Fantazmë de Niko Tackian


Il y a deux mois sortait en poche la seconde enquête de Tomar Khan pour cette occasion notre mamie Flingueuse nous offre son retour de lecture


 

Le livre : Fantazmë de Niko Tackian. Réédité en poche le 2 janvier 2019 chez Le Livre de Poche. 7€70 ;  (281 p.) ; 18 x 11 cm

Paru initialement le 3 janvier 2018 aux Editions Calmann- Lévy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18,50 € ; (263 p.)  13,5 x 21,5 cm.

4 ème de couv :

Fantazmë

Janvier 2017, Paris, XVIIIe arrondissement. Le corps d’un homme atrocement mutilé est retrouvé dans une cave. Le commandant Tomar Khan pense d’abord à un règlement de comptes. Le genre d’affaire qui reste en suspens pendant des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre. Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.

 

 

L’auteur : Né à Paris en 1973, Niko Tackian fait des études de droits, d’Histoire de l’art avant de devenir journaliste et rédacteur en chef. Scénariste, réalisateur, romancier Niko Tackian est un touche à tout. Il se défini lui-même comme « un raconteur d’histoire ». Il reçoit en 2015 le prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac pour « Quelque part avant l’enfer » avec un thème minutieusement étudié : le phénomène de la mort imminente. En 2016 suivra « la nuit n’est jamais complète » puis « Toxique ». Ce premier volet, paru aux Editions Calmann Lévy, nous amène à suivre le commandant Tomar Khan, que l’on retrouve dans « Fantazmë » en ce début 2018.

 

Extrait :
« Il y avait d’abord cette enquête et la pénible impression d’avoir mis les pieds dans un labyrinthe de désespoir d’indifférence qui lui rappelait celui de son enfance »
« Bouvier (le légiste) n’était pas croyant, sa foi se limitait aux processus métaboliques et à l’activité cérébrale. Pour lui l’existence se résumait à une longue phrase dont la naissance formait la majuscule et la mort le point final. Passer de vie à trépas était le plus naturel des phénomènes et le destin de chaque être humain. Espérer autre chose était vain…. Il était persuadé que l’identité d’une personne se créait en réaction aux relations entretenues avec ses semblables. « Nous n’existons pas sans l’autre » … »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

Page 242 « Il y avait d’abord cette enquête et la pénible impression d’avoir mis les pieds dans un labyrinthe de désespoir d’indifférence qui lui rappelait celui de son enfance 

 

C’est le deuxième roman de cette série commencée avec « Toxique ». On y retrouve le groupe d’enquêteurs du 36 en tout début de l’année 2017. La mafia albanaise qui a main mise sur la drogue, l’esclavage sexuel et autres trafics à Paris et dans la banlieue, voit un certain nombre de ses « soldats » disparaître avec une violence maximale. Qui est donc ce justicier ? Ce Fantazsmë, ce spectre. Tomar rompu aux situations extrêmes et aux débordements aurait-il trouvé son maître ?

Scénarisé avec efficacité, une intrigue en premier plan interpelle le lecteur sur sa peur de voir la réalité qui l’entoure, l’indifférence généralisée comme maladie du siècle et en arrière plan, une interrogation plus intime qui concerne Tomar et ses débordements. Mal en point ce héro fatigué va-t-il se nettoyer le cerveau avec l’aide d’un ami médecin et d’un psychiatre, aura-t-il confiance au point de se livrer ? Son éducation et sa culture font-elles suffisamment obstacles à sa violence pour qu’il puisse rester le flic champion de la criminelle ?

Enfin une construction originale qui dévoile l’identité du justicier vers le milieu de l’intrigue … une vraie claque !

Notons dans la galerie de personnages que nous offre Niko Tackian, celui de Ara, la mère de Tomar, ancienne peshmerga, humaniste et généreuse, toujours prompte à rappeler à son fils les fondamentaux de son éducation.

L’auteur nous avait promis un vrai méchant sans circonstances atténuantes : c’est vrai, je l’ai rencontré ! Flippant !

 

Extraits :
« … il y avait des rumeurs concernant le commandant Tomar Khan… Certes ses états de service étaient impressionnants, et on lui devait la résolution de bon nombre d’affaires, mais on parlait aussi de méthodes borderline et surtout d’un homme au passé difficile, obligé de canaliser sa violence par la pratique du sport à outrance. »
« Combien de drames pourraient être évité en signalant un hurlement nocturne ou une conduite violente, combien d’auteurs de souffrances tues et cachées sous des apparences de banalité pourraient être condamnés ? »
« Lui aussi (Tomar), il préférait voir des ombres diffuses là où se trouvait la réalité de la souffrance humaine. Des fantômes qu’on tentait d’oublier sans pouvoir nier leur existence. »
« Tomar n’adhérait à aucun dogmes, mais il croyait au sacrifice… à la rédemption, sa rédemption. »
« Eric (le SDF) ne pouvait pas lui en vouloir, depuis le temps qu’il galérait dans cette ville il avait pigé que les gens n’étaient pas foncièrement mauvais, ils avaient juste peur. Peur qu’on leur parle, qu’on les mettent en retard, qu’on leur demande de l’argent, qu’on leur file des maladies, qu’on les agresse, peur de tout un tas de trucs au point de se réfugier sur l’écran de leurs téléphones portables ou dans leurs bouquins pour être le moins en contact possible avec le reste du monde. Y avait qu’à lever la tête pour voir tous ces gens fuir la réalité dans laquelle lui et ses camarades d’infortune se trouvaient empêtrés ».

Bird Box de Josh Malerman


Le livre : Bird box : n’ouvrez jamais les yeux de Josh Malerman. Traduit de l’américain par Sébastien Guillot. Paru le 17 septembre 2014 chez Calmann-Levy. 20€90 ;. (373 p.) ; 23 x 15 cm
4e de couv : 
La plupart des gens n’ont pas voulu y croire.

Les incidents se passaient loin, sans témoins.

Mais bientôt, la menace s’est rapprochée, a touché les voisins.

Ensuite, Internet a cessé de fonctionner.

La télévision et la radio se sont tues.

Les téléphones ne sonnaient plus.

Certains, barricadés derrière leurs portes et leurs fenêtres, espéraient pouvoir y échapper.

Depuis qu’ils sont nés, les enfants de Malorie n’ont jamais vu le ciel. Elle les a élevés seule, à l’abri du danger qui s’est abattu sur le monde. Elle a perdu des proches, a assisté à leur fin cruelle. On dit qu’un simple coup d’oeil suffit pour perdre la raison, être pris d’une pulsion meurtrière et retourner sa violence contre soi. Elle sait que bientôt les murs de la maison ne pourront plus protéger son petit garçon et sa petite fille. Alors, les yeux bandés, tous trois vont affronter l’extérieur, et entamer un voyage terrifiant sur le fleuve, tentative désespérée pour rejoindre une colonie de rescapés.

Arriveront-ils à bon port, guidés par leur seule ouïe et leur instinct ?

L’auteur : Originaire de Detroit et habitant désormais à Royal Oak dans le Michigan, Josh Malerman est le chanteur et le parolier du groupe de rock The High Strung. Bird Box est son premier roman.

 

Le post-it de Ge

 

Au départ j’ai tout de suite adhéré au postulat de ce livre.

La fin du monde approche. Un fléau, des fléaux  peu à peu touchent les habitants de nos contrés.

Un récit qui alterne entre les scènes du présent (fuite de Malorie et de ses deux enfants sur la rivière) et les scènes qui se déroulent les quatre années précédentes et qui expliquent petit à petit l’arrivée du « phénomène » et ce qui s’est passé ensuite dans la vie de l’héroïne.

Mais qui sont ces créatures mortifères que l’on ne voit jamais et que fuit notre héroïne ? D’ailleurs il ne veut mieux pas les voir sous peine de devenir violent et fou avant de mourir dans d’atroces souffrances psychologiques qui les poussent au suicide.

J’ai beaucoup aimé aussi le courage de Malorie, cette mère courage qui quitte tout pour tenter de sauver ses deux enfant, Fille et Garçon

Nous avons là un bon page-turner, , intriguant et anxyogène à souhait, qu’on ne peut plus lâcher jusqu’à la dernière page.

Une écriture nerveuse, directe contribue  à la tension insoutenable  de ce roman postapocalyptique. De plus, Josh Malerman sait très bien jouer sur nos peurs les plus profondes .

Bref si  j’ai adhéré au postulat de départ, j’ai tout au long de cette histoire tremblé pour nos protagoniste, j’ai simplement trouvé la fin un peu facile.

 

 

Apocryphe -René Manzor


Aujourd’hui c’est double chronique.

Ce matin ce sera un avis de lecteur avec la recommandation de Jean Luc

Ce soir se sera un avis de Flingueuses, de Mister Flingueuse même avec le ressent de Jean Paul

Oui deux chroniques de mec pour nous parler d’Apocryphe le dernier roman de René Manzor.

Au passage j’en profite pour dire que ça a été un de mes coup de coeur de 2018


Le livre : Apocryphe  de René Manzor. Paru le 3 octobre 2018 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy noir.  19€90 ; (400 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv : 

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth,
et ceci est son histoire.

Une fresque épique, violente et émouvante, sur les traces d’un adolescent en quête de justice et de vérité.

Un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l’histoire officielle

 

 

L’auteur : René Manzor est réalisateur, scénariste et écrivain. En seulement trois romans, il s’est imposé comme un des nouveaux noms du thriller français, et a reçu pour Celui dont le nom n’est plus le prix Cognac du polar francophone.

 

Extraits :
« Les gens qu’on aime ne nous appartiennent pas, David. Aimer, c’est laisser choisir »
« La mort est une voisine qui pousse à la confidence, un sérum de vérité infaillible qui oblige les hommes à faire le tri dans leurs mensonges. Sa présence en temps de guerre impose un compte à rebours qui fait tomber les masques et les postures. David était-il prêt à faire tomber les siens ? »

 

 

Avis de lecteur

Le recommandation de Jean Luc

« Apocryphe » n’est pas qu’un simple thriller, c’est littéralement un thriller historique qui se déroule en Galilée et commence en l’an 30. C’est un roman ambitieux parfaitement écrit par René Manzor. Une fois encore cet auteur m’a surpris en imaginant une histoire qui reste à la lisière du possible et qui se déroule dans un contexte historique et religieux parfaitement documenté.

Le début de cette histoire commence avec la crucifixion du Christ, l’auteur nous emmène dans différents sites tels que le temple de Jérusalem ou les arènes de Rome, on côtoie dans ce roman des personnages tels que Ponce Pilate, Caligula, Marie-Madeleine, Judas et d’autres encore…
Tout ce que Rene Manzor relate dans son roman est du domaine du possible mais reste aussi vérifiable ou invérifiable selon le cas, c’est adroitement et subtilement imaginé. En effet, sans spoiler ce roman, il y est question de la vie de Jesus et du descendant qu’il aurait pu avoir avec Marie-Madeleine.
L’auteur s’est appuyé sur les évangiles, sur des textes anciens (Pline, entre autres..) pour dépeindre une époque violente, mouvementée dans laquelle plusieurs tribus résistent et subissent le joug de l’envahisseur romain.
C’est un roman poignant, un vrai thriller avec une chasse à l’homme et bien d’autres choses…
Pour moi une magnifique réussite et aussi un auteur admirable que j’ai eu l’occasion d’interviewer à Strasbourg lors de l’un de son passage à la librairie de la page 50. Un auteur dont le métier de réalisateur est un atout pour donner du rythme à une histoire passionnante mais aussi respectueuse de la foi chrétienne, le tout avec un style parfaitement travaillé.
Un livre qui n’est pas sans rappeler « Gladiator » ou encore la série « Rome ».

Au final, un roman qui porte bien son titre , un peu déconcertant au début mais rapidement addictif.
Incontestablement une très belle réussite écrite par un auteur attachant, abordable et qui sait toujours surprendre ses lecteurs.

Le douzième chapitre – Jerome Loubry


Le livre : Le douzième chapitre de Jerome Loubry. Paru le 19 septembre 2018 chez Calmann-Lévy dans la collection Calmann-Levy noir. 19€50 ; (355 p.) ; 22 x 14 cm.

4eme de couv
Eté 1986. David et Samuel ont 12 ans. Comme chaque année, ils séjournent au bord de l’océan, dans le centre de vacances appartenant à l’employeur de leurs parents. Ils font la connaissance de Julie, une fillette de leur âge, et les trois enfants deviennent inséparables. Mais une ombre plane sur la station balnéaire et les adultes deviennent de plus en plus mystérieux et taciturnes. Puis alors que la semaine se termine, Julie disparaît. 30 ans plus tard, David est devenu écrivain, Samuel est son éditeur. Depuis le drame, ils n’ont jamais reparlé de Julie. Un jour, chacun reçoit une enveloppe. A l’intérieur, un manuscrit énigmatique relate les événements de cet été tragique, apportant un tout nouvel éclairage sur l’affaire…

L’auteur : Jérôme Loubry est né en 1976 à Saint-Amand-Montrond. Il a d’abord travaillé à l’étranger et voyagé tout en écrivant des nouvelles. Désormais installé en Provence, il a publié en 2017 chez Calmann-Lévy son premier roman, Les Chiens de Détroit, lauréat du prix Plume libre d’Argent 2018.
Extrait :
Sa folie avait un nom à consonance allemande : Alzheimer. Ce kraken pris au piège dans l’océan céphalorachidien de cette pauvre femme avala le moindre de ses souvenirs. Voilà ce que disaient les adultes une fois revenus de ces soirées lorsque, fatigués ou honteux de leurs moqueries étouffées, ils prenaient conscience que cette maladie risquait un jour ou l’autre de se lancer à l’abordage de leurs propres esprits.

Le petit avis de Kris

Le douzième chapitre – Jerome Loubry

David et Samuel, 12 ans, sont dans un centre de vacances à Saint-Hilaire-de-Riez, où ils font la connaissance de Julie. Les trois enfants deviennent inséparables mais, à la fin des vacances, leur amie disparaît. Son cadavre est retrouvé sur la plage quelques jours plus tard. Trente ans après, David et Samuel reçoivent un mystérieux courrier leur relatant ces événements tragiques.

Quel plaisir de découvrir cet auteur !

Un roman passionnant aux multiples rebondissements, original comme je les aime.

Ces souvenirs d’enfance qui resurgissent alors qu’ils étaient enfouis bien secrètement et un suspense bien mené assorti d’une fin un peu pressentie mais attendrissante en font un roman attachant.

Excellent

Et si un manuscrit anonyme racontait une nouvelle version de votre pire souvenir d’enfance…
Le roman a reçu le Prix du polar de Moustiers 2018 dès sa parution!

 

Notre cheffe de meute a adoré aussi Le douzième Chapitre et elle avait  vraiment aimé aussi son premier roman Les Chiens de Détroit.

 

Papote d’auteur, Cathie était avec Niko Tackian


« Les interviews d’une experte »

Il y a quelques jours Niko Tackian discuter avec 2 flingueuses d’un polar de Franck Thilliez, Vertiges

Aujourd’hui pour le remercier en quelque sorte, nous lui consacrant cette journée.

Ce matin c’est Cathie qui nous dévoilait son avis sur Toxique

Ce soir notre experte soumet à la question notre auteur.

Aussi je vous laisse découvrir ce deuxième numéro  des….

interviews d’une experte


« Les interviews d’une experte »

Interview de Niko Tackian.

niko

Papote d’auteur, Cathie était avec Niko Tackian

Interviews exclusives, Niko Tackian, Toxique

 

En tant que scénariste, quelle est la différence entre écrire un scénario de film et un roman ?

Et bien c’est très différent. D’abord par le format, un scénario c’est 60 pages pour un 52 minutes, 100 pour un 90 minutes, avec des contraintes de construction, de rythme et souvent de traitement. Un bon scénariste est avant tout un artisan capable de naviguer entre les désirs de nombreux interlocuteurs (producteurs, chaines de télévision, réalisateurs, comédiens parfois) et possédant une boite à outil suffisante pour ne pas perdre le sens de la construction au milieu de tout ça. Alors que dans le roman on est libre en quantité et en contenu…

Pour quelle raison avez-vous décidé de vous lancer dans une carrière de romancier, s’ajoutant à toutes vos autres activités ?

Justement pour cette liberté qui me manquait ailleurs. Dans mes romans je suis seul maitre à bord et je peux traiter des sujets et des personnages qui me tiennent à cœur. Je peux mêler l’intime à la fiction et transgresser les règles. Et puis c’était également un challenge pour moi, et souvent pour les gens qui écrivent dans d’autres secteurs, de réussir à devenir romancier. Encore une fois, le roman c’est l’expérience d’écriture ultime de par sa totale liberté.

Et pourquoi écrire des thrillers ?

J’ai écrit deux thrillers (La nuit n’est jamais complête, Quelque part avant l’enfer) et un polar (Toxique) car j’aime ces genres. Ils me permettent de partir sur tout type d’histoires et de captiver le lecteur en utilisant des codes qui ont fait leurs preuves. Et puis j’ai déjà abordé la science-fiction, la fantasy, la fresque historique, le fantastique en BD et c’était pour moi des univers supplémentaires que j’avais envie d’explorer.

Trois romans en deux ans, c’est beaucoup. Combien de temps vous faut-il en moyenne pour écrire un roman de la première lettre au point final ?

Il me faut en moyenne entre quatre et six mois auxquels s’ajoute un temps de correction. Depuis que j’ai la chance de travailler avec Caroline L’épée et les éditions Calmann Levy, ce temps se rallonge  et j’ai mis 10 mois pour écrire Toxique au total.

toxique niko tackian

A propos de « Toxique » j’ai lu que les critiques le définissent comme un « polar bien noir », ce que j’approuve:). Vous êtes-vous inspiré d’un fait réel ?

L’intrigue policière est 100% originale mais le thème de la sociopathie est bien entendu quelque chose de bien réel sur lequel je me suis documenté. De manière générale, je pense que tout raconteur d’histoire s’inspire toujours de la vérité pour construire une fiction et ses personnages.

Comment construisez-vous un roman ? Votre point de départ est-il un événement ? Un personnage qui fait sa place dans votre imaginaire ?

Dans le cas de Toxique s’est effectivement le personnage de Tomar et son histoire personnelle qui est à la base de tout. J’ai cherché quelque chose de suffisamment fort pour pouvoir le traiter sur la longueur de plusieurs romans.

A propos du personnage de Tomar Khan, si fort et si fragile à la fois, tellement humain. Pensez-vous que le passé puisse être une entrave ? Selon vous, existe-t-il une possibilité de rédemption dans le sens moral du terme ?

Le passé est très certainement une entrave… en tout cas il a une action sur le présent si on ne sait pas « faire table rase ». Mais on ne peut pas se couper de tout, comme de ses racines par exemple… Donc il y a un tri à faire et ce n’est pas simple. Il y a même des professionnels pour vous aider à le faire  . Alors on fait comme on peut avec ce qu’on a en essayant de vivre, de se comprendre et de comprendre les autres. Je pense effectivement que la rédemption est possible pour tout être humain. Mais il ne faut pas l’attendre des autres, c’est un processus intérieur puissant auquel on doit adhérer corps et âme pour qu’il se réalise. C’est un des thèmes principaux de quasiment tout ce que j’ai écrit. Une de mes séries de BD a d’ailleurs pour titre Rédemption.

Quand j’ai lu la dernière phrase « Il était temps pour lui de trouver la lumière » : envisagez-vous une suite ?

Tout à fait, Toxique est la première enquête d’une série dont le second tome est déjà en cours d’écriture. Les personnages de ce roman vont évoluer de romans en romans et Tomar avec eux… Arrivera-t-il à trouver cette lumière ? Existe-t-elle seulement ? J’ai une idée très précise de l’endroit vers lequel je veux amener Tomar et je peux vous promettre qu’il va vous surprendre…

« Toxique » aborde des thèmes qui peuvent faire réfléchir, peut-être même donner des pistes pour solutionner des questions longtemps restées sans réponses. Pensez-vous qu’un polar et/ou thriller puisse jouer un rôle plus profond, plus fondateur que celui de simple divertissement (ce qui est déjà beaucoup) ?

Je le pense oui. Je pense même qu’au-delà de l’aspect divertissement d’une histoire, c’est le but recherché par tout auteur de fiction. Souvent, les meilleurs romans sont ceux qui touchent par la portée universelle des questionnements qu’ils soulèvent. En ce qui me concerne, le « fond » de mes histoires est défini rapidement, avant même le début de l’écriture et m’accompagne tout au long du processus pour nourrir les personnages et les intrigues. Non seulement ça permet de faire réfléchir mais c’est également une manière de donner de la cohésion à un récit.

Toxique de Niko Tackian

Avec mes remerciements les plus chaleureux à Niko Tackian qui a très gentiment et patiemment répondu à mes questions.

Retrouvez aussi la seconde aventure Tomar Khan dans Fantazmë chez Calmann-Levy noir.

Ou bientôt en livre de poche, le 2 janvier prochain

 Et chez Collectif Polar, que ce soit Ge ou ses Flingueuses, nous sommes impatiente d’avoir entre les mains le prochain Niko Tackian.

Mais là il faudra attendra le aussi 2 janvier

Avalanche Hôtel, Niko Tackian chez Calmann-Levy
18€50 ;  (300 p.) ; 22 x 14 cm
Surtout, ne vous fiez pas à vos souvenirs !
Un thriller hypnotique signé Niko Tackian
Janvier 1980, à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Joshua Auberson, agent de sécurité, enquête sur la disparition d’une jeune cliente, avec un sentiment d’étrangeté.
Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd conscience…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma.
Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps.
Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

Toxique de Niko Tackian


Le livre: Toxique de Niko Tackian. Paru le 4 janvier 2017 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€90 ; (299 p.) ; 22 x 14 cm.

Rééditer en poche le 03 janvier 2018 chez Le Livre de Poche. 7€60 ; (309 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Elle aime saboter la vie des autres, elle n’éprouve aucune empathie, elle poursuit un but, elle est toxique.

Mais ça, Tomar Khan, un des meilleurs flics de la Crim, ne le sait pas Nous sommes en janvier 2016. La directrice d’une école maternelle de la banlieue parisienne est retrouvée morte dans son bureau.

Dans ce Paris meurtri par les attentats de l’hiver, le sujet des écoles est très sensible. La Crim dépêche donc Tomar, chef de groupe de la section 3, surnommé le Pitbull et connu pour être pointilleux sur les violences faites aux femmes.

À première vue, l’affaire est simple, « sera bouclée en 24 heures », a dit un des premiers enquêteurs, mais les nombreux démons qui hantent Tomar ont au moins un avantage : il a développé un instinct imparable pour déceler une histoire beaucoup plus compliquée qu’il n’y paraît.

 

niko tackianL’auteur Niko Tackian est un scénariste, réalisateur et romancier français, né le 5 avril 1973 à Paris. Il a réalisé plus de trente albums dans lesquels il aime explorer différents genres, tels que science-fiction, dark fantasy, policier, fantastique. Il a également réalisé de nombreux téléfilms. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2. Il a commencé une carrière d’écrivain de thrillers en 2015 avec Quelque part avant l’enfer.  Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. 

 

Extrait:images
« Faut pas oublier tes racines, gamin, ce sont elles qui font de toi ce que tu es. » (Page 64)

L’expertise de Cathie

 

Toxique de Niko Tackian

Excellent thriller que ce troisième roman de Niko Tackian: psychologie des personnages approfondies sans être trop lourde; décors sobres mais bien plantés; pas de descriptions inutiles ni de bla-bla. On se sent happé par ce récit sombre et addictif: le lecteur suit fébrilement l’auteur sur le chemin que celui-ci lui trace à coups de machette, y compris dans le dédale des rêves de Tomar, peut-être les seuls passages un peu trop longs…

Le +: pas d’esprit vengeur malgré les difficultés et les traumatismes vécus, mais la pensée qu’il existe une explication pour tout comportement humain, qu’il sociopathe ou autre. Il ne s’agit pas d’excuser mais de comprendre afin de permettre une reconstruction possible. Niko Tackian nous transmet ce message que rien n’est noir ou blanc, dans la vie; que la méchanceté, même absolue, le mal trouvent leurs racines dans un terreau fait de nos peurs, de maltraitances physiques ou morales, de traumatismes remontant à la prime enfance et que la vengeance brutale ne résout rien. Ce qui ne veut pas dire se résigner,mais en comprendre les causes afin de rebondir et de se reconstruire…

Le chuchoteur – Donato Carrisi by Sacha


Le livre : Le chuchoteur de Donato Carrisi. Traduit de l’italien par Anaïs Bokobza. Paru le 5 mai 2010 chez Calmann-Levy dans la collection suspense. 22€25 ; (437 p.) ; 23 x 15 cm.
4e de couv : 

Cinq petites filles ont disparu. Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière. Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.

Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

Un époustouflant thriller littéraire, inspiré de faits réels.

L’auteur : Né en 1973, Donato Carrisi est l’auteur du best-seller international Le Chuchoteur, traduit dans vingt-six pays et qui a reçu quatre prix littéraires en Italie. Lauréat du prix SNCF du Polar européen et du prix des lecteurs du Livre de Poche dans la catégorie polar, il est l’auteur italien le plus lu dans le monde. La Fille dans le brouillard a remporté un succès phénoménal en Italie et est en cours d’adaptation au cinéma.

 

Extrait : 
Le maître de musique avait parlé.
Mais ce n’est pas ça qui la frappa. Ce n’était pas la première fois. Grand nombre d’individus solitaires expriment leurs pensées à voix haute quand ils sont enfermés chez eux. Cela arrivait même à Mila, de parler toute seule.
Non. La nouveauté, c’était autre chose. Qui la récompensait d’une semaine entière de guet, passée dans le froid glacial de sa voiture, garée devant la maison marron, à scruter l’intérieur avec des petites jumelles, les déplacements de l’homme d’une quarantaine d’années, gros et laiteux, qui évoluait tranquillement dans son petit univers ordonné, en répétant toujours les mêmes gestes, comme s’ils étaient la trame d’une toile qu’il était le seul à connaître.
Le maître de musique avait parlé. Mais la nouveauté, c’était que cette fois, il avait prononcé un nom.
Mila l’avait vu se former, lettre par lettre, sur ses lèvres. Pablo. C’était la confirmation, la clé pour accéder à ce monde mystérieux. Maintenant, elle le savait.
Le maître de musique avait un invité.

Les Sach’Avis

Le criminologue Goran Gavila et la spécialiste des affaires d’enlèvement Mila Vasquez enquêtent sur la disparition de cinq fillettes, dont les bras gauches ont été retrouvés dans cinq petites fosses creusées dans une clairière…

Alors voilà! Je viens de finir « Le chuchoteur« ! Depuis le temps que j’en entendais parler!
Et je ne suis pas déçue! Moi qui aimé la criminologie, J’ai été servie! Tres fouillé! J’ai adoré! Super bouquin! Très bonne intrigue et une chute de dingue!
Pour ceux qui ne l’ont pas encore lu, je vous le recommande! Foncez!
Bizzzous les psychopathes😘

Fantazmë de Niko Tackian


Niko Tackian sera à Saint Maur en Poche les 23 et 24 juin prochain.

Venez nombreux à sa rencontre

 

Le livre : Fantazmë, Niko Tackian. Paru le 3 janvier 2018 aux Editions Calmann Lévy. 18,50 € ; 13,5 x 21,5

4 ème de couverture :

Janvier 2017. Dans une cave du XVIII ème arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’affaire qui restera en suspens des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, cette d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre.

 

 

 

L’auteur : Né à Paris en 1973, Niko Tackian fait des études de droits, d’Histoire de l’art avant de devenir journaliste et rédacteur en chef. Scénariste, réalisateur, romancier Niko Tackian est un touche à tout. Il se défini lui-même comme « un raconteur d’histoire ». Il reçoit en 2015 le prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac pour « Quelque part avant l’enfer » avec un thème minutieusement étudié : le phénomène de la mort imminente. En 2016 suivra « la nuit n’est jamais complète » puis « Toxique ». Ce premier volet, paru aux Editions Calmann Lévy, nous amène à suivre le commandant Tomar Khan, que l’on retrouve dans « Fantazmë » en ce début 2018.

 

Extrait :
« le sang sur ses mains s’était volatilisé et il était incapable de dire ce qui tenait du rêve et de la réalité. Bob l’avait clairement mis en garde contre lui-même. Il ne pouvait se résoudre à écouter les mots de son croque-mitaine, pourtant il était obligé d’admettre que quelque chose était en train de se passer »

 

L’accroche de Miss Aline

Fantazmë, Niko Tackian

L’équipe est au complet Tomar, Francky, Dino, Rhonda, sur une nouvelle affaire qui s’annonce « simple » comme un règlement de compte. Ne pas se fier aux apparences. Des victimes battues à mort, une caméra qui capte le passage à tabac. Un visage cagoulé, un bourreau rapide, efficace. Les victimes ne sont pas n’importe qui, elles sont elles mêmes des bourreaux d’hier ou d’aujourd’hui. Elles font dans le trafic d’êtres humains, dans la prostitution, en agrémentant le tout de tabassage en règle histoire de bien définir qui est le maître.

Le fantazmë, le spectre en albanais,  applique sa justice c’est-à-dire la mort. Tomar est son équipe le traque. Tomar va l’approcher mais sans parvenir à le saisir.

En filagramme, on assiste à une enquête de la police des polices. Rhonda va avoir chaud aux fesses malgré tout elle va tenir sa version des faits. Tomar la soutient et pour cause.

Le commandant n’en a pas fini avec ses visions oniriques, elles le poursuivent même en plein jour. Est-il en train de perdre définitivement les pédales ? Agir mais pour découvrir quoi ? Son passé est toujours là, ancré en lui.

L’auteur nous emmène dans le Paris d’aujourd’hui ou il faut vivre avec les attentats du passé. Ces victimes, pour qui le monde s’est soudé comme un seul homme, font parti d’hier. On les devine mais on ne les « voit » plus. Tout comme la traitre d’être humain, ça fait parti du décor. On ne les remarques plus, on ne les considère plus. L’indifférence, l’invisibilité. Ne pas vouloir voir. Oublier.

On parle beaucoup de rêves dans se roman. De rêves récurrents, de rêves ou l’on peut être un acteur conscient. Il serait intéressant de connaître le travail de recherche de l’auteur sur ce thème cher à Freud.

En conclusion, Tomar est de nouveau malmené. On se demande s’il va s’en sortir un jour. En même temps ses failles et ses blessures font partie de son charme. Un mec cassé qui laisse un peu d’ouverture à l’espoir. On attend la suite…

 

Dans les brumes du mal de René Manzor


 Le livre : Dans les brumes du mal de René Manzor. Paru le 19  octobre 2016 chez Calmann Levy dans la Collection Noir. 20€, (400 p.) 15×23 cm

4e de couv :

Un thriller magistral par l’auteur de Celui dont le nom n’est plus, Prix Polar Cognac 2014

La mère de Tom est morte, et Tom a disparu.
Tom, mais aussi John, Michael et Lily. À chaque fois, une mère est assassi- née et son enfant enlevé, comme évanoui dans les brumes inquiétantes qui submergent si souvent la Caroline du Sud.
Dahlia Rhymes, agent du FBI spécialisée dans les crimes rituels, s’impose dans l’enquête. Tom est son neveu, et même si elle ne l’a jamais vu car elle a rompu toute relation avec sa famille, elle ne peut pas l’abandonner.
En retrouvant les marais et les chênes séculaires de son enfance, Dahlia retrouve aussi Nathan Miller, un ancien gamin des rues devenu un des meil- leurs flics de Charleston. Ensemble, ils se lancent à la recherche des enfants, sans autre indice que le témoignage d’un voisin, qui prétend avoir vu rôder autour d’une des maisons une shadduh, une ombre vaudoue.
Et si, pour une fois, le mobile n’était ni l’argent, ni le sexe, ni la vengeance, ni même l’amour ?

L’auteur : René Manzor est scénariste, réalisateur, et écrivain. Né avec le goût de construire des histoires, René Manzor a d’abord donné corps à cette envie au cinéma. Ses deux premiers films, Le Passage et 3615 Code Père Noël, le font remarquer par Steven Spielberg qui l’invite à Hollywood. Voilà le jeune Français lancé à Los Angeles, scénariste et réalisateur, ghost writer pour les grandes productions. Dans les années 2000, René Manzor quitte les États-Unis et renoue avec le cinéma français (Dédales). En 2012, son premier roman, Les Âmes rivales, a révélé une plume au rythme vif et un univers mystérieux.En seulement deux romans, René Manzor s’est imposé comme un des nouveaux noms du thriller français, et a reçu pour Celui dont le nom n’est plus (Kero, 2014) le Prix Cognac du polar Francophone .
Extrait :
Il poussa la porte de la chambre d’Alyssa qu’il avait remise en ordre et laissa trainer son regard sur toutes ces choses qui avaient une signification particulière pour elle : les posters de ses groupes musicaux préférés, sa collection de coquillages, ses vieilles poupées de chiffon, ses colliers, sa table de maquillage…il attrapa son flacon de parfum et le contempla dans la lumière, comme un philtre magique. Il retira le bouchon, le sentit pour attirer le fantôme d’Alyssa dans la pièce, puis versa quelques gouttes dans sa main et les appliqua sur son cou et sur sa nuque.
Il s’attarda ensuite un moment devant les étagères de son bureau, s’intéressa aux romans qu’elle lisait, TWILIGHT de Stephenie Meyer, GANT OF THRONES de Georges R.R.Martin.
Il sourit tristement en apercevant la girafe en peluche avec laquelle sa fille dormait encore. Et, tout naturellement, il serra le doudou contre lui, ferma les yeux et s’allongea sur ce lit qu’il avait bordé tant de fois…..

 

L’Accroche deMiss Aline

Dans les brumes du mal, René Manzor
Editions Pocket

Dalhia Rhymes, criminologue au FBI spécialisée dans les crimes rituels va devoir revenir sur ses terres anciennes. Anciennes parce qu’elles les a quitté il y a plus de vingt ans. Anciennes parce que territoire chargé d’histoire, de rites, de religion vaudou. Elle va devoir faire face à un passé plus que douloureux pour retrouver son neveu et filleul Tom. Attention à ne pas se perdre sur le terrain mais également dans son passé. La frontière est mince, un rien pourrait la faire basculer. Epaulée de Nathan, une ancienne connaissance ayant, comme elle, choisi la voix policière, elle va traquer un kidnappeur d’enfants. Tom n’est pas le seul et surtout pas le dernier. Pourquoi prendre ces enfants, tuer leurs mères de façon atroce ? Sa connaissance des rites et cie va la guider.
Au cours de son enquête Dalhia va y laisser des plumes. Tel le phoenix va-t-elle renaître de ses cendres ? Rien n’est moins sûr.

Lectrice, tu l’attaches à elle. Elle veut faire de son mieux et porte tellement de souffrance, de blessures. Nathan aussi est un écorché. Tu crains pour eux. Tourner les pages c’est les entraîner plus loin mais vont-ils le supporter ? Tu n’as pas le choix, tu veux savoir pour Tom et les autres. Le dénouement est proche mais la solution te semble tellement …horrible. C’est aussi moche que ce que ces gosses subissent. Un petit détail te trotte dans la tête, il va trouver sa place où ? Ah oui….oh non pas ça ! Et ce ça tu ne l’as pas vu venir. Dalhia non plus.

Et vous, vous le verrez venir ?

Bonne lecture !

Ce qui se dit la nuit – Elsa Roch


Le livre : Ce qui se dit la nuit d’Elsa Roch. Paru le 8 février 2017 chez Calmann- Levy.   18€90 ; (298 p.) ; 22 x 14 cm

Réédité en poche le 7 février 2018  chez Le Livre de poche dans la collection Thriller. 7€40 ;  (283 p.) ; 18 x 11 cm

Disponible en numérique aux Editions de Lépée.

4e de couv : 

« Je ne crois pas au hasard. Ni aux malédictions. Sinon je ne serais pas flic. »
Amaury Marsac

Rentrer chez soi.

Tout oublier après le cadavre de trop, vingt ans dans la police à collectionner les « ides » : homicides, Infanticides, parricides… À peine quadragénaire, le commissaire Amaury Marsac a l’impression de porter mille ans de noirceur sur ses épaules. Il n’en peut plus. Il fuit Paris direction le village de ses origines.

Mais alors qu’il renoue avec Elsa, son amour de jeunesse, une vieille dame est retrouvée morte chez elle, égorgée et tondue, un morceau de tissu bleu cousu au niveau du coeur.

Cette femme, c’est Marianne, une figure bienveillante de son passé. Horrifié, Marsac s’impose dans l’enquête. De nouveau happé par les sombres coulisses de l’âme humaine, il va devoir démêler passions amoureuses et superstitions, blessures de l’enfance et cicatrices de l’Histoire jamais refermées.

L’auteur :  Elsa Roch écrit depuis son enfance, de la poésie d’abord. A l’adolescence, une rencontre  change sa vie, celle d’une petite fille autiste dont elle s’occupe pendant son temps libre. C’est ainsi que naît sa première vocation, et qu’elle devient  psy, avec pour spécialisation les troubles autistiques, ceux de l’adolescence, et les addictions.  Parallèlement elle écrit toujours, et la découverte de Lehane, James Lee Burke, Fred Vargas… est un déclic.  Désormais elle écrira des polars. « Ce monde est le mien. Il concentre tout. La vie, l’amour, la mort. » Elle vit près de Grenoble. Elsa Roch écrit des polars pour explorer une à une les failles de l’être humain.
Extrait :
Marianne reposait, mais le mot était mal choisi car rien dans sa posture n’évoquait une quelconque détente, nue, sur le divan. Sa tête, tondue, pendait presque dans le vide, à peine retenue par l’épaisseur de l’accoudoir rembourré. Sans cet appendice, sa tête se serait-elle détachée du reste de son corps ? Marsac s’approcha davantage – égorgée, de part et d’autre des muscles scalènes. Il ferma les yeux un millième de seconde, le visage soudain crayeux, dépassé par l’horreur. Chasser ce cauchemar de sa rétine avant que ces images ne se gravent à jamais, au burin, dans sa mémoire. Il savait déjà que ce serait vain. Il n’oublierait jamais. Il s’obligea à rouvrir les yeux. Continuer son exploration visuelle. Délaisser le visage, auparavant solaire de Marianne, autoriser son regard à descendre le long du corps. Cou. Déjà vu, passer. Buste. Il aurait aimé ne pas s’y attarder, mais. Stop. Il crut halluciner. Il y avait un truc, cousu à gros points noirs, sur… son… sein gauche… au niveau du cœur. Un morceau de tissu bleu ciel, effiloché, de deux centimètres sur deux environ. Il cilla, et vomit dans son masque pour la première fois de sa carrière. Sortir d’ici.

Le Off de Oph

« Ce qui se dit la nuit », un roman dans lequel, les croyances de nos provinces, tissent une toile de fond pour la plume précise mais aussi très sensible et poétique d’Elsa Roch.

« Elle se replia dans l’herbe, comme un bâton d’encens qui, après s’être peu à peu consumé, se délite brusquement et s’effondre. »

Dès les premières pages je savais que ce roman me plairait. Assaillie d’émotions, pour des raisons très personnelles, elles ne m’ont pas quittées tout au long de ma lecture.

Elsa nous emmène au cœur du Berry où le Commissaire Marsac a choisi d’aller se ressourcer pour échapper aux « ides »: homicides, infanticides, parricides… et comme je le comprends. Elsa a décrit avec justesse le « trop plein » du vécu d’un policier confrontés aux « ides » et surtout au « ide » de trop… celui qui, pour des raisons personnelles , peut nous faire basculer…
Mais alors que Marsac pensait se ressourcer, il en sera tout autrement.

Une intrigue nimbée de mystères et des croyances de tout un village. Un village où tous se connaissent… un village au rythme duquel vous vivrez tout le temps de la lecture.
C’est dans cette ambiance à la limite du huis-clos qu’Elsa a choisi de faire évoluer des personnages puissants, attachants, tellement humains, avec leurs fêlures et leurs passions.

« On raconte que les soirs de pleine lune, dès la nuit tombée, les lupeux, ces créatures surnaturelles à tête de loup et voix humaine qui attirent les voyageurs égarés dans les fondrières, viennent ici et qu’on ne peut les regarder sans mourir de peur. »

Enfin Elsa aborde des thèmes tels que la passion amoureuse, la rivalité, l’évolution des amitiés nouées à l’adolescence ou encore l’ambition.

Je dois avouer que si Marsac est le personnage central de ce roman , c’est un autre personnage, Manon, qui m’a le plus touchée. Un personnage que Marsac connaît depuis l’enfance, une jeune femme pour laquelle j’ai ressenti une réelle tendresse.

Je peine à croire qu’il s’agisse d’un premier roman de part la qualité de l’écriture… et pourtant… Elsa a sorti son second roman « Oublier nos promesses » le 7 février dernier, et « Ce qui se dit la nuit » est, quant à lui, paru en poche.

Si vous n’avez jamais lu Elsa, n’hésitez pas, elle fait partie des nouveaux auteurs que je compte suivre!