En attendant le jour – Michael Connelly


Le livre : En attendant le jour de Michael Connelly. Paru le 13 mars 2019 chez
Calmann-Lévy, dans la collection Clamann- Levy Noir .21€90 ;  (450 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv :

L’inspectrice Renée Ballard,
la nouvelle héroïne de Michael Connelly
Reléguée au quart de nuit du commissariat d’Hollywood, l’inspectrice Renée Ballard se lance dans des enquêtes qu’elle n’a pas le droit de mener à leur terme. Le règlement l’oblige en effet à les confier aux inspecteurs de jour dès la fin de son service. Mais, une nuit, elle tombe sur deux affaires qu’elle refuse d’abandonner: le tabassage d’un prostitué laissé pour mort dans un parking, et le meurtre d’une jeune femme lors d’une fusillade dans un night-club. En violation de toutes les règles et contre les désirs mêmes de son coéquipier, elle décide de travailler les deux dossiers de jour tout en honorant ses quarts de nuit. L’épuisement la gagne, ses démons la rattrapent et la hiérarchie s’acharne, mais Renée Ballard n’est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.


Auteur de plus de 30 romans dont Créance de sang, Le Poète, La Défense Lincoln, Ceux qui tombent et Jusqu’à l’impensable, Michael Connelly est traduit en trente-neuf langues et a vendu près de 65 millions de livres dans le monde. Ses romans ont été adaptés au cinéma et la saison 5 de la série Bosch est déjà en préparation pour la télévision.
Extrait :
Ballard et Jenkins montèrent à la maison d’El Centro Avenue peu avant minuit. C’était le premier appel du service. Il y avait déjà une voiture de patrouille garée devant, le long du trottoir, et Ballard reconnut les deux policiers en tenue. Debout dans la véranda du bungalow, ils parlaient avec une femme à cheveux gris vêtue d’un peignoir de bain. John Stanley était le chef de veille – le boss du terrain – et Jacob Ross, son coéquipier.
— Je crois que celui-là est pour toi, dit Jenkins.
Ils travaillaient ensemble depuis deux ans et s’étaient aperçus que Ballard était la meilleure de l’équipe quand la victime était une femme. Non que Jenkins aurait été un ogre, mais Ballard comprenait mieux les émotions des femmes. La réciproque était vraie lorsqu’ils se trouvaient en présence d’un homme.
— Reçu cinq sur cinq, répondit-elle.

Le petit  avis de Kris

En attendant le jour – Michael Connelly

L’inspectrice Renée Ballard est cantonnée aux patrouilles de nuit du commissariat d’Hollywood. Cela l’empêche d’enquêter sur les affaires qu’elle doit transmettre chaque matin aux équipes de jour. Transgressant le règlement de la police et contre l’avis de son coéquipier, elle décide de travailler sur le dossier d’un jeune prostitué tabassé et d’une jeune femme tuée dans une boîte de nuit.


Frustrée de ne pouvoir revoir Michael Connelly au Quai du Polar a Lyon, je me suis jetée sur son dernier bébé traduit de l’anglais par Robert Pépin. J’appréhendais un peu de ne pas retrouver Harry mais Renée lui succède avec brio. Nul doute Renée est bien l’équivalent feminin de Harry. Plus que des Cold Case, c’est le milieu des équipes de nuit du Commissariat d’Hollywood qui est ici en première ligne.
Enquêtrice de choc, Ballard, suit, tout comme Harry ses intuitions et nous entraîne avec elle dans ces milieux interlopes dont on soupçonne forcément l’existence mais qui sont ici décrits avec tout le talent de Michael Connelly.
Comme Harry elle souffre des rivalités et jalousies de ses coéquipiers et supérieurs mais, en fin limier, elle coiffera tout le monde sur le poteau. Encore un coup de maître du boss, Connelly.
Ce ne sera pas un coup de  mais il se place dans les 4 meilleurs que j’ai lu depuis le début de l’année (sur 16)

 

Apocryphe de René Manzor. 


En ce jour de mon anniversaire, j’ai choisi de vous proposer la chronique d’un de mes coup de coeur 2018.

Et en plus c’est une Flingueuse Légiste qui m’a offert cette chronique, autant dire que je suis gâtée et vous aussi par la même occasion.

Allez, je ne vous embête pas plus longtemps et vous laisse découvrir l’avis d’Isabelle

Le livre : Apocryphe de René Manzor. Paru le 3 octobre 2018 aux Éditions, Calmann Lévy dans la collection Calmann Levy Noir. 19,90€ ; 400 p. ; 15,3 x 23,5 cm.

4ème de couverture :

Jérusalem. An 30.

Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.

Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire.

Un adolescent en quête de justice et de vérité,

Une fresque épique, violente et émouvante, un thriller biblique à couper le souffle

Relecture stupéfiante de l’histoire officielle.

L’auteur : Né avec le goût de construire des histoires, René Manzor a d’abord donné corps à cette envie au cinéma. Ses deux premiers films, Le Passage et 3615 Code Père Noël, le font remarquer par Steven Spielberg qui l’invite à Hollywood. Voilà le jeune Français lancé à Los Angeles, scénariste et réalisateur, ghost writer pour les grandes productions. Dans les années 2000, René Manzor quitte les États-Unis et renoue avec le cinéma français (Dédales). En 2012, son premier roman, Les Âmes rivales, a révélé une plume au rythme vif et un univers mystérieux. 

 

Extrait  :
« Si Yeshua avait réchappé à la mort grâce à la science d’Arimathie, pourquoi n’avait-il pas cherché à revoir une dernière fois son fils avant son exil volontaire ? Ne pouvait-il pas lui consacrer une seule de ces quarante journées ? Avait-il revu ses parents ? Sa femme ? Quel genre d’existence pouvait-on mener après avoir abandonné les siens ?
Alors les paroles de son père lui revinrent en mémoire :
 Je sais que tu vas m’en vouloir terriblement pour ce que je dois accomplir, David. Mais… le Souffle de Dieu est plus important que l’amour d’un père pour son fils ou d’un fils pour son père. »

 

 Chronique d’une flingueuse

Les pépites d’Isabelle

Apocryphe de René Manzor. 

Apocryphe, le titre est bien choisi, je dirais même diablement malin. Un écrit apocryphe met en scène des événements et des acteurs bibliques, sans être conforme à la tradition reconnue par l’Eglise. Il propose une alternative à sa vérité, un autre possible accepté parfois par de nombreux fidèles.  Le texte de René Manzor est-il à sa façon un apocryphe ? Ou bien l’auteur a-t-il écrit un thriller très documenté qui sonne vrai ? Le livre cultive l’ambiguïté. C’est une œuvre de fiction sans aucun doute, mais elle s’appuie sur le dogme. Il ne s’agit pas d’un acte de foi, l’auteur prend soin de le souligner. Il le présente tout de même comme une relecture de l’histoire officielle. Alors, apocryphe ou thriller biblique ? Quatre petites phrases en 4e de couverture brouillent un peu plus les pistes  : Jérusalem. An 30. Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix. Son nom est David de Nazareh, et ceci est son histoire. Quelques mots qui vous harponnent et vous aspirent dans le récit, quelles que soient vos convictions en matière de religion.

Très vite, la trame est posée. Jésus Christ aurait eu un fils, élevé dans le plus grand secret par sa mère, Marie Madeleine. Le garçon intéresse au plus haut point les Romains, qui occupent la Judée, les autorités juives de Jérusalem, les Zélotes et d’autres courants du judaïsme. Pour les uns, il représente un danger potentiel, une arme politique qui ne doit pas tomber entre les mains des agitateurs, les autres le perçoivent comme un prolongement du Messie, une relique de sa chair, et placent en lui leurs espoirs de liberté. Et lui, sait-il vraiment qui il est ? Comment porte-t-il cet héritage et que compte-t-il en faire ? C’est là tout l’objet du roman.

Le contexte a beau être archi connu, l’histoire n’en demeure pas moins palpitante. Ses personnages ne sont pas communs : ils ont pour nom Ponce Pilate, Tibère, Caligula, Pierre, Judas, Barrabas… et ne sont pas là pour jouer les figurants, Manzor leur donne une vraie épaisseur. Leur caractère, leurs paroles et leurs actes contribuent à leur crédibilité. Le décor est lui aussi particulièrement bien planté. Lieux et monuments sonnent familièrement à nos oreilles. Qumrân, le temple de Jérusalem, le Golgotha, Bethléem…sont décrits avec force détails. L’imagination du romancier comble les blancs. Tout contribue à rendre le récit plausible, y compris la note en fin d’ouvrage qui révèle le destin de certains des personnages.

Lorsque les fictions sont à ce point documentées et s’appuient sur un corpus majeur de la culture judéo-chrétienne, que l’on soit ou non croyant, on a envie de connaître les sources de l’auteur. J’avoue avoir ressenti une petite frustration face à l’absence de toute information à ce sujet. Mais Manzor ne souhaitait pas se poser en exégète, et les sources historiques disponibles sont de toute façon sujettes à caution. Il reconnaît en revanche s’être inspiré de notre époque actuelle, à travers son questionnement sur le terrorisme fanatique, le pouvoir et l’usage de la foi, le dessous des guerres de religion.

Apocryphe, thriller ? Si l’on s’est posé la question, ne serait-ce qu’un instant, c’est que René Manzor a réussi son pari. Il le doit à son indéniable talent de conteur. Ainsi, dans les ultimes pages du roman, il réussit la prouesse de lâcher son lecteur, d’inciter son esprit à cheminer seul pour arriver précisément là où il l’attend.

Apocryphe, de René Manzor


Aujourd’hui c’est double chronique.

Ce matin je vous ai présenté un avis de lecteur avec la recommandation de Jean Luc

Ce soir pour vous, c’est un avis de Mister Flingueuse avec le ressent de Jean Paul

Oui deux chroniques de mec pour nous parler d’Apocryphe le dernier roman de René Manzor.

Au passage j’en profite pour dire que Apocryphe a été un de mes coups de coeur  2018


Le livre : Apocryphe de René Manzor. Paru le 3 octobre 2018 aux Éditions, Calmann Lévy. 19,90€ ; 400 p. ; 15,3 x 23,5 cm.

4ème de couverture :

Jérusalem. An 30.

Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.

Son nom est David de Nazareth, et ceci est son histoire.

Un adolescent en quête de justice et de vérité,

Une fresque épique, violente et émouvante, un thriller biblique à couper le souffle

Relecture stupéfiante de l’histoire officielle.

L’auteur : Né avec le goût de construire des histoires, René Manzor a d’abord donné corps à cette envie au cinéma. Ses deux premiers films, Le Passage et 3615 Code Père Noël, le font remarquer par Steven Spielberg qui l’invite à Hollywood. Voilà le jeune Français lancé à Los Angeles, scénariste et réalisateur, ghost writer pour les grandes productions. Dans les années 2000, René Manzor quitte les États-Unis et renoue avec le cinéma français (Dédales). En 2012, son premier roman, Les Âmes rivales, a révélé une plume au rythme vif et un univers mystérieux. 

 

Extrait :
« Ta mère était un ouragan que personne ne pouvait dompter. Elle a toujours mené sa vie comme elle le désirait. Ton père l’admirait pour cela. Ils se sont aimés comme peu de couple s’aiment. L’un pour l’autre et l’autre pour l’un. Sans entrave, ni serment, avec pour seul but de rendre l’autre heureux. Et ils y sont parvenus.
– Jusqu’à ce que Dieu recrute mon père dans le désert, souligna l’adolescent avec amertume.
– Tu te trompes, David. C’était bien plus fort entre eux, après. Quand Yeshua a décidé de s’en aller prêcher sur les routes, Mariamne n’a posé aucune condition.
– Elle n’a pas essayé de l’en dissuader ?
– Non. Elle lui a juste demandé de lui raconter ce qu’il avait vécu dans le désert pour être transformé à ce point. Et il l’a fait. La mission rédemptrice de ton père est devenue la sienne. Elle a épousé sa cause et son destin comme elle l’avait épousé lui. Ils ont quitté famille, village et maison pour rendre leur rêve possible.
– Leur rêve ou son rêve ? Demanda David.
– Leur rêve. C’était ta mère qui dirigeait le mouvement des Nazaréens, David. Pas Yeshua ! Ton père la laissait décider de tout. L’organisation autour de douze apôtres représentant les douze tribus d’Israël, c’était elle ! Elle était la “disciple préférée”, celle que Yeshua aimait. et elle a continué à assumer cette fonction après le Golgotha, pendant les persécutions, afin que le message de ton père lui survive.
– Alors ses déplacements à Jérusalem, c’était ça ?
– C’était ça, sa vie de femme, David, pendant que la mère, elle, te protégeait.
– Elle savait que mon père risquait sa vie et elle n’a rien fait pour l’en dissuader ? s’offusqua l’adolescent.
– C’était son choix. Et elle l’a respecté. Les gens qu’on aime ne nous appartiennent pas, David. Aimer c’est laissé choisir. »

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

Bonjour à toutes et à tous…

 

Il y a quelques jours je suis tombé sur un article, où figurait dans le même paragraphe les mots René Manzor et Apocryphe.

J’ai tout de suite su que l’ordre de ma PAL risquait d’être chamboulé très vite, mais ce que je ne savais pas encore à cet instant, c’est que, plus que ma PAL c’est moi qui allais l’être…

On qualifie d’apocryphe une œuvre « dont l’authenticité n’est pas établie.

 

J’ai rencontré René Manzor il y a quelques mois à la Fnac de Rosny (Merci Caroline Vallat).

J’ai tout de suite été touché par sa gentillesse, sa simplicité, et aussi sa voix… C’est un conteur né.

J’ai appris à le connaître un peu plus, en lisant plusieurs articles le concernant et aussi lors de nos différentes discutions.

On pourrait croire qu’il a eut plusieurs vie, tellement il a vécu et fait de choses incroyables !

Il aurait pu être lui même le héros de plusieurs romans.

À 24 ans il réalise Le passage film qui m’a marqué ainsi qu’une partie de ma génération, puis 3615 Père Noël, un autre ovni dans le cinéma.

Très vite il est parti au États Unis à Hollywood où il a travaillé avec les plus grands, Steven Spielberg, Georges Lucas, Rick McCallum,  etc…

De retour en France, il réalise l’excellent “Dédales”. Puis à partir de 2012, c’est en tant qu’auteur avec un style qui lui est propre, affûté, très visuel, qu’il excelle dans les thrillers. Apocryphe, un thriller Noir ésotérique, est son quatrième roman.

 

Apocryphe, risque peut-être de gêner ou de surprendre par le choix littéraire de l’auteur, mais quel plaisir de lecture…

Dépaysement et suspense assuré, le travail de recherche réalisé par René, est incroyable !

Je n’étais pas en train de lire un roman, j’étais tout bonnement projeté dans le passé, dans une fabuleuse aventure pleine de suspense.

Dans la chaleur, la poussière, les odeurs, la vie rude pour ces juifs à qui on a volé leur pays, leurs droits et qui subissent l’oppression de « Rome » au quotidien avec une violence rare et gratuite par César, Caligula, Saül, autant de représentants du mal…

René s’est glissé dans les Évangiles, avec son regard affûté et par des déductions logiques et historiques, il nous donne « une version » très crédible de ce conte « magique » qui a bercé mon enfance.

 

Celle d’un garçon David, poursuivi par l’armée romaine, qui n’a que pour seule erreur, celle d’être le fils d’un juifs, Yeshua de Nazareth, crucifié sept ans plus tôt sous les ordres de Ponce Pilate, et qui pourrait à lui seul amener un soulèvement dans toute la Judée.

René Manzor est allé dans un univers où je l’attendais pas du tout, et signe avec « Apocryphe » un excellent roman noir, avec non seulement beaucoup d’actions, de violences, d’amour et d’émotions, mais aussi et surtout dans un total respect des croyants catholiques ainsi que des athées.

Quel est le point commun entre tous les ouvrages de René Manzor ?

Prendre des risques et ne jamais s’installer dans la routine, et il réussit encore ici son challenge, haut la main !

Un roman qui n’a rien à envier à Steve Berry, Catherine Neville, Raymond Khoury, Umberto Ecco, Dos Santos ou Dan Brown pour ne citer qu’eux ! Coup de cœur que je conseille vivement à tous les lecteurs un peu curieux qui voudraient s’évader, en sortant d’un confort de lecture habituel !

Avalanche Hôtel  – Niko Tackian


Attention aujourd’hui journée spéciale Avalanche Hôtel.

Vous allez avoir droit à une double chronique.

Ce matin c’est Ophélie qui vous a présenté son Off de Oph, ce soir c’est Isabelle.

Et entre les deux, vous avez eu droit à la chronique duo d’Aline et Danièle.

De quoi vous faire une idée de ce nouveau titre de Niko Takian.

Allez je vous laisse avec les pépites d’Isabelle


Le livre : Avalanche Hôtel de Niko Tackian. Paru le 2 janvier 2019 aux éditions Calmann-Levy. 18.50 € ; (270 p.) ; format 13,5 x 21,5 cm

 4ème de couverture :

SURTOUT, NE VOUS FIEZ PAS
À VOS SOUVENIRS !

Janvier 1980. Joshua Auberson est agent de sécurité à  l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Il  enquête sur la disparition d’une jeune cliente avec un  sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le  suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua  a si froid qu’il perd connaissance…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma. Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

ENTRE SHINING ET JASON BOURNE,

UN THRILLER HYPNOTIQUE SIGNÉ NIKO TACKIAN

 

L’auteur :  Niko Tackian, né en 1973, est un scénariste, réalisateur et romancier français. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série ALEX HUGO pour France 2. Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. Il est également le créateur des enquêtes de Tomar Khan, publiées chez Calmann-Lévy (Toxique, 2017 ; Fantazmë, 2018).

 

 

 

Extrait :
« Un sacré palace que cet Avalanche Hôtel. Il avait l’impression de découvrir ce lieu qu’il devait pourtant bien connaître et il se sentit « chanceux » de travailler dans un tel établissement. De discrets accords de jazz s’étiraient dans l’air depuis une petite pièce en alcôve abritant un bar plutôt cosy. Joshua tourna la tête pour apercevoir un piano et les quelques musiciens rassemblés autour. Derrière le comptoir, un homme en veston noir, avec un visage étrange, lui fit un signe de la main qu’il rendit machinalement. T’as oublié le salon bleu ? Chaminou le fit sortir de sa torpeur. Sur les murs jaune clair, quelques plaques en cuivre indiquaient différents emplacements : réception, salle de bal, club aquatique, vestiaires, restaurant et… salons. Joshua prit la direction appropriée… »

 

Chronique d’une flingueuse

Les pépites d’Isabelle

 

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Votre calendrier de l’avent est vide ? Il vous reste un cadeau…

Avalanche Hôtel  – Niko Tackian

De l’aveu même de son auteur, Avalanche Hôtel n’est pas un roman classique. Tout a commencé lorsque l’auteur est tombé sur la photo d’un ancien palace abandonné, cerné par les Alpes. Fasciné par le site, il s’est rendu sur place pour le visiter. Son exploration lui a inspiré cette histoire. Et le palace décrépi l’a accompagné durant toute l’écriture du roman. Je comprends mieux, en prenant connaissance de l’imprégnation de l’auteur, pourquoi cette vieille bâtisse qui semble si réelle est un des personnages clé du roman.

Dès les premières pages, on est plongé dans ce lieu mystérieux et comme Joshua, le héros, on s’efforce tout d’abord de faire la mise au point. Et puis on y renonce, on s’habitue comme lui à déambuler dans une légère brume qui floute le décor et, au-delà, sa propre existence. On se laisse porter par la lecture, on est happé par la musique des mots, comme engourdi par la morsure de l’hiver. Et puis, à l’instar de Joshua, on finit par sortir de sa léthargie et par se poser des questions. A notre insu, l’aventure a déjà commencé… Elle nous entraînera très loin, à la fois au cœur du massif montagneux et dans l’intimité de la mémoire de Joshua Auberson. J’ai beaucoup aimé cette manière détournée, presque insidieuse, de nous plonger dans l’action.

 Avalanche Hôtel est un roman sensoriel et intuitif qui déroutera les esprits cartésiens habitués à spéculer sur l’issue d’une intrigue. Déjouant tout pronostic, le récit peut basculer à tout moment dans le fantastique ou le thriller scientifique, tout en empruntant des voies classiques. On croit reconnaître le paysage, on se raccroche à un repère et puis on erre de nouveau dans l’inconnu.

Mention spéciale à Sybille, réjouissante compagne de cordée qui tranche avec les personnages secondaires féminins habituels.

Avalanche Hôtel de Niko Tackian


Attention aujourd’hui journée spéciale Avalanche Hôtel.

Vous allez avoir droit à une double chronique.

Ce matin c’est Ophélie qui vous donne son avis, ce soir ce sera Isabelle.

Et entre les deux, vous aurez la chronique duo d’Aline et Danièle.

De quoi vous faire une idée de ce nouveau titre de Niko Takian

Le livre: Avalanche Hôtel de Niko Tackian. Paru le 2 janvier 2019 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€50 ; (270 p.) ; 14 x 22 cm .

4eme de couverture : 

Surtout, ne vous fiez pas à vos souvenirs !

Janvier 1980, à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Joshua Auberson, agent de sécurité, enquête sur la disparition d’une jeune cliente, avec un sentiment d’étrangeté.
Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd conscience…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma.
Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps.
Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

Entre Shining ET Jason Bourne, Un thriller hypnotique signé Niko Tackian

L’auteur Niko Tackian est un scénariste, réalisateur et romancier français, né le 5 avril 1973 à Paris. Il a réalisé plus de trente albums dans lesquels il aime explorer différents genres, tels que science-fiction, dark fantasy, policier, fantastique. Il a également réalisé de nombreux téléfilms. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2. Il a commencé une carrière d’écrivain de thrillers en 2015 avec Quelque part avant l’enfer.  Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. Après La nuit n’est jamais complète,  Quelque part avant l’enfer, Toxique et Fantazmë, il signe avec Avalanche Hôtel son cinquième roman.
Extrait:
 » Vous connaissez Robert?
– Le gardien? Oui… C’était un gamin à l’époque. Il n’a jamais voulu accepter la fin. Vous savez le passé vaut mieux l’oublier, ça aide à vivre. Sinon ça vous ronge, comme une maladie…
Ces derniers mots résonnaient dans la tête de Joshua, lui qui faisait tout, au contraire, pour recomposes ses souvenirs. »

Le OFF de OPH

Avalanche Hôtel de Niko Tackian, Chronique grise pour roman blanc .

Comme beaucoup, j’attendais avec impatience ce roman. Une histoire sans Tomar, une histoire originale plus proche du thriller que du roman policier, quelque chose de différent mais aussi une sortie littéraire autour de laquelle la communication a été particulièrement bien maîtrisée. Habile, cette mise en avant du roman plusieurs mois avant sa sortie nous a transformé en enfants la veille de noël, trépignant d’impatience à l’idée de lire ce thriller énigmatique.

Le problème d’une communication abondante, c’est qu’elle provoque de nombreuses attentes chez le lecteur, surtout quand celui-ci est exigeant . Me concernant, si elles n’ont pas été comblées, il n’en reste pas moins que certains aspects m’ont plu et rendu l’ensemble de la lecture agréable. Paradoxe ? Oui sans doute.

Avec cette intrigue, Niko traite de la mémoire, de son fonctionnement, de la construction des souvenirs de manière très intéressante et visuelle, évitant de nous perdre sous des aspects scientifiques qui auraient rendu la lecture plus lourde. Il parle de la mort aussi et du rôle de la mémoire dans l’image que nous nous en faisons : « Elle se tenait sur le bord d’un abîme dans lequel elle allait disparaître sans laisser la moindre trace. Les morts n’existent qu’à travers le souvenir des vivants et dans son cas, personne ne s’était manifesté, ni famille ni amis… Elle était seule dans les abysses, il n’y avait rien de plus froid que l’oubli. ». Il soulève également par ce biais la question de la quête de soi : qui sommes nous ? Pourquoi les choses se font ainsi ? Avec parfois des impressions de roman à portée initiatique « Y a des choses qui doivent se faire à des moments précis ». Toutefois, soyez-rassurés, Avalanche Hôtel reste un pur thriller.

On retrouve l’écriture fluide et la plume dynamique de Niko et si on ne peut parler de rythme effréné, l’auteur suscite chez son lecteur de nombreuses interrogations qui rendent la lecture compulsive. Mais… Mais je suis restée sur ma faim et une fois les 261 pages lues, j’ai un sentiment globalement mitigé. Je n’ai pas détesté au contraire, j’ai plutôt aimé sans toutefois être tranchée sur un avis positif.

Côté intrigue pas d’errance ou d’approximation, l’histoire est maîtrisée et ne souffre pas d’une fin inachevée, au contraire. Toutefois, les références à Shining et Jason Bourne en 4ème de couverture ont, je pense, biaisé l’appréciation de ma lecture. Si parfois j’ai pu ressentir une angoisse comme sait la déclencher King, qu’effectivement l’Avalanche Hôtel peut avoir des airs de ressemblance avec son cousin l’ Overlook, la comparaison s’est pour moi arrêtée là ; tout comme je n’ai pas pensé une seule seconde à Jason Bourne en dehors du travail sur la mémoire. S’il fallait vous donner une idée de référence, je trouve Avalanche Hôtel plus proche des Rivières Pourpres, tant dans le rythme, que l’ambiance très mystérieuse et parfois oppressante ou encore l’histoire que nous conte Niko.

Ce livre étant assez court, je crois que j’ai été plus exigeante et donc pas totalement convaincue même si je crois sincèrement que c’est un bon roman et qu’il plaira à beaucoup de lecteurs

C’est donc une chronique grise pour un roman où le blanc de la neige domine, toutefois, il ne s’agit que d’un avis personnel et très lié aux attentes que j’avais sur cette sortie. Je ne doute pas qu’ Avalanche Hôtel trouvera son public !

Avalanche Hôtel de Niko Tackian , la chronique duo


Attention aujourd’hui journée spéciale Avalanche Hôtel.

Vous allez avoir droit à une double chronique.

Ce matin c’est Ophélie qui vous  a donné son avis, ce soir ce sera Isabelle.

Maintenant place la chronique duo d’Aline et Danièle.

De quoi vous faire une idée de ce nouveau titre de Niko Takian

La Chronique Duo

Une nouvelle fois Miss Aline Et Mamie Danièle papotent autour d’une lecture commune.

Aussi elle nous racontent ici ce qu’elles en ont pensé

Allez place à l’avis de nos Flingueuses


Le livre: Avalanche Hôtel de Niko Tackian. Paru le 2 janvier 2019 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€50 ; (270 p.) ;14 x 22 cm .

4eme de couverture :  

Surtout, ne vous fiez pas à vos souvenirs !

Janvier 1980, à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Joshua Auberson, agent de sécurité, enquête sur la disparition d’une jeune cliente, avec un sentiment d’étrangeté.
Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd conscience…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma.
Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps.
Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

Entre Shining ET Jason Bourne, Un thriller hypnotique signé Niko Tackian

L’auteur Niko Tackian est un scénariste, réalisateur et romancier français, né le 5 avril 1973 à Paris. Il a réalisé plus de trente albums dans lesquels il aime explorer différents genres, tels que science-fiction, dark fantasy, policier, fantastique. Il a également réalisé de nombreux téléfilms. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2. Il a commencé une carrière d’écrivain de thrillers en 2015 avec Quelque part avant l’enfer.  Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. Après La nuit n’est jamais complète,  Quelque part avant l’enfer, Toxique et Fantazmë, il signe avec Avalanche Hôtel son cinquième roman.

La Chronique Duo

Dany : suis là !!!

Miss Aline : moi aussi….

Dany : On y va comme tu veux …

Miss AlineAvalanche hôtel tu en attendais quelque chose ou c’était une « surprise » ?

Dany : Ben une surprise pas vraiment vu qu’on en a tellement parlé avec l’auteur que l’on savait qu’on devait s’attendre à du bon.
Tous ses thèmes de prédilection y sont

Miss Aline : Je me suis fermée à tout ce qu’on a pu en dire pour le lire d’un œil neuf, si je puis dire. Dès le début j’accroche bien sur le personnage de Joshua

Dany : Oui son mec normal me plait aussi bien

Miss Aline : normal ?

Dany : regarde …

p.192
Joshua n’était qu’un petit flic sans envergure, un simple être humain ballotté dans les flots de l’existence. Pas le plus talentueux, pas le plus intéressant. Il n’était pas l’élu, ni un super héros.

p.72 
Contrairement au cliché du flic, il n’avait pas de passé torturé ni de vices cachés. Il ne se sentait pas non plis antihéros borderline prêt à jouer du revolver ou des muscles pour rétablir la justice – d’ailleurs il valait mieux vu ses performances déplorables au stand de tir. Non, il était simplement Joshua Auberson, un mec normal qui aimait son métier.

Miss Aline : ça c’est ce qu’il pense de lui. Mais il est tout de même un peu têtu, obstiné, ayant un pied dans le passé un dans le présent. Il ne lâche rien.

Dany : Oui c’est sûr son côté obstiné le rend charismatique

Miss Aline : charismatique est bien le mot. D’emblée on est de son côté, on veut qu’il réussisse son enquête sans trop de bobos.

Dany : Il a suffisamment morflé dans le prologue à l’enquête … 8 chapitres pour souffrir physiquement et moralement c’est dur tout de même

Miss Aline : c’est une souffrance qu’il portait déjà en lui sans le savoir. Le coma va lui ouvrir les yeux dans tous les sens du terme.

Dany : Je pense qu’il y a deux thèmes majeurs le concernant : la reconquête de la mémoire (immédiate et « généalogique ») et l’expérience de la mort imminente (EMI), les deux mêlées à l’intrigue

Miss Aline : je suis d’accord. On connait mieux les EMI que la mémoire généalogique. Et là beau travail de l’auteur en recherche.

Dany : Pour ce qui est de la mort imminente il en a déjà parlé dans son premier roman Quelque part avant l’enfer. Ici il n’analyse pas le phénomène, il nous le fait ressentir.

Miss Aline : on peut constater le scepticisme de sa collègue face à ce phénomène ainsi que la mémoire généalogique

Dany : J’avoue que moi aussi je suis septique sur la mort imminente

Miss Aline : il en va de même pour la mémoire généalogique ?

Dany : Non j’y suis un peu plus sensible, un peu comme la conscience commune, le fond de culture atavique

Miss Aline : il y a aussi la mémoire des lieux. L’auteur a su « personnifier » l’hôtel.

Dany : Tu m’as dit que tu avais déjà entendu parler de cette mémoire généalogique … tu y crois donc ?

Miss Aline : je pense que cette mémoire existe oui. Que nous portons en nous le passé des nos aïeux parfois sans le savoir…

Dany : comme on peut aussi hériter de leurs phobies …

Miss Aline : oui tout à fait ! Je pense qu’il s’agit en général de choses négatives, comme si par-delà le temps nous devions réparer quelque chose
Comme Joshua porte en lui sans le savoir une autre histoire. Il aura fallu une avalanche pour tout  déclencher.

Dany : Je suis d’accord en plus sans cette avalanche il ne se serait pas rapproché de sa coéquipière

Miss Aline : c’est une évidence. Elle qui est tout l’inverse de lui : grande gueule, etc. Il faut gratter un peu pour voir ce qu’il y a dessous.

Dany : et lui c’est une crevette …

Miss Aline : choix volontaire de l’auteur ?

Dany : La crevette sert de nourriture aux grands prédateurs marins …
Bien sympathique la grande gueule en tout cas !

Miss Aline : oui sympathique mais elle cache aussi des fêlures.

Dany : On s’attarde là sur des éléments constitutifs des deux enquêteurs mais je trouve que la galerie de personnages n’est pas mauvaise non plus …

Miss Aline : j’ai presque envie de dire qu’il n’y a pas de personnages secondaires. tout le monde a un rôle a jouer pour l’avance ment de l’intrigue.

Dany : et même le chien …

Miss Aline : carrément…
Que dire de l’intrigue en elle même ?

Dany : Elle semble assez classique au début

Miss Aline : Oui je me suis dis la même chose mais finalement les fils s’emmêlent et l’on va vers quelque chose de plus complexe

Dany : Mais il nous avait prévenu Niko, des indices tout au long de l’intrigue pour nous perdre et aboutir à une solution

Miss Aline : c’est sur que les indices sont semés tout du long… y a-t-il un moment où tu pressens où l’on va ?

Dany : Pour ma part, l’ultime révélation et confirmation ADN … on la voit poindre à peine avant que ça ne soit écrit… je suis restée immergée dans l’enquête

Miss Aline : j’ai pressenti bien avant mais je n’arrivais à trouver les liens. C’est dans la révélation du déroulé que je suis tombée de haut.

Dany : On se doute d’un lien entre l’enquête actuelle et le passé de l’hôtel mais  …… un doute seulement, jamais on ne peut imaginer à quoi cela va mener !

Miss Aline : c’est sur que dans les premiers chapitres t’imagines pas.

Dany : On a très froid tout le temps … une constante du roman l’hypothermie … Ça contribue au malaise

Miss Aline : c’est vrai que le froid est fort présent. Autant il y a des descriptions de paysages qui donnent envie, autant parfois on est limite claustro, oppressé par cette neige, son côté étouffement des bruits. Un paysage d’hiver c’est toujours une sensation cotonneuse

Dany : Qui endort les protagonistes mais les lecteurs aussi …

Miss Aline : oui c’est vrai, on lit avec une certaine nonchalance. mais en même temps l’intrigue et son ambiance n’auraient pu se passer à une autre saison

Dany : on est content quand on entre dans une pièce chauffée, c’est bien que l’effet induit est réussi

Miss Aline : ouiiii c’est vrai. Tout le long de ta lecture tu as envie de plaid et de chocolat chaud. lol

Dany : De chocolat suisse …

Miss Aline : on va demander à Niko de nous fournir en chocolat … lol

Dany👍

Dany : J’avais noté deux autres thèmes qui sont récurrents chez l’auteur : la quête des origines et l’amour maternel. SANS SPOIL … ils sont présents aussi ici, comme l’amitié et la loyauté

Miss Aline : l’amour maternel est un ciment fort. La quête des origines pour mieux savoir où tu vas, qui tu es. C’est important pour se construire.

Dany : des valeurs universelles donc

Miss Aline : oui tout comme l’amitié et la loyauté.

Dany : mais pas une recette facile pour les mettre en mots

Miss Aline : il faut laisser parler ta sensibilité. Je trouve que dans Avalanche Hôtel, la sensibilité à bien fait son job.

Dany : Tout à fait
Alors ici on a eu un one-shot qui a permis à l’auteur de bien faire souffrir ses personnages et ses lecteurs. Parution le 2 janvier 2019 en même temps que la version poche de Fantazmë, le tome 2 des aventures de Tomar Khan, ce héros à l’opposé de Joshua. Le prochain pour 2020 c’est le retour de Tomar Khan mais en temps de canicule … ouf !
Sans oublier la série Alex Hugo, dont il est co-scénariste avec Franck Thilliez, à la TV avec la diffusion d’épisodes inédits en septembre 2019
Et pour en savoir plus sur Niko … il faut lire le collectif Polar régulièrement 😉😇

 


Dany : Pour ma part, foi de flingueuse j’approuve AVALANCHE HOTEL… Je dirai même plus j’adoube !

Miss Aline : j’avoue avoir passé un bon moment avec Avalanche Hôtel. J’ai bien retrouvé ma saison préférée. Ensuite, cet hôtel donne très envie d’y aller. Enfin, les personnages sont forts, avec toute la palette des sentiments humains. J’ai beaucoup d’empathie pour Joshua et lui souhaite d’aller vers l’été de sa vie. Pour conclure : belle couverture qui de suite intrigue par un élément qui appelle tout de suite le questionnement. Merci à Niko Takian pour ce bon moment de lecture.

Dany : Merci Aline pour cet échange … à bientôt pour de nouvelles aventures ?

Miss Aline : merci à toi aussi… rdv pour de nouvelles aventures !

Apocryphe de René Manzor


Ce matin nous vous offrons une chronique duo

La chronique duo c’est un échange entre flingueuses.

Des Flingueuses qui papotent en nous donnant leur avis sur un même livre.

Aujourd’hui c’est Aline et Danièle qui nous disent tout le bien qu’elle pense du dernier polar de René Manzor


Le livre : Apocryphe  de René Manzor. Paru le 3 octobre 2018 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy noir.  19€90 ; (400 p.) ; 24 x 16 cm

4e de couv : 

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth,
et ceci est son histoire.

Une fresque épique, violente et émouvante, sur les traces d’un adolescent en quête de justice et de vérité.

Un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l’histoire officielle

 

@Marie Manzor

L’auteur : René Manzor est réalisateur, scénariste et écrivain. En seulement trois romans, il s’est imposé comme un des nouveaux noms du thriller français, et a reçu pour Celui dont le nom n’est plus le prix Cognac du polar francophone.

 

Extraits :
« Les gens qu’on aime ne nous appartiennent pas, David. Aimer, c’est laisser choisir »
« La mort est une voisine qui pousse à la confidence, un sérum de vérité infaillible qui oblige les hommes à faire le tri dans leurs mensonges. Sa présence en temps de guerre impose un compte à rebours qui fait tomber les masques et les postures. David était-il prêt à faire tomber les siens ? »

 

La Chronique Duo de Miss Aline Et Mamie Danièle

Apocryphe de René Manzor

 

Aline : je l’ai terminé cette nuit !!!

Dany : Et alors ? Ca décoiffe !

Aline : Rien à voir avec sa trilogie précédente. C’est un Apocryphe dans sur tout les plans

Dany : Ben non justement quand j’ai vu la couverture j’ai été très surprise. Non, je veux dire ça ne ressemble pas aux trois autres
Mais c’est tout de même un thriller

Aline : oui. Au début j’ai eu du mal à situer tout le monde : beaucoup de personnages.

Dany : J’avais mon carnet magique à côté de moi aussi pour suivre … d’autant que les références bibliques chez moi sont rares, à part la Divine Comédie et ça date !

Aline : Moi aussi j’ai pris des notes au début pour bien former l’organigramme.

Dany : oui il faut identifier les clans !

Aline : complètement.

Dany : ensuite tu es prise par l’action. L’intrigue et l’époque où ça se déroule importent beaucoup moins

Aline : oui tout à fait. Bien que cela soit moins important, les paysages, les lieux etc. sont bien décrits, tu t’y vois.

Dany : je me suis fait la réflexion aussi, le souci du détail, la précision … du vrai Manzor quoi !

Aline : exactement. Tu ressens la chaleur du désert, le froid des montagnes (à la fin).

Dany : et la tempête m’a bluffée

Aline : oui aussi

Dany : je me suis dit qu’il avait dû en vivre une dans le désert, car ça ne s’invente pas

Aline : il est scénariste ça aide.

Dany : autre chose qui m’a interrogée, bien sûr certains personnages et certains faits sont « probablement » historiquement fondés, cependant dans la partie fiction (la vie de David) est-ce que l’incendie de Nazareth a bien eu lieu, avec toute cette atrocité ?

On a un vrai roman de cinéaste et quel péplum !

Aline : oui c »est le mot que je cherchais péplum.

Dany : oui mais péplum musclé !

Aline : oui complètement.

Dany : J’aime beaucoup le personnage de Longinus, il m’a fait penser à Obélix sans potion magique, quand il se bat avec les Romains.

Aline : Longinus est particulier, pour moi c’est le fil rouge du livre, le personnage central.

Dany : oui je confirme … celui qui avoue ses erreurs et les répare ou du moins essaye

Aline : dans tout le livre il est question de s’accepter avec ses erreurs, de changement. Chacun y passe pratiquement.

Dany : Il y a pourtant certains indécrottables qui courent après la promotion ! Très actuel en fait !

Aline : bien sur. A se demander qui sont vraiment les fanatiques !

Dany : Pour ma part je me suis dit que les situations étaient tout de même très contemporaines …

Aline : il dénonce quoi ? L’arrivisme ? Le pouvoir ? L’apparence ?

Dany : le racisme, les guerres de religions au sens large, la domination des puissances sur les pays pauvres. La pax romana c’est bien une mondialisation organisée pour la spoliation des ressources.
L’esclavage … Il y a aussi des petits malins qui voient dans la collaboration avec l’occupant un moyen de s’enrichir …

Aline : de tout temps il en a été ainsi. Que dire de David ?

Dany : donc on peut dire que ce roman est intemporel …

Aline : complètement

Dany : David est en quête de son père et se construit dans la pire des situations pour un ado. Il n’est pas le personnage le plus marquant dans cette histoire … pour moi !

Aline : pour moi non plus. Pour moi il s’agit de Longinus. C’est en quelque sorte par lui que tout arrive : s’il n’avait pas percé le flan de Yeshua, s’il n’avait pas trouvé la maison de Mariamne, s’il n’avait pas été romain…

Dany : Moi aussi ! Et que penses-tu des femmes ! Sacrées nanas les trois !

Aline : tu parles de Mariamne, de Farah  et de ?

Dany : Mia

Aline : ah oui ! Le pouvoir est aux femmes, bien qu’à cette époque elles n’aient aucun droit sinon d’être soumises.

Mariamne est « le plus aimé »
Farah une esclave libre qui a du répondant tant physiquement que moralement.
Mia tout pareil ne se laisse pas mener.

Dany : C’est bien pour ça (et plein d’autres choses) que ce roman va bien au-delà d’une fiction historique !

Aline : on est d’accord

Dany : La 4ème de couverture est réductrice

Aline : beaucoup trop !

Mais la couverture est parlante

Dany : Qu’est-ce que la vérité ?

Aline : Apocryphe… chacun peut donner sa vérité. Selon qui tu es, comment tu te places, ce que tu cherches… tu places, interprètes les faits comme tu l’entends, pour qu’ils aillent dans ton sens.

Dany : A chacun sa vérité, ses convictions, après il faut parler des valeurs communes …

Aline : loyauté, courage, persévérance,

Dany : Ne gagnent en sérénité que ceux qui placent l’humanité en premier rang, même s’ils font fausse route dans leur parcours, ils devraient se retrouver au bout du compte

Aline : on est d’accord

Dany : P… Quelle philosophie … Monsieur Manzor je ne m’attendais pas à ça en ouvrant un roman avec une couronne d’épines sur la couverture ...

Aline : moi si un peu. La question est de savoir quelle est la question ? Je m’explique …

Dany : Oui, tu peux développer ?

Aline : A Rosny, Monsieur Manzor en parlant de sa trilogie m’a expliqué que dans chaque roman il essaie de répondre à une question. Que voulait-il dire dans ce roman ?
On peut changer quoi que l’on ait fait ?

Dany : Reconnaître ses erreurs et se racheter ?

Aline : oui

Dany : Mais … il faut faire ses preuves ou plutôt donner des preuves de sa bonne foi

Aline : oui en l’occurrence dans cette épopée biblique … Même si c’est un apocryphe, l’histoire est plausible pour tous les personnages.
Judas a trahi sur demande de Yeshua.
Le centurion clément pour la mise à mort
Caligula en empereur usurpateur et psychopathe.

Dany : Caligula c’est une réalité historique …

Dany : … Tu vois Aline, la confrontation des idées sur un roman amène des points de vue différents 

Aline : Je suis d’accord, je le dis toujours : autant de lecteur autant d’avis de ressenti
En tout cas dans le contexte actuel fallait avoir des couilles pour sortir un bouquin sur la religion même si c’est un apocryphe.

Dany : Certes. Au-delà de tout ça, Apocryphe reste un thriller, une fiction très agréable à lire. Le ton très actuel rend tout tellement plausible.

Aline : oui. Il y a du rythme. On est porté  par les scènes de batailles etc.

Dany : Des descriptions, on en a parlé mais remarquables.

Aline : exact

Dany : Pourquoi je dis « mais » ? Pas besoin …tout simplement remarquables !

Manzor parle de « comparution immédiate », « contre productif », « ses arguments qui faisaient sens » ça nous parle …

Aline : ouiii

Dany : Au bout des premières pages j’avais l’impression d’être devant une série TV dont j’aurai entendu parler des deux premières saisons et que je prendrai en marche au début de la troisième. Mais ensuite … un vrai plaisir de lectrice !

Aline : c’est ça un scénario comme tu disais tout à l’heure : péplum

Dany : Ben Aline on est d’accord sur ce coup ? Apocryphe à lire et Manzor à suivre …

Aline : complément d’accord. Il s’est sorti de sa zone de confort (polar classique) pour t’emmener là où tu ne pensais pas aller.

Dany : Ca c’est sûr … je ne m’y attendais pas du tout ! Il m’avait dit que son prochain (Apocryphe) ne se passait pas en Amérique, ni en Europe et que c’était un one-shot … en plus Manzor, il ne ment pas 
Il a dû sacrément se documenter pour arriver à ce niveau de précision … tu as vu ses sources ?

Aline : oui effectivement c’est un boulot titanesque

Dany : Tu avais lu les trois romans précédents ?

Aline : oui, adoré

Dany : Moi aussi !

Aline : le dernier te laisse sur le séant.

Dany : Je vais le voir en Décembre à Blaye et … tenter d’avoir des scoops pour la suite !

Aline : j’ai tenté à Rosny de savoir pour celui là. Il n’a rien lâché.

Dany : Pour le moment je digère celui-ci, je pense qu’avec le recul de nouveaux aspects vont m’apparaître ! C’est le pied de la lectrice !
Comment on procède pour cette chro ?

Aline : Si tu penses qu’on a fini, je fais la transcription cet après-midi au plus tard et te la passe pour validation

Dany : ben je pense qu’on est ok. Que pourrait-on ajouter de plus ?

Aline : Rien de mon côté !

Dany : ben moi non plus. Le mot de la fin pour fermer la discussion … à toi !

Aline : Remercier les Editions Calmann pour ce SP. Merci à Monsieur Manzor pour nous avoir fait voyagé et réfléchir.

Dany : Merci également  à Marie Manzor pour la photo de René …

Aline et Dany : Alors en bref : 

René Manzor signe avec Apocryphe, un thriller hors norme. Avec le pouvoir des mots il nous fait voyager. Pas seulement en nous entraînant au début de notre ère avec des paysages époustouflants dans leurs descriptions. Mais il nous livre également un voyage intérieur,une étincelle pour la conscience, une envie de voir, de chercher plus loin. Un regard sur l’humanité, sur sa capacité à se construire, se reconstruire. René Manzor un charmeur des mots qui vous entraîne là où vous ne pensez pas aller.

Le journal de ma disparition – Camilla Grebe


Le livre : Le journal de ma disparition de Camilla Grebe. Traduit du suédois par Anna Postel. Paru le 7 mars 2018 aux Editions Calmann Levy  dans la collection Calmann Levy – Noir. Broché : 21,90 € ; 432 pages ; 15 x23 cm

4ème de couverture :

Il y a huit ans, la jeune Malin, alors adolescente, a découvert une fillette dans la forêt de Ormberg, une ville suédoise isolée. On n’a jamais pu identifier la petite victime.

Devenue une jeune flic ambitieuse, Malin est affectée auprès de Hanne, la célèbre profileuse et de l’inspecteur Peter Lindgren, qui reprennent l’affaire. Mais Peter disparaît du jour au lendemain, et Hanne est retrouvée blessée et hagarde dans la forêt.

Le seul témoin est un adolescent qui aime errer dans les bois enneigés, la nuit. Sans le dire à personne, il récupère le journal que Hanne a laissé tomber et se met à le lire, fasciné…

Désormais seule dans son enquête, Malin est appelée sur les lieux du tout premier crime : une nouvelle victime a été découverte. Et si tous ces faits étaient tragiquement liés ?

L’auteur : Née en 1968, Camilla Grebe est diplômée de la Stockholm School of Economics. Elle est cofondatrice de Storyside, une maison d’édition suédoise de livres audio. Camilla Grebe est déjà célèbre en Suède pour sa série de polars écrite avec sa sœur Asa Träff. Un cri sous la glace, son premier livre en solo, paru en 2017 aux Editions Calmann-Lévy, a connu un très beau succès dès sa sortie tout en devenant un phénomène mondial.
Extrait :
« Si je m’attendais à être recrutée pour enquêter sur la fille d’Ormberg ! Moi qui travaillais comme simple agente à Katrineholm depuis l’obtention de mon diplôme. Pourtant, la décision de mes supérieurs est rationnelle : on m’a envoyée dans ce bled parce que j’y ai grandi. Il n’a aucun secret pour moi. Et je dois être la seule personne originaire de ce trou dans la police. Que ce soit moi qui aie découvert le cadavre en cette soirée d’automne huit ans auparavant n’a probablement guère fais pencher la balance de ma faveur.

 

L’accroche de Miss Aline :

Le journal de ma disparition, Camilla GREBE

Malin, jeune flic, se retrouve sur une enquête qui fait échos à son passé. Ormberg elle en est partie, elle y revient. Elle va renouer avec un petit village où il ne se passe –quasiment- jamais rien. Et pourtant les racines sont profondément enfouies sous cette neige qui n’en fini pas de recouvrir le sol suédois.

Une profileuse célèbre qui ne sait plus comment ni pourquoi elle se retrouve en pleine forêt seule, sans chaussures. Son co-équipier introuvable, volatilisé.

Une nouvelle victime retrouvée sur le monticule de la petite fille retrouvée morte et non identifiée d’il y a huit ans.

Un adolescent en quête de son identité va cheminer parallèlement à tout ce monde.

Deux voix dans ce livre : Malin et Jake. Deux récits parallèles d’une même affaire. Deux vies chamboulées qui se cherchent. Les chapitres sont courts, le rythme est intense mais cotonneux comme sous une chape de neige. C’est d’une écriture fluide que l’auteur t’entraîne dans cette forêt opaque, oppressante, là ou les secrets sont bien enfouis. Cette forêt qui voudrait bien livrer ses mystères.  Avec Malin tu suis l’enquête qui se fait (presque) tranquillement et paradoxalement avec des avancées parfois déroutantes de chapitres en chapitres. Tu sens que sous la couche de poudreuse se cache un truc. Il ne peut en être autrement. L’auteur sait garder ses secrets, elle distille ses indices avec parcimonie  pour t’amener à une conclusion déroutante.

J’ai acheté ce livre d’abord pour sa couverture, ce qui est très rare chez moi. Ensuite pour sa 4ème de couverture. Non je n’ai pas lu le premier roman de Camilla Grebe mais je vais me rattraper, c’est certain. D’ailleurs il est déjà dans ma bibliothèque (oui je sais on dit « dans ma PAL !).

Bonne lecture.

Un cri sous la glace – Camilla Grebe


Le livre : Un cri sous la glace de Camilla Grebe. Traduit du suédois par Anna Postel.  Paru le 1er février 2017 chez Calmann Levy. 21€90 ; (445 p.) ; 23 x 15 cm.

Rééditer en poche le 21 février 2018 chez Le Livre de Poche dans la collection Thriller. 7€70 ; (504 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Avez-vous déjà perdu la tête par amour ?

Emma, jeune Suédoise, cache un secret : son patron Jesper, qui dirige un empire de mode, lui a demandé sa main.
Mais il ne veut surtout pas qu’elle ébruite la nouvelle. Deux mois plus tard, Jesper disparaît sans laisser de traces et l’on retrouve dans sa superbe maison le cadavre d’une femme, la tête tranchée. Personne ne parvient à l’identifier.

Peter, policier émérite, et Hanne, profileuse de talent, sont mis en tandem pour enquêter. Seul problème, ils ne se sont pas reparlé depuis leur rupture amoureuse dix ans plus tôt. Et Hanne a aussi un secret : elle vient d’apprendre que ses jours sont comptés.

Dans un Stockholm envahi par la neige, un double récit étourdissant prend forme. Chaque personnage s’avère cacher des zones d’ombre.

À qui donc se fier pour résoudre l’enquête ?

L’auteur : Née en 1968, Camilla Grebe est diplômée de la Stockholm School of Economics. Elle est cofondatrice de Storyside, une maison d’édition suédoise de livres audio. Camilla Grebe est déjà célèbre en Suède pour sa série de polars écrite avec sa soeur et finaliste du prix Best Swedish Crime Novel of the Year. Un cri sous la glace, son premier livre en solo paru en 2015 en Suède, fut un bestseller dès sa sortie. Thriller captivant dans la veine des Apparences de Gillian Flynn, il est sur le point de devenir un phénomène mondial.
Extrait :
Il fait nuit lorsque j’arrive au commissariat central à Kungsholmen. J’ai aussi l’impression qu’il fait plus froid, car au lieu d’une neige pluvieuse, il tombe à présent sur la rue Polhemsgatan de gros flocons duveteux. Si le commissariat n’avait pas été aussi hideux, la scène aurait pu être belle, mais le paysage est dominé par ces gigantesques immeubles qui rappellent la brutale architecture postindustrielle très en vogue dans les années soixante. Le réseau de lumières qui se dessine sur la façade témoigne que les collègues travaillent derrière ces murs, que la lutte contre les 26voyous ne s’arrête jamais, pas même en soirée juste avant Noël. Et surtout pas lorsqu’une jeune femme vient d’être sauvagement assassinée.

 

Le billet de Syvie K

UN CRI SOUS LA GLACE Camilla GREBE

Lors d’une rencontre avec l’auteure suédoise et j’ai choisi ce livre. J’ai tout de suite aimé l’écriture de Camilla, ses descriptions imagées, la face cachée de chacun des personnages, un style fluide qui se lit bien.

Découverte d’un meurtre; celui d’une femme qui a eu la tête tranchée, non identifiée et retrouvée dans la maison du beau Jesper Orre grand patron de magasin de mode. Trois personnages font l’histoire autour de ce crime. Emma, employée dans un des magasins de Jesper et qui entretient une relation cachée avec lui. Or celui-ci disparaît au soir de ses fiançailles et la police est à sa recherche. Hanne, profileuse reconnue qui décide malgré ses problèmes personnels d’aider la police dans cette affaire. Elle retrouve Peter policier avec qui elle a eu une relation qui ne s’est pas bien terminée. Chacun de ces personnages à son histoire personnelle voir familiale, ses démons et il leur faudra faire un cheminement pour aller au bout de cette histoire.

Au travers de ce récit à trois voix on passe par émotion et sentiments divers pour une chute pour le moins inattendue.

Oublier nos promesses – Elsa Roch


Le livre :  Oublier nos promesses de Elsa Roch. Paru le 7 février 2018 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€90 ;  (347 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv :

Dans Paris, la nuit, un flic et des vies brisées.

Emma Loury aimait les causes perdues et dangereuses. Emma vient d’être découverte, sauvagement assassinée, dans son appartement du IVe arrondissement. Son amant, un officier français de retour d’Afghanistan, s’est enfui. Le coupable idéal.

Le commissaire Marsac se plonge dans cette enquête avec rage : de l’avis de tous, Emma était une personnalité solaire et une excellente journaliste indépendante, qui se battait pour les femmes et contre la traite des êtres humains. Marsac se demande si la vraie raison de sa mort ne serait pas là. Mais alors pourquoi son compagnon a-t-il fui ?

Jérôme a fui parce qu’Emma était toute sa vie, son dernier lien avec ce monde qu’il ne comprend plus. Il a fui parce qu’il est malade, plongé dans un syndrome post-traumatique, flirtant avec la folie. Il veut massacrer l’assassin comme Emma a été massacrée.

S’engage alors une double chasse à l’homme dans un Paris insoupçonné, en proie aux trafiquants. Jérôme combat le mal par le mal et Marsac par la loi. Qui retrouvera le meurtrier d’Emma ?

« Une équipe de flics aux abois, une enquête qui piétine, des gueules cassées, traumatismes de guerre et blessures d’amour… la plume poétique d’Elsa Roch emporte tout sur son passage et nous dépose, exténués, au bord de la folie des hommes »
Michale Corbat, libraire, Espace culturel Leclerc, Belfort

L’auteur :  Elsa Roch écrit depuis son enfance, de la poésie d’abord. A l’adolescence, une rencontre  change sa vie, celle d’une petite fille autiste dont elle s’occupe pendant son temps libre. C’est ainsi que naît sa première vocation, et qu’elle devient  psy, avec pour spécialisation les troubles autistiques, ceux de l’adolescence, et les addictions.  Parallèlement elle écrit toujours, et la découverte de Lehane, James Lee Burke, Fred Vargas… est un déclic.  Désormais elle écrira des polars. « Ce monde est le mien. Il concentre tout. La vie, l’amour, la mort. » Elle vit près de Grenoble

 

Extrait :
« Un salon aux murs blancs, parqueté de bois blond patiné par le temps. Des bibliothèques ouvertes sur trois murs. Un canapé de cuir brun, au centre de la pièce, recouvert de coussins multicolores, face à une imposante malle en bois d’usage qui devait servir de bar à en juger par les bouteilles d’alcool jonchant le sol, à côté de cadavres d’ordinateur et de portable. Et la vision insensée qui les paralysait  : le corps dénudé d’une jeune femme massacrée, recroquevillé dans le coffre. Sur son ventre lacéré semblait s’agripper une petite masse noircie et desséchée. »

 

Le post-it de Ge

J’ai lu le premier roman d’Elsa Roch, Ce qui se dit à la nuit. J’ai aimé ce premier roman à la voix originale et finement maîtrisée. Et puis j’ai zappé et oublié de vous en parler. Heureusement Ophélie a réparé mon erreur. Elle nous en donne son ressenti de Ce qui se dit à la nuit, ICI. En plus elle vous le dit mieux que je ne l’aurai fait, alors….

Mais revenons à notre sujet, quoique nous ne l’ayant pas vraiment quitté, revenons à ce second roman.  , un titre qui somme comme un ultimatum.

Oui, Oublier nos promesses et retournons à Paris durant été 2010. La journaliste Emma Loury est retrouvée sauvagement assassinée. Jérôme Pieaud, son amant, un militaire de carrière n’est pas revenu cabossé de sa dernière mission, non, pire il a totalement perdu pied depuis l’Afghanistan. Aussi fuit-t-il la police dés qu’il apprend le drame, se sachant le coupable idéal. 

Jérôme déjà broyé par les guerres successives qu’il a enduré souffre d’un grave syndrome post-traumatique qui lui embrouille l’esprit et l’a plongé dans l’alcool ! La perte d’Emma le fait basculer dans une sorte de folie sourde. Il n’y a plus rien qui le retienne à la vie ! Aussi veut-il a tout pris connaitre la vérité et venger la mort de son amour perdu.

De son coté le commissaire Marsac se voit confier l’affaire.  (petite parenthèse, quel plaisir de retrouvé Marsac, ce flic tellement attachant qui poursuit sa quête personnelle, celle de comprendre ce qu’il est advenu de sa petite sœur Solène disparue alors qu’ils étaient enfants) Lui aussi est cabossé, usé par la violence qu’il côtoie au quotidien dans son métier.  Aussi va-t-il se plonger dans l’histoire de cette journaliste indépendante et engagée qui se battait contre les violences faites aux les femme. 

Avec sa nouvelle équipe de flic parisienne, il va tout faire pour retrouver lui aussi l’assassin d’Emma avant Piaud? Il va tenter de comprendre cette jeune journaliste d’investigation, elle aussi engagée dans un combat singulier contre les mafias qui gangrène la capital française.

Entre Marsac, Jérôme et le meurtrier une  terrible chasse à l’homme s’engage. Une chasse à l’homme que  va vivre intensément. Elsa Roch va nous emporter avec elle. Elle va nous ouvrir les porte des âmes meurtris, des esprits torturés. Elle qui sonde si bien la personnalité de chacun de ses personnages. Elle qui les a ciselés pour nous. Elle qui connait si bien les ressorts des esprits retords.

On va vivre nous aussi une immersion total dans un Paris insoupçonné, entre les différents trafics qui empoissonnent et emprisonnent les plus faibles et enrichissent les plus pervers. Les plus détraqués et manipulateurs d’entre nous. Et on ressortira de cette course poursuite, éreinté, fourbu totalement groggy. Exténué par la folie des uns qui les poussent à exploiter la faiblesse des autres. 

Bravo madame Elsa Roch, votre écriture m’a submergée d’émotions dingues et de sensations folles. Vous m’avez totalement bluffée une nouvelle fois !

Retenez ce nom amis polardeux : Elsa Roch. A n’en pas douter voici une nouvelle voix du polar français avec laquelle il va falloir compter ! Foi de Porte Flingue

 Voilà une auteure que je passerai bien à la question. Ou mieux qui mériterai une garde à vue afin d’être soumise au feu des questions des flingueuses. A réfléchir …