Le livre des choses cachées – Francesco Dimitri


Le livre : Le livre des choses cachées de Francesco Dimitri. Traduit de l’anglais par Charles Recoursé. Paru le 11 avril 2019 chez Hugo Roman dans la collection Hugo Thriller.  19€95  ;  (379 p.) ; 22 x 15 cm

4ème de couverture :

Ils sont quatre. Fabio, Tony, Mauro et Art. Quatre amis d’enfance qui, fidèles au Pacte qui les unit, se retrouvent une fois par an dans leur village natal du sud de l’Italie pour célébrer l’amitié, le temps qui passe et les rêves que l’on poursuit mieux à plusieurs.

Mais cette année, Art, le plus flamboyant d’entre eux, n’est pas au rendez-vous. Art a disparu. De nouveau. Comme il y a vingt-deux ans, cette nuit d’été qui l’avait vu s’enfoncer, seul, dans une forêt d’oliviers. Il y avait eu un cri, puis le silence, puis le néant.

Personne n’a jamais su ce qui s’était passé à l’époque. Art était réapparu et la vie avait repris son cours. Ses amis le pressentent : cette nouvelle disparition est liée à la première. Mais elle est aussi beaucoup plus inquiétante.

Car les années ont fait de Art un homme à la fois solaire et mystérieux, aux relations troublent et aux passions déroutantes, arpentant en funambule le précipice qui sépare la raison de la folie, comme le révèle ce manuscrit retrouvé chez lui : Le livre des choses cachées.

Sous le soleil brûlant des Pouilles, où la mafia contrôle le moindre geste, où les traditions séculaires rythment encore le quotidien et où le surnaturel n’est jamais très loin, la disparition de Art va confronter chacun à ses secrets, à ses trahisons et à ses fantômes.

L’auteur : Natif des Pouilles, dans le sud de l’Italie, Francesco Dimitri vit aujourd’hui à Londres. Ecrit en anglais et traduit par Charles Recoursé,  Le livre des choses cachées est son premier roman. Il a été unanimement acclamé par les critiques d’outre-Manche et reçoit le prix VSD RTL 2019, Prix Douglas KENNEDY du meilleur thriller étranger.

 

 

 

  Extrait :
« Tu restes un enfant, me dit cette chambre, tu restes originaire de Casalfranco et tu ne peux rien y faire. La personne que tu étais ne mourra jamais, cette personne mal dans sa peux qui passait son temps à s’excuse, parce que le temps n’est pas une rivière, c’est une montagne – elle est immobile, éternelle et tu n’es pas au sommet, tu es enterré son pied. »

 

 L’accroche de Miss Aline :

Le livre des choses cachées, Francesco Dimitri

Quatre potes, une amitié enracinée dans l’enfance.  Chacun a suivi son chemin, réalisé ses rêves, semble-t-il. Une chose est immuable entre eux : le Pacte.  Quoique la vie te réserve tu viens à ce rendez-vous annuel. Cette année Art manque à l’appel. Une impression de déjà vécut. En effet, deux décennies en arrière, il avait déjà disparut pour réapparaître une semaine plus tard. La fugue semble une explication bien légère.

Fabio, Tony et Mauro en voulant comprendre la disparition d’aujourd’hui  vont faire des découvertes dérangeantes sur leur ami mais pas que. Pourquoi Art est-il revenu vivre à Casalfranco ? Pourquoi la Sacra Corona Unita s’intéresse à Art ?

Francesco Dimitri a une écriture hypnotique. Les chapitres sont menés par chaque protagoniste à tour de rôle. Au fil des pages on en découvre un peu plus sur celui qui parle mais aussi sur les autres. On a la sensation de rester sur sa faim après chaque révélation. Comme ci on nous disait tout et rien. Envie de creuser encore. Page turner.

Le livre des choses cachées mélange de suspense saupoudré d’un peu de fantastique. Un premier roman qui envoute, qui mène à l’introspection, qui ouvre ton regard sur les autres. Connait-on réellement ses proches ? Que savons-nous de leur vie, de leur tracas, de leurs défaites, de leurs victoires. Et moi, que suis-je capable de comprendre, d’admettre sur ma propre vie ? Qui a-t-il derrière le masque/le miroir de chacun ?

Le livre des choses cachées bien plus qu’un roman, quelque chose d’existentielle, de philosophique. Regarde derrière le masque et vois qui tu es.

J’ai hâte de découvrir le(s) prochain(s) roman(s) de Francesco Dimitri

Merci aux Editions Hugo Thriller pour ce SP envoutant et philosophique.

Bonne lecture.

Papote de Flingueuses : Soul of London de Gaëlle Perrin-Guillet


Le livre : Soul of London  de Gaëlle Perrin-Guillet. Paru le 22 septembre 2017 chez Millady Thriller. 7€20 ; (305 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Une enquête au cœur de Londres, au XIXe siècle

Londres, 1892. Des cadavres de chiens sont retrouvés mutilés, le crâne ouvert, dans les tunnels du métro. L’enquête est confiée à Henry Wilkes, flic accidenté et handicapé, relégué loin du terrain depuis qu’il doit marcher avec une canne. Le dossier ne l’enchante guère, mais quand le corps d’une enfant à est son tour retrouvé, au même endroit et mutilé, il prend une autre dimension.

William Bennet, un gamin des rues qu’il a recueilli un an plus tôt, l’assiste dans sa tâche. Alors qu’ils explorent les tunnels crasseux du métro, Alice Pickman, une jeune femme issue de la haute société, s’adresse à Henry pour qu’il rouvre l’enquête du meurtre de sa sœur dans le quartier malsain de Lisson Grove, qu’elle estime avoir été bâclée.

Au cœur d’une ville en pleine révolution, où se disputent la science et la religion, Henry et Billy, en dignes représentants des Lumières, cherchent à faire éclater la vérité au milieu du fog londonien, mélange de charbon, de mensonge et de perversion…

L’auteur : Née en 1975, Gaëlle PERRIN-GUILLET est secrétaire de mairie le jour et auteur de thriller la nuit. Depuis toujours amatrice de romans noirs, elle s’essaie à l’écriture en 2000. Après deux romans auto-publiés (« Le Sourire du diable » en 2010 et « Au fil des morts »en 2011), elle participe à deux recueils des « Auteurs du noir face à la différence » (en 2012 aux éditions JIGAL puis en 2013 à L’atelier Mosesu). Gaëlle Perrin-Guillet a publié « Haut le chœur » chez Rouge Sang en 2013 mais aussi un polar pour enfant en 2015 chez Rouge Safran, La nuit du chat noir. En 2016 sort Soul of London  qui est repris en poche en 2017 chez Milady. En aout 2018  paraitLes fantômes du passé  la nouvelle enquête de Wilkes et Bennett . Enfin Haut le chœur revient chez Taurmada le 14 mars prochain.

Extrait :
— Le jour où je suis parti, il a eu la main un peu plus lourde que d’habitude. Faut dire aussi qu’il s’en mettait pas mal derrière la cravate. Alors, hein, le poing, c’est lourd quand ça tombe avec l’alcool ! J’ai cru qu’il allait la tuer. Je me suis mis au milieu et… j’ai tapé. Un peu fort, moi aussi. J’ai pas attendu de voir s’il revenait à lui. Je suis parti en courant. Et si vous voulez tout savoir, sa femme qu’il tabassait depuis des mois, quand j’ai frappé son mari, ben, vous savez quoi ? Elle s’est mise à hurler et à m’insulter ! Oui, m’sieur ! Comme si c’était moi le criminel ! Pensez bien que j’allais pas rester dans cette maison de fous…
En racontant son histoire, Billy s’était arrêté au milieu du trottoir et mimait la scène à grand renfort de gestes éloquents. Henry Wilkes ne pipa mot pendant tout le récit.
Une fois qu’il eut terminé, Billy attendit une réaction. Mais rien ne vint du côté du policier. Figé sur sa canne, Wilkes ressemblait à un automate qu’on aurait oublié de remonter. Puis il parut se ranimer et se remit à marcher. Mais, au lieu de prendre la direction du poste de police, il tourna dans une rue adjacente et fit signe à Billy de le suivre.
Le flic ne l’avait jamais emmené au poste. Il avait préféré lui proposer de travailler pour lui, en lui offrant un toit et un lit.
Billy avait accepté sans se poser de questions. Devenu la jambe valide de Henry, il faisait ses courses, lui apportait ses journaux, et l’accompagnait parfois sur une enquête. Car Billy avait un talent : un sacré coup de crayon.
Jour après jour, l’homme et l’enfant s’étaient découverts et appréciés. Depuis, ils partageaient le petit appartement de Beaumont Street, où ils s’apprivoisaient mutuellement

Papote de Flingueuses

Autour de Soul of London de Gaëlle Perrin Guillet.

Maud, Ophélie, Aline et même Ge ont lu ce titre mais pour certaines il y a quelques années, aussi Notre Jumelle infernale tente de nous rafraîchir la mémoire

Maud : Bonjour Ophélie et Aline, nous sommes réunies aujourd’hui pour papoter autour de Soul of London de Gaëlle Perrin Guillet.

Qu’avez-vous pensé de cette histoire ?

Ophélie : Bonjour les filles! Pour moi la lecture remonte un peu. Toutefois, j’ai encore en mémoire, plus d’un an après, l’ambiance très londonienne. La sensation que la ville est un personnage à part entière.

Aline : Pour moi aussi la lecture remonte un peu. c’était il y a 2 ans. J’ai le souvenir d’un roman à la Dickens, un Londres à la Sherlock Holmes.

Maud : Oui c’est ça un plongeon dans les bas-fonds londonien dans une période post Jack L’Éventreur. On ressent bien l’ambiance, la nuit, la peur et le froid. Totalement immergé

Les personnages, Henry et Billy vous les avez trouvés comment?

Ophélie : Très crédibles! Ça paraît bête mais dans certains romans je reste complètement dans l’imaginaire. Je ne me dis pas que untel peu ou à pu exister. Pour Henry et Billy ce n’est pas le cas. J’avais le sentiment qu’ils avaient été « réels ».

Aline : Je suis d’accord Ophélie, on est capté par les lieux, l’époque ET les personnages. Henry est très charismatique, profondément humain et une certaine timidité l’habite . Pour Billy, orphelin, gosse des rue. Plutôt perspicace et reconnaissant vis à vis d’Henry et ce qu’il fait pour lui.

 Ophélie : Oui! Billy m’a fait penser au personnage de Billy Eliot… vif et perspicace. Plein de vie et très solaire.

Aline : Complètement.

Maud : Ils se complètent bien , un sacré duo d’enquêteurs, chacun leur passé, leur rencontre, une vision du monde; mais ils s’entendent sur la quête de justice

Qu’avez-vous pensé de l’intrigue en elle-même?

Ophélie : J’ai le souvenir d’une intrigue complexe et plutôt bien construite. Pas de fin bâclée comme on en retrouve trop souvent mais une enquête qui se clôture vraiment sur les dernière pages sans que je n’ai pu en deviner l’issue.

Aline : Comme Ophélie  je me souviens d’une intrigue complexe mais bien menée. Lors de ma lecture j’ai souvent pensé à Sherlock Holmes.

Maud : Deux intrigues menées de front. En effet d’un côté l’assassinat d’une jeune femme de bonne famille…de l’autre une enfant retrouvée sans vies…

Il est vrai que le déroulé rappelle les enquêtes de Sherlock Holmes.

La réussite de ces 2 énigmes vont les guider car ils n’ont pas envie de replonger les moments sombres de la période de Jack L’Éventreur. L’ambiance s’en ressent

Avez-vous lu le 2ème volet ? Moi pas encore mais je vais bientôt m’y plonger

Ophélie : oui. pas toujours simple de mêler deux intrigues. Mais Gaëlle a réussi à les faire s’imbriquer avec brio.

Aline : Aurait-il pu n’y avoir qu’une intrigue ? Je ne pense pas. C’est le contraste des milieux sociaux, le contraste des victimes : une jeune femme, une fillette qui guident le lecteur et son enquêteur. le fait de passer d’une enquête à une autre donne du rythme et maintient le suspense.

Ophélie : je suis d’accord sur le fait qu’une seule intrigue n’aurait pas permis au roman de brosser un portrait complet de Londres à cet époque. C’est une des forces de ce roman. Avoir fait de Londres un personnage à part entière grâce à l’ambiance mais aussi aux intrigues.

Maud : Entièrement d’accord

Aline : oui l’ambiance est très londonienne post Jack. J’ai le deuxième volet.

Maud : Et tu l’as lu?

Ophélie : Je n’ai pas encore le suivant mais ça ne saurait tarder.

Aline : non pas encore, j’ai bien aimé le personnage d’Henry

Maud : J’ai aimé les 2 personnages pour différentes raisons. Henry pour sa droiture et sa quête de vérité. Billy pour avoir eu le courage à un moment donné d’accepter de changer de vie. Il conseille énormément son mentor dans tous les codes qui concernent les bas-fonds

Ophélie : comme toi j’ai aimé les deux personnages. Un Billy qui m’a rappelé Oliver Twist dans la personnalité. Un Henry qui effectivement a soif de vérité. Ils ont une belle complémentarité, Billy servant de canne à Henry, au sens propre comme dans l’image

Aline :  ils se complètent plutôt bien.

Maud : Un duo totalement complémentaire je suis entièrement d’accord avec toi

Aline : ils se soutiennent mais ils se surtout ils se sauvent mutuellement.

Maud : Et ils s’apprécient et se respectent mutuellement

Aline : que vont-ils devenir dans l’opus suivant ?

Maud : Très bonne question!!! Hâte de savoir

Aline : Sur la 4ème de couv Henry à l’air mal en point et Billy … mystère et boules de gommes.

Ceux sont deux écorchés de la vie qui ne sont pas dans la bonne époque.

Maud : Ah je n’ai pas été la voir la 4eme. Se sera une surprise !!

Ils ont dû compiler tous les 2 avec les différents accidents de la vie qu’ils ont rencontré

En tout cas je recommande vivement cette découverte

Aline : moi aussi je recommande vivement.

Maud : On se retrouvera peut être pour parler du suivant

Aline : surement oui 

Maud : Ce sera avec plaisir!!

Geneviève : Parfait. J’ai moi-même lu le livre il y a un peu presque 3 ans et tout ce que vous dites là c’est exactement ce que j’ai ressenti à sa lecture.

Maud : C’est génial si tu t’es retrouvée dans nos échanges

Aline : Génial Geneviève

Maud : Donc tu recommandes aussi?

Geneviève : Et comment !

D’ailleurs vous pouvez retrouver mon billet sur Soul of London ICI

Maud : As-tu lu le suivant?

Geneviève : Moi pas encore. Mais j’ai pas dit mon dernier mot

Maud : Super alors on va le découvrir

Geneviève : Et peut-être que je serai là pour la papote

Maud : Excellente idée!!!

Aline : Tu peux retirer le « peut-être » de ta phrase DouGe. 

Maud : Je suis d’accord avec Aline !!

Geneviève : Ok les filles, je tacherai d’être des vôtres pour la papote sur Les fantômes du passé

Maud : Merci Aline, Geneviève et Ophélie d’avoir bien voulu papoter sur ce livre

Aline : Merci pour cette papote, rdv aux prochaines aventures d’Henry et Billy.

Ophélie : Merci les filles pour cet échange 

Geneviève : Merci de m’avoir rajouter à votre papote les flingueuses

Maud : Belle soirée et bonne futures lectures

Les indésirables de Diane Ducret


Le livre : Les indésirables de Diane Ducret. Paru le 1er mars 2017 chez Flammarion dans la collection littérature française. 19€90 ; (312 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv :

Les indésirables

Nous avons ri, nous avons chanté, nous avons aimé. Nous avons lutté, mon amie, c’était une belle lutte. Je me suis sentie plus vivante à tes côtés que je ne le fus jamais.

Un cabaret dans un camp au milieu des Pyrénées, au début de la Seconde Guerre mondiale.

Deux amies, l’une aryenne, l’autre juive, qui chantent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish, en français… cela semble inventé ! C’est pourtant bien réel. Eva et Lise font partie des milliers de femmes « indésirables » internées par l’État français. Leur pacte secret les lie à Suzanne « la goulue », Ernesto l’Espagnol ou encore au commandant Davergne. À Gurs, l’ombre de la guerre plane au-dessus des montagnes, le temps est compté. Il faut aimer, chanter, danser plus fort, pour rire au nez de la barbarie.

À la façon d’une comédie dramatique, Diane Ducret met en scène le miracle de l’amour, la résistance de l’espoir dans une fable terrible et gaie, inspirée d’histoires vraies.

 

photo_roberto_frankenberg_copyright_flammarion

L’auteur : Diane Ducret, est née à Anderlecht (Belgique) le 17 novembre 1982. Normalienne, historienne, philosophe et journaliste, Diane Ducret, alors qu’elle n’a pas 30 ans, a animé le Forum de l’histoire sur la chaîne Histoire, et réalise des documentaires pour l’émission « Des Racines et des ailes ».
En 2011, elle sort son premier livre, « Femmes de Dictateur », best-seller en France et traduit dans vingt langues. Un second tome paraît en 2012.
En 2013, elle publie « Corpus Equi », prix du premier roman à La Forêt des livres, coup de cœur de l’émission Le Masque et la Plume, un roman autobiographique véritable ode au cheval et à la liberté.
Elle publie en 2014 un essai sur le sexe féminin, « La Chair interdite » aux éditions Albin Michel.
En 2015, elle publie aux Éditions Perrin / Plon un ouvrage intitulé « Lady Scarface » qui raconte les destins croisés de femmes de gangster de la pègre américaine.
En janvier 2017, elle publie chez Pocket « Les Marraines du Crime », un ouvrage dans lequel, à partir d’archives déclassifiées, de journaux de l’époque, d’entretiens avec des descendants et de documents inédits, Diane Ducret dévoile l’intimité de ces femmes gangsters américaines durant les années folles.
En mars 2017, elle publie aux Editions Flammarion « Les indésirables ». Dans cet ouvrage, Diane Ducret nous raconte l’histoire du camp de Gurs dans les Pyrénées-Atlantiques.

 

Extrait : 
« – Nous vous envoyons trois mille femmes à interner. Allô ? Allô ? »
Au téléphone, l’attaché du cabinet du général Héring attend une réponse de la part du commandant. Au bout du fil, rien qu’un silence, puis, à peine plus fort, la chute d’un corps sur la laine d’un tapis. Le chef d’escadron Davergne, pris de stupeur, est tombé de sa chaise. Le nombre exorbitant résonne encore dans sa tête tandis qu’il recoiffe ses cheveux bruns ondulés d’une main et replace de l’autre ses petites lunettes rondes sur son nez, juste au-dessus de la moustache triangulaire qui relie équilatéralement chacune de ses narines aux extrémités de sa bouche. Sur la joue du jeune commandant de trente-cinq ans s’épanouit un grain de beauté. Il s’est vu confier la direction du camp depuis quelques mois seulement. »

 

Le post-it de Ge

Les indésirable de Diane Ducret

Mai 40, sur l’ordre du gouvernement français, près de 5000 femmes sans enfant sont entassées au Vélodrome d’Hiver à Paris. Pour la plupart des réfugiées. Beaucoup ont fui la guerre et le régime nazi en Allemagne.

Le Vel d’Hiv, tristement célèbre  pour sa rafle survenu deux ans plus tard en 42. Cette terrible rafle où plus de 13 000 juifs seront rassemblés sur décision du régime de Vichy en vue d’être déportés dans les camps de la mort.

Mais déjà en 40, la France était à la botte de Berlin.

Un peu plus tard une partie de ses femmes seront internées à Gurs dans les pyrénéens, dans un camp de détention français.

Un épisode mal ou pas connu de l’histoire de la France.

Ces femmes que l’on nomme « Les Indésirables » sont parquées là dans des conditions sanitaires terribles. Il y avait des Polonaises, des Belges, des Autrichiennes, des Allemandes, des Alsaciennes, juives et non-juives.

 Eva et Lise, deux amies  sont deux de ces indésirables. Elles sont internées là, ensemble par l’Etat français dans un camp au beau milieu des Pyrénées.

Il y a les brimades, il y a la faim, la dysenterie et la boue et les abus. La violence voire le viol. Il y a aussi les hivers et le froid. Et pourtant…

Pourtant ces indésirables ont compris que pour survivre il va falloir être désirable.

Et un jour le commandant du camps décide de leur offrir un piano. Oh ce n’est sans doute pas par pure bonté d’âme, non il a des choses qui pèsent sur sa conscience le commandant Davergne.

 Aussi ce simple piano va redonner l’espoir à ses femmes. Et avec l’espoir, la joie va revenir. Elles créent un cabaret, elles chantent et dansent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish et en français. Un peu d’insouciance.

A travers Lise et Eva, l’auteur nous conte aussi une formidable histoire d’amitié. Eva l’aimé est née dans une famille bourgeoise allemande, mais pour échapper à l’idéologie galopante qui gangrène son pays et trouve écho dans sa famille, elle fuit vers la France, ce pays des droits de l’homme. Lise, elle a à peine trente ans quand elle se retrouve à Gurs. Elle habitait Berlin, mais pour une jeune femme juive, la vie n’était plus possible en Allemagne et quand en 1933 les premiers signes annonciateurs de l’horreur ont frappé le commerce de ses parents, elle a préféré se réfugier à Paris.  Croyant trouver la paix en France. Et voilà que 7 ans plus tard le gouvernement français, on est pas encore sous le régime de Vichy, ordonne aux ressortissants étrangers de se regrouper pour ensuite les parquer.

Enfin revenant à notre histoire. Diane Ducret met en scènes ces femmes, ces héroïnes, qui vont tout faire pour maintenir un peu d’humanité dans leur épouvantable détention. Elles vont nous parler d’amour, d’espoir, de vie simplement. Quoi de plus fort que la vie dans ce trou infâme dédié à la mort.

Ce que j’ai aimé aussi c’est que l’auteur laisse passer un peu de luminosité dans cet univers très noir. Qu’elle mette en lumière la solidarité, l’entraide, la compassion  que ces femmes ont l’une envers l’autre.

Le piano ne fait pas que redonner espoir à nos Indésirables, il nous tire des sourires, des larmes et parfois aussi des éclats de rire.

Bravo à Diane Ducret pour ce travail de documentation, et ce formidable travail d’écriture et de mémoire.

 

Sérial Belle Fille de Cécile Pellault, une papote de Maud et Ge


 Sérial Belle Fille de Cécile Pellault,

une papote de Maud et Ge.

Aujourd’hui avec ma soeurette, nous allons vous proposer notre ressenti sur le premier roman de Cécile Pellault.

Le livre : Serial Belle-Fille de Cécile Pellault. Paru le 24 Mai 2005 aux Editions Le Manuscrit. Collection : Fiction et Litt. 15.90 euros. 158 pages. 14 x 0,9 x 22,5 cm


4ème de couverture :
Des femmes qui se retrouvent pour partager leurs déboires avec leurs belles-mères, des supplices inventés pour se défouler de la frustration à devoir les supporter, une soupape d’humour pour ne pas craquer et renvoyer ladite mégère dans ses pénates. . . Mais la plaisanterie tourne au cauchemar, le jour où une vieille fille décide de gagner l’admiration de Chloé, la présidente du club, et celle de ses amies en agressant leurs belles-mères pour les venger. . . Un jeu de piste s’engage pour la débusquer et tout le monde est mis à contribution. . .

 

L’auteur : Cécile Pellault a déjà publié trois romans : Serial Belle-FilleOn ne choisit pas sa famille et Le Brouillard d’une vie. Ce dernier a reçu le Prix du rendez-vous littéraire du salon de Moret sur Loing en 2016. Elle est également auteure de nouvelles et de poésie. Elle a vu un de ses textes primé par le Musée du Luxembourg et édité dans l’ebook collectif réalisé par le musée sur le peintre Fragonard.

Papote autour du premier roman de Cécile Pellault.

Sérial Belle Fille passé aux cribles par Ge et Maud

 

Geneviève : Ah voilà soeurette j’ai fini la lecture de premier roman de Cécile Pellault, notre Cécile et on va pouvoir en parler toute les deux. Génial ça !

Maud : 

Geneviève : Alors @Maud tu veux bien me dire ce que tu en a pensé ?

Maud : Coucou @Geneviève , très heureuse également d’avoir découvert Sérial Belle fille !!!

Geneviève : C’etait ton premier de Cécile ?

Maud : Oui oui mon tout premier de Cécile

Geneviève: C’est chouette de découvrir un auteur avec son premier roman aussi !

Maud : Oui j’essaie de lire les auteurs dans l’ordre. J’ai trouvé l’idée du thème très original, extravaguant et qui sortant de l’ordinaire !!

… et toi tes premières impressions ?

Geneviève : On explique le speech ?  Avant je veux dire

Maud : Vas y !!

Geneviève : Pas facile de le faire sans trop en dire

Maud : L’histoire de plusieurs femmes qui se regroupent pour parler de leur belle mère respective

Geneviève : Des belles mères plutôt envahissante dirons nous

Et puis à un moment ça va dérailler, partir en vrille et tout et tout…

Là je crois qu’on en a dit assez tu crois pas ?

Maud : Oui car elles ont un jeu pour se défouler… écrire sur papier ce qu’elles aimeraient qu’il arrive à leur belle mère…

J’ai aussi bien aimé la diversité de ces femmes, une mère au foyer, une working girl, une flic… Des personnalités, des vies et quotidiens très différents

Réunies autour d’un même soucis

Geneviève : Perso j’en dirai pas plus, vous l’aurez compris, on va vous parler de jeune femme qui ont besoin d’une soupape de délires pour supporter leur belle mère.

Maud : Comment tu les as trouvé ces femmes?

Geneviève : Oui moi aussi j’ai apprécié ce groupe d’amies.

Je dirai peut-être qu’elles n’en rien de provincial.

Maud : Je trouve aussi qu’elles évoluent… au fil des pages

Geneviève: J’ai eu l’impression que c’étaient des parisiennes, enfin des franciliennes. Avec la vie de dingue qui va avec !

Et tu as raison elles évoluent et pourtant le roman ne se passe que sur quelques jours

Maud : Géographiquement on est à Paris, et en banlieue oui

Geneviève: Oui c’est ce qui donne aussi le rythme du roman !

Maud : C’est peut être à cause de ce qui s’y passe pendant ces quelques jours qu’elles vont voir changer leur point de vue

Tout à fait d’accord pour le rythme !!!

Aussi la présence de nombreux dialogues participe à dynamiser l’histoire

Geneviève : Toi et moi on est comme ces jeunes femmes, moi en moins jeune. On est pris dans notre vie de tout les jours, métro, boulot dodo et on ne voit pas passer les semaines, aussi on arrive au moins à s’identifier à l’une d’entre elle cinq

Maud : Oui, dans les anecdotes énoncées on se reconnait forcément même qu’en partie dans les situations évoquées

J’ai beaucoup souri lors de cette lecture justement… en me disant « tient ça me dis quelque chose »…

Geneviève : Les dialogues, parlons-en ?

Moi j’y est retrouvé l’humour de Cécile !

Comme toi j’ai beaucoup souri

Maud : Moi j’ai trouvé que leur fréquence donnait vie au livre, beaucoup d’échanges, de sarcasmes, d’humour, même si parfois noir

Geneviève : J’ai même parfois franchement ri

Maud : Oui faut l’avouer !!!

Geneviève: Oui, on a envie d’être amies nous aussi avec ces jeunes femmes

Moi c’est VIc et Chloé qui m’ont le plus parlée

Maud : Chloé qui gère cette association de femmes, les écoute, les soutient ; en même temps qu’elle se décharge aussi de son fardeau personnel

Vic est aussi un personnage très intéressant, à la fois lucide et dépassée également

Geneviève :  

 Clhoé qui donne le la !

Et toi tu t’es retrouvé un peu dans ces 5 amies ?

Maud : oui tout à fait Chloé a le rôle de meneuse, d’organisatrice !!!

Geneviève: Un peu comme toi tu veux dire ?

Maud : Difficile de m’identifier à elles, n’ayant pas de belle maman actuellement. Mais je me suis reconnue dans certaines situation… Notamment celle de Vic

Geneviève  : 

Maud : Ha bon tu trouves??….

C’est toi la Cheffe !!!

Geneviève : Non c’est une question ?

Maud : Ouffff… soupire de soulagement…

A priori tu t’est identifiée à l’une d’elle ? Peut être juste une impression…

Geneviève : Hahaha, mais tu es une working girl toi aussi ! Tu sais ce que sais de travailler plus que raisonnable. De sacrifier une partie sa vie pour le boulot, à cause du boulot !

Elles ont toutes quelques chose de nous

Maud : oui oui un sacré cocktail !!!!

Geneviève : Sinon ce que j’ai aimé aussi, c’est qu’elle prennent tout à leur tour la parole dés que la situation dérape

Maud : oui l’impression d’une responsabilité collective, une mobilisation !!

Geneviève : Un vrai groupe, une véritable équipe ! Solidaire. De vraies amies en sommes.

Maud : Oui chacune participe et du coup va faire en sorte que la situation ne se dégrade pas plus. Voir même essayer de l’endiguer. Solidaire dans les bons comme dans les mauvais moments

Une très belle preuve d’amitiés va se jouer sous nos yeux

Geneviève : Voilà !

Maud : Elles vont ensemble chercher des solutions, se soutenir

Geneviève : C’est vrai que par les temps qui cours on a envie d’y croire. Croire à cette amitié presque adolescente.

Maud : oui le retour du côté juvénile quand elles prennent conscience de leur bêtise et qu’elles essaient de la réparer

Geneviève : Je trouve ça très frais ! pas toi ?

Maud : A la fois frais et réaliste. Tu parlais des dialogues tout à l’heure. Le fait qu’ils soient pas mal présent amène cette fraîcheur, grâce à l’emploi du langage parlé

Geneviève : Et les situations cocasses aussi

Maud : oui également. L’ensemble y contribue. Habituée à lire du noir, voir du très noir, cette lecture a été une bouffée d’oxygène !! Grâce à l’humour en particulier

Geneviève : 

Moi je ne connais Cécile que depuis 2 ans. Et Sérial Belle-Fille a été écrit ou en tout les cas publié en 2005. Aussi près de 15 ans après à travers ces mots, cette écriture je reconnais la Cécile d’aujourd’hui. Celle qui a su susciter de l’intérêt en moi.

Et oui elle a toujours cet humour mordant que j’aimerai avoir.

Cette imagination débridée presque sans tabou !Mais toujours très smart, presque British. 

Maud : C’est génial !!!! J’ai rencontré Cécile beaucoup plus récemment !! Oui son humour piquant me plait beaucoup !! Ses sarcasmes aussi

J’ai hâte de découvrir ses autres livres, je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin de découverte !!

Geneviève : Mais derrière cette espèce de frivolité, de légèreté, elle sait parler de sujets plus profonds.

Maud : Oui le fait de dédramatiser les situations en employant le décalage, le sarcasme ou l’humour

Geneviève : Rien n’est superficiel dans son propos. Il y a une double lecture

Maud : 

Geneviève : J’ai personnellement trouvé ce livre follement féministe. Et pourtant ces jeunes femmes sont bel et bien de leur temps.

Maud : Oui elle soulève à travers des personnages qui ont tous le même point commun : la réaction du fils par rapport à leur mère aussi… ne pas se rendre compte que ça peut être invivable comme situation

oui oui livre écrit il y a 15 ans et encore d’actualité

et je le pense encore pour bien longtemps

Geneviève :  

Et au-delà, la place de la femme dans la société, dans la famille, dans la cellule familiale

Maud : oui au travers des différentes situations et position, la fille, la mère, l’épouse, la femme. Suivant le rôle qu’elle endosse

et l’amante aussi

Une femme a plusieurs vies dans une vie

Geneviève : oh oui de nombreux. Et… Heureusement l’amante aussi ! Femme simplement !

Maud : Oui !!!

En conclusion, tu dirais quoi?

Geneviève : Un bain de fraîcheur ce titre ! Une très bonne comédie !

Maud : Oui !!

Un peu de douceur dans un monde brut

Geneviève : Comme tu le disais tout à l’heure ce livre nous a fait du bien.

Maud : Oui une soupape

Geneviève : En plus moi j’étais en panne de lecture, une semaine sans ouvrir un livre. Et hop lu en 2 petite aprem et remis en selle pour d’autre aventure livresque. Merci Cécile !

Maud : C’est génial !! Excellente nouvelle !!!

J’ai été ravie d’échanger avec toi sur ce livre !!

Tu vas lire quoi après ?

Geneviève : Moi aussi sœurette, je suis contente que nous ayons pu discuter de cette lecture

Maud : A refaire !!! Sur d’autres aventures livresques alors

Geneviève

Maintenant je vais démarrer #Jenaipasportéplainte

Encore des combats de femmes à mener j’ai l’impression !

Bon sinon on recommande à tous le livre de dame Pellault ?

Maud : Oui et je pense que tu vas te régaler à le découvrir !!!

Recommandation faite pour Cécile

Pour son premier roman !!

Geneviève : Enfin moi j’ai adoré passé un super moment avec ses Sériales Belles-filles.

Maud :  Ca c’est ressenti !!! Je te souhaite une belle fin de journée et bonne lecture

Geneviève : Allez bonne soirée et belle lecture 😊😙

 Maud : 

 Geneviève : Et à très vite pour d’autres aventures et papotes livresque.

Avalanche Hôtel de Niko Tackian , la chronique duo


Attention aujourd’hui journée spéciale Avalanche Hôtel.

Vous allez avoir droit à une double chronique.

Ce matin c’est Ophélie qui vous  a donné son avis, ce soir ce sera Isabelle.

Maintenant place la chronique duo d’Aline et Danièle.

De quoi vous faire une idée de ce nouveau titre de Niko Takian

La Chronique Duo

Une nouvelle fois Miss Aline Et Mamie Danièle papotent autour d’une lecture commune.

Aussi elle nous racontent ici ce qu’elles en ont pensé

Allez place à l’avis de nos Flingueuses


Le livre: Avalanche Hôtel de Niko Tackian. Paru le 2 janvier 2019 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€50 ; (270 p.) ;14 x 22 cm .

4eme de couverture :  

Surtout, ne vous fiez pas à vos souvenirs !

Janvier 1980, à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Joshua Auberson, agent de sécurité, enquête sur la disparition d’une jeune cliente, avec un sentiment d’étrangeté.
Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd conscience…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma.
Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps.
Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

Entre Shining ET Jason Bourne, Un thriller hypnotique signé Niko Tackian

L’auteur Niko Tackian est un scénariste, réalisateur et romancier français, né le 5 avril 1973 à Paris. Il a réalisé plus de trente albums dans lesquels il aime explorer différents genres, tels que science-fiction, dark fantasy, policier, fantastique. Il a également réalisé de nombreux téléfilms. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2. Il a commencé une carrière d’écrivain de thrillers en 2015 avec Quelque part avant l’enfer.  Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. Après La nuit n’est jamais complète,  Quelque part avant l’enfer, Toxique et Fantazmë, il signe avec Avalanche Hôtel son cinquième roman.

La Chronique Duo

Dany : suis là !!!

Miss Aline : moi aussi….

Dany : On y va comme tu veux …

Miss AlineAvalanche hôtel tu en attendais quelque chose ou c’était une « surprise » ?

Dany : Ben une surprise pas vraiment vu qu’on en a tellement parlé avec l’auteur que l’on savait qu’on devait s’attendre à du bon.
Tous ses thèmes de prédilection y sont

Miss Aline : Je me suis fermée à tout ce qu’on a pu en dire pour le lire d’un œil neuf, si je puis dire. Dès le début j’accroche bien sur le personnage de Joshua

Dany : Oui son mec normal me plait aussi bien

Miss Aline : normal ?

Dany : regarde …

p.192
Joshua n’était qu’un petit flic sans envergure, un simple être humain ballotté dans les flots de l’existence. Pas le plus talentueux, pas le plus intéressant. Il n’était pas l’élu, ni un super héros.

p.72 
Contrairement au cliché du flic, il n’avait pas de passé torturé ni de vices cachés. Il ne se sentait pas non plis antihéros borderline prêt à jouer du revolver ou des muscles pour rétablir la justice – d’ailleurs il valait mieux vu ses performances déplorables au stand de tir. Non, il était simplement Joshua Auberson, un mec normal qui aimait son métier.

Miss Aline : ça c’est ce qu’il pense de lui. Mais il est tout de même un peu têtu, obstiné, ayant un pied dans le passé un dans le présent. Il ne lâche rien.

Dany : Oui c’est sûr son côté obstiné le rend charismatique

Miss Aline : charismatique est bien le mot. D’emblée on est de son côté, on veut qu’il réussisse son enquête sans trop de bobos.

Dany : Il a suffisamment morflé dans le prologue à l’enquête … 8 chapitres pour souffrir physiquement et moralement c’est dur tout de même

Miss Aline : c’est une souffrance qu’il portait déjà en lui sans le savoir. Le coma va lui ouvrir les yeux dans tous les sens du terme.

Dany : Je pense qu’il y a deux thèmes majeurs le concernant : la reconquête de la mémoire (immédiate et « généalogique ») et l’expérience de la mort imminente (EMI), les deux mêlées à l’intrigue

Miss Aline : je suis d’accord. On connait mieux les EMI que la mémoire généalogique. Et là beau travail de l’auteur en recherche.

Dany : Pour ce qui est de la mort imminente il en a déjà parlé dans son premier roman Quelque part avant l’enfer. Ici il n’analyse pas le phénomène, il nous le fait ressentir.

Miss Aline : on peut constater le scepticisme de sa collègue face à ce phénomène ainsi que la mémoire généalogique

Dany : J’avoue que moi aussi je suis septique sur la mort imminente

Miss Aline : il en va de même pour la mémoire généalogique ?

Dany : Non j’y suis un peu plus sensible, un peu comme la conscience commune, le fond de culture atavique

Miss Aline : il y a aussi la mémoire des lieux. L’auteur a su « personnifier » l’hôtel.

Dany : Tu m’as dit que tu avais déjà entendu parler de cette mémoire généalogique … tu y crois donc ?

Miss Aline : je pense que cette mémoire existe oui. Que nous portons en nous le passé des nos aïeux parfois sans le savoir…

Dany : comme on peut aussi hériter de leurs phobies …

Miss Aline : oui tout à fait ! Je pense qu’il s’agit en général de choses négatives, comme si par-delà le temps nous devions réparer quelque chose
Comme Joshua porte en lui sans le savoir une autre histoire. Il aura fallu une avalanche pour tout  déclencher.

Dany : Je suis d’accord en plus sans cette avalanche il ne se serait pas rapproché de sa coéquipière

Miss Aline : c’est une évidence. Elle qui est tout l’inverse de lui : grande gueule, etc. Il faut gratter un peu pour voir ce qu’il y a dessous.

Dany : et lui c’est une crevette …

Miss Aline : choix volontaire de l’auteur ?

Dany : La crevette sert de nourriture aux grands prédateurs marins …
Bien sympathique la grande gueule en tout cas !

Miss Aline : oui sympathique mais elle cache aussi des fêlures.

Dany : On s’attarde là sur des éléments constitutifs des deux enquêteurs mais je trouve que la galerie de personnages n’est pas mauvaise non plus …

Miss Aline : j’ai presque envie de dire qu’il n’y a pas de personnages secondaires. tout le monde a un rôle a jouer pour l’avance ment de l’intrigue.

Dany : et même le chien …

Miss Aline : carrément…
Que dire de l’intrigue en elle même ?

Dany : Elle semble assez classique au début

Miss Aline : Oui je me suis dis la même chose mais finalement les fils s’emmêlent et l’on va vers quelque chose de plus complexe

Dany : Mais il nous avait prévenu Niko, des indices tout au long de l’intrigue pour nous perdre et aboutir à une solution

Miss Aline : c’est sur que les indices sont semés tout du long… y a-t-il un moment où tu pressens où l’on va ?

Dany : Pour ma part, l’ultime révélation et confirmation ADN … on la voit poindre à peine avant que ça ne soit écrit… je suis restée immergée dans l’enquête

Miss Aline : j’ai pressenti bien avant mais je n’arrivais à trouver les liens. C’est dans la révélation du déroulé que je suis tombée de haut.

Dany : On se doute d’un lien entre l’enquête actuelle et le passé de l’hôtel mais  …… un doute seulement, jamais on ne peut imaginer à quoi cela va mener !

Miss Aline : c’est sur que dans les premiers chapitres t’imagines pas.

Dany : On a très froid tout le temps … une constante du roman l’hypothermie … Ça contribue au malaise

Miss Aline : c’est vrai que le froid est fort présent. Autant il y a des descriptions de paysages qui donnent envie, autant parfois on est limite claustro, oppressé par cette neige, son côté étouffement des bruits. Un paysage d’hiver c’est toujours une sensation cotonneuse

Dany : Qui endort les protagonistes mais les lecteurs aussi …

Miss Aline : oui c’est vrai, on lit avec une certaine nonchalance. mais en même temps l’intrigue et son ambiance n’auraient pu se passer à une autre saison

Dany : on est content quand on entre dans une pièce chauffée, c’est bien que l’effet induit est réussi

Miss Aline : ouiiii c’est vrai. Tout le long de ta lecture tu as envie de plaid et de chocolat chaud. lol

Dany : De chocolat suisse …

Miss Aline : on va demander à Niko de nous fournir en chocolat … lol

Dany👍

Dany : J’avais noté deux autres thèmes qui sont récurrents chez l’auteur : la quête des origines et l’amour maternel. SANS SPOIL … ils sont présents aussi ici, comme l’amitié et la loyauté

Miss Aline : l’amour maternel est un ciment fort. La quête des origines pour mieux savoir où tu vas, qui tu es. C’est important pour se construire.

Dany : des valeurs universelles donc

Miss Aline : oui tout comme l’amitié et la loyauté.

Dany : mais pas une recette facile pour les mettre en mots

Miss Aline : il faut laisser parler ta sensibilité. Je trouve que dans Avalanche Hôtel, la sensibilité à bien fait son job.

Dany : Tout à fait
Alors ici on a eu un one-shot qui a permis à l’auteur de bien faire souffrir ses personnages et ses lecteurs. Parution le 2 janvier 2019 en même temps que la version poche de Fantazmë, le tome 2 des aventures de Tomar Khan, ce héros à l’opposé de Joshua. Le prochain pour 2020 c’est le retour de Tomar Khan mais en temps de canicule … ouf !
Sans oublier la série Alex Hugo, dont il est co-scénariste avec Franck Thilliez, à la TV avec la diffusion d’épisodes inédits en septembre 2019
Et pour en savoir plus sur Niko … il faut lire le collectif Polar régulièrement 😉😇

 


Dany : Pour ma part, foi de flingueuse j’approuve AVALANCHE HOTEL… Je dirai même plus j’adoube !

Miss Aline : j’avoue avoir passé un bon moment avec Avalanche Hôtel. J’ai bien retrouvé ma saison préférée. Ensuite, cet hôtel donne très envie d’y aller. Enfin, les personnages sont forts, avec toute la palette des sentiments humains. J’ai beaucoup d’empathie pour Joshua et lui souhaite d’aller vers l’été de sa vie. Pour conclure : belle couverture qui de suite intrigue par un élément qui appelle tout de suite le questionnement. Merci à Niko Takian pour ce bon moment de lecture.

Dany : Merci Aline pour cet échange … à bientôt pour de nouvelles aventures ?

Miss Aline : merci à toi aussi… rdv pour de nouvelles aventures !

Grand Centre de Leafar Izen


Le livre : Grand Centre de Leafar Izen. Paru le 8 mai 2018 à Les éditions du Bord du Lot. 17€ ; (193 pages) ; 14 x 22 cm.

4ème de couverture :

Dans la zone sécurisée de Grand Centre, des citoyens reclus vivent dans une pâle imitation du monde d’avant la catastrophe.
Félix, agent de réassort est une des rares personnes autorisées à s’aventurer hors zone, parmi les enfermés dehors.
Léo ex-enquêteur zélé auprès de la Commission Mémoire et Vérité n’est plus aujourd’hui qu’un homme déchu, décadent et passablement loufoque. Une amitié indéfinissable lie Félix et Léo. Il y a aussi Lisa et ses jeunes enfants, Nina et Titus, une famille d’enfermés dehors qui occupent une place particulière dans le coeur blessé de Félix.
Des années plus tard, une photographie jaunie va remettre le feu aux poudres et ressusciter d’anciennes velléités de vengeance. Au fil de la nuit oùnous suivons Léo, au fil du road-movie de Félix et de son «cloporte», on s’attache à cet improbable binôme. Léo et ses frasques, Félix et son aura fantomatique qu’épaissit le souvenir. Mais qui sont-ils vraiment ? Les doutes s’immiscent. Ce qui semblait acquis se dérobe, jusqu’à découvrir l’impensable.
S’agit-il d’un roman policier, d’une fiction d’anticipation, d’un thriller psychologique, ou d’une énigme métaphysique ? Probablement tout cela à la fois. Car entre les lignes se révèle un secret savamment distillé par une langue souvent poétique, toujours envoûtante.
Quelle mystérieuse lumière se tient finalement au bout de ce roman qu’on aurait cru noir comme un tombeau ?

 

Leafar IzenL’auteur : Établi dans les vallées cévenoles depuis plusieurs années, Leafar Izen a auto-édité ses deux premiers ouvrages, un recueil de poésie, un ouvrage traitant de métaphysique avant de trouver un partenaire éditorial auprès des éditions du Bord du Lot. Leafar Izen résume son désir d’écrire par les mots suivants : “Quand j’ai des choses à dire, je les écris pour ne plus les penser… ou ne pas avoir à les dire.” “Que tous les diables m’emportent. Si je te trompe en te disant. Nous nous rêvons les uns les autres. Nul ne peut capturer le vent.” Extrait de la Vieille morte, œuvre incomplète, poésies. Grand Centre est son premier roman.

 

 

 

Extrait :
« Il me reste 7 jours à tuer. Jamais le temps ne m’a paru aussi long. A croire que les heures sont plus difficiles à tuer que les gens.
La végétation agonise sous la chaleur du mois de juillet, le cloporte se dandine en direction de Grand Centre. Six jours durant il a arpenté la région de plateaux calcaires et les gorges réputées pour la santé de leurs forêts de pins et de chênes. Félix s’est rendu dans une douzaine de scieries, s’envirant une dernière fois des odeurs de résine et de tanin. Il a pris nombre d’engagements qu’il ne pourra pas tenir. »

 

Chronique d’une flingueuse

GRAND CENTRE de Leafar Izen

Leafar Izen Grand centre

L’avis de Sylvie K

 

Grand Centre m’a été adressé par son auteur et je l’en remercie. Je sortais d’une lecture où il était question d’un futur dans lequel les gens vivent hors du temps dans une décharge et… Dans cette histoire on est vraiment dans le futur, un nouveau monde ; celui des enfermés dans une zone de non-dit et ceux du dehors. Félix fait partie de ceux du dehors et se déplace dans son cloporte contournant le règlement, il côtoie les enfermés surtout Lisa et ses deux enfants. Son pote Léo un génie de l’informatique est un ex consultant privé pour la police mais il ne travaille plus depuis… depuis quoi ? L’histoire commence par des enregistrements sur le dictaphone de Félix, des flash-back. L’auteur nous balade dans les retours en arrière avant de nous emmener dans la deuxième partie de son livre au cœur d’un trhiller car Félix va assouvir une vengeance. Le passé rattrape Léo et Félix dans cet univers où Félix à peu de chance de s’échapper mais où tout différent et monnayable

 C’est un roman d’anticipation agrémenté d’une histoire de vengeance et même d’amour. Chacun trouvera des sentiments ou un style différent en résonnance. J’ai beaucoup aimé le style et l’histoire, Leafar peut continuer d’écrire des romans car celui-ci est prometteur !

Une proie si facile de Laura Marshall


Le livre : Une proie si facile de Laura Marshall. traduit de l’anglais par Silke Zimmermann. Paru le 8 février 2018 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 19€90 ; (379 p.) ; 21 x 14 cm
4e de couv :

Maria Weston demande à devenir ton amie.

Et si c’était ça, l’origine de tous les problèmes ?

Au collège, déjà, Maria Weston cherchait désespérément à être admise dans le cercle très fermé des filles les plus populaires de l’école. Mais les rumeurs précédant son arrivée en cours d’année avaient ruiné tous ses espoirs d’y parvenir. Pire encore, elle était devenue la victime facile de leurs manigances. Quand Louise reçoit un jour une demande d’ajout d’ami émanant du compte Facebook de Maria, elle est horrifiée… Car Maria Weston est morte vingt-cinq ans plus tôt.

Alors que Louise a mis des années à enfouir le souvenir de cette fille tout au fond d’elle-même, l’invitation et les messages inquiétants qui s’ensuivent font d’un coup ressurgir le passé. Tout comme le secret de Louise, si intimement lié à la disparition de sa camarade.

Un secret qui, révélé au grand jour, pourrait bien détruire sa vie.

L’auteur : Laura Marshall a grandi à Wiltshire et a étudié l’anglais à l’université du Sussex. En 2015, elle décide de se lancer dans l’écriture, et participe au Curtis Brown, Creative Writing. Son premier roman, Une proie si facile, a été finaliste au Bath Novel Award 2016 et présélectionné pour le Lucy Cavendish Fiction Prize 2016. Il est en cours de traduction dans plusieurs pays.

La chronique Jubilatoire de Dany

 

Une proie si facile de Laura Marshall

L’action se passe en Angleterre où Louise élève seule son fils Henry, depuis son divorce avec Sam. Elle s’installe dans sa nouvelle vie de mère célibataire hyperactive jusqu’à ce qu’un souvenir d’adolescence, réactivé par FaceBook, fasse voler en éclats son fragile confort. Même si le sujet me fait penser à David-James Kennedy et son roman « Malgré elle », l’auteure installe ici l’amour maternel comme véritable enjeu de l’intrigue de ce thriller très bien mené.

Au-delà du suspense, ce sont les dangers que représentent les amis virtuels avec qui nous rentrons en contact qui sont évoqués, tout comme les rites d’intégration bien réels ceux-là, de nouveaux venus dans des groupes constitués. Ces deux aspects concernent ici des adolescents mais nul n’a dans ce domaine le privilège de l’âge.

Des personnages attachants et une intrigue puissante font de ces 384 pages, un moment de lecture agréable et noir à souhait.

Lu en numérique

 

Le douzième chapitre – Jerome Loubry


Le livre : Le douzième chapitre de Jerome Loubry. Paru le 19 septembre 2018 chez Calmann-Lévy dans la collection Calmann-Levy noir. 19€50 ; (355 p.) ; 22 x 14 cm.

4eme de couv
Eté 1986. David et Samuel ont 12 ans. Comme chaque année, ils séjournent au bord de l’océan, dans le centre de vacances appartenant à l’employeur de leurs parents. Ils font la connaissance de Julie, une fillette de leur âge, et les trois enfants deviennent inséparables. Mais une ombre plane sur la station balnéaire et les adultes deviennent de plus en plus mystérieux et taciturnes. Puis alors que la semaine se termine, Julie disparaît. 30 ans plus tard, David est devenu écrivain, Samuel est son éditeur. Depuis le drame, ils n’ont jamais reparlé de Julie. Un jour, chacun reçoit une enveloppe. A l’intérieur, un manuscrit énigmatique relate les événements de cet été tragique, apportant un tout nouvel éclairage sur l’affaire…

L’auteur : Jérôme Loubry est né en 1976 à Saint-Amand-Montrond. Il a d’abord travaillé à l’étranger et voyagé tout en écrivant des nouvelles. Désormais installé en Provence, il a publié en 2017 chez Calmann-Lévy son premier roman, Les Chiens de Détroit, lauréat du prix Plume libre d’Argent 2018.
Extrait :
Sa folie avait un nom à consonance allemande : Alzheimer. Ce kraken pris au piège dans l’océan céphalorachidien de cette pauvre femme avala le moindre de ses souvenirs. Voilà ce que disaient les adultes une fois revenus de ces soirées lorsque, fatigués ou honteux de leurs moqueries étouffées, ils prenaient conscience que cette maladie risquait un jour ou l’autre de se lancer à l’abordage de leurs propres esprits.

Le petit avis de Kris

Le douzième chapitre – Jerome Loubry

David et Samuel, 12 ans, sont dans un centre de vacances à Saint-Hilaire-de-Riez, où ils font la connaissance de Julie. Les trois enfants deviennent inséparables mais, à la fin des vacances, leur amie disparaît. Son cadavre est retrouvé sur la plage quelques jours plus tard. Trente ans après, David et Samuel reçoivent un mystérieux courrier leur relatant ces événements tragiques.

Quel plaisir de découvrir cet auteur !

Un roman passionnant aux multiples rebondissements, original comme je les aime.

Ces souvenirs d’enfance qui resurgissent alors qu’ils étaient enfouis bien secrètement et un suspense bien mené assorti d’une fin un peu pressentie mais attendrissante en font un roman attachant.

Excellent

Et si un manuscrit anonyme racontait une nouvelle version de votre pire souvenir d’enfance…
Le roman a reçu le Prix du polar de Moustiers 2018 dès sa parution!

 

Notre cheffe de meute a adoré aussi Le douzième Chapitre et elle avait  vraiment aimé aussi son premier roman Les Chiens de Détroit.

 

Les lois de la frontière de Javier Cercas


Le livre : Les lois de la frontière de Javier Cercas. Paru le 08 janvier 2014 chez Actes Sud dans la collection Lettres hispaniques. Traduit de l’espagnol par Beyer, Elisabeth Beyer et  Aleksandar Grujicic. 23€ ;  (345 p.) ; 15×24 cm.

Réédité en poche dans la collection Babel le 2 septembre 2015. 9€70 ; (411 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

À l’été 1978, un adolescent de la classe moyenne en délicatesse avec son milieu croise la route du charismatique Zarco et de son amie Tere et devient un habitué de leur qg, un bar interlope dans un quartier malfamé de Gérone. Bientôt ils l’entraînent de l’autre côté de la “frontière”, au pays de ceux qui ne sont pas bien nés, l’initiant au frisson des braquages et au plaisir des tripots. Le garçon navigue entre les deux rives pendant tout l’été, irrésistiblement attiré par les lois de cette jungle dont il préfère continuer d’ignorer les codes, jusqu’au coup qui tourne mal.
Vingt ans plus tard, avocat établi, il assure la défense de son ancien camarade multirécidiviste et doit plaider. Pour le symbole vivant d’une rébellion salutaire, la victime expiatoire d’un système frelaté, ou les zones d’ombre de sa propre jeunesse ? Un écrivain, chargé de raconter l’histoire, recueille au cours d’entretiens divers les souvenirs et impressions des protagonistes. Lui-même cherche la vérité inattendue et universelle du romancier : l’ambiguïté.
C’est dans cette ambiguïté qu’excelle Javier Cercas, qui démystifie ici le romantisme de la délinquance comme celui de la rédemption, la démocratie espagnole et son miroir aux alouettes, les tourments qui toujours gouvernent l’exercice de la liberté.

 L’auteur : Javier Cercas Mena (né en 1962 à Ibahernando, dans la province de Cáceres) est un écrivain et traducteur espagnol. Il est également chroniqueur du journal El País.
Extrait :
Bref, a conclu l’inspecteur Cuenca, quand j’ai fini de lire le livre, je me suis souvenu d’avoir entendu un jour un professeur dire à la télé qu’un livre est comme un miroir, et que ce n’est pas le lecteur qui lit les livres mais les livres qui lisent le lecteur, et je me suis dit que c’était vrai. Je me suis aussi dit: Putain, les meilleures choses qui me soient arrivées dans ma vie me sont arrivées à cause d’un malentendu, parce qu’un livre horrible m’a plu et que j’ai pris un malfrat pour un héros. L’inspecteur Cuenca s’est tu; puis, sans cesser de me regarder avec une malice infiniment ironique, avec une ironie absolument sérieuse, il a demandé: C’est drôle, non?

 Le post-it du bibliothécaire

Ce roman rassemble tous les ingrédients de l’efficacité et de l’excellence des récits de Javier Cercas : une intrigue tenue avec brio jusqu’à la dernière page, des personnages surprenants, anti-héros de leurs propres vies et miroirs opaques de leurs faiblesses les plus profondes, et ce subtil mélange entre histoire et fiction qui caractérise l’écriture de cet auteur.

A l’époque de la transition démocratique espagnole, nous partons ici en quête de l’identité d’un jeune délinquant, qui de souffre-douleur va devenir malgré lui le pilier d’une relation indéfinissable entre deux personnages à la fois solitaires et inséparables : Zarco, figure impossible de l’amitié, et Tere, figure impossible de l’amour. Ce trio infernal va traverser une série d’épisodes douloureux, porté par son irrésistible propension à la chute.

Ce roman de Javier Cercas fait preuve d’une écriture brillante, parfois incisive, parfois rondement développée, mais qui n’oublie jamais la raison d’être de l’intrigue : l’écriture, la figure même de l’auteur. Le récit est en effet porté par la reconstitution de l’histoire de Zarco par un écrivain. C’est ce double jeu entre l’invention d’une histoire et sa transcription qui rend les personnages de Javier Cercas si réels et si attachants.

La fille de la plage de Alexis Aubenque


Le livre : La fille de la plage de Alexis Aubenque. Paru le 16 mai 2018, aux Éditions, Hugo Roman. 17,00€ ; 464 p. ; 13 x 20,5 cm.

4ème de couverture :

Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Que cherche-t-elle ?

En ce début d’été, Jason, Nathan, Keith et Sandy fêtent la fin de l’année universitaire. Si certains sont issus des plus riches familles de Santa Barbara, la ville de tous les excès, et d’autres sont moins fortunés, un lien indéfectible les unit depuis leur enfance. La soirée s’annonce sous les meilleurs auspices. Mais la découverte de Chelsea, jeune fille retrouvée inconsciente sur la plage, s’apprête à changer à tout jamais leur existence.

Avec une candeur désarmante, elle s’immisce dans chacune de leurs vies. Prodiguant des conseils à Sandy, fragile et peu sûre d’elle, mais aussi à Nathan en proie à un inquiétant maître-chanteur.

Quant à Keith, totalement envoûté par Chelsea, il est prêt à tout pour la défendre.

Mais en vaut-elle vraiment la peine ? Est-elle aussi ingénue qu’elle en a l’air ? Jason, seul à émettre des craintes à son endroit, a-t-il raison de se méfier alors que les trois autres sont tombés sous son charme ?

Au travers de cette rencontre, les quatre étudiants vont se retrouver en proie au doute. Et chacun va se remettre en question et se confronter à ses désirs et à ses contradictions, pour au final relever le défi le plus exigeant qui soit : la découverte de soi-même.

L’auteur : Née le 23 décembre 1970, originaire de Montpellier. Alexis Aubenque, après une maîtrise en sciences économiques, décide de changer radicalement de cap, et se tourne vers l’écriture.

Passionné de littératures de genre, il devient libraire durant près de dix ans, tout en publiant des romans de science fiction, dont le diptyque « La chute des mondes » chez Pocket, ainsi que la nanologie « L’empire des étoiles » chez Fleuve Noir. Il se tourne ensuite vers le Thriller, où il publiera aux éditions Calmann-Levy la trilogie River Falls, dont le deuxième tome fut couronné par le Prix Polar de Cognac.

Il enchaîne en 2011 avec le premier tome des « Nuits Noires à Seattle », la suite délocalisée à l’Est de River Falls, mais aussi avec Canyon Creek, un « one shot » aux éditions du Toucan. Lauréat de prix prestigieux et traduit dans plusieurs pays, Alexis Aubenque dans son dernier roman, convie sur les plages ensoleillées de Santa Barbara une multitude de personnages attachants et savoureux dans une saga d’été qui mêle romance, amitié, mystère et rebondissements.

 

Extrait :
« La musique du boléro prenait de l’ampleur. Après les violoncelles, les flûtes, la harpe, l’orchestre tout entier s’incrustait crescendo dans la mélodie hypnotique au rythme ostinato. Sandy ferma les yeux et s’imagina à danser.
Les minutes s’égrenaient et la mélodie montait en puissance pour la cueillir tel un ouragan. Jack avait augmenté le volume et Sandy avait l’impression d’être prise dans un tourbillon de notes qui s’adressait à elle dans un langage qu’elle n’avait jamais entendu auparavant mais qu’elle comprenait intuitivement.
La voiture s’arrêta, mais Jack attendit la fin du morceau pour couper le contact.
Sandy avait les larmes aux yeux. Elle n’en revenait pas. C’était magique. Jamais elle n’aurait imaginé que la musique classique puisse provoquer de telles émotions.
– Ça va ?
– Oui, excusez moi, c’est tellement beau.
– Tu n’as pas à t’excuser. Nous vivons dans une société qui refuse d’émotion et qui ne sait plus ce qu’est la beauté. Une société qui refuse de s’ouvrir à ce qu’elle ne connaît pas est une société qui rétrécit. Comme tu l’as vu hier, je n’ai rien contre la musique rock, ou pop, r’n’b, ni même techno, mais on ne ce doit pas pour autant d’oublier ce que sont le classique et le jazz.»
 

Le ressenti de Jean-Paul 

 La fille de la plage de Alexis Aubenque

Bonjour à toutes et à tous…

 J’entretiens des rapports très particuliers avec Alexis !
(Attention ! En tout bien tout honneur !!!)

 Peut-être, parce que c’est l’un des premiers auteurs que j’ai rencontré lors d’un salon ?

Peut-être, parce qu’il fait parti de ces auteurs qui ne sont pas sur un piédestal, qu’il est très abordable ?

Qu’il est comme vous et moi, qu’il aime discuter et rire (rire surtout !)…

Peut-être, parce que plus qu’un auteur, c’est surtout un véritable conteur, et qu’il m’emmène avec lui à chacun de ses récits ?

Peut-être, aussi parce que chaque personnage qu’il créé semble si réel, si vivant, profonds et attachants que je voudrai le connaître…

 Alexis après avoir écrit des romans de science-fiction qui malheureusement sont peu connus et pourtant d’un niveau de maîtrise excellent, il m’a ébloui avec sa Saga à “River Falls“, puis la série “Nuits Noires à Seattle“, en passant par la série “Jack Turner“ et bien d’autres encore, mélange de polars et de thrillers…

Aujourd’hui je vous parle de son dernier Roman “La fille de la plage”. 

 Quatre amis inséparables, Nathan, Jason, Sandy et Keith décident de sauver une jeune fille totalement épuisée et de la mettre à l’abri…
La jeune fille est belle et perturbante, elle a peur de la police et est persuadée d’être une mauvaise personne ou pire, une criminelle.

 Pour son premier roman “Girly“, Alexis ne peut s’empêcher de semer trouble, mystères et rebondissements sur les plages ensoleillées de Santa Barbara !!!

 Aussitôt commencé, je l’ai lu d’une traite !

Tout le roman est rythmé par une Playlist hétéroclite superbe passant par les standards actuels en faisant des détours vers la musique classique et des morceaux jazzy bien choisis…

Alexis ne se contente pas de tisser une intrigue linéaire. Il créé plusieurs sous-intrigues qui viennent enrichir la principale en croisant les personnages jusqu’à me perdre, pour mon plus grand bonheur.

 Deux jours à Santa Barbara. 

Deux jours qui vont changer à jamais la vie de ces quatre amis.

Deux jours intenses qui malgré l’amour et humour, amènent finalement tension et peur, qui pourraient se révéler dramatiques !

 

Le final ?

Un régal, Alexis, je crois que c’est la première fois que tu me mets la larme à l’œil… 

J’ai encore une fois passé un excellent moment de lecture.

 Un seul mot pour résumer ce roman : Émotion !

 Je vous le conseille fortement, en attendant impatient, son prochain roman !!!