Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 6, Mickaël Koudero


Nouvelle innovation au collectif Polar : l’interview « bracelet électronique ».

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le sixième auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Mickaël Koudero


Lundi 6h52

Miss Aline : Bonjour Mickaël, nous commençons ici ton assignation à résidence.
Le bracelet électronique est enclenché !
Peux – tu te présenter, en quelques mots, aux lecteurs ?

Mickaël : Bonjour Aline, Danièle et Geneviève

 

Miss Aline : 👍

Dany : Bonjour Mickaël

Mickaël : Me présenter en quelques mots? Mickaël, 36 ans, auteur et scénariste. J’écris depuis tout petit. J’aime aussi les voyages, le cinéma et tout ce qui touche à la culture.

Miss Aline : « Écrire depuis tout petit » ça veut dire quoi exactement ?

Mickaël : J’avais huit ans quand je suis allé pour la première fois au cinéma. Je suis ressorti de la salle, j’ai su que c’est ce que je voulais faire : écrire, divertir, raconter des histoires. J’ai commencé par des scénarios que je m’amusais à tourner avec des copains de l’époque… et j’ai continué ainsi. Je regardais énormément de films, essayé de comprendre leurs fabrications, etc.

Miss Aline : tu es scénariste avant d’être auteur ?

Mickaël : j’essayais de comprendre leurs fabrications, la manière de procéder du réalisateur et du scénariste.
Aline, oui, au tout début, j’ai commencé par la réalisation. J’ai tourné des clips, quelques pubs, des courts métrages. J’ai aussi fais une école de cinéma (ESRA). Sorti de l’école, j’ai travaillé quelques temps comme monteur et réalisateur indépendant. Mais très vite, j’ai compris que seule l’écriture me passionnait réellement. J’ai travaillé comme scénariste à la TV et c’est bien plus tard que je me suis mis à écrire des romans. J’ai cette double casquette : scénariste et romancier.

Miss Aline : Deux professions complémentaires.
Ton roman « La faim et la soif » est sorti récemment. Comment t’es venu l’idée de ce roman ?

Mickaël : Depuis quelque temps, j’avais envie de centrer un roman sur le mythe des vampires . C’est naturellement que je me suis tourné sur la Roumanie (les Carpates, Dracula). Je me suis documenté sur ce pays, ses coutumes et ses traditions. De fil en aiguille, je me suis intéressé à Ceaușescu et les horreurs de sa dictature. À mesure que je me plongeais dans les horreurs commises par lui et la Securitate (sa police politique), je savais que je tenais le sujet de mon roman. L’endoctrinement, le vampirisme, la perte des identités…

Dany : Comment peut-on qualifier ce roman « horreur » ou « thriller » ?

Mickaël : Danièle, à mon sens, c’est un roman de genre Thriller avec quelques touches d’horreur. Pour mes futurs romans, j’ai de plus en plus envie de procéder ainsi : partir sur une base de genre Thriller et flirter avec l’horreur/ le fantastique/ le paranormal selon le sujet du roman ou son ambiance. Ne plus me restreindre à un seul genre défini.

Miss Aline : Lors de ma lecture, j’ai tout de suite été charmée par Raphaël, il est très charismatique. Comment as-tu construit ce personnage ? Est-il ce que tu voulais qu’il soit ou t’a-t-il échappé pour vivre sa propre histoire ?

Mickaël : Merci ! Raphaël appréciera le compliment. 🙂 J’ai procédé avec lui comme avec tous mes personnages. Je calque leurs caractéristiques physiques, leurs gestuelles, etc., à l’acteur ou l’actrice que je pense idéal pour incarner mon personnage à l’écran. Ensuite, je déroule le fil de son histoire, son passé, son passif. Les petits détails qui font une existence. Les premiers temps sont toujours un peu délicats. Je tâtonne, je reviens plusieurs fois sur le parcours de mon personnage, son historique de vie, son CV… Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer mais je cherche sa couleur, sa tonalité. Ça prend du temps… Une fois que j’ai trouvé mon personnage, c’est à ce moment qu’il m’échappe. Qu’il me lance sur de nouvelles pistes d’écriture, qu’il me raconte des détails de vie que je n’avais pas pensés…

Dany : Qu’est-ce qui arrive en premier quand tu veux écrire : un personnage, un contexte historique ou politique, une histoire ?

Mickaël : Ça dépend. Ça peut être une scène, un dialogue, un sujet, une exposition… Par exemple pour Des visages et des morts, c’est la punchline qui m’a lancé sur l’écriture : Nous ne sommes pas face à un tueur en série mais à une série de tueurs. Pour La faim et la soif, c’était le mythe du vampire qui fut à la base du roman.

Miss Aline : Parle nous te tes rituels d’écriture : à quel moment écris, où, musique ou pas, tous les jours …?

Mickaël : J’écris en moyenne 7 ou 8 heures tous les jours. Parfois plus, parfois beaucoup moins. Quand j’arrive à la fin d’un roman, les horaires explosent. Mes rituels sont toujours les mêmes. Avant de me lancer dans un roman je sélectionne cinq à huit bandes originales qui tourneront en boucle durant tout le processus d’écriture. J’écris toujours en musique, ça m’aide à poser mes ambiances, définir mon rythme, installer un univers. Aussi, je n’ai pas de plan d’écriture. Bien souvent j’ai deux ou trois scènes marquantes – les bascules de l’histoire – et un semblant de fin qui connaîtra des dizaines de variantes au fil des jours. Et je me lance. Tous les soirs avant de me coucher, je me repasse visuellement le fil de ce que j’ai écrit et je réfléchis à la suite… Je marche beaucoup avec les images, les dialogues, le rythme. Le fait de ne pas avoir de plan d’écriture figé, m’oblige à repasser souvent sur mon texte afin de peaufiner ce qui a été écrit et de m’assurer que tout tient la route.

Dany : Est-ce que les personnages sont forts au point de pouvoir devenir récurrents ?

Mickaël : Récurrent, non. J’ai du mal avec les personnages que l’on retrouve livre après livre (c’est purement subjectif). Par contre, je pense que certains personnages méritent d’avoir leur propre roman. Par exemple le commandant Philippe Toussaint. J’ai une idée qui fait son chemin. Ce n’est pas pour tout de suite mais il est probable qu’on le retrouve un jour au centre d’une histoire.

Dany : Entre la Roumanie et la Belgique, tu procèdes à des repérages ? Bientôt un roman au Canada ?

Mickaël : Dans la mesure du possible, j’essaye de me rendre sur place pour m’imprégner des lieux et des ambiances. Sinon, je me plonge dans les livres, les guides touristiques ou je regarde des documentaires traitant du pays en question. Pour le prochain roman, effectivement, l’histoire se passera  au Canada.

Miss Aline : On ne va te rendre à ton temps d’écriture, on se retrouve demain pour d’autres questions.
Merci à toi et bonne après midi.

Dany : Bonne soirée 😉😉

LUNDI 21:06

Mickaël : Merci à vous les filles pour cette première salve de questions ! 🙂

Miss Aline et Dany😍👍

Mardi 13:08

Dany : Bonjour Mickaël, pas trop handicapé par le bracelet ?

Miss Aline : Bonjour Mickaël

Dany : Alors 2 romans publiés en France, y en a-t-il un manuscrit qui traîne dans un tiroir et dont tu te dis « un jour … » ?

Mickaël : Bonjour Danièle, bonjour les filles. Le bracelet me démange un peu, mais je tiens bon !
Oui, deux romans publiés en France pour le moment. D’autres viendront. Il faut les écrire. À ce jour, je n’ai pas de roman dormant dans un tiroir… Par contre, j’ai quelques scénarios -long métrage et  court métrage- qui dorment dans les tiroirs de certains producteurs.

Miss Aline : Quelques auteurs se sont essayés au quatre mains… l’aventure te tenterait ?

Mickaël : S’il s’agit d’écrire un roman à quatre mains, non. Je n’en suis pas capable. J’aurai trop de mal à m’adapter au rythme d’une autre personne, à sa vision, sa façon de procéder, etc.  Et puis, je n’en éprouve ni l’envie, ni le besoin.

Miss Aline : Un auteur favori ?

Mickaël : Plusieurs même. En premier, il y a Jean-Christophe Grangé.  Il est le point de départ de beaucoup de choses. Que ce soit par son style, ses histoires, ses personnages, ses ambiances, et le reste, c’est lui qui m’a donné cette envie d’écrire des thrillers. C’est ma référence. Après, j’ai une très grande affection pour Thomas Harris.

Miss Aline : Hannibal Lecter , te verrais faire naître un personnage aussi noir.

Mickaël : Je ne me suis jamais posé la question 🙂 Mais, oui. Créer un personnage aussi noir, intelligent, marquant, est quelque-chose d’unique. De mémoire, je ne connais pas ou peu de tueurs aussi emblématique que le Dr Lecter. Aussi révulsant que fascinant. Sans compter l’interprétation d’Anthony Hopkins qui lui a donné une voix, un visage, un charisme…

Miss Aline : Difficile d’imaginer un autre acteur dans ce rôle .

Mickaël : Complètement. La performance de Hopkins est bluffante. Ses yeux, ce regard… Son phrasé… flippant !

Miss Aline : Surtout le regard .

Revenons sur ton travail d’écrivain. 
Entre le moment où une idée pointe le bout de son nez, tes recherches, l’écriture…. combien de temps ? Qui est ton ou ta première lectrice / lecteur ?

Mickaël : En tout, il faut compter 8 à 10 mois (documentation, écriture, relecture et correction). La faim et la soif a pris un peu plus de temps car j’ai fait un petit break de quelques mois pour voyager . Une fois que j’ai une version présentable terminée, je confie le manuscrit à ma compagne, Mélanie. C’est elle m’a première lectrice. Ensuite arrivent mon éditeur et un petit comité de lecture (3 à 4 personnes). Des personnes qui viennent de différents horizons de lecture. D’ailleurs j’en profite une nouvelle fois pour remercier Valerie Dätwyler (Sangpages) et Anaïs Michelon (Anaïs Serial lectrice) qui ont accepté d’être mes bêtas-lectrices sur La faim et la soif.

Miss Aline : Que fais tu de leurs avis, leurs ressentis, leurs observations ?

Mickaël : J’écoute, je prends des notes, je réfléchis, mais avant tout je m’écoute. Je corrige que si réellement je juge que c’est nécessaire.
D’accord.

Miss Aline : Pourrais-tu écrire un tout autre genre ? Un feel good par exemple ou un polar pour enfant. ?

Mickaël : Ouh là 😀! Non, vraiment pas. Je crois même que j’en suis incapable. On écrit toujours un peu sur ses angoisses, ses peurs, ses terreurs. Sur les choses qui nous frappent. Quand je réfléchis à l’écriture d’un roman, ce sont  des idées noires qui me viennent à l’esprit… des sujets sombres… Donc, non, pas de feel good à l’horizon ou de polar jeunesse 🙂

Miss Aline : Ok n’effrayons pas les jeunes esprits ! 😊
Quels liens entretiens-tu avec tes lecteurs (je parle de ceux qui te lisent après publication)?

Mickaël : Dans la mesure du possible, je réponds à tous les messages que je reçois, les mentions et autres. J’essaye d’être disponible au maximum, c’est important pour moi.

Dany : Alors, parole d’une non lectrice (pour le moment) : Peux-tu me donner 3 bonnes raisons pour que je lise tes romans ?

Mickaël : Le piège! 😄Je dirai que, si tu aimes quand la fiction rejoint le réel, ou l’inverse, si tu aimes avoir peur, frissonner, mais aussi te divertir, et si tu aimes apprendre deux-trois trucs, mes romans peuvent te plaire…

Dany : Ca me va … on règlera nos comptes après s’il y a tromperie sur la marchandise 😉😇😂

Miss Aline😆

Dany : Dernière question : y a-t-il un roman que tu aurais aimé écrire ?

Mickaël : haha ! 😁

Dany : Ceci n’est pas un titre !!

Mickaël : 🙂 Un roman que j’aurai aimé écrire ? Aucun. Chacun roman est unique comme son auteur.

Dany : Belle pirouette l’auteur … Merci de tes réponses et de ta confiance.

Mickaël : 😉 Merci à vous les filles !

Miss Aline : Mickael nous allons te rendre ta liberté. Nous avons été ravies de cet échange avec toi. Merci pour ta disponibilité, et ta gentillesse.
on te souhaite le meilleur pour ton prochain roman que nous aurons grand plaisir à lire.
Excellente journée à toi.

Mickaël : Merci à vous ! J’ai passé un très bon moment ! Un grand bravo pour ce que vous faites et votre implication. Et longue vie au collectif Polar ! À bientôt! ✨

Geneviève : Merci à nos deux flingueuses pour ces auditions et merci à notre auteur Mickaël Koudero pour ces réponses précises.

Je vous rappelle le livre de Mckaël Koudero, La faim et la soif.

Et si vous voulez d’autre précisions rapelez-vous Maud était en papote avec Mickaël Koudero

L’étoile du nord de David. B. John


le livre : L’étoile du nord de D.B. John. Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Antoine Chainas. Paru le 9 janvier 2019 chez Les Arènes dans la collection Equinox.  22€  ; (611 p.) ; 22 x 16 cm
4’e de couv :
Elle est espionne.
Il est général.
Elle est criminelle.
Leur point commun : un geste, un mot, et c’est la mort.
Les Etats-Unis et la Corée du Nord sont au bord de la guerre. Pour aller chercher sa sœur jumelle qui a été enlevée en Corée du Nord, Jenna se fait recruter par l’unique organisme capable de l’aider : la CIA. A Pyongyang, le colonel Cho fait une terrifiante découverte. Il doit échapper à la police secrète qui le serre de près. Un geste, un mot, et il deviendra traître à la nation. Mme Moon trouve un chargement de contrebande. Plutôt que de le rendre aux autorités, elle décide de vendre la marchandise au marché noir. Si elle réussit, sa vie sera changée à jamais. Si elle échoue… Basé sur des faits réels glaçants, mené à un rythme effréné jusqu’au dénouement explosif, L’Etoile du Nord porte le thriller d’espionnage au plus haut.

L’auteur : Né au Pays de Galles, D.B. John est journaliste et auteur. En 2009, il déménage à Berlin pour écrire son premier roman, Flight from Berlin, puis s’installe en Corée du Sud où il effectue de nombreux voyages en Corée du Nord. En 2015 il écrit La Fille aux sept noms, le témoignage d’une nord-coréenne qui a fui clandestinement son pays. Ces expériences lui inspirent l’intrigue de L’Etoile du Nord. Il vit désormais à Londres.

 

Extrait : 
“Cho s’était adonné à cette gymnastique mentale toute sa vie. C’était la seule façon de résoudre les contradictions quotidiennes entre la propagande et l’évidence des choses, entre l’orthodoxie et les pensées déviantes qui pouvaient vous conduire en camp de travail si jamais vous vous exprimiez un peu trop fort.”

 

Le post-it de Ge

Thriller d’espionnage basé sur des faits réels en Corée du Nord et qui mêle les histoires de trois personnages. Jenna, de Washington DC, intègre la CIA pour partir dans ce pays libérer sa soeur jumelle ; le colonel Cho, résidant à Pyongyang, concocte un plan d’évasion pour échapper à la police secrète de son pays ; Mme Moon, enfin, tente de vendre de la marchandise de contrebande au marché noir.

Voilà pour le décor et les personnages.

Un thriller qui n’est pas sans me rappeler la trilogie des ténèbres de Jean-Luc Bizien.

Nous sommes ici dans l ’une des plus secrètes et brutales dictatures.  Un pays où règne la répression et la pauvreté.

Famine, misère, endoctrinement et robotisation des esprits, culte délirant de la personnalité, le corée du Nord c’est tout ça. Et on le ressent parfaitement dans ce polar. L’auteur a parfaitement documenté son intrigue et cela ne fais qu’augmenter notre angoisse tout au long de la lecture.

Ce polar est à la fois un thriller politique et un vrai roman d’espionnage. De nombreux rebondissement parsèment cette histoire. Trop sans doute pour certain qui reprocheront peut-être des twists faciles. Mais personnellement j’ai trouvé cette lecture très prenante et plus qu’intéressante. Les personnage sont suffisamment complexes et attachants surtout Jenna.

Je conseille vivement cette lecture. Un auteur à découvrir.

Ah oui dernière petite remarque, ce titre de la collection Equinox porte une jaquette de couleur. Une belle jaquette très graphique, en relief. Habituellement les polars de cette maison d’édition, Les Arênes ont une couverture basique en noir et blanc. Cette fois j’avoue que la jaquette pousse à regarder de plus près ce roman.

D’ailleurs j’ai un autre titre en cours, lui aussi à une belle jaquette un peu rétro devinez lequel ?

 

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (24)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (24)

Bonjour. Comment doit-on dire ? Mon adjudant ? Monsieur ? Je vous laisse vous présenter…

Bonjour, je m’appelle Walter Brewski, mais c’est très rare qu’on dise Walter, le plus souvent c’est par le diminutif de Walt que l’on me hèle. Je suis en effet adjudant de gendarmerie, j’ai pas mal bourlingué, je commence à être un vieux de la vieille dans la boutique. J’aime le son des moulins des Alfa Roméo, le sport, Bruce Springsteen, le sexe, la nature, le café, et je suis fasciné par le philosophe Marc-Aurèle.

Voilà qui est assez éclectique et finalement cohérent. Cela représente aussi votre caractère ?

Je suis fidèle en amitié et en amour et je ne pardonne pas la trahison. On me dit très pugnace et je reconnais une rancune tenace. Mais je me soigne (enfin j’essaie). J’avoue que j’ai parfois du mal à contenir une certaine violence qui sommeille en moi.

Ce qui n’exclue pas une certaine complexité, en fait. Une telle psyché doit prendre du temps à concevoir, vous êtes restés combien de temps dans la tête de votre créateur ?

Je crois qu’il me portait depuis longtemps en lui, mais je dirais qu’il n’en a eu conscience que quelque chose comme quatre mois avant que les premiers mots jaillissent sur le clavier. Je pense qu’il ne m’a lâché dans la nature que lorsqu’il m’a senti prêt.

Il avait peut-être peur de se révéler lui-même… Il y a des parts de lui en vous ?

Ça c’est sûr, le salaud, il n’a pas pu s’en empêcher. Je suis son premier personnage de polar, alors il s’est inquiété, c’est normal, je peux comprendre ça. Du coup il m’a donné des choses qu’il considère comme des atouts ; la ténacité, le plaisir de lire, sa dévotion pour « Le Boss », sa sale manie d’aller courir et de faire des pompes, des trucs comme ça. Et sa rancune séculaire aussi, mais pour cette dernière, je n’arrive pas à me dire que c’est mal. Heureusement qu’il ne m’a pas refilé sa sensibilité et sa putain d’empathie qui lui font piquer les yeux assez régulièrement. Vous imaginez si je me mettais à chialer pendant un interrogatoire ?

Vous en êtes quand même assez loin… D’ailleurs, il vous met dans des situations peu recommandables. Lui en voulez-vous ?

Non, enfin…sur le coup oui, mais après réflexion je comprends qu’il n’avait pas le choix parce que c’est à cause de moi. D’une certaine manière, souvent, je lui force la main, c’est un peu moi qui lui souffle ce qu’il doit me faire faire, j’en fais un peu rien qu’à ma tête.

Il m’a donné des choses qu’il considère comme des atouts ; la ténacité, le plaisir de lire, sa rancune séculaire aussi…

Il vous a conçu un avenir ou cette aventure n’a été qu’une distraction dans votre quotidien ? Comment on occupe son temps libre dans cette situation ?

Au début de WOORARA j’ai cru que j’étais enrôlé pour une aventure, mais maintenant je sais qu’il compte me faire rempiler dès le mois de novembre prochain, et comme si ça ne suffisait pas, il est en train de cogiter sur une troisième histoire. Ce type est dingue, dommage que je sois gendarme sinon je me serais syndiqué. Donc sachant ça, je prends du bon temps tant que je peux. Je glande pas mal, je me laisse pousser les cheveux, j’astique mon Alfa Roméo, je conchie le temps qui passe, je bois des bières avec des potes pas fréquentables, je vais voir des matchs de rugby et aussi du volley-ball féminin, ces gonzesses me foutent une trique d’enfer ! Mais surtout, quand il me fout la paix, je ne fais pas de sport.

Vous dialoguez avez lui ? Je vous en donne l’occasion : posez-lui une question !

Sébastien, pourquoi tu ne m’as pas fait shérif dans un coin perdu des Etats-Unis, le Wyoming, le Montana ou même le Dakota, nord ou sud je m’en fous. J’aurais adoré ça.

A défaut de déménagement, je vous offre le mot de la fin.

Chères lectrices (ouais parce que j’suis pas fou, je sais que le plus souvent le lecteur est une lectrice) chers lecteurs, vous êtes les bienvenus dans mon univers, vous pouvez me suivre partout si vous le souhaitez, mais ne me chiez pas dans les bottes, ça me fout en rogne et je vous rappelle que je suis rancunier et spécialiste des armes et de self-défense. La région où je bosse, la Corrèze, est magnifique et calme la plupart du temps. Mais parfois, alors que je ne m’y attends pas, il se passe des trucs de fou. Alors à bientôt hein ?!

Rencontre d’auteur avec 3 flics auteurs de polar


Rencontre d’auteur.

A l’invitation de Stéphanie Combrisson, la responsable de la médiathèque de la Canopé à Chevry-Cossigny, Ophélie  et moi même animeront cette rencontre d’auteurs sur le thème « Flic le jour, écrivain la nuit ».

 Sacha Erbel, Danielle Thiéry et Didier Fossey seront sous le feu de nos questions.


Vendredi 22 mars à 20h00, la médiathèque La Canopée reçoit 3 auteurs qui travaillent ou ont travaillé dans le milieu de la police.
Sacha ErbelDanielle Thiery Auteur et Didier Fossey répondront à toutes vos questions lors de cette rencontre animée par Geneviève Van Landuyt et Ophélie Cohen, chroniqueuses du blog Collectif Polar : Chronique de Nuit


Pour préparer cette soirée, vous pouvez emprunter leurs livres dans votre bibliothèque ou médiathèque.
En fin de soirée, la librairie Le Livre d’Oz proposera à la vente les ouvrages des auteurs pour une séance de dédicaces.

Alors rendez vous vendredi à la médiathèque  La Canopée

9 rue Jean Delsol,

77173 Chevry-Cossigny

La chance du perdant de Christophe Guillaumot


Le livre : La chance du perdant de Christophe Guillaumot – Paru le 05 octobre 2017  aux éditions Liana Levi dans la collection collection Policiers –  19 € ; (336 pages) ;   14x 21 cm

4ème de couverture :

Renato Donatelli, dit le Kanak, a quitté la Nouvelle Calédonie il y a des années pour le SRPJ de Toulouse. Un mètre quatre-vingt-dix-neuf, tout en muscles et gentillesse, ce gardien de la paix donne du « gros chameau » à ceux qu’il aime et des « gifles amicales » à ceux qui lui barrent le chemin. Il vient d’être mis au placard à la section des courses et jeux en compagnie du jeune lieutenant Cussac, mais tous deux prennent très à cœur leurs nouvelles missions. La mort d’un homme dans un compacteur à déchets inaugure une série de disparitions frappant des accros aux jeux d’argent. Tous les cadavres sont retrouvés porteurs d’une énigmatique dame de pique. Alors que le Kanak plonge dans l’univers des cercles clandestins et des paris truqués, il aimerait bien éclaircir une autre énigme : pourquoi sa vieille amie et compatriote, Diamant Noir, s’est-elle autrefois éloignée de son grand-père, le roi de l’île de Pins ? Hélas, il est plus facile de se retrouver dans les méandres des tripots que dans ceux de l’âme humaine.

L’auteur : Christophe Guillaumot, né à Annecy en 1970, est capitaine de police au SRPJ de Toulouse, responsable de la section « courses et jeux. Il passe à 20 ans, après une année de droit, le concours d’entrée dans la police. Ses dix-neuf années d’ancienneté l’ont conduit de Paris à Grenoble, puis Châteauroux et Toulouse où il est capitaine de police depuis septembre 2009.
En 2008 il prend six mois de congés sans soldes pour se lancer dans l’écriture d’un roman policier. Il décroche le Prix du Quai des Orfèvres 2009 avec son premier polar, Chasses à l’homme (Fayard, 2008). Conjuguant cet investissement avec sa vie de policier, il revient naturellement à l’écriture et publie en 2015 son second roman. Avec Abattez les grands arbres (éditions Cairn, 2015) et La Chance du perdant (en 2017), il impose une série mettant en scène le personnage de Renato Donatelli, dit le Kanak, librement inspiré d’un collègue aujourd’hui décédé.
Depuis son arrivée dans le Sud-Ouest, il a rejoint l’équipe de sélection du Prix de l’Embouchure, attribué chaque année à un roman policier écrit par un auteur du Sud-Ouest de la France. La désignation du lauréat est faite par les policiers toulousains. Depuis 2010, Christophe Guillaumot est membre de l’organisation du festival Toulouse Polars du Sud.

Extraits :

 « La France est victime du terrorisme, les attentats se multiplient, les règlements de comptes foisonnent entre les caïds des cités, pour des histoires de stupéfiants, de territoires à défendre, de prostituées. Alors je vais vous dire le fond de ma pensée, que des paysans parient trois francs six sous sur la bouse d’une vache, tout le monde s’en contrefiche. »
« Vingt-trois années passées à la Criminelle, à respirer du cadavre fourré aux asticots, ça vous blinde l’odorat. Alors les déchets de la benne à ordures, c’est presque du parfum pour un type comme lui. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

La chance du perdant de Christophe Guillaumot

Les jeux d’argent sont interdits en France donc on peut parier sur tout mais ça se passe en Chine même si les mafieux européens sont aux manettes. Quand un Calédonien s’y colle avec comme chef un dépressif, victime d’une maladie rare, affublés tous deux d’un magicien et d’un retraité borderline, c’est une immersion au sein de la brigade « courses et jeux » que nous propose l’auteur. L’action se déroule à Toulouse et vous ne regarderez jamais plus votre poubelle comme hier …

« la Saccharomyces cerevisiae, comme l’appellent les médecins, capable de transformer l’amidon contenu dans les pommes de terre, les pâtes ou bien le riz en alcool » nous dit l’auteur fait que Jérôme peut s’alcooliser aux lasagnes ! Il ne s’en prive pas quand la dépression l’envahit à cause du terrorisme.

Kanak se débat entre soucis professionnels et domestiques, attentionné envers son Diamant Noir, idole déchue du Music Hall et qui l’a élevé.

Roman très riche au ton cependant léger. Les situations cocasses côtoient la rigueur de la vie quotidienne, où la mort d’une vache peut être une bavure parce qu’elle était la reine du loto bouse !  Bref j’ai beaucoup aimé cette découverte

J’ai une la chance de faire la connaissance de Christophe Guillaumot alors qu’il venait d’être primé au salon « Lire en Poche » pour Abattez les grands arbres, avec le même personnage de Calédonien intègre.  Il m’a dit « profiter » de son rôle d’auteur pour dénoncer quelques faits scandaleux dans les pratiques hiérarchiques policières. Ainsi le passage sur les indicatifs radio en dit long sur le respect interne à cette profession

Enfin je vous souhaite à tous de lire ce roman et d’avoir la chance du perdant, celle qui consiste à perdre lors de votre première mise et qui vous guérit de l’envie de remettre le couvert !

Lu en version numérique.  – epub 14.99 €

Extraits :
« Il reste médusé par les indicatifs radio. Il a toujours refusé de communiquer par ce système. Pourquoi les hautes autorités portent-elles des noms de dieux ou de philosophes grecs tandis que le reste de la troupe – les flics de terrain – doit accepter d’être affublé de noms de pièces de moteur, de prénoms ridicules ou d’espèces de poissons ? Le Kanak aimerait tenir entre ses mains le type qui est à l’origine de ce répertoire. Pourquoi ce mépris des sans-grade ? Quelle est leur faute ? Préférer patrouiller plutôt que passer des concours ? Renato se sait plus utile que tous ces ronds-de-cuir qui s’emploient à réglementer sa vie professionnelle. Alors, jamais il ne répondra à l’indicatif de « Sardine », « Frein », ou « Clef à molette ». »
« Détenu ou visiteur, c’est toujours avec plaisir que l’on retrouve sa liberté : poser un pied dehors et entendre la porte blindée se refermer derrière soi, sentir le vent frapper son visage, respirer l’air vivifiant et oublier cette sensation d’enfermement. Quiconque n’a pas connu cette ambiance oppressante est incapable de comprendre ce que représente une journée de prison et encore moins d’évaluer une peine juste et adéquate en punition d’une infraction. »
« Lui, le jeune policier qui se voulait respectueux des règlements, obéissant au doigt et à l’œil à la hiérarchie, est en train de devenir un flic, un vrai, tourmenté par ses démons, obsédé par la résolution d’enquêtes, prêt à tout pour atteindre son but. »

SMEP 2019, Saint Maur en poche c’est dans 3 mois


SMEP 2019

 Saint Maur en poche c’est dans 3 mois

Aujourd’hui j-90 Saint-Maur-en Poche

#SMEP2019

 Save the date
Les 15 & 16 juin 2019

Le Festival International du Livre de Poche se tiendra à nouveau pour sa onzième édition place des Marronniers – à Saint-Maur-des-Fossés les 15 et 16 juin.

Bon je vous l’avoue pour l’instant je n’ai pas vraiment d’infos sur ce prochain Saint Maur en Poche

sauf peut-être que….

La onzième édition du salon du livre fera la part belle aux« héroïnes »

Quelques auteurs déjà annoncés.

Notamment en jeunesse, Sophie notre libraire spécialisé est au taquet.

RETROUVEZ MINI LOUP – SUPER HEROS ET SON AUTEUR PHILIPPE MATTER

CASSANDRA O’DONNELL avec sa série « Malenfer »

Quelques auteurs étrangers

DANIEL COLE – JAKE HINKSON

En polar et en histoire

JEAN-CHRISTOPHE PORTES

ERIC MARCHAL

Frédéric Rapilly

Niko Tackian

En détente et Catégorie romans :

 Florent Oiseau

Laurence Peyrin

Jérôme Attal

Julien Sandrel

En polar et en blanche on espère la team Calmann-Lévy qui sera à la griffe noire en dédicace le 26 mars

    Mais aussi plein d’autres teams d’exception

Cette année encore SMEP à besoin de vous 

Un appel à bénévole a été lancé

Lectrices, lecteurs, chers(ères) amis(es), cette année encore, nous avons besoin de vous !
Rejoignez l’équipe du Salon Saint-Maur en Poche, pour prêter vos bras, vos jambes, votre cerveau et votre sourire et bonne humeur à l’organisation.

Des livres à ranger, des décorations à accrocher, des auteurs à nourrir, des visiteurs à véhiculer, des ateliers à animer….

Vous aimez les livres et vous n’avez pas peur de porter les 1000 kilos d’histoires de nos héroïnes et héros sur vos épaules. Alors cette aventure est faite pour vous !

Contactez-nous vite à l’adresse suivante pour vivre avec nous intensément ces deux journées exceptionnelles !
perrine.therond@saint-maurenpoche.com

On compte sur vous.

Voilà vous savez tout enfin pour l’instant

 

Et pour vous faire patienter je vous propose une petite table ronde, celle qui a fini les deux super journées des 10 ans de Saint Maur en poche 2018.

Ne m’en voulez pas si en cette fin de week-end je suis en peu sur les rotules et plus du tout dans le coup. Et, si je suis plus spectatrice que médiatrice sur ce plateau, ces 4 là m’éclatent c’est aussi pour cela que je les voulais ensemble réunis.

Et j’espère qu’on les retrouvera en 2019

 

RENCONTRE AVEC CLAIRE FAVAN – JACQUES SAUSSEY – NICOLAS LEBEL – OLIVIER NOREK

 

5000


Whaou 5000 et même un peu plus.

J’ai rien vu venir.

Et puis ce matin en ouvrant Facebook..

Je me suis aperçue que vous étiez un peu plus de 5000 à aimer notre page Collectif Polar.

Plus de 5000 abonnés à nous suivre.

C’est un immense honneur que vous nous faite là.

Mais comment vous remercier ?

Peut-être en vous faisant gagner un bouquins, un badge ou je ne sais quoi encore.

Bon ce qui est certain c’est qu’une surprise arrivera chez un

ou une de vous.

Je ferai un tirage au sort d’un(e) abonné(e) qui aura à la fois commenté ce post et liké celui-ci sur notre page Collectif Polar.

5000

WHAOU

MERCI, MERCI? MERCI…

5000 MERCI

 

 

 

 

 

Toutes taxes comprises de Patrick Nieto


Le livre: Toutes taxes comprises de Patrick Nieto. Paru le 26 septembre 2016 chez Cairn collection du Noir au Sud. 16€ ; 336 pages; 18  x 12 cm

 

4ème de couverture :
Pierre-Henri Sennelier, proche collaborateur du président de la République, est abattu d une balle dans la nuque dans sa résidence secondaire de Bruniquel, paisible village du Tarn-et-Garonne. Une épouse infidèle, un amant joueur de poker, une avocate mal dans sa peau ou un escroc international, sont quelques-uns des personnages qui se succèdent au fil du récit avec, en toile de fond, l’escroquerie la plus lucrative de tous les temps en Europe : la fraude à la taxe carbone. Le commissaire Lemoine du SRPJ de Toulouse mène l enquête. Mais parviendra-t-il à approcher la vérité face à un tueur, maître dans l art de brouiller les pistes ? D autant que les meurtres se suivent et ne se ressemblent pas.
L’auteur : Originaire du sud-ouest de la France, Patrick Nieto, 54 ans, est commandant de police. Ses 30 années passées dans le domaine de l’investigation judiciaire et le traitement d’affaires sensibles lui ont permis d’acquérir une approche très fine des pratiques en vigueur dans son métier ainsi que des hommes et des femmes gravitant dans le milieu policier. Il est passionné de littérature asiatique et de polars. Toutes taxes comprises est son premier roman.
Extrait :
« La difficulté dans mon métier est de bâtir des hypothèses sur la base d’indices dont on dispose pour reconstituer un évènement passé. Depuis le départ, en assemblant des éléments épars, j’apprends petit à petit des choses sur le meurtrier. »

Le OFF de OPH

Chronique d’un roman en « je » !

Pourquoi en « je » ? Parce que ce roman est écrit, du début à la fin, à la première personne du singulier. Jusque là, rien d’original me direz-vous, des narrations de ce type, il en existe pléthore dans la littérature. Certes. Sauf qu’ici, Patrick Nieto prête sa plume au « je » de la quasi totalité des personnages qu’il a créé. A chaque chapitre, c’est un personnage qui s’exprime et ils sont une dizaine. Ils se relaient, narrant tour à tour une partie de l’histoire, l’ensemble aboutissant à un roman noir à l’intrigue particulièrement bien amenée, avec un final qu’on ne voit pas arriver.

Au-delà de cette enquête qui nous emmène de certitudes en fausses pistes, Patrick Nieto évoque des sujets qui peuvent avoir des résonances particulières selon le lecteur.
Il explique les mécanismes d’une enquête de police, mettant en avant le caractère chronophage des recherches et autres investigations. Il use du vocabulaire policier et de ses expressions, peut-être un peu trop parfois ; car si la majorité des lecteurs ne relèveront pas, j’ai eu parfois le sentiment de lire des extraits de procès-verbaux.
Il revient aussi régulièrement sur les pressions hiérarchiques et médiatiques que peuvent subir les enquêteurs selon la nature d’une affaire, mais aussi le difficile sentiment d’échec face à une impasse, la naissance de doutes jusqu’à, parfois, la perte de confiance en soi.
Dans les thèmes brossés en fil rouge, l’auteur décrit également différents types de tueurs en série : le psychopathe, le psychotique, le tueur impulsif ou d’opportunité. Un sujet que j’aurais aimé que Patrick développe davantage.
Il parle aussi de ce ces ragots et des chapes de plomb qui s’abattent sur les villages lorsqu’un fait divers vient bouleverser la tranquillité du « pays ».
Enfin, il est important de souligner les recherches et apports techniques qu’a fait l’auteur quant aux lois sur la taxe carbone et les montages financiers. Un sujet qu’il a su vulgariser pour le rendre compréhensif par tous.

Côté style, j’ai beaucoup aimé les pointes d’humour avec lesquelles l’auteur a ponctué son roman. Les phrases sont plutôt courtes, le vocabulaire soutenu mais sans que ce ne soit trop pompeux. la narration est rythmée de part la technique employée et le suspens distillé par l’auteur, même si on n’est pas dans un page-turner.
Pour finir, la narration multiple en « je » permet de développer les différents traits de caractère des personnages, certains étant toutefois bien plus construit que d’autres, mais pour les besoins de l’intrigue.

Un premier roman réussi donc, avec lequel j’ai passé un agréable moment.

J’ai eu le plaisir d’accompagner Geneviève lors de l’interview de Patrick et de son éditrice le 1er décembre 2018 à la bibliothèque Parmentier (Paris XI). Un excellent moment de partage et de confidences!

 

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 4


Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 4

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 4

Souvenez-vous il y a deux semaines  Sylvie nous présentait son mémoire en Criminologie appliquée à l’expertise mentale.

Et puis on plongeait dans la folie.

Enfin la semaine dernière nous abordions l’histoire de la psychiatrie

 

Aujourd’hui avec Sylvie-Sacha nous faisons connaissance avec Joseph Vacher

Allez c’est parti pour l’épisode 4


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Buttard

Episode 4 : L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DE LA PSYCHATRIE

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

II/ L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DE LA
PSYCHATRIE

A/ La biographie de Joseph Vacher.

Joseph Vacher, que la presse de l’époque appelait aussi « l’éventreur du sud-est » en rappel à l’affaire récente de Jack l’éventreur à Londres, ne fut condamné que pour un seul meurtre, et pourtant, c’est bien à un tueur en série que la France a eu à faire en cette fin de 19e siècle.
Sa personnalité hors norme et l’affaire judiciaire qui en découla donna tout son intérêt à l’expertise pratiquée par les trois médecins aliénistes désignés par le Juge Emile Fourquet.
Les Docteurs LACASSAGNE, PIERRET et REBATEL signeront une expertise des
plus modernes pour l’époque, car ils marièrent l’état psychique du sujet et la
responsabilité pénale qui en découla.

Le docteur Alexandre Lacassagne (1843-1924), professeur titulaire de la chaire de médecine légale

Joseph Vacher est né le 16 novembre 1869 à Beaufort et fait partie d’une fratrie de seize enfants. Son frère jumeau décède à l’âge de 8 mois par étouffement, une grosse boule de pain coincée dans la gorge. On peut se poser la question de savoir si, aussi jeune fut-il, n’a-t-il pas pu ressentir ce premier traumatisme comme un élément déclencheur d’un désordre mental ?
Ses parents sont cultivateurs. Sa mère était très croyante et sujette aux visions et apparitions à tendance religieuses. Le jeune Joseph Vacher vit donc ses premières années sous influences mystiques. L’histoire ne dit pas si sa mère souffrait d’une pathologie mentale ou si elle jouait sur ses croyances religieuses, mais c’est ce qui rythmera sa vie d’enfant.

D’après certaines rumeurs, il se montre parfois violent ou emporté durant son enfance, notamment sur ses frères et sœurs même s’ils sont plus âgés et plus forts.

A l’âge de six ans, il se fait mordre par un chien enragé, et à partir de neuf ans, son comportement devient pour le moins étrange. Il fait preuve de cruauté envers les animaux (leur coupe les pattes). Quand on connaît son parcours meurtrier, on ne peut s’empêcher de penser à l’un des trois éléments de la Triade des symptômes qui caractérise vulgairement le tueur en série, en général.
Son comportement apparaît étrange pour ses camarades de classe, qui feront de Vacher un souffre-douleur, autre élément loin d’être anodin aux vues de son parcours futur.
Il commence à travailler à l’âge de quatorze ans, et il est même fort possible que sa carrière criminelle ait débuté elle aussi au même âge, traduite par le meurtre d’un enfant de 10 ans, violé et tué dans une grange d’Eclose, en Isère. Mais la question ne se posera que des années plus tard, ainsi que pour d’autres crimes non élucidés.

Il ne s’entend pas avec ses parents, et les accuse de l’empêcher de faire des études.Il est à noté également, que sa sœur aurait présenté des troubles mentaux.

A 16 ans, il aurait aimé devenir enseignant, avoir de l’autorité au sein de sa
congrégation, parfaire son éducation chez les Frères Maristes de Saint-Genis-Laval.
Mais il n’y parvient pas par manque d’argent. De ce fait, il incrimine encore
davantage ses parents.

En 1888, il travaille dans une brasserie de Grenoble, et sa fréquentation accrue des prostituées lui fera contracter une maladie vénérienne. Celle-ci entraînera le 11 février 1889 une intervention chirurgicale durant laquelle il subira l’ablation d’une partie d’un testicule.
Ce morceau de virilité, une fois enlevé, ne s’ajoute-t-il pas à un sentiment de
frustration déjà bien présent chez Joseph Vacher ?

En 1890, il effectue son service militaire au 60e régiment d’infanterie de Besançon durant lequel son caractère violent et à la fois renfermé s’affirme. Les moqueries s’accumulent, faisant ressortir chez Vacher, aux dires de ses supérieurs, un personnage « psychiquement troublé, atteint d’idées noires et de délires de persécution » Ses compagnons de troupe en vinrent à le craindre, et malgré son bon classement à l’école des élèves caporaux, il est recalé et déclaré « inapte au commandement ».
Vacher est complètement intolérant à la frustration et, pour le montrer, il tente de se trancher la gorge. Ce qui lui vaudra son tout premier examen mental.
C’est le colonel du régiment, qui lui accordera tout de même son galon, car il le pense lui, contrairement aux autres, apte à commander une troupe. Et ce, malgré l’autoritarisme dont il fait preuve.

En juin 1893, après avoir obtenu son grade de sergent, en proie à des délires de persécution, il est envoyé en congé. C’est pendant cette période qu’il tente de convaincre Louise Barant, une jeune domestique, de l’épouser. La jeune femme refuse. Joseph Vacher la blesse alors en lui tirant trois coups de revolver dans la tête, puis retourne l’arme contre lui, tentant de se donner la mort en se tirant deux balles dans la tête.

Il en réchappe, et Louise Barant aussi. Mais il en gardera de lourdes séquelles physiques : une surdité complète de l’oreille droite avec une purulence continue, une paralysie faciale droite. Son œil droit est fixe et souvent injecté de sang. Ce qui entraîne à partir de cette période une asymétrie faciale, et un rictus permanent. Ses liens sociaux déjà difficiles, le deviennent encore davantage.
La mauvaise odeur émanant de sa plaie à l’oreille droite, ainsi que ce rictus perpétuel lui attirait souvent les moqueries des gens.

A l’issue de son séjour à l’hôpital pour soigner ses blessures physiques, il est envoyé à l’asile d’aliénés de Dôle en juillet 1893. Là, il est mis en observation pour « troubles psychiques caractérisés par des idées de persécution ».
Après une tentative d’évasion, il est de nouveau interné et envoyé à l’asile de Saint Robert.
Le 1er avril 1894, il sort de l’institution avec un certificat de complète guérison.
Dans le même temps, la justice le poursuit et ouvre une information judiciaire pour « tentative d’assassinat » sur la personne de Louise Barant.

Il part alors sur les routes et mène une vie de vagabond, effectuant des petits travaux ici et là. Il mendie également, agressant les passants, méthode somme toute banale à cette époque-là. En revanche, concernant Joseph Vacher, cette agressivité n’était que le symptôme d’une réalité beaucoup plus sombre et sanglante.

Le 19 mai 1894, il commet son premier meurtre à Beaurepaire, en Isère. La victime, une femme de 21 ans, est tuée et mutilée.
Puis, il reprend sa route et le 20 novembre 1894, il tue à nouveau. C’est une jeune fille de 18 ans qui fera les frais de cette sauvagerie.

Une nouvelle instruction est ouverte par le Juge Emile Fourquet, dans le cadre de la procédure pour le meurtre de Victor Portalier à Bénonces, en Août 1895. Durant cette nouvelle instruction, le rapprochement est fait entre Vacher et un vagabond recherché dans le cadre de cette procédure.

Fin de l’épisode 4

 

Grand Froid, Cyril Carrere : Trois flingueuses autour d’un livre 


Le livre : Grand Froid de Cyril Carrère. Paru le 22 Novembre 2018 aux Editions Nouvelle Bibliothèque. 18€ ; ( 366 pages.) ;  14 x 22 cm


4ème de couverture :
Le jour où sa mère est retrouvée morte, la vie de Lucas bascule. Délaissé par la police qui conclut à un suicide, ses doutes l’incitent à surmonter sa douleur pour mener sa propre enquête. La lettre anonyme qu’il reçoit confirme ses soupçons : quelque chose ne tourne pas rond. Et lorsqu’un mystérieux individu s’attaque à ses proches, il n’a plus qu’une solution : lui échapper et tout faire pour établir la vérité…

 

 

L’auteur : Originaire de Nîmes et vivant aujourd’hui à Tokyo, Cyril Carrere est féru d’innovation, de sport, de culture et de voyages. L’écriture le passionne depuis son plus jeune âge.
Le Glas de l’Innocence, son premier thriller, a été finaliste d’un concours organisé sur la plateforme Fyctia et parrainé par B.A. Paris.
Son second thriller, Grand Froid, a quant à lui été finaliste du concours VSD-RTL Michel Bussi 2018 (classé premier au nombre de votes du public) et a été publié en novembre de la même année.
Page et actualité ici

 

Papote de Flingueuses

Trois flingueuses autour d’un livre :

Grand Froid, Cyril Carrere avec Sofia, Sylvie et Aline.

 

Miss Aline : Avant de lire Grand Froid, connaissiez vous Cyril Carrere ? Si non, comment êtes vous venues à le lire ?

Sofia : je ne connaissais pas Cyril Carrere, on pourrait dire que c’est une (jolie) découverte hasardeuse.

Sylvie : J’en ai entendu parler sur Fb et  après des échanges, il m’a gentiment fait parvenir son livre (ebook).

Miss Aline : Pour moi également un premier contact via Fb d’abord pour Le glas de l’innocence (que je vous recommande)

De manière générale quel est votre ressenti sur Grand Froid ?

Sylvie : Bon polar.

Sofia : C’est rafraîchissant.

Miss Aline : Que veux-tu dire par « rafraîchissant » Sofia ?

Sofia : J’ai lu le roman sans connaître l’auteur, son style, sans même savoir de quoi parlait le roman. Une belle surprise, une écriture fluide, une intrigue qui t’entraines dès les premières pages.

Rafraichissant de part son ambiance, mais aussi, tu sais, ces bouquins que tu lis qui font du bien, tu te poses, tu bouquines, tu te laisses aller.

Comme une boisson fraîche après une journée fracassante.

Miss Aline : Donc tu t’es laissée happer, porter par le livre !

Sofia : C’est ça.

Miss Aline : Et toi, Sylvie, tu l’as perçu comment ce roman : page turner, moment de « détente » ?

Sylvie : L’intrigue est menée crescendo, chaque personnage est situé. Le pauvre Lucas voit sa vie basée sur le mensonge, s’écrouler comme un château de cartes…

Et je crois que le fait d’avoir écrit ce livre pour le concours Fyctia, où il faut écrire chapitre par chapitre m’a donné ce ressenti du début du livre où je vois les bases se poser une à une.

Sofia : C’est vrai que c’est bien construit. Tout tient la route, il y a une vraie progression dans le roman. Je l’ai vraiment ressenti à la deuxième moitié du bouquin où tu sens que l’écriture est plus affirmée.

Miss Aline : J’ai aussi cette impression de « bien construit ». Dans la première partie on installe les personnages et l’intrigue. Dans la seconde, tout s’accélère.

Sofia : C’est particulièrement frappant chez les personnages. C’est tout à fait ça Aline. Les personnages sont particulièrement bien travaillés.

Miss Aline : Oui comme une présentation avant de les animer.

Sofia : Ils s’étoffent, deviennent attachants.

Miss Aline : Exactement.

Sylvie : Oui, une histoire construite au fil des pages. On imagine, on cherche. La manipulation, le mensonge, le danger sont accentués de chapitre en chapitre. Cyril nous ficelle pour nous tenir en haleine.

Miss Aline : Je trouve que Cyril a l’art et la manière pour nous emmener là où on ne pensait pas aller.

Sofia : En tout cas de capter notre attention et de ne pas décrocher.

Sylvie : Un petit bémol, j’aurai bien aimé que Lucas soit un peu plus énervé. C’est-à-dire plus d’intensité dans le personnage.

Sofia : Alors moi aussi je me suis fait cette réflexion, mais finalement, c’est quelqu’un d’ordinaire à qui il arrive un truc extraordinaire. Dans un contexte assez déstabilisant, du coup, ça colle. Le côté pêchu, hargneux est du coup compensé par le flic.

Miss Aline : Heureusement que Loïc Mande est là parce que, oui, parfois tu voudrais secouer Lucas.

Sofia : Oui, un duo équilibré. Loïc/Lucas ont des tempéraments différents qui s’équilibrent.

Miss Aline : Que pensez-vous du titre par rapport à l’histoire ?

Sofia : C’est là où c’est intéressant, où l’auteur arrive à nous entrainer. Tu t’attaches aux personnages, et c’est comme si tu regardais une série où parfois tu te dis « mais punaise, vas-y ! Bouge !! »

Le titre ma posé problème mais finalement il trouve tout son sens une fois la lecture terminée.

Je m’attendais vraiment à une ambiance glaciaire mais l’auteur a veillé à apporter ce sentiment de froid. Une fois le roman terminé, tu comprends qu’il s’agit de l’origine, le commencement.

Sylvie : Hé bien, je n’ai pas lu la 4ème de couverture vu que c’était sur l’ordi mais je n’avais lu que de bons retours. Je découvre que l’histoire se passe à Nantes, pas de neige. Surprise effectivement par rapport au titre.

Il faut dire qu’il y a eut dernièrement pas mal de polar qui se passe dans le froid.

Miss Aline : Comme Sofia, je pense que le froid c’est une sensation présente dans tout le roman

Sylvie : Personnellement, je l’ai ressenti plus vers la fin.

Miss Aline : Ah oui, dans les lieux ou dans les sentiments ?

Sylvie : Les deux. Bien que courir après la vérité donne chaud parce que l’air de rien ça bouge.

Sofia : C’est vrai qu’il y a quelques coups de chaud.

Sylvie : ah oui, on passe du Grand Froid au chaud !

Miss Aline : Les rebondissements sont chaque fois surprenants !

Sylvie : Connaître ses origines une fois dans l’engrenage, aller au bout de sa quête, savoir à qui faire confiance !

L’écriture est fluide et addictive.

Parfois pour moi, les chutes ne sont pas crédibles. Qu’en pensez-vous ?

Sofia : Crédible oui. Un bémol cependant, la fin aurait pu être poussée un peu plus loin. Mais le contexte dans lequel a été écrit cette histoire explique peut-être cela.

Miss Aline : Pour moi c’est une fin ouverte.

Sofia : Tu as raison. C’est juste que j’aurai aimé plus de détails, aller plus loin sur les origines. Je ne peux en dire plus sans spoiler. En tout cas un très bon moment.

Sylvie : D’accord avec vous les filles.

Miss Aline : Recommanderiez-vous ce livre ?

Sylvie : Oh oui bien sur. C’est un deuxième roman. Je pense suivre Cyril sur le troisième.

Sofia : Oui je recommande cette lecture, on passe un très bon moment, il y a du rythme. Un bon polar entre deux lectures très noires, c’est parfait. Je pense que Cyril Carrere est un auteur à suivre. Il me tarde de voir ce qu’il nous réserve

 

Vous l’aurez compris, trois flingueuses d’accord pour vous dire  que Grand Froid est un bon polar.

Que Cyril Carrere va, très probablement, encore nous surprendre. Auteur à suivre incontestablement.