Chacun sa vérité de Sara Lövestam


 

 Le livre : Chacun sa vérité : une enquête du détective Kouplan de Sara Lövestam. Traduit du suédois par Esther Sermage. Préface de Marc de Gouvenain. Paru le 3 novembre 2016  Robert Laffont ; La Bête Noire.  19€  ; (287 p.) ; 23 x 14 cm

Rééditer en poche chez Pocket le 11 janvier 2018. 6€95 ; (301 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

« Si la police ne peut rien pour vous, n’hésitez pas à faire appel à moi. »

Kouplan, détective sans-papiers

Depuis trois ans, Kouplan est en « situation irrégulière ». Sa demande d’asile a été rejetée par la Suède mais il ne peut rentrer dans son pays, l’Iran, sans risquer sa vie. Dans l’attente d’un avenir meilleur, il lui faut échapper à la vigilance quotidienne des autorités, tout en gagnant assez d’argent pour subvenir à ses besoins : ex-journaliste, il songe à poursuivre dans l’investigation. Un jour, il propose ses services sur Internet et une femme lui répond : sa fille de six ans a été enlevée. Cette enquête va le précipiter dans le Stockholm underground, ces recoins de la ville où les clandestins sont des proies faciles pour les criminels…

 

L’auteur : Née en 1980, Sara Lövestam était professeur de suédois pour les immigrés avant de devenir journaliste et écrivaine à plein temps. Elle écrit notamment une rubrique pour l’important magazine gay QX. Pour son premier roman, Différente (Actes Sud, 2013), elle s’est vu décerner le prix du Swedish Book Championship. 

 

Extrait :
Prologue

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UNE PLUIE BIZARRE TOMBAIT le jour où on a enlevé Julia, un fin crachin qui vous mouillait peu à peu, insensiblement. Julia l’avait dit, d’ailleurs :
— Regarde la pluie, maman ! Elle ne fait pas plic ploc, les gouttes ressemblent à des moustiques ou à… Ça s’appelle comment, déjà ? les petites bêtes qui volent ? Maman ?
Lorsqu’elle a levé son nez mouillé, la capuche de son blouson imperméable est tombée en arrière pour la quinzième fois. Je la lui ai remise d’un geste qui, a posteriori, me paraît sans grande affection ni tendresse, et je lui ai pris la main.
— C’est à des moucherons que tu penses ? Allez, viens, Julia, on est un peu pressées, tu sais.
Elle s’est libérée de mon emprise et s’est obstinée, comme elle le faisait souvent dans ce genre de situation. Comme elle le FAIT. Comme elle le FAIT souvent.
— Ah ! oui, c’est ça, des moucherons.
J’ai tellement pensé à ces mots… Les dernières paroles de ma fille en ma présence : « Ah ! oui, c’est ça, des moucherons. » Comme si elles recelaient un indice quelconque.

 

Le post-it de Ge

Pour gagner sa vie tout en restant sous les radars, Kouplan propose ses services comme détective privé. Se faire invisible, évoluer dans la jungle du Stockholm underground, il connaît : ancien journaliste d’investigation dans son Iran natal, Kouplan est sans-papiers. La fillette de sa première cliente a disparu. Pour une raison mystérieuse, elle aussi souhaite éviter l’administration… Dès lors, de bête traquée, le clandestin se fait chasseur.

Premier volet de la tétralogie Kouplan, Chacun sa vérité a reçu le prix de l’Académie suédoise des auteurs de polars 2015.

Sara Lövestam n’en ai pas à son coup d’essai, elle a déjà écrit plusieurs romans, tous traduits dans de nombreuses langues.  Même si ce quatrième roman est bel est bien un premier roman policier. Pour notre jeune auteur, c’est la première fois qu’elle s’attaque à ce genre si particulier et elle le fait avec brio. Grâce à des personnages souvent en marge ou en quête d’identité, elle réussit à mettre subtilement en lumière les enjeux de société actuels et amène ses lecteurs à questionner l’ordre établi.

Son talent est salué par la critique, unanime, et par son public, toujours plus fervent. En 4 livres elle a déjà reçu deux prix, c’est dire !

 » Sara Lövestam fait sensation en Suède !  » Emily Barnett, Grazia
 » Une véritable bouffée d’air frais sur la scène policière scandinave.  » Ulrika Johnsen, QX

Personnellement j’ai adoré ce personnage atypique ‘enquêteur. Kouplan a quelque chose de vraiment singulier, de totalement humain. A travers lui, l’auteur porte un regard extérieur aux problèmes  de l’exclusion, la peur de l’autre, de ce qui nous est différent, la xénophobie mais aussi le racisme plus ordinaire.

Elle nous amène à réfléchir au modèle de société que nous voudrions voir pointer son nez. Sur notre avenir, sur le savoir vivre ensemble. Mais aussi sur notre modèle économique qui semble à bout de course.

A travers les yeux Kouplan, c’est nous qui nous interrogeons.  quel positionnement avons-nous face au chômage, à l’exclusion,  aux économies parallèles et sa délinquance. Face à la situation actuel de notre monde qui déverse chaque jour sa cohorte d’immigrés et de réfugiés.

Je vous l’avez dit, Kouplan est singulier, c’est notre part d’humanité qui parle à travers lui !

Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (3)


Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ?

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Et si, pour une fois, on leur donnait la parole ? (3)

Bonjour, c’est assez rare de pouvoir recevoir un personnage de roman. Pouvez-vous nous en dire plus sur vous ? Une présentation d’abord ?

Je peux mais est-ce que j’en ai envie…. ? Si vous me connaissiez déjà un tant soit peu (Cf La Toile aux alouettes), vous sauriez que je suis du genre taiseux, solitaire…pas forcement bougon mais socialement limité. Ma profession qui veut ça (ancien flic reconverti détective privé) et une certaine aptitude à croire que du silence nait la réponse…

Je comprends… Mais… Parlez-nous vraiment de vous… Vous avez des traits de caractère qui prédominent ?

Je viens de vous le dire, je crois.

Bien… euh… Changeons de sujet. Vous êtes restés combien de temps dans la tête de votre créateur ?

Quelle question ? Depuis toujours il me semble… tapi, souverain, patient…

C’est précis comme réponse ! Mais en tant que créateur, il a bien dû déteindre sur vous. Il y a des parts de lui dans votre personnalité ?

Il ne le sait pas encore mais oui absolument. Le néant n’étant qu’un vide à combler !

Pourtant il n’est pas tendre avec vous dans le livre. Tout comme vos actions… Certaines sont tout de même limite… Lui en voulez-vous ?

Non. Pour lui comme pour moi, certaines choses ne nous appartiennent pas. Elles s’imposent et nous vampirisent au-delà de notre conscience. Mais je ne suis pas le pire dans l’histoire. Un témoin, tout au plus un intermédiaire.

Certaines choses ne nous appartiennent pas. Elles s’imposent et nous vampirisent au-delà de notre conscience.

Et quand il ne pose pas vos faits et gestes sur le papier, comment vous occupez votre temps libre ?

Je vais. Je viens. Non pas comme dans la chanson, quoique ! Je vis, assurément. Mes pas me portent. Ce sont toujours les événements qui me trouvent, jamais l’inverse.

C’est votre tour… Une question pour lui ?

Vas-tu vraiment me quitter dans l’Opus 3 ?

En guise de conclusion, un petit mot pour ceux qui vont vous découvrir ?

Asseyez-vous, prenez votre temps, lisez, humez, ressentez, fiez vous à votre imaginaire, votre intuition et vos sens. La partie n’en sera que plus fine

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Je servirai la liberté en silence de Patrick Amand


Le livre : Je servirai la liberté en silence de Patrick Amand. Paru le 19 juin 2017 aux Ed. du Caïman dans la collection Polar.13€ ;  (313 p.) ; 19 x 12 cm

Je servirai la liberté en silence

La veille du Festival International du Mime de Périgueux, son directeur artistique, Axel Blancard, est retrouvé sauvagement assassiné dans un jardin du centre-ville. Le monde artistique est en émoi et la police piétine. Il n’en fallait pas plus pour revigorer Gregorio Valmy, détective privé déprimé, en vacances dans la capitale périgourdine au moment des faits. Quelques discussions avec des érudits locaux et quelques rencontres insolites suffisent à l’enquêteur pour comprendre que cette affaire n’est pas banale. D’autant qu’Axel Blancard n’est autre que le petit-fils d’une des figures locales de la Résistance et frère du candidat socialiste à l’élection législative partielle : il n’en faut pas davantage pour qu’un passé douloureux ressurgisse…

L’auteur : Né en 1970 à Poitiers, Patrick Amand publie son premier polar en 2009. Passionné d’histoire il s’approprie ce genre littéraire pour évoquer des événements peu connus.
Humour et découvertes historiques caractérisent les aventures du détective Gregorio Valmy dont c’est ici la troisième après L’affaire du noyé de Poitiers et Gurs 10.39. Il est également directeur de la collection Noires nouvelles aux Éditions du Caïman qui compte deux titres : Omaha blues et autres nouvelles qu’il consacre au Débarquement de Normandie et Brigadistes !, recueil collectif de vingt auteurs et personnalités autour de la Guerre d’Espagne et des Brigades Internationales.
Extrait : 
« En fait ce sont les majuscules qui nous font chier. Tant qu’on nous laisse dans nos histoires avec « h » minuscule, nos trahisons avec « t » minuscule… Et aussi nos morts avec « m » minuscule, tout va bien pour tout le monde. Les majuscules sont posées par les clowns qui croient nous gouverner et qui pensent tirer les ficelles de la gigantesque farce qu’est le pouvoir. Mais le pouvoir, ce n’est pas une marionnette avec des fils même si c’est parfois Guignol à tous les étages. Tout ça pour la vitrine, pour faire rire et pleurer. En réalité le pouvoir c’est nous qui l’avons. »

La Kronik d’Eppy Fanny

JE SERVIRAI LA LIBERTE EN SILENCE DE PATRICK AMAND AUX EDITIONS DU CAIMAN

Je découvre cet auteur par ce livre qui est son troisième roman.

J’y fais la connaissance de son détective Grégorio Valmy originaire, comme l’auteur, de Poitiers.

L’histoire :

Grégorio Valmy, qui vient de se faire larguer par sa compagne, part se changer les idées chez son ami Jean-Paul Sitruc, journaliste au quotidien La Dordogne Libre et qui habite la jolie ville de Périgueux.

Jean-Paul doit couvrir pour son journal les festivités liées au Festival Mimos (festival international du Mime) et traîne avec lui Grégorio afin de lui changer les idées.

Notre détective croise une charmante Capitaine de Police qui lui fait bien vite oublier ses peines de cœur.

Jean-Paul étant occupé, et se refusant à laisser le déprimé seul, il le présente à son ami Laval

Palindrome, agrégé d’histoire, ancien professeur, devenu bouquiniste dans un cadre exceptionnel face à la superbe Cathédrale St Front.

Laval fait découvrir les produits régionaux d’exception au déprimé qui lui est confié et qui apprécie particulièrement les spécialités liquides de mon cher Périgord. Il faut dire que du Pécharmant, aux Bergerac, en passant par les Monbazillac il y a de quoi satisfaire tous les palais, même les plus exigeants.

Mais voilà qu’un meurtre est perpétré.

Axel Blancart, le conseiller artistique de Minos est la victime. Et du coup ça se complique car il est le frère de Simon Blancart. Simon est conseiller municipal de Razac S/L’Isle, commune voisine de Périgueux, et surtout candidat à l’élection partielle législative. De plus les frères sont les petits-fils d’une figure locale de la résistance. Et nous voilà replongés dans ce passé sombre et douloureux de notre histoire avec un grand H.

Ce meurtre donne l’occasion à Grégorio de revoir Claire St Martin, le Capitaine de Police qui lui a tapé dans l’œil et qui n’est pas insensible à son charme. Les voici qui enquêtent, chacun de leur côté, puis qui mutualisent leurs informations.

Grégorio, dans ses recherches, est aidé, en plus de Laval par des personnes rencontrées chez ce dernier : Léopold Turland, dit La Praline, anarchiste notoire, Léonce Carbona 92 hivers ex-résistant, ex-flic, la mémoire de ce passé qui ressurgit. Et Wlad, un polonais de passage plein de bonne volonté. Une sacrée équipe de pieds nickelés !

Saint-Martin pour sa part a deux fidèles lieutenants sur qui elle sait pouvoir s’appuyer : Levrault et Güleken, dits Teddy Ted et L’Apache.

L’enquête se complique encore un peu lorsque Simon Blancart disparaît à son tour.

Extrait p.149 – 150 : « La famille Blancart a un passif assez impressionnant dans l’histoire du Département. Les morts non naturelles du grand-père, du père et du fils interrogent. La thèse du tueur, le malfrat du coin, qui s’y prend à deux fois, on a du mal à y croire. Après la récupération d’une partie des archives familiales, Laval Palindrome pense qu’elles sont incomplètes. Ginette Blancart l’avait contacté quelques jours avant sa mort pour lui transmettre ces documents. Ce qu’il avait vu était plus consistant. »

Le meurtre, pour être compris et élucidé, va mettre en lumière des pages peu glorieuses de notre histoire. Plus particulièrement la période de fin de guerre et la sinistre BNA qui a tant fait souffrir le Périgord et dont mon Grand-père m’avait beaucoup parlé lorsque j’avais la chance de l’avoir encore.

Puis le meurtre élucidé, la raison d’Etat mettra un joli couvercle sur la vérité… Et présentera à la presse une version toute personnelle comme conclusion à l’affaire.

Ce roman nous replonge dans l’ambiance puante du 93 de la rue Lauriston. Nous permet de revoir à l’œuvre Henri Lafont et sa bande de voyous. De découvrir le parcours d’Alexandre Villaplane, qui de Capitaine de l’équipe de France de football est devenu l’un des pires collabos, membre actif de la BNA. La BNA (Brigade Nord-Africaine), créée par Lafont, est un ramassis de voyous de la pire espèce ayant rejoint la Gestapo pour leur enrichissement personnel. Ce roman nous fait découvrir les exactions commises en cette fin de guerre par cette troupe d’hommes sanguinaires et sans moral qui ont tué et torturé femmes, enfants et vieillards en plus des résistants.

Nous allons constater que le communisme très présent en France, et en particulier dans ce Périgord « rouge » surnommé la Petite Russie en 1944, inquiète et est sous surveillance.

Cette montée du communisme conduira le gouvernement français à lancer le 7 septembre 1950 l’opération « Boléro-Paprika » visant à arrêter les principaux dirigeants communistes espagnols établis en France et les communistes d’autres nationalités, membres supposés de la cinquième colonne.

Nous allons également découvrir, sans surprise, que les méchants ne sont pas tous punis et que l’Etat français, lorsque le nouvel ennemi est devenu de couleur rouge et que la paranoïa était à son comble pendant la guerre froide, en a recruté bon nombre.

Pour ma part j’ai découvert ce qu’étaient les réseaux Stay-behind *.

En revanche je dois avouer que j’ai eu du mal à rentrer dans ce roman. La période contemporaine du début, les descriptifs d’une ville que je connais par cœur, tout comme la Région, étaient pour moi trop longs je m’y perdais et m’y ennuyais. Je pense que c’est dû justement au fait que le roman se déroule « chez moi ».

En revanche j’ai été passionnée par toute la partie historique remarquablement documentée qui a fait écho à mes souvenirs personnels pour partie, mes deux grands-pères ayant vécu cette période, mes grand-mères également, qui ont pris des risques fous pour nourrir les maquisards qui se terraient dans les bois…

J’y ai également appris beaucoup sur cette période et ce qui en a découlé*.

Je vous suggère, à la lecture de ce roman qui mêle personnages fictifs et réalité, de pousser vos recherches personnelles. Des notes de l’auteur en fin de roman vous donnent de bonnes pistes à approfondir. Il y en a bcp d’autres lorsque l’on creuse.

Pour conclure, et c’est personnel, j’aurais préféré un roman purement historique. J’ai eu du mal à adhérer aux personnages contemporains du récit.

Mais comme toujours cet avis n’engage que moi et il me semble judicieux que vous vous fassiez le vôtre.

Série B de Stan Kurtz


Stan Kurtz serie B 1-6Le livre : Série B, Volume 1  de Stan Kurtz. Paru le 4 septembre 2015 chez Fleur Sauvage. Epub :5€99; (208 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Stan Kurtz

Le jour où Miss Boxer m’engage pour retrouver son crooner de mari, à priori mort, les ennuis se mettent à tomber sur moi plus vite qu’une vieille peau sur la glace.

Au fur et à mesure de l’enquête, je me heurte au pire et plus ça va, plus mon âme de privé s’enfonce dans la vase d’une bien étrange histoire, palpitante, rocambolesque et surtout à suivre, apte à vous réjouir mes loulous, et vous faire raquer pour le tome deux…

C’est pas comme si la vie était discount ou mon loyer gratos.

 

Par définition, une série B ne se prend pas trop au sérieux. Petit budjet, débrouilardise… quand l’affaire est maîtrisée, ou quand on a du bol, on en arrive parfois à quelque chose de culte.
Bizarrement, c’est ce qui est en train de se produire avec les aventures de Stan Kurtz.

Stan Kurtz est détective, il « travaille » à l’ancienne bien qu’il ait à peine trente ans.
Plutôt à la ramasse, pas très courageux, ses nombreux défauts seront mis à mal, obligeant notre homme à payer son loyer, se confronter à un ersatz de Frankenstein ou pire, nous émouvoir.

Marc FalvoL’auteur : Marc Falvo vit à Lille (59), et de sa plume.  Il a préféré l’écriture au football parce que les mots lui vont mieux que les crampons. Cinéma d’abord puis théâtre, il aime brouiller les pistes, mélanger les genres et cultiver le jardin de ses rêves. On lui doit trois romans noirs parus au Riffle, des récits horrifiques pour L’atelier Mosésu et, chez Fleur Sauvage, un thriller atmosphérique ( Le cri ), un roman remarquable sur le métier d’auteur (D’occase ) et déjà, sous le nom de Stan Kurtz, l’étonnante et détonante  (Série B) .

 

 

 

 

Extrait:
J’avais à peine fermé l’œil quelques heures quand le téléphone sonna. J’hésitai entre laisser vivre ou foutre l’appareil par la fenêtre, mais dans les deux cas mon espérance de pioncer se trouvait réduite à peau de zob. Ma conscience professionnelle reprit le dessus.
– Monsieur Kurtz ?
Mon proprio. Une voix que je détestais. De toute façon, la voix et le tas de graisse autour ne pouvaient pas me blairer non plus.
– Émile… Quel bon vent vous amène dans mon oreille ?
– Arrêtez vos conneries, Kurtz. Vous savez quel jour nous sommes.
Silence au bout du fil. Juste un reniflement dégueu qui cadrait avec le personnage.
– Vous êtes malade, Émile ?
– Écoutez Kurtz, j’en ai assez de batailler chaque mois, je vous préviens… Nous sommes le dix, si je n’ai pas votre
loyer aujourd’hui je vous colle un huissier au cul.
– Collez-le au vôtre, il aura plus de place pour bosser.
– Pardon ?
C’est fou comme le fait d’avoir du fric peut vous rendre arrogant. Je finis par éclater de rire manquant de laisser tomber le combiné.

Les Sach’Avis

L’OVNI du jour,
mais quel plaisir!!! 😁

Je me suis régalée à entrer dans l’univers de Stan Kurtz, et derrière lui, l’excellent et vachement talentueux Marc Falvo !!!
Entre roman noir des années 50, Sin City, Georges Chesbro (Mongo le magnifique), Stan nous emmène dans une enquête très bien ficelée et rocambolesque à souhait! Voire même un peu barrée! J’ai adoré! On va de surprises en surprises bien glauques! Et surtout, quel style! Des dialogues à l’humour bien caustique!

À lire absolument et dans le détail pour ne pas manquer les subtilités de langage de ce cher Stan!!!
Pour moi un bonbon!!!😍

Nouvelle donne de Stan Kurtz  


Le livre : Stan Kurtz , Nouvelle donne  de Marc Falvo. Paru le 7 novembre 2017 chez Fleur Sauvage.  9€ ; (216 p.) ; 18 x 11 cm.
4e de couv :
J’ai jamais cru aux amnésies foudroyantes…
Jusqu’à ce que ça m’arrive.
Le jour où on s’éveille en pleine nuit sans plus se rappeler ni quoi ni qu’est-ce, entouré d’hôtes peu avenants et avec une seule pompe, ça commence à sentir le cramé.
J’ai raison ou j’ai raison ?
Stan Kurtz. Trente-trois ans. Détective. Gueule d’ange. Une main de fer dans un gant de plomb, coincée sous un chapeau mou. J’en ai vu des affaires bigleuses – voire louches – mais celle-ci décroche la palme… De quoi enchaîner les sueurs froides. Quand on court après sa mémoire, les loulous, il y a pas à chiquer. Faut espérer le meilleur et s’attendre au pire.
Après la cultissime Série B, Stan Kurtz est de retour avec une aventure haute en couleurs qui ravira ses fans… et ses nouveaux adeptes.
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Marc FalvoL’auteur : Marc Falvo vit à Lille (59), et de sa plume.  Il a préféré l’écriture au football parce que les mots lui vont mieux que les crampons. Cinéma d’abord puis théâtre, il aime brouiller les pistes, mélanger les genres et cultiver le jardin de ses rêves. On lui doit trois romans noirs parus au Riffle, des récits horrifiques pour L’atelier Mosésu et, chez Fleur Sauvage, un thriller atmosphérique ( Le cri ), un roman remarquable sur le métier d’auteur (D’occase ) et déjà, sous le nom de Stan Kurtz, l’étonnante et détonante  (Série B) .

 

 

 

 

 

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Extrait :
 
“Je parallélais du verbe paralléler, penser à deux choses en même temps pour leur trouver un lien – tout en jouant avec mon porte-clés palmiers, idéale pour s’occuper les mains lorsqu’on cogite, quand quelqu’un frappa à ma porte. Mais avant de savoir qui se tenais derrière, laissez moi donc finir ce parallèle. Entre Nils le fils du patron du bar, et la fille de mon proprio, Élise. J’avais déjà été trois fois engagé par Émile en tant que chasseur de primes, ou plutôt garde-chiourme, sa fille vivant une puberté qu’on peut qualifier de difficile. Trois fois, donc, j’avais dû aller récupérer cette fier graines de rebelle, la tirer de situations inextricables. Aujourd’hui, c’était l’enfant d’un autre que ma philanthropie légendaire devait sauver Et ça me donnait une impression de looping… Bouclage de boucle, en quelque sorte. D’un serpent qui se mordait la queue.
L’Homme ne ferait jamais rien d’autre que répéter ses erreurs. Les enfants se mettaient dans la merde et les parents leur couraient après, les enfants devenant eux-mêmes des parents courant un jour après leurs gosses et la roue tournait. Immuable.
Suite à ces fadaises, que je vous remercie d’avoir lues, on peut enchaîner sur cette fameuse porte et mon mystérieux visiteur.”
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Le “ressenti” de Jean-Paul

 

Il était 16h12 sur l’horloge murale de Stan quand j’ai terminer le roman de Marc Falvo !!!

Que dire de ce roman qui part dans tout les sens…

D’abord mes loulous il faut s’accrocher. Car très vite Stan Kurtz est entré dans “ma tête” directement en s’adressant à moi et ça ce n’est pas banal, du coup j’étais à fond dans cette drôle d’aventure où un anti-héros, sûr de lui et attachant nous en fait voir des vertes et des pas mûres !

Mais heureusement de belles jeunes femmes vont l’aider dans ses quêtes et pas n’importe lesquelles (je parle des jeunes femmes, les quêtes viennent au second plan !).

Je me suis bien amusé et j’ai même ri à de nombreuse réparties bien placées, jeux de mots et autres cocasseries verbales…

Un petit soupçon de Stanislas Petrosky, une pointe de Colombo et me voilà avec un pseudo Bruce Willis complètement paumé !

En tout cas moment de détente assuré.

Merci Marc…

Diamants sur Maccabées de Michael Fenris


Le livre : Diamants sur Maccabées de Michael Fenris. Paru le 15 mars 2018 en autoédition, Ed Michaël Fenris. 15€ ; (324 p.) ; 13×20 cm.

4e de couv : 

David Llerellyn a disparu. Se méfiant de la police, sa sœur Vera décide d’engager un détective pour le retrouver. Mais il semble que beaucoup de personnes s’intéressent à ce petit malfrat sans envergure, et que sa disparition ne soit pas le seul fruit du hasard.

Quand le privé Jeff Fergusson commence à enquêter, il soulève certaines choses qui n’ont pas envie d’être révélées, et réveille de vieilles rancœurs. Car rien n’est jamais bon lorsqu’on hante les rues de la Ville…

 L’auteur : Michael Fenris est né le 03 mai 1968, d’origine lorraine, où il garde de profonds attachements avec la ville de Nancy, et installé professionnellement comme médecin en région parisienne depuis 2002.
Passionné par la lecture et l’écriture, il entasse pendant plus de trente ans des pages manuscrites dans des cartons, mais ce n’est qu’en 2015 qu’il décide de franchir le cap en proposant ses premiers manuscrits aux Éditions Prisma.  De là est né Feuilles en 2015, et Le Syndrome Noah en 2016. En Juin 2017 sort Aaverhelyon, première incursion dans le milieu de l’autoédition. En Mars 2018, toujours en autoédition, Diamants sur Macchabées, première incursion dans le polar noir. 2018 sera également la sortie du prochain roman à paraître aux Editions Prisma.
 Annoncés pour 2018 ; trois romans !  Thérianthrope chez Prisma ; Whistlers, en auto édition; Diamants sur Maccabées, en auto édition également et la chronique à lire ci-dessous. Soit un thriller, un roman plutôt « horreur, épouvante » et un polar à l’ancienne … Un touche à tout ce Fenris !

 

Extrait:
« Il n’est pas grand, je dirais un mètre soixante à tout casser, frêle, flottant dans un costume écossais du plus mauvais effet. Son crâne semble aplati en hauteur, comme passé sous une presse, ce qui lui donne une ressemblance avec une saucière dont les oreilles seraient les becs verseurs. Il a de petits yeux fuyants, le gauche est affublé d’un strabisme divergent et se balade tout seul dans son orbite comme un dé dans un gobelet de casino. La peau est couverte d’éphélides et ses cheveux sont d’un rouge de cuivre. Je suis furieux contre lui de m’être fait surprendre comme un bleu. Bordel, trente ans de police ! Faut croire que le mauvais alcool t’émousse sérieusement les réflexes. J’ai soudain comme une envie de lui faire mal. Le rouquin tente de se relever, mais la première chose qu’il aperçoit, l’œil noir du canon du .38, l’incite à la prudence et il se contente de se coller contre le mur. »

La chronique jubilatoire de Dany

Il fallait vraiment oser, en 2018, écrire un roman en noir et blanc, un vrai polar de la fin des années 50, en Amérique dans « la ville » dont le nom symbolique apparaît en fin de roman … sans ADN, avec une seule caméra de surveillance même pas exploitée, une balistique balbutiante. En prime une ambiance bien glauque, qui sent la sueur de flic négligé, le tout dans une atmosphère enfumée, alcoolisée. Une plongée dans l’univers de Chandler et Léo Malet, avec la palette classique du détective privé intègre et au cœur presque grand, que n’aurait pas renié Petre Cheyney (le père de Lemmy Caution), du flic pourri, des mauvais garçons chatouilleux de la gâchette, de la bourgeoise couverte de fourrure (animale, oui à cette époque les auteurs osaient encore …), la petite droguée à peine pubère, des belles voitures …

Tout ce petit monde se trouve embarqué dans une intrigue somme toute classique mais bien menée, aux multiples rebondissements et au final digne d’un film de Tarentino. N’oublions pas non plus « la bande son » jazzy car en fait ce roman agit sur le lecteur comme un vrai film de gangsters, servi par la précision du style de cet auteur que je lis pour la première fois, dans lequel le narrateur, son héros nous fait immanquablement penser à Philip Marlowe. On ne s’y ennuie pas une seule seconde !

 

“La boutique en question s’appelle Meadows Handguns & Rifles. Elle est située sur l’une des quatre principales avenues. Pas de risque que tu la braques : elle est aussi protégée qu’un petit Fort-Knox. Ça n’empêche pas que n’importe qui peut aller s’acheter une arme, il suffit d’une pièce d’identité, d’une adresse, d’un peu d’oseille, et d’un permis. Quoique le dernier soit le plus souvent facultatif. Dans la Ville, on considère que le bon citoyen a le droit de se défendre contre le voyou qui hante les rues à la nuit tombée. Seule la taille des pétoires est limitée, grâce à notre inspecteur préféré. Mais le mal est fait : ce qui a été acheté auparavant est bien dans les mains de n’importe qui, pas seulement le couple de petits vieux prêt à protéger ses maigres possessions, mais aussi tous les psychopathes, les tarés, les instables qui peuvent pulluler. Je pense que la criminalité a un peu baissé avec Tyler, mais elle reste sans aucun doute l’une des plus élevées du pays. La vie ne vaut pas grand-chose ici-bas.”

“Il me force à grimper à l’arrière de son véhicule. Je suffoque sous l’odeur. Ça sent la sueur, la chaussette, le graillon et la mauvaise haleine. Tyler s’installe à mes côtés, et allume un de ses barreaux de chaises pour me souffler la fumée à la figure.”

Un trop grand Silence de Lou Vernet


Il y a un peu plus d’un an je découvrais, avec La toile aux alouettes, la plume de Lou Vernet.  Et ce fut une révélation. Vient de sortir le deuxième volet des enquêtes de ses concertistes. J’avoue je ne l’ai pas encore lu. Non je préfère me le garder sous le coude pour le déguster lors d’un temps de pause, en janvier, lors de mes prochaine vacances par exemple. Là en cette fin d’année tout va trop vite pour apprécier pleinement l’écriture exigeante de Lou.

Aussi quand Nei Gong, m’a proposé sa chronique de lectrice, j’ai dit ok, viens sur Collectif Polar nous parler de ce deuxième opus, tu es toujours la bienvenue, surtout pour nous parler d’un titre de Lou Vernet.

Alors, aujourd’hui, vous l’aurez compris c’est

« Chronique de Lecteur »

 

Le livre : Un trop grand silence Volume 2, La Virgule  de Lou Vernet. Paru le 23 septembre 2017 chez Border Line dans la collection Dead Line.  20€ ; (326 p.) ; 21 x 13 cm.

4e de couv :

Le roman

En cette veille de Noël, Paris sombre dans la stupeur : la mort frappe à six reprises, en six lieux de la capitale, sur un intervalle de six heures. Entre les résidents d’une maison de retraite huppée qu’une main assassine a empoisonnés, et des squatters qu’on a sciemment ensevelis dans l’explosion d’un immeuble sordide, pas de dénominateur commun. Pour le duo d’enquêteurs, la Carpe et la Virgule, privé et flic aguerris, c’est l’impasse : quel est le mobile du ou des tueurs ? Quelle est la logique de cet enchaînement macabre ? Le flair de l’un et le pragmatisme de l’autre ne semblent pas suffire à dénouer l’écheveau de cette singulière affaire. Doivent-ils pour autant se fier aux allégations du mystique César ?

 

L’auteur : Ecrivaine, voyageuse, photographe, Lou Vernet est une autodidacte.
Passionnée. Têtue. Et libre. Sa devise : « Ne prenez pas la vie trop au sérieux, de toute façon vous n’en sortirez pas vivant. ». Merci Bernard le Bovier de Fontenelle.  Elle a publié, à ce jour, 4 romans et quelques autres joyeusetés !
  • La toile aux alouette, l’Inclus un polar : des limites de la solitude et des dangers d’Internet comme source de lien social… Pervers ! Ne m’oublie pas : une fiction, 24 heures dans la vie d’un photographe… Visuel .  La femme enfant : huis clos dans une clinique psychiatrique…. Violent ! Un trop grand Silence; la Virgule : le dernier né

Lou écrit sous toutes les formes : Nouvelles, poésie, théâtre…Et entre autre : –Mal Barrée : récit délirant à partir de la question « Qui Suis-je ? »… G comme Gratitude  : Abécedaire insolent et insolite

Extrait : 
Une putain de drogue, le fric. Le somnifère des consciences, la seule religion qui rassemble autant de fidèles.

 

L’avis de Nei Gong

Un Trop Grand Silence, 2ème opus !!

Polar, Roman noir, poésie ? Les 3 !!

Le 2ème opus de Lou Vernet. : « Un trop grand Silence » nous embarque encore une fois dans une intrigue labyrinthique.

Nous retrouvons avec plaisir la Virgule et la Carpe pour une nouvelle enquête sous la plume de Lou Vernet et qui soigne comme d’habitude son intrigue et ses personnages.

Paris, explosif , explosé en 6 points de la capitale. En un instant, des vies partagées, pulvérisées en une nanoseconde. L’ aléatoire a tué .

La Carpe et la Virgule, nos deux enquêteurs sont sur l’affaire. Mais qui tire les ficelles ?

Nous retrouvons  aussi avec plaisir la plume de Lou Vernet qui marque de son sceau , les portraits de ses personnages.

La psychologie de ses protagonistes est essorée jusqu’à l’essence de leur humanité mais en faisant toujours surgir  » le vivant  » de ce qui est ou de ce qui n’est plus en eux même…

Beaucoup d’humanité et de justesse dans le choix des mots. Un soin qu ‘elle leurs accordera jusqu’à la fin du livre.

Zebulon, Bruce , Axelle , Hub , Py , Sous X , nous interrogent ainsi finalement, sur la perception  » d’ être au monde  » , ou pas , ou plus…Un César a la sensorialité « extra- ordinaire » , tente des parades à sa souffrance et à celle des autres qui le traversent.

Lou Vernet nous ballade au plus profond de ces vies entrelacées, dans un dénouement toujours original !!!

Mais ayez confiance ! Et laissez vous porter par cette intrigue labyrinthique et vous y perdre un peu…

  » On est tellement perdu , tellement seul. Et pourtant , tant que l’on se pose la question , c’est qu’ une part de nous veut vivre . Négocie. Résiste encore.  » . (page 80)

Intrigue et suspens à volonté !! A lire vite !!!

Vous pouvez aussi lire l’avis de Nei Gong sur La toile aux alouettes ICI

Et mon billet, toujours sur La toile aux alouettes Là

Avis d’obsèques de Michel Embareck, une lecture bicéphale : Partie 2


Cette fois je vais vous présenter une lecture à 2 voix.

Effectivement ma camarade Frédérique et moi même avons lu le même livre en même temps.

Deux voix certe un peu divergeantes mais se rejoingnons sur certains point.

Voici donc mon point de vue

Le livre :  Avis d’obsèques  de Michel Embareck. Paru le 28 août 2013 chez l’Archipel.  18€95 ;  (300 p.) ; 23 x 14 cm

Résumé : 

Un matin d’automne, dans une ville de province, le corps de Fabrice Kerbrian du Rescouet, alias « Fabulous Fab », est retrouvé en bordure d’un jardin public. L’autopsie révèle qu’il a été abattu à bout portant d’une balle derrière la tête. Fait étonnant, l’arme utilisée par l’assassin est un pistolet japonais datant des années 1940. Pour quelles raisons cet héritier d’un empire de presse régionale – au bord de la faillite – a-t-il été tué ? Et par qui ? Un mari jaloux – l’homme était coureur -, des investisseurs mécontents ? Ou un fantôme du passé au courant de quelques lourds secrets de la famille Kerbrian du Rescouet ? Sous la pression d’un procureur carriériste, les policiers de la PJ explorent de multiples pistes. En même temps, Victor Boudreaux, l’ancien lanceur de marteau devenu détective privé, enquête sur un trafic d’oeuvres d’art volées dans les églises. Ce faisant, il dérange le microcosme local, qui n’aime pas les vagues. D’autant que se profilent les élections municipales…

 

Extrait :
« Edgar Ouveure, le fondu des renseignements intérieurs, lui a préconisé de fouiller du côté des anciens d’Indochine. Un de ses informateurs se souvient avoir tripoté une arme semblable en Extrême-Orient dans les années 1970. Ouveure… Un snifer aussi habile à tirer les ficelles pour son compte qu’à fourrer le dawa sur son passage. Évidemment, les gars de la PJ ont sondé les rares et à moitié liquides survivants de Dien Biên Phu. Peau de balle. »

 

L’auteur : Né le 16 février 1952 à Dole dans le Jura, D’origines rastaquouères à donner la migraine à un préfet, Michel Embareck a usé ses fonds de culotte sur les bancs de Science-po avant de bifurquer intelligemment vers l’univers du rock’n’roll. Michel Embareck est entré dans le rock comme on entre en religion.  En dix ans de reportages pour le magazine spécialisé « Best », il croise la route des plus grands chanteurs et musiciens du moment. Doté d’une plume acérée qui n’exclut pas la poésie, il met également son talent de conteur au service de plusieurs romans et polars, parus à la Série noire, à l’Archipel et à L’écailler notamment . On le croyait rangé des guitares quand il fut happé par l’ovalie, dont il se fait régulièrement le héraut. Ce grand amateur de rudby entre alors comme écrivain chroniqueur sportif, et nous fait profiter de sa verve dans les pages de Libération. 

 

 

 L’avis de Geneviève :

Alors que l’héritier d’un grand groupe de presse régional vient d’être abattu d’une balle dans la tête avec un pistolet japonais des années 1940, le détective privé Victor Boudreaux enquête sur un trafic d’œuvres d’art volées dans des églises. Quel rapport entre ces deux enquêtes, me direz vous. aucune sans doute, sauf peut-être l’envie de l’auteur de les faire se rejoindre. Et ainsi dénoncer quelques dérives de notre société : magouille, fraudes, corruption et aussi collusion de la presse et du politique.   Car Michel Embareck c’est un style. Il n’est pas toujours facile à aborder car porté par la langue imagée parfois truculente, parfois caustique.

 Victor Boudreaux est un détective mal bouché, voir grossier. C’est plutôt une brute épaisse.Son crédo vengeance et/ou justice vite expédié. Bref, un gros bourrin. J’avais lu il y a quelques années ses deux premières enquêtes paru à la série noire et j’avais aimé ce personnage pour son amoralité.

Mais il semblerai que Boudreaux ait mal vieilli d’ailleurs ne se remet-il pas d’un AVC. Il reprend ici du service juste pour sauver l’honneur de sa famille.

Car la préoccupation première de notre héros c’est la Nouvelle Orléans ou il rêve de retourner. Et oui chez Ambareck point de polar, même politique, sans musique. Et il plane ici un petit air de Jazz qui n’est pas pour déplaire à Boudreaux.

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 Et retrouvez l’avis de Fred ICI

 

 

 

 

 

Negra soledad de Ramón Díaz Eterovic


Le post-it du bibliothécaire
 Negra soledad de Ramón Díaz EterovicLe livre : Negra soledad  de Ramón Díaz Eterovic.Traduit de l’espagnol (Chili) par Bertille Hausberg. Paru le 04 mai 2017 aux éditions Metailié, Noir dans la collection  Bibliothèque hispano-américaine  20€ ; (345 p.) ; 22 x 15 cm.

Titre original : La música de la soledad

4e de couv :

Negra Soledad

Heredia, le détective privé des quartiers populaires de Santiago, vient de se décider à mettre fin à sa solitude de célibataire : il va enfin se marier – à reculons. C’est alors qu’Alfredo, son ami avocat, est retrouvé mort. Depuis peu, il avait été engagé par les habitants d’un village du nord du Chili, aux prises avec une exploitation minière polluante bien décidée à exproprier tout le monde.

Entouré de ses complices de toujours, Simenon, son chat et confident, Anselmo, le kiosquier turfiste, et la commissaire Doris qui aimerait tant trouver une place auprès de lui, Heredia découvre l’ampleur des problèmes environnementaux au Chili, et leurs dénouements souvent tragiques : soif de lucre des entreprises, contamination des sols, indulgence coupable des autorités, spoliation des paysans.

Heredia, c’est l’âme nostalgique d’un Santiago qui n’existe plus, les rêves brisés d’une génération sacrifiée, mais c’est aussi l’histoire chilienne revue et corrigée par un justicier mélancolique et intègre. Et toujours aussi allergique aux ordinateurs…

« Heredia est à la hauteur des sommets du roman noir mondial. »
Revista Occidente

 

Roman Diaz EterovicL’auteur : Né à Punta Arenas en 1956,  Ramon Díaz-Eterovic est l’un des leaders incontestés de la nouvelle génération d’écrivains -nés depuis 1948- qui symbolisent le mouvement artistique le plus attrayant de la scène culturelle du Chili des années 90. Parallèlement à son travail d’écriture, Díaz-Eterovic participe activement à la Société des Ecrivains du Chili, qu’il a présidé de 1991 à 1993. Ramon Díaz-Eterovic est un écrivain très prolifique, il a publié un grand nombre de nouvelles et de story-boards pour des dessins animés et de la poésie. Il manifeste un intérêt profond pour la psychologie humaine et une forte intuition pour les histoires à intrigues. Ramon Díaz-Eterovic dont les romans sont adaptés au cinéma et en BD a été récompensé par de nombreux prix littéraires, et parmi eux, par le prix renommé Anna-Seghers 1987 en Allemagne, le prix Dashiel Hammett en Espagne et en 2007, le prix municipal de Littérature de Santiago (Chili).

Extrait :

                 Extrait Negra Soledad

Le post-it de la bibliothécaire

Heredia, détective privé des quartiers populaires de Santiago, vient de se décider à mettre fin à sa solitude de célibataire. Simenon, son chat et confident, y voit une promesse de repas réguliers. C’est alors qu’Alfredo, son ami avocat, est retrouvé mort. Sa femme lui demande d’enquêter. Ses recherches l’entraînent dans un village du nord du Chili voisin d’une exploitation minière.

C’est toujours avec plaisir que l’on retrouve Heredia, détective privé chilien solitaire et mélancolique que nous avions découvert en 2001 et qui nous avez fait grand effet. C’est ici la septième enquête que nous suivons.  Dans celle-ci, notre détective à l’ancienne, un brin fauché et buveur, souvent dans de sales draps, nous revient encore plus en forme que jamais. Et nous déambulons avec lui dans les rue de Santiago que nous redécouvrons avec délectation lors de chacune de ses aventures.

On aime aussi à le suivre à travers un pays que nous explorons avec avidité. Ici nous allons découvrir les confins aride d’un pays dont l’exploitation minière a façonné le paysage et les mentalités

En effet Díaz-Eterovic excelle à peindre les ambiances de sa ville et de son pays. Il écrit avec un humour mélancolique plein de charme un texte qui va au-delà du roman noir classique. Et comme le dis la critique Ramon Diaz Eterovic est un maître internationale du genre. A ne pas manquer. GVL

Les aventures de Heredia ont été l’objet d’adaptations télévisuelles au Chili. La série policière la plus populaire d’Amérique latine.

Dernière nuit à Montréal de Emily St. John Mandel


Mes petites lectures

9782743623791,0-14295029782743626006,0-1711620Le livre : Dernière nuit à Montréal de Emily St. John Mandel .Traduit de l’anglais (Canada) par Gérard de Chergé.Paru le 22 août 2012 chez Rivages dans la collecion Rivages Thriller. 18€,50 ; (234 p.) ; 23 x 16 cm

Réédité le 28 août 2013 en poche chez Rivages dans la collection Rivages-Noir. 9€15 ; (345 p.) ; 17 x 11 cm

4e de couv

C’est l’histoire de Lilia, enlevée à sept ans par son père, et de la longue cavale qui dura toute son adolescence. C’est l’histoire de Christopher, le détective engagé par la mère de Lilia pour la retrouver, et de sa fille Michaela, qui rêvait d’être funambule avant de finir dans une boîte minable de Montréal. Michaela sait ce que Lilia a toujours ignoré : la raison de sa cavale. C’est enfin l’histoire d’Eli, étudiant passionné par les langues et la fragilité des sentiments qu’elles servent à exprimer, qui a hébergé Lilia à New York suffisamment longtemps pour tomber amoureux d’elle et partir à sa recherche lorsque, une fois de plus, elle s’enfuit.

C’est dans une Montréal hypnotique que se dénouera cette «histoire de fenêtres brisées et de neige», une histoire en forme d’éclats de miroir brisé qui, une fois reconstitué, dessine une vision déchirante du monde.

 

++74643L’auteur :

Emily St. John Mandel est née au Canada  Elle a étudié la danse à Toronto. Elle réside aujourd’hui à  New York du coté e Brooklyn. Dernière nuit à Montréal, son premier roman, a été finaliste du ForeWord Magazine’s 2009 Book of the Year.

 

 

Lecture d’avant

Résumé et petit avis :

C’était une vieiile histoire qui tenait en quelques phrases, à propos de fenêtre brisées et de neige…

Lilia, enlevée à 7 ans par son père, a connu une longue cavale durant toute son adolescence. Sa mère a engagé un détective privé pour la retrouver. Eli, un étudiant qui a hébergé Lilia et qui en est tombé amoureux, est aussi à sa recherche.

Un excellent premier roman . Une vraie révélation.

En 230 pages, l’auteur nous propose un magnifique roman noir, avec 4 personnages parfaitement campés et une intrigue brillante et angoissante.

A découvrir absolument !

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