Les Anges de Babylone de Ghislain Gilberti


Les Anges de Babylone de Ghislain GilbertiLe livre : Les Anges de Babylone, la trilogie des ombres, Tome 2 de Ghislain Gilberti. Paru le 18 avril aux Editions Metropolis.  22 € ; 624 pages ; 15 x 23 cm .

 4ème de couverture :

Débarquée de l’enquête sur Borderline, Cécile Sanchez revient sur le terrain lorsqu’une guerre des ombres éclate entre de nouveaux caïds et le Réseau Fantôme. Prêt à tout détruire, l’un des leaders de la corporation de tueurs, bien plus dangereux et instable que ses coreligionnaires, vient de sortir de prison après une décennie passée à l’isolement.

Au centre de cette guerre pour le contrôle global, les Anges de Babylone, une nouvelle unité qui a grandi dans l’ombre de Borderline, s’apprête à prendre le ciel et s’étendre aux périphéries du territoire. Avec toujours la mystérieuse Voix pour guider leurs actions, leurs pensées et leurs bras armés.
C’est dans cette zone que la nature est à nouveau sauvage. Les Anges feront la guerre pour l’Homme. Même les anges déchus auront leur croisade et celle qui ouvre la porte au grand chaos balaiera tout sur son passage : il n’y aura pas le moindre quartier.

Suite virtuose de Sa Majesté des Ombres, révélation polar de l’année 2018, Prix des Géants du Polar 2018 et salué unanimement par les lecteurs, Les Anges de Babylone est le second volume apocalyptique de La trilogie des Ombres.

 

 

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L’auteur : Ghislain Gilberti a 41 ans. Ancien tireur de précision pour l’armée de terre, père de trois enfants, il se consacre à l’écriture.

 

 

 

Extrait :
« La tension est à son maximum, les index sont crispés. Le reste du monde a disparu. Il n’y a plus qu’elles, ainsi que la faucheuse qui tourne dans les ombres et arbitre ce duel, attendant avec impatience d’emporter avec elle l’un des deux âmes en Enfer.
Les deux si possibles. »

 

 

L’accroche de Miss Aline :

Les Anges de Babylone de Ghislain Gilberti 1

Les Anges de BabyloneLa trilogie des ombres – tome 2, Ghislain Gilberti

Prologue : Surtensions. Epilogue : Disjonction. Entre les deux, 600 et quelques pages où pas un instant ton attention se relâche. Immersion immédiate et totale dans le monde des narcotrafiquants. Une guerre sans merci pour récupérer un territoire. C’est sanglant, violant, sans fioritures. On passe a tabac, on torture, on tue. Le tout dans une chorégraphie parfaitement maitrisée. Tout est planifié, orchestré de manière  méthodique. Pas de place pour le hasard. Si ton dernier souffle s’échappe c’est que les Borderline l’ont décidé ainsi. Les Ombres semblent toujours aussi insaisissables.

 La commissaire Sandrine Torterotot de la DCRI va tout faire pour réintégrer Sanchez à l’enquête. Une autre guerre sans merci commence : force de l’ordre contre trafiquants. Sans oublier les guerres intestines de chaque côté. Les égos sont exacerbés, chauffé à blanc, ne supportant pas le moindre obstacle.

Sanchez aura une fois de plus fort à faire pour avancer dans son enquête.  Quel sera le prix  à payer pour voir justice rendue ? Peu-on s’en sortir indemne face à une bande de psychopathes ne reculant devant rien pour faire aboutir leur plan ?

Avec Les Anges de Babylone, Ghislain Gilberti nous livre un roman dense. Certes, c’est un pavé de 624 pages mais pas que. Les personnages y sont nombreux, complexes aussi bien chez les Borderline ou du côté flic. Rien n’est tout noir ou tout blanc.

Les Anges de Babylone c’est une encyclopédie du mal. Ghislain Gilberti dissèque le monde de la drogue pour nous en donner une description au plus juste. Il va décortiquer pour nous les rouages d’une organisation borderline dirigée par des psychopathes. L’être humain y est décrit dans toute sa splendide noirceur.

Sa plume est aiguisée et trempée dans un acide corrosif. Chaque mot est à sa juste place. Il hypnotise. Tu ne lis pas, tu es au centre d’une scène en 4D. Immersion totale. Tu assistes, impuissante, au carnage. Une touche émotionnelle vient te cueillir au fond du gouffre dans lequel l’auteur te fait descendre un peu plus à chaque page. Tu restes sur le carreau. Il t’embarque et te montre le monde côté pile. Va-t-il te laisser une lueur d’espoir ? Ou l’espoir n’est-il qu’une illusion de l’esprit pour mieux supporter une réalité morbide ?

Ghislain Gilberti est un magicien des mots. Encore une fois, j’ai été happé par ma lecture. Encore une fois je salue la force d’écriture, le travail colossal de l’auteur pour nous livrer son Œuvre.

Un très grand merci aux Editions Metropolis pour ce SP et ce moment livresque grandiose.

Le manufacturier de Mattias Köping


Le livre : Le manufacturier, Mattias Köping.  Paru le 25 octobre 2018 aux Editions Ring dans la collection Ring noir.  ; 21,90€ ;  (548 pages) ; 22×14 cm

 4ème de couverture :

Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l’avocate Irena Ilic tente de remonter la piste jusqu’à la tête du commando, le sinistre Dragoljub.

Le 1er avril 2017, les cadavres d’une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue de Havre, atrocement mutilés. Niché dans le Dark Web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site Internet… Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s’empare de l’affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l’inimaginable s’en échapper.

Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L’avocate et le flic ont des intérêts divergents et se livreront une guerre sans merci. Emportés dans l’abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangrené par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que  l’on croit. Crimes contre l’humanité, meurtres en séries, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l’étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l’Histoire finiront par déborder et vomir des monstres, trop vite oubliés.

N’ayez pas peur.

Oui, il y a tout ça dans Le Manufacturier. Non, il n’y a pas d’autre issue.

L’auteur : Mattias Köping, l’auteur des Démoniaques, thriller doublement primé en 2018 et acclamé par le public, libère toute sa puissance dans ce vrai page-turner, addictif et haletant, porté par une atmosphère envoûtante et une écriture ciselée. Programmé pour jouer avec les nerfs des lecteurs les plus aguerris de romans policiers, Mattias Köping confirme son entrée implacable parmi les maîtres du thriller français.

 

 

 

Extrait :« Tous ces témoignages atroces s’accumulaient en elle, lie noire de désespérance. Elle avait beau soutenir que la vie continuait malgré tout  et que les bourreaux n’avaient pas triomphé, elle s’accommodait de plus en plus mal de ce mensonge servi aux journalistes pour faire bonne figure. Son visage même trahissait sa pensée. En réalité, elle était hantée de tous ces charniers qu’elle avait visités, de toutes ces voix de femmes, d’hommes, d’enfants dont l’écho résonnait en elle. Elle vomissait l’humanité. L’espoir n’était qu’une allumette craquée dans un océan de ténèbres. »

L’accroche de Miss Aline :

Le manufacturier, Mattias Köping

Radiche capitaine de la crim’ aux méthodes plus que musclés, n’étant pas apprécié de ses collaborateurs et c’est le dernier de ses soucis.

Un pervers qui voyage sur le Dark net.

Un site des plus noirs : Le manufacturier de Jasenovac qui vend des vidéos d’une violence inouïe.

Milovan qui traine un passé douloureux qui le hante chaque seconde.

Irena Ilic avocate de l’ONG Dignité et Justice.

Dans les premiers chapitres l’auteur nous met face à tout ce petit monde et nous laisse faire connaissance. Mais dés le départ le ton est donné. Nous voilà dans une manufacture de 548 pages. Une usine de la violence brute et brutale. Une usine de tous les trafics : drogues, humains, argent. La manipulation, la corruption, le règne par la terreur. La peur suintant de tous les pores de la peau. La souffrance physique (viols, tortures), la souffrance morale (menace sur les proches). Que n’y a-t-il pas dans cette usine d’où sort la quintessence du mal ?

Depuis nos portes en passant par le conflit serbo-croate, on va respirer l’odeur fétide et abjecte de la mort. La violence est décortiquée. La mort  se pavane. La torture est reine. Des ventres évidés, des yeux énucléés, des enfants puzzles, des viols avec tout objet à portée de main… La mort vécut parfois comme une délivrance face à l’insoutenable.

Que n’a-t-on pas dit sur cet ouvrage ? Certes il n’est pas à mettre entre toutes les mains. Oui, âmes sensibles s’abstenir. Mais est-il pire que d’autres lectures où il n’y a pas d’avertissements. Pire qu’une réalité (surement amputée) délivrée quotidiennement, en flots incessants, dans nos postes de télévision ?

 Peut-on avoir envie de vomir en lisant un livre et écouter entre le plat et le dessert l’info sur une mère qui a tué son enfant une nuit où elle était tellement camée qu’elle ne sait même plus où elle a enterré le corps ? Peut-on avoir envie de vomir en lisant un livre et ne pas détourner la tête en allant voir tel ou tel film violent au cinéma ? Des années en arrière, je me souviens de parents ayant emmenés leurs enfants voir Dany the dog.

Alors non je n’ai pas eu envie de vomir en lisant Le manufacturier.  Bien que l’on descende très bas dans la noirceur, ce n’est que le haut de l’iceberg. L’homme est capable de l’impensable pour asservir, soumettre, manipuler, s’enrichir. Le mal, la violence brute sont incontestablement de ce monde.

Avec Le Manufacturier, Mattias Köping nous démontre une nouvelle fois son talent d’écrivain. Je salue également l’énorme travail de recherche pour ancrer son récit dans une réalité historique. Auteur à suivre incontestablement.

Un grand merci à Mattias Köping pour son accueil sur le salon de Nœud les Mines dernièrement, ainsi que pour sa disponibilité et sa gentillesse.

41 vautours : 48 heures avant Noël de Céline Tanguy


Le livre : 41 Vautours Tome 1 : 48 heures avant Noël de Céline Tanguy. Paru le 23 Janvier 2017 aux Editions Les Indés. 16€90 ; (208 pages) ; 14 x 22 cm

4ème de couverture :
En général, 48 heures avant Noël, on se précipite sur ses derniers achats, on termine la décoration du sapin, on peaufine le menu du réveillon et on a des guirlandes plein les yeux. Bref, on a l’esprit à la fête. Mais pour Neil Mullhand, agent spécial du FBI expert en crimes violents, cette fête virerait plutôt à la cérémonie mortuaire. Il faut dire qu’en guise de cadeaux on lui expédie plusieurs balles dans la peau. Ensuite, on le laisse pour mort dans un local à poubelles, en plein cœur du Bronx. Sur quelle affaire enquêtait-il pour en arriver là ? C’est à cette question que le lieutenant de police Amber Wilson, qui est aussi la compagne de Neil, compte bien répondre. Quitte à remonter jusqu’à la CIA et au sommet de l’État, dont les secrets bien gardés ne sont pas toujours reluisants. Seulement, à vouloir les déterrer, ne risque-t-on pas sa vie et celle des gens qu’on aime ? Cela dit, dans ce genre d’histoire, peut-on seulement se fier à ses proches ?

L’auteur : Née à Nancy Céline Tanguy est juriste de formation et titulaire d’une maîtrise de droit public.

 

 

 

 

 

Extraits :
« « quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt ». C’est pour cela que la vérité est ailleurs !»

Les Lectures de Maud :

41 vautours : 48 heures avant Noël de Céline Tanguy

Whaouuuuu quelle découverte !!!!

Dès les premières pages, j’ai été embarqué dans cette affaire qui soulève dès le début de nombreuses questions. On en apprend de plus en plus au fur et à mesure mais les réponses soulèvent également de nouvelles interrogations. Principalement, il va falloir trouver à qui se fier et faire confiance, tant les ramifications de cette histoire sont étendues.
La situation de Neil va mettre les nerfs de ses collègues et de sa compagne à rude épreuve. Amber est prête à déplacer des montagnes et retourner la ville pour trouver les coupables et mettre au grand jour la vérité. Mais est-elle la mieux placée pour le faire ? Est-elle raisonnable ? Ne court-elle pas un danger encore plus important en s’exposant ainsi ?
Un plume fluide, dynamique, très efficace, accompagnée d’un rythme soutenu, entraînant, le lecteur ne sait plus non plus à qui il doit faire confiance, tellement les méandres de cette opération sont retors. Une histoire addictive, les pages se tournent toutes seules !! Des retournements de situation qui donnent le frisson. J’ai été autant happé par l’histoire en elle-même, que l’envie de suivre l’évolution des personnages.

J’ai fini ce livre et le jour même, acheté la suite  c’est pour vous dire !!!!

Version lue : Broché

Mention : Premier roman

Manhattan chaos de Michaël Mention


Le livre : Manhattan chaos de Michaël Mention. Paru le 7 mars 2019 chez 10/18 dans la collection Grands détectives. 7€10 ;  (210 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Manhattan Chaos

New York, 13 juillet 1977.

L’été de tous les extrêmes : alors que la ville est en faillite, une canicule sans précédent sévit et le tueur Fils de Sam rôde dans les rues. Tandis que le soleil se couche sur Manhattan, une coupure de courant survient. Huit millions d’habitants sont plongés dans l’obscurité : c’est le black-out et la panique s’empare de la ville.

Cloîtré chez lui, rongé par la drogue, le célèbre musicien Miles Davis a mis un terme à sa carrière et s’enlise dans la dépression. En manque d’héroïne, il se résout à sortir en quête d’un dealer lorsque des émeutes se déclenchent. Débute une nuit de terreur, où il va se heurter aux pillards et aux fantômes de Manhattan. Traqué d’un siècle à l’autre, la star déchue fera tout pour survivre, alors qu’un mal mystérieux le ronge de l’intérieur.

 

L’auteur : Michaël Mention est né en 1979. Enfant, il se passionne pour le dessin. Adolescent, il réalise plusieurs bandes dessinées. Étudiant, il intègre un atelier d’écriture et rédige de nombreuses chroniques satiriques, avant d’écrire son premier roman. Passionné de rock, de cinéma et d’histoire, sa trilogie policière consacrée à l’Angleterre a été récompensée par le Grand Prix du roman noir au festival international de Beaune en 2013 et le Prix Transfuge meilleur espoir polar en 2015. Power son dixième roman est pour moi le livre de 2018, il a reçu 3 fabuleux prix seulement j’ai envie de dire et c’est bien dommage. Manhattan chaos est donc le 11e roman de ce jeune auteur surdoué.
Extrait :
Tremblant, j’extirpe l’aiguille de ma veine. L’élastique claque, fouette mon mollet engourdi. L’héroïne se diffuse, je la sens monter, brûler mes muscles, mes os, mon cerveau enfiévré.
Ma vision se trouble, altère l’aube en champignon atomique. Ses rayons traversent mes fenêtres pour découper l’atmosphère grisâtre, colorant les mouches et les déchets un peu partout. Ici, dans mon appart’ immense et ultrachic de l’Upper West Side de Manhattan. Deux ans que j’y vis cloîtré. Deux ans que je macère dans le ras-le-bol.
Usé.
Tellement.
Trop de concerts, trop d’excès, trop de trop.
Des années que je tirais sur la corde et, forcément, je ne pouvais que craquer. Après tout, c’est arrivé aux plus grands, d’Alexandre à Attila. L’homme ne bâtit jamais que sa propre fin, je le sais à présent.
C’est à cause du son. Toute ma vie, je l’ai traqué. J’étais fou comme Dalí, précis comme Robinson, et me voici amorphe comme une merde. Une sale merde dépressive, rongée par le mal : ulcère, pneumonie, diabète, tendinite, fractures, prothèse de hanche… on m’a soigné, bricolé un milliard de fois, mais ma chair n’a pas oublié. Et si je pèse cinquante kilos, c’est que j’ai des chaînes en or.

 

Le post-it de Ge

Manhattan chaos – Michaël Mention

Dans son nouveau roman Michaël Mention nous embarque à New York à la fin des années 70. Il nous fait vivre une nuit de folie. Celle du 13 juillet 1977, quand NYC se retrouve dans l’obscurité totale, une panne d’électricité paralyse la ville aux millions de lumière. Enfin paralyse n’est pas le mot puisque ce noir totale va mener la population à la panique, des scènes de violence inouïes vont se dérouler, le pillage va devenir la loi. Bref le chaos envahit la ville.

Et pour nous faire vivre ce chaos, Michael nous offre un guide de choix en la personne de Miles Davis le grand jazzman. Ok ici c’est pas le Davis de année cinquante et soixante, c’est pas non plus celui du début des année soixante- dix qui tente de renouveler son art au grand dam des puriste. Non c’est un Davis fatigué, déçu par les critiques, un musicien qui n’a plus d’énergie, à la dérive, fatigué par 30 ans de carrière où il a tout donnée à son art, à sa musique. Un musicien usé aussi par les excès. Car la drogue et le sexe n’est pas seulement l’apanache du rock’n roll.

Alors Davis se replis, il s’enferme chez lui dans son grand appartement qui deviendra sa prison dorée. Mais voilà le soir du 13 juillet 77, il est en manque, plus d’héroïne à s’injecter dans les veines pour supporter le morne quotidien. Aussi va-t-il être obligé de sortir, dans la nuit noir. La nuit brutale, la nuit de tous les dangers.

Et à travers la folle déambulation de Miles Davis c’est tout New York qui va s’ouvrir devant nous, tout le chaos de Manhattan qui va se dévoiler. Car New York est bel et bien le personnage principal de ce surprenant et épatant roman.

New York, Michaël Mention nous en parlait déjà dans son true crime, Le fils de Sam paru il y a 5 ans déjà qui raconte la triste histoire de David Berkowitz, surnommé le Fils de Sam, un serial killer qui entendait des voix diaboliques et qui sema une véritable psychose durant l’été 77 à NYC .

Avec cette histoire il nous contait déjà la déchéance du  New York des Seventies.

Là il va encore plus loin, car dans son délire, Davis, lui aussi entend des voix ou plutôt il est confronté à un Faust imaginaire ou pas. Un homme qui voyage dans le temps, un type qui lui prédit l’avenir en lui montrant le passé..Aussi va t-on revivre des moments clé de l’histoire de Manhattan. L’incendie de la Triangle Factory en 1911, les émeutes de 1863… On plonge aussi dans le KKK des année 20 avec ses 5 millions de membre. Le Ku Klux Klan devient une force politique influente et puis le krack bourcier de 29…

Ici Michaël Mention confronte le présent au passé, il nous montre que tout est relié, que les événements passés forgent les mentalités d’aujourd’hui.

Et puis il y a l’écriture scandée de Michaël, syncopée, cadencé. Un rythme qui s’accélère, un tempo qui souffle sur ces lignes, sur la ville et qui emballe le cœur fragile de Miles Davis.

En un peu plus de 200 pages Michaël Mention nous fait vivre à 100 à l’heure. 200 pages pour un énorme bouquin. Un livre comme vous n’en aurez jamais lu. Une expérience unique. Une improvisation extraordinaire, un jam hors du commun. Encore un sacré tour de force de notre auteur.

Et pour faire écho à ce nouveau coup de coeur, je vous invite aussi à allez lire Power son précédent roman. Un roman vérité sur le combat des afro-américains chaque jour livrés à eux-mêmes, discriminés, harcelés. Après l’assassinat de Malcolm X, la communauté noire se déchire entre la haine et la non-violence prônée par Martin Luther King, quand surgit le Black Panther Party : l’organisation défie l’Amérique raciste, armant ses milliers de militants et subvenant aux besoins des ghettos. Alors qu’enlisés au Vietnam, les États-Unis traversent une crise sans précédent : manifestations, émeutes, explosion des violences policières.

Allez go, go go, en lit, en relit et en découvre Michaël Mention, et fissa !

Pour moi Mention est l’un des meilleurs auteurs français de romans noirs ! parole de Porte Flingue.

La chance du perdant de Christophe Guillaumot


Le livre : La chance du perdant de Christophe Guillaumot – Paru le 05 octobre 2017  aux éditions Liana Levi dans la collection collection Policiers –  19 € ; (336 pages) ;   14x 21 cm

4ème de couverture :

Renato Donatelli, dit le Kanak, a quitté la Nouvelle Calédonie il y a des années pour le SRPJ de Toulouse. Un mètre quatre-vingt-dix-neuf, tout en muscles et gentillesse, ce gardien de la paix donne du « gros chameau » à ceux qu’il aime et des « gifles amicales » à ceux qui lui barrent le chemin. Il vient d’être mis au placard à la section des courses et jeux en compagnie du jeune lieutenant Cussac, mais tous deux prennent très à cœur leurs nouvelles missions. La mort d’un homme dans un compacteur à déchets inaugure une série de disparitions frappant des accros aux jeux d’argent. Tous les cadavres sont retrouvés porteurs d’une énigmatique dame de pique. Alors que le Kanak plonge dans l’univers des cercles clandestins et des paris truqués, il aimerait bien éclaircir une autre énigme : pourquoi sa vieille amie et compatriote, Diamant Noir, s’est-elle autrefois éloignée de son grand-père, le roi de l’île de Pins ? Hélas, il est plus facile de se retrouver dans les méandres des tripots que dans ceux de l’âme humaine.

L’auteur : Christophe Guillaumot, né à Annecy en 1970, est capitaine de police au SRPJ de Toulouse, responsable de la section « courses et jeux. Il passe à 20 ans, après une année de droit, le concours d’entrée dans la police. Ses dix-neuf années d’ancienneté l’ont conduit de Paris à Grenoble, puis Châteauroux et Toulouse où il est capitaine de police depuis septembre 2009.
En 2008 il prend six mois de congés sans soldes pour se lancer dans l’écriture d’un roman policier. Il décroche le Prix du Quai des Orfèvres 2009 avec son premier polar, Chasses à l’homme (Fayard, 2008). Conjuguant cet investissement avec sa vie de policier, il revient naturellement à l’écriture et publie en 2015 son second roman. Avec Abattez les grands arbres (éditions Cairn, 2015) et La Chance du perdant (en 2017), il impose une série mettant en scène le personnage de Renato Donatelli, dit le Kanak, librement inspiré d’un collègue aujourd’hui décédé.
Depuis son arrivée dans le Sud-Ouest, il a rejoint l’équipe de sélection du Prix de l’Embouchure, attribué chaque année à un roman policier écrit par un auteur du Sud-Ouest de la France. La désignation du lauréat est faite par les policiers toulousains. Depuis 2010, Christophe Guillaumot est membre de l’organisation du festival Toulouse Polars du Sud.

Extraits :

 « La France est victime du terrorisme, les attentats se multiplient, les règlements de comptes foisonnent entre les caïds des cités, pour des histoires de stupéfiants, de territoires à défendre, de prostituées. Alors je vais vous dire le fond de ma pensée, que des paysans parient trois francs six sous sur la bouse d’une vache, tout le monde s’en contrefiche. »
« Vingt-trois années passées à la Criminelle, à respirer du cadavre fourré aux asticots, ça vous blinde l’odorat. Alors les déchets de la benne à ordures, c’est presque du parfum pour un type comme lui. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

La chance du perdant de Christophe Guillaumot

Les jeux d’argent sont interdits en France donc on peut parier sur tout mais ça se passe en Chine même si les mafieux européens sont aux manettes. Quand un Calédonien s’y colle avec comme chef un dépressif, victime d’une maladie rare, affublés tous deux d’un magicien et d’un retraité borderline, c’est une immersion au sein de la brigade « courses et jeux » que nous propose l’auteur. L’action se déroule à Toulouse et vous ne regarderez jamais plus votre poubelle comme hier …

« la Saccharomyces cerevisiae, comme l’appellent les médecins, capable de transformer l’amidon contenu dans les pommes de terre, les pâtes ou bien le riz en alcool » nous dit l’auteur fait que Jérôme peut s’alcooliser aux lasagnes ! Il ne s’en prive pas quand la dépression l’envahit à cause du terrorisme.

Kanak se débat entre soucis professionnels et domestiques, attentionné envers son Diamant Noir, idole déchue du Music Hall et qui l’a élevé.

Roman très riche au ton cependant léger. Les situations cocasses côtoient la rigueur de la vie quotidienne, où la mort d’une vache peut être une bavure parce qu’elle était la reine du loto bouse !  Bref j’ai beaucoup aimé cette découverte

J’ai une la chance de faire la connaissance de Christophe Guillaumot alors qu’il venait d’être primé au salon « Lire en Poche » pour Abattez les grands arbres, avec le même personnage de Calédonien intègre.  Il m’a dit « profiter » de son rôle d’auteur pour dénoncer quelques faits scandaleux dans les pratiques hiérarchiques policières. Ainsi le passage sur les indicatifs radio en dit long sur le respect interne à cette profession

Enfin je vous souhaite à tous de lire ce roman et d’avoir la chance du perdant, celle qui consiste à perdre lors de votre première mise et qui vous guérit de l’envie de remettre le couvert !

Lu en version numérique.  – epub 14.99 €

Extraits :
« Il reste médusé par les indicatifs radio. Il a toujours refusé de communiquer par ce système. Pourquoi les hautes autorités portent-elles des noms de dieux ou de philosophes grecs tandis que le reste de la troupe – les flics de terrain – doit accepter d’être affublé de noms de pièces de moteur, de prénoms ridicules ou d’espèces de poissons ? Le Kanak aimerait tenir entre ses mains le type qui est à l’origine de ce répertoire. Pourquoi ce mépris des sans-grade ? Quelle est leur faute ? Préférer patrouiller plutôt que passer des concours ? Renato se sait plus utile que tous ces ronds-de-cuir qui s’emploient à réglementer sa vie professionnelle. Alors, jamais il ne répondra à l’indicatif de « Sardine », « Frein », ou « Clef à molette ». »
« Détenu ou visiteur, c’est toujours avec plaisir que l’on retrouve sa liberté : poser un pied dehors et entendre la porte blindée se refermer derrière soi, sentir le vent frapper son visage, respirer l’air vivifiant et oublier cette sensation d’enfermement. Quiconque n’a pas connu cette ambiance oppressante est incapable de comprendre ce que représente une journée de prison et encore moins d’évaluer une peine juste et adéquate en punition d’une infraction. »
« Lui, le jeune policier qui se voulait respectueux des règlements, obéissant au doigt et à l’œil à la hiérarchie, est en train de devenir un flic, un vrai, tourmenté par ses démons, obsédé par la résolution d’enquêtes, prêt à tout pour atteindre son but. »

Laisse tomber de Nick Gardel


Le livre : Laisse tomber de Nick Gardel  – Paru le 12 mars 2019 aux éditions Caïman. 12€ ; ( 212 pages) ;  12×19  cm.

 4ème de couverture :

Antoine Spisser est obèse. Ça ne le définit pas, mais ça le décrit assez bien.

Surtout quand il se retrouve en équilibre sur la rambarde d’un balcon à 15 mètres du sol.

Mais ce qui l’a amené dans cette situation est une autre histoire.

Et ce ne sont pas les autres copropriétaires de son petit immeuble qui vous diront le contraire.

Enfin… Ceux qui sont encore en vie…

 

L’auteur : Si Desproges revêtait ses plus beaux atours pour agacer la libido d’un Exbrayat ayant viré sa cuti, le résultat de telles amours coupables aurait sans doute donné une calamité biblique comme l’est Nick Gardel. Ni Rasta ni danseur de Tango, le type s’ingénie à valser avec les mots. Son quadrille lexical n’a aucun sens, mais il lui arrive de lorgner du côté des aînés illustres. Ça tombe bien, Nick Gardel est né dans les années 70, élevé par des tontons, biberonné au Bebel magnifique ou marginal et il balance des mandales comme Lino. Mais, chez lui, point de nostalgie, le verbe se mâchonne avec des pâtes et des potes, entre Brassens et Thiéfaine. Le noir et le polar n’ont qu’à bien se tenir, c’est avec le sourire qu’il les alambique. Le roman de gare y retrouvera au moins ses lettres de noblesse.

 

 Extraits :
« Élever ma masse et gravir les étages n’a jamais été une sinécure pour moi. L’escalier est l’ennemi du gros. Il procure un sentiment erroné de stabilité. Une succession de petits efforts qui donne l’illusion du réalisable. Mais la répétition de ces stations minuscules que sont les marches est pire qu’un chemin de croix. Trop étroites pour décider d’y faire une pause, on les enchaîne témérairement. On surpasse ses propres capacités pour atteindre le palier suivant. Là, le retour en arrière n’est plus envisageable, l’énergie mise en jeu ne peut être gaspillée, il faut monter, encore, coûte que coûte, malgré le corps qui rechigne, le souffle qui manque, le cœur qui s’alarme et le système sudoral qui s’emballe. Le gros ne s’élève pas, il grimpe, avec le cortège de souffrance que cela engendre. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

C’est de la pure jubilation cotée à 9.5/10 sur l’échelle d’agression des zygomatiques ! Avec sa gouaille habituelle, son sens du calembour et ses personnages hors normes, l’auteur nous présente les tribulations d’un obèse qui a des difficultés à s’assumer.

Pourtant il a eu de la chance Antoine, il vit comme on dit « de ses rentes » mais du fait de son appartement en rez-de-chaussée, on le confond avec le gardien de l’immeuble. Il se voit alors contraint de rendre service … et c’est alors que tout tourne mal !

Coté fiche pratique de bricolage, de volets (cf. Droit dans le mur) il n’est plus question, cette fois nous apprenons à fabriquer nos produits de nettoyage domestiques (désinfection du frigo et joints de salle de bains), écologiques et économiques.

Des copropriétaires encombrants et complètement barrés vont rendre la vie d’Antoine quasi impossible. Et c’est aussi une réflexion grave sur la vieillesse et la dépendance qui s’invite chez le lecteur …

Nous découvrons également l’approche du doute comme philosophie de comportement : la zététique.

L’auteur émaille son récit de références cinématographiques, le jardin secret d’Antoine.

Oui, tout pourrait aller pour le mieux dans la vie d’Antoine, pas aussi vieux que ses voisins, mais cependant handicapé par son embonpoint. Dans cet immeuble, le drame vient des voisins du dessus ! Souvent les voisins du dessus ! Et quand survient un accident mortel, c’est un enquêteur placardisé et incompétent qui va être chargé de l’enquête. Il voit là  l’occasion de redorer son image et va mettre tout en œuvre pour confondre des innocents ! Tous suspects sauf peut-être le véritable auteur de la bavure …

Nick Gardel nous balade dans cette « aventure alsacienne » et son héros n’est pas sans rappeler le « pauvre » Martin de ses débuts (cf. Le cercle d’agréables compagnies) victime des coups du sort incongrus autant qu’improbables. 212 pages, je l’ai dit, de rigolades … mais où va-t-il chercher tout ça ! 212 pages truffées de surprises comme on aimerait en lire d’avantage dans ce monde de brutes, car en fin de compte, c’est bougrement bien écrit !

Trop court Monsieur Gardel, même si certains personnages ne sont pas en état de servir une deuxième fois, on en redemande !

Merci Nick de m’avoir fait confiance pour cette lecture avant-première

 

Extraits : 
« Il faut compter un bon demi-litre de vinaigre pour un litre d’eau tiède. Là-dessus, une grosse cuillère de savon noir et surtout des huiles essentielles. Moi j’aime le citron et le pin. Mais je varie parfois avec de la lavande, de la menthe poivrée, de l’eucalyptus ou de la cannelle. Mais on a tôt fait de se retrouver avec un intérieur qui sent comme les relents d’un vieux moule à gâteaux moisi ou les toilettes publiques d’une gare de province. Alors j’en reste aux basiques : agrumes et pin des landes.
Quand je dois réfléchir, je ne me perds pas dans la contemplation des chiures de mouches sur mon plafond. Je ne bave pas, l’œil vide, face à un soap américain de début d’après-midi. Quand il me faut du temps de cerveau disponible, pas besoin des pubs de la première chaîne, je prépare ma tambouille dans une cuvette, je dose, je dilue, je touille et finalement je transfère à l’entonnoir dans un pulvérisateur qui va devenir mon arme de destruction bactérienne massive.
C’est un préparatif, un préliminaire à la vaste orgie ménagère qui va avoir lieu. »
« Orsini est la caricature du vieillard. Voûté, la peau parcheminée et plissée comme un lit défait, il a dans les yeux une éternelle tristesse qu’aucun sourire ne pourra jamais totalement effacer. Son front a gagné la lutte de terrain sur sa chevelure blanchie qui se retire néanmoins dignement dans l’arrière-pays de son crâne. Ses lobes d’oreilles accusent les ans, dévorés par la broussaille, tandis qu’un nez large s’épate entre rides et poches, ombrant des lèvres fines sans teinte. Orsini n’a pas d’âge, mais le compteur a dû sacrément tourner. C’est le seul représentant mâle de notre copropriété, si on excepte mon auguste personne. Il est la preuve que cacochyme s’accorde surtout au féminin, les hommes lâchant la cordée bien avant le sexe prétendu faible. Il ne vient qu’exceptionnellement aux assemblées générales, on ne le croise que rarement tant il vit dans le confort clos de son appartement du premier étage. Je crois que je ne l’ai jamais vu autrement que dans un impeccable costume qui lui donne cette classe surannée des anciens chanteurs de charme. Pourtant, là, devant moi, il donne l’impression d’avoir rétréci dans une coquille trop grande. Bien sûr, la masse de mon corps en impose, mais il se rajoute un je-ne-sais-quoi de déséquilibré dans notre confrontation sur mon paillasson. Je me sens dans la peau d’un ogre devant l’un des frères de Poucet. »
« …j’enseigne la zététique à l’université.
— L’esthétique ? interrogea Berchtold soupçonneux.
— Non Zé-té-tique, avec un Z. C’est la science du doute.
— Du doute ?
— Oui, le doute, l’esprit critique, la remise en question des croyances paranormales.
— Vous enseignez aux gens à douter ?
— C’est cela. Disons que, plus modestement, j’essaye de leur apprendre à développer des armes de défense contre les raccourcis et les approximations qui permettent aux charlatans de s’installer. Rien de bien extraordinaire, voyez-vous. Du bon sens, je suis sûr que dans votre métier vous pratiquez cela quotidiennement.
— Pas à ma connaissance. Le cursus policier ne comporte aucune formation aux techniques… comment dites-vous déjà… zététiques.
— C’est essentiellement un mot, mais je suis sûr que vous en maîtrisez les fondements de façon intuitive.
— Un bon enquêteur doute, c’est sûr.
— Exactement. Par exemple, dans vos interrogatoires, vous connaissez le principe des moisissures argumentatives de l’esprit ?
— Des quoi ?
— Vous voyez, c’est un des premiers postulats, si vous voulez imposer une idée, commencez par définir un vocabulaire. En fait, derrière cette appellation obscure je faisais référence à une série de processus logiques que l’on met en œuvre pour dissimuler sa mauvaise foi.
« C’est comme cela qu’après avoir fait le tour des merveilles cinématographiques qu’on associe généralement à un plat de pâtes, d’une trilogie des dollars jusqu’aux différents « il était une fois », poussant même aux limites d’un héros cradingue qui s’appellerait personne, je me noyais dans le grand Ouest américain classique en suivant distraitement les péripéties d’un Gregory Peck mené à la baguette par le sémillant égyptien Omar Sharif, plus mexicain que jamais. La scène de l’ombre d’un piton rocheux indiquant l’entrée d’une vallée merveilleuse valait bien les deux heures molles de cet « Or de McKenna ». Parfois le souvenir d’un émerveillement d’enfant suffit. Le cinéma a cette force, il peut vous marquer l’esprit si profondément que même le temps n’arrivera pas à effacer cette sensation. Distordue, délavée, déformée, mais toujours vivace, elle reviendra par surprise des décennies plus tard, essayant de se faire une place dans votre réalité mémorielle. »

Et retrouvez ICI l’ITW de Nick par miss Aline et Mamie Danièle

Piranhas de Roberto Saviano.


Le livre : Piranhas de Roberto Saviano. Traduit de l’italien par  Vincent Raynaud  Paru 4 Octobre 2018 aux Editions Gallimard, Collection Du monde entier. 22.00 euros ; (368 pages). 21 x 14 cm

4ème de couverture :
Naples, quartier de Forcella. Nicolas Fiorillo vient de donner une leçon à un jeune homme qui a osé liker des photos de sa copine sur les réseaux sociaux. Pour humilier son ennemi, Nicolas n’est pas venu seul, il s’est entouré de sa bande, sa paranza : ils ont entre dix et dix-huit ans, ils se déplacent à scooter, ils sont armés et fascinés par la criminalité et la violence. Leurs modèles sont les super-héros et les parrains de la camorra. Leurs valeurs, l’argent et le pouvoir. Ils ne craignent ni la prison ni la mort, mais une vie ordinaire comme celle de leurs parents. Justes et injustes, bons et mauvais, peu importe. La seule distinction qui vaille est celle qui différencie les forts et les faibles. Pas question de se tromper de côté : il faut fréquenter les bons endroits, se lancer dans le trafic de drogue, occuper les places laissées vacantes par les anciens mafieux et conquérir la ville, quel qu’en soit le prix à payer.

L’auteur : Roberto Saviano est un écrivain et journaliste italien.
Après des études de philosophie à l’Université Frédéric II, il s’intéresse à la question du crime organisé et réalise de nombreux reportages sur le sujet pour l’hebdomadaire L’Espresso. Il a été journaliste au Cronache di Napoli.
En 2006, à la suite du succès de son documentaire Gomorra, très accusateur à l’égard des activités de la Camorra, il est victime de menaces de mort, confirmées par des déclarations de camorristes collaborant avec la justice, et des informations révélant le projet du clan Casalesi de l’éliminer. Roberto Saviano vit sous protection policière depuis le 13 octobre 2006. Son œuvre Gomorra a été vendue à plus de quatre millions d’exemplaires à travers le monde et il a été traduit dans une quarantaine de pays.
Une œuvre théâtrale a été tirée de l’ouvrage Gomorra, écrite par Saviano avec Mario Gelardi, et une adaptation est sortie en 2008 au cinéma. Le film a obtenu le prix du jury au festival de Cannes en 2008 avant d’être choisi pour représenter l’Italie aux Oscars.
Depuis, Roberto Saviano a publié des essais et des nouvelles. Son nouveau livre-documentaire Extra pure est une plongée sous l’angle économique dans l’univers de la cocaïne.
Extraits :
« On pense toujours sont pour les adultes, mais plus jeune est la main qui manipule le chien, le chargeur et le canon, plus le fusil, la mitraillette le pistolet ou même la grenade est efficace. (…). Les armes sont faites pour les jeunes, pour les enfants. C’est vrai sous toutes les latitudes. »
« Pour devenir un enfant j’ai mis dix ans. Pour te mettre une balle dans la tronche je mettrai pas plus d’une seconde. »

Les Lectures de Maud :


C’est bouleversée que j’ai refermé ce roman sur fond de Paranza (à la fois un bateau, mais aussi un groupe d’individus vivant en bande). Nous suivons l’histoire de plusieurs enfants-adolescents qui vont peu à peu devenir et souhaite devenir des mafieux. Jouer dans la cour des grands, devenir leur propre groupe, ne travailler pour personne ; voici l’objectif qu’ils se sont fixés à tout prix. On comprend également leur envies et besoins de vouloir tout, tout de suite, en effet la mort peut les faucher à chaque virage.

Ces ados, menés par Nicolas, vont bafouer toutes les règles existantes dans le Système de Naples. Ils sont issus de familles de classe moyenne, vont à l’école, jouent à la console et pourtant ils aspirent à un autre avenir, un autre idéal. Pour cela ils vont s’unir, s’armer et braver tous les dangers pour régner sur les places et sur leur quartier, sur leur Ville. De braquage en extorsions, en passant par le deal de drogue, ils vont se faire un nom, leur paranza va se faire connaître. Elle prime sur l’individu, tous les membres agissent en leur nom et pour elle, c’est une véritable unité à elle seule. Mais quel avenir s’ouvre devant eux ?

L’auteur, après avoir publié deux documentaires sur ce thème, signe ici un très vraisemblable premier roman. La plume et le rythme nous montre la rapidité avec laquelle les jeunes veulent évoluer rapidement et griller les étapes. Les nombreux dialogues et échanges entre eux, nous montrent leurs pensées et leurs envies et aspirations. Cette lecture est choquante de réalité, percutante de réalisme. Je lirai très probablement prochainement Gomorra et Extra pure. Malgré les différentes menaces qui pèsent sur l’auteur, il continue d’écrire et je salue également son courage.

Je remercie babelio et les éditions Gallimard pour cette découverte et pour la rencontre qui a eu lieu le 08.10 qui fera elle aussi l’objet d’un retour.

Version lue : Broché

Mention : Premier roman

L’appétit de la destruction de Yvan Robin


Il y a quelques jours je vous présentée une nouvelle flingueuse : Florence.

Aujourd’hui notre apprentie Flingueuse vous propose sa première chronique sur Collectif Polar?

Allez c’est parti


Le livre : L’appétit de la destruction de Yvan Robin. Paru le 25 janvier 2019 aux éditions Lajouanie dans la collection Roman policier mais pas que…18€ ; (206 p.) ; 13 x 19 cm.
4 ème de couverture :
L’Appétit de la destruction relate les dernières heures d’un groupe de rock (Âme  less), les
frasques de son leader, les coulisses d’un milieu qui suscite bien des fantasmes.
On pense évidemment à Bertrand  Cantat (Noir  Désir), à Nicolas  Sirkis (Indochine) mais
aussi aux Rolling  Stones, aux Clash, aux Sex  Pistols, à Nirvana… à toutes ces formations
géniales menées tambour battant par des rockstars déjantées, s’autorisant tous les abus.
Une fiction parfois trash, passionnante, qui mêle tragique, transgression, disparition…
Du rock donc, des excès, du sexe… Bref de la littérature. Pas un polar mais presque…
Des libraires conquis :
“ On a envie de lire ce genre de roman, qui bouscule, qui dérange même, qui explore des
procédés narratifs sans tomber dans l’outrance, et qui malgré tout raconte quelque chose.
J’ai adoré. Dès les premières lignes, j’étais dedans et j’ai eu du mal à le lâcher. J’ai terminé
le livre un peu sonnée, un peu K-O. ” Anne – Librairie le Gang de la clef à molette.
“ Au-delà de la plume, toujours aussi maîtrisée et juste, la narration est très réussie. On est
happé de bout en bout. ” Martin – Librairie Le Passeur.
“ La démesure des personnages aux appétits destructeurs s’entremêle à la beauté des mots.
Yvan Robin explore et ose. Repousse les limites. Bouscule les émotions. Dans un souffle
alcoolisé, il nous murmure de la poésie. ” Karine – Maison de la presse Mondésir.
L’auteur : Yvan Robin est né le 10 novembre 1983. Il vit à Bordeaux. Il a grandi en Saintonge, fréquenté le collège de Jonzac et poursuivi ses études au lycée dePons. Avec des copains d’enfance, il crée un groupe “Les gens“. Cet ensemble rencontre lesuccès et se produit un peu partout en France. Avec sa nouvelle formation, « L’œil du Maître« , il a sorti un CD “Histoire d’île et d’ailes“ enregistré avec Norbert Labrousse. La disgrâce des noyés, son premier roman, a été publié aux éditions Baleine en 2011.Travailler Tue aux éditions Lajouanie en 2015. L’Appétit de la destruction aux éditions Lajouanie en 2019.
Extrait :
– Déjà la rouille de l’oubli ronge le groupe. L’effervescence du début de carrière se mue en lointain souvenir. L’antre bordelais n’est plus réservé qu’aux deuxfrères.
– Sage décision.
– Des soirées orgiaques organisées par le passé, il ne reste qu’un vague relentglaireux …
Pierre s’est mis en tête de rénover lui-même le vaste bâtiment, quifut naguère un hôtel particulier. Adrien n’aperçoit plus Alissa Von Rathqu’entre les pages Internet de sites peu fréquentables. Leur histoire n’a pas survécu à l’épisode du Fentanyl, dont la presse s’est courageusementemparée. Peu lui importe. Il garde intact en mémoire le souvenir indéfectible de Marie Delaunay. Qui vivote avec son musicien sans gloire et sans talent, une idylle qui n’a rien à envier aux platitudes des steppes mongoles … Alorsque les matériaux s’entassent au bas de l’escalier, Adrien prend le large et le train en direction de Montpellier. Il éprouve le besoin d’ajuster les distances.
Le recul aidant, les deux frères prennent conscience du versant fusionnel de leur relation. Adrien entre dans le premier hôtel qu’il trouve en sortant de la gare Saint-Roch, et paye d’avance une semaine. Il passe le plus clair de son temps à errer dans la ville, à faire la sortie des écoles à dévisager les passagers des transports en commun … A force d’opiniâtreté, il parvient à identifier la silhouette de l’homme qui lui a pris sa place dans les bras de Marie. Qui lui a volé son costume d’époux et de père.
– Matthieu Larnaudie.
– En personne …
Il sort d’une séance d’enregistrement au studio Vox, l’étui de ses cymbales sous le bras. Il déambule élégamment, chemise blanche rentrée dans un pantalon de serge bleu.
– Une dégaine de premier de la classe.
– A peu près, oui.
Adrien le suit dans les rues piétonnes du centre-ville, jusqu’au domicile familial, rue Campan. Il regarde le jour s’éteindre, et les lumières s’allumer derrière les vitres. Le lendemain, il quitte Les Alizés, pour emménager à l’hôtel Rhénan, situé dans la même rue que l’appartement. De sa fenêtre, il peut suivre à loisir les allées et venues de sa femme et de ses fils. Louis et Ferdinand sont méconnaissables. Ils ont perdu leurs joues, et leur allure bonhomme de culbuto. Fins comme des cierges, ils lui semblent poussés trop vite.

Chronique d’une flingueuse

Les mots de Flo

Il m’a fallu un peu de temps pour accrocher à cette lecture. J’avais l’impression de lire quelque chose de facile, ce que nous imaginons tous des groupes délurés, immatures, ne parvenant pas à gérer leur succès. Certes il y a de cela mais mieux encore. Ma persévérance a été récompensée dans ce roman très noir.

Côté narration, un dialogue incluant un proche du groupe nous permet d’en découvrir l’histoire, de la naissance au lycée jusqu’au présent. Nous saurons tout : la rencontre des membres, les premiers morceaux, l’arrivée du succès, la vie sentimentale des membres du groupe, les processus créatifs, la scène, le quotidien des tournées, les cures de désintoxication, la séparation puis la reformation du groupe.

A coups de chapitres très courts, Robin nous propulse dans la tête du leader charismatique, qui carbure à l’alcool, aux psychotropes, et nous fait vivre de l’intérieur la chute de cet homme, chanteur, musicien mais aussi comédien chargé de jouer son rôle de rock star sur scène lors de chaque concert. Chute, déchéance aussi car c’est bien de cela dont il s’agit, nous en prendrons conscience très rapidement.

Qu’est-ce qui fait que ce roman a fini par me plaire autant ? Deux raisons à cela : la construction du roman est particulièrement réussie. Moi qui ne le fais jamais, arrivée au terme de ma lecture, je suis retournée au début du livre, pour retracer le chemin des différents narrateurs du récit. Et cette relecture a été magique ! Yvan Robin parvient à faire coexister le réalisme de certaines scènes où drogues, alcool, sexe, dégradations des lieux, errance dans les rues avec des tournures poétiques, des extraits de chansons qui forment au final un tout parfaitement homogène et hypnotique. L’écriture d’Yvan Robin est tout simplement magnifique, une poésie crue.

 Les tous derniers chapitres sont particulièrement puissants et émouvants. Je ne suis pas prête d’oublier cette lecture !

L’appel du Néant de Maxime Chattam.


Le livre : L’appel du Néant de Maxime Chattam. Paru le 8 novembre 2017 chez Albin Michel dans la collection Thriller.  22€90 ; (516 p.) ; 23 x 16 cm.
Rééditer en poche le 14 février 2019 chez Pocket dans la collection Pocket Thriller. 8€60 ; 18 x 11 cm.

4e de couv : 

Tueur en série…
Traque infernale.
Médecine légale.
Services secrets.
… Terrorisme.
La victoire du Mal est-elle inéluctable ?

Ce thriller va détruire vos nuits et hanter vos jours.

L’auteur : Est-il besoin de le présenter ? Né le 19 février 1976 à Herblay, dans le Val-d’Oise, Maxime Chattam fait au cours de son enfance de fréquents séjours aux États-Unis, à New York, à Denver, et surtout à Portland (Oregon), qui devient le cadre de L’âme du mal. Il suit le Cours Simon à Paris en parallèle de ses études. Après le bac, petits boulots, Lettres Modernes à la fac. Il suit des cours en criminologie et écrit sous différents pseudo. Depuis une bonne dixaine d’année maintenant, Maxime Chattam est l’un des maîtres du thriller français dont l’imagination intarissable est régulièrement saluée par la presse. Il a vendu plus de 7 millions d’exemplaires en France et est traduit dans une vingtaine de pays. Après La Conjuration Primitive et La Patience du Diable, ce troisième épisode des enquêtes de la Section de recherches de Paris nous plonge dans le monde des pires criminels et à la racine du Mal moderne.

 

Extrait :
L’homme a souvent considéré, à tort, que les ténèbres consistent en une entité propre, alors qu’elles ne sont qu’absence de lumière. Elles n’existent que par un manque et, s’il faut convenir qu’elles incarnent bien quelque chose, ce n’est rien d’autre que le néant.
Telle était en tout cas la conviction de la jeune femme qui se tenait ramassée sur elle-même dans un coin de l’étroit réduit silencieux et aveugle. Elle enserrait de ses bras ses jambes repliées contre sa poitrine, le menton calé entre les genoux. Bien qu’il n’y ait pas le moindre photon pour l’éclairer, elle savait que son visage devait être crasseux, elle devinait la terre séchée qui lui croûtait les joues et le front, sa peau de porcelaine maquillée de zébrures de poussière noire, les boucles blondes de sa chevelure appesanties par la saleté lui tombant sur les épaules, sa beauté dissoute dans le vide de l’attente, dans l’angoisse et l’obscurité.

 

La recommandation de Jean Luc

Ludivine Vancker et ses collègues de la section de recherches de Paris enquêtent sur un tueur insaisissable dont les traces ne permettent pas son identification. Lorsque les services secrets français décident de participer à la résolution de l’affaire, les mots tueur en série et terrorisme sont associés.

13Avec l’Appel du Néant, l’auteur renoue avec ce qu’il fait de mieux, autrement dit le polar !

Les personnages sont intéressants, on y retrouve les personnages de l’une de ses derniers enquêtes policières, et même si on ne se rappelle plus les enquêtes précédentes, cela n’est pas gênant pour dévorer cette histoire sur fond de terrorisme.
L’auteur s’est beaucoup documenté sur les rouages de toutes les émanations de la police française, on y apprend quantité de choses en matière de procédés scientifiques, d’enquêtes, de technologies liées aux communications, du fonctionnement de la nébuleuse intégriste. C’est réellement passionnant, il pose aussi la question de la réaction de notre société face au terrorisme, il explique la montée du terrorisme, et il décrit aussi au passage la complexité du monde arabe.
Cela pourra paraître compliqué pour certains, mais moi, ça m’a passionné et rend cette enquête encore plus crédible.
Et aussi, il y a la signature propre à l’auteur avec son univers bien particulier surtout lors de la première moitié du livre !
Mais je n’en dirai pas plus…
Au final, ce thriller est nettement supérieur aux autres parce qu’il pourrait être vrai, et cette enquête est vraiment passionnante avec un final à la hauteur.
Un très bon polar comme je les aime.

Haines de Pierre Pouchairet


Le livre : Les trois Brestoises Volume 1Haines de Pierre Pouchairet. Paru le 25 Mai 2018 aux Editions du Palémon. Collection : Enquêtes en série. 10€ ; (280 pages) ; 11  x 18 cm


4ème de couverture :
Après une longue période professionnelle dans les Stups à Nice (voir Mortels Trafics), Léanne vient d’être nommée à la tête de la Police judiciaire finistérienne, quand le sauvage assassinat d’une vieille dame, Corentine Ledantec, trouble la quiétude de la commune de Combrit en Pays bigouden. Qui pouvait en vouloir autant à cette nonagénaire, certes fielleuse ?
L’enquête est confiée à la commandant qui lance les investigations avec des méthodes déroutant parfois ses collègues, mais pour elle, nécessité fait loi. Épaulée par ses amies de jeunesse – Élodie, devenue médecin légiste, et Vanessa, psychologue dans la police nationale – Léanne devra démêler l’écheveau des haines larvées qui animent les malfrats les plus retors comme les gens sans histoires.

L’auteur : En France et à l’étranger, Pierre Pouchairet a vécu les procédures, les ambiances et les « milieux » qui inspirent ses romans. Dans ses livres éclate une vérité qui dépasse l’imagination, la vérité d’une vie engagée… Pierre POUCHAIRET est né en 1957. Dans une vie précédente, il était commandant de la police nationale, chef d’un groupe luttant contre le trafic de stupéfiant à Nice, Grenoble ou Versailles… Il a également été à plusieurs reprises en poste dans des ambassades, a représenté la police française au Liban, en Turquie, a été attaché de sécurité intérieure en Afghanistan, pays qu’il a parcouru du nord au sud. Il a passé plus de 4 ans à Kaboul, y a été témoin de nombreux attentats et y a travaillé en étroite collaboration avec les Afghans…
Aujourd’hui à la retraite, il vit à Jérusalem. Il a publié en 2013 un livre témoignage Des flics français à Kaboul et Coke d’Azur en 2014. Avec, à chaque fois, cette volonté de mettre au grand jour – et sous la lumière crue du terrain – la réalité brute de notre Histoire contemporaine.

 

Extraits :
« Ce fut encore agacée par la discussion que Léanne enfila la tenue de protection qu’elle compléta d’une charlotte, de gants et de sur chaussures. Spécialisée dans les stups pendant de nombreuses années, elle n’avait pas trop l’habitude de ce déguisement. Là où certains voyaient une tenue de cosmonaute, elle avait l’impression de se cacher dans un préservatif géant. Elle s’énerva sur la fermeture de la combinaison avant que la glissière accepte de se fermer.
Elle s’approcha enfin de la maison. Il s’agissait d’un pavillon à un étage, bordé par un jardinet d’une dizaine de mètres de large. L’accès à l’habitation se faisait soit par une porte centrale, desservie par un escalier en façade, soit sur le côté, en passant par la cave puis un escalier intérieur.
Elle prit par l’entrée principale. Un vestibule desservait sur la gauche une cuisine, sur la droite, une salle à manger avec à l’arrière un coin salon, ce fut là qu’elle trouva le gros de la troupe.
Le corps était étendu sur le sol, face contre terre.
Léanne balança un regard interrogateur en direction de Leroux.
— La maison a été sommairement fouillée, ça laisse tout de même une impression étrange, j’ai plus le sentiment que l’on a tout saccagé que cherché quelque chose.»

Les Lectures de Maud :

 Très heureuse de retrouver Léanne, découverte dans l’opus précédent Mortels Trafics, partie de Nice, la voilà de retour dans la région de son enfance. Nouvelle équipe, nouvelle enquête, elle va devoir prendre ses repères et démêler cette sombre affaire. Femme fraîchement débarquée, tout le monde l’a à l’œil, au moindre faux pas elle va dégringoler. Tenace et toujours équipée de son caractère bien trempé, elle va se faire une place et aller de l’avant et éviter que son affaire se retrouve entre les mains de la gendarmerie.

Une histoire, qui de prima bord, parait simple va au contraire se révéler très complexe. Mettant les nerfs à rude épreuve de toute la brigade, des politiques, des magistrats. Jusqu’où est-elle prête à aller pour que justice soit faite ? La Bretagne n’est pas Nice, la criminelle fonctionne différemment que la brigade des stup’. J’apprécie beaucoup aussi la tentative de rapprochement entre la Gendarmerie et la Police, si souvent opposées.

Elle va retrouver ses amis d’enfance, Vanessa devenue psychologue et Elodie médecin légiste. A elles trois, un trio qui fonctionne bien et qui amène du dynamisme et de la fraîcheur dans ce monde d’hommes.

Une nouvelle fois emportée par la plume de l’auteur, direct, dynamique et qui ne manque pas de rebondissements ni de retournements de situation. Un opus, où Léanne se dévoile un peu plus et qui montre certains aspects de sa personnalité qui, je l’espère ne lui brûleront pas les ailes. Une lecture que je recommande évidemment !!! Je vais très rapidement découvrir La Cage de l’Albatros, et retrouver avec plaisir Leanne !!!!