La femme du banquier de Cristina Alger


Le livre: La femme du banquier de Cristina Alger. Paru le 27 mars 2019 aux éditions Albin Michel. 21,€90 ; 416 pages; 14 x 21 cm
 
4ème de couverture:

L’épave d’un avion privé à destination de Genève est retrouvée dans les Alpes. Parmi les victimes : Matthew Lerner, cadre dirigeant de la Swiss United, célèbre banque offshore.
Seule face aux secrets qu’il a laissés derrière lui, Annabel, la jeune veuve de Matthew, finit par comprendre que sa mort n’a rien d’accidentel, et se retrouve prise dans un jeu de cache-cache terrifiant… de Marina Tourneau, une ambitieuse journaliste qui enquête sur un récent scandale lié à la Swiss United. Mais cette dernière osera-t-elle publier son article ?
Après le succès de l’éblouissant Park Avenue, Cristina Alger plonge dans le monde opaque de la haute finance. Ce roman où glamour, corruption et politique se mêlent dans le secret des coulisses du pouvoir raconte aussi la quête éperdue d’une femme pour découvrir la vérité sur un homme qu’elle croyait connaître.

L’auteur: Cristina Alger est issue d’une grande famille de la finance new-yorkaise.
Son père est mort le 11 septembre 2001 dans les tours.
Diplômée de l’Université d’Harvard en 2002 et de la faculté de droit de New York en 2007, elle a travaillé comme analyste financière pour Goldman Sachs et comme juriste pour Wilmer, Cutler, Pickering, Hale, & Dorr.
La femme du banquier est son troisième roman.
Extrait:
« Il y a tout un monde offshore Miss Tourneau. Un monde d’argent sale, caché dans des comptes-écrans, qui appartient à des personnes très puissantes et très dangereuses. Imaginez si vous pouviez consulter leurs comptes bancaires. Être au courant de leurs transactions. De leur réseau. Je parle de chefs de cartels. De terroristes. De grands dirigeants. Et même, de gens que vous connaissez, de gens que vous avez côtoyés à l’école, qui vivent juste en face de chez vous. »

Le OFF de OPH

La femme du banquier de Cristina Alger


Annabel, Marina, Zoé… Trois femmes. Trois histoires. Un combat…
J’ai choisi ce roman à cause de deux mots: « banque offshore ». Un milieu fermé, nébuleux, complexe. Un univers rarement abordé dans le domaine littéraire ou alors de manière trop théorique, trop financière, trop…imbuvable!
Ici, ce n’est pas le cas du tout. Au travers de ce roman de Cristina Alger, j’ai pu découvrir et comprendre les mécanismes du blanchiment d’argent, les intrications entre sociétés écrans, avocats véreux, financiers peu scrupuleux et « grands » de ce monde assoiffés d’argent.  

Une intrigue à tiroirs intelligente et passionnante, portée non seulement par la plume délicate de son auteur mais aussi et surtout par trois femmes d’une force exceptionnelle. Ce roman, bien que se déroulant dans un univers ou le mâle est roi, est profondément féminin. Féminin sans être féministe. Féminin sans tomber dans les clichés.

Le style est fluide et enlevé. Le rythme ne s’essouffle jamais. Les 416 pages se lisent rapidement au point que j’en aurais souhaité plus. Pas dans l’aboutissement de l’histoire, mais plus avec ces personnages. Plus dans cet univers.

A mi-chemin entre les affaires Wikileaks et Panama Paper qui ont inspirés Cristina Alger, ce roman mêle argent, pouvoir, secrets, séduction avec une touche de glamour. Des ingrédients savamment dosés et mélangés pour vous offrir un très bon moment de lecture.

Le fruit de ma colère de Mehdi Brunet


Le livre : Le fruit de ma colère de Mehdi Brunet. Paru le 15 mars 2018 chez Taurnada dans la collection Le tourbillon des mots. 9€99 ; (224 p.) ; 18 x 11 cm.

4e de couv :

Le jour où Ackerman vient demander de l’aide à Josey Kowalsky, le compte à rebours a déjà commencé. Il faut faire vite, agir rapidement.

Josey n’hésite pas un seul instant à venir au secours de cet homme qui, par le passé, a su le comprendre. Ensemble, ils vont découvrir que la colère et la vengeance peuvent prendre bien des visages. Et s’il était déjà trop tard ?

 

 

 

 L’auteur : Mehdy BrunetNé en 1974 à Bressuire dans les Deux-Sèvres, Mehdy Brunet aime le changement : Gironde, Haute-Savoie, Genève, île de la Réunion, Lozère, la Manche, un sentiment de liberté anime sa vie. Agent de maîtrise dans l’industrie technologique, ce n’est que très tard qu’il découvre sa passion pour l’écriture. Au fil des mots, une facette méconnue de sa personnalité va poindre à l’ombre de sa plume.
Extrait :
Disons que la loi est un outil formidable qu’il faut connaître sur le bout des doigts si l’on ne veut pas qu’elle se retourne contre soi, et malheureusement les procédures font parfois la part belle aux criminels. Toujours est-il que quelques jours après, ma collègue a aperçu la môme sur le trottoir en face du commissariat. Elle se tenait debout les bras le long du corps et se balançait d’un pied sur l’autre, comme si elle attendait quelque chose. Je suppose que ce qu’elle souhaitait, c’était apercevoir la seule personne qui avait su lui apporter un peu de réconfort. Seulement voilà, Valérie, c’était le nom de ma collègue, n’a pas eu le courage d’aller à sa rencontre. Elle est restée tétanisée derrière la fenêtre de son bureau et s’est contentée de l’observer, déversant toutes les larmes de son corps.

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

Le fruit de ma colère de Mehdi Brunet

Une suite du premier roman de cet auteur où l’on retrouve avec plaisir Paul Ackerman, flic démissionnaire et Josey Kowalski exilé en Espagne. Ils sont bien mal en point nos deux personnages rescapés de leur précédente aventure. Cette fois c’est Paul qui va solliciter Josey pour retrouver son frère jumeau Eric. Au bout du chemin, y aura-t-il vengeance ? Quelle vengeance peut être légitime quand la maltraitance est au cœur des rapports humains, des modes opératoires diront certains ? Qui a raison, qui a tort et surtout jusqu’où serions-nous prêt à aller si nous étions à leur place ? C’est cette question que nous pose encore une fois Mehdi Brunet, sous un angle cependant différent du premier opus. Néanmoins on y retrouve l’importance de la famille. Un bon moment de lecture, rythmé et douloureux … même si je me suis un peu perdue dans la construction de la multinationale matriarcale et dans la traque finale, je ne regrette pas et je constate que l’auteur confirme son talent de conteur.

Vous pouvez aussi retrouvez ICI l’avis de Fanny sur Le fruit de ma colère

Sérial Belle Fille de Cécile Pellault, une papote de Maud et Ge


 Sérial Belle Fille de Cécile Pellault,

une papote de Maud et Ge.

Aujourd’hui avec ma soeurette, nous allons vous proposer notre ressenti sur le premier roman de Cécile Pellault.

Le livre : Serial Belle-Fille de Cécile Pellault. Paru le 24 Mai 2005 aux Editions Le Manuscrit. Collection : Fiction et Litt. 15.90 euros. 158 pages. 14 x 0,9 x 22,5 cm


4ème de couverture :
Des femmes qui se retrouvent pour partager leurs déboires avec leurs belles-mères, des supplices inventés pour se défouler de la frustration à devoir les supporter, une soupape d’humour pour ne pas craquer et renvoyer ladite mégère dans ses pénates. . . Mais la plaisanterie tourne au cauchemar, le jour où une vieille fille décide de gagner l’admiration de Chloé, la présidente du club, et celle de ses amies en agressant leurs belles-mères pour les venger. . . Un jeu de piste s’engage pour la débusquer et tout le monde est mis à contribution. . .

 

L’auteur : Cécile Pellault a déjà publié trois romans : Serial Belle-FilleOn ne choisit pas sa famille et Le Brouillard d’une vie. Ce dernier a reçu le Prix du rendez-vous littéraire du salon de Moret sur Loing en 2016. Elle est également auteure de nouvelles et de poésie. Elle a vu un de ses textes primé par le Musée du Luxembourg et édité dans l’ebook collectif réalisé par le musée sur le peintre Fragonard.

Papote autour du premier roman de Cécile Pellault.

Sérial Belle Fille passé aux cribles par Ge et Maud

 

Geneviève : Ah voilà soeurette j’ai fini la lecture de premier roman de Cécile Pellault, notre Cécile et on va pouvoir en parler toute les deux. Génial ça !

Maud : 

Geneviève : Alors @Maud tu veux bien me dire ce que tu en a pensé ?

Maud : Coucou @Geneviève , très heureuse également d’avoir découvert Sérial Belle fille !!!

Geneviève : C’etait ton premier de Cécile ?

Maud : Oui oui mon tout premier de Cécile

Geneviève: C’est chouette de découvrir un auteur avec son premier roman aussi !

Maud : Oui j’essaie de lire les auteurs dans l’ordre. J’ai trouvé l’idée du thème très original, extravaguant et qui sortant de l’ordinaire !!

… et toi tes premières impressions ?

Geneviève : On explique le speech ?  Avant je veux dire

Maud : Vas y !!

Geneviève : Pas facile de le faire sans trop en dire

Maud : L’histoire de plusieurs femmes qui se regroupent pour parler de leur belle mère respective

Geneviève : Des belles mères plutôt envahissante dirons nous

Et puis à un moment ça va dérailler, partir en vrille et tout et tout…

Là je crois qu’on en a dit assez tu crois pas ?

Maud : Oui car elles ont un jeu pour se défouler… écrire sur papier ce qu’elles aimeraient qu’il arrive à leur belle mère…

J’ai aussi bien aimé la diversité de ces femmes, une mère au foyer, une working girl, une flic… Des personnalités, des vies et quotidiens très différents

Réunies autour d’un même soucis

Geneviève : Perso j’en dirai pas plus, vous l’aurez compris, on va vous parler de jeune femme qui ont besoin d’une soupape de délires pour supporter leur belle mère.

Maud : Comment tu les as trouvé ces femmes?

Geneviève : Oui moi aussi j’ai apprécié ce groupe d’amies.

Je dirai peut-être qu’elles n’en rien de provincial.

Maud : Je trouve aussi qu’elles évoluent… au fil des pages

Geneviève: J’ai eu l’impression que c’étaient des parisiennes, enfin des franciliennes. Avec la vie de dingue qui va avec !

Et tu as raison elles évoluent et pourtant le roman ne se passe que sur quelques jours

Maud : Géographiquement on est à Paris, et en banlieue oui

Geneviève: Oui c’est ce qui donne aussi le rythme du roman !

Maud : C’est peut être à cause de ce qui s’y passe pendant ces quelques jours qu’elles vont voir changer leur point de vue

Tout à fait d’accord pour le rythme !!!

Aussi la présence de nombreux dialogues participe à dynamiser l’histoire

Geneviève : Toi et moi on est comme ces jeunes femmes, moi en moins jeune. On est pris dans notre vie de tout les jours, métro, boulot dodo et on ne voit pas passer les semaines, aussi on arrive au moins à s’identifier à l’une d’entre elle cinq

Maud : Oui, dans les anecdotes énoncées on se reconnait forcément même qu’en partie dans les situations évoquées

J’ai beaucoup souri lors de cette lecture justement… en me disant « tient ça me dis quelque chose »…

Geneviève : Les dialogues, parlons-en ?

Moi j’y est retrouvé l’humour de Cécile !

Comme toi j’ai beaucoup souri

Maud : Moi j’ai trouvé que leur fréquence donnait vie au livre, beaucoup d’échanges, de sarcasmes, d’humour, même si parfois noir

Geneviève : J’ai même parfois franchement ri

Maud : Oui faut l’avouer !!!

Geneviève: Oui, on a envie d’être amies nous aussi avec ces jeunes femmes

Moi c’est VIc et Chloé qui m’ont le plus parlée

Maud : Chloé qui gère cette association de femmes, les écoute, les soutient ; en même temps qu’elle se décharge aussi de son fardeau personnel

Vic est aussi un personnage très intéressant, à la fois lucide et dépassée également

Geneviève :  

 Clhoé qui donne le la !

Et toi tu t’es retrouvé un peu dans ces 5 amies ?

Maud : oui tout à fait Chloé a le rôle de meneuse, d’organisatrice !!!

Geneviève: Un peu comme toi tu veux dire ?

Maud : Difficile de m’identifier à elles, n’ayant pas de belle maman actuellement. Mais je me suis reconnue dans certaines situation… Notamment celle de Vic

Geneviève  : 

Maud : Ha bon tu trouves??….

C’est toi la Cheffe !!!

Geneviève : Non c’est une question ?

Maud : Ouffff… soupire de soulagement…

A priori tu t’est identifiée à l’une d’elle ? Peut être juste une impression…

Geneviève : Hahaha, mais tu es une working girl toi aussi ! Tu sais ce que sais de travailler plus que raisonnable. De sacrifier une partie sa vie pour le boulot, à cause du boulot !

Elles ont toutes quelques chose de nous

Maud : oui oui un sacré cocktail !!!!

Geneviève : Sinon ce que j’ai aimé aussi, c’est qu’elle prennent tout à leur tour la parole dés que la situation dérape

Maud : oui l’impression d’une responsabilité collective, une mobilisation !!

Geneviève : Un vrai groupe, une véritable équipe ! Solidaire. De vraies amies en sommes.

Maud : Oui chacune participe et du coup va faire en sorte que la situation ne se dégrade pas plus. Voir même essayer de l’endiguer. Solidaire dans les bons comme dans les mauvais moments

Une très belle preuve d’amitiés va se jouer sous nos yeux

Geneviève : Voilà !

Maud : Elles vont ensemble chercher des solutions, se soutenir

Geneviève : C’est vrai que par les temps qui cours on a envie d’y croire. Croire à cette amitié presque adolescente.

Maud : oui le retour du côté juvénile quand elles prennent conscience de leur bêtise et qu’elles essaient de la réparer

Geneviève : Je trouve ça très frais ! pas toi ?

Maud : A la fois frais et réaliste. Tu parlais des dialogues tout à l’heure. Le fait qu’ils soient pas mal présent amène cette fraîcheur, grâce à l’emploi du langage parlé

Geneviève : Et les situations cocasses aussi

Maud : oui également. L’ensemble y contribue. Habituée à lire du noir, voir du très noir, cette lecture a été une bouffée d’oxygène !! Grâce à l’humour en particulier

Geneviève : 

Moi je ne connais Cécile que depuis 2 ans. Et Sérial Belle-Fille a été écrit ou en tout les cas publié en 2005. Aussi près de 15 ans après à travers ces mots, cette écriture je reconnais la Cécile d’aujourd’hui. Celle qui a su susciter de l’intérêt en moi.

Et oui elle a toujours cet humour mordant que j’aimerai avoir.

Cette imagination débridée presque sans tabou !Mais toujours très smart, presque British. 

Maud : C’est génial !!!! J’ai rencontré Cécile beaucoup plus récemment !! Oui son humour piquant me plait beaucoup !! Ses sarcasmes aussi

J’ai hâte de découvrir ses autres livres, je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin de découverte !!

Geneviève : Mais derrière cette espèce de frivolité, de légèreté, elle sait parler de sujets plus profonds.

Maud : Oui le fait de dédramatiser les situations en employant le décalage, le sarcasme ou l’humour

Geneviève : Rien n’est superficiel dans son propos. Il y a une double lecture

Maud : 

Geneviève : J’ai personnellement trouvé ce livre follement féministe. Et pourtant ces jeunes femmes sont bel et bien de leur temps.

Maud : Oui elle soulève à travers des personnages qui ont tous le même point commun : la réaction du fils par rapport à leur mère aussi… ne pas se rendre compte que ça peut être invivable comme situation

oui oui livre écrit il y a 15 ans et encore d’actualité

et je le pense encore pour bien longtemps

Geneviève :  

Et au-delà, la place de la femme dans la société, dans la famille, dans la cellule familiale

Maud : oui au travers des différentes situations et position, la fille, la mère, l’épouse, la femme. Suivant le rôle qu’elle endosse

et l’amante aussi

Une femme a plusieurs vies dans une vie

Geneviève : oh oui de nombreux. Et… Heureusement l’amante aussi ! Femme simplement !

Maud : Oui !!!

En conclusion, tu dirais quoi?

Geneviève : Un bain de fraîcheur ce titre ! Une très bonne comédie !

Maud : Oui !!

Un peu de douceur dans un monde brut

Geneviève : Comme tu le disais tout à l’heure ce livre nous a fait du bien.

Maud : Oui une soupape

Geneviève : En plus moi j’étais en panne de lecture, une semaine sans ouvrir un livre. Et hop lu en 2 petite aprem et remis en selle pour d’autre aventure livresque. Merci Cécile !

Maud : C’est génial !! Excellente nouvelle !!!

J’ai été ravie d’échanger avec toi sur ce livre !!

Tu vas lire quoi après ?

Geneviève : Moi aussi sœurette, je suis contente que nous ayons pu discuter de cette lecture

Maud : A refaire !!! Sur d’autres aventures livresques alors

Geneviève

Maintenant je vais démarrer #Jenaipasportéplainte

Encore des combats de femmes à mener j’ai l’impression !

Bon sinon on recommande à tous le livre de dame Pellault ?

Maud : Oui et je pense que tu vas te régaler à le découvrir !!!

Recommandation faite pour Cécile

Pour son premier roman !!

Geneviève : Enfin moi j’ai adoré passé un super moment avec ses Sériales Belles-filles.

Maud :  Ca c’est ressenti !!! Je te souhaite une belle fin de journée et bonne lecture

Geneviève : Allez bonne soirée et belle lecture 😊😙

 Maud : 

 Geneviève : Et à très vite pour d’autres aventures et papotes livresque.

Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel


Le livre : Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel – Paru le 22/03/2018 – éditions Belfond dans la  collection Thrillers .21.90 €  –  (744 pages) ;  22 x14  cm.               epub 14.99 €

 4ème de couverture :

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Ce que maman a oublié de dire, c’est que les anges qui tombent ne se relèvent jamais.
Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés. Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler…

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude.
Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer.
Une rencontre va peut-être changer son destin…

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

L’auteur : Karine Giébel est une auteure française de romans policiers, ou plus précisément de thrillers psychologiques.
Après des études de droit et l’obtention d’une licence, elle cumule de nombreux emplois dont celui de surveillante d’externat, pigiste et photographe pour un petit journal local, saisonnière pour un Parc National ou encore équipier chez McDonald.
Elle intègre ensuite l’administration. Elle est actuellement juriste dans la fonction publique territoriale et s’occupe des marchés publics au sein d’une communauté d’agglomération.
Elle publie deux premiers romans, Terminus Elicius (Prix Marseillais du Polar 2005) et Meurtres pour rédemption, dans la collection « Rail noir » aux éditions La Vie du Rail en 2004 et 2006.
Les Morsures de l’ombre, son troisième roman, a obtenu le Prix Polar du festival de Cognac en 2008 et le Prix SNCF Polar 2009.
En huit romans, souvent primés, elle s’est fait une place à part dans le thriller psychologique.
Juste une ombre, paru au Fleuve Noir en mars 2012, a reçu le Prix Marseillais du Polar et le Prix Polar du meilleur roman français au Festival Polar de Cognac. En 2013 c’est Le purgatoire des innocents puis Satan était un ange en 2014
En mars 2016, paraît son 9ème roman : De force.
En mars 2018, paraît chez Belfond son dernier roman : Toutes blessent la dernière tue.
Ses romans sont traduits en 9 langues (allemand, italien, néerlandais, russe, espagnol, tchèque, polonais, vietnamien et coréen). Juqu’à ce que la mort nous unisse paru en 2009, adapté au cinéma, devrait sortir prochainement.
Extraits :
« Je suis sur la mauvaise pente, je n’ai pas fait les bons choix. Je sais que j’avance sur des chemins dangereux, bordés de ravins vertigineux. Il serait si facile de chuter… Et de ne jamais remonter.
Mais je veux du danger, de la vitesse, du fric. Je veux de l’excès, de la violence en tout. Je veux le pouvoir.
Frémir à chaque instant, ne pas savoir si la journée qui commence sera la dernière ou si je verrai mes quatre-vingts ans.
Parce que vivre, c’est ça. Vivre, c’est avoir peur, avoir mal. Vivre, c’est risquer. Vivre, c’est rapide et dangereux.
Autrement, ça s’appelle survivre.
Toute mon enfance, j’ai survécu. Désormais, je veux vivre. Ou mourir.
Quand je regarde Tama, tous ces sentiments me frappent la tête.
Je l’ai sauvée et elle dépend entièrement de moi. Je peux la protéger et même la rendre heureuse.
Mais je pourrais aussi la détruire, l’asservir.
Je ressens une puissance absolue. Ainsi qu’une terrible charge sur mes épaules.
Dans ma tête, c’est un drôle de mélange. Presque un carambolage.
Quand je regarde Tama, je ne sais plus qui je veux être. Qui je veux devenir. »

  

La chronique jubilatoire de Dany

Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giébel

« Vulnerant omnes, ultima necat.

Toutes les heures m’ont blessée, la dernière me tuera. »

Toute classification de ce thriller serait inexacte … disons qu’il s’agit d’une étonnante histoire d’amour, cruelle et haletante, en milieu hostile. Mais au-delà de cela, ces 740 pages sont surtout un manifeste contre l’esclavage moderne, qu’il soit domestique ou sexuel. Tama est à l’image de ces toutes jeunes enfants déracinées, confiées à des familles métropolitaines sans scrupules et soumises à l’exploitation la plus ignoble, celle qui frappe des faibles vendues par leurs familles, elles aussi victimes du mensonge … Ne nous leurrons pas … cet asservissement frappe à côté de chez nous et ne sommes-nous pas complices du fait de ne pas vouloir voir ?

Quelques rares moments de répit au cours des errances de Tama peuvent laisser espérer une issue positive, c’est cependant bien une aventure humaine, cruelle et  haletante que nous allons vivre avec les petits braqueurs ratés, les voitures de luxe et les trafics en tous genres.

Karine Giébel met tout son talent de conteuse au service du suspense qui entoure cette intrigue, sur deux tableaux, deux temporalités différentes mais imbriquées qui permettent au lecteur de découvrir le passé de Tama. Avec ce récit aussi fort que Meurtres pour rédemption, sans aucun doute Tama restera au panthéon de ses personnages emblématiques, au même titre de Marianne.

Lu en version numérique.

Extrait 2
« Hier, j’ai lu un article sur le tourisme sexuel. Des enfants, des petites filles, atrocement exploités. En refermant le quotidien, je me suis dit que j’avais eu de la chance, finalement. Moi, je n’ai servi que de bonne, de servante alors que d’autres finissent dans des bordels. J’ai échappé au pire.
Oui, j’ai eu beaucoup de chance, quand j’y songe.
J’ai également découvert Internet. De temps en temps, je m’y connecte lorsque Izri laisse son ordinateur portable à la maison. La Toile est si vaste que je m’y perds pendant des heures. Izri m’a prévenue que c’était moins fiable que les livres, mais j’y ai appris des choses étonnantes. Il y a quelques jours, j’ai lu une citation d’Anatole France qui m’a bousculée.
Mieux vaut la liberté dans les enfers que l’esclavage dans les cieux. »

 

esclavage moderne, éducation, séquestration, vengeance, violence, femmes, amour, prison, maltraitance

Photos en PJ :

Extrait 3 et 4  :
« Toutes blessent, la dernière tue.
Toutes les heures blessent, la dernière tue.
Aujourd’hui, je comprends à quel point c’est vrai. Je n’ai pas encore dix-sept ans et j’ai connu la servitude, les humiliations, les insultes, les brimades. On m’a frappée, si fort que j’ai failli mourir. On m’a planté un clou dans la main, privée de nourriture. Privée de tous mes droits. Mejda m’a violée. Greg me viole tous les jours.
Et je n’ai pas encore dix-sept ans.
Mais le plus terrible, c’est le mensonge.
On a menti à mon père. On a menti à Izri.
Menti à ceux que j’aime le plus pour leur faire croire que je suis mauvaise.
Mon père est parti en pensant que j’étais une ingrate, que je l’avais trahi. Il est parti sans connaître la vérité. Qu’en sera-t-il d’Izri ?
Les heures à venir me blesseront-elles plus encore ? »
  
« Elle était la voix de l’horreur, de l’indicible et de l’intolérable.
La voix des esclaves.
À cette seconde, terrible, Tayri était toutes les femmes blessées, torturées. Elle était leur douleur, leur souffrance, leur courage. Leurs larmes et leur désespoir.
Tayri était l’enfance bafouée, volée, abandonnée.
Elle était les échines courbées, les rêves brisés, les détresses silencieuses, les longues nuits de solitude.
Elle était les appels au secours qu’on n’écoute pas, les cris qu’on n’entend plus.
Tayri était le monde tel qu’il est, tel qu’on refuse pourtant de le voir.»

Le pouvoir de Naomi Alderman


Attention coup de coeur et chouchou du week end !

Le livre : Le pouvoir de Naomi Alderman.  Traduit de l’anglais par Christine Barbaste.  Paru le 3 janvier 2018.  21€50 ; (393 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 22 x 14 cm.
  4e de couv :
 ET SI LES FEMMES PRENAIENT ENFIN LE
POUVOIR DANS LE MONDE ENTIER ?
Aux quatre coins du monde, les femmes
découvrent qu’elles détiennent le « pouvoir ».Du bout des doigts, elles peuvent infliger
une douleur fulgurante – et même la mort.Soudain, les hommes comprennent
qu’ils deviennent le « sexe faible ».Mais jusqu’où iront les femmes
pour imposer ce nouvel ordre ?

« Électrisant ! Choquant ! Décoiffant ! Vous ne regarderez
plus jamais les choses de la même façon… »

  Margaret Atwood, auteur de La Servante écarlate

« Mettre en lumière les travers des humains
et continuer d’éveiller les consciences :
c’est là que réside le pouvoir de ce livre. »
Aurélie Janssens, librairie Page et Plume, Limoges

« Une écriture électrique. Un rythme endiablé. Si le pouvoir
change de camp, pour le meilleur comme pour le pire,
ne passez pas à côté : Lisez ce livre ! »
Charlotte Desmousseaux, librairie La vie devant soi, Nantes

 

@Livemint

L’auteure, qui vit entre Londres et New York où elle a travaillé comme scénariste pour des jeux vidéo, s’était fait remarquer par deux romans en France, traduits aux éditions L’Olivier, Désobéissance (2008) et Le Mauvais genre (2011). Fille d’un historien renommé du peuple juif, Naomi Alderman est née en 1974 à Londres et a grandi dans la communauté orthodoxe de Hendon d’Angleterre.

 

 

 

Extrait :
Il ne s’est rien passé de spécial, aujourd’hui. Simplement, chaque jour qui passe, on grandit un peu, chaque jour apporte sa pierre, jamais la même, et de cet amoncellements émerge soudain une possibilité qui n’existait pas auparavant. C’est ainsi qu’une jeune fille devient une femme. Pas à pas, jusqu’à atteindre l’âge adulte.

 

Le post-it de Ge

Présenté comme une « dystopie féministe », The Power, le dernier roman de Naomi Alderman vient de remporter outre-Manche le Bailey’s Women’s Prize 2017 qui récompense une œuvre de fiction écrite par une écrivaine de langue anglaise.

Du jour au lendemain, aux quatre coins du monde, des adolescentes découvrent qu’elles sont capables de générer de leurs doigts une puissante décharge électrique pour se défendre ou agresser. Dorénavant, elles n’ont plus à se laisser dominer par les hommes et rien ne les empêche de prendre le pouvoir. Roxy, Allie, Margaret et Tunde sont témoins de ce bouleversement.

Dans le roman d’Alderman, les femmes ont ce pouvoir inédit de tuer les hommes par une simple pression du doigt. Son livre est aussi une réflexion sur la notion même de pouvoir : qui l’a, pourquoi, et une fois que l’on a le pouvoir combien de temps s’écoule avant que ce dernier ne nous corrompe ?

Ici en effet les rapports de pouvoir sont inversés. C’est une jeune fille d’Afrique sub-saharienne qui découvre la première son don. Très vite cette jeune femme qui n’a connu que la condition de soumission, comprend que grâce à ce nouveau pouvoir, elle va pouvoir changer les choses. Surtout qu’elle a aussi le pouvoir de transmettre ce don de vie et de mort à d’autres femmes.

Les rapports de force s’inversent, le concept ici est poussé à son extrême. C’est là tout l’intérêt de ce texte mais c’est pas le seul.

Ce thriller futuriste est le premier roman de science-fiction à remporter un prestigieux et généreux prix littéraire britannique. Aussi aujourd’hui, on peut à raison se demander si « le futur de la science-fiction n’est pas féministe ». ….

Je vous laisse méditer là dessus.

Moi j’ai ma petite idée !

« Tunde élargit son cadre pour intégrer les spectateurs à l’arrière-plan, derrière les baies vitrées du centre commercial, et filmer leurs réactions : on voit des hommes qui cherchent à éloigner de force leur femme des vitres ; et des femmes qui les éconduisent d’un mouvement d’épaule, sans un regard, sans un mot, et qui, paumes écrasées contre les vitres, dévorent le spectacle des yeux. Tunde comprend alors que ce truc va prendre comme une traînée de poudre, embraser la planète tout entière et changer le monde. Plus rien ne sera jamais comme avant et cela le comble d’une telle joie qu’il se met à crier avec les femmes au milieu des flammes. »

Une femme entre nous – Greer Hendricks et Sarah Pekkanen


Le livre :  Une femme entre nous  de Greer Hendricks et Sarah Pekkanen.  Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Corinne Daniellot et Pierre Szczeciner. Paru le 24 mai 2018 chez Sonatine.22€ (453 p.) ; 22 x 15 cm

4e de couv : 

Plus qu’un roman : un événement !

En ouvrant ce livre, vous allez imaginer beaucoup de choses.

Vous allez penser que c’est l’histoire d’une femme délaissée par son mari. Vous allez croire qu’elle est obsédée par la maîtresse de celui-ci, une femme plus jeune qu’elle.

Enfin, vous vous attendrez à une histoire classique de triangle amoureux. Un conseil : oubliez tout ça !

Jamais vous ne pourrez imaginer ce qui se cache derrière les apparences, ni anticiper les multiples rebondissements qui émaillent ce livre.

À la façon de Gillian Flynn, Greer Hendricks et Sarah Pekkanen ont élaboré ici une construction inédite, littéralement diabolique, afin de nous faire éprouver l’usure du couple, l’espoir et le désespoir des femmes, à l’aide de personnages bouleversants et d’une intrigue captivante. Best-seller depuis sa sortie aux États-Unis, bientôt traduit dans plus de trente pays, ce roman phénomène est en cours d’adaptation cinématographique par la société de production de Steven Spielberg.

Les auteurs : Greer Hendricks a travaillé pendant vingt ans comme éditrice chez Simon & Schuster.
Titulaire d’un master en journalisme de l’Université Columbia, ses écrits ont paru dans The New York Times et Publishers Weekly.
Elle vit à Manhattan avec son mari et ses deux enfants.
Sarah Pekkanen est américaine . Elle est née à New York et elle est journaliste et romancière. « Une femme entre nous » (The Wife Between Us, 2018), co-écrit avec Greer Hendricks, est son premier roman.
Extrait :
Nous avons tous au plus profond de notre cerveau reptilien une alarme qui nous prévient en cas de danger. Je suis sûre que vous l’avez entendue retentir, ces derniers temps, et que vous n’en avez pas tenu compte. J’ai fait pareil. Vous avez trouvé des excuses. Moi aussi. Alors je vous en prie, quand vous serez seule, écoutez cette alarme. Avant notre mariage, il y a eu plusieurs indices que j’ai choisi d’ignorer, plusieurs hésitations que j’ai balayées d’un revers de la main. Ne faites pas la même erreur que moi.

 

A travers les goggles de Cendrine

 

« Cherchez la femme, car elles sont au centre de toutes les affaires » disait Joseph Fouch, le fin limier popularisé par Alexandre Dumas.

Qui est donc cette femme entre nous ? Maitresse cachée ? Femme bafouée ? Sœur trop aimante ?

Voici le jeu auquel nous convient ces deux géniales auteures dans une partie à trois manches au long de laquelle le lecteur est renvoyé de révélations en rebondissements comme une balle de ping-pong.

Et quand vous pensez avoir compris où vous mène le récit, il part dans une autre direction, échec et mat.

Un jeu de piste absolument jouissif qui détonne dans le monde des polars et thrillers aux mécaniques de suspens bien huilées. Trop huilées, trop souvent. Ici, pas de scénario joué d’avance, pas de final autour des révélations du méchant, pas de policier déprimé, ni de commissariat débordé, ni même de scène de découpage de corps, d’ailleurs il n’y en a pas, de corps.

Voici un polar de la plus belle eau noire, un thriller psychologique des plus retors, sans le moindre mort, le moindre policier, pas l’ombre d’un insigne à l’horizon ni même d’un gyrophare, pas de juge non plus, pas de légiste, ni même de journaliste menant l’enquête. En fait il n’y a pas d’enquête.

A moins que…

A moins que ce ne soit le lecteur qui mène l’enquête.

A moins que ce ne soit le couple, cette illusion entretenue par le mariage, qui s’étale sur la table d’autopsie, crachant l’amour négligé, bafoué, manipulé, par tous ses pores. Un corps à bout de souffle, disséqué jour après jour jusqu’à l’hémorragie finale.

A mettre entre les mains de toutes les femmes.

Le sang versé de Asa Larsson


Le livre : : Le sang versé de Asa Larsson. Traduit du suédois par Caroline Berg. Paru le 2 avril 2014 chez Albin Michel. 22€ ; (471 p.) ; 23 x 16 cm.

Réédité en poche le 9 septembre 2015 chez Le Livre de Poche dans la Collection Thriller.  7€60 ; (497 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

Véritable star en Scandinavie, Åsa Larsson compte des millions de lecteurs à travers le monde, accros aux enquêtes de son héroïne, la brillante avocate fiscaliste Rebecka Martinsson. Best-seller en Suède, Le Sang versé, prix du meilleur roman policier suédois, illustre la sensibilité et l’écriture particulières de cette reine du polar.

À 145 kilomètres du cercle polaire, dans l’atmosphère crépusculaire du grand nord, un petit village aux environs de Kiruna, ville natale de l’avocate, est sous le choc : le pasteur de la paroisse – une femme – vient d’être assassiné. En mission là-bas pour son cabinet d’avocats, Rebecka remonte la piste de cette affaire qui réveille le souvenir traumatisant d’un autre meurtre…

« Fascinant : les fans de Henning Mankell, Karin Fossum et Arnaldur Indridason seront séduits. »  Publishers Weekly (USA)

 

 

« Les romans policiers de Larsson sont en ce moment ce qu’il y a de plus original et de plus créatif en provenance de Scandinavie. »  Die Welt (Allemagne)

« Åsa Larsson a autant de talent pour camper des situations glaçantes que pour se mettre à la place de ses personnages. »  Washington Post (USA)

L’auteur :  Åsa Larsson est née à Uppsala, en Suède en 1966. Quand elle avait quatre ans ses parents se sont installés à Kiruna, en Laponie, au nord du cercle polaire. C’est là qu’elle a grandi avant de retourner à Uppsala pour étudier le droit fiscal. Elle a travaillé à l’Office national des impôts.

Åsa Larsson a écrit une série de quatre romans policiers qui mettent en scène Rebecka Martinsson, une jeune femme qui a grandi à Kiruna, étudié à Uppsala pour devenir avocate, puis a trouvé un poste d’assistante dans un cabinet d’avocats de Stockholm. Sa spécialité: le droit fiscal.

Extrait :
« Elle descend l’allée en courant, passe de l’autre côté du balcon et découvre le corps suspendu devant les tuyaux de l’instrument et le signe sami, le symbole cher aux autochtones lapons, qui a la forme d’un soleil et qui l’orne en son centre.
Le cadavre est accroché à une corde, non, pas une corde, une chaîne.
Elle distingue maintenant les taches brunes sur le tapis, à l’endroit où elle a ramassé le caillou tout à l’heure.
Du sang. Est-ce vraiment du sang ? Elle se baisse à nouveau. Elle comprend que ce qu’elle avait pris pour un caillou et qu’elle tient encore entre ses doigts n’est pas un bout de pierre mais un bout de dent. Elle se relève précipitamment, regarde le fragment blanc dans sa main et le jette loin d’elle, horrifiée. »

Le post-it de Ge

Le sang versé de Asa Larsson

L’avocate Rebecka Martinsson, en mission pour son cabinet, est de retour dans sa ville natale de Kiruna, au nord de la Suède, à proximité du cercle polaire. Elle y revient un an après une affaire douloureuse pour elle. Malheureusement les fait se répètent, Mildred Nilsson une femme pasteur est retrouvée mutilée et pendue à l’orgue de son église. Ce meurtre n’est pas sans rappeler à la jeune femme une affaire similaire qui a eu lieu un an auparavant. Ceux sont les inspecteurs Anna-Maria Mella et Sven-Erik Stalnacke qui sont chargés de l’affaire. Et l’enquête va se révéler plus complexe qu’il n’y parait. La victime de par son le caractère bien trempé et son militantisme féministe un brin écolo étaient loin de faire l’unanimité au sein de sa petite communauté.

Voilà le décor est planté :

Deux pasteurs sont assassinés et, pour une fois, il ne s’agit ni de l’œuvre d’un tueur en série, ni de celle d’un groupe de satanistes, lointain héritiers des Templiers, à la recherche d’un manuscrit prouvant que Jésus était père de famille nombreuse. L’enquête est bien menée, le roman prend le temps de construire et de développer les personnages, de les nuancer, de bien les intégrer à la vie du village dans lequel ils évoluent. De la psychologie, mais sans excès ; des points de vue variés qui enrichissent autant l’intrigue que l’ambiance. Bref, un excellent roman, classique mais pas académique.

J’avais déjà beaucoup aimé Horreur boréale paru à la série noire en 2006. Avec cette première enquête de Rebecka Martinsson, récompensée par le prix du Premier Roman policier suédois, elle faisait une entrée fracassante en littérature. Elle confirme ici son talent de compteuse et surtout elle reste sur son thème de prédilection ; à savoir la religion et le fanatisme qui en découle.

Extrait :
« Viens t’allonger ici, lui chuchotait la forêt. Viens poser ta tête sur le sol de bruyère pour regarder par-dessous les arbres se balancer dans la brise du soir. […]
Elle réfléchit à l’offre de la forêt, pensa aux grands pins élancés, à leurs troncs de cuivre frappé. Au vent ruisselant dans les cimes comme de l’eau. Aux sapins d’un noir de suie mangés de lichen barbu. Au bruit de ses pas sur le cladonia et la bruyère, au toc-toc des pics épeichettes, au silence profond qui succède au passage d’un animal sauvage, au doux froissement des aiguilles de pin et au craquement léger des brindilles.
On marche et on marche. Au début, la pensée est comme un écheveau emmêlé, les branches vous griffent le visage et s’accrochent à vos cheveux. Et puis, peu à peu, les fils se démêlent, se détachent, restent accrochés aux arbres, s’envolent dans la brise. Bientôt on a la tête vide et on se contente d’avancer. On traverse les marais fumants aux lourds effluves où le corps devient moite et où les pieds s’enfoncent. On gravit un escarpement et là-haut, sur le plateau, le vent souffle plus fort. Les bouleaux nains, phosphorescents, semblent ramper sur le sol. Arrivé là, on se couche. Et la neige se met à tomber. »


Le Fruit de ma colère – Mehdy Brunet


 Coucou les polardeux,

Aujourd’hui je suis heureuse de vous présenter la toute première chronique de notre toute nouvelle Flingueuse Fanny.

Vous pouvez faire connaissance avec Fanny ICI.

Ou encore avec le gang des Flingueuses là

Allez c’est parti pour le petit billet de Fanny


Le livre : Le Fruit de ma colère de Mehdy Brunet. Paru le 15 mars 2018 chez Taurnada dans la collection Le tourbillon des mots. 9€99  ; (240 p.) ; 18 x 11 cm

4ème de couverture :

Le jour où Ackerman vient demander de l’aide à Josey Kowalsky, le compte à rebours a déjà commencé.

Il faut faire vite, agir rapidement.

Josey n’hésite pas un seul instant à venir au secours de cet homme qui, par le passé, a su le comprendre.

Ensemble, ils vont découvrir que la colère et la vengeance peuvent prendre bien des visages.

Et s’il était déjà trop tard ?

 

L’auteur : Né en 1974 à Bressuire dans les Deux-Sèvres, Mehdy Brunet aime le changement : Gironde, Haute-Savoie, Genève, île de la Réunion, Lozère, la Manche, un sentiment de liberté anime sa vie. Agent de maîtrise dans l’industrie technologique, ce n’est que très tard qu’il découvre sa passion pour l’écriture. Au fil des mots, une facette méconnue de sa personnalité va poindre à l’ombre de sa plume.

 

 

Extrait page 9 :
« L’humidité ambiante mêlée à l’odeur de moisissure lui saturent les narines.
Il parcourt de ses mains les murs de son cachot, car tout ce qui lui reste de ses yeux, c’est un liquide poisseux et du sang séché sur ses joues.
La douleur a maintenant laissé place à la peur, et celle-ci atteint son point culminant lorsqu’il entend ses bourreaux revenir. »

 

Le billet de Fanny

Le Fruit de ma colère, Mehdy BRUNET, Editions Taurnada,

ISBN 978-2-37258-040-3 ;  9.99€

Voilà, j’ai entre les mains une nouvelle promesse d’aventure avec un petit livre à la couverture sombre, qui présage d’une histoire qui doit l’être tout autant… et je ne me trompe pas. Dès les premières lignes, le lecteur est plongé dans le bain. C’est brutal, c’est sans pitié, le ton est donné. L’histoire est lancée.

Cependant, je dois reconnaitre que j’ai eu un peu de mal à me faire au rythme, au découpage de l’histoire dans sa première moitié. Les chapitres se déroulent en plusieurs lieux à la fois, on y suit plusieurs personnages, parfois sans lien apparent. De plus, le récit se réfère beaucoup au précédent livre de l’auteur (que je n’ai pas lu), ce qui bien que l’histoire soit distincte, peut parfois mettre le lecteur à distance. Les héros font beaucoup référence à leur passé commun et on a parfois l’impression d’assister à une conversation entre deux personnes qui se parlent en faisant allusion à leurs souvenirs communs et dont on ignore tout. J’ai été un peu déroutée au début donc mais pas rebutée. Loin de là !

L’histoire, que je ne veux pas spoiler, fait écho à des thèmes d’actualités sensibles dont nous avons beaucoup entendus parler ces derniers mois et qui méritent cette lumière. La femme y a un rôle central, essentiel et on sent chez l’auteur une vraie préoccupation concernant la place de la femme dans nos sociétés.

Nous voici donc spectateur de la folle course qui mène le héros, Paul Ackerman, un ancien flic, jusqu’en Espagne où il vient demander à un vieil ami de l’aider à retrouver son frère jumeau, Eric, disparu depuis quelques semaines. Aucune trace de lui, aucune nouvelle, pas même une demande de rançon. Alors Paul Ackermann et son ami Josey vont remonter jusqu’au soir de la disparition d’Éric. Et lors de cette quête, leur chemin va croiser celui de plusieurs femmes. Des femmes qui semblent prêtes à tout pour préserver un secret. Quel est-il ? On découvrira au fil de l’histoire pourquoi, elles sont prêtes au pire pour faire taire les témoins de leurs exactions.

On voyage tout au long de ce récit, et pour la Normande que je suis voir évoquer Cherbourg et les tumultes du raz Blanchard (un site magnifique dont la beauté est à couper le souffle) fut un petit plus sympathique en regard à cette histoire de course après la montre intense et angoissante à souhait.

C’est bien écrit, c’est rythmé, on ne s’ennuie pas une seule seconde. Rien que ces éléments devraient pousser à la curiosité les passionnés de polar en recherche d’une lecture rapide (le livre fait 224 pages). Mais c’est également sombre et cela porte à réfléchir sur les rapports hommes-femmes tels qu’ils sont depuis des siècles et tels qu’ils devraient être pour les générations futures.

Pour résumer, même si j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire, car déstabilisée par le découpage des chapitres, j’ai aimé ce roman. Il comporte les éléments qui sont pour moi essentiels pour un polar : rythme, action, personnages complexes et attachants, réflexion sur notre société…

S’il devait y avoir une suite aux aventures de Paul Ackerman et Josey Kowalsky, je replongerais avec grand plaisir.

La Demoiselle des tic-tac de Nathalie Hug


Le livre : La Demoiselle des tic-tac de Nathalie Hug. Paru le 14 mars 2012 aux Editions Calmann-Lévy.  15€ ; (200 p.) ; 22 x 14 cm

Réédité en poche chez Le livre de Poche le 29 janvier 2014.   6€10 ; (158 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

Rosy et sa mère ont quitté Ludwigshafen en 1937 pour une vie meilleure en France, dans un petit village de Moselle. Or, personne n’a oublié l’annexion de 1871 et rares sont ceux qui leur tendent la main. Il est vrai que Mutti admire Hitler, méprise les curés, les Juifs et les fonctionnaires, et que Mein Kampf est son livre de chevet… Pour Rosy, dix ans, la vie n’est pas drôle tous les jours.

Quand, en 1940, Hitler s’empare de la Moselle, leurs conditions de vie s’améliorent. Pas pour longtemps. Entre novembre 1944 et mars 1945, alors que les Alliés pilonnent la région, Rosy et sa mère se terrent à la cave. Pour tenir, Rosy se raccroche à ses souvenirs, avec de maigres provisions et pour toute compagnie une petite poule et de drôles d’araignées aux pattes fines, que son oncle Edy, qu’elle aimait comme un père, surnommait les tic-tac.

 

L’auteur : Nathalie Hug est né  en 1070 et a veçu dans l’est de la France. Elle a écrit plusieurs livres avec Jérôme Camut. La Demoiselle des tic-tac, son deuxième roman solo, confirme le talent d’un auteur qui nous avait bouleversés avec son conte moderne, L’Enfant-rien.

 

Extrait : 
Ses doigts crispés sur mon bras, Mutti halète en scrutant les rues désertes, les papiers qui virevoltent dans la fumée noire, les silhouettes fugitives, les volets claqués à la hâte. Je sens le coeur de Mutti cogner contre ma joue, ses doigts refermés sur mon bras meurtrissent ma chair, mais ce n’est rien en comparaison des mots que ces hommes nous ont crachés à la figure : nous sommes deux sales boches, tout juste bonnes à crever.

La Kronik d’Eppy Fanny

La Demoiselle des tic-tac De Nathalie Hug Editions Calmann-Lévy

Ce second roman de Nathalie nous entraîne dans le département de la Moselle, département meurtri, tantôt Allemand, tantôt Français, où l’annexion de 1871 a laissé des traces.

Il ne fait pas bon y être Allemand dans cette Lorraine qui n’oublie pas.

Cette histoire est celle de Rosy et de sa mère. Elles ont dû quitter l’Allemagne en 1937 pour s’installer dans ce village de Moselle au sein de la famille du père de Rosy. Village et famille ne veulent pas d’elles. Sauf peut-être l’oncle Edy.

L’intégration ne se fait pas.

Mutti la mère de Rosy vénère Hitler et a pour bréviaire Mein Kampf. Rosy a été éduquée aux Jungmädel et à la BDM (Bund Deutscher Mädel – Équivalent des Jeunesses Hitlériennes pour les filles).

En 1940 leur sort s’améliore lorsque les armées Hitlériennes s’emparent de la Moselle. Mais, dès 1944, les alliés pilonnent la région et elles doivent se terrer dans cette cave qui devient leur univers.

Le roman décrit tous les travers humains : les mensonges, les secrets de famille et leurs dégâts sur les enfants.

Les comportements humains engendrés par la peur, sentiment qui favorise si bien la haine.

Ces comportements nous questionnent sur la façon dont nous nous serions comportés dans cette époque troublée et ces circonstances.

Rosy, seule, dans cet espace réduit, repasse dans sa tête les diverses périodes de sa courte existence, les bons comme les mauvais, avec pour seule compagne sa poule « Cosette », de maigres provisions et ces fameuses tic-tac qui la terrorisent.

Des lettres trouvées et certains mensonges volent en éclat.

Puis vient l’acceptation, le renoncement, et enfin, la peur s’envole.

Rosy – Page 53 (extrait)

« Quelque part à côté de moi, une tic-tac tressaille dans le jeu d’ombre et de lumière. Je pousse un cri, les doigts suspendus au-dessus de mon clavier de fortune. Hypnotisée par le monstre, je regarde ses longues pattes s’agiter en tous sens, son corps oblong et sa tête minuscule. Des frissons de dégoût picotent ma nuque. »

Un récit bouleversant de justesse comme la plume de Nathalie sait si bien nous offrir.

Je ne peux que vous encourager à découvrir cette Demoiselle des tic-tac et toutes les émotions que son récit nous offre.

Nathalie, je te remercie de l’émotion supplémentaire que tu m’as procurée à la lecture de ta dédicace pour ton grand-père Eddy. Elle m’a renvoyé au mien…

Je te souhaite de trouver, lorsqu’il sera l’heure, un magnifique jardin au 32, rue du Soleil.

Les larmes noires sur la terre – Sandrine Collette


A l’occasion de la sortie poche de notre chouchou de l’an dernier.

Nous vous proposons un nouvel avis.

Celui de Catimini Plume, une bibliothécaire passionnée.

Le livre

Les larmes noires sur la terre – Sandrine Collette


 

Les larmes noires sur la terre pocheLe livre : Les larmes noires sur la terre de Sandrine Collette.Paru le 31 janvier 2018 chez Le livre de poche.  7€90 ; (378 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv

Il a suffi d’une fois. Une seule mauvaise décision, partir, suivre un homme à Paris. Moe n’avait que vingt ans. Six ans après, hagarde, épuisée, avec pour unique trésor un nourrisson qui l’accroche à la vie, elle est amenée de force dans un centre d’accueil pour déshérités, surnommé « la Casse ».
La Casse, c’est une ville de miséreux logés dans des carcasses de voitures brisées et posées sur cales, des rues entières bordées d’automobiles embouties.
Chaque épave est attribuée à une personne. Pour Moe, ce sera une 306 grise. Plus de sièges arrière, deux couvertures, et voilà leur logement, à elle et au petit. Un désespoir.
Et puis, au milieu de l’effondrement de sa vie, un coup de chance, enfin : dans sa ruelle, cinq femmes s’épaulent pour affronter ensemble la violence et la noirceur du quartier.
Elles vont adopter Moe et son fils. Il y a là Ada, la vieille, puissante parce qu’elle sait les secrets des herbes, Jaja la guerrière, Poule la survivante, Marie-Thé la douce, et Nini, celle qui veut quand même être jolie et danser.
Leur force, c’est leur cohésion, leur entraide, leur lucidité. Si une seule y croit encore, alors il leur reste à toutes une chance de s’en sortir. Mais à quel prix ?

Après le magistral Il reste la poussière, Prix Landerneau Polar 2016, Sandrine Collette nous livre un roman bouleversant, planté dans le décor dantesque de la Casse.

SANDRINE FSNL’auteur : Sandrine Collette  née à Paris dans le courant de l’année 70. Elle passe un bac littéraire puis un master en philosophie et un doctorat en science politique.

Elle devient chargée de cours à l’Université de Nanterre, travaille à mi-temps comme consultante dans un bureau de conseil en ressources humaines et restaure des maisons en Champagne puis dans le Morvan.

Aujourd’hui la vie de Sandrine Collette est rythmé par l’écriture à laquelle elle se consacre entièrement.

 

Extrait :
Au départ, elles n’en avaient pas parlé bien sûr mais cela allait de soi, les héberger l’enfant et elle, c’était l’affaire de quelques jours, une semaine peut-être. Si Réjane avait su que cela durerait autant, jamais elle n’aurait proposé, trop petit l’appartement, et elle qui rentre du bureau épuisée chaque soir, à les voir là sur le canapé le petit qui mange sa bouillie en babillant et écouter Moe raconter ses histoires, peut plus, elle les déteste à présent, voilà, c’est comme ça. Non non, on n’en rediscute pas, qu’ils prennent leurs sacs et qu’ils s’en aillent, elle a été honnête, ne veut pas risquer qu’ils profitent d’un ou deux jours de plus pour lui dépouiller l’appartement, c’est samedi aujourd’hui, à midi elle va voir sa mère à la campagne, à midi ils doivent être partis, elle les poussera sur le palier si nécessaire.
Alors Moe marche dans la rue, se répète les mots, ne réalise pas encore – eux dehors l’enfant et elle. Elle sait qu’elle a l’air d’une folle avec le petit calé sur le côté, les sacs dans les mains et les cheveux mal coiffés parce qu’elle n’a pas eu le temps. Les passants changent de trottoir en la voyant, se retournent sur elle, pitié ou dégoût, elle a envie de crier qu’il faut l’aider, Réjane lui a laissé de quoi payer une nuit d’hôtel, et après ? Les centres d’accueil ? Elle connaît trop bien, pour les avoir vus à la télévision, ces ghettos modernes, des mouroirs pour vieux étendus aux gens comme elle et pas même un toit sur la tête, des terres abandonnées, non elle n’ira pas, ne pas se plaindre, ne pas se faire remarquer, elle sèche ses larmes, met de l’ordre dans ses cheveux. Sois forte, ma fille. Avance.

 

La Chronique de Catherine

« En ouvrant le dernier roman de Sandrine Collette, passés les premiers chapitres consacrés à l’histoire de Moe qui a quitté son île natale pour suivre en France un homme plus âgé qu’elle et qui finira par échouer dans la rue avec un nourrisson conçu avec un amant d’un soir, on arrive dans le vif du sujet : La Casse. Et là, si on a lu  « Une brume si légère », nouvelle parue dans Les petits polars du « Monde » en 2014, on se retrouve en pays de connaissance. La Casse, c’est une ville encastrée dans le lit d’une rivière et constituée de carcasses de voitures au rebut, où s’entassent des démunis en pleine dégringolade sociale.

C’est là que Moe va atterrir avec son enfant, et c’est là qu’elle va retrouver cinq femmes que nous avions rencontrées dans la nouvelle et qui, au milieu de cet enfer, vont l’aider à survivre. Entre chaque chapitre relatant la vie misérable de ces rebuts de la société, l’auteure nous narre l’histoire de chacune d’entre elles, nous dévoilant l’évolution d’une société futuriste où il ne fait pas bon avoir été malmené par la vie, et encore moins être une femme. L’écriture sèche, sans pathos, nous emmène très loin dans l’horreur mais nous offre aussi des moments de grâce, quand réunies autour d’un feu au milieu des carcasses de voiture, Moe et ses cinq compagnes partagent du chocolat.

On ne sort pas de La Casse, ou bien avec beaucoup d’argent, et Moe, à laquelle les autorités proposent de donner son bébé à un couple en mal d’enfant, ne peut s’y résoudre et va vendre son corps, puis transporter de la cocaïne, pour tenter de s’en sortir. On sait dès le premier chapitre que l’issue sera dramatique.

Sandrine Collette nous offre un roman noir, très noir, à mon sens son meilleur depuis « Des nœuds d’acier », même si, fan de la première heure, j’ai aimé tous ses livres. Elle dénonce une société du futur proche vers laquelle nous pourrions bien aller, à certains égards dans laquelle nous sommes déjà,  en nous décrivant avec son talent habituel la vie de ces femmes qui tentent de s’entraider au milieu de la pourriture.  Et nous offre même, à la fin, une lueur d’espoir. Un grand roman.  »

Le petit + Collectif Polar