L’interview impromptu : Nick Gardel était avec Mamie Danièle et Miss Aline


L’interview impromptu 

Nick Gardel était avec Mamie Danièle et Miss Aline

Papote à 2 flingueuses + 1 invité qui passait par là et qui a vu de la lumière …

à mi-chemin entre « viens ici que je te parle de mon nouveau roman et papote de flingueuses sur un nouveau roman …

ça aide vachement  dans le classement de cet ITW

Mettons le dans la catégorie « barge »


Dany : Salut Aline !

Miss Aline : bonjour Danièle et bonjour Nick.

Dany : Alors Aline tu as terminé le petit dernier de Nick ?

Miss Aline : il me reste quelques pages de fin ! Mais non ne me dites rien sur cette fin.

Dany : Comment tu trouves la bête ?

Miss Aline : j’ai envie de dire : réaliste.

Dany : Je trouve les sujets assez graves malgré le ton toujours aussi … comment dire ? acide ?

Miss Aline : certes mais je dirais que les personnages sont ancrés dans la réalité. Ils ont une certaine authenticité .

Dany : tu as une expérience de copropriété sans doute ?

Nick : Bonjour les filles

Miss Aline : Bonjour Nick ! 

Oui Danièle,  et de plus avec j’ai à faire au public tout les jours.

Dany : Salut Nick ! Tu as choisis la copropriété en raison d’une expérience vécue ?

Nick : Alors d’abord chacun de ces personnages existe parce qu’ils sont universels sans doute.
Oui, je vis en copropriété.

Dany : Un tel ramassis sur quelques mètres carrés c’est possible ?
Tu as pris modèle sur tes voisins ?

Miss Aline : oui, je pense que c’est possible.

Nick : Mais c’était surtout le moyen d’empiler les déviances, de collectionner les éclats de vie.

Dany : Mais ils ont un point commun (sauf un) c’est l’âge avancé.

Nick : Le voisinage est la troisième catégorie à laquelle on ne pense jamais.

Dany : Quelles sont les deux autres catégories ?

Nick : On divise toujours les gens entre la famille et les amis. Mais il y a aussi les voisins.

Miss Aline : Je suis d’accord il faut envisager les voisins, curieux, envieux, malveillants.

Dany : Avec qui on peut passer somme toute plus de temps …

Nick : Je voulais faire une histoire sur une forme fantasmée de la vieillesse.

Miss Aline : Tu peux développer ?

Dany : Ça c’est au moins la deuxième fois que tu t’attaques au temps qui passe.

Nick : Cette vieillesse égocentrée qui refuse catégoriquement sa part de responsabilité.

Dany : Le privilège de l’âge sans les devoirs ?

Nick : On crie à la déliquescence de la jeunesse, mais on ne s’attaque pas assez aux décisions désastreuses des générations passées.

Dany : Des exemples ?

Nick : L’état du monde actuel est un artefact des décisions d’antan…

Miss Aline : C’est une évidence Nick.

Nick : Rien n’est neuf, rien n’est parachuté. Même les enfants mal-élevés l’ont été par des parents et des grands-parents en démission, déresponsabilisés par le temps passé.

Dany : Parce que les alertes antérieures n’ont pas été non plus écoutées en leur temps … les alertes ont existé aussi (de mon temps …) on a combattu aussi les centrales nucléaires
Je m’égare … mes excuses !

Nick : Le livre n’est pas une attaque en règle contre l’âge. C’est juste un parti pris d’avoir choisi cette tranche de la population qui se renferme sur l’égocentrisme.
Il y a d’ailleurs des personnages positifs. Ils ont juste chacun leur déviance

Dany : Et à quel genre de vieux souhaiterais-tu ressembler dans ton immeuble …

Nick : Sans doute à Janine. Elle en a sous le pied. Elle en sait plus qu’elle ne veut le laisser paraître.
Elle a l’égoïsme altruiste…
Elle pense à elle en s’occupant des autres.

Dany : Oui moi aussi j’aime bien Jeanine …

Miss Aline : Je n’ai pas de personnage préféré. Parles-nous d’Antoine, comment as tu créé ce personnage ?

Nick : Antoine est une épave. Il subit en permanence. Mais il s’est imposé tout seul.

Dany : C’est un pauvre mec …

Nick : C’est un ado attardé, un fils à maman gavé et dévoré par son poids.

Miss Aline : C’est clair.

Nick : Mais je lui ai refilé mes passions cinématographiques. Pas de la cinéphilie, une sorte de culture bigarrée et disparate.
Mais j’ai aussi été cruel en le gavant de Ricoré.

Miss Aline : Qu’as tu refilé au capitaine Berchtold ?

Nick : Berchtold est un crétin intègre. La définition même du besogneux.

Dany : C’est vrai, dans ta GAV tu disais « Mes flics sont plutôt bons, même si j’écorne la profession régulièrement. »

Nick : Je voulais une boussole qui indique le sud … Berchtold a toutes les pistes et n’a rien compris.
Il se drape dans sa profession, dans son flair, dans sa mise au placard.

Miss Aline : Il me fait de la peine.

Nick : C’est mon inspecteur Clouzeau, le burlesque en moins.
Oui, Aline, il a quelque chose de pitoyable. Mais il est drôle aussi

Dany : Orsini dans le style pitoyable n’est pas mal non plus …

Nick : Orsini est à part.

Dany : C’est à dire ?

Miss Aline : Développe stp

Nick : C’est un vieillard qui recherche la paix sans comprendre qu’à son âge, la paix signifie la mort.
Il voudrait que le bruit cesse, pouvoir ressasser sa gloire passée, il cherche à s’enterrer seul.

Miss Aline : C’est radical la mort.

Nick : Il cherche finalement à cesser de vivre.

Miss Aline : Paix assurée.

Dany : J’étais plus optimiste pour lui en te lisant.

Nick : Oui, mais il se débat sans comprendre qu’il n’est pas prêt à obtenir cette paix.

Dany : C’est surtout un fieffé coquin …

Nick : Orsini vit dans le passé. Il n’a que peu d’interaction avec le monde réel.

Dany : Sauf le temps qu’il passe au judas de sa porte.

Nick : Et puis, il a un mode vie particulier…

Miss Aline : Ce monde de petits vieux est égocentrique et manipulateur.

Nick : Oui, je les voulais en guerre larvée ces petits vieux. Certains sont méchants, d’autres sont barrés. D’autres sont simplement sur une autre planète.

Dany : … et l’aristo du rez-de-chaussée méchante ET barrée.

Miss Aline : A l’image du reste du monde en somme Nick!

Nick : Oui, cet immeuble est un petit monde pas très ragoutant.

Dany : Ils recherchent tous les conditions de leur confort.

Nick : Oui, sauf Yvonne qui traverse tout ça dans sa folie propre.

Miss Aline : Ne serait-ce pas elle la plus « heureuse » ?

Nick : Avec Janine qui est plus dans le réel.

Dany : Pas très optimiste tout ça !

Nick : Mais Yvonne est totalement déprimée. La chimie la tient debout.
Ah oui, c’est pas « Rigolade à l’hospice »… C’est « Laisse Tomber »

Dany : En fait Nick c’est ton premier roman grave et triste …

Miss Aline : Société sous pilule ! Un p’tit cachet pour ci, pour ça…

Nick : Il n’est pas triste. Il a une forme de désespérance rieuse.
On garde le sourire en le lisant j’espère.

Dany : C’est le moyen, quand on vieillit, de ne pas se suicider tout de suite la dérision !

Nick : C’est un roman totalement moi.
Un roman si Nick…

Dany : Pourtant l’un de tes thèmes favoris est totalement absent : l’amitié.

Nick : Oui, c’est un parti pris. Je ne voulais pas faire un nouveau road-trip amical.

Dany : Ils sont tout sauf « potes » tes vieux !

Miss Aline : Comment t’es venu l’idée de ce roman ?

Nick : Je voulais un quasi huis clos aigre sans amitié.

Dany : Sur ce point c’est gagné !

Nick : Le roman est parti de la situation de départ comme souvent chez moi. Je n’ai pas de plan pré-établi. Donc un obèse sur une rambarde…
Je l’ai cerné de méchants vieux pour casser aussi cette forme de nostalgie bienheureuse pour le temps passé.
On me reproche souvent de faire des romans vintage avec des thèmes qui établissent une sorte de passé idéalisé.

Dany : Oui flower power etc … ça a son charme !

Nick : Voilà. Mais dans Woodstock, il y a aussi la gadoue.
C’est un fil de rasoir comme écriture. La gravité sans plomber le texte. Le fond sombre sans tomber dans le pathos. Continuer à rire même si c’est jaune et que ça décolle le dentier.

Dany : Et des situations très visuelles.

Nick : Ça je ne sais pas faire autrement.
Il faut que je vois la scène pour qu’elle existe.

Dany : Et des tutos sur les produits d’entretien … toujours en aide aux bricoleurs !

Nick : Oui je trouvais ça rigolo de céder à la mode des produits homemade
après les volets …

Miss Aline : On le voit bien cet immeuble, ses habitants, leurs travers etc.

Nick : C’est le pendant physique et réel de gens qui restent hyper-intellectualisés.

Mon lecteur ponçait un volet, mon cinéphile récure son frigo…la vie quoi !

Dany : Elle existe l’impasse Bartholdi ?

Nick : Auguste Bartholdi est le demi-dieu Colmarien. Il a dessiné la statue de la liberté alors on le met à toutes les sauces ici.
J’ai voulu la situation la plus réaliste possible. Petit immeuble, petite impasse, une virée en ville dans un quartier bobo puis un quartier de tours de peuplement…

Miss Aline : Et c’est réussi.

Nick : Merci

Dany : Est-ce que cela aurait pu se passer dans une autre région ?

Nick : Oui, dans toutes les régions. Je voulais simplement une province. Ni mégalopole, ni ruralité.
Des enjeux de vieux citadins.
Des veuves, des vieux seuls, des actifs et des enkystés.Et surtout ce pauvre obèse qui a cru qu’être rentier était une sinécure.

Dany : Et un lieu de chute peu valorisant pour ton flic.

Nick : Pour le flic, on ne peut pas se tromper autant impunément.

Dany : En plus il est seul … pas de coéquipier pour relever le niveau.

Nick : Il n’a surtout même pas d’enquête ! C’est une lubie pour lui.

Dany : Tu as un lancement prévu pour ce roman Nick ?

Nick : Nous avons terminer la précommande le 15 Février avec les éditions du Caïman, puis le 16 mars j’irai faire un signature-lancement à la librairie Gibert Jeune de Paris St-Michel.

Dany : Des salons ?

Nick : C’est assez compliqué en ce moment. J’ai eu quelques annulations.

Dany : Comme tu ne sais pas ne pas écrire … tu as déjà un nouveau chantier ? Des titres en instance de publication ?

Nick : Pour la première fois de ma vie, j’ai vraiment de l’avance.

Dany : ??

Nick : J’ai un roman terminé, complètement différent dans un style qu’on ne me connait pas.
Sans cynisme ni drôlerie.

Dany : Sans vieux et sans humour ?

Miss Aline : Beaucoup de jeunes et de la rigolade !

Dany : Même pas des situations improbables ?

Nick : Il s’appelle Morts Chroniques et se déroule dans le cercle des groupes de lecture FaceBook

C’est une enquête très polar, très réaliste qui flirte avec le thriller.

Miss Aline : Ah cool !

Dany : Même pas un petit tuto pour … nettoyer les poils de chat par exemple. Tu penses à quelqu’un(e) en particulier ?

Nick : Personne en particulier, tout le monde en général. J’utilise plus des archétypes que des personnes réelles.

Dany : Et il sort quand ?

Nick : Sans tuto celui-ci. Je ne sais pas quand il sort. Il est proposé à des maisons d’édition mais je pourrais choisir l’auto-édition aussi.
Je dirais à vue de nez, vers Octobre.
Et puis je suis en écriture d’un nouveau roman bien bien barré avec des flics que mes lecteurs ont déjà rencontrés. Il s’appellera Sans queue ni tête.

Dany : Alors Nick donne-nous 3 bonnes raisons de lire Laisse tomber

Nick : Laisse Tomber est sans doute le polar cynique et acide le plus abouti que j’ai écrit. Ce n’est pas pour rien que Ian Manook m’a fait l’honneur de le parrainer avec cette extraordinaire bandeau.
Mais il reste drôle et inattendu dans la galerie de portraits que j’y décris.
Et en plus on y apprend à faire ses produits d’entretien.

Il est méchant, jouissif, cinéphile, naturiste et particulièrement odieux avec tout le monde. Rien que pour ça, il est indispensable.

Dany : Avec Aline on a eu la chance de le lire en avant-première et pour ma part j’approuve des deux mains ! J’ai aimé même si je crains que l’âge me fasse ressembler à certains d’entre eux 😖😉😂

Nick : Reste à savoir à qui tu t’identifies…

Dany : Ça reste mon côté mystérieuse …

Nick : Indispensable

Dany : Aline …  tu veux connaître la fin ? Tu es partie ?

Geneviève : Moi je suis là, mais pas encore lu 😉

Nick : Salut Geneviève

Geneviève : Chut, bonjour Nick, moi je ne suis là qu’en observatrice. 😛

Nick : On a été sages. On n’a même pas dit de mal.

Dany : Tu as une question pour l’auteur Geneviève ? Il te manque un tuto en bricolage … ?

Nick : Dans mon prochain, il y aura un tuto … Comment nettoyer un squelette.

Dany : humain ?

Nick : aussi. La méthode est la même.

Dany : Chez les flingueuses on a déjà eu des cours par messenger 😉

Miss Aline : Merci pour cette papote Nick.

Dany : Pour ma part Nick,  il me reste à te remercier pour le temps que tu nous a consacré et tout les bons moments que tu nous procures par ton style et tes histoires

Nick : Merci à vous surtout

Geneviève : Je peux une question ?

Dany : 👍

Nick : Moi je veux bien

Geneviève : Comment t’es venu l’idée des cercles de lecteurs ?

Nick : Pour le prochain ?

Geneviève : Oui pour celui qui est déjà terminé ? Morts Chroniques

Nick : En tant qu’auteur auto-édité d’abord, j’ai intégré pas mal de groupes de lecteurs histoire de m’y faire connaître. On y retrouve généralement des comportements équivalents qui permettent de définir des lignes fortes pour des personnages.
Quand on a ces lignes fortes, il suffit parfois d’une impulsion pour créer une histoire. Tu as été cette impulsion pour Morts Chroniques avec ton « écris-nous un thriller ». Une autre personne m’a permis d’y plaquer un réalisme que je ne maîtrisais pas encore.
Le reste est une question de chimie entre ressenti, besoin de l’histoire et aussi de rendre intéressant le tout.

Geneviève : Ces groupes de lecteurs sur FaceBook c’est un sujet sensible, non ?
C’est aussi potentiellement ton lectorat !
Tu n’as pas peur de certaines réactions que pourrait susciter la lecture de celui-ci ?

Nick : Oui c’est sensible parce que c’est potentiellement un milieu susceptible. Mais, il y a moyen de voir justement les à-côtés, les travers et tout le positif qui peut en découler
Techniquement, soit dit entre-nous, je n’ai pas grand chose à perdre niveau lectorat. J’ai écrit un roman sincère, qui a du rythme et une certaine profondeur. Je crois beaucoup à son potentiel, beaucoup moins au mien d’ailleurs.

Geneviève : Moi je crois en toi, les  Flingueuses aussi d’ailleurs.

Dany : Tout à fait Cheffe !

Geneviève : Alors il me reste à te souhaiter une chose, trouver un éditeur assez culotté pour le publier. Mais existe-t-elle cette bête rare ?

Nick : C’est un débat…
Qui est au-delà de mes capacités.
J’écris des trucs.
Le fait qu’ils soient lus ou non n’est malheureusement pas de mon ressort.

Dany : Tant mieux que tu écrives et toujours prête à lire du Gardel pur jus. Alors Nick, au revoir pour ce soir et au plaisir de se croiser dans la vraie vie un de ces jours !

Nick : Je l’espère aussi Dany

Miss Aline : Merci Nick. Bonne soirée à tous.

Nick : Bonne soirée et bonne fin de lecture

Miss Aline : ouiiii

Dany : Merci Nick, Merci Aline et la cheffe

Miss Aline : merci à tous.


Geneviève : Merci à vous 2 les flingueuses et merci à notre auteur pour ces quelques confidences.


Et vous l’avez compris le Gardel nouveau est disponible le 12 mars prochain !

Dans quelques jours on revient et on vous en parle !

La GAV : @Samuel Delage sous le feu des flingueuses, 3e audition. 3/4


La GAV : @Samuel Delage sous le feu des flingueuses, 3e audition. 3/4

Suite de la Garde à vue de monsieur

Samuel Delage

3e interrogatoire par Miss Aline

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV de Samuel Delage


Miss Aline : Bonjour à toutes.
Bonjour Samuel.


Samuel : Bonjour à toutes !

 Geneviève : Nous ne sommes que tous les 3


Miss Aline : Prêt Samuel ?

Samuel : Reaaaadyyyy 😉

Miss Aline : je voudrais connaitre tes rituels d’écriture : lieu, ambiance, moment…

Samuel : Les rituels ! Ils sont très importants. Pour moi comme pour de nombreux auteurs. C’est véritablement une mise en marche et de saines habitudes à développer et entretenir.

Miss Aline : En ce qui te concerne TOI …

Samuel : L’écriture dès le matin c’est important pour moi, et pour la rendre plus performante, je prépare mon chapitre à venir depuis la veille. Un peu comme la pédale d’un vélo prête pour le démarrage. C’est mon premier rituel.
Ensuite, j’alterne avec des courtes pauses entre chaque scène, comme une sorte de respiration pour mieux replonger.
Un peu d’activité physique tous les jours juste avant midi, soit un footing soit des exercices au sol. Et l’après midi, je reprends l’écriture sur le même rythme, jusqu’à 17h. Là, longue pause pour ne reprendre que vers 20h / 21h puis lecture et séries TV 😉
J’aime écrire majoritairement à mon bureau. A 80%

Et les 20% restant, soit dans les transports où les lieux de mes romans 😉

Miss Aline : tes journées sont donc bien cadrées.Te donnes tu un nombre de pages ou de mots à absolument écrire par jour ?

Samuel : Les journées sont très cadrées, elles sont trop courtes, comme les semaines d’ailleurs 😉
Et le week-end, c’est juste une semaine un peu au ralenti, mais l’écriture est aussi présente que possible.
Sauf en cas de salon ou événements personnels
Mais comme je nourri plusieurs projets en même temps, roman en cours et projets TV, et futurs romans… il y a toujours à faire 😉

Miss Aline : Que penses-tu des recommandations sur le métier d’écrivain de Stephen King dans son livre Ecriture mémoire d’un métier ?

Samuel : J’allais justement en toucher un mot. Ce livre est un trésor, il est toujours présent dans ma bibliothèque, la plus proche de moi, sur mon bureau. L’expérience de cet auteur, qui pour moi est probablement le plus important et le plus influent sur mon travail, m’apporte beaucoup.

Miss Aline : beaucoup d’auteur y font référence, je l’ai moi même lu.

Samuel : Son parcours d’auteur est riche d’enseignement, d’essaies, d’expériences et de bons conseils. Je me retrouve dans certaines façon qu’il a d’aborder l’écriture. C’est à la fois rassurant et en même temps très stimulant.

Miss Aline : il y a le talent et le travail.

Samuel : Les rituels évoluent et s’adaptent au fil des années. J’affine à chaque roman, un peu comme on cherche à trouver la position la plus confortable dans un fauteuil.
Il y a en effet le travail et aussi un certain talent. Et c’est avec le travail qu’un auteur peut offrir le meilleur profil de son talent.

Miss Aline : tu es d’accord pour dire : on ne nait pas écrivain on le devient ?

Samuel : Chaque détail compte et quand on aime son activité, on a à cœur de toujours progresser et proposer de meilleurs récits. C’est tout le plaisir que j’ai à chaque roman, avancer pas à pas.

Miss Aline : tu écris avant tout pour toi ou pour tes lecteurs ?

Samuel : Pour moi, chacun de nous peut écrire, mais, si la passion est là, alors cela fera toute la différence. Car l’exercice de l’écriture est tellement exigeant à tous les niveaux qu’il faudra l’aimer très fort pour combattre les frustrations, les critiques, les sacrifices et beaucoup d’autres contraintes encore.
J’écris pour les deux en même temps, main dans la main, moi et les lecteurs. Il faut que ça marche à fond pour moi pour espérer satisfaire les lecteurs.

Miss Aline : on écrit pour être lu certes mais ton moteur premier c’est « sortir » une histoire ou « offrir » une histoire ?

Samuel : Je ne sais pas lequel passe avant l’autre. L’histoire doit sortir, mais elle ne sortira pas si ce n’est pas pour l’offrir.
… ça me rappelle l’œuf et la poule cette histoire 😉

Miss Aline : un peu oui…qui est ton/ta/tes premiers lecteurs ?

Samuel : Tout le plaisir de l’écriture prend son sens dans celui d’offrir une histoire… en même temps que la nécessité de l’écrire.
Ma première lectrice était au début ma compagne. Puis, sans doute par crainte d’intervenir sans être éditrice, elle préfère découvrir mon travail comme une lectrice au final, en librairie. A présent, ma première lectrice globale de mon travail est mon éditrice 😉
Je donne toutefois à lire quelques chapitres à une ou deux personnes de mon entourage, juste pour un premier ressenti. Mais comme le texte évolue beaucoup, c’est  juste pour avis et premiers retours.

Miss Aline : puisqu’on parle de lecteurs. quel est ton rapport aux lecteurs et à leurs remarques (bonnes ou mauvaises) ?

Samuel : Les lecteurs sont très importants pour moi. C’est le sel de ma passion pour l’écriture. J’aime les gens, je suis bavard (très), alors j’aime énormément rencontrer et échanger avec les lecteurs, et pas seulement sur mes livres, mais aussi beaucoup d’autres ainsi que sur leur vie et la passion de la lecture que nous partageons. Il est donc indispensable pour moi d’aller à leur rencontre en librairie et sur des salons ou d’animer des conférences. C’est toujours riche en surprises, et chacun apporte sa différence, j’adore. Je trouve ainsi des noms de personnages, parfois des histoires également.

Miss Aline : la passion du livre (écrire, lire, promouvoir etc) t’habite complètement. Tu es plus dans l’humain, l’émotion que le scientifique ?

Samuel : J’aime toute la chaine du livre. La phase de recherche, d’écriture, de travail avec l’éditeur, puis l’aventure de la publication, avec les représentants, les libraires, le lancement. Tout cela repose sur l’humain, la passion et les émotions. Et si un début de succès est là, c’est une récompense et un encouragement pour le travail de chacun.

Miss Aline : tu parles toujours collectif « travail de chacun » « pour moi comme pour beaucoup d’auteurs »… c’est important la communauté ?

Samuel : Un livre c’est un long cheminement qui est le fruit du travail de beaucoup d’intervenants. Si la passion de l’auteur est le premier maillon de la chaine, il en faut beaucoup d’autres pour le livre, avant d’arriver dans les mains des lecteurs. Et c’est l’énergie de chacun de ces maillons qui donne sa chance au livre. La communauté est fondamentale, et les blogueurs sont des maillons importants de cette chaine.

Miss Aline : seul on avance, à deux/plusieurs on va plus loin.

Samuel : 👍 Le maillon qui est sans doute le plus dans l’ombre est sans doute celui des représentants qui chaque jour présentent les nouveautés à venir dans les 3 à 6 mois aux libraires. Ils sont vitaux.

Miss Aline : ils font la pluie et le beaux temps ?

Samuel : Quand un éditeur mise sur un auteur, ce dernier a la chance de travailler très étroitement avec les représentants.
C’est une relation de confiance. Sans la confiance, on avance mal.
Les représentants doivent défendre beaucoup de livres parmi leurs catalogues. Et généralement plusieurs éditeurs en même temps. Ainsi, pour qu’un livre émerge, il faut que les représentants y croient et disposent d’un solide argumentaire et d’atouts que l’éditeur sera prêts à faire valoir pour lancer le livre.
La confiance, c’est le mot juste en effet.
Et au final, si la chance est donnée à un livre, c’est le libraire qui pourra le repérer et le propulser.

Miss Aline : c’est plus qu’un partage la confiance. La chance est le mot juste également.
Il y a des auteurs bourrés de talents qui ne parviennent pas à émerger. quel dommage.

Samuel Il y a toujours une part de chance. C’est la magie du livre. Tant mieux d’ailleurs, sinon tout serait très industrialisé.

Miss Aline : comment tu vois l’avenir du livre dans ce monde qui court après lui même, toujours plus connecté mais toujours plus seul.?

Samuel : Nous vivons actuellement dans une best-sellerisation. C’est à dire une forte, très forte mise en avant des auteurs déjà au sommet et un abaissement de tous les autres. Ainsi, il est difficile de voir émerger de nouveaux auteurs. L’édition est une économie complexe.
En ce moment nous voyons tout de même fleurir quelques articles à ce sujet. Les éditeurs publient beaucoup, sans doute trop et ne donne pas assez de moyens à chaque livre. Les libraires sont noyés sous les nouveautés, elles-mêmes écrasées par les auteurs déjà au sommet.

Miss Aline : toi qui est plein d’optimisme, tourner vers les autres, solaire… que penses tu de la remarque d’un auteur avec qui nous avons peigné la girafe qui disait « qu’un bon auteur est un auteur qui souffre, sinon il n’a rien a dire ».

Samuel : Je pense que ce n’est pas une nécessité. Pour certains, sans doute, mais heureusement qu’on peut être aussi un auteur sans souffrance. Stephen King n’est pas un écorché de la vie par exemple. Il a eu quelques passages délicats, mais il est très solaire cet auteur et prolifique tout en étant multi-plumes (fantastique, polar…).
Les auteurs de livre dont le fond est basé sur le développement personnel ou certaines stars dans le domaine de la comédie ne sont pas des auteurs en souffrance. Ce serait réducteur de cataloguer l’activité d’auteur avec l’absolue nécessité de la souffrance. Certains en ont besoin, mais certains seulement.

Miss Aline : tu as dis que l’écriture c’était ton espace de liberté. Peux tu nous parler de cette « liberté » ? Quelle est-elle ?

Samuel : L’écriture offre une liberté sans limite, comme les rêves. C’est une façon de dessiner le monde, de le faire vivre autrement, de changer les codes et les règles si on le souhaite. La liberté est sans doute ce qui compte le plus pour moi. C’est ce qui se conjugue le mieux avec notre quotidien, pour soi et pour les autres. C’est vivre l’instant présent et ne pas le laisser s’échapper sans le considérer avec importance.

Miss Aline : 👍 « pour que cet instant compte » comme dirait un célèbre acteur.

Samuel : 👍 C’est pour moi une des plus belles valeurs que nous savons garder en France. J’aimerais tellement que d’autres pays puisse la connaître ainsi. Le monde se porterait bien mieux. Je regrette seulement qu’en France on ne sache pas mieux se satisfaire de ce que nous avons.

Miss Aline : 👍

Samuel : Quand on a la santé, la paix, tous les projets d’avenir sont possibles, même à très petite échelle.

 

Miss Aline : je suis tout à fait d’accord.
je vais te libérer Samuel.
(je dois partir travailler)

Samuel : ça marche ! C’était un très bel échange ! Comme à chaque fois.
Franchement, j’adore !

Miss Aline : On te remercie pour ta disponibilité, ce beau moment de partage.

Samuel : bonne journée à toutes et énergie et courage pour le travail !
bises

Miss Aline : Geneviève te retrouve ce soir vers 18 h pour ton dernier interrogatoire.

Samuel : Ca marche pour 18h !
Rasé, lavé, et avec ma plus belle chemise 😉

Miss Aline : lol

Samuel : … et un slip propre comme dirait les potes 😉 Classe

Miss Aline : chacune ayant du partir pour des raisons diverses et variées depuis quelques minutes, je te transmets leurs bises.

Samuel : 👍

 

Miss Aline : Merci encore Samuel, ce fut un réel plaisir.
Bonne journée à toi.
Fin de cette cession de GAV.

Geneviève : Alors fin de cette 3e audition.  Et oui on se retrouve à 18h ou un peu avant pour la dernière. 

En attendant  profite de ce repos qui t’est accordé  pour réfléchir à ce que tu vas vouloir ajouter à tout ce que tu as déjà dit jusqu’à présent.

Samuel : 👍

Geneviève : Je t’envoie mon double maléfique 😉 😉 😉

Mais avant cela j’en profite pour rappeler les titres de tes romans à nos lecteurs

Et le dernier

RDV 18h ou un peu avant pour la suite et la fin de cette GAV

Assigné à résidence : L’interview bracelet électronique 4, Cyril Carrère


Nouvelle innovation au collectif Polar :

l’interview « bracelet électronique ».

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

Le quatrième auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Cyril Carrère


Aline : Bonsoir à tous, C’est ici que se déroulera l’interview bracelet électronique Grand Froid. Merci Cyril d’accepter cet échange. Peux-tu te présenter aux lecteurs / lectrices qui ne te connaissent pas encore ?

Maud et Jean Paul : 😍

Jean-Paul : Bonsoir Cyril, merci à toi de te prêter au « jeu » !

Maud : 😍

Geneviève : Ok je vous suis de loin mais je garde un oeil sur vous les Flingueuses

Maud : Ah OK ! 

Cyril : Bonjour Aline Jean-Paul et Maud, merci à vous de me proposer cette interview !
Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis un jeune auteur de thriller de 35 ans, français expatrié au Japon depuis début 2018.
Bien que Messin de naissance, j’ai grandi à Nîmes où j’ai encore de solides attaches.
J’ai publié deux thriller cette année :
Le Glas de l’innocence, dont l’intrigue se déroule au Japon sur deux époques différentes ;
Grand Froid, dont l’intrigue prend racine dans l’ouest de la France. Ce roman a été finaliste du concours VSD-Michel Bussi, qualifié avec le plus grand nombre de votes du public.
Hormis l’écriture, j’aime faire du sport, voyager, découvrir de nouvelles cultures et… lire  🙂 . Avant d’être un auteur je suis un lecteur passionné.

Maud 😍et Jean Paul👍

Maud : Bonjour. Comment t’es venu le thème de Grand froid? Les personnages ?

Cyril : J’avais le thème en tête depuis un certain moment déjà, bien avant le concours. J’ai fait énormément de recherches, beaucoup lu sur le sujet… je laisserai le soin aux lecteurs de découvrir de quoi il en retourne 🙂
Quant aux personnages, au départ je n’avais que Lucas et Gaëlle (sa mère) en tête.
Très vite Jean-Philippe s’est ajouté à l’équation.
Loïc Mandé est un personnage que j’avais aussi prévu de faire apparaître. Pour les autres, ils sont nés au fur et à mesure, même si ma trame était prête (dans les grandes lignes)

Jean-Paul : Combien de romans as-tu écrit à ce jour ? Mais surtout à quel moment et pourquoi as-tu eu l’envie de partager tes textes et d’être publié ?

Maud : Tu veux bien nous parler de ton aventure dans le concours Fyctia?

Cyril : J’ai écrit 3 romans. Avant Le Glas de l’innocence et Grand Froid, j’ai écrit une dystopie, Greyworld (avec laquelle j’ai fait mes armes sur le site Fyctia il y a un peu plus de 2 ans).
Sinon, j’ai toujours écrit dans mon coin. C’est en découvrant le site Fyctia que j’ai essayé de partager mes écrits – sans grande conviction au début. Mais les retours ont été bons, et je me suis pris au jeu. J’ai participé à deux concours :
Un concours thriller parrainé par B.A. Paris, où j’ai été finaliste (classé second) avec la première version du Glas ;
Puis le concours VSD-RTL Michel Bussi avec la première version de Grand Froid, qui a recueilli un grand nombre de votes du public (autant que Vincent Hauuy l’année précédente avec Le Tricycle Rouge).
L’aventure Fyctia a été riche sur le plan humain, je m’y suis fait des amis parmi les auteurs, j’y ai aussi gagné un lectorat – Grand Froid a été très suivi, très commenté, et certains « Fyctionnautes » lisent encore les chapitres que j’ai écrits dans le cadre du concours… 🙂
Une très belle expérience.

Maud 😍et Jean Paul👍

Aline : Qu’est ce qui a fait qu’un jour tu as eu envie de partager tes textes ? Une sorte de test pour savoir si tu devais continuer ou pas d’écrire ?

Jean Paul : 👍

Cyril : Une sorte de test pour voir comment ce serait reçu… mais même si ça n’avait pas été concluant, j’aurais continué à écrire dans mon coin  🙂

Aline :  👍 Dans Le Glas de l’innocence, nous avons un enfant malmené. Dans Grand froid, encore une enfance particulière. Pourquoi ce thème récurrent de l’enfance ?

Jean-Paul : Ton écriture est-elle influencée par d’autres auteurs ? Des auteurs que tu aimes forcément. Si oui, lesquels ?

Cyril : C’est un sujet qui me tient à cœur – l’enfance que l’on vit conditionne en grande partie l’adulte que l’on devient. Au départ c’est plus une réflexion d’ordre général, pas forcément reliée aux événements violents ou tragiques que l’on peut subir. Violence physique et/ou morale, mensonges, abandon… Peuvent radicalement une vie et c’est ce que j’ai voulu mettre en avant dans mes écrits.

Jean-Paul oui, j’aime beaucoup Maxime Chattam (notamment la trilogie du mal), Linwood Barclay et Stephen King.
Ça influence mon écriture, que je veux directe, précise et toujours du point de vue des personnages – l’auteur reste en retrait.🙂

Jean Paul👍

Maud : Alors justement tu abordes le sujet… quel lecteur es-tu ?

Cyril : Je suis gros consommateur de thriller, j’aime me poser des questions, échafauder des théories, être baladé et surpris  🙂

Maud : Des auteurs au-delà de ceux déjà cités ? Un endroit de prédilection pour lire?

Cyril : Pour l’écriture ? Non 🙂

Maud :  Non en tant que lecteurs 🤗

Cyril : En tant que lecteur je suis assez bon public, j’aime découvrir de nouveaux auteurs. Cette année j’ai découvert Denis Zott avec Maudite et la chute du cafard, mon ami Jacques Pons avec Organigramme

Je m’apprête à lire Mattias Koping (les démoniaques, le manufacturier) et Armelle Carbonnel (Sinestra). La liste est encore très longue (et le temps manque)  🙂

Jean Paul👍

Maud : Nous te comprenons tout à fait, c est pareil pour nous 😂

Cyril et Jean Paul😆

Cyril : Toujours côté lecture, j’aime être au calme, chez moi. Je ne lis pas dans les transports par exemple. J’ai besoin d’être dans ma bulle, comme quand j’écris.

Maud : 👍

Maud : Tu as déclaré faire des recherches pour ton prochain livre. Peux-tu nous en dire un peu plus?

Cyril : Il y a plusieurs axes de recherches, mais pour en citer un, je dirai les montages financiers et leurs dérives. C’est un exemple très spécifique qui sert le pan initial de l’intrigue, et en particulier le savoir d’un des personnages…
Dur d’en dire plus à ce stade, mais on ne sera pas du tout dans du thriller « financier » .🙂
Je passe souvent beaucoup de temps sur le background des personnages, leurs spécificités afin de « maîtriser » leurs connaissances du mieux possible, puisqu’elles vont conditionner leurs actions, leurs décisions, ainsi que leurs interactions avec les autres protagonistes.
J’ai utilisé la même méthode pour Grand Froid, par exemple avec la médecine légale.

Maud : 👍

Aline : Dans vos deux romans c’est « dis-moi ou tu veux aller et on ira ailleurs ». C’est une technique d’écriture ? Une façon de capter l’attention du lecteur ?

Cyril :  (hors interview: mince, je pensais avoir répondu!!! 😮 … pardon…) Une technique, je ne sais pas, mais en tant que lecteur, j’aime être baladé, manipulé… donc j’essaie de penser à cet aspect. Est-ce que j’ai ce qu’il faut pour surprendre le lecteur? Est-ce que c’est cohérent? Ce questionnement m’accompagne à chaque étape de l’écriture.

Aline : Parle-nous du lieutenant Loïc Mandé. Un auteur mettant souvent une par le lui dans ses romans, quelle part de vous empreinte-y-il ?

Cyril : Loïc est un personnage fort, c’est vrai. Bourru au grand cœur, je pense que c’est sa générosité et sa spontanéité qui sont un reflet de moi-même… toujours « à fond », réactif, brut de décoffrage, qui ne remet pas à demain ce qu’il pourrait faire tout de suite.  🙂
Un personnage que j’affectionne tout particulièrement.

Aline : Sauf erreur de la part, Grand froid a une fin ouverte. Pourrait-on être amené à retrouver Loïc dans d’autres aventures ?

Cyril : Exact… pour être honnête j’aimerais beaucoup revoir Loïc Mandé. Est-ce que ce sera une suite directe ou pas? Au vu de la fin de Grand Froid, ça n’est pas obligatoire (j’aime l’idée de laisser le lecteur se faire sa propre idée de la suite) C’est donc à voir… Mais j’y pense.

Jean Paul : 👍

Aline : Pourquoi cet attachement à ce personnage ?

Cyril : Pour les valeurs qu’il véhicule, et qui sont proches des miennes. Il est intègre, humble, un peu impulsif parfois, mais toujours dans l’humain et l’affectif. Je me reconnais fortement en lui et je veux le voir évoluer devant les lecteurs au-delà de Grand Froid.

Jean Paul : 👍

Aline : En lisant ce roman, Grand froid représente également la Mort. Elle est très présente, elle est même (pour moi) ombre de Lucas. Pourquoi cette place importante ?

Cyril : Parce qu’elle se prête bien à l’intrigue, à l’ambiance que je voulais instaurer pour cette histoire. Elle est toujours là, non loin, menaçante et contribue à l’atmosphère oppressante du livre. Le rythme s’en ressent également. Mais hormis cela, pas d’autre raison sous-jacente.

Aline : Originaire de Nîmes, expatrié au Japon. Grand froid se passe à Nantes. Pourquoi ce choix géographique ?

Cyril : C’est vrai que c’est le grand écart 😂. J’ai aussi passé 5 ans en Angleterre (Canterbury et Londres).
Nantes est une ville que je connais, qui me parle, et j’avais déjà en tête l’ouverture du récit et notamment l’île de Nantes.

Même hors écriture, je reste attentif aux lieux, aux évènements, l’inspiration n’est jamais très loin et j’ai toujours un cahier noir (mon « thriller book » 😂 – moi qui suis fan de death note) dans lequel je gribouille dès qu’un thème, un lieu, ou un personnage me vient à l’esprit.

C’est comme ça que « Nantes » s’est retrouvée couchée sur papier il y a un sacré moment déjà.

Aline : Le prochain roman se trouve dans le « thriller Book »?

Cyril : Le thème principal en fait partie ainsi que certains personnages forts que je voulais utiliser.
Pour le reste, tout évolue au fil de l’écriture – surtout sur la forme.
Pour Grand Froid, l’intrigue a énormément évolué en cours de route, j’avais notamment un « découpage » de l’intrigue assez différent (mais je ne peux pas en dire plus sans spoiler les potentiels lecteurs).

Aline : Est-il prévu des salons en France, Cyril ?

Cyril : Oui, pour l’instant seulement les Géants du Polar à Douai au mois de juin, pour lequel une seconde nouvelle devrait venir se greffer en début d’année au sujet de Grand Froid
Sinon, pas d’autres dates à ce jour, même si je ne désespère pas. Le roman a moins d’un mois, c’est déjà génial de recevoir de l’intérêt (et puis je découvre un peu tout ça 🙂 )

Aline : As-tu quelque chose à ajouter pour tes lecteurs ou futurs lecteurs ?

Cyril :Je souhaite vous remercier, sans vous, les livres ne vivraient pas bien longtemps… 🙂
C’est grâce à vous si Grand Froid prend un si bon départ…
J’espère que ce roman fera son petit bout de chemin, auprès de vous, dans les mois à venir 🙂.

Je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de fin d’année ❄☃️🎄🎁 , surtout profitez de vos proches 😊 !

Jean Paul : 👍

Jean-Paul : Merci Cyril, désolé d’avoir été peu présent sur les échanges, mais j’ai vu que tu étais entre de bonnes mains !
À bientôt

Cyril : @Jean-Paul pas de problème 🙂 , merci à toi ainsi qu’@Aline et @Maud 😊🤗🤗

Maud 😍et Jean Paul👍

Aline : Merci Cyril de nous avoir consacré du temps. On te souhaite de bonnes fêtes de fin d’année. On se retrouve pour le prochain roman ! En attendant on souhaite à Grand froid tout le succès qu’il mérite. À tantôt.

Jean Paul : 👍

Cyril : Merci à tous, j’ai adoré ce format ! 🙂 bonnes fêtes de fin d’année, j’espère à très vite 😊😊

Geneviève : Merci à vous 4 pour cette interview bracelet électronique. Et à très bientôt. Nous vous promettons d’autres auteurs assignés à résidence ou même en GAV.

La Saint Valentin des flingueuses 2019


La Saint Valentin des flingueuses 2019

L’année 2018 fut riche en rencontres, et aventures polardeuses au Collectif Polar.  Les Flingueuses sont ravies de vous présenter leurs amoureux(ses) littéraires de l’année : auteur(e)s, flingueuses, livres, partenaires de crime, porte-flingue, polymorphes… Nous ne sommes pas sectaires dans nos amours au Collectif et vous, quels ont été en 2018 ou seront vos amoureux en 2019?

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Je laisse la parole aux Flingueuses pour vous dévoiler leur Valetin(e) :

 


Ophélie : Elsa, ma Dark Swan de la littérature noire, un coup de foudre!

 

Elsa Roch et Ophélie

 

Marc : L’amour c’est aussi « Ça ».

 

(NDLR : Il fallait bien que chez les flingueuses il y ait un fan du Maître, stephen King)

Sacha : Alors voilà mon coup de coeur littéraire, de l’année mais pas que…

 

Sacha Erbel et sire Cédric Sire

 

Geneviève: Une des plus belles rencontres de l’année. Cela a d’accord été un coup de foudre pour son écriture de laquelle je suis ressortie en mode « Cabossé » Ensuite j’ai rencontré le jeune homme, il m’a tout de suite présentée à sa Mamie, centenaire, féministe et serial Killeuse. Vous pensez, je les ai tout de suite adoptés lui et sa Mamie Luger.

Ge et Benoit Philippon

So Fiou : Un valentin ? SAUF m’a emmenée au 7ème ciel.

 

Hervé Commère et Sofia

Aline :  Une Flingueuse, ça ne rigole pas ! Non, Flingueuse ce n’est pas une partie de rigolade !

Miss Aline et Ge son porte Flingue en goguette !

Sylvie : Mon coup de cœur littéraire de l’année !

 

Lou Vernet avec notre Sylvie K

Eppy Fanny : Avec le Flamboyant Nicolas Lebel, créateur d’une grenouille faisandée dont je suis fan.

 

Eppy Fanny et Nicolas Lebel

Isabelle : En 2018, Sandrine Collette m’a bluffée par sa plume sobre et percutante, par sa finesse et sa gentillesse. J’en suis toute éblouie !

 

Isabelle Bourdial notre légiste en chef interviewant Sandrine Collette lors du 1er Festival Polar’Osny

Danièle : Deux flingueuses en accord parfait pour feu de tout bord ! Le collectif … une merveilleuse occasion de rencontre.

Miss Aline et Mamie Danièle lors de leur première rencontre.

Jean-Paul : Deux bonnes têtes de vivant, deux loups, un pouce et trois têtes de mort…

Jean Paul et Jacques Saussey

 

Maud : Anniversaire et intronisation inoubliables entre flingueuses et une auteure flingueuse, légiste et Reine des gommettes.

de gauche à droite, Ge porte Flingue, Cécile Pellault, auteur et légiste, Maud intronisée Flingueuse le jour de son anniv. et Ophélie sa Jumelle

Nick : Je refuse de faire partie d’un club qui m’accepterait comme membre.

Nick Gardel notre Nervi avec Henri Loevenbruck, Ian Manook et Jean Luc Bizien, 3 auteurs de la ligue de l’imaginaire

Florence : Un coup de coeur pour un roman noir magnifique. Il y est aussi question d’amour, alors pour la Saint-Valentin, il me va bien.

Florence notre nouvelle flingueuse stagiaire a un coup de cœur pour Hervé Commère, elle aussi !

Isabelle : Coup de foudre littéraire 2019 ! Angoissant, troublant, intense, puissant. Entrée fracassante d’Antoine Renand’.

Isabelle Cerruti

La petite dernière des Flingueuses, Isabelle du coup nous présente un coup de cœur 2019.

Ge², le double maléfique  : Ni dieu ni maitre ! Quelques maîtresses… Et un Pouy.

Jean Bernard Pouy et Ge notre porte Flingue

Cécile : A fleur de cadavre ; mon aventure polyamoureuse exquise de 2018 !

Les légistes, Cécile Pellault, Isabelle Bourdial et Ge la porte Flingue et notre exquis macchabée

BONNE ST VALENTIN  de POLARDEUX(SES) A VOUS !!!

Assigner à résidence 3, l’interview bracelet électonique de Sonja Delzongle


L’interview « bracelet électronique ». Vous connaissez maintenant.

Contrairement à la GAV qui est bien délimitée dans le temps, l’interview bracelet électronique est plus « libre ». Elle peut se dérouler sur plusieurs jours.

C’est une mesure d’aménagement de peine permettant de réaliser une interview de longue haleine sans obliger l’auteur à être incarcéré. Juste  » Assigné à résidence »

Nous avions au départ prévu une Garde à Vue avec notre auteure mais les obligations des unes et des autres à fait que celle-ci c’est transformée en assignation à résidence.

Le quatrième auteur ayant dû vivre son quotidien avec le bracelet électronique est…

Sonja Delzongle


SAMEDI 13h16

Aline : Bonjour @Sonja ; @Geneviève ; @Danièle et  @Eppy.

S’ouvre maintenant et ici notre bracelet électronique.

 Sonja : 

Aline : Pour rappel, nous n’avons pas besoin de se bloquer derrière nos écrans, nous n’avons pas de timing. Chacune allant quand elle peut sur cette MP.

Sonja et Geneviève :

Aline : Tout ce qui se dit ici sera forcément retranscrit.

Sonja et Geneviève  : 

Aline : Je laisse la parole à notre cheffe en la personne de  @Geneviève.

Sonja :

Eppy Fanny et Danièle : O

SAMEDI 18:10

Geneviève : @Sonja ne sera en résidence assignée qu’à partir de demain. Aussi je laisserai ici les premières questions. Dès que notre prévenue aura son bracelet électronique, elle viendra me répondre. Voilà pour la procédure.

Sonja, tu valides ?

Sonja : 

 Aline et Danièle : ok on valide aussi.

Eppy Fanny : Bien chef. Du coup… maintenant tu as le droit d’aller prendre l’apéro tranquille lol.

Geneviève  vous pouvez toutes allez prendre l’apéro et trinquer à ma santé et à celle de notre auteure

  Sonja : hahaha

DIMANCHE 06:31

Geneviève : Bonjour @Sonja, Bonjour les Flingueuses.

Sonja :

Geneviève : Ce matin débute une interview un peu spéciale. Pas tout à fait une GAV mais un peu plus qu’une simple assignation à résidence puisque nous allons être 4 à te passer à la question@Sonja Delzongle

Sonja  : 

Geneviève : Aussi j’ai insigne honneur de débuter celle-ci

Sonja : 

Aline : Bonjour @Sonja, bonjour Geneviève , Daniele, Eppy.

Geneviève : Bonjour @Aline

Aline : 

Geneviève : Alors pour démarrer en douceur cette interrogatoire, je vais, @Sonja, te demander quel est chez toi la place du livre et de la lecture. Voici donc une série de questions auxquelles tu devras répondre une à une.

Sonja : 

Geneviève : Mais avant cela j’aimerai que tu te présentes à nos lecteurs et lectrices. Je veux tout savoir, ta scolarité, ton parcours pro, ton âge, ta vie…?

 

DIMANCHE 09h26

Eppy Fanny : Bonjour à vous toutes, Bonjour Sonja

Aline et Sonja : 

Danièle : suis là les filles, bonjour  @Sonja !

Aline et Eppy : 

Sonja : Bonjour à toutes .
Merci pour vos questions actuelles et à venir auxquelles je prendrai bien sûr le temps de répondre avec plaisir.

@Geneviève , m’étant couchée un peu tard ou très tôt, selon (5h30),  je répondrai aux tiennes un peu plus avant dans la journée.
Merci

Eppy Fanny, Aline, Danièle : 

Geneviève :  Pas de soucis @Sonja , à toute à l’heure 😉@Sonja

DIMANCHE 23:11

Sonja : Réponse pour  @Geneviève.

Je me présente…

Après un bac littéraire philo langues, j’ai fait un DEUG LEA (Langues Étrangères Appliquées) et six ans de Beaux-arts à l’École Nationale de Dijon.
Ensuite quinze ans d’exposition de peintures avec des jobs à côté avant de faire six ans de journalisme PQR et mag, puis de me consacrer complètement à l’écriture.
Mon âge : 51
Ma vie : l’écriture de romans et plus précisément de thrillers.

Sonja : Bonnes nuit et belle éclipse de lune !

 

Eppy Fanny et Aline : 

 

LUNDI 05:34

Geneviève : Merci : @Sonja

Mais cette fois c’est moi qui dormais lorsque tu m’as répondu. Et oui hier j’était déjà debout à 4h du mat. Après 23h, ça devient compliqué pour moi.

Alors ce matin j’aimerai savoir qu’elle était la place du livre dans ta famille. ?

Petite étais tu entourée de bouquin ?

 

LUNDI  : 12:33

Sonja : Bonjour aux Flingueuses. Geneviève… Le livre tient une grande place dans le noyau familial. Si grande que chez mes parents il doit y avoir environ cinq mille livres… J’ai toujours été entourée de bouquins, étagères, piles, tas… Et la télévision n’est arrivée que pour les onze ans, je lisais, à la place.

Eppy Fanny : Bonjour @Sonja. Merci pour ta réponse aux questions de la patronne mais ce midi c’est moi qui t’interroge

Voici mes questions listées ci-après pour que tu puisse y répondre au mieux suivant ton planning :

1) Pourrais-tu nous parler de tes 2 premiers romans (ceux parus avant Dust), genèse, genre ?

2) Comment t’es venue l’idée du personnage complexe d’Hanah ? t’a t’il été inspiré par des proches, par toi ?

3) Et en dernier lieu, qui est donc cette Dana qui vit dans ton esprit ? quel est son univers et d’autres histoires de la veine de Sybéria sont-elles prévues ?

Je te laisse à toutes mes interrogations. Le travail m’appelle.

MARDI 20:58

Sonja : Bonsoir Eppy

1) Avant Dust il y a La Journée d’un sniper, le premier, sur fond de guerre des Balkans, un roman court de 50 pages, À Titre posthume, premier thriller dont l’intrigue se déroule dans le milieu (impitoyable) de l’édition et le Hameau des Purs dans lequel je confirme mon goût et mon choix pour ce genre.
Donc genèse en quelque sorte, oui.

2) L’idée d’Hanah m’est apparue dans une sorte de vision provoquée par une musique d’un album dé Buddha Bar.
Une héroïne qui ne m’a pas été inspirée par des proches du tout. Il y a forcément un peu de moi mais pas pour l’essentiel. En fait, je crois que ce personnage était prémonitoire et que je viens de la rencontrer.

Eppy Fanny :  et consernant Dana Skoll

Sonja : 3) Dana Skoll est un pseudo à l’occasion d’une commande d’éditeur. Elle ne vit pas vraiment en moi et pour le moment n’a aucun autre projet que Syberia.

Belle soirée à toutes

Eppy Fanny : Merci Bonne soirée à toi

Aline : Merci et bonne soirée Sonja .

Sonja : 

MERCREDI 05:44

Geneviève : @Sonja tu nous parlais des nombreux livres qui t’entouraient, Pourrais-tu me dire si tu as été tenté de piocher dans la bibliothèque familliale ?

Sonja : 

Geneviève : As tu des auteurs phares ?

 

MERCERDI 14:27

Sonja : Bonjour @Geneviève

Bonjour aux tatas Flingueuses
Bien sûr j’ai été tentée de picorer dans les livres de mes parents, de mon père surtout, qui était professeur agrégé de philo à l’IUFM, des ouvrages de psychologie, philo, mais aussi des romans de Kundera, Moravia, Yourcenar, quelques Agatha Christie, San Antonio pour le fun.
Ma mère m’a fait découvrir les grands classiques russes, Tchékov, Tourguéniev, Dostoïevski, Gogol, également Dickens, Twain, Hemingway, Poe, Carver et des auteurs serbes comme le prix Nobel Ivo Andrić, Milos Tchernianski, Stepanović.

Geneviève : Et quels ont été les bouquins fondateurs pour toi ?

Sonja : Justement tous ces bouquins que je cite, dont les écrivains anglo-saxons pour leur vision de la société américaine ou anglaise et leur efficacité, la littérature française du 19e avec Balzac, Zola, Maupassant, Chateaubriand, Sand.

Geneviève : Quelles types de bouquins affectionnes-tu ?

Sonja : Mes goûts en littérature sont comme en musique, très éclectiques, mais j’avoue que j’ai attrapé le virus du thriller… Sinon j’aime l’aventure et le romanesque.

Geneviève : Et enfin plus globalement que t’a apporté la lecture ?

Sonja : La lecture m’a apporté évasion, émotion, bonheur, réflexion, ouverture et inspiration. Tous les ingrédients de l’écriture. Et de la vie.

Merci encore à vous toutes pour votre intérêt et vos questions. Je retire le bracelet et vous envoie plein de bises.

Danièle : Attention, pas tout de suite …

Sonja : D’accord pour les dernières questions aujourd’hui mais après j’arrête Je n’ai plus le temps, me préparant à partir sur le salon de la mairie du 7 à Paris.

Ah oui et aujourd’hui je ne peux répondre que jusqu’à 15h15 

Danièle et Geneviève : 

Danièle : Ça fait beaucoup de références dans la tête tout ça Sonja, alors au niveau de l’inspiration, de l’envie de passer à l’écriture, qu’est-ce qui arrive en premier … la situation, l’histoire, le message ?

Sonja : Rien n’arrive en premier à part l’inspiration. Tout vient en même temps, indissociable.

Danièle : Quand tu commences à raconter … tu connais la fin de ton histoire ou a-t-elle sa propre vie ?

Sonja : Pour tous mes romans oui, sauf pour le Hameau des Purs et Dust.
Ce qui n’empêche pas les personnages d’avoir leur propre vie ou leur vie propre. Enfin…presque 

Danièle : Pour Boréal par exemple … est-ce que le message écolo était préexistant à l’intrigue ?

Sonja : D’une certaine façon oui. Puisque faisant partie de ma vision de la planète.

Danièle : Est-ce qu’en plus du « divertissement » pour toi l’auteur a un devoir de mémoire, de conscience ?

Sonja : Complètement. De conscience en tout cas. Le reste en découle.

Danièle : Donc les personnages se trouvent au service de l’histoire …

Sonja : D’une certaine façon mais l’inverse est également vrai.

Danièle : Un exemple ?

Sonja : Le personnage d’Hanah Baxter dans la trilogie Dust, Quand la neige danse et Récidive. L’histoire est à son service aussi pour mieux la faire découvrir au lecteur dans toute sa dimension. Ses réactions dans certaines situations, sa personnalité qui se révèle au fil de l’intrigue.

Danièle : C’est l’avantage d’un héro récurrent ! C’est aussi les limites , même si tu peux la faire souffrir le lecteur sait qu’elle s’en sortira en fin de compte.

Sonja : Ah non, pas forcément…

Beaucoup de lecteurs ont douté de son sort dans Récidive.

Danièle : Tu irais jusqu’à la tuer ?

L’auteur s’attache comme le lecteur …

Ta vision pour la planète est bien sombre, tes prochains romans en parleront-ils à nouveau ?

Sonja : Peut-être…j’ai déjà essayé…

Elle est réaliste je crois, mais toujours avec une note d’espoir. Mon prochain roman en parle, oui, sur le thème de l’eau, la folie et la guerre. Désolée mais je dois y aller. Merci pour cet échange. Bel après-midi et attention aux glissades !

Danièle et Aline :

Danièle : Merci Sonja au fait moi c’est Danièle … la doyenne ! A bientôt

Sonja : 

Sonja : Merci @Danièle ! Au plaisir !

Danièle :  On se retrouve quand ?

MER 16:21

Sonja : @Danièle@Aline dans ses instructions m’a dit que ça s’étalait sur 3 jours, 5 grand maximum.
Je suis soumise à l’interrogatoire depuis dimanche, on est mercredi. J’ai donc rempli ma mission de trois jours

Je n’ai que peu de temps et également d’autres ITW et un roman à écrire☺

Pour d’autres questions, je profiterai d’un salon pour y répondre de vive voix avec plaisir

Belle semaine à toutes.

Aline : Merci Sonja pour le temps que vous nous avez consacré. Au plaisir de vous croiser sur un salon prochainement.

Sonja : 

Geneviève : Bon salon parisien@Sonja. Et comme le dis @Aline merci pour cet assignation à résidence. Je te retire ton bracelet électronique que tu puisses voyager tranquille.

Sonja : 

MER 20:08

Eppy Fanny : Pour ma part je te dis à samedi.

Sonja : 

Geneviève : allez laissons Sonja rejoindre la Capitale pour le salon Lire c’est libre où elle retrouveras Eppy et aussi quelques autres flingueuses.

Et je voulais aussi remercier les flingueuses Eppy, Danièle et aussi Aline qui a mis en place cette interview

La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, deuxième audition. 2/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 2

Vendredi

Suite de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

2e interrogatoire par Miss Aline


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours


30 novembre 2018,

19h58

 

Miss Aline : Bonsoir Ingrid,

Ingrid : bonsoir Aline ! je dois vite nourrir mes chats et j’arrive !

Tic tac, tic tac, tic tac…

20h03

Ingrid : Me voilà !

Miss Aline : alors c’est parti…. avez-vous des rituels d’écriture (lieu, période de la journée, fond sonore…) ?

Ingrid : avant j’écrivais plutôt la nuit, mais depuis quelques temps j’essaie de ne plus m’extraire du rythme des autres, donc j’écris la journée. Je n’ai pas de rituel particulier si ce n’est une caresse à mes chats avant de me lancer, et de temps à autres… sinon j’écris dans mon bureau, dans le silence le plus absolu et gare à ceux qui viennent le perturber ne serait-ce qu’en respirant trop fort à côté de moi !

Miss Aline : concentration absolue alors ?

Ingrid : exactement !

Miss Aline : Comment vous vient l’idée d’une histoire : vous choisissez un thème, ou vous avez une fin ou une phrase de début…?

Ingrid : elle me tombe dessus, littéralement ! Que ce soit au détour d’une conversation, de l’entrefilet d’un journal, d’un rêve. Là, pour le nouveau, c’est le thème qui m’est venu suite à une discussion !

Miss Aline : il n’y a donc pas de « message » à faire passer ? C’est une histoire pour une histoire ?

Ingrid : je n’ai jamais dit ça, malheureuse !!!! Au contraire, il y a TOUJOURS un message, un questionnement en filigrane !

Miss Aline : en filigrane c’est à dire en fond ou de manière inconsciente ?

Ingrid : il y a toujours une double lecture, un fond. Je ne peux pas écrire juste pour distraire

Miss Aline : vous diriez que chaque auteur met quelque chose de personnel (message, questionnement) dans ses écrits ?

Ingrid : je ne sais pas pour les autres, mais pour moi c’est le cas, en effet

Miss Aline : Comment est né le personnage de Gabriel ? (j’ai adoré ce personnage)

Ingrid : en regardant la scène du tango dans Parfum de femmes, avec Al Pacino ! 🙂 Je l’ai trouvé d’une sensualité folle… et j’ai eu envie de créer une intrigue autour d’un tel personnage !

 

Miss Aline : J’irai voir le lien… 

Dans la prunelle de ses yeux, Gabriel est aveugle. Pour moi il l’est au sens propre comme au figuré. C’est un personnage fort et complexe. En dehors de la sensualité folle… c’est ainsi que vous le vouliez : complexe ?

Ingrid : oui, avec ses contradictions, il est en clair obscur mais il n’est pas aveugle pour moi, intérieurement… il a déjà trouvé une forme de lumière intérieure, contrairement à ce qu’il imagine. Pour moi, c’est Maya qui est dans le brouillard et le vrai guide, c’est Gabriel
(j’adore aussi Gabriel)

Miss Aline : on rejoint donc ce qui est dit plus haut c’est à dire : autant de lecteur donne autant de lecture/d’interprétation .
Du coup quel était votre message dans « la prunelle de ses yeux » ?
(je relirai Gabriel avec grand plaisir)

Ingrid : oh oui ! et ça c’est précieux ! chacun son histoire en fonction de son histoire propre… c’est la magie de l’écriture, les personnages n’appartiennent pas à l’auteur, ils appartiennent à chaque lecteur

Miss Aline : je suis totalement d’accord avec ça.

Ingrid : il y en avait plusieurs, je pense… j’avais envie de me questionner sur le phénomène du bizutage et du bouc-émissaire… de parler aussi de la fragilité des femmes induite par la société (Maya se déteste tellement…) du poids de la culpabilité, de l’alcoolisme féminin, de la difficulté des générations à communiquer entre elles, de la paternité dans ce qu’elle a d’animal, primal, et de complexe

Geneviève : 😮

Miss Aline : ce qui m’a le plus marqué c’est la paternité. Pour le reste : bizutage… c’est plus explicite dans le roman.

Ingrid : oui 🙂
J’espère qu’il vous a ému autant que je l’ai été en l’écrivant ❤

Miss Aline : oh oui… surtout que bien que tout soit là, on ne s’attend malgré tout pas à cette révélation. Dés que je comprends où l’on va, je pleure.
J’ai pleuré en écrivant la « fameuse » scène… c’était horrible à décrire

Ingrid : je n’en doute pas.

Miss Aline : bien que cette scène soit déjà très difficile, quel genre de crime/scène ne pourriez vous jamais écrire ?

Ingrid : une scène où l’on fait du mal à un animal et de la cruauté gratuite, complaisante
Choquer pour choquer ne m’intéresse pas, je n’aime pas la surenchère

Miss Aline : vos personnages, vous les contrôlez totalement ou parfois ils vivent leur propre vie ?

Ingrid : Excellente question ! Je contrôle que dalle ! 😀 C’est fou, ils ont leur vie propre, leur caractère et ils me surprennent lors de l’écriture 🙂
Mais je leur inflige ce que je veux par contre 😉

Miss Aline : vous les portez en vous tout le temps de la création ou ils restent dans le bureau ?

Ingrid : Ils sont constamment avec moi ! Je pense à eux, je les fais évoluer au fil de mes rencontres, discussions, émotions, idées… c’est de l’organique, en constante évolution. De toute façon je les considère plus comme des personnes que comme des personnages

Miss Aline : une fois le livre terminé, publié… ils sont toujours là ? Ingrid  s’est échappée. Où elle dialogue avec son avocat ?

Ingrid : Oui, ils sont toujours là

Miss Aline : Les chats.. Geneviève !

Ingrid : je vis avec Gabriel, Maya, Lars, Haiko, Victor, Barbara, Marc… (ça fait beaucoup de monde dans ma tête)
Et là je vis avec quelqu’un dans ma tête en ce moment

Geneviève  : Ah oui le chat avocat…Ne pas l’oublier

Ingrid : (oui une urgence chat) (désolée) (en plus messenger ne sonne pas toujours)

Miss Aline : ooohhhh …on peut en savoir un peu plus sur ce quelqu’un ?

Ingrid : c’est un personnage qui va vous faire réfléchir, ressentir… qui va vous emmener loin. Je vis avec lui depuis environ 3 semaines, et dès que je m’en éloigne pour faire d’autres choses, il me manque… je suis complètement avec lui, dans son monde, son histoire…

Miss Aline : la rédaction a déjà commencée ?

Ingrid : ouiiiiiiiii !!!!!!!!!! je kiiiiiiiffffffe ! j’imagine
Ce roman m’excite plus que tout ce que j’ai écrit jusque là !

Miss Aline : aaahhh… ça sera LE roman alors ?

Ingrid : (c’est toujours un peu le cas en fait :p) … mais oui celui-ci est particulier pour plein de raisons

Miss Aline : on peut avoir un petit indice sur le « thème » ?

Ingrid : non, pas sur le thème mais je peux vous dire que…
Ce ne sera pas un thriller !

Miss Aline : pourquoi ce changement de genre ? le personnage s’est-il imposé à vous ?

Ingrid : parce que je me sens à l’étroit dans le thriller, j’ai besoin d’explorer plus, de déployer des choses que je n’ai pas le temps d’investir quand j’écris un thriller…
Le personnage est une évidence pour moi 🙂
Mais j’avais un peu amorcé le virage avec La prunelle de ses yeux

Miss Aline : quand va-t-on voir la sortie de ce roman ?

Ingrid : l’année prochaine, j’espère !

Miss Aline : qu’est ce qui vous bride dans le thriller ?

Ingrid : Les codes du genre, je dirais… mais aussi le genre lui-même, j’ai envie de raconter d’autres types d’histoires, de faire de la littérature générale, de ne pas toujours écrire les mêmes choses !
Je veux prendre mon temps aussi, celui de poser les choses, de déployer mon écriture. J’aime pouvoir évoluer, changer, tester de nouvelles choses et il est temps pour moi de m’essayer à d’autres écritures

Miss Aline : on vous souhaite de trouver ce que vous cherchez dans ce nouveau style d’écriture.

Ingrid : c’est gentil, Aline 🙂 merci beaucoup ! en tout cas c’est bien parti : je prends un plaisir dingue et c’est essentiel !

Miss Aline : oui c’est l’essentiel, le plaisir

Ingrid : 👍

Ingrid : Aline a une urgence chat aussi ? 😉

Geneviève  : Peut-être Ingrid, une urgence c’est certain mais pas de chat !

Miss Aline : je n’ai pas de chat Ingrid, j’en ai peur ! J’avais mon poisson à sortir…

Ingrid : ahaha 😀

Geneviève : Je l’avais dit, pas de chat


Ingrid : Mes chats ne sont pas effrayants 🙂

Miss Aline : Je vais vous libérer pour ce soir avant que nous partions dans un délire qui pourrait se retrouver (allez savoir pourquoi comment) dans un livre !!! lol

Ingrid : hummm vous avez raison !
Merci pour cet entretien, Aline 🙂
J’espère avoir répondu à vos interrogations !

Miss Aline : Merci à vous pour le temps que vous m’avez accordé.

Ingrid : c’était chouette ❤
Bonne soirée et à demain les flingueuses 😗

Miss Aline : Pour rappel demain vous avez rdv avec Sofia à 14h30 et Danièle à 17 h00.
Geneviève viendra vous libérer ensuite.
Bonne soirée à vous également.

Geneviève : Mais dis moi Ingrid, j’ai  une question sur les règles  et les codes du polar. Qu’elle sont-elles ? J’ai jamais compris

Ingrid : ce sera une journée bien remplie !
Ouh c’est une vaste question…
En gros, pour faire court, les codes c’est tout ce qu’on s’attend à trouver (espère) en lisant un polar…

Geneviève  : Bon ben je vois pas plus moi je lis une histoire. Policière  ou pas si elle m’embarque c’est l’essentiel

Ingrid : et tu as bien raison 🙂

Geneviève : 40 ans que je cherche ces  putains de code. C’est plus à une journée près !
Allez je te libère pour cette audition Ingrid. Mais tu restes en GAV  pour encore une journée

Ingrid : OK 🙂 je te souhaite une bonne soirée, ainsi qu’à tes comparses.
Normal, je retourne dans ma geôle avec ma couverture pleine de puces

Geneviève : Merci pour les flingueusess.

Miss Aline : alors nous ne donnons des couvertures pleines de puces….on ne donne pas de couverture tout court !!

Geneviève  : Que l’on apporte un repas à  notre prévenue et une couette propre

Ingrid : à la bonne heure ! (sinon mes chats attaquaient)

Geneviève  : Moi j’adore les chats les chiens et toutes la ménagerie alors même  pas peur
Et une chose à  savoir tout ce qui ai dit ici est retranscrit.
Na !!!

Ingrid : j’assume tout ! et je ne peux pas vivre sans animaux

Geneviève  : Pareil

Ingrid : ❤

Geneviève : C’est pour cela que tes chats peuvent faire partie de cette garde à vue

Ingrid : Alors on se comprend

Ge²  : 😍

Geneviève  : C’est bien possible.

21h27 : 

 Allez fin de la deuxième audition de madame Ingrid Desjours.

 

La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses, dernière audition


La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses,

Episode 4

Mardi 16 octobre 17h30

Suite et fin de la Garde à vue de Monsieur

Vincent Hauuy

4e et dernière audition par Miss Aline.


La GAV, Garde à vue d’un auteur par le Collectif Polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Vincent ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 15 dans l’après midi et le mardi 16 en milieu d’après-midi et jusqu’en début de soirée.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours,

le premier PV a été publié le 25

Le deuxième procès-verbal le 27

L’avant dernière le 29 octobre

Allez place à la GAV de Vincent Hauuy


Vincent : Ready 😉

Ge : Notre flingueuse va arriver

Vincent : ok

Ge : Vincent comment ce passe cette GAV pour vous ?

Vincent : Très bien, cela se passe de façon très naturelle 😉

Ge : C’est à dire ?

Vincent : Pas de heurts dans les questions réponses 😉

Aline : Bonsoir à toutes et bonsoir Vincent.

Vincent : mais peut être avez vous été trop gentilles avec le prévenu 😉
Bonsoir Aline !

Ge : Peut-être ?

Vincent : glups ! Heu …. (gouttes de sueurs)….
… je voulais dire vous avez été TRES gentilles 😛

Aline : Si on ne vous avez pas « demandé » une suite au tricycle, auriez donné d’autres aventures à Wallace ?

Vincent : Je ne sais pas. Peut-être plus tard, je pouvais très bien clore cette histoire sur la fin du Tricycle.

Aline : mais vous ne pouvez pas clore avec le Brasier, on sent qu’il y a encore des choses à révéler, sur Noah ?

Vincent : Après, le personnage était prêt pour une suite ! Je ne sais pas si j’en aurai d’autres qui pourront se prêter à une série.
Non le brasier ne sera pas le dernier épisode. Mais il ne sortira pas l’année prochaine.
J’ai eu besoin de faire un break et partir sur une autre intrigue, d’autres personnages.

Aline : prenez le temps … auriez-vous pu être ami avec Wallace ?

Vincent : Haha, difficilement je crois. Déjà car il en a peu et que j’aurais dû fréquenter un milieu que je ne connais pas.
Le monde des profiteurs aux USA… profileurs pardon
Après nous avons des caractères très différents.

Aline : on n’écrit pas sans une part de soi dans son œuvre et/ou dans ses personnages. Wallace contient-il une part de vous ? Quelle est cette part ? Wallace a-t-il quelque chose que vous aimeriez avoir (un très de caractère par exemple) ?

Vincent : Il y a toujours une part. Il y a une sorte de bienveillance chez Noah que je pense partager avec lui. De la sensibilité également. Si je devais lui emprunter quelque chose, je dirais « ses dons extra lucides »

Aline : pourquoi avoir choisi un homme en personnage central/héros ? Pourquoi pas une femme ?

Vincent : aucune idée, et puis au premier Draft Sophie avait autant d’importance que lui. Je ne choisis pas vraiment mes personnages, ils s’imposent à moi.
Clémence en est le parfait exemple. Bernard Tremblay aussi, ou Abraham Eisik dans le Brasier
Ils sont juste « là », conçus au détour d’un chapitre 🙂

Aline : plusieurs fois (comme bien d’autres auteurs) vous dites que les personnages se sont imposés à vous. Vous pouvez développer ? Qu’est ce que cela veut dire ? Comment un personnage fictif peut prendre son destin en main, c’est vous l’auteur/le créateur ?

Vincent : C’est … étrange.  Cela part d’une étincelle, un contour, une silhouette et après ils prennent forment, ont leur propre voix, et sont animés par leur propres désirs.
Si on fait un plan en avance on peut très bien écrire : Steve tue Bernard sur le coin d’un post it et en faire une scène.

Aline : et ?

Vincent : Mais une fois que l’on connait Steve on se dit : Non, Steve ne peut pas faire ça, ce n’est pas lui.
Dans certaines séries vous avez des fois l’impression qu’un personnage agit de manière irrationnelle. Claque une porte, s’engueule avec un collègue sous un prétexte bidon. C’est quand le scénario a pris le pas sur le personnage,
et c’est ce qu’on appelle être « out of character ».
J’essaie d’appliquer une consigne de SK, (Stephen King, pas Strauss Khan)

Aline : qui est ?

Vincent : qui dit que si l’on est honnête avec ses personnages on ne peut pas se tromper.

Aline : les laisser vivre leur vie ?

Vincent : Les laisser réagir et agir en fonction de leur personnalité. Et à chaque fois que j’ai fait un plan, j’étais confronté à ce problème.
J’ai préféré écouter mes personnages plutôt que mon plan, c’est pour cela que je n’en fais plus.

Aline : je suis d’accord sur le fait qu’un plan enferme les personnages dans leurs actions ou leur personnalité, mais nous sommes bien d’accord que Steve n’existe pas, que c’est vous qui le créait donc d’une certaine manière il n’est pas libre de faire ce qu’il veut . Vous lui avez prêté des traits de caractères, des limites, des peurs etc ?

Vincent : On est le créateur oui, mais à un moment on est le spectateur de l’aquarium dans lequel ils évoluent.
Il y a une phase (la genèse) où l’on est en contrôle, mais une fois qu’on endosse leur costume on les comprend. C’est le même travail qu’un acteur dans le fond.
Surtout lorsqu’on écrit en première personne ou comme je le fais dans mes deux premiers en troisième personne interne. C’est assez fascinant d’ailleurs, d’être créateur/spectateur.

Aline : ça semble évident pour celui ou celle qui écrit mais pour le lecteur cela reste abstrait. Il est difficile de penser que les personnages fictifs échappent à leur concepteur.

Vincent : Je sais, mais tous les auteurs ne fonctionnent pas de la même façon. Peut-être souffrons-nous le temps d’une session d’écriture, d’un trouble dissociatif de l’identité ? 😛

Aline : allez savoir … !
Revenons au Brasier, vous commencez avec trois suicides…waouh, ça commence fort ! Pourquoi ? Pour tout de suite accrocher le lecteur ?

Vincent : Oui.
C’est ce qu’on appelle un hook.

Aline : c’est vrai que l’on voit ça souvent : un début qui explose .

Vincent : C’est un choix narratif.

Aline : je n’en doute pas .
Un amour particulier pour Wagner… est-ce le vôtre ?

Vincent : J’aime bien la musique classique (et beaucoup d’autres styles). Wagner, c’est pour l’énergie, la force. Je trouvais que cela convenait bien à la famille Engelberg.

Aline : complètement oui.
On connait le méchant, on se dit qu’il va forcément être arrêté d’une manière ou d’une d’autre. Le brasier est avant tout l’histoire de Noah. L’intrigue est entre-coupée de  récits sur son enfance.

Vincent : Oui, mais je ne voulais pas que cela soit « évident ». D’ailleurs si on dit son enfance, on spoil ! On pense qu’il s’agit de l’enfance de Karl (ce qui est aussi le cas). Mais je pense que ce sera toujours le cas.
Une partie de la vie de Noah sera dévoilée.

Aline : quel message, idée avez vous voulu faire passer avec ce personnage de Wallace ?

Vincent : Le déterminisme et la résilience.

Aline : vous pouvez développer ?

Vincent : Sommes-nous conditionnés par notre enfance et les traumatismes que nous vivons.Noah tente de se reconstruire mais son passé le rattrape. En cela, il peine à s’affranchir de son enfance.

Aline : la question miroir : pouvons nous nous déconditionner ou reconditionner ?

Vincent : je n’ai pas la réponse. C’est ce qui se passe dans le Tricycle et dans le Brasier. Mais cela passe toujours pas le biais d’épreuves traumatisantes.
Tortures et drogues dans le tricycle, virus dans le Brasier

Aline : c’est dans l’épreuve que l’on se révèle et que l’on avance ou pas !

Vincent : Disons que mes recherches tendent vers le oui quand même. Le conflit est toujours révélateur de caractère.

Aline : certes. Vous pensez donc que l’on peut changer sa personnalité ?

Vincent : Oui, cela existe d’ailleurs. C’est une pathologie.

Aline : vous parlez de dédoublement de la personnalité ?

Vincent : Le trouble dissociatif de l’identité (son nouveau nom). Il y a des cas célèbres.
Mais si la question est : peut-on changer ? Je pense que oui, mais c’est un chemin difficile.

Aline : voilà , je parlais de la personne lambda qui veut changer, s’améliorer, ne plus être ce qu’elle est aux yeux des autres.

Vincent : Nous sommes modelés. Par la famille, l’éducation , et même le langage.

Aline : je suis entièrement d’accord

Vincent : Pour changer il faut s’extraire du moule, tenter de nouvelles expériences (déménager, changer de métier, de cercles d’amis)
mais je ne suis pas sûr qu’on puisse radicalement changer. Peut-être certains traits. Ou certains événement traumatisants.
Manquer de mourir et devenir croyant alors qu’on était athée par exemple.
Ou comme le pécheur australien attaqué par un requin blanc, passer une partie de sa vie à les traquer et puis finir par les protéger.

Aline : la nature profonde d’un être est son identité, son ADN. Il a un très gros travail à faire pour le changer, si cela est profondément et fondamentalement possible.
le Brasier me pousse à m’interroger sur le conditionnement humain à tous niveaux. On peut se demander : a-ton vraiment notre libre arbitre en tant qu’individu, en tant que membre d’une société ?

Vincent : C’est pour cela qu’il brisait la volonté pour le faire (chez MK UItra, qui je le rappelle a existé)
Nous sommes orientés politiquement par exemple. Les médias servent de compas moraux… avant c’était l’église.

Aline : Noah peut-il être heureux ? Va-t-il l’être ?

Vincent : Aucune idée, je n’ai pas encore prévu de fin pour lui 😉
Je verrai le moment venu. Disons qu’il pourrait l’être.

Aline : Et Noah aussi verra ce qu’il a envie de faire le moment venu 🙂

Vincent : A condition de ne plus être hanté. C’est un personnage instinctif, il se laissera guidé 😉

Aline : il va choisir ce qu’il y a de mieux pour lui ! 😉

Vincent : Je pense reprendre tous les personnages du Brasier, pour la suite.

 

Aline : on aura donc une trilogie !

Vincent : Il y aura une suite au Brasier oui. Qu’est devenu Karl ? Que va faire Clémence avec Dimitri, etc…
Et je me suis amusé avec Eisik. Je pensais même faire un spin off sur lui.

Ge : 😮

Aline : Spin off… on prend. Faites vous plaisir, on aura plaisir à vous lire !

Vincent : Il est horrible, mais les chapitres de son point de vue étaient jubilatoires à l’écriture.

Aline : je n’en doute pas. Parce que c’est quelque chose que tout le monde porte en lui : une part sombre… qui s’exprime en réel ou pas .?

Vincent : Oh je pense que c’était son exubérance et son cynisme qui me fascinaient.

Aline : Va pour son exubérance et son cynisme…

Vincent : Un vieux briscard avec des principes, un peu déphasé avec le monde qu’il ne comprend plus, mais encore diablement efficace bien que sa date de péremption sur le terrain soit dépassée.

Aline : c’est dans les vieilles marmites que l’on cuisine le mieux !

Vincent : Oui, haha.

Aline : Je vais vous libérer Vincent. Sachant que Geneviève, doit prendre le relais pour la conclusion. Je tiens à vous remercier pour cet échange fort instructif et passionnant. J’ai passé un excellent moment. merci aussi de votre disponibilité et d’avoir enchaîné les GAV. Geneviève  ?

Vincent : Merci Aline, plaisir partagé.

Aline : 👍

Ge : Oui je vous suis de près.
Je crois que comme vous n’avez pas eu d’avocat je vais vous laisser le dernier mot

Vincent : Pour avoir commis deux romans le tricycle rouge  et le Brasier, je plaide coupable.

Ge : Auriez vous autre chose à rajouter ?

Vincent : j’avoue, c’est moi le responsable. Mais que voulez vous, je n’y peut rien, j’aime ça écrire des thrillers.
A part cela, non. Peut-être une question : A quand la parution du procès verbal ?

Ge : Ah ça c’est la bonne question. Moi même je ne le sais pas.

Vincent : On verra bien le moment venu !

Ge : Mais vous le premier prévenu 😉

Vincent : Oh, merci 🙂

Ge : Comme Aline je vais vous remercier pour tout ce temps consacré. Et c’est jolis échanges.

Vincent : Merci, comme je l’ai écrit, le plaisir est partagé !
Sur ce, à moins qu’il n’y ait une question de dernière minute. Je vais devoir quitter l’écran et… manger 🙂

Ge : Alors sur ces dernières paroles je déclare la fin de la 4e audition de monsieur Vincent Hauuy .

Vincent : Je vous souhaite à toutes une belle soirée !

Aline : 👍

Ge : Allez tout le monde passe à table !

Vincent : Bon appétit !

Aline : A quelle table ? qui est l’hôte ?

Ge : La Garde à Vue étant terminée que l’on relâche notre suspect ! Monsieur Hauuy est à nouveau libre.

Voici le dernier PV d’audition de ces 2 jours de GAV.

Templemars où deux flingueuses en action.


Templemars où deux flingueuses en action.

 

Des retrouvailles entre filles sur un salon du Polar, c’est une journée de bonne humeur, de partage, de rire, de discussions, de premières, de petites larmichettes aussi.

 Allez, on débriefe et on vous raconte un peu.

Templemars  c’est avant tout 35 auteurs : Franck Thilliez,  Olivier Norek, Stéphane Bourgoin, Jacques Saussey, Ian Manook, Hervé Commère, Dominique Sylvain, Sonja Delzongle, Pierre Pouchairet, Jérôme Leroy, Guillaume Audru, Patrick-S. Vast, Jean-Pierre Bocquet, Emmanuel Sys, Luc Watteau, Philippe Waret, Eric Dupuis, Denis Albot, Gérard Sevin, Jean-Christophe Macquet, Olivier Kourilsky, Lakdhar Belaid, Marc Falvo, Marc Massé, Salvatore  Minni Mako, Christos Markogiannakis, Xavier Boissel, Marcq Morin,  Cicéron Angledroit, Marc Massé, Salvatore Minni.
– Pôle polar jeunesse : Josette Wouters, Antoine Blocier, Hervé Hernu, Antoine Candeille , Mickael Moslonka.

En ce 29 septembre 2018 Templemars vit la 11ème édition de son salon du Polar.

 Côté flingueuses :

 – Clémence: Première édition pour moi de ce salon nordiste et quelle belle découverte. Tu te rends compte 35 auteurs et un nouvel espace polar jeunesse.
 – Miss Aline: C’est mon deuxième Templemars. Il fait toujours aussi chaud dans cette salle.

Qu’est-ce que deux flingueuses peuvent bien faire (à part craquer sur des livres !) dans un salon ?

 – Clémence: « Partant du constat que les auteurs moins connus étaient moins abordés sur les salons, les organisateurs ont décidés de créer des moments privilégiés pour de petits groupes de lecteurs. En effet « un café avec… » avait pour but de faire se rencontrer des auteurs et des lecteurs afin d’échanger autour de leurs œuvres. »
Il y en a eu 6 sur la journée et j’ai eu l’extrême privilège de pouvoir en animer deux. Le premier le matin avec Christos Markogiannakis et le second l’après midi avec Cicéron Angledroit.
Le stress de la débutante passé, j’ai pris énormément de plaisir à présenter ces auteurs et leurs livres. Les lecteurs ont pu poser les questions qui les titillaient. Les 20 minutes initialement prévues sont passées à une vitesse folle. Les lecteurs étaient invités à continuer leurs discussions et leurs découvertes de l’auteur sur le salon.
Ce fut pour moi une grande première et un réel moment d’échanges que j’ai évidement apprécié. J’ai pu parler du ressenti par rapport aux lectures concernées et partager avec les lecteurs.

Pendant ce temps Miss Aline arrive tranquillement après le déjeuner et retrouve Sophie, une amie commune de nos deux flingueuses. Comme elles ne trouvent pas Clémence (surement au «café avec… »), elles se mettent à papoter tout en bloquant un peu la file de Monsieur Thilliez ! Oups !

Retrouvailles du trio et blablabla et blablabla… prenons un verre ! Oui mais non.

On entraîne notre Clémence en salle en s’excusant auprès des personnes qui l’accompagnent. En passant on signale à notre auteur complice que nous allons là-bas dans le coin, derrière la plante verte, près de la place de Monsieur Norek.

 – Clémence: Vous me faites peur !
 – Miss Aline: Comme Sophie ne reste pas pour le diner, on va te donner quelque chose pendant qu’on est là toutes les quatre… (oui j’ai bien dis « toutes » ! Fou rire, excuses…)

Clémence reçoit son cadeau d’anniversaire. On est très en avance mais c’était l’occasion d’être « toutes » les quatre ;).  Bien sûr : « il fallait pas »  et blablabla.

Reprenons le cours normal de ce salon c’est-à-dire déambuler et craquer !

On apprend que la suite de Hunter arrive en mars 2019, que Denis Albot n’a pas oublié son interview de l’an passé par Miss Aline qui n’avait pas de stylo, que Sonja…

C’est un salon très convivial voir familial. On y retrouve nos auteurs chouchous, nos auteurs nordistes et on prend toujours autant de plaisir à en rencontrer de nouveaux.

Pas flingueuses pour rien, nos deux Miss n’en oublient pas pour autant leur cher blog Collectif Polar et leur Geneviève. On ne va donc pas vous dire absolument tout sur ce salon car quelques petites surprises devraient voir le jour et se voir publiées sur le blog !

On vous laisse surveiller ça de loin ou de près, comme vous voulez et nous on part dîner :

Pour vous

Pêle mêle des rencontres du jour !

Miss Aline Et Sonja Delzongle

Clémence avec Sonja

Aline et Pierre Pouchairet

Clem et Marc-Olivier Rinchart.

Clem et Franck Thilliez

 

Miss Aline et Denis Albot

Clem et Salvatore Minni

Clem et Eric Dupuis

Clem et Ian Manook

Clémence et Jacques Saussey

 

Clémence : Templemars c’est fini 😢 De supers moments, de l’émotion, des rencontres et surtout de l’amitié et du bonheur .
Parce qu’ils se reconnaîtront je remercie mes amis du fond du coeur ❤️
Aline : Templemars : convivialité, bonne humeur, rire, partage, émotions, tentations. Un excellent moment entre amies, amis, flingueuses, auteures et auteurs.
Venez fêter l’automne à Templemars l’an prochain.

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 4


La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 4

La violence dans le monde du polar et du roman noir : le clap de fin.

Un livre, des interrogations, une idée d’interview qui germe, des auteur(e)s plus que partant, des flingueuses, une Cheffe, une belle expérience avec de belles rencontres.

Vous l’aurez compris la violence, comme bien d’autres choses, n’est pas une science exacte. Elle est soumise au vécu, aux fréquentations, à la sensibilité. Elle peut avoir différentes formes et différents degrés dans son acceptation comme dans sa « réalisation ». Elle peut toucher tout un chacun, malheureusement. « Elle se cache dans tout la violence, et elle n’est pas réservée  à quelques « gens violents » », nous dit Niko.

L’auteur va distiller la violence dans ses romans comme il l’a ressent, l’a vécut, dans ce qu’il se sent capable d’écrire ou non. Barbara souligne « N’oublions pas que si le lecteur subit la violence décrite dans le livre, nous nous la maîtrisons en fonction de notre sensibilité. Je sais, par exemple, que je ne mettrai jamais en scène un pédophile ou un serial killer. J’en serais incapable. ».

Techniquement la violence psychologique est plus « facile » notamment pour nos auteures. Pour la violence physique « il me faut connaître les conséquences des actes. Pour faire vivre la scène il faut la visualiser. Pour embarquer le lecteur il faut être crédible » précise Corinne. Ajoutant « Au-delà de ces données, il faut surtout et avant tout respecter les VRAIS victimes ».

« Il y a mille violences, et il y a autant de façons de les raconter qu’il y a de romanciers » concluront-nous avec Jacques.

Nous sommes ravies d’avoir partagé cette interview particulière avec nos auteurs. Un très grand MERCI à Corinne Martel, Barbara Abel, Niko Tackian et Jacques Saussey pour le temps que vous nous avez gentiment et généreusement accordé.

Merci à Danièle d’avoir bien voulu me suivre sur cette idée. Merci pour son travail titanesque de retranscription des différentes discussions.

Merci à Geneviève d’avoir dit « oui, je vous suis les filles ».

Et merci à vous lecteurs-lectrices d’avoir suivi cette interview hors-normes.

Miss Aline

Vous pouvez retrouvez les 3 premiers épisodes de cette enquête ci-dessous :

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 1

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode  2

La violence dans le monde du polar et du roman noir : épisode 3

GAV @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses, 3e audition.


La GAV : @Solène Bakowski sous le feu des flingueuses

Episode 3

Mardi

Deuxième journée de Garde à vue de Madame

Solène Bakowski

3e interrogatoire par Miss Aline

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La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Solène ayant eu lieu il y a deux semaine entre le lundi 03 au matin et le mardi 04 en milieu d’après-midi.

Nous vous proposons la retranscription en différé de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours.

Le compte rendu des 2 premières audition ont été publié le 11 et le 13

Aujourd’hui et 17 septembre vous pourrez lire les 2 derniers PV.

Allez place à la GAV de Solène Bakowski

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Mardi 8h46

Geneviève : Attention préparation de la 3e audition dans le cadre de la GAV de Solène Bakowski  par Miss Aline.

Aline : Bonjour Geneviève

Ge : Bonjour Aline.
Notre auteure devrait être là dans une grosse dizaine de minutes. Nous allons être patiente et affûter nos questions .

Danièle : Bonjour Aline … la forme ?

Aline : Bonjour Danièle.

Danièle : Bonjour Cheffe !

Solène : Bonjour bonjour 🙂

Danièle😍

Aline : Bonjour Solène
Comment se passe une séance d’écriture chez Solène : des rituels, des tics, des tocs ?

Ge : Puisque notre prévenue est ici top départ de cette 3e audition

Aline : Comment se passe une séance d’écriture chez Solène : des rituels, des tics, des tocs ?

Solène : L’écriture se déroule toujours en musique. Appuyer sur le bouton play de ma playlist, c’est rentrer dans mon monde imaginaire, là où les personnages m’attendent. Mon mari, qui travaille juste à côté de moi (il est développeur de jeux vidéo), me dit que je fais des drôles de gestes avec mes mains lorsque j’écris, un peu à la manière d’un chef d’orchestre. J’ai parfois aussi, toujours selon ses dires, la respiration qui saccade. Mais je ne m’en rends pas compte…
J’écris le matin, tous les matins, de 9h à 12 ou 13h.
L’après-midi, je ne suis bonne à rien, mon cerveau capitule 😉

AG : Le lendemain, vous reprenez simplement la suite ou besoin de vous relire avant ?

SB : Je me relis systématiquement, mais c’est surtout pour améliorer mon texte. Je n’ai pas besoin de me le remettre en mémoire car je ne pense qu’à lui, en permanence.
Y compris la nuit.

AG : De quoi ou de qui part l’idée d’un livre chez vous ?
Avez vous besoin que je développe ma question ?

SB : En règle générale, c’est le personnage principal qui me vient en premier. C’est lui qui me raconte son histoire. Même si cela peut sembler saugrenu, je n’ai aucune idée à ce moment-là du processus de ce qu’il va me raconter, et je n’ai d’ailleurs aucun a priori. A posteriori, je me rends compte que l’histoire reprend en fait des thèmes qui me sont chers ou qui me tarasbustent. Il faut croire que mon inconscient les digère et me les renvoie après, sous la forme d’un personnage. L’idée du roman sur lequel je travaille en ce moment est en revanche venue d’une autre manière. C’est parti d’une conférence que j’ai suivie complètement par hasard et qui m’a interpellée.
Je ne crois d’ailleurs pas au hasard 😉

AG : Vous êtes d’accord avec le fait que chaque auteur met/laisse une part de lui-même dans ses écrits ?

SB : Évidemment. Pour peu qu’on écrive avec honnêteté, on écrit toujours avec ce qu’on est et ce qu’on vit.

AG : je suis d’accord avec ça. Maintenant écrivez-vous pour passer un message (peu importe lequel) ?

SB : Non, pas du tout. Je m’estime bien trop petite pour avoir la prétention de délivrer un quelconque message. J’écris ce qui me chicote, voilà tout.

AG : « une conférence qui m’a interpellée » « une revanche qui arrive d’une autre manière », un prochain roman où il n’y a pas de petites filles… une révélation à nous faire sur ce nouveau projet  ?
Quel « truc » vous « chicote » pour apparaître dans un prochain roman ?

SB : Je ne veux pas lever le voile sur ce qui me chicote, parce que ce serait presque raconter l’histoire. Tout ce que je peux dire, c’est que mon prochain roman sera très différent des premiers. Mais c’est toujours ce que disent les auteurs, non ? 😉

AG : Même pas le thème de la conférence ?

SB : C’était une conférence qui traitait, entre autres, du thème de la résilience.
Entre autres… 😉

AG : Merci Solène. !

SB : Je vous en prie Aline 🙂

AG : On va faire avec cette petite info et attendre. Il vous faut combien de temps pour produire un livre ( le commencer et jusqu’aux relectures finales avant l’envoi en ME Maisons d’éditions) ?

SB : C’est assez variable, le dernier que j’ai écrit et que j’espère voir publier au printemps, a nécessité beaucoup de réécritures. Il a fallu tester plusieurs manières, plusieurs points de vue, plusieurs constructions avant  que le roman trouve sa voix. Ça m’a pris 14 mois, entre le début du 1er jet et ce que j’estime être la version finale. Ce qui ne signifie pas, d’ailleurs, qu’il ne va pas encore être un peu modifié. Tout est perfectible 🙂 Mais c’est un roman qui me tient très à cœur alors je voulais vraiment prendre le temps de le rendre meilleur. Pour répondre à votre question, disons que ça peut prendre entre 3 mois et un an et demi pour un texte.

AG : Y -a-t-il des thèmes, des scènes que vous vous refusez d’aborder (de mettre dans vos romans) par répugnance ou par méconnaissance, ou juste par manque parce que ça ne vous intéresse pas ?

Ge : 👍

SB : Je ne m’interdis rien, je n’ai aucun tabou. Mais j’ai sans cesse le souci d’être crédible. Ce qui fait que j’essaie de ne pas partir sur des pistes que je ne pourrais pas suivre, soit parce qu’elles me demanderaient des recherches impossibles, soit parce que je n’ai pas les ressources nécessaires dans mon entourage.

AG : Quelles genres de pistes ? Vous pouvez développer ?

SB : Par exemple, le polar pur et dur, je ne me sentirais pas de le faire, tout simplement parce que je n’ai pas la connaissance des procédures.
Ou encore, parler d’un pays que je ne connais pas du tout. Ou d’une profession que je ne connais pas. Par exemple, je rêverais d’écrire sur les pompes funèbres, ça me fascine. Mais je ne le ferai pas tant que je n’aurai pas le courage d’aller sonner à la porte des pompes funèbres à côté de chez moi pour leur demander de suivre un stage d’observation 😉

AG : 👍

AG : Vous disiez que hommes et femmes ne sont pas différents émotionnellement. Ne trouvez vous pas toute fois que les femmes soient plus dans le ressenti et la descriptions que les hommes ?
Quand je lis le sac et que j’entrevoie son contenu je me dis « waouh » ! un homme aurait-il pu écrire ce roman ?

Un sac Solène Bakowski

SB : C’est ce que je disais hier, je pense que les femmes s’autorisent plus à être dans l’émotion que les hommes. Est-ce à dire que nous sommes fondamentalement différents, je ne le crois pas réellement. Concernant Un sac, il faut remettre dans le contexte : au moment de l’écriture, j’étais une toute jeune maman qui se questionnait beaucoup sur la maternité. Il est légitime qu’une femme s’interroge davantage sur le thème de la maternité qu’un homme, après tout nous le portons dans nos entrailles et ça, quoi que nous fassions, c’est une réalité biologique. Un jeune papa sera sans doute plus enclin à s’interroger sur la paternité.

AG : Dans Un sac c’est violent tout de même ce rapport à la maternité. C’est extrême (en tout  cas pour moi)  ? Ça retranscrit une peur primaire  ?
Si vous n’aviez pas été mère vous auriez pu écrire ce livre ?
L’émotion, la force de l’émotion,  aurait-elle été la même ?

SB : Je ne saurais pas vous dire si ça retranscrit une peur primaire. Cette histoire est venue de manière complètement instinctive. Rien n’était réfléchi.
Je pense que si je n’avais pas été mère moi-même, le livre aurait été autre, j’en suis même certaine.

AG : Très certainement.
Pourriez-vous écrire sans l’émotion ?

SB : Non, je ne marche qu’à l’émotion.
J’ai besoin de pleurer quand j’écris, ou d’être révoltée, ou d’être sur un nuage.

AG : Je le comprends parfaitement. Quand votre livre est achevé, publié…vivez-vous encore avec vos personnages ou c’est terminé, vous les laissez vivre leurs vies ?

SB : Je les laisse prendre leur envol. Je suis un peu comme une nounou. Tant que j’ai la garde de mes personnages, je m’y consacre à fond, je mange avec eux, je me réveille avec eux, je dors avec eux. Mais dès qu’ils me quittent, c’est terminé, ils appartiennent au lecteur qui est libre d’en faire ce qu’il veut.

AG : Que ce soit pour du polar, ou tout autre genre de littérature, l’imagination est une soupape de sécurité dans ce monde pas toujours rose ?

SB : Je ne sais pas fonctionner autrement qu’en partant de temps en temps dans mon imagination. Il y a des gens qui n’aiment que le concret. Moi, je me sens bien quand je suis dans ma tête. C’est sans doute un mode de fonctionnement.

AG : Vous dites que le lecteur est libre de faire ce qu’il veut de vos personnages, livres… n’avez pas peur qu’ils déforment vos propos ?

SB : Je crois que la lecture d’un livre s’apparente à une discussion : il y a, bien sûr, l’intention de l’auteur et ses mots, mais il y a aussi beaucoup de ce que le lecteur y met. C’est ce qui fait que personne au fond ne lit jamais le même livre, et c’est ce qui explique que les ressentis soient si différents d’un lecteur à l’autre. Lire est une expérience très intime. Quand on lit, on rentre au-dedans de nous, et l’auteur n’a plus voix au chapitre.

AG : Autant de lecture / ressenti que de lecteur. Entièrement d’accord avec vous.

SB : 👍

AG : Pour ma part, j’ai beaucoup aimé vos livres, pour l’intrigue certes mais aussi pour toutes les émotions ressenties. Sur cette note, je dois vous quitter. Je passe le relais à Geneviève. Je vous remercie du temps que vous m’avez accordé et de cette échange enrichissant.

SB : Merci pour ces questions de fond, Aline. Au plaisir d’échanger de nouveau avec vous 🙂

AG : Ca sera avec un très grand plaisir Solène.

SB : 😍

Ge : Et bien merci à Aline pour cette heure de garde à vue.
Maintenant Solène, nous n’en avons pas fini avec toi

SB : 😆

GE : Je crois que quelques flingueuses ici présentes veulent te demander quelques explications !

SB : Et cet avocat qui n’est toujours pas là, grrrr

Ge : Tu veux un avocat ?
SB : J’en ai un sur les genoux, il a 4 pattes et plein de poils. 😀

Ge : Sylvie  souhaitait te poser une question sur les salons et autres dédicaces.
Sylvie,  c’est à toi !

SB : 👍

Sylvie K : Bonjour Solène nous nous sommes rencontrées à St Maur. Comment vis-tu les salons, dédicaces tu apprécies ou cet exercice est un passage obligé ?

SB : J’adore me rendre dans les salons. C’est un moment d’échanges et de rencontres privilégiées auquel je n’ai pas du tout envie de renoncer. Écrire est un travail très solitaire. Quand je vais dans des salons, c’est un peu une soupape.

SK : Une façon de continuer à faire vivre vos personnages ?

SB  et Ge👍

SB : Disons une manière de me rendre compte de la façon dont ils sont perçus. C’est très émouvant quand des lecteurs viennent vous voir en vous disant qu’ils ont été chamboulés, retournés, attristés ou, au contraire, énervés. J’aime savoir que des émotions passent. Parce que les émotions, c’est ce qui nous relie tous les uns aux autres.

SK : Oui et inversement pour le lecteur nous sommes parfois intimidés la lecture et le ressenti permet la discussion en tout cas nous avions eu un échange très sympa
SB : C’est ça  qui est rigolo, moi je suis toujours très intimidée par les gens qui viennent me voir. Et de l’autre côté, les personnes sont intimidées aussi.
Ça me fait tout bizarre de me dire que je peux intimider. C’est très très nouveau pour moi😀

SK : J’espère que cela continuera ne changez rien fin pour moi des questions Bonne GAV

SB : 😍: C’est adorable, merci beaucoup Sylvie  !

SK😍

Ge : Danièle  as-tu une question ou te gardes-tu pour cet aprem ?

Danièle : Merci pour le moment je fourbis mes armes pour cet après-midi …

SB : 😆 A 14 : 30 ? Parfait pour moi 🙂

Danièle : A tout’ mesdames. 

SB : À tout à l’heure Danièle !

Ge : Alors si plus personne n’a de question sur ce que @Solène  nous a raconté depuis hier matin, je vais clore cette 3e audition !

SB : Merci Geneviève, on se retrouve cet après-midi.

Ge : Solène  tu as le dernier mot pour te défendre faute d’avocat !

SB : Que dire ?Euh…
J’ai une folle envie de chocolat, il y en a dans votre commissariat ?

Ge : Alors que l’on apporte du chocolat et son avocat à notre prévenue!

SB : 😆

Ge : Reprise des auditions 14h30

SB : 👍

Ge : Ah et prévoir un repas chaud si possible aussi pour notre auteure en garde à vue depuis hier matin !

SB : Votre bonté vous perdra, M’dame ! 😉

Ge :  Mardi 4 septembre 2018; 10h22 fin de la 3e audition de Solène Bakowski.