Luca – Franck Thilliez


Aujourd’hui c’est double chronique.

Et c’est nos flingueuses alsaciennes qui nous donnent leur avis sur le dernier Thilliez.

Après la chronique de So sur Luca, ce soir c’est Marc qui s’y colle.

Le livre : Luca de Franck Thilliez. Paru le 2 mai 2019 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir. 22€90 ; (550p) ; 14x21cm.

4ème de couverture :

Partout, il y a la terreur.

Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.

S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.

C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer.

L’auteur :  Franck THILLIEZ est né en 1973 à Annecy. Il était ingénieur en nouvelles technologies, il se consacre maintenant à l’écriture. Il vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est membre de La Ligue de l’Imaginaire. Il est l’auteur de 17 romans, parmi lesquels Atomka, Le Syndrome E et, plus récemment, Pandemia Rêver et Sharko. Lauréat du prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014 avec Angor, il confirme sa place de pilier du thriller français et continue d’alterner one shots et enquêtes menées par son couple phare, Lucie Henebelle/Franck Sharko. Après Sharko où on retrouvait le duo de flics, il revient avec un one shot Le manuscrit inachevé. Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste. Ses livres sont traduits dans le monde entier.

 

Extrait :
« Le silence.
Le même silence religieux qui avait envahi les couloirs du 36 quai des Orfèvres, un jour de novembre, lorsque les terroristes avaient frappé à plusieurs endroits de la capitale. Comme une vague qui se retire avec une infinie discrétion après s’être fracassée sur la plage, et qu’on regarde avec l’espoir de ne plus devoir affronter ça. Mais la vague finit toujours par revenir, c’est sa raison d’être. »

 

L’arrêt du sur image de Marc

« Luca » …ça sonne comme un uppercut !! de ceux qui vous laissent à terre, dont on ne se relève pas tellement c’est un chef d’œuvre. Une plongée dans le monde connecté qui est notre quotidien à tous aujourd’hui. Un monde rempli de travers qui font que l’homme dérive doucement vers une décérébration progressive.

Franck Thilliez a focalisé l’essentiel du livre sur l’intrigue, et c’est une réussite sans faille. Le premier qualificatif qui me vient à l’esprit est ENORME. Les thématiques abordées sont nombreuses, toutes concernent les avancées scientifiques ou technologiques qui prennent doucement, mais de manière insidieuse beaucoup de place dans nos vies. Je ne sais pas comment il a été possible d’écrire un roman aussi complexe sans se perdre, ou se mélanger les pédales. C’est du grand art. Tout s’emboite à la perfection comme un Tetris manipulé par un génie, il n’y a aucun espace dans lequel on pourrait trouver une imperfection. L’enquête et toute l’histoire est violente, oppressante, l’auteur à voulu faire souffrir le lecteur, et c’est ici encore une réussite. Les romans qui m’ont fait vibrer de la sorte sont rares.

Nous sommes bien dans un livre de la saga des Sharko/Hennebelle , mais ces deux personnages sont très en retrait par rapport aux romans précédents. Ils ne prennent guère plus de place que les autres acteurs de l’histoire. Comme je l’ai dit plus haut, l’auteur a choisi de mettre l’intrigue comme héros de ce livre.

Fini aussi le 36 quai des orfèvres, c’est dans les nouveaux locaux ultra modernes, situés 36 rue du bastion, qu’il faut désormais chercher nos policiers favoris.

Pour conclure, je crois que je vais me contenter de dire, que selon moi, c’est le meilleur livre de Franck Thilliez depuis ses débuts.

Luca de Franck Thilliez


Aujourd’hui c’est double chronique.

Et c’est nos flingueuses alsaciennes qui nous donnent leur avis sur le dernier Thilliez.

Et ce matin c’est Sofia qui s’y colle.

 

Le livre : Luca de Franck Thilliez. Paru le 2 mai 2019 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir. 22€90 ; (550p) ; 14x21cm.

4ème de couverture :

Partout, il y a la terreur.

Celle d’une jeune femme dans une chambre d’hôtel sordide, ventre loué à prix d’or pour couple en mal d’enfant, et qui s’évapore comme elle était arrivée.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un corps mutilé qui gît au fond d’une fosse creusée dans la forêt.

Partout, il y a la terreur.

Celle d’un homme qui connaît le jour et l’heure de sa mort.

Et puis il y a une lettre, comme un manifeste, et qui annonce le pire.

S’engage alors, pour l’équipe du commandant Sharko, une sinistre course contre la montre.

C’était écrit : l’enfer ne fait que commencer.

L’auteur :  Franck THILLIEZ est né en 1973 à Annecy. Il était ingénieur en nouvelles technologies, il se consacre maintenant à l’écriture. Il vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est membre de La Ligue de l’Imaginaire. Il est l’auteur de 17 romans, parmi lesquels Atomka, Le Syndrome E et, plus récemment, Pandemia Rêver et Sharko. Lauréat du prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014 avec Angor, il confirme sa place de pilier du thriller français et continue d’alterner one shots et enquêtes menées par son couple phare, Lucie Henebelle/Franck Sharko. Après Sharko où on retrouvait le duo de flics, il revient avec un one shot Le manuscrit inachevé. Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste. Ses livres sont traduits dans le monde entier.

 

Extrait :
« Franck ne dit rien et fixa la route. Bon Dieu, ses fils lui manquaient, et il se demanda s’il pourrait les protéger de toute cette violence encore longtemps. La violence pervertissait ce qu’elle n’anéantissait pas, et ses gosses allaient grandir dans un monde où les bombes menaçaient d’exploser à chaque coin de rue, où des adolescents se suicident en direct sur Periscope et où on parlait de mettre des flics dans les écoles. Chaque nouvelle génération allait devoir supporter les maux des générations précédentes »

Les P’tits Papiers de So

LUCA de Franck THILLIEZ

Dans ce dernier opus, Franck Thilliez revient, au sommet de son art. Le Maestro maîtrise sa partition, c’est à se demander comment il fait pour nous emmener toujours plus loin, toujours plus haut, emportant son lecteur plus encore dans l’obscurité.

Dans son dernier roman de la saga Sharko/Hennebelle, nous avions quittés les héros et la bande de flics au bord du gouffre, aux portes du 36 quai des Orfèvres.

Deux ans plus tard, c’est avec un grand bonheur que nous retrouvons le couple phare, et bien d’autres encore, au Bastion.

Contrairement à Sharko, l’intrigue est d’avantage mise en avant. C’est pied au plancher que démarre le roman, dès les premières pages, la tension est à son comble, et ne fera que croître, véritable apnée, palpitations, nerfs à vifs, aucun répit. Du grand art signé Thilliez.

Et sa signature, bien évidemment, c’est de toujours mettre en avant l’Homme et la science.

L’une des plus grandes surprises de cette œuvre, est le nombre de thématiques abordées ; Intelligence Artificielle, PMA, manipulations génétiques, l’auteur n’a pas son pareil pour nous plonger dans l’horreur de notre société.  C’est sans compter la précision qu’on lui connait pour appuyer tous les faits en lien avec ces thématiques, glaçant.

Œuvre de fiction bien évidemment, et pourtant, criante de réalisme, nous poussant à nous interroger sur notre place et notre rôle dans la société.

LUCA est sans doute le roman le plus contemporain qu’il ait pu écrire, une lecture en réalité virtuelle…

Déroutant, bouleversant, glaçant, terrifiant, voilà ce qu’est LUCA.

Vous l’avez compris, j’ai été emballée par cette lecture, probablement mon roman préféré. Avec un (minuscule)bémol tout de même, le sentiment que LUCA pourrait plus être considéré comme un One Shot avec des guests stars. Bémol parce que j’ai rencontré Sharko et Lucie étudiante, j’ai grandis avec eux, j’ai souffert avec eux, presque 20 ans qu’ils m’accompagnent…Tous les 2 ans, c’est comme si je retrouvais de vieux potes, cette année j’aurai aimé les avoir un peu plus longtemps à ma table…

Quoi qu’il en soit, lorsque j’ai refermé le bouquin, j’ai lâché un juron avec un sourire jusqu’aux oreilles…Mr Thilliez, vous êtes mon maître absolu !!!!!

 

Des types comme nous de Roman Strajnic


Le livre : Des types comme nous de Roman Strajnic –  Paru le 25/04/2019 chez Fleuve éditions .16.90 €  ; (208… pages) ; 20 x 13 cm

 4ème de couverture :

Dusan Savicevic est agent de sécurité. C’est un Cannois discret, sportif et discipliné. Il s’est vu proposer cette année une mission spéciale pour toute la durée du festival : assurer la protection de l’équipe d’un film en compétition avec pour actrice principale Kristen Warwick, l’étoile montante du cinéma américain.
Pour un taiseux vivant en marge des paillettes, c’est tout autant une aubaine qu’une source d’angoisse. Mais il va faire le job. Et la fiche de poste est claire : Trouver quelqu’un de suffisamment intelligent pour se poser des questions, et d’assez con pour ne pas pouvoir y répondre.
La fiche de poste, Dusan ne la connaît pas.
C’est aussi ça, Cannes.

Crédit photo©(c) Melania Avanzato

Crédit photo©(c) Melania Avanzato

L’auteur : Roman Strajnic est né en 1977. Il a travaillé dix ans comme distributeur de films.
Des types comme nous est son premier roman.
Roman Strajnic est né en 1977. Fils d’immigrés politiques serbes, il passe sa jeunesse dans le sud de la France. Par la suite, il travaillera quinze années comme distributeur de films, épaulant tour à tour Luc Besson chez EuropaCorp, puis Pierre-Ange le Pogam chez Stone Angels. Dans ce contexte, il organisera une cinquantaine de tournées en province pour promouvoir la sortie de films et pendant treize ans, il sera chargé de la venue d’équipes au Festival de Cannes (acteurs, réalisateurs, producteurs, distributeurs).
En 2014, il a publié Les Colonnes d’Hercule chez Khbar Bladna, un éditeur tangérois.
Il vit aujourd’hui en région parisienne avec sa femme et leur fille.

 

 Extraits 1 et 2 :
«… les flics continuaient leur conversation : 
— Bah nous, c’était un suicide sur la ligne Cannes-Nice hier… Le gars, il a été traîné… La colonne vertébrale, elle s’était arrachée du reste du corps, avec la tête. Il avait les jambes 300 mètres plus loin. (Il marque un silence 🙂 Le plus chiant, c’était d’empêcher les chiens de venir bouffer les morceaux. »
« Il a baissé sa garde, il aurait dû sentir venir ce premier coup. Il aurait dû l’esquiver et dans la parade enchaîner avec son uppercut signature. Celui qui a fait de lui une sorte de légende dans les coins mal famés du Mirail à Toulouse. Là-bas, il en donnait généreusement, des coups de poing. À vrai dire, c’est juste une habitude à prendre. La première fois, ça fait un peu peur et puis après… Au petit déjeuner, il leur tapait dessus. Ça remplaçait les viennoiseries à la fleur d’oranger. Des grands coups de poing dans la gueule. Comme s’il cassait leurs têtes sur une enclume. Ça sonnait comme ça : « Bing ! », dans les halls d’immeubles pleins de crachats et de barrettes de shit. »

La chronique jubilatoire de Dany

Titre et auteur : Des types comme nous de Roman Strajnic

 

Agent de sécurité à Cannes, c’est une sinécure sauf par temps de Festival. La routine de Dusan, émigré Yougoslave porteur d’un secret intime qui lui pourrit la vie, va être bouleversée par un contrat un peu particulier. Il va devoir en effet assurer la protection d’une villa de star et ça ne sera pas de tout repos.

Une satire bien plaisante d’un monde superficiel et avant tout guidé par la finance, avec une intrigue qui mériterait de ne pas être spoliée par le prologue trop explicite … un agréable moment de lecture, une pause salutaire sans mort suspecte ni hémoglobine, ou alors si peu ! Un court roman de 208 pages.

A noter un contexte social bien abordé également où l’on découvre l’envers du décor de paillettes et de strass, de selfies et de fêtes, d’alcool …

Lu en version numérique.

 

Extraits 3 et 4
« Au fond, ce qui donne un caractère à Cannes, c’est son festival. Sans lui, c’est une ville de rien. Une baie. Champignonnée de grosses propriétés et d’hôtels de luxe vides. Cannes comme Hollywood ne seraient pas grand-chose sans le cinéma. Et puis, c’est aussi une ville de tristesse et de corruption. C’est aussi ça qui en fait un décor propice aux drames. Une jeune starlette qui tombe d’une fenêtre du Carlton, un producteur retenu en otage sur un yacht, Di Caprio mort d’un accident de voiture dans l’arrière-pays, en plein soleil, dans un bolide carbonisé. Tout est possible. »
« Sur la Croisette, Brian de Palma, toute barbe et bonhomie dehors, mange une glace à l’italienne incognito, alors que Nabilla, elle, est entourée d’une foule compacte et fanatique, hurlant son nom comme on l’aurait fait pour un Beatles. Cheveux lissés, poitrine et cul proéminents, lunettes mouche en or estampillées cagole de luxe. S’érotisant la bouche en bisou cul de poule, le doigt sur un sein gonflé à l’hélium, prêt à éclater sous la pression de ses faux ongles fantaisie. Elle se prend en photo, avec en toile de fond une foule dans tous ses états. Laide, à l’image de son modèle : fluo, plastique, gonzo, hystérique et dangereuse. »
 

 

Extinction de Matthew Matter


Le livre : Extinction de Matthew Matter. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Christine Barbaste. Paru le 12 novembre 2015 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir. Ebook, 14€99 ;. (480 p.) ; 21 x 14 cm

4e de couv

Les situations les plus extrêmes révèlent nos pires instincts. 

Alors qu’une gigantesque tempête de neige s’abat sur Manhattan, Internet s’effondre, entraînant dans sa chute les infrastructures municipales : l’électricité, l’eau courante… Le black-out est total, les vivres viennent à manquer. Dehors, c’est la loi de la jungle, entre pillages et épidémies. On accuse les Chinois, les cyberpirates. La faim, le froid, la soif guettent à chaque coin de rue – mais l’ennemi le plus redoutable partage sans doute votre palier…
Dans la résidence de Chelsea où, hier encore, les voisins se pressaient joyeusement autour d’un barbecue, confiance et solidarité s’érodent peu à peu. Mike Mitchell, jeune père et ingénieur aisé, sait que la menace peut surgir de partout. Aucune barricade ne peut garantir contre la trahison, l’égoïsme, la paranoïa… Sa vie, celles de sa femme et de son fils ne dépendent que de son jugement. À mesure que la communauté se disloque, l’extinction opère son effroyable sélection naturelle…

« Tellement bien, j’aurais aimé avoir cette idée moi-même… cette histoire m’a marqué à jamais. » Hugh Howey, auteur de Silo

 

L’auteur : Matthew Mather a débuté sa carrière professionnelle au Center for Intelligent Machines (CIM) à l’université McGill à Montréal. Il a également travaillé pour plusieurs start-up couvrant divers domaines, dont la cyber-sécurité, la nanotechnologie informatique, les dossiers médicaux électroniques ou encore les systèmes de prévision météorologique. Matthew Mather vit entre Montréal et Charlotte en Caroline du Nord. Extinction est son second roman, et le premier chez Fleuve Éditions. Visitez son site : matthewmather.com

 

Extrait :
 La lumière déclinait et la neige tombait plus dru ; il y avait de nouveau du blizzard dans l’air. Au retour de Penn Station, nous avions décidé de pousser tant bien que mal jusqu’à Meatpacking, où se trouvait le garage de Chuck. Nous avions cheminé le long de rues quasi désertes, sauf lorsque nous étions passés devant l’hôtel Gansevoort, sur la Neuvième Avenue. 
Une foule impressionnante était massée devant le bâtiment, encore illuminé comme un sapin de Noël, et exigeait à cor et à cri de se réfugier dans l’hôtel de luxe. Une armada d’imposants cerbères lui tenait tête. Tout le monde hurlait.

 

Avis de Lecteur

La recommandation de Jean Luc

Extinction de Matthew Matter

Le roman “Extinction” de Matthew Matter avec sa couverture m’a tout de suite attiré, je l’avais raté lors de sa sortie et en lisant récemment le quatrième  de couverture, j’avais de suite penser à un blockbuster américain !

Et je dois dire que ce roman est plutôt réussi …

Vous l’aurez compris, c’est bien un roman américain, dans la mesure où toute l’action se déroule aux Etats Unis avec une famille américaine plutôt bobo qui va être confrontée à un scénario catastrophe.

L’idée de base est celle d’un black out généralisé du cyberespace qui par effet domino, va paralyser l’économie, le réseau électrique et le réseau de distribution d’eau. L’auteur dépeint une situation tout à fait crédible, il met en avant la faiblesse de nos économies et distribution de ressources qui reposent sur un réseau internet qui demeurent le point faible de pays tels que les états Unis où même l’Europe en particulier.

La catastrophe démarre doucement puis monte crescendo, l’auteur met en scène des New-yorkais qui au fil du temps vont perdre tous leurs repères et sombrer peu à peu dans une lutte sans merci pour leur survie en plein cœur d’un hiver glacial.

Et là, je dois dire que ce roman est un véritable page turner, les personnages évoluent dans un lieu clos et les relations et interactions entre les individus sont réalistes et effrayantes à la fois.

Toutefois, un petit bémol certains personnages sont un peu creux, mais l’auteur contrebalance ce défaut  par une connaissance des risques liés à une paralysie complète du cyberespace et parvient à nous happer dans son univers de fin du monde…

Au final, un bon roman catastrophe qui met en exergue les faiblesses de nos sociétés hyper connectées, l’auteur à un moment n’hésite pas à dire que le préfixe “cyber” devient superflu puisqu’il impacte directement nos vies et non seulement le monde virtuel…

Cela forcément porte à réflexion, pour moi un roman prenant et intéressant même si sa construction peut paraître prévisible par moment.

Des poignards dans les sourires de Cécile Cabanac


Le livre : Des poignards dans les sourires  de Cécile Cabanac. Paru le 07 février 2019 aux éditions Fleuve éditions  dans la collection Fleuve Noir  19.90 €   ;  (480 pages) ; 14 x 21  cm. 

 4ème de couverture :

Avec ce huis clos provincial où les faux-semblants ont de beaux jours devant eux, Cécile Cabanac signe un premier polar chabrolien hautement maîtrisé.

Catherine Renon n’a plus vu son mari François depuis des jours et ne semble pas s’en émouvoir. Dans ce coin d’Auvergne où les rumeurs blessent et tuent, pas question de prêter le flanc à la calomnie. Et surtout pas à sa belle-mère, veuve solitaire qui voue à son fils un culte tout en démesure.
Virginie Sevran et Pierre Biolet, du SRPJ de Clermont-Ferrand, ont été appelés pour constater la présence d’un corps démembré et en partie brûlé au Col des Goules.
C’est la première enquête de Virginie depuis qu’elle a quitté le 36, quai des Orfèvres pour la province, à la stupéfaction de ses proches. Quant à Pierre, il observe sa nouvelle coéquipière d’un œil à la fois bienveillant et inquiet. Qu’est-elle venue chercher ?
Quand l’enquête met un nom sur ce corps, celui de François Renon, les questions les plus folles surgissent, avec une seule certitude : tous les meurtriers possibles de ce fils de bonne famille sont autant de facettes d’une victime annoncée.

L’auteur : Native du Pays Basque, Cécile Cabanac née au Pays Basque en 1976, fait ses armes en presse écrite au journal Sud-Ouest.
Après une Maîtrise d’histoire contemporaine à l’Université Montaigne à Bordeaux elle a ensuite intégré l’Ecole de Journalisme de Lille. Elle s’y spécialise dans l’audiovisuel.
Diplômée de la 75 ème promotion, elle rejoint, en 2001, TF1 à Paris comme JRI (journaliste reporter d’images).
Maniant avec dextérité la caméra, elle réalise de nombreux reportages pour journaux télévisés de TF1 et LCI.
En tant que journaliste réalisatrice, Cécile intègre ensuite « Le magazine de la santé » sur France 5. Elle sera également chroniqueuse au « Magazine de la Santé » ainsi qu’aux « Maternelles » sur France 5.
En parallèle elle réalise des documentaires de société pour France 5 et de nombreux numéros de l’émission « Faites entrez l’accusé » sur France 2.
Passionnée par la création, l’art, la musique, la mode et l’image bien sûr, Cécile met aujourd’hui sa solide expérience à profit au sein de Bonne-Graine dans une région chère à son cœur. Elle a quitté Paris il y a quelques années pour repartir au Pays basque avec son mari et son fils.
« Des poignards dans les sourires » est son premier roman. 
 
 Extrait :
« Son corps est aussitôt agité de secousses. Son arme lui échappe des mains, elle est prise d’une subite suée, sa vue se brouille. Elle manque de chavirer.
Biolet découvre à son tour la scène d’horreur et vomit aussitôt, pris de fortes convulsions. La salle de bains grouille d’insectes et de larves. L’odeur est maintenant insoutenable. Dans la baignoire, un cadavre en décomposition. Les jambes flageolantes, Sevran s’approche du corps en tenant plus fermement son pull sur sa bouche et son nez. Le macchabée qui gît à ses pieds n’a plus rien d’humain.
Un hurlement strident se met à déchirer le silence, une créature bondit sur elle et s’enfuit entre ses jambes. Un cri de peur et de nervosité s’échappe de la gorge de la capitaine qui devient blême et méconnaissable. Un chat avait dû se nicher au plus près de son maître. La tête enfoncée dans les épaules, elle a l’air soudain minuscule. Le sol en carrelage est un cimetière de mouches et de larves dont elle écrase les petites carcasses à chaque pas. Ce broiement excite encore davantage les insectes en plein travail. Elle s’approche pour examiner plus en détail le corps allongé devant elle. Il y a du sang noir sur les parois et au fond de la cuve. La tête est sans visage, pourtant une bouche ouverte semble se distinguer encore. Biolet est livide. Il tient à peine debout contre le mur. Elle lui fait signe de quitter les lieux. Ils dévalent les escaliers, terrorisés.
Une fois dehors, elle lâche son pull et gonfle ses poumons d’oxygène, tandis que son équipier tombe à genoux sur le sol. Il leur faut quelques minutes pour reprendre leurs esprits. Jamais Sevran n’a assisté à un aussi terrible spectacle. »

 

La chronique jubilatoire de Dany

« Là où nous sommes, il y a des poignards dans les sourires des hommes, proche du sang, plus proche du sanglant. »

Macbeth, 1623, William Shakespeare. »

Un père de famille détestable à souhait disparaît, sa femme ne déclare pas sa disparition, trop heureuse de cette aubaine. Elle va enfin profiter de la vie, changer de look et c’est ce qui va déranger les bien-pensants locaux …

Un corps sans tête et démembré est retrouvé au milieu de nulle part, l’enquête est confiée à un tout nouveau duo d’enquêteurs de Clermont-Ferrand, qui s’apprivoise en peinant à identifier le corps…

Il n’y a que le lecteur pour y voir des convergences. Mais si le lecteur se trompait …

Des fausses pistes comme s’il en pleuvait, de la malversation politico-économique et l’immersion dans les milieux libertins,  des trahisons à l’usurpation d’héritage, de bons vieux secrets de famille à vous légitimer n’importe quel mobile, bref une profusion de mensonges…

480 pages pour une intrigue dense et une enquête qui piétine … le lecteur peut parfois s’impatienter car pour partie, il sait lui. Mais il sera récompensé par le dénouement assez inattendu quoique …

En même temps c’est une chronique rurale, dans les environs de Clermont-Ferrand, en hiver donc il faut prendre des précautions pour ne pas déraper sur les pistes de l’assassin !

Lu en version numérique. epub 13.99 €

Extraits :
« L’enquêtrice se concentre sur les gestes de la légiste pour éviter de donner le champ libre à ses pensées. Elle note que son visage est marqué ce matin. La professeure pose sa lame à la base du cou et trace une ligne droite le long de l’abdomen. Soudain, une odeur de viande pourrie et d’excrément insoutenable s’échappe des fentes ouvertes du cadavre. Sevran est prise d’un haut-le-cœur. Elle se penche en avant dans un mouvement automatique et tente de retenir une contraction de son estomac. De l’autre côté de la table d’examen, Sophie Brun explose de colère :
— Putain de bordel de métier à la con ! »
 « Le vent froid lui glace les os. L’odeur de crottin et de bois humide s’engouffre dans ses poumons. Elle voudrait s’enfoncer profondément dans la forêt et ne plus jamais revoir un des membres de cette famille vipéreuse.»

L’erreur de Susi Fox


Le livre : L’erreur de Susi Fox. Traduit de l’anglais (Australie) par Héloïse Esquié – Paru le 10 janvier 2019 chez Fleuve Editions dans la  collection Fleuve Noir Policier. 19.90 €  ; (360 pages) ; format 14 x 21 cm

 4ème de couverture :

Sasha a toujours voulu un bébé. Sa grossesse se déroule à merveille, jusqu’au jour où elle se retrouve à l’hôpital pour subir une césarienne d’urgence. À son réveil, elle demande à voir son enfant. Alors qu’elle s’attend à vivre un moment magique, Sasha plonge dans un cauchemar bien réel. Le nourrisson qu’on lui amène n’est pas le sien. La jeune mère n’a aucun doute, même si personne ne la croit. Ni les infirmières qui évitent ses questions, ni son mari qui essaie de la convaincre, ni sa meilleure amie, appelée au secours. Pour tous, Sasha souffre d’un stress lié aux circonstances de la naissance. Mais ce serait oublier combien l’instinct d’une mère est profondément ancré en elle, en dépit des apparences. Si le bébé devant elle n’est pas le sien, où est passé son enfant ? Et qui a pu faire cette erreur ?

L’auteur Susi Fox est Australienne. Elle a étudié la médecine et les arts à l’Université de Melbourne.
Elle vit avec sa famille dans le comté de la chaîne Macedon, dans l’État de Victoria, où elle travaille comme médecin généraliste à temps partiel.
L’Erreur (Mine, 2018) est son premier roman, actuellement en cours de traduction dans de nombreux pays, et l’a immédiatement établie comme un des nouveaux talents du suspense psychologique féminin.

 

 

 

Extrait :
« — Je suis anatomopathologiste, pas pathologiste judiciaire. La plus grande partie de mon travail consiste à observer des taches roses et des points mauves dans un microscope et à écrire des rapports que les gens parcourent à la hâte. Je suis obligée d’écrire les conclusions en majuscules pour qu’elles ne passent pas à la trappe.
— Alors vous aimez votre travail, dans ce cas ? dit-elle avec un grand sourire.
— Je suppose. Ça dépend. Disséquer des bébés morts, ça, ça ne me plaît pas. »
Le premier bébé que j’ai disséqué, une petite fille, avait été retrouvé par sa mère dans son berceau. On soupçonnait un cas de mort subite du nourrisson. Son corps était raide lorsque je l’ai mise sur le plateau d’acier. Elle ressemblait à une poupée en plastique dur, à la vue comme au toucher ; elle n’avait rien du tout d’un vrai bébé. Lorsque j’ai incisé sa peau, ses boyaux se sont répandus, glissant sur l’acier. Je me suis étranglée. J’ai pris la décision de démissionner, sur-le-champ. De plaquer non seulement la médecine légale, mais la médecine en général. Je ne reviendrais jamais.
C’est ma superviseuse qui m’a ramenée des vestiaires à cette salle d’autopsie, au bébé qui m’attendait sur son plateau d’acier. C’était mon devoir, a-t-elle dit, de découvrir la cause de la mort de ce bébé. De donner à ses parents la réponse dont ils avaient un besoin si désespéré. C’était la meilleure chose que je pouvais faire, pour eux et pour elle.
Alors c’est ce que j’ai fait ; ce que je fais encore de temps en temps. Découper la chair des bébés, mince comme du papier à cigarette, fouiller bien profond en eux, dans leurs cavités évidées, à la recherche de quelque chose ou de quelqu’un à blâmer. Je ne prétends pas que c’est agréable. J’évite d’en parler à mes amies lorsqu’elles deviennent mères. Je ne pense pas qu’elles comprendraient. »

 La chronique jubilatoire de Dany

L’erreur de Susi Fox

Sasha, obligée d’accoucher avant terme dans une maternité ayant mauvaise réputation et qu’elle n’a pas choisie, est persuadée que l’enfant qu’on lui présente a été échangé avec un autre beaucoup plus ressemblant à ce qu’elle ressentait pendant sa grossesse. De plus, c’est un petit garçon qui est né au lieu d’une petite fille qu’elle attendait depuis son échographie. Elle n’arrive pas à éprouver ce formidable attachement de mère à son nouvel enfant, est-elle une bonne mère ? N’est-ce pas LE signe de cette substitution ? Et dire que  enfant est attendu depuis plus de dix ans.

Tous les personnages de ce thriller psychologique ont leur secret inavouable, son mari, son père, son amie d’enfance, ses médecins, les autres patientes et c’est un véritable enfer que va vivre la narratrice. Sont-ils complices pour remplir un sombre dessein ? Les lecteurs vont assister à la descente aux enfers de Sasha, puis à sa résilience réelle ou feinte, dans un univers trouble où tout est suspicion et où les soignants ne sont pas plus équilibrés que les patients… un  vrai nid de coucous ! Un peu plus de 350 pages pour nous faire tourner en boucle dans l’amas de neurones perturbé de la jeune mère, où l’on se plait en conjonctures et quand arrive le dénouement, on se dit : soit, c’est une explication parmi d’autres, un peu improbable mais bien amenée par l’auteur qui signe ici son premier roman.

Premier roman donc et une belle découverte, un bon moment de lecture, envoûtant et bien flippant mais … l’auteure n’est-elle pas elle-même médecin ? Elle a mis toute sa féminité au service de cette histoire, certes c’est une fiction et ça ne peut pas se passer dans la vraie vie … quoique !

Lu en version numérique.  epub 13.99 € 

 Autres extraits
« Dans sa couveuse, Toby reste tranquille, endormi. C’est lui l’innocent, dans ce chaos. Il ne ressemble pas du tout à mon bébé. Je pourrais décider de m’occuper de lui comme une mère, de mon mieux, jusqu’à ce qu’il retrouve sa vraie mère, mais à aucun moment je n’ai pensé qu’il était à moi. Et lorsqu’il sera prouvé que j’ai raison, ils comprendront que je n’ai pas le moindre problème mental. »
 « Non, Mark, je siffle, en rassemblant toute ma force. Tu me connais. Je ne fais pas d’erreurs. Je me suis battue pendant tellement longtemps, si durement pour avoir notre bébé, il est hors de question que j’abandonne maintenant. Rien ne m’empêchera de découvrir la vérité. Ce n’est pas notre enfant. »
« Adam, par contre, a quitté Bec il y a six mois, juste après qu’elle est enfin tombée enceinte, disant qu’il ne voulait rien avoir à faire avec l’enfant. Après s’être effondrée un petit moment, elle a choisi de revenir s’installer en Australie. Bec est décidée à être mère célibataire, et à expliquer au bébé qu’elle s’est servie de l’ovocyte d’une donneuse.
« Quand elle sera assez grande pour comprendre. Je suis en paix avec l’idée maintenant. Un enfant est un enfant ; qu’est-ce que ça change, l’identité de sa mère biologique, hein ? De mon point de vue, mieux vaut n’importe quel bébé que pas du tout. »
 

 

mots clefs : maternité, fertilité, échange d’enfant, prématuré, psychiatrie, médecine légale, gémellité, dépression post-partum 

Une proie si facile de Laura Marshall


Le livre : Une proie si facile de Laura Marshall. traduit de l’anglais par Silke Zimmermann. Paru le 8 février 2018 chez Fleuve éditions dans la collection Fleuve Noir. 19€90 ; (379 p.) ; 21 x 14 cm
4e de couv :

Maria Weston demande à devenir ton amie.

Et si c’était ça, l’origine de tous les problèmes ?

Au collège, déjà, Maria Weston cherchait désespérément à être admise dans le cercle très fermé des filles les plus populaires de l’école. Mais les rumeurs précédant son arrivée en cours d’année avaient ruiné tous ses espoirs d’y parvenir. Pire encore, elle était devenue la victime facile de leurs manigances. Quand Louise reçoit un jour une demande d’ajout d’ami émanant du compte Facebook de Maria, elle est horrifiée… Car Maria Weston est morte vingt-cinq ans plus tôt.

Alors que Louise a mis des années à enfouir le souvenir de cette fille tout au fond d’elle-même, l’invitation et les messages inquiétants qui s’ensuivent font d’un coup ressurgir le passé. Tout comme le secret de Louise, si intimement lié à la disparition de sa camarade.

Un secret qui, révélé au grand jour, pourrait bien détruire sa vie.

L’auteur : Laura Marshall a grandi à Wiltshire et a étudié l’anglais à l’université du Sussex. En 2015, elle décide de se lancer dans l’écriture, et participe au Curtis Brown, Creative Writing. Son premier roman, Une proie si facile, a été finaliste au Bath Novel Award 2016 et présélectionné pour le Lucy Cavendish Fiction Prize 2016. Il est en cours de traduction dans plusieurs pays.

La chronique Jubilatoire de Dany

 

Une proie si facile de Laura Marshall

L’action se passe en Angleterre où Louise élève seule son fils Henry, depuis son divorce avec Sam. Elle s’installe dans sa nouvelle vie de mère célibataire hyperactive jusqu’à ce qu’un souvenir d’adolescence, réactivé par FaceBook, fasse voler en éclats son fragile confort. Même si le sujet me fait penser à David-James Kennedy et son roman « Malgré elle », l’auteure installe ici l’amour maternel comme véritable enjeu de l’intrigue de ce thriller très bien mené.

Au-delà du suspense, ce sont les dangers que représentent les amis virtuels avec qui nous rentrons en contact qui sont évoqués, tout comme les rites d’intégration bien réels ceux-là, de nouveaux venus dans des groupes constitués. Ces deux aspects concernent ici des adolescents mais nul n’a dans ce domaine le privilège de l’âge.

Des personnages attachants et une intrigue puissante font de ces 384 pages, un moment de lecture agréable et noir à souhait.

Lu en numérique

 

Tu tairas tous les secrets d’Hervé Jourdain


Le livre : Tu tairas tous les secrets d‘Hervé Jourdain – Paru le 11/10/2018 aux éditions Fleuve édition dans la collection Fleuve noir – 19.90€   – epub 13.99 € (416 pages) ; format 21×14 cm

 4ème de couverture :

Une femme est retrouvée morte dans le parc naturel des Ardennes. À quelques kilomètres de là, le corps d’une autre est repêché dans la Seine. Sur le pull que portait la première victime, l’ADN de l’épouse d’une chef de brigade de la PJ de Paris. Au cou de la deuxième, un curieux médaillon en forme de chouette.Le commande Guillaume Desgranges est chargé de l’enquête parisienne. Et ce qui se passe dans les Ardennes, il refuse d’en entendre parler : il a élevé seul son fils et remué ciel et terre pour retrouver celle qu’il aimait. Le temps a passé. Son évaporation ne regarde qu’elle, à présent, où qu’elle soit. La brigadière Zoé Dechaume ne l’entend pas de cette façon et n’a qu’une idée en tête : remonter la piste ardennaise. Alors, en toute clandestinité, et en duo avec sa coéquipière Lola Rivière, elle va se lancer sur les traces d’une femme qu’elle ne connaît pas, mais dont elle a toutes les raisons de penser qu’elle vit encore. Entre Paris, la Belgique et les Ardennes, mettant en péril leurs carrières et bien plus encore, les deux jeunes femmes vont se heurter aux secrets qui contraignent au silence, écorchent, et finissent par tuer ceux qui les portent.

 

L’auteur : Hervé Jourdain est né le21/08/1972 à Sainte-Maure-des-Fossés, féru d’Histoire et de course à pied.
Il réussit le concours de gardien de la Paix et s’installe à 20 ans dans le sud de la région parisienne. Parallèlement à son activité professionnelle, il s’inscrit à l’université Paris-I et obtient une licence d’Histoire. Il intègre alors un service de renseignement en 1998 avant de devenir, deux plus tard, officier de police.
Lieutenant à la brigade des mineurs de Paris puis capitaine au sein de la brigade criminelle installée au mythique 36, quai des Orfèvres, il décide par défi de se lancer dans l’écriture de romans policiers.
Il est alors capitaine de police lorsqu’il publie Sang d’encre au 36 (2009), un premier roman qui lui vaut le prix des lecteurs du grand prix VSD du polar.
Il remporte en 2014 le prix du Quai des Orfèvres avec son roman Le Sang de la trahison.
Il a par ailleurs collaboré à l’écriture d’un long métrage, fait office de conseiller sur le tournage d’un téléfilm policier, effectué une brève apparition dans le film « Contre-enquête » (2007) aux côtés de Jean Dujardin.
En 2017, il reçoit le prix Sang d’encre décerné par le festival de Vienne pour son roman, Femme sur écoute, paru chez Fleuve Éditions en 2017.
Sous le pseudonyme Clovis Bienvenu (l’identité de son grand-père maternel), il est également l’auteur de Le 36, quai des Orfèvres à la croisée de l’histoire et du fait divers, paru chez PUF en 2012 dans la collection Questions judiciaires.…Il est aujoud’hui commandant de police.

 

Extraits :
« Certains comptabilisaient le nombre d’autopsies auxquelles ils avaient assisté. Un procédurier se targuait d’en avoir réalisé dix-huit la même année. Une autre enquêtrice, à coup sûr une fétichiste, conservait dans un tiroir un stérilet saisi sur le cadavre d’une femme tuée par son amant qu’elle se plaisait à montrer aux stagiaires de passage au 36. Peut-être pour les faire fuir. Ou pour les épater. Ou pour exorciser cet instant de découpe, cet acte de boucherie, ce dépeçage en règle d’un corps qui ressemblait à s’y méprendre au sien. »
« Selon la copie du rapport d’autopsie qu’elle avait consultée dans la foulée, le cadavre avait séjourné face contre terre durant un mois avant sa découverte. Au fil des heures et des jours, des escouades d’insectes nécrophages s’étaient nichés, développés et reproduits dans et aux abords du macchabée. Les orbites avaient été évidées, les tympans visités, les lèvres forcées, la bouche pénétrée. Les mouches bleues croisaient d’autres diptères dans les cavités gonflées par les larves de coléoptères. Le légiste avait prélevé de nombreux spécimens. Certains avaient été plongés dans du formol, d’autres avaient été conservés vivants dans des tubes aérés afin de dater au mieux la mort de la victime. Puis il avait autopsié ce qui pouvait encore l’être. Les meilleurs morceaux avaient été dévorés : cœur, poumons, rate, foie. Le larynx était intact, aucune fracture n’était signalée, pas plus que la présence de corps étrangers. En résumé, rien n’évoquait une mort violente. Ce décès paraissait inexplicable chez un sujet féminin qui ne semblait pas avoir plus de cinquante ans au vu de l’examen odontologique… »
 

La chronique jubilatoire de Dany

Titre et auteur : Tu tairas tous les secrets d’Hervé Jourdain

On retrouve les protagonistes de Femme sur écoute, dans une intrigue plus classique, mais avec un duo féminin immanquable ! Une enquête complexe où l’auteur nous entraine dans les Ardennes. C’est un peu le hasard qui fait se relier deux scènes de crime et qui va lancer Lola et Zoé sur les pistes de ces femmes disparues. Elles n’en ont pas la légitimité, elles devront jouer avec les personnages secondaires pour approcher de la vérité, toujours border line.

Que feriez-vous si, avisé que vous êtes gravement malade, on vous proposait un traitement miracle ? Les pieds sur terre ou la tête dans les nuages, une galerie de personnages bien campés  renforcent toute l’ambigüité posée par l’auteur.

De nombreux thèmes sont abordés par Hervé Jourdain à la périphérie de cette enquête : l’exploitation des immigrés clandestins, les médecines alternatives, les sectes, les maladies rares, l’amour maternel, les SDF … procurent aux lecteurs des moments d’émotions dans ce monde de brutes. Notons aussi la sobriété du ton : pas d’effets spéciaux de superproduction, tout est précision et minutie. En prime une visite du Bastion, le new 36, maintenant opérationnel … ou presque !

J’aime beaucoup, mais il n’aurait pas dû assassiner une 2CV !

 

Lu en version numérique.

 

 Extrait :
«  Le front collé contre la planche d’une étagère, elle attrapa une conserve en verre. Ce qui ressemblait à des abricots flottant dans un jus épais. Elle tira sur la languette afin d’ouvrir le couvercle. En vain. Trop faible. Elle l’agrippa avec les dents et poussa le bocal de ses deux mains. Pas mieux, le caoutchouc usé se déchira sans libérer l’air nécessaire. De colère, elle le jeta contre le mur. Le verre se brisa, le jus l’éclaboussa.
Elle se rua au sol telle une mendiante, pinça de la pulpe de fruit mêlée de terre entre ses doigts et la porta à sa bouche. Elle ferma les yeux. Ils se rouvrirent sur des larmes. Honte de ramasser de la nourriture tombée au sol, douceur du sucre, crainte d’être abandonnée, espoir d’être sauvée, elle était chahutée par des vents contraires.»

 

Torrents de Christian Carayon


Le livre : Torrents de Christian Carayon. Paru le 06 octobre 2018 aux éditions Fleuve éditions dans la collection Fleuve noir policier . 19.90€ ;  (336 pages) ; 21 x 14 cm. epub 13.99€

 4ème de couverture :

  1. Des morceaux de corps humains sont découverts dans une rivière qui dévale vers la ville de Fontmile. On finit par identifier deux victimes, deux femmes portées disparues depuis longtemps. La peur et l’incompréhension s’emparent des habitants, jusqu’à l’arrestation de Pierre Neyrat, un chirurgien à la retraite. Ce dernier connaissait une des victimes, l’amie intime de son fils. Il a les compétences pour démembrer ainsi les cadavres et un passé trouble. Mais surtout, il a été dénoncé par sa propre fille. Bouleversé par ces événements qui réveillent la douleur de la perte de la femme de sa vie et font imploser sa famille, son fils François décide alors de remonter le cours de l’histoire. Car derrière les silences, ce sont les violences de l’Occupation que Pierre Neyrat a tenté d’oublier. Mettant ses pas dans ceux de son père, François va reconstituer ce passé dont il ignorait tout, où se sont noués les fils fragiles de son existence. Deux époques, deux enquêtes, pour un polar mené de main de maître.
L’auteur : Christian Carayon, originaire du Sud-Ouest, enseigne l’histoire et la géographie en lycée depuis plus de 15 ans. Il vit actuellement dans la Sarthe.
Véritable cinéphile, il est également féru d’écriture depuis son enfance. Il se lance dans l’écriture en 2012 et publie Le Diable sur les épaules (Les Nouveaux Auteurs, 2012 ; Pocket, 2013), un thriller historique se déroulant dans le Tarn, finaliste du prix du jury du Polar historique de la revue Ça m’intéresse-Histoire.
Les Naufragés hurleurs, son deuxième roman, reprend le personnage du criminologue Martial de la Boissière.
Un souffle, une ombre (Fleuve Editions, 2016) est son troisième roman, vendu en plusieurs langues avant même publication française. Torrents est son quatrième roman, chez le même éditeur en 2018. Pour en savoir plus, son site ICI
Extrait :
« Je ne crois pas qu’on puisse revenir de l’autre côté une fois qu’on y a basculé, contrairement à ce qu’a avancé un soi-disant expert en psychologie. Une troisième possibilité, ma préférée, est apparue, et c’est cette dernière que je tente de suivre. Notre gars a eu peur de se faire pincer. Il a commis une erreur, une imprudence, appelle cela comme tu veux, mais il a cru que les poulets allaient débarquer chez lui. Ce qui l’a obligé à faire le ménage.
— Cette fameuse erreur, ce serait d’avoir été repéré par sa future victime.
— Tu réfléchis aussi vite que ton paternel… Je penche cependant pour quelque chose de plus radical. Tu ne fais pas déplacer les flics parce que tu affirmes qu’un inconnu n’arrête pas de mater tes jolies fesses. En revanche, pour une tentative d’agression… Je crois qu’il a raté son coup. Qu’il y a quelque part une miraculée qui ne se doute sûrement pas de ce à quoi elle a échappé. Je dirais dans un maximum de trois semaines avant que, ton père et mézigue, on se mette à repêcher des bras en lieu et place des truites. »

   

La chronique jubilatoire de Dany

Torrents de Christian Carayon

 

François, dessinateur de vocation, a tout perdu quand sa compagne Emilie a disparu en 1979. D’autres disparitions, par la suite, perturbent le microcosme campagnard où vit sa famille, avec en prime la découverte de restes humains dans le torrent. François va revenir dans son village natal car il ne croit pas en la culpabilité de son père, soupçonné d’être « le dépeceur ».  L’enquête qu’il va mener avec l’aide de Camus, ancien flic, va l’entraîner à révéler les secrets de famille, ceux que le père a enfouis quand il a changé de région, après la seconde guerre mondiale et les exactions commises au nom de « l’épuration sauvage ». Ce père va passer de la position de notable à celle de proscrit … et s’il était innocent ? Comment François va-t-il pouvoir passer du doute au mensonge pour préserver le peu d’honneur qu’il reste à sa famille ?

Ce sont bien ces questions que se pose le lecteur au cours de cette double enquête. On sent très bien la patte de l’historien quand François est obligé de rouvrir les vieux dossiers.

Des chapitres courts et rythmés, trois narrateurs, contribuent à impliquer le lecteur dans la quête de la vérité avec un suspense final bien mené.

C’est le quatrième roman de Christian Carayon … auteur à suivre notamment pour l’ambiance campagnarde qui n’est pas sans rappeler celle de Franck Bouysse, attirante et étouffante à la fois où le silence est une valeur partagée, complice de la religion du secret.

Lu en version numérique.

 

 Extraits :
« Il y a ce film qu’il adore où un shérif défend sa prison, seulement secondé par un jeunot, un boiteux et un soûlaud. Putain ! Il en parle tout le temps. C’est quoi le titre, déjà ?
— Rio Bravo. Papa t’écorcherait vif de ne pas t’en souvenir.
— Ouais, c’est ça : Rio Bravo. Lui, il était comme John Wayne. Un John Wayne désarmé et en cravate. Il leur a répliqué que toute personne qui passerait outre à la loi serait poursuivie jusqu’à ce qu’elle ait l’occasion de voir ce qu’était la vraie justice, pas celle des lâches qui, à dix contre un, ont la prétention d’être à la fois juges et bourreaux. Ça, je m’en souviens très bien. Il a ajouté que l’empressement avec lequel certains éliminaient ou souhaitaient éliminer les suspects ressemblait fort à une manière de les faire taire à jamais, de peur qu’ils n’aient à livrer les noms de leurs complices qui, entre-temps, étaient peut-être devenus leurs accusateurs. Nom de Dieu ! Il était en train de les pousser à bout. Avec les deux autres, on s’est regardés, fatalistes. On s’est dit que, ce coup-ci, ça y était, qu’on allait tous y passer. »
« Je sais qu’on me trouve froid et parfois indifférent au sort des autres. Ce n’est pas vraiment de l’indifférence. C’est simplement que me soucier des miens accapare tout mon temps. Cette inquiétude constante est épuisante. J’ai trouvé une parade pour m’en soulager quelque peu : m’éloigner, me retirer de la scène. D’une certaine manière, je fuis. Je ne fuis pas une vie qui me déplaît, au contraire. Je fuis le fait d’avoir trop à perdre. Mon refuge a été mon travail, puis Combe-Sourde. J’ai déplacé cette peur, je l’ai emportée dans la montagne, comme on envoyait les tuberculeux soigner leur mal en altitude. Je l’ai confinée là-haut, promettant de venir la voir tout le temps si elle acceptait de ne plus redescendre. »

La coupure de Fiona Barton


Le livre : La coupure de Fiona Barton. Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Séverine Quelet. Paru le 13septembre 2018 chez Fleuve Editions dans la collection Fleuve Noir. 20.90€  – (476 pages) ; format 21 x14 cm.                                

e-pub par éditions 12/21 : 13.99€  

 

 4ème de couverture :

Quand quelques lignes en bas de la colonne des brèves révèlent la découverte d’un squelette de bébé sur un chantier de la banlieue de Londres, la plupart des lecteurs n’y prêtent guère attention. Mais pour trois femmes, cette nouvelle devient impossible à ignorer.
Angela revit à travers elle le pire moment de son existence : quarante ans auparavant, on lui a dérobé sa fille à la maternité. Depuis, elle cherche des réponses.
Pour Emma, jeune éditrice en free lance, c’est le début de la descente aux enfers, car ce fait divers risque fort de mettre son secret le plus noir à jour et de détruire sa vie à jamais.
Quant à Kate, journaliste de renom et avide d’une bonne story, elle flaire là le premier indice d’une affaire qui pourrait bien lui coûter quelques nuits blanches.
Car toutes les histoires ne sont pas bonnes à être publiées… Encore moins quand elles font resurgir des vérités que personne ne souhaite connaître.

 

L’auteur :  Fiona Barton est journaliste et formatrice internationale dans les médias. De nationalité britanique, elle est née à Cambridge en 1957.
Elle a notamment écrit pour le Daily Mail (2005-2008), le Daily Telegraph (2002-2005) et a été rédactrice en chef du Mail on Sunday (1990-2002) où elle a d’ailleurs gagné le prix du reporter de l’année.
Fiona Barton est chef de projet à Fojo Media Institute depuis 2011.
Son travail de journaliste lui a permis d’observer les femmes des accusés lors des audiences et donné l’envie d’écrire « La Veuve » (The Widow, 2016), son premier roman, qui connaît un succès fulgurant dans plus de 30 pays.
Elle vit avec son mari près d’Abjat-sur-Bandiat en Dordogne depuis 2013.
son site ; Twitter

 

Extrait :
« À Cambridge, où elle l’avait rencontré, Will était spécial. Un garçon né pour réussir. Plus tard, elle avait plaisanté en racontant à ses collègues que le génie suintait par tous ses pores et qu’elle aurait pu en connaître le goût si elle avait léché sa peau.
–       C’est dégoûtant. Tu es sa servante, alors ? » avait répliqué avec une mine écœurée Erica, la greffière en chef du cabinet Bowen et Bailey.
Erica, elle, ne servait personne. C’était une féministe. C’était même marqué sur un écriteau sur son bureau, « Le sexisme est une maladie sociale », et elle ne ratait jamais une occasion de mettre son point de vue en avant. » 

 La chronique jubilatoire de Dany

La coupure de Fiona Barton

Tout d’abord nous retrouvons Kate, journaliste qui avait permis dans le premier roman de Fiona Barton, d’élucider l’énigme de l’enlèvement de Bella. Toujours aussi âpre à la tâche, avec ses méthodes border line, elle va aller où la police ne pense pas aller, se mettre en difficulté pour trouver qui est l’enfant dont on a retrouvé le squelette. La narratrice c’est Emma, pleine de problèmes d’adolescence non résolus, on comprendra pourquoi au fil de ces presque 500 pages que l’on tourne avec avidité. Mais comment l’ADN de la petite victime peut-il correspondre à deux suspectes qui ne se connaissent pas ?

Flanquée de son jeune stagiaire, notre journaliste n’hésitera pas à remonter le temps, pour retrouver les potentiels témoins et suspects, avec la bienveillance de la police jusqu’à un certain point …

A une centaine de pages de la fin, quand le lecteur tient toutes les ficelles en main, il n’est pas au bout de ses surprises.

Un roman noir plus que polar, une noirceur bien britannique, plaisante à lire, qui assène quelques vérités sur le temps qui passe.

Lu en version numérique.

 

 Extraits
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«    – Vous allez bien, Kate ? demanda Joe. Vous êtes un peu rouge. 
–       Ça va. C’est qu’il fait chaud ici, s’emporta-t-elle. —
–       Ah d’accord. 
Elle savait ce qu’il pensait. Ménopause. Et par ménopause, comprenez vieille femme irrationnelle qui a passé l’âge. Elle était furieuse qu’il juge son professionnalisme en fonction de son taux d’œstrogènes. Peut-être n’était-il même pas capable d’épeler œstrogène. Mais le sermon devrait attendre. Elle avait du travail. Elle se força à sourire et pensa à des choses rafraîchissantes pour évacuer la sensation de chaleur. Elle avait lu cette technique dans une brochure. Des foutaises sûrement, mais cela valait la peine d’essayer. »
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« Bien entendu, comme on pouvait s’y attendre, Charlie fut infidèle. Tout le temps. C’est le propre du musicien, semble-t-il. Mais cela ne signifiait rien, selon lui. Juste des filles comme ça, des groupies. Jude resta donc, accrochée à lui comme une moule à son rocher.
« Il me fait rire, il me rend heureuse, racontait-elle à ses amies. Il est drôle et je l’aime. »
Et c’était vrai, elle l’aimait. Il était le premier depuis Will à la fac à lui donner le sentiment d’être vivante.
Toutefois, elle ne le présenta pas à ses parents. Elle n’avait aucune envie que leur désapprobation entache son bonheur. Elle les informerait le moment venu, quand elle serait prête. Quand tout serait en place.
Parce que, voyez-vous, sa décision était prise : elle épouserait Charlie, coûte que coûte. Son horloge biologique se rappelait à elle et elle devait veiller à ce qu’il s’engage, c’était tout. »