Le signal – Maxime Chattam


Le livre : Le signal de Maxime Chattam. Paru le 24 octobre 2018 chez Albin Michel dans la collection Thriller. 23€90 ;  (740 p.) ; 23 x 16 cm

4e de couv :

La famille Spencer vient de s’installer à Mahingan Falls. Jusqu’ici, tout va bien. Un vrai paradis.

Si ce n’étaient ces vieilles rumeurs de sorcellerie, ces communications téléphoniques brouillées par des cris inhumains, ce quelque chose d’effrayant dans la forêt qui pourchasse les adolescents, et ce shérif complètement dépassé par des crimes horribles.

Avez-vous déjà eu vraiment peur en lisant un live ?

 

L’auteur :  Maxime Chattam est né à Herblay, Val-d’Oise , le 19 février1976. Enfin presque parce que Maxime Chattam et Maxime Williams sont des pseudonymes de Maxime Guy Sylvain Drouot, et c’est ce Maxime là qui est née en France. Au cours de son enfance, il fait de fréquents séjours aux États-Unis: sa première destination en 1987 est Portland dans l’Oregon, ville qui lui inspirera son premier roman.
Rêvant d’abord d’être comédien, il suit le Cours Simon, devient figurant dans un spectacle de Robert Hossein et joue dans plusieurs téléfilms.

Il fait plusieurs petits boulots pendant plus de deux ans et reprend ses études de Lettres modernes. Il écrit « Le cinquième règne » à cette époque puis fin 1999, devient vendeur de romans policiers à la FNAC. « Le Cinquième règne » est publié bien plus tard, en 2003, sous le pseudonyme de Maxime Williams.  Il suit une formation en criminologie pendant un an à l’Université de Saint-Denis. Durant cette année, il apprend les rudiments de la psychologie criminelle, de la police technique et scientifique et de la médecine légale. Toujours libraire, il consacre ses week-ends à son projet de thriller. Il rédige « L’âme du mal » en 2001, qui est publié l’année suivante chez Michel Lafon. Signé du pseudonyme de « Chattam », en référence à une petite ville de Louisiane, le livre crée la surprise et conquiert rapidement un public. Ce roman devient le premier volet de la « Trilogie du mal, » suivi de « In Tenebris » (2003) et « Maléfices » (2004). Marié à l’animatrice Faustine Bollaert depuis 2012, il est père d’une fille née en 2013 et d’un garçon né en 20

Extrait :
La forêt se densifiait. Loin de la main de l’homme, elle gagnait en prestance, forçant le respect, écrasant de sa stature, menaçant de ses frondaisons bruissantes. 

Le sach’avis de Sacha

 

Le « Maman j’ai peuuuur » du jour!

La famille Spencer emménage dans la petite ville perdue de Mahingan Falls. Les nouveaux venus n’y trouvent pourtant pas la tranquillité espérée : suicides mystérieux, disparitions de jeunes filles et autres accidents peu naturels s’enchaînent, semant l’angoisse chez les enfants Spencer. Ethan Cobb se doit d’enquêter.

Le « Maman j’ai peuuuur » du jour!
Pourquoi « Maman j’ai peur »? Parce que « Le signal » réveille avec délice tes terreurs enfantines! La trouille qui vient des tripes, tu vois?
Une atmosphère très Stephen King pour mon plus grand bonheur! Le rythme s’accélère au fil des pages jusqu’au dénouement pendant lequel on finit littéralement en demi respiration!
Bon t’as compris, fonce sur ce livre, mais attention… rentre bien des pieds sous la couette, parce que… Muhahaha! 😈😈😈

Thérianthrope de Michaël Fenris 


Le livre : Thérianthrope de Michaël Fenris .  Paru le le 22 novembre 2018 aux éditions Prisma – 19.95 € (397 pages) ; format  15 x 23cm

 

4ème de couverture :

A Denver, l’inspecteur Ernesto Guzman espérait avoir une fin de carrière paisible. Quand on l’envoie sur une scène de crime particulièrement sordide, il comprend que la retraite va devoir attendre : la victime a été massacrée, et en partie dévorée par son assassin… Alors que les corps affreusement mutilés se multiplient, l’identité du serial killer ne fait plus aucun doute : Mitchell Hiker, ancien garde forestier tout juste échappé d’un asile psychiatrique. L’homme est persuadé d’être un loup-garou, et une petite voix dans sa tète lui souffle de tuer. Une traque sans merci va commencer

 

L’auteur … Michael Fenris est le pseudonyme d’un médecin généraliste qui vit en région parisienne, il aime les thrillesr et a publié sous ce nom ses premiers romans, Feuille , Le syndrome Noah. Michael Fenris, médecin de jour et écrivain la nuit donc et aussi passionné de littérature américaine.

 

 

 

 

 Extraits :

« Ernesto Guzman avait assisté à pas mal d’autopsies, le passage obligé quand on travaillait à la Criminelle, et avec le temps il avait su se forger une carapace mentale pour éviter de prendre trop à cœur ce qu’il voyait. Son jeune collègue, qui n’avait pas son ancienneté, y allait toujours à reculons. Guzman avait vu des flics ne jamais le supporter, parfois même des flics avec du métier, lorsque ça aurait pu être leur propre enfant. Parfois, le seul recours pour oublier était la boisson, Ernesto le savait pour y avoir goûté, jusqu’à ce que sa femme lui mette un ultimatum : l’alcool ou sa famille. Il avait choisi, et il ne le regrettait pas en songeant au réconfort qu’il retrouvait chaque soir en rentrant chez lui. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Thérianthrope de Michaël Fenris

 

Une fable moderne me direz-vous en voyant la couverture … ça ressemble au petit chaperon rouge, certes ! L’auteur prend beaucoup de libertés avec le conte et nous entraîne dans une aventure originale, de nos jours avec les portables, l’ADN , les 4×4 et les hélicoptères. Ca c’est pour le décors …

Petit tour sur le dictionnaire cependant … thérianthrope selon wiki, puisque word ne connait pas :

La thérianthropie ou zooanthropie est la transformation d’un être humain en animal, de façon complète ou partielle, aussi bien que la transformation inverse dans le cadre mythologique et spirituel concerné.

Plus loin Michael Fenris parle de lycanthropie (source wiki toujours) désigne la transformation d’un homme en loup.

Et bien voilà le contexte est posé … laissez faire votre imagination et vous aurez quelques heures de bonne littérature policière, avec suspense entretenu et juste une pincée de fantastique, histoire de ne pas décourager les hyper-rationnels dont je fais partie !

D’abord l’action se déroule en ville, aux US à Denver (Colorado) où une jeune femme est retrouvée assassinée et alors la politique se taille la route dans l’enquête qui va révéler un tueur en série. On connait très vite son identité, son ambigüité intrigue et il nous entraîne ensuite à Rock Hill, l’Amérique profonde  abandonnée des pouvoirs centraux, où le sheriff courre après les moyens supplémentaires et sa population se sent bien isolée. Des sagas familiales aux secrets malmenées par les méfaits du tueur, des jeux dangereux d’adolescents, une petite romance, une guerre des polices car le FBI veut s’en mêler … dans un contexte nord-américain certes mais terriblement universel avec un final qui tient bien ses promesses et qui garde son suspense jusqu’aux toutes dernières pages.

Lu en version numérique.

 

 Extrait 2 et 3
« — Eh, Bob, petit cachottier ! cria-t-il en direction du cadavre dans le couloir. Tu avais honte de tes cheveux blancs ?
La teinture conviendrait parfaitement à ses cheveux bruns. Il en profita pour passer sous la douche, se coupa un certain nombre de mèches rebelles frisottantes aux tempes et sur le front, lut la notice du produit et l’appliqua à la lettre. Ordre et discipline. Il récupéra un rasoir et s’en servit pour rendre son visage parfaitement glabre, en laissant la moustache qu’il passa également à la teinture. Il laissa ensuite sécher ses cheveux en les coiffant en arrière et s’examina, satisfait du résultat. »
« Personnage haut en couleur, la soixantaine sonnante et le cheveu rare, Gus Peterson habitait à l’entrée de Rock Hill, au fond d’une impasse collée aux racines de la montagne. Une vieille cahute tout en bois, ornée d’un nombre incalculable de plaques minéralogiques venues des quatre coins du monde. La même collection, décuplée, se trouvait à l’intérieur, mêlée aux têtes, voire aux animaux entiers, empaillées. Pour Peterson, le terme de chasse était large, et s’il se piquait d’être un excellent taxidermiste, il suffisait qu’un objet lui plaise pour qu’il démarre illico une nouvelle collection en tentant de se l’approprier avec des moyens plus ou moins légaux. »

 

Helena – Jérémy Fel


Attention « Double Chronique »

Aujourd’hui les jumelles Flingueuses on décidait de nous proposer chacune leur avis sur un même bouquin

Ce matin c’était,

Ophélie qui nous soumettait son Off de Oph

 Ce soir c’est

Maud qui nous parle de sa lecture

Allez c’est parti pour un second avis!


Le livre: Helena de Jérémy Fel. Paru le 22 août 2018 chez Rivages. 23 euros; 733 pages; 20,5 x 2,7 x 14 cm.

 

4ème de couverture:
Kansas, un été plus chaud qu’à l’ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d’une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent. La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial. Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres… Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire. Et il y a Helena… Jusqu’où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu’ils commettent l’irréparable ? Après Les Loups à leur porte, Jeremy Fel aborde cette vertigineuse question dans une grande fresque virtuose aux allures de thriller psychologique.

L’auteur: Jérémy Fel fut libraire pendant quelques temps, spécialisé dans les littératures de l’imaginaire, avant de décider de se consacrer à l’écriture. C’est après ses études de lettres et de philosophie au Havre, puis quelques scénarios de courts métrages, qu’il s’est orienté vers l’écriture de nouvelles.Les loups à leur porte (2015), son premier roman, est un grand puzzle feuilletonesque à l’atmosphère énigmatique et troublante.
En 2018, il publie Helena« , un des titres phares de la rentrée littéraire chez Rivages.

 

Extraits :
« Le petit garçon obéit et s’assit sur le lit. Il était tout nu, sa bouche pleine du goût des bonbons à la fraise que son papa lui avait donnés avant de rentrer dans la maison aux belles fleurs mauves, son papa qui, à présent, se tenait dans le fond de la pièce, derrière la grosse caméra. Tout était flou autour de lui, il se sentait si fatigué. Le monsieur aux cheveux gris s’approcha alors du lit, nu lui aussi, tenant à la main un objet long et humide qui brillait sous la lampe accrochée au plafond. (…).
Pour à nouveau l’attacher, le mordre, s’insinuer en lui pour ne laisser ensuite que la douleur. »

Les Lectures de Maud :


Le destin de deux familles, en apparence sans lien, va être bouleversé suite à une rencontre fortuite. Rien ne les prédestinait à ce que leurs chemins se croisent et pourtant leurs vies va basculer dans l’horreur.

Norma, une mère de famille qui est prête à toi pour protéger ses enfants m’a de suite été antipathique. Cette volonté ou déni qu’elle a de masquer la vérité et ne pas la regarder en face m’a été insupportable.

Hayley, jeune fille des quartiers riches qui va vivre un drame qui la marquera à jamais, et sera à l’origine de toute la descente aux enfers qui va suivre.

L’auteur a encore réussi une splendeur avec ce livre, réunir des personnages qui n’ont rien en commun mais que le destin décide de se faire rencontrer. Les actes de chacun auront forcément des conséquences sur les autres ; c’est le début d’un cercle infernal et sans fin. L’enchaînement d’évènements imbriqués les uns dans les autres, nous montre la noirceur de chacun d’eux. Leur volonté de se venger va prendre le pas sur leur quotidien jusqu’à en faire partie intégrante. Une plume toujours aussi noire et pourtant si addictive ; le lecteur ne ressort pas indemne de cette lecture. L’alternance des rêves (ou cauchemars) et la réalité, chaque chapitre dédié à un personnage ; donne du rythme et du suspense à cette lecture.

Ayant lu Les Loups à leurs portes récemment, je dirai que j’aurais une préférence pour le premier livre (la vie des personnages) ; mais les deux sont de véritables cocktails d’émotions et de noirceur.

Je remercie Bepolar pour cette découverte et leur confiance

Tags : Etats-Unis, violence, manipulation psychologique, thriller, séquestration

Helena de Jérémy Fel


LA DOUBLE CHRONIQUE

Aujourd’hui les jumelles Flingueuses vous propose chacune leur avis sur un même bouquin

Ce soir c’est Maud qui nous parlera de sa lecture

Ce matin c’est Ophélie qui nous soumet son Off de Oph

Allez c’est parti !


Le livre: Helena de Jérémy Fel. Paru le 22 août 2018 chez Rivages. 23 euros; 733 pages; 20,5 x 2,7 x 14 cm.

 

4ème de couverture:
Kansas, un été plus chaud qu’à l’ordinaire. Une décapotable rouge fonce sur l’Interstate. Du sang coule dans un abattoir désaffecté. Une présence terrifiante sort de l’ombre. Des adolescents veulent changer de vie. Des hurlements s’échappent d’une cave. Des rêves de gloire naissent, d’autres se brisent. La jeune Hayley se prépare pour un tournoi de golf en hommage à sa mère trop tôt disparue. Norma, seule avec ses trois enfants dans une maison perdue au milieu des champs, essaie tant bien que mal de maintenir l’équilibre familial. Quant à Tommy, dix-sept ans, il ne parvient à atténuer sa propre souffrance qu’en l’infligeant à d’autres… Tous trois se retrouvent piégés, chacun à sa manière, dans un engrenage infernal d’où ils tenteront par tous les moyens de s’extirper. Quitte à risquer le pire. Et il y a Helena… Jusqu’où une mère peut-elle aller pour protéger ses enfants lorsqu’ils commettent l’irréparable ? Après Les Loups à leur porte, Jeremy Fel aborde cette vertigineuse question dans une grande fresque virtuose aux allures de thriller psychologique.

L’auteur: Jérémy Fel fut libraire pendant quelques temps, spécialisé dans les littératures de l’imaginaire, avant de décider de se consacrer à l’écriture. C’est après ses études de lettres et de philosophie au Havre, puis quelques scénarios de courts métrages, qu’il s’est orienté vers l’écriture de nouvelles.Les loups à leur porte (2015), son premier roman, est un grand puzzle feuilletonesque à l’atmosphère énigmatique et troublante.
En 2018, il publie Helena« , un des titres phares de la rentrée littéraire chez Rivages.
Extrait:
« C’était un enfant apeuré qu’elle avait trouvé devant la cabane, pas un criminel, pas celui que les autres, tous les autres, montreraient du doigt quand il serait livré à la justice. Personne ne le connaissait comme elle, personne ne savait ce par quoi il était passé. Personne d’autre qu’elle ne pourrait le comprendre. Et, à présent, il était seul dans cette nuit noire. Peut-être n’oserait-il même plus revenir. Il était si vulnérable. Elle avait tant besoin de le serrer à nouveau dans ses bras, de lui promettre qu’elle le protégerait envers et contre tout, comme toute mère sensée se devait de le faire. »

 

Le OFF de OPH

Chronique d’un roman Kinghitchcockien !

C’est assommée que je suis sortie de cette lecture dont j’ai lu les 732 pages l’angoisse rivée au ventre. Parce qu’« Helena » c’est d’abord une ambiance. Pas un rythme endiablé, pas un page-turner au sens où le suspens prévaut et les cliffangers se suivent, mais bien une atmosphère. Une atmosphère que je n’avais connue que par King ou Hitchcok. Une atmosphère qui malgré la peur, l’angoisse qu’elle dégage est difficile à quitter quand il faut refermer le livre pour assurer le boulot, les enfants et chéri.
« Allongé sur le matelas, il fuma une cigarette en repensant au rêve qu’il avait fait la nuit dernière […] Il était prostré contre le mur de la cuisine, pendant que de l’extérieur l’ogre faisait crisser ses griffes sur la fenêtre, ses yeux devenus fous, aux reflets de l’arc-en-ciel. Tout en résistant à ses tentatives de l’inviter à entrer, Tommy avait reconnu la voix de sa mère, laquelle se tenait près de l’évier, ses mains plongées dans l’eau froide. Mais sa voix avait paru si lointaine, comme si elle ne provenait pas de sa bouche. Quand il s’était levé pour la rejoindre, il s’était rendu compte que la porte donnant sur le jardin était grande ouverte, et que le monstre avait déjà fait un pas à l’intérieur. »
Les lieux choisis par Jérémy Fel pour y placer son intrigue renforcent aussi le climat particulier qui se dégage du roman : le Kansas, une maison perdue au milieu des champs de maïs, la présence quasi constante des corbeaux, des épouvantails… Mais aussi les nombreux passages en italique qui mêlent à la réalité les cauchemars, les pensées des protagonistes.
J’ai donc, vous l’avez compris, particulièrement accroché à l’écriture de Jérémy Fel et à ce thriller psychologique dans lequel, ambiance, lieux, personnages, contribuent à maintenir une tension narrative jusqu’à la dernière ligne du livre.
Les personnages que nous suivons : Tommy, Norma, Hayley et… Helena m’ont intriguée, bouleversée. Je les ai aimés, je les ai détestés, j’ai souffert avec eux, mais pour chacun d’entre eux, même dans leur noirceur j’ai ressenti de l’empathie. Je ne vous dirai pas pourquoi, je vous laisse vivre pleinement cette expérience.
L’auteur a glissé dans son histoire de nombreuses références littéraires mais aussi cinématographiques, la plus évidente étant « le magicien d’Oz » qui est en fil rouge tout au long de l’histoire. Mais je dois dire qu’une d’entre elles m’a fait sourire puisque ce film d’animation, que je regardais petite, dégage le même type d’atmosphère que ce roman : « Brisby et le secret de Nimh ».
Jérémy m’a également poussé à réfléchir sur des thèmes tels que la construction de l’enfant en tant qu’adulte en devenir. Nos vécus et éventuels traumatismes qui impactent nos vies d’adultes. Il évoque aussi la question des choix : faisons-nous toujours les bons ? Qu’aurions-nous changé si nous avions pu revenir en arrière ?
Enfin outre ces aspects, « Helena » est le seul roman lu sur lequel, à aucun moment, je n’ai pu anticiper quoi que ce soit. Rien ne se passe comme je l’avais imaginé, l’auteur m’a, à chaque fois, surprise et prise à contre pied, pour m’emmener vers un final complètement inattendu qui en définitive m’a apporté plus de questions que de réponses.
« Helena » a été, pour ma part, une réelle expérience littéraire, et j’ai une affection particulière pour ce roman qui m’aura surprise de la première ligne, jusqu’au point final.

Et vous, que diriez vous d’aller à la rencontre de ces personnages dissemblables qui, par leurs choix, mêleront leurs destins ?

Le vieux qui voulait sauver le monde  de Jonas Jonasson


Le livre : Le vieux qui voulait sauver le monde  de Jonas Jonasson … – traduction : Laurence Mennerich – Paru le 11 octobre 2018 aux éditions Presses de la cité – collection Domaine étranger -21.50€  (502 pages) ; format 23×14 cm. – epub 14.99€

 

4ème de couverture :

Après avoir séduit 1,3 million de lecteurs en France, le Vieux ne sucre toujours pas les fraises !

Tout commence au large de Bali, avec une montgolfière et quatre bouteilles de champagne. Aux côtés de Julius, son partenaire dans le crime, Allan Karlsson s’apprête à fêter son cent unième anniversaire quand… patatras ! Le ballon s’échoue en pleine mer. Voici nos deux naufragés recueillis à bord d’un vraquier nord-coréen. Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, il se trouve que l’embarcation, dépêchée par Kim Jong-un, transporte clandestinement de l’uranium enrichi. Ni une ni deux, Allan se fait passer pour un spécialiste de la recherche atomique, parvient à leurrer le dictateur et s’enfuit avec une mallette au contenu explosif… un néonazi suédois à ses trousses. De Manhattan à un campement kenyan en passant par la savane de Tanzanie et l’aéroport de Copenhague, Allan et son comparse se retrouvent au cœur d’une crise diplomatique complexe, croisant sur leur route Angela Merkel, Donald Trump ou la ministre suédoise des Affaires étrangères, se liant d’amitié avec un escroc indien au nom imprononçable, un guerrier massaï, une entrepreneuse médium engagée sur le marché du cercueil personnalisé et une espionne passionnée par la culture de l’asperge.

 

L’auteur Jonas Jonasson est un écrivain et journaliste suédois né à Växjö , le 6 juillet 1961.Avant de devenir écrivain, Jonas Jonasson a longtemps travaillé comme journaliste, consultant dans les médias puis producteur de télévision.
Décidant de commencer une nouvelle vie, il se met à la rédaction d’un manuscrit, vend tout ce qu’il possède en Suède et part s’installer dans un village suisse, près de la frontière italienne (dans le canton du Tessin).
En 2009, son manuscrit est publié. En France, il paraît aux Presses de la cité en mars 2011, sous le titre Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire et se fit la malle.
Son second roman, L’analphabète qui savait compter est sorti en France en octobre 2013, suivi en 2016 par  l’assassin qui voulait une place au paradis

 

 Extrait :
« Donald John Trump était né à New York le 14 juin 1946, un an jour pour jour après que le citoyen suédois Allan Emmanuel Karlsson eut donné aux États-Unis la solution à leurs problèmes de fabrication d’une bombe atomique.
Les deux hommes avaient plus en commun qu’il y paraissait. Allan avait hérité d’une cabane sans eau courante ni isolation, en pleine forêt, en dehors de Malmköping, et le jeune Donald, de vingt-sept mille appartements à New York City. Les fistons traversèrent ensuite une période funeste. Allan fit exploser sa cabane ; Donald fit à peu près la même chose avec l’empire immobilier de son père et fut sauvé de la faillite grâce à plusieurs banquiers charitables.
Un autre de leurs points communs était d’avoir réfléchi au sens de la vie au même moment, chacun de son côté : Allan à Bali, avant d’être ensorcelé par une tablette noire et de partir à la dérive dans une montgolfière, Donald dans une grande maison blanche à Washington, entouré d’idiots et d’ennemis. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

Le vieux qui voulait sauver le monde  de Jonas Jonasson

On avait laissé Allan se dorer en Malaisie, bourré de fric et en bonne compagnie. Un an après il accepte de fêter ses 101 ans de façon détonante … il fait sa révolution numérique et devient addict de la tablette à la pomme, tandis que Julius est en adoration pour les asperges.

Si l’auteur avait balayé avec humour les cent premières années d’Allan en lui faisant rencontrer tous ceux qui ont fait l’histoire de ce dernier siècle, c’est maintenant au présent qu’il s’attaque. Quels sont les fléaux qui nous guettent ? Tour à tour le regard critique de Jonas Jonasson se porte sur la Corée du Nord et son chef à la coiffure de Play-mobil, le nouveau Président des Etats-Unis et ses tweets incendiaires, l’Europe en pleine errance avec la montée des populismes, les manœuvres russes pour influencer les élections dans notre monde occidental « démocratique »… quelques espoirs néanmoins à glaner auprès des peuples sages du pays Massaï !

Un nouveau road-trip pour nos héros mais cette fois, ils ont lâché l’éléphant pour une valise d’uranium enrichi de contrebande, en créant leur fabrique de cercueils personnalisés, poursuivis par des néonazis suédois. De nouveaux joyeux drilles rejoignent nos héros : une entrepreneuse de pompes funèbres et apprentie médium, une dissidente des services secrets germaniques adepte des asperges, une ministre suédoise des affaires étrangères …

Tout le suspense est de savoir si Allan fêtera ses 102 ans, l’instinct de survie est bien là cependant … Tout le suspense est de savoir si notre monde survivra à la menace nucléaire et autres fléaux … Côté auteur : qu’est-ce qui fait de lui cet adorateur d’Angela ?

J’ai adoré ce qui devrait être des caricatures de notre actualité vu par ce suédois bourré d’humour, ravageur et dérangeant, qui nous fait faire quelques arrêts sur image, salutaires à notre interprétation du monde.

Merci aux Presses de la cité pour leur confiance.

 

Lu en version numérique.

 

 Extraits

« La Suède s’étend sur mille six cents kilomètres de long, un peu moins en large. Une surface plutôt vaste pour dix malheureux millions d’habitants. Dans la plus grande partie du pays, on peut marcher des heures sans croiser une seule personne. Ni même un élan. On peut acquérir une vallée avec un lac pour une somme qui ne suffirait pas à acheter un studio délabré en banlieue parisienne. L’inconvénient, on le découvre ensuite, c’est qu’il faut parcourir cent vingt kilomètres pour se rendre au magasin le plus proche, cent soixante jusqu’à la pharmacie, et si jamais on marche sur un clou, boitiller encore plus loin pour atteindre l’hôpital. Si on veut emprunter du lait pour le café au plus proche voisin, on risque de devoir marcher trois heures. Le café aura refroidi bien avant qu’on soit rentré.

Ceux pour qui ce mode de vie n’a pas beaucoup d’attrait ont passé l’accord tacite de se rassembler à Stockholm et alentour. Leur présence attire les entreprises. H&M, Ericsson et IKEA préfèrent suivre deux millions et demi de clients potentiels plutôt que, disons, les soixante-dix personnes qui n’ont pas encore quitté le village de Nattavaara, au nord du cercle polaire. »

« En Suède, il existe une chose qu’on appelle « le principe de publicité », autrement dit la transparence documentaire. Cela signifie que tout ce qu’un fonctionnaire fait, écrit, dit – voire pense – doit être consigné sans délai dans un rapport consultable par tout citoyen qui le souhaiterait. Les citoyens, en général, posaient rarement de problèmes. Il en allait autrement des journalistes. »

« Tandis que Sabine et Julius vaquaient à leurs affaires, Allan avait trouvé un canapé dans le salon télé de la maison d’hôtes, où il attendait que Sabine fasse de petites pauses dans ses recherches, afin de rattraper son retard de lecture. Entre autres sur le courroux des Suédois face aux distributions de courrier qui laissaient fortement à désirer. Beaucoup trop de lettres mettaient deux jours à arriver, au lieu du seul promis. Plutôt que d’améliorer ses services, la poste changea les règles. À présent, toutes les lettres mettraient deux jours. Ainsi, le taux de ponctualité approchait les cent pour cent. Allan songea que le directeur de la poste pouvait s’attendre à recevoir une prime conséquente.

Sur un autre sujet, un cadre du Front national français avait mangé un couscous dans un restaurant maghrébin. Et il avait trouvé ça bon ! Voilà qui était extrêmement antipatriotique. Le Couscous Gate aurait entraîné l’exclusion du mangeur de couscous, à moins qu’il n’ait pris volontairement la porte. Allan ne savait pas ce qu’était le couscous. Sans doute l’équivalent dans le monde arabe de la soupe de pois au lard. S’il devait ingurgiter encore une fois ce plat, il concevait de démissionner aussi. Même s’il ne savait pas trop bien de quoi. »

« Les lions pensent de manière logique et toujours selon les mêmes principes. Ils n’ont pas l’aptitude de distinguer un être vivant d’un véhicule motorisé, tant que le premier a le bon sens de rester dans le second. Si, par exemple, le félin voit approcher une voiture à ciel ouvert pleine d’humains, il globalise et se pose trois questions : 1/ puis-je manger cette chose ? (non, c’est trop gros), 2/ cette chose peut-elle me manger ? (non, une longue expérience m’a appris que les voitures tout-terrain et les camions n’attaquent jamais), 3/ puis-je m’accoupler avec cette chose ? (non, je ne pense pas que je pousserai le vice aussi loin).

Mais qu’une personne quitte la sécurité du véhicule de la taille d’un éléphant et les réponses aux questions que se pose le lion sont tout autres. 1/ puis-je manger cette chose ? (oui, et ça va être bon !), 2/ cette chose peut-elle me manger ? (non, comment s’y prendrait-elle ?) et 3/ puis-je m’accoupler avec cette chose ? (non, je ne pense pas que je pousserai le vice aussi loin). »

« Douze mois plus tôt, ils avaient porté un toast aux événements aux États-Unis et à la nomination prochaine de Donald J. Trump. Depuis la nuit du vote, une division entière de l’armée du Net de Guenna avait été employée à effacer les traces, tandis que trois autres divisions modifiaient régulièrement leur position pour que rien n’entrave l’effondrement des États-Unis. Encore douze mois plus tôt, c’était le Brexit que les amis avaient célébré. Deux extraordinaires victoires en autant d’années.

2017 n’avait pas été aussi faste. Le chaos aux États-Unis était bien sûr fantastique, mais aussi effrayant. Il incitait à l’humilité pour la suite. Tout en haut sur le planning figurait la question de se débarrasser de Trump ou non, et, dans l’affirmative, de faire de même avec Kim Jong-un. Il y avait une alternative, mais Volodia et Guenna voulaient y réfléchir à tête reposée.

Du reste, ils devaient reconnaître que, au cours de l’année, ils avaient manqué l’occasion de torpiller l’Europe. Leur déconvenue en France les énervait au plus haut point. Tout avait été préparé pour un duel entre François Fillon et Marine Le Pen. Droite contre très à droite. Guenna gardait dans sa manche une bombe qui aurait pu augmenter les chances de Le Pen. Par malchance, un petit comique du Canard enchaîné avait découvert l’information et l’avait publiée bien trop tôt. Merde ! »

La conspiration Hoover de Steve Berry


Le livre: La conspiration Hoover de Steve Berry. Traduction de Philippe Szczeciner. Paru le 11 octobre 2018 aux éditions du Cherche Midi. 22€ ; (448 pages) ; 14 x 22 cm.


4ème de couverture: 

De conspirations occultes en révélations explosives : Cotton Malone défie l’histoire officielle !2000. Officier de marine, Cotton Malone est recruté par le ministère de la Justice pour récupérer au fond des mers une pièce de collection extrêmement rare. Celle-ci doit servir de monnaie d’échange pour obtenir d’un ancien opérationnel de la CIA des dossiers secrets relatifs aux agissements occultes du FBI dans les années 1960.Alors que se dessine l’implication d’une branche clandestine du FBI dans un assassinat qui, en 1968, a bouleversé l’histoire, Malone est engagé dans une quête périlleuse, semée d’intrigues et de complots. Au centre de la toile, la figure d’Edgar J. Hoover, dont les secrets sont aussi nombreux qu’inavouables.

Dans cette douzième aventure, Cotton Malone se remémore la création de la division Magellan, branche secrète du ministère de la Justice, et sa première enquête au sein de celle-ci. Les nombreux fans de Steve Berry ne seront pas déçus !

 

L’auteur: Berry Steve Berry (né en 1955) est un avocat et un auteur américain de romans policiers. Il vit actuellement dans le comté de Camden, situé dans l’État de Géorgie.
Steve Berry a étudié le droit à l’université de Mercer à Macon et c’est seulement en 1990 qu »il a commencé à écrire. En 2000 et 2001 il gagna le prix suivant : Georgia State Bar fiction writing contest, 2003 son premier roman The Amber Room est publié par l’éditeur Ballantine. Depuis il a écrit plusieurs thrillers, qui sont devenu des best-sellers.
Le Troisième Secret est son premier roman publié en France et La Conspiration Hoover est le douxième opus des aventures de Cotton Malone.
Steve Berry est marié et père d’une fille.
Il ne se contente pas d’intéresser ses lecteurs par ses récits. Son roman « L’héritage des templiers » contient des passages dans lesquels il sape les fondements du Christianisme en niant la résurrection du Christ et en présentant les évangiles gnostiques comme plus dignes de confiance que les quatre évangiles canoniques. Quant à la Conspiration Hoover, nous vous laissons le découvrir.

 

Extrait:
« Il a fallu huit présidents, près de cinquante ans et un évènement fortuit pour mettre un terme au règne de Hoover et démanteler son système infernal, poursuivit-elle. A un moment donné, plus de mille agents étaient affectés à COINTELPRO. Bon nombre d’entre eux sont restés au FBI bien après la mort de Hoover, en 1972, et ces gens-là n’ont pas changé de mentalité: ils ont seulement perfectionné leurs pratiques. »

 

Le OFF de OPH

La conspiration Hoover de Steve Berry.

Au royaume des complotistes le FBI est roi! Voici comment résumer en une phrase le dernier roman de Steve Berry La Conspiration Hoover.

 

Chronique d’un je te tiens tu me tiens par la barbichette, le premier de nous deux qui saura passera de vie à trépas!

C’est avec grand plaisir que j’ai retrouvé l’agent Cotton Malone dans ce nouvel opus de ses folles aventures.

Si dans les précédents romans nous avons pu suivre le déroulement de sa carrière au sein de la division Magellan, La conspiration Hoover nous entraîne dans la jeunesse de notre héros. Sa première affaire et son intégration dans cette branche secrète du ministère de la Justice.

2000; Cotton Malone est alors officier de Marine quand il est recruté par un agent du Ministère de la Justice pour aller repêcher, au fond des mers, une pièce extrêmement rare: une Double Eagle de 1933.

Croyant récupérer cette pièce, Malone se retrouve, dans les faits, en possession de dossiers secrets du FBI relatifs à la sulfureuse opération COINTELPRO ( programme de contre-espionnage du FBI sous la direction de son directeur John Edgar Hoover qui avait pour objectif d’enquêter et de perturber les organisations politiques dissidentes aux États-Unis.)

Malheureusement pour lui, ces dossiers mettent en cause le FBI dans le cadre d’un assassinat qui a bouleversé l’histoire en 1968.

Dans ce roman particulièrement rythmé, sans pour autant être un page-turner, Steve Berry nous entraîne dans les méandres de l’histoire des États-Unis mais aussi et surtout, dénonce les agissements de Hoover et de ses subordonnés. Certes d’autres avant lui ont déjà exploré ce terrain et les romans ne manquent pas sur le sujet. Pour autant, il arrive à le faire de manière inédite au travers d’une intrigue particulièrement bien ficelée.Si les éléments qui se mettent en place nous permettent de deviner peu à peu ce qui s’est joué à cette époque, la fin de l’histoire est particulièrement soignée et ce jusqu’au point final.

Comme tout bon roman d’espionnage, les manipulations sont aussi nombreuses que les morts qui pavent le chemin de Cotton Malone, les culte du secret et du mensonge sont élevés au rang de religion, et les alliances se font et se défont au rythme du ou plutôt des chefs d’orchestre.

Je dois dire que j’ai particulièrement apprécié le travail de recherche effectué par Steve Berry autour des dossiers secrets du FBI, son fonctionnement à l’époque de Hoover mais aussi la présence en filigrane, puisqu’il n’apparaît jamais en tant que personnage, de cet homme qui a fait tremblé les dirigeants américains pendant de nombreuses années.

Ce roman est aussi l’occasion pour l’auteur de traiter de sujets tels que l’amitié, les choix, la rectitude, la fidélité, la ségrégation et le racisme sous un prisme original.

Comme à son habitude, Steve Berry arrive à nous faire aimer certains personnages, à en détester d’autres, mais également à avoir de la compassion.Ils sont tous aboutis et ont une présence quasi solaire pour certains d’entre eux.

Cette histoire relatant les débuts de Cotton en tant qu’agent de la division Magellan, il n’est pas indispensable de lire les précédents opus pour apprécier celui-ci dans son entièreté.

La Conspiration Hoover est un très bon roman qui ravira les amateurs de complots et autres conspirations, et qui enchantera les fans de Cotton Malone.

« Toute cause à besoin d’un héros, fût-il improbable ou involontaire » Cotton Malone.

 # COINTELPRO (1956 – 1971) (Counter Intelligence Program) est un programme de contre-espionnage du FBI sous la direction de son directeur John Edgar Hoover qui avait pour objectif d’enquêter et de perturber les organisations politiques dissidentes aux États-Unis.

Revanche – Alison Segond


Le livre : Revanche, Alison Segond. Paru le 31 octobre 2018 aux Editions Heartless.    (318 pages)  ; 4,99€ en epub.

4ème de couverture :

Augusta, Maine, 2017. Le lieutenant Lexi Nelson a toujours su qu’elle était faite pour poursuivre les criminels et elle excelle dans son domaine. Mais quand un nouveau meurtre a lieu et qu’elle découvre le corps sans vie mutilé d’une jeune étudiante, elle comprend très vite que cette enquête sera différente. Car le meurtrier, elle le connait. Et il compte bien la provoquer…et pourquoi pas finir ce qu’il avait commencé. Avec l’aide de son meilleur ami d’enfance et coéquipier, l’inspecteur Harris, elle va devoir affronter son passer… Surtout qu’elle a l’intention de se venger.

 

L’auteur : Alison Segond est passionnée par les livres et l’écriture depuis son plus jeune âge. Des émissions comme « enquêtes impossible », « chroniques criminelles », la dirige naturellement vers le genre du roman policier.  A 19 ans elle nous livre, son premier roman Revanche.

(Source : interview réalisée par les Editions Heartless)

 

 

 

Extrait :
« Il passa sa main sur la cicatrice qui lui barrait le ventre.
Bientôt, il serait là pour elle. Il l’entendrait hurler de terreur, puis s’immobiliser, complètement impuissante, pendant qu’il la découperait. »

L’accroche de Miss Aline :

 

2011, une étudiante est prostrée dans les bureaux de la police. Elle vient d’échapper à un tueur. Elle n’ouvrira la bouche que pour donner le profil psychologique de son agresseur.

2017, le lieutenant Lexi Nelson doit faire équipe avec Harris Trenton sur la disparition d’une étudiante. Ce n’est pas sans rappeler une affaire vieille de 6 ans. Pourquoi le tueur a-t-il attendu ce laps de temps pour refaire surface ? Commence alors une véritable course contre la montre pour l’appréhender.

Lexi et son équipe ont beau s’échiner, le tueur a toujours une longueur d’avance. Les disparitions s’enchaînent.

Revanche. La revanche d’un tueur sur la proie qui lui a échappée. La revanche d’une victime pour se libérer d’une histoire imprimée dans chaque fibre de son corps.

Alison Segond, nous livre des personnages chargés en émotions et humains. Ils ont des rêves, des angoisses, des fêlures.  Ils vont progresser tout au long du roman. Se dévoiler (même dans leur faiblesse), s’affirmer, prendre de l’envergure.

L’écriture est fluide. Les  dialogues sont très présents, se qui donnent un rythme intense à la lecture. Ce qui à mon sens rend aussi les protagonistes plus vivants, plus percutants. Même le tueur s’exprime !

L’intrigue est bien menée. On suit l’enquête pas à pas. Les indices, les disparitions, les découvertes macabres jalonnent la lecture à un rythme de plus en plus intense.

La fin va aller crescendo. Les événements, les révélations vont s’emballer avec une véritable frénésie. C’est donc cette fin qu’Alison Segond a choisi ? Il reste quelques pages…Charge émotionnelle garantie.

Revanche est un thriller captivant, haletant, surprenant. Auteur à suivre !

Je remercie les Editions Heartless pour ce bon moment livresque et la découverte d’une jeune auteure très prometteuse.

Pottsville 1280 habitants – Jim Thompson


Le livre : Pottsville 1280 habitants de Jim Thompson. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Paul Gratias. Paru le 13 avril 2016 aux éditions Rivages. 8,00 euros ; 270 pages ; 11 x 17 cm.

 4ème de couverture :

Shérif de Pottsville, 1280 habitants, Texas, au début du vingtième siècle, Nick Corey mène une vie routinière pas trop fatigante dans la mesure où il évite de se mêler des affaires de ses administrés. Débonnaire, apparemment pas très malin, il se laisse même contester et humilier en public. Comme si ça ne suffisait pas, il est cocu et aux prochaines élections, il pourrait perdre sa place. Il décide donc de commencer à faire le ménage…

 

 

L’auteur : Jim Tompson est un écrivain américain, né en 1906 et mort en 1977. Il a écrit 29 romans. Il est considéré aujourd’hui comme une des plus grands écrivains de romans policier, alors que de son vivant il n’était que très peu reconnu. De nombreuse adaptations au cinéma ont été faites de ses livres.

 

Extrait :
-Rose, tu devrais arrêter de jurer comme un charretier. Ça risque de t’échapper à un moment gênant.
– Ouais, t’as raison bon sang ! C’est la faute à Tom, ce salopard de fils de pute, mais tu peux être foutrement sûr que je vais faire de mon mieux pour m’améliorer, bordel de Dieu !
– Parfait, Je vois que cela ne posera pas trop de problèmes.

 

L’arrêt sur image de Marc …

Pottsville 1280 habitants

Le titre original est « Pop1280 ». Il est sorti pour la première fois en France, sous le titre mystérieux de « 1275 âmes ». Pourquoi ôter 5 habitants à l’édition française ? Le mystère demeure. J’ai bien lu quelques explications, mais aucune ne m’a convaincu du bien-fondé de ce titre. De plus une partie non négligeable des dialogues a été purement et simplement supprimée. Alors quel bonheur quand j’ai su que le livre était réédité avec une traduction intégrale, et en plus avec un titre cohérent.

Pottsville 1280 habitants c’est l’histoire de Nick, le sheriff de cette ville. Sa philosophie, c’est de se tenir loin des ennuis, de ne contredire personne. Précepte qu’il applique aussi bien dans sa ville, qu’à la maison avec l’acariâtre Myra qui lui sert de femme. Cela arrange un peu tout le monde d’avoir quelqu’un comme Nick à ce poste. Les magouilles peuvent continuer tranquillement. Rares sont ceux qui le respecte, nombreux sont ceux qui le prennent pour un nigaud. Mais cet homme masque un coté machiavélique, sans scrupule, et un parfait calculateur. Personne ne va sentir le vent tourner, et ils vont tous payer d’avoir voulu jouer au plus fin avec lui. Ce roman est au sommet du noir, il côtoie les meilleurs du genre. L’humour y tient une grande place, mais c’est le cynisme glaçant qui est le plus marquant.

C’est truculent, je me suis même surpris à un moment de ma lecture à dire à voix haute : « Il est immense ce type… ».

Venez découvrir Jim Thompson avec ce roman, et vous aurez envie de lire d’autres choses de lui à ne pas en douter.

 

Le petit plus de Collectif Polar

 

En 1981 Bertrand Tavernier réalise Coup de torchon,  avec Philippe Noiret, Isabelle Huppert et Stephane Audran.
Le scénario de Jean Aurenche et Tavernier est tiré du roman de Jim Thompson . Il déplace l’action dans l’Afrique coloniale à la veille de la Seconde Guerre mondial

Prodiges et Miracles – Joe Meno


Le livre : Prodiges et Miracles de Joe Meno. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Morgane Saysana. Paru le 30 août 2018 chez Agullo éditions dans la collection Agullo Fiction.  22€ ; (371 p.) ; 21 x 14 cm

4eme de couv 

1995, Mount Holly, une ville de l’Indiana qui se meurt. Jim Falls, vétéran de la guerre de Corée, s’efforce tant bien que mal d’élever son petit-fils métis, Quentin, un ado de 16 ans taciturne qui oublie son mal-être en sniffant de la colle. La mère de Quentin est une junkie paumée qui apparaît et disparaît au gré de ses démêlés avec des petits copains violents, son père est inconnu. L’élevage familial de poulets ne rapporte plus grand-chose, les dettes s’accumulent, l’avenir est sombre. Jusqu’au jour où une magnifique jument blanche taillée pour la course est livrée à la ferme suite à une erreur : c’est l’espoir qui renaît chez le vieil homme.
Mais l’animal attise les convoitises et deux frangins accros au crystal-meth parviennent à s’en emparer en pleine nuit. Jim et Quentin se lancent alors sur leurs traces à travers le midwest pour tenter de récupérer la bête merveilleuse avant qu’elle ne soit vendue. Au cours de cette folle poursuite, grand-père et petit-fils traversent une Amérique rurale oubliée, où drogue et violence semblent être les seuls horizons d’une jeunesse sans repères que la vieillesse ne comprend plus. Et pourtant, grâce à l’amour que chacun porte au cheval miraculeux, l’aïeul et le garçon trouveront le chemin d’une rédemption mutuelle.
Joe Meno, au sommet de son art, offre un magnifique roman noir dont les dialogues laconiques ponctuent la poésie douloureuse des paysages, de la lumière sur les plaines et de la fabuleuse beauté de la jument.

L’auteur : Joe Meno, né en 1974, a publié son premier roman à l’âge de 24 ans. Il est l’auteur de sept romans et plusieurs recueils de nouvelles, et a reçu le prestigieux prix Nelson Algren. Il écrit pour le magazine underground Punk Planet, ainsi que pour le New York Times et Chicago Magazine. Il vit aujourd’hui à Chicago.

 

Extrait :
 » La jument blanche apparut un lundi. Ni le grand-père ni son petit-fils n’avaient la moindre idée de qui l’avait envoyée. « 
« En général, la place demeurait déserte, hormis les oiseaux gris et mauves, une petite volée agglutinée sur l’unique banc, une espèce dont le chant évoquait tout à fait la mélodie qu’un vétéran de la guerre de Sécession pourrait fredonner machinalement. Les boutiques donnant sur la place observaient le même air endeuillé, leurs vitrines sombres masqués par des stores crasseux, les commerces vidés de toute vie ; il y avait un troquet où trois clients s’étaient fait descendre près d’une décennie plus tôt, les taches de sang et les silhouettes des corps tracés à la craie étaient devenues indélébiles et marquaient à jamais la gargote du sceau de ce drame sordide digne d’un polar au rabais… »

Le petit avis de Kris

Prodiges et Miracles – Joe Meno
Editions Agullo

Joe Meno, après « Le blues de la harpie » qui ne pouvait laisser indifférent, nous brosse le portrait d’un grand père et de son petit fils, plein de tendresse dissimulée.

Tous les travers d’une Amérique méconnue, de ses mauvais garçons malgré eux, de ses junkies, de ses valeurs perdues , tout est évoqué avec talent.

Il semble bien connaître cette Amérique qui ne fait pas partie de l’eldorado tant décrit. De fait, un passage page 86 est un sombre écho à notre propre situation et ce n’est point réjouissant.

Beaucoup de personnages traversent ce roman, y laissant chacun une empreinte indélébile.

A côté de cela, malgré des hauts et des bas, un semblant de famille se détache du lot et ce, grâce à l’apparition de cette belle jument blanche qui est un peu le fil rouge (si j’ose dire) de ce beau roman.

Après maintes et maintes péripéties, parviendront ils à cette fusion après laquelle , sans le savoir peut être, ils courent ?

 

La fille de la plage de Alexis Aubenque


Le livre : La fille de la plage de Alexis Aubenque. Paru le 16 mai 2018, aux Éditions, Hugo Roman. 17,00€ ; 464 p. ; 13 x 20,5 cm.

4ème de couverture :

Qui est-elle ? D’où vient-elle ? Que cherche-t-elle ?

En ce début d’été, Jason, Nathan, Keith et Sandy fêtent la fin de l’année universitaire. Si certains sont issus des plus riches familles de Santa Barbara, la ville de tous les excès, et d’autres sont moins fortunés, un lien indéfectible les unit depuis leur enfance. La soirée s’annonce sous les meilleurs auspices. Mais la découverte de Chelsea, jeune fille retrouvée inconsciente sur la plage, s’apprête à changer à tout jamais leur existence.

Avec une candeur désarmante, elle s’immisce dans chacune de leurs vies. Prodiguant des conseils à Sandy, fragile et peu sûre d’elle, mais aussi à Nathan en proie à un inquiétant maître-chanteur.

Quant à Keith, totalement envoûté par Chelsea, il est prêt à tout pour la défendre.

Mais en vaut-elle vraiment la peine ? Est-elle aussi ingénue qu’elle en a l’air ? Jason, seul à émettre des craintes à son endroit, a-t-il raison de se méfier alors que les trois autres sont tombés sous son charme ?

Au travers de cette rencontre, les quatre étudiants vont se retrouver en proie au doute. Et chacun va se remettre en question et se confronter à ses désirs et à ses contradictions, pour au final relever le défi le plus exigeant qui soit : la découverte de soi-même.

L’auteur : Née le 23 décembre 1970, originaire de Montpellier. Alexis Aubenque, après une maîtrise en sciences économiques, décide de changer radicalement de cap, et se tourne vers l’écriture.

Passionné de littératures de genre, il devient libraire durant près de dix ans, tout en publiant des romans de science fiction, dont le diptyque « La chute des mondes » chez Pocket, ainsi que la nanologie « L’empire des étoiles » chez Fleuve Noir. Il se tourne ensuite vers le Thriller, où il publiera aux éditions Calmann-Levy la trilogie River Falls, dont le deuxième tome fut couronné par le Prix Polar de Cognac.

Il enchaîne en 2011 avec le premier tome des « Nuits Noires à Seattle », la suite délocalisée à l’Est de River Falls, mais aussi avec Canyon Creek, un « one shot » aux éditions du Toucan. Lauréat de prix prestigieux et traduit dans plusieurs pays, Alexis Aubenque dans son dernier roman, convie sur les plages ensoleillées de Santa Barbara une multitude de personnages attachants et savoureux dans une saga d’été qui mêle romance, amitié, mystère et rebondissements.

 

Extrait :
« La musique du boléro prenait de l’ampleur. Après les violoncelles, les flûtes, la harpe, l’orchestre tout entier s’incrustait crescendo dans la mélodie hypnotique au rythme ostinato. Sandy ferma les yeux et s’imagina à danser.
Les minutes s’égrenaient et la mélodie montait en puissance pour la cueillir tel un ouragan. Jack avait augmenté le volume et Sandy avait l’impression d’être prise dans un tourbillon de notes qui s’adressait à elle dans un langage qu’elle n’avait jamais entendu auparavant mais qu’elle comprenait intuitivement.
La voiture s’arrêta, mais Jack attendit la fin du morceau pour couper le contact.
Sandy avait les larmes aux yeux. Elle n’en revenait pas. C’était magique. Jamais elle n’aurait imaginé que la musique classique puisse provoquer de telles émotions.
– Ça va ?
– Oui, excusez moi, c’est tellement beau.
– Tu n’as pas à t’excuser. Nous vivons dans une société qui refuse d’émotion et qui ne sait plus ce qu’est la beauté. Une société qui refuse de s’ouvrir à ce qu’elle ne connaît pas est une société qui rétrécit. Comme tu l’as vu hier, je n’ai rien contre la musique rock, ou pop, r’n’b, ni même techno, mais on ne ce doit pas pour autant d’oublier ce que sont le classique et le jazz.»
 

Le ressenti de Jean-Paul 

 La fille de la plage de Alexis Aubenque

Bonjour à toutes et à tous…

 J’entretiens des rapports très particuliers avec Alexis !
(Attention ! En tout bien tout honneur !!!)

 Peut-être, parce que c’est l’un des premiers auteurs que j’ai rencontré lors d’un salon ?

Peut-être, parce qu’il fait parti de ces auteurs qui ne sont pas sur un piédestal, qu’il est très abordable ?

Qu’il est comme vous et moi, qu’il aime discuter et rire (rire surtout !)…

Peut-être, parce que plus qu’un auteur, c’est surtout un véritable conteur, et qu’il m’emmène avec lui à chacun de ses récits ?

Peut-être, aussi parce que chaque personnage qu’il créé semble si réel, si vivant, profonds et attachants que je voudrai le connaître…

 Alexis après avoir écrit des romans de science-fiction qui malheureusement sont peu connus et pourtant d’un niveau de maîtrise excellent, il m’a ébloui avec sa Saga à “River Falls“, puis la série “Nuits Noires à Seattle“, en passant par la série “Jack Turner“ et bien d’autres encore, mélange de polars et de thrillers…

Aujourd’hui je vous parle de son dernier Roman “La fille de la plage”. 

 Quatre amis inséparables, Nathan, Jason, Sandy et Keith décident de sauver une jeune fille totalement épuisée et de la mettre à l’abri…
La jeune fille est belle et perturbante, elle a peur de la police et est persuadée d’être une mauvaise personne ou pire, une criminelle.

 Pour son premier roman “Girly“, Alexis ne peut s’empêcher de semer trouble, mystères et rebondissements sur les plages ensoleillées de Santa Barbara !!!

 Aussitôt commencé, je l’ai lu d’une traite !

Tout le roman est rythmé par une Playlist hétéroclite superbe passant par les standards actuels en faisant des détours vers la musique classique et des morceaux jazzy bien choisis…

Alexis ne se contente pas de tisser une intrigue linéaire. Il créé plusieurs sous-intrigues qui viennent enrichir la principale en croisant les personnages jusqu’à me perdre, pour mon plus grand bonheur.

 Deux jours à Santa Barbara. 

Deux jours qui vont changer à jamais la vie de ces quatre amis.

Deux jours intenses qui malgré l’amour et humour, amènent finalement tension et peur, qui pourraient se révéler dramatiques !

 

Le final ?

Un régal, Alexis, je crois que c’est la première fois que tu me mets la larme à l’œil… 

J’ai encore une fois passé un excellent moment de lecture.

 Un seul mot pour résumer ce roman : Émotion !

 Je vous le conseille fortement, en attendant impatient, son prochain roman !!!