Vindicta de Cédric Sire


Le livre : Vindicta : thriller de Cédric Sire. Paru le 21 mars 2019 chez Mépropolis.  21€90 ; (577 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv : 

Un braquage sous haute tension

« On entre, on prend le fric, on ressort. Personne ne sera blessé. »

Leur plan est sans risque. Le bijoutier ne portera pas plainte pour le vol car son argent est d’origine illégale. Damien, Élie, Audrey et Driss s’imaginent avoir trouvé la réponse miracle à tous leurs problèmes.

Un flic en chute libre

Fraîchement muté dans un groupe de surveillance, Olivier est loin d’imaginer que la planque qu’on lui a assignée fera de lui le témoin clé d’un cyclone meurtrier, dans le sillage d’un tueur glacial et méthodique que rien ne semble pouvoir arrêter. Des déserts du Moyen-Orient aux villes sombres et silencieuses du territoire français, quand la vindicte est en marche, plus rien ne peut vous sauver.

Une traque haletante secouée de fausses pistes

Pur instrument de torture et de mort, il n’a pas de nom, pas de visage, l’habitude de tuer et un cimetière de cadavres derrière lui. Mais dans cette affaire, pas de contrat. Cette fois-ci pour lui : c’est personnel.

Dans ce thriller crépusculaire, Cédric Sire joue comme jamais avec les nerfs du lecteur jusqu’à l’effroyable twist final et confirme son entrée tonitruante parmi les maîtres du thriller français.

L’auteur : Né à Saint-Gaudens, Haute-Garonne , le 24 octobre 1974. Cédric a grandi dans un petit village de l’Aveyron, Saint-Geniez-d’Olt.
Il a fait des études d’anglais entre Toulouse et les États-Unis puis travaillé quelques années dans le milieu de l’édition, du journalisme et de la traduction.
Charles Baudelaire, Edgar Allan Poe, Stephen King et Clive Barker sont les auteurs qui l’influencent le plus, il a commencé à écrire durant l’adolescence et n’a jamais arrêté depuis.
Il a commencé par publier ses premiers textes au sein de divers magazines et anthologies durant les années 1990 et jusqu’au début des années 2000. Ses œuvres mélangent thriller, surnaturel et personnages décalés. Il se consacre aujourd’hui pleinement à l’écriture.
En parallèle à ses activités d’écrivain, il est le vocaliste du groupe de death metal Angelizer. Prix Masterton et Prix Polar du festival de Cognac, Cédric Sire est l’auteur de plusieurs best-sellers traduits à travers le monde.
Extrait :
« Des silhouettes.
Approchant sans le moindre bruit.
Il ne sait pas combien elles sont, il a du mal à les discerner au travers de l’obscurité et du voile de sang qui suinte sur ses yeux. Il songe aux Djinns des légendes, car c’est précisément ce à quoi ces apparitions ressemblent. Des démons avançant avec le vent du désert, masqués par les tourbillons de poussière. Il les devine en train de courir, mais leur course évoque le glissement d’une seule entité, volatile, inexorable. Ils inspectent les corps éparpillés, posent leurs mains sur les visages inertes, s’assurant que l’enfer a accepté son dû, et enfin dirigent leurs viseurs laser droit sur lui. »

La KRONIK d’EPPY FANNY·

VINDICTA DE CEDRIC SIRE AUX EDITIONS METROPOLIS

Roman dédié à Claude Mesplède. La seconde partie de l’interview réalisé et mis en ligne avant cette chronique lui rend un bel hommage.

Avec ce roman, comme Cédric vous l’a expliqué lors de son interview (publiée juste avant cette chronique CF. lien vers ma chaîne YT), il s’émancipe de « Sire Cédric » et de l’étiquette qui colle à ce nom.

Ses lectrices et lecteurs fidèles dont je suis, retrouveront ici la qualité de son écriture et sa patte parfois gore. Ceux qui ne le connaissent pas découvriront un auteur dont on devient accro. Car Cédric, une fois encore, nous offre des personnages attachants, dans lesquels chaque lecteur peut s’identifier.

L’histoire :

Celle de plusieurs personnes dont les univers vont se croiser et se télescoper, dans le sang et la violence. De personnes qui ont fait les mauvais choix et qui devront en assumer les conséquences. Parfois ultimes.

Pendant 10 ans, un petit groupe de militaires œuvre pour la France. En Afghanistan, au Tchad, au Mali, au Nigeria, partout où les intérêts de notre beau pays doivent être défendus. Coûte que coûte. Et peu importent les méthodes et le nombre de morts. Il faut raser des villages entiers en tuant jusqu’aux enfants ? Pour ces soldats c’est un travail. Ils ont été choisis pour le faire. Ce sont des tueurs de la pire espèce que l’armée encourage à s’exprimer.

Extrait P.13 :

« La main de son supérieur accroche de nouveau son épaule.

Pas de sentiment. Tu traites les cibles et tu oublies. Il n’y a pas d’autre façon de faire. C’est reçu ?

Reçu mon Capitaine.

Avec un signe de tête en guise de ponctuation, l’ombre s’écarte et rejoint ses équipiers. La formation se déploie entre les foyers de l’incendie.

Pas de sentiment.

Plus jamais.

Un peu plus loin, son viseur se pose sur la nuque d’une silhouette allongée. Une autre fille voilée, à peine majeure, qui feint – mal – l’immobilité de la mort. Ses membres, agités de tremblements nerveux la trahissent.

Cette fois, le doigt du soldat presse la détente sans hésiter.

Traiter les cibles. »

Ils n’ont plus de noms, que des pseudos et ils ont toutes latitudes pour agir. Sans limite.

Ont-ils encore une âme et une part d’humanité ?

L’un d’eux n’est pas en capacité de se réinsérer dans la vie normale. Hier il tuait pour l’armée, aujourd’hui des contrats, via le Dark Web, lui permettent d’assouvir ses instincts, ses pulsions. Sa normalité à lui c’est de tuer sans laisser de trace. Et pour ça il est exceptionnel.

Puis il y a ce groupe de jeunes de cité. Ils galèrent. La vie n’est pas simple pour eux : Damien qui bosse comme un dingue pour aider sa mère et son petit frère. Le père les a abandonnés. Il y a Audrey, la petite amie de Damien qui vit avec lui. Elle a fui son propre foyer, son père violent, voire pire, et sa mère qui laissait faire. Puis il y a Elie, chauffeur-livreur et leur pote Driss. Elie a été informé qu’une transaction illégale va avoir lieu chez un bijoutier. De l’argent sale va changer de mains. Ils ont décidé que c’est dans les leurs de mains que le pognon finira. Avec les infos qu’a Elie le coup sera vite fait. Pas de blessé, les doigts dans le nez ce casse. Le bijoutier la fermera puisque l’argent volé n’est pas censé être en sa possession. Eux les oubliés, les galériens de la cité, avec leur jeunesse et leur crédulité sont certains que c’est leur chance, enfin, celle à laquelle eux aussi ont droit.

Oui mais voilà, rien ne se passe comme prévu. Les informations sur le casse étaient erronées. L’un deux est blessé, les voilà en cavale et en panique, sans l’argent escompté. Dans leur fuite éperdue en voiture ils fauchent la vie d’une enfant. Valentine, victime collatérale de 7 ans.

Alors que le braquage désastreux a lieu, deux flics planquent dans une camionnette. Ils sont en charge de la surveillance de la bijouterie. Deux flics qui se trouvent là comme en punition. Deux ripoux : Fleurot, ancien des stups et Salva ex de la Crim. Ils se retrouvent désormais au groupe surveillance. En prenant des photos, Salva remarque la Clio et l’attitude curieuse des quatre jeunes. Puis les coups de feu, la fuite, l’enfant renversée. Fleurot lui interdit de quitter leur poste d’observation, interdiction relayée par leur supérieur, mais Olivier Salva ne peut si résoudre. Car ripoux oui mais avec un grand cœur et des valeurs. Olivier est rongé par la culpabilité. S’il était intervenu au moment des coups de feu la fillette serait vivante. Il lui tiendra la main jusqu’à ce que les secours arrivent, et attendra dans les couloirs de l’hôpital pour savoir si elle vivra.

Hôpital où il fera la connaissance de Marie, la mère de la fillette. Une jeune femme qui écrit des livres pour enfants et dont tout l’univers s’écroule. Olivier s’interroge sur l’absence du père. La réponse de Marie claque : il n’y en a pas. Salva promet de retrouver les responsables. Il faut dire que Marie est très belle.

Devant le fiasco du casse la tension monte entre les jeunes. Chacun tente de survivre à sa façon, de reprendre le cours de sa vie. Mais la culpabilité, la colère, le ressentiment, l’incompréhension, la trahison s’expriment. Les erreurs ne peuvent pas toujours s’occulter, s’oublier.

Et soudain les choses s’emballent.

La mort frappe avec une violence incroyable le bijoutier. Un SDF explique à Salva avoir vu un type tout maigre. Sans visage. Un spectre…. Quitter les lieux. Puis le corps d’un vétérinaire est retrouvé. Enfin ce qu’il en reste.

Et si tout cela était lié ?

Tous les responsables, de près ou de loin, de la mort de Valentine semblent être en danger. Un tueur sans pitié les traque. Lorsque la vengeance est lancée rien ne peut l’arrêter. Salva fera pourtant tout pour sauver les quatre jeunes de l’enfer qui les attend….

« Elle se nomme vindicte ; elle n’est pas neutre, et ne vous permet pas de rester neutre. Qui l’aperçoit frissonne du plus mystérieux des frissons . »

Victor Hugo, Les Misérables

Un livre fort. Totalement abouti, cette fois je peux le dire Cédric !

L’auteur nous entraîne dans un récit haletant qu’il est impossible de lâcher. Et l’on vibre d’émotions à chaque page. Avec ce roman, l’auteur nous emporte et nous manipule avec brio. Pour ma part, j’en redemande.

Vlast – Peter Higgins


La journée fantastique

Vous le savez déjà, le 28 du mois chez Collectif Polar c’est notre journée SFFF.

Aujourd’hui c’est un peu spécial car une alors vous proposé une double chronique.

J’ai je l’avoue un peu obligé notre Jumelle infernale à lire ce titre que j’avais énormément aimé.

Alors c’est partie pour le double chronique de Vlast 2/2


Le livre :Vlast de Peter Higgins. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Arnaud Demaegd. Paru le 19 mars 2014 au éditions Bragelonne. 20€ ; (505 p.) ; 21 x 14 cm.

4ème de couverture :
L’inspecteur Vissarion Lom est convoqué à Mirgorod, la gigantesque capitale du Vlast, a n d’arrêter un terroriste, l’insaisissable Kantor. Un état totalitaire usé par une guerre interminable doit se montrer impitoyable. Mais Lom découvre la corruption qui règne à Mirgorod, entre police secrète et révolutionnaires, cabarets et artistes maudits. En compagnie de la lle de Kantor, il dévoile une conspiration qui s’étend aux plus hautes sphères du parti. Il est temps pour lui de changer de camp…

 

 

L’auteur : Peter Higgins a enseigné l’anglais à Oxford, il a été chercheur et a travaillé dans la haute administration britannique.

 

 

 

 

Extraits :
«A l’instant où Kantor referma la porte derrière eux, il sentit l’attention d’Archange pénétrer dans la pièce. Les meubles craquèrent sous l’effet de la peur.
-Encore ! fit Kantor à mi-voix. Non ! Non, je ne veux pas.
Archange l’ouvrit et entra en lui. Se fraya violement un chemin dans sa tête. Occupant out. Prenant tout. N’omettant aucun secret. SA voix était comme un murmure rugissant.»

Les Lectures de Maud :

Vlast de Peter Higgins

Nous voici au cœur d’une conspiration à l’échelle étatique. Lom Vissarion de la campagne est appelé dans la grande ville afin de débusquer un terroriste qui sévit depuis des décennies et qui malgré un passage en prison, continue ses activités, semblerait-il en toute impunité. Sa mission initiale va être totalement chamboulée par ses découvertes qui vont l’amener à se remettre en question, que se soit personnellement ou sa fonction.

Sa rencontre avec Maroussia va être déterminante et va l’amener à se poser pas mal de questions. De nombreuses embuches l’attendent, viennent-elles tous de l’ennemi ? Mais en fait, qui est vraiment cet ennemi ? Jusqu’où vont ses ramifications ? Vers qui peut-il se tourner ? Avoir confiance ? Sa poussière d’ange, son éducation, ses valeurs vont être mises à mal, Lom va devoir se battre pour découvrir la vérité et surtout rester en vie. En effet, les menaces pleuvent de partout, mais de qui viennent-elles réellement ? N’est-il pas lui aussi une victime du système ? et qui est vraiment Kantor ?

Dans un monde en pleine implosion, où les êtres ne sont pas forcément ce qu’ils semblent être. La protection et le fichage du peuple sont des priorité, et pourtant ? Que recèlent ces dossiers ?

Un plaisir de lecture, une très belle découverte. L’auteur livre ici un volet passionnant et un véritable thriller haletant qui va pousser le personnage principal dans ses retranchements. Une écriture fluide, entraînante, sans temps mort ; les doctrines étatiques volent en éclat et mettent en lumière un sombre complot. Au vue de la fin, une suite pourrait être attendue. Un livre que je recommande évidemment !!!! Je remercie Geneviève pour le conseil de lecture !

Version  lue : Numérique

Mention : Premier Roman

:

 

Vlast de Peter Higgins


La journée fantastique

Vous le savez déjà, le 28 du mois chez Collectif Polar c’est notre journée SFFF.

Aujourd’hui c’est un peu spécial car une alors vous proposé une double chronique.

J’ai je l’avoue un peu obligé notre Jumelle infernale à lire ce titre que j’avais énormément aimé.

Alors c’est partie pour le double chronique de Vlast 1/2


Le livre :Vlast de Peter Higgins. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Arnaud Demaegd. Paru le 19 mars 2014 au éditions Bragelonne. 20€ ; (505 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv :

La corruption règne à Mirgorod.

Entre agents du parti et révolutionnaires fanatiques, cabarets décadents et exécutions sommaires, survivre est un défi quotidien dans la gigantesque capitale du Vlast. Lorsque l’inspecteur Vissarion Lom est chargé d’arrêter un terroriste qui menace le parti, il ne se doute pas encore que son enquête va le mener jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir, et lui faire découvrir un secret lié à son propre passé. Sa rencontre avec une mystérieuse jeune femme, Maroussia, proche du criminel qu’il est censé traquer, achève de faire basculer Lom dans un monde de faux-semblants, ambigu et vénéneux…

 

L’auteur :Peter Higgins a enseigné l’anglais à Oxford, a été chercheur et a travaillé dans la haute administration britannique. À mi-chemin entre Boulgakov et John Le Carré, unanimement salué par la critique, Vlast nous entraîne dans les bas-fonds d’un univers crépusculaire et envoûtant.

 

 

 

Extrait : 
C’est le futur. Un futur qui requiert de nouveaux modes de pensée : une nouvelle philosophie, une nouvelle moralité, un nouveau genre d’hommes. Tout ce qui est vieux et inutile doit être détruit pour laisser la place à l’avenir.

La journée fantastique  de Ge

La journée fantatisque est un peu spéciale aujourd’hui.

En effet, je vais vous parler d’un roman que je qualifierais de transgenre.

De plus en plus les genres SF et polar se mélangent. L’anticipation devient elle aussi un nouveau genre du roman policier.

On va au-delà de la simple critique sociale, on projette celle-ci pour imaginer le monde de demain et tenter de décrypter ses dérives possibles.

Dans une Russie soviétique imaginaire l’inspecteur Lom traque un terroriste. Il côtoiera des agents du parti, des révolutionnaires fanatiques, des anges, des géants… Entre les éléments déchaînés et les exécutions sommaires il découvrira les secrets les mieux gardés. Et découvrant la corruption qui gangrène la ville, le policier décide de rejoindre la résistance. Un roman dense et déroutant basé sur l’histoire et les mythes de la Russie. Un roman comme je les aime, mélangeant les genres, les détournant. Jouant avec tous les codes connus pour nous faire vivre une aventure épique et singulière. Une Urban Fantasy très réussi, un excellent premier roman , il n’est pas sans me rappeler « The City and the City » de China Mieville.

Vlast de Peter Higgins : le souffle et l’âme russe entre légendes et roman noir.

 

Les petits + de Collectif Polar

C’est le premier titre de la nouvelle collection de Bragelonne : L’Autre.

« Il y a toujours eu dans notre catalogue des ouvrages différents de l’image générale de Bragelonne : des romans littéraires, hybrides et originaux. Des romans qui ne correspondent pas exactement à un genre, une cible, une catégorie. Soit parce qu’ils mélangent les genres, les références et les inspirations au point de ne pouvoir être rangés sous aucune des étiquettes habituelles (SF, Fantasy, fantastique, policier etc.). Soit parce que les éléments imaginaires n’y sont qu’un mince prétexte, se fondent dans le récit plutôt que d’être développés et explorés, et servent à déclencher et mettre en valeur une histoire essentiellement humaine et universelle. Ce sont des romans fusion, inclassables, étonnants, qui surprennent et provoquent, mais savent aussi toucher et convaincre le grand public par leur puissance, leur personnalité et leur sensibilité littéraire. L’Autre Bragelonne est la collection qui réunit désormais ces ouvrages. » (cf. Le blog de Bragelonne).

Petite précision de votre porte flingue :

Vlast et le premier tome d’une trilogie. Mais les deux tomes suivant ne sont toujours pas édité en français. Alors si Bragelonne nous entend, s’il vous plais, faites que la suite de Vlast soit vite disponible pour les lecteurs car nous sommes tous, je suis très impatiente de lire le suite et la fin de cet opus qui déjà semble être une oeuvre majeur.

Population : 48 – Adam Sternbergh


Le livre : Population : 48 d’Adam Adam Sternbergh. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Charles Bonnot. Paru le 11 octobre chez Super 8 Editions, 22 € ; (418 p.) ;  20 x 14 cm

 

4ème de couverture :

Caesura Texas – une minuscule bourgade clôturée, au fin fond du désert. Population ? 48 habitants. Des criminels, a priori. Ou des témoins. Comment savoir ? Tous ces gens ont changé d’identité, et leur mémoire a été effacée. Pour leur bien. Dans l’optique d’un nouveau départ.

En échange de l’amnistie, les résidents doivent accepter trois règles simples : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur, et aucun retour possible en cas de départ. Une expérience unique, menée par un mystérieux institut. Pendant huit ans, tout ce petit monde est resté à peu près en place. Jusqu’à aujourd’hui. Errol Colfax, en effet, s’est suicidé… avec une arme qu’il n’aurait jamais dû posséder. Puis Hubert Humphrey Gable est assassiné. Calvin Cooper, le shérif local, est contraint de mener l’enquête. Ce faisant, il risque de déterrer des secrets que l’essentiel des habitants – y compris lui-même – auraient préféré voir rester enfouis. Trop tard pour faire marche arrière. Bientôt, un irrépressible déferlement de violence va s’abattre sur les rues poussiéreuses de Caesura…

Férocement drôle, comiquement féroce, Population : 48 – le troisième roman d’Adam Sternbergh – est aussi un redoutable page-turner où, quelque part entre Tarantino et La Quatrième Dimension, aucun personnage n’est vraiment ce qu’il paraît être.

 

L’auteur : Adam Sternbergh est un journaliste américain, il fut entre autres responsable des pages culture du New York Times.. Population : 48 est son second roman, après le fossoyeur, publié en 2014.

 

 

 

Extrait :
“Je ne veux pas un nom négroïde”, dit La Tige-Tatouée d’une voix calme en regardant Robinson dans les yeux.
Il n’y a plus qu’eux deux dans la pièce. Robinson ne se souvient que trop bien de ce genre de défi, du temps où il était flic à Baltimore. Il plante son regard dans celui de La Tige pour lui faire comprendre qu’il a relevé sa provocation de petit branleur mais qu’il ne la commentera pas et ne se laissera pas troubler par celle-ci.
“Jefferson, Johnson, Thompson. Je ne veux pas d’un nom négroïde, répète La Tige.
– C’était vos noms avant d’être les nôtres”, remarque Robinson.
– La Tige cède le premier. Il jette un coup d’oeil à la liste et revient à Robinson. “Tous les bons noms sont pris. Je ne peux pas avoir Wayne ?
– Non.
– Et Dean ?
– Déjà pris.
– Bah merde.
– Quarante-quatre personnes sont arrivées ici avant toi, il y a moins de choix. Mais tu n’es pas obligé de prendre un nom d’homme, tu sais. Tu peux choisir chez les femmes.”
La Tige regarde cette liste et s’arrête sur Marlène Dietrich
“Et Dietrich ?
– Il est disponible. Mais il te faut aussi un prénom. De la liste des vice-présidents.”
La Tige regarde la deuxième liste. “C’est bizarre, non ? D’arriver aussi haut au cours de ta vie et d’être ensuite complètement oublié ? C’est vrai, qui se souvient de Schuyler Colfax ? Ou de John C. Breckinridge ?
– Les livres d’histoire.
– Croyez-en mon expérience, les bouquins d’histoire sont le dernier endroit où il faut aller chercher la vérité.” La Tige consulte de nouveau la liste. Pendant qu’il lit, Robinson observe les tatouages qui recouvrent ses bras et son cou, jusqu’à son menton comme un col de uré. Des visages entourés de halos ou de roses, des hommages visiblement. Des femmes, des hommes et même quelques jeunes enfants. Tous arborent un sourire béat.
“Tu connais tous ces gens ? demande Robinson.
– Oui. Enfin je les ai connus.
– Et ils sont tous morts?
– Oui monsieur.
– Ça en fait de la douleur sur les bras”, remarque Robinson, qui commence à reconsidérer son absence de compassion pour l’homme assis en face de lui.
La Tige tend les bras et remonte les amples manches de sa chemise en lin pour observer ses tatouages comme un homme inspectant un costume coûteux. “oui , monsieur, c’est la pure vérité.” puis il pose le doigt sur un nom en bas de la liste des vice-présidents. “Et dick ?
– Dick. Il est à toi.
– Dick Dietrich, sourit La Tige. Ça sonne bien, vous trouvez pas ?
 – En tous cas ce n’est pas un nom négroïde, fait remarquer Robinson en l’inscrivant dans le registre.
– Dick Dietrich.” La Tige hoche la tête, satisfait de son choix. “Voilà, ça c’est un nom que l’Histoire va retenir.”

Chronique d’une flingueuse

les petits mots de Flo

Une ville minuscule dans le désert texan, éloignée de tout, de tous : Caesura, surnommée également Blind Town.

Caesura accueille 48 habitants particuliers, puisqu’ils ont en commun d’avoir une partie de leur passé qui a été effacé. Parmi ces hommes et ses femmes, un enfant, Isaac, né à Caesura, il y a 8 ans, au tout début de l’arrivée de ces drôles de colons.

La vie s’écoule lentement, sous les yeux et le contrôle du shériff, Adam Cooper, et est soumise à des règles très précises : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur et en cas de départ, aucune possibilité de revenir à Caesura.

A leur arrivée à Caesura, tous doivent choisir un nouveau nom et un nouveau prénom, obligatoirement parmi ceux des anciennes stars de cinéma et d’anciens vice-présidents.

Après 8 années de calme absolu, Caesura va faire face à ses premiers meurtres et la paisible bourgade va devenir un terrain particulièrement dangereux pour ses habitants.

Inutile d’en dire plus, au risque de trahir l’intérêt de ce roman que j’ai fini par beaucoup aimé.

Des personnages vraiment attachants, qui vont se révéler au fur et à mesure des chapitres, un rythme qui va croissant et en filigrane un propos plutôt intelligent

Mention spéciale pour Calvin Cooper,le shérif de Caesura, Sidney Dawes, sa nouvelle acolyte et Bette Burr, parmi les derniers arrivés.

“Férocement drôle” n’est pas ce que je dirais à propos de ce roman, contrairement à ce que nous vante la 4ème de couverture. Toutefois, il offre une réflexion très intéressante sur le droit à l’oubli, sur certains de nos fantasmes. En effet, qui n’a pas rêvé un jour d’effacer tout ce qu’il y a eu de terrible dans sa vie, de redémarrer en quelque sorte à zéro, d’avoir oublié toutes ses fautes ?

Population : 48 n’est pas passé loin du coup de coeur pour moi, sans doute parce que les premiers chapitres ont été un peu laborieux mais Adam Sternbergh a réussi à m’emmener dans son univers, avec ce thriller vraiment original. Alors si vous souhaitez une lecture dépaysante, invitez-vous pour quelques heures à Caesura !

La fenêtre de Dieu de Cédric Blondelot


Tolbiac Juillet : la fenêtre de Dieu de Cédric Blondelot. Paru le 30 avril 2017 aux éditions La Völva. 20€. (405 p.) ; 21 x 15 cm

4ème de couverture :

De l’autre côté de l’Atlantique, à Chicago, une femme meurt dans l’incendie de son appartement.
Deux ans plus tard, le 31 Juillet 1979, rue de Tolbiac, en plein Paris, un nouveau-né est abandonné dans un kiosque à Journaux. Alors qu’il chiait sur Le Monde et pissait sur L’humanité, un couple le trouva et l’adopta.
Il fut appelé : Tolbiac Juillet.
Adulte, Tolbiac devient magicien. Ne lui demandez jamais de tour avec des colombes, il les déteste. Quant à son lapin, il n’en a plus. Il l’a bouffé la veille. Mais Tolbiac n’est pas seulement doué pour la prestidigitation, il est aussi un pickpocket de génie.
Sa vie bascule tandis qu’il fume une cigarette dans les toilettes d’une piscine. Il n’en sortira jamais.
Aspiré par la cuvette. Oui, aspiré !
L’impensable se produit alors. Dans le monde où il émerge, Tolbiac découvre la vie qu’il aurait eue s’il n’avait pas été abandonné.

 L’auteur : Cédric Blondelot  est né en  Seine-et-Marne en 1976… il avoue «  l’année de la création du Loto, du premier vol commercial du Concorde, de la finale des Verts à Glasgow ou encore la même année qu’Audrey Tautou, j’étais destiné au métier de laveur de nuages pour qu’ils restent toujours bien blanc, lorsqu’un arc-en-ciel m’a fait dégringoler jusqu’à un de ces bancs de l’université. (note : « les nuages, , l’arc-en-ciel » ce n’est pas moi, formule prêtée généreusement par Grofasol des Bisounours)
Ainsi avant d’écrire, j’ai longtemps calculé. Traqué le X, cité l’alphabet grec sans pour autant parler un mot de cette langue et cuisiné tout un tas de molécules sans jamais y goûter. La science m’a raconté tellement d’histoires au sens noble que moi aussi, un jour, je me suis mis à en écrire. Les équations sont devenues des gens, leur résolution, leur désillusion ; la vie.
Leur folie, une fiction. »
Aujourd’hui scénariste pour la télévision et le cinéma, La Fenêtre de Dieu est mon premier roman

 

 Extrait :
« Ensemble, on avait aimé, fait l’amour, pris des cuites, des gifles, appris la magie et porté le cercueil de Rustrelle. Parfois, on n’avait plus faim l’un de l’autre et il restait six mois dans la penderie. Jusqu’à ce que tout me paraisse fadasse. Sans lui sur le dos, je n’attirais que la compagnie des mous et des cœurs tièdes. Si je n’avais jamais souhaité le réparer, c’était pour ne rien oublier. Ses cicatrices étaient les mienne et qui sait, peut-être un peu aussi celles de Kurt Cobain. Adolescent, après l’explosion du groupe Nirvana, j’imaginais qu’il l’avait réellement porté. Ce qui finalement ne m’attira que des ennuis ; entre ceux qui tentaient de me dépouiller et les autres qui me présentaient comme le plus gros mytho de la terre… En décidant de lui faire peau neuve, contre mon gré, le Vieux avait senti que je devais tourner la page. Il avait eu du nez. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

La fenêtre de Dieu de Cédric Blondelot

Ni mystique ni tout à fait fantastique, l’auteur s’amuse avec les malheurs d’un enfant abandonné dans un kiosque à journaux à l’angle de la rue de Tolbiac, fin juillet … il s’appellera Tolbiac Juillet. Ca c’est pour l’intrigue principale. Nous suivons également les malheurs d’un perfecto sans fermeture et ça c’est l’intrigue secondaire. La quatrième dimension fait partie également de la galerie de personnages, tous hauts en couleurs et souvent complètement barrés … un délice ! Il s’agit néanmoins d’un vrai roman à suspense, dans un style tout à fait personnel qui fait de ce roman un « page turner » attachant et original. J’attends la suite … ou du moins le prochain roman de ce nouvel auteur

Roman lu et chroniqué à sa sortie … la suite c’est pour très bientôt et l’auteur en parlera sur le blog !

Lu en version numérique. Le format broché est indisponible seules quelques occasions sur le marché – epub 5.90 € ( 351 pages) ; format  papier épuisé – numérique exclusivement

Extraits 
« – Ta grande oeuvre. Gaudí a fait la Sagrada Família, toi tu as bâti de superbes chiottes »
« Il y a trois ans, j’avais franchi la ligne jaune et dans la foulée, la rouge. Je m’étais rapprochée de vrais pickpockets, ceux de la rue pour retrouver la flamme et me comparer à eux.
« Le professeur libéra ses doigts et caressa le minuscule goulet de verre.
– Et nous voici avec un passage ! Einstein a désigné ce tunnel : un trou de ver. Mais c’est là que la théorie et votre expérience s’opposent catégoriquement, reprit-il. Pour voyager d’un univers à l’autre, il est prouvé que la gravité serait telle que votre enveloppe corporelle n’en sortirait pas indemne. Elle serait littéralement broyée. À l’heure actuelle, il en existe plusieurs types : le trou de ver de Schwarzschild, de Lorentz.., mais ce sont des solutions mathématiques, non des objets réalistes. D’ailleurs, ni Einstein ni Rosen n’entrevoyaient la possibilité de maintenir ces connexions eu égard au caractère instable de fluctuations quantiques. »
 

Extinction de Matthew Matter


Le livre : Extinction de Matthew Matter. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christine Barbaste. Paru le 12 novembre 2015 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir. Ebook, 14€99 ;. (480 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv

Les situations les plus extrêmes révèlent nos pires instincts. 

Alors qu’une gigantesque tempête de neige s’abat sur Manhattan, Internet s’effondre, entraînant dans sa chute les infrastructures municipales : l’électricité, l’eau courante… Le black-out est total, les vivres viennent à manquer. Dehors, c’est la loi de la jungle, entre pillages et épidémies. On accuse les Chinois, les cyberpirates. La faim, le froid, la soif guettent à chaque coin de rue – mais l’ennemi le plus redoutable partage sans doute votre palier…
Dans la résidence de Chelsea où, hier encore, les voisins se pressaient joyeusement autour d’un barbecue, confiance et solidarité s’érodent peu à peu. Mike Mitchell, jeune père et ingénieur aisé, sait que la menace peut surgir de partout. Aucune barricade ne peut garantir contre la trahison, l’égoïsme, la paranoïa… Sa vie, celles de sa femme et de son fils ne dépendent que de son jugement. À mesure que la communauté se disloque, l’extinction opère son effroyable sélection naturelle…

« Tellement bien, j’aurais aimé avoir cette idée moi-même… cette histoire m’a marqué à jamais. » Hugh Howey, auteur de Silo

 

L’auteur : Matthew Mather a débuté sa carrière professionnelle au Center for Intelligent Machines (CIM) à l’université McGill à Montréal. Il a également travaillé pour plusieurs start-up couvrant divers domaines, dont la cyber-sécurité, la nanotechnologie informatique, les dossiers médicaux électroniques ou encore les systèmes de prévision météorologique. Matthew Mather vit entre Montréal et Charlotte en Caroline du Nord. Extinction est son second roman, et le premier chez Fleuve Éditions. Visitez son site : matthewmather.com

 

Extrait :
 La lumière déclinait et la neige tombait plus dru ; il y avait de nouveau du blizzard dans l’air. Au retour de Penn Station, nous avions décidé de pousser tant bien que mal jusqu’à Meatpacking, où se trouvait le garage de Chuck. Nous avions cheminé le long de rues quasi désertes, sauf lorsque nous étions passés devant l’hôtel Gansevoort, sur la Neuvième Avenue. 
Une foule impressionnante était massée devant le bâtiment, encore illuminé comme un sapin de Noël, et exigeait à cor et à cri de se réfugier dans l’hôtel de luxe. Une armada d’imposants cerbères lui tenait tête. Tout le monde hurlait.

 

Avis de Lecteur

La recommandation de Jean Luc

Extinction de Matthew Matter

Le roman “Extinction” de Matthew Matter avec sa couverture m’a tout de suite attiré, je l’avais raté lors de sa sortie et en lisant récemment le quatrième  de couverture, j’avais de suite penser à un blockbuster américain !

Et je dois dire que ce roman est plutôt réussi …

Vous l’aurez compris, c’est bien un roman américain, dans la mesure où toute l’action se déroule aux Etats Unis avec une famille américaine plutôt bobo qui va être confrontée à un scénario catastrophe.

L’idée de base est celle d’un black out généralisé du cyberespace qui par effet domino, va paralyser l’économie, le réseau électrique et le réseau de distribution d’eau. L’auteur dépeint une situation tout à fait crédible, il met en avant la faiblesse de nos économies et distribution de ressources qui reposent sur un réseau internet qui demeurent le point faible de pays tels que les états Unis où même l’Europe en particulier.

La catastrophe démarre doucement puis monte crescendo, l’auteur met en scène des New-yorkais qui au fil du temps vont perdre tous leurs repères et sombrer peu à peu dans une lutte sans merci pour leur survie en plein cœur d’un hiver glacial.

Et là, je dois dire que ce roman est un véritable page turner, les personnages évoluent dans un lieu clos et les relations et interactions entre les individus sont réalistes et effrayantes à la fois.

Toutefois, un petit bémol certains personnages sont un peu creux, mais l’auteur contrebalance ce défaut  par une connaissance des risques liés à une paralysie complète du cyberespace et parvient à nous happer dans son univers de fin du monde…

Au final, un bon roman catastrophe qui met en exergue les faiblesses de nos sociétés hyper connectées, l’auteur à un moment n’hésite pas à dire que le préfixe “cyber” devient superflu puisqu’il impacte directement nos vies et non seulement le monde virtuel…

Cela forcément porte à réflexion, pour moi un roman prenant et intéressant même si sa construction peut paraître prévisible par moment.

L’Enfant et la Louve de Henri Loevenbruck


Le livre : La Moïra : le cycle des loups l’Intégrale, tome 1 L’Enfant et la Louve de Henri Loevenbruck. Paru le 4 Octobre 2017 aux éditions J’Ai Lu. 15€ ; (957 p.) 19 x 13 cm

4ème de couverture :
Agée de treize ans, Aléa est une orpheline solitaire vivant de menus larcins. Mais, en dérobant un jour un anneau, elle hérite de pouvoirs étranges. Serait-elle appelée à devenir le Samildanach, l’élu des druides à qui revient la charge de façonner l’avenir du monde ? Chassée par des hommes qui la craignent ou la vénèrent, Aléa doit d’abord apprendre à maîtriser ses nouveaux pouvoirs au plus vite… Pendant ce temps, dans la forêt, Imala erre, seule. Rejetée par les siens, mise au ban de sa meute, cette louve blanche cherche aussi sa place dans le monde. L’espoir de triompher d’un futur incertain réunira la louve et l’enfant. Car c’est à une destinée de légende que sont promis ces deux parias..

L’auteur : Henri Loevenbruck est né à Paris en 1972. Il est écrivain, anthologiste, journaliste et traducteur. Il est l’auteur de plusieurs scénarios pour le cinéma et d’un thriller haletant, Le Testament des Siècles. Avec La Moïra, il met en scène un univers mythologique et naturaliste proche de celui que peint Le Seigneur des Anneaux, dans lequel se révèle sa passion pour les loups, dont il a étudié les mœurs.

 

 

 

 

Extraits :
« La mémoire de la terre est étrangère à celle des hommes. On croit tout connaître de l’histoire et du monde, mais il est des âges oubliés où se croisaient encore mille merveilles aujourd’hui disparues. Seuls les arbres se souviennent, et le ciel et le vent. Et si, un soir d’été, l’âme bienveillante vous vous allongez dans l’herbe et vous les écoutez le cœur ouvert, vous entendrez peut-être cette histoire d’un autre temps, au pays de Gaelia; celle de la louve blanche et de l’enfant qu’on appelait Aléa.»

La Journée Fantastique  par
Les Lectures de Maud :


 

Dès les premières pages, me voici entraînée vers une autre monde « Gaélia », composé de plusieurs royaumes Harcourt, Sarre, Galatie, Bisagne et Terre-Brune, sous la houle d’un Roi, plus préocupé actuellement par son mariage que par ses sujets. Aléa, jeune adolescente, orpheline, tente de vivre et survivre dans la ville de Saratea. Sa vie va être totalement bouleversée lorsque que sur une plage elle s’empare de la bague d’une mort. Que va lui conférer cette possession ? Des pouvoirs, en effet mais aussi de gros ennuis. Elle va faire la connaissance de Mjolln, un nain, Faith une barde et Phelim un druide. Ensemble ils vont s’unir autour de la jeune fille pour la protéger des puissances qui souhaiteraient s’emparer d’elle et de son bien. Elle va devoir grandir malgré elle plus vite qu’elle ne l’aurait dû, apprendre à se battre et à maîtriser la flamme qui grandit en elle. Elle est attachante, et assoiffée de connaissances. Elle va d’abord les apprivoiser ses compagnons de routes avant de leur faire confiance.

Le Royaume doit également faire face aux Tuathanns, qui chassés il y a plusieurs décennies de l’île, souhaitent revenir sur leurs Terres. Une guerre se prépare, les alliances se font et se défont selon certains critères pas forcément logiques dans un premier temps. Les jalousies et méprises resurgissent.

Imala, louve blanche, a dû elle aussi faire face à de multiples mésaventures, porter ses louveteaux, être chassée de sa meute. Rencontrer des Verticaux qui vont tour à tout être agréables ou sanguinaires. Elle se sent différentes des autres, à la fois solitaire et attirée par une force.

Que se passera-t-il lors de sa rencontre avec Aléa ?

L’auteur, signe ici un magnifique premier volet, un univers même si proche du Seigneurs des Anneaux, n’en est pas moins original et différent. Proche d’un conte, avec ses nombreuses références à la magie, à la natures, aux croyances ancestrales, cet opus n’en est pas moins puissant tant pas son histoire qui intrigue et qui donne très envie de se plonger dans la suite, que par cette écriture littéraire et délicate, très envoûtante.

Après cette découverte je ne manquerais pas de me plonger dans la suite, La guerre des Loups et finir avec La Nuit de la Louve.

Version lue : Broché

Bird Box de Josh Malerman


Le livre : Bird box : n’ouvrez jamais les yeux de Josh Malerman. Traduit de l’américain par Sébastien Guillot. Paru le 17 septembre 2014 chez Calmann-Levy. 20€90 ;. (373 p.) ; 23 x 15 cm
4e de couv : 
La plupart des gens n’ont pas voulu y croire.

Les incidents se passaient loin, sans témoins.

Mais bientôt, la menace s’est rapprochée, a touché les voisins.

Ensuite, Internet a cessé de fonctionner.

La télévision et la radio se sont tues.

Les téléphones ne sonnaient plus.

Certains, barricadés derrière leurs portes et leurs fenêtres, espéraient pouvoir y échapper.

Depuis qu’ils sont nés, les enfants de Malorie n’ont jamais vu le ciel. Elle les a élevés seule, à l’abri du danger qui s’est abattu sur le monde. Elle a perdu des proches, a assisté à leur fin cruelle. On dit qu’un simple coup d’oeil suffit pour perdre la raison, être pris d’une pulsion meurtrière et retourner sa violence contre soi. Elle sait que bientôt les murs de la maison ne pourront plus protéger son petit garçon et sa petite fille. Alors, les yeux bandés, tous trois vont affronter l’extérieur, et entamer un voyage terrifiant sur le fleuve, tentative désespérée pour rejoindre une colonie de rescapés.

Arriveront-ils à bon port, guidés par leur seule ouïe et leur instinct ?

L’auteur : Originaire de Detroit et habitant désormais à Royal Oak dans le Michigan, Josh Malerman est le chanteur et le parolier du groupe de rock The High Strung. Bird Box est son premier roman.

 

Le post-it de Ge

 

Au départ j’ai tout de suite adhéré au postulat de ce livre.

La fin du monde approche. Un fléau, des fléaux  peu à peu touchent les habitants de nos contrés.

Un récit qui alterne entre les scènes du présent (fuite de Malorie et de ses deux enfants sur la rivière) et les scènes qui se déroulent les quatre années précédentes et qui expliquent petit à petit l’arrivée du « phénomène » et ce qui s’est passé ensuite dans la vie de l’héroïne.

Mais qui sont ces créatures mortifères que l’on ne voit jamais et que fuit notre héroïne ? D’ailleurs il ne veut mieux pas les voir sous peine de devenir violent et fou avant de mourir dans d’atroces souffrances psychologiques qui les poussent au suicide.

J’ai beaucoup aimé aussi le courage de Malorie, cette mère courage qui quitte tout pour tenter de sauver ses deux enfant, Fille et Garçon

Nous avons là un bon page-turner, , intriguant et anxyogène à souhait, qu’on ne peut plus lâcher jusqu’à la dernière page.

Une écriture nerveuse, directe contribue  à la tension insoutenable  de ce roman postapocalyptique. De plus, Josh Malerman sait très bien jouer sur nos peurs les plus profondes .

Bref si  j’ai adhéré au postulat de départ, j’ai tout au long de cette histoire tremblé pour nos protagoniste, j’ai simplement trouvé la fin un peu facile.

 

 

Le Dompteur de Pluie – 1 – La Légende des Klungs de Wendall Utroi.


le dompteur de pluie(1)Le livre : Le Dompteur de Pluie – 1 – La Légende des Klungs de Wendall Utroi. Ré édition le 28.02.2019 aux éditions Independent Publishing Platform. 328 pages.

4ème de couverture :
Vous êtes-vous posé la question de savoir ce que serait votre vie si vous aviez toujours, oui toujours, respecté les règles ? Ce matin-là, Kalyn n’y a pas songé un instant, et sur un coup de tête, ou poussé par on ne sait quelle impulsion, il a bravé les interdits. Pouvait-il imaginer que cette action, si folle soit-elle, puisse transformer une vie et de nombreuses autres ? On pourrait appeler cela l’effet papillon, ou le destin, ou la chance. Moi, je crois qu’il s’agit d’une phase de l’évolution. Pour quel devenir ? La ruine, le chaos, le renouveau ou la gloire ? Tout peut si vite basculer dans un monde où survivre ne tient qu’à un fil. Une aventure qui plaira à tous les âges, pleines de rebondissements et de suspense.

wendall utroiL’auteur : Tout d’abord, un grand merci pour votre passage sur ma page auteur, soyez les bienvenus !
Auteur autoédité, j’ai publié mon premier roman en 2014, sans trop savoir ce qu’était ce monde, ni si mes histoires plairaient. Aujourd’hui, après six titres, je sais que j’ai trouvé dans cette activité une passion qui submerge toutes celles que j’avais auparavant. Auteur qui aime se frotter à des registres différents, j’aime tout particulièrement les parcours de vies, qui nous parlent un peu de nous les hommes et les femmes, avec nos forces, nos faiblesses, mais toujours avec beaucoup d’humanité.
Quand j’écris, je me fixe trois objectifs :
– Ne pas m’ennuyer ni ennuyer le lecteur.
– Prendre plaisir à partager des histoires où se nichent les émotions.
– Et surtout parvenir à vous happer jusque la dernière ligne.
Dans mon premier roman, que l’on peut qualifier de Thriller psychologique, je tente de dépeindre l’Homme tel qu’il est; imparfait, perfectible, hésitant, et parfois capable des pires, comme des meilleures choses.
Poussé par l’envie de poursuivre cette aventure, j’ai écrit un second roman, puis un autre pour ne plus m’arrêter

 

Extraits :
«Il pleut depuis trois jours et trois nuits sur le village des Klungs. Pas une minute sans que les gouttes ne frappent les toits de feuilles dans un bruit sourd. Trois jours sans sortir, c’est interminable. Kalyn s’exaspère :
— Mam ! Sérieux, laisse-moi retourner au centre d’apprentissage, je m’ennuie trop ici !
          — Kalyn ne fait pas l’enfant ! Tu sais que tu ne peux pas sortir par ce temps. Tu veux fondre ?
          — Fondre ! Arrête avec ce mensonge disant qu’on peut fondre sous l’eau, j’ai passé l’âge, c’est pour les bambins cette histoire, j’ai passé l’âge ? On a les coques de feuilles de corne, elles protègent très bien, tu le sais, sinon, on n’en ferait pas les toits de nos maisons et les armures aussi. Si ce n’est que ça, j’ai juste à emprunter le chemin couvert ! »

 

Note de l’auteur pour l’achat :

Toute personne effectuant un don à une association telle que Sos médecin, les resto, Unicef, croix rouge etc de trois euros et m’envoyant la preuve de don par mail à wendallutroi@gmail.com recevra le roman en version epub ou mobi ou Pdf. Ils peuvent bien entendu donner plus, c’est à leur discrétion. Ils peuvent également cacher leur vrai nom sur le bulletin de don, s’ils ne veulent pas le communiquer. Ce mode d’achat est valable jusqu’au 20 mars.

Les Lectures de Maud :

carte

Découvrez la carte de OyaThaan « La terre des esprits ».

Nous découvrons à travers ce premier volet, l’Histoire des Klungs, qui sont-ils et leur passé. Les croyances et les peurs ancestrales sont de mise, se transmettant de génération en génération sans que personne ne viennent les remettre en cause.

Pourtant lorsque Kalyn va braver un des interdits, se mettant en danger, risquant ainsi la mort ; quelle n’est pas sa surprise de découvrir qu’il n’en est rien. Il n’est pas mort et a survécu, la pluie n’est donc pas toujours mortelle. Lorsque cette révélation va être faite au clans, chacun va y aller de son interprétation. Jeune Klung de quelques cadran, le voici propulsé chef de famille avec toutes les conséquences liées à cette tâche.

Un personnage très attachant qui ne va avoir de cesse de prouver que bien équipés ils peuvent braver les dangers et ainsi sauver la colonie. En effet les moissons sont de moins en moins bonnes et le rendement moins importants. Pourtant certains ne voient pas en cette révolution une réelle avancée…Redoublant de courage et de témérité il va prendre sa charge à bras le corps. Le danger guette mais surement pas qu’à l’extérieur du clan. Lorsque les secrets s’effritent, Kalyn va se rendre compte que les Sages gardent pour eux la vérité… Sur qui va-t-il pouvoir s’appuyer ? A qui va-t-il pourvoir faire confiance ? Ses épaules seront-elles assez solides pour supporter l’espoir de son peuple ?

Je découvre l’auteur dans son antre de science-fiction, cette histoire même si imaginaire, soulève bien des problèmes qui nous sont contemporains. En effet, les découvertes et avancées ne sont pas toujours bien vues, surtout si elles remettent en cause les croyances et les lois. De plus en maintenant les gens dans la vision d’un certain danger à franchir les limites, n’est ce pas une manière de les garder le contrôle ? De plus, dans cette organisation des Klung, l’auteur soulève également la place de chacun dans cette tribu très bien organisée et autonome. Une lecture qui m’a ravie, il me tarde de connaître la suite !!! J’espère ne pas patienter trop longtemps !!!

Version lue : Numérique

planche

 

Outresable de Hugh Howey


Le livre : Outresable de Hugh Howey. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Thierry Arson. Paru le 2 janvier 2019 chez Actes Sud dans la collection Exofictions. 22€80 ; (336 p.) ; 22 x 14 cm
Présentation de l’éditeur : 
Depuis des siècles le sable a englouti le monde. Un autre s’est créé tant bien que mal parmi les dunes mouvantes, et les plongeurs des sables descendent à de grandes profondeurs pour remonter des ruines figées de l’ancien monde les trésors enfouis dont le troc permet la survie de tous à la surface. Ici, dans cette contrée constamment balayée par le vent, trois frères et une sœur se retrouvent loin les uns des autres. Leur père, qui appartenait à l’élite des plongeurs des sables, a disparu un jour sans aucune explication vers le No Man’s Land, en les abandonnant. Et leur monde semble s’apprêter à en faire autant. Bienvenue dans Outresable, le nouveau roman de Hugh Howey, l’auteur de la trilogie Silo.
L’auteur :  Hugh Howey est né en 1975. Il vit à bord de son catamaran, le Wayfinder. Traduite dans plus de quarante pays, sa trilogie Silo, parue en France chez Actes Sud, a connu un immense succès.
Extrait : 
1 La vallée des dunes
La lumière des étoiles les guidait à travers la vallée des dunes et les terres désolées du Nord. Une douzaine d’hommes avançait en file indienne, le foulard noué au cou et relevé pour protéger les narines et la bouche, dans les crissements du cuir et le claquement des fourreaux. Ils suivaient un chemin sinueux, mais s’ils étaient allés en ligne droite ils auraient dû gravir les monticules sableux et braver le plus fort des rafales de vent. Il y avait le chemin long et le chemin rude, et les brigands des déserts nord choisissaient rarement le chemin rude.
Palmer ruminait ses pensées en silence, tandis que les autres échangeaient des plaisanteries obscènes et des fanfaronnades sur tous les articles du butin qu’ils avaient obtenus. Son ami Hap marchait un peu en avant des autres, dans l’espoir de se faire bien voir des anciens. S’aventurer au cœur de ces terres désolées avec une bande de pillards était plus qu’imprudent, mais Palmer était un plongeur des sables. Il vivait en équilibre sur ce fil du rasoir entre la folie pure et le bon sens. Et puis, avec leurs barbes et leur puanteur corporelle, ces brigands payaient l’équivalent d’un mois pour deux jours de travail. Que représentaient une petite virée dans le désert et une plongée rapide, en comparaison d’un joli tas de pièces ?
La colonne de braillards contourna l’abri qu’offrait une dune au flanc abrupt et se retrouva en plein vent. Palmer ajusta les pans de son foulard et coinça le bord de l’étoffe sous ses lunettes. Le sable gifla de son crépitement le côté droit de son visage, lui indiquant qu’ils se dirigeaient plein nord. Il le savait sans avoir à consulter les étoiles, sans apercevoir les hauts sommets à l’ouest. Que les vents s’apaisent ou se mettent à souffler furieusement, leur provenance était aussi immuable que la course du soleil. Est-ouest, avec ce sable soulevé qui s’infiltrait dans les cheveux de Palmer, lui bouchait les oreilles, s’amassait pour former les courbes croissantes des dunes, et ensevelissait le monde sous mille mètres d’enfer.

 

Chronique de Lecteur : L’avis de Jean Luc

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Avec « Outresable« , Hugh Howey évoque une fois encore, un monde post-apocalyptique, et cela reste excellent !

En effet, une fois commencée cette histoire, il est difficile de s’arrêter et l’auteur nous emmène cette fois-ci, dans un monde englouti par les sables…

J’ai toujours eu du mal avec l’écriture de cet auteur, sans spoiler ce roman génial, les descriptions, en l’occurrence celle des scaphandres des sables et des embarcations qui sillonnent les déserts de sable sont un peu minimalistes et Il m’a été difficile d’appréhender leurs fonctionnements ou même d’imaginer leurs formes sans un minimum d’imagination.

En revanche, toutes les aventures liées aux différentes plongées sont prenantes et petit à petit, on rentre dans le monde particulier de cet auteur. L’auteur fait preuve de beaucoup d’imagination. Le monde qu’il nous dépeint est par moment onirique, tellement il est original, et surtout Hugh Howey est très fort dans ce type d’exercice !

J’ai aussi beaucoup aimé les différents personnages de ce roman, il y est question d’une famille déchirée confrontée à la survie dans un monde hostile dominé par les sables.., il y a de la violence, de l’émotion, et tous les ingrédients pour en faire une belle histoire.

Pour terminer, je me suis laissé porter par cette histoire, j’en suis même venu à regretter qu’elle n’a pas plus été développée, car pour moi, à l’instar de la trilogie « Silo », elle aurait mérité de plus de description et plus de profondeurs dans son traitement.

Mais quoiqu’il en soit « Outresable » avec son univers particulier est déjà une très belle réussite, et je ne peux que recommander sa lecture aux amateurs de SF ..