De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic


Le livre : De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic. Paru le 2 mai 2019 aux Editions Albien Michel dans la collection Thrillers. 21€90 ; (420 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

De bonnes raisons de mourir

Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d’un bâtiment.

Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante.

Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou qui signe ses crimes d’une hirondelle empaillée.

Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…

Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques.

 

L’auteur : Morgan Audic est né à Saint-Malo le 30 janvier 1980 et a grandi à Cancale. Il vit depuis plus de dix ans à Rennes, où il enseigne l’histoire et la géographie en lycée.
Il est l’auteur de « Trop de morts au pays des merveilles« , un thriller publié en 2016.

 

 

 

 

Extrait :
Grincements métalliques, respirations sifflantes.
Il s’éveilla dans une pénombre inquiétante, traversée de flashs vert et bleu chaque fois qu’il clignait les paupières. L’air était lourd, saturé d’une puanteur âcre de corps mal lavés mêlée à des d’odeurs d’antiseptique et d’alcool fort.
Où je suis ?
Ses yeux s’habituèrent à la faible luminosité de la pièce et il aperçut une rangée de lits plaqués contre le mur en face de lui. Ils étaient occupés par des êtres informes et gémissants qui remuaient lentement leurs membres comme des scarabées à demi écrasés agitent leurs pattes avant de s’éteindre.
Bouge !
Une pulsion au fond de son crâne lui criait de fuir. Il essaya de se redresser, mais ses poignets et ses chevilles refusèrent de se décoller du matelas. Avec horreur, il réalisa qu’ils étaient attachés au cadre du lit par des sangles. Il tira de toutes ses forces pour arracher ses liens, mais l’effort lui fit tourner la tête au point qu’il crut s’évanouir. Désorienté, le corps baigné d’une sueur froide et grasse, il tenta de se rappeler comment il était arrivé ici.

 

Le post-it de Ge

De bonnes raisons de mourir – Morgan Audic

Un cadavre mutilé est découvert à Pripiat, ville près de Tchernobyl. Le commandant Melnyk, policier ukrainien animé par le sens du devoir, est chargé d’enquêter tandis qu’Alexandre Rybalko, policier russe a été engagé par le père de la victime pour retrouver l’assassin et le tuer. Leurs investigations se croisent et les conduisent sur la trace d’un double homicide commis la nuit du 26 avril 1986.

J’ai adoré ce bouquin, j’avais déjà beaucoup aimé le premier roman de Morgan Audic Trop de morts au pays des merveilles, qui avait été un de mes coup de coeur 2016.
Mais là quel coup de maître, Morgan Audic nous offre un roman policier parfait. A la fois roman noir, roman d’espionnage, cold case est un formidable thriller. De bonnes raisons de mourir, est la révélation de ce premier semestre 2019.

Je vous le disais, tout y est.
L’intensité de l’intrigue, le charisme des personnages, la véracité des thèmes exploités.
C’est parfait et parfaitement dosé. C’est formidablement maîtrisé. L’écologie, géopolitique, les enjeux économiques rien ne manque. Sans oublier cette guerre larvée au cœur de notre bonne vieille Europe.
Bien mieux qu’un bon documentaire sur ses sujets, ce titres se lit avec un tel plaisir, une telle intensité qu’on ne peut le lâcher
L’écriture et le style de notre auteur en font un magnifique thriller qu’on lit d’une traite malgré ces 420 pages.

C’est très cinématographie, ça s’imprime sur votre rétine et ça reste gravé dans votre cerveau.
Un putain de bouquin, un page turner certes mais qui restera longtemps dans nos esprits.

Surtout ne passez pas à coté.

Vous ne le regrettez pas, foi de porte flingue.

La dernière chance – Abdelilah Hamdouchi


La dernière chance -Abdelilah HamdouchiLe livre : La dernière chance de Abdelilah Hamdouchi. Traduit de l’anglais par Valentine Leÿs. Paru le 27 septembre 2018 chez Nouveau Monde éditions dans la collection Roman Policier. 14€90; (181 p.) ; 19 x 13 cm

Quatrième de couverture

La dernière chance

Maroc, Casablanca. Othmane est soupçonné du meurtre de sa femme Sophia, poignardée dans leur chambre à coucher. Le jeune Marocain a tout du coupable idéal. Pauvre et au chômage, il s’est marié à cette riche Française de quarante ans son aînée. Et pour parachever le tableau il a une maîtresse, l’ancienne professeure de sport de Sophia. Une seule certitude : il est le suspect numéro 1 aux yeux d’une police brutale et expéditive. Du quartier huppé des expatriés aux ruelles suffocantes de la vieille ville, Othmane va entamer une véritable course contre le temps pour échapper à son destin. Un polar brûlant, témoin d’un système policier et judiciaire marocain qui, dans les années post-Hassan II, a encore du mal à tourner la page de ses heures les plus sombres.

Abdelilah HamdouchiL’auteur : Abdelilah Hamdouchi est l’un des premiers auteurs de romans policiers en langue arabe ainsi qu’un scénariste prolifigue et multiprimé. Déjà traduit en anglais, il est publié pour la première fois en France avec La Dernière Chance.

 

 

 

Extrait :
Lorsqu’il entra dans la chambre, elle écarta lentement la couverture qui la recouvrait. L’échancrure de son kimono laissait voir ses seins asséchés. Les traits de son visage semblaient figés, presque artificiels. Il lui tourna le dos pour se déshabiller. Il ne voulait pas qu’elle le regarde. Il se mit en condition en pensant fiévreusement au corps nu de Naïma. Si jamais Sophia s’apercevait qu’il ne parvenait pas à avoir une érection, la séance de torture serait deux fois pire. Elle lui demanderait ce qui n’allait pas, et elle ne le laisserait pas fermer l’œil tant qu’il n’aurait pas révélé tous ses sentiments les plus intimes. Il n’avait pas le choix : il fallait qu’il endure tout cela. Il devait tout faire pour éviter qu’elle ne soupçonne la répulsion qu’elle lui inspirait.

 

Le Post-it de la bibliothécaire, Véra

Othman est accusé du meurtre de sa femme, Sofia, une Française fortunée de quarante ans son aînée. La culpabilité du jeune homme, entretenu par son épouse qu’il trompait avec Naeema, une jeune et belle professeure de gym, semble évidente pour les forces de police marocaines.

Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza


Le livre Le bourreau de Gaudi de Aro Sainz de la Maza. Traduit de l’espagnol par Serge Mestreparu. Parue le 03 septembre 2014 aux éditions Actes Sud dans la collection Actes Noirs. 23,80 €  ; (663 p.) ; 24 x 15 cm

 Réedité en poche le 1er novembre 2017  chez Babel dans la collection Babel Noir.  10,80 € ; (758 p.) ; 18 x 11 cm

 4ème de couverture : résumé de l’éditeur

«Un corps en flammes est retrouvé pendu au balcon d’un des monuments les plus emblématiques de Barcelone, La Pedrera, d’Antonio Gaudi. Bien mauvaise publicité pour la ville à quelques semaines de la consécration par le pape de la Sagrada Familia. Les services policiers sont aux abois et réintègrent l’électron libre Milo Malart, révoqué par mesure disciplinaire. Tandis qu’il enquête en binôme avec une jeune sous-inspectrice, qui semble tout droit sortie d’une série américaine à succès, les meurtres s’enchaînent selon un rituel immuable : toujours des membres de l’oligarchie barcelonaise, férocement mutilés au sein des édifices du célèbre architecte qui frit la gloire de la ville. Barcelone a vendu son âme au diable ; elle doit payer le prix de sa magnificence.

La chasse à l’homme est ouverte, mais qui cherche-t-on ? Un prédateur sadique assoiffé de vengeance ou la victime d’un système politique arrogant et corrompu, qui sacrifie les plus fragiles au faste tapageur de la ville et à sa manne touristique ? Pour répondre, il faut d’abord décrypter le symbolisme ésotérique des œuvres de Gaudi, aux formes proprement hallucinantes.

Dans une intrigue magistralement tenue jusqu’à la dernière page, orchestrant pressions politiques, énigmes maçonniques, mœurs dissolues et presse à sensation, Le Bourreau de Gaudi plante l’envers du décor d’une cité unanimement saluée pour sa beauté et sa prouesse architecturale. Une « Ville des prodiges » terriblement moderne et effroyablement archaïque.

Une enquête palpitante sur la piste de Gaudí, du symbolisme maçonnique et des expropriations subies par de nombreux habitants de Barcelone sacrifiés sur l’autel de la modernité et du tourisme. La face obscure de “la ville des prodiges”. »

 

L’auteur :  Aro Sáinz de la Maza, né à Barcelone en 1959, est écrivain.
Diplômé de l’Université de Barcelone, il écrit des polars, des essais et est co-auteur de compilations de contes traditionnels. Il a également été éditeur, traducteur et conseiller en narration de plusieurs auteurs.
Son premier roman, Le Bourreau de Gaudi (Actes Sud) a obtenu une mention spéciale du jury du V° prix international RBA du roman noir.        Un deuxième roman Les muselés paru en France en septembre 2016 se situe dans la continuité et toujours à Barcelone.

 

 

Extrait :
« Quel est le bijou le plus apprécié de la ville, celui qui la distingue de toutes les autres ? Gaudí. C’est son principal attrait. Les grands symboles sont aussi les meilleures cibles. Pourriez-vous me dire quel est le plus grand symbole de Barcelone ? Gaudí à nouveau. Vous ne comprenez donc pas que c’est sa cible principale ? »

   

La chronique jubilatoire de Dany

Le bourreau de Gaudi – Aro Sainz de la Maza

 

J’ai choisis ce roman pour son titre et pour Barcelone. Je l’ai lu début janvier 2015, alors que notre pays était sous la torpeur due aux attentats et sans savoir également que les ramblas allaient attirer les intégristes deux années plus tard… cependant, ce polar m’a bien plu malgré son extrême cruauté. On y découvre LA ville et les métamorphoses qu’elle a subies pour accueillir les jeux olympiques de 1992, qui ont, comme pour Pékin, laissé la part belle aux promoteurs, au détriment des habitants spoliés. L’évocation de Gaudi y est très documentée et force le respect. Ca c’est pour le contexte. L’intrigue quant à elle est intéressante, très prenante au début, elle traîne parfois en longueur ensuite, avec une fin un peu précipitée. Les conflits interpersonnels dans la police locale pimentent l’action tout comme les exactions d’un journaliste sans éthique. Pas nécessaire de connaître la ville pour y prendre goût encore que ça ajoute du plaisir à la lecture. Bref, un très bon moment de lecture et d’évasion !

Lu en version numérique. epub 9,99 € (569 pages en numérique)

 

Extraits :
« Beaucoup de noms illustres, de gens avec plusieurs générations respectables derrière eux, se sont laissés séduire par le chant des sirènes et ils voient à présent leur position et leur prestige menacés pour avoir donné leur appui, et peut-être un peu plus, à un escroc. Et puis il y a également les responsables politiques. Et leurs partis. Tout le monde craint que la marée noire de la corruption ne les atteigne. Pour l’instant, tout se maintient dans un calme tendu, mais le mauvais temps approche. »
« La passion et une bonne chose, mais pas lorsqu’elle se transforme en possession. »
« Les mausolées les plus luxueux étaient répartis de chaque côté d’une rue, c’étaient d’authentiques cathédrales miniatures bâties auprès d’humbles niches familiales. […]Une fois de plus, il remarqua la nécessité qu’éprouvaient certains de montrer au monde entier qui ils avaient été de leur vivant et l’argent qu’ils avaient gagné, en construisant leur dernière demeure sans regarder à la dépense. Et cela lui sembla choquant. L’être humain avait besoin de se distinguer, même dans la mort. Il fallait que sa tombe témoignât de sa classe sociale devant le commun des citoyens. »

Kisanga – Emmanuel Grand


Le livre : Kisanga de Emmanuel Grand. Paru le 15 mars 2018 chez Liana Levi dans la collection Policier. 21€ ; (386 p.) ; 21 x 14 cm.

4eme de couv :

Il y a foule dans les salons du musée de la Marine. Sous les applaudissements de tout le gotha politico-économique, la compagnie minière Carmin célèbre le lancement de Kisanga : un partenariat r coexploiter un fantastique gisement de cuivre tapi au coeur de la savane congolaise. Les ministres se félicitent du joli coup de com’ avant les élections ; les golden boys de la City débouchent le champagne. Mais au même moment, Carmin rend un dernier hommage à l’un de ses cadres décédé dans des circonstances suspectes tandis que les services français font appel à leur meilleur barbouze pour retrouver un dossier brûlant disparu à l’est du Congo. La mécanique bien huilée s’enraye et débute une course contre la montre entre une escouade de mercenaires armés jusqu’aux dents, l’ingénieur de choc chargé de piloter Kisanga et un journaliste opiniâtre qui sait mieux que personne que sous les discours du pouvoir se cache parfois une réalité sordide. Cette histoire de manipulation, où la vérité se dérobe jusqu’à la dernière page, se déploie sur fond de mutations économiques en Afrique et de collusion des pouvoirs autour du trésor empoisonné que constituent les richesses de son sous-sol.

L’auteur : Emmanuel Grand, né à Versailles en 1966, a passé son enfance en Vendée et vit aujourd’hui en région parisienne. Il est l’auteur de deux polars très remarqués : Terminus Belz (prix PolarLens, Tenebris et prix du polar SNCF) et, en 2016, Les salauds devront payer (prix Interpol’Art). Et aujourd’hui Kisanga qui vient de remporter le Prix Landerneau polar 2018.
Extrait :
Sa respiration était lente. Une brise légère caressait les feuilles des arbres.
Tapis dans les rochers, les deux guetteurs observaient la bâtisse sans bouger, quand soudain une silhouette apparut sur la terrasse. Le militaire fit le point sur ses jumelles. Un homme aux cheveux blancs, en robe de chambre nid-d’abeilles, tenait un bol de café à la main. Le sniper ajusta la crosse de son arme sur son épaule et resserra son index sur la queue de détente.
Le militaire à la jumelle déploya la paume de sa main gauche comme pour l’empêcher de tirer. Épiant le moindre geste du type en contrebas, il attendit que celui-ci se tourne pour se présenter sous un angle plus favorable. Alors la cible renversa la tête en arrière et vida son bol de café d’un trait. Il l’avait en pleine ligne de mire quand son walkie-talkie se mit à grésiller.
– Allô !
– Oui, mon colonel.
– Ne tirez pas. Je vais sur place. Citroën grise immatriculée CE 371 SL.
– Bien, mon colonel.
– Je suis en civil, veste bleu marine. Interdiction de faire feu sans mon accord. Je vous ferai un signe si ça tourne mal, mais pour le moment, je joue seul.
Le capitaine répercuta l’ordre à son tireur d’élite et vingt minutes plus tard, un nuage de poussière monta du chemin annonçant la Citroën qui termina sa course à l’ombre des cyprès. Le colonel en veste bleue sortit de la voiture, traversa le jardin et frappa à la porte. Le capitaine qui le suivait à la jumelle grogna entre ses dents. Le colonel était entré à l’intérieur et il ne l’avait plus en visuel. La mission venait de se compliquer singulièrement. Le sniper relâcha la pression. 

 

Le petit avis de Kris

KISANGA – Emmanuel Grand
Prix du Polar de Landerneau 2018

Carmin, société minière française, vient d’annoncer son association avec un groupe chinois pour lancer dans trois mois Kisanga, une d’exploitation minière dans le Katanga. Olivier Martel est chargé de diriger le projet sur place, mais l’affaire attire aussi l’attention de barbouzes et de la presse.

Bon j’ai quand même été obligée de piquer Kisanga à mon mari (Joke entre Emmanuel et moi)
Traité comme un thriller, ce roman est quand même bien autre chose ! Emmanuel GRAND nous explique (et ce n’est pas simple) les jeux d’influence en Afrique sous couvert de contrats faramineux qui en réalité, cachent bien d’autres enjeux politico-vereux.

La finance, toujours la finance et elle n’est pas l’amie de tous !!

Ici déambulent politicards plus ou moins nets, jeunes loups aux dents longues, mercenaires, journaliste d’investigation qui risque gros et quand même quelques personnages honnêtes, mais rares.

Un roman bien rythmé qui ne fait que confirmer les magouilles auxquelles se livrent certainement tous ces gens bien propres sur eux. Certes c’est un roman, mais qui fait réfléchir. On se doute bien que tout ce qu’on nous montre comme des contrats mirobolants ont leur envers du décor pas joli joli.

Mais peut on tout occulter ?

Et dans tout ça, le Congo avec ses hauts placés qui se rincent et la population qui trinque.

Emmanuel Grand sera à Saint Maur en poche le dimanche 24 juin prochain.

Venez à sa rencontre

SMEP Emmanuel

 

« Les temps sauvages – Le retour de Yeruldelgger » de Ian Manook


ian-manook-yeruldelgger-les-temps-sauvagesLe livre : Les temps sauvages : Yeruldelgger  de Ian Manook. Paru le 28 janvier 2015 chez Albin Michel. 22€ ; (523 p.) ; 23 x 16 cm
51gds-ibal-_sy291_bo1204203200_ql40_

Réédité en poche le 30 mars 2016 chez Le Livre de poche dans la collection Policier. 8€30; (573 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture
Quand le vent du Nord s’abat sur les steppes enneigées d’Asie centrale, personne ne vous entend mourir. Pour Yeruldelgger, le salut ne peut venir que de loin, très loin…Après le succès mondial de Yeruldelgger, couronné par de nombreux prix, Ian Manook retrouve la Mongolie et ses terres extrêmes dans un grand thriller d’une originalité absolue.

ianL’auteur : Ian Manook est né à Meudon en août 1949. Il a sûrement été le seul beatnick à traverser d’Est en Ouest tous les États-Unis en trois jours pour assister au festival de Woodstock et s’apercevoir en arrivant en Californie qu’il s’ouvrait le même jour sur la côte Est, à quelques kilomètres à peine de son point de départ. C’est dire s’il a la tête ailleurs. Et l’esprit voyageur ! Journaliste, éditeur, publicitaire et désormais romancier.

La chronique d’EPPY FANNY

« Les temps sauvages – Le retour de Yeruldelgger » de Ian Manook Chronique d’Eppy Fanny – Dec. 2016

J’avais adoré le premier volet des aventures de ce flic atypique. C’est donc avec un grand plaisir que je l’ai retrouvé dans cette suite tant attendue.

On retrouve dans ce second volet Yeruldelgger , Oyun, Solongo, Gantulga, Saraa, le Nergui.

On fait la connaissance de Zarza … Sans compter les méchants, nombreux … très.

C’est qu’il s’en passe de belles dans les steppes d’Asie Centrale !

Imaginez donc :

Une Dzumm (femelle du yack) tombe du ciel et écrabouille un cavalier et sa monture. La pauvre Oyun y perd son Mongol !

Des gypaètes portant des noms d’auteurs Français, si si, déposent des ossements humains en offrande à Yeruldelgger…

Puis, un corps humain planté dans une falaise, des feux improbables qui se déclenchent fort à

propos, des rails qui nous entraînent…

Je vous le dis tout de go, c’est, en plus du blizzard, un vent de folie qui souffle sur la steppe !

Et comme si tout ça ne suffisait pas, une vieille connaissance de Yeruldelgger est assassinée.

Notre vieux flic, usé, désabusé, est soupçonné du crime.

Extrait page 133 :

« Cette fois Yeruldelgger était rentré chez Solongo. La fatigue, les émotions avaient eu raison de lui et il s’était affaissé sur le lit. Elle le retrouva endormi quand elle rentra et prépara le dîner sans le réveiller. Elle cuisina en silence une belle ration de soupe de pâtes que Yeruldelgger préférait à la soupe de nouilles. Le bouillon enrichi de mouton était prêt de la veille. Elle le porta à ébullition pendant qu’elle déchirait la pâte à la main en larges carrés. Quand la chaleur roula dans la marmite les morceaux de mouton les uns par-dessus les autres, Solongo jeta les morceaux de pâte dans le bouillon et alla réveiller Yeruldelgger d’un baiser sur la joue. Quelquefois, dans de courts instants volés à son réveil, elle comprenait combien cet homme était fatigué d’encaisser et de donner. Puis il redressait sa lourde silhouette et la peur de Solongo disparaissait avec son premier sourire. »

Le voilà donc, notre héros, encore une fois en quête de la vérité.

Vérité qui, comme toujours, a un prix. Seul, il enquête au-delà des frontières de sa Mongolie, toujours plus loin, toujours plus profond, dans des noirceurs insoupçonnées.Ses pas le conduisent jusqu’à la ville de Krasnokamensk, ville à l’agonie, totalement irradiée par sa mine d’uranium. En terme de tourisme y’a mieux !

Puis d’autres lieux, une ville fantôme …

Les pistes, les indices, partent dans tous les sens, sans queue ni tête, à priori, quoi que …

Les fantômes et les légendes des steppes sont omniprésents et nous ensorcellent.

Point d’orgue final, un face à face où deux vieux loups solitaires s’affrontent.

Et pour rappel, il ne peut y avoir qu’un seul mal dominant !

Ian nous fait voyager dans diverses contrées qu’il connait.

C’est documenté et passionnant. Une fois encore, un tableau époustouflant, une véritable peinture sociale, en plus d’un polar d’exception.

Nous mettons nos pas de lecteurs dans les pas de ces héros et vibrons avec eux.

C’est chaud comme les bols de soupe dont les vapeurs arrivent jusqu’à nous, c’est froid comme le vent qui balaie ces contrées lointaines. C’est empli de mensonges et de vérités.

Les désillusions des héros sont là, profondes, les fêlures aussi.

Serait-ce le bout du chemin pour Yeruldelgger ?

De personnages, complets, complexes, attachants …

Ian nous offre un second opus encore plus riche que le premier.

C’est talentueux en diable et on en redemande.

Je n’ai qu’un dernier mot : A lire absolument !

D’ailleurs Noel approche, je vais commander au vieux barbu « La Mort nomade », il doit bien avoir ça au fond de sa hotte. Promis j’ai été à peu près sage …

Retrouvez ICI la Chronique D’Eppy sur Yeruldelgger

Dust de Sonja Delzongle


CM16

9782070465088,0-3166708Le livre : Dust de Sonja Delzongle.Paru en poche le 1er avril 2016 chez Gallimard dans la collection Folio Policier. 8€20 ; (560 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Installée à New York, Hanah Baxter, profileuse française de renom qui traque les tueurs en série, est appelée en renfort par la police de Nairobi dont l’enquête piétine. Depuis plusieurs mois, on retrouve des croix de sang tracées dans la poussière, mais aucun cadavre. Crimes de psychopathe ? Meurtres rituels ? Sorcellerie ? Dès son arrivée au Kenya, Hanah découvre que des hommes et des femmes albinos sont massacrés à la machette. Cette double enquête conduira la profileuse aux confins de la folie humaine…

 

 

 photo-1433705049L’auteure :

Diplômée des Beaux-Arts de Dijon, Sonja Delzongle est une ancienne journaliste installée à Lyon et passionnée d’Afrique. Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi imprégnée des deux cultures. Dust est son premier roman à paraître en Folio Policier.

 

 

 

Extrait choisi :
       Un des rubans jaunes qui entouraient le scène de crime avait été arraché par de fortes bourrasques ou vandalisé et pendait , son autre extrémité fixée à un piquet. Au sol, les restes de sang évaporé et séché par le soleil qui grillait le terrain vague formaient une croix d’un brun sombre et de la taille d’un homme.
        Sur ses gardes , Hanah s’approcha , prête à affronter le mal une fois de plus .
        Elle savait que le choix géographique du lieu du crime avait son importance. La victime, entièrement vidée de son sang n’avait pas forcément été tuée et saignée sur place. Cela semblait avoir été fait proprement . L’absence de corps donnait une indication valable. Contrairement aux apparences , Hanah était sûre de ne pas avoir affaire à un boucher. A moins que l’on ne  retrouvât les morceaux de cadavres éparpillés un peu partout dans la ville comme cela avait déjà été le cas dans des affaires de meurtres en série, il s’agissait ici de l’œuvre d’un  esprit rationnel et méthodique.
 Collectif polar Nadia

 L’avis de Nadia :
Hanah Baxter , spécialiste en Sciences Criminelles , profileuse free-lance vit à New-York. Elle est contactée par la police de Nairobi qui est confrontée à des meurtres inexpliqués depuis 2 ans ; des croix de sang retrouvées dans la poussière kenyane … sans trace de corps.

En ce mois de février bien frisquet , l’hiver est installé , on a envie de soleil et de chaleur . Ce  » Dust »  de Sonja Delzongle nous réchauffe , voir nous étouffe . Par la particularité de ces meurtres , le lecteur découvre la partie sombre du Kenya ; l’extrême pauvreté , la violence , la drogue , la sorcellerie , la magie noire , les trafics en tout genre , un pays qui oscille entre tradition et modernité.

 C’est rapide , passionnant , envoutant même. Une écriture très fluide , avec des descriptions arrivant à point nommé dans la construction du récit. En filigrane ,  une jolie idylle se noue et  amène une douceur bienvenue dans son récit .
 

  Si vous aimez le frisson , les sueurs froides , laissez-vous ensorceler par Sonja

Et … Si vous le voulez, vous pouvez aussi Lire ICI mon billet sur DUST

 

Qui veut la peau d’Andreï Mladin de George Arion


 

Mes petites lectures

9782930585642,0-2496289Le livre :Qui veut la peau d’Andreï Mladin de George Arion. Traduit du roumain par Sylvain Audet-Gainar ; préface de Claude Mesplède. Paru le 13 février 2015 chez Génèse Edition à Bruxelles. 22,50 EUR ; (214 p.) ; 21 x 14 cm.

index

4e de couv

Publié en 1983, au coeur des années noires du totalitarisme,  il est encore aujourd’hui l’un des romans policiers les plus vendus en Roumanie.

Andreï Mladin, journaliste bucarestois, se réveille un matin avec une épouvantable gueule de bois, allongé sur le sol de sa bibliothèque sens dessus dessous, aux côtés d’un cadavre. Ayant totalement oublié ce qui s’est passé la nuit précédente et craignant d’être accusé d’assassinat, il décide de cacher le corps et de mener l’enquête.

Qui peut en vouloir à Andreï Mladin au point de lui coller un meurtre sur le dos ? La belle et orgueilleuse violoniste Mihaela ? Son père, le revêche docteur Comnoiu ? L’acteur bellâtre Marian Sulcer ? Ou l’étrange ingénieur Ion Parfenie ? Le journaliste plonge dans une enquête mêlant amour, argent et pouvoir, dans une course contre la montre avec la police des années Ceausescu, observées ici avec une ironie féroce.

George_ArionL’auteur : 

Romancier célèbre en Roumanie, George Arion est également poète, essayiste et journaliste. Il est actuellement directeur des Éditions Flacãra, président du Prix Flacãra et du Romanian Crime Writers Club.
Né en 1946, il débute en littérature dès 1966, par la publication de recueils de poésies. Mais c’est en 1983, avec Attaque dans la bibliothèque  ( Qui veut la peau d’Andrei Mladin ? ), que George Arion ouvre la voie au renouveau du polar roumain, l’éloignant de l’utilisation propagandiste qui en était faite à l’époque.
Sa redoutable ironie et un langage coloré sont ses marques de fabrique. Auteur de plus d’une douzaine de romans, il est considéré comme l’une des figures de proue du roman policier en Roumanie. 
Il est président du Romanian Crime Writers Club, et depuis prépare un doctorat en littérature intitulé « Repères dans la littérature mystery & thriller »…

Résumé et avis :

Aarion1Dans la Roumanie communiste, Andreï Mladin, un journaliste, se réveille chez lui à côté d’un cadavre et ne garde aucun souvenir de la veille. Il décide de cacher le corps dans sa cave et de mener lui-même l’enquête pour découvrir qui lui en veut au point d’ourdir une machination contre lui. Un roman policier qui se double d’une observation de la vie quotidienne du pays à l’époque de Ceausescu.

Se déroulant dans les années quatre-vingts, ce polar fait aussi la part belle à l’observation critique de la vie quotidienne de l’époque en Roumanie : coupures d’électricité, files d’attente devant les magasins, privilèges de la Nomenklatura…Écrit avec humour et suspense, il présente une perspective réprobatrice subtile sur le régime communiste . C’est un parfait pamphlet des années Ceausescu. Et le sylve vif et direct voire incisif de l’auteur y sont pour beaucoup. Son personnage central aussi. On s’attache à Andreï Mladin, même si parfois on peut le trouver naïf. C’est surtout parce qu’il abuse énormément de l’autodérision. D’ailleurs de la dérision et de l’humour caustique, l’auteur d’en manque pas non plus. C’est un des point fort de ce polar. L’humour noir, l’humour sous toutes ses formes participe à la réprobation et la condamnation du totalitarisme ambiant.

Rebondissements en chaîne, humour et autodérision sont, sans contexte, les marque de fabrique des romans de George Arion, figure de proue du nouveau polar roumain

Abusez de ce roman, c’est rafraîchissant et subversif.

Personnellement j’espère retrouver Andrei Mladin sous la plume de George Arion dans d’autres aventures.

Triple Crossing de Sebastian Rotella. Par Jean Luc


Chronique de lecteurs

Je suis à nouveau heureuse de retrouver Jean Luc pour nous parler d’un de nos gros coup de coeur 2012.

TCLe livre : Triple Crossing de Sebastian Rotella. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Anne Guitton. Paru le 5 avril 2012 chez Liana Levi dans la collection Policier.  22,50 EUR ; (439 p.) ; 21 x 14 cm

TC&&Réédité en poche

le 19 septembre 2013 par 10/18.
 8,80 ; (500 p.) ; 18 x 11 cm

 

4e de couv:

Triple Crossing

Chaque nuit, sur la Ligne entre le Mexique et les États-Unis, une foule de migrants tentent leur chance. Et chaque nuit, les agents de la patrouille frontalière américaine sont là pour les refouler. Certains, sans scrupules, profitent de la faiblesse des clandestins et donnent libre cours à leurs penchants sadiques. D’autres, comme Valentin Pescatore, essaient de s’en tenir aux règles. Cela ne l’empêche pas de commettre une entorse qui pourrait lui valoir une sanction sévère, à moins de collaborer… Mais avec qui, au juste ? C’est bien les Américains qui lui demandent d’infiltrer une famille de narcos de Tijuana, mais qui peut garantir que son inexpérience ne va pas l’entraîner du côté de la corruption, de la drogue et de l’argent facile ? En tout cas, c’est ce que redoute Léo Méndez, flic mexicain aux allures de justicier… Sebastian Rotella nous conduit vers de troubles frontières dans un thriller saisissant sur la mondialisation du crime.

« Lire le remarquable roman de Sebastian Rotella c’est comme mettre des lunettes à infrarouge : vous voyez des choses dont vous ignoriez qu’elles étaient là. » The New York Times Book Review

TC&L’auteur : Sebastian Rotella est grand reporter et vit aux États-Unis. Spécialiste des questions de terrorisme international, de crime organisé, de sécurité et d’immigration, il a été finaliste du prix Pulitzer en 2006 pour ses reportages internationaux. Triple Crossing a été doublement sélectionné par le New York Times comme meilleur premier roman et comme meilleur thriller.
Extrait : 
« – Oubliez tout ce que vous savez des prisons américaines, dit Aguirre en se retournant sur son siège. Vous n’avez rien vu de pareil. Les détenus ont des armes à feu. Des enfants vivent à l’intérieur. Les capos s’y construisent des maisons avec domestiques, gardes du corps et prostituées….
– Je connais la prison, répondit Puente d’un ton neutre.
Aguirre l’ignora. »

Lecture d’avant

L’avis de Jean Luc

Triple Crossing est ce qu’on appelle un thriller géopolitique. Ce n’est pas simplement l’histoire d’un policier frontalier infiltré parmi une bande de mafieux mexicain,c’est beaucoup plus.
>
> Dans ce premier roman écrit par un journaliste, il est beaucoup question d’enjeux politiques. Pour ma part, la géopolitique n’est pas vraiment mon sujet de predilectiont mais l’auteur s’y prend très bien et parvient à captiver le lecteur. Cela permet de comprendre certains enjeux politiques en Amerique du Sud avec toutes les luttes d’influences qui vont avec. Cette histoire reste tres crédible et pourrait facilement faire l’objet d’une adaptation cinématographique.
>
> Au départ c’est un peu compliqué et il est difficile de cerner tout le contexte politique avec tous les différents personnages. Il est question du concept de triple Crossing, autrement dit des trois frontières entre l’Argentine, le Paraguay et le Brésil, nouvel eldorado pour les mafieux.
>
> Une fois rentré dans le livre (une cinquantaine de pages), on a envíe d’aller au bout. Les différents personnages sont vraiment intéressants, même ceux qui veulent mettre fin à la carrière du méchant restent ambigus, ce qui fait d’ailleurs, l’intérêt de ce roman.
>
> J’ai beaucoup aimé le personnage du flic infiltré qui ne sait plus trop où il en est, ídem pour le mafieux mexicain et son second, qui sont tous les deux des caractères vraiment bien fouillés et impressionnants.
>
> Au final, un bon polar qui demande de s’accrocher au départ mais qui vaut le coup.
>
> En tout cas, une très belle performance pour un premier roman

Pour lire le début

Apportez-moi Octavio Paz / Federico Vite


 

Mes petites lectures9782914833998,0-1203813Le livre : Apportez-moi Octavio Paz / Federico Vite.Traduit de l’espagnol (Mexique) par Tania Campos. Paru le 23 juin 2011 chez Moisson rouge-Alvik. ,  10€14; (112 p.) ; 21 x 13 cm.

Malheureusement ce titre n’est plu commercialisé.

4e de couv :

Pour sa dernière affaire, le commandant Ojeda décrète que la veuve Polkon a assassiné son fils et que cela ferait un très bon sujet pour le roman qu’il a toujours rêvé d’écrire. C’est pourquoi il se tire une balle dans le pied afin de se consacrer pleinement à l’écriture.

Alors qu’elle est accusée d’infanticide et habitée par l’esprit de son fils Rogelio, Nadia Polkon retrouve la joie de vivre grâce aux bienfaits de l’orgasme et se lance dans une carrière de journaliste médium.

De son côté, en mal d’inspiration, Ojeda décide de s’offrir l’aide du poète et prix Nobel Octavio Paz, qu’il fait donc kidnapper. Mais don Octavio ne compte pas se laisser faire. Et s’il voyait là l’opportunité de signer enfin son premier roman ?

Du chantage littéraire, des policiers fainéants et corrompus, une justice expéditive et des voitures qui tombent en panne systématiquement… Vite nous offre un conte absurde sur la société mexicaine et le monde littéraire où se mêlent délicieusement ironie et humour noir.

Extrait :
« – (…) Vous allez donc prendre la déposition de cette femme et je veux le coupable aujourd’hui. Vous m’avez compris ? Pas plus tard qu’aujourd’hui.
L’agent de police jeta son mégot de cigarette et prit une pose suffisante pour appuyer ses propos :
– Si elle ne parle pas je lui ferai cracher le morceau, ne vous en faites pas commandant.
– Alors, c’est bien clair ?
– Oui, commandant.
Le commandant fit demi-tour et, avant de se perdre parmi les piles de papier entassés, revint sur ses pas et dit à l’agent de police :
– Trouvez-moi plutôt le coupable demain car j’ai une réunion très importante aujourd’hui, je ne vais pas pouvoir donner d’interviews ni faire de visites, rien de tout ça, c’est compris ?
– Bien sûr, commandant ».

indexL’auteur :

Federico Vite est né à Apan au Mexique en 1975.

 

 

Mes petites lectures

Résumé et avis :

Ce conte absurde sur la société mexicaine met en scène la reconversion du commandant Orteja. Pour être dessaisi d’une enquête et se consacrer à l’écriture, il se tire une balle dans le pied. L’histoire de la veuve Polkon tombe à point nommé pour son roman, et en enlevant Octavio Paz, le commandant s’assure les services d’un conseiller littéraire de haute volée. Premier roman.

Ce très bref roman de Federico Vite dénonce avec ironie police, justice et presse mexicaines. Il égratigne au passage la figure emblématique du prix Nobel de littérature, le poète Octavio Paz. C’est féroce, jouissif, hilarant et souvent surprenant.

Pour l’anecdote :

Octavio Paz est né le 31 mars 1914 à Mexico. Il reçoit le Prix Nobel de Littérature en 1990. Sa veuve a obtenu le retrait de la vente de tous les exemplaires de ce livre au Mexique, considérant qu’il faisait du tort à son défunt mari.

Perso je trouve ça sidérant !!!

Lontano de Jean Christophe Grangé


chronique-de-lecteurs
GrangéLe livre : Lontano de Jean Christophe Grangé. Paru le 9 septembre 2015 chez Albin Michel. 24€90 ; (777 p.) ; 23 x 16 cm
4e de couv :
Le père est le premier flic de France. Le fils aîné bosse à la Crime. Le cadet règne sur les marchés financiers. La petite soeur tapine dans les palaces. Chez les Morvan, la haine fait office de ciment familial. Pourtant, quand l’Homme-Clou, le tueur mythique des années 70, ressurgit des limbes africaines, le clan doit se tenir les coudes. Sur fond d’intrigues financières, de trafics miniers, de magie yombé et de barbouzeries sinistres, les Morvan vont affronter un assassin hors norme, qui défie les lois du temps et de l’espace. Ils vont surtout faire face à bien pire : leurs propres démons.
Les Atrides réglaient leurs comptes dans un bain de sang. Les Morvan enfouissent leurs morts sous les ors de la République.

Extrait : 

Après le génocide du Rwanda, les Tutsis avaient poursuivi les milices hutues jusqu’au Congo. Ils en avaient profité pour chasser Mobutu du pouvoir et bombarder Laurent-Désiré Kabila président, lequel s’était empressé de se retourner contre ses alliés, déclenchant une deuxième guerre du Congo entre armée régulière, militaires tutsis, réfugiés hutus, milices rebelles, Casques bleus.
Dix ans plus tard la guerre continuait toujours à l’est et la RDC était le dernier pays au classement de l’indice du développement humain des Nations unies.
La pire terre où voir le jour…

Jean-Christophe-Grangé-JOKO_0L’auteur : Jean-Christophe Grangé est né à Boulogne-billancourt près de Paris le 15 Juillet 1961. Après des études de lettres à la Sorbonne aboutissant à une maîtrise sur Gustave Flaubert, il devient rédacteur publicitaire.
En 1989, il se lance dans le journalisme comme grand reporter pour le National Geographic, Paris Match et le Sunday Times.
Il crée par la suite la société L&G pour faire des reportages en free lance. Ces derniers vont l’entraîner aux quatre coins du monde et lui rapporter plusieurs prix : Reuter en 1991, World Press en 1992. Ces enquêtes seront aussi une formidable source d’inspiration pour ces romans.
Son premier roman est publié en 1994. En parallèle de son travail littéraire, il écrit des scénarios pour le cinéma et la télévision et récemment, il collabore de plus en plus avec Frédéric Schoendorffer au scénario et à la production.
Plusieurs de ses romans ont été adaptés au cinéma et à la télévision, il a été traduit dans une vingtaine de langue et est l’un des rares écrivains français dans son genre littéraire à être apprécié aux États-Unis.

Si j’ai découvert Grangé au milieu des année 90, et qu’à l’époque je lisais d’une traite ses thrillers qui faisait date dans le polar français; il y a plus de 10 ans que je n’ai pas lu une ligne de cet auteur à grand succès. C’est vrai je lui ai préféré de nouvelles plumes.

Aussi à l’occasion de son nouveau roman tant attendu par des milliers de fans (3 ans sans un thriller de Grangé), je cède la parole à Jean-Luc notre fidèle chroniqueur. Voilà ce qu’il m’en disait : 

« Le dernier Grangé, pour ma part, je l’ai trouvé très bon même si un peu long, il faut dire je suis un inconditionnel de Grangé 🙂 »

Une petite chronique s’imposait donc. la voici 

unnamed (16)L’avis de Jean Luc

Lontano est plutôt une belle réussite.

On reconnaît bien le style, le déroulement de l’histoire avec pas mal de recherches. Il s’agit d’un énorme pavé de presque 800 pages, la première partie du roman est un peu longue mais elle a l’avantage de bien positionner l’intrigue avec tous ses personnages.

Quant à la deuxième partie, elle est menée tambour battant et une fois encore Jean-Christophe Grangé m’a beaucoup surpris avec une histoire bien ficelée et surprenante comme il sait si bien le faire.

Très sommairement l’histoire met en scène un grand patron du ministère de l’intérieur au passé trouble, confronté à un serial killer, qu’il avait arrêté au Congo plusieurs années auparavant.

Dans ce roman, il y a plusieurs sujets, l’Afrique noire, le pouvoir, les dérives sexuelles dans des milieux très favorisés et il y aussi un tueur en série surnommé l’homme clou. Au final, un programme très ambitieux mais surtout très bien maîtrisé.

L’image de l’Afrique peut paraître dérangeante mais malheureusement elle est tout à fait crédible et sans doute basée sur des faits réels.

Il est question de rites et de croyances africaines, et à côté de cela, il y aussi une plongée dans les milieux sados en France très surprenante.

Au final, un très bon Grangé, le premier tome d’un dyptique qui mérite d’être lu, même si comme je l’ai dit, il y a quelques longueurs.