L’étoile du nord de David. B. John


le livre : L’étoile du nord de D.B. John. Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Antoine Chainas. Paru le 9 janvier 2019 chez Les Arènes dans la collection Equinox.  22€  ; (611 p.) ; 22 x 16 cm
4’e de couv :
Elle est espionne.
Il est général.
Elle est criminelle.
Leur point commun : un geste, un mot, et c’est la mort.
Les Etats-Unis et la Corée du Nord sont au bord de la guerre. Pour aller chercher sa sœur jumelle qui a été enlevée en Corée du Nord, Jenna se fait recruter par l’unique organisme capable de l’aider : la CIA. A Pyongyang, le colonel Cho fait une terrifiante découverte. Il doit échapper à la police secrète qui le serre de près. Un geste, un mot, et il deviendra traître à la nation. Mme Moon trouve un chargement de contrebande. Plutôt que de le rendre aux autorités, elle décide de vendre la marchandise au marché noir. Si elle réussit, sa vie sera changée à jamais. Si elle échoue… Basé sur des faits réels glaçants, mené à un rythme effréné jusqu’au dénouement explosif, L’Etoile du Nord porte le thriller d’espionnage au plus haut.

L’auteur : Né au Pays de Galles, D.B. John est journaliste et auteur. En 2009, il déménage à Berlin pour écrire son premier roman, Flight from Berlin, puis s’installe en Corée du Sud où il effectue de nombreux voyages en Corée du Nord. En 2015 il écrit La Fille aux sept noms, le témoignage d’une nord-coréenne qui a fui clandestinement son pays. Ces expériences lui inspirent l’intrigue de L’Etoile du Nord. Il vit désormais à Londres.

 

Extrait : 
“Cho s’était adonné à cette gymnastique mentale toute sa vie. C’était la seule façon de résoudre les contradictions quotidiennes entre la propagande et l’évidence des choses, entre l’orthodoxie et les pensées déviantes qui pouvaient vous conduire en camp de travail si jamais vous vous exprimiez un peu trop fort.”

 

Le post-it de Ge

Thriller d’espionnage basé sur des faits réels en Corée du Nord et qui mêle les histoires de trois personnages. Jenna, de Washington DC, intègre la CIA pour partir dans ce pays libérer sa soeur jumelle ; le colonel Cho, résidant à Pyongyang, concocte un plan d’évasion pour échapper à la police secrète de son pays ; Mme Moon, enfin, tente de vendre de la marchandise de contrebande au marché noir.

Voilà pour le décor et les personnages.

Un thriller qui n’est pas sans me rappeler la trilogie des ténèbres de Jean-Luc Bizien.

Nous sommes ici dans l ’une des plus secrètes et brutales dictatures.  Un pays où règne la répression et la pauvreté.

Famine, misère, endoctrinement et robotisation des esprits, culte délirant de la personnalité, le corée du Nord c’est tout ça. Et on le ressent parfaitement dans ce polar. L’auteur a parfaitement documenté son intrigue et cela ne fais qu’augmenter notre angoisse tout au long de la lecture.

Ce polar est à la fois un thriller politique et un vrai roman d’espionnage. De nombreux rebondissement parsèment cette histoire. Trop sans doute pour certain qui reprocheront peut-être des twists faciles. Mais personnellement j’ai trouvé cette lecture très prenante et plus qu’intéressante. Les personnage sont suffisamment complexes et attachants surtout Jenna.

Je conseille vivement cette lecture. Un auteur à découvrir.

Ah oui dernière petite remarque, ce titre de la collection Equinox porte une jaquette de couleur. Une belle jaquette très graphique, en relief. Habituellement les polars de cette maison d’édition, Les Arênes ont une couverture basique en noir et blanc. Cette fois j’avoue que la jaquette pousse à regarder de plus près ce roman.

D’ailleurs j’ai un autre titre en cours, lui aussi à une belle jaquette un peu rétro devinez lequel ?

 

Thérianthrope de Michaël Fenris 


Le livre : Thérianthrope de Michaël Fenris .  Paru le le 22 novembre 2018 aux éditions Prisma – 19.95 € (397 pages) ; format  15 x 23cm

 

4ème de couverture :

A Denver, l’inspecteur Ernesto Guzman espérait avoir une fin de carrière paisible. Quand on l’envoie sur une scène de crime particulièrement sordide, il comprend que la retraite va devoir attendre : la victime a été massacrée, et en partie dévorée par son assassin… Alors que les corps affreusement mutilés se multiplient, l’identité du serial killer ne fait plus aucun doute : Mitchell Hiker, ancien garde forestier tout juste échappé d’un asile psychiatrique. L’homme est persuadé d’être un loup-garou, et une petite voix dans sa tète lui souffle de tuer. Une traque sans merci va commencer

 

L’auteur … Michael Fenris est le pseudonyme d’un médecin généraliste qui vit en région parisienne, il aime les thrillesr et a publié sous ce nom ses premiers romans, Feuille , Le syndrome Noah. Michael Fenris, médecin de jour et écrivain la nuit donc et aussi passionné de littérature américaine.

 

 

 

 

 Extraits :

« Ernesto Guzman avait assisté à pas mal d’autopsies, le passage obligé quand on travaillait à la Criminelle, et avec le temps il avait su se forger une carapace mentale pour éviter de prendre trop à cœur ce qu’il voyait. Son jeune collègue, qui n’avait pas son ancienneté, y allait toujours à reculons. Guzman avait vu des flics ne jamais le supporter, parfois même des flics avec du métier, lorsque ça aurait pu être leur propre enfant. Parfois, le seul recours pour oublier était la boisson, Ernesto le savait pour y avoir goûté, jusqu’à ce que sa femme lui mette un ultimatum : l’alcool ou sa famille. Il avait choisi, et il ne le regrettait pas en songeant au réconfort qu’il retrouvait chaque soir en rentrant chez lui. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Thérianthrope de Michaël Fenris

 

Une fable moderne me direz-vous en voyant la couverture … ça ressemble au petit chaperon rouge, certes ! L’auteur prend beaucoup de libertés avec le conte et nous entraîne dans une aventure originale, de nos jours avec les portables, l’ADN , les 4×4 et les hélicoptères. Ca c’est pour le décors …

Petit tour sur le dictionnaire cependant … thérianthrope selon wiki, puisque word ne connait pas :

La thérianthropie ou zooanthropie est la transformation d’un être humain en animal, de façon complète ou partielle, aussi bien que la transformation inverse dans le cadre mythologique et spirituel concerné.

Plus loin Michael Fenris parle de lycanthropie (source wiki toujours) désigne la transformation d’un homme en loup.

Et bien voilà le contexte est posé … laissez faire votre imagination et vous aurez quelques heures de bonne littérature policière, avec suspense entretenu et juste une pincée de fantastique, histoire de ne pas décourager les hyper-rationnels dont je fais partie !

D’abord l’action se déroule en ville, aux US à Denver (Colorado) où une jeune femme est retrouvée assassinée et alors la politique se taille la route dans l’enquête qui va révéler un tueur en série. On connait très vite son identité, son ambigüité intrigue et il nous entraîne ensuite à Rock Hill, l’Amérique profonde  abandonnée des pouvoirs centraux, où le sheriff courre après les moyens supplémentaires et sa population se sent bien isolée. Des sagas familiales aux secrets malmenées par les méfaits du tueur, des jeux dangereux d’adolescents, une petite romance, une guerre des polices car le FBI veut s’en mêler … dans un contexte nord-américain certes mais terriblement universel avec un final qui tient bien ses promesses et qui garde son suspense jusqu’aux toutes dernières pages.

Lu en version numérique.

 

 Extrait 2 et 3
« — Eh, Bob, petit cachottier ! cria-t-il en direction du cadavre dans le couloir. Tu avais honte de tes cheveux blancs ?
La teinture conviendrait parfaitement à ses cheveux bruns. Il en profita pour passer sous la douche, se coupa un certain nombre de mèches rebelles frisottantes aux tempes et sur le front, lut la notice du produit et l’appliqua à la lettre. Ordre et discipline. Il récupéra un rasoir et s’en servit pour rendre son visage parfaitement glabre, en laissant la moustache qu’il passa également à la teinture. Il laissa ensuite sécher ses cheveux en les coiffant en arrière et s’examina, satisfait du résultat. »
« Personnage haut en couleur, la soixantaine sonnante et le cheveu rare, Gus Peterson habitait à l’entrée de Rock Hill, au fond d’une impasse collée aux racines de la montagne. Une vieille cahute tout en bois, ornée d’un nombre incalculable de plaques minéralogiques venues des quatre coins du monde. La même collection, décuplée, se trouvait à l’intérieur, mêlée aux têtes, voire aux animaux entiers, empaillées. Pour Peterson, le terme de chasse était large, et s’il se piquait d’être un excellent taxidermiste, il suffisait qu’un objet lui plaise pour qu’il démarre illico une nouvelle collection en tentant de se l’approprier avec des moyens plus ou moins légaux. »

 

Le Mur dans la peau de Luce Marmion


Le livre : Le Mur dans la peau de Luce Marmion. Paru 15 Septembre 2017 aux Editions Pavillon Noir. 14.00 euros. 336 pages. 20 x 2,6 x 12 cm

4ème de couverture :
Lorsque, dans une galerie du Marais Alexis, un artiste urbain, fait la connaissance de Marie, il est aussitôt transporté. Le graffeur ignore encore que l’adolescente est intimement liée à l’équipe de détectives chargés de traquer le tueur en série sévissant sur un site de rencontre. A quelle barbarie, quelle folie, son obsession pour la jeune fille poussera-t-elle Alexis ? Adrien Magadur, une force de la nature qu’une vie nocive ne parvient pas à démolir, se lance à corps et à cœur perdus dans une chasse scabreuse. De Paris à New York, le privé enquête dans le milieu du graffiti. Une fois encore, il est impitoyablement plongé dans la noirceur de l’âme et l’abomination, emporté dans la spirale de ses investigations et de ses sentiments.

L’auteur : Après avoir commencé des romans sans les aboutir, Luce MARMION, parisienne, voit son manuscrit reconnu par un comité de lecture. Luce Marmion se définit actuellement comme auteur de polars chez Corsaire Editions. Après Le Vol de Lucrèce,  son premier thriller, le mur dans la peau vient confirmer le talent  de Luce Marmion qui vit à Paris et consacre son temps à l’écriture.

 

 

 

 

 

Extraits :
« Il visa sa passagère dans le rétro, fière, droite sur le siège arrière, sans un regard pour ses congénères. Un silence se fit parmi les lycéens, lorsque, à grand coup d’accélérateur, il fit rugir les lions es cylindres. Un ferraillage du diable. Démarrage sur une roue, s’il vous plait, puis le circuit consacré. »

Les Lectures de Maud :

Le Mur dans la peau – Luce Marmion


Une enquête dans le monde de l’art où vont se mêler horreur, beauté et amour. Des sentiments opposés ? Pas forcément. Cette équipé de privés, accompagné d’un flic vont se confronter à de multiples enquêtes, ne seraient-elles pas liées ? Les fausses routes et impasses s’enchaînent. Quand la vie professionnelle et la vie privée se trouvent emmêlées. Des personnages tous aussi pittoresques les uns que les autres, avec chacun leur spécialité, leur force et leur faiblesse. Une équipe atypique et attachante.

Toute de suite, le rythme soutenu nous happe. Le lecteur est entraîné dans une course folle afin de retrouver, si possible vivante, une puis des jeunes filles qui disparaissent. Une écriture claire, entraînante, très agréable compose cette œuvre, le filigrane des risques des rencontres sur internet est bien abordé sans être ni moralisateur ni le centre de l’histoire. L’art a une belle place prédominante dans cette enquête. L’auteur m’a littéralement envoûtée par son écriture et son histoire, le lecteur ressent les mêmes émotions que les protagonistes : la frustration des multiples impasses, la joie, l’horreur, la peur, l’amour…. J’ai même ressenti de l’empathie…. Et vous ?

J’ai découvert du même auteur Le Vol de Lucrèce  avec grand plaisir.

Je remercie les Editions Polars Pavillon Noir pour leur confiance et leur patience.

Version lue : Broché

Le Brasier -Vincent Hauuy


le brasier Vincent Hauuy couvLe livre : Le Brasier de Vincent Hauuy.  Paru le 5 avril aux Editions Hugo Thriller.                 19,95 € ; 496 pages ; 14×21.

4ème de couverture :

Quand le Général Lavallée engage Noah Wallace pour retrouver les assassins de sa fille Sophie, le profileur refuse de croire à sa mort.

Persuadé que la jeune journaliste est en danger, mais vivante, il accepte la mission et mène l’enquête avec Clémence Leduc, sa troublante partenaire. Mais tous deux vont très vite se rendre compte qui cette affaire est plus vaste qu’il n’y paraît et pourrait être liée à la récente vague de meurtres et de suicides inexpliqués qui frappent l’ensemble du territoire américain.

Hanté par les visions d’un petit garçon sans visage et d’un brasier d’où s’échappent des cris d’effroi, Noah va se retrouver au cœur d’une investigation qui le mènera aux portes de la folie.

 

29342906_1702804633138966_2640271247602089984_n(1)L’auteur : Concepteur de jeux vidéo, Vincent Hauuy aime créer des puzzles, tisser des intrigues et donner vie à ses personnages. Son premier roman Le tricycle rouge, par en 2017, a remporté le Prix VSD RTL du meilleur thriller français présidé par Michel Bussi et conquis plus de 50 000 lecteurs.

 

 

Extrait :
« un drame violent, suffisamment marquant pour laisser une empreinte indélébile, s’est déroulé ici, sur cette propriété. Il ressent ce malaise avec une telle acuité que cela lui glace le sang, compresse sa poitrine et provoque des palpitations cardiaques. […] Noah n’a aucun doute que les habitants ont dû aussi subir cette pression sourde pendant des mois, d’une manière insidieuse. Il peut aisément deviner ce qui s’est passé. Un brouillard humide et glacial les a enveloppés, a fini par pénétré leur chair, s’est infiltré dans leurs os. Des murmures, des vertiges, une sensation de se faire aspirer par l’intérieur, de ne pas être le bienvenu. Et ils sont partis sans pouvoir expliquer leur malaise ou leur inconfort de manière rationnelle. »

L’accroche de Miss Aline

 

le brasier Vincent Hauuy petit format

 Trois suicides en guise de prologue, bon début ! Ensuite, on fait connaissance avec Karl Engelberg et ses règles de captivité. Voilà, on sait d’emblée que c’est lui le méchant. Il a enlevé Sophie journaliste et fille du Général Lavallée. Elle est dans une mauvaise posture. Tellement mauvaise que son père reçoit une vidéo de son exécution.

Noah Wallace accepte de travailler pour le Général afin de retrouver les assassins de sa fille. Etrange enquête. D’abord l’exécution de Sophie,  à laquelle Noah ne croit pas. Elle est vivante, il le sait, il le sent. Puis ses visions, ce petit garçon dont le visage est caché, ce brasier.  Et enfin la musique : Wagner.

Pour son enquête Noah veut travailler avec Clémence, ancienne du CSIS (Service Canadien du renseignement de sécurité). Le Général, ayant le bras long, va permettre de « libérer » Clémence.

Lors des ses investigations Noah va approcher une vérité qui le concerne directement. Elle va le bouleverser. Dès les premières pages tu l’apprécie Noah Wallace. Tu  as senti une fêlure en lui, une blessure béante qu’il peine à refermer. Il a un passé trouble. Pour en savoir plus sur lui, tu vas lire « le tricycle rouge » (premier roman de Vincent Hauuy). Etape obligatoire.

En attendant, tu le suis dans sa course poursuite pour retrouver Sophie, pour éloigner Clémence de la mafia russe, pour décrypter un message codé… tu marches dans ses pas et tu souffres avec lui, pour lui.

 

L’enquête est entre coupée du récit de Karl sur son enfance. Une enfance marquée fortement par  l’autorité paternelle, le maître absolu. Karl est froid, profondément méchant, brutal, mauvais, manipulateur. Non pour lui tu n’as pas d’empathie. Bien sûr son enfance explique  ce qu’il est devenu. Aurait-il pu faire d’autres choix qui l’auraient mené vers un autre lui-même ?

Avec ce roman tu peux t’interroges sur le conditionnement humain, la manipulation mentale. Tout un chacun la pratique de manière inoffensive. Chaque parent conditionne son enfant dans sa vision de la vie, ses choix musicaux… En grandissant, tu fais le choix de ta propre éducation, de tes codes, de tes valeurs. Mais avant cela tu avais celles que tes géniteurs t’ont inculqués.

Où est vraiment notre libre arbitre en tant qu’individu, en tant que membre d’une société ?

 

 

Mör de Johana Gustawsson, le chouchou du week-end


Le livre : Mör,  une enquête d’Emily Roy et Alexis Castells de Johana Gustawsson.  Paru le 15 mars 2017 chez Bragelonne dans la collection Thriller.  21€50 ;  (356 p.) ; 24 x 16 cm.

Présentation de l’éditeur :

Le nouveau roman de Johana Gustawsson va vous couper l’appétit

« Un écrivain audacieux et bourré de talent. » RJ Ellory
« Johana Gustawsson fait entrer le thriller dans une nouvelle dimension. Surprenants et subtils, ses romans sont le fruit d’un immense talent. » Karen Sullivan, Orenda Books
« Fascinant et terriblement efficace. » Nicolas Lefort, « Télématin », sur France 2, à propos de Block 46

Après Block 46, le duo d’enquêtrices Emily Roy (profileuse de renom) et Alexis Castells (écrivaine de true crime) revient pour une enquête terrifiante qui explore, cette fois encore, l’histoire et les liens familiaux.

On retrouve, en Suède, un cadavre de femme amputé de plusieurs kilos de chair. Au même moment, à Londres, Emily Roy enquête sur une disparition inquiétante : une actrice célèbre a été enlevée, et ses chaussures abandonnées à proximité de son domicile, dans un sac plastique, avec une paire de chaussettes soigneusement pliées dedans.

Ces deux crimes portent la signature du serial killer qui a tué l’ancien compagnon d’Alexis Castells au moment de son arrestation : Richard Hemfield. Hemfield est enfermé à vie à l’hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor, pour le meurtre de six femmes, retrouvées, en l’espace de deux ans, assassinées et amputées de leurs seins, de leurs fesses, de leurs cuisses et de leurs hanches…

Le problème, c’est que Richard Hemfield est en prison depuis dix ans. Comment expliquer que ses crimes recommencent ?

Le nouveau roman de Johana Gustawsson plonge cette fois encore ses racines dans l’histoire : au cœur du Londres du XIXe siècle, dans les ruelles sillonnées par Jack L’Éventreur.

L’auteur :  Johana Gustawsson est née en 1978 à Marseille. Elle est diplômée de Sciences Politiques, Johana Gustawsson a été journaliste pour la télévision et la presse françaises. Elle vit aujourd’hui à Londres, en Angleterre. Elle est aussi Suédoise en herbe.

 

Extrait :
Le légiste offrit une poignée de main et un sourire hésitants au détective, qui serra sa paume osseuse, leurs gants en latex couinant au contact l’un de l’autre.
— C’est parti, lança Hansen en ouvrant la marche.
Ils longèrent la berge en file indienne, cernés d’un côté par des arbustes touffus, de l’autre par des galets glissants léchés par le lac, jusqu’à un tronc vacillant qui tenait miraculeusement debout. Un arbre décapité dont les racines noueuses s’accrochaient comme les doigts d’une moribonde à sa jupe verte d’herbes folles. C’était là que le tueur avait abandonné sa victime.
— Ça va, Nyman ? s’inquiéta sa consœur.
Hector acquiesça d’un signe de tête prudent, sans lâcher des yeux le cadavre.
Une fille nue était assise par terre, adossée au tronc mort, les jambes écartées, les bras de part et d’autre de son corps, paumes vers le ciel. Sa tête était penchée en avant et son menton, plissé par la pose, touchait presque sa poitrine. Séparés par une raie médiane, ses longs cheveux blonds maculés de boue étaient ramenés derrière les épaules, dégageant ainsi son buste où deux cratères rouge sombre remplaçaient les seins. Le tueur avait également découpé de larges morceaux de chair au niveau des hanches et des cuisses.
Hector déglutit à plusieurs reprises pour repousser la bile qui lui remontait dans la gorge.
— Attends, ce n’est pas tout, expliqua Hansen en s’accroupissant près du cadavre.
La détective fit signe à Nordin, qui se plaça de l’autre côté du corps pour le maintenir par la tête et le bras, puis elle bascula le cadavre vers le légiste.
Un juron se glissa entre les mâchoires serrées de Nyman.
Karla avait raison, ce n’était pas tout : deux crevasses remplaçaient les fesses.

 

Résumé et avis :

Alexis Castells croit avoir de nouveau affaire à Richard Hemfield, le tueur en série meurtrier de son ancien compagnon : un cadavre amputé de ses seins, hanches, cuisses et fesses est retrouvé en Suède, tandis qu’à Londres Emily Roy enquête sur l’enlèvement d’une actrice. Les deux scènes de crime portent la marque d’Hemfield, qui, enfermé depuis dix ans en prison, ne peut en être l’auteur.

Block 46, le précédent roman de Johana Gustawsson a été pour moi unes des révélations de l’année 2015, si ce n’est la révélation. Alors inutile de vous dire combien j’attendais ce nouveau roman.

Mais surtout quand on a autant aimé un premier roman, on est très curieux de découvrir le suivant.

Un deuxième roman et l’auteur est attendu au tournant. On veut savoir s’il confirme son talent. Le deuxième roman est  souvent scruté avec encore plus d’attention. Et si on peut-être indulgent avec une première oeuvre, plus, la suivante est décortiquée et on recherche la petite bête qui ferait trébucher l’auteur. Je le sais je viens d’être terriblement déçue par le second bouquin d’un auteur anglo-saxon et pourtant j’ai beaucoup aimé son premier.

Mais ici il n’est point question de ça. Non Johana passe le test avec brio. Et ça tombe bien car j’avais très envie de retrouver notre duo d’enquêtrice.

Emily et Alexis, la profileuse et la journaliste…. Elle sont un peu chacune à leur façon, une version fantasmée de notre l’auteur elle même ayant été journaliste. Ce qui est intéressant aussi c’est qu’on en apprend un peu plus sur nos héroïnes dans cette opus. Et qu’en plus Johana enrichi sa palette de personnages, ainsi nous découvrons de nouvelles voix féminines à travers ces pages.

Et puis il y a histoire. Une histoire comme on aime en retrouver dans les meilleurs romans policiers. Je parle d’histoire, je devrais dire les histoires, car une nouvelle fois, Johana joue sur plusieurs intrigues. Elle joue avec le passé et le présent. Elle joue sur les lieux, les endroits, les distances, les pays. On navigue à nouveau de Londres à la Suéde. Et nous voyageons dans le temps pour nous retrouver fin du 19e, début du 20 en pleine Angleterre victorienne.

Et… il a les sujets abordés. Un sujet cru, un thème parfaitement adapté à un excellent thriller. L’éditeur nous donne une indication en nous expliquons le mot du titre : Mör : adj. fém. En suédois, signifie « tendre ». S’emploie pour parler de la viande.  Miam !!! ça promet !

Alors…Oui Johana a parfaitement réussi son essai et sa transformation. Oui c’est un nouveau coup de coeur. Oui j’ai adoré retrouver nos deux héroïnes mais aussi toutes les nouvelles protagonistes qu’elle met en scènes. Et… Oui les femmes sont au coeur de ce roman. Et quel roman!

Merci madame Gustawsson.

Cependant,  j’ai juste une chose à vous reprocher. Maintenant je suis juste frustrée car il va me falloir attendre le prochain opus. Et je suis toute haletante comme à la fin du dernier épisode de ma série préférée. ‘Il va me falloir attendre une année avant de connaître la suite. Je piétine et piaffe déjà d’impatience. Je veux déjà retrouver Emily et Alexis dans leurs nouvelles aventures.

Vite Johana, c’etait tellement bon que j’en redemande.

 

Une forêt obscure de Fabio M. Mitchelli


97822211887290-3186640Le livre : Une forêt obscure de Fabio M. Mitchelli. Paru le 15 septembre 2016 chez Robert Laffont dans la collection La bête Noire. 20€ ; (399 p.) ; 23 x 14 cm.

4e de couv : 

« Je n’ai rien d’un monstre. Je suis là uniquement pour nourrir l’esprit de la forêt, en lui offrant la chair de la jeunesse. » Daniel Singleton, alias Robert Christian Hansen (1939-2014), le monstre d’Anchorage.

À Montréal, Luka diffuse sur le Web les images des animaux qu’il torture, puis celles de son amant qu’il assassine à coups de pic à glace. Pour enquêter sur une telle affaire, il faut un flic borderline comme Louise Beaulieu.
En Alaska, dans la petite ville de Juneau, deux jeunes filles sont découvertes en état de choc. Pour comprendre, il faut un flic comme Carrie Callan, qui va exhumer les vieux secrets et regarder le passé en face.
Le point commun à ces deux affaires : Daniel Singleton, un tueur en série. Du fond de sa cellule, il élabore le piège qui va pousser Louise à aller plus loin, toujours plus loin… Jusqu’à la forêt de Tongass, là ou le mensonge corrode tout, là ou les pistes que suivent les deux enquêtrices vont se rejoindre.
Ce roman est librement inspiré du meurtre commis par Luka Rocco Magnotta en 2012, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen, qui a violé et assassiné 17 femmes entre 1971 et 1983.

mitchelli-fabio-m-1-polarlens-2015L’auteur : Fabio M. Mitchelli est né à Vienne (Isère) en 1973. Il a été révélé au public par son thriller La Compassion du diable (Fleur Sauvage, 2014 ; Milady Thriller, 2016), surnommé « le livre bleu ». Fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXe siècle, il se surpasse avec Une forêt obscure et fait coup double en dynamitant les codes du thriller psychologique et du true crime.

 

Extrait : 
Mai 2012, Montréal
Luka était allongé sur son lit, à demi nu, seulement vêtu d’un caleçon boxer argenté qui lui moulait parfaitement le paquet. Il s’était peint les lèvres d’un rouge carmin des plus lumineux, agrémenté d’un gloss qui donnait à sa bouche la beauté factice des poupées bon marché. Des fractales de lueur bleutée venaient palpiter sur la lactescence de son corps, sur la peau blanche de son visage qui luisait comme de la porcelaine. Des mouvements, des ombres, des effets de lumière crue et, parfois, de longs moments d’obscurité. En fond sonore le player du micro portable diffusait « Paradise Circus » de Massive Attack.
Luka souriait. Le plaisir qu’il prenait était jubilatoire, incommensurable, même. L’être qui l’avait dévoré au fil des ans ne lui avait laissé aucune chance. La bête noire s’était insinuée en lui, l’avait dissous de l’intérieur.

 

Petits résumé et avis :

Il y a des années que je suis de très près Fabio Mitchelli. Ses premiers courts romans étaient prometteurs. Aussi j’attendais la révélation avec impatience. Il y a bien eu La Compassion du diable en 2014 que mon libraire a encencé. Mais je n’y ai pas totalement adhéré. Cependant j’y ai trouvé de forts bonnes idées. Comme à son habitude, Fabio me prouvait qu’il est réellement fasciné par les faits divers et les grands criminels du XXe siècle. Mais son récit manquait d’intensité. Ses dialogues tombaient parfois à plat. Mais là encore toutes les capacités de l’auteur étaient là, il ne manquait pas grand chose pour que ce thriller soit terriblement addictif.

Fabio, je l’avait compris est un bosseur, et il a un univers bien à lui. C’est ce dernier point que je trouvais intéressant chez lui. C’est pour cela que lectrice de la première heure, je le suivais de près. Je connaissais le potentiel, je savais la puissance évocatrice qui se cachait chez notre auteur, je la devinais. Je l’attendais et Fabio l’a fait !

Avec une forêt obscure, il nous offre un puissant récit.

Je sais qu’il a énormément travaillé, je sais qu’il a eu l’oreille attentive d’une véritable éditrice. Que le fait de rentrer dans une maison d’édition aussi prestigieuse que Robert Laffont l’a grandi. J’ai perçu ce changement en lui. J’ai retrouvé un homme plus posé, plus serein je dirais même. Et cela se ressent au niveau de son écriture. Il l’a affinée. Ici son écriture est au cordeau. Rien n’est superflu, tout est parfaitement dosé. Et si les intrigues de ce flippant thriller sont retors, Fabio n’en fait pas trop, il a su rester sobre pour notre plus grand plaisir.

Mais voyez plutôt.

Des jeunes filles sont retrouvées mortes ou en état de choc aux abords de la forêt Tongass. Le lieutenant Carrie Callan prend le dossier en main. A Montréal, Luka Ricci torture des animaux puis tue son amant à coups de pic à glace. Une enquêtrice, Kelly Bailey, est en charge de l’affaire. Les deux affaires se rejoignent…

L’éditeur nous met tout de suite en garde.

Certains passages de ce récit s’appuient sur des faits divers qui se sont réellement déroulés à Montréal, au Canada, et à Anchorage, dans l’État de l’Alaska. Certaines scènes de ce roman évoquent des articles parus antérieurement dans la presse ou sur des sites Internet spécialisés, ainsi que les événements liés à la catastrophe écologique causée par l’Exxon Valdez en 1989.

Cet ouvrage s’inspire également de l’escalade criminelle de Luka Rocco Magnotta et du meurtre prémédité qu’il a commis en 2012, sur la personne de Lin Jun, un jeune étudiant chinois installé au Canada, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen qui a violé et assassiné entre dix-sept et vingt et une femmes dans les environs d’Anchorage entre 1971 et 1983.

Malgré de nombreuses scènes empruntées à la réalité, ce roman est une fiction.

Et une pure fiction. Un roman choral maîtrisé de bout en bout. Je vous l’ai dit les intrigues sont retors mais la force de l’auteur c’est qu’il les entremêle à merveille afin qu’elles se rejoignent pour ne plus former qu’une terrible histoire.

Mais en plus d’être un pur thriller, ce titre mais en exergue les traumatismes que la catastrophe de l’Exxon Valdez a laissé sur les populations touchées directement par cette marée noire. Catastrophes écologiques, économiques et humaines. Une région entière sinistrée.

Et puis il a les personnages de ce bouquin. Là aussi Fabio Mitchelli a bossé. Outre les deux portraits de monstre qu’il nous brosse, il y a celui des deux enquêtrices. Et avec celles-ci non plus, notre auteur ne fait pas dans la facilité. Il y a chez ces deux flics une profondeur d’âme comme on en rencontre pratiquement jamais. Mitchelli décortique admirablement leur psychologie. On ne peut que s’attacher à elles, rentrer en empathie avec nos héroïnes que la vie a malmenées ou malmène. Deux magnifiques portraits de femmes fortes et fragiles à la fois. J’ai juste une envie, les retrouver dans un prochain opus.

Bref vous l’aurez compris, ce titre c’est la révélation Mitchelli. Il y a eu le petit livre bleu, maintenant, je peux dire que Fabio a inventé le bleu Mitchelli.

Enfin le thriller que j’attendais !

Kabukicho de Dominique Sylvain, le chouchou du week end


chouchous-du-week-end

Le chouchou du week-end dernier est…

Kabukicho  de Dominique Sylvain

97828785832120-3579515Kabukicho  de Dominique Sylvain . Paru le 6 octobre 2016 chez Viviane Hamy dans la collection Chemin nocturne. 19€ ; (286 p.) ; 21 x 13 cm

À la nuit tombée, Kabukicho, sous les néons, devient le quartier le plus sulfureux de la capitale nipponne. Au cœur de ce théâtre, les faux-semblants sont rois, et l’art de séduire se paye à coup de gros billets et de coupes de champagne. Deux personnalités dominent la scène : le très élégant Yudai, dont les clientes goûtent la distinction et l’oreille attentive, et Kate Sanders, l’Anglaise fascinante, la plus recherchée des hôtesses du Club Gaïa, l’un des derniers lieux où les fidèles apprécient plus le charme et l’exquise compagnie féminine que les plaisirs charnels. Pourtant, sans prévenir, la jeune femme disparaît. Le piège de Kabukicho s’est-il refermé ? À Londres, son père reçoit sur son téléphone portable une photo oùelle apparaît, les yeux clos, suivie de ce message : « Elle dort ici. » Bouleversé, mais déterminé à retrouver sa fille, Sanders prend le premier avion pour Tokyo, où Marie, colocataire et amie de Kate, l’aidera dans sa recherche. Yamada, l’imperturbable capitaine de police du quartier de Shinjuku, mènera quant à lui l’enquête officielle. Entre mensonges et pseudo-vérités, il sera difficile de démêler les fils d’une manipulation démoniaque ; pour le plus grand plaisir du lecteur.

527b8466158283cef39504a20632b979L’auteur : Dominique Sylvain est née le 30 septembre 1957 à Thionville en Lorraine. Elle travaille pendant une douzaine d’années à Paris, d’abord comme journaliste, puis comme responsable de la communication interne et du mécénat chez Usinor. Pendant treize ans, elle a vécu avec sa famille en Asie. Ainsi, Tokyo, où elle a passé dix ans, lui a inspiré son premier roman Baka ! (1995). Sœurs de sang et Travestis (1997 et 1998) ont été écrits à Singapour.
Elle habite actuellement à Paris mais reste très attachée à l’Asie où elle se rend régulièrement. Elle se consacre, désormais, exclusivement à l’écriture. Elle est l’auteur de nombreux romans policiers, dont Passage du Désir (Grand Prix des lectrices de Elle). Ses seize romans ont tous été publiés dans la collection Chemins Nocturnes, aux Éditions Viviane Hamy.
Extrait  : 
Marie cliqua sur « Statistique ».
Près de trois cent cinquante mille signes, plus de cinquante huit mille mots. La Cité des mensonges représentait un travail titanesque, mais qui se révélait payant. Bientôt, des lecteurs découvriraient de quoi elle était capable.
Ce livre  était un pont. Un pont vers l’humanité. Et la meilleure chance qu’elle ait eu depuis des années. 

 

Le post-it de Ge

Je ne suis pas particulièrement attiré par la société et la culture japonaise. J’ai beaucoup de mal à l’aborder. C’est vrai aussi que je ne la connais pas. Je n’en sais juste ce que j’ai pu en voir à travers les reportages et les documentaires que j’ai visionnés. C’est souvent  à travers le regard d’un occidental  que je les ai perçues. Mais quelques part, une petite voix en moi m’appelle à résister à cette société que la sensorielle que je suis à du mal à appréhender.

Pour moi, ce pays  est coincé entre traditions et hyper modernité. Les contrastes sont trop opposés, ils me semble inconciliables. Je les perçois comme des images figées ou, au contraire, comme un film qui défile à toute vitesse. Bref je reste hermétique à ce peuple, ses us, ses coutumes et ses espoirs en l’avenir.

Et pour autant, Dominique Sylvain a su me faire voyager. Elle m’a totalement plongée au coeur de cette société en perpétuelle mouvement. Elle a su me faire comprendre ses contradictions. J’avais déjà découvert le Japon avec son tout premier roman « Baka » mais cette fois, l’auteur va bien plus loin. A travers cette histoire au coeur d’un quartier chaud, elle retranscrit et arrive à nous faire sentir la quintessence de ce pays.

kaOn va être directement être transporté à Kabukicho , une ville plutôt morne le jour. Mais…La nuit, les bars à hôtesses et les love hôtels ouvrent. Kabukicho.  Ce quartier chaud de Tokyo devient « La ville sans sommeil »  Et c’est là que Marie, une jeune Française, espère  trouver un travail. Sa rencontre avec Kate, hôtesse au Club Gaïa, l’introduit dans le milieu. Un soir, cette dernière ne se présente pas au club. Le lendemain, son père reçoit sur son téléphone un cliché inquiétant. Et…Nous voilà embarqués dans une enquête difficile.

Et… j’ai aimé avoir Dominique Sylvain comme guide pour me conduire tout au long de ce périple. Avec son écriture clinique elle colle parfaitement au décor et aux mœurs du lieu. Derrière cette cordialité de façade se cache une froideur glaçante. Kabukicho est plus dangereuse qu’elle ne le laisse paraître.

Alors oui, je me suis laisser prendre au piège. Oui je me suis attachée à ces personnages pas forcément très attachants pourtant. Oui j’ai été totalement en empathie avec certains mais aussi avec ce Japon que l’auteur affectionne tant.

Oui Dominique retourne à ses premières amours.  Elle nous en dévoile la substantifique moelle.Et oui, je pense que l’auteur a voulu donner ce ton froid pour coller et faire transpirer la culture nippone à travers cette parfaite enquête.

Oui, je le crie haut et fort, Dominique Sylvain a réussi son coup. Elle a su me surprendre. Elle a surtout su, avec ce titre à part, totalement se renouveler. Et, oui à travers ce titre, c’est, pour moi, une belle redécouverte de cette auteure. Alors…Merci Madame pour tout ça !

 

RLVous pouvez aussi, si vous le voulez découvrir ici mon petit avis sur Le roi lézard

 

Souviens-toi de moi comme ça de Bret Anthony Johnston


 $$$&&&$9782226319456,0-3095637Le livre : Souviens-toi de moi comme ça  de Bret Anthony Johnston. Traduit de l’américain par France Camus-Pichon. Paru le 2 mars 2016 chez Albin Michel dans la collection Terres d’Amérique.  22€ ; (439 p.) ; 21 x 14 cm.

4e de couv

Souviens-toi de moi comme ça

« Je suis admiratif du talent de Bret Anthony Johnston et bouleversé par la force psychologique de ce portrait de parents en proie à leurs pires angoisses. Un roman prodigieux. »
John Irving

« Un livre fascinant, comme un roman de Dennis Lehane qui aurait été écrit par Jonathan Franzen. »
Esquire

Cela fait quatre ans que le jeune Justin Campbell a disparu sans laisser de trace. Fugue ? Kidnapping ? Accident ? C’est une véritable tragédie pour sa famille qui, faute de certitudes, cherche des échappatoires : sa mère s’est prise de passion pour la protection des dauphins ; son père a une liaison ; et son frère passe ses journées à faire du skateboard dans la piscine à sec d’un motel abandonné…

Lorsque enfin Justin réapparaît, loin de retrouver un équilibre, sa famille se divise davantage, écrasée par la culpabilité et le désir de faire justice elle-même.

Avec ce premier roman prochainement adapté au cinéma, Bret Anthony Johnston s’impose comme l’un des jeunes romanciers américains les plus talentueux.

« Un premier roman brillant et saisissant dans lequel Bret Anthony Johnston explore la façon dont chacun se débat pour accepter et aimer ce qu’on appelle une  » famille « . »
The New York Times

« Un premier roman extraordinaire, servi par une langue lumineuse et une construction sans défaut, qui ne peut laisser insensible. »
The Boston Globe

« Johnston fait preuve d’un incontestable talent, aussi bien dans la vérité de ses personnages que dans le portrait convaincant d’une famille en crise. »
Publishers Weekly

$$$&&&$25756-mL’auteur : Directeur du département de Creative Writing à l’université de Harvard, Bret Anthony Johnston commence sa carrière littéraire avec Corpus Christi, un recueil de nouvelles paru aux États-Unis en 2004, qui lui vaut d’être distingué par la National Book Foundation comme l’un des cinq meilleurs auteurs américains de moins de trente-cinq ans. Souviens-toi de moi comme ça, traduit dans une dizaine de langues, est son premier roman.

Résumé et petit avis :

Suite à la disparition inexpliquée de Justin, 11 ans, les membres de la famille Campbell, en proie à leurs angoisses, tentent de vivre chacun à sa manière. Quatre ans plus tard, l’adolescent est retrouvé par la police, séquestré près de chez lui par un pédophile. Les tensions familiales sont ravivées.

Un premier roman ? J’ai du mal à y croire !

C’est tellement bien écrit et tellement c’est bien construit. J’ai lu quelques par que ce titre ressemble à un livre de Lehane, alors un de ses meilleurs livres, pas un de ses derniers. De ceux qui décortiquent l’âme humaine.

J’ai lu aussi que cela aurait pu être écrit par Jonathan Franzen. Et c’est vrai que la plume de l’auteur est subtile, cristalline même. Et que tel un scalpel, elle sculpte un portrait sans concession de la déliquescence d’une famille. Une famille dévastée par a disparition du fils ainé. Une famille où chacun de ses membres essaient de se reconstruire. Cherchant le réconfort là où ils le peuvent. Une famille qui cherche la redemption sans arriver à la trouver. Trop de non dit, trop de questions sans réponse, trop de fausse pudeur. Trop parfois aussi de bons sentiments, chacun veut réparer, rattraper le temps perdu. L’adolescent retrouvé n’y changera rien. Il est peut-être le seul à vouloir reprendre le cours de sa vie normalement.

Un magnifique roman psychologique qui laisse la part belle à l’entourage de la victime. Leur donnant tour à tour la parole. Une intrigue tout en finesse. Ça sonne juste et ça sonne fort.

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Arrêt Wagram / Samuel Delage


Mes petites lectures

9782819500308,0-11346629782819500926,0-1213093Le livre : Arrêt Wagram / Samuel Delage.Paru le 7 octobre 2010 aux Nouveaux Auteurs.18€ ; (300 p.) ; 21 x 14 cm

Réédité en poche le 9 juin 2011 chez les Nouveaux Auteurs poche. 6€59 ; (245 p.) ; 18 x 11 cm.

 

4e de couv :

Imaginez que votre enfant ait été enlevée et qu’un matin, dans une station de métro, un inconnu vous oblige à le suivre, vous jette dans un avion pour New York sans pouvoir laisser la moindre trace derrière vous…

C’est ce qui arrive à Yvan Sauvage, l’un des experts en Art les plus côtés au monde. L’organisation qui le séquestre va exiger, au nom de la survie de sa fille, de sa femme, le détournement d’œuvres majeures du patrimoine mondial. Pourquoi lui ? Que cherche vraiment cette organisation tentaculaire ?

Entre Paris, où la femme d’Yvan tente de comprendre cette soudaine disparition, et New York, où l’expert est contraint d’exécuter les ordres en cherchant à se sortir du guêpier, le chassé-croisé est haletant.

Pour sauver sa propre peau et celle de sa fille, Yvan Sauvage va être obligé d’aller au-delà de lui-même en prenant tous les risques.

Y parviendra-t-il ? Et au prix de quelle brutale révélation ?

Citation :
Le cordon était coupé pour la seconde fois. La première avait donné la vie, la seconde, invisible, la fit disparaitre.

L’auteur :

45898756887Samuel Delage, né en 1978 dans le Saumurois, il a grandi sur les bords de Loire. Il vit aujourd’hui à Nantes, où il partage son temps entre l’écriture et son métier d’ingénieur en informatique.

 

 

Mes petites lectures

Résumé et petit avis :

Yvan Sauvage, un expert en art, va être obligé de prendre tous les risques pour sauver sa fille, enlevée par une organisation exigeant de lui le détournement d’oeuvres majeures du patrimoine mondial.

Un chassé-croisé entre Paris et New York sert de toile de fond à ce thriller dans lequel se mêlent argent, oeuvres d’art et secrets, pour servir des travaux sur la recherche et les manipulations génétiques. Une intrigue prenante et originale, servie par une écriture sobre et fluide. A noter le petit clin d’oeil à Maxime Chattam, à travers le personnage de son enquêteur, Joshua Brolin.

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Les murs de sang de Jérôme Camut et Nathalie Hug


Mes petites lectures

9782253132837,0-1468166 9782253168706,0-1627647 Le livre : Les murs de sang de Jérôme Camut et Nathalie Hug. Parule 5 octobre 2011 chez Calmann Levy. 18€80 ; (389p). 23×15

Réédité en poche au Livre de Poche le 12 juin 2013.   7,60€ ; (475 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Douze ans que Jack van Bogaert est séparé de sa fille, Lucie. Après une jeunesse tumultueuse et un séjour prolongé dans une prison balinaise, il coule des jours paisibles auprès de Libbie, la femme qu’il aime, sur une petite île paradisiaque. Un bonheur inespéré auquel s’ajoutent des retrouvailles avec Lucie, dont la mère vient de mourir et qu’il est venu récupérer en Suisse. Survient un stupide accident de voiture sur une route de montagne, et tout bascule.

Avec cette intrigue ingénieuse filée sur trois époques, Jérôme Camut et Nathalie Hug nous offrent un thriller complexe, sensible, virtuose.

Camut-et-Hug2-300x196Les auteurs : Depuis leur rencontre en 2004, Jérôme Camut et Nathalie Hug ont écrit à quatre mains neuf romans, dont Les Yeux d’Harry (aux éditions Calmann-Lévy) et Rémanence (Les Voies de l’ombre) et W3 chez Télémaque.

 

Citation :
 Les gonzesses,les baraques,le pognon,tu peux t’en débarasser comme ça,sur un claquement de doigts.Fais un moufflet et dis adieu à ta liberté.

Résumé et avis :

Alors qu’il vient tout juste de retrouver une vie paisible et sa fille adolescente qu’il n’a pas vu depuis douze ans, Jack Van Bogaert et elle sont victimes d’un accident de la route, orchestré par des ennemis de Jack. Sa fille est kidnappée.

Ce titre du couple Camut- Hug est sans aucun doute tout aussi percutant que Prédation, le premier roman qui nous les avait fait connaître. La narration est éclatée entre trois époques : le sens du rythme, les rebondissements en cascade et la psychologie des personnages ; tout est réglé à la perfection. C’est magnifiquement construit, et d’une efficacité redoutable. Sans oublier une pointe d’émotion et une écriture au cordeau. Un pur régal.