Je me suis tue de Mathieu Menegaux


Le livre : Je me suis tue de Mathieu Menegaux.  Paru le 12 janvier 2017 aux Éditions, Points.  6€20 ; 400 p. ; 11 x18 cm.

Originellement Paru le 1er avril 2015 chez Grasset. 16€50 ; (190 p.) ; 21 x 13 cm

4ème de couverture :

Un dîner en ville. Au menu, nourriture bio, affaires et éducation des enfants. Claire s’ennuie et décide de rentrer seule à vélo. Elle ne le sait pas encore mais sa vie vient de basculer. Tour à tour victime puis criminelle, Claire échoue en prison et refuse obstinément de s’expliquer. À la veille de son jugement, elle se décide enfin à sortir de son mutisme…

 

 

L’auteur : Mathieu Menegaux est né en 1967. Il est l’auteur de Je me suis tue (Grasset, 2015 ; Points, 2017), primé aux Journées du Livre de Sablet, et de Un fils parfait (Grasset, 2017 ; Points, 2018), prix Claude Chabrol du roman noir, en cours d’adaptation pour la télévision. Et Est-ce ainsi que les hommes jugent ? (Grasset 2018). Avis rur  Je me suis tue « Un premier roman bouleversant qui se lit d’une traite. » Biba « Une tragédie moderne. » Philippe Vallet, France Info

 

 

 

Extrait :
« Toute ma vie pour cet instant ! Sa main sur la mienne posée, son sourire. Pouvoir le vivre, et le revivre, éternellement. Son émotion débordait. Il était intarissable, joyeux, excité, attentionné. Ses yeux pétillaient. Il redevenait un homme, enfin, et il en était fou de joie. Stérile disparaissait de son vocabulaire. Bouleversé. Tout a changé le jour où je t’ai donné la vie. Il était pris de vertige, perdu, ébahi devant cette perspective nouvelle. Je sentais son amour m’envahir et je jubilais au plus profond de moi : j’avais eu raison. J’avais raison. Quelle intuition, quel chef-d’œuvre, quel magnifique retournement de situation. Simple et limpide : cet enfant, c’était l’enfant d’Antoine, c’était notre bonheur, c’était la solution. Notre avenir prenait un tour enchanteur, et plus rien ne viendrait se mettre en travers de la belle histoire qui nous attendait. J’y croyais, dur comme fer. J’en étais persuadée, j’avais gagné. Tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Faire de chaque crise une opportunité, comme disent les manuels d’entreprise. Pauvre folle que j’étais. J’y croyais, ce soir-là, devant mon plat de pâtes. J’y ai cru, de toute mon âme.
C’est un beau roman c’est une belle histoire. »

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

Je me suis tue de Mathieu Menegaux

Bonjour à toutes et à tous…

 Je me suis tue est le premier roman de Mathieu Menegaux.

Lecture d’une seule traite… Pas le choix, l’auteur y a bien veillé, impossible de le lâcher.

Texte court, percutant, efficace, froid et glaçant, certaines phrases relèvent même de la poésie. Et la musique, cette musique qui nous poursuit tout le long du récit mettant en évidence la solitude de Claire.

Comment et pourquoi la vie d’une femme peut-elle basculer ainsi d’un instant à l’autre ?

 Je me suis retrouvé dans la tête de Claire. J’étais Claire.

Dès le début on la sait coupable. Mais coupable de quoi ?

D’ailleurs finalement, l’est-elle vraiment ?

 L’écriture sans concession de Mathieu nous raconte l’histoire très dure d’une femme perdue, d’une femme qui s’est perdue, elle qui ne voulait que le bonheur de son mari. L’utilisation de la première personne du singulier prends tout son sens au fur et à mesure du récit et comme Claire, j’ai subit ses doutes et ses angoisses. Un final inévitable mais qui fait quand même mal, car un jour ou l’autre, nous avons tous été comme Claire, à faire des choix qui auraient été différents avec un peu plus de réflexions…

 Quelques notes et tous mes regrets,

Tous mes regrets de nous deux,

Sont au bout de mes doigts…

 Il serait dommage de passer à coté de ce petit bijou.

A lire absolument.

Serial Belle-Fille de Cécile Pellault


La double chronique

Aujourd’hui deux flingueuse se sont penchées sur un premier roman.

Ce matin c’est Maud qui vous parle de sa lecture.

Cet après-midi notre jumelle papotera avec son porte flingue pour savoir ce qu’elle aussi à penser de ce titre.

Allez je vous laisse découvrir l’avis de Maud

serial belle-fille de cécile pellaultLe livre : Serial Belle-Fille de Cécile Pellault. Paru le 24 Mai 2005 aux Editions Le Manuscrit. Collection : Fiction et Litt. 15.90 euros. 158 pages. 14 x 0,9 x 22,5 cm


4ème de couverture :
Des femmes qui se retrouvent pour partager leurs déboires avec leurs belles-mères, des supplices inventés pour se défouler de la frustration à devoir les supporter, une soupape d’humour pour ne pas craquer et renvoyer ladite mégère dans ses pénates. . . Mais la plaisanterie tourne au cauchemar, le jour où une vieille fille décide de gagner l’admiration de Chloé, la présidente du club, et celle de ses amies en agressant leurs belles-mères pour les venger. . . Un jeu de piste s’engage pour la débusquer et tout le monde est mis à contribution. . .

L’auteur : Cécile Pellault a déjà publié trois romans : Serial Belle-FilleOn ne choisit pas sa famille et Le Brouillard d’une vie. Ce dernier a reçu le Prix du rendez-vous littéraire du salon de Moret sur Loing en 2016. Elle est également auteure de nouvelles et de poésie. Elle a vu un de ses textes primé par le Musée du Luxembourg et édité dans l’ebook collectif réalisé par le musée sur le peintre Fragonard.
Extraits :
« Je ne sais pas si on doit en rire ou en pleurer. C’est une chose de plaisanter sur les supplices en réunion, de nous défouler comme des gamines de nos frustrations de belle-fille à défaut d’aller à la confrontation avec nos belles-mères. Ce sont tout de même les mères de nos maris, concubins, voir concubines et comme on ne peut pas exiger de couper les ponts. »

Les Lectures de Maud :


 N’ayant pourtant pas de belle-mère actuellement, je me suis laissée tenter par cette découverte à la fois de l’auteur et de ce premier livre dont le thème m’avait fait sourire. Et oui qui n’a jamais eu envie d’envoyer sa belle-mère suite à une réflexion sur son travail ? sa maison ? ou ses enfants ?

Une histoire originale de jeunes femmes qui ne supportent plus leur belle-mère respective et qui se regroupent afin de se lâcher à leur sujet. Une ambiance à la fois noire car ce livre relate également les différentes conditions sociale et culturelle des protagonistes. On y retrouve par exemple la femme au foyer, la working girl, la flic, … autant de personnalités différentes mais qui ont un réel point commun.

Chloé, personnage principal, nous relate son quotidien, ses espoirs, sa vie, son association à laquelle elle voue une partie de son temps. Pourtant derrière le côté « vidage de sac » pendant leurs soirées, les fantasmes de vengeance à l’encontre de la mère de leur amour pleuvent. Tout se passe bien jusqu’au moment où l’une d’entre elles va se mettre à réaliser leurs rêves cachés. Chloé et son équipe, prises de remords, vont faire en sorte que les expéditions punitives cessent. Pourtant après avoir souhaités bien des maux à l’encontre de la grand-mère de leurs enfants, elles vont se rendre compte que derrière l’attitude il y a un profond malaise… Jusqu’où ira la vengeance ? Jusqu’aux excuses ?

Dans un style à la fois léger, direct et oral, ponctué d’humour et de sarcasmes, l’auteur met en lumière le ressenti de (sûrement) beaucoup de femmes. De nombreux dialogues rythment ce récit à la fois ludique, très réaliste, émouvant et faisant ressentir un cocktail d’émotions. Les relations humaines, les clichés et la vie de tous les jours sont également à l’honneur.

Je regrette juste l’absence de traduction lors de passages en anglais, ayant des connaissances plus que limitées dans cette langue.

Version lue : Broché

Mention : premier livre

Les lois de la frontière de Javier Cercas


Le livre : Les lois de la frontière de Javier Cercas. Paru le 08 janvier 2014 chez Actes Sud dans la collection Lettres hispaniques. Traduit de l’espagnol par Beyer, Elisabeth Beyer et  Aleksandar Grujicic. 23€ ;  (345 p.) ; 15×24 cm.

Réédité en poche dans la collection Babel le 2 septembre 2015. 9€70 ; (411 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

À l’été 1978, un adolescent de la classe moyenne en délicatesse avec son milieu croise la route du charismatique Zarco et de son amie Tere et devient un habitué de leur qg, un bar interlope dans un quartier malfamé de Gérone. Bientôt ils l’entraînent de l’autre côté de la “frontière”, au pays de ceux qui ne sont pas bien nés, l’initiant au frisson des braquages et au plaisir des tripots. Le garçon navigue entre les deux rives pendant tout l’été, irrésistiblement attiré par les lois de cette jungle dont il préfère continuer d’ignorer les codes, jusqu’au coup qui tourne mal.
Vingt ans plus tard, avocat établi, il assure la défense de son ancien camarade multirécidiviste et doit plaider. Pour le symbole vivant d’une rébellion salutaire, la victime expiatoire d’un système frelaté, ou les zones d’ombre de sa propre jeunesse ? Un écrivain, chargé de raconter l’histoire, recueille au cours d’entretiens divers les souvenirs et impressions des protagonistes. Lui-même cherche la vérité inattendue et universelle du romancier : l’ambiguïté.
C’est dans cette ambiguïté qu’excelle Javier Cercas, qui démystifie ici le romantisme de la délinquance comme celui de la rédemption, la démocratie espagnole et son miroir aux alouettes, les tourments qui toujours gouvernent l’exercice de la liberté.

 L’auteur : Javier Cercas Mena (né en 1962 à Ibahernando, dans la province de Cáceres) est un écrivain et traducteur espagnol. Il est également chroniqueur du journal El País.
Extrait :
Bref, a conclu l’inspecteur Cuenca, quand j’ai fini de lire le livre, je me suis souvenu d’avoir entendu un jour un professeur dire à la télé qu’un livre est comme un miroir, et que ce n’est pas le lecteur qui lit les livres mais les livres qui lisent le lecteur, et je me suis dit que c’était vrai. Je me suis aussi dit: Putain, les meilleures choses qui me soient arrivées dans ma vie me sont arrivées à cause d’un malentendu, parce qu’un livre horrible m’a plu et que j’ai pris un malfrat pour un héros. L’inspecteur Cuenca s’est tu; puis, sans cesser de me regarder avec une malice infiniment ironique, avec une ironie absolument sérieuse, il a demandé: C’est drôle, non?

 Le post-it du bibliothécaire

Ce roman rassemble tous les ingrédients de l’efficacité et de l’excellence des récits de Javier Cercas : une intrigue tenue avec brio jusqu’à la dernière page, des personnages surprenants, anti-héros de leurs propres vies et miroirs opaques de leurs faiblesses les plus profondes, et ce subtil mélange entre histoire et fiction qui caractérise l’écriture de cet auteur.

A l’époque de la transition démocratique espagnole, nous partons ici en quête de l’identité d’un jeune délinquant, qui de souffre-douleur va devenir malgré lui le pilier d’une relation indéfinissable entre deux personnages à la fois solitaires et inséparables : Zarco, figure impossible de l’amitié, et Tere, figure impossible de l’amour. Ce trio infernal va traverser une série d’épisodes douloureux, porté par son irrésistible propension à la chute.

Ce roman de Javier Cercas fait preuve d’une écriture brillante, parfois incisive, parfois rondement développée, mais qui n’oublie jamais la raison d’être de l’intrigue : l’écriture, la figure même de l’auteur. Le récit est en effet porté par la reconstitution de l’histoire de Zarco par un écrivain. C’est ce double jeu entre l’invention d’une histoire et sa transcription qui rend les personnages de Javier Cercas si réels et si attachants.

Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel


Le livre : Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel – Paru le 22/03/2018 – éditions Belfond dans la  collection Thrillers .21.90 €  –  (744 pages) ;  22 x14  cm.               epub 14.99 €

 4ème de couverture :

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Ce que maman a oublié de dire, c’est que les anges qui tombent ne se relèvent jamais.
Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude.
Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer.
Une rencontre va peut-être changer son destin…

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

L’auteur : Karine Giébel est une auteure française de romans policiers, ou plus précisément de thrillers psychologiques.
Après des études de droit et l’obtention d’une licence, elle cumule de nombreux emplois dont celui de surveillante d’externat, pigiste et photographe pour un petit journal local, saisonnière pour un Parc National ou encore équipier chez McDonald.
Elle intègre ensuite l’administration. Elle est actuellement juriste dans la fonction publique territoriale et s’occupe des marchés publics au sein d’une communauté d’agglomération.
Elle publie deux premiers romans, Terminus Elicius (Prix Marseillais du Polar 2005) et Meurtres pour rédemption, dans la collection « Rail noir » aux éditions La Vie du Rail en 2004 et 2006.
Les Morsures de l’ombre, son troisième roman, a obtenu le Prix Polar du festival de Cognac en 2008 et le Prix SNCF Polar 2009.
En huit romans, souvent primés, elle s’est fait une place à part dans le thriller psychologique.
Juste une ombre, paru au Fleuve Noir en mars 2012, a reçu le Prix Marseillais du Polar et le Prix Polar du meilleur roman français au Festival Polar de Cognac. En 2013 c’est Le purgatoire des innocents puis Satan était un ange en 2014
En mars 2016, paraît son 9ème roman : De force.
En mars 2018, paraît chez Belfond son dernier roman : Toutes blessent la dernière tue.
Ses romans sont traduits en 9 langues (allemand, italien, néerlandais, russe, espagnol, tchèque, polonais, vietnamien et coréen). Juqu’à ce que la mort nous unisse paru en 2009, adapté au cinéma, devrait sortir prochainement.
Extraits :
« Je suis sur la mauvaise pente, je n’ai pas fait les bons choix. Je sais que j’avance sur des chemins dangereux, bordés de ravins vertigineux. Il serait si facile de chuter… Et de ne jamais remonter.
Mais je veux du danger, de la vitesse, du fric. Je veux de l’excès, de la violence en tout. Je veux le pouvoir.
Frémir à chaque instant, ne pas savoir si la journée qui commence sera la dernière ou si je verrai mes quatre-vingts ans.
Parce que vivre, c’est ça. Vivre, c’est avoir peur, avoir mal. Vivre, c’est risquer. Vivre, c’est rapide et dangereux.
Autrement, ça s’appelle survivre.
Toute mon enfance, j’ai survécu. Désormais, je veux vivre. Ou mourir.
Quand je regarde Tama, tous ces sentiments me frappent la tête.
Je l’ai sauvée et elle dépend entièrement de moi. Je peux la protéger et même la rendre heureuse.
Mais je pourrais aussi la détruire, l’asservir.
Je ressens une puissance absolue. Ainsi qu’une terrible charge sur mes épaules.
Dans ma tête, c’est un drôle de mélange. Presque un carambolage.
Quand je regarde Tama, je ne sais plus qui je veux être. Qui je veux devenir. »

  

La chronique jubilatoire de Dany

Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel

« Vulnerant omnes, ultima necat.

Toutes les heures m’ont blessée, la dernière me tuera. »

Toute classification de ce thriller serait inexacte … disons qu’il s’agit d’une étonnante histoire d’amour, cruelle et haletante, en milieu hostile. Mais au-delà de cela, ces 740 pages sont surtout un manifeste contre l’esclavage moderne, qu’il soit domestique ou sexuel. Tama est à l’image de ces toutes jeunes enfants déracinées, confiées à des familles métropolitaines sans scrupules et soumises à l’exploitation la plus ignoble, celle qui frappe des faibles vendues par leurs familles, elles aussi victimes du mensonge … Ne nous leurrons pas … cet asservissement frappe à côté de chez nous et ne sommes-nous pas complices du fait de ne pas vouloir voir ?

Quelques rares moments de répit au cours des errances de Tama peuvent laisser espérer une issue positive, c’est cependant bien une aventure humaine, cruelle et  haletante que nous allons vivre avec les petits braqueurs ratés, les voitures de luxe et les trafics en tous genres.

Karine Giébel met tout son talent de conteuse au service du suspense qui entoure cette intrigue, sur deux tableaux, deux temporalités différentes mais imbriquées qui permettent au lecteur de découvrir le passé de Tama. Avec ce récit aussi fort que Meurtres pour rédemption, sans aucun doute Tama restera au panthéon de ses personnages emblématiques, au même titre de Marianne.

Lu en version numérique.

Extrait 2
« Hier, j’ai lu un article sur le tourisme sexuel. Des enfants, des petites filles, atrocement exploités. En refermant le quotidien, je me suis dit que j’avais eu de la chance, finalement. Moi, je n’ai servi que de bonne, de servante alors que d’autres finissent dans des bordels. J’ai échappé au pire.
Oui, j’ai eu beaucoup de chance, quand j’y songe.
J’ai également découvert Internet. De temps en temps, je m’y connecte lorsque Izri laisse son ordinateur portable à la maison. La Toile est si vaste que je m’y perds pendant des heures. Izri m’a prévenue que c’était moins fiable que les livres, mais j’y ai appris des choses étonnantes. Il y a quelques jours, j’ai lu une citation d’Anatole France qui m’a bousculée.
Mieux vaut la liberté dans les enfers que l’esclavage dans les cieux. »

 

esclavage moderne, éducation, séquestration, vengeance, violence, femmes, amour, prison, maltraitance

Photos en PJ :

Extrait 3 et 4  :
« Toutes blessent, la dernière tue.
Toutes les heures blessent, la dernière tue.
Aujourd’hui, je comprends à quel point c’est vrai. Je n’ai pas encore dix-sept ans et j’ai connu la servitude, les humiliations, les insultes, les brimades. On m’a frappée, si fort que j’ai failli mourir. On m’a planté un clou dans la main, privée de nourriture. Privée de tous mes droits. Mejda m’a violée. Greg me viole tous les jours.
Et je n’ai pas encore dix-sept ans.
Mais le plus terrible, c’est le mensonge.
On a menti à mon père. On a menti à Izri.
Menti à ceux que j’aime le plus pour leur faire croire que je suis mauvaise.
Mon père est parti en pensant que j’étais une ingrate, que je l’avais trahi. Il est parti sans connaître la vérité. Qu’en sera-t-il d’Izri ?
Les heures à venir me blesseront-elles plus encore ? »
  
« Elle était la voix de l’horreur, de l’indicible et de l’intolérable.
La voix des esclaves.
À cette seconde, terrible, Tayri était toutes les femmes blessées, torturées. Elle était leur douleur, leur souffrance, leur courage. Leurs larmes et leur désespoir.
Tayri était l’enfance bafouée, volée, abandonnée.
Elle était les échines courbées, les rêves brisés, les détresses silencieuses, les longues nuits de solitude.
Elle était les appels au secours qu’on n’écoute pas, les cris qu’on n’entend plus.
Tayri était le monde tel qu’il est, tel qu’on refuse pourtant de le voir.»

La fille de la plage de Alexis Aubenque


Le livre : La fille de la plage de Alexis Aubenque. Paru le 16 mai 2018, aux Éditions, Hugo Roman. 17,00€ ; 464 p. ; 13 x 20,5 cm.

4ème de couverture :

Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Que cherche-t-elle ?

En ce début d’été, Jason, Nathan, Keith et Sandy fêtent la fin de l’année universitaire. Si certains sont issus des plus riches familles de Santa Barbara, la ville de tous les excès, et d’autres sont moins fortunés, un lien indéfectible les unit depuis leur enfance. La soirée s’annonce sous les meilleurs auspices. Mais la découverte de Chelsea, jeune fille retrouvée inconsciente sur la plage, s’apprête à changer à tout jamais leur existence.

Avec une candeur désarmante, elle s’immisce dans chacune de leurs vies. Prodiguant des conseils à Sandy, fragile et peu sûre d’elle, mais aussi à Nathan en proie à un inquiétant maître-chanteur.

Quant à Keith, totalement envoûté par Chelsea, il est prêt à tout pour la défendre.

Mais en vaut-elle vraiment la peine ? Est-elle aussi ingénue qu’elle en a l’air ? Jason, seul à émettre des craintes à son endroit, a-t-il raison de se méfier alors que les trois autres sont tombés sous son charme ?

Au travers de cette rencontre, les quatre étudiants vont se retrouver en proie au doute. Et chacun va se remettre en question et se confronter à ses désirs et à ses contradictions, pour au final relever le défi le plus exigeant qui soit : la découverte de soi-même.

L’auteur : Née le 23 décembre 1970, originaire de Montpellier. Alexis Aubenque, après une maîtrise en sciences économiques, décide de changer radicalement de cap, et se tourne vers l’écriture.

Passionné de littératures de genre, il devient libraire durant près de dix ans, tout en publiant des romans de science fiction, dont le diptyque « La chute des mondes » chez Pocket, ainsi que la nanologie « L’empire des étoiles » chez Fleuve Noir. Il se tourne ensuite vers le Thriller, où il publiera aux éditions Calmann-Levy la trilogie River Falls, dont le deuxième tome fut couronné par le Prix Polar de Cognac.

Il enchaîne en 2011 avec le premier tome des « Nuits Noires à Seattle », la suite délocalisée à l’Est de River Falls, mais aussi avec Canyon Creek, un « one shot » aux éditions du Toucan. Lauréat de prix prestigieux et traduit dans plusieurs pays, Alexis Aubenque dans son dernier roman, convie sur les plages ensoleillées de Santa Barbara une multitude de personnages attachants et savoureux dans une saga d’été qui mêle romance, amitié, mystère et rebondissements.

 

Extrait :
« La musique du boléro prenait de l’ampleur. Après les violoncelles, les flûtes, la harpe, l’orchestre tout entier s’incrustait crescendo dans la mélodie hypnotique au rythme ostinato. Sandy ferma les yeux et s’imagina à danser.
Les minutes s’égrenaient et la mélodie montait en puissance pour la cueillir tel un ouragan. Jack avait augmenté le volume et Sandy avait l’impression d’être prise dans un tourbillon de notes qui s’adressait à elle dans un langage qu’elle n’avait jamais entendu auparavant mais qu’elle comprenait intuitivement.
La voiture s’arrêta, mais Jack attendit la fin du morceau pour couper le contact.
Sandy avait les larmes aux yeux. Elle n’en revenait pas. C’était magique. Jamais elle n’aurait imaginé que la musique classique puisse provoquer de telles émotions.
– Ça va ?
– Oui, excusez moi, c’est tellement beau.
– Tu n’as pas à t’excuser. Nous vivons dans une société qui refuse d’émotion et qui ne sait plus ce qu’est la beauté. Une société qui refuse de s’ouvrir à ce qu’elle ne connaît pas est une société qui rétrécit. Comme tu l’as vu hier, je n’ai rien contre la musique rock, ou pop, r’n’b, ni même techno, mais on ne ce doit pas pour autant d’oublier ce que sont le classique et le jazz.»
 

Le ressenti de Jean-Paul 

 La fille de la plage de Alexis Aubenque

Bonjour à toutes et à tous…

 J’entretiens des rapports très particuliers avec Alexis !
(Attention ! En tout bien tout honneur !!!)

 Peut-être, parce que c’est l’un des premiers auteurs que j’ai rencontré lors d’un salon ?

Peut-être, parce qu’il fait parti de ces auteurs qui ne sont pas sur un piédestal, qu’il est très abordable ?

Qu’il est comme vous et moi, qu’il aime discuter et rire (rire surtout !)…

Peut-être, parce que plus qu’un auteur, c’est surtout un véritable conteur, et qu’il m’emmène avec lui à chacun de ses récits ?

Peut-être, aussi parce que chaque personnage qu’il créé semble si réel, si vivant, profonds et attachants que je voudrai le connaître…

 Alexis après avoir écrit des romans de science-fiction qui malheureusement sont peu connus et pourtant d’un niveau de maîtrise excellent, il m’a ébloui avec sa Saga à “River Falls“, puis la série “Nuits Noires à Seattle“, en passant par la série “Jack Turner“ et bien d’autres encore, mélange de polars et de thrillers…

Aujourd’hui je vous parle de son dernier Roman “La fille de la plage”. 

 Quatre amis inséparables, Nathan, Jason, Sandy et Keith décident de sauver une jeune fille totalement épuisée et de la mettre à l’abri…
La jeune fille est belle et perturbante, elle a peur de la police et est persuadée d’être une mauvaise personne ou pire, une criminelle.

 Pour son premier roman “Girly“, Alexis ne peut s’empêcher de semer trouble, mystères et rebondissements sur les plages ensoleillées de Santa Barbara !!!

 Aussitôt commencé, je l’ai lu d’une traite !

Tout le roman est rythmé par une Playlist hétéroclite superbe passant par les standards actuels en faisant des détours vers la musique classique et des morceaux jazzy bien choisis…

Alexis ne se contente pas de tisser une intrigue linéaire. Il créé plusieurs sous-intrigues qui viennent enrichir la principale en croisant les personnages jusqu’à me perdre, pour mon plus grand bonheur.

 Deux jours à Santa Barbara. 

Deux jours qui vont changer à jamais la vie de ces quatre amis.

Deux jours intenses qui malgré l’amour et humour, amènent finalement tension et peur, qui pourraient se révéler dramatiques !

 

Le final ?

Un régal, Alexis, je crois que c’est la première fois que tu me mets la larme à l’œil… 

J’ai encore une fois passé un excellent moment de lecture.

 Un seul mot pour résumer ce roman : Émotion !

 Je vous le conseille fortement, en attendant impatient, son prochain roman !!!

 

Inexorable – Claire Favan 


Aujourd’hui c’est double chronique.

En effet, nous voulions marquer le coup pour la sortie d’

Inexorable de Claire Favan 

Ce matin c’est Clémence qui nous donne son avis

Ce soir ce sera le petit avis de Kris.

Aussi aujourd’hui c’est Double Chronique


 

Le livre : Inexorable, de Claire Favan. Paru le 11 octobre 2018 aux éditions Robert Laffont, collection La bête noire. 20€ ; (384 p.) ; 14 x 22,5 cm.

4ème de couverture :

Vous ne rentrez pas dans le moule ? Ils sauront vous broyer.

Inexorables, les conséquences des mauvais choix d’un père.

Inexorable, le combat d’une mère pour protéger son fils.

Inexorable, le soupçon qui vous désigne comme l’éternel coupable.

Inexorable, la volonté de briser enfin l’engrenage…

Ils graissent les rouages de la société avec les larmes de nos enfants.

 

L’auteur : Née à Paris en 1976, Claire Favan travaille dans la finance et écrit sur son temps libre. Son premier thriller, Le Tueur intime, a reçu le Prix VSD du Polar 2010, le Prix Sang pour Sang Polar en 2011 et la Plume d’or 2014 catégorie nouvelle plume sur le site Plume Libre. Son second volet, Le Tueur de l’ombre, clôt ce diptyque désormais culte centré sur le tueur en série Will Edwards. Après les succès remarqués d’Apnée noire et de Miettes de sang, Claire Favan a durablement marqué les esprits avec Serre-moi fort, Prix Griffe noire du meilleur polar français 2016, et Dompteur d’anges. Son dernier roman, Inexorable, marque un tournant plus intimiste, en mettant en scène un enfant broyé par la société.

 

Extrait :
« Je trouve dommage que les personnes qui ont des handicaps visibles ou, comme le mien, invisibles sauf au niveau du comportement soient aussi mal traitées et accueillies au sein de l’école. C’est comme si on subissait une double punition : notre état pas forcément toujours facile à gérer, et le poids malsain et cruel du regard des autres. »

 

L’avis de Clémence, de la page « Les lectures de Clémence » :

Inexorable, de Claire Favan :

 

Il est très difficile pour moi de débuter cette chronique, pour la simple et bonne raison que je ne veux pas trop en dire…

Ce livre qui commence avec une préface écrite par le fils de Claire Favan, Gabriel, est d’une force telle que les émotions m’ont submergées à sa lecture…

Grande fan de l’auteur, j’attendais son petit dernier avec impatience. Claire m’avait prévenu sur le caractère original de ce roman, très différent de ce qu’elle écrit d’habitude.

Claire est une reine inconditionnelle du thriller français et pourtant elle a réussi le challenge de changer complètement de genre avec ce roman noir mais surtout ce message d’amour…

Dès les premières lignes, que dis je, les premiers mots, j’ai su que ce livre serait différent.

J’ai vite compris que cette lecture allait me faire ressentir un énorme bouquet d’émotions.

Claire habituée aux tueurs en série de l’autre côté du globe prend place en France avec une histoire poignante que je ne vous livrerai pas tant il est important de le découvrir par vous-même.

La différence est ici le sujet primordial. Différence vécue et ressentie par Gabriel puis par Milo, tous deux enfants « uniques », pour qui le handicap est invisible et incompris.

Tous deux catalogués, montrés du doigt, moqués … Mais tous deux profondément aimés par leurs mères respectives.

Le livre aborde la relation mère/fils avec tant de vérité … On y découvre la force de l’amour maternel et l’ampleur des actes que peut faire une mère pour aider ou sauver son enfant.

Claire y dénonce le moule imposé par la société dans les rapports humains et la bêtise pouvant y être associée.

Mais attention, au-delà de ce témoignage criant de vérité, Claire Favan nous offre un roman noir où l’intrigue a tout son sens. On y retrouve ce que l’on aime dans sa plume les meurtres et la psychologie humaine.

On ressent l’importance des recherches effectuées et le vécu de l’auteur elle-même …

On ne peut que s’attacher aux personnages meurtris par les autres, ceux qui se croient supérieurs et se permettent de juger ceux qu’ils trouvent plus faibles.

Claire y dépeint les chocs émotionnels ou comment une situation tragique peut elle changer une personne ? Comment les événements faisant suite à une tragédie s’enclenchent et rentrent dans un engrenage infernal ?

Je n’en dirai pas plus car je ne compte pas vous dévoiler l’intrigue. A vous de lire ce livre et de vous l’approprier.

Il est très important d’écouter notre cœur au cours de nos lectures et je peux dire qu’Inexorable ne m’aura pas laissée indifférente.

Bravo à l’auteur pour ce pari risqué mais ô combien maîtrisé.

Je persiste et je signe, Claire Favan est bel et bien l’une de mes auteures françaises favorites.

Je remercie Claire et Sandrine pour leur confiance.

Fissions de Romain Verger


Le livre : Fissions de Romain Verger. Paru le 13 Mai 2013 aux Editions du Vampire Actif, Collection Les Séditions du Vampire. 13€16 euros ; (137 p) ; 18 x  12 cm.

4ème de couverture :

« Tu m’avais dit marions-nous le 21 juin, au solstice d’été. C’est le jour le plus long. À Rochecreuse, à la montagne, où le soleil consume longtemps les cimes. »
Dans un face à face avec l’écriture, un homme se remémore sa nuit de noces, en suit le cours jusqu’à son apothéose tragique.

 

 

 

L’auteur : Après des études de Lettres et un Doctorat consacré à l’écriture onirique dans l’œuvre du poète Henri Michaux, Romain Verge enseigne trois ans à l’Université Paris X (Nanterre) puis dans le secondaire. Professeur de lettres, il anime aussi des ateliers d’écriture. À partir de 1990 et jusqu’en 2003, il écrit et publie de la poésie. Depuis 1990, de nombreux poèmes ont paru en revues : Le Nouveau Recueil, La Polygraphe, Décharge, Passage d’encres, Pleine marge, Friches, Contre-allées, Arpa, Diérèse…
En 2003 paraît Premiers dons de la pierre (éd. L’improviste), un recueil de poèmes accompagné de dessins, inspiré des représentations pariétales de la Grotte Chauvet. En 2004, il tire un essai de sa thèse de doctorat sur Henri Michaux : Onirocosmos (éd. Presses Sorbonne Nouvelle), travail d’inspiration narratologique, psychanalytique et psychiatrique.
Romain Verger a publié, depuis, deux livres aux éditions Quidam : Zones sensibles et Grande Ourse.
Extrait :
«Qu’ont-ils fait de nous, Noëline, qu’ont-ils fait de toi ? Peut-on mieux dévoiler l’amour à ceux qui s’y destinent qu’en les séparant comme on tranche les siamois, en taillant dans la chair et brisant l’os iliaque, dans le vif des deux, en dédoublant le mal, en répliquant la nuit ? Pour te retrouver, te voir, je suis du bout des doigts les nouveaux traits de mon visage, cette page de braille qu’est devenue ma face : arêtes, séracs, fissures, escarpes, l’exact calque en trois dimensions de ce pays montagneux dans les plis contractés duquel a couvé notre union. Il ne nous aura guère fallu une vie entière pour qu’à l’image de ces couples que de longues années de vie commune façonnent l’un en miroir de l’autre, nous en venions à nous confondre.»

 

Les Lectures de Maud :

Un drame magnifiquement bien écrit et relaté à la première personne. Les personnages sont bien décrits, leur souffrance, leur caractère. Comment ce jour qui devait être le plus beau de leur vie va virer radicalement au cauchemar ? Comment la folie s’est immiscée dans leur couple ? Comment les drames familiaux, le vécu peuvent faire basculer une personne, une famille, que rien ne puisse soulager, aider, ni soigner.
L’auteur grâce à une plume littéraire et puissante à la fois, nous emmène dans ce roman noir, dramatique et où l’amour, l’amitié ne suffisent pas à rendre heureux les personnes. J’ai été bouleversée à la fin de ma lecture, du noir, de la violence, mais un livre magnifique que je recommande vivement.
Voyez par vous-même jusqu’où le narrateur est prêt à aller par Amour.

Découverte au Salon de l’Autre Livre – Paris 2018

Tags : France, amour, trahison, folie,

L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen


unitéLe livre: L’unité Alphabet de Jussi Adler-Olsen. Parution le 03 septembre 2018 aux éditions Albin Michel. 22€90 ; (640 p.) ; 22,5×15,5

 

4ème de couverture:
L’Unité Alphabet est le service psychiatrique d’un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d’atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l’Est.
Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu’il a abandonné à l’Unité Alphabet et qu’il n’a jamais retrouvé. En 1972, à l’occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d’un passé plus présent que jamais.

Jussi_Adler-Olsen_389962xL’auteur: Jussi Adler-Olsen, de son vrai nom Carl Valdemar Jussi Adler-Olsen est un écrivain danois. Il est né le 2 août 1950 à Copenhague. Après avoir été le « bon » guitariste d’un groupe de musique pop, il s’essaie à la médecine puis aux sciences politiques, étudie le cinéma, mais aussi les mathématiques.
Plus tard, il transforme son appartement en boutique de BD d’occasion, monte une maison d’édition, joue les scénaristes et participe au Mouvement danois pour la paix.
Depuis 2007, Jussi Adler-Olsen s’est spécialisé dans une série de romans policiers. Il connaît un succès sans précédent avec Département V, sa série best-seller.
Cette série a été récompensée par les prix scandinaves les plus prestigieux : le Prix de la Clé de Verre du meilleur thriller scandinave, le Prix des Lauriers d’Or des Libraires et le Prix des Lecteurs du meilleur livre danois.
En France, Miséricorde a été récompensé par le Grand Prix des Lectrices de ELLE 2012 et le Prix des lecteurs du Livre de Poche 2013.
Son roman « Délivrance » (2013) a déjà reçu le Prix du meilleur Thriller scandinave ainsi que le Prix des libraires Danois.
Les deux premiers tomes de « Département V » ont été adaptés au cinéma au Danemark.
La série est traduite ou en cours de traduction dans plus de 40 pays, et s’est déjà vendue à plus de 10 millions d’exemplaires dans le monde.
Extrait:
« Ce travail avait été éprouvant pour le groupe d’inspection. Y compris quand il s’était agi de patients normaux souffrant seulement de blessures physiques. Le mépris des nazis pour les faibles n’avait même pas épargné leurs propres hommes. Il n’était pas rare de voir des patients nazis dont l’alimentation avait été si pauvre en graisses pendant les derniers mois de la guerre que leur système nerveux en était durablement affecté. Parmi tous les hôpitaux militaires qu’ils avaient visités, seuls quelques-uns, dans le sud de l’Allemagne et à Berlin, avaient été jugés de qualité acceptable. Les autres étaient une véritable misère. »

 

Le OFF de Oph

L’unité Alphabet, de Jussi Adler-Olsen

IMG_8759

Surprenant… Une plongée dans les méandres de la mémoire… A une époque où l’homme était prêt à tout pour survivre, qu’auriez-vous fait à leur place?

Haine, trahisons, amitié, amour, meurtres… Il y a tout ça dans « l’unité alphabet ».

Ce roman de Jussi Adler-Olsen est en fait son premier roman. Paru en 1997 au Danemark, c’est Albin Michel qui nous le fait découvrir aujourd’hui.

J’ai évidemment beaucoup entendu parlé de l’auteur, pour autant je ne l’avais encore jamais lu. C’est donc une totale découverte pour moi et je n’avais aucun a priori.

Ce pavé de 640 pages et composé de deux parties. Si la deuxième m’a transportée, je me suis ennuyée pendant la première. Beaucoup de descriptions et peu de rythme, j’ai eu peur de le lâcher, mais certains sujets m’ont convaincus de m’accrocher, et grand bien m’en a pris.Ma lecture achevée je ne regrette pas de ne pas avoir abandonné. La première partie est essentielle pour la mise en place du décorum et pour faire connaissance avec les personnages multiples qui évoluent au cœur d’une intrigue qui mêle le passé et le présent dans une valse à trois temps…

Quand l’avion de Brian et James s’écrase en Allemagne, les deux anglais n’ont pas d’autre choix, pour survivre, que de se faire passer pour des malades allemands. Leur parcours nous permet de faire connaissance avec ces deux personnages forts, liés par une amitié qui remonte à l’enfance. C’est également pour l’auteur l’occasion d’évoquer l’euthanasie thérapeutique, courante sous le régime nazi, de sombrer au cœur de la folie d’un système mais également de la folie des hommes.. Jussi Adler-Olsen prend le temps de nous présenter les acteurs de ce thriller dont le rythme va monter crescendo à compter de la deuxième partie.

Les sujets évoqués sont nombreux, entre la folie, la haine, l’amitié, l’espoir, l’euthanasie… mais pas au service de l’intrigue comme c’est souvent le cas dans un thriller, mais davantage au bénéfice des personnages qui s’étoffent, qui prennent en consistance pour notre plus grand plaisir de lecteurs.D’ailleurs l’unité alphabet ce n’est pas un thriller « classique » avec une intrigue centrale et la résolution d’une enquête ou d’un meurtre!L’unité alphabet est un thriller dont les personnages sont l’intrigue.Qui sont-ils vraiment? que cherchent-ils? Que cachent-ils?Jusqu’où iront-ils?

Après des débuts chaotiques je me suis laissée transportée par la deuxième partie du roman qui s’est révélée passionnante de revirements, de rebondissements, et pourvoyeuse de sentiments contradictoires.

Un roman qui m’a donné envie de découvrir les autres roman de Jussi Adler-Olsen, de lire l’évolution de son style et me délecter encore de ses personnages.

Je ne t’oublie pas – Sébastien Didier


Le livre : Je ne t’oublie pas de Sébastien Didier. Paru le 30 mars 2018 en auto édition. 17,90€ ; (559 p.) ; 13,2 x 19,6 cm.

4ème de couv :
 
Une disparition inexpliquée, un passé impossible à effacer… Le cauchemar ne fait que commencer.
Un seul SMS aura suffi à faire basculer la vie de Marc Vasseur. Un SMS de rupture. Mais pourquoi sa femme quitterait-t-elle du jour au lendemain une famille et une vie en tous points idylliques ?
L’enquête piétine. Et ce ne sont pas les voisins des Vasseur à Bellevue Park qui la feront avancer. Dans ce luxueux lotissement privé, discrétion et silence ont été érigés en art de vivre.
Trois mois après la disparition de Sandra, Marc reçoit un message accompagné d’une photo. Celle d’une jeune fille qu’il n’a jamais vue mais qui arbore un médaillon. Ce bijou, il le reconnaît, il en est sûr, c’est celui que portait Sandra. Celui qu’elle ne quittait jamais.
Que fait-il au cou de cette inconnue ? A-t-elle un lien avec la disparition de sa femme ?
Marc lance alors ses dernières forces à la recherche de cette fille. Et c’est un voyage au plus profond de la noirceur de l’âme humaine qui l’attend.
L’auteur : Sébastien Didier a 39 ans et est originaire de Nice, où il vit avec sa famille. Il est passionné de lecture et d’ecriture depuis toujours, mais aussi de cinéma et de nouvelles technologies. Je ne t’oublie pas est son premier roman. Découvert sur la plateforme Fyctia, il a été en finale du concours thriller « Derrière les portes » parrainé par B.A Paris qui lui a décerné un coup de pouce et a vu en lui « un véritable page-Turner très riche en action et en intrigue qui ne laisse pas au lecteur le temps de s’ennuyer une seconde ».
 
Extrait : 
 
« Sandra releva la manche de son chemisier de quelques centimètres. La grande aiguille de la Rolex n’avait pas bougé. Ou si peu. Toujours bloquée à la verticale. Figée. Immobile. En tout cas, c’était l’impression qu’elle lui laissait. Que dans les dernières minutes de son attente le temps s’étirait à n’en plus finir et que même lui s’ingéniait à la décourager.
Elle n’était pas encore sûre d’avoir pris la bonne décision. Allait-elle renoncer? Non, elle en avait trop fait désormais. Elle en savait trop. Mais pas assez. Car au final, pour une vérité établie, combien de déductions, de ressentis,de souvenirs…combien de brume pour un simple rai de lumière? Tout se bousculait dans sa tête, les questions ricochaient comme autant de boules dans un billard à mille bandes. »
 

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

Je ne t’oublie pas de Sébastien Didier

Marc et Lisa, sa fille, vivent un cauchemar depuis trois mois et la disparition de Sandra. Alors que tout semblait aller du mieux possible, Sandra envoie un message à son époux, Marc, pour lui signaler leur « rupture ».

Trouvant que la police n’est pas assez compétente,Marc engagera, Paul, un détective, ancien flic.

Plusieurs éléments viendront le faire douter à son tour puisque Sandra aurait été aperçue à plusieurs reprises dans un bar à filles.

Marc, follement amoureux de sa femme, décide de ne rien lâcher et confiera  sa fille aux mains du grand père.

Et là! Tout s’enchaîne! Sébastien parvient à vous happer, c’est une malédiction !

Les pages se tournent et vous empêchent de dormir !

Plus on avance dans l’histoire et plus l’entonnoir se resserre…

Et alors que la fin se profile avec son dénouement inattendu et bien NON CE N’EST PAS ENCORE FINI!

À la recherche d’action et de suspens, ce livre est fait pour vous !

L’amour et la confiance ont une place primordiale dans ce livre. On y ressent la forçe des sentiments éprouvés entre mari et femme qui sont indétrônables.

Quand l’amour est là, il triomphe toujours !

Merci à Sébastien pour sa confiance et surtout merci pour ce thriller haletant qui vient grossir les rangs de mes coups de cœur 2018 !

La Dynamique du Chaos-Ghislain Gilberti


Le Livre: La Dynamique du Chaos (version non censurée), de Ghislain Gilberti, paru le 19 janvier 2017 chez Ring collection Ring noir. Edité le, 08 mars 2018  chez la m »canique générale en format poche 9€90. .421 pages.   11,2 x 1,9 x 17,1 cm
4ème de couverture:  

Gys, un jeune homme au passé agité, va jusqu’à l’impensable pour oublier sa séparation. Rapidement, il cède à l’ivresse nerveuse des transgressions aux côtés de ses trois amis de la  » Génération Nada  » : avec eux, il écumera bars et clubs de tous les excès, traquant le chaos qui lui permettra de mieux voir le monde. Il ignore qu’au loin, un train fou fonce déjà sur lui. Le monstre d’acier s’appelle Séverine.

Dynamique du Chaos fait l’effet d’un coup de tonnerre lors de sa mise en ligne sur Internet en 2007, avec plus de 100 000 téléchargements et un torrent de commentaires de lecteurs jetés à corps perdus dans cette aventure radicale. Aujourd’hui publié pour la première fois sans censure et en édition papier, ce texte sauvage raconte la chute libre d’un homme sur fond de drogues, de sexe, d’abus en tout genre et l’amour passionnel, irrationnel, d’un homme pour une femme. Dans son art de la torsion, le virtuose Gilberti repousse les limites du soutenable par une obsession suprême inavouée : tenter de retrouver une forme originelle de pureté métaphysique et romanesque.

L’auteur:  Ghislain Gilberti, écrivain belfortain, né le 23/04/1977,  est auteur de romans noirs, de poésie contemporaine, d’essais et parolier pour plusieurs groupes ( Malevolentia, The Fall of Time, Fuck an Angel, De Lys, Arnaud D). Il va puiser dans les replis les plus sombres du corps social pour en tirer la matière qu’il injecte dans ses textes.
– « Dynamique du chaos » (2008), son premier roman, a été publié en ligne et rencontré un vif succès. C’est un roman viral qu’il est possible de télécharger gratuitement et qui circule partout sur la toile.
Avec six romans, Ghislain s’est imposé comme un auteur incontournable du genre.
 
Extrait: « 
« Nous voici, debout au centre du monde, bien au chaud dans nos manteaux d’égocentrisme. Noyés d’alcool et de drogues, perdus dans la masse intestinale de l’humanité, nous nous débattons en vain pour ne pas couler tout à fait. Nos désirs nous rongent de ne pouvoir être satisfaits, nos pulsions nous explosent à la gueule. Nous sommes des maux inutiles, des messagers muets et amnésiques. Des enveloppes de chair gonflées de néant, débordantes de souffrance. Et au fond, tout au fond, les âmes puantes et atrophiées hurlent de douleur, régurgitent leurs rêves prédigérés. Les plaintes parviennent à la surface. L’odeur aussi. Mais il y a ici assez de « Jean-Paul Gautier », de « Kenzo » et de tubes merdiques pour couvrir tout ça.
Nous sommes au cœur du Vide.
Je vomis vos images dans des brûlures atroces. »

Le OFF de OPH

« La dynamique du Chaos » de Ghislain GILBERTIchez Ring, une plongée en enfer…

Dès l’introduction, j’ai été touchée par la douleur et la souffrance qui transpiraient des mots de Ghislain. Des termes puissants, durs, pour évoquer une enfance brisée sur l’autel de la violence.
« J’ai grandi sous le règne d’un dieu féroce, illogique, sadique, pervers.Mon père était mon geôlier, mon bourreau.Mon entourage n’a jamais rien fait pour arrêter ça, se contentant de tourner la tête et d’ignorer cette détresse. Je ne peux pas le leur reprocher, le drame qui se jouait était insoluble et personne n’avait envie de titiller la bête au risque de se faire mordre. »

Pendant toute ma lecture, j’ai été tiraillée entre l’ombre et la lumière. L’obscurité des images, du récit; la clarté que je me suis échinée à conserver en m’accrochant aux liens d’amitiés forts existant entre Gys et Manu, mais aussi Nico et toutes ces autres personnes qui, dans la noirceur d’un monde qui m’est inconnu, se soutiennent au-delà des normes et des conventions.

J’ai eu mal, le ventre noué, les mains crispées autour d’un roman qui, parce qu’il est à 99% autobiographique, ne peut être lu comme un simple divertissement. Il faut en prendre toute la mesure pour entendre le message de Ghislain.
L’écriture est viscérale, douloureuse, sans filtre, comme si part ses mots Ghislain cherchait à exorciser un peu de cette douleur, de ce chaos contre lequel la lutte est permanente.

Gagner le respect volé depuis l’enfance dans la violence, le franchissement des interdits, en adoptant une position de supériorité, en prenant le pouvoir dans un monde où la lumière n’existe pas. Mais quelle est la valeur de ce pouvoir? Existe-t-il réellement lorsque l’on est polytoxicomane et que les drogues en tous genres ont pris possession de votre corps et gangréné vos esprits en perte de repères.

Si j’ai été étreinte par la violence des émotions procurées lors de ma lecture, j’ai été également touchée par sa poésie. Elle est certes noire, mais bien présente. Ghislain use de nombreuses métaphores, qui, si elles illustrent l’absolue noirceur de son chaos, illuminent son écriture et donnent vie à ce monde douleurs, de dépendances, de lutte en tous genres, de sexe brutal.
« Je suis un parasite insatiable. Une tique affamée agrippée aux poils malodorants du corps social. »

Ghislain distille également ses réflexions et sa vision d’une société malade où la mort et le noir fascinent, où les politiques sont plus préoccupés par leur nombril d’égocentriques que part leur pays qui souffre:
« Le système se plie sans agir, sans lutter. L’apathie politique face à ce désastre annoncé est complètement désarmante, on jurerait que nos dirigeants se contentent de jouer les autruches alors que la situation nous projette droit dans le mur. »

Enfin, « La Dynamique du Chaos » c’est aussi une histoire d’amour, la communion de deux âmes, l’amour destructeur, incontrôlable, cette sensation physique d’être la moitié de l’autre et de ne pouvoir respirer en son absence, ce sentiment que la vie n’a pas de sens ni de raison d’être sans l’autre.
« Pendant quelques instants, nous avons formé une entité unique et palpitante. Une âme siamoise en sueur, traversée de soupirs et de tremblements, de larmes et de frissons […] Je pense que des choses pareilles n’arrivent qu’une fois dans une vie […] On ne rencontre l’amour q’une seule fois, il n’y a pas de deuxième chance. »

Avec « La Dynamique du Chaos » les censeurs ont perdu leur combat contre tous ceux, qui, comme Ghislain, nous ouvrent les yeux et les portes d’un monde bien réel où le chaos règne en Maître, où le sexe sous toutes ses formes, la violence, les drogues guident les vies de milliers de personnes, où la souffrance est telle qu’elle ronge, gangrène petit à petit la vie.
Mais par ce roman, cette autobiographie partielle, Ghislain nous montre aussi qu’au bout de ce monde, du tunnel, il y a la Vie pour celles et ceux qui auront la force et le courage de reprendre possession de la leur. Et même si des séquelles demeurent, au bout, il y a l’espoir.

Retrouvez ICI le ressenti de GE sur La Dynamique du Chaos