Le prieuré de Crest de Sandrine Destombes


Le livre : Le prieuré de Crest de Sandrine Destombes.  Paru le 7 mars 2019 aux Editions Hugo Roman dans la collection Hugo thriller. 360 pages ; 19,95 € ; 14 x 21 cm

 4ème de couverture :

« Madame, je vais vos demander de sortir du véhicule, s’il vous plait. »

Le sous-lieutenant Benoit se remémorera longtemps cette scène. Aurait-il agi différemment s’il avait su ce que déclencherait ce simple contrôle routier ?

Une enfant tourmentée.

Une mère recherchée.

Une conductrice dans le fossé.

Un cadavre aux yeux énucléés.

Telle une comptine macabre, son rapport sonne le glas es jours heureux pour la ville de Crest et la fin de la tranquillité pour les habitantes du prieuré, où l’intrigante Joséphine règne sur ses protégées.

Et lorsque les Experts du Pôle Judiciaire débarquent dans la Drôme, Benoit comprend que la mort aussi s’est invitée à Crest, et qu’elle semble s’y plaire.

 L’auteur : Sandrine Destombes vit à Paris et travaille dans la production d’événements. Le Prieuré de Crest est son sixième thriller. En 2018 elle a remporté, avec Les Jumeaux de Piolenc, le Prix VSD RTL du meilleur thriller français présidé par Michel Bussi.

Pour en savoir plus sur Sandrine c’est ICI

Extrait :
« Les pieds et les mollets étaient encore recouverts de terre. Les techniciens attendaient que le légiste arrive et fasse son examen préliminaire avant de déterrer le corps méticuleusement  pour prélever d’éventuels indices. Le visage de l’homme était dans un tel état que Benoit préféra commencer par le reste. L’image des larves grouillant autour des incisions ou sortant des oreilles de la victime était encore trop présente pour qu’il veuille s’y attarder. »

 

  L’accroche de Miss Aline :

Le prieuré de Crest, Sandrine Destombes

Du haut de tes huit ans, tu n’as pas mesuré les répercussions que pouvaient avoir  tes paroles Léa. Au cours d’un contrôle routier tu dis au sous lieutenant Benoit que la conductrice n’est pas ta mère. Quelques mots jetés et le drame se produit.

Qui es-tu Léa pour susciter autant de mystère, de convoitises, de violence ?

Qui sont toutes ces femmes qui gravitent autour de toi ?

Les Experts commandé par le capitaine Daloz vont avoir fort à faire pour retrouver cette enfant et l’identité de la conductrice. D’autant qu’un fugitif va refaire surface et pas au mieux de sa forme.

Une course contre la montre débute pour retrouver Léa et comprendre son histoire.

Sandrine Destombes nous place une nouvelle fois au sein d’une enquête complexe. Beaucoup d’interrogations, de pistes, de rebondissements. Chose étrange il y a beaucoup de femmes impliquées dans cette intrigue. Quant aux hommes ou ils enquêtent ou ils tombent comme des mouches. Et des mouches, larves et autres bestioles,  il va y avoir beaucoup !

Une fois n’est pas coutume, les protagonistes sont forts avec des personnalités complexes qui intriguent. L’individu portant en permanence des masques selon le public qui lui fait face.

Des révélations qui viennent compliquées encore l’enquête et notre cerveau de lecteur. Avec Sandrine Destombes à chaque roman, on entre dans un labyrinthe vers la vérité. Attention à prendre le bon virage !

Un très bon moment livresque offert par les Editions Hugo thriller et par Sandrine Destombes que je remercie à nouveau pour sa gentille dédicace.

Bonne lecture.

Le signal – Maxime Chattam


Le livre : Le signal de Maxime Chattam. Paru le 24 octobre 2018 chez Albin Michel dans la collection Thriller. 23€90 ;  (740 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls. Jusqu’ici, tout va bien. Un vrai paradis.

Si ce n’étaient ces vieilles rumeurs de sorcellerie, ces communications téléphoniques brouillées par des cris inhumains, ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse les adolescents, et ce shérif complètement dépassé par des crimes horribles.

Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un live ?

 

L’auteur :  Maxime Chattam est né à Herblay, Val-d’Oise , le 19 février1976. Enfin presque parce que Maxime Chattam et Maxime Williams sont des pseudonymes de Maxime Guy Sylvain Drouot, et c’est ce Maxime là qui est née en France. Au cours de son enfance, il fait de fréquents séjours aux États-Unis: sa première destination en 1987 est Portland dans l’Oregon, ville qui lui inspirera son premier roman.
Rêvant d’abord d’être comédien, il suit le Cours Simon, devient figurant dans un spectacle de Robert Hossein et joue dans plusieurs téléfilms.

Il fait plusieurs petits boulots pendant plus de deux ans et reprend ses études de Lettres modernes. Il écrit « Le cinquième règne » à cette époque puis fin 1999, devient vendeur de romans policiers à la FNAC. « Le Cinquième règne » est publié bien plus tard, en 2003, sous le pseudonyme de Maxime Williams.  Il suit une formation en criminologie pendant un an à l’Université de Saint-Denis. Durant cette année, il apprend les rudiments de la psychologie criminelle, de la police technique et scientifique et de la médecine légale. Toujours libraire, il consacre ses week-ends à son projet de thriller. Il rédige « L’âme du mal » en 2001, qui est publié l’année suivante chez Michel Lafon. Signé du pseudonyme de « Chattam », en référence à une petite ville de Louisiane, le livre crée la surprise et conquiert rapidement un public. Ce roman devient le premier volet de la « Trilogie du mal, » suivi de « In Tenebris » (2003) et « Maléfices » (2004). Marié à l’animatrice Faustine Bollaert depuis 2012, il est père d’une fille née en 2013 et d’un garçon né en 20

Extrait :
La forêt se densifiait. Loin de la main de l’homme, elle gagnait en prestance, forçant le respect, écrasant de sa stature, menaçant de ses frondaisons bruissantes. 

Le sach’avis de Sacha

 

Le « Maman j’ai peuuuur » du jour!

La famille Spencer emménage dans la petite ville perdue de Mahingan Falls. Les nouveaux venus n’y trouvent pourtant pas la tranquillité espérée : suicides mystérieux, disparitions de jeunes filles et autres accidents peu naturels s’enchaînent, semant l’angoisse chez les enfants Spencer. Ethan Cobb se doit d’enquêter.

Le « Maman j’ai peuuuur » du jour!
Pourquoi « Maman j’ai peur »? Parce que « Le signal » réveille avec délice tes terreurs enfantines! La trouille qui vient des tripes, tu vois?
Une atmosphère très Stephen King pour mon plus grand bonheur! Le rythme s’accélère au fil des pages jusqu’au dénouement pendant lequel on finit littéralement en demi respiration!
Bon t’as compris, fonce sur ce livre, mais attention… rentre bien des pieds sous la couette, parce que… Muhahaha! 😈😈😈

La 25ème Heure de Feldrik Rivat


La journée Fantastique, le nouveau rendez-vous de Collectif Polar : Chronique de Nuit.
Tout les 28 du mois, nous vous proposons de nous suivent dans de nouvelles aventures. Nous vous entraînerons dans un nouveau monde, celui de la SFFF.
Et oui nous vous proposerons nos lectures en science fiction, en fantasy, en fantastique ou encore nos lectures horrifiques.
La première à ouvrir le bal, c’est notre infernale Jumelle.
Voici donc…
La lecture fantastique de Maud.


Le livre : La 25ème Heure de Feldrik Rivat. Paru le 13 Novembre 2015 aux éditions De L’Homme Sans Nom. 18.00 euros. 400 pages. 21 x 2,8 x 14 cm

4ème de couverture :
Décembre 1888. Alors que le bon peuple de Paris s’interroge sur cette tour que l’impérieux Gustave Eiffel fait édifier à grand frais, d’étranges rumeurs circulent dans les faubourgs de la capitale : les morts parlent ! Interpellé par la presse à ce sujet, le préfet de police M. Henry Lozé tourne en ridicule « les plaisanteries de quelques coquins ». Ainsi parle-t-il devant le beau monde, sous les feux du parvis de l’Opéra Garnier. Mais, depuis l’ombre de ses cabinets, l’homme lance sur cette affaire les plus fins limiers de la République. Pendant ce temps, l’Académie de Sciences en appelle à ses éminents savants pour que la pensée rationnelle, une fois pour toutes, triomphe des ténèbres de l’obscurantisme.

feldrik rivatL’auteur : Feldrik Rivat est né à Thonon-les-Bains en juin 1978. Suivant diverses explorations dans des domaines comme le théâtre, le dessin ou la sculpture, Feldrik Rivat est devenu archéologue et puise depuis dans les mondes anciens ses passions d’aujourd’hui. Après la trilogie de fantasy épique Les Kerns de l’oubli, l’auteur livre par ce texte un monde à mi-chemin entre histoire et imaginaire.

 

Extraits :

« Eudes Lacassagne n’aime pas l’animal humain. Il ne le comprend pas. Ses congénères, du reste, le lui rendent bien. Être craint par les petites et les grandes pègres de Paris et détesté par ses collègues suffit à le satisfaire. Le reste n’est qu’affaire de jalousie mal placée. C’est le prix de l’excellence et, sans doute un peu aussi, d’une maladresse chronique pour ce qui est d’entretenir des rapports humains.»

La journée Fantastique
des Lectures de Maud :

25eme h


 Première enquête pour Eudes et Louis, nouvellement arrivé à la Sûreté. Ils vont faire connaissance mais leur différence en terme de communication vont dans un premier temps les séparer. Eudes en effet ne s’exprime que peu et ne se voit pas former son collègue. Pourtant ils vont ensemble devoir faire face à de nombreux phénomènes inexpliqués.

De plus, la presse semble toujours être en avance sur leurs découvertes. Cela intrigue et exaspère Eudes au plus haut point, lui ayant une très forte opinion de lui-même ne supporte pas être ridiculisé ainsi. Revenons-en à l’intrigue en elle-même, ils enquêtent sur des morts. Normal me direz-vous pour des policiers mais là le soucis des agents c’est que se sont des morts enterrés qui disparaissent ou qui sont échangés. Pourquoi : plus ils vont faire de trouvailles et avoir l’impression d’avancer, plus le brouillard va s’épaissir autour de ce duo. De plus ils ont l’impression d’être épiés et en danger. De surprises en déconvenues, vont-ils arrive à résoudre cette énigme ?

L’auteur, que je découvre, grâce à ce volet, me rend très curieuse. Il va mélanger, enquêtes, croyances, en allant au-delà des convenances propres au XIXème siècles. Des personnages totalement opposés et atypiques dans leur genre, deux opposés en somme qui vont devoir s’habituer l’un à l’autre et s’unir dans l’adversité. Une histoire vivante qui ne manquera pas de vous surprendre !!!!

Pour ma part heureusement j’ai le second volet, Le Chrysanthème Noir qui m’attend gentiment.

Version lue : Broché

 

 

1974 – Arnaud Codeville


La double Chronique

Deux flingueuses ont lu le même bouquin. Et chacune leur tour elle vous donne leur avis.

Là c’est Miss Aline qui vous parle de …

Le Livre: 1974 de Arnaud Codeville. Paru le 01 mai 2016 en auto-édition. 18€ ; 528 pages ; 13 x 20 cm.
4ème de couverture:
À Sebourg, petit village du Nord de la France, c’est l’effervescence. Les pompiers mettent le feu au 16 de la rue Jean Jaurès. La plupart des habitants se massent pour admirer le spectacle. Tous redoutent la vieille demeure et tous se réjouissent de la voir disparaître à jamais du paysage et pour cause : elle serait hantée… Parmi la foule de curieux, un homme assiste à l’incendie. Il est sans doute le seul à être aussi fasciné par l’agonie de la bâtisse… Pour rien au monde, il n’aurait raté ce moment.

 

 

 

 

L’auteur : Né en 1980, Arnaud Codeville est infographiste et développeur web. Il arrive à la littérature en passant par sa passion de toujours : les jeux de rôle qui le propulsent dans des univers hors du commun. En 2015, il sort son premier roman :La tour de Sélénite.

 

 

 

 

 

Extrait :
« Malgré la distance, Poirier put entrevoir le visage de l’interlocuteur du vieil homme et pendant l’espace d’un instant, il eut la nette impression qu’il lui était familier. Troublé, le policier tourna la tête et regarde Joël qui venait de s’allumer une Marlboro. Ce type là-bas avait de faux airs de …son collègue. Etait-ce là un vilain tour de son imagination ? se demanda-t-il en scrutant de plus en plus le visage de Joël. Ce dernier s’en aperçut et pivota vers lui, intrigué Stéphane voulut lui en faire part, mais se retient. Finalement, il secoua la tête pour enlever cette drôle d’idée, embraya et fit demi-tour. Dans un crissement de pneus, ils quittèrent la rue Jean Jaurès pour de bon. »

 

L’accroche de Miss Aline :

 

Une 4ème de couverture qui ne laisse rien présager du contenu du livre. Il y a le mot « hantée » certes mais pas de quoi ne pas lire le roman.

Quelques mots en prologue nous parlant d’une maison que l’on brûle intentionnellement à Sebourg. Un homme qui regarde le spectacle jusqu’au bout. « Hantée », maison…je tiens mon paranormale. Va suivre le développement des faits qui devrait m’amener là. Mais je  suis loin, très loin d’imaginer ce que je vais vivre en lisant ce roman.

 Je fais alors  la connaissance de Joël Masson, inspecteur de police dans le Nord de la France. D’emblée, il m’énerve à vouloir finir au fond d’une bouteille d’alcool. À se morfondre. Il a vécut un drame familial, il ne veut pas vraiment en parler. Qu’à cela ne tienne mais bouge toi mec. Le capitaine Lassard va l’envoyer sur une enquête qui devrait se régler en deux temps trois mouvements : une tentative de cambriolage dans une maison à Hérin. À partir de là, je ne maîtrise plus rien, Joël non plus d’ailleurs. Le fantastique, oui. Le paranormal, un très petit oui. Les deux mélangés ça me donne la chaire de poule. Je ne veux même pas lire le soir. Faut pourtant aller jusqu’au bout pour être certaine que le bien triomphe et ne pas rester sur des cadavres à foison, du sang et autres substances glauques, des hallucinations (d’ailleurs en est-ce vraiment ?), des portes étranges… Tout à coup Joël se réveille… enfin ! Je veux savoir et ma lecture prend la vitesse des rebondissements qui se succèdent avec frénésie.

1974 est mon premier livre lu d’Arnaud Codeville. Le texte est fluide avec beaucoup de dialogue, ce qui pour moi rend un texte vivant. L’écriture est très imagée. On ne fait pas que lire, on est dans l’histoire : on voit tous, on vit tous. C’est une écriture captivante voir hypnotique.

Merci à Arnaud Codeville, rencontré fin novembre au salon de Mon’s Livre (Belgique) de m’avoir ouvert un univers que je ne côtoyée pas. Rendez-vous au prochain roman !

 

La nuit de l’Ogre, Patrick Bauwen


Le livre : La nuit de l’Ogre de Patrick Bauwen , paru le 09 mai 2018,aux Éditions Albin Michel. 22 euros, 496 pages, 15,5 x 22,5 cm.

4ème de couverture:

La mort est un art.
Vous en êtes le spectateur.
Et vous pourriez être sa prochaine victime.

Des sous-sols de Paris aux recoins obscurs des facultés de médecine, Chris Kovac, médecin urgentiste, se lance à corps perdu dans une enquête qui ressemble à une nuit sans fin.

 

 

L’auteur: Patrick Bauwen dirige un service d’urgence dans un hôpital de la région parisienne. Il partage sa vie entre ses deux passions : l’écriture et la médecine d’urgence. L’OEil de Caine (2007, 40.000 exemplaires vendus en librairie) a obtenu le prix Polar des lecteurs du Livre de Poche et le Prix Carrefour du 1er roman, Monster (2009), le prix Maison de la Presse, et Seul à savoir (2010) a reçu le prix Littré. Le jour du Chien (2017) a reçu le prix polar Babelio.
Patrick fait parti de la prestigieuse Ligue de l’Imaginaire.

Extrait:
« C’est alors que je remarque le sac. Elle l’a laissé dans la voiture. Je me penche et l’attrape d’une main. Il est lourd. Tintement contre le siège. On dirait bien du verre. Je pousse un soupir et le repose. Quand bien même j’aurais voulu lui courir après, aucune chance d’y parvenir avec ce truc.

Une rue plus loin, je me gare sur un emplacement de livraison, allume les warnings, défais ma ceinture et soulève à nouveau le sac. Je remarque alors pour la première fois les taches brunes maculant le tissu.

Le fond est humide. Une substance poisseuse suinte au travers.

Je dénoue les attaches. Ouvre le rabat. Regarde à l’intérieur.

Il y a des vêtements. Pleins de sang. Ce même sang qui goutte à présent dans ma voiture. Mais ce n’est pas le plus terrible. Le plus terrible est le bocal en verre, au milieu.

Celui que je tiens à présent entre mes mains.

Parce qu’à l’intérieur, il y a une tête humaine. »

 

Les Sach’Avis de Sacha

Le « muhahaha 😈 » du jour !

Chris Kovak, médecin urgentiste aussi sombre que séduisant, prend en stop une jeune femme blessée qui fuit au premier feu en abandonnant son sac. Celui-ci contient du sang et une tête humaine dans un bocal. Dans le même temps, son ancienne compagne, la lieutenante Audrey Valenti, enquête sur une agression atroce. Ils font tout pour s’éviter mais leurs chemins se croisent.

Le « muhahaha 😈 » du jour !
Encore une fois, je ne l’ai pas dévoré car je l’ai savouré ! Une histoire terriblement bien ficelée dans un thème que je ne raconterai pas (j’ai toujours peur d’en dire trop😂) mais qui m’a fascinée! J’adore toujours autant la plume de Patrick Bauwen et le personnage de Chris Kovak plein de profondeur et de complexité !
Alors lis-le, c’est un pitain de bon bouquin! Tu vas trembler! Muhahaha 😈

Dix petites poupées de B.A. Paris


Le livre : Dix petites poupées de B.A. Paris.  Paru le 3 janvier 2019 aux Editions Hugo Thriller.            19,95 € ;  370 pages  ; 14 x 21 cm.

4ème de couverture :

La disparition

Layla a disparu il y a douze ans, en pleine nuit, sur une aire d’autoroute, alors qu’elle rentrait de vacances en France avec son petit ami, Finn. On ne l’a jamais revue depuis.

Les soupçons

Finn a raconté la vérité sur ce qui s’est passé cette nuit-là. Mais pas toute la vérité. Ni aux policiers qui l’ont interrogé lors de l’enquête, ni même à Ellen, la sœur de Layla, avec laquelle il a refait sa vie et qu’il s’apprête à épouser.

La peur

Quand un de leurs voisins croit apercevoir Layla près du cottage où vivent Finn et Ellen, le passé ressurgit. Finn reçoit d’étranges et inquiétants e-mails. Layla serait-elle encore en vie ? Et pourquoi des petites poupées russes, souvenirs de l’enfance des deux sœurs, font-elles soudain leur apparition ?

L’auteur : B.A. Paris a vendu plus de 2 million d’exemplaires de son premier thriller, Derrière les portes. Traduite dans 37 pays, elle est devenue une star mondiale. En France, après l’immense succès de Derrière les portes en 2016, Défaillances a été retenu dans la sélection du Prix des lectrices de Elle en 2017.  Depuis sa sortie en mars 2018 en Angleterre puis au Etats-Unis, Dix petites poupées rencontre à son tour un succès phénoménal.
Extrait :
« Incroyable, la façon dont ces deux poupées russes me travaillent l’esprit. Il me serait très facile de jeter celle que j’ai trouvée, ou tout au moins la reléguer dans mon tiroir avec l’autre, celle qui a appartenu à Layla. Mais je la garde à portée, dans ma poche, comme pour me rappeler que je ne peux pas me montrer trop confiant. Inévitablement, cependant, elle fait remonter des souvenirs de Layla. Et pour ne rien arranger, Ellen a laissé sa famille de poupées russes bien alignées sur le plan de travail de la cuisine au lieur de les remboîter et de les remettre dans la salle à manger. Je ne veux pas lui demander de les déplacer pour ne pas montrer que j’y accorde une quelconque importance, ni lui faire croire qu’elles me mettent mal à l’aise. »

L’accroche de Miss Aline :

 

Dix petites poupées, B.A. PARIS

« Voilà la déposition que j’ai faite à la police, dans un commissariat quelque part près de l’A1, en France. C’est la vérité. Mais pas toute la vérité ».

Ce sont tes mots, douze ans plus tôt, Finn pour parler de la disparition de Layla. Forcément qu’en guise d’introduction, tu poses tout de suite le doute. Qu’as-tu fais réellement à Layla ? Que n’as-tu pas dis ?

Au fil des pages tu me parais bien mystérieux dans le sens ou tu es à la fois victime et suspect. Victime parce que tu semble harcelé par un mystérieux corbeau qui voudrait te faire croire que Layla n’est peut-être pas morte ou du moins qu’il connait des choses sur toi ? Suspect parce que tu es trop nerveux. Tu parles à un moment d’un « passé honteux », de quoi s’agit-il ?

On voyage entre « maintenant » et « avant » ou tu nous racontes ton angoisse face aux accusations du mystérieux corbeau et l’histoire de ta rencontre/ relation avec Layla. Tu m’as l’air d’être un beau parleur limite manipulateur. J’arrive à m’interroger sur ce qu’a pu te faire Layla. Je t’imagine en victime de violence conjugale peut-être pas physique mais morale sans aucun doute.  Y aurait-il  eut  la fois de trop et tu aurais perdu les pédales.

La police n’ayant pas de corps, ni aucune preuve… tu t’en sors bien !

Est-ce une « perversion » que de t’engager avec la sœur de la victime ? Peut-être qu’elle lui ressemble tellement que tu fais un transfert. Ellen n’est pas Layla, elle semble plus posée, plus calme. Une relation « normale » enfin !

Qui te rappelle Layla avec ses poupées semées à tout va sur ton chemin ? Quelqu’un qui sait (ou du moins se doute), quelqu’un qui a vu quelque chose ? Pourquoi 12 ans après les faits ?

Tu cherches mais tu ne dis pas tout  à Ellen, ni a Tony (flic à deux mois de la retraite) qui est devenu ton ami après la disparition de Layla. Si tu es innocent, pourquoi ne pas tout dire ? Tu laisses planer le doute, je n’arrive pas à te croire totalement.

Plus j’avance dans le récit et plus je me demande jusqu’où je vais aller pour découvrir la vérité sur Finn et sur Layla. Je suis loin de voir la fin arriver. Coup de théâtre, je reste sans voix. Limite je relis pour être certaine d’avoir bien compris cette fois. Comme toujours, après coup, je me dis que j’avais tout les éléments pour (peut-être) arriver seule à la conclusion.

Comme le Petit Poucet, B.A. PARIS sème les poupées sur le chemin de Finn, et parallèlement  le long de ta lecture.  Ce chemin livresque où j’ai retrouvé la qualité d’écriture de l’auteur : fluide, rythmée. B.A. Paris a l’art et la manière de dépeindre des personnalités complexes. Les cartes ont bien été distribuées, coup de bluff et un roman coup de cœur.

Je remercie les Editions Hugo thriller pour ce SP et le renouvellement de leur confiance. Un très grand merci à B.A. Paris pour ce coup de maître. J’attends le prochain roman avec impatience.

disparition, suspect, doute, poupées, manipulation, personnalités complexes;

Le signal de Maxime Chattam


Le livre : Le signal de Maxime Chattam. Paru le 24 octobre 2018 chez Albin Michel dans la collection Thriller. 23€90 ;  (740 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls. Jusqu’ici, tout va bien. Un vrai paradis.

Si ce n’étaient ces vieilles rumeurs de sorcellerie, ces communications téléphoniques brouillées par des cris inhumains, ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse les adolescents, et ce shérif complètement dépassé par des crimes horribles.

Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un live ?

 

L’auteur :  Maxime Chattam est né à Herblay, Val-d’Oise , le 19 février1976. Enfin presque parce que Maxime Chattam et Maxime Williams sont des pseudonymes de Maxime Guy Sylvain Drouot, et c’est ce Maxime là qui est née en France. Au cours de son enfance, il fait de fréquents séjours aux États-Unis: sa première destination en 1987 est Portland dans l’Oregon, ville qui lui inspirera son premier roman.
Rêvant d’abord d’être comédien, il suit le Cours Simon, devient figurant dans un spectacle de Robert Hossein et joue dans plusieurs téléfilms.

Il fait plusieurs petits boulots pendant plus de deux ans et reprend ses études de Lettres modernes. Il écrit « Le cinquième règne » à cette époque puis fin 1999, devient vendeur de romans policiers à la FNAC. « Le Cinquième règne » est publié bien plus tard, en 2003, sous le pseudonyme de Maxime Williams.  Il suit une formation en criminologie pendant un an à l’Université de Saint-Denis. Durant cette année, il apprend les rudiments de la psychologie criminelle, de la police technique et scientifique et de la médecine légale. Toujours libraire, il consacre ses week-ends à son projet de thriller. Il rédige « L’âme du mal » en 2001, qui est publié l’année suivante chez Michel Lafon. Signé du pseudonyme de « Chattam », en référence à une petite ville de Louisiane, le livre crée la surprise et conquiert rapidement un public. Ce roman devient le premier volet de la « Trilogie du mal, » suivi de « In Tenebris » (2003) et « Maléfices » (2004). Marié à l’animatrice Faustine Bollaert depuis 2012, il est père d’une fille née en 2013 et d’un garçon né en 2015.

Extrait :
Le feu jaillit sous la forme d’une boule incandescente tandis que Duane Morris perdait connaissance, encore accroché à son siège, le visage ensanglanté.
Et pendant une seconde, les flammes ressemblèrent à des visages hurlant en silence dans la nuit. Puis elles flairèrent leur proie et se jetèrent dessus pour la dévorer vivante.

 

Chronique de Lecteur : L’avis de Jean Luc

Chronique de lecteurs

 

La famille Spencer emménage dans la petite ville perdue de Mahingan Falls. Les nouveaux venus n’y trouvent pourtant pas la tranquillité espérée : suicides mystérieux, disparitions de jeunes filles et autres accidents peu naturels s’enchaînent, semant l’angoisse chez les enfants Spencer. Ethan Cobb se doit d’enquêter.

J’avais adoré ces trois précédents romans, tous originaux et le dernier particulièrement bien documenté.
Mais cette fois-ci, je n’ai pas vraiment accroché avec son dernier thriller “ Signal”.

J’ai eu comme l’impression que Maxime Chattam été retourné dans une zone de confort trop facile pour lui avec  du gore, du fantastique à outrance.
J’ai bien aimé la première partie de cette histoire qui monte crescendo, il pose ses personnages dans une petite ville américaine, ce n’est pas sans rappeler Dôme de Stephen King et aussi la série Mist.

Mais j’ai trouvé certains personnages trop caricaturaux et malheureusement la fin reste trop prévisible.
Un autre bémol pour moi, l’histoire manque globalement d’originalité, mais il faut reconnaître que le savoir-faire de Maxime Chattam lui permet de construire une histoire plutôt prenante même si il y a quelques longueurs. Il y a les gentils, les méchants et on est quasiment dans une construction similaire à celle d’un film d’horreur.

En revanche, j’ai bien aimé la bande des jeunes adolescents qui va lutter à sa manière contre un monde surnaturel et là c’est plutôt très bon ! Mais je n’en dirai pas plus..

Pour moi Maxime Chattam a déjà fait beaucoup mieux, il reste cependant l’un de mes auteurs favoris et l’ambiance qu’il a créée dans ce roman reste noire à souhait.

Alors avis aux amateurs…

Une proie si facile de Laura Marshall


Le livre : Une proie si facile de Laura Marshall. traduit de l’anglais par Silke Zimmermann. Paru le 8 février 2018 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 19€90 ; (379 p.) ; 21 x 14 cm
4e de couv :

Maria Weston demande à devenir ton amie.

Et si c’était ça, l’origine de tous les problèmes ?

Au collège, déjà, Maria Weston cherchait désespérément à être admise dans le cercle très fermé des filles les plus populaires de l’école. Mais les rumeurs précédant son arrivée en cours d’année avaient ruiné tous ses espoirs d’y parvenir. Pire encore, elle était devenue la victime facile de leurs manigances. Quand Louise reçoit un jour une demande d’ajout d’ami émanant du compte Facebook de Maria, elle est horrifiée… Car Maria Weston est morte vingt-cinq ans plus tôt.

Alors que Louise a mis des années à enfouir le souvenir de cette fille tout au fond d’elle-même, l’invitation et les messages inquiétants qui s’ensuivent font d’un coup ressurgir le passé. Tout comme le secret de Louise, si intimement lié à la disparition de sa camarade.

Un secret qui, révélé au grand jour, pourrait bien détruire sa vie.

L’auteur : Laura Marshall a grandi à Wiltshire et a étudié l’anglais à l’université du Sussex. En 2015, elle décide de se lancer dans l’écriture, et participe au Curtis Brown, Creative Writing. Son premier roman, Une proie si facile, a été finaliste au Bath Novel Award 2016 et présélectionné pour le Lucy Cavendish Fiction Prize 2016. Il est en cours de traduction dans plusieurs pays.

La chronique Jubilatoire de Dany

 

Une proie si facile de Laura Marshall

L’action se passe en Angleterre où Louise élève seule son fils Henry, depuis son divorce avec Sam. Elle s’installe dans sa nouvelle vie de mère célibataire hyperactive jusqu’à ce qu’un souvenir d’adolescence, réactivé par FaceBook, fasse voler en éclats son fragile confort. Même si le sujet me fait penser à David-James Kennedy et son roman « Malgré elle », l’auteure installe ici l’amour maternel comme véritable enjeu de l’intrigue de ce thriller très bien mené.

Au-delà du suspense, ce sont les dangers que représentent les amis virtuels avec qui nous rentrons en contact qui sont évoqués, tout comme les rites d’intégration bien réels ceux-là, de nouveaux venus dans des groupes constitués. Ces deux aspects concernent ici des adolescents mais nul n’a dans ce domaine le privilège de l’âge.

Des personnages attachants et une intrigue puissante font de ces 384 pages, un moment de lecture agréable et noir à souhait.

Lu en numérique

 

La petite fille du phare de Christophe Ferré


 

La petite fille du phare de Christophe FerréLe livre : La petite fille du phare de Christophe Ferré. Paru le 3 octobre 2018 aux Editions L’archipel dans la collection Suspense. 22 € ;  (544 pages) ;  15×24 cm.

 4ème de couverture :

Ploumanac’h, Côte de granit rose. Le temps d’une soirée dans un bar proche de leur maison, Morgane et Elouan laissent la garde de leur bébé, Gaela, à son frère adolescent.

Au retour, un berceau vide les attend. Aucune trace d’effraction, nulle demande de rançon. Les pistes se multiplient, mais l’enquête piétine.

Très vite, la police judiciaire pense que la petite fille ne sera jamais retrouvée.

Pour les parents de Gaela, l’enfer commence. D’autant qu’on fouille leur passé, et que celui-ci présente des zones d’ombre. Morgane est bientôt suspectée d’avoir orchestré la disparition de sa fille…

Un suspense au dénouement aussi stupéfiant qu’une déferlante sur les côtes bretonnes.

2973499L’auteur : Christophe Ferré est née en 1963.  Christophe Ferré écrit des romans, des pièces de théâtre et des fictions radiophoniques. Il a obtenu le Grand Prix international de la fiction radiophonique pour Chambre d’Amour. En 2010, il reçoit le Grand Prix de la nouvelle de l’Académie française. Il est l’auteur de neuf romans dont La Révélation de Chartres (Salvador, 2015)

 

Extrait :
« Ses mains saisirent l’enfant. Alors l’être de la nuit l’emporta avec lui et disparut dans le cauchemar de la nuit ».
« Les vagues sont comme l’amour, elles sont belles en arrivant sur le rivage, mais l’instant d’après, elles n’existent plus ».

 

 

Les P’tits Papiers de So.

La petite fille du phare- Christophe FERR֤E

 

La petite fille du phare nous emmène dans une Bretagne que l’auteur semble bien connaître, on y découvre la côte de granit rose, ses paysages, ses traditions, on respire l’air marin, on s’y croit.

Dans ce cadre magique se produit un drame. Un bébé de 10 jours disparait. Tout au long de ce roman, nous suivrons Morgane, mère de la petite Gaela disparue. L’écriture est fluide, on se laisse porter de chapitre en chapitre pour retrouver le bébé.

Le pitch est prometteur, on nous annonce une fin renversante. La lecture démarre par un chapitre engageant, sombre angoissant.

Oui mais voilà. Difficile de se sentir proche de cette mère qui semble dénuée de tout instinct maternel, presque sans émotions. Difficile de croire au drame familial tant les personnages semblent froids, distants. Volonté de l’auteur pour semer le trouble ?

Tout s’enchaine, tout s’explique, et pourtant, il m’a manqué un quelque chose dans cette lecture. J’aurai aimé vibrer avec Morgane, j’aurai aimé avoir mal au ventre pour elle, d’avoir perdu cet enfant, j’aurai aimé souffrir avec elle alors qu’elle vit un cauchemar. J’ai regretté ne pas retrouver cette atmosphère angoissante du premier chapitre. Tromperies, trahisons, ponctueront cette quête de vérité, mais là encore, l’émotion a manqué. La petite fille du phare est un roman qui se lit facilement, rapidement, accessible à tous.

Merci aux Editions L’Archipel et à Christophe Ferré pour l’envoi de ce service presse.

 

Si vous souhaitez un autre avis de Flingueuse c’est ICI et c’est celui d’Aline

Rivière tremblante – Andrée A. Michaud


Le livre : Rivière tremblante de Andrée A. Michaud. Paru le 19 septembre 2018 aux Editions Payot et Rivages, collection  Rivages/Noir. 21 € ; 366 pages ;  22,5 x 15,5 cm

4ème de couverture :

Août 1979. Michael, douze ans, disparait dans les bois de Rivière-aux-Trembles sous les yeux de son amie Marnie Duchamp. Il semble avoir été avalé par la forêt. En dépit de recherches poussées, on ne retrouvera qu’une chaussure de sport boueuse. Trente ans plus tard, dans une ville voisine, la petite Billie Richard, qui s’apprête à fêter son neuvième anniversaire, ne rentre pas chez elle. Là  encore, c’est comme si elle avait disparu de la surface de la terre. Pour son père comme pour Marnie, qui n’a jamais oublié le traumatisme de l’été 1979, commence alors une descente dans les profondeurs du deuil impossible, de la culpabilité, de l’incompréhension. Ils ne savent pas qu’un autre drame va frapper le village de Rivière-aux-Trembles…

L’auteur : Andrée A. Michaud est née au Québec. Après des études de philosophie, de linguistique et de cinéma, elle entame une carrière de romancière. Elle est rapidement reconnue pour ses romans noirs très littéraires, entres Bondrée, récompensé par plusieurs prix aux Canada et en France : le prix du Gouverneur général (important prix littéraire) le prix Saint-Pacôme (dédié au roman policier), le prix Arthur-Ellis, le prix des lecteurs Quai due polar/20 Minutes et le prix Rivages des libraires.

 

Extrait :
«  Puisque j’étais vivant et pas encore totalement cinglé, j’avais pris mes jambes à mon cou, inconscient que la bête que je tentais de semer avait fait son nid dans mes entrailles, que l’homme est un putain de cheval de Troie transportant dans ses tripes tout ce dont il a besoin pour s’autodétruire et s’empoisonner la vie, à commencer par l’attirail de souvenirs tranchants qui lui lacèrent les flancs à chaque faux pas. On ne peut rien contre cette tumeur qui prolonge ses métastases du cerveau jusqu’au ventre. La seule façon de fuir sa mémoire, c’est de se faire lobotomiser. Je n’en étais pas encore là, mais il m’arrivait d’envisager cette option lorsque les heures s’étiraient dans tous les sens et que le cafard, avec sa flopée de pensées visqueuses, profitait de cet instant de stagnation universelle pour me sauter dessus. »

L’accroche de Miss Aline 

 Rivière tremblante, Andrée A. MICHAUD

Comment vous parler de ce thriller qui n’en est  pas vraiment un ? Bien sur, il y a disparition d’enfant, même deux  à trente ans d’intervalle. Bien sur l’enquête sera et est menée. Bien sur il y a aura soupçon de culpabilité. Mais l’essentiel de ce roman n’est pas là pour moi.

 Dans les deux premiers tiers du livre, on fait la connaissance de Marnie Deschamps qui voit disparaitre sous ses yeux son meilleur ami. Au moment des faits, ils ont une douzaine d’année. On va aussi côtoyer Bill Richard dont la fillette de 9 ans ne rentrera jamais de l’école.  Ce qui est le plus touchant, perturbant, déroutant c’est la façon dont l’auteur te fait vivre ça de l’intérieur. Dans la tête, le cœur, les tripes de Bill et Marnie. Ils vont vivre la disparition comme une descente aux enfers. Ils vont survivre au-delà des enfers. Ils vont s’enfoncer au plus profond d’eux-mêmes pour puiser la force vitale. Ils vont vivre leurs douleurs comme un gouffre infini, un trou noir qui absorbe tout.

J’ai plus d’empathie pour Bill dont la douleur se fait dans le souvenir permanent de Billie. Qui continue de lui inventer des histoires, qui garde son chat au-delà du raisonnable, qui lui donne l’éternité à 9 ans. Bill qui parfois s’effondre, où le trou noir manque de l’engloutir totalement. La douleur est  déchirante, béante, un puits sans fin dont aucun son ne peut sortir. Une douleur qui n’a pas de nom, pas de mot. Une douleur qui envahit chaque parcelle de son corps, de son cœur. Une douleur où Billie meurt à chaque fois.

Marnie est plus abstraite dans sa douleur. Elle n’a pas moins mal non, mais c’est tellement différent. C’est une douleur qui vient de l’enfance, qui est bercée par l’enfance. Elle y met tellement d’interrogation, de réponse formée et déformée. Elle était trop jeune à l’époque pour se « rendre compte » vraiment. C’est une douleur comme un souvenir comme une vieille peluche que l’on retrouve au fond d’un grenier et dont on  avait oublié la bouille. Elle aussi sombre dans ce trou noir qui de son côte ressemble plus à la folie.

Dans la troisième partie ces deux histoires vont se télescoper ou plutôt se frôler. Un enfant à disparu à Rivière-aux-trembles. Là encore, la lumière n’est pas sur l’enquête mais sur Bill et Marnie. Ils vont devoir faire face et revivre leur propre disparition. Où sont leur ami et fille ? Pourquoi, comment, par qui ? Le manège tourne sans cesse. Ne cessera-t-il jamais ? Jusqu’où va-t-il falloir aller pour avancer, juste avancer sans oublier ?

Bill et Marnie se sont deux souffrances comme deux étoiles dans le firmament qui ne pourront jamais se toucher. Ce sont deux mondes au bord du gouffre, deux cœurs vidés, une apnée constante.

L’auteur a un style d’écriture particulier en cela qu’il n’y a pas de dialogue à proprement dit. Il est inclus dans le texte, pas de tiret-à-la-ligne. Au début c’est déroutant puis tu comprends que tout se passe dans la tête de l’un et de l’autre. Comme si eux aussi se racontaient l’histoire.

Les phrases peuvent être longues. Là encore on s’habitue. Elles ressemblent à cette douleur pesante, lancinante, qui se traine et ne veut pas partir. Tu es emmenée malgré toi dans ce récit et tu vis cette descente dans les abysses  de la douleur. Tu voudrais les consoler, les bercer dans tes bras, mêler tes larmes aux leurs.

Je ne connaissais pas Andrée A. Michaud et c’est pour moi une magnifique découverte. Il n’est pas dit que je ne vous en reparle pas avec Bondrée ou Lazy Bird deux autres de ses romans.

Bonne lecture.