Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 10


Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 10

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 10

Souvenez-vous il y a deux mois et demi  Sylvie nous présentait son mémoire en Criminologie appliquée à l’expertise mentale.

Et puis on plongeait dans la folie.

Il y un 7 semaine nous abordions l’histoire de la psychiatrie

Il y a 6 semaines nous faisons connaissance avec Joseph Vacher

 il y a 5 semaines, nous nous attachions à découvrir la personnalité de Vacher

,

Il y a 4 semaines les médecins se prononçaient sur le cas Vacher

 Il y a 3 semaines nous abordions, l’affaire Joseph Vacher du point de vue du droit et  l’apparition et évolution de la notion de responsabilité pénale.

Il y a 2 semeine nous restions sur l’affaire Vacher du point de vue du droit. 

Nous ferons connaissance avec ses juges, nous déterminerons la responsabilité pénale de Joseph Vacher  et nous parlerons du procès.

Enfin la semaine dernière, nous abordions la 4e et dernière partie de ce mémoire et Sylvie nous disait: Comment JOSEPH VACHER aurai-t été jugé de nos jours ?

Aujourd’hui Sylvie conclut son mémoire et nous apporte quelques notes bibliographiques

Allez c’est parti pour le dernier épisode


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Buttard

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

 

CONCLUSION

Le cas de l’affaire Joseph Vacher est, à mon sens, un sujet très complet pour illustrer cette année d’étude sur la criminologie appliquée à l’expertise mentale.
Ce cas révèle une grande richesse d’informations et de réflexions tant au niveau judiciaire que clinique.
Du point de vue judiciaire, car la responsabilité pénale est très largement évoquée et discutée.
Les expertises mentales démontrent aussi une avancée importante dans l’étude du comportement des criminels en série, même à la fin du 19e siècle. L’affaire Jack l’éventreur ayant fait grands remous quelques années avant, juges et experts s’emploient à donner un souffle nouveau à la recherche de ces criminels d’un nouveau genre. Enfin, quand je dis d’un nouveau genre, je veux dire aussi parce que médiatisés par les journaux de l’époque. Car des criminels en série très anciens comme Gil de Ray ou la comtesse Elisabeth Bathory faisaient partie du même cercle mais c’est la vindicte populaire, vu qu’il n’y avait pas de journaux, qui braquait les projecteurs sur eux.
Cette étude est également très intéressante du point de vue clinique du fait des différents diagnostics émis par tous les médecins mis à contribution dans cette affaire, et à des époques différentes de la vie de Joseph Vacher.

Le fait que les crimes soient réfléchis, pensés, prémédités, le choix des victimes et l’expertise psychiatrique des trois médecins LACASSAGNE, PIERRET et REBATEL, ont mené les juges à déclarer Joseph Vacher coupable des faits qui lui étaient reprochés, et responsable pénalement.
De nombreux éléments pourraient toutefois, non pas justifier, mais expliquer ces passages à l’acte extrêmement violents :

– décès de son frère jumeau
– opération conduisant à l’ablation d’une testicule
– rejet de la seule femme qu’il convoitait

Car précisons que toutes les personnes ayant vécu le même genre de traumatisme, ne sont pas devenus des criminels en série pour autant. Heureusement !
Alors qu’est-ce-qui fait qu’ un individu comme Joseph Vacher passe un jour la
frontière de l’horreur ? Et cette frontière, quelle est-elle ? Que représente-t-elle ?
Est-ce la barrière morale que tout un chacun possède en lui depuis la naissance mais qui peut être abîmée ou non par des événements de la vie.
Ce sont les limites qui sont censées nous être inculquées depuis l’enfance. Ces limites qui nous indiquent la frontière entre le bien ou le mal.
Nous l’avons en chacun de nous cette barrière morale, mais peut être que certains n’auront pas la volonté de combattre pour la conserver intacte.
Au fur et à mesure d’événements traumatisants, la barrière risque de se fendiller, se fissurer, jusqu’à exploser pour finalement laisser jaillir le mal. Mais ceci n’est qu’une hypothèse.
Les pensées les plus noires ou les plus sordides émergeront de l’être humain. Cet humain qui sera plus présent que jamais et qui agira de manière à rester au sommet de la chaîne alimentaire. Mais ne trouve-t-on pas cela aussi chez les prédateurs ? Y a t-il une part de prédateur en chaque être humain ? Probablement. Et la frontière est tellement fine que si nous ne sommes pas vigilants, le « côté obscur » peut nous engloutir et nous submerger.
La toute-puissance sur son prochain, c’est aussi ce que recherche le prédateur. Et n’est-ce-pas ce que l’être humain peut faire de pire à ses congénères ?
Mais cela est un autre sujet.

 

BIBLIOGRAPHIE

Articles de journaux dans Histoire des sciences et justice pénale par Marc Renneville.
Jean Frollo, journaliste pour le « Le petit journal ». Article intitulé « Les fous
criminels » du 27/12/1897.
Thomas Grimm, journaliste pour « Le petit Parisien ». Article intitulé « Crimes
et criminels » du 26/12/1897.
Criminologie et Psychiatrie à propos de la Responsabilité pénale sous l’Empire
romain.
Droit et Culture : articles de Marc Renneville à propos de Joseph Vacher.
La folie entre Moyen Age et Renaissance, article par Isabelle Majorelle,
conférencière des musées nationaux, dans « La revue des enseignants », reseaucanope.fr.
Histoire des sciences et justice pénale par Marc Renneville, à propos de la biographie, mode opératoire, rapport médico-légaux sur Joseph Vacher. m.renneville.free.fr.
Overblog Philippe Poisson : Article à propos d’Emile Fourquet.
Textes de loi :
Abolition de la peine de mort en France. Assemblée Nationale.fr
Circulaire chaumié du 12/12/1905 sur l’atténuation de la responsabilité pénale :
Sénat.fr
Loi du 30 juin 1838 sur le aliénés : Légifrance.gouv.fr
Tueurs en série.org : à propos de Joseph Vacher.
Wikipédia : Joseph Vacher

Voilà j’espère que vous avez comme moi appris énormément avec « cet avis d’expert »  présenté par Sylvie Buttard notre Flingueuse plus connu sous son nom de plume, Sacha Erbel.

Perso, je me suis régalée à lire et  mettre en page et illustrer son diplôme universitaire que Sylvie m’a gentiment confié.

A très vite j’espère pour d’autre avis d’expert. Ou pas !

 

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 9


Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 9

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 9

Souvenez-vous il y a  deux mois  Sylvie nous présentait son mémoire en Criminologie appliquée à l’expertise mentale.

Et puis on plongeait dans la folie.

Il y un 6 semaine nous abordions l’histoire de la psychiatrie

Il y a 5 semaines nous faisons connaissance avec Joseph Vacher

 il y a 4 semaines, nous nous attachions à découvrir la personnalité de Vacher

,

Il y a 3 semaines les médecins se prononçaient sur le cas Vacher

 nous abordions, l’affaire Joseph Vacher du point de vue du droit et  l’apparition et évolution de la notion de responsabilité pénale.

Enfin la semaine dernière nous restions sur l’affaire Vacher du point de vue du droit. 

Nous ferons connaissance avec ses juges, nous déterminerons la responsabilité pénale de Joseph Vacher  et nous parlerons du procès.

Cette semaine nous aborderons la 4e et dernière partie de ce mémoire et Sylvie nous dira :

COMMENT JOSEPH VACHER AURAIT-IL ETE JUGE DE NOS JOURS ?

Allez c’est parti pour l’épisode 9


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Buttard

Episode 9 : COMMENT JOSEPH VACHER AURAIT-IL ÉTÉ JUGE DE NOS JOURS ?

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

IV/ COMMENT JOSEPH VACHER AURAIT-IL ÉTÉ JUGE DE
NOS JOURS ?

Compte tenu de ce que nous savons maintenant de Joseph Vacher, de sa vie, de ses crimes, de ses antécédents, on pourrait tenter de déterminer le parcours qu’il aurait suivi s’il avait sévi après la mise en place du code pénal de 1994.
L’évolution de la justice et de la psychiatrie en aurait peut être fait une affaire différente quant au verdict. Ou pas.
La première chose est la peine de mort puisqu’elle a été abolie le 9 octobre 1981.
Joseph vacher serait soit incarcéré dans un établissement pénitentiaire, soit dans en UHSA (Unité Hospitalière de soins Aménagés) ou UMD (Unité pour Malades Difficiles).
Est-ce-que l’article 122.1 du Code pénal de 1994 aurait changé l’issue du verdict ?

 

A/ Les nuances apportées par les alinéas 1 et 2 de l’article 122.1 du Code Pénal de 1994.

Dans le nouveau code pénal, la notion de démence est changée pour celle plus large et plus moderne de troubles psychiques et neuropsychiques (Article 122.1 du code pénal). Ce sont les causes d’irresponsabilité pénale ou d’atténuation de la responsabilité Pénale.

Dans l’alinéa 1, on parle d’abolition du discernement, c’est à dire que le sujet n’est pas en capacité de comprendre ou de vouloir.
Malgré tout, l’article 489.2 du code civil précise que sous l’emprise d’un trouble mental, le sujet est quand même soumis à réparation.

L’alinéa 2 est l’altération du discernement. Ce ne sont pas des circonstances
atténuantes.
La responsabilité pénale est pleine et entière mais la peine peut être aménagée ou diminuée. C’est le juge qui décide.
Il est possible d’utiliser l’alinéa 2 si le degré n’est pas suffisant pour « abolir » le discernement de l’auteur.
Le terme de « responsable » est toujours là, et le verbe « demeure » pour « demeure responsable », conserve l’opposition du législateur avec l’alinéa 1. En effet, une faute peut lui être imputée.

Le malade irresponsable : Article 122.1 Al.1 du code pénal.
Cet alinéa amène le juge à se dessaisir et à rendre une ordonnance de non-lieu, ou à prendre une décision de relaxe, voire d’acquittement. Dans ce cas, l’infraction a été un révélateur de la maladie mentale et de troubles persistants.
Une internement psychiatrique sera nécessaire, soit d’office, à la demande d’un tiers, ou à la demande d’un représentant de l’Etat, si son état met en danger sa vie, la vie d’autrui, ou l’ordre public.

Le malade responsable : Article 122.1 Al.2 du code pénal.
Déclaré coupable et condamné à une peine et selon la formule du législateur, « la
juridiction compte de cette circonstance lorsqu’elle détermine la peine et en fixe le
régime ».
Et pourtant, il ne s’agit pas forcément de diminuer la peine, mais même parfois de
mettre une peine plus lourde.
Le juge peut aussi adapter la peine à la personnalité du délinquant. En revanche,
l’alinéa 2 n’a aucune incidence sur les crimes à caractère sexuels. On y ajoute
d’ailleurs des injonctions de soins.

Dans l’article de Jean FROLLO dans « le petit journal », le 27 décembre 1897, le journaliste pose déjà une question que l’on pourrait dire presque prémonitoire dans le fait de savoir quelle serait l’alternative à la peine de mort si Joseph Vacher était déclaré en état de démence au moment des faits. L’envoyer à l’asile d’aliénés comme la fois précédente, lorsqu’il a tiré sur Louise Barant, et qu’il a retourné l’arme contre lui, n’engendrerait-il pas un risque de récidive élevé, compte tenu du fait qu’il est déjà passé à l’acte de nombreuses fois.
Un débat très contemporain s’ouvrait déjà en 1897, et Jean FROLLO, dans son
article, proposait d’éventuelles solutions comme un jury spécial, composé de juristes et d’aliénistes pour les « fous dangereux », puis une incarcération dans un établissement hybride entre prison et asile, afin que les « malades-détenus » soient soumis à une surveillance constante.
N’y aurait-il pas comme un écho ?

Quelques années plus tard, la circulaire Chaumié de 1905 contribuait elle aussi à faire évoluer le droit en matière de responsabilité pénale, et on entrevoyait les prémices d’un article 122.1 du code pénal.

 

B/ Joseph Vacher serait-il toujours jugé responsable de ses actes ?

D’après les experts de l’époque, les seuls antécédents d’aliénation mentale transitoire dont Joseph Vacher a été victime n’existaient plus au moment des crimes.
Il essaie constamment de se dédouaner de ses actes, mettant en cause les traitements ou son passage dans le tout premier asile d’aliénés de Dôle. Tout le long de l’affaire, il n’a de cesse de dire qu’il a bien commis ces crimes mais que ce n’est pas de sa faute.

Toutefois, les mutilations, le faits qu’il déplaçait les corps et les cachait ne peut m’empêcher de croire à une vraie conscience de ses actes.
Les meurtres perpétrés par Joseph Vacher traduisent à mon sens une envie de faire mal à l’autre physiquement. Il fait subir aux victimes des mutilations génitales à chaque fois (section des seins pour les femmes, ablation des parties génitales pour les hommes). Ces mutilations paraissent de nature perverses, mais au sens de la perversité sexuelle, pas de la perversion.
En effet, les perversions seraient plus de l’ordre d’un contrat entre les deux parties (comme dans le sado-masochisme, c’est à dire lorsqu’il y a consentement mutuel).
La perversité, elle, interviendrait davantage dans le désir de faire mal à l’autre, de le chosifier, et d’avoir une emprise, un pouvoir tout-puissant sur sa victime. Dans ce cas on ne parle plus d’échange.
Certes, Vacher met seulement l’accent sur sa « pauvre existance » et le « monde qui est méchant avec lui ». Rien n’est de sa faute, dit-il, son sang a été vicié par un traitement anti-rabique.
Mais ses actes parlent de façon criante. Les mutilations sexuelles dénotent d’une volonté que la victime lui appartienne car la mutilation génitale, dans certaines recherches, symbolise l’ultime pouvoir sur l’autre. « Tu es à moi et je fais ce que je veux de toi ».

La personnalité paranoïde n’est pas non plus à négliger.
– la méfiance des autres
– l’interprétation de faux événements
– la jalousie
– l’entêtement
– ils se font toujours avoir
– ils sont convaincus de leurs croyances
– thèmes de délires de persécution

Tous ces facteurs font partie de la personnalité de Joseph Vacher. On pourrait même croire qu’il est entré dans la psychose. La paranoïa fait basculer le rapport humain dans le duel.
Dans une société qui est devenue elle aussi paranoïaque, n’est-il pas logique d’en développer les symptômes ?
Malgré cela, les actes même de Joseph Vacher, cette volonté propre de perpétrer des blessures précises sur ses victimes leur donne une signification, et de fait, ne colle pas avec l’existence d’une pathologie mentale.
Je pense donc que joseph Vacher ne souffrait pas ces symptômes lorsqu’il commettait ces meurtres, et que c’est le pervers narcissique qui prenait le dessus pendant ces moments-là.

Le cas de Joseph Vacher, s’il était s’était déroulé sous le code pénal de 1994, poserait sans doute des questions car, d’après l’étude que l’on peut en faire, il développe beaucoup de symptômes de la paranoïa, mais le fait qu’il dissimule les cadavres, qu’il choisisse toujours les mêmes victimes, qu’il répète ses crimes, ses rituels, induit qu’il a suffisamment de discernement et, par conséquent, qu’il sait parfaitement que ce qu’il fait est mal. Il choisit toujours des bergers et des bergères, jeunes, isolés, donc sans
trop de risque pour lui.
Au vu de tous ces éléments, mon sentiment irait plutôt vers des troubles graves du comportement de type paranoïaques, accompagné d’une personnalité perverse narcissique. Je peux me tromper car je ne suis pas psychiatre, mais c’est le sentiment que ce cas m’inspire.

Mais dans l’hypothèse d’un tel diagnostic, Joseph Vacher, s’il était jugé de nos jours, pourrait peut-être bénéficier d’un alinéa 2 (altération du discernement) de l’article 122.1 du code pénal de 1994, encore faut-il pouvoir prouver que le trouble paranoïde a bien altéré son discernement au moment des faits. J’en doute.

Je pense que la responsabilité pénale de Joseph Vacher serait toujours engagée, même  de nos jours. Evidemment, il n’aurait pas été exécuté puisque la peine de mort a été
abolie le 9 octobre 1981.
Je ne pense pas non plus qu’il bénéficierait d’une altération du discernement à l’alinéa 2 de l’article 122.1 du code pénal.
En revanche, il est fort probable qu’au vu de ses troubles graves du comportement, Joseph vacher aurait eu beaucoup de mal à se trouver en incarcération avec d’autres détenus, dans un établissement pénitentiaire.
Les troubles du comportement l’auraient probablement conduit soit en UHSA (Unité Hospitalière de Soins Aménagés), structure réservée aux détenus souffrant de troubles psychiatriques, soit en UMD (Unité pour Malades Difficiles) avec des patients autres que détenus. Tout dépendrait de son état mental de son degré de dangerosité face aux autres détenus.

 

Fin de cette 4e et dernière partie

La semaine prochaine nous vous proposerons la conclusion de ce mémoire universitaire et sa bibliographie.

A très vite

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 8


Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 8

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 8

Souvenez-vous il y a un mois et demi  Sylvie nous présentait son mémoire en Criminologie appliquée à l’expertise mentale.

Et puis on plongeait dans la folie.

Il y un 5 semaine nous abordions l’histoire de la psychiatrie

Il y a 4 semaines nous faisons connaissance avec Joseph Vacher

 il y a 3 semaines, nous nous attachions à découvrir la personnalité de Vacher

,

Il y a 2 semaines les médecins se prononçaient sur le cas Vacher

Enfin la semaine dernière nous abordions, l’affaire Joseph Vacher du point de vue du droit et  l’apparition et évolution de la notion de responsabilité pénale.

Cette semaine nous restons sur l’affaire Vacher du point de vue du droit.

Nous ferons connaissance avec ses juges, nous déterminerons la responsabilité pénale de Joseph Vacher  et nous parlerons du procès.

Allez c’est parti pour l’épisode 8


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Buttard

Episode 8 : L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DU DROIT

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

III/ L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DU DROIT (seconde partie)

B/ Joseph Vacher et le juge Emile Fourquet.

Emile Fourquet fut muté au tribunal de Belley comme magistrat instructeur au cours de l’été 1897 dans le cadre de l’affaire du meurtre du jeune Victor Portalier à Benonces.
Le dossier clos Monsieur DEVAINE, juge d’instruction de l’époque, est de nouveau ouvert par le juge Emile Fourquet, car il trouve des similitudes avec un autre crime présentant le même mode opératoire (meurtre commis à Courzieu-la-Giraudière dans le Rhône, en juin 1897).

Il sera considéré comme l’un des premiers profileurs français. En effet, il élabore de grands tableaux sur lesquels il y inscrit lieux et dates des crimes, descriptions de témoins, état des vêtements, descriptif des blessures sur les victimes.
Avec un crayon bleu, il souligne les points identiques entre les différentes affaires et fait des recoupements pour, au final, en arriver à une seule conclusion. Il en est sûr : c’est le même individu qui a commis tous ces crimes atroces.

A peine arrivé, il envoie une commission rogatoire aux 250 parquets de France avec un avis de recherche concernant le tueur.
Il résoudra l’affaire du meurtre de Victor Portalier en confondant Joseph Vacher. Ce dernier vient d’être interpellé pour « Outrages publics » à la pudeur à champis, en Ardèche. Condamné à trois mois de prison, son signalement alerte toutefois le juge Fourquet qui croit reconnaître le suspect principal dans l’affaire du meurtre du jeune Portalier.

Le juge Fourquet manipule Joseph Vacher en instaurant un certain climat de
confiance. Il prétend écrire un ouvrage sur les vagabonds, ceci pour tenter de lui faire dire tous les endroits où il s’est rendu durant son parcours meurtrier. Vacher se livre sans se douter de rien, et Emile Fourquet constate de nombreuses similitudes entre les lieux visités (Sud-est de la France, région du Rhône et de l’Ain) par Vacher et les crimes perpétrés.
Joseph Vacher avouera 11 meurtres sur la cinquantaine dont il sera suspecté par le juge Emile Fourquet.
En visionnant le film de Bertrand Tavernier « Le juge et l’assassin », on y voit un relationnel très particulier entre eux, si toutefois cela était vrai.

C/ La responsabilité pénale de Joseph Vacher sous le Code Pénal de 1810.

L’article 64 du code Pénal de 1810 dit « qu’il n’y a ni crime ni délit, lorsque le
prévenu était en état de démence au temps de l’action, ou lorsqu’il a été contraint par une force à laquelle il ne pouvait résister ».

Le 14 juin 1898, en adéquation avec la procédure judiciaire, Le juge d’instruction Emile Fourquet confie à un professeur de médecine légale, Alexandre LACASSAGNE, et deux médecins aliénistes, les Docteurs PIERRET et REBATEL, le soin de procéder à une expertise de l’état mental de Joseph Vacher au moment des faits, et de dire s’il jouissait de toutes ses facultés intellectuelles lorsqu’il a commis ces crimes. Enfin, est-ce-que sa responsabilité pénale doit être engagée et dans quelle mesure ?

Joseph Vacher subira aussi des examens radiographiques de la tête. Peut être pour trouver une anomalie organique tentant d’expliquer son  comportement. Ou une séquelle des deux balles se trouvant dans sa tête.
Plus tard, une hypothèse, qui n’aura rien à voir avec l’affaire Joseph Vacher émergera sans pour autant perdurer selon laquelle, le nombre de chromosomes serait responsable de troubles du comportement. Le gène du crime existe-t-il ?
Apparemment non.

D/ Le procès :

Joseph Vacher devant la Cour d’assises de l’Ain en 1898

Le 3 juin 1898, le juge Fourquet signe une ordonnance de renvoi devant la cour d’Assises qui sera annulée le 8 par la chambre d’accusation.
Pour quel motif ? Le juge d’Instruction n’a pas informé l’accusé de la loi du 8
décembre 1897 lui permettant d’être assisté d’un avocat pendant les interrogatoires.
La procédure est donc reprise, les experts de nouveau sollicités pour un nouvel examen de Joseph Vacher. Ils rendront donc un nouveau rapport avec la même conclusion.
La procédure suit son cours.
L’avocat de Joseph Vacher plaide l’aliénation mentale encore une fois et demande une contre-expertise qui lui sera refusée.

Joseph Vacher sera jugé au cours d’un procès qui durera trois jours, et sera déclaré coupable du seul meurtre de Victor Portalier, malgré les dix autres crimes avoués.
L’accusé tente une dernière fois, par un comportement étrange et incohérent, de simuler la folie. Cela ne fonctionnera pas.
Les délibérations dureront un quart d’heure.
Joseph Vacher est condamné à mort par la Cour d’Assises de l’Ain le 29 octobre 1898.
Il a 29 ans.
Il sera guillotiné le 31 décembre 1898 sur le Champs de Mars de Bourg-en-Bresse.

Toutefois, même après son exécution, le cas de Joseph Vacher continua de susciter de vives réactions quant à sa responsabilité pénale, car certains iront jusqu’à dire que le juge Fourquet, ainsi que les trois experts, s’étaient un peu acharnés sur lui et qu’il n’avait pas été tenu compte de ses antécédents médicaux.

Le nouveau Code Pénal de 1994 aurait peut être pu apporter une nuance non
négligeable, non par pour déclarer Vacher irresponsable pour autant car les éléments à charge sont tout de même décisifs.

 

La semaine prochaine nous aborderons la 4e et dernière partie de ce mémoire et Sylvie nous dira :

COMMENT JOSEPH VACHER AURAIT-IL ETE JUGE DE NOS JOURS ?

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 7


Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 7

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 7

Souvenez-vous il y un peu plus d’un mois  Sylvie nous présentait son mémoire en Criminologie appliquée à l’expertise mentale.

Et puis on plongeait dans la folie.

Il y un mois nous abordions l’histoire de la psychiatrie

Il y a 3 semaines nous faisons connaissance avec Joseph Vacher

 il y a 2 semaines, nous nous attachions à découvrir la personnalité de Vacher

,

Enfin la semaine dernière les médecins se prononçaient sur le cas Vacher

Ce soir  nous regardant l’affaire Vacher du point de vue du droit

 

Allez c’est parti pour l’épisode 7


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Buttard

Episode 7 : L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DU DROIT

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

 

III/ L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DU DROIT (première partie)

A/ Apparition et évolution de la notion de responsabilité pénale :

Il est à noter quelques points de repère historiques quant à la responsabilité pénale depuis le code pénal de 1810.

« La responsabilité pénale est une obligation de répondre de ses propres actes devant l’autorité compétente », comme le disait Benigno di Tullio, psychiatre et anthropologue italien.

L’individu est présumé libre de ses actes, mais quand il sait faire la différence entre le Bien et le Mal, et malgré tout, emprunte le mauvais chemin, il en répond devant ses juges.                                                                    Mais celui qui montre avoir agi sans son libre arbitre, celui-là échappe au châtiment. C’est ce que Joseph Vacher tente de prouver lors de ses deux passages en prison. La première fois, en 1893, il fut effectivement déclaré irresponsable pénalement par le docteur Guillemin. En revanche, il n’en fut pas de même pour l’expertise 1897 effectuée par les trois experts aliénistes désignés par le juge Emile Fourquet.

Le Code Pénal de 1810 et son article 64 parle de « démence » et la question se posait de savoir si le mis en cause était ou n’était pas en état de démence au moment des faits qui lui étaient reprochés.                                                          Notion de démence très importante car c’était LE critère d’irresponsabilité. Soit on est fou, soit on ne l’est pas.

Le sort de Joseph Vacher dépendait de cet article de l’ancien Code Pénal, le nouveau code n’étant entré en vigueur qu’en 1994. L’article 122.1 du code pénal de 1994 aurait peut être fait une différence sur la responsabilité pénale de Vacher, ou pas !

Plusieurs textes comme la circulaire Chaumié du 12 décembre 1905, du nom du Garde des Sceaux en exercice à cette époque, commençèrent à réformer le code de 1810.                                                                                                                        En effet, cette circulaire faisait apparaître « la notion de responsabilité atténuée au plan pénal, au bénéfice des sujets dont le libre exercice de la volonté se trouvait entravé, pour quelque motif que ce fut ». Ce qui entraînera une sorte de graduation dans la notion de responsabilité pénale :

– entière

– légèrement atténuée

– atténuée dans une certaine mesure

– atténuée dans une large mesure

Psychiatrie et Justice vont donc se compléter dans les affaires criminelles comme celle de Joseph Vacher, car lorsque le juriste constate les conséquences d’un acte, le psychiatre ou l’aliéniste, lui, cherche à comprendre, sans ignorer les effets de l’acte, l’état d’esprit dans lequel se trouvait l’individu au moment des faits, sachant qu’un état passionnel ou une perte de contrôle, par exemple, n’entraîne aucunement d’une irresponsabilité pénale.

A l’époque, on peine à diagnostiquer les personnes souffrant de monomanies car elles conservent la conscience de leur état. Or, bien souvent, une pathologie mentale est révélée car, entre autres facteurs, le sujet nie son état. Il dit et pense qu’il n’est pas malade.                                                                  Ce qui n’était pas le cas de Joseph Vacher car lui criait haut et fort que son sang avait été vicié par le traitement qu’il avait reçu après une morsure de chien enragé à six ans. Il ne parle pas de pathologie mentale, mais cherche malgré tout une excuse médicale aux actes qu’il a commis.

Pour revenir aux personnes souffrant de monomanies, elles ont un discours sensé et justifient leurs actions par des motifs plausibles. Ce qui entraînera des conflits entre magistrats et aliénistes.

Jean-Etienne Esquirol, médecin aliéniste français du 18e siècle, et à l’origine de l’organisation de la psychiatrie française, déclare « qu’une investigation sérieuse faite par un médecin aliéniste est nécessaire pour que le tribunal puisse être éclairé », et une fois la pathologie démontrée, il n’y a plus aucun doute sur l’aliénation mentale, par conséquent sur l’irresponsabilité pénale.

Toutefois, comme cela était le cas pour l’affaire Burton, le sujet connaissait parfaitement bien la nature et les conséquences de l’acte qu’il avait commis (un meurtre). Il savait que c’était un crime puni de la peine capitale. Dans ce cas, peu importe que le sujet soit fou ou pas. Il avait la volonté de passer à l’acte, et connaissait la différence entre le Bien et le Mal, donc il fut déclaré responsable pénalement.

Les données actuelles et l’étroite relation entre la maladie mentale et le Droit pénal, se basent sur le nouveau Code Pénal, c’est à dire celui qui est en vigueur depuis 1994.

Il peut être utile, voire nécessaire d’étudier la vie du sujet et le contexte dans lequel il a évolué pour tenter de mieux comprendre les motivations de ses actes. C’est pour cette même raison que l’expert psychiatre doit étudier son état mental. Il doit pouvoir démontrer si le sujet était ou non sous l’emprise d’un trouble psychique ou neuropsychique au moments des faits.

Si c’est le cas, l’article 122.1 du Code Pénal déclarera le mis en cause irresponsable pénalement des faits qui lui sont reprochés.                      L’alinéa 1 signifie que le discernement du sujet était complètement aboli, lui enlevant ainsi toute responsabilité pénale, alors que l’alinéa 2 le nuance avec une altération du discernement, ce qui veut dire que la responsable pénale du mis en cause reste pleine et entière, mais que la peine prononcée à son encontre pourra être diminuée ou aménagée.

 

Voilà pour la première partie, la semaine prochaine nous ferons connaissance avec ses juges, nous déterminerons la responsabilité pénale de Joseph Vacher  et nous parlerons du procès.

Et puis souvenez vous le dernier polar de Sacha sort dans 4 jours

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 6


Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 6

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 6

Souvenez-vous il y a deux semaines  Sylvie nous présentait son mémoire en Criminologie appliquée à l’expertise mentale.

Et puis on plongeait dans la folie.

Il y a 3 semaines nous abordions l’histoire de la psychiatrie

Il y a 2 semaines nous faisons connaissance avec Joseph Vacher

Enfin la semaine dernière nous nous attachions à découvrir la personnalité de Vacher

Aujourd’hui, les médecins se prononcent sur le cas Vacher

 

Allez c’est parti pour l’épisode 5


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Buttard

Episode 6 : L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DE LA PSYCHATRIE

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

II/ L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DE LA PSYCHATRIE

D/ 1ère expertise psychiatrique sur l’état mental de Joseph Vacher : 12 septembre 1893

Le Docteur Guillemin, médecin-adjoint de l’asile de Dôle, est requis par le Juge d’instruction de l’époque pour pratiquer une expertise sur la personne de Joseph Vacher. Le 12 septembre, il rend un rapport médico-légal en déclarant Joseph Vacher « atteint d’aliénation mentale caractérisée par le délire persécution, et par conséquent, « irresponsable de ses actes ».

Dans le rapport médico-légal, le docteur GUILLEMIN déclare que Vacher lui écrivait des lettres dans lesquelles il exposait ses malheurs, ses « soi-disant malheurs », dit Guillemin. Il se dit suicidaire, tente de se jeter par la fenêtre. Il a la manie de la persécution, et déclare que des gens cherchent à lui nuire. Il parle seul, en agitant les bras de façon menaçante. Il laisse aussi libre cours à sa force physique en soulevant les meubles à bout de bras. Durant l’expertise, le docteur GUILLEMIN constate effectivement une « grande surexcitation », une « manie de la persécution », puis un « affaissement moral ». Il ne cesse d’exprimer ses « malheurs » et ses idées suicidaires, marquant ce dernier point par une tentative de défenestration depuis le deuxième étage.

Ces déclarations sont corroborées par le commandant de compagnie de Vacher lorsque celui-ci travaillait sous ses ordres. Il faisait les mêmes constatations de délires de persécution, signalant des « mouchards » autour de lui. Le commandant de compagnie ajoute même que ses camarades de cantonnement dormaient avec leurs baïonnettes, craignant que Vacher ne s’en prenne à eux durant leur sommeil. Et son « besoin de voir couler le sang » ne les rassurait pas non plus. Malgré tout cela, ses supérieurs reconnaissent que Vacher, en tant que soldat, est un élément honnête, à la « moralité parfaite », et d’une grande « honorabilité ».

Son enfance est marquée elle aussi par les mêmes traits de caractère : un caractère violent et soupçonneux. Sa cruauté envers les animaux n’est pas anodine non plus. A quinze ans, il sera novice dans la congrégation des frères de Saint-Génis-Laval, près de Lyon.

Il y reste trois ans, désireux d’y faire ses études, mais fautes d’argent suffisant, il devra quitter, et en gardera une profonde rancune à l’encontre des ses parents.

Lettre de Joseph Vacher adressée en 1898 au Professeur Lacassagne

Examen direct du Docteur GUILLEMIN lors de l’arrivée de Joseph Vacher à l’asile : 1893

Physiquement, il présente une « asymétrie faciale produite par la paralysie de la septième paire du côté droit », un « abaissement de la commissure labiale, la joue flasque », et une plaie suppurante au niveau de l’oreille droite, conséquence de sa tentative de suicide en juin 1893.                                La mastication est difficile, et la parole traînante.                                                  Le premier jour, il est abattu, et se plaint beaucoup de sa plaie que les médecins doivent panser régulièrement.                                                                      Puis reviennent les complaintes expliquant que les personnels de l’asile veulent le voir mourir et qu’ils s’occupent plus des autres malades que de lui. Tous les matins, Vacher demande qu’on l’opère et lorsque les médecins lui annoncent qu’ils vont accéder à sa requête, le jour de l’opération, il se débat et refuse finalement l’intervention car il pense « qu’ils veulent le tuer et non le guérir ».                                                                                                                     Il menace de mettre fin à ses jours, il s’ennuie. Il tient des propos contradictoires. Le 20 juillet 1893, il dit qu’il n’est pas fou et qu’il ne doit pas rester à l’asile, sans quoi il mettra fin à ses jours !                                                    Il revient sur la période du régiment, en disant que ses frères d’arme sont devenus ses ennemis et qu’ils sont la cause de tous ses « malheurs ». Le docteur GUILLEMIN ajoute : « A certains moments, il lève la tête, fixe les yeux, comme s’il entendait des voix invisibles ».

Les conclusions du rapport médico-légal du Docteur GUILLEMIN :

Joseph Vacher est « un délirant par persécution en première période ». « A l’asile, cet état maladif suit une marche progressive ».                                             « Quoique l’inculpé nie les actes désordonnés auxquels il s’est livré le 25 juin dernier, nous estimons qu’alors Vacher agissait sous l’influence d’hallucination de l’ouïe ».

« De ce qui précède nous pouvons conclure :
– que le sieur Vacher (Joseph) est atteint d’aliénation mentale caractérisée par le délire de persécutions.                                                                                               – Il est irresponsable de ses actes. »

Au vu de ce rapport, le Juge d’Instruction rend une ordonnance de non-lieu le 16 septembre 1893 et l’Action Publique s’éteint.

Joseph Vacher est libéré de sa responsabilité, mais transféré à l’asile d’aliénés de Saint Robert, en Isère, en vertu de la loi du 30 juin 1838.                Il y entre le 21 décembre 1893, et est libéré avec un certificat de complète guérison le 1er avril 1894.

Lettre de Joseph Vacher adressée en 1898 au Professeur Lacassagne (suite 1)

E/ L’expertise psychiatrique décisive et punitive: après son arrestation le 4 août 1897

Le 19 septembre 1897, le Docteur BOZONNET rend un rapport d’expertise concernant Joseph Vacher qui le déclare une nouvelle fois irresponsable de ses actes, car atteint de débilité mentale. Il dira que sa « responsabilité est très notablement diminuée ». Ce qui, sous le code pénal de 1994 pourrait aboutir à un alinéa 2 de l’article 122.1, à savoir une altération du discernement. Mais, sous le code pénal de 1810, l’article 64, dès lors que la responsabilité est diminuée, alors le prévenu est considéré comme atteint de démence, puisqu’il n’y a pas de demi mesure.

Le juge Fourquet, s’il avait décidé de suivre l’avis de l’expert, aurait donc pu conclure à une nouvelle irresponsabilité pénale, mais il n’en fera rien. Au contraire, en droit français, le Juge d’Instruction n’a jamais été forcé de suivre l’avis de l’expert. C’est pourquoi, insatisfait par le rapport du Docteur BOZONNET, il décide de chercher plus loin et de demander une nouvelle expertise par le truchement de trois autres médecins :

Alexandre LACASSAGNE, professeur de médecine légale, et chef de file de l’école de criminologie française.
Auguste PIERRET, professeur de clinique des maladies mentales et médecin-chef de l’Asile départemental d’aliénés de Bron.                                                  Fleurey REBATEL, directeur de la maison de la santé de Champvert, et accessoirement beau-père d’Edouard HERRIOT.

Tous les trois se rendent d’abord à la prison de Belley, là où le Docteur BOZONNET a expertisé Vacher le 19 septembre, puis se transportent à la prison de St Paul à Lyon.

Là-bas, ils rédigent un rapport ratraçant en détail la vie de Joseph Vacher, ainsi que son parcours criminel, et plus particulièrement sa série de meurtres. Hormis leur certitude que le tueur était bien atteint d’une « aliénation mentale transitoire » lorsqu’il tente d’assassiner Louise BARRANT en juin 1893, ils veulent découvrir si Vacher a commis ces crimes horribles sous l’emprise d’une pathologie mentale au moment des faits ou s’il était conscient des ses actes.

Ils reprennent donc chaque affaire en étudiant pour chacune le mode opératoire, les mutilations subies par chaque victime, et en arrivent à la conclusion que Joseph Vacher prenait un soin particulier à choisir l’endroit, et le moment pour commettre ses méfaits.                                                        Pourquoi s’attaque-t-il principalement aux bergers et aux bergères ? Peut être parce qu’ils sont isolés. Ce sont donc des cibles faciles, et l’innocence de leur jeunesse confère à Vacher l’avantage de la surprise. Les experts font apparaître par leurs recherches, « une suite d’actes réfléchis ».

Joseph Vacher pense retourner rapidement à l’asile, mais les médecins et le juge Emile Fourquet continuent de faire des recoupements entre les affaires, cherchant la faille. Ils ne veulent pas que certains criminels, sous la « couverture » de l’aliénation mentale, échappe à la Justice et ne répondent pas de leurs actes. Ils refusent « le brevet d’impunité ».

Après expertise des Docteurs LACASSAGNE, PIERRET et REBATEL, le nommé Joseph Vacher est déclaré assassin sadique et simulateur. Ils délivrent donc un « certificat d’aptitude à une condamnation ».

Ils ajoutent que :                                                                                                              « Vacher n’est pas un épileptique, ou un impulsif. C’est un immoral violent, qui a été temporairement atteint de délire mélancolique avec idées de persécution et de suicide ». « Vacher, guéri, était responsable quand il est sorti de l’asile de Saint Robert. Ses cris sont d’un anti-social sadique et sanguinaire, qui se croyait assuré de l’impunité, grâce au non-lieu dont il avait bénéficié et à sa situation de fou libéré. Actuellement, Vacher n’est plus un aliéné : il simule la folie. Vacher est donc un criminel, il doit être considéré comme responsable, cette responsabilité étant à peine diminuée par les troubles psychiques antérieurs ».

Lettre de Joseph Vacher adressée en 1898 au Professeur Lacassagne (fin)

Fin de l’épisode 6

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 5


Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 5

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 5

Souvenez-vous il y a un mois  Sylvie nous présentait son mémoire en Criminologie appliquée à l’expertise mentale.

Et puis on plongeait dans la folie.

Il y a 2 semaines nous abordions l’histoire de la psychiatrie

Enfin la semaine dernière nous faisons connaissance avec Joseph Vacher

Aujourd’hui nous nous attachons à découvrir la personnalité de Vacher

 

Allez c’est parti pour l’épisode 5


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Buttard

Episode 5 : L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DE LA PSYCHATRIE

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

II/ L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DE LA
PSYCHATRIE

B/ Mode opératoire de Joseph vacher :

Il commet 11 meurtres sur le même mode opératoire et avec la même signature.
Et justement, le mode opératoire de Joseph Vacher démontre la préméditation, et il recherche des victimes avec un soin particulier.
Même s’il tue des femmes et des hommes, il les choisit toutefois du fait de leur isolement, leur jeunesse (Entre 13 et 14 ans pour la plupart), et leur innocence. De plus, il se sait tranquille dans la montagne pour accomplir ces meurtres et ses rituels horribles et sadiques.

Une fois qu’il les a choisi et que les conditions sont réunies, il se jette sur eux, les étrangle, et les égorge avec un couteau ou un rasoir qu’il transporte toujours avec lui. Pourquoi les étrangle-t-il d’abord ? Peut être la peur de ne pas avoir le dessus sur sa victime au départ ? Le fait de les étrangler permet à Vacher de leur faire lâcher prise, et les faire taire tout de suite. Ainsi, il ne craint pas que ses victimes crient ou se débattent trop. Par la strangulation, il fige la situation entre lui et sa victime. Il a le dessus immédiatement sur elle et il sait que sa force physique est largement supérieure à celle des jeunes bergers et bergères. Il a l’avantage de la surprise.

Ensuite, quand la victime a poussé son dernier et douloureux soupir il peut laisser libre cours à sa sauvagerie. Les mutilations sont nombreuses et diverses.
Éventration, section des seins si c’est une femme, des testicules si c’est un homme. Est-ce pour répondre à la frustration qu’il ressent depuis des années ? Est-ce par vengeance ? Pour les moqueries dont il a fait l’objet ?
Puis il frappe de nouveau comme pour libérer toute sa rage, et « boucle la boucle » en violant sa victime. Quel signification a ce viol ? Il est possible qu’il veuille imprimer sa toute-puissance a regard de tous, en « criant » par ses actes que cette victime lui « appartient ».
Précisons que mutilations et viols sont commis post-mortem.

Le mode opératoire du tueur est répétitif, ce qui est caractéristique du crime en série, et du fait qu’en général, ils sont commis par un seul et unique tueur.
D’autre part, il s’avère que les cadavres sont déplacés, puis cachés. A-t-il un moment de honte ou de remord ? Où est-ce juste qu’il ne veut pas se faire prendre par la police ? En tout cas, on peut noter qu’il a bien la volonté de les déplacer et de les cacher. Ce qui pourrait signifier qu’il a tout à fait conscience que ce qu’il fait est mal.

C/ Son arrestation :

Il sera interpellé en flagrant délit le 4 août 1897 sur la commune de Champis, en Ardèche. Il était en train de s’attaquer à une femme de 27 ans.

A l’issue de son interpellation, Joseph Vacher est transféré à la Maison d’arrêt de Tournon, en Ardèche, puis à celle de Belley, dans l’Ain. Le Juge Emile Fourquet procède au premier interrogatoire de Joseph Vacher le 10 septembre 1897.


Le 19 septembre 1897, le Docteur Bozonnet, médecin de la prison, rend un rapport d’expertise médico-légale dans lequel il affirme que le mis en cause est atteint de « débilité mentale, d’idées fixes voisines des idées de persécution, de dégoût profond pour la vie régulière,… » et il ajoute que « la responsabilité de Vacher est très notablement diminuée » .

Une fois cette déclaration de responsabilité fortement diminuée, déclarée par le docteur Bozonnet, Joseph Vacher sera-t-il de nouveau interné à l’asile d’aliénés ?
Bénéficiera-t-il encore d’un non-lieu ?

Pour le moment, il n’est nullement question de non-lieu puisque l’instruction se poursuit. Les journaux en font leurs gros titres et posent eux aussi la question de la responsabilité et d’une part d’irresponsabilité (Thomas Grimm pour « Le petit Parisien » du 26 décembre 1897.
De même pour Jean Frollo qui signe un article pour « le Petit Journal » du 27
décembre 1897. Celui-ci se demande si l’on ne va pas substituer les asiles aux
prisons.

Début octobre 1897, Vacher propose au Juge Fourquet des aveux, mais en échange, il demande que ses dires soient publiés dans « Le petit Journal », ainsi que dans d’autres journaux.

Dans les extraits de la lettre de Vacher, on constate certes les aveux de ses crimes, mais aussi une sorte de dédouanement, essayant de trouver l’excuse de son comportement dans des accès de rage, et dans le fait qu’il ait été mordu par un chien enragé à l’âge de six ans. Le traitement anti-rabique qu’il aurait reçu lui aurait « vicié le sang ».
Le Divin tient aussi une place prépondérante dans son discours lorsqu’il dit que « Dieu permet tout ». Il précise même s’être senti coupable, au départ.
Il accuse aussi l’asile d’aliénés de Dôle en disant que « les abominalités que j’ai vu se dérouler sous mes yeux ont certainement accentués ma maladie ou plus tôt ma rage ».

Il parle aussi du « méchant monde ».
Entre les lignes, on peut lire que les passages à l’acte sont bien de son fait mais qu’il n’en est pas vraiment responsable, et que le monde lui en veut. De même, il n’exprime aucun remord, révélant peut être une personnalité paranoïaque.

Fin de l’épisode 5

Notez chers Polardeux que dans 5 jours sort le second roman de notre expert.

L’ombre de Nola par Sacha Erbel

Alors tous à vos commandes !

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 4


Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 4

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 4

Souvenez-vous il y a deux semaines  Sylvie nous présentait son mémoire en Criminologie appliquée à l’expertise mentale.

Et puis on plongeait dans la folie.

Enfin la semaine dernière nous abordions l’histoire de la psychiatrie

 

Aujourd’hui avec Sylvie-Sacha nous faisons connaissance avec Joseph Vacher

Allez c’est parti pour l’épisode 4


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Buttard

Episode 4 : L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DE LA PSYCHATRIE

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

II/ L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DE LA
PSYCHATRIE

A/ La biographie de Joseph Vacher.

Joseph Vacher, que la presse de l’époque appelait aussi « l’éventreur du sud-est » en rappel à l’affaire récente de Jack l’éventreur à Londres, ne fut condamné que pour un seul meurtre, et pourtant, c’est bien à un tueur en série que la France a eu à faire en cette fin de 19e siècle.
Sa personnalité hors norme et l’affaire judiciaire qui en découla donna tout son intérêt à l’expertise pratiquée par les trois médecins aliénistes désignés par le Juge Emile Fourquet.
Les Docteurs LACASSAGNE, PIERRET et REBATEL signeront une expertise des
plus modernes pour l’époque, car ils marièrent l’état psychique du sujet et la
responsabilité pénale qui en découla.

Le docteur Alexandre Lacassagne (1843-1924), professeur titulaire de la chaire de médecine légale

Joseph Vacher est né le 16 novembre 1869 à Beaufort et fait partie d’une fratrie de seize enfants. Son frère jumeau décède à l’âge de 8 mois par étouffement, une grosse boule de pain coincée dans la gorge. On peut se poser la question de savoir si, aussi jeune fut-il, n’a-t-il pas pu ressentir ce premier traumatisme comme un élément déclencheur d’un désordre mental ?
Ses parents sont cultivateurs. Sa mère était très croyante et sujette aux visions et apparitions à tendance religieuses. Le jeune Joseph Vacher vit donc ses premières années sous influences mystiques. L’histoire ne dit pas si sa mère souffrait d’une pathologie mentale ou si elle jouait sur ses croyances religieuses, mais c’est ce qui rythmera sa vie d’enfant.

D’après certaines rumeurs, il se montre parfois violent ou emporté durant son enfance, notamment sur ses frères et sœurs même s’ils sont plus âgés et plus forts.

A l’âge de six ans, il se fait mordre par un chien enragé, et à partir de neuf ans, son comportement devient pour le moins étrange. Il fait preuve de cruauté envers les animaux (leur coupe les pattes). Quand on connaît son parcours meurtrier, on ne peut s’empêcher de penser à l’un des trois éléments de la Triade des symptômes qui caractérise vulgairement le tueur en série, en général.
Son comportement apparaît étrange pour ses camarades de classe, qui feront de Vacher un souffre-douleur, autre élément loin d’être anodin aux vues de son parcours futur.
Il commence à travailler à l’âge de quatorze ans, et il est même fort possible que sa carrière criminelle ait débuté elle aussi au même âge, traduite par le meurtre d’un enfant de 10 ans, violé et tué dans une grange d’Eclose, en Isère. Mais la question ne se posera que des années plus tard, ainsi que pour d’autres crimes non élucidés.

Il ne s’entend pas avec ses parents, et les accuse de l’empêcher de faire des études.Il est à noté également, que sa sœur aurait présenté des troubles mentaux.

A 16 ans, il aurait aimé devenir enseignant, avoir de l’autorité au sein de sa
congrégation, parfaire son éducation chez les Frères Maristes de Saint-Genis-Laval.
Mais il n’y parvient pas par manque d’argent. De ce fait, il incrimine encore
davantage ses parents.

En 1888, il travaille dans une brasserie de Grenoble, et sa fréquentation accrue des prostituées lui fera contracter une maladie vénérienne. Celle-ci entraînera le 11 février 1889 une intervention chirurgicale durant laquelle il subira l’ablation d’une partie d’un testicule.
Ce morceau de virilité, une fois enlevé, ne s’ajoute-t-il pas à un sentiment de
frustration déjà bien présent chez Joseph Vacher ?

En 1890, il effectue son service militaire au 60e régiment d’infanterie de Besançon durant lequel son caractère violent et à la fois renfermé s’affirme. Les moqueries s’accumulent, faisant ressortir chez Vacher, aux dires de ses supérieurs, un personnage « psychiquement troublé, atteint d’idées noires et de délires de persécution » Ses compagnons de troupe en vinrent à le craindre, et malgré son bon classement à l’école des élèves caporaux, il est recalé et déclaré « inapte au commandement ».
Vacher est complètement intolérant à la frustration et, pour le montrer, il tente de se trancher la gorge. Ce qui lui vaudra son tout premier examen mental.
C’est le colonel du régiment, qui lui accordera tout de même son galon, car il le pense lui, contrairement aux autres, apte à commander une troupe. Et ce, malgré l’autoritarisme dont il fait preuve.

En juin 1893, après avoir obtenu son grade de sergent, en proie à des délires de persécution, il est envoyé en congé. C’est pendant cette période qu’il tente de convaincre Louise Barant, une jeune domestique, de l’épouser. La jeune femme refuse. Joseph Vacher la blesse alors en lui tirant trois coups de revolver dans la tête, puis retourne l’arme contre lui, tentant de se donner la mort en se tirant deux balles dans la tête.

Il en réchappe, et Louise Barant aussi. Mais il en gardera de lourdes séquelles physiques : une surdité complète de l’oreille droite avec une purulence continue, une paralysie faciale droite. Son œil droit est fixe et souvent injecté de sang. Ce qui entraîne à partir de cette période une asymétrie faciale, et un rictus permanent. Ses liens sociaux déjà difficiles, le deviennent encore davantage.
La mauvaise odeur émanant de sa plaie à l’oreille droite, ainsi que ce rictus perpétuel lui attirait souvent les moqueries des gens.

A l’issue de son séjour à l’hôpital pour soigner ses blessures physiques, il est envoyé à l’asile d’aliénés de Dôle en juillet 1893. Là, il est mis en observation pour « troubles psychiques caractérisés par des idées de persécution ».
Après une tentative d’évasion, il est de nouveau interné et envoyé à l’asile de Saint Robert.
Le 1er avril 1894, il sort de l’institution avec un certificat de complète guérison.
Dans le même temps, la justice le poursuit et ouvre une information judiciaire pour « tentative d’assassinat » sur la personne de Louise Barant.

Il part alors sur les routes et mène une vie de vagabond, effectuant des petits travaux ici et là. Il mendie également, agressant les passants, méthode somme toute banale à cette époque-là. En revanche, concernant Joseph Vacher, cette agressivité n’était que le symptôme d’une réalité beaucoup plus sombre et sanglante.

Le 19 mai 1894, il commet son premier meurtre à Beaurepaire, en Isère. La victime, une femme de 21 ans, est tuée et mutilée.
Puis, il reprend sa route et le 20 novembre 1894, il tue à nouveau. C’est une jeune fille de 18 ans qui fera les frais de cette sauvagerie.

Une nouvelle instruction est ouverte par le Juge Emile Fourquet, dans le cadre de la procédure pour le meurtre de Victor Portalier à Bénonces, en Août 1895. Durant cette nouvelle instruction, le rapprochement est fait entre Vacher et un vagabond recherché dans le cadre de cette procédure.

Fin de l’épisode 4

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 3


Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 3

Souvenez-vous il y a deux semaines  Sylvie nous présentait son mémoire en Criminologie appliquée à l’expertise mentale.

Et puis la semaine dernière on plongeait dans la folie.

Aujourd’hui avec Sylvie-Sacha on explore l’histoire de la psychiatrie

Allez c’est parti pour l’épisode 3


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Buttard

Episode 3 : Histoire de la psychiatrie

MEMOIRE

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

I/ HISTOIRE DE LA PSYCHIATRIE ET SON APPARITION DANS
LES AFFAIRES CRIMINELLES, NOTAMMENT DANS L’AFFAIRE JOSEPH VACHER

Pendant longtemps, la médecine était essentiellement compassionnelle, c’est à dire que l’on ne soignait pas. On accompagnait le malade mais il n’existait pas de moyen thérapeutique de soigner les personnes souffrant de pathologie mentale.

A l’époque de l’affaire Joseph Vacher, le mot « psychiatrie » n’existe pas encore. On parle d’aliénés et d’aliénistes. Les asiles sont les précurseurs des hôpitaux psychiatriques dans lesquels on retrouve autant des personnes malades, que des criminels malades ou souffrant de troubles du comportement. En fait, les asiles regroupent tous ceux qui, d’une manière ou d’une autre, ont créé un trouble à l’ordre public et qui paraissent malades.

Victor Hugo, dans la préface du « dernier jour d’un condamné », déclare :

« on regardera le crime comme une maladie, et cette maladie aura ses médecins qui remplaceront vos juges, ces hôpitaux remplaceront vos bagnes. La liberté et la santé se rassembleront. On versera le baume et l’huile là où l’on appliquait le fer et le feu ».

Mais l’un n’est-il pas le complément de l’autre ? L’avancée de la psychiatrie et l’évolution des lois s’appliquent à faire de la société une entité pleine et juste. Du moins, j’aime à le croire !

La loi du 30 juin 1838 établit une mesure d’enfermement pour des raisons d’ordre public et de sécurité. Cette loi donne à l’aliéniste une mission de protection de la société et lui confie l’aliéné pour des soins et une durée de séjour qu’il déterminera.

Les premiers anti-psychotiques n’arrivent sur le marché qu’en 1952 et les premiers neuroleptiques entre 1952 et 1953. Ces médicaments permettent alors de faire sortir certains patients du contexte asilaire, notamment ceux souffrant de schizophrénie. A noter que cette pathologie mentale est reconnue comme telle à partir du 19e siècle.
En 1871, on la nomme « hébéphrénie », processus morbide qui survient à la puberté et qui aboutit rapidement à la démence.

Henri COLIN, neuro-aliéniste du 19e siècle, prend conscience qu’il y a différents types de patients dans les asiles, notamment des sujets complètement ingérables. En 1894, il est nommé médecin à l’asile spécial de Gaillon pour les aliénés criminels.

Pour faire un parallèle avec l’affaire Joseph Vacher, le 1er avril de la même année, celui-ci est libéré de l’asile de Saint Robert, en Isère, et un certificat de complète guérison le prouve.

Internement dont il a fait l’objet une année plus tôt suite à une tentative de meurtre sur une jeune femme qui refusait de l’épouser. Mais nous y reviendrons dans le détail lorsque nous aborderons sa biographie.

Henri Colin acquiert une grande notoriété concernant les aliénés criminels et crée alors une unité à son nom en 1910, correspondant un peu aux SMPR ( Service Médico-Psychologique Régional) ou UCSA (Unité de Consultation et Soins Ambulatoires), pour les soins somatiques des criminels souffrant de « démence », à l’époque. Car il ne faut pas oublier que l’article 64 du Code Pénal de 1810 parlait de « démence », et que ce dernier, malgré la circulaire Chaumié de 1905, était en vigueur jusqu’en 1994, date de l’application du nouveau code pénal

Puis, un mouvement institutionnel crée la Psychiatrie en 1965. Les patients sont même pris en charge par rapport à leur secteur d’habitation.

En 1970, on accepte l’idée que l’on peut être transgresseur et avoir besoin de soins, c’est à dire commettre une infraction et malgré tout nécessiter un traitement psychiatrique. La psychiatrie devient partie intégrante des affaires criminelles.
Pourtant, l’affaire Joseph Vacher démontre encore une fois sa modernité, car, en 1897, des experts psychiatres avaient déjà été désignés par le Juge Emile Fourquet pour déterminer s’il souffrait d’une pathologie mentale, mais aussi pour étudier le comportement de l’individu, apportant ainsi les premières recherches en matière de psychiatrie criminelle. On se mit aussi à rechercher le mobile, les motivations des criminels. Pourquoi et qu’est-ce-qui pouvait déclencher ces accès de sauvagerie.
Sauvagerie qui pouvait être aussi le révélateur d’une maladie mentale latente où déjà déclarée mais pas encore diagnostiquée. En effet, l’opinion allait se rendre compte que tous les crimes n’étaient pas seulement une envie de faire le mal, encore que cela reste à prouver concernant Joseph Vacher.

En 1985, les secteurs psychiatriques sont reconnus, avec des structures intra ou extra hospitalières.

En 1986, par arrêté du 14 octobre 1986, création des UMD (Unités pour Malades Difficiles) dans lesquelles on trouvera aussi bien des patients criminels ou pas.

Fin de l’épisode 3

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 2


 

Souvenez-vous la semaine dernière Sylvie nous présentait son mémoire en Criminologie appliquée à l’expertise mentale.

Aujourd’hui avec Sylvie-Sacha on plonge dans la folie.

Allez c’est parti pour


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Butard

Episode 2 : Introduction

MEMOIRE

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

Mon objectif, en préparant ce Diplôme universitaire, n’est pas professionnel, mais
pour ma culture personnelle. Les thèmes abordés dans cet enseignement m’intéressant
depuis longtemps, j’ai souhaité approfondir mes connaissances.
Je suis fonctionnaire de police et ne désire donc aucunement devenir expert auprès
des tribunaux, seulement me faire « plaisir ».

 

INTRODUCTION………………………………………………………………………… 1
A. Qu’est-ce-que la folie ?……………………………………………. 2
B. Perception de la folie sous l’Empire romain………………. 3
C. Perception de la folie au Moyen Age………………………… 3

 

INTRODUCTION

L’affaire Joseph Vacher remonte à la fin du 19e siècle, et pourtant, elle résonne d’unegrande modernité quant à la réflexion des trois experts psychiatres, « aliénistes »,disait-on à l’époque.

En effet, ils allaient mettre en lumière les prémices d’une nouvelle façon de penser laresponsabilité pénale.

A cette époque, l’article 64 du Code Pénal de 1810 expliquait qu’un individu ayantcommis une infraction alors qu’il souffrait de démence n’était pas responsablepénalement. Dès lors, qu’après expertise, les psychiatres estimaient qu’il souffraitd’une maladie mentale, et si le président du tribunal suivait cet avis, il était déclaréirresponsable de ses actes et était donc transféré dans un asile d’aliénés.

L’affaire Joseph Vacher illustre très bien cette mécanique après la première tentative de meurtre commise sur une jeune femme qu’il désirait ardemment épouser et qui repoussa sa proposition.
Il fut interné une toute première fois après s’être tiré deux balles dans la tête, et le médecin-adjoint de l’asile le déclara « irresponsable de ses actes ». Il n’en fut pas de même la fois suivante. Pourquoi ?
Nous tenterons d’éclaircir tous ces points au fil de cette étude. L’affaire Joseph Vacher est un cas très particulier et très riche, tant au niveau du droit, que de la psychiatrie.
Mais avant d’entrer plus profondément dans le sujet, intéressons-nous à l’essence même de ce mot qui nous fait peur à tous, à la perception que l’on en a, et à ses conséquences sur l’être humain à deux époques différentes et éloignées l’une de l’autre. La folie.

A/ Qu’est-ce-que la folie ?

Sénèque, philosophe sous l’Empire romain a dit : « Ce que la folie furieuse a de particulier, c’est qu’elle déchaîne sa férocité contre celui qui en souffre ».

La folie, en médecine, est un dérèglement mental, de la démence.

Définition certes un peu simpliste en comparaison du champ outrageusement étendu de ce mot car, par folie, s’entend principalement la maladie mentale, mais aussi et pourtant très couramment, on dit de quelqu’un qu’il est fou, parce qu’il montre un comportement complètement dénué de sens, sans pour autant présenter les symptômes d’une pathologie mentale. C’est même un mot que nous employons aussi bien d’un point de vue comique ou positif, que péjoratif. Dans ce sens, c’est davantage
une façon de parler qu’un véritable avis sur le comportement d’une personne.

Ce qui nous intéresse nous, pour cette étude, c’est l’aspect clinique, la pathologie mentale, ainsi que les troubles du comportement qui l’accompagne ou non.
Mais pour parler de la folie chez Joseph Vacher, il serait peut être intéressant de passer par la signification de la folie, du moins le sens que l’on donne à ce mot, et ce, sur deux périodes de l’Histoire qui, à mon sens, sont très éloignées en matière de pensée, mais riches dans leurs différences car on peut s’apercevoir que l’Empire Romain avait une vision très moderne de la maladie mentale et de la responsabilité pénale, alors que le Moyen Age, de par sa société cléricale très influente, s’embourbe dans la superstition et la crainte du châtiment divin.

La folie d’Athamas

B/ Perception de la folie sous l’Empire Romain :

Sous l’Empire Romain, le passage à l’acte médico-légal d’un auteur sur une victime (père ou mère), n’entraînait pas de sanction s’il était commis sous l’effet de la fureur (furor). On assistait déjà à une première idée de la responsabilité pénale, et de ses conséquences pour l’auteur présumé.
La vision et la représentation de la folie dans la Rome antique montrait une modernité précoce tant au niveau du droit que sur le plan de la médecine. Le bémol ? A cette époque, magistrats et médecins ne travaillent pas ensemble. C’est pourquoi il est difficile pour eux de s’entendre car leurs champs de compétence sont très éloignés l’une de l’autre au départ.
Malgré cela, on observe de grandes et profondes réflexions sur la frénésie (phrenetis), la léthargie (léthargos), la manie et la mélancolie. C’est la première fois que l’on écarte la magie pour expliquer certains comportements anormaux chez différents sujets, et, par conséquent, que l’on met en avant la maladie mentale.

Celse, philosophe romain, parle de frénésie, d’épisodes dépressifs et maniaques. Il met également l’accent sur la dangerosité de ces états. On prend conscience de la nécessité d’enchaîner les malades présentant ce genre de trouble avec déjà une notion de « protéger cet individu pour lui-même ou pour autrui ».

Celius, quant à lui, remarque des « intervalles libres » entre deux crises et parle de l’importance de varier les traitements suivant l’épisode dans lequel le malade se trouve, contrairement aux opposants qui restent, eux, sur l’entrave et la contention du malade, mais sans traitement.

Ce furent les premières approches de la responsabilité pénale et de la psychiatrie sous l’Empire Romain. Et pourtant le Moyen Age, loin de poursuivre l’évolution de cette pensée progressiste, verra l’ère du mysticisme et de la superstition réapparaître.
Un pas en avant, deux pas en arrière ?
Pas si sûr, car la science fera d’énormes progrès au début de la Renaissance, mais le combat contre la peur du diable sera long et douloureux.

France, Tours, Bibliothèque municipale, Ms 568, fol 19 v°.

C/ Perception de la folie au Moyen Age :

Etymologie du mot folie :

 Fol « qui signifie « enflure, bosse », qui vient aussi du mot « folis » qui veut dire « soufflet » ou « sac empli de vide ».
« Faire le fou », c’est manifester le vide de la tête et du corps.

Le Moyen Age définit la folie comme une manifestation du diable. C’est une partie de l’Histoire durant laquelle la religion avait toute autorité. Une société cléricale qui inspirait la crainte du Diable et de la possession. Ce qui pourrait expliquer une apparente « régression » de la pensée de l’époque. Le diable et les démons étaient présents partout, et surtout, étaient la cause de tous les maux de la société et de l’individu en général.

Les procès étaient complètement arbitraires et les personnes qui pouvaient présenter des troubles mentaux étaient apparentés à des possédés.
Séances de torture, puis le bûcher. On les accusait d’hérésie ou de sorcellerie. Les femmes en ont bien souvent subi les conséquences. Ces femmes qui, pour nombre d’entre elles, travaillaient à l’étude des plantes médicinales et des remèdes qu’elles pouvaient en tirer. Comme par exemple les premières sages femmes qui devaient se cacher pour exercer leur métier.

Pendant cette période, pas de peine, un jugement injuste et l’accusé finissait sur le bûcher, les flammes lui léchant le corps, et ses cris déchirant la nuit.

La symbolique du fou occupe une vraie place dans la société médiévale.
Véritable incarnation de la faiblesse des hommes et de leurs vices, le « fou » fait écho à la dureté de la vie à cette époque.
Il a sa propre fête et on laisse même le fou approcher le roi pour l’amuser, lui et s acour.
Le fou porte une tunique verte. Couleur qui symbolise la folie et l’instabilité en raison de la difficulté à faire tenir la couleur. Instabilité qui renvoie à celle de l’esprit.

Le carnaval est adopté comme la fête des fous en raison du défoulement et de la démesure qu’il autorise, allant jusqu’à la grossièreté et les jeux vulgaires.

Même à travers l’art médiéval, la folie est représentée par différentes gravures et toiles, comme par exemple « l’Extraction de la pierre de folie » de Jérôme Bosch.
Cette œuvre met en avant les symboles du fou comme le médecin représenté avec un entonnoir sur la tête, retirant lui-même du crâne de son patient, une tulipe comme image de son déséquilibre mental. Il semble qu’il souhaiterait le guérir de la folie !
Serait-ce le début du chemin vers le progrès scientifique en laissant entrevoir que le patient n’est pas possédé par le démon mais qu’il souffrirait d’une pathologie ou d’une tumeur ?

Pendant la Renaissance, les médecins restent superstitieux. Ils reconnaissent trois affections de la tête comme anomalies des humeurs dues à des influences démoniaques. Or, la thérapeutique de l’époque est le principe de traitement par les contraires. A savoir,

– La frénésie : « est un échauffement des méninges, donc il faut
refroidir ».
– La mélancolie : « est une surcharge d’atrabile (ou bile noire venant de la
rate) qu’il faut évacuer par des purges ou des saignées ».
– L’épilepsie : « est un engorgement dû à la pituite (une mucosité
provenant de l’estomac), venin fabriqué par les diables et les démons. Il
faut dessécher ».

A l’époque, les maladies de l’esprit sont toujours considérées comme des
conséquences de pêché et d’immoralité.

Félix Platter, médecin et anatomiste du 16e siècle, dans sa « praxis medica », sorte de premier dictionnaire dans lequel les maladies sont classées en fonction de leurs symptômes, est un des précurseurs dans l’attribution des pathologies mentales à des causes naturelles, et non plus à la magie, la possession démoniaque ou le châtiment divin.

Jacob Cornelisz. Van Oostsanen (?) Fou qui regarde à travers ses doigts, vers 1500. Davis Museum and Cultural Center, Wellesley (Massachusetts).

En effet, l’opinion générale se tournait encore vers la bile noire, les anges déchusattirés dans le corps, les forces surnaturelles et les envoûtements comme origine des troubles mentaux.
La Renaissance, dans ses réels progrès scientifiques, permet aux médecins la
dissection de cadavres, auparavant interdit de peur de laisser l’âme s’échapper.
Cette pratique permettra toutefois une avancée significative dans la compréhension du corps humain, et des maladies, qu’elles soient organiques ou mentales.
Une fois que les superstitions auront laissé la place à la réflexion, les recherches en matière de psychiatrie s’accéléreront considérablement, permettant même à certains malades de sortir du système asilaire.

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 1


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Buttard​

Episode 1 : présentation et sommaire

En 2015, je suis allée à la faculté de Médecine René Descartes à Paris pour faire diplôme universitaire de Criminologie appliquée à l’expertise mentale. Ma passion allait prendre corps grâce aux cours dispensés par des intervenants de renom comme Le président de la Cours d’Assises de Paris, et des Experts psychiatres tel que Daniel Zaguri, entre autres.

Au-delà des épreuves écrites et orales, j’ai eu à écrire un mémoire sur un sujet de mon choix.

Si j’ai choisi l’affaire Joseph Vacher, c’est parque je me suis rendue compte qu’elle regroupait l’ensemble de mon programme de criminologie, à savoir, le droit  et la question de l’irresponsabilité pénale face à une personne ayant commis un passage à l’acte et présentant un trouble psychique ou neuro psychique.

Mais aussi, ce sujet traite de l’élément clinique de l’individu et des premières expertises psychiatriques par des aliénistes (ancien mot pour psychiatre).

Cette affaire m’a passionnée et le juge Emile Fourquet a eu un rôle très important en faisant des recoupements entre plusieurs affaires (un début de profilage), ce qui lui a permis de confondre Joseph Vacher devant la Justice.

Aller, bonne dégustation!!! Muhahaha!…

 

 

SOMMAIRE

INTRODUCTION………………………………………………………………………… 1
A. Qu’est-ce-que la folie ?……………………………………………. 2
B. Perception de la folie sous l’Empire romain………………. 3
C. Perception de la folie au Moyen Age………………………… 3

I-HISTOIRE DE LA PSYCHIATRIE ET SON APPARITION DANS LES
AFFAIRES CRIMINELLES, NOTAMMENT DANS L’AFFAIRE JOSEPH
VACHER……………………………………………………………………………………… 6

II-L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DE LA
PSYCHIATRIE……………………………………………………………………………. 8
A. La biographie de Joseph Vacher………………………………. 8
B. Le mode opératoire de Joseph Vacher………………………. 10
C. Son arrestation………………………………………………………. 11
D. 1ère expertise psychiatrique sur l’état mental de Joseph Vacher : 12
septembre 1893……………………………………………………………………………… 12
E. L’expertise psychiatrique décisive et punitive : après son arrestation
du 4 août 1897……………………………………………………………………………….. 14

III-L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DU DROIT…..
…………………………………………………………………………. 16
A. Apparition et évolution de la notion de responsabilité pénale…..
…………………………………………………………………………. 16
B. Joseph Vacher et le juge Emile Fourquet…………………… 18
C. La responsabilité pénale de Joseph Vacher sous le code de 1810…
…………………………………………………………………………. 19
D. Le procès………………………………………………………………. 20
2

IV-COMMENT JOSEPH VACHER AURAIT-IL ETE JUGE DE NOS JOURS ?
…………………………………………………………………………. 21
A. Les nuances apportées par les alinéas 1 et 2 de l’article 122.1 du
code pénal de 1994…………………………………………………………………………. 21
B. Joseph Vacher serait-il toujours jugé responsable de ses actes ?
…………………………………………………………………………. 23

CONCLUSION…………………………………………………………………………….. 26

BIBLIOGRAPHIE……………………………………………………………………….. 28

MEMOIRE

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

Mon objectif, en préparant ce Diplôme universitaire, n’est pas professionnel, mais
pour ma culture personnelle. Les thèmes abordés dans cet enseignement m’intéressant
depuis longtemps, j’ai souhaité approfondir mes connaissances.
Je suis fonctionnaire de police et ne désire donc aucunement devenir expert auprès
des tribunaux, seulement me faire « plaisir ».