La Parole du Chacal de Clarence Pitz


Aujourd’hui c’est Papote de Flingueuse.

On retrouve Maud et Ophélie nos jumelles Flingueuses autour d’une lecture commune.


Le livre : La Parole du Chacal de Clarence Pitz. Paru le 15 août 2018 chez Le Lys Bleu. 20€20, (340 pages) ; 15 x 21 cm

Présentation de l’éditeur

« Partez à la découverte du Mali ! Rencontrez son célèbre peuple, les Dogons, et partagez leur vie durant trois semaines ! Célébrez avec eux le fameux Sigui, fête religieuse qui n’a lieu que tous les soixante ans ! Profitez d’un voyage unique et exclusif en petit groupe. Inscrivez-vous dès maintenant, les places sont limitées. Dogons 2027, l’expérience d’une vie. »Claire aurait dû suivre son intuition et renoncer à ce voyage. L’ombre fantomatique qu’elle a aperçue au milieu des tombes dogons dans un documentaire ne présageait rien de bon. Surtout qu’Armand, guide charismatique et anthropologue renommé, était resté curieusement évasif lorsqu’elle lui avait posé des questions sur ces caveaux. Armand dont le coup de volant a plongé leur camionnette dans un marigot. Tout ça pour éviter un foutu chacal ! Le village dans lequel ils ont échoué après cet accident est peuplé d’habitants craintifs et entouré d’une nature hostile. Un village isolé et désuet où le temps semble s’être arrêté. Un véritable tombeau à ciel ouvert dont il est impossible de sortir. Dire qu’elle a entraîné Sacha, son fils de dix ans, dans cet enfer? Et que, chaque nuit, un mystérieux visiteur vient déposer d’étranges objets près du garçon.

 L’auteur : Clarence Pitz est une auteure belge qui partage sa vie entre Bruxelles, la Savoie et la Touraine. Professeure d’Histoire de l’Art et d’Anthropologie, dévoreuse insatiable de thrillers et passionnée de voyages, elle se lance dans l’écriture en 2017 et entame une série de romans où elle mêle culture et suspense. La parole du chacal a fait partie des finalistes du concours VSD-RTL du meilleur thriller 2018.

 

 

 

Extrait :
« Captivée, elle caresse distraitement les cheveux fins de Sacha. Les danseurs évoluent à l’écran sous des angles divers. Certains sont filmés de très près, à tel point que l’on peut deviner le regard des hommes qui se cachent derrière les masques et leur donnent vie. On aperçoit ensuite un plan plus vaste, offrant une vue panoramique sur les danses folkloriques.

Le regard de Claire se promène du village au ciel bleu, des spectateurs aux danseurs, des maisons traditionnelles à la roche. Une multitude d’anfractuosités au sommet de la falaise vient titiller sa curiosité. Scrutant ces ouvertures, hypnotisée par les miracles de la nature, la jeune femme ne peut s’empêcher, face à cette érosion millénaire, de se rappeler que, en fin de compte, l’humanité n’est qu’un bref intermède sur l’échelle du temps.

Soudain, elle sursaute, cognant la tête Sacha qui s’était assoupi. Au milieu de la roche, dans un des interstices, elle a cru apercevoir une ombre étrange, une sorte de silhouette blanche au visage fantomatique. Une forme cadavérique à vous donner la chair de poule. La fugacité de l’apparition la laisse dans le doute. »

 

Papote de Flingueuse.

Maud et Ophélie nous parle de La Parole du Chacal de Clarence Pitz

Maud : Coucou Ophélie, alors toi aussi tu as lu La Parole du Chacal de Clarence Pitz?

Ophé Lit : Coucou Maud. Oui je l’ai lu et je dois bien dire que ce premier roman m’a bluffé.

Qu’en as-tu pensé?

Maud : Toi aussi, c’est super !!

Moi j’ai beaucoup l’histoire, l’intrigue et les personnages et leur évolution

et toi ?

Ophé Lit : : Pareil. J’ai aimé l’histoire, très originale. Les personnages sont bien construits et attachants.

J’ai ouïe dire que certains ne le qualifie pas de thriller. Qu’en penses-tu?

Maud : Oui ça pour être originale elle l’est 

Pour moi il rentre dans la case « thriller » dans le sens, des morts sans enquêtes de policiers

et toi ?

Ophé Lit : Pour moi aussi. D’autant que les morts ne surviennent pas que dans de banals accidents comme on pourrait le croire. Dans la mesure où il s’agit bien d’homicides, qu’il y a un vrai suspens avec une explication ensuite, pour moi c’est réellement un thriller. Un thriller différent mais il respecte les codes du genre tout en étant original.

Maud : Entièrement d’accord !!!

Ophé Lit : D’ailleurs j’aime beaucoup la manière dont Clarence définit elle-même ce roman: ethno-thriller

Maud : Justement j’ai apprécié de mélange dans l’intrigue entre accident et homicide.

Ophé Lit : Moi aussi

Maud : Marquée par la dimension malienne, la références aux différentes tribus, leurs rites et leurs coutumes

D’ailleurs les personnages évoluent aussi il y a l’avant et l’après accident

Ophé Lit : Concernant la dimension Malienne, je trouve ça très enrichissant et bien pensé. Clarence nous fait découvrir un pays mais surtout un peuple, les Dogons, avec leurs traditions et leurs croyances. ce côté ethnique m’a beaucoup plus. Concernant les personnages oui, il y a une réelle évolution après l’accident et tout un travail autour de la culpabilité qui est très intéressant.

Maud : Oui tout l’aspect culturel de ce livre est intéressant. J’adore ce mélange de stéréotypes de profils lors de voyage organisé. Puis les instincts vont se réveiller, la survie prime sur le reste, dans un premier temps

Ophé Lit : Oui tout à fait. Ce besoin de survie et les réactions des personnages sont vraiment bien abordés et ne souffrent pas d’à peu près. Les stéréotypes m’ont fait sourire, surtout la vieille aigrie 

Maud : Sans être lourds, ces personnages au profil et origine différentes vont se trouver confronter au même problème, c’est leur manière de le gérer qui va les différencier. Oui la vieille acariâtre et son mari toutou 

Après la survie la prise de conscience et vient comme tu le soulignes justement la culpabilité. Là encore la manière dont chacun va gérer la sienne, ca va du déni de responsabilité jusqu’à l’apitoiement

Ophé Lit : Tout à fait. Et c’est bien ce qui est bluffant sur ce premier roman. Pour une jeune auteur, Clarence a pensé à brosser les différents aspects de ses personnages en fonction de leurs caractères, les faisant évoluer et sans tomber dans la facilité. Elle aurait pu choisir un chemin unique mais non, elle décrit leur évolution de manière distincte et cet aboutissement est à noter.

Ophé Lit : Que penses-tu du style général, l’écriture?

Maud : Chacun évolue différemment oui c’est vrai en fonction de ses priorités et de ses ressentis. L’environnement hostile dans lequel ils échouent et la Nature sont pour moi également des personnages à part entière du livre

Ophé Lit : Tout à fait oui pour les paysages et la nature

Maud : J’ai trouvé l’écriture et le style fluide. Tout s’enchaîne très bien, le suspense est bien maintenu !! Un régal de lecture

L’impression que la Nature répond aux Hommes d’une certaine manière

Une forme de personnification

Ophé Lit : Pour le style et l’écriture effectivement c’est fluide, assez percutant aussi parfois. Ce que j’ai particulièrement apprécié c’est l’emploi d’un vocabulaire assez moderne et sans chichi. Je trouve que c’est assez ancré dans une certaine réalité notamment dans les dialogues. En fait par moment tu ne te dis pas « on ne parle pas comme ça dans la vraie vie ». Au contraire, j’ai eu tendance à oublier l’aspect littéraire parfois et à avoir eu le sentiment d’être une petite souris participant à des conversations. Je ne sais pas si je suis claire mais en gros, le vocabulaire utilisé permet de se projeter réellement dans le livre et au Mali.

Comme tu le notes effectivement il y a une personnification de la Nature qui fait écho aux Hommes. Et c’est aussi ce qui contribue justement à cette projection je pense.

Maud : Aucune fioriture, aucun superflu, juste l’histoire, les relations humaines, pas de superflu

Le style direct donne aussi un rythme au livre

Ophé Lit : Oui c’est ça.

Qu’as-tu pensé des passages où Sacha, le petit garçon de onze ans écrit dans son cahier? As-tu trouvé ses propos adapté à son âge?

Maud : Les croyances aussi, ce côté « exotique » avec une notion de ni trop et ni pas assez, nous dépayse

Ophé Lit : Complètement oui

Maud : N’ayant pas d’enfant difficile de répondre mais oui j’ai trouvé le discours de Sacha cohérent pour son âge

Ophé Lit : Moi aussi. Et comme tu le sais j’ai un fils du même âge. Il est évident qu’un enfant de cet âge ferait des fautes mais ces passages auraient-ils pu être un exact reflet des écrits d’un enfant de onze ans? Je ne le pense pas. Je pense que ça aurait perturbé certains lecteurs. Après c’est, je pense, difficile de faire l’unanimité sur ce point. En revanche je trouve le vocabulaire et le mode d’expression assez bien adapté.

Maud : Les discours ou pensées de Sacha sont simples et directs, factuels. Moi j’ai bien ressenti que c’était un enfant

Ophé Lit : Oui je te rejoins une fois encore.

Nous ne parlons que de choses positives. Y a-t-il des aspects négatifs que tu souhaites évoquer?

Maud : Je n’en ai pas eu… je l’avoue et toi ?

Ophé Lit : Moi oui mais qui n’est pas à attribuer à l’auteur. Autant le dessin sur la couverture est original, autant ce qu’en a fait la maison d’édition est assez moche. Je trouve ça dommage vu la qualité du roman.

Maud : Je l’ai trouvé à la fois intrigante et mystérieuse cette couverture

Ophé Lit : Le dessin oui, ou plutôt l’image en visuel. Par contre le reste non. je pense que les couvertures ont un rôle important. Elles attirent ou pas le lecteur. C’est essentiel qu’elles soient de qualité. mais comme tu le dis souvent Avisdemoiquinengagequemoi 

Maud : Je ne dis pas qu’elle est jolie mais qu’elle reflète la part de mystère, des traditions et croyances, présentes dans le livre

Ophé Lit : Ça oui nous sommes d’accord

Maud : Piqueuse de phrase, mille rires 

Globalement tu recommandes ?

Ophé Lit : Oui c’est un livre que je recommande et sans aucune hésitation! Un thriller original qui sort des sentiers battus, un style agréable. Tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment de lecture.

Oui je te pique tes phrases cultes ahahaha

Maud : Je pense pareil, je surveillerai les prochaines sorties de l’auteur !!!

Je vois ça je vais les déposer mes phrases cultes 

Avant de se quitter tu peux dire ce que tu lis ?

Ophé Lit : Moi de même! Et mon petit doigt me dit qu’on en entendra bientôt parler! 

Maud : Oui oui

Ophé Lit : Alors je viens de commencer Crow de Roy Braverman à paraître le 14 mars 2019 chez Hugo Thriller. Deuxième opus d’une trilogie dont le premier tome, Hunter est paru l’année dernière. Et toi?

Maud : Je viens de finir Par Deux Fois Tu mourras d’Eric Fouassier et je vais commencer Sois-toi même les autres sont déjà pris de David Zaoui 

Ophé Lit : Chouette! Un peu de bonne humeur dans tout ce noir Je te souhaite une belle lecture alors ma jumelle!

Maud : Merci, très bel après-midi à toi aussi !!!

Ophé Lit : Merci 

Et le mal viendra de Jérôme Camut, Nathalie Hug


Le livre : Et le mal viendra de Jérôme Camut, Nathalie Hug. Paru le 6 mars 2019 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir.19€90 ; (560 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv :

On vous a alertés sur la préciosité de l’eau, vous n’avez pas voulu voir. Alors on vous a assoiffés, et vous vous êtes entretués. Va-t-il falloir que l’on entasse six mille cadavres d’enfants devant vos portes pour que vous réagissiez enfin ?

 

 

 

 

Les auteurs : Il y a Jérôme Camut, il y a Nathalie Hug et il y a l’entité CamHug. Ils ne sont pas deux mais trois. Tout à commencer un jour de novembre 2004. Jérôme venait de sortir Le Trait d’Union des Mondes qui serait le tome 1 de Malhorne. Nathalie ayant adoré ce livre, elle est allé à la rencontre de son auteur. Et là la magie à opéré. Ces deux là se sont enfin trouvé, comme une évidence. Tout de suite, ils ont imaginé une vie à deux, une vie d’écriture mais à quatre mains cette fois. Et comme par enchantement, ils ont ensemble conçu une première histoire et quelle première histoire car il s’agissait déjà d’une trilogie. Depuis, L’écriture ne quitte plus leur vie, à 4 mains, seul, pour la TV, le Ciné… Et le mal viendra est leur 14e roman ensemble.
extrait : 

 

Le post-it de Ge

 

Comment vous dire que j’ai grave kiffé

Bon vous le savez les CamHug se sont mes petits chouchous et ce depuis que j’ai lu à sa sortie leur premier roman à 4 mains. Depuis je lis chaque sortie. Un nouveau titre arrive il me le faut. Et dés que je l’ai entre les mains, je lâche toutes mes autres lectures et ne me consacre plus qu’au roman de Jérôme et Nathalie.

D’ailleurs si habituellement je lis plusieurs polars à la fois, le CamHug je le lis seul, aucune autre histoire ne vient déranger ma lecture. Il faut dire qu’il y a déjà tellement de ramifications dans leurs intrigues que le livre se suffit à lui-même.

C’est tellement riche et complexes.

Une histoire sortie de l’imaginaire des CamHug vous emporte tellement loin.

Et comme ce sont mes chouchous, de livre en livre je deviens de plus en plus exigeante avec eux. Et oui, qui aime bien châtie bien !

Aussi une fois encore j’ai été bluffée. Je me suis retrouvée dans une épopée hallucinante.

Alors nous allons suivre les même protagonistes sur deux époques séparées de seulement 12 ans.

On connait déjà ces hommes et ces femmes, nous les avons rencontrés dans Islanova notamment, dans W3 aussi. Mais rassurez-vous, pas besoin d’avoir lu les précédents bouquins pour entrer dans ce roman. Non et c’est là aussi le tour de force des CamHug. Cette intrigues est à elle seule une histoire totale. Et pourtant elle vient se placer avant et après Islanova, leur livre précédent.

On va suivre la destiné de Morgan Scali, qui veut changer de vie et se sentir utile à l’humanité et à la planète. Aussi décide-t-il de tout quitter et part avec ses enfants en Afrique, en république du Congo où il travaillera dans une réserve naturelle. Il espère pouvoir ici apprendre à vivre sans sa femme trop tôt enlever à ses enfants. On le voit arriver sur la continents Africain en 2016 quelques mois après les attentats du 13 novembre 2015…. Il y découvre à la fois la beauté sauvage du pays mais aussi la sauvagerie d’un continent en perpétuels conflits.

Et puis en alternance, un chapitre sur deux on se retrouve en 2028. On suit Julian Stark  qui n’a jamais perdu l’espoir de retrouver sa fille, Charlie, tombée sous la coupe de Morgan Scali, le plus grand criminel de tous les temps.
Il a consacré sa vie à traquer cet homme capable de tuer des milliers de personnes au nom de son idéal.
Le jour où il apprend qu’on l’a enfin localisée au Congo, Julian croit que l’aventure touche à sa fin.
Mais il est loin d’imaginer ce qui l’attend.

Nous entre temps on commence à comprendre comment le Morgan Scali de 2016 est devenu le terroriste que l’on connait aujourd’hui.

Alors vous l’aurez peut-être compris, Et le mal reviendra c’est un thriller, un roman d’aventure, un livre écrit pour nous divertir, mais c’est aussi un roman d’espionnage, de géopolitique, un thriller écologique.

C’est un regard sur notre société actuelle et celle de demain. C’est un livre où se côtoient réflexions et émotions. C’est une mécanique parfaite au scénario impeccable, où le lyrisme et l’épopée fleurtent avec un style concis et une écriture au scalpel.

  Après la trilogie W3 et Islanava notre couple d’auteur nous propose un nouveau thriller politique haletant. Un thriller unique sur les dérives de notre société.

Vous ai-je déjà dit que les CamHug étaient des lanceurs d’alerte !

 

Extrait 2


Au pays des mille collines de Gaspard-Hubert Lonsi Koko


Aujourd’hui c’est … Double Chronique…

Où quand 2 flingueuses vous donnent leur point de vue sur un même roman.

Aujourd’hui c’est Maud et Mamie Danièle qui nous font découvrir un polar africain,  Au pays des mille collines de Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Ce matin Maud nous a parlé de sa lecture d’ Au pays des mille collines 

Ce soir c’est Danièle de vous faire par de son avis .

Allez assez palabré, place à la chronique jubilatoire de Dany


 Le livre : Au pays des milles collines – Paru en mai 2017  aux éditions L’Atelier de l’Égrégore – collection  Crime & Suspense …16.88€. 230 pages. 13,3 x 1,5 x 20,3 cm. Le prix epub : 7.49€ 

4ème de couverture : Résumé de l’éditeur


Dans toutes les officines occidentales, le général Paul Kagamé, cet ex-chef des services secrets ougandais et proche conseiller du très cynique président ougandais Yoweri Kaguta Museveni, était considéré comme le vainqueur et le probable futur homme fort du Rwanda. Pourtant, il avait gardé un mauvais souvenir à cause de la spectaculaire débandade, en 1990, des rebelles rwandais basés en Ouganda face aux éléments des Forces armées zaïroises conduits par le général Mahele Lieko Bokungu. Ce dernier, en l’occurrence Donatien, était un ancien gamin de la zone de Ngiri-Ngiri que les Zaïrois avaient affectueusement surnommé « le tigre ». En tout cas, après l’attentat en avril 1994 contre l’avion du général Juvénal Habyarimana, la responsabilité de l’acte ayant provoqué les massacres de plusieurs centaines de milliers de Rwandais demeurait inconnue. Aucune investigation n’avait été sérieusement menée sur le terrain.

L’auteur : Gaspard-Hubert LONSI KOKO, essayiste réformiste et romancier, Gaspard-Hubert Lonsi Koko est l’auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles. Son oeuvre couvre plusieurs genres allant de l’essai au roman, en passant par le témoignage…

 

 

 

Extrait :
« À faible distance de sa cible, laquelle avait été déchiquetée par les éclats. Il pourrait être question, à mon avis,d’un SAM-7 de fabrication soviétique ou bien de sa version modernisée. Je veux dire le SAM-16 qui est commercialisédepuis 1985. Un Grail ou un Gremiln, selon les noms de code de l’OTAN. Mais il n’était pas non plus exclu qu’il s’agisse d’un Stinger américain, ce missile très performant comme ceux qui avaient été livrés à la guérilla sud-soudanaise via l’Ouganda, l’État parrain du FPR »

  

La chronique jubilatoire de Dany

Titre et auteur : Au pays des milles collines de Gaspard-Hubert LONSI KOKO

En France, politiquement c’est la cohabitation Mitterrand-Balladur à la tête de l’Etat et ce sont les prochaines élections qui occupent les esprits du personnel politique. Alors il est à espérer qu’aucune responsabilité de militaires français dans un crash aérien ayant couté la vie à des dirigeants de pays de la Françafrique  ne sera mise au jour. Le gouvernement fait donc appel à un détective, Cicéron Boku-Ngoï, réplique africaine de James Bond, commandeur lui aussi, rompu aux missions secrètes : il aura la charge de retrouver les boîtes noires … si toutefois elles existent.
En Afrique c’est le génocide  des Tutsis qui fait rage au Rwanda, mais aussi la corruption, les trafics en tout genre, les intrigues, les complots sous l’influence de Mobutu, le léopard qui voit là une occasion de rétablir ses relations avec la France.
Ceci dit, le lecteur entre dans la danse, suit notre détective doué et inspiré, qui joue sur ses multiples cultures le tout de façon assez plaisante quoique violente et teintée d’hémoglobine.

Un roman que l’on peut qualifier d’espionnage et d’aventure, qui vaut surtout par son ambiance géo-politique obscure et glauque, peuplée de chefaillons et apprenties Mata-Hari, sous le regard conciliant de la diplomatie locale.

Très documenté, aux multiples références, ce roman est une approche originale d’un continent qui souffre encore aujourd’hui, près de trente années après les faits, qui explique aussi l’une des raisons de l’émigration dans cette région de notre monde.

Un bon moment de lecture en ce qui me concerne, avec carnet de notes à proximité pour suivre l’identité des personnages …

Lu en version numérique.

 

Extrait
« Ils n’avaient nullement le besoin d’abattre une douzaine de personnalités, dont le président hutu du Burundi voisin, réagit l’ambassadeur de France. Au courant des faits et gestes de Juvénal Habyarimana, ils auraient pu sans aucune difficulté l’éliminer individuellement, par exemple sur la route bordée de bananeraies qu’il empruntait tous les jours pour rallier Kigali, à partir du camp présidentiel de Kanombé.»

 

 

mots clefs : Afrique, génocideTutsis, Rwuanda

Au pays des mille collines de Gaspard-Hubert Lonsi Koko


Aujourd’hui c’est … Double Chronique…

Où quand 2 flingueuses vous donnent leur point de vue sur un même roman.

Aujourd’hui c’est Maud et Mamie Danièle qui nous font découvrir un polar africain,  Au pays des mille collines de Gaspard-Hubert Lonsi Koko

Ce matin c’est Maud qui nous parle de sa lecture d’ Au pays des mille collines 

Ce soir ce sera au tour de Danièle de vous faire par de sa chronique.

Allez assez palabré, place à la lecture de Maud


Le livre : Au pays des mille collines de Gaspard-Hubert Lonsi Koko. Paru le 16 Janvier 2017 aux Éditions l’Atelier de l’Egrégore. 16.88 euros. 230 pages. 13,3 x 1,5 x 20,3 cm

4ème de couverture :
Dans toutes les officines occidentales, le général Paul Kagamé, cet ex-chef des services secrets ougandais et proche conseiller du très cynique président ougandais Yoweri Kaguta Museveni, était considéré comme le vainqueur et le probable futur homme fort du Rwanda. Pourtant, il avait gardé un mauvais souvenir à cause de la spectaculaire débandade, en 1990, des rebelles rwandais basés en Ouganda face aux éléments des Forces armées zaïroises conduits par le général Mahele Lieko Bokungu. Ce dernier, en l’occurrence Donatien, était un ancien gamin de la zone de Ngiri-Ngiri que les Zaïrois avaient affectueusement surnommé « le tigre ». En tout cas, après l’attentat en avril 1994 contre l’avion du général Juvénal Habyarimana, la responsabilité de l’acte ayant provoqué les massacres de plusieurs centaines de milliers de Rwandais demeurait inconnue. Aucune investigation n’avait été sérieusement menée sur le terrain.

gaspard-hubert-lonsi-kokoL’auteur : Essayiste, romancier et analyste politique, Gaspard-Hubert Lonsi Koko est né à Léopoldville (actuellement Kinshasa). Vivant à Paris depuis 1983, il partage sa vie entre la France et la République Démocratique du Congo. Il est l’auteur de plusieurs articles et de nombreux ouvrages sur les problématiques relatives au dialogue Nord-Sud, au socialisme, à l’immigration, à la cohabitation humaine, à la géopolitique…

 

 

Extraits :
« En réalité, la DGSE ne disposait pas de bureau fixe à Kigali, mais y effectue des “missions d’intervalle”, centrées sur l’action. Un détail s’avère quand même important. L’un des deux coopérants militaires français qui étaient assassinés le 7 avril dernier dans la capitale rwandaise habitait la “maison de l’agent”, connue à tort ou à raison comme celle d’un ancien correspondant de la DGSE. »

 

Les Lectures de Maud :

au pays des milles collines

Au pays des mille collines de Gaspard-Hubert Lonsi Koko

 

Dans un contexte géopolitique très tourmenté entre la France et certains pays d’Afrique, ce roman retrace une partie des faits relatifs entre le gouvernement français, le Rwanda et le Zaïre principalement. Le lecteur est tout de suite emporté et impliqué dans sa lecture, on suit attentivement les enquêtes, les embuches et les réactions de Paris.

A Paris, justement période de cohabitation, nous ne sommes pas très sûres que le retour au calme et la diplomatie soit la priorité des dirigeants mais plutôt les prochaines élections françaises et faire en sorte de sortir blanc de ce conflit, qui serait à priori une catastrophe sur le plan politique.

A travers les yeux d’un agent supra secret aux multiples personnalités et noms, nous évoluons au fil de son enquête, de ses rencontres, de ses découvertes, jusqu’à la découverte de la vérité. La vérité des uns ne plaît sûrement pas aux autres. Comment va-t-il faire pour se sortir de ce pays pris dans une guerre civile, à qui peut-il accorder sa confiance ? Va-t-il réussir sa mission initialement confiée ?

L’auteur avec une plume très agréable nous relate sous forme de roman, des faits rocambolesques mais tellement plausibles. Il nous fait découvrir le pays des mille collines ainsi que la poudrière que sont certains pays africains et les principales raisons, sans être redondant, ni accablant de cours politique. Une belle découverte qui ouvre les yeux sur notre monde tel qu’il est sûrement. A vous de vous faire votre propre avis.

Je remercie les Editions l’Atelier de l’Egrégore pour leur confiance

 

Version lue : Numérique

 

Bons Baisers de Bissau de MC Sass (SASSA)


Bons Baisers de Bissau de MC Sassa (SASSA). Publié le 9 novembre 2017 par  Independently published. 17€50 ;  (364 p.) ; 13×20 cm

Résumé :

 Bissau, Afrique de l’Ouest. Une nouvelle épidémie de fièvre hémorragique menace quand quatre médecins de l’OMS disparaissent subitement en brousse. Entre une journaliste chinoise bien trop sexy, un mastiff corse taulier du casino local, des militaires rêvant de coups d’État et des narcotrafiquants omniprésents, Jo Drake, agent des services secrets britanniques, va devoir affronter un ennemi aussi mégalomane qu’impitoyable.

 

 

 

L’auteur : Après plus de 25 ans d’engagement, SASSA sortira-t-il un jour de l’ombre ? Aujourd’hui, il (ou elle ?) entrouvre pour vous quelques-unes des portes de cet univers obscur qui gravite autour de la défense nationale, celui des services secrets.
Un univers d’hommes rudes et de femmes fières. Un univers entre luxe excessif et pire pauvreté. Un univers cynique et destructeur… auquel il a choisi de vous initier au travers du prisme de la légèreté et de l’humour si caractéristiques des polars d’espionnage !
Bien sûr tout ceci n’est que pure fiction et donc… les personnages et les situations décrits sont purement imaginaires. Toute ressemblance avec des personnages ou des événements existants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence. Bien sûr…
Extraits : 
Un cérémonial fastueux est prévu pour cette opération de communication qui doit abriter la rencontre de nos ennemis. Robes de soirée et smoking. Dans ma tête trotte une petite musique. Celle du générique des films de l’espion le plus connu des services secrets de Sa Majesté. Pour la première fois ce soir, Howard et moi allons faire une entrée digne de lui. Notre limousine s’arrête au bord d’un tapis rouge bordé de curieux et de photographes. Les portières s’ouvrent. Électrisé, je jaillis hors du véhicule, un sourire vainqueur aux lèvres… et constate qu’une célébrité locale, rousse aux reflets d’or, faussement cachée derrière d’immenses lunettes de soleil monopolise toute l’attention. Résultat, nous passons totalement inaperçus, tant pis… ou tant mieux finalement.

La lecture de Maud

Bons Baisers de Bissau de MC Sassa (SASSA)

 

Un roman d’espionnage bien mené, sans temps mort, un faux air de James Bond revisité. Aucun répit pour Drake qui va aller de surprise en déconvenue dans cette enquête. Que sont devenus ces médecins, qui les a enlevés ? Pourquoi ? 
Un style original qui m’a de suite séduite, un rythme effréné, où l’on suit le héros avec grand plaisir. Un mélange de géo politique et d’action où se mélange avec plaisir, bagarre et romance. Qui sont ses alliés ? Qui sont ses ennemis ? Pas toujours facile à les identifier au premier abord pour Drake qui va devoir composer à priori seul en Afrique loin de Sa Majesté. Un excellent moment de lecture.

Je remercie l’auteur pour sa confiance et sa patience

A lire de préférence dans cet ordre pour suivre Alan et son évolution : Bons Baisers de Bissau, Bons Baisers de Dubaï, Bons Baisers de Jakarta.  Alors, passez un bon moment avec Bons Baisers de Bissau, de @MC Sass (SASSA)

Katiba de Jean-Christophe Rufin


Katiba RuffinLe livre : Katiba de Jean-Christophe Rufin. Paru le 21 avril 2010 chez Flammarion.20€30 ; (391 p.) ; 24 x 16 cm

 Réédité en poche en Folio,le 25 août 2011. 8€20 ; (452 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Katiba

Quatre touristes occidentaux sont assassinés dans le Sahara. L’attaque est signée al-Qaida au Maghreb islamique, une organisation terroriste implantée dans les anciennes zones d’influence française d’Afrique de l’Ouest. Tout laisse à penser qu’elle veut aller beaucoup plus loin et rêve de frapper la France au coeur.

L’événement est présenté par les médias comme un fait divers tragique mais il met en alerte les services de renseignements, de Washington aux Émirats, d’Alger à Paris. Au centre de leurs jeux complexes, Jasmine. Jeune fonctionnaire du Quai d’Orsay apparemment sans histoire, elle émerge peu à peu comme la pièce maîtresse d’une opération d’envergure inédite.

Quels liens cette Française à l’élégance stricte entretient-elle avec le monde musulman ? Quelle secrète influence pèse sur elle depuis la disparition de son mari, consul de France en Mauritanie ? C’est en démêlant les fils les plus intimes de sa vie que la vérité se fera jour et que le suspense, haletant, trouvera son dénouement.

Complice, victime ou agent double, Jasmine incarné le mélange de répulsion et de fascination que le fondamentalisme religieux exerce inconsciemment sur chacun de nous.

 

jean christophe ruffinL’auteur : Acteur engagé de la vie internationale, Jean-Christophe Rufin a dirigé plusieurs grandes organisations humanitaires. Il était ambassadeur de France au Sénégal. Ces expériences ont inspiré une oeuvre riche, essais (Le Piège humanitaire, Un léopard sur le garrot)et romans (L’Abyssin, Rouge Brésil, Goncourt 2001, Le parfum d’Adam). Il a été élu à l’Académie française au fauteuil d’Henri Troyat en 2008.
Extrait : 
Jusqu’à la fin des années 1960, la Mauritanie était essentiellement un pays de nomades.
Mais, en quelques années, les grandes sécheresses avaient ramené la majorité de la population dans les villes.
Les tentes avaient pourri, les troupeaux étaient morts.
Les nouveaux sédentaires étaient des gens sans repères. (…)
(…) Sur les routes de Mauritanie, on ne risque pas trop de se tromper de chemin. La ligne de l’asphalte, violette sous le soleil, est droite sur des dizaines de kilomètres. Elle sépare des steppes minérales sur lesquelles on aperçoit de temps en temps une chèvre ou un gamin. Le vent promène des flaques de sable sur la chaussée. Par endroits, des aires de dégagement se forment sur les bords de la route, encombrées d’épaves de camions, de traces de feu, d’ossements blanchis. …

 

 

Le post-it de Ge

 

9782081208179,0-553891

Au Sahara, l’assassinat de quatre touristes occidentaux par al-Qaida met en alerte les services de renseignement de Washington aux Emirats, d’Alger à Paris. Leur intérêt se porte bientôt sur une femme : Jasmine, une fonctionnaire apparemment sans histoire du Quai d’Orsay, qui semble être au coeur d’une opération de grande envergure. 

Avec Katiba, Rufin nous entraîne sur les terres africaines. Cette Afrique qui nous fascine, ce continent le plus peuplé du monde, le plus jeune aussi ! Avec Katiba on voit comment l’Afrique du Nord déborde grandement sur l’Afrique Noire. Comment ici les clans dirigent la vie quotidienne,  Comment les religions, la religion divisent plus qu’elles ne rapprochent les peuples.

Une Katiba c’est un camp de combattants islamistes installé dans le Sahara. C’est à la fois une cache (souvent des armes et des vivres) et un relais, un lieu où l’on prie, où l’on négocie et tue. Ce repère invisible en avion ou par satellite est le plus souvent enterré.

La katiba  correspondant généralement à un bataillon ou à une compagnie) est le nom utilisé en français pour une unité ou un camp de combattants lors de différents conflits en Afrique du Nord ou dans le Sahel.

Wikipédia nous apprend que pendant la guerre d’Algérie, il s’agit d’une unité de base de l’ALN (branche armée du FLN), équivalent d’une compagnie légère, qui peut atteindre cent hommes, ou la section, d’une trentaine d’hommes. L’action offensive exige de la katiba qu’elle se déplace clandestinement, et rapidement, d’un point à un autre, aussi éloignés que possible. L’unité de l’ALN pratique l’effet de surprise. Les marches se font, pour une bonne part, de nuit.

Le terme a depuis été repris par les mouvements insurrectionnels maghrébins, notamment islamistes, durant la guerre civile algérienne, en Libye (katiba de Tripoli) et ensuite dans le Sahel par AQMI.

Avec Katiba Jean-Christophe Rufin nous entraîne dans un monde aux prises avec les nouvelles dérives totalitaires du XXIe siècle.

Bien avant tout le monde Rufin nous parlait d’AQMI. Des ravages que cette organisation terroriste islamique faisait subir aux populations locales. Mais aussi sur leurs intentions de porter préjudice à tout ce qui touche de près ou de loin aux intérêts occidentaux en Afrique.

Katiba la réalité qui remonte à la surface, c’est la réalité qui vous saute à la gueule,  la réalité qui rattrape la fiction.

Mais attention Katiba n’ai pas un essai sur AQMi, non c’est belle est bien un grand roman d’espionnage, un roman d’aventure. Et l’on retrouve dans les personnages de Rufin tout le souffle romanesque qu’on lui connait. C’est aussi un texte plein d’émotions.

“La conversation s’ouvrit par plusieurs heures de généralités. Le vieillard avait une longue familiarité avec le temps, le temps du désert, dilaté à l’extrême, rythmé par des phénomènes lents, qu’ils soient minuscules comme le pas des bêtes, ou gigantesque comme le basculement des saisons. Rien ne servirait de le bousculer. On ne fait pas pousser une plante en tirant sur ses feuilles.”

Kisanga – Emmanuel Grand


Le livre : Kisanga de Emmanuel Grand. Paru le 15 mars 2018 chez Liana Levi dans la collection Policier. 21€ ; (386 p.) ; 21 x 14 cm.

4eme de couv :

Il y a foule dans les salons du musée de la Marine. Sous les applaudissements de tout le gotha politico-économique, la compagnie minière Carmin célèbre le lancement de Kisanga : un partenariat r coexploiter un fantastique gisement de cuivre tapi au coeur de la savane congolaise. Les ministres se félicitent du joli coup de com’ avant les élections ; les golden boys de la City débouchent le champagne. Mais au même moment, Carmin rend un dernier hommage à l’un de ses cadres décédé dans des circonstances suspectes tandis que les services français font appel à leur meilleur barbouze pour retrouver un dossier brûlant disparu à l’est du Congo. La mécanique bien huilée s’enraye et débute une course contre la montre entre une escouade de mercenaires armés jusqu’aux dents, l’ingénieur de choc chargé de piloter Kisanga et un journaliste opiniâtre qui sait mieux que personne que sous les discours du pouvoir se cache parfois une réalité sordide. Cette histoire de manipulation, où la vérité se dérobe jusqu’à la dernière page, se déploie sur fond de mutations économiques en Afrique et de collusion des pouvoirs autour du trésor empoisonné que constituent les richesses de son sous-sol.

L’auteur : Emmanuel Grand, né à Versailles en 1966, a passé son enfance en Vendée et vit aujourd’hui en région parisienne. Il est l’auteur de deux polars très remarqués : Terminus Belz (prix PolarLens, Tenebris et prix du polar SNCF) et, en 2016, Les salauds devront payer (prix Interpol’Art). Et aujourd’hui Kisanga qui vient de remporter le Prix Landerneau polar 2018.
Extrait :
Sa respiration était lente. Une brise légère caressait les feuilles des arbres.
Tapis dans les rochers, les deux guetteurs observaient la bâtisse sans bouger, quand soudain une silhouette apparut sur la terrasse. Le militaire fit le point sur ses jumelles. Un homme aux cheveux blancs, en robe de chambre nid-d’abeilles, tenait un bol de café à la main. Le sniper ajusta la crosse de son arme sur son épaule et resserra son index sur la queue de détente.
Le militaire à la jumelle déploya la paume de sa main gauche comme pour l’empêcher de tirer. Épiant le moindre geste du type en contrebas, il attendit que celui-ci se tourne pour se présenter sous un angle plus favorable. Alors la cible renversa la tête en arrière et vida son bol de café d’un trait. Il l’avait en pleine ligne de mire quand son walkie-talkie se mit à grésiller.
– Allô !
– Oui, mon colonel.
– Ne tirez pas. Je vais sur place. Citroën grise immatriculée CE 371 SL.
– Bien, mon colonel.
– Je suis en civil, veste bleu marine. Interdiction de faire feu sans mon accord. Je vous ferai un signe si ça tourne mal, mais pour le moment, je joue seul.
Le capitaine répercuta l’ordre à son tireur d’élite et vingt minutes plus tard, un nuage de poussière monta du chemin annonçant la Citroën qui termina sa course à l’ombre des cyprès. Le colonel en veste bleue sortit de la voiture, traversa le jardin et frappa à la porte. Le capitaine qui le suivait à la jumelle grogna entre ses dents. Le colonel était entré à l’intérieur et il ne l’avait plus en visuel. La mission venait de se compliquer singulièrement. Le sniper relâcha la pression. 

 

Le petit avis de Kris

KISANGA – Emmanuel Grand
Prix du Polar de Landerneau 2018

Carmin, société minière française, vient d’annoncer son association avec un groupe chinois pour lancer dans trois mois Kisanga, une d’exploitation minière dans le Katanga. Olivier Martel est chargé de diriger le projet sur place, mais l’affaire attire aussi l’attention de barbouzes et de la presse.

Bon j’ai quand même été obligée de piquer Kisanga à mon mari (Joke entre Emmanuel et moi)
Traité comme un thriller, ce roman est quand même bien autre chose ! Emmanuel GRAND nous explique (et ce n’est pas simple) les jeux d’influence en Afrique sous couvert de contrats faramineux qui en réalité, cachent bien d’autres enjeux politico-vereux.

La finance, toujours la finance et elle n’est pas l’amie de tous !!

Ici déambulent politicards plus ou moins nets, jeunes loups aux dents longues, mercenaires, journaliste d’investigation qui risque gros et quand même quelques personnages honnêtes, mais rares.

Un roman bien rythmé qui ne fait que confirmer les magouilles auxquelles se livrent certainement tous ces gens bien propres sur eux. Certes c’est un roman, mais qui fait réfléchir. On se doute bien que tout ce qu’on nous montre comme des contrats mirobolants ont leur envers du décor pas joli joli.

Mais peut on tout occulter ?

Et dans tout ça, le Congo avec ses hauts placés qui se rincent et la population qui trinque.

Emmanuel Grand sera à Saint Maur en poche le dimanche 24 juin prochain.

Venez à sa rencontre

SMEP Emmanuel

 

On la trouvait plutôt jolie de Michel Bussi


Le livre :  On la trouvait plutôt jolie de Michel Bussi. Paru le 12 octobre 2017.  21€90 ; (461 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv : 

 

« Les femmes sont souvent plus fortes que les hommes dans mes romans, même lorsqu’elles sont victimes des pires machinations »
Michel Bussi

« Qu’est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie. Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie.
– Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l’essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l’un d’eux, l’un d’eux peut-être, échappe au sortilège.
Elle ferma les yeux. Il demanda encore :
– Qui l’a lancé, ce sortilège ?
– Vous. Moi. La terre entière. Personne n’est innocent dans cette affaire. »

Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits… Un suspense renversant et bouleversant.

 

L’auteur :  Michel Bussi est professeur de géographie à l’Université de Rouen. Il est l’un des auteurs de polars parmi les plus primés en France au cours de ces dernières années. Son roman Omaha Crimes (2007) connaît une consécration nationale en obtenant cinq prix littéraires majeurs. Dans la foulée de ce succès, Mourir sur Seine (2008) est salué par le public et récompensé par le prix Reine Mathilde. Depuis il est le deuxième auteur le plus lu en France en 2016. Michel Bussi a publié aux Presses de la Cité plusieurs romans : Nymphéas noirs (2011) Un avion sans elle (2012), Ne lâche pas ma main (2013), N’oublier jamais (2014), Gravé dans le sable (2016), Maman a tort (2015) et Le temps est assassin (2016), devenus des best-sellers et traduits dans le monde entier. 
Extrait :
L’occident croit que s’il ne se barricade pas, toute l’Afrique va débarquer chez lui. Quelle peur idiote ! L’immense majorité des populations veulent rester là où elle habitent, là où elles sont nées, avec leur famille et leurs amis, du moment qu’elles ont à peu près de quoi survivre. Elles s’en contentent. Il n’y a que quelques fous pour tenter l’aventure. Entre cent mille et deux cent mille migrants qui tentent de passer la Méditerranéenne chaque années, moins d’un Africain sur dix mille, et on parle d’invasion ?

Le billet de Carine

💖 MICHEL BUSSI : UNE VALEUR SÛRE 💖

« ON LA TROUVAIT PLUTÔT JOLIE » de Michel Bussi

Michel Bussi est l’un des auteurs de romans policiers les plus lus et les plus primés en France. Ses romans, des page-turner sans surenchère de détails macabres, parviennent à faire la synthèse entre le meilleur de l’atmosphère des romans policiers populaires français et le rythme des romans à suspense américains. Et c’est ce que les lecteurs adorent…

A Port-de-Bouc, près de Marseille, Jules Flores est chargé d’élucider le meurtre de François Valioni, membre influent d’une association d’aide aux réfugiés, retrouvé vidé de son sang dans un hôtel. L’enquête le mène à Leyli Maal, mère célibataire d’origine malienne. Cette jeune femme pleine de charme cache un lourd secret.

J’aime beaucoup Michel Bussi et découvrir un nouveau roman de lui est à chaque fois un immense plaisir. Ici, passé et présent s’entrecroisent afin de nous conter l’incroyable destin de Leyli, une cabossée de la vie.

Un roman totalement différent de ce qu’a pu nous proposer l’auteur jusqu’à présent. Une chose pourtant ne change pas : il nous captive toujours autant. J’ai adoré ce bouquin … une réussite totale !!!!!! Je vous encourage vivement à le découvrir …

 

 

Dust de Sonja Delzongle par Titou le matou sur Lire et relire


Pour les 1 an du blog j’ai lancé un petit concours et gentiment Titou le matou a répondu à mon annonce.

Elle a même gagné un bouquin. Ce bouquin c’est un polar, mais pas n’importe lequel, c’est Dust de Sonia Delzongle.

Un roman policier que j’ai aimé et que je fait découvrir, dès que je le peux,  à d’autres lecteurs passionnés.

 Là l’occasion était trop belle

Et ma récompense c’est quand le titre que vous avez choisi d’offrir a été lu avec intérêt et surtout a plu.

Alors je laisse Titou vous en parler.

Pour retrouver l’article original de Dust par Titou sur son blog Lire et Relire c’est ICI

Je vous laisse maintenant avec les mots de Titou

A quoi servent les livres s’ils ne ramènent pas vers la vie, s’ils ne parviennent pas à nous y faire boire avec plus d’avidité ? [Henry Miller] Extrait de Lire ou ne pas lire

Dust (Sonja Delzongle)

Détails sur le produit

  •  Dust (Sonja Delzongle)
  • Poche: 560 pages
  • Editeur : Folio (1 avril 2016)
  • Collection : Folio Policier
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 207046508X
  • ISBN-13: 978-2070465088

 

Le résumé de Titou :

Des croix de sang, laissées dans la poussière du sol kenyan. Des croix de la taille d’un adulte. Mais des corps absents, comme partis en fumée. Cela fait 2 ans que ces croix apparaissent, alors la police kenyane fait appel à Hanah Baxter. La profileuse française abandonne son appartement new-yorkais pour se rendre sur place. Habituée par son métier à voir la mort, elle ne se doute pas que c’est l’horreur, l’indicible qui l’attend. Car à l’enquête sur les croix de sang se greffe une enquête sur des meurtres d’africains d’albinos….

L’ avis de Titou :

Encore une enquête en Afrique sur fond de sorcellerie ? Non.

Un thriller sur la folie des hommes, une rencontre avec l’horreur.

Je ne trouve pas les mots pour parler de ce livre tant il m’a remué les tripes, et chamboulé. Un livre qui changera à tout jamais ma vision de la folie. Un livre qui aborde le problème de l’albinisme en Afrique, celui des croyances qui en découlent. Un livre qui traite aussi de l’inhumanité de l’être humain quand il y a du profit à faire, et quand il se sent tout puissant.

Un scénario au cordeau, une écriture efficace, brute qui vous prend et ne vous lâche plus !

Des personnages qui resteront longtemps dans ma mémoire…. (Les gentils comme les méchants).

Un livre à lire d’urgence si vous avez le cœur bien accroché

C’est grâce au concours organisé par le blog « collectif polar » pour ses un an que j’ai gagné ce livre, dédicacé par l’auteur. Un grand MERCI aux auteurs de ce blog et à l’auteur pour la dédicace !

Je le rajoute pour la challenge thriller et polar 

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Vous pouvez aussi retrouvez mon avis sur Dust ICI

 

 

Dust de Sonja Delzongle


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9782070465088,0-3166708Le livre : Dust de Sonja Delzongle.Paru en poche le 1er avril 2016 chez Gallimard dans la collection Folio Policier. 8€20 ; (560 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Installée à New York, Hanah Baxter, profileuse française de renom qui traque les tueurs en série, est appelée en renfort par la police de Nairobi dont l’enquête piétine. Depuis plusieurs mois, on retrouve des croix de sang tracées dans la poussière, mais aucun cadavre. Crimes de psychopathe ? Meurtres rituels ? Sorcellerie ? Dès son arrivée au Kenya, Hanah découvre que des hommes et des femmes albinos sont massacrés à la machette. Cette double enquête conduira la profileuse aux confins de la folie humaine…

 

 

 photo-1433705049L’auteure :

Diplômée des Beaux-Arts de Dijon, Sonja Delzongle est une ancienne journaliste installée à Lyon et passionnée d’Afrique. Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi imprégnée des deux cultures. Dust est son premier roman à paraître en Folio Policier.

 

 

 

Extrait choisi :
       Un des rubans jaunes qui entouraient le scène de crime avait été arraché par de fortes bourrasques ou vandalisé et pendait , son autre extrémité fixée à un piquet. Au sol, les restes de sang évaporé et séché par le soleil qui grillait le terrain vague formaient une croix d’un brun sombre et de la taille d’un homme.
        Sur ses gardes , Hanah s’approcha , prête à affronter le mal une fois de plus .
        Elle savait que le choix géographique du lieu du crime avait son importance. La victime, entièrement vidée de son sang n’avait pas forcément été tuée et saignée sur place. Cela semblait avoir été fait proprement . L’absence de corps donnait une indication valable. Contrairement aux apparences , Hanah était sûre de ne pas avoir affaire à un boucher. A moins que l’on ne  retrouvât les morceaux de cadavres éparpillés un peu partout dans la ville comme cela avait déjà été le cas dans des affaires de meurtres en série, il s’agissait ici de l’œuvre d’un  esprit rationnel et méthodique.
 Collectif polar Nadia

 L’avis de Nadia :
Hanah Baxter , spécialiste en Sciences Criminelles , profileuse free-lance vit à New-York. Elle est contactée par la police de Nairobi qui est confrontée à des meurtres inexpliqués depuis 2 ans ; des croix de sang retrouvées dans la poussière kenyane … sans trace de corps.

En ce mois de février bien frisquet , l’hiver est installé , on a envie de soleil et de chaleur . Ce  » Dust »  de Sonja Delzongle nous réchauffe , voir nous étouffe . Par la particularité de ces meurtres , le lecteur découvre la partie sombre du Kenya ; l’extrême pauvreté , la violence , la drogue , la sorcellerie , la magie noire , les trafics en tout genre , un pays qui oscille entre tradition et modernité.

 C’est rapide , passionnant , envoutant même. Une écriture très fluide , avec des descriptions arrivant à point nommé dans la construction du récit. En filigrane ,  une jolie idylle se noue et  amène une douceur bienvenue dans son récit .
 

  Si vous aimez le frisson , les sueurs froides , laissez-vous ensorceler par Sonja

Et … Si vous le voulez, vous pouvez aussi Lire ICI mon billet sur DUST