Vlast – Peter Higgins


La journée fantastique

Vous le savez déjà, le 28 du mois chez Collectif Polar c’est notre journée SFFF.

Aujourd’hui c’est un peu spécial car une alors vous proposé une double chronique.

J’ai je l’avoue un peu obligé notre Jumelle infernale à lire ce titre que j’avais énormément aimé.

Alors c’est partie pour le double chronique de Vlast 2/2


Le livre :Vlast de Peter Higgins. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Arnaud Demaegd. Paru le 19 mars 2014 au éditions Bragelonne. 20€ ; (505 p.) ; 21 x 14 cm.

4ème de couverture :
L’inspecteur Vissarion Lom est convoqué à Mirgorod, la gigantesque capitale du Vlast, a n d’arrêter un terroriste, l’insaisissable Kantor. Un état totalitaire usé par une guerre interminable doit se montrer impitoyable. Mais Lom découvre la corruption qui règne à Mirgorod, entre police secrète et révolutionnaires, cabarets et artistes maudits. En compagnie de la lle de Kantor, il dévoile une conspiration qui s’étend aux plus hautes sphères du parti. Il est temps pour lui de changer de camp…

 

 

L’auteur : Peter Higgins a enseigné l’anglais à Oxford, il a été chercheur et a travaillé dans la haute administration britannique.

 

 

 

 

Extraits :
«A l’instant où Kantor referma la porte derrière eux, il sentit l’attention d’Archange pénétrer dans la pièce. Les meubles craquèrent sous l’effet de la peur.
-Encore ! fit Kantor à mi-voix. Non ! Non, je ne veux pas.
Archange l’ouvrit et entra en lui. Se fraya violement un chemin dans sa tête. Occupant out. Prenant tout. N’omettant aucun secret. SA voix était comme un murmure rugissant.»

Les Lectures de Maud :

Vlast de Peter Higgins

Nous voici au cœur d’une conspiration à l’échelle étatique. Lom Vissarion de la campagne est appelé dans la grande ville afin de débusquer un terroriste qui sévit depuis des décennies et qui malgré un passage en prison, continue ses activités, semblerait-il en toute impunité. Sa mission initiale va être totalement chamboulée par ses découvertes qui vont l’amener à se remettre en question, que se soit personnellement ou sa fonction.

Sa rencontre avec Maroussia va être déterminante et va l’amener à se poser pas mal de questions. De nombreuses embuches l’attendent, viennent-elles tous de l’ennemi ? Mais en fait, qui est vraiment cet ennemi ? Jusqu’où vont ses ramifications ? Vers qui peut-il se tourner ? Avoir confiance ? Sa poussière d’ange, son éducation, ses valeurs vont être mises à mal, Lom va devoir se battre pour découvrir la vérité et surtout rester en vie. En effet, les menaces pleuvent de partout, mais de qui viennent-elles réellement ? N’est-il pas lui aussi une victime du système ? et qui est vraiment Kantor ?

Dans un monde en pleine implosion, où les êtres ne sont pas forcément ce qu’ils semblent être. La protection et le fichage du peuple sont des priorité, et pourtant ? Que recèlent ces dossiers ?

Un plaisir de lecture, une très belle découverte. L’auteur livre ici un volet passionnant et un véritable thriller haletant qui va pousser le personnage principal dans ses retranchements. Une écriture fluide, entraînante, sans temps mort ; les doctrines étatiques volent en éclat et mettent en lumière un sombre complot. Au vue de la fin, une suite pourrait être attendue. Un livre que je recommande évidemment !!!! Je remercie Geneviève pour le conseil de lecture !

Version  lue : Numérique

Mention : Premier Roman

:

 

L’étoile du nord de David. B. John


le livre : L’étoile du nord de D.B. John. Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Antoine Chainas. Paru le 9 janvier 2019 chez Les Arènes dans la collection Equinox.  22€  ; (611 p.) ; 22 x 16 cm
4’e de couv :
Elle est espionne.
Il est général.
Elle est criminelle.
Leur point commun : un geste, un mot, et c’est la mort.
Les Etats-Unis et la Corée du Nord sont au bord de la guerre. Pour aller chercher sa sœur jumelle qui a été enlevée en Corée du Nord, Jenna se fait recruter par l’unique organisme capable de l’aider : la CIA. A Pyongyang, le colonel Cho fait une terrifiante découverte. Il doit échapper à la police secrète qui le serre de près. Un geste, un mot, et il deviendra traître à la nation. Mme Moon trouve un chargement de contrebande. Plutôt que de le rendre aux autorités, elle décide de vendre la marchandise au marché noir. Si elle réussit, sa vie sera changée à jamais. Si elle échoue… Basé sur des faits réels glaçants, mené à un rythme effréné jusqu’au dénouement explosif, L’Etoile du Nord porte le thriller d’espionnage au plus haut.

L’auteur : Né au Pays de Galles, D.B. John est journaliste et auteur. En 2009, il déménage à Berlin pour écrire son premier roman, Flight from Berlin, puis s’installe en Corée du Sud où il effectue de nombreux voyages en Corée du Nord. En 2015 il écrit La Fille aux sept noms, le témoignage d’une nord-coréenne qui a fui clandestinement son pays. Ces expériences lui inspirent l’intrigue de L’Etoile du Nord. Il vit désormais à Londres.

 

Extrait : 
“Cho s’était adonné à cette gymnastique mentale toute sa vie. C’était la seule façon de résoudre les contradictions quotidiennes entre la propagande et l’évidence des choses, entre l’orthodoxie et les pensées déviantes qui pouvaient vous conduire en camp de travail si jamais vous vous exprimiez un peu trop fort.”

 

Le post-it de Ge

Thriller d’espionnage basé sur des faits réels en Corée du Nord et qui mêle les histoires de trois personnages. Jenna, de Washington DC, intègre la CIA pour partir dans ce pays libérer sa soeur jumelle ; le colonel Cho, résidant à Pyongyang, concocte un plan d’évasion pour échapper à la police secrète de son pays ; Mme Moon, enfin, tente de vendre de la marchandise de contrebande au marché noir.

Voilà pour le décor et les personnages.

Un thriller qui n’est pas sans me rappeler la trilogie des ténèbres de Jean-Luc Bizien.

Nous sommes ici dans l ’une des plus secrètes et brutales dictatures.  Un pays où règne la répression et la pauvreté.

Famine, misère, endoctrinement et robotisation des esprits, culte délirant de la personnalité, le corée du Nord c’est tout ça. Et on le ressent parfaitement dans ce polar. L’auteur a parfaitement documenté son intrigue et cela ne fais qu’augmenter notre angoisse tout au long de la lecture.

Ce polar est à la fois un thriller politique et un vrai roman d’espionnage. De nombreux rebondissement parsèment cette histoire. Trop sans doute pour certain qui reprocheront peut-être des twists faciles. Mais personnellement j’ai trouvé cette lecture très prenante et plus qu’intéressante. Les personnage sont suffisamment complexes et attachants surtout Jenna.

Je conseille vivement cette lecture. Un auteur à découvrir.

Ah oui dernière petite remarque, ce titre de la collection Equinox porte une jaquette de couleur. Une belle jaquette très graphique, en relief. Habituellement les polars de cette maison d’édition, Les Arênes ont une couverture basique en noir et blanc. Cette fois j’avoue que la jaquette pousse à regarder de plus près ce roman.

D’ailleurs j’ai un autre titre en cours, lui aussi à une belle jaquette un peu rétro devinez lequel ?

 

Guerilla Social Club de Marc Fernandez


LA DOUBLE CHRONIQUE

Aujourd’hui les jumelles Flingueuses vous propose chacune leur avis sur un même bouquin

Ce matin c’est Maud qui nous parle de sa lecture

Ce soir c’est Ophélie qui nous soumettra son Off de Oph

Allez c’est parti !


Le livre : Guerilla Social Club de Marc Fernandez. Paru 8 Mars 2017 aux Editions Préludes – Collection Préludes Noir. 15.60 euros. 288 pages. 13 x 20 cm –

Paru le 3 Octobre 2018 aux Editions Le Livre de poche Collection Policiers – 7.20 euros. 288 pages. 11,1 x 1,3 x 18 cm

4ème de couverture :
Deux hommes disparaissent à Madrid. Un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois, le même scénario : les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé. Toutes ont aussi un passé commun : leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980.
Parmi ces disparus figure l’un des amis du journaliste madrilène Diego Martín. Il décide de se pencher sur cette affaire pour son émission de radio, aidé par la détective Ana Durán, sa complice de toujours, et par l’avocate Isabel Ferrer.
Une enquête de tous les dangers qui va les mener de l’Espagne à l’Argentine en passant par le Chili, et les obliger à se confronter aux fantômes de l’Histoire. Ce qu’ils découvriront fait froid dans le dos, car, quarante ans après l’opération Condor, le rapace continue de voler.

L’auteur : Journaliste depuis plus de 15 ans, il a longtemps été chargé de suivre l’Espagne et l’Amérique latine pour Courrier International.
Co-auteur, avec Jean-Christophe Rampal, de « La ville qui tue les femmes, enquête à Ciudad Juárez », de « Pinochet, un dictateur modèle » (Hachette Littératures) et du roman « Narco Football Club » (éditions Moisson Rouge). Ils ont également réalisé le webdocumentaire « La Cité des mortes ».
« Mala Vida » est son premier roman en solo.
Marc Fernandez tient le blog polar Mauvais genre sur Slate.fr
Extraits :
« Dieu que c’est bon de pouvoir parler librement. De dire qu’on n’est pas d’accord avec le gouvernement ou son voisin, sans risquer d’être arrêté, torturé, jeté en prion ou, pire, de prendre une balle entre les deux yeux. D’écouter la musique que l’on veut. De choisir les journaux et les livres que l’on va lire. De vivre, tout simplement. En démocratie. Système certes imparfait, mais on n’a rien trouvé de mieux jusqu’à présent. »

Les Lectures de Maud :

Guerilla Social Club de Marc Fernandez


Nous voici de nouveau en compagnie de Diego qui va se retrouver embarquer dans une nouvelle affaire. Des enlèvements inexpliqués se produisent un peu partout jusqu’au moment où un de ses amis en est victime également. Qu’ont-elles en commun ? Pourquoi ? Comment ? De nombreuses questions interrogations vont naître dans son esprit et se multiplier.

Des personnages, rencontrés initialement dans Mala Vida, que l’on fait une joie de retrouver dans ce nouvelle opus. Ils vont se dévoiler peu à peu, leurs sentiments, leurs craintes et les caractères se dévoilent. Ils vont s’unir et faire-front commun afin de soutenir et encadrer Diego dans sa quête de vérité. Le danger est tout prêt, les guette. Si les réponses se trouvaient ailleurs !!

Après avoir lu Mala Vida récemment je me suis plongée dans ce nouvel opus. Quel régal de retrouver cette plume particulière qu’à l’auteur, dynamique et entraînante à souhait, pour le plus grand plaisir des lecteurs, enfin pardon je parle déjà pour moi. Ce travail de recherches, car oui, il faut savoir que sur fond de roman, les intrigues mêlent à la fois imaginaire sur fond d’histoire vraie pour ce qui est du thème. Un rythme à couper le souffle qui donne vraiment envie d’aller au bout de cette œuvre et connaître la vérité. On ressent la passion, le frisson, l’envie de l’auteur de nous ouvrir les yeux sur notre Monde. De plus, aussi incroyable soit-il, nous ne lisons ni un cours d’Histoire, ni une œuvre à scandale ; rien que des faits relater et vécus par ce journaliste radio, avec sa sensibilité, ses espoirs, ses craintes, …

Je ne peux que vous encourager à découvrir cette trilogie composée de Mala VidaGuerilla Social Club et Bandidos.

Bravo à l’auteur qui a su me toucher et m’émouvoir également dans ce volet !!!

Version lue : Poche

La Vague – Todd Strasser


Le livre  : La Vague de Todd Strasser. Traduit de l’anglais par (Etats-Unis) Aude Carlier, avant-propos Harriet Harvey Coffin. Paru le 19 février 2009 chez Pocket dans la collection Pocket Best. 6€40 ; (221 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Cette histoire est basée sur une expérience réelle qui a eu lieu aux États-Unis dans les années 1970. Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d’histoire, crée un mouvement expérimental au slogan fort : «La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action.» En l’espace de quelques jours, l’atmosphère du paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader, lui-même totalement pris par son personnage.

Quel choc pourra être assez violent pour réveiller leurs consciences et mettre fin à la démonstration ?

«Ce best-seller, qui est devenu un manuel d’histoire en Allemagne et bientôt un film, souligne qu’il est facile de se transformer en petit fasciste du jour au lendemain.» Philippe Vallet – France Info

L’auteur : Todd Strasser est né en 1950 à New York et a grandi à Long Island. Il a vécu quelques années en Europe, avant de revenir aux Etats-Unis étudier la littérature et l’écriture. Il travaille ensuite pour plusieurs journaux, écrit notamment des articles et nouvelles pour The New Yorker, The New York Times, Esquire. En 1978, il publie son premier roman Angel Dust blue. C’est en 1981 qu’il publie son La Vague (The Wave) sous le pseudonymes Morton Rhue. Il a depuis publié de nombreux romans, certains sous l’alias de T. S. Rue, qui ont été traduits dans plus d’une douzaine de langues.
Extrait :
Dans la classe où il enseignait l’histoire, Ben Ross était penché au-dessus d’un vidéo-projecteur, essayant désespérément d’insérer un film dans le labyrinthe complexe de molettes et de lentilles de l’appareil. Au bout de la quatrième tentative, il n’avait toujours pas compris comment s’y prendre. Frustré, il se passa la main dans ses cheveux châtains ondulés. Toute sa vie, il avait été démuni devant les machines – les vidéo-projecteurs, les voitures… même la pompe en self-service à la station à essence du coin le rendait fou.

Le post-it de Ge

Roman fondé sur une histoire vraie. Au lycée Palo Alto, en Californie, Ben Ross s’interroge avec ses élèves sur la facilité avec laquelle le peuple allemand a suivi Hitler et les nazis. L’enseignant décide de tenter une expérience, la vague. Il choisit sans le signaler à ses élèves d’appliquer certains principes du nazisme. Au fur et à mesure, les élèves se prennent au jeu.

La vague

L’Histoire est-elle destinée à se répéter ?

L’Histoire est-elle un éternel recommencement ?

C’est à ces questions que Todd Strasser essaie de répondre dans La Vague.

Pour faire comprendre à ses élèves l’horreur nazie, un professeur d’histoire tente dans sa classe une expérience terrifiante : la Vague.

« Si l’histoire est condamnée à se répéter, alors vous aussi, vous voudrez tous nier ce qui vous est arrivé dans la Vague. »

La Vague est basé sur une expérience qui s’est réellement passée aux États-Unis dans les années 70.

Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d’histoire, crée un mouvement expérimental au slogan fort :

« La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action ».

En l’espace de quelques jours, l’atmosphère du paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader, lui-même totalement pris par son personnage.

Quel choc pourra être assez violent pour réveiller leurs consciences ?

Au lycée Gordon, il y aura un avant et un après la Vague.

La Vague est le récit hallucinant de cette expérience qui rappelle les heures les plus sombres de notre Histoire.

Oui mais  cette histoire a un écho particulier aussi aujourd’hui. Nous vivons aussi des temps troubles. Une période où l’obscurantisme rôde. Et c’est assez incroyable de voir comment notre jeunesse peut se laisser berner et se voir adhérer à des idées nauséabondes. Comment un seul individu peut les pervertir . On comprend aussi mieux les mécanismes qui aujourd’hui encore fonctionnent sur nos jeunes qui s’engagent dans le djihad ! Perso j’avoue ça m’effraie et je me sens impuissante !

Ce roman a été publié aux Etats-Unis en 1981. Il a été vendu à plus d’un million d’exemplaires en Europe, et a été  porté à l’écran en Allemagne, adapté au cinéma par Dennis Gansel. Publié en France il y a 10 ans, il entre directement dans les meilleures ventes. La Vague a également été adapté en roman graphique aux Éditions Jean-Claude Gawsewitch malheureusement, il est maintenant indisponible chez l’éditeur.

 

Ecoutez la première page

La compagnie des glaces de Georges-Jean Arnaud.


Le livre : La compagnie des glaces , Volume 1-2 de G.-J. Arnaud. Paru le 9 novembre 2016 chez French pulp éditions dans sa collection Anticipation . 9€50 ; (353 p.) ; 18 x 11 cm

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La Compagnie des glaces
Le sanctuaire des glaces
 
4e de couv :

La compagnie des glaces

Tomes 1 et 2

Le sanctuaire des glaces

Une nouvelle ère glaciaire s’est abattue sur la terre. La planète toute entière est recouverte d’une épaisse couche de glace.

Heureusement, les Compagnies ferroviaires ont développé un immense réseau de voies ferrées, sur lesquelles se presse ce qu’il reste d’une humanité frigorifiée… et soumise.

Pour ne pas perdre leurs pouvoirs, les Compagnies interdisent tout progrès qui permettrait à l’humanité de se passer du rail.

Et malheur à ceux qui, comme Lien Rag, tentent de défier leur autorité !

Pourchassé par les Compagnies, encerclé par une nature hostile, il est pourtant bien décidé à libérer l’humanité de l’existence misérable dans laquelle elle est maintenue…

Une saga indémodable qui a déjà conquis plusieurs générations de lecteurs.

L’auteur : Georges-Jean ArnaudNé en 1928 en Camargue, G.-J. Arnaud est l’un des auteurs les plus prolifiques de la planète. Depuis « Ne tirez pas sur l’inspecteur », prix du Quai des Orfèvres en 1952, il n’a cessé d’écrire, s’attaquant à tous les genres : policier, espionnage, aventure, science-fiction, fantastique. Au total, près de 400 romans. G.-J. Arnaud est un authentique écrivain populaire, héritier des grands feuilletonistes.
Les 98 tomes de son oeuvre La Compagnie des Glaces constituent tout simplement le plus grand cycle jamais écrit dans le domaine de la science-fiction.

 

Le post-it de Ge la bibliothécaire

 

Mais quelle bonne idée a eu French pulp éditions  de rééditer cette immense et fantastique saga qui était depuis quelques temps indisponible chez son éditeur originel. Fleuve Noir qui a fait paraître ( un peu dans le désordre) près de 55 titres de cette série entre 1983 et 1992. Puis dans les année 2000 en 12 volumes.

Je suis une lectrice tardive. Et quand vers 17 ans je me suis mise à lire, je me suis mise à dévorer. Et je suis allée vers ce que j’aimais déjà lire à savoir la science fiction et les romans historiques. C’est comme cela que je suis tombé sur l’œuvre de Georges-Jean Arnaud  en 1983 et La compagnie des glaces et par ricochet sur ces romans d’espionnage et ses polars et autres romans noirs.

D’ailleurs maintenant que j’y pense c’est peut-être bien cet auteurs qui m’a amené à la littérature noire américaine. Et au roman noir contemporain.

Mais revenant à notre incroyable série,

500geeLa lune a servi de dépotoir aux humains qui voulaient se débarrasser de leurs déchets nucléaires. Elle a explosé et ses poussières ont entouré la Terre, empêchant les rayons du soleil de passer. Le froid, jusqu’à – 100 degrés, et la glace sont devenus le danger principal pour l’Homme. Les humains sont obligés de vivre sous des dômes et de porter une combinaison isotherme. Les compagnies ferroviaires ont tissé les seuls liens de survie entre les dômes : les rails ! C’est par eux que circule l’électricité, c’est grâce à eux que les trains relient les hommes. Pour les compagnies ferroviaires, c’est l’occasion d’imposer leurs lois, dont la première : « Hors du rail, pas de vie« . Elles se sont partagé la Terre et dirigent le monde sans concession.

Les Roux sont issus d’une manipulation génétique dont on ne connaît pas encore l’origine. Ils vivent nus, résistant aux températures les plus extrêmes. Ils sont considérés comme des animaux ou des sous-hommes. Lien Rag est glaciologue. Il rencontre par hasard Yeuse, une danseuse nue. Puis croise la route de Floa Sadon, riche héritière de la TransEuropéenne. Tout baignerait pour Lien s’il ne se posait pas des questions interdites : d’où viennent réellement les Roux ? Pourquoi la sécurité de la TransEuropéenne a-t-elle déplacé et détruit tout un dôme ? Il devient l’ennemi public numéro 1 ! Il sera arrêté, torturé, trahi… mais rencontrera aussi quelques fidèles prêts à tout pour l’aider…

Si cette œuvre nous propulse dans un avenir lointain, elle évoque des questions très contemporaines : les dictatures, la bipolarisation, le dérèglement climatique causé par les manipulations de l’Homme…

Bon si vous ne l’avez jamais lu, foncez, vous ne devriez pas être déçus. Impossible.

 

Les petit plus de Collectif Polar

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Cette série a aussi était adaptée en  BD, mais je ne sais pas si la bande dessinée est encore commercialisé.

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Elle a aussi été adapté en série TV  doncle titre original est  GRAND STAR (Canada), La Compagnie des glaces est librement inspirée de la saga romanesque éponyme créée par G-J. Arnaud. Perso je la trouve pas terrible et je ne suis pas fan de cette coproduction franco-canadienne, belge et anglaise de 26 épisodes.

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Elle a été tournée de mars à juillet 2006. Intitulée La Compagnie des glaces, la série reprend la trame générale du roman mais se permet de grandes variations : le héros est un jeune adolescent et se nomme Cal Ragg. Il lutte contre la dictature instaurée par le terrible Palidor et les aiguilleurs.
Clairement adressée à des adolescents, le côté petit budget de la série comme son manque de rigueur (humains qui sortent sans protection contre le froid, etc.) pourront décevoir les amateurs des livres. G.J. Arnaud lui-même ne semble pas satisfait des concessions faites dans la série.
La série fut tournée sur huit plateaux, installés dans l’ancien site minier de la Fosse Arenberg de la Compagnie des mines d’Anzin à Wallers dans les alentours de Valenciennes.

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L’Evangile des Ténèbres de Jean Luc Bizien


9782810002665,0-1124584Le livre : La trilogie des ténèbres Volume 1, L’évangile des ténèbres  de Jean-Luc Bizien. Paru le 6 octobre 2010 aux Ed. du Toucan dans la collection Toucan Noir. 22€ ;  (563 p.) ; 23 x 14 cm

Réédité en poche le 5 octobre 2011 en Toucan Noir Poche. 9,90 ; (563 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

L’évangile des ténèbres

Pyongyang, Corée du Nord.

Le dernier pays où le pire n’est pas imaginable…

Seth Ballahan, rédacteur en chef d’un quotidien américain, apprend que Michaël Wong, l’un de ses collaborateurs, est piégé en Corée du Nord. Face à l’absence de réaction de sa hiérarchie, Ballahan voit rouge. Contre vents et marées, il décide de secourir le jeune Wong. Dans Pyongyang, la capitale fantôme où les hommes ne sont que des ombres, il cherche de l’aide auprès de Suzan, ravissante correspondante d’une O.N.G. canadienne.

C’est alors que le Mal absolu surgit : un tueur monstrueux laisse dans son sillage une longue suite de cadavres atrocement mutilés.

Paik Dong-Soo, brillant militaire nord-coréen, se lance sur ses traces.

Ils se retrouveront tous, à l’issue d’un parcours halluciné, en un lieu oublié. Celui qu’annonce l’Évangile des ténèbres…

L’auteur :  Jean-Luc Bizien est né en 1963 au Cambodge. Il a publié de nombreux ouvrages dont Marie Joly (Sabine Wespieser, 2004) et la série historique La Cour des miracles (Grands Détectives, Éditions 10/18). Il a reçu, entre autres, le prix Gérardmer Fantastic’Arts et le Prix du Roman d’Aventures en 2002.

 

 

Les off de OPh 1

Le OFF de OPH

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L’Evangile des Ténèbres de Jean Luc Bizien

Je viens de rentrer de Corée du Nord…. j’y ai fait un long voyage, guidé par Monsieur Jean-Luc Bizien….
L’Evangile des Ténèbres est un bon thriller mais pas tant pour l’intrigue que pour la construction de l’histoire.
L’intrigue, certes bien construite,n’est pas novatrice. Toutefois Jean-Luc nous emmène à la découverte de la seule dictature stalinienne existant encore: la Corée du Nord.
En suivant les personnages, je suis partie à la découverte de ce pays dont on ne sait pas grand chose en définitive si ce n’est les éléments géopolitiques et ce que nous communiquent vaguement les médias… Comment un peuple entier peut-il vouer un culte si grand à Kim Jong-Il et son père avant lui? Que vivent réellement les Nord Coréens? (Kim Jong-Il étant vivant à l’époque où se situe le roman)
J’ai découvert le culte du Cher Leader mais aussi son histoire, son parcours…
Ressenti la haine vouée aux américains par les Coréens mais aussi le mépris dont peuvent parfois faire preuve les occidentaux qui ne comprennent pas la soumission d’une population qui souffre envers son tyran, les taxant sans doute trop vite d’être atteint du syndrome de Stockholm alors qu’il s’agit de formatage, de propagande, d’éducation dès le plus jeune âge… Oubliant trop vite nos dictateurs historiques… (Remember Hitler….)

Bref vous l’aurez compris j’ai beaucoup aimé ce premier opus de la trilogie, son style fluide, le rythme qui ne faiblit pas, les références musicales (si si je vous jure il y en a de belles… ce qui ne surprend pas quand on connaît un tout petit peu le monsieur 😊), et les personnages auxquels on s’attache très vite, tremblant pour eux dans certaines situations….

« Seth Ballahan, rédacteur en chef d’un quotidien apprend que l’un de ses collaborateurs, le jeune Mickaël Wong est piégé en Corée du Nord. Devant l’immobilisme de sa hiérarchie, il décide de partir à sa recherche pour le ramener sain et sauf auprès de sa mère…

Au même moment, un tueur méticuleux , invisible, s’attaque à des paysans en les mutilant à l’extrême… Paik Dong-Soo, Lieutenant de l’armée Coréenne est chargé de l’enquête »

Merci Jean-Luc! À l’attaque du suivant maintenant!

(Tome 2: la frontière des ténèbres, tome 3: le berceau des ténèbres)

Pourvu que ça brule de Caryl Ferey


Collectif Kris
97822263259520-3718799Le livre : Pourvu que ça brûle : récit  de Caryl Férey. Paru le 4 janvier 2017 chez Albin Michel. . 20€ ; (297 p.) ; 21 x 14 cm

4ème de couv : 

De la Nouvelle-Zélande à l’Australie en passant par l’Indonésie, la Jordanie, le Chili ou les Etats-Unis, un carnet de route très rock, l’autoportrait en noir et blanc de l’auteur de Zulu, Mapuche et Condor, Caryl Férey, chantre du thriller engagé, avec qui la réalité devient fiction survoltée.

 

 

 

Résultat de recherche d'images pour "Pourvu que ça brule de Caryl Ferey"L’auteur : Caryl Férey vit à Paris. Après s’être aventuré en Nouvelle-Zélande avec sa «saga maorie» (Haka et Utu), en Afrique du Sud avec Zulu (récompensé entre autres par le Grand Prix de littérature policière en 2008 et adapté au cinéma en 2013) puis en Argentine avec Mapuche, il nous entraîne avec Condor dans une exploration sombre du Chili, dans une course-poursuite sanglante transfigurée par l’amour. Le nouveau roman de Caryl Férey nous fait voyager et frémir autant que réfléchir et nous rappelle, s’il le fallait, que l’auteur s’est imposé comme le maître du thriller des grands espaces et de l’ailleurs.

 

Extrait : 
Quinze jours passèrent encore, puis soudain mon amour réapparut, là, au comptoir du Cornerbar où l’attendait mon désespoir le plus féroce. J’oubliai jusqu’à respirer en l’abordant, mais Francesca m’entraîna à l’écart pour m’expliquer la situation. Roscoe était jaloux et lui interdisait de parler aux garçons, en particulier moi, qui traînais dans leur bar fétiche. Je lui répondis qu’on s’en foutait de Roscoe, mais le lâche avait chargé ses copains maoris de la surveiller. Je n’eus pas le temps de lui conseiller d’envoyer paître son idiot du village qu’une poigne d’acier comprima ma gorge : d’une solide manchette, un Maori de cent dix kilos me tira en arrière sous les yeux atterrés de Francesca. Manquant d’oxygène, mes bras s’accrochèrent au vide tandis que le colosse me soulevait de terre. J’eus une dernière vision de Francesca, le regard à la fois désolé et furieux, avant de me faire jeter dehors.
Je ne parle pas le maori mais nul besoin de traduction : j’approchais d’elle encore une fois, le guerrier me mâchait menu et me renvoyait en France sous forme de Canigou.
Roscoe, son of a bitch.
Roméo et Juliette, Othello, je traversais Shakespeare par l’express du soir.

 

Chronique de lecteurs

Le petit avis de Kris

POURVU QUE CA BRULE – Caryl Ferey

A mi-chemin entre fiction et réalité, le romancier raconte ses voyages, ses rencontres et quelques événements de sa vie.
Découverte d’un Caryl aventurier un peu à l’image de ses personnages et on comprend mieux l’intensité et l’épaisseur de ses héros.
Une quête incessante dans ces pays souvent touchés par la pauvreté, le gangstérisme ou plus simplement l’ignorance.
Un roman qui est en réalité l’essence même de l’auteur. Plus habituée aux polars et thrillers j’ai été subjuguée par la force de cette écriture et je l’ai dévoré comme un roman d’aventures.
Découvrir la naissance, le cheminement, l’élaboration (parfois sur plusieurs années) des héros de romans tels que ZULU et MAPUCHE apporte une lumière différente sur ceux-ci et les sublime encore plus s’il en est besoin.
Toutefois l’écriture de MAPUCHE reste un morceau d’anthologie ! Ah Jana !!     
Et l’émotion de Cannes pour Zulu … grandiose !
Enfin les clins d’œil à l’éditrice font mouche à chaque fois.

 

La veille de presque tout de Víctor del Arbol : le chouchou du week-end


 chouchous-du-week-end
vicLa veille de presque tout  de Víctor del Arbol. Traduit de l’espagnol par Claude Bleton. Paru le 4 janvier 2017 chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs. 22€50 ; (306 p.) ; 24 x 15 cm
Présentation de l’éditeur :
Un policier désabusé, poursuivi par les rumeurs autant que par sa propre conscience, est appelé au chevet d’une femme grièvement blessée dans un hôpital de la Corogne. Alors qu’on remonte le temps pour tirer l’écheveau qui a emmêlé leurs vies, leurs histoires (tragiques et sublimes) se percutent de plein fouet en une sorte de road movie sur une côte galicienne âpre et sauvage.
vic1L’auteur : Victor del Árbol est né à Barcelone en 1968. Après des études d’histoire, il a travaillé dans les services de police de la communauté autonome de Catalogne. Actes Sud a publié La Tristesse du Samouraï en 2012 et La Maison des chagrins en 2013. Son précédent roman, Toutes les vagues de l’océan, a été élu grand prix de Littérature policière, roman étranger, 2015.
Extrait :
Quand ils entrèrent dans la maison, la pluie redoublait. Dolores les reçut, enveloppée dans une aura d’ambiguïté qui caractérisait aussi cette maison. Il n’était pas facile de savoir si cette femme était triste ou simplement lasse, si elle avait fumé ou si elle feignait de flotter dans sa bulle de musique, de lumières tamisées et de livres. Dans la cheminée, une bûche se consumait lentement, brûlant par intermittence, tels les battements d’un cœur en bois.
— La cheminée en juin ? s’étonna le vieil homme.
Elle haussa les épaules.
— Je ne l’ai pas allumée parce que j’avais froid.
Au milieu des braises, une demi-douzaine de mégots et un paquet de cigarettes froissé, et quelques pages que Dolores avait arrachées à un volume de La Montagne magique.
— Aujourd’hui, ces malades et ce sanatorium me sortent par les yeux ! dit-elle quand le vieillard, haussant un sourcil, lui demanda sans le formuler quelles étaient ces pages jetées au feu.
Elle avait une bonne réserve de classiques à brûler en fonction de ses états d’âme. Elle ouvrit une bouteille de blanc d’albariño et remplit deux verres. Daniel alla fureter dans la bibliothèque. Le vieil homme regarda son petit-fils du coin de l’œil, se tourna vers Dolores et leva son verre à mi-hauteur. Ils trinquèrent en silence, avec la pluie en bruit de fond.

Résumé et  petit avis :

L’inspecteur Ibarra a été transféré depuis trois ans dans un commissariat de sa Galice natale après avoir brillamment résolu l’affaire de la petite disparue de Málaga. Le 20 août 2010, 0 h 15, il est appelé par l’hôpital de La Corogne au chevet d’une femme grièvement blessée. Elle ne veut parler qu’à lui. Dans un sombre compte à rebours, le récit des événements qui l’ont conduite à ce triste état fait écho à l’urgence, au pressentiment qu’il pourrait être encore temps d’éviter un autre drame.

À mesure que l’auteur tire l’écheveau emmêlé de ces deux vies, leurs histoires – tragiques et sublimes – se percutent de plein fouet sur une côte galicienne âpre et sauvage.

Une fillette fantasque qui se rêvait oiseau marin survolant les récifs, un garçon craintif qui, pour n’avoir su la suivre, vit au rythme de sa voix, un vieux chapelier argentin qui attend patiemment l’heure du châtiment, un vétéran des Malouines amateur de narcisses blancs…

Aucun personnage n’est ici secondaire et l’affliction du passé ne saurait réduire quiconque au désespoir. Chacun est convaincu que le bonheur reste à venir, ou tente pour le moins de s’inventer des raisons de vivre. C’est ainsi que, dans ce saisissant roman choral, l’auteur parvient à nimber de beauté l’abjection des actes, et de poésie la noirceur des âmes.

Une nouvelle fois le prose de Victor del Arbol a su me séduire.
Son dernier roman, « La veille de presque tout » est une pure merveille.
Je devrais dire est encore une pépite dont seul Victor à le secret.
La puissance de ses mots, sa poésie, le finesse de ses personnages, tout me va chez cet auteur.
Ce monsieur est un grand du noir. Et si vous ne le connaissez pas encore alors vous aurez la chance de découvrir un univers extraordinaire, celui que seule la littérature sait en offrir.

Victor del Arbol est un auteur hors norme. Sa plume est sans nul autre pareil. Il nous enchante à chacun de ses romans. Ils nous entraîne dans un tourbillons de sentiments que nous ne pouvons plus contrôler. Il nous envoûte . Et son lyrisme déchirant nous étreint l’âme.

Victor del Arbol est un ensorceleur.

Et en quatre romans seulement il construit déjà une oeuvre.

Et quelle oeuvre !

Planète à louer de Yoss


chronique-de-lecteurs

J’ai le plaisir une nouvelle fois d’acceuillir Anne Ju Chesneau pour une nouvelle Chronique de lecteur.

Pour en savoir un peu plus sur Anne Ju c’est là

Place donc à la Chronique n°3 pour Collectif Polar par  AJC :

9782354080938,0-1153555 9782354081966,0-1551327 Le livre :  Planète à louer de Yoss. Traduit de l’espagnol (Cuba) par Sylvie Miller. Paru le 20 janvier 2011 chez Mnémos dans le collection DéDale. 19€80 ; (265 p.) ; 24 x 16 cm
Rééditer en poche le 14 mars 2013 chez Mnémos dans la collection Helios. 9€90 : (313 p.) ; 18 x 12 cm

Résumé :

« Toute ressemblance entre la Cuba des années 1990 et cette terre du XXIe siècle est purement intentionnelle»

Dans un futur indéterminé, une guerre nucléaire totale est sur le point d’éclater. Afin de sauver la Terre, des espèces extraterrestres en prennent possession, après avoir fait montre de leur force en annihilant l’Afrique. Ils y imposent des règles draconiennes visant à rétablir l’équilibre écologique. Un siècle plus tard, notre planète est redevenue un paradis, un « monde souvenir », où les riches xénoïdes viennent faire du tourisme. Mais derrière l’image d’Épinal, les conditions de vie des Terriens sont loin d’être idylliques. Buca, la prostituée, Moy, l’artiste métis ou Alex, le scientifique de génie, tous n’aspirent qu’à une seule chose : fuir… partir… s’exiler… quitter la Terre… par tous les moyens !

 

L’ avis d’ Anne JU:

Me voilà de nouveau, complice dans cette lecture suite à la demande du blog de Geneviève, Collectif Polar, dans la rubrique Avis de lecteurs. J’ai choisi ce livre, par le plus grand des hasards ! C’est le titre qui m’a plu. Je n’avais pas trop capté que c’était de la SF (eh oui je suis aveuglement les conseils de lecture de mon maître Jedi) ! Mon 1er roman SF !!! Waouh mais vraiment pur SF !

Au début, j’ai eu du mal à accrocher tous les wagons. Je me demandais quand les chapitres allaient se terminer ! Et là, au fur et à mesure, j’ai compris que ce n’était pas 1 histoire mais 7 histoires ! 7 nouvelles, 7 personnages différents mais qui ont tous un lien.

La planète à louer vous vous doutez bien que c’est la nôtre ! La Terre est devenue une sorte de grand parc d’attraction ! De nouvelles espèces voient le jour, instaurent de nouvelles règles. Car comme souvent les Humains n’ont pas compris que ces extra-terrestres n’étaient pas forcément venus pour leur nuire mais pour les aider ! Bref, ça c’est parfaitement humain au final ! Regardez les films comme Independance Day ou d’autres. Donc, ils vont voulus jouer les gros bras, les meilleurs et ils ont perdus ! Les ET sont ceux qui imposent leurs lois.

7 histoires parlant de 7 personnages qui ont des rôles différents dans cette nouvelle société à Cuba : une prostituée-incubatrice, un joueur de Voxl, un artiste-déchirant (j’utilise le terme déchirant dans son sens premier…il faut avoir le cœur bien attaché en lisant sa nouvelle), un flic peu scrupuleux…..Bref, un panel de différentes personnes dans cette nouvelle société.

On constate que même ses nouvelles lois, ce nouveau fonctionnement a aussi ses failles : drogues,corruption, mafia, sexe….Bref ce n’est pas forcément une belle vision du futur mais bon on a l’habitude ! Dites-moi messieurs les auteurs, pourquoi les futurs sont-ils toujours aussi bétonné, sombre, gris, triste et aussi dangereux ? Ça ne donne pas envie…Bon après je ne vois pas forcément un futur avec des champs de tulipes partout …mais un juste milieu.

Bref je m’éloigne un peu …Je reviens à ce roman de SF. SF ! Oui  je n’en reviens toujours pas d’avoir lu ça! Ce n’est pas désagréable au final. Après de là à dire que je vais être une adepte, je ne pense pas. Je n’ai pas l’esprit SF. Mais je suis contente de cette expérience. Car pour une ignorante comme moi, le style est fluide et ça se lit super bien. J’ai bien ressenti l’engagement de l’auteur et c’est ce qui m’a aidé à aimer ce livre au final. Et oui, je pourrai même le conseiller ;-). Mais je ne me permets pas de le comparer à tel ou tel autres romans SF vu que je n’ai aucun recul de ce côté.

Je n’ai pas trop parlé de Cuba mais je ne peux pas tout vous dire. Sachez juste que ce n’est en rien moralisateur, c’est juste un constat certes froid et dur mais un constat.

Collectif Polar c’est toujours un plaisir de participer à tes chroniques de lecteurs. A.J

Un extrait :
 » Le monde est la machine. En dévorant l’art, elle dévore son créateur. Elle est perpétuellement avide de sang, de douleur et d’inspiration, et il y a toujours de nouveaux artistes désireux de lui servir d’aliment. C’est la vie et c’est l’Histoire. C’est le cycle éternel. »
Quelques mots sur l’auteur :

yossYoss, de son vrai nom José Miguel Sánchez, est l’un des fers de lance du renouveau science-fictionnesque cubain. Il est licencié en biologie.
Déjà publiés en Italie et en Espagne, la France l’accueille dans ses anthologies et revues avant de l’inviter aux festivals des Utopiales (2002 et 2004) et des Imaginales (2003). « Planète à Louer » (Se Alquila una planeta) a paru en janvier 2011 chez Mnémos. Son recueil, Interférences, publié en 2009 chez Rivière blanche, a été nominé au Grand Prix de l’imaginaire Étonnants Voyageurs 2010 et Sylvie Miller, sa traductrice, a reçu le Prix Jacques Chambon de la traduction pour ce recueil.
Il est récipiendaire du Prix UPC de l’Université de Catalogne (2010), l’un des prix espagnols les plus prestigieux pour une œuvre de SF.

Yoss est passionné d’arts martiaux, il est ceinture noire de judo et de karaté. Il est aussi chanteur dans son groupe de heavy metal, TENAZ dont il écrit la plupart des paroles.

Vous pouvez retrouver Anne Ju sur son blog, Les Motordus d’Anne Ju

mais aussi sur sa page Facebook : Les Motordus d’Anne Ju

Merci Anne Ju pour ta curiosité et ta fidélité.

Je t’espère à nouveau très vite sur mon blog

Toutes les vagues de l’océan de Victor del Arbol.


$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$Le Livre :Toutes les vagues de l’océan de Victor del Arbol.
Traduit de l’espagnol par Claude Bleton
Paru le 4 février 2015 chez Actes Sud ; Actes Noirs. 23,80 € ; (595 p.) ; 24 x 15 cm.

Le point de vue des éditeurs

Gonzalo Gil reçoit un message qui bouleverse son existence : sa soeur, de qui il est sans nouvelles depuis de nombreuses années, a mis fin à ses jours dans des circonstances tragiques. Et la police la soupçonne d’avoir auparavant assassiné un mafieux russe pour venger la mort de son jeune fils. Ce qui ne semble alors qu‘un sombre règlement de comptes ouvre une voie tortueuse sur les secrets de l’histoire familiale et de la figure mythique du père, nimbée de non-dits et de silences.

Cet homme idéaliste, parti servir la révolution dans la Russie stalinienne, a connu dans l’enfer de Nazino l’incarnation du mal absolu, avec l’implacable Igor, et de l’amour fou avec l’incandescente Irina. La violence des sentiments qui se font jour dans cette maudite « île aux cannibales » marque à jamais le destin des trois protagonistes et celui de leurs descendants. Révolution communiste, guerre civile espagnole, Seconde Guerre mondiale, c’est toujours du côté de la résistance, de la probité, de l’abnégation que ce parangon de vertu, mort à la fleur de l’âge, a traversé le siècle dernier. Sur fond de pression immobilière et de mafia russe, l’enquête qui s’ouvre aujourd’hui à Barcelone rebat les cartes du passé. La chance tant attendue, pour Gonzalo, d’ébranler la statue du commandeur, de connaître l’homme pour pouvoir enfin aimer le père.

Toutes les vagues de l’océan déferlent dans cette admirable fresque d’un XXe siècle dantesque porteur de toutes les utopies et de toutes les abjections humaines.

 Extrait : « Pour le monde, nous serons l’oubli. Une goutte au milieu d’un million de gouttes, nous nous fondrons dans cette immensité appelée l’humanité. « 
$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$L’auteur : Victor del Árbol est né à Barcelone en 1968. Après des études d’histoire, il a travaillé dans les services de police de la communauté autonome de Catalogne. Actes Sud a publié La Tristesse du Samouraï en 2012 et La Maison des chagrins en 2013. Son précédent roman, Toutes les vagues de l’océan, a été élu grand prix de Littérature policière, roman étranger, 2015.
Résumé et avis
 Lorsque Gonzalo Gil apprend que sa soeur s’est donné la mort dans des circonstances tragiques, des secrets de famille ressurgissent. C’est alors pour lui l’occasion de découvrir l’homme qu’était son père, de l’enfer du goulag des années 1930 à la Barcelone affairiste contemporaine.
  Résumer un livre de Victor del Arbol, c’est comme essayer de remonter le courant d’un torrent. C’est dévoilé trop de choses, c’est le dévoyer. Vous parlez de ses personnages…oui,mais lesquels ? Là aussi l’exercice est périlleux.
Car le style de Victor est fait de petite touche. Une peinture pointilliste qui peu à peu dévoile l’histoire, les histoires. Celles qui s’imbrique les unes dans les autres et qui finissent par former une fabuleuse  cohérence. L’auteur livre des fragments d’existence, des bribes de souvenir.
$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$$Chez Victor del Arbol, les personnages sont plus importants que l’histoire elle même. Chacun d’eux à une vie propre. Une vie même avant le début du roman. Et ils trouveront leur place dans le roman de façon tellement naturelle. Et là aussi chaque vie va s’entremêler pour enfin former un accord homogène. Aucun n’est ni tout blanc, ni tout noir.
Ainsi petite touche par petite touche, l’auteur nous entraîne dans une histoire dense et haletante, entre guerre civile espagnole, seconde guerre mondiale, stalinisme et franquisme. Il ne se pose pas en juge mais en témoin . Et ses mots ( Victor me confier qu’il écrivait à la main avec un simple stylo plume) forment  une exceptionnelle tragédie noire d’une force et d’une beauté saisissante.
Vous l’aurez compris, je suis totalement sous e charme de sa plume.
Extrait : » La mémoire, c’est une chose prodigieuse. Elle invente à sa guise le récit d’une vie, utilise ce qui lui convient et rejette ce qui la gêne, comme si rien n’avait jamais existé… « 

Pour lire le début c’est ici