Sans Mobile Fixe de Guillaume Grivet.


Le livre : Sans Mobile Fixe de Guillaume Grivet. Paru le 15 Mars 2019 aux éditions Le Lamantin dans la collection Le Lamantin des profondeurs. 18€ ; (262 pages.) ;  22 x 14 cm

4ème de couverture :
Pour son premier jour à Rennes, le capitaine Barbara Martin hérite d’une mission simple : retrouver un clochard soupçonné d’avoir tué une jeune fille en pleine rue. La policière au physique impressionnant va bénéficier de l’aide de Max, un SDF impliqué malgré lui. Tous deux sont bien placés pour savoir que les apparences peuvent être trompeuses. Ils ne vont pas être déçus.

L’auteur : Né en 1979 à St Malo, Guillaume Grivet vit et travaille près de Rennes, où il est également auteur, acteur et metteur en scène de théâtre. Inspiré tant par les auteurs modernes que par la littérature classique, la culture télévisuelle, le cinéma, la poésie, le rock ou la bande dessinée, il hybride ses influences dans un style aussi singulier qu’efficace. Sans Mobile Fixe est son premier roman, dans lequel il introduit des personnages qu on aura plaisir à retrouver.

 

 

 

Extraits :
«Parfois, comme ça, aux moments les plus inattendus, surgissait encore cette petite étincelle d’humanité qui, si l’on n’y prenait pas garde, vous embarquait sur cette route de l’espoir qui conduit aux désillusions. »

Les Lectures de Maud :

Version  lue : Broché

Mention : Premier Livre

 Sans Mobile Fixe de Guillaume Grivet.

Une enquête qui parait de prima bord, très facile. On connaît le meurtrier, il ne reste plus qu’à Barbara de le trouver et de le mettre en prison. Sous cet aspect, tout paraît simple, et pourtant, en creusant un peu car le Capitaine ne suis pas aveuglement les ordres, elle va mettre en lumière une toute autre affaire…

Barbara Martin, nouvellement nommée à Rennes, prend ses marques avec la ville, s’habitue à la Province et apprend à connaître ses collègues. Son passé la hante, la peur de se retrouver dans la même situation qu’à Paris, lui fait faire des erreurs. Elle n’enquête plus avec ses réflexes d’avant. Elle est sensible, attachante, sort de temps en temps des sentiers battus ; mais n’a qu’un but la vérité, pas celle qu’on lui sert.

Max, SDF, va s’avérer un atout précieux dans cette enquête. Lui également veut connaître la vérité. Il se méfie des flic et pourtant va aller à la rencontre du capitaine afin qu’ensemble ils résolvent ce mystère et qu’un innocent en finissent pas en prison.

Ensemble, ils vont déterrer les pistes et chercher ce mobile de ce meurtre car contre tout apparence ils auraient déjà le coupable sous la main.

Le Monde de l’Art, est presque un personnage à part entière, les rivalités, le monde cruel face à de futurs artiste en mal de reconnaissance.

L’auteur signe ici un excellent premier roman, du rythme, une plume ciselée et dynamique ; le tout avec une fine dose sur les préjugés et les idées préconçues. De nombreux rebondissements tiennent en haleine le lecteur. Aucun temps mort, les personnages ont des failles, des défauts et des qualités ; ce melting-pot amène une crédibilité au récit. L’erreur est aussi de mise. Les valeurs sociétales, les clichés sont très bien abordés dans ce livre, avec finesse et humour. Des personnalités fortes qui se rencontrent, vous réservent quelques scènes explosives. Le respect et la confiance sont également à l’honneur. La vie dans la rue tout comme le secret de Barbara, sont des éléments abordés avec douceur et habilité. Le titre également est un sacré clin d’œil à l’ensemble de ce livre. Un livre à découvrir !!! Je suivrai attentivement les futures sorties de l’auteur.

Je remercie les éditions Le Lamantin pour leur confiance

Vlast – Peter Higgins


La journée fantastique

Vous le savez déjà, le 28 du mois chez Collectif Polar c’est notre journée SFFF.

Aujourd’hui c’est un peu spécial car une alors vous proposé une double chronique.

J’ai je l’avoue un peu obligé notre Jumelle infernale à lire ce titre que j’avais énormément aimé.

Alors c’est partie pour le double chronique de Vlast 2/2


Le livre :Vlast de Peter Higgins. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Arnaud Demaegd. Paru le 19 mars 2014 au éditions Bragelonne. 20€ ; (505 p.) ; 21 x 14 cm.

4ème de couverture :
L’inspecteur Vissarion Lom est convoqué à Mirgorod, la gigantesque capitale du Vlast, a n d’arrêter un terroriste, l’insaisissable Kantor. Un état totalitaire usé par une guerre interminable doit se montrer impitoyable. Mais Lom découvre la corruption qui règne à Mirgorod, entre police secrète et révolutionnaires, cabarets et artistes maudits. En compagnie de la lle de Kantor, il dévoile une conspiration qui s’étend aux plus hautes sphères du parti. Il est temps pour lui de changer de camp…

 

 

L’auteur : Peter Higgins a enseigné l’anglais à Oxford, il a été chercheur et a travaillé dans la haute administration britannique.

 

 

 

 

Extraits :
«A l’instant où Kantor referma la porte derrière eux, il sentit l’attention d’Archange pénétrer dans la pièce. Les meubles craquèrent sous l’effet de la peur.
-Encore ! fit Kantor à mi-voix. Non ! Non, je ne veux pas.
Archange l’ouvrit et entra en lui. Se fraya violement un chemin dans sa tête. Occupant out. Prenant tout. N’omettant aucun secret. SA voix était comme un murmure rugissant.»

Les Lectures de Maud :

Vlast de Peter Higgins

Nous voici au cœur d’une conspiration à l’échelle étatique. Lom Vissarion de la campagne est appelé dans la grande ville afin de débusquer un terroriste qui sévit depuis des décennies et qui malgré un passage en prison, continue ses activités, semblerait-il en toute impunité. Sa mission initiale va être totalement chamboulée par ses découvertes qui vont l’amener à se remettre en question, que se soit personnellement ou sa fonction.

Sa rencontre avec Maroussia va être déterminante et va l’amener à se poser pas mal de questions. De nombreuses embuches l’attendent, viennent-elles tous de l’ennemi ? Mais en fait, qui est vraiment cet ennemi ? Jusqu’où vont ses ramifications ? Vers qui peut-il se tourner ? Avoir confiance ? Sa poussière d’ange, son éducation, ses valeurs vont être mises à mal, Lom va devoir se battre pour découvrir la vérité et surtout rester en vie. En effet, les menaces pleuvent de partout, mais de qui viennent-elles réellement ? N’est-il pas lui aussi une victime du système ? et qui est vraiment Kantor ?

Dans un monde en pleine implosion, où les êtres ne sont pas forcément ce qu’ils semblent être. La protection et le fichage du peuple sont des priorité, et pourtant ? Que recèlent ces dossiers ?

Un plaisir de lecture, une très belle découverte. L’auteur livre ici un volet passionnant et un véritable thriller haletant qui va pousser le personnage principal dans ses retranchements. Une écriture fluide, entraînante, sans temps mort ; les doctrines étatiques volent en éclat et mettent en lumière un sombre complot. Au vue de la fin, une suite pourrait être attendue. Un livre que je recommande évidemment !!!! Je remercie Geneviève pour le conseil de lecture !

Version  lue : Numérique

Mention : Premier Roman

:

 

Vlast de Peter Higgins


La journée fantastique

Vous le savez déjà, le 28 du mois chez Collectif Polar c’est notre journée SFFF.

Aujourd’hui c’est un peu spécial car une alors vous proposé une double chronique.

J’ai je l’avoue un peu obligé notre Jumelle infernale à lire ce titre que j’avais énormément aimé.

Alors c’est partie pour le double chronique de Vlast 1/2


Le livre :Vlast de Peter Higgins. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Arnaud Demaegd. Paru le 19 mars 2014 au éditions Bragelonne. 20€ ; (505 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

La corruption règne à Mirgorod.

Entre agents du parti et révolutionnaires fanatiques, cabarets décadents et exécutions sommaires, survivre est un défi quotidien dans la gigantesque capitale du Vlast. Lorsque l’inspecteur Vissarion Lom est chargé d’arrêter un terroriste qui menace le parti, il ne se doute pas encore que son enquête va le mener jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir, et lui faire découvrir un secret lié à son propre passé. Sa rencontre avec une mystérieuse jeune femme, Maroussia, proche du criminel qu’il est censé traquer, achève de faire basculer Lom dans un monde de faux-semblants, ambigu et vénéneux…

 

L’auteur :Peter Higgins a enseigné l’anglais à Oxford, a été chercheur et a travaillé dans la haute administration britannique. À mi-chemin entre Boulgakov et John Le Carré, unanimement salué par la critique, Vlast nous entraîne dans les bas-fonds d’un univers crépusculaire et envoûtant.

 

 

 

Extrait : 
C’est le futur. Un futur qui requiert de nouveaux modes de pensée : une nouvelle philosophie, une nouvelle moralité, un nouveau genre d’hommes. Tout ce qui est vieux et inutile doit être détruit pour laisser la place à l’avenir.

La journée fantastique  de Ge

La journée fantatisque est un peu spéciale aujourd’hui.

En effet, je vais vous parler d’un roman que je qualifierais de transgenre.

De plus en plus les genres SF et polar se mélangent. L’anticipation devient elle aussi un nouveau genre du roman policier.

On va au-delà de la simple critique sociale, on projette celle-ci pour imaginer le monde de demain et tenter de décrypter ses dérives possibles.

Dans une Russie soviétique imaginaire l’inspecteur Lom traque un terroriste. Il côtoiera des agents du parti, des révolutionnaires fanatiques, des anges, des géants… Entre les éléments déchaînés et les exécutions sommaires il découvrira les secrets les mieux gardés. Et découvrant la corruption qui gangrène la ville, le policier décide de rejoindre la résistance. Un roman dense et déroutant basé sur l’histoire et les mythes de la Russie. Un roman comme je les aime, mélangeant les genres, les détournant. Jouant avec tous les codes connus pour nous faire vivre une aventure épique et singulière. Une Urban Fantasy très réussi, un excellent premier roman , il n’est pas sans me rappeler « The City and the City » de China Mieville.

Vlast de Peter Higgins : le souffle et l’âme russe entre légendes et roman noir.

 

Les petits + de Collectif Polar

C’est le premier titre de la nouvelle collection de Bragelonne : L’Autre.

« Il y a toujours eu dans notre catalogue des ouvrages différents de l’image générale de Bragelonne : des romans littéraires, hybrides et originaux. Des romans qui ne correspondent pas exactement à un genre, une cible, une catégorie. Soit parce qu’ils mélangent les genres, les références et les inspirations au point de ne pouvoir être rangés sous aucune des étiquettes habituelles (SF, Fantasy, fantastique, policier etc.). Soit parce que les éléments imaginaires n’y sont qu’un mince prétexte, se fondent dans le récit plutôt que d’être développés et explorés, et servent à déclencher et mettre en valeur une histoire essentiellement humaine et universelle. Ce sont des romans fusion, inclassables, étonnants, qui surprennent et provoquent, mais savent aussi toucher et convaincre le grand public par leur puissance, leur personnalité et leur sensibilité littéraire. L’Autre Bragelonne est la collection qui réunit désormais ces ouvrages. » (cf. Le blog de Bragelonne).

Petite précision de votre porte flingue :

Vlast et le premier tome d’une trilogie. Mais les deux tomes suivant ne sont toujours pas édité en français. Alors si Bragelonne nous entend, s’il vous plais, faites que la suite de Vlast soit vite disponible pour les lecteurs car nous sommes tous, je suis très impatiente de lire le suite et la fin de cet opus qui déjà semble être une oeuvre majeur.

Les planificateurs de Kim Un-Su


Le livre : Les Planificateurs de KIM Un-su. Traduit du coréen par Choi Kyungran et Pierre Bisiou. Paru le 2 avril 2016 aux éditions de L’Aube. 19,90 € ; (384 pages); 14 x 22 cm. 

Poche paru le 14 mars 2019 aux éditions Points Policiers. 7,90 € ; (408 pages); 10×17 cm.

4ème de couverture :

Derrière tous les assassinats qui ont marqué l’Histoire, il y a toujours eu des planificateurs. Ils se déplacent et agissent dans l’ombre des pouvoirs. En Corée du Sud, depuis l’époque de l’occupation japonaise, la bibliothèque des Chiens a été le trust le plus puissant de l’assassinat. Elle doit son nom étrange au fait que dans ce lieu personne ne lit, en dépit des quelque deux cent mille livres qui garnissent ses rayonnages. Enfant abandonné, Laesaeng a été adopté par père Raton-Laveur, le directeur de ladite bibliothèque. Après la démocratisation du pays, Hanja, autre fils adoptif de père Raton-Laveur et aîné de Laesaeng, fonde une entreprise de sécurité. Avec son diplôme de commerce et ses méthodes expéditives, Hanja gagne vite des parts de marché face à une bibliothèque vieillissante. La concurrence entre les deux entités mène inexorablement à la disparition de l’une d’entre elles…Ce roman crépusculaire nous donne à voir une brillante orchestration d’assassinats made in Korea.

L’auteur :  Kim Un-su, né en 1972 à Busan, commence sa carrière de romancier en 2002. Il a publié plusieurs romans dont Le placard (prix Munhakdongne 2006) et a reçu le prestigieux prix Yi Sang pour « Prisonniers de la chambre forte ». Ont été traduits en français « Prisonniers de la chambre forte » (éditions Cartouche, 2011), Le Placard (Ginkgo éditeur, 2013) et Les Planificateurs (éditions de l’Aube, 2016).
Extrait :
Laeseng a une certaine attirance pour les livres rejetés par père Raton-Laveur. Impossible d’expliquer pourquoi, mais il semble que les livres abandonnés par Père Raton-Laveur méritent d’être aimés. Une autre raison de les aimer, c’est tandis qu’il ne peut prendre chez lui les autres livres de la Bibliothèques des chiens, il peut en conserver parmi les abandonnés. Le matin du dimanche où est prévu l’autodafé, Laeseng choisit quelques ouvrages dans la montagne de livres près de laquelle attend le bison d’essence. Quand il se retourne après avoir fait le choix, les autres livres entassés – ceux qui n’ont pas eu la chance d’être sauvés par père Raton-Laveur ou Laeseng – lui paraissent terriblement pitoyables et désespérés, des prisonniers de guerre attendant la mort face à la potence.

 

 

Les émotions de lecture de Cécile

Les planificateurs de Kim Un-Su

La première fois que je suis allée en Corée… enfin, pour être honnête au centre culturel coréen à Paris, c’était pour découvrir Kim Un-Su et son recueil de nouvelles, Jab en référence au coup parfait en boxe. Un recueil de six nouvelles d’anti-héros coréens où j’avais adoré me plonger ! De la première nouvelle où l’on suit un élève perdu devant l’injonction d’ambition que son école impose, à celle d’un canapé qui encombre à étouffer son propriétaire en passant par celle particulièrement sensible de cette jeune femme qui se suicide,c’est à la fois direct sans fioritures, mais aussi élégant et finalement optimiste.

Je viens de finir « Les planificateurs », le premier thriller de Kim Un-Su et j’ai retrouvé avec un très grand plaisir sa plume. Il ne s’agit plus ici de héros ou plutôt d’antihéros de l’ordinaire mais d’un tueur à gages Laeseng. Le sous-titre aurait pu être Manuel d’éducation d’un tueur à gages amoureux des livres et des armes blanches ! J’ai adoré voir sur-adoré. Une écriture fluide et intelligente, qui nous raconte des planifications de meurtres, des luttes de pouvoirs, des gueules de personnages, des bouquins et une Bibliothécaire qui louche! Une collection de personnages attachants à leur manière, une certaine poésie où on ne l’attend pas et un suspens jusqu’au bout qui nous emmène sur les secrets du combat au couteau. Que demander de plus?! Pas grand chose ! Une conclusion : La Corée m’a encore eue…mon seul regret ? Ne pas avoir la couverture originale qui a franchement plus de gueule que celle du poche comme les personnages de Kim Un-Su !

Mais il est temps pour moi de vous laisser et de partir au Japon avec Une affaire de famille de Hirokazu Kore-eda aux éditions JC Lattès. Un petit combo littéraire, qui je l’espère, se réalisera très bientôt dans un prochain voyage …

 

Des types comme nous de Roman Strajnic


Le livre : Des types comme nous de Roman Strajnic –  Paru le 25/04/2019 chez Fleuve éditions .16.90 €  ; (208… pages) ; 20 x 13 cm

 4ème de couverture :

Dusan Savicevic est agent de sécurité. C’est un Cannois discret, sportif et discipliné. Il s’est vu proposer cette année une mission spéciale pour toute la durée du festival : assurer la protection de l’équipe d’un film en compétition avec pour actrice principale Kristen Warwick, l’étoile montante du cinéma américain.
Pour un taiseux vivant en marge des paillettes, c’est tout autant une aubaine qu’une source d’angoisse. Mais il va faire le job. Et la fiche de poste est claire : Trouver quelqu’un de suffisamment intelligent pour se poser des questions, et d’assez con pour ne pas pouvoir y répondre.
La fiche de poste, Dusan ne la connaît pas.
C’est aussi ça, Cannes.

Crédit photo©(c) Melania Avanzato

Crédit photo©(c) Melania Avanzato

L’auteur : Roman Strajnic est né en 1977. Il a travaillé dix ans comme distributeur de films.
Des types comme nous est son premier roman.
Roman Strajnic est né en 1977. Fils d’immigrés politiques serbes, il passe sa jeunesse dans le sud de la France. Par la suite, il travaillera quinze années comme distributeur de films, épaulant tour à tour Luc Besson chez EuropaCorp, puis Pierre-Ange le Pogam chez Stone Angels. Dans ce contexte, il organisera une cinquantaine de tournées en province pour promouvoir la sortie de films et pendant treize ans, il sera chargé de la venue d’équipes au Festival de Cannes (acteurs, réalisateurs, producteurs, distributeurs).
En 2014, il a publié Les Colonnes d’Hercule chez Khbar Bladna, un éditeur tangérois.
Il vit aujourd’hui en région parisienne avec sa femme et leur fille.

 

 Extraits 1 et 2 :
«… les flics continuaient leur conversation : 
— Bah nous, c’était un suicide sur la ligne Cannes-Nice hier… Le gars, il a été traîné… La colonne vertébrale, elle s’était arrachée du reste du corps, avec la tête. Il avait les jambes 300 mètres plus loin. (Il marque un silence 🙂 Le plus chiant, c’était d’empêcher les chiens de venir bouffer les morceaux. »
« Il a baissé sa garde, il aurait dû sentir venir ce premier coup. Il aurait dû l’esquiver et dans la parade enchaîner avec son uppercut signature. Celui qui a fait de lui une sorte de légende dans les coins mal famés du Mirail à Toulouse. Là-bas, il en donnait généreusement, des coups de poing. À vrai dire, c’est juste une habitude à prendre. La première fois, ça fait un peu peur et puis après… Au petit déjeuner, il leur tapait dessus. Ça remplaçait les viennoiseries à la fleur d’oranger. Des grands coups de poing dans la gueule. Comme s’il cassait leurs têtes sur une enclume. Ça sonnait comme ça : « Bing ! », dans les halls d’immeubles pleins de crachats et de barrettes de shit. »

La chronique jubilatoire de Dany

Titre et auteur : Des types comme nous de Roman Strajnic

 

Agent de sécurité à Cannes, c’est une sinécure sauf par temps de Festival. La routine de Dusan, émigré Yougoslave porteur d’un secret intime qui lui pourrit la vie, va être bouleversée par un contrat un peu particulier. Il va devoir en effet assurer la protection d’une villa de star et ça ne sera pas de tout repos.

Une satire bien plaisante d’un monde superficiel et avant tout guidé par la finance, avec une intrigue qui mériterait de ne pas être spoliée par le prologue trop explicite … un agréable moment de lecture, une pause salutaire sans mort suspecte ni hémoglobine, ou alors si peu ! Un court roman de 208 pages.

A noter un contexte social bien abordé également où l’on découvre l’envers du décor de paillettes et de strass, de selfies et de fêtes, d’alcool …

Lu en version numérique.

 

Extraits 3 et 4
« Au fond, ce qui donne un caractère à Cannes, c’est son festival. Sans lui, c’est une ville de rien. Une baie. Champignonnée de grosses propriétés et d’hôtels de luxe vides. Cannes comme Hollywood ne seraient pas grand-chose sans le cinéma. Et puis, c’est aussi une ville de tristesse et de corruption. C’est aussi ça qui en fait un décor propice aux drames. Une jeune starlette qui tombe d’une fenêtre du Carlton, un producteur retenu en otage sur un yacht, Di Caprio mort d’un accident de voiture dans l’arrière-pays, en plein soleil, dans un bolide carbonisé. Tout est possible. »
« Sur la Croisette, Brian de Palma, toute barbe et bonhomie dehors, mange une glace à l’italienne incognito, alors que Nabilla, elle, est entourée d’une foule compacte et fanatique, hurlant son nom comme on l’aurait fait pour un Beatles. Cheveux lissés, poitrine et cul proéminents, lunettes mouche en or estampillées cagole de luxe. S’érotisant la bouche en bisou cul de poule, le doigt sur un sein gonflé à l’hélium, prêt à éclater sous la pression de ses faux ongles fantaisie. Elle se prend en photo, avec en toile de fond une foule dans tous ses états. Laide, à l’image de son modèle : fluo, plastique, gonzo, hystérique et dangereuse. »
 

 

Meurtre sur Oléron de Line Dubief


Le livre : Meurtre sur Oléron de Line Dubief.  Paru le 2 mars 2017 aux Editions La Geste dans la Collection Le Geste noir..13.90€ ; (304 p.) ; 11 x 17.8 cm

4ème de couverture :

« Sur une petite plage de l’île d’Oléron, un jeune homme est retrouvé mort, à demi enseveli dans le sable. Raymond Eustache, commissaire de police de La Rochelle, est dépêché sur place.

Au rythme enivrant des effluves marins et des pineaux charentais, il arpente les marais salants sauvages et les vignobles de l’île. Au fil de ses rencontres, il s’imprègne de la vie insulaire. Alors que se profile la courte vie de la victime, les circonstances du meurtre se dessinent pour faire resurgir un passé implacable et douloureux. »

 

 

L’auteur :  Née en 1961 en région parisienne, alors qu’elle prépare son bac littéraire, Line Dubief choisit d’interrompre ses études pour voyager. De petits boulots en petits boulots, de contrées en continents, toujours passionnée de lecture, elle finit par s’installer en Franche-Comté. Elle y élève ses deux enfants et reprend le cours de sa formation.  Aujourd’hui, ingénieur d’études à l’université de Franche-Comté, elle partage sa vie entre son travail, ses enfants et petits-enfants, son ami, ses amis, son jardin et bien entendu les livres et, depuis plusieurs années, l’écriture. Meurtre sur Oléron, est son premier roman.

 

Extrait :
« Très vite arrivés sur la place de la Brée, ils descendent la route de la plage. Plusieurs véhicules de gendarmerie sont là. Le lieutenant Pierre Ravet arrête sa clio et en descend. Les techniciens prennent leur matériel dans le coffre et s’engagent vers la zone déjà protégée par un cordon de sécurité, suivis par le médecin légiste.
Le commissaire sort du véhicule et tranquillement s’imprègne des lieux. Il regarde le front de mer, les villas le long de la petite digue, les cyprès, la plage, le terrain de volley, le camion-bar…
Un homme tout en longueur mince, les cheveux coupés très courts, souriant s’avance au-devant d’eux. Ses bras pendent le long de son corps déjà voûté pour quelqu’un de son âge. Ses yeux plissés, comme pour éviter le soleil, entretiennent des rides prématurées qui s’étendent sur ses temps. Son teint légèrement buriné par une exposition régulière au soleil et au vent.
–        Je vous présente le gendarme Oscar Sonde, agent de police judiciaire. Il vous accompagnera sur cette affaire, annonce le lieutenant Pierre Ravet.
–        Enchanté Commissaire, répond le gendarme souriant.
–        Enchanté Gendarme, salue le commissaire en lui serrant la main. Emmenez-moi sur les lieux.
–        Suivez-moi. C’est vraiment macabre, prévient le gendarme.
–        Allons voir ça ! La scène a été photographiée ?
–        Oui, oui. Photographiée et filmée. La plage entière a été sécurisée et fermée à la population. Pour le reste, on vous a attendu. Nous n’avons touché à rien, répond le gendarme.
–        Parfait ! Beau travail Gendarme. »

 

Le petit billet de Fanny Louise :

Meurtre sur Oléron Line DUBIEF

Voilà une lecture qui m’a fait du bien. Un roman reposant, j’ai envie de dire. Reposant, car bien que l’intrigue soit rythmée et sans temps mort. Le style d’écriture appelle au calme. C’est écrit avec douceur, même dans la description du meurtre terrible dont l’histoire est ici racontée.

Car tout commence par un meurtre. Sordide. Dur et révoltant car il fauche un jeune homme promis à un bel avenir, au cœur de sa jeunesse. Un jeune homme sans histoire, sans ennemi connu et que tout le monde appréciait pour sa gentillesse, sa délicatesse et son professionnalisme dans tout ce qu’il entreprenait.

Pour dénouer cette affaire arrive sur l’île d’Oléron, un commissaire de La Rochelle, un brin taciturne, mais qui avec l’aide d’un gendarme local, va mener une enquête précise et appliquée pour trouver qui pouvait bien en vouloir à ce jeune homme sympathique au point de le tuer de manière aussi brutale.

L’auteur nous emmène sur différentes pistes, multiplie les suspects, les motivations du crime. Et finalement nous offre un dénouement surprenant et tragique.

Les personnages des enquêteurs sont attachants, complémentaires. Ils se taquinent sans cesse sur fond de rivalité Police Nationale/Gendarmerie, mais forment un duo parfait et efficace, où chacun trouve naturellement sa place dans une enquête où les pistes se multiplient au fil des pages. Ça fourmille de personnages secondaires aboutis et où chacun a son rôle à jouer. Rien n’est laissé au hasard.

Pour moi qui suis attachée à cette région et qui connait bien cette île, la lecture a été un plaisir continu, car Oléron est un personnage à part entière du roman. L’île y est dépeinte avec douceur et réalisme. On ressent très bien l’atmosphère insulaire dans les descriptions qui sont faites de ces lieux.

Quand je parlais de roman reposant, je parlais de cela : cette impression d’être hors du temps que l’on ressent lorsqu’on est sur une île. L’impression que tout va au ralenti. Pourtant le livre est rythmé, sans aucun temps mort. Chaque détail compte, chaque personnage a sa place dans l’intrigue.

Un livre parfait à lire en bord de mer pour se mettre dans l’ambiance du roman.

Je remercie les Editions Geste Noir pour ce très bon moment de lecture et cette jolie découverte d’une auteure que j’aurai plaisir à retrouver je l’espère.

La Putain de Flaubert – Alexandra Parrs


Le livre : La Putain de Flaubert  d’Alexandra Parrs. Paru le 27 Septembre 2017 aux Editions Rod. 17.00 euros. 282 pages. 21 x 15 cm.

4ème de couverture :
Bruxelles, avril 2015. Le professeur Pierre Van Der Berg, un anthropologue spécialisé dans l’étude des Gitans d’Egypte, et plus particulièrement des Ghawazees – des danseuses du ventre gitanes égyptiennes marginalisées -, reçoit la visite d’Alice Depauw, dont la sœur Rose a été retrouvée étranglée dans une rue à côté de l’école de danse du ventre Ghawazee où elle suivait ses cours deux fois par semaine. Ce meurtre sordide replonge l’anthropologue dans le monde des Ghawazees et des Gitans égyptiens qu’il a étudiés à Luxor, dix ans plus tôt, lorsque sa photographe turque, Gudrun, est morte dans des conditions inexpliquées. De 1845 en Haute-Egypte à 2005 à Luxor, c’est en 2015, à Bruxelles, que la sœur de la victime, en parallèle à l’inspecteur Auguste Dekyndt et son assistante Dalia Ouardi, mène une enquête qui la plonge, bien malgré elle, dans l’univers obscur des Ghawazees.

L’auteur : Alexandra Paars est sociologue. Elle a vécu et enseigné la sociologie en Birmanie, au Sultanat d’Oman, aux Etats-Unis et en Egypte. Pendant ses quatre années passées en Egypte, elle a fait une recherche ethnographique originale sur les Gitans d’Egypte, ce qui lui a permis d’écrire son premier ouvrage de fiction : La Putain de Flaubert, paru en 2017 aux éditions ROD. Elle habite à Bruxelles.

 

 

 

Extraits :
« Il avait effectué des dizaines d’entretiens, affublé d’une photographe turque qui avait su immortaliser des visages sombres, la beauté sauvage des femmes tatouées et des enfants insouciants qui avaient tous de larges dents blanches et qui semblaient prêts à manger toute la photo. Et puis un jour, Gudrun, sa photographe turque, était morte tragiquement à Luxor. Elle avait eu l’idée saugrenue de se baigner dans le Nil, un soir – Pierre soupçonnait qu’elle avait encore trop bu –, et elle s’y était noyée. On avait retrouvé son corps à moitié nu le lendemain, rejeté par le fleuve sur ses rives boueuses. Pierre n’avait plus jamais eu de photographe pour l’accompagner. Il ne voulait pas remplacer Gudrun. »

Les Lectures de Maud :


Une enquête a multiples facettes. L’assassinat de Rose en sortant de son cours de danse du ventre, va emporter sa sœur Alice dans une quête de vérité. Estimant que la police ne remue pas ciel et terre pour retrouver le meurtrier, elle va aussi mener son enquête, qui va s’avérer périlleuse et soulever pas mal de questions.

Augustin et Dalia, enquêteurs, vont remuer le passé et mettre au grand jour le mobile du crime qui paraissait totalement obscure. Ils vont être entraînés dans la culture des gitans égyptiens, sujet d’étude de Pierre. Bizarrement les morts se multiplient autour de ce personnage imbu arrogant et imbu de lui-même : sa photographe à Luxor dix ans auparavant, puis de nouveaux décès à Bruxelles de nos jours. Hasard ou coïncidence ?

L’auteur nous immerge de manière originale au sein d’une culture peu connue et pourtant chargée d’histoire. Les us et coutumes des gitans d’orient, ainsi que leurs façons de vivre. Qui sont ces danseuses du ventre ancestrales qui ont fait tourner la tête des européens ? Des indications historiques savamment saupoudrées afin que le lecteur comprenne mais sans l’inonder. Une intrigue mêlant croyances, société secrète et diabolisation sont au programme de cette lecture. Elle met également en lumière le pouvoir des haines et peurs transmises de génération en génération. Les plus jeunes ne connaissant plus ou peu leurs origines mais écoutent les anciens. Un polar sur fond de vengeance, de rivalités hommes-femmes… Un style d’écriture qui manque parfois de fluidité. Une lecture plaisante.

Je remercie les Editions ROD pour leur confiance

Version lue : Numérique ; Mention : Premier Roman

La fenêtre de Dieu de Cédric Blondelot


Tolbiac Juillet : la fenêtre de Dieu de Cédric Blondelot. Paru le 30 avril 2017 aux éditions La Völva. 20€. (405 p.) ; 21 x 15 cm

4ème de couverture :

De l’autre côté de l’Atlantique, à Chicago, une femme meurt dans l’incendie de son appartement.
Deux ans plus tard, le 31 Juillet 1979, rue de Tolbiac, en plein Paris, un nouveau-né est abandonné dans un kiosque à Journaux. Alors qu’il chiait sur Le Monde et pissait sur L’humanité, un couple le trouva et l’adopta.
Il fut appelé : Tolbiac Juillet.
Adulte, Tolbiac devient magicien. Ne lui demandez jamais de tour avec des colombes, il les déteste. Quant à son lapin, il n’en a plus. Il l’a bouffé la veille. Mais Tolbiac n’est pas seulement doué pour la prestidigitation, il est aussi un pickpocket de génie.
Sa vie bascule tandis qu’il fume une cigarette dans les toilettes d’une piscine. Il n’en sortira jamais.
Aspiré par la cuvette. Oui, aspiré !
L’impensable se produit alors. Dans le monde où il émerge, Tolbiac découvre la vie qu’il aurait eue s’il n’avait pas été abandonné.

 L’auteur : Cédric Blondelot  est né en  Seine-et-Marne en 1976… il avoue «  l’année de la création du Loto, du premier vol commercial du Concorde, de la finale des Verts à Glasgow ou encore la même année qu’Audrey Tautou, j’étais destiné au métier de laveur de nuages pour qu’ils restent toujours bien blanc, lorsqu’un arc-en-ciel m’a fait dégringoler jusqu’à un de ces bancs de l’université. (note : « les nuages, , l’arc-en-ciel » ce n’est pas moi, formule prêtée généreusement par Grofasol des Bisounours)
Ainsi avant d’écrire, j’ai longtemps calculé. Traqué le X, cité l’alphabet grec sans pour autant parler un mot de cette langue et cuisiné tout un tas de molécules sans jamais y goûter. La science m’a raconté tellement d’histoires au sens noble que moi aussi, un jour, je me suis mis à en écrire. Les équations sont devenues des gens, leur résolution, leur désillusion ; la vie.
Leur folie, une fiction. »
Aujourd’hui scénariste pour la télévision et le cinéma, La Fenêtre de Dieu est mon premier roman

 

 Extrait :
« Ensemble, on avait aimé, fait l’amour, pris des cuites, des gifles, appris la magie et porté le cercueil de Rustrelle. Parfois, on n’avait plus faim l’un de l’autre et il restait six mois dans la penderie. Jusqu’à ce que tout me paraisse fadasse. Sans lui sur le dos, je n’attirais que la compagnie des mous et des cœurs tièdes. Si je n’avais jamais souhaité le réparer, c’était pour ne rien oublier. Ses cicatrices étaient les mienne et qui sait, peut-être un peu aussi celles de Kurt Cobain. Adolescent, après l’explosion du groupe Nirvana, j’imaginais qu’il l’avait réellement porté. Ce qui finalement ne m’attira que des ennuis ; entre ceux qui tentaient de me dépouiller et les autres qui me présentaient comme le plus gros mytho de la terre… En décidant de lui faire peau neuve, contre mon gré, le Vieux avait senti que je devais tourner la page. Il avait eu du nez. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

La fenêtre de Dieu de Cédric Blondelot

Ni mystique ni tout à fait fantastique, l’auteur s’amuse avec les malheurs d’un enfant abandonné dans un kiosque à journaux à l’angle de la rue de Tolbiac, fin juillet … il s’appellera Tolbiac Juillet. Ca c’est pour l’intrigue principale. Nous suivons également les malheurs d’un perfecto sans fermeture et ça c’est l’intrigue secondaire. La quatrième dimension fait partie également de la galerie de personnages, tous hauts en couleurs et souvent complètement barrés … un délice ! Il s’agit néanmoins d’un vrai roman à suspense, dans un style tout à fait personnel qui fait de ce roman un « page turner » attachant et original. J’attends la suite … ou du moins le prochain roman de ce nouvel auteur

Roman lu et chroniqué à sa sortie … la suite c’est pour très bientôt et l’auteur en parlera sur le blog !

Lu en version numérique. Le format broché est indisponible seules quelques occasions sur le marché – epub 5.90 € ( 351 pages) ; format  papier épuisé – numérique exclusivement

Extraits 
« – Ta grande oeuvre. Gaudí a fait la Sagrada Família, toi tu as bâti de superbes chiottes »
« Il y a trois ans, j’avais franchi la ligne jaune et dans la foulée, la rouge. Je m’étais rapprochée de vrais pickpockets, ceux de la rue pour retrouver la flamme et me comparer à eux.
« Le professeur libéra ses doigts et caressa le minuscule goulet de verre.
– Et nous voici avec un passage ! Einstein a désigné ce tunnel : un trou de ver. Mais c’est là que la théorie et votre expérience s’opposent catégoriquement, reprit-il. Pour voyager d’un univers à l’autre, il est prouvé que la gravité serait telle que votre enveloppe corporelle n’en sortirait pas indemne. Elle serait littéralement broyée. À l’heure actuelle, il en existe plusieurs types : le trou de ver de Schwarzschild, de Lorentz.., mais ce sont des solutions mathématiques, non des objets réalistes. D’ailleurs, ni Einstein ni Rosen n’entrevoyaient la possibilité de maintenir ces connexions eu égard au caractère instable de fluctuations quantiques. »
 

Le cercle des impunis de Paul Merault


Le livre : Le cercle des impunis de Paul Merault. Paru le 07 novembre 2018 Edition Fayard  (326 pages) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture : Des brumes de Londres au soleil éclatant de Marseille, des policiers sont assassinés dans la plus sordide des mises en scène, avec un même symbole tatoué sur la langue. Scotland Yard et la police française s’allient pour remonter la piste de ces vengeances diaboliques. Des deux côtés de la Manche, les meilleurs enquêteurs associent leurs méthodes pour traquer celui qui les humilie en s’attaquant aux plus grands flics. Quelle folie humaine peut réussir à « opérer » avec une telle expertise chirurgicale ?

 

 

L’auteur : Paul Merault est un officier de police en poste à Toulouse.
Commandant divisionnaire spécialiste des quartiers sensibles et des situations extrêmes, il dirige la police de la division Mirail, qui regroupe les principaux quartiers sensibles de l’agglomération. Il a été précédemment, pendant plusieurs années le chargé de communication et des relations presse de la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) de la Haute-Garonne. Il est intervenu plusieurs fois dans les médias pour témoigner des problèmes de délinquance dans sa ville et suggérer des pistes pour y remédier.
Paul Merault a reçu le prix du quai des Orfèvres 2019 pour son premier roman : « Le cercle des impunis », un polar qui se déroule entre Marseille et Londres et deux services de police, l’un français, l’autre britannique
Extrait : Ce n’était pas tant d’avoir administré la mort qui le rendait monstrueux, mais sa complaisance à profaner la partie a plus expressive et la plus personnelle du corps humain, le visage. Ann se représenta Patterson penché sur le corps de Peter James, en train d’insérer un fœtus dans son ventre……

Note de flingeuse :

 Créé en 1946, le prix du Quai des Orfèvres, qui récompense chaque année un roman policier, est décerné par un jury composé de 22 policiers, magistrats et journalistes Après avoir entendu Paul Merault chez Pradel échanger sur son métier et son livre j’avais envie de le lire. Et par un pur hasard il m’a été offert pour mon anniversaire.

Chronique d’une flingueuse

Le cercle des impunis de Paul Merault par Sylvie K

Dans un quartier de Londres un corps est retrouvé par le superintendant Perkins avec une inscription très étrange et tatouée sur la langue, il s’avère que c’est son ancien partenaire.

De l’autre côté de la Manche Caradec, un flic du 36 Quai des Orfèvres à la suite d’une enquête médiatique est muté à Marseille ville de son enfance. Il arrive à point nommé quand le chef de la criminelle est retrouvé mort avec la langue tatouée. Il le remplace d’office.  

Mais outre l’inscription sur les corps ceux-ci font l’objet d’une macabre mise en scène.

L’adjointe de Perkins Anne est envoyée en France pendant que Perkins est sur la piste d’un psychopathe, un prédateur sans aune conscience. Trouver la concordance entre les deux meurtres mais entre Londres et Marseille les pistes se croisent et un autre meurtre est commis. Les indices convergent vers une demeure à Mérindol village du Lubéron qui a un passé historique. Des siècles plus tard, s’arguer le droit de punir ceux que l’on nomme les impunis. La fin de l’histoire nous le livrera !

Des chapitres très courts, une intrigue bien amenée, on passe de Londres à Marseille sans se perdre. On sent à ses écrits que l’auteur est du milieu. Il oscille entre l’enquête, les personnages et y distille un peu de trhiller. Cependant, je m’attendais à une fin différente justement à cause du personnage du tueur psychopathe…

Ce premier roman est une réussite même si j’émet une réserve sur la fin (ne pas spoiler) peut être fallait-il juste glisser des passages sur l’histoire du village, pensé dans la tête du tueur ou revécut par le tueur ….. Quoi qu’il en soit, j’ai passé un très bon moment et attends le deuxième roman de Paul Merault !

  Prix du Quai des Orfèvres 2019.

TAGS : Londres, Marseille, langue tatouée, fœtus, équipes, chandelier, tueur.

L’étoile du nord de David. B. John


le livre : L’étoile du nord de D.B. John. Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Antoine Chainas. Paru le 9 janvier 2019 chez Les Arènes dans la collection Equinox.  22€  ; (611 p.) ; 22 x 16 cm
4’e de couv :
Elle est espionne.
Il est général.
Elle est criminelle.
Leur point commun : un geste, un mot, et c’est la mort.
Les Etats-Unis et la Corée du Nord sont au bord de la guerre. Pour aller chercher sa sœur jumelle qui a été enlevée en Corée du Nord, Jenna se fait recruter par l’unique organisme capable de l’aider : la CIA. A Pyongyang, le colonel Cho fait une terrifiante découverte. Il doit échapper à la police secrète qui le serre de près. Un geste, un mot, et il deviendra traître à la nation. Mme Moon trouve un chargement de contrebande. Plutôt que de le rendre aux autorités, elle décide de vendre la marchandise au marché noir. Si elle réussit, sa vie sera changée à jamais. Si elle échoue… Basé sur des faits réels glaçants, mené à un rythme effréné jusqu’au dénouement explosif, L’Etoile du Nord porte le thriller d’espionnage au plus haut.

L’auteur : Né au Pays de Galles, D.B. John est journaliste et auteur. En 2009, il déménage à Berlin pour écrire son premier roman, Flight from Berlin, puis s’installe en Corée du Sud où il effectue de nombreux voyages en Corée du Nord. En 2015 il écrit La Fille aux sept noms, le témoignage d’une nord-coréenne qui a fui clandestinement son pays. Ces expériences lui inspirent l’intrigue de L’Etoile du Nord. Il vit désormais à Londres.

 

Extrait : 
“Cho s’était adonné à cette gymnastique mentale toute sa vie. C’était la seule façon de résoudre les contradictions quotidiennes entre la propagande et l’évidence des choses, entre l’orthodoxie et les pensées déviantes qui pouvaient vous conduire en camp de travail si jamais vous vous exprimiez un peu trop fort.”

 

Le post-it de Ge

Thriller d’espionnage basé sur des faits réels en Corée du Nord et qui mêle les histoires de trois personnages. Jenna, de Washington DC, intègre la CIA pour partir dans ce pays libérer sa soeur jumelle ; le colonel Cho, résidant à Pyongyang, concocte un plan d’évasion pour échapper à la police secrète de son pays ; Mme Moon, enfin, tente de vendre de la marchandise de contrebande au marché noir.

Voilà pour le décor et les personnages.

Un thriller qui n’est pas sans me rappeler la trilogie des ténèbres de Jean-Luc Bizien.

Nous sommes ici dans l ’une des plus secrètes et brutales dictatures.  Un pays où règne la répression et la pauvreté.

Famine, misère, endoctrinement et robotisation des esprits, culte délirant de la personnalité, le corée du Nord c’est tout ça. Et on le ressent parfaitement dans ce polar. L’auteur a parfaitement documenté son intrigue et cela ne fais qu’augmenter notre angoisse tout au long de la lecture.

Ce polar est à la fois un thriller politique et un vrai roman d’espionnage. De nombreux rebondissement parsèment cette histoire. Trop sans doute pour certain qui reprocheront peut-être des twists faciles. Mais personnellement j’ai trouvé cette lecture très prenante et plus qu’intéressante. Les personnage sont suffisamment complexes et attachants surtout Jenna.

Je conseille vivement cette lecture. Un auteur à découvrir.

Ah oui dernière petite remarque, ce titre de la collection Equinox porte une jaquette de couleur. Une belle jaquette très graphique, en relief. Habituellement les polars de cette maison d’édition, Les Arênes ont une couverture basique en noir et blanc. Cette fois j’avoue que la jaquette pousse à regarder de plus près ce roman.

D’ailleurs j’ai un autre titre en cours, lui aussi à une belle jaquette un peu rétro devinez lequel ?