Bandidos de Marc Fernandez


La chronique à deux voix des Jumelles

Le livre : Bandidos de Marc Fernandez. Paru le 3 Octobre 2018 aux Editions Préludes. Collection Préludes Noire. 15.90 euros. 320 pages. 13 x 2,5 x 20 cm


4ème de couverture :
Le corps calciné d’une femme menottée, une balle dans la nuque, est retrouvé dans un parc de Madrid. Diego Martin, journaliste radio d’investigation, connait la victime, rencontrée vingt ans auparavant… En Argentine. Jeune reporter à l’époque, il avait couvert l’assassinat du frère de la victime : Alex Rodrigo, photographe pour un grand hebdomadaire, tué selon le même mode opératoire.
Un meurtre identique à des milliers de kilomètres de distance, à deux décennies d’écart. Il n’en faut pas plus au présentateur d' »Ondes confidentielles » pour se lancer dans une enquête qui le mènera à Buenos Aires, où il retrouvera une femme qu’il n’a jamais pu oublier…
Entre corruption politique, flics ripoux et groupes mafieux, ce voyage va faire ressurgir les fantômes du passé. Car parfois, ceux qu’on croyait morts reviennent hanter ceux qui sont restés.

L’auteur : Journaliste depuis plus de 15 ans, il a longtemps été chargé de suivre l’Espagne et l’Amérique latine pour Courrier International.
Co-auteur, avec Jean-Christophe Rampal, de La ville qui tue les femmes, enquête à Ciudad Juárez, de « Pinochet, un dictateur modèle » (Hachette Littératures) et du roman Narco Football Club (éditions Moisson Rouge). Ils ont également réalisé le webdocumentaire La Cité des mortes.
Mala Vida est son premier roman en solo.
Marc Fernandez tient le blog polar Mauvais genre sur Slate.fr

 

Extrait:
«Ce ne sont plus les militaires qui nous mettent en danger, ils ne sont plus là depuis un moment et c’est tant mieux. Mais d’autres les ont remplacés. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, qui font tout pour le garder, pour l’étendre. A tout prix. Même s’ils doivent piétiner pour cela nos droits les plus fondamentaux. Et quand je parle de pouvoir, ce n’est pas seulement le pouvoir politique auquel je pense, mais aussi et surtout le pouvoir économique. En gros, celui des plus riches. Les fusils se sont tus, c’est vrai. Ils ont été remplacés par un nouvel arsenal, moins visible mais tout autant, sinon plus dangereux : les transactions financières et les enveloppes de billets. Le dollar comme arme de destruction massive. L’argent fait plus de dégâts qu’une rafale de kalachnikov.»

Chronique de nos jumelles

 Bandidos de Marc Fernandez

Après des heures de lecture, nous avons bouclé notre reportage exclusif pour Collectif Polar. De l’Espagne au Chili, nous avons achevé notre périple en Argentine en suivant à la trace Diego, Ana, Isabel, David et récemment plus récemment Léa.

C’est à la recherche des « Bandidos » que nous avons plongé cette fois. Des policiers corrompus à la solde de politiciens véreux qui n’ont qu’un seul objectif: museler la presse.

Le Senior Fernandez nous a entraîné, dans un style vif porté par une plume percutante et journalistique, à la suite de nos amis, afin de faire la lumière sur le sombre meurtre d’une jeune journaliste mais aussi celui de son frère commis 20 ans plus tôt. Assassinés de la même manière, pourquoi a-t-on voulu réduire au silence ces deux porteurs de « faits » et de vérité?

Nous avons dû nous faire toutes petites sur les traces de nos amis, le danger les guettant à chaque coins de rues, il n’aurait pas fallu nous faire repérer! Penchées sur l’épaule de Diego, nous avons pu lire ses premiers papiers, ceux de ce jeune journaliste qu’il était, déjà combattant des mensonges et des pratiques occultes des pouvoirs politiques.

Sous la houlette, de Marc, nous avons enquêté sur les modes de communication et nous nous sommes posées cette question (largement insufflée par l’auteur): Que penser des médias aujourd’hui? Pour Marc, la réponse semble claire, comme tant d’autres de secteurs, l’information n’est plus qu’une question de rentabilité: les mêmes articles repris par plusieurs journaux différents, des copier-coller sans saveur ni substance, sans analyse réelle. Mais à qui profite cette non-information?… Nous vous laissons réfléchir à cette question.

Corruption des institutions, manipulations, mensonges, Marc n’épargne rien ni personne et assume les messages qu’il souhaite faire passer au travers de ses romans, qui, s’ils sont tous des fictions, puisent leur source dans des événements réels.

Du scandale des bébés volés sous Franco au Guerilleros du Chili, nous achevons avec Bandidos les aventures de David et ses amis. Des personnages que nous avons suivi dans leur évolution, leurs joies, leurs peines. Une amitié sans faille qui, même dans la trahison ou dans la mort, s’est révélée inaltérable.

Si les trois romans peuvent se lire dans l’ordre que vous avez choisi, nous vous recommandons toutefois d’en suivre la chronologie afin de comprendre les personnages, leurs réactions. Apprenez à les apprivoiser comme ils vous apprivoiseront, car au final, c’est eux qui nous transportent.

Cette séparation s’annonce difficile pour nous, nous nous sommes attachées à chacun des membres de cette équipe, qui, nous les entendons, scandent en chœur « No Pasaran » chaque fois que Marc Fernandez signe un de ses romans.

 

 

Tags : Polar, Journaliste, Argentine, Mafia, Espagne, Politique , Médias

 

Guerilla Social Club – Marc Fernandez


Attention « Double Chronique »

Aujourd’hui les jumelles Flingueuses on décidait de nous proposer chacune leur avis sur un même bouquin

Ce matin c’était Maud qui nous parlait de sa lecture

Ce soir c’est Ophélie qui nous soumet son Off de Oph

Allez c’est parti pour un second avis!


 

Le livre : Guerilla Social Club de Marc Fernandez. Paru 8 Mars 2017 aux Editions Préludes – Collection Préludes Noir. 15.60 euros. 288 pages. 13 x 20 cm –

Paru le 3 Octobre 2018 aux Editions Le Livre de poche Collection Policiers – 7.20 euros. 288 pages. 11,1 x 1,3 x 18 cm

4ème de couverture :
Deux hommes disparaissent à Madrid. Un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois, le même scénario : les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé. Toutes ont aussi un passé commun : leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980.
Parmi ces disparus figure l’un des amis du journaliste madrilène Diego Martín. Il décide de se pencher sur cette affaire pour son émission de radio, aidé par la détective Ana Durán, sa complice de toujours, et par l’avocate Isabel Ferrer.
Une enquête de tous les dangers qui va les mener de l’Espagne à l’Argentine en passant par le Chili, et les obliger à se confronter aux fantômes de l’Histoire. Ce qu’ils découvriront fait froid dans le dos, car, quarante ans après l’opération Condor, le rapace continue de voler.

L’auteur : Journaliste depuis plus de 15 ans, il a longtemps été chargé de suivre l’Espagne et l’Amérique latine pour Courrier International.
Co-auteur, avec Jean-Christophe Rampal, de « La ville qui tue les femmes, enquête à Ciudad Juárez », de « Pinochet, un dictateur modèle » (Hachette Littératures) et du roman « Narco Football Club » (éditions Moisson Rouge). Ils ont également réalisé le webdocumentaire « La Cité des mortes ».
« Mala Vida » est son premier roman en solo.
Marc Fernandez tient le blog polar Mauvais genre sur Slate.fr
Extrait :
Le temps semble comme suspendu, les secondes s’égrènent lentement, très lentement, jusqu’au moment où la roquette atteint sa cible. Pile sur le capot. Bien joué. Un tir parfait. Pourtant, elle n’explose pas. Elle rebondit, cogne sur le pare-brise et finit sa course par terre tandis que le chauffeur de la Mercedes pile et manque de se faire rentrer dedans par la voiture qui le suit dans un concert de klaxons

 

Le off de Oph

« Il existe des petites histoires dans la grande Histoire, des exodes et des péripéties personnelles, des trahisons, des victoires et des échecs intimes qui n’ont pas leur place dans les manuels scolaires. » Cet extrait de la préface du roman est le reflet d‘une des facettes de « Guerilla SocialClub » : des trajectoires individuelles au cœur de l’Histoire collective.
Cette préface, elle m’a donné la chair de poule. Victor Del Arbol, son auteur, y explique, tout en lui rendant hommage, comment Marc, au travers de ses romans, attire notre attention sur des événements moins connus de l’Histoire. Des événements qu’on ne raconte pas dans les manuels scolaires, mais des événements, des histoires personnelles qui ont changé l’Histoire.

Dans « Guerilla social club » j’ai retrouvé avec grand plaisir Diego Martin, Ana Duran, David Ponce et Isabel Ferrer, personnages centraux de « Mala Vida », pour une nouvelle enquête. Une fois encore, je suis allée à la découverte d’un pan de l’ Histoire que je connaissais moins: les dictatures sud-américaines, les coups d’Etat…
Bien sûr, je n’en n’ignorais pas les grandes lignes, celles des manuels scolaires… mais je ne connaissais ni l’ opération Condor, ni la solidarité entre les peuples opprimés d’Amérique du Sud qui formaient des groupes communs pour aller combattre les régimes dictatoriaux chiliens, argentins, uruguayens…Mais toute médaille à un revers, et j’ai appris qu’à cette solidarité entre les peuples opprimés, faisait écho la solidarité entre dictateurs et pays occidentaux…
« Ils sont douze. Huit hommes, quatre femmes.Des chiliens bien sûr, mais aussi des Argentins, un Brésilien et un Uruguayen.La répression ne connaît pas les frontières avec le plan Condor […] La résistance a riposté et a fait de même. Tous ensemble. Partout sur le continent latino et ailleurs aussi.El pueblo, unido, jamas sera vencido! (le peuple, uni, ne sera jamais vaincu) »

Une fois encore, l’Histoire sert de base à l’histoire que nous raconte Marc. Et l’on sent la patte du journaliste au travers des recherches et des références citées dans le roman.

« Deux hommes disparaissent à Madrid, un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois c’est le même scénario: les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé.
Toutes ont un passé commun: leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980 ».

En suivant Diego et ses amis dans cette enquête, l’on découvre, outre ce que j’ai évoqué plus haut, l’histoire de la messagerie instantanée « Telegram », l’accès difficile aux archives « non censurées » des années noires malgré les lois de lever d’amnistie et la soi-disant volonté de ne plus rien cacher au monde, le combat pour la liberté mené par les guerilleros.
La liberté, un thème qui reste central et en filigrane dans tout le roman.

J’ai retrouvé l’écriture dynamique et punchy de Marc. Un roman qu’il m’a été difficile de lâcher. Pas que le suspens y soit haletant, nous ne sommes pas dans du thriller, mais la manière qu’à Marc de nous raconter cette histoire d’hommes et de femmes, combattant de la liberté, m’a transporté.

Plus fort, plus puissant encore que « Mala Vida », « Guerilla Social Club » touche et interpelle.

Merci à Marc de nous faire découvrir ces histoire individuelles oubliées de l’Histoire.

Guerilla Social Club de Marc Fernandez


LA DOUBLE CHRONIQUE

Aujourd’hui les jumelles Flingueuses vous propose chacune leur avis sur un même bouquin

Ce matin c’est Maud qui nous parle de sa lecture

Ce soir c’est Ophélie qui nous soumettra son Off de Oph

Allez c’est parti !


Le livre : Guerilla Social Club de Marc Fernandez. Paru 8 Mars 2017 aux Editions Préludes – Collection Préludes Noir. 15.60 euros. 288 pages. 13 x 20 cm –

Paru le 3 Octobre 2018 aux Editions Le Livre de poche Collection Policiers – 7.20 euros. 288 pages. 11,1 x 1,3 x 18 cm

4ème de couverture :
Deux hommes disparaissent à Madrid. Un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois, le même scénario : les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé. Toutes ont aussi un passé commun : leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980.
Parmi ces disparus figure l’un des amis du journaliste madrilène Diego Martín. Il décide de se pencher sur cette affaire pour son émission de radio, aidé par la détective Ana Durán, sa complice de toujours, et par l’avocate Isabel Ferrer.
Une enquête de tous les dangers qui va les mener de l’Espagne à l’Argentine en passant par le Chili, et les obliger à se confronter aux fantômes de l’Histoire. Ce qu’ils découvriront fait froid dans le dos, car, quarante ans après l’opération Condor, le rapace continue de voler.

L’auteur : Journaliste depuis plus de 15 ans, il a longtemps été chargé de suivre l’Espagne et l’Amérique latine pour Courrier International.
Co-auteur, avec Jean-Christophe Rampal, de « La ville qui tue les femmes, enquête à Ciudad Juárez », de « Pinochet, un dictateur modèle » (Hachette Littératures) et du roman « Narco Football Club » (éditions Moisson Rouge). Ils ont également réalisé le webdocumentaire « La Cité des mortes ».
« Mala Vida » est son premier roman en solo.
Marc Fernandez tient le blog polar Mauvais genre sur Slate.fr
Extraits :
« Dieu que c’est bon de pouvoir parler librement. De dire qu’on n’est pas d’accord avec le gouvernement ou son voisin, sans risquer d’être arrêté, torturé, jeté en prion ou, pire, de prendre une balle entre les deux yeux. D’écouter la musique que l’on veut. De choisir les journaux et les livres que l’on va lire. De vivre, tout simplement. En démocratie. Système certes imparfait, mais on n’a rien trouvé de mieux jusqu’à présent. »

Les Lectures de Maud :

Guerilla Social Club de Marc Fernandez


Nous voici de nouveau en compagnie de Diego qui va se retrouver embarquer dans une nouvelle affaire. Des enlèvements inexpliqués se produisent un peu partout jusqu’au moment où un de ses amis en est victime également. Qu’ont-elles en commun ? Pourquoi ? Comment ? De nombreuses questions interrogations vont naître dans son esprit et se multiplier.

Des personnages, rencontrés initialement dans Mala Vida, que l’on fait une joie de retrouver dans ce nouvelle opus. Ils vont se dévoiler peu à peu, leurs sentiments, leurs craintes et les caractères se dévoilent. Ils vont s’unir et faire-front commun afin de soutenir et encadrer Diego dans sa quête de vérité. Le danger est tout prêt, les guette. Si les réponses se trouvaient ailleurs !!

Après avoir lu Mala Vida récemment je me suis plongée dans ce nouvel opus. Quel régal de retrouver cette plume particulière qu’à l’auteur, dynamique et entraînante à souhait, pour le plus grand plaisir des lecteurs, enfin pardon je parle déjà pour moi. Ce travail de recherches, car oui, il faut savoir que sur fond de roman, les intrigues mêlent à la fois imaginaire sur fond d’histoire vraie pour ce qui est du thème. Un rythme à couper le souffle qui donne vraiment envie d’aller au bout de cette œuvre et connaître la vérité. On ressent la passion, le frisson, l’envie de l’auteur de nous ouvrir les yeux sur notre Monde. De plus, aussi incroyable soit-il, nous ne lisons ni un cours d’Histoire, ni une œuvre à scandale ; rien que des faits relater et vécus par ce journaliste radio, avec sa sensibilité, ses espoirs, ses craintes, …

Je ne peux que vous encourager à découvrir cette trilogie composée de Mala VidaGuerilla Social Club et Bandidos.

Bravo à l’auteur qui a su me toucher et m’émouvoir également dans ce volet !!!

Version lue : Poche

La nuit n’est jamais complète de Niko Tackian


Aujourd’hui mes Polardeux je vous offre une double chronique .

En effet, Danièle  et Ophélie nous livre leurs impressions sur un même titre.

Ce livre c’est :

La nuit n’est jamais complète de Niko Tackian.

Allez, je vous laisse découvrir leur avis respectif.

Ont-elles été d’accord ?…

 

Les off de OPh 1       versus           chronique jubilatoire Dany



 

La nuit n'est jamais complète de Niko Tackian
Le livre : La nuit n’est jamais complète de Niko Tackian. Paru le 13 avril 2017 en poche aux éditions Pocket.  6€60 ; (250 p.) ; 18 x 11 cm

 

 4ème de couverture :

La route à perte de vue au milieu d’un désert de rocaille. Arielle et Jimmy parcourent le bitume au volant de leur vieille Ford. Mais quand le père et la fille tombent sur un barrage de police et sont obligés de passer la nuit sur place tout dérape… Ils se réveillent abandonnés, naufragés de l’asphalte, avec trois autres rescapés. A quelques kilomètres de là, deux immenses tours métalliques se dressent, cadavres rongés par la rouille et le temps.
Quelques maisons en tôles froissé se serrent pour se protéger du vent. Cette ancienne mine sera leur refuge. Ou leur pire cauchemar… Mais ce voyage au cœur des ténèbres est-il vraiment un hasard ?

niko tackianL’auteur : Niko Takian est né à Paris le 05 avril 1973

De l’écriture à la réalisation, Niko Tackian s’exprime avec le même engouement au cinéma, en bande dessinée, à la télévision et dans les jeux vidéo. Il a écrit une vingtaine de films, publiés plus de trente albums de BD et réalisé le film Azad, primé dans de nombreux festivals à travers le monde.

Il est le co-père pour la télévision d’Alex Hugo, commis avec son pote Franck Thilliez.

Après une minutieuse enquête sur le phénomène de la mort imminente, il écrit « Quelque part avant l’enfer », son premier roman et obtient le prix des lecteurs au festival polar de Cognac 2015. Suivra « La nuit n’est jamais complète » en 2016 puis il change d’éditeur et livre « Toxique« , premier volet des enquêtes du commandant Tomar Khan aux éditions Calmann Levy, dont la deuxième aventure doit sortir en janvier 2018.

« La nuit n’est jamais complète », paru en collection de poche a été à nouveau primé au salon « Lire en poche » de Gradignan (33) en 2017.

 

 

Extrait :

« Le soleil était presque passé derrière les montagnes. Ses rayons orangés donnaient au paysage des allures de monde extra-terrestre. Ils auraient tout aussi bien pu rouler sur Mars. Les interminables champs de cailloux avaient laissé place à une série de petites collines sableuses où l’on apercevait parfois d’immenses structures mécaniques figées dans le silence de la vallée.

– Des machines d’extraction, commenta Jimmy sans perdre la route du regard. Cette région est truffée de mines, un vrai gruyère…

– Oh… On dirait des squelettes de dinosaures.

– Oui, c’est un peu ça en fait. La plupart des carrières ont fermé depuis des années. Elles pourrissent au soleil, comme des cadavres. » …

« Quelques kilomètres en amont, à l’endroit où d’après la carte routière, devait se trouver l’embranchement de routes qu’ils espéraient, se dressait tout autre chose. Une faille gigantesque avait aspiré le paysage. Il n’y avait plus ni désert, ni colline, ni route, juste un abîme monstrueux qui semblait s’étendre jusqu’à l’horizon. » …

« La descente ne dura que quelques minutes, mais elle lui parut interminable. La nacelle s’enfonçait dans les profondeurs de la mine au fil des crans que Jimmy actionnait à l’aide d’un levier. Chaque impulsion lui permettait de descendre une dizaine de mètres, et Jimmy en compta une bonne quarantaine. Il fut soulagé lorsque la plate-forme en acier émit un bruit sourd et se stabilisa sur le sol. Face à lui, l’obscurité était tellement opaque qu’il douta que le faisceau de sa lampe soit capable de la percer. »

 

 La chronique Jubilatoire de Dany

 

Le deuxième roman de cet auteur plus coutumier des plateaux TV, ce qui explique que cette intrigue,  certes psychologique, mais aussi très visuelle, est tout simplement bluffant de réalisme. Plusieurs volets dans le déroulement de cet opus : un véritable naufrage « routier », une aventure au milieu de nulle-part glauque à souhait, qui se dénoue aux derniers chapitres, une catastrophe environnementale, des relations père-fille touchantes, du mystère à la limite du paranormal. Ce que j’apprécie chez cet auteur c’est que ce qui s’apparente au fantastique trouve son explication rationnelle en fin de compte. Du sang et des squelettes, des visions d’apocalypse, des frayeurs au fond des tripes, des trahisons, de l’amitié et au bout du compte un rappel à nos mémoires pour les catastrophes minières qui ont endeuillé l’humanité.
Un très bon thriller captif jusqu’au bout, à lire de nuit et d’une seule traite !

Inspiré par un fait réel, lu en mars 2016 et après plus d’une année je me rends compte de la trace encore très présente, laissée par cette intrigue.

 

La nuit n_est jamais complète de Niko Tackian. GF

 

 Le OPH de OFF

 

Quand j’ai rencontré Niko Tackian ce vendredi à Boulogne, il m’a indiqué que « La Nuit n’est jamais complète » était un thriller psychologique. Je n’ai pas hésité une seconde…
En même temps, un auteur que j’apprécie beaucoup m’avait dit la veille « tu ne peux pas passer à côté, tu dois le lire, c’est exceptionnel ».

J’ai donc entamé « La nuit n’est jamais complète » cet après midi, et l’ai terminé ce soir… Je n’ai pas su le lâcher. Pendant quelques heures, j’ai été seule au monde avec Jimmy et Arielle.

Jamais un livre ne m’avait fait ressentir une telle peur, un tel sentiment d’angoisse et d’oppression, au point de devoir sortir plusieurs fois m’aérer sur mon balcon.
Il y avait l’adaptation de Shining avec Jack Nicholson et il y a maintenant « la nuit n’est jamais complète » de Niko Tackian.

Dans ce thriller psychologique, Niko nous entraîne entre l’Argentine et le Chili, sur les pas de Jimmy et Arielle. Alors qu’ils roulent depuis des heures sur une route désertique, père et fille tombent sur un barrage de police. Ils ne peuvent pas le franchir et devront passer la nuit sur place. À leur réveil, plus rien ne sera jamais pareil…

Difficile de vous en dire plus sans spoiler le livre et il est hors de question de vous gâcher le plaisir de la découverte.

Je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans la lecture de ce huit-clos hautement angoissant, des chapitres courts, un rythme qui jamais ne faiblit, une écriture particulièrement fluide mais surtout un roman qui, au final, vous montrera , une fois n’est pas coutume, que le thriller, le noir ou le polar ne sont pas que de « simples histoires ».
Ils sont vecteurs de messages aussi, apportent souvent un enrichissement personnel.
Je meurs d’envie d’en dire plus mais non… juste lisez-le, vous n’en sortirez pas indemne.

Pour ma part il fera parti de mes coups de cœur de l’année!

 

 

Pour info :

Fantazme  Le 3 janvier prochain sort le nouveau polar de Niko Tackian chez Calmann -Levy dans la collection Calmann-Levy Noir

 

Janvier 2017. Dans une cave du 18e arrondissement de Paris, le corps d’un homme battu à mort est retrouvé. Beaucoup d’empreintes et un ADN inconnu sont prélevés sur place. Or, ce même ADN est découvert sur le corps d’un dealer albanais retrouvé lui aussi battu à mort. Pendant que le commandant Tomar Khan mène l’enquête, la rumeur d’un tueur, un Fantazmë ou spectre en albanais, se répand.

La veille de presque tout de Víctor del Arbol : le chouchou du week-end


 chouchous-du-week-end
vicLa veille de presque tout  de Víctor del Arbol. Traduit de l’espagnol par Claude Bleton. Paru le 4 janvier 2017 chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs. 22€50 ; (306 p.) ; 24 x 15 cm
Présentation de l’éditeur :
Un policier désabusé, poursuivi par les rumeurs autant que par sa propre conscience, est appelé au chevet d’une femme grièvement blessée dans un hôpital de la Corogne. Alors qu’on remonte le temps pour tirer l’écheveau qui a emmêlé leurs vies, leurs histoires (tragiques et sublimes) se percutent de plein fouet en une sorte de road movie sur une côte galicienne âpre et sauvage.
vic1L’auteur : Victor del Árbol est né à Barcelone en 1968. Après des études d’histoire, il a travaillé dans les services de police de la communauté autonome de Catalogne. Actes Sud a publié La Tristesse du Samouraï en 2012 et La Maison des chagrins en 2013. Son précédent roman, Toutes les vagues de l’océan, a été élu grand prix de Littérature policière, roman étranger, 2015.
Extrait :
Quand ils entrèrent dans la maison, la pluie redoublait. Dolores les reçut, enveloppée dans une aura d’ambiguïté qui caractérisait aussi cette maison. Il n’était pas facile de savoir si cette femme était triste ou simplement lasse, si elle avait fumé ou si elle feignait de flotter dans sa bulle de musique, de lumières tamisées et de livres. Dans la cheminée, une bûche se consumait lentement, brûlant par intermittence, tels les battements d’un cœur en bois.
— La cheminée en juin ? s’étonna le vieil homme.
Elle haussa les épaules.
— Je ne l’ai pas allumée parce que j’avais froid.
Au milieu des braises, une demi-douzaine de mégots et un paquet de cigarettes froissé, et quelques pages que Dolores avait arrachées à un volume de La Montagne magique.
— Aujourd’hui, ces malades et ce sanatorium me sortent par les yeux ! dit-elle quand le vieillard, haussant un sourcil, lui demanda sans le formuler quelles étaient ces pages jetées au feu.
Elle avait une bonne réserve de classiques à brûler en fonction de ses états d’âme. Elle ouvrit une bouteille de blanc d’albariño et remplit deux verres. Daniel alla fureter dans la bibliothèque. Le vieil homme regarda son petit-fils du coin de l’œil, se tourna vers Dolores et leva son verre à mi-hauteur. Ils trinquèrent en silence, avec la pluie en bruit de fond.

Résumé et  petit avis :

L’inspecteur Ibarra a été transféré depuis trois ans dans un commissariat de sa Galice natale après avoir brillamment résolu l’affaire de la petite disparue de Málaga. Le 20 août 2010, 0 h 15, il est appelé par l’hôpital de La Corogne au chevet d’une femme grièvement blessée. Elle ne veut parler qu’à lui. Dans un sombre compte à rebours, le récit des événements qui l’ont conduite à ce triste état fait écho à l’urgence, au pressentiment qu’il pourrait être encore temps d’éviter un autre drame.

À mesure que l’auteur tire l’écheveau emmêlé de ces deux vies, leurs histoires – tragiques et sublimes – se percutent de plein fouet sur une côte galicienne âpre et sauvage.

Une fillette fantasque qui se rêvait oiseau marin survolant les récifs, un garçon craintif qui, pour n’avoir su la suivre, vit au rythme de sa voix, un vieux chapelier argentin qui attend patiemment l’heure du châtiment, un vétéran des Malouines amateur de narcisses blancs…

Aucun personnage n’est ici secondaire et l’affliction du passé ne saurait réduire quiconque au désespoir. Chacun est convaincu que le bonheur reste à venir, ou tente pour le moins de s’inventer des raisons de vivre. C’est ainsi que, dans ce saisissant roman choral, l’auteur parvient à nimber de beauté l’abjection des actes, et de poésie la noirceur des âmes.

Une nouvelle fois le prose de Victor del Arbol a su me séduire.
Son dernier roman, « La veille de presque tout » est une pure merveille.
Je devrais dire est encore une pépite dont seul Victor à le secret.
La puissance de ses mots, sa poésie, le finesse de ses personnages, tout me va chez cet auteur.
Ce monsieur est un grand du noir. Et si vous ne le connaissez pas encore alors vous aurez la chance de découvrir un univers extraordinaire, celui que seule la littérature sait en offrir.

Victor del Arbol est un auteur hors norme. Sa plume est sans nul autre pareil. Il nous enchante à chacun de ses romans. Ils nous entraîne dans un tourbillons de sentiments que nous ne pouvons plus contrôler. Il nous envoûte . Et son lyrisme déchirant nous étreint l’âme.

Victor del Arbol est un ensorceleur.

Et en quatre romans seulement il construit déjà une oeuvre.

Et quelle oeuvre !

Il reste la poussière de Sandrine Collette : L’ABCdaire de deux nanas fondues de Collette


L'ABCdaire de deux nanas fondues de Colette

Bonjour à tous,

Nous sommes de retour !! Les motordus d’Anne-Ju et Collectif Polar sont heureuses de vous retrouver pour cette nouvelle lecture commune. Le choix s’est porté sur :

Il reste la poussière de Sandrine Collette

 

Le principe est simple, avec Anne Ju, on se partage les 26 lettres de l’alphabet. Chacune met un mot sur chacune des  13 lettres qui lui ont été attribuées. Ces mots définissent, un sentiment, un ressenti, une impression que nous a laissé cette lecture. Ensuite, chaque mot sera expliqué par nous deux.

Ainsi vous retrouverez l’alphabet complet à travers nos deux blog.

Le challenge c’est aussi de parler du livre à travers des mots qui ne sont pas de notre propre ressenti.

$$$&&&SColLe livre  Il reste la poussière de Sandrine Collette. Paru le 25 janvier 2016 chez Denoël dans la collection Sueurs Froides.  19,90 euro ; (301 p.) ; 23 x 16 cm.

4e de couv : 

Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.

Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l’a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien.

Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille ?

Depuis son premier roman, Des noeuds d’acier, Grand Prix de littérature policière, Sandrine Collette «confirme avec éclat qu’elle a tout d’une romancière accomplie». (François Busnel, L’Express.)

$$$&&&collettes2016ph.matsasL’auteur : Sandrine Collette est née en 1970 à Paris. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique. Elle devient chargée de cours à l’université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

Elle décide de composer une fiction et sur les conseils d’une amie, elle adresse son manuscrit aux éditions Denoël, décidées à relancer, après de longues années de silence, la collection « Sueurs froides » Des noeuds d’acier, son premier roman, paru  en 2013, a rencontré un vif succès critique et public. Il a reçu le Grand Prix de Littérature policière. Aujourd’hui, elle partage sa vie entre l’écriture et ses chevaux dans le Morvan.

Pour cette nouvelle lecture commune nous nous sommes partagé simplement l’alphabet, une lettre sur deux. Anne Ju commençant par le B…

Voici donc mon Abécédaire de A à Y

Acomme  Apreté :

GVL : C’est vraiment le premier mot qui m’est venu dès les premières pages de ce livre. Dès la vue de la couverture, même sans doute.

Apreté des sentiments, animosité des sentiments. Austérité du décor, cette steppe patagonienne, rudesse de cette terre. Dureté de ces espaces désertiques.

Rigueur du climat.

AJC : Ton mot est bien choisi car il peut avoir deux significations : celle que tu décris et aussi celle de quelqu’un qui poursuit quelque chose avec acharnement.  Je te rejoins totalement sur la 1ère définition. Ce livre assèche ! J’en avais presque du mal à déglutir.
Si on prend la seconde définition,  elle colle aussi parfaitement au roman. Les personnages ont tous une quête. Mais l’auteure aussi. Mais je pense que nous allons développer tout cela dans les autres lettres.

Ccomme Climat :

GVL : Oui, le climat est rude. Un climat qui vous forge un homme. Qui lui donne du caractère. Chaleur torride l’été, froidure extrême l’hiver. L’amplitude thermale ne laisse pas de place aux faibles. Pas plus aux hommes, qu’aux animaux. Les bêtes les plus résistantes passeront l’hiver. Ou mourront ! Leurs carcasses viendront se fondre dans le décor.

AJC : Il est vrai que le climat n’est pas tendre. Mais c’est un phénomène récurrent dans les romans de Sandrine Collette. Souviens-toi dans 6 fourmis blanches, le climat montagnard n’est pas des plus accueillant. Pour moi, c’est une des marques de l’auteure. A travers ce climat, elle nous fait passer des sensations allant souvent à l’extrême ! A la lecture de ce roman, j’avais le sentiment de sentir ce vent chaud balayant la poussière venant se coller sur moi.

Ecomme espace :

GVL : La Patagonie comme décor.

La Patagonie des steppes, celle des hauts plateaux. Des espaces désertiques et pelés à vue d’œil.  Des grands espaces que l’on voudrait synonyme de liberté mais qui souvent enferme les hommes à cause de la rudesse qui s’en dégage.

Des paysages à couper le souffle, des images qui évoquent l’évasion. Cette steppe qui court, qui s’allonge, qui s’élance jusqu’à la montagne pour horizon.

AJC : C’est vraiment une marque de fabrique de Sandrine Collette. Le Morvan doit l’inspirer ;-). On a connu la ferme, les vignes, la montagne et là la steppe. C’est grand étendue à perte de vue. Je ne connais pas la Patagonie. Je sais juste que  Florent Pagny y vit mais bon il ne m’a encore jamais invité. Le saligaud ! Je serai curieuse de savoir pourquoi elle a choisi ce décor si lointain.

GVL : Pour les grands espace très certainement petit padawan. Justement parce que cette terre de Patagonie offre des espace vierge de toute vie humaine. Pour permettre le huis clos et le roman initiatique à la fois. Mais…Je le lui demanderai, fais-moi confiance.

Gcomme Garçon :

GVL : Joaquin et Mauro les jumeaux. Steban le cadet un peu simplet et Rafael le petit dernier. Il ne reste que la poussière, c’est l’histoire de 4 garçons dans le vent. Oui dans le vent car du vent, il y en a sur ces grands plateaux patagoniens. Et le vent, ça les rends fous ces 4 garçons.

4 frères qui bossent comme des forcenés pour leur mère, la mère et son  l’Estancia. Ils vivent au rythme des saisons, s’occupant des terres, de bêtes, vaches et moutons. Ils réparent les dégâts de l’hiver, ils n’ont que peu de temps à eux. Et pourtant…

AJC : 4 garçons plein d’avenir ? On le souhaite car au début on se dit que la reprise de l’exploitation est logique. Mais non rien n’est logique dans tous les romans de Sandrine Collette. Elle nous surprend. J’avais envie de détester cette affreuse mère et au final, elle me touche. J’avais envie de câliner Rafael, mais maintenant, je veux lui mettre des claques.  Les personnages masculins sont souvent des personnages très complexes et piliers.

Icomme Intrigue :

GVL : L’intrigue chez Sandrine Collette tient souvent en un seul mot : l’atmosphère. Elle installe tranquillement son histoire, dans un décor, dans un contexte. Elle nous place savamment ses personnages. Et elle utilise tous les ingrédients séparément un peu comme un cuisinier qui cuit tous ses légumes à part pour qu’ils gardent toutes leurs saveurs. Rien n’est laissé au hasard. Chacun est à sa place. Et puis, tout s’imbrique parfaitement pour nous raconter une histoire que l’on ne pourra plus lâcher avant d’en connaître le dénouement.

Il reste la poussière, c’est tout cela. C’est la terre, le soleil, la chaleur écrasante, l’hiver rigoureux. La lenteur de la vie qui passe. Une tranche de vie en somme. C’est un roman psychologique, c’est un roman noir c’est un polar rural. C’est un roman initiatique et un huis clos comme l’auteur les affectionne. Il reste la poussière, c’est tout cela à la fois !

AJC : Je suis une fan inconditionnelle de Sandrine Collette. Tous lus, tous dévorés. Je rejoins totalement ce que tu dis. Sa force, ceux sont ces atmosphères toutes surprenantes les unes que les autres. Quand on commence, on n’arrive pas à le laisser de côté. Au fond de moi, tous ses romans m’ont interpellé : colère pour Nœuds d’Acier, survie pour 6 fourmis blanches. Mes sentiments étaient clairs. Pour celui-ci, l’intrigue m’a perturbé. J’étais un peu comme Steban perdu dans le vent poussiéreux de la steppe. Mais ça m’a fait du bien de ne pas trouver ma route tout de suite, comme tous ses personnages au final ! L’intrigue a déteint sur moi 😉 .

Kcomme KO :

GVL : A ce moment-là de mon Abécédaire, je suis déjà KO, comme je l’ai été dès le début du livre. Et je suis restée groggy tout au long de la lecture. Cette lecture  m’a tellement sonné que  les sentiments, qui en ressortaient, étaient puissants, terrifiants.

J’ai été sous l’emprise des mots de l’auteure. Je n’ai pas honte de le dire. Ils m’ont captivé, subjugué. Prise au piège à mon tour dans cette pièce qui se jouait sous mes yeux. J’aurai voulu être actrice, pouvoir intervenir, changer le cours des choses, mais j’étais paralyser par l’écriture tellement maîtrisée de l’auteure. Spectatrice, je suis restée. Et à la fin, j’ai applaudi des deux mains à en faire tout exploser.

AJC : Encore une fois, elle laisse une marque dans nos esprits quand on referme ses livres. On ne peut pas rester indifférente à ses écrits. Il y a une telle intensité dans le choix des mots, que je suis bluffée à chaque fois. Quand je commence un livre, je me dis toujours que je ne m’attends à rien. Et avec elle, c’est l’effet surprise garanti. Mais il y a souvent un second effet (Kiss Cool ;-)) qui m’arrive dessus. Je suis comme toi, Geneviève, je suis KO de chez KO. Et c’est rare car ça fait 4/4 !

GVL : Pareil ma Juju, et ce n’est pas le cas avec tous  les auteurs. Mais Sandrine Collette est de ceux-là. Ceux de qui on attend avec impatience, gourmandise et curiosité leur prochain roman.

Mcomme Mère :

GVL : Et oui, si, il y a un personnage central dans ce roman, c’est la Mère.

C’est par la mère que tout arrive. C’est elle qui tient les rênes de la ferme. C’est elle qui dirige cette exploitation agricole. C’est elle qui décide des bêtes que l’on va élever, ovni, bovin ? Ceux que l’on va vendre, ceux qui seront tués.

C’est elle qui nourrit, qui distribue les tâches journalières. C’est elle encore qui tient les cordons de la bourse.

C’est la Mère, une mère castratrice. Forcément avec ces 4 garçons. C’est elle qui divise pour mieux régner.

Elle a quelque chose de la Folcoche de Bazin. Dans vipère au poing, Paule Pluvignec se montre dénuée de tout sentiment maternel et de toute preuve d’amour pour ses enfants.

« La mère » ici est ainsi !

« La mère, c’est la mère. Ancrée et solide, d’une constance terrifiante, ils sont capables d’en rejouer les intonations, les menaces, les phrases qui vont suivre. Mais s’ils cherchent à en dessiner les traits, elle s’efface comme dans un rêve, floutée tel un fantôme, une silhouette sans contours, sans limites. La mère s’étend au-dessus de l’univers. »

AJC : Très bon choix pour cette lettre. Je ne voyais pas autre chose. La mère ! Tu as remarqué qu’elle n’a pas de prénom ? Cela peut paraître surprenant mais pas tant que cela. Ca la rend encore moins humaine. Elle devient un su statut et non un personnage physique. De toute façon, je ne voyais pas ses garçons l’appeler « ma petite maman d’amour » ou lui souhaiter sa fête. C’est la mère nourricière aussi bien pour ses enfants que pour sa terre. Elle nourrit le livre ;-). Oui je sais je ne suis pas allée loin pour la trouver celle-là !

Ocomme Oppressant : 

Oui je sais c’est original, O comme oppressant pour un polar ! Mais après tout ce que je vous ai déjà dit…Oppressant est un qualificatif qui va bien à ce titre.

La chaleur étouffante, l’air irrespirable parce que surchauffait par le soleil écrasant. L’atmosphère pesante. Un décor splendide mais suffocant. Une mère opprimante.

Oui cette lecture est oppressante. Elle est aussi accablante car très noire, stressante car il y a comme un sentiment d’enferment malgré les grands espace. Tout ici est poignant et angoissant à la fois.

Je vous l’ai dit elle m‘a laissé exsangue et KO.

AJC : C’est le but du huis clos, que l’on se sente opprimé. C’est tordu tout ça quand j’y repense. Une si petite chose, le livre, qui nous oppresse autant voir même plus qu’enfermé dans un caisson. Je file prendre l’air ;-).

GVL : Tu as une nouvelle fois raison, on peut en effet parler de Huis clos. Décidément, petit padawan, tu as bien cerné cette lecture commune. Wouah, impressionnée, je suis ! Quelle chance que de t’avoir en binôme.

Qcomme Qualité :

GVL : Tout ici est qualité.

La qualité de l’écriture, du style de l’auteur, du ton qu’elle impulse à son récit.

Du récit et de l’histoire même.

Sandrine Collette a cette qualité rare de se renouveler à chacun de ses livres. Les 4 romans qu’elle nous a présentés ces dernières années ne se ressemblent pas dans leur construction. Ils ne se ressemblent pas non plus par leur style ou leur rythme. Mais à chaque fois, l’écriture sobre et épurée de l’auteure colle parfaitement au ton que celle-ci veut donner à son récit.

Je sais que ça déconcerte le lecteur, que ça peut le perdre. Il s’attend à un thriller et tombe sur un roman noir. Il cherche à frissonner et il est juste surpris par d’autres sentiments plus intimes.

Quoiqu’il en soit, à chaque fois la qualité est là !

AJC : Pfff qu’est-ce que tu veux que je rajoute à cela ? J’ai fait aussi éloge de son talent dans les autres lettres. Je pense que si maintenant les lecteurs ont encore des doutes, je suis désespérée. Il est clair que ce n’est pas du thriller. Il faut s’attendre à plonger dans les abysses de l’être humain. Jusqu’où est-il capable d’aller pour survivre ? Où va-t-il chercher cette force ?
Pour tout savoir, lisez TOUS ses romans !!

Scomme Sentiments :

GVL : Ici tous les sentiments sont exacerbés.

On oscille  entre haine et répulsion.

Pas de demi-mesure.

Pas de politiquement correct, pas de place pour les bons sentiments. Insensibilité, sécheresse des cœurs. Pas la place pour la compassion, l’attachement, l’émoi. L’affectivité n’est pas de mise.

Non ici tout est violence, cruauté, bestialité, hostilité. Inhumanité sans doute aussi. Humanité aussi du coup.

Oui, tous ici ne sont que sentiments contraires et contrariés.

AJC : Je trouve qu’il y a aussi un peu d’amour. Certes, ce n’est pas dégoulinant et débordant. L’amour fraternel est quand même présent. Regardes les jumeaux. Ils sont soudés et s’aiment aussi. C’est peut-être le seul lien clairement visible dans les sentiments.  Après, on ne peut pas dire que ça soit pareil avec les autres frères. Mais mine de rien, ils pensant quand même aux uns et aux autres. Alors oui, tous les sentiments que tu décris, sont les premiers à nous exploser en pleine tronche à la lecture de ce 4ème roman.

GVL : Tu n’as pas tort, il y a effectivement quelque chose qui les relie tous. Mais de là à dire que c’est de l’amour. Je n’y crois pas trop. Peut-être juste pensent-ils que l’un sans l’autre, ils seront moins forts. Je vois ça plus comme une association de complémentarité que comme un véritable amour fraternel.

Ucomme Urgence :

GVL : Ce roman se déroule sous nos yeux dans une espèce d’urgence qui nous entraîne vers une fin que l’on devine inéducable.

Ce roman est impétueux. Il dégage une fougue sans retenu. Une force frénétique ravageuse.

AJC : Je pense que là où ils vivent, ils peuvent toujours attendre pour voir débarquer une ambulance 😉 ! Humour humour ! Bref, oui comme tu dis, on sent que cette famille est sur le point de partir en lambeau, même si elle est déjà pas mal amochée, et que nous sommes les spectateurs impuissants face à cette urgence.

GVL : Et oui, Anne Ju, nous sommes ici dans un roman noir. Une espèce de constat amère d’impuissance face au drame qui se joue sous nos yeux.

Comme le dit si bien Dominique Manoti en parlant de roman noir :

« Tous les personnages, et le lecteur avec eux, sont engagés « en un combat douteux ». La littérature noire n’est pas manichéenne. Et si, d’aventure, l’ordre est rétabli à la fin d’un roman noir, l’auteur et les lecteurs sont conscients qu’il ne s’agit que du rétablissement provisoire des apparences.  »

Le roman noir nous met dans un état d’urgence permanent puisqu’il n’est autre que le roman du désordre. Donc de l’urgence !

Wcomme Western :

GVL : Il reste la poussière pourrait être un Western. Un western transposé en Amérique du sud avec le  ranch remplacé par une estancia, les cowboys par des gauchos, les mustangs et autres quarters horses changés en criollos. Ces petits chevaux argentins sont réputés particulièrement frugaux, sains, robustes et endurants. Capables de supporter de très lourdes charges sur de longues distances et tous types de terrain. Que serait le gaucho sans son criollo ? Comment pourrait-il rassembler ses troupeaux éparpillés dans la steppe pour se nourrir ?  Monter sur son criollo, le cowboy argentin va conduire ses vaches ou ses moutons à travers la Meseta, ces vastes plateaux de la steppe argentine, aux paysages uniques et désertiques.

AJC : Pour une fois que c’est facile et flagrant de trouver le mot correspondant  à cette lettre ! Chapeau car c’est exactement ce que j’ai ressenti. Je me suis souvenue de ces films que je regardai A la conquête de l’ouest par exemple. Tout est hostile, aride. Tu mets ton chapeau et tu montes ton cheval. Bon moi, je te laisse le cheval et je prends un criollo. Bha oui, je suis petite donc petit cheval. C’est encore là que je tire mon chapeau (trop facile, je sais) à Sandrine Collette car niveau documentation, c’est juste bluffant. On s’y croit tellement ! Allez partons pour de nouvelles chevauchées.

Ycomme Yapuka :

GVL : J’espère avoir réussi à vous convaincre de vous précipiter sur ce quatrième roman de Sandrine Collette qui est un de mes grands coups de cœur 2016.

C’est un grand roman noir. Il reste la poussière met en scène Rafael, un petit garçon, poursuivi dans la steppe de Patagonie par trois cavaliers, qui ne sont rien d’autre que ses frères.

Ce titre vient d’être récompensé par le prix Landerneau du polar. Il ne reste que la poussière a devancé Ce qu’il nous faut, c’est un mort, d’Hervé Commère (Fleuve éditions), Trois jours et une vie, de Pierre Lemaitre (Albin Michel), Surtensions, d’Olivier Norek (Michel Lafon) et Le Français de Roseville, d’Ahmed Tiab (L’Aube), figurant dans la sélection établie par le jury présidé par Bernard Minier et composé de dix libraires.

Une sacrée sélection !

Sandrine Collette succède à Fred Vargas, lauréate du prix 2015 avec Temps glaciaires (Flammarion), Hervé Le Corre, lauréat 2014 avec Après la guerre (Rivages), Paul Colize, lauréat 2013 avec Un long moment de silence (La manufacture de livres) et Caryl Ferey, gagnant 2012 avec Mapuche (Gallimard, «Série noire»).

Un sacré palmarès

D’ailleurs Bernard Minier dit de ce roman « « Un tour de force littéraire, Giono et Faulker au pays des gauchos ».

C’est dire la qualité de ce texte.

Alors yapuka…. Le découvrir et le lire rapidement !

AJC : Je ne vois vraiment pas qui rajouter à cela. Je reconnais ton côté pro avec toutes ses précisions. Merci d’ailleurs.
Donc vous avez compris….Yapuka !
PS : Geneviève, gardes le au chaud ce mot, il va pouvoir nous resservir pour d’autres ABCdaires ;-).

GVL : Yapuka, là aussi. Mais avant, il va me falloir trouver du temps, car faire un abécédaire demande du temps, de l’énergie et aussi une bonne dose de dinguerie.

Et puis il va falloir laisser aussi un peu de temps à nos lecteurs pour qu’ils découvrent ce magnifique roman qu’est Il ne reste que la poussière.

Alors YAPUKA

Je ne sais pas si nous avons réussi à vous convaincre, mais si vous souhaitez en savoir plus…La suite de cette ABécédaire est chez Anne Ju et ses Modordus

L’Abécédaire d’Anne JU c’est ICI

Et retrouvez nos premiers ABCdaires ICI :

Nicolas Lebel ; Marie Vindy ; Laura Sadowski ; Sarah Waters et Philippe Cavalier

Ainsi que notre Lecture commune de Gipsy Paladini.

A vous de jouer maintenant, laisser nous vos impressions. Parlez nous de vos ressentis sur ce 4e roman de Sandrine Collette, sur ses autres roman aussi, sur l’auteur bien sur. Mais aussi sur cet Abécédaire. Donnez nous, donnez moi vos avis, vos critiques, vos remarques.

On peut en parler !

Lire ICI le début

 

 

Il reste la poussière de Sandrine Collette


CM16
 SCLe livre : Il reste la poussière de Sandrine Collette. Paru le 25 janvier 2016 chez Denoël dans la collection Sueurs Froides. 19,90 EUR  ; (301 p.) ; 23 x 16 cm.

4e de couv : 

Patagonie. Dans la steppe balayée de vents glacés, un tout petit garçon est poursuivi par trois cavaliers. Rattrapé, lancé de l’un à l’autre dans une course folle, il est jeté dans un buisson d’épineux.

Cet enfant, c’est Rafael, et les bourreaux sont ses frères aînés. Leur mère ne dit rien, murée dans un silence hostile depuis cette terrible nuit où leur ivrogne de père l’a frappée une fois de trop. Elle mène ses fils et son élevage d’une main inflexible, écrasant ses garçons de son indifférence. Alors, incroyablement seul, Rafael se réfugie auprès de son cheval et de son chien.

Dans ce monde qui meurt, où les petits élevages sont remplacés par d’immenses domaines, l’espoir semble hors de portée. Et pourtant, un jour, quelque chose va changer. Rafael parviendra-t-il à desserrer l’étau de terreur et de violence qui l’enchaîne à cette famille ?

 

Depuis son premier roman, Des noeuds d’acier, Grand Prix de littérature policière, Sandrine Collette «confirme avec éclat qu’elle a tout d’une romancière accomplie». (François Busnel, L’Express.)

SC&&L’auteur : Sandrine Collette est née en 1970. Avant d’être l’auteur que l’on connais aujourd’hui, elle a été responsable des relations avec les entreprises à Paris 10, enseignante en formation continue d’ingénieurs et de cadres, elle collabore avec le cabinet Interface. Depuis la sortie de son premier roman, Des noeuds d’acier, elle se consacre pleinement à l’écriture…Et à ses chevaux et la restauration de sa vieille maison.

Pour lire le début c’est ICI

La Chronique de Catherine

Patagonie argentine. Une Estancia misérable dans la steppe. Une famille : la mère et ses quatre fils, qui se haïssent. Le père a disparu. Le petit dernier, Rafael, est persécuté par ses frères et ne trouve de réconfort qu’auprès de son chien et de son cheval.

Une vie aussi aride que la steppe, entre travail, humiliations quotidiennes et violence. Une vie qui va basculer le jour où le petit va revenir avec une sacoche qui va bouleverser cet équilibre instable.

On retrouve avec plaisir Sandrine Collette et son écriture sèche, précise, sans pathos, dans ce huis-clos étouffant au milieu des grands espaces qu’on parcourt sur les criollos des personnages.

Le jeune Rafael est au centre de ce roman choral, seul éclair d’humanité dont on se demande s’il sortira vivant de cet enfer.

Ce quatrième roman âpre confirme le grand talent de Sandrine Collette qui est devenue une auteure incontournable, à tel point que la bibliothécaire que je suis achète ses livres dès leur parution !

Présentation de notre chroniqueuse par elle même :
Catimini&Bonjour, je m’appelle Catherine et je suis une « jeune » bibliothécaire puisque je me suis reconvertie dans ce beau métier à l’âge de 45 ans. C’est ainsi que j’ai rencontré Geneviève et le Collectif Polar, dans lequel je suis arrivée un peu par hasard, parce que j’aimais bien les romans policiers, avec une prédilection pour les dames du crime que sont Patricia Highsmith, Ruth Rendell et Elizabeth George, mais je lisais – et lis toujours – bien d’autres choses, de la science-fiction au classique en passant par les auteurs contemporains. A mes heures perdues je suis également blogueuse, publiant nouvelles, poésie et haïkus.
Geneviève m’a tout appris du travail de veilleur et m’a fait découvrir plein d’auteurs, de premiers romans, avec une énergie et une passion communicatives. C’est donc avec un grand plaisir que j’ai répondu à son appel pour rédiger des chroniques sur ce blog, une façon de toujours faire partie du collectif polar à titre personnel et amical.

Retrouver les mots de Catherine sur son excellent blog : Catimini Plume

Soleil noir de Christophe Sémont


9791090648517,0-2692046 Soleil noir  de Christophe Sémont. Paru le 17 septembre 2015 chez Critic éditions.  17€ ; (264 p.) ; 20 x 13 cm
« Un long serpent gris strié de noir glissait sur le sol, filant à une vitesse incroyable dans un silence quasi parfait. »
Résumé :

Promu sergent dans le nord de l’Argentine, Esteban Pantoja s’apprête à fêter son avancement en compagnie de sa femme et de sa fille. Pour eux, ce soir-là, tout va basculer…

Adela est serveuse dans un bar de nuit de La Paz. Un boulot comme un autre, en attendant mieux. Depuis quelques mois, elle se bat contre des visions qui la hantent jour et nuit.

Ils s’appellent Sergio, Kamila, Federico et Diego. Ils sont jeunes, ils ont la vie devant eux. La vie… et un énorme conteneur, abandonne au coeur de la jungle.

Rien ne les vouait à se rencontrer.

Et pourtant, leurs destins sont liés. Tous vont être les témoins de là folie d’un homme. Car au plus profond de la forêt amazonienne, tapi dans son antre, un serpent attend son heure…

L’auteur :

AVT_Christophe-Semont_8789Ingénieur en techniques agricoles, Christophe Semont est diplômé à l’École nationale d’ingénieurs des travaux agricoles de Clermont-Ferrand (1994-1997).

Responsable développement d’Hyltel depuis 2005, il est auteur de 2 polars publiés en ebook.

Sac au dos, Christophe Sémont a parcouru le monde en long, en large et en travers. Il en a tiré un goût immodéré pour les histoires, orales ou écrites, réalistes ou fantastiques.
Depuis, il s’est marié, a posé ses valises en Bretagne et a eu deux enfants.
Révélé par l’édition numérique, il écrit avec Soleil noir un redoutable thriller dans une Amérique du Sud où les fantômes du passé sont plus vivaces que jamais.

Avis :

Dans une Amérique du Sud (Argentine, Bolivie) plus vraie que nature, des hommes et femmes ordinaires (un policier, une serveuse, des adolescents) doivent affronter les fantômes du passé.

À la croisée du roman noir et du thriller historique, Christophe Sémont nous offre une œuvre nourrie par ses multiples voyages à l’étranger. Une découverte !

Et pourtant :

Si ce titre est un véritable dépaysement, si on peut reconnaître à l’auteur son sens du rythme, la facilité des mots qui se succèdent et qui nous entrainent plus avant dans ce livre, je suis un peu restée sur ma faim.

Oh, nous avons là un véritable page turner, des chapitres courts, des clifhangers à la fin de chacun d’eux qui nous pousse à vouloir connaitre immédiatement la suite. Et comme l’auteur est malin et qu’il alterne les points de vue, nous passons ainsi de personnage en personnage dans un état de fébrillité assez addictive Du coup, le livre se dévore et on ne s’en rend même pas compte. En un clin d’oeil on le referme. Dépaysée, bousculée.

Mais voilà, c’est là que le bas blaisse, enfin à mon point de vue. Le sujet central du livre, à savoir le fagositage du pouvoir en Amérique latine par les anciens cadres nazis ayant trouvés refuse dans ces Eldorados après le second conflit mondial, est trop succintement traité. Il n’est ici qu’un pretexte pour faire vivre l’intigue.

Autres petit bémol, j’aurai vraiment aimé que les personnages soient plus développés. Estéban, s’il est le pion central manque de profondeur, Amanda est touchante mais j’aurai aimé en savoir plus encore pour m’attacher totalement à elle.

Remarquez ces quelques points de détails ont leurs avantages.  L’auteur ne se perd pas en circonvolutions et il est à parier que, sans doute, nous auront  droit à une suite qui peut-être cette fois m’apportera l’éclairage qu’il m’a manqué sur ce titre.

Alors si vous voulez un parfait thriller dépaysant mené tambour battant, ce Soleil noir est pour vous. Là c’est le pied assuré.

Extrait :
– Le gouvernement n’agit pas pour améliorer les choses ?
– Pour cela, il faudrait de l’argent… Quand il y en a, il va d’abord dans la poche des politiciens. Le pays est corrompu, malade de son propre système. Les ressources ne manquent pas pourtant : de l’argent, du gaz, du bois… Mais elles sont exploitées par des entreprises étrangères, rien ne reste ici. Un mendiant assis sur un trône d’or, voilà ce qu’est la Bolivie – ce qu’elle a toujours été…

Les Bibliographie 2013-2014 du Comité polar


Les Bibliographie 2013-2014

Voici un récapitulatif des bibliographies proposées par notre coordinatrice durant ces 12 derniers mois.

2 « A vos crimes » vous ont présentés les découvertes et les coups de coeur du Comité.

4 Enquêtes spéciales » ont ponctué l’année littéraire, historique ou événementielle…. :

Le centenaire de la grande guerre.

L’argentine invitée au Salon du livre de Paris

L’année croisée France-Vietnam

La gourmandise à l’honneur dans les bibliothèques de la ville de Paris.

Vous les retrouvez ci-dessous :

http://goo.gl/zfZaX9 : A vos crimes Saison 3 épisode 2

http://goo.gl/sqal4k : La grande guerre dans le polar : enquête spéciale 5

http://goo.gl/TXrxwM : Noir Tango : enquête spéciale 6

http://goo.gl/KrnWTN : Good Morning Polar : enquête spéciale 7

http://goo.gl/zaNreN : A vos crimes Saison 4 épisode 1

http://goo.gl/Mzkurf : Le polar se met à table : enquêtespéciale 8

Encore une belle année, gageons que 2015 sera aussi réussie et fructueuse.

Nous savons de sources sûres que 3 bibliographie pour le premier semestre sont déjà dans les tuyaux.

Nous remercions notre secrétaire et animatrice pour son dévouement et sa passion des littératures policières.

Mercià toi chère Geneviève.

L’équipe du comité de lecture.

Mapuche de Caryl Ferey : Un avis de Lord Arsenik


 chronique-de-lecteurs

Aujourd’hui c’est Lord Arsenik qui vient pour une nouvelle chronique et il nous embarque en Argentine.

Alors attention avec Lord Arsenik ça risque de secouer.

téléchargement (8)téléchargement (7)Le livre : Mapuche de Caryl Ferey. Paru en avril 2012 chez Gallimard dans la collection Série Noire
Réédité en poche en Folio
4e de couv : Jana est Mapuche, fille d un peuple indigène longtemps tiré à vue dans la pampa argentine. Rescapée de la crise financière de 2001-2002, aujourd hui sculptrice, Jana vit seule à Buenos Aires et, à vingt-huit ans, estime ne plus rien devoir à personne.
Rubén Calderon aussi est un rescapé, un des rares «subversifs » à être sorti vivant des geôles clandestines de l’École de Mécanique de la Marine, où ont péri son père et sa jeune soeur, durant la dictature militaire.
Trente ans ont passé depuis le retour de la démocratie. Détective pour le compte des Mères de la Place de Mai, Rubén recherche toujours les enfants de disparus adoptés lors de la dictature, et leurs tortionnaires…
Rien, a priori, ne devait réunir Jana et Rubén, que tout sépare. Puis un cadavre est retrouvé dans le port de La Boca, celui d’un travesti, « Luz », qui tapinait sur les docks avec « Paula », la seule amie de la sculptrice. De son côté, Rubén enquête au sujet de la disparition d une photographe, Maria Victoria Campallo, la fille d un des hommes d affaires les plus influents du pays. Malgré la politique des Droits de l’Homme appliquée depuis dix ans, les spectres des bourreaux rôdent toujours en Argentine. Eux et l’ombre des carabiniers qui ont expulsé la communauté de Jana de leurs terres ancestrales…
téléchargement (6)L’auteur :
Caryl Férey est né le 1er juin 1967 à Caen. Il a grandi en Bretagne, une terre qu’il aime pour ses côtes déchiquetées, ses concerts dans les bistrots et ses tempêtes. Grand voyageur, il a parcouru l’Europe à moto, puis a fait un tour du monde à 20 ans. Il a notamment travaillé pour le Guide du Routard.
Extrait :
 Participer à des réunions d’étudiants de gauche, à des activités syndicales, avoir critiqué à haute voix les militaires, porter le même nom qu’un suspect, avoir assisté à un enlèvement, être juif, enseigner ou étudier la sociologie, conseiller des pauvres ou des suspects en matière juridique, soigner des suspects ou des pauvres, écrire des poèmes, des romans, des discours, être étranger et « trop bruyant », être réfugié d’un pays sous régime militaire, recherché pour des raisons politiques, exercer le métier de psychologue ou psychanalyste — influencés par des théoriciens juifs —, donner un récital de piano devant des ouvriers ou des paysans, être « trop » passionné d’histoire, être un jeune soldat qui en sait trop ou qui conteste, être « trop » fasciné par l’Occident ou réaliser des films « trop » axés sur des sujets de société ou contrevenant à la « bonne morale », militer dans une association des Droits de l’Homme, avoir un frère, une sœur, un cousin ou un ami proche d’une personne disparue : les militaires et la police enlevaient les gens pour n’importe quelle raison. Était considéré comme subversif quiconque se dressait contre le « mode de vie argentin

L’avis du LORD :

J’ai découvert l’univers littéraire de Caryl Ferey avec ce roman (ça fait pourtant un bail que sa suite maorie squatte ma PàL) et je dois avouer que j’ai pris une belle claque dans la gueule en compagnie de Mapuche.

Direction l’Argentine, mais pas celle des guides touristiques, la vraie. La réalité argentine aussi c’est la pauvreté et la corruption. Un pays dont les cicatrices d’un passé douloureux ne sont pas encore refermées… Voilà pour la toile de fond, oubliez le pays des Bisounours ; noir c’est noir !

Les héros de ce roman, Jana et Ruben ont des personnalités diamétralement opposées mais des caractères bien trempés. Au fil des pages on apprend à les connaître et à les comprendre, on découvre (pour ma part en tout cas) l’Histoire de l’Argentine. L’auteur réussi à nous plonger en totale immersion dans son intrigue en compagnie de ces deux héros dont les chemins ne devaient pas se croiser.

Par moment je me suis demandé si Caryl Ferey écrivait avec un stylo ou avec un cutter, le style est tranchant, percutant… en somme parfaitement adapté au contexte.

Ne vous laissez pas abuser par le démarrage en douceur du roman, rapidement vous vous retrouverez embarqué au coeur d’une intrigue menée Fast & Furious… c’est à peine si vous prendrez le temps de respirer entre les pages ! Chamboulé, tourneboulé, entre les surprises et rebondissements que vous réserve l’auteur.

Un coup de coeur inattendu.

 Tu as grandi où ? demanda-t-il depuis le banc qui lui faisait face.
– Dans le Chubut, répondit Jana.
– En territoires mapuche ?
– Oui… (Elle saisit un pétale de rose au hasard de la nappe, le déchira avec application.) Mais on a été expulsés de nos terres, elle ajouta. Une multinationale italienne…
– United Colors ?
– Oui. On ne devait pas avoir la bonne…
L’ironie cachait mal l’amertume
.

Merci qui ? Merci Benetton ! Depuis les pubs United Colors me piquent les yeux et me foutent la gerbe.

téléchargement (9)Pour faire plus ample connaissance avec LORD ARSENIK c’est ICI

Pour lire sa 1ère chronique sur les cicatrices de Jac Baron, c’est Là