Haines de Pierre Pouchairet


Le livre : Les trois Brestoises Volume 1Haines de Pierre Pouchairet. Paru le 25 Mai 2018 aux Editions du Palémon. Collection : Enquêtes en série. 10€ ; (280 pages) ; 11  x 18 cm


4ème de couverture :
Après une longue période professionnelle dans les Stups à Nice (voir Mortels Trafics), Léanne vient d’être nommée à la tête de la Police judiciaire finistérienne, quand le sauvage assassinat d’une vieille dame, Corentine Ledantec, trouble la quiétude de la commune de Combrit en Pays bigouden. Qui pouvait en vouloir autant à cette nonagénaire, certes fielleuse ?
L’enquête est confiée à la commandant qui lance les investigations avec des méthodes déroutant parfois ses collègues, mais pour elle, nécessité fait loi. Épaulée par ses amies de jeunesse – Élodie, devenue médecin légiste, et Vanessa, psychologue dans la police nationale – Léanne devra démêler l’écheveau des haines larvées qui animent les malfrats les plus retors comme les gens sans histoires.

L’auteur : En France et à l’étranger, Pierre Pouchairet a vécu les procédures, les ambiances et les « milieux » qui inspirent ses romans. Dans ses livres éclate une vérité qui dépasse l’imagination, la vérité d’une vie engagée… Pierre POUCHAIRET est né en 1957. Dans une vie précédente, il était commandant de la police nationale, chef d’un groupe luttant contre le trafic de stupéfiant à Nice, Grenoble ou Versailles… Il a également été à plusieurs reprises en poste dans des ambassades, a représenté la police française au Liban, en Turquie, a été attaché de sécurité intérieure en Afghanistan, pays qu’il a parcouru du nord au sud. Il a passé plus de 4 ans à Kaboul, y a été témoin de nombreux attentats et y a travaillé en étroite collaboration avec les Afghans…
Aujourd’hui à la retraite, il vit à Jérusalem. Il a publié en 2013 un livre témoignage Des flics français à Kaboul et Coke d’Azur en 2014. Avec, à chaque fois, cette volonté de mettre au grand jour – et sous la lumière crue du terrain – la réalité brute de notre Histoire contemporaine.

 

Extraits :
« Ce fut encore agacée par la discussion que Léanne enfila la tenue de protection qu’elle compléta d’une charlotte, de gants et de sur chaussures. Spécialisée dans les stups pendant de nombreuses années, elle n’avait pas trop l’habitude de ce déguisement. Là où certains voyaient une tenue de cosmonaute, elle avait l’impression de se cacher dans un préservatif géant. Elle s’énerva sur la fermeture de la combinaison avant que la glissière accepte de se fermer.
Elle s’approcha enfin de la maison. Il s’agissait d’un pavillon à un étage, bordé par un jardinet d’une dizaine de mètres de large. L’accès à l’habitation se faisait soit par une porte centrale, desservie par un escalier en façade, soit sur le côté, en passant par la cave puis un escalier intérieur.
Elle prit par l’entrée principale. Un vestibule desservait sur la gauche une cuisine, sur la droite, une salle à manger avec à l’arrière un coin salon, ce fut là qu’elle trouva le gros de la troupe.
Le corps était étendu sur le sol, face contre terre.
Léanne balança un regard interrogateur en direction de Leroux.
— La maison a été sommairement fouillée, ça laisse tout de même une impression étrange, j’ai plus le sentiment que l’on a tout saccagé que cherché quelque chose.»

Les Lectures de Maud :

 Très heureuse de retrouver Léanne, découverte dans l’opus précédent Mortels Trafics, partie de Nice, la voilà de retour dans la région de son enfance. Nouvelle équipe, nouvelle enquête, elle va devoir prendre ses repères et démêler cette sombre affaire. Femme fraîchement débarquée, tout le monde l’a à l’œil, au moindre faux pas elle va dégringoler. Tenace et toujours équipée de son caractère bien trempé, elle va se faire une place et aller de l’avant et éviter que son affaire se retrouve entre les mains de la gendarmerie.

Une histoire, qui de prima bord, parait simple va au contraire se révéler très complexe. Mettant les nerfs à rude épreuve de toute la brigade, des politiques, des magistrats. Jusqu’où est-elle prête à aller pour que justice soit faite ? La Bretagne n’est pas Nice, la criminelle fonctionne différemment que la brigade des stup’. J’apprécie beaucoup aussi la tentative de rapprochement entre la Gendarmerie et la Police, si souvent opposées.

Elle va retrouver ses amis d’enfance, Vanessa devenue psychologue et Elodie médecin légiste. A elles trois, un trio qui fonctionne bien et qui amène du dynamisme et de la fraîcheur dans ce monde d’hommes.

Une nouvelle fois emportée par la plume de l’auteur, direct, dynamique et qui ne manque pas de rebondissements ni de retournements de situation. Un opus, où Léanne se dévoile un peu plus et qui montre certains aspects de sa personnalité qui, je l’espère ne lui brûleront pas les ailes. Une lecture que je recommande évidemment !!! Je vais très rapidement découvrir La Cage de l’Albatros, et retrouver avec plaisir Leanne !!!!

 

Meurtre en promotion de Alain Bernier et Roger Maridat


Lecture d’avant&

32_meurtre Le livre : Meurtre en promotion de Alain Bernier et Roger Maridat. Paru le 5 mars 2005 chez Liv’éditions dans la collection Liv’en poche.  9€ ;  (212 p.) ; 18 x 11 cm.
4e de couv :

Adrienne Hamelin a l’habitude de mener tambour battant ses affaires de coeur et ses affaires tout court. Jusqu’au jour où se présente François-Xavier dont le charme ne la laisse pas insensible. Elle a pourtant vite fait de découvrir qu’il n’est qu’un gigolo et, de ce moment, va jouer avec lui au chat et à la souris.

Mais on la retrouve un matin le crâne fracassé par une statuette de prix. Qui a fait le coup ? Le séducteur professionnel ? La soeur fofolle ? Le nouvel amant ? L’employé modèle ? L’employée de maison ?

Commencé en roman noir, le livre se termine en énigme à l’Agatha Christie poivrée de dialogues loufoques que n’auraient pas reniés les Marx Brothers.

Les auteurs : téléchargement (32)

Alain Bernier est né en 1922 à Angers, dans le Maine-et-Loire, d’une famille aux origines vosgiennes bien enracinées, du côté maternel. Enfant, le jeune Alain passe toute ses vacances dans la région de Remiremont, théâtre de certaines de ses intrigues de romans futurs. L’année 1959, voit paraître son 1e roman policier , D’une pierre… deux corps, aux Presses de la Cité.

Roger MARIDAT est né en 1930, à Paris,  dans une famille aux origines nettement plus diversifiées que celle d’Alain Bernier . Il cumule des ancêtres berrichons, picards, normands, flamands.

La rencontre des deux hommes se fait autour d’un projet d’émission radiophonique pour Europe 1, « Les auditeurs mènent l’enquête ». Ensemble, ils vont écrire de nombreuses dramatiques pour la radio et la télévision, des pièces de théâtre, le livret d’un opéra fantastique, et plus de 200 nouvelles. En 1973, ils entrent au Fleuve Noir sous le pseudo  Éric Verteuil. Ils publient une bonnes quinzaine de roman aussi bien dans la collection  « Angoisse » que dans celle « spéciale police ». Depuis 2002, leurs romans paraissent sous leur nom respectif.

Extrait : 
Le plus ancien des magasins Hamelin, avenue du Roule à Neuilly, n’a pas encore ouvert ses portes à cette heure matinale et le personnel s’affaire pour mettre en valeur les fruits exotiques, les plats cuisinés, la confiserie.
Adrienne Hamelin le traverse rapidement et cependant rien ne lui échappe.
– Sylvie, que fait cette goyave au milieu des mangues ?
– Pierre, cette semaine c’est l’aquavit qu’on met en avant, pas la vodka.
– Nadine, les foies gras face aux clients, pas de biais.
L’air anxieux, elle ouvre une porte et se penche.
– Jean-Claude, où en êtes-vous avec nos problèmes informatiques ?
– Je suis resté hier soir jusqu’à ce que ce soit résolu : les factures pour les clubs pourront partir aujourd’hui.
– Parfait.
Elle sait qu’il a veillé tard et en est ravie. Personne n’ose lui mentir et l’équipe fonctionne au mieux. Il est vrai qu’elle trouve toujours le moyen de se séparer des éléments douteux et n’hésite pas à surpayer le personnel qu’elle juge indispensable.
Elle monte au premier étage et pénètre dans son bureau, une pièce qu’elle a voulue austère et aussi peu féminine que possible avec des rayonnages chargés de revues économiques américaines et d’ouvrages sur la mondialisation. Comme il doit être évident qu’elle est la présidente, les meubles Empire sont d’époque et le tapis chinois n’est pas une copie.

Résumé et avis :

Adrienne Hamelin est une femme de 40 ans, dynamique et sûre d’elle, à qui tout réussit. Directrices de plusieurs épicerie fines à Paris, elle mène tambour battant ses affaires commes sa vie sentimentale. Accompagnée de sa soeur Eugénie, dilettante et fantasque, de Marie, une vieille domestique et de Raoul, son secrétaire particulier, elle part à la Baule où elle fait la connaissance de François Xavier, un jeune homme séduisant mais un peu louche.

Consciente qu’il s’agit d’un gigolo, elle en fait néanmoins son amant, l’installe dans sa maison de Neuilly et lui prête de l’argent. Mais l’inconstante Adrienne se lasse vite de lui. Et elle devient la maitresse de Paul Le Keradec. Aussi elle somme FX de quitter les lieux et aussi de la rembourser.

C’est à ce moment du récit qu’elle est retrouvée morte dans son salon où le coffre-fort a été dévalisé. Le commissaire Varlet va devoir démêler cette affaire où les suspects sont légion.

Après un début où l’intrigue se noue lentement , laissant à l’auteur le loisir d’exposer les personnages et de sonder leur psychologie, l’histoire prend avec le meurtre d’Adrienne un tour de comédie policière plutôt rapide. Un bon roman d’énigme classique, servi par un style incisif.