Parasite de Sylvain Forge


Le livre : Parasite de Sylvain Forge – Paru le 13/03/2019  aux éditions Mazarine dans la collection Thriller . 17 € ; (426 pages) ;  13 x  21 cm

4ème de couverture :

La capitaine  Marie Lesaux, fraîchement débarquée au sein de la brigade de protection de la famille de Clermont-Ferrand, se voit confier, sous le sceau de la plus grande des confidentialités, l’étrange mission de tester les capacités de son nouveau coéquipier. Valmont, réputé infaillible et doté d’une puissance de travail sans égale, serait capable d’élucider des affaires non résolues, quelle que soit leur complexité.

De fait, Valmont n’est pas un policier comme les autres, mais bien une somme d’algorithmes, un formidable programme expérimental ultra secret à la puissance de calcul phénoménal mis en place par l’État français pour lutter contre toutes les formes de criminalité  : un savant mélange d’intelligence artificielle et de réalité virtuelle que Marie va devoir appréhender pour mieux comprendre le formidable champs des possibles permis par la police 2.0.

Assistée d’Ethan Milo qui a travaillé sur le projet et qui vit cloué dans un fauteuil des suites d’un attentat, mais en but à l’hostilité de certains de ses collègues, la jeune capitaine va mettre Valmont sur le cas du «  suicide  » d’une fillette d’origine africaine retrouvée au pied d’une tour.
La gamine est-elle vraiment tombée toute seule ? Quel crédit accorder à cette rumeur insistante dans les quartiers, entre terreur et légende urbaine, indiquant qu’une «  hyène  »  vaudou, mi-homme, mi-animal, tournerait dans les citées pour «  voler  » des jeunes filles  ?

Le fait est que des disparitions ont bel et bien eut lieu et que la population se tait. Un symbole étrange, là où il n’y avait été question que de morts naturelles ou d’accidents, se trouve sur bien des scènes de ce qui va très vite devenir des crimes irrésolus.

Il se trame quelque chose dans l’illusoire banalité des jours…

Marie et Ethan Milo, aidés du programme Valmont, vont bientôt être confrontés à une épouvantable vérité venue du fond des âges.

L’auteur …Né(e) à : Vichy , 1971. Après une enfance en Auvergne, des études de droit et un passage à Paris, Sylvain Forge voyage et s’imprègne de multiples ambiances, de l’Afrique du Sud au Canada. Il vit désormais à Nantes.
Un premier roman – resté dans un tiroir – plante en lui les germes d’une passion future pour l’écriture. Durant plusieurs années, il bâtit des scénarios de jeux de rôle qui lui donnent le goût de raconter des histoires. Élaborer une intrigue bien ficelée : voilà son plaisir.
Son premier livre, « La ligne des rats », paru en mai 2009 aux éditions Odin (Nantes), est un thriller écologique sur les pesticides.
Sylvain Forge est aussi amateur d’histoire ; ancien guide touristique, il a signé avec « Le vallon des Parques » (éditions du Toucan) un deuxième opus dont les péripéties se déroulent à Vichy en 1943.
L’auteur a bouclé un troisième roman paru fin 2013 « La trace du silure » dont l’intrigue se déroule à Nantes.
Il a reçu le Prix 2018 du quai des Orfèvres au nouveau siège de la PJ parisienne pour son roman « Tension extrême ».  
Extraits :
  « Les escape room, selon ce qu’il comprenait, étaient des jeux d’évasion grandeur nature où les participants, réunis en groupes, disposaient d’un temps donné pour s’échapper d’un endroit clos. Pour ce faire, ils devaient découvrir des objets et résoudre des énigmes, en se prenant pour des chevaliers, des détectives ou les passagers d’une navette spatiale, selon les thèmes du moment.
Un truc pour se faire peur.
L’antre de Jack, sans surprise, proposait une immersion dans un décor londonien, contemporain de Jack l’Éventreur. Masson voulut téléphoner au commissariat avant de se raviser : monter une opération mobilisant du personnel en si peu de temps relevait de la mission impossible. Il se contenta d’un coup de fil à la brigade, prétextant un motif personnel. Le collègue qu’il cherchait décrocha.
— Salut Pierre, dis-moi, j’ai logé un drôle de pistolet qui bosse dans une salle de jeu dénommée L’antre de Jack. Tu connais ?
— Et comment !
— Pour quel motif ?
— C’est la Mecque de l’escape room. Tous les ados y sont. Ils ont au moins trois parcours. Il y a des espaces un peu sales, genre backroom. On sait que ça deale pas mal et il doit y avoir du racolage. Si mes gamins vont là-bas, je les tue. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Parasite de Sylvain Forge

On attendait le lauréat du mythique prix du Quai des Orfèvres 2018 … saura-t-il transformer l’essai ? En fait d’essai Sylvain Forge signe ici son huitième thriller (Pire que le mal étant une réécriture de La ligne des rats) et situe son action en Auvergne, sa région natale. Dans la même région que Sous la ville, mais en surface cette fois et le lieu importe peu dès lors que l’action se situe en province.

Après Tension extrême où le lecteur était plongé dans le quotidien flippant et connecté et qu’il proclamait la main sur le cœur qu’il ne se laisserait pas prendre et qu’il veillerait à cette hyper dépendance, cette fois il se dit qu’il peut être le jouet des manipulations de ses congénères … sans aucune forme de réaction possible.

Heureusement la haute technologie lui fait entrevoir le salut, sous la forme d’un logiciel expérimental. On sent très présent le professionnalisme de l’auteur sur le sujet.

Un darknet sous-jacent, de la maltraitance et l’exploitation des personnes fragiles, la souffrance des victimes, autant de thématiques humanistes que développe Sylvain Forge au fil de ses romans.

Deux volets donc dans ce thriller : l’humain et la technologie, qui font leur petit bonhomme de chemin au cours de ces 426 pages, très richement documentées, en s’imbriquant progressivement.

Que dire de plus que la 4ème de couverture déjà bien (trop) évocatrice, sans déflorer l’intrigue ?

J’ai beaucoup aimé !

Le rythme y est soutenu, les chapitres courts, les personnages attachants et singuliers, même Valmont qui inspire la crainte mais démontre son efficacité contre vents et marées.

Oui Sylvain Forge tient ses engagements et cependant promet de changer (oui vraiment) de genre pour 2020 avec tout de même du noir, mais moins de flics !

Je remercie l’auteur pour sa confiance et les éditions Fayard-Mazarine pour m’avoir permis de lire ce thriller en avant-première

extraits 2 – 3 et 4 :
« Marie fit un pas dans sa direction quand il lui sembla que quelque chose vivait dans les ramifications du taillis. Une chose que Marie aurait pu tirer de sa torpeur et qui, désormais, flairait sa présence. La jeune femme se figea aussitôt. Le végétal occupait pratiquement toute la cave. Les feuilles vibraient et bougeaient, sans brise aucune, et ses fruits faisaient de même, comme des clochettes. Jamais Marie n’avait rencontré pareille créature. Le duvet de ses bras se dressa sous ses manches comme les poils d’un chat avant même qu’elle n’eût pris conscience de la terreur qui venait de la submerger. »
 
« À un certain niveau d’implications, la criminalité devient intouchable, comme l’argent de la drogue lorsqu’elle est réinjectée dans l’économie légale. Et avec la pédophilie, c’est pareil ».
« L’imagerie cellulaire à haut débit a bouleversé notre compréhension de la vie parasitaire, commenta la scientifique en cliquant sur un fichier présent sur le bureau de son ordinateur.
— De quoi s’agit-il ?
— Une séquence reproduite à l’aide d’un microscope automatisé : des milliers d’images qui témoignent comme dans un film de l’activité du toxoplasme. »
 
« — En général, le toxoplasme se fixe dans la zone du cerveau dite « limbique », là où sont régulées diverses émotions, comme la peur. Chez la souris, quand tout fonctionne normalement, des neurotransmetteurs déclenchent une attirance face à l’odeur d’une femelle et une répulsion lorsque surgit l’odeur du chat. C’est ainsi que le rongeur est conditionné pour survivre. Mais ce que nous voyons en ce moment, c’est comment le parasite s’y prend pour tout court-circuiter.
— Il affecte le cerveau du chien, comme celui des rongeurs ou des chimpanzés ? lança Marie.
— Exactement. »
 

mots clefs : 

Le crime était signé de Lionel Olivier.


Le livre : Le crime était signé de Lionel Olivier. Paru le 18 novembre 2015 chez Fayard dans la collection Policier. 8€90 ; (353 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

À peine seize ans, cette gamine retrouvée nue, étranglée près du cimetière… Et ces pervers qui s’exhibent entre les tombes… Et ce fumier qui croit séquestrer l’innocence qu’il a perdue…

Morte d’avoir trop ou mal aimé ?

Des halls de banlieue, zones de non-droit, à la propriété somptueuse d’aristocrates au-dessus des lois, la Crim’ est malmenée, impuissante à répondre au drame des parents ! Alors que l’ADN reste muet, un témoin «signe» une vérité singulièrement humaine…

 

L’auteur : Né en 19 décembre 1949 Lionel Olivier est commandant fonctionnel de police à la retraite..
Il a choisi en 1974 d’être inspecteur de police (officier aujourd’hui). De 1975 à 1989, il a été en poste à Dieppe (Seine-Maritime) comme chef d’unité de police de Sécurité publique.
Puis nommé en 1990 à Auxerre (Yonne) où il a occupé différentes responsabilités, au grade de commandant, avant de prendre sa retraite.
Son roman, « Le Crime était signé », a reçu mardi 17 novembre 2015 le prix Quai des Orfèvres 2016 . Admirateur de Simenon et de Kafka, loin des stéréotypes des séries américaines, Lionel Olivier plonge ses lecteurs dans l’univers clos du polar à la française. Proches d’un milieu qu’il a côtoyé, ses héros de coeur – flics et voyous – se rencontrent menés par un destin implacable.
Extrait: 
« Un lieu et des murs où le groupe Fergeac se retrouvait après avoir affronté la tempête. Des copains parmi les journalistes qui essayaient de vous tirer les vers du nez. Et tout continuait en chamailleries distrayantes. On en repartait requinqué pour de nouvelles aventures, de celles qui attendent les flics dans leur chasse aux malfrats et aux criminels. Ressourcé pour un boulot qui n’en finirait donc jamais… » (Page 352).

 

L’expertise de Cathie

Le crime était signé est extrêmement bien documenté, ça sent le vécu, comme qui dirait. Normal, puisque son auteur a fait carrière dans la police. Il n’empêche que ce roman s’apparente beaucoup à un documentaire tant le texte est émaillé de nombreuses précisions concernant la procédure à suivre : interrogatoires, enquêtes de voisinage, visionnage des videos enregistrées par les caméras de surveillance, épluchage des appels téléphoniques passés par les suspects, les perquisitions, les planques, etc…

Le style est simple, le langage accessible à tous, avec de nombreux dialogues et des répliques savoureuses à « la Audiard » dans sa meilleure période, celle des « Tontons flingueurs ». Avec une touche d’humour propre à l’auteur.

Le +: un vrai témoignage sur la police d’aujourd’hui vue de l’intérieur, particulièrement pertinent dans le contexte actuel du malaise d’une police qui doit faire face à des événements auxquels elle n’est pas forcément préparée ( le terrorisme, la cyber-criminalité), dans une société meurtrie, à la dérive.

Regard « professionnel » qui nous permet de mieux comprendre le quotidien de ces hommes et femmes qui ont choisi de protéger leurs concitoyens malgré un système inadapté :

« A trop vouloir copier le système américain, la justice française nous fait perdre un temps fou. -Tu n’as pas digéré cette réforme? -Tu peux me dire pour quel bénéfice? Les frais de justice atteignent maintenant une croissance dingue, alors qu’on manque de tout ici. »(Page 62) 
«Ce ne sont pas les locaux qui ont fait notre force, notre renommée, c’est notre capacité à nous serrer les coudes, à faire face à l’adversité. A rebondir. A gagner. » (Page 350)

=> Loin de moi l’idée d’excuser tous débordements et leurs conséquences, mais c’est très intéressant de voir l’envers du décor.

Pourtant aucune amertume dans la plume de Lionel Olivier: il raconte les faits, le quotidien avec les moyens souvent insuffisants, les tâches à accomplir pour résoudre l’affaire en cours…les questionnements, les doutes, les frustrations face aux échecs; mais aussi la satisfaction de voir une affaire se conclure avec l’arrestation du ou des meurtriers…Avec beaucoup d’humour et d’humanité. Tout n’est pas noir ou blanc: ceux qui vivent dans les immeubles en banlieue ne sont pas tous des délinquants; et ceux qui vivent dans des hôtels particuliers ne sont pas tous des parangons de vertu.

Le crime était signé est un roman bien ficelé, qui se lit tout seul, avec de l’action sans rien de spectaculaire, des personnages humains et bien campés. Un très bon divertissement.

Chacun sa vérité de Sara Lövestam


 

 Le livre : Chacun sa vérité : une enquête du détective Kouplan de Sara Lövestam. Traduit du suédois par Esther Sermage. Préface de Marc de Gouvenain. Paru le 3 novembre 2016  Robert Laffont ; La Bête Noire.  19€  ; (287 p.) ; 23 x 14 cm

Rééditer en poche chez Pocket le 11 janvier 2018. 6€95 ; (301 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

« Si la police ne peut rien pour vous, n’hésitez pas à faire appel à moi. »

Kouplan, détective sans-papiers

Depuis trois ans, Kouplan est en « situation irrégulière ». Sa demande d’asile a été rejetée par la Suède mais il ne peut rentrer dans son pays, l’Iran, sans risquer sa vie. Dans l’attente d’un avenir meilleur, il lui faut échapper à la vigilance quotidienne des autorités, tout en gagnant assez d’argent pour subvenir à ses besoins : ex-journaliste, il songe à poursuivre dans l’investigation. Un jour, il propose ses services sur Internet et une femme lui répond : sa fille de six ans a été enlevée. Cette enquête va le précipiter dans le Stockholm underground, ces recoins de la ville où les clandestins sont des proies faciles pour les criminels…

 

L’auteur : Née en 1980, Sara Lövestam était professeur de suédois pour les immigrés avant de devenir journaliste et écrivaine à plein temps. Elle écrit notamment une rubrique pour l’important magazine gay QX. Pour son premier roman, Différente (Actes Sud, 2013), elle s’est vu décerner le prix du Swedish Book Championship. 

 

Extrait :
Prologue

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UNE PLUIE BIZARRE TOMBAIT le jour où on a enlevé Julia, un fin crachin qui vous mouillait peu à peu, insensiblement. Julia l’avait dit, d’ailleurs :
— Regarde la pluie, maman ! Elle ne fait pas plic ploc, les gouttes ressemblent à des moustiques ou à… Ça s’appelle comment, déjà ? les petites bêtes qui volent ? Maman ?
Lorsqu’elle a levé son nez mouillé, la capuche de son blouson imperméable est tombée en arrière pour la quinzième fois. Je la lui ai remise d’un geste qui, a posteriori, me paraît sans grande affection ni tendresse, et je lui ai pris la main.
— C’est à des moucherons que tu penses ? Allez, viens, Julia, on est un peu pressées, tu sais.
Elle s’est libérée de mon emprise et s’est obstinée, comme elle le faisait souvent dans ce genre de situation. Comme elle le FAIT. Comme elle le FAIT souvent.
— Ah ! oui, c’est ça, des moucherons.
J’ai tellement pensé à ces mots… Les dernières paroles de ma fille en ma présence : « Ah ! oui, c’est ça, des moucherons. » Comme si elles recelaient un indice quelconque.

 

Le post-it de Ge

Pour gagner sa vie tout en restant sous les radars, Kouplan propose ses services comme détective privé. Se faire invisible, évoluer dans la jungle du Stockholm underground, il connaît : ancien journaliste d’investigation dans son Iran natal, Kouplan est sans-papiers. La fillette de sa première cliente a disparu. Pour une raison mystérieuse, elle aussi souhaite éviter l’administration… Dès lors, de bête traquée, le clandestin se fait chasseur.

Premier volet de la tétralogie Kouplan, Chacun sa vérité a reçu le prix de l’Académie suédoise des auteurs de polars 2015.

Sara Lövestam n’en ai pas à son coup d’essai, elle a déjà écrit plusieurs romans, tous traduits dans de nombreuses langues.  Même si ce quatrième roman est bel est bien un premier roman policier. Pour notre jeune auteur, c’est la première fois qu’elle s’attaque à ce genre si particulier et elle le fait avec brio. Grâce à des personnages souvent en marge ou en quête d’identité, elle réussit à mettre subtilement en lumière les enjeux de société actuels et amène ses lecteurs à questionner l’ordre établi.

Son talent est salué par la critique, unanime, et par son public, toujours plus fervent. En 4 livres elle a déjà reçu deux prix, c’est dire !

 » Sara Lövestam fait sensation en Suède !  » Emily Barnett, Grazia
 » Une véritable bouffée d’air frais sur la scène policière scandinave.  » Ulrika Johnsen, QX

Personnellement j’ai adoré ce personnage atypique ‘enquêteur. Kouplan a quelque chose de vraiment singulier, de totalement humain. A travers lui, l’auteur porte un regard extérieur aux problèmes  de l’exclusion, la peur de l’autre, de ce qui nous est différent, la xénophobie mais aussi le racisme plus ordinaire.

Elle nous amène à réfléchir au modèle de société que nous voudrions voir pointer son nez. Sur notre avenir, sur le savoir vivre ensemble. Mais aussi sur notre modèle économique qui semble à bout de course.

A travers les yeux Kouplan, c’est nous qui nous interrogeons.  quel positionnement avons-nous face au chômage, à l’exclusion,  aux économies parallèles et sa délinquance. Face à la situation actuel de notre monde qui déverse chaque jour sa cohorte d’immigrés et de réfugiés.

Je vous l’avez dit, Kouplan est singulier, c’est notre part d’humanité qui parle à travers lui !

Elijah de Noël Boudou


Le livre : Elijah de Noël Boudou. Paru le 27 février 2017 chez Flamant Noir Editions. 19€50 ; (275 p.) ; 22 x 14 cm

4e de couv : 

Elijah. C’est le prénom de mon petit frère.
Celui que je lui ai choisi quand on me l’a mis dans les bras.

Il est né alors que la violence était devenue une routine à la maison. Mon ivrogne de père terrorisait tout le monde et nous frappait tous les jours, ma mère et moi, sans que personne ne l’en empêche.

Jusqu’à ce fameux soir… Quand j’ai eu dix-huit ans.

J’ai attendu qu’il soit ivre à nouveau et je l’ai égorgé de sang-froid dans la cave. Hélas, ma mère venait de mourir sous ses coups en me laissant un petit frère pas comme les autres :

Aujourd’hui, il a dix ans et il est handicapé.
Je m’occupe de lui depuis sa naissance. Je sais mieux que quiconque ce dont il a besoin. Il est mon unique raison de vivre. Ensemble, on est plus forts que tout, et rien ne peut nous séparer.

Mais un jour ils sont venus chez moi pour le kidnapper.
Qui sont ces hommes ? Pourquoi cet enlèvement ?

C’est à ce moment-là que j’ai perdu toute raison.
Je suis devenu un monstre. Comme eux.

Et la traque pour sauver Elijah, qui ne survivra pas longtemps sans moi, a commencé.

L’auteur : Noël Boudou-Pergay est né à : Toulouse , le 28 novembre 1974 est nouvelliste et romancier.
Il a travaillé pendant quinze ans au CHU de Limoges. Il travaille aujourd’hui à domicile avec des personnes âgées ou handicapées.
« Elijah », son premier thriller, a été publié en 2017.
Père d’une petite fille, il est également musicien et chanteur.

 

Extrait :
Il y a exactement dix ans, j’avais attendu que mon père soit une fois de plus ivre mort, comme il l’était pratiquement chaque soir. J’avais patienté jusqu’à ce qu’il me tape, me crache dessus, m’insulte un peu, puis me fouette avec la boucle de son gros ceinturon de cuir afin d’être sûr de me faire véritablement mal. Et j’avais fait semblant de crier, de souffrir, de gémir, de le supplier, pendant qu’il finissait de se torcher à coups de longues gorgées de whisky, en renversant la moitié sur sa chemise à carreaux noirs et bleus.
Une fois la bouteille vidée, il me l’avait balancée en pleine poitrine de toutes ses forces. J’avais fait semblant de geindre et de m’écrouler dans l’escalier qui descendait à la cave, puis j’avais rampé jusqu’au meuble au fond de la pièce, sous lequel j’avais caché le couteau à viande aiguisé comme un rasoir. Ensuite, je m’étais allongé en bas des marches en pleurnichant assez fort pour qu’il m’entende. Je savais qu’il en avait horreur.

Le Off de Oph

Elijah de Noël Boudou   chez Flamant Noir Editions.

Avant de vous livrer mon ressenti, qui je précise a été très difficile à rédiger, je tiens à remercier Noël Böudoü et notre goût commun pour Disturbed dont je vous conseille d’écouter le dernier album. Il a accompagné ma lecture mais aussi la rédaction de cette chronique et il se marie particulièrement bien avec ce roman.

Elijah: Chronique d’un chambouleversement!

Elijah, tu es un enfant pas comme les autres. Ta mère est morte sous les coups de ton père. Ton père est mort égorgé par ton frère. On peut dire que tu es né dans le sang, dans tous les sens du terme.
Tu es devenu « le soleil » de ton frère, son unique raison de vivre au point qu’il s’est déshumanisé pour toi:
« Elle m’a demandé quel était mon prénom, alors je lui ai répondu que j’avais eu un prénom, autrefois, mais que je ne m’en servais plus. Qu’elle n’avait qu’à m’appeler « le frère d’Elijah ». »
Tu es devenu son univers. Ce frère qui ,rituellement, t’embrasse
« sur le front. Toujours.
Sur le bout du nez. Toujours.
Sur le menton. Toujours. »
Ce frère qui, quand tu as été enlevé, est devenu fou.

Ce roman, le premier de Noël Boüdoü m’a complètement chamboulée, bouleversée. Il est violent. Extrêmement violent. Certaines scènes, très visuelles, m’ont donné des hauts le cœur tant elles sont crues et sans filtre.
La souffrance est omniprésente, elle est viscérale et s’immisce dans nos esprits de lecteurs au point de la ressentir physiquement tant l’auteur la décrit avec précision et justesse.
Mais paradoxalement, il émane de ces pages tant de lumière. L’amour que ressent le frère d’Elijah pour celui qu’il appelle « son soleil » est inconditionnel, il est si pur et si fort qu’il est impossible de voir en ce jeune homme un monstre, et pourtant… Lui qui a voué sa vie à son jeune frère est devenu ce que son père a fait de lui.

Ce roman est une pépite, un de ces rares romans qui vous fait ressentir physiquement les émotions des personnages: l’amour, la haine, la colère, la révolte, la peur, la douleur…
Sous le prisme des violences intra-familiales, Noël dresse un portrait en clair obscur du frère d’Elijah. Un ange déchu, un jeune homme dans lequel cohabite l’enfant brisé et l’adulte aimant, protecteur, capable de tout pour ce petit frère qu’il vénère.
Les apartés dans la tête d’Elijah apportent une touche supplémentaire d’émotions et permettent de montrer à quel point l’amour entre les deux frères est au-delà de tout.
Les personnages sont poignants et bouleversants dans ce qu’ils ont de beau et monstrueux, écœurants dans ce qu’ils ont de perversion et de violences.
La fin du roman m’a emmené dans les tréfonds de mes émotions et je n’ai pu retenir mes larmes, la douleur me vrillant les tripes.

« Elijah » fait parti de ces romans inclassables qui mériteraient d’être distribués plus largement et d’avoir plus de visibilité tant par la qualité de la plume de son auteur, que par son histoire bouleversante.

Ce roman ne se lit pas, il se vit.

Elijah, ton frère et toi allez m’accompagner longtemps. En rédigeant ces lignes, mes larmes coulent encore. Vous avez marqué ma vie de lectrice de votre empreinte.

Guerilla Social Club de Marc Fernandez


LA DOUBLE CHRONIQUE

Aujourd’hui les jumelles Flingueuses vous propose chacune leur avis sur un même bouquin

Ce matin c’est Maud qui nous parle de sa lecture

Ce soir c’est Ophélie qui nous soumettra son Off de Oph

Allez c’est parti !


Le livre : Guerilla Social Club de Marc Fernandez. Paru 8 Mars 2017 aux Editions Préludes – Collection Préludes Noir. 15.60 euros. 288 pages. 13 x 20 cm –

Paru le 3 Octobre 2018 aux Editions Le Livre de poche Collection Policiers – 7.20 euros. 288 pages. 11,1 x 1,3 x 18 cm

4ème de couverture :
Deux hommes disparaissent à Madrid. Un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois, le même scénario : les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé. Toutes ont aussi un passé commun : leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980.
Parmi ces disparus figure l’un des amis du journaliste madrilène Diego Martín. Il décide de se pencher sur cette affaire pour son émission de radio, aidé par la détective Ana Durán, sa complice de toujours, et par l’avocate Isabel Ferrer.
Une enquête de tous les dangers qui va les mener de l’Espagne à l’Argentine en passant par le Chili, et les obliger à se confronter aux fantômes de l’Histoire. Ce qu’ils découvriront fait froid dans le dos, car, quarante ans après l’opération Condor, le rapace continue de voler.

L’auteur : Journaliste depuis plus de 15 ans, il a longtemps été chargé de suivre l’Espagne et l’Amérique latine pour Courrier International.
Co-auteur, avec Jean-Christophe Rampal, de « La ville qui tue les femmes, enquête à Ciudad Juárez », de « Pinochet, un dictateur modèle » (Hachette Littératures) et du roman « Narco Football Club » (éditions Moisson Rouge). Ils ont également réalisé le webdocumentaire « La Cité des mortes ».
« Mala Vida » est son premier roman en solo.
Marc Fernandez tient le blog polar Mauvais genre sur Slate.fr
Extraits :
« Dieu que c’est bon de pouvoir parler librement. De dire qu’on n’est pas d’accord avec le gouvernement ou son voisin, sans risquer d’être arrêté, torturé, jeté en prion ou, pire, de prendre une balle entre les deux yeux. D’écouter la musique que l’on veut. De choisir les journaux et les livres que l’on va lire. De vivre, tout simplement. En démocratie. Système certes imparfait, mais on n’a rien trouvé de mieux jusqu’à présent. »

Les Lectures de Maud :

Guerilla Social Club de Marc Fernandez


Nous voici de nouveau en compagnie de Diego qui va se retrouver embarquer dans une nouvelle affaire. Des enlèvements inexpliqués se produisent un peu partout jusqu’au moment où un de ses amis en est victime également. Qu’ont-elles en commun ? Pourquoi ? Comment ? De nombreuses questions interrogations vont naître dans son esprit et se multiplier.

Des personnages, rencontrés initialement dans Mala Vida, que l’on fait une joie de retrouver dans ce nouvelle opus. Ils vont se dévoiler peu à peu, leurs sentiments, leurs craintes et les caractères se dévoilent. Ils vont s’unir et faire-front commun afin de soutenir et encadrer Diego dans sa quête de vérité. Le danger est tout prêt, les guette. Si les réponses se trouvaient ailleurs !!

Après avoir lu Mala Vida récemment je me suis plongée dans ce nouvel opus. Quel régal de retrouver cette plume particulière qu’à l’auteur, dynamique et entraînante à souhait, pour le plus grand plaisir des lecteurs, enfin pardon je parle déjà pour moi. Ce travail de recherches, car oui, il faut savoir que sur fond de roman, les intrigues mêlent à la fois imaginaire sur fond d’histoire vraie pour ce qui est du thème. Un rythme à couper le souffle qui donne vraiment envie d’aller au bout de cette œuvre et connaître la vérité. On ressent la passion, le frisson, l’envie de l’auteur de nous ouvrir les yeux sur notre Monde. De plus, aussi incroyable soit-il, nous ne lisons ni un cours d’Histoire, ni une œuvre à scandale ; rien que des faits relater et vécus par ce journaliste radio, avec sa sensibilité, ses espoirs, ses craintes, …

Je ne peux que vous encourager à découvrir cette trilogie composée de Mala VidaGuerilla Social Club et Bandidos.

Bravo à l’auteur qui a su me toucher et m’émouvoir également dans ce volet !!!

Version lue : Poche

Mad de Chloé Esposito


Le livre : Mad de Chloé Esposito, paru le 14/06/2018 aux éditions Fleuve Editions … Le prix broché 20,90 € – epub 14,90 €  (480 pages) ; format 21×14 cm

 4ème de couverture :

Alvie est une catastrophe ambulante sans avenir, virée de son boulot et même de son appartement par ses colocataires. Tout le contraire de sa sœur jumelle, Beth, qui réside dans une somptueuse villa de Taormine en Sicile avec son mari, un superbe Italien, et son adorable petit garçon. De quoi lui donner des envies de meurtre ! Alors, quand Alvie reçoit un appel de sa sœur qui lui propose un vol en première classe pour la rejoindre, elle ne saute pas immédiatement de joie… avant de céder à l’appel du luxe et du soleil. Mais la gentillesse n’est pas gratuite : Beth lui demande de se faire passer pour elle le temps d’un après-midi.
Cet échange d’identité va se révéler la première étape d’un tourbillon diabolique et irrésistible ! Entre faux-semblants et rebondissements, Alvie se découvre de nouvelles passions peu ordinaires et apprendra que la vie de rêve peut parfois avoir un goût de… sang..

 

L’auteur :  Britanique, Chloé Esposito est titulaire d’un BA et d’un MA d’anglais de l’Université d’Oxford.
Elle est également diplômée de la Faber Academy.
Elle a été consultant senior en management, professeur d’anglais dans deux des meilleures écoles privées du Royaume-Uni et styliste de mode à Condé Nast.
Mad (2017) est son premier roman et le premier tome d’une trilogie.
Originaire de Cheltenham, elle vit à Londres avec son mari et sa fille.

 

 

Extraits :
« Je m’extirpe péniblement du lit et pose le pied en plein sur ma pizza d’hier, dont je n’ai mangé que la moitié avant de m’écrouler vers quatre heures du matin. Me voilà avec de la sauce tomate partout sur le pied et une rondelle de salami entre les orteils. Je la prends et l’enfourne dans bouche avant d’essuyer la sauce avec une chaussette. Puis je m’habille avec ce que je trouve par terre ; une jupe en nylon ne nécessitant aucun repassage et un tee-shirt en coton qui en aurait eu besoin. Je me regarde dans le miroir et fronce les sourcils. Pas génial. Je me frotte les yeux pour effacer le mascara qui a coulé, j’ajoute une touche de rouge à lèvres prune, coiffe mes cheveux gras avec mes doigts. Çà suffira bien; je suis en retard. Encore une fois. Je pars au travail. Je relève le courrier à la porte et je l’ouvre tout en marchant, une Malboro au bec. Des factures, des factures, des factures, une carte d’une entreprise de VTC, une broche pour des pizzas à emporter.  » DERNIER APPEL », « AVIS D’HUISSIER », »RÈGLEMENT EN URGENCE ». Toujours le même refrain. Taylor Swift n’a pas à s’emmerder avec ça, elle. Je fourre les lettres dans les mains d’un sans-abri posté près de la bouche métro : maintenant, ce n’est plus mon problème. »

 La chronique jubilatoire de Dany

Mad de Chloé Esposito

 

« Les deux moments les plus importants d’une vie sont le jour oú on vient au monde et le jour oú on découvre pourquoi. »

Mais qu’est-ce qui est donc fou dans cette histoire … tout et assurément le grain de folie de l’auteure est contagieux pour le plus grand bonheur des lecteurs ! Rendez-vous compte c’est un premier roman étonnamment maîtrisé, bourré de citations cinématographiques et musicales !
L’auteure nous immerge dans la tête d’Alvie, sa narratrice, à moins que ça ne soit Beth sa jumelle … on peut parfois douter. Alvie : ange ou démon, victime ou manipulatrice, Alvie ou Beth ??? Tout l’entourage s’y trompe alors que nous quittons un quartier sordide de Londres pour la Sicile ensoleillée et mafieuse. Et comme en supplément il y a beaucoup de désirs et de fantasmes chez Alvie, avec un humour décapant et parfois hard, quelques scènes scabreuses et d’autres sanglantes, elle s’amuse à repousser ses limites pour assouvir ses désirs d’amour, d’argent, de voiture et de … maternité, pour enfin découvrir sa vocation… Un vrai suspense dont le lecteur est en droit de se demander comment va donc s’en sortir l’auteure … c’est pour ça que la fin peut sembler un peu abrupte mais quelle autre alternative y avait-il ?
Jubilatoire et coup de cœur. Je tiens à décerner une mention particulière à la traductrice qui a si bien rendu le ton et les émotions dans un langage très juste.

« Je repose le livre sur la table. Je stresse suffisamment comme ça, autant éviter de lire des tragédies. Je commanderai un recueil de recueil de poèmes […] demain matin ; un truc joyeux, Baudelaire par exemple.»

Je serai le dernier homme de David Coulon


Le livre : Je serai le dernier homme de David Coulon. Paru le 9 mars 2018 aux Éditions, Lajouanie. 18,00€ ; 300 p. ; 13 x 19 cm.

4ème de couverture :

Un chemin dans la campagne normande, trois heures du matin. Un homme passablement éméché, rentrant de chez sa maîtresse, regagne son domicile en essayant d’éviter les contrôles de police. Fenêtre ouverte pour tenter de se dégriser, il entend un coup de feu. S’arrête, descend, tend l’oreille. Fait le tour de sa voiture. Une silhouette apparaît, se précipite au volant et tente de démarrer… Courte échauffourée, il éjecte l’intruse de son véhicule, la tête de la malheureuse heurte une pierre. Le fêtard, dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se retrouve avec le cadavre à demi-dénudé d’une jeune fille. Pourquoi dépose-t-il le corps dans son coffre, pourquoi le garde-t-il tentant tant bien que mal de masquer les odeurs putrides qui s’en dégagent ? Pourquoi cette fille était-elle seule dans ce champ de blé ? Et pourquoi agit-il de manière aussi incohérente ? Notre héros serait-il le dernier homme à pouvoir répondre à ses interrogations ?

L’auteur : Né en 1974 à Toulon, David Coulon est psychologue et metteur en scène de théâtre. Il vit en Normandie. Intéressé par les individus en phase de rupture mentale dans un univers qui les broie, ses écrits font le grand écart entre thriller, roman noir, et humour. Il écrit également pour le théâtre.

Extrait :
« Nous sommes loin de la douleur du monde. Nous sommes ensemble. Nous nous aimons.
Je me souviens de ces phrases.
Non. Nous ne nous aimons plus.
Je ne t’aime plus.
On ne connaît jamais vraiment les gens qu’on aime. Ils se dévoilent, puis se referment dès qu’émerge la partie la plus sombre de leur être. Comme des plantes vénéneuses. Belles, odorantes, nous nous ouvrons, puis nous dévorons.
Nous cachons en nous la faim et l’horreur.
Nous nous refermons.
Nous ne voulons pas que l’autre puisse voir ça.
Je suis ta plante vénéneuse, Mathilde. Je me referme, tu ne me connais pas, tu ne me connais plus.
Je me souviens. Je me souviens de la main de Mathilde dans la mienne, de la petite main d’Emma.
Je me souviens de ma femme, de ma fille.
Je me souviens.
Nous nous aimions.
Nous étions loin de la douleur du monde.»

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 Le premier chapitre est tout simplement excellent, le style, le sujet de toute beauté…

 Mais très vite on sombre dans un univers vraiment noir avec énormément de tension et de suspense.

Les autres chapitres sont tous dans la même veine (phrases très courtes, nerveuses à la première personne du singulier, sans pour autant que l’on s’identifie au personnage principal, mais qui m’a permis vraiment de percevoir tout ce qu’il ressentait.

 La pression monte, monte…

La question est, qu’aurions-nous fait à sa place ?

On s’englue au fur et à mesure du récit dans les hésitations du héros, dans une noirceur qui va très vite fleurter avec l’horreur. L’utilisation de la première personne est magnifiée par la tension et l’histoire incroyable qui se déroule sous nos yeux jusqu’à la dernière ligne…

 Ne passez pas à côté de petit bijou, l’écriture y est vraiment intense !

Énorme coup de cœur.

Un petit coucou aux éditions Lajouanie, une fois de plus ses choix sont excellents et un bisous à Caroline pour ses couvertures toujours au top !

 

Je ne t’oublie pas – Sébastien Didier


Le livre : Je ne t’oublie pas de Sébastien Didier. Paru le 30 mars 2018 en auto édition. 17,90€ ; (559 p.) ; 13,2 x 19,6 cm.

4ème de couv :
 
Une disparition inexpliquée, un passé impossible à effacer… Le cauchemar ne fait que commencer.
Un seul SMS aura suffi à faire basculer la vie de Marc Vasseur. Un SMS de rupture. Mais pourquoi sa femme quitterait-t-elle du jour au lendemain une famille et une vie en tous points idylliques ?
L’enquête piétine. Et ce ne sont pas les voisins des Vasseur à Bellevue Park qui la feront avancer. Dans ce luxueux lotissement privé, discrétion et silence ont été érigés en art de vivre.
Trois mois après la disparition de Sandra, Marc reçoit un message accompagné d’une photo. Celle d’une jeune fille qu’il n’a jamais vue mais qui arbore un médaillon. Ce bijou, il le reconnaît, il en est sûr, c’est celui que portait Sandra. Celui qu’elle ne quittait jamais.
Que fait-il au cou de cette inconnue ? A-t-elle un lien avec la disparition de sa femme ?
Marc lance alors ses dernières forces à la recherche de cette fille. Et c’est un voyage au plus profond de la noirceur de l’âme humaine qui l’attend.
L’auteur : Sébastien Didier a 39 ans et est originaire de Nice, où il vit avec sa famille. Il est passionné de lecture et d’ecriture depuis toujours, mais aussi de cinéma et de nouvelles technologies. Je ne t’oublie pas est son premier roman. Découvert sur la plateforme Fyctia, il a été en finale du concours thriller « Derrière les portes » parrainé par B.A Paris qui lui a décerné un coup de pouce et a vu en lui « un véritable page-Turner très riche en action et en intrigue qui ne laisse pas au lecteur le temps de s’ennuyer une seconde ».
 
Extrait : 
 
« Sandra releva la manche de son chemisier de quelques centimètres. La grande aiguille de la Rolex n’avait pas bougé. Ou si peu. Toujours bloquée à la verticale. Figée. Immobile. En tout cas, c’était l’impression qu’elle lui laissait. Que dans les dernières minutes de son attente le temps s’étirait à n’en plus finir et que même lui s’ingéniait à la décourager.
Elle n’était pas encore sûre d’avoir pris la bonne décision. Allait-elle renoncer? Non, elle en avait trop fait désormais. Elle en savait trop. Mais pas assez. Car au final, pour une vérité établie, combien de déductions, de ressentis,de souvenirs…combien de brume pour un simple rai de lumière? Tout se bousculait dans sa tête, les questions ricochaient comme autant de boules dans un billard à mille bandes. »
 

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence » :

Je ne t’oublie pas de Sébastien Didier

Marc et Lisa, sa fille, vivent un cauchemar depuis trois mois et la disparition de Sandra. Alors que tout semblait aller du mieux possible, Sandra envoie un message à son époux, Marc, pour lui signaler leur « rupture ».

Trouvant que la police n’est pas assez compétente,Marc engagera, Paul, un détective, ancien flic.

Plusieurs éléments viendront le faire douter à son tour puisque Sandra aurait été aperçue à plusieurs reprises dans un bar à filles.

Marc, follement amoureux de sa femme, décide de ne rien lâcher et confiera  sa fille aux mains du grand père.

Et là! Tout s’enchaîne! Sébastien parvient à vous happer, c’est une malédiction !

Les pages se tournent et vous empêchent de dormir !

Plus on avance dans l’histoire et plus l’entonnoir se resserre…

Et alors que la fin se profile avec son dénouement inattendu et bien NON CE N’EST PAS ENCORE FINI!

À la recherche d’action et de suspens, ce livre est fait pour vous !

L’amour et la confiance ont une place primordiale dans ce livre. On y ressent la forçe des sentiments éprouvés entre mari et femme qui sont indétrônables.

Quand l’amour est là, il triomphe toujours !

Merci à Sébastien pour sa confiance et surtout merci pour ce thriller haletant qui vient grossir les rangs de mes coups de cœur 2018 !

La Rage de Zygmunt Miloszewski 


Le livre : La Rage de Zygmunt Miloszewski, traduit par Kamil Barbaski. Paru le 08/09/2016 aux éditions Fleuves éditions dans la collection Fleuve noir.  21.90€ –   epub 15.99€  Réédité en poche chez Pocket  8.30€  ; (576 pages) ; 11×17 cm

 4ème de couverture :

« Un cadavre brûlé par des armes chimiques est retrouvé sur un chantier polonais. Les résultats de l’autopsie sont stupéfiants : certains membres prélevés sur place n’appartiennent pas au corps de la victime. Absorbé par cette étrange affaire, le procureur Teodore Szacki néglige une plainte pour violences conjugales. Il en prend conscience trop tard : la plaignante a été grièvement blessée. Son mari est découvert quelques jours après, vivant, mais la langue et les cordes vocales sectionnées… Mis en cause par sa hiérarchie, le magistrat voit sa carrière menacée, lorsque sa propre fille est enlevée à son tour. Il sent alors monter en lui la rage. Et une inextinguible soif de sang, capable d’emporter même le plus droit des justiciers… »

 

L’auteur : Zygmunt Miłoszewski est un écrivain, journaliste et scénariste polonais, né à Varsovie le 08/05/1976. Il amorce sa carrière professionnelle en 1995 au quotidien populaire « Super Express » où il est pendant des années chroniqueur judiciaire. Il travaille également pour l’édition polonaise de « Newsweek » (où il a tenu une chronique sur les jeux vidéo) de 2003 à 2008.
Il commence à publier des nouvelles et des romans en 2004. En 2005, il publie son premier roman d’horreur, L’Interphone (Domofon), très remarqué par la critique, puis il enchaîne les succès, notamment avec une trilogie de romans policiers mettant en scène le procureur Teodor Szacki.
La trilogie est composée de Les impliqués (Uwikłanie, 2007), adapté au cinéma en 2011, Un fond de vérité (Ziarno Prawdy, 2011), adapté au cinéma en 2015 et La Rage (Gniew, 2014).
Inavouable (Bezcenny), un thriller, récit sur la recherche d’œuvres d’art perdues durant la Deuxième Guerre mondiale, a été publié en 2013.
Récompensé par plusieurs prix dans son pays, il a été finaliste en France du Grand Prix des lectrices de ELLE, du prix du Polar à Cognac, et du prix du Polar européen du Point pour Les impliqués, en 2014.
 Extraits : 
« Il est utile de rappeler que le roi de France en personne, Louis IX le Prudhomme, plus connu sous le nom de Saint Louis, a été bouilli à Tunis après sa mort, et dans du vin qui plus est. On peut aujourd’hui admirer ses os dans des reliquaires, je ne sais plus où. »
« C’était vrai, le procureur Teodore Szacki savait que rien n’apparaissait jamais dans les bases de données officielles. Les flics avaient leur propre système national d’informations de la police. Le parquet avait le sien, LIBRA, parce que aucun petit malin ne s’était dit que les divers organes judiciaires du pays devraient avoir un seul et unique circuit sanguin. Ou plutôt, un petit malin s’était dit que, plus il y aurait de systèmes et d’appels d’offres, plus la probabilité qu’il finisse son mandat les poches vides était faible. De plus, tous ces systèmes étaient curieusement démembrés, incompatibles et disjoints. Si la nature avait été aussi sotte, chaque partie du corps humain aurait eu son propre cœur, son estomac et ses poumons, et il aurait fallu nourrir chaque partie séparément, en enfonçant des morceaux de steak dans les genoux et dans les coudes. On avait de la chance si les différents parquets de districts réussissaient à relier leurs systèmes en un seul au niveau régional, mais parfois, ça restait un vœu pieux. Ce qui signifiait qu’il suffisait à un tueur en série de changer de région à chaque meurtre pour que personne ne relie jamais ses crimes entre eux. »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

La Rage de Zygmunt Miloszewski 

Alors qu’il s’agit là du troisième roman de la série « Teodore Szacki », c’est le premier que je lis de cet auteur. Après les polars nordiques, je crois sincèrement qu’il va falloir compter avec les polars polonais. Il pleut à Olsztyn, au nord-est de la Pologne, il y neige aussi et parfois il y a des morts étranges : on y pratique la dissolution au Destop ! L’enquête est menée par un Procureur qui voudrait bien endosser le costume du vengeur pour assouvir sa rage, mais qui est freiné par son éthique et son adjoint. Et si le tueur en série était lui aussi un vengeur en série. Par son prologue volontairement ambigüe, l’auteur se joue du lecteur avec une bonne dose d’humour (le légiste ne s’appelle pas Frankenstein pour rien) et des personnages attachants, sur fond de combat contre les violences faites aux femmes. Un rythme soutenu pour une action passionnante qui s’étale sur cinq semaines, où chaque jour est introduit habilement par un rappel éphéméride situant la Pologne dans le contexte mondial et traduit de façon fort plaisante.
J’ai beaucoup aimé cette ambiance de ville où l’architecture raconte l’histoire de la région, passée sous des dominations diverses, c’est d’ailleurs l’une des découvertes de ce roman et ces embouteillages improbables au milieu de (presque) nulle part. Et en conclusion, que dire de la réflexion à mener sur les risques de l’apparition d’une dictature masquée par des excuses humaniste !

Mention toute spéciale au traducteur qui entretient une solide amitié avec l’auteur, ce qui ajoute à la qualité de la version française … Tous deux au demeurant très sympathiques !

Lu en version numérique.

 

 

 

Lumière noire de Lisa Gardner


Vous le savez aujourd’hui nous faisons une spéciale double chronique

Comme promis, voici donc le second billet sur le dernier

Lisa Gardner.

Cette fois c’est notre chroniqueuse de choc, Kris qui nous donne son petit avis


Le livre : Lumière noire de Lisa Gardner. Paru le 4 janvier 2017 aux Editions Albin Michel. 22,50€ ; 155 mm x  225 mm

Résumé de l’éditeur :

472 jours : c’est le temps qu’a passé Flora aux mains de son bourreau. 472 jours plongée dans un abîme de ténèbres, à n’espérer qu’une chose : survivre.

Sortie miraculeusement de cette épreuve, elle cherche depuis à retrouver une existence normale. Pourtant, les murs de sa chambre sont tapissés de photos de filles disparues.
Quand, à la recherche de l’une d’elles, Flora se fait de nouveau kidnapper, le commandant D.D. Warren comprend qu’un prédateur court les rues de Boston, qui s’assurera cette fois que Flora ne revoie jamais la lumière…

Après le succès du Saut de l’ange, Lisa Gardner, l’un des grands noms du thriller psychologique, se met dans la peau d’une femme pourchassée par son passé, dans une enquête qui nous confronte aux plus insoupçonnables déviances humaines.

« À ne manquer sous aucun prétexte. »
Harlan Coben

 

L’auteur : Lisa Gardner est diplômée de l’Université de Pennsylvanie.  Elle a reçu le « Prix Daphné du Maurier » du suspense pour son roman La fille cachée publié, aux Éditions J’Ai Lu. Elle publie également sous le pseudonyme d’Alicia Scott.
Elle est l’auteure de deux séries: D.D. Warren, une policière (sergent-détective) du Boston Police Department et  FBI Profiler où, parmi les personnages récurrents, on retrouve les profileurs Pierce Quincy et sa fille Kimberly Quincy, aidés par Rainie Conner, ancienne avocate devenue enquêtrice privée.
Extrait :
Les êtres humains sont des créatures intéressantes. Notre capacité d’adaptation est réellement impressionnante. Notre colère devant nos souffrances. Notre indomptable besoin de trouver une échappatoire, de faire quelque chose, n’importe quoi, pour adoucir notre sort.

 

Le petit avis de Kris

Lumière noire – Lisa Gardner – Editions ALBIN MICHEL

Sept ans après avoir été kidnappée et séquestrée pendant 472 jours, Flora Dane s’intéresse grandement à des cas de filles disparues. Alors qu’elle recherche l’une d’elles à Boston, elle est à nouveau enlevée. D.D. Warren mène l’enquête.
472 jours séquestrée, dont une grande partie dans une caisse en bois type cercueil, avec la visite terrifiante de son bourreau, puis l’attente impatiente de son retour, s’en sortir, non grâce à l’intelligence de la police mais grâce à la bêtise du kidnappeur.
Essayer de continuer à vivre avec ces dégâts, et ceux collatéraux, se sentir coupable de s’en être sortie, reprendre confiance et ne pas vouloir abandonner ceux qui ont disparu et retourner dans la spirale.
Une autre jeune fille disparaît et Flora se dit qu’elle la retrouvera et l’incroyable se produit ….
Haletant jusqu’à la dernière page !
Je ne dis que ça !!