d’être auteure, je suis une maman de 3 jeunes enfants. J’ai vécu 10 ans à l’étranger entre la Chine et Dubaï. Je suis en France depuis 18 mois maintenant, à Lyon.

J’ai toujours eu un côté artiste depuis toute petite. J’ai fait beaucoup de théâtre, et je me voyais actrice petite fille.

Miss Aline : Comment êtes vous venue à l’écriture ? Prolongement de vote côté artistique ?

Pétronille : Et non… Je dirais que ce sont les circonstances de la vie. J’étais étudiante en école de commerce où je me suis spécialisée en marketing. J’ai travaillé ensuite dans différents groupes en tant que responsable marketing et communication. Mon mari a été muté à l’étranger : d’abord Shanghai puis Dubaï. J’ai dû démissionner à plusieurs reprises pour le suivre. À 32 ans, j’ai eu l’envie de me réaliser dans un projet plus personnel qui pouvait me suivre partout. Déjà grande lectrice de polar, je me suis lancée dans l’écriture de mon premier roman et là, ce fut une évidence. Écrire est devenu une passion, un besoin. Depuis je ne travaille plus et me consacre intégralement à l’écriture. Avec le recul, je pense que ma partie artistique dormait depuis de nombreuses années et devait resurgir tôt ou tard.

Miss Aline : Comment fait-on côtoyer la vie de maman avec l’écriture ?

Pétronille : Quand je suis en pleine phase d’écriture d’un roman, je deviens un peu schizophrène ! Généralement, je profite des temps de l’école pour écrire, et à 16h15, je revêts la casquette de maman pour aller chercher mes enfants à l’école. Quand j’écris, mes personnages me suivent partout même quand je ne suis plus derrière mon écran… et il m’arrive d’être physiquement avec mes enfants mais d’être encore Alexane mon héroïne dans la tête globalement, j’arrive à avoir des vrais temps d’écriture à la maison au calme donc je concilie les deux.

Miss Aline : Avez-vous des rituels d’écriture : lieu, musique… ?

Pétronille : J’ai écris mes trois romans à Dubaï. J’allais tous les matins me poser 4 heures dans un Starbuck que j’appréciais particulièrement non loin de la mer. Je commandais toujours le même frappucino, un cookie et occupais toujours la même table. Je faisais partie du décor à la fin

Les gens parlaient autour de moi mais généralement en anglais ou en arabe donc cela ne m’a jamais dérangé pour écrire, bien au contraire. J’aimais être dans un autre univers que mon quotidien pour créer, imaginer des histoires. Le plus important pour moi, n’est pas le lieu pour écrire mais le moment. Il faut que je garde la notion de plaisir quand je suis derrière mon écran, sinon je ne peux pas écrire une ligne !

Miss Aline : D’où vous est venue l’inspiration pour votre dernier roman ?

Pétronille : J’étais en vacances aux Seychelles, et je cherchais une idée. J’ai vu une femme sur la plage marcher seule et je lui ai inventé une histoire. Je me suis dit : elle est en apparence heureuse mais elle sort d’une tentative de suicide. Puis : non, elle s’est réveillée à l’hôpital avec des bandages autour des poignets et son mari lui a parlé de suicide mais elle sait au fond d’elle qu’il n’en est rien. La suite est venue toute seule. Quand j’ai commencé mon dernier roman, je n’avais que le premier chapitre en tête et je mes suis laissée emporter par l’histoire et mes personnages. J’ai écris au fur et à mesure sans connaître la fin. Alors que mes deux premiers romans, j’avais un squelette pré établi. Là, j’ai voulu lâcher pris…

Miss Aline : Quel part de vous se retrouve dans vos personnages ?

Pétronille : Mon héroïne, la commandant Alexane Laroche est clairement la femme flic que j’aurai pu être dans une autre vie. Elle me ressemble beaucoup, tout en étant très différente. Les autres sont inspirés de mon entourage, de mes rencontres.

Miss Aline : Comme le titre de votre roman, pensez-vous que nous avons tous une bonne raison de tuer ?

Pétronille : Oui et c’est pour cela que j’ai choisi ce titre car il ne peut laisser personne indifférent. On a tous un jour où l’autre eu des pulsions ou des pensées négatives envers une personne. Ensuite, avec notre éducation, nos valeurs, nos principes, on ne franchira jamais la ligne rouge. Et si vous regardez les affaires d’homicides, il y a toujours un mobile, une bonne raison derrière d’avoir tué pour le coupable.

Miss Aline : J’ai particulièrement aimé vos rebondissements. Comment les travaillez-vous ?

Pétronille : J’ai un style d’écriture qui me tient particulièrement à cœur et que je souhaite reproduire dans chacun de mes romans. Voici mes clefs : chapitres cours, un chapitre égale une action et toujours finir par un rebondissement ! J’écris toujours en pensant à la chute de ma dernière ligne. Pour moi, c’est la plus importante du chapitre, donc j’y passe du temps pour dévoiler un peu l’intrigue sans trop en donner tout de suite au lecteur. Ce n’est pas toujours un exercice facile !

Miss Aline : Pensez-vous qu’un auteur est un rôle à jouer pour alerter sur notre société par exemple ?

Pétronille : Pour moi, ce n’est pas sa fonction première. Moi, je lis pour m’évader, me distraire. Ensuite, on peut écrire sur un sujet qui nous tient à cœur et avec son roman, interpeller un public. J’ai particulièrement été touchée par le dernier livre d’Olivier Norek : Entre deux mondes. Il évoque la jungle de Calais avec un regard qui m’a fait énormément réfléchir sur ce sujet. Donc, on peut aussi concilier les deux.

Miss Aline : Quel est votre rapport avec vos lecteurs ?

Pétronille : j’essaie d’être le plus disponible possible. Je suis là aujourd’hui grâce à eux et à leur soutien, et je ne l’oublie pas. Avec les salons, les dédicaces, j’ai pu croiser des lecteurs avec qui j’avais entamé des discussions via les réseaux sociaux et qui sont devenus des amis aujourd’hui.

Je suis adhérente d’une association qui me tient à cœur : Les Gones du Noir. Ils organisent des rencontres lecteurs-auteurs plusieurs fois dans l’année dans la région Rhône Alpes et c’est un vrai plaisir d’y aller. J’y ai fait de très belles rencontres.

Miss Aline : Tenez-vous compte de leurs avis pour vos prochains travaux d’écriture ?

Pétronille : Toujours et depuis mon premier roman ! J’écoute toutes les critiques, tant positives que négatives, et j’en prends compte pour les suivants. Et on me le rend bien.  Pour moi, c’est très important ; l’écriture est un métier solitaire donc j’ai besoin des retours pour avancer

 

 

 

 

 

Miss Aline : Pouvez-vous nous donner un indice sur votre prochain roman ?

Pétronille : Bien sur… Alexane Laroche ne sera pas présente dans ce 4ème opus ! J’introduis un nouveau personnage : une avocate  pénaliste, qui est carriériste et torturée.

Miss Aline : Avez-vous fait des recherches particulières pour ce nouveau roman ?

Pétronille : Énormément ! J’ai lu et appris de nombreuses choses sur le droit pénal, le milieu carcéral et les rapports avocat-client. Je me suis mise dans la peau d’une avocate pour écrire donc beaucoup de recherches au préalable pour être crédible. Et je quitte mon cher 36 Quai des Orfèvres pour le nouveau Tribunal de Paris porte de Clichy !

Miss Aline : Quelle est votre actualité salon ?

Pétronille : je devrais aller au salon du Polar de Sens, les 25 et 26 mai prochain, dont Franck Thilliez sera le parrain.

Miss Aline : Quai du Polar ?

Pétronille : Pas cette année mais j’espère l’année prochaine.

Miss Aline : Je vous le souhaite. Je vais vous libérer et surtout vous remercier pour ce moment de partage. J’ai hâte de lire votre prochain roman. Au plaisir d’une rencontre sur un salon ou un autre.

Pétronille : Merci beaucoup pour ce moment Aline … je cours chercher les enfants à l’école.