La GAV : @Samuel Delage sous le feu des flingueuses, 4e audition. 4/4


La GAV : @Samuel Delage sous le feu des flingueuses, 4e audition. 4/4

Fin de la Garde à vue de monsieur

Samuel Delage

 dernier interrogatoire par Ge le double maléfique de notre porte flingue.

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV de Samuel Delage


Geneviève : Puisque notre prévenu est là….Dis moi Samuel, cette GAV ça se passe comment pour toi ?

Samuel : A merveille 😉
je vais sortir sans égratignures visibles 😉

Geneviève : Ah oui ! 

Samuel : 😧

Geneviève : Tu n’as même pas demandé d’avocat ?

Samuel : il m’aurait enfoncé 😉

Geneviève : Hahaha
Alors puisque tu sembles d’humeur joueuse, jouons.

Faisons un rapide portrait chinois
Dis moi si tu étais une œuvre romanesque ?

Samuel : Vendredi ou la vie sauvage

Geneviève : Tu nous dis pourquoi ?

Samuel : C’est assez représentatif de mon état d’esprit et créatif. Découverte, aventure, recherche… nature

Geneviève : 👍 Une œuvre cinématographique  et toujours pourquoi ?
Un personnage de fiction

Samuel : Personnage de fiction, Tintin, le petit bonhomme mi enquêteur mi aventurier 😉

Geneviève : Je vois
Et le film

Samuel : Le film… sélection en cours…
Un choix difficile
Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain
Le coté artistique, l’amour, et la passion, c’est un film que je suis allé voir 3 fois en salle.

Geneviève : Si tu ne devais apporter qu’un livre sur une île déserte lequel serait-il ?

Samuel : Mon manuscrit en cours pour le terminer … 😉
je triche

Geneviève : Non excellente réponse

Samuel : avec un max de bouteille pour les remplir de feuillets et lui donner une chance d’être découvert
en numérotant bien les pages 😀

Geneviève : Quelles sont les principales, allez les trois on va dir, principales qualités ?

Samuel : mes qualités ?

Geneviève : Oui

Samuel : Je dirai l’écoute, c’est vraiment important pour moi.

Geneviève : En voilà une

Samuel : Mon énergie, que je partage avec plaisir. Elle permet tout.

Geneviève : Une dernière si tu veux bien

Samuel : Mon état enthousiaste et passionné, que je partage également, un rayonnement qui profite aussi à ceux qui m’entourent et qui me le rendent bien !

Geneviève : C’est ce que nous avions perçu tout au long de ces entretiens

Samuel : 😆 ça et le bavardage 😉

Geneviève : Pour être un peu plus personnel … Pourrais-tu me citer trois défauts ou trois traits de caractère que tu aimerais changer chez toi

Samuel : l’impatience… mais ça s’améliore d’année en année

Geneviève : Ouais

Samuel : être moins craintif en général, oser davantage… j’y travaille aussi 😉
C’est mon côté cartésien et analyste qui me bride pas mal

et pour le troisième.. j’hésite encore un peu…
c’est comme les 3 voeux du génie, faut pas se rater 😉
Se calmer sur le chocolat…
à un moment, faut être honnête avec soit même

Geneviève : Hahaha belle pirouette
Bon redevenons sérieux Samuel …
Tu as travaillé un temps sur France 3 région, peux-tu me dire en quoi consiste et ce travail ,

Samuel : C’est une activité extra. J’ai participé régulièrement en tant que chroniqueur livre sur la matinale. Je vais reprogrammer d’autres passages… c’est juste une question de temps en fait. L’idée est de mettre en avant des livres et des libraires via Les Petits Mots des Libraires. C’est le plaisir de partager ma passion pour les livres sur un plateau TV dans une ambiance très TéléMatin pour ceux qui connaissent. C’est un bonheur avec l’équipe de France 3.
C’est une chronique en direct, j’aime le direct, et les surprises du live. La première prise est toujours la bonne 😉

Geneviève : 😆

Geneviève : Dis-moi n’y a-t-il pas comme une sorte de dichotomie à être à la fois auteur et chroniqueur ?

Samuel : J’adore les deux. Écrire c’est beaucoup lire. Et quand on aime lire, on ne souhaite qu’une chose : c’est de partager ces moments de délice. En tout cas chez moi, ça irradie
J’aime l’adrénaline des plateaux TV, vraiment j’adore. Et partager avec le plus grand nombre, c’est encore plus stimulant.

Geneviève : Tu sous entends que pour être un bon auteur il faut une grosse culture livresque

Samuel : Un livre apporte tellement que c’est vraiment le meilleur des médicaments à notre époque.
Disons que pour écrire le mieux possible et que cela soit le plus épanouissant, il faut lire énormément
C’est un peu comme un chef étoilé, il faut goûter à toutes les saveurs et à tous les plats pour créér davantage.

 

Geneviève : Lecteur/auteur indissociable en somme

Samuel : Je m’émerveille en lisant des récits que me conseillent des libraires… des livres à côté desquels je serai passé sans les libraires. Et je vibre vraiment avec des émotions parfois nouvelles, très inspirantes et qui influence considérablement ce que je créé en suite.
+ j’écris + j’ai besoin de lire.

C’est d’ailleurs un conseil prodigué par les plus grands. King et beaucoup d’autres.

Geneviève : Mais revenons à nos chroniques. À tes chroniques …
N’as-tu pas peur de blesser un de tes petits camarades en faisant une chronique mitigée ou en donnant un avis moins favorable

Samuel : Généralement je ne consacre du temps que pour les livres que j’ai aimé.
Ceux que j’ai moins aimé, je peux en parler mais sans l’étaler publiquement.

Geneviève : Jamais de chroniques négatives donc !

Samuel : Je fais surtout en sorte d’être bien conseillé pour éviter les livres qui m’apporteraient peu 😉

Geneviève : Car ça répond aussi au conseil de lecture. La lecture est tellement subjective.

Samuel : Certains se spécialisent dans le négatif, je suis plus dans le positif. Si on ne parle pas beaucoup d’un livre qui est raisonnablement mis en avant, c’est qu’il manque peut-être d’énergie.
Encore une fois, les paroles à l’occasion d’échanges privés, me suffisent pour éviter certains livres.

Geneviève : Je te comprends parfaitement je suis un peu pareille avec mes avis

Samuel : Une critique négative, écrite, à la vue de tous, c’est assez délicat à gérer. Surtout si le livre en question n’est pas propulsé comme les grands noms.
Ça fait très très mal en termes de ventes.
L’auteur peut en souffrir considérablement, ça peut lui fermer l’accès à la version poche, et pas mal d’autres choses aussi.
les critiques et les notes sont vraiment prisent en compte par les lecteurs. Si un livre est modestement mis en place ou diffusé, ça peut mettre fin prématurément à sa chance d’être découvert

Geneviève : Là c’est l’auteur qui parle,non ?

Samuel : Tous les auteurs ne bénéficient pas des mêmes chances, à la fois dans les conditions de travail pour écrire le livre (temps, dispo, contraintes), ni dans les corrections éditoriales et ni dans la mise en place et diffusion
Oui, c’est parce que je suis auteur et parce que j’interviens sur certains médias que je tâche d’être vigilant
C’est important d’avoir un avis et de le partager. Mais suivant les canaux, il est parfois de bon aloi d’être moins incisif ou plus modéré.

Geneviève : Bienveillant  ?

Samuel : une modération à minima.
Enfoncer un livre sur un plateau TV, ça fait mal.
Dire qu’on l’a moyennement apprécié pour telle et telle raison, dans le cadre d’un échange, c’est déjà suffisant.
Un livre c’est 1 à 2 ans de travail, de sacrifices.
Et un avis négatif c’est un éclair de 300 000 volts en une fraction de seconde.

Pour des auteurs primés, qui vendent à millions, qui se fichent des lecteurs… là, c’est différent.

Geneviève :👍

Geneviève : Et sur un blog  penses tu que l’on puisse donner nos avis négatifs  ?

Samuel : Sur un blog l’avis négatif ça peut aussi être lapidaire pour l’auteur, mais si l’avis est modéré et qu’il n’y en a pas 3 pages, ça limite la casse

Geneviève : 👍

Samuel : Mieux vaut en mettre moins par écrit public et dire plus de choses à l’auteur, soit par mail ou sur un salon.

Geneviève : Tu parlais de Best-sellerisation mais Quid de l’auto édition

Samuel : L’auto-édition est nécessaire, car c’est une solution qui permet des découvertes incroyables.

Geneviève : En librairie peu ou pas d’auto édition

Samuel : Car l’accès aux éditeurs est complexe… il faut presque être un agent pour y parvenir aujourd’hui.
L’auto-édition offre un catalogue immense. Pas certain que les libraires puissent aussi les auto-édition en plus des livres déjà publiés
L’auto-édition repose sur une part de chance en plus de celle déjà nécessaire dans l’édition classique.
Aujourd’hui, c’est l’auto-édition numérique qui peut permettre à certaines pépites d’émerger.
C’est très suivi par les éditeurs d’ailleurs.
Il y a toujours une ligne de tendue
Écrire c’est une passion, elle est d’autant plus grande quand elle est partagée, alors plutôt que de laisser les manuscrits dans des tiroirs, si le travail est fait avec sérieux, autant le proposer en auto-édition. Mais en redoublant d’effort sur le job de construction, de correction, et en finançant à minima une lecture pro par exemple.

Geneviève : Un jour des auto édités sur les petits mots des libraires  ?

Samuel : Les petits mots des libraires, ce sont les libraires, donc s’ils accordent des coups de cœur à des livres auto-édité, c’est tant mieux pour les auteurs concernés !
C’est arrivé une ou deux fois déjà

Geneviève : 😍

 

Geneviève : C’est la solution que tu aurais choisi l’auto édition si tu n’avais pas été publié  ?

Samuel : Absolument
http://lespetitsmotsdeslibraires.fr/2016/07/21/regis/
en voilà un que j’ai retrouvé sur Les Petits Mots des Libraires

Geneviève : 👍

Samuel : Si un éditeur le repère et qu’il apprécie les livres de cet auteur, peut-être aura-t-il d’heureuses perspectives.

Geneviève : Je sais que tu as d’autres activités comme intervenir en collège.  Tu m’en dis 2 mots ?

Samuel : Et comme je suis bavard, que j’aime les gens, et partager ma passion, intervenir auprès d’un jeune public c’est une nécessité.
C’est fabuleux, vraiment ce sont des moments d’échanges marquant et qui peuvent influencer les élèves.

Ils sont très créatifs, curieux, réceptifs, en quête d’avenir
Ils posent des dizaines de questions

Geneviève : Tu y parles de tes livres ou aussi d’autres bouquins

Samuel : Je propose des ateliers d’écriture, en prenant quelques exemples de livres, pas seulement les miens. Mais je parle de mon parcours et de mon quotidien… l’énergie et la passion débordent un peu… forcément

Geneviève : 😍

Samuel : Un petite page à ce sujet sur mon site –> http://samueldelage.com/atelier-ecriture/
Des photos souvenir géniales
http://samueldelage.com/news/Lycee-Sable-sur-Sarthe-Decembre-2018.jpg

La presse se déplace et c’est du bonus pour les élèves et de super projets pédagogique, ça reconnecte les élèves avec le français, l’écrit, la communication
http://samueldelage.com/presse/La-Presse-de-la-Manche-Samuel-Delage-Arcanes-Medicis-Decembre-2018.pdf
« Les Lycéens percent les secrets du roman policier », j’adore –> http://samueldelage.com/presse/Ouest-France-Sable-sur-Sarthe-Decembre-2018.pdf

Geneviève : En parlant de passion, as tu d’autres choses à m’avouer ?

Samuel : je pourrai passer des heures encore aux aveux… ce ne serait pas raisonnable 😉

Geneviève : T’inquiète je crois que les flingueuses te réservent d’autres surprises.

Miss Aline & Dany👍

Samuel : oups 😉

Geneviève : D’autres formes dITW

Miss Aline & Dany : 👍

Samuel : je vais m’équiper en kevlar alors 😉

Geneviève : Et pas très fan de cette série même si je trouve le principe très sympa et de temps en temps il retrouvait des grands auteurs de polars jouant au poker c’est sympa aussi

Samuel : 😆

Geneviève : 😮

Geneviève : Bon avant de conclure je vais demander au flingueuses présente si elle est encore quelques questions à te poser
Les flingueuses c’est à vous …

Dany : Une question : est-ce qu’il t’arrive de dormir ? ………..

Samuel : Je m’allonge, et on discute pas mal avec mes neurones pour savoir qui va éteindre la lumière

Dany : 😆

Samuel : généralement, ils sont jamais tous ok en même temps

Florence : 😮

 

Geneviève : Une chance ouf !
Plus personne pour Samuel ?

Miss Aline : Le livre est un accès à l’imaginaire, il le nourrit, le développe. Ne penses tu pas qu’il est peu offert aux enfants cet imaginaire ?

Samuel Les enfants disposent d’un riche panel de livres, mais il faut, à mon sens, de plus en plus les accompagner pour les découvrir.
Les écrans sont très forts 😉

Miss Aline : C’est de cet accompagnement que je parle oui.

Samuel : je pense que les interventions dans les écoles peuvent aider.
mais il faut sensibiliser les parents, et qui tiennent bon et persistent avec astuce
des livres différents, lire avec les enfants

Miss Aline : Certes mais pas lire pour lire.

Samuel : certains enfants tombent dans la lecture et dévorent sans limite, et d’autres font un rejet total… sans prendre le temps de goûter
De nombreux éditeurs jeunesse me demandent des textes. J’ai des projets pour ça aussi… livres illustrés, moderniser certaines histoires, apporter du ludique voir interactif ça peut être une solution. Mais il faut du temps pour soigner ce travail… et dans le milieu de la jeunesse, ça ne paie pas beaucoup… donc difficile d’en vivre ou de ne pas pénaliser d’autres projets.

Miss Aline : Merci Samuel

Geneviève : Voilà une nouvelle corde à ton arc. 
Merci Samuel

Samuel : 👍

 

Geneviève : Je crois que l’on peut clore cette 4e et dernière audition

 

Samuel : Geneviève, je vais sortir sans les bracelets … oh pinaise… 😉

Geneviève : Oui que l’on libère notre auteur

Samuel : J’étais pas si mal avec vous 😉

Geneviève : Mais attention tu risques d’être à nouveau passé à la question par des flingueuses

Samuel : 😍

 

Geneviève : Alors fin de la garde à vue du sieur Samuel Delage

Samuel : 👍

Dany : Merci pour ce bon moment d’échange

Miss Aline : Merci beaucoup pour cet échange passionnant et passionné.

Samuel : 👍 C’était vraiment sympa

Geneviève : Bon les flingueuses, va falloir faire quelques choses là ! Voilà que nos auteurs prennent goûts à nos GAV. Va peut-être falloir que l’on soit plus tranchante les fois prochaines. Mais c’est vrai qu’avec Samuel s’était difficile de ne pas être bienveillantes. 

Alors n’hésitez plus découvrez Samuel.

Et voici c’est polar

Les 4 premiers :

Son derniers

 Et pour vous celui qui sort en poche

Et celui à venir

Derrière les murs

La GAV : @Samuel Delage sous le feu des flingueuses, 3e audition. 3/4


La GAV : @Samuel Delage sous le feu des flingueuses, 3e audition. 3/4

Suite de la Garde à vue de monsieur

Samuel Delage

3e interrogatoire par Miss Aline

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV de Samuel Delage


Miss Aline : Bonjour à toutes.
Bonjour Samuel.


Samuel : Bonjour à toutes !

 Geneviève : Nous ne sommes que tous les 3


Miss Aline : Prêt Samuel ?

Samuel : Reaaaadyyyy 😉

Miss Aline : je voudrais connaitre tes rituels d’écriture : lieu, ambiance, moment…

Samuel : Les rituels ! Ils sont très importants. Pour moi comme pour de nombreux auteurs. C’est véritablement une mise en marche et de saines habitudes à développer et entretenir.

Miss Aline : En ce qui te concerne TOI …

Samuel : L’écriture dès le matin c’est important pour moi, et pour la rendre plus performante, je prépare mon chapitre à venir depuis la veille. Un peu comme la pédale d’un vélo prête pour le démarrage. C’est mon premier rituel.
Ensuite, j’alterne avec des courtes pauses entre chaque scène, comme une sorte de respiration pour mieux replonger.
Un peu d’activité physique tous les jours juste avant midi, soit un footing soit des exercices au sol. Et l’après midi, je reprends l’écriture sur le même rythme, jusqu’à 17h. Là, longue pause pour ne reprendre que vers 20h / 21h puis lecture et séries TV 😉
J’aime écrire majoritairement à mon bureau. A 80%

Et les 20% restant, soit dans les transports où les lieux de mes romans 😉

Miss Aline : tes journées sont donc bien cadrées.Te donnes tu un nombre de pages ou de mots à absolument écrire par jour ?

Samuel : Les journées sont très cadrées, elles sont trop courtes, comme les semaines d’ailleurs 😉
Et le week-end, c’est juste une semaine un peu au ralenti, mais l’écriture est aussi présente que possible.
Sauf en cas de salon ou événements personnels
Mais comme je nourri plusieurs projets en même temps, roman en cours et projets TV, et futurs romans… il y a toujours à faire 😉

Miss Aline : Que penses-tu des recommandations sur le métier d’écrivain de Stephen King dans son livre Ecriture mémoire d’un métier ?

Samuel : J’allais justement en toucher un mot. Ce livre est un trésor, il est toujours présent dans ma bibliothèque, la plus proche de moi, sur mon bureau. L’expérience de cet auteur, qui pour moi est probablement le plus important et le plus influent sur mon travail, m’apporte beaucoup.

Miss Aline : beaucoup d’auteur y font référence, je l’ai moi même lu.

Samuel : Son parcours d’auteur est riche d’enseignement, d’essaies, d’expériences et de bons conseils. Je me retrouve dans certaines façon qu’il a d’aborder l’écriture. C’est à la fois rassurant et en même temps très stimulant.

Miss Aline : il y a le talent et le travail.

Samuel : Les rituels évoluent et s’adaptent au fil des années. J’affine à chaque roman, un peu comme on cherche à trouver la position la plus confortable dans un fauteuil.
Il y a en effet le travail et aussi un certain talent. Et c’est avec le travail qu’un auteur peut offrir le meilleur profil de son talent.

Miss Aline : tu es d’accord pour dire : on ne nait pas écrivain on le devient ?

Samuel : Chaque détail compte et quand on aime son activité, on a à cœur de toujours progresser et proposer de meilleurs récits. C’est tout le plaisir que j’ai à chaque roman, avancer pas à pas.

Miss Aline : tu écris avant tout pour toi ou pour tes lecteurs ?

Samuel : Pour moi, chacun de nous peut écrire, mais, si la passion est là, alors cela fera toute la différence. Car l’exercice de l’écriture est tellement exigeant à tous les niveaux qu’il faudra l’aimer très fort pour combattre les frustrations, les critiques, les sacrifices et beaucoup d’autres contraintes encore.
J’écris pour les deux en même temps, main dans la main, moi et les lecteurs. Il faut que ça marche à fond pour moi pour espérer satisfaire les lecteurs.

Miss Aline : on écrit pour être lu certes mais ton moteur premier c’est « sortir » une histoire ou « offrir » une histoire ?

Samuel : Je ne sais pas lequel passe avant l’autre. L’histoire doit sortir, mais elle ne sortira pas si ce n’est pas pour l’offrir.
… ça me rappelle l’œuf et la poule cette histoire 😉

Miss Aline : un peu oui…qui est ton/ta/tes premiers lecteurs ?

Samuel : Tout le plaisir de l’écriture prend son sens dans celui d’offrir une histoire… en même temps que la nécessité de l’écrire.
Ma première lectrice était au début ma compagne. Puis, sans doute par crainte d’intervenir sans être éditrice, elle préfère découvrir mon travail comme une lectrice au final, en librairie. A présent, ma première lectrice globale de mon travail est mon éditrice 😉
Je donne toutefois à lire quelques chapitres à une ou deux personnes de mon entourage, juste pour un premier ressenti. Mais comme le texte évolue beaucoup, c’est  juste pour avis et premiers retours.

Miss Aline : puisqu’on parle de lecteurs. quel est ton rapport aux lecteurs et à leurs remarques (bonnes ou mauvaises) ?

Samuel : Les lecteurs sont très importants pour moi. C’est le sel de ma passion pour l’écriture. J’aime les gens, je suis bavard (très), alors j’aime énormément rencontrer et échanger avec les lecteurs, et pas seulement sur mes livres, mais aussi beaucoup d’autres ainsi que sur leur vie et la passion de la lecture que nous partageons. Il est donc indispensable pour moi d’aller à leur rencontre en librairie et sur des salons ou d’animer des conférences. C’est toujours riche en surprises, et chacun apporte sa différence, j’adore. Je trouve ainsi des noms de personnages, parfois des histoires également.

Miss Aline : la passion du livre (écrire, lire, promouvoir etc) t’habite complètement. Tu es plus dans l’humain, l’émotion que le scientifique ?

Samuel : J’aime toute la chaine du livre. La phase de recherche, d’écriture, de travail avec l’éditeur, puis l’aventure de la publication, avec les représentants, les libraires, le lancement. Tout cela repose sur l’humain, la passion et les émotions. Et si un début de succès est là, c’est une récompense et un encouragement pour le travail de chacun.

Miss Aline : tu parles toujours collectif « travail de chacun » « pour moi comme pour beaucoup d’auteurs »… c’est important la communauté ?

Samuel : Un livre c’est un long cheminement qui est le fruit du travail de beaucoup d’intervenants. Si la passion de l’auteur est le premier maillon de la chaine, il en faut beaucoup d’autres pour le livre, avant d’arriver dans les mains des lecteurs. Et c’est l’énergie de chacun de ces maillons qui donne sa chance au livre. La communauté est fondamentale, et les blogueurs sont des maillons importants de cette chaine.

Miss Aline : seul on avance, à deux/plusieurs on va plus loin.

Samuel : 👍 Le maillon qui est sans doute le plus dans l’ombre est sans doute celui des représentants qui chaque jour présentent les nouveautés à venir dans les 3 à 6 mois aux libraires. Ils sont vitaux.

Miss Aline : ils font la pluie et le beaux temps ?

Samuel : Quand un éditeur mise sur un auteur, ce dernier a la chance de travailler très étroitement avec les représentants.
C’est une relation de confiance. Sans la confiance, on avance mal.
Les représentants doivent défendre beaucoup de livres parmi leurs catalogues. Et généralement plusieurs éditeurs en même temps. Ainsi, pour qu’un livre émerge, il faut que les représentants y croient et disposent d’un solide argumentaire et d’atouts que l’éditeur sera prêts à faire valoir pour lancer le livre.
La confiance, c’est le mot juste en effet.
Et au final, si la chance est donnée à un livre, c’est le libraire qui pourra le repérer et le propulser.

Miss Aline : c’est plus qu’un partage la confiance. La chance est le mot juste également.
Il y a des auteurs bourrés de talents qui ne parviennent pas à émerger. quel dommage.

Samuel Il y a toujours une part de chance. C’est la magie du livre. Tant mieux d’ailleurs, sinon tout serait très industrialisé.

Miss Aline : comment tu vois l’avenir du livre dans ce monde qui court après lui même, toujours plus connecté mais toujours plus seul.?

Samuel : Nous vivons actuellement dans une best-sellerisation. C’est à dire une forte, très forte mise en avant des auteurs déjà au sommet et un abaissement de tous les autres. Ainsi, il est difficile de voir émerger de nouveaux auteurs. L’édition est une économie complexe.
En ce moment nous voyons tout de même fleurir quelques articles à ce sujet. Les éditeurs publient beaucoup, sans doute trop et ne donne pas assez de moyens à chaque livre. Les libraires sont noyés sous les nouveautés, elles-mêmes écrasées par les auteurs déjà au sommet.

Miss Aline : toi qui est plein d’optimisme, tourner vers les autres, solaire… que penses tu de la remarque d’un auteur avec qui nous avons peigné la girafe qui disait « qu’un bon auteur est un auteur qui souffre, sinon il n’a rien a dire ».

Samuel : Je pense que ce n’est pas une nécessité. Pour certains, sans doute, mais heureusement qu’on peut être aussi un auteur sans souffrance. Stephen King n’est pas un écorché de la vie par exemple. Il a eu quelques passages délicats, mais il est très solaire cet auteur et prolifique tout en étant multi-plumes (fantastique, polar…).
Les auteurs de livre dont le fond est basé sur le développement personnel ou certaines stars dans le domaine de la comédie ne sont pas des auteurs en souffrance. Ce serait réducteur de cataloguer l’activité d’auteur avec l’absolue nécessité de la souffrance. Certains en ont besoin, mais certains seulement.

Miss Aline : tu as dis que l’écriture c’était ton espace de liberté. Peux tu nous parler de cette « liberté » ? Quelle est-elle ?

Samuel : L’écriture offre une liberté sans limite, comme les rêves. C’est une façon de dessiner le monde, de le faire vivre autrement, de changer les codes et les règles si on le souhaite. La liberté est sans doute ce qui compte le plus pour moi. C’est ce qui se conjugue le mieux avec notre quotidien, pour soi et pour les autres. C’est vivre l’instant présent et ne pas le laisser s’échapper sans le considérer avec importance.

Miss Aline : 👍 « pour que cet instant compte » comme dirait un célèbre acteur.

Samuel : 👍 C’est pour moi une des plus belles valeurs que nous savons garder en France. J’aimerais tellement que d’autres pays puisse la connaître ainsi. Le monde se porterait bien mieux. Je regrette seulement qu’en France on ne sache pas mieux se satisfaire de ce que nous avons.

Miss Aline : 👍

Samuel : Quand on a la santé, la paix, tous les projets d’avenir sont possibles, même à très petite échelle.

 

Miss Aline : je suis tout à fait d’accord.
je vais te libérer Samuel.
(je dois partir travailler)

Samuel : ça marche ! C’était un très bel échange ! Comme à chaque fois.
Franchement, j’adore !

Miss Aline : On te remercie pour ta disponibilité, ce beau moment de partage.

Samuel : bonne journée à toutes et énergie et courage pour le travail !
bises

Miss Aline : Geneviève te retrouve ce soir vers 18 h pour ton dernier interrogatoire.

Samuel : Ca marche pour 18h !
Rasé, lavé, et avec ma plus belle chemise 😉

Miss Aline : lol

Samuel : … et un slip propre comme dirait les potes 😉 Classe

Miss Aline : chacune ayant du partir pour des raisons diverses et variées depuis quelques minutes, je te transmets leurs bises.

Samuel : 👍

 

Miss Aline : Merci encore Samuel, ce fut un réel plaisir.
Bonne journée à toi.
Fin de cette cession de GAV.

Geneviève : Alors fin de cette 3e audition.  Et oui on se retrouve à 18h ou un peu avant pour la dernière. 

En attendant  profite de ce repos qui t’est accordé  pour réfléchir à ce que tu vas vouloir ajouter à tout ce que tu as déjà dit jusqu’à présent.

Samuel : 👍

Geneviève : Je t’envoie mon double maléfique 😉 😉 😉

Mais avant cela j’en profite pour rappeler les titres de tes romans à nos lecteurs

Et le dernier

RDV 18h ou un peu avant pour la suite et la fin de cette GAV

La GAV : @Samuel Delage sous le feu des flingueuses, 2e audition. 2/4


La GAV : @Samuel Delage sous le feu des flingueuses, 2e audition. 2/4

Début de la Garde à vue de monsieur

Samuel Delage

2e interrogatoire par Dany notre mamie flingueuse

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV de Samuel Delage


Lundi 14h

Dany : Alors il a arrosé ses bonsaïs le prévenu ?

Samuel : 😆 carrément douchés même !

Dany : point trop n’en faut … on y va ?

Samuel : Yeahhh 😉

Dany : Bonjour Samuel, je sais que nous sommes à l’heure de la sieste, cependant …dans un premier temps je souhaiterais revenir sur ta « jeune » carrière d’auteur, de romancier et ensuite parler de ta double voire triple vie …

Samuel : 😆

Dany : Tu viens de publier ton 5 ème roman, y en a-t-il un qui traîne encore dans un tiroir, qui n’a pas rencontré son éditeur et que tu affectionnes au point de te dire « un jour … »

Samuel : Pour le moment, tous mes manuscrits sont publiés 😉. Certains auteurs en ont sous la main, comme on conserve de bonnes bouteilles dans la cave… mais moi, j’ai vidé la cave 😉. Le prochain manuscrit est en chemin, 50% à ce jour d’ailleurs 😉il sera au programme 2020
Les publications au programme 2019 il va y en avoir tout de même… on pourra s’offrir un Delage en poche, le premier opus de la série avec mon duo Yvan Sauvage & Marion Evans… dans quelques jours –>

 https://www.monpoche.fr/annonce_code-salamandre_20_14_1_fr.html Code Salamandre


A présent, je devrais publié 1 roman tous les ans, grâce à ma dispo 100% pour l’écriture, roman et série TV.

Dany : C’est un bon rythme … 
Est-ce que tu es d’accord pour dire que le premier « l’étage le plus haut » est différent des suivants ?

Samuel : L’étage le plus haut, c’est en effet un roman très différent de tous les autres. Une première et très jeune expérience avec l’écriture. Il faut commencer un jour. Il s’agit d’une comédie, autour d’un sujet assez personnel. Un petit roman avec beaucoup d’émotions

Dany : Une comédie avec du noir et des larmes tout de même …Il m’a fait penser à l’écume des jours …

Samuel : En effet, une comédie avec un sujet qui nous touche évidemment, mais un message dans un gant de velours

Dany : et ensuite tu as changé « radicalement » de registre …

Samuel : J’ai été très ému pendant l’écriture de ce roman, et il faisait écho à une période délicate de mon existence.
Ensuite, c’est la mécanique du suspense qui l’a emporté.

Dany : L’idée de la série, du personnage récurrent est arrivée à quel moment ?

Samuel : Une fois encore, dans un moment très particulier pour moi. Je crois d’ailleurs que le rythme d’Arrêt Wagram est très révélateur de ce qui se passait pour moi.
Je me suis attaché à Yvan Sauvage, cet expert en art et commissaire priseur me fascine. Et, par certains aspects, il constitue une sorte de héros que j’aimerais être 😉
Des lecteurs, sans s’en apercevoir, m’ont parfois appelé Samuel Sauvage ou Yvan Delage…
amusant !

Dany : Yvan ? Son métier … c’est assez original dans un thriller. Justement tu gères une frustration ? Tu aurais aimé être un acteur dans le monde des objets d’art ?

Samuel : J’adore l’univers de l’art pour de très nombreuses raisons. Tout d’abord, c’est la créativité à l’état brut qui parle, sous toutes les formes possibles. C’est ce qui fait que l’homme est homme, avec ses émotions et sa capacité à les partager.

Dany : Et le commissaire-priseur peut aussi être le gardien des œuvres

Samuel : Très jeune j’ai visité de nombreux musées avec mes parents. Mais à l’époque, je ne décodais pas suffisamment toutes les créations. Je pense toutefois y avoir été sensibilisé. Et puis un jour tout cela m’a beaucoup plus parlé.

Dany :Tout comme j’ai lu aussi ta fascination pour le Château de Chambord …

Samuel : L’art contemporain est une forme exceptionnelle pour recevoir des émotions, et parler des œuvres avec les artistes c’est très enrichissant. On touche les émotions différemment.

Dany : Tu aurais pu aussi situer tes histoires au temps de la renaissance …

Samuel : Tout ce qui touche à l’histoire et aux capacités des hommes à construire me séduit énormément. Les châteaux, les pyramides…
Tous les sens et messages qui se logent dans les créations, historiques ou artistiques sont des mines d’or pour un curieux comme moi 😉

Dany : L’art un monde d’émotions à partager
Revenons à Yvan. Quand as-tu eu l’idée d’en faire un personnage récurrent ?

Samuel : Quand j’ai eu l’idée de Code Salamandre, il était évident qu’Yvan Sauvage serait du voyage.
Un copain qu’on ne laisse pas sur le bord du chemin pour un tel voyage.
Dès cet instant, on s’est donné d’autres RDV 😉

Dany : Mais était-il prévu qu’il survive à l’aventure ? C’est bien aussi un roman d’aventures

Samuel : Impossible pour moi de dissocier l’aventure de l’historique et du suspense. J’avais vraiment envie de lui donner une facette à la Indiana Jones, avec une touche de Tintin

Dany : Autrement dit quand tu entames l’écriture d’un thriller, est-ce que tu te dis je vais faire souffrir Yvan ou alors le personnage sert une histoire dont tu connais déjà la fin ?

Samuel : Code Salamandre est un roman d’aventure avec une touche thriller… et Cabale Pyramidion est une aventure avec une touche plus polar qui dénonce la politique égyptienne.
Quand je démarre un roman, je sais forcément que le personnage va prendre des coups. C’est nécessaire et bon de le mettre en difficulté.
Si je le faisais mourir dans un nouveau roman, ou Marion, je pense que pas mal de lecteurs m’en voudraient un peu 😉

Dany : Certes, c’est aussi le revers de la médaille, on sait forcément qu’il va s’en sortir …Et l’histoire, tu sais comment elle finit dès le début ?

Samuel : Et dans mes récits, je connais la fin dès que je commence l’écriture. Elle peut éventuellement subir un petit ajustement, mais rien de fondamental.
L’image de la fin est très présente dans mes récits.
Pour Code Salamandre, je l’avais même dessinée la fin. Sur un tableau de 2m de large, accroché au mur de la chambre
La fin d’un récit, c’est un peu comme un phare vers lequel je me dirige. Ça guide l’histoire.
Il y a le point de départ, très fort et marquant, l’événement déclencheur, puis la fin, le twist, double twist. Et entre les deux, les personnages me surprennent 😉

Même si je pose des jalons, il y a toujours des changements.

Dany : Tes romans sont très documentés, comment fais-tu tes repérages ? Es-tu allé visiter la tour Trump par exemple ?

Samuel : La partie documentation et recherche est un de mes grands plaisirs dans les romans. Pour Code Salamandre cela représente beaucoup de déplacements et de rencontres. Pour Arcanes Médicis j’ai été reçu pour un court séjour comme pensionnaire à la Villa Médicis.
Tout ces livres sont pour moi des moments de vie particuliers, d’excellents souvenirs, des rencontres et des visites inédites dans des conditions très privilégiées.
Quand j’ai pris l’avion pour Rome, et me rendre la Villa Médicis, j’étais dans la peau d’Yvan Sauvage.
Dans les souterrains, couvert de poussière, j’avais l’impression d’accompagner Yvan et Marion
Au sommet de la tour lanterne du château de Chambord, c’était un moment suspendu, entre mon récit de fiction et l’histoire avec un grand H. Une sorte de magie.
Certains doivent te prendre pour un doux rêveur ?

Dany : C’est effectivement un certain privilège que d’approcher tes sujets comme tu le fais. Les accès aux infos et aux experts sont-ils faciles ?

Samuel : Les experts sont enchantés de partager le fruit de leurs connaissances et passions… surtout quand une oreille avide de tout entendre de leur part se prête à eux.

Dany : Et pour le clonage … facile ?

Samuel : La sphère médicale est énorme, et les progrès sont incroyables d’année en année.
C’est véritablement la course à la découverte dans ce milieu.

Dany : Est-elle pour autant accessible à l’artiste ?

Samuel : Les enjeux financiers sont colossaux, et l’égo de certains chercheurs aussi.
Il est fascinant de voir que beaucoup de portes s’ouvrent pour les romanciers. Dans la mesure où le romancier se présente avec des intentions saines et louables.
Les marginaux ou trop excentriques sont moins bien lotis.

Dany : Comment conçois-tu le rôle de l’auteur ? Doit-il passer des messages, doit-il se contenter de l’imaginaire ?

Samuel : Je pense que chacun a sa propre vision du sujet. Tout est une question de moteur pour écrire. Pour ma part, j’aime donner du réel à la fiction et quelques coups de projecteurs sur des sujets sensibles, en ménageant différents points de vues. C’est une sorte de réflexion personnelle aussi pendant l’écriture.

Dany : Vigilance, vigilance …

Samuel : Un avis tranché sur un sujet est parfois audacieux, et puis il est toujours important de considérer des avis divergeants. Le questionnement est constructif.
J’aime aussi quand un personnage est capable de changer d’avis, de considérer la remise en question.

Dany : Difficile de parler de tes romans sans spolier … 
Est-ce que l’on reverra la « fille » et l’épouse d’Yvan un jour ? 
C’est mon côté chasseuse de scoop …

Samuel : Ah ah… pour le moment le duo Yvan Marion vogue sans satellites 😉.
J’ai différents projets pour eux. Le prochain se passera à la TV d’ailleurs
Quand au roman à venir, ce sera un one-shot sans mon duo 😉

Dany : Attends un peu pour parler TV … c’est tout à l’heure

Samuel : 😆

Dany : Tu m’as devancée … je voulais savoir où tu nous emmenais en 2020 !

Samuel : Ce qui est certain c’est qu’Yvan Sauvage et Marion Evans font partie de mon quotidien, presque comme des gens réels que je connais parfaitement.
Je pense à eux tous les jours. Parfois en lisant certains faits divers ou en visitant des musées ou expositions, je me demandent comment ils réagiraient.

Dany : Alors 2020 on va où ?

Samuel : 2020 dans un superbe endroit en France & Suisse…
Le lac Léman
les montagnes et les forêts

Dany : Ça devient d’un commun la Suisse chez les polardeux 😂😂😂

Samuel : J’ai été totalement séduit par le lac et son environnement depuis que j’y suis allé deux ans de suite.
Mais ce que j’apporte sera très différent de ce qui a été fait par d’autres auteurs.

Dany : Maintenant passons à Samuel « multitâche » … tu as cessé ta précédente activité professionnelle pour conforter ton activité de scénariste TV … Tu peux nous en dire plus ?

Samuel : L’écran, une véritable aventure. Une écriture très différente sur la forme sur le fond et surtout avec l’entourage.
Arcanes Médicis est en cours d’adaptation. Ajuster mes héros pour l’écran c’est une affaire incroyable.

Dany : Une autre approche de l’intrigue … c’est presque du Manzor dans le texte !
Pourquoi commencer par le tome 3 …

Samuel : Je suis scénariste sur ce projet. Et en effet, René Manzor connait parfaitement cet univers, nous en avons d’ailleurs pas mal discuté.

Dany : C’est ta première expérience TV ?

Samuel : J’ai également d’autres projets en cours, des créations de séries qui sont entre les mains de productions et chaines TV
Lesquelles … les quelles ?
les quels ?

Samuel : là, je dois rester discret. Je vais me faire taper sur les doigts sinon 😉

Dany : L’adaptation d’Arcanes Medicis … tu peux en parler ?

Samuel : Le processus audiovisuel est long en France, beaucoup plus que dans nos pays voisins. Il est aussi le fruit de rouages complexes avec de nombreux acteurs, production, réalisation, diffusion.

Dany : C’est aussi une chance de pouvoir être le scénariste … moins de risque de trahison.

Samuel : Ce que je peux dire pour Arcanes Médicis, c’est que l’adaptation sera importante. L’esprit du scénario sera fidèle à celui du livre, mais certains changements seront importants. Le format livre est toujours très différent de celui d’un film ou d’une série. Il faut donc opérer le texte, des coupures, des changements, bref, une adaptation.
Etre scénariste sur un de ses projets, c’est surtout une chance de goûter de nouveau à l’univers qui a porté le livre, mais il faut faire d’innombrables concessions que beaucoup d’auteurs ne seraient pas prêts à accepter 😉

Dany : Dis-moi, ça se passe tout de même à Rome ? 😂😂

Samuel : Oui, Villa Médicis, Rome à 100% 😉
Ce qui est fabuleux c’est que l’écriture de scénario c’est l’image l’image l’image… et ça, c’est passionnant. C’est aussi une grande difficulté car l’écriture doit être dépouillée de tout ce que le romancier à l’habitude de proposer.

Dany : Je te demandais si c’était ta première expérience TV ?

Samuel : Pour le moment, toutes mes contributions TV n’ont été que des projets et des écritures pas encore diffusées. Donc oui, Arcanes Médicis serait la première à atteindre l’objectif final 😉
De très nombreux projets sont « optionnés » comme on dit, mais parvenir à valider le développement (écriture scénario), puis valider la production (tournage), puis valider la diffusion (TV ou cinéma), ça ce sont des étapes plus complexes

Dany : L’image … tu disais ce matin que tu es très « visuel », tu dois être dans un milieu favorable
Un métier à temps plein !

Samuel : Clairement, certains ne font que du scénario et rêvent d’écrire des romans
D’autres font des romans et rêvent de scénarios.

Dany : Et toi quel est ton métier maintenant ? Quand on te pose la question tu réponds ...

Samuel : Chacun de ces métiers dispose de ses avantages et inconvénients. Avec le livre, on reste maître de son histoire, et le nom de l’auteur peu exister au moins un peu. Dans le milieu audiovisuel, le scénariste reste très peu visible… et parfois ce sont beaucoup d’écriture de scénarios, payés, mais jamais tournés ou diffusés.
Aujourd’hui, je me considère comme romancier & scénariste. Ce sont des écritures que je trouve complémentaires et qui répondent pleinement à la passion qui m’anime

L’énergie du scénario est grisante, même si des quantités de mains interviennent, c’est la richesse de cet univers, un travail collaboratif où rebondissent les idées. Et le roman, c’est plus intime et profond et personnel.

Dany : Ta série TV est prévue pour quand ?

Samuel : Pour le moment je ne peux pas évoquer de planning pour l’adaptation. Tout cela dépend de nombreux facteurs que je ne maîtrise pas.

Dany : Je demande ça parce que je n’ai toujours pas réussi à télécharger la version e-pub du dernier … ma liseuse fait des allergies !
J’ai encore de la marge pour t’acheter le papier en salon !

Samuel : 😆
Le dernier sera dispo sur Kobo et autres, en mars je pense

Dany : 👍

Samuel : A prix doux… comme c’est le cas actuellement

Dany et Geneviève : 👍

Dany : Et bien Samuel je crois que l’on a fait le tour de mes questions … du moins un certain nombre. Je n’ai plus qu’à te remercier de ta confiance et de ta disponibilité. 
Les flingueuses à l’oreillette ont peut-être a demander des précisions sur ce que l’on a évoqué ?

Samuel : 👍

Samuel : J’espère que j’aurai l’occasion de faire la bises aux flingueuses sur des salons à venir …
Il y aura « livre Paris » pour la sortie poche de Code Salamandre

Geneviève : Moi j’ai encore une session à venir alors je garde quelques questions.

Dany : On se voit à Fargues Samuel !

Samuel : 👍

Samuel : je serai à Saumur Livre et Vin et au printemps du livre aussi à Montaigu

Geneviève :  Samuel Peut-être te verrai-je à Livre Paris comme  chaque année j’ai envie de dire.

Samuel : 👍

Samuel : et surtout, j’espère vraiment avoir la chance de venir à Saint-Maur… pour une fois… en 10 ans… avec un poche, ce serait super. Il y a tellement de lecteurs qui me demandent
« Mon Poche » est un nouvel acteur poche, du sérieux, ce serait dommage de ne pas y être.

Geneviève : Je tâcherai de lâcher ton nom à nouveau

Samuel : Je croise les doigts alors 😉

Geneviève : Mais je ne décide pas

Samuel : Tous les potes y sont et surtout ça me fends le cœur de décevoir mes lecteurs chaque année.
J’agis avec énergie pour le monde du livre, ce serait cool.
Il y a d’autres RDV sinon, mais celui-ci est important pour les lecteurs poche.
C’est les éditeurs poches qui choisissent les auteurs, leurs auteurs présents….

Dany : Poche, il y a Gradignan (33 en octobre)

Samuel : 👍

Dany : Cheffe, je crois que les flingueuses attendent les prochaines auditions pour se manifester

Samuel : 👍

Geneviève : Et bien concluons cette deuxième audition.
Juste pour rappel c’est quand la 3e ?

Aline : Demain matin avec moi

Samuel : 👍

Aline : 8.30 h

Samuel 👍

Samuel : Elles savent me faire parler les flingueuses 😉



Aline : Ça peut être avant 8,30 h si ça vous arrange Samuel .

Samuel : 8h30 ce sera parfait 😉 (il faut me tutoyer, je suis qu’un p’tit bonhomme 😉 )

Aline : Ok pour 8.30

Samuel : Quand je vois les préparations culinaire d’Aline… un gourmand comme moi… Oh My God !
J’suis vraiment qu’un mec… on les mènent avec l’assiette…

Aline : Je dois retourner travailler. À demain .

Samuel : 👍

Geneviève : On sait du coup comment te torturer maintenant. Aline allume les fourneaux et qu’une bonne odeur de pâtisserie en sorte.

Samuel : 😍

Geneviève : Allez Danièle et Samuel, si vous n’y voyez pas d’inconvénients fin de cette audition.
Samuel : 👍 A demain !

Dany : D’accord Cheffe même si c’était un plaisir …
Bonne écriture l’auteur !!!!

Samuel : Je ne vois pas le temps passer avec vous… je suis vraiment un bavard. C’était écrit sur toutes les lignes de mes bulletins scolaires d’ailleurs… oups

Dany : 😍

Geneviève : D’autres révélations de ce type à nous faire Samuel ?
Profite avant que l’on t’enferme pour la fin d’après-midi et la nuit.
Non ?  Alors ce sera pour demain. 


15h30 fin du second interrogatoire.
À demain

La GAV : @Samuel Delage sous le feu des flingueuses, 1ère audition. 1/4


La GAV : @Samuel Delage sous le feu des flingueuses, 1ère audition. 1/4

Début de la Garde à vue de monsieur

Samuel Delage

1e interrogatoire par Geneviève notre porte flingue

La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV de Samuel Delage

Geneviève Coucou les filles, Dans moins d’une heure, j’ouvrirai la GAV de

@Samuel Delage

Danièle : Ok

Geneviève : Qui sera derrière la vitre teintée ?

Sofia : Hello, moi 😉

Danièle : Moi aussi Cheffe

Geneviève : Parfait les Flingueuses, que l’on prépare le prévenu et qu’en l’amène pour 9h00

Lundi 8h59

Aline : bonjour à toutes

Geneviève : Hello Miss Aline,  merci tu arrives avec Samuel, c’est cool

Aline :👍

Samuel : Hello à tous ! Il y a déjà du monde derrière la vitre teintée 😉

Geneviève : Bonjour Samuel.  Te voilà officiellement le prévenu du @Collectif Polar durant ces 48 prochaines heures

Samuel : Je savais que j’allais me faire chopper un jour 😉

Geneviève : @Danièle peux-tu rappeler les règles de la Garde à Vue Ici ?

Danièle : Alors Samuel, tout ce qui sera écrit sera transcrit on utilise le langage parlé sans abréviations

Samuel : 👍

Dany : On essaye de faire des phrases complètes et … en Français

Samuel : ce serait mieux en effet 😉

Geneviève :ça va être dur pour moi, ça !

Dany et Samuel : 😆

Geneviève : Autre chose à rappeler ?

Dany : Je ne vois rien d’autre

Geneviève : Ok alors on démarre

—————9h 04, début de la GAV————–

Florence nous rejoint derrière la vitre teintée. Nous sommes désormais 5 flingueuses pour écouter les aveux de monsieur Delage

Geneviève  : Alors Samuel, nous allons démarrer en douceur cette GAV qui va être longue et sans doute difficile sur la longueur

Samuel : J’ai gobé mes vitamines 😉

Geneviève : Aussi pour débuter on parlera de ton rapport aux livres et à la lecture. Mais avant j’aimerai que tu te présente à nos lecteurs.
Et tu as bien fait pour tes vitamines
Alors Samuel, quel est ton pedigree ?

Samuel : La passion pour l’écriture est arrivée chez moi il y a une dizaine d’années. Peut-être parce que cet univers est loin de celui de mon parcours d’études plutôt scientifique et que j’avais besoin d’un espace de liberté et de créativité.

Geneviève : Là je veux ton parcours, ton âge, tes études…

Samuel : J’ai 40 ans, et je suis originaire du Saumurois. J’ai suivi des études scientifiques, un diplôme d’ingénieur avec un parcours international, Grand Bretagne, Espagne, Pays Bas.
Une spécialisation dans le milieu informatique
Je suis né avec un ordinateur dans les mains, et j’y ai rapidement trouvé beaucoup d’intérêt.

Geneviève :C’est pour ça, le parcours scientifique et le besoin d’espace de liberté !
Aujourd’hui quel est ton job ?

Samuel : Exactement, dès l’âge de 10 ans, je désossais des piles d’ordinateurs… pour comprendre comment ces engins fonctionnent.

Geneviève : Un vrai esprit scientifique donc ?

Samuel : J’ai travaillé dans le milieu informatique avant même de terminer mes études, avec des petits jobs tout en étant étudiant. Puis ensuite à temps plein… jusqu’en septembre dernier.
De l’expertise technique je suis passé à la conduite de projets et d’équipes. L’esprit analytique n’a fait que de se développer 😉
Au final, d’année en année, je trouvais plus d’intérêt auprès des collaborateurs et camarades de travail… la technique devenait de plus en en plus accessoire.
J’aime les gens et c’est cette curiosité de mieux connaitre l’être humain qui me porte dans mes récits.
L’être humain est bien plus complexe qu’une machine, et tellement plus riche grâce aux émotions.

Geneviève : Et durant tes années de travail tu as trouvé le temps pourtant de commettre quelques bouquins. Bouquins dont on reparlera durant les prochaines auditions.

Samuel : Mon esprit scientifique me pousse tout de même à être très organisé et construire mes récits. Je fais en sorte de prendre un peu plus de distance à présent.
Ça a été un gros challenge, écrire des livres avec un activité professionnelle de plus en plus conséquente, cela implique des sacrifices et une dépense énergétique considérable.
Sans compter que la vie de famille s’est installée, mariage, enfants, maison… faut être partout 😉

Geneviève : Oui ça n’a pas du être simple. La vie d’auteur demande donc des sacrifices ?

Samuel : Je pense qu’au-delà de la passion, pour un auteur qui démarre aujourd’hui, il faut une condition physique et mentale assez robuste s’il doit concilier tous les impératifs de notre mode de vie.

Geneviève : J’imagine très bien, déjà être blogueur ça prend du temps, alors auteur !

Samuel : Les premiers sacrifices sont à négocier avec la personne qui partage votre quotidien. Une organisation à mettre en place, et une organisation qui évolue chaque année… quand des enfants arrivent, quand ils grandissent, quand des priorités incontournables croisent notre chemin.

Geneviève : Une double vie en somme

Samuel : L’écriture d’un roman, surtout comme ceux que j’ai proposé jusqu’à présent, demande énormément de recherches et de déplacements. Donc… des congés sans solde à prendre, des indispo à prévoir…. et un espace « bazar » dans la maison 😉
C’est une réelle double vie, qui occupe beaucoup de place dans la tête… mais qu’il faut veiller à ne pas trop faire déborder sur le reste de la vie de famille et professionnelle. Équation complexe.

Geneviève : Équation complexe en effet et des choix sans doute difficile à faire.

Samuel : Dans le milieu professionnel, l’écriture de roman apporte beaucoup, cela ouvre des échanges et peut ouvrir des portes… mais, il y a toujours un mais… cela occasionne aussi des jalousies ou rivalités… donc vigilance.
Il en est de même avec l’entourage et la famille… et là, on a parfois de grosses surprises avec des gens qu’on pensait connaitre…

Geneviève : On reparlera de tout cela cette après-midi. Samuel maintenant que l’on sait qui tu es, comment tu vis ta vie d’auteur, on va tenter de comprendre d’où te vient ce goût des mots.

Samuel : Je me suis découvert un intérêt pour les mots à l’âge de 17 ans. A l’époque, c’était pour des chansons ou poèmes. J’adorais y associer des images.
Pour autant, l’idée d’en venir aux romans ne m’avait jamais traversé l’esprit avant l’âge de 30 ans…

Geneviève : Des images, tu m’expliques ? Associer des images au texte ?

Samuel : Écrire des textes très courts sur une photo en filigrane, aux reflets des émotions des mots qui la recouvraient

Geneviève👍

Geneviève : Tu étais un adolescent sensible ?

Samuel : en écrivant ce genre de texte, souvent à l’intention de personnes de mon entourage, c’était très fort
Adolescent avec un côté Indiana Jones, mais très sensible.
Je dis toujours que l’écriture c’est avant tout une affaire de sensibilité. Quel que soit son niveau ou bagage littéraire, la sensibilité c’est ce qui ressort…
C’est ce qui marque vraiment.

Geneviève : Indiana Jones, je comprends mieux ton héroïne d’un coup. Mais sur ça , chut. Danièle et Aline t’interrogeront plus tard !

Samuel : 😆

Samuel : et c’est ce qui donne la chance à n’importe qui de pouvoir s’exprimer. En effet… un auteur laisse des traces de lui dans ses personnages… 😉 par petites touches ici et là

Geneviève : Moi j’aimerai savoir si plus jeune chez toi il y avait des livres ?

Samuel : La maison était pleine de livres.
Ma mère était enseignante, français, anglais, espagnol et même art plastique. Elle peint depuis + de 50 ans.
Mon père est un grand lecteur également

Geneviève :Une bibliothèque familiale dans laquelle tu as pioché ?

Samuel : A l’époque je ne lisais pas assez, trop accaparé par mon besoin d’extérieur ou tout l’inverse avec mes ordinateurs.
Je piochais quelques livres, surtout des aventures à la Robinson… allez savoir pourquoi 😉
J’ai été fan des BD aussi… les Tintin… alors là… c’était vraiment ma madeleine…

Geneviève : N’y a t il des livres qui ont marqué ton enfance et qui t’ ont donné l’envie de lire

Samuel : Des films, des films et des musiques aussi
C’est d’ailleurs pour cette raison que mon activité de scénariste s’intensifie.

Geneviève : Samuel, moi j’aimerai savoir quel est ton rapport aux livres.

Samuel : En fait, quand j’écris, je ne fais que décrire un film qui passe dans ma tête. Ce sont d’abord des images avant d’être des mots.
Et quand je lis un livre, le film se construit.
J’aime les livres, je les adore, et plus les années passent plus cela devient important pour moi
La bibliothèque de la maison prend de plus en plus de place et j’adore !
Plus j’habille les murs de livres plus je trouve ça esthétique, rassurant, et chaleureux.

Geneviève : Rassurant en effet !

Samuel : Ce côté librairie dans la maison c’est hyper important pour moi. J’aime que les amis passent et piochent des livres. Il y en a toutes les pièces

Geneviève : Quel genre de livre dans ta bibliothèque … Au pluriel ça marche aussi quels genres de livre ?

Samuel : tout, ça va des livres pour enfant, aux ados, puis à la littérature blanche, au suspense (en grand nombre il faut bien le dire), et aussi des essais, des biographies, des livres illustrés (photos), des ouvrages techniques sur différents arts, des BD… J’aime que mes filles piochent tous les jours dans les rayons à leur hauteur où qu’elle escaladent pour aller chercher plus haut 😉

J’aime aussi les format audio des livres. Sans doute parce que l’interprétation des comédiens ajoute parfois une dimension captivante.

Geneviève : 👍

Geneviève : Les derniers livres que tu as achetés ?

Samuel : Le dernier livre que j’ai acheté, un que j’ai adoré, qui m’a été emprunté sans jamais revenir, comme ça arrive parfois, mais il est tellement fabuleux que je tiens à toujours l’avoir : Nous rêvions juste de liberté d’Henri Loevenbruck.

Dany : 😍

Samuel : Ça, c’est l’aventure et les émotions.
Ça a un parfum d’asphalte et de cœur, ça donne un coup à l’intérieur. C’est vraiment un excellent moment de lecture… à partager
C’est une chance de profiter du talent de camarades auteurs. Un régal

Geneviève : Tu nous parlais d’Indiana Jones,  de Robinson,  de tintin, tu as un vrai attrait/gout pour l’aventure?

Samuel : J’adore les livres d’aventure, d’action et qui bien entendu donnent aussi dans les sentiments. Je suis quelqu’un d’actif, j’aime l’action, alors quand elle est associée aux sentiments, qui sont souvent de puissantes raisons de déclencher l’écriture d’un roman… là je ne résiste pas.

Geneviève : Est ce que le livre de Loevenbruck, tu aurais aimé l’écrire ?

Samuel : Oui à 100%. J’aurais adoré écrire Nous rêvions de liberté
Tout comme j’aurais adoré écrire Nymphéas noirs de Michel Bussi.

Geneviève : Et plus généralement y a-t-il des livres, peut-être des classiques qui t’ont influencé. Oui je sais ce sont des questions de bibliothécaire.

Samuel : Hemingway, Steinbeck ou Romain Gary sont des auteurs d’influence pour moi

Geneviève : En quoi t’ont-il influencé ?

Samuel : Il y a dans leurs textes une forme de profondeur intemporelle qui marque vraiment.
Comme une voix de sage.
J’ai un peu le sentiment que notre époque peine à laisser autant dans les livres qui sont publiés.

Geneviève : Aurais-tu aimé rencontrer ces auteurs ?

Samuel : J’aurais énormément aimé. Comme rencontrer Saint Exupéry par exemple. Victor Hugo… incroyable.

Geneviève : Tu crois vraiment que les auteurs actuels sont moins profonds, enfin leur texte ?

Samuel : Et Jules Verne

Geneviève : Jules Verne m’a amené à la lecture, là je te comprends

Samuel : 👍 Peut-être est-ce le sentiment de retrouver beaucoup d’actualité dans les livres publiés qui gomme un peu la profondeur des textes. Certains sont toutefois très réussis. C’est juste une impression sur le nombre sans doute.

Geneviève : Trop de publication plombe la qualité, c’est un peu ça ton sentiment ?

Samuel : Non, mais cela noie certains livres qui mériteraient d’être mis en lumière.
Heureusement, les libraires sont là… et sauvent franchement certains livres remarquables.

Geneviève : Je partage assez ce point de vue et pourtant je fais de très belle découverte chaque semaine.

Samuel : 👍 Je suis le premier « client » de mon site Les Petits Mots des Libraires…
Des pépites tous les jours, des découvertes à côté desquelles on pourrait passer

Geneviève : Puisque tu parles de libraire, parle nous plus « des petits mots des libraires »
Comment t’est venu cette idée folle !

Samuel : J’ai eu l’envie de créer ce site pour mettre en avant les libraires et la qualité inégalée de leurs conseils. Ce sont des professionnels du livre qui parlent avec émotion et connaissent leurs lecteurs.
Et le moyen matériel de mettre en avant les libraires, c’est de passer par une vitrine en ligne de leurs petits mots, de leurs émotions, et de faire rayonner les livres qui les touchent.
L’idée du site est arrivée un samedi quand j’étais en signature dans une librairie.
La libraire que je connais bien, avait mal au cœur. Elle me disait, « regarde, regarde autour ».

Je ne voyais que des livres… rien d’inquiétant. Au contraire. Et des lecteurs aussi…
Et puis elle m’a désigné un petit mot.. il n’y en avait plus qu’un !
On lui avait volé les autres, qu’elle avait mis beaucoup de temps et de cœur à écrire et préparer
😪 Là, je me suis dit. Ok, on va agir.

Geneviève : ça c’est ce que tu as fait, et tu l’as fait très bien. Mais pourquoi vouloir mettre en avant les libraire et leur boulot ?

Samuel : Le libraire est un passionné. Je suis aussi un passionné. On a toujours envie que le fruit de notre passion se partage. Alors le job de libraire, il faut le partager. Et il apporte tellement. On a une chance folle en France d’avoir autant de libraires. C’est notre ADN culturel

Geneviève : Du coup en mettant en ligne les petits mots, ils restent à jamais imprimés.

Samuel : 👍 Aujourd’hui, les ventes en ligne, qui ne se font pas sur les sites de libraires, plombent vraiment leur économie à ces libraires.
Avec un geste citoyen de chacun en librairie, on les préserve.

Geneviève : J’aime ton combat, j’ai le même

Samuel : Le truc fort … c’est que ce sont les libraires qui découvrent les pépites avant tout le monde ! Et bien autant mettre cet atout en avant !

Geneviève : 👍

Samuel : A chaque fois qu’un livre est primé ou fait la une des magazine, le livre était déjà sur Les Petits Mots des Libraires !
Les journalistes poussent le succès… mais il nait grâce aux libraires !
Ils lisent les livres avec 3 mois d’avance, ils filtrent et nous offrent la primeur du meilleur, sur mesure pour chacun de nous. Ce serait dommage de se priver du meilleur ! On n’a pas de temps à perdre… lisons les bons livres 😉

Geneviève : Ne penses-tu pas qu’en plus des libraires, ce boulot de défricheurs est aussi accompli par les blogueurs ?

Samuel : Absolument, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai créé sur le site une association forte à ce sujet

Les petit mots de libraire : 1 blog 1 libraire

Geneviève : Je ne participe plus assez à ton site  pour défendre les librairies que j’aime par manque de temps, je le regrette.

Samuel : Je comprends à 100%, pas évident d’être partout 😉.
Je vais faire en sorte d’accélérer le développement de l’application mobile du site.

Geneviève : 👍

Samuel : ça pourra faciliter les contributions 😉

Geneviève : 👍 Je n’ose pas te faire la promesse d’y revenir et pourtant c’est pas l’envie qui me manque. Mais je vais essayer de faire un effort, un petit effort

Samuel : 👍 Je suis en plein dans le lancement du Prix 2019 Les Petits Mots des Libraires… et il y a une sélection d’exception

Geneviève : 👍 C’est pour quand ?

Samuel : Je vais bientôt l’afficher et les votes seront ouverts. La remise des prix se fera au salon du livre de Quiberon…. organisé par des libraires fabuleux, la librairie Port Maria

http://lespetitsmotsdeslibraires.fr/prix-2019/
Planning :

Décembre 2018 : Sélection des libraires qui seront membres du jury
Janvier 2019 : Sélections des titres pour chaque catégorie (choix des libraires)
Mars 2019 : Votes du public
27 avril 2019 : Affichage des résultats et remise des Prix à l’occasion du Festival du Livre de QUIBERON (26, 27 et 28 avril 2019)
Et cette année j’étais heureux de nommer une marraine pour le Prix… une lauréate 2018 qui plus est.
« Les libraires sont des défricheurs, des chercheurs d’or. Chacun de leurs conseils est une promesse tenue. » Gaëlle NOHANT.
Elle est brillante

Geneviève : Faut-il être libraire pour participer ?

Samuel : L’idée c’est vraiment 100% librairie en effet, du moins pour proposer les titres en sélection

Geneviève : Même pour les votes ?

Samuel : Les votes c’est tout le monde !

Geneviève : Ok les libraires sélectionnent, les lecteurs votent

Samuel : 👍 Ce qui est sympa avec ce Prix, c’est que les libraires sont libres. Ils me donnent leurs coups de cœur de l’année et ils sont automatiquement en sélection.
Cela n’impose aucune lecture aux libraires, ni aucune déception. Car ce sont leurs coups de cœur, direct en sélection
Beaucoup de Prix imposent des quantités de lectures en plus aux libraires. Qui sont débordés. Et au final, ce ne sont pas forcément leurs avis qui sont entendus…

Geneviève : Alors je pense que nous sommes toutes impatientes chez les flingueuses de pouvoir voter. Je crois aussi pouvoir dire que les lecteurs de Collectif Polar le seront aussi.

Samuel : 👍 donc là, je rééquilibre. Et une petite librairie de village, perdue en France, à la même voix qu’une institution de renom.

Geneviève : 👍 Une dernière question Samuel. Attention pas facile !
Penses-tu que les bibliothèques ont un rôle a jouer aujourd’hui dans le paysage culturel et social ?

Samuel : Évidemment OUI !
Des quantités de lecteurs accèdent ainsi aux nouveautés qu’ils ne peuvent s’offrir.
Librairies et bibliothèques sont complémentaires
Ce sont aussi des lieux de rencontre et beaucoup de manifestations vivent grâce aux bibliothèques.
La bibliothèque est indispensable !
D’ailleurs, de très nombreuses bibliothèques repèrent des titres sur Les Petits Mots des Libraires.

Geneviève : 👍 Des bibliothécaires avisé(e)s à n’en point douter !

Samuel : 👍 Il faut de tout pour lire et aujourd’hui plus que jamais !

Geneviève : Merci Samuel, on va en rester là pour cette première audition.

Samuel : 👍

Geneviève : Les flingueuses présentent c’est à vous si vous avez des points à éclaircir.
Samuel, tu as encore du travail 😉

Dany : Non merci Cheffe, je vérifies les alibis du prévenu et je reviens à 14 h

Geneviève😍

Samuel : … un auteur ne dit jamais tout…

Dany : J’ai des moyens de le faire parler Cheffe, l’annuaire ne laisse pas de traces (tiens un beau titre de polar …)

Geneviève : Un polar à l’ancienne

Samuel : 😆

Florence : les annuaires, ça n’existe plus, la menace d’un coup de tablette, ça peut aussi amener la vérité

Geneviève : Justement Samuel, papier ou numérique ?

Florence : on reviendra peut-être sur certains points qui ont éveillé des soupçons chez moi … suis pas réveillée, moi, la faute au suspect précédent sans doute

Samuel : Les 2 mon colonel !

Geneviève : 👍

Samuel : Papier car j’adore mes bibliothèques
Et numérique quand je bouge beaucoup !

Geneviève : Fromage et dessert, ça me va !
Florence,  une question ?

Samuel : Je suis sucré et salé et fromage et trop gourmand aussi 😉

Florence : non, il faut que je digère cheffe

Samuel : 😆

Geneviève : Ok mais il faudra nous parler des points qui ont éveillé des soupçons chez toi !

Samuel : si les flingueuses n’en plus de questions… Je vais en profiter pour arroser mes bonsaïs 😉

Florence : bon je balance … les livres primés, ce n’est pas toujours un gage de qualité

Samuel : 😆 Certains prix en effet 😉

Florence : les livres primés font souvent de l’ombre aux pépites des petits éditeurs.

Samuel : C’est pour ça que j’ai créé le prix les Petits Mots des libraires. Comme ça, même un petit éditeur a sa chance et les libraires n’hésitent pas une seconde

Florence : du coup, le libraire défenseur de la qualité, il fait comment ?

Samuel : Chaque libraire propose ses deux coups de cœur 2018 dans la catégorie qu’il a choisi
Et ainsi on voit des titres arriver qui disposent déjà de plusieurs petits mots. Ils sont repérés par les libraires et ne sont pas écrasés par les concurrents chez de grands éditeurs.
C’est un bonheur de voir la joie des petits éditeurs et auteurs. Et les libraires se sentent vraiment considérés

Florence : comptez sur moi pour regarder les sélections de près 😉

Samuel :

Florence : merci Samuel Delage

Samuel : 👍

Geneviève : Voilà une bibliothécaire de plus de conquis par « lespetitsmotsdeslibraires ».

Samuel : 😍

Geneviève : Alors si plus personne n’a de question pour notre suspect, je clos ce premier interrogatoire  ?

Dany : 👍 oui cheffe

Geneviève : On se retrouve à 14h avec Danièle  pour la suite.

Samuel : 👍

Dany : OK Cheffe ! Il y a un repas pour le prévenu ?

Samuel : 😆 c’est un gros gourmand en + 😉

Geneviève : Que l’on ramène notre prévenu en cage avec un repas et un arrosoir pour ces bonsaïs

Dany : A 14 h donc ! Bon appétit à tous

Samuel : 👍

Geneviève : 11h00 fin de la première audition.

La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, quatrième audition. 4/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 4

samedi

Fin de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

4e interrogatoire par Mamie Danièle


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours

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Dany : Tic, tac … 4 minutes pour vaquer à ses petites occupations et ensuite …

Ingrid : je suis prête, Danièle 🙂

Dany : Alors on y va …

Sylvie : Je vous suis aussi, bonjour Ingrid

Ingrid : Bonjour Sylvie

Dany : Alors Ingrid, tu as raconté ce que tu voulais sur ta vie d’autrice mais maintenant passons aux choses sérieuses …
Si tu nous parlais de ta fausse identité … c’est qui cette Myra Eljundir

Ingrid : Ce n’est pas une fausse identité, Myra Eljundir existe vraiment ! 😉

Dany : Mais encore …

Ingrid : (et merci de dire autrice 🙂 )

Dany : justement pourquoi pas auteure …?

Ingrid : Disons qu’elle est une de mes facettes, celle qui préfère le fantastique au thriller.

Dany : Elle correspond à une période particulière dans ta vie de créatrice ?

Ingrid : Eh bien autrice parce que c’est le mot originel ! Il a été effacé des dictionnaires par l’Académie française sous la pression de Richelieu qui voulait sortir les femmes du champ intellectuel. Pour preuve, le mot actrice (à une lettre près, c’est la même chose) qui ne le choquait pas car il s’agissait de faire « commerce de son corps » (en gros le Cardinal prenait les actrices – qui apprécieront – pour des putes !)
Je milite donc pour la réintroduction de ce mot injustement supprimé.
Myra correspond à un besoin d’écrire autre chose, et aussi à celui de rester dans l’ombre puisqu’à l’époque je n’envisageais pas de dévoiler mon identité.

Dany : Mais quand on voit les dates de publication les deux … en même temps

Ingrid : Ecrire autre chose ne veut pas dire renoncer à ce qu’on écrit par ailleurs ! 🙂

Dany : Je ne parle pas de renoncement… tu nous as dit que tu étais habitée par tes personnages … c’est un gros volume qu’ils occupent dans ta tête

Ingrid : A croire que j’ai une grosse tête 😛

Dany : Ça c’est de plus en plus certain Tu avais donc plusieurs « genres » en écriture en même temps ?

Ingrid : Oui ! j’ai écrit Kaleb 1 et 2  (ou 2 et 3, je ne sais plus … mais c’était deux tomes) et Sa vie dans les yeux d’une poupée la même année

Dany : Et il y avait une porosité entre les deux ?

Ingrid : Oui, des passerelles, c’est sûr ! mais le pire, c’est que je devais veiller à ne pas m’autoplagier ! Une fois j’ai écrit spontanément la même phrase dans les deux ! heureusement ça me « disait quelque chose » et en vérifiant j’ai constaté le méfait 🙂

Dany : une forme de schizophrénie

Ingrid : Plutôt de dédoublement de personnalité !

Dany : Ça c’est pour l’écriture mais tu as aussi des activités que tu mènes de front ! Tu as une organisation particulière pour ne pas perdre le fil ?

Ingrid : Bonne question, j’ai parfois tendance à trop charger la mule et c’est compliqué de tout faire… Je suis parfois obligée de mettre des choses de côté. Mais en général, quand je n’ai plus de jus pour une activité, j’en ai pour une autre… j’avance comme ça !

Dany : Tu as un espace dédié (un bureau ou ton canapé vert) pour écrire ?

Ingrid : J’ai un bureau. J’ai longtemps travaillé dans mon salon, assise sur le canapé (mon ostéo était ravi) mais j’avais du mal à établir la frontière entre travail et vie privée, je travaillais tout le temps, et je culpabilisais quand je ne travaillais pas. Maintenant, du fait d’avoir séparé le lieu de travail et le lieu de vie/repos… je suis plus zen dans mon salon et plus concentrée dans mon bureau 🙂

Dany : Tu nous as dit que l’écriture d’un thriller demandait qu’on suive un « plan » … tu n’as pas dit plan d’ailleurs il me semble … tu as un mur comme Norek ou des post-it partout comme Chattam ?

Ingrid : J’ai les deux, et aussi un plan sur feuilles A4 (11 pages de plan pour le nouveau)

Dany : Tu n’as pas recours aux outils bureautiques comme Thilliez qui organise ses plans comme des batailles ?

Ingrid : Je ne sais pas comment Franck opère, pour être honnête, ni quels outils il utilise !
moi je travaille comme Desjours et ça me va 😛 😀

Geneviève 😆 Dany 👍

Ingrid : Un truc sophistiqué où tout y est … passons

Dany : Pour les personnages, ils se construisent au fil des pages, cependant pour qu’ils soient cohérents tu as un truc ?

Ingrid : Se les représenter mentalement, connaître leur physique, mimiques, histoire, caractère… se faire des fiches ça peut aider, bien que j’en fasse rarement, ils sont tellement prégnants que je ne risque pas de les oublier !

Dany : Est-ce que tu les visualise en fonction de ressemblances avec ton entourage ou des personnes connues ?

Ingrid : ça peut, oui… il m’arrive aussi  de m’inspirer d’acteurs, de personnes connues

Dany : et ton chat qui ressemble à ton avocat …

Geneviève 😆

Ingrid : c’est l’avocat qui lui ressemble ! mon chat ne ressemble à personne, tu vas le vexer ! 😂

Dany et Geneviève 😆

Ingrid : Il faut ménager la susceptibilité de ces petits félins, ils sont comme nous, ils n’aiment pas qu’on les compare 🙂

Dany : Quand on te voit raconter, on a le sentiment que tu vis les histoires que tu veux transmettre … ta gestuelle, tes yeux … tu sembles vibrer avec l’histoire

Ingrid : Merci !!! ça me touche beaucoup que tu voies ça ! 🙂 c’est vrai que pour moi, raconter une histoire, c’est parler au cœur et à l’âme… avec le cœur et l’âme !

Dany : Tu as participé à l’adaptation d’un de tes romans pour la TV … comment as-tu vécu cette expérience ?

Ingrid : C’est une grande chance de voir ses personnages portés à l’écran, encore plus de pouvoir y participer ! Maintenant le bilan est mitigé car évidemment, on n’a pas autant de liberté que quand on écrit un roman, mais c’est le jeu ! Alors, on verra pour le résultat 🙂 mais quoi qu’il en soit je suis contente de l’avoir fait, j’ai appris beaucoup de choses

Dany : C’est en cours de tournage ou c’est déjà passé ?

Ingrid : C’est en cours de tournage (jusqu’au 21 décembre !) avec Jérémie Rénier et Clotilde Hesme
c’est TROP la classe 🙂

Dany : Et tu as participé au scénario et à la rédaction des dialogues ?

Ingrid : oui ! mais les choses ont un peu (ou beaucoup) bougé depuis le passage du réalisateur ! à voir, donc !

Dany : Tu pourras nous donner des précisions quand tu auras les dates etc … mais déjà Jérémie Rénier c’est bien … le réalisateur ?

Ingrid : Le réalisateur s’appelle Mathias Gokalp et bien sûr je vous donnerai tous les détails sur ma page Facebook ICI

 Dany : Belle aventure … est-ce que ça te donne des idées pour de nouvelles aventures ? Des fois que tu aurais du temps libre bien sûr

Ingrid : J’ai un projet de série policière en lecture par une chaîne en ce moment, mais ça ne veut pas dire que ça aboutira… C’est un métier qui demande beaucoup de patience et de résistance à la frustration

Sylvie, Geneviève👍

Dany : et c’est une toute autre approche que l’image … une autre frustration aussi
Est-ce qu’il y a un roman que tu aurais aimé écrire ?


Ingrid : les Rougon-Macquart de Zola … tous les Rougon-Maquart. Je trouve Zola d’une finesse, d’une intelligence dingues. Ce qu’il dépeint de la société et des rapports humains est tellement juste, et cette écriture juste sublime ! Oui, je lui envie cette œuvre !


Geneviève : 😍

 

Ingrid : tous Les Rougon-Macquart  hein ! soit une vingtaine de romans. (oui, je vise la lune, mais comme dirait Amel Bent, ça ne me fait pas peur)


Syvie et Danièle : 😍
Geneviève👍

 

 

Dany : Et quand tu lis pour le plaisir … que lis-tu ?

Ingrid : Des romans, des essais, des revues
des articles de journaux intéressants aussi

Dany : De tes collègues de plume …

Ingrid : Je ne lis pas de polars français … je cherche plutôt à me changer les idées 😀

Dany : Tu rencontres tout de même tes collègues en salon ?

Ingrid : bien sûr 🙂
et je leur dis même bonjour 🙂 😉 c’est dingue hein 😀

Sylvie 😆

Dany : Tu publies aussi dans les mêmes recueils …

Ingrid 😎

Ingrid : exactement !

Dany : Le polar français … ou le thriller … est plutôt prolifique, cependant les chasses aux éditeurs sont légion. As-tu eu des difficultés à trouver un éditeur ?

Ingrid : Non, j’ai eu beaucoup de chance pour cela 🙂

Dany : Tu en as eu plusieurs au cours de ta longue carrière …

Ingrid : Je sais à quel point c’est difficile pour beaucoup, c’est un Graal. Mais comme je dis à mes élèves : il est toujours possible de trouver son éditeur, il faut parfois savoir le chercher différemment 🙂

Dany : Est-ce que ton premier roman (le tout premier) a été publié ou est-il encore dans un tiroir ?

Ingrid : En 10 ans j’en ai eu 2 ! Mon premier éditeur, chez Plon, à qui je suis très reconnaissante de m’avoir donné ma chance ; et mon éditeur actuel chez Robert Laffont avec qui je collabore depuis plus de six ans 🙂
Le tout premier a été refusé par toutes les maisons d’éditions auxquelles je l’ai envoyé !!! 😀 il se terre de honte dans un tiroir, depuis 😛

Dany : Je terminerai sur ta relation avec les lecteurs … tu les rencontres en salon, sur les réseaux sociaux … est-ce que tu tiens compte de leurs avis ? Surtout comment réagis-tu à une remarque disons nuancée

Sylvie : 👍

Ingrid : J’essaie d’éviter de lire les critiques, car elles me font l’effet d’un horoscope inversé : je ne retiens que le négatif et ça me paralyse pour l’écriture
Après on peut très bien me dire qu’on n’a pas aimé, ce n’est pas un problème et ça fait partie du jeu, tant que ce n’est pas un procès à charge et que ça reste respectueux et constructif 🙂

Dany : Pour ma part je pense qu’il est plus constructif de mettre en avant les points forts que de s’étendre sur les points faibles et de toutes façons en respectant le travail de l’auteur et de l’autrice 😉

Ingrid : Je trouve aussi ! Personnellement, je préfère parler de ce que j’ai aimé, que de ce que je déteste 🙂

Dany : Et bien Ingrid je crois en avoir fini avec mes investigations et Geneviève devrait nous rejoindre sous (très) peu pour donner son verdict. Pour ma part j’ai été ravie d’échanger avec toi et à l’heure où je mets le point final je te dis … à samedi prochain à Blaye !

Sylvie : 👍

Dany : On me dit dans l’oreillette que la Cheffe est dans le couloir …
Peut-être y a-t-il une flingueuse qui souhaite compléter cette audition ?

Ingrid : Moi aussi j’ai été ravie ! 🙂 vraiment c’est super d’avoir cet espace de parole, même s’il a la taille d’une cellule de GAV ! 🙂

Sylvie : 😍

Ingrid : j’espère que pour vous toutes ça a été un bon moment aussi

Dany : Merci en tous cas de ta disponibilité et de ton adaptabilité …

Ingrid : J’avoue maintenant que j’ai fait les deux dernières auditions le ventre vide et avec un mal de crâne épouvantable ! J’espère que je n’ai pas raconté n’importe quoi 😂
sinon on mettra ça sur le dos de la douleur 🙂

Sylvie : 😮

Sylvie : Oh oui un bon moment de GAV

Dany : Ben non, pour moi c’était très clair et très sincère (du moins tel que je l’ai vécu) avec les autrices on n’est à l’abri de rien !

Ingrid : 😍

Ingrid : je ne sais pas ne pas l’être… c’est un gros défaut aussi
(sincère hein, parce qu’il m’arrive de ne pas être claire !)

Dany : 😆

Sylvie : Coucou Ingrid  je vous ai rencontrée à  Saint-Maur, accessible souriante et patiente je vous suis depuis et j ai beaucoup appris de par cette GAV .Merci de vous être livrée et à  bientôt

Ingrid : 😍

Ingrid : mais franchement, 2 questions : 1/ comment avez-vous eu cette idée géniale et super originale ? 2/ c’est un travail monstrueux pour vous de vous tenir dispo comme ça et de reporter ça sur votre site : comment faites-vous ? !
Merci Sylvie  ❤

Sylvie😍

Sylvie : Une super organisation avec une cheffe de meute et des  flingueuses au top..

Ingrid : 👍

Dany : La première GAV a eu lieu en Février avec Nick Gardel parce qu’on parlait d’ITV et qu’on était plusieurs à le connaître, du coup c’est devenu un concept qu’on essaye de maintenir une fois par mois … Le rythme est soutenu et ça demande aussi un minimum de connaissance des auteurs donc de travail en amont … ça demande aussi un auteur coopérant mais ça existe !

Sylvie, Ingrid : 👍

Ingrid : Oui j’ai senti beaucoup de travail ! On voit que vous n’arrivez pas les mains dans les poches !
C’est vraiment très agréable pour l’auteur

Geneviève : Cette idée  est née  d’une discussion avec Aline

Aline : 😍

Geneviève  : C’est vrai que c’est  chronophage  mais tellement intéressant
Chaque GAV est différente. Et surtout  c’est pour  vous que c’est le plus dur ! 
D’ailleurs à  chaud comment as-tu  vécu celle-ci  ?

Ingrid : Très bien, mais j’avais peur d’être un peu ennuyeuse des fois 😛 sinon je vous ai trouvé hyper réactives et bienveillantes, avec beaucoup d’intuition… vous savez sentir quand un sujet s’épuise ou que la personne n’a pas particulièrement envie de continuer là-dessus, j’ai senti beaucoup de respect et de finesse !
Les deux dernières étaient plus dures pour moi, physiquement à cause de mon mal de crâne mais j’arrivais parfois à l’oublier en vous répondant, donc c’est plutôt bon signe !

Sylvie😮

Ingrid : Vous êtes toujours là ?

Geneviève : oui je suis là 👍

Geneviève  : C’est  un peu le concept je l’ avoue. Vous avoir à  l’usure

Ingrid : 😆

Geneviève  : Non je plaisante ! Mais c’est vrai que de mener ces itv chacune notre tour nous permet de varier les sujets abordés. Où de revenir sur certain point que l’on aimerait approfondir

Ingrid : oui ! 🙂

Geneviève : Mais c’est la première fois que l’on avait un chat dans une garde à vue
Ingrid : il va être content ! c’est un vrai cabot🙂

Geneviève : Ça m’étonne pas que ce soit un cabot moi j’ai un chien qui se prend pour un chat
MDR. D’ailleurs quel est son nom à ce chat?

Ingrid : en fait j’en ai deux : Lojong  le chat bleu qui a donné son nom à Maître Lojong (qui ressemble beaucoup à Vergès) et Sherkan le tigré


Dany et Sylvie : 😍

Geneviève : donc il me reste à vous souhaiter une très bonne soirée et un excellent week-end (enfin ce qu’il en reste !) 
Ah oui et pendant que je te tiens Ingrid, je voudrais m’excuser de ne pas avoir pu participer ou écouter la troisième audition j’étais moi-même en interrogatoire avec un auteur en direct à  la bibliothèques

Ingrid : aucun souci, @Geneviève 🙂 tu étais là en pensées


Geneviève : 😍

Allez bonne soirée à tout le monde et bon dimanche à vous toutes
bonne soirée !
Et je reviendrai vers toi Ingrid en MP cette fois pour te parler d’Apéro Polar et de murder party pour la bibliothèque

Ingrid : d’accord 🙂 avec plaisir


Geneviève À très vite alors et prends soin de ton mal de tête


Ingrid👍Merci ! Bonne soirée !

Geneviève : Voilà Ingrid a été relâchée, nous n’avons retenu aucun motif d’inculpation.

Il est 18h59. Fin de la Garde à vue de décembre

La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, troisième audition. 3/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 3

Samedi

Avant dernier épisode de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

3e interrogatoire par Sofia


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours


Samedi 1er décembre 2018

14h26

Sofia : Bonjour Ingrid

Ingrid : Bonjour Sophie

Sofia : C’est Sofia 😉

Ingrid : Alors bonjour Sofia 🙂

So : bonjour bonjour !
Alors Ingrid, nous sommes à la moitié de votre garde à vue
Comment ça s’est passé? Pas trop éprouvée? La nuit fut bonne?

Ingrid : libérez-moi !!!! je suis innocente !!! je veux un avocat !!!! Oui, la taulière m’a fait apporter une couette… mais les fantômes des autres gardés à vue sont venus m’importuner toute la nuit 😞

So : Bien, nous allons y songer. Mais pour le moment, nous ne pouvons vous libérer dans l’immédiat. Nous avons encore quelques petites choses à éclaircir!
Les spectres peuvent être de bonne compagnie quand on est innocent…

Ingrid : soit…

So : Comment les avez vous fait fuir les fantômes, vous leur avez raconté des histoires?

Ingrid : je leur ai dit que je connaissais du monde en enfer… ça les a calmés

So : ahhh j’espérais des histoires….parce que vous savez les raconter….

Ingrid : merci 😉 mais j’ai préféré les bonnes vieilles menaces
 So : Hier, vous nous avez parlé de vos multiples casquettes, et de votre goût pour les contes et légendes

Ingrid : Vous croyez que pour faire peur aux fantômes on raconte des histoires de vivants ?

So : Les histoires vous les écrivez, mais vous avez aussi un talent pour les raconter, j’en ai écouté quelques unes (regardées)

Ingrid : oui, c’est vrai qu’il m’arrive de jouer les conteuses à l’oral aussi, comme autrefois
C’est un exercice différent, écrire, parler, raconter

So : Est-ce que quand on les raconte à voix haute on procède comme à l’écrit?

Ingrid : Oui, c’est vrai ! et c’est ce qui me plaît ! j’aime bien explorer toutes les formes de narration, j’écris aussi des scénarios..

So : Vous êtes une jongleuse alors?

Ingrid : on plante aussi le décor, on joue avec les émotions, mais ici le corps est un instrument, pour les gestes, les mimiques, les intonations de la voix.. le regard qu’on attrape…
On peut dire ça ! je n’aime pas ce qui est immobile

So : Besoin d’activité, de « vivant »?

Ingrid : Besoin d’être en mouvement, même intérieur, d’évoluer… je détesterais me scléroser dans l’immobilisme

So : L’imaginaire à un pouvoir important, et est, on pourrait dire, le fil rouge de toutes vos activités, mais est-ce bien juste cela? Juste le besoin de faire vagabonder votre imagination et l’exprimer sous plusieurs formes

Ingrid : C’est surtout le besoin de création qui est à l’origine, je pense. Ça et une énorme curiosité intellectuelle : j’ai besoin d’apprendre, découvrir, comprendre, questionner, transmettre…

So : Au quotidien, Ingrid, elle est comment ? Elle prend le petit déj avec ses personnages, elle est Madame tout le monde ou vit-elle dans un monde imaginaire?

Ingrid : Mais le besoin de création se retrouve dans tous les domaines, aussi bien quand j’écris que quand je cuisine ! Sinon je suis aussi la fille qui fait des dessins avec ses miettes de pain, à table ! (et te fout la honte au restau)

So : ahhh les miettes de pain!!!!

Ingrid : Déjà, elle évite de parler d’elle à la 3e personne 😀 sinon, plus sérieusement…
Je suis très ourse, en réalité. J’aime le calme, le silence, les petits groupes, les animaux et la nature, ma tanière… je ne laisse pas facilement les gens entrer dans mon cercle intime (aucune allusion sexuelle, hein).. j’aime être retirée du monde et n’y aller que lorsqu’il le faut ou que je le veux. Mais ma vie est assez simple et banale, il y a juste parfois la présence de personnages, de mondes… que je nourris de discussions, de lectures…

So : Le calme et le silence permettent d’ouvrir en grand la porte de l’exploration je crois
Hier, vous nous avez parlé de l’importance de la psychologie pour vous depuis votre enfance… en vous lisant, j’ai fait le lien avec les contes et l’aspect psy, avez-vous lu la psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim ?

Ingrid : Oui ! et c’est ce qui me ressource ? la solitude, le calme… je suis une introvertie. Les extravertis, eux, se ressourcent au contact de la foule. Moi ça me draine complètement.
Oui durant mes études

Sylvie : 👍

So : (excusez moi, perte du réseau wifi)

Ingrid : pas de souci 🙂

So : Est-ce que pour vous, d’avoir étudié la psy, est un vrai plus quand on écrit du roman noir?

Ingrid : Disons que ça permet d’être juste, cliniquement. Mais ce n’est pas forcément ce que recherchent tous les lecteurs !

So : Effectivement, mais ça permet d’entrer dans la mécanique, de comprendre ce qu’il se passe dans la tête des personnages, particulièrement quand ils sont sombre et/ou retors

Ingrid : et aussi quand ils sont victimes

So : Oui victimes aussi bien-sur
Avec ce regard « clinique » que vous avez, comment créer de l’émotion, prendre aux tripes du lecteur ?

Ingrid : En le projetant dans la tête de mes personnages, en leur donnant accès à leurs pensées, mais aussi à leurs émotions… en me mettant à leur place

So : On vous sent très sensible à « l’autre », proche des gens, ce besoin de se nourrir des autres et de partager, se mettre à la place de vos personnages doit faire terriblement souffrir

Ingrid : Oui, c’est d’ailleurs pour cela que je me protège autant… et je peux vous assurer que j’ai pleuré plus d’une fois en « vivant’ ce que je faisais subir à mes personnages.

So : Comment on se protège de cela?

Ingrid : De quoi ? des gens ?

So : De cette souffrance qu’on inflige à ses personnages

Ingrid : Ah ! mais je ne m’en protège pas ! Comment retranscrire leur souffrance, sinon ?😉
Oui, c’est un boulot de maso !

So : Ok, j’avais mal compris votre réponse!
Vous préférez vous mettre dans la peau d’un homme ou d’une femme?

Ingrid : Je n’ai pas de préférence, j’aime me mettre dans la peau de personnages complexes, avec un gros potentiel d’évolution. J’ai peut-être plus de mal à me mettre à la place de personnages fragiles, en revanche, quel que soit leur sexe

So : Parce que ça pourrait faire écho à vos propres fragilités?

Ingrid : non, parce que justement, je ne me suis pas construite dans la fragilité. Et que ça m’est moins accessible

So : Quand on vit la vie de ses personnages le temps de l’écriture, n’est il pas difficile de leur dire au-revoir une fois le roman achevé ?

Ingrid : Si, terriblement. Surtout si on les a fait souffrir à la fin… d’ailleurs c’est parfois difficile de lâcher son manuscrit et de le confier au monde, on a constamment envie de le corriger… une façon de rester avec eux 🙂

So : couper le cordon en fait

Ingrid : C’est ça ! T’as pas envie que ton bébé s’en prenne plein la tronche alors t’essaie de le faire le plus beau possible, sans le lâcher

So : il n’y a plus d’emprise une fois confié au monde

Ingrid : non

So : on pourrait envisager, de retrouver un de vos personnages pour le voir grandir, et ne plus le quitter justement
Avez-vous envisagé un/des personnages récurrents?

Ingrid : Pour être honnête, il y en a toujours un que j’ai envie de faire revenir, dans chaque roman ! 😀 et puis le temps passe et j’ai envie d’explorer d’autres personnages (psychologies / modes de vie…)

So : Mais ce personnage pourrait justement côtoyer ces personnages que vous avez envie d’explorer …ou peut-être est-il trop précieux/important pour le lier à d’autres ?

Ingrid : Il pourrait, en effet. Mais faire cohabiter deux mondes n’est pas forcément évident… et ce que j’aime c’est faire de nouvelles choses, explorer de nouveaux univers, j’aurais l’impression de faire du réchauffé
(mais je sais que certains lecteurs espèrent le retour de quelques personnages 😛 )

So : C’est important pour vous de passer totalement à autre chose ?

Ingrid : Je fonctionne comme ça… j’avance, je progresse… mon écriture évolue avec moi ! Je ne suis plus la même qu’il y a 10 ans quand je parlais de Garance Hermosa, par exemple ! Depuis Echo mon écriture a évolué, mes réflexions, mes centres d’intérêt. L’écriture c’est organique, pour moi, c’est comme un tatouage qui change en même temps que vous ! Je ne voudrais pas faire la même chose qu’il y a dix ans, j’aurais le sentiment d’être figée, de passer à côté de moi, voire de devenir une caricature ! Beurk !

Sylvie : 👍

So : On sent effectivement un virage après Echo

Ingrid : après chacun de mes romans, j’espère !

So : Ce qui est évident quand on vous lit, c’est qu’on se dit « c’est très différent de… », mais pour autant, être dans un registre, un style, ne signifie pas refaire la même chose. Enfin je crois.

Ingrid : (pardon je ne comprends pas trop la phrase)

So : Désolée si je ne suis pas très claire, je faisais référence au fait de reprendre les mêmes ingrédients, soit un personnage par exemple, de mon point de vue, ça ne signifie par pour autant d’être coincée dans une case

Ingrid : non, bien sûr… chacun son truc ! mais ce n’est pas le mien 🙂

So : Pour revenir à « c’est très différent », par exemple, si on prend Potens et la Prunelle de ses yeux, ce sont clairement des romans très différents

Ingrid : oui ! Ce n’est pas la même personne qui les a écrits

So : Les romans sont la transcription d’une certaine façon de votre cheminement, de votre progression dans la vie

Ingrid : c’est ça, Sofia 🙂 … tout comme vos goûts et attirances pour certains genres/auteurs… en fonction du temps qui passe 🙂

So : Alors j’ai envie de dire, et demain, Ingrid Desjours elle va vers quoi?

Ingrid : demain, je n’en sais rien… je n’y suis pas encore ! Mais aujourd’hui, j’écris un roman de littérature générale, j’aime être engagée dans mes textes, parler de faits de sociétés, réfléchir avec mes lecteurs… j’aime aussi prendre le temps d’écrire, de créer un univers, une ambiance, poser le décor sans précipitation…

So : Une chose à la fois, une pierre après l’autre…

Ingrid : oui 🙂

So : Réfléchir avec vos lecteurs, quelles relations avez vous avez eux ?

Ingrid : je suis médusée ! en fait ça m’intrigue de savoir qui me lit… ça m’épate quand quelqu’un vient me voir en salon ou me contacte sur les réseaux sociaux et me dit qu’il me lit, qu’il aime ce que j’écris. Et alors le top du top c’est quand le lecteur a lu entre les lignes, a compris mon propos, a poussé sa réflexion, a ressenti des émotions intenses ! Je ne comprends toujours pas comment moi, je peux provoquer ça, comment on peut aimer ce que j’écris, mais putain ça me touche tellement ! C’est presque trop beau 🙂

So : Parce que vous êtes dans le partage!!!! Vous avez réussi à transmettre!

Ingrid : Oui mais en vrai j’ai toujours l’impression d’être nulle, alors ça me souffle

So : Votre roman sera donc littérature générale, un autre type de lectorat peut-être alors ?

Ingrid : un lectorat élargi, j’espère, avec les fidèles et les nouveaux !

So : Eh bien nous allons surveiller cette future sortie alors!

Ingrid : ❤

So : Chère Ingrid, je dois malheureusement terminer, eh oui, je dois respecter l’horaire pour éviter un vice de procédure et d’avoir des problèmes avec votre avocat, mais avant de nous quitter, juste un petit indice sur votre prochain roman, un titre ou un thème à nous donner?

Ingrid : je comprends, la procédure, c’est important ! 🙂
Un indice (mais alors très vague, hein)…le personnage principal est un homme

So : ah ben  s’il est vague au moins deux indices sinon ça compte pas!!!!

Ingrid : je sais, c’est maigre, mais life is cruel !
nope ^^
je ne suis pas une balance, madame la flic !😉

So : Vous prenez des risques, je vous rappelle que vous avez une audition encore, et il serait dommage de contrarier les flingueuses 😆

Ingrid : je prends le risque !👹

So : Merci beaucoup Ingrid pour ces échanges, Danièle prendra la suite à 17h, nous verrons bien si elle sera d’humeur clémente après votre dernière déclaration!

Danièle :

 

Sylvie👍

Ingrid : Merci pour ces questions très intéressantes et pertinentes, Sofia ! 🙂

So😍

Ingrid : Quant à Danièle, je l’attends de pied ferme ! c’est quand elle veut

 

So : En attendant, reposez vous un peu dans votre cellule, et à très vite!😉

Ingrid : 😗

15h37

Geneviève : Fin de cette troisième et avant dernière audition de Ingrid Desjours, notre gardée à vue. 

La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, deuxième audition. 2/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 2

Vendredi

Suite de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

2e interrogatoire par Miss Aline


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours


30 novembre 2018,

19h58

 

Miss Aline : Bonsoir Ingrid,

Ingrid : bonsoir Aline ! je dois vite nourrir mes chats et j’arrive !

Tic tac, tic tac, tic tac…

20h03

Ingrid : Me voilà !

Miss Aline : alors c’est parti…. avez-vous des rituels d’écriture (lieu, période de la journée, fond sonore…) ?

Ingrid : avant j’écrivais plutôt la nuit, mais depuis quelques temps j’essaie de ne plus m’extraire du rythme des autres, donc j’écris la journée. Je n’ai pas de rituel particulier si ce n’est une caresse à mes chats avant de me lancer, et de temps à autres… sinon j’écris dans mon bureau, dans le silence le plus absolu et gare à ceux qui viennent le perturber ne serait-ce qu’en respirant trop fort à côté de moi !

Miss Aline : concentration absolue alors ?

Ingrid : exactement !

Miss Aline : Comment vous vient l’idée d’une histoire : vous choisissez un thème, ou vous avez une fin ou une phrase de début…?

Ingrid : elle me tombe dessus, littéralement ! Que ce soit au détour d’une conversation, de l’entrefilet d’un journal, d’un rêve. Là, pour le nouveau, c’est le thème qui m’est venu suite à une discussion !

Miss Aline : il n’y a donc pas de « message » à faire passer ? C’est une histoire pour une histoire ?

Ingrid : je n’ai jamais dit ça, malheureuse !!!! Au contraire, il y a TOUJOURS un message, un questionnement en filigrane !

Miss Aline : en filigrane c’est à dire en fond ou de manière inconsciente ?

Ingrid : il y a toujours une double lecture, un fond. Je ne peux pas écrire juste pour distraire

Miss Aline : vous diriez que chaque auteur met quelque chose de personnel (message, questionnement) dans ses écrits ?

Ingrid : je ne sais pas pour les autres, mais pour moi c’est le cas, en effet

Miss Aline : Comment est né le personnage de Gabriel ? (j’ai adoré ce personnage)

Ingrid : en regardant la scène du tango dans Parfum de femmes, avec Al Pacino ! 🙂 Je l’ai trouvé d’une sensualité folle… et j’ai eu envie de créer une intrigue autour d’un tel personnage !

 

Miss Aline : J’irai voir le lien… 

Dans la prunelle de ses yeux, Gabriel est aveugle. Pour moi il l’est au sens propre comme au figuré. C’est un personnage fort et complexe. En dehors de la sensualité folle… c’est ainsi que vous le vouliez : complexe ?

Ingrid : oui, avec ses contradictions, il est en clair obscur mais il n’est pas aveugle pour moi, intérieurement… il a déjà trouvé une forme de lumière intérieure, contrairement à ce qu’il imagine. Pour moi, c’est Maya qui est dans le brouillard et le vrai guide, c’est Gabriel
(j’adore aussi Gabriel)

Miss Aline : on rejoint donc ce qui est dit plus haut c’est à dire : autant de lecteur donne autant de lecture/d’interprétation .
Du coup quel était votre message dans « la prunelle de ses yeux » ?
(je relirai Gabriel avec grand plaisir)

Ingrid : oh oui ! et ça c’est précieux ! chacun son histoire en fonction de son histoire propre… c’est la magie de l’écriture, les personnages n’appartiennent pas à l’auteur, ils appartiennent à chaque lecteur

Miss Aline : je suis totalement d’accord avec ça.

Ingrid : il y en avait plusieurs, je pense… j’avais envie de me questionner sur le phénomène du bizutage et du bouc-émissaire… de parler aussi de la fragilité des femmes induite par la société (Maya se déteste tellement…) du poids de la culpabilité, de l’alcoolisme féminin, de la difficulté des générations à communiquer entre elles, de la paternité dans ce qu’elle a d’animal, primal, et de complexe

Geneviève : 😮

Miss Aline : ce qui m’a le plus marqué c’est la paternité. Pour le reste : bizutage… c’est plus explicite dans le roman.

Ingrid : oui 🙂
J’espère qu’il vous a ému autant que je l’ai été en l’écrivant ❤

Miss Aline : oh oui… surtout que bien que tout soit là, on ne s’attend malgré tout pas à cette révélation. Dés que je comprends où l’on va, je pleure.
J’ai pleuré en écrivant la « fameuse » scène… c’était horrible à décrire

Ingrid : je n’en doute pas.

Miss Aline : bien que cette scène soit déjà très difficile, quel genre de crime/scène ne pourriez vous jamais écrire ?

Ingrid : une scène où l’on fait du mal à un animal et de la cruauté gratuite, complaisante
Choquer pour choquer ne m’intéresse pas, je n’aime pas la surenchère

Miss Aline : vos personnages, vous les contrôlez totalement ou parfois ils vivent leur propre vie ?

Ingrid : Excellente question ! Je contrôle que dalle ! 😀 C’est fou, ils ont leur vie propre, leur caractère et ils me surprennent lors de l’écriture 🙂
Mais je leur inflige ce que je veux par contre 😉

Miss Aline : vous les portez en vous tout le temps de la création ou ils restent dans le bureau ?

Ingrid : Ils sont constamment avec moi ! Je pense à eux, je les fais évoluer au fil de mes rencontres, discussions, émotions, idées… c’est de l’organique, en constante évolution. De toute façon je les considère plus comme des personnes que comme des personnages

Miss Aline : une fois le livre terminé, publié… ils sont toujours là ? Ingrid  s’est échappée. Où elle dialogue avec son avocat ?

Ingrid : Oui, ils sont toujours là

Miss Aline : Les chats.. Geneviève !

Ingrid : je vis avec Gabriel, Maya, Lars, Haiko, Victor, Barbara, Marc… (ça fait beaucoup de monde dans ma tête)
Et là je vis avec quelqu’un dans ma tête en ce moment

Geneviève  : Ah oui le chat avocat…Ne pas l’oublier

Ingrid : (oui une urgence chat) (désolée) (en plus messenger ne sonne pas toujours)

Miss Aline : ooohhhh …on peut en savoir un peu plus sur ce quelqu’un ?

Ingrid : c’est un personnage qui va vous faire réfléchir, ressentir… qui va vous emmener loin. Je vis avec lui depuis environ 3 semaines, et dès que je m’en éloigne pour faire d’autres choses, il me manque… je suis complètement avec lui, dans son monde, son histoire…

Miss Aline : la rédaction a déjà commencée ?

Ingrid : ouiiiiiiiii !!!!!!!!!! je kiiiiiiiffffffe ! j’imagine
Ce roman m’excite plus que tout ce que j’ai écrit jusque là !

Miss Aline : aaahhh… ça sera LE roman alors ?

Ingrid : (c’est toujours un peu le cas en fait :p) … mais oui celui-ci est particulier pour plein de raisons

Miss Aline : on peut avoir un petit indice sur le « thème » ?

Ingrid : non, pas sur le thème mais je peux vous dire que…
Ce ne sera pas un thriller !

Miss Aline : pourquoi ce changement de genre ? le personnage s’est-il imposé à vous ?

Ingrid : parce que je me sens à l’étroit dans le thriller, j’ai besoin d’explorer plus, de déployer des choses que je n’ai pas le temps d’investir quand j’écris un thriller…
Le personnage est une évidence pour moi 🙂
Mais j’avais un peu amorcé le virage avec La prunelle de ses yeux

Miss Aline : quand va-t-on voir la sortie de ce roman ?

Ingrid : l’année prochaine, j’espère !

Miss Aline : qu’est ce qui vous bride dans le thriller ?

Ingrid : Les codes du genre, je dirais… mais aussi le genre lui-même, j’ai envie de raconter d’autres types d’histoires, de faire de la littérature générale, de ne pas toujours écrire les mêmes choses !
Je veux prendre mon temps aussi, celui de poser les choses, de déployer mon écriture. J’aime pouvoir évoluer, changer, tester de nouvelles choses et il est temps pour moi de m’essayer à d’autres écritures

Miss Aline : on vous souhaite de trouver ce que vous cherchez dans ce nouveau style d’écriture.

Ingrid : c’est gentil, Aline 🙂 merci beaucoup ! en tout cas c’est bien parti : je prends un plaisir dingue et c’est essentiel !

Miss Aline : oui c’est l’essentiel, le plaisir

Ingrid : 👍

Ingrid : Aline a une urgence chat aussi ? 😉

Geneviève  : Peut-être Ingrid, une urgence c’est certain mais pas de chat !

Miss Aline : je n’ai pas de chat Ingrid, j’en ai peur ! J’avais mon poisson à sortir…

Ingrid : ahaha 😀

Geneviève : Je l’avais dit, pas de chat


Ingrid : Mes chats ne sont pas effrayants 🙂

Miss Aline : Je vais vous libérer pour ce soir avant que nous partions dans un délire qui pourrait se retrouver (allez savoir pourquoi comment) dans un livre !!! lol

Ingrid : hummm vous avez raison !
Merci pour cet entretien, Aline 🙂
J’espère avoir répondu à vos interrogations !

Miss Aline : Merci à vous pour le temps que vous m’avez accordé.

Ingrid : c’était chouette ❤
Bonne soirée et à demain les flingueuses 😗

Miss Aline : Pour rappel demain vous avez rdv avec Sofia à 14h30 et Danièle à 17 h00.
Geneviève viendra vous libérer ensuite.
Bonne soirée à vous également.

Geneviève : Mais dis moi Ingrid, j’ai  une question sur les règles  et les codes du polar. Qu’elle sont-elles ? J’ai jamais compris

Ingrid : ce sera une journée bien remplie !
Ouh c’est une vaste question…
En gros, pour faire court, les codes c’est tout ce qu’on s’attend à trouver (espère) en lisant un polar…

Geneviève  : Bon ben je vois pas plus moi je lis une histoire. Policière  ou pas si elle m’embarque c’est l’essentiel

Ingrid : et tu as bien raison 🙂

Geneviève : 40 ans que je cherche ces  putains de code. C’est plus à une journée près !
Allez je te libère pour cette audition Ingrid. Mais tu restes en GAV  pour encore une journée

Ingrid : OK 🙂 je te souhaite une bonne soirée, ainsi qu’à tes comparses.
Normal, je retourne dans ma geôle avec ma couverture pleine de puces

Geneviève : Merci pour les flingueusess.

Miss Aline : alors nous ne donnons des couvertures pleines de puces….on ne donne pas de couverture tout court !!

Geneviève  : Que l’on apporte un repas à  notre prévenue et une couette propre

Ingrid : à la bonne heure ! (sinon mes chats attaquaient)

Geneviève  : Moi j’adore les chats les chiens et toutes la ménagerie alors même  pas peur
Et une chose à  savoir tout ce qui ai dit ici est retranscrit.
Na !!!

Ingrid : j’assume tout ! et je ne peux pas vivre sans animaux

Geneviève  : Pareil

Ingrid : ❤

Geneviève : C’est pour cela que tes chats peuvent faire partie de cette garde à vue

Ingrid : Alors on se comprend

Ge²  : 😍

Geneviève  : C’est bien possible.

21h27 : 

 Allez fin de la deuxième audition de madame Ingrid Desjours.

 

La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, 1ère audition. 1/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 1

Vendredi

Début de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours


Vendredi  30 novembre 2018

15h58

Dany : Bonjour, essai de connexion pour la GAV d’Ingrid

 Sofia : Coucou OK pour.moi

Dany 👍

Ingrid : C’est bon ! 🙂

Dany👍

Sylvie : Ok

Dany :  parfait alors

Ingrid : Bonjour 🙂

Dany : Alors Ingrid on a un petit soucis car Geneviève  semble avoir un retard ! Un truc important à régler !
Nous sommes 4 à devoir t’auditionner sur deux jours consécutifs et les autres flingueuses pourront intervenir à la fin de chaque audition pour compléter ou faire préciser tes réponses
Tout ce qui sera écrit sur cette discussion fera l’objet d’une transcription et d’une publication sur le blog

Ingrid : J’ai prévu large, on peut attendre Geneviève 🙂

Dany : 👍

Dany : En attendant tu peux peut-être te présenter …
âge, formation, cursus …

Ingrid : Ingrid Desjours, autrice accro au principe de création, ex criminologue même pas repentie
créatrice et animatrice d’ateliers d »écritures.. et de murder parties, aussi…

Dany : mais encore … un criminologue c’est sur pièce ou sur documents qu’il travaille ?

Ingrid : je travaillais beaucoup sur dossier : pas question d’aller sur les scènes de crime et de souiller les lieux, comme on peut le voir (à tort) dans certaines histoires… et aussi sur entretiens avec des suspects ou des condamnés

Dany : tu es employée par la justice ?

Ingrid : j’étais. Je ne pratique plus depuis longtemps !

Dany : c’est une profession que l’on ne connait pas trop, à moins que ça ne soit les profileurs comme on dit maintenant ? C’est ça ?

Ingrid : Le profilage est en effet un outil que j’utilisais, mais ce n’est qu’un outil. Le FBI a employé il y a quelques années des profilers mais très vite, ça a été stoppé. Aujourd’hui les agents sont formés à différentes techniques dont le profilage criminel, mais ce n’est pas une profession en soi. Les « profilers » n’existent plus que dans l’imagination des scénaristes et des mythomanes 😉 C’est pareil pour criminologue, c’est un titre, pas un diplôme… par exemple moi j’ai un diplôme de psychologie, psychopathologie avec pour spécialisation la psychologie criminelle, c’est une nuance importante à souligner. La personne qui se prétend criminologue diplômé ou profiler vous ment 😉

Dany : Ingrid il y a une urgence … je dois m’absenter 20 minutes  @Geneviève arrive.

Ingrid : ok… je patiente

Sylvie : Bonjour Ingrid je prends le relais … tu penses que depuis quelques temps  le profilage est un phénomène  de mode ?

Ingrid : Oui, et comme le concept est aussi flou que la législation, ça excite la curiosité de beaucoup de personnes… et d’un certain nombre de mystificateurs !
(Bonjour Sylvie)

Sylvie : Et question on dit que les tueurs en série ont quasiment tous le même  profil psy qu en penses-tu ?
Énurésie, violence aux animaux  etc

Ingrid : ce sont effectivement des traits qu’on retrouve assez fréquemment

Sylvie : Revenons à  ton parcours.  Envie d’études de psy depuis toute jeune ?

Ingrid : Plus jeune, je voulais être neurochirurgienne !
on reste dans la bidouille de cerveau, cela étant 😀

Sylvie : Oui La psy du corps.  là  c’est l’esprit et pourquoi cette orientation criminelle?

Ingrid : Mais psy… on va dire que c’était en moi depuis toujours… j’étais une petite fille très timide, je n’osais pas parler aux gens mais je les observais beaucoup… j’avais aussi besoin de comprendre pourquoi ils agissaient comme ils le faisaient (je les trouvais tantôt touchants, tantôt cruels…)
C’est venu au cours de mes études, je m’intéressais à l’acte criminel  : qu’est-ce qui fait qu’on bascule et passe à l’acte, quelles conséquences aussi quand on l’a fait… il se trouve que j’ai terminé mon cursus pendant l’affaire Dutroux et que la sexocriminologie m’a intriguée, c’est aussi simple que ça !
Mais la criminologie est loin derrière moi à présent et ce n’est plus mon quotidien ni par ça que je me définis : je suis autrice avant tout

Sylvie : C’est effectivement intéressant fascinant voir complexe … dernière question : Dans le cas d’un criminel tu penses qu’il est possible de le soigner… ?

Ingrid : C’est une question qui appelle plusieurs réponses, et une analyse au cas par cas. Déjà, tous les criminels ne sont pas malades ! Toi aussi, demain, tu peux tuer quelqu’un : c’est ce qu’on appelle un meurtre. L’assassin qui prémédite n’est pas forcément malade psychologiquement, tous les tueurs ne sont pas des psychopathes sadiques et tueurs en série ! Après pour le criminel qui souffre de pathologies psychiatriques, ou de pulsions pédophiles par exemple, un traitement médicamenteux + une thérapie peut effectivement empêcher la récidive en contrôlant les pulsions et désordres neurochimiques. Pour les structures de personnalité perverses c’est plus compliqué voire impossible, mais c’est un long débat…

Sylvie : Merci oui on pourrais en parler  longuement  revenons à  ta vie d auteure…

Ingrid : merci 🙂, avec plaisir

Sylvie : Tu crées et animes des ateliers d’écriture comment t’es venue l’envie et avec qui travailles-tu ? …des jeunes?

Ingrid : J’ai plusieurs « publics ». Je travaille avec l’école Les Mots, à Paris où j’anime des ateliers sur le thème du thriller, pour les adultes. Je propose aussi des ateliers d’écriture ainsi que des Masterclass sur l’écriture de romans (dont le thriller mais pas uniquement), là aussi pour des adultes, que ce soit des passionnés de lecture, des écrivains en herbe, des adolescents… c’est même une activité que je souhaiterais développer en entreprise, je suis convaincue que ça peut être un merveilleux vecteur de cohésion sociale et aussi de prise de confiance en soi : parvenir à s’exprimer correctement, c’est se faire comprendre
se faire entendre…

Sylvie : Je suis novice en atelier, j’aimerais  bien en faire un, comment cela se passe? On a un thème et on écrit ou tu donnes les pistes pour écrire ?

Ingrid : J’ai une grande règle en fer pour taper sur les doigts des mauvais élèves et je les punis aléatoirement pour m’amuser 😛

Sylvie😆

16h20

Geneviève : Bonjour est  pardon pour le retard, j’étais sur une autre affaire, très urgente.

Ingrid : Bonjour Geneviève ! pas de souci, ça arrive !

Plus sérieusement :  j’aborde une technique, en exposant la théorie, en donnant des trucs, des anecdotes, des exemples… et après je donne une consigne d’écriture à mes élèves. Ils rédigent dans un temps imparti, et ensuite on débriefe ce qu’ils ont écrit, pour progresser.
Mes ateliers sont très intenses parce que je veux transmettre beaucoup de choses, mais extrêmement ludiques et bienveillants : on se marre bien, on apprend des choses, il se passe vraiment quelque chose sur le plan humain 🙂

Geneviève : Je vois Ingrid que tu as fait connaissance avec un certain nombre de Flingueuses. Moi qui voulais démarrer cette GAV en douceur…
C’est raté !

Ingrid : Moi je dirais que c’est un début réussi, Geneviève  🙂

Geneviève : Alors Parfait si ça te va.

Sylvie : 😍

Sylvie : Accessible à  tous ou il faut maîtriser la langue et le vocabulaire

Ingrid : Accessible à tous

Geneviève : Je te reconnais bien là, exigeante et pro.

Ingrid : Après les Masterclass sont plutôt réservés aux personnes qui ont un projet de roman

Geneviève👍

Ingrid : c’est gentil, je tâche de l’être, oui.

Sylvie : Merci maintenant je suis au top car j’avais commencé à  écrire et je demande aux auteurs s’ils ont un plan certains commencent en écrivant leur personnages et l’histoire vient ensuite et toi ?
… Ensuite je laisse la place à la cheffe. Je suis bavarde

Ingrid : J’ai un plan ! Je dirais que dans l’écriture de thriller c’est primordial de savoir où on va et comment (pour ne pas écrire d’incohérences)… et cela libère l’écriture, je trouve, car on sait qu’on est dans les clous

Geneviève : Oui ça ce comprends, le polar semble un genre bien normé.

Ingrid : C’est ce qu’on appelle les codes du genre

Geneviève : Mais laissons ces questions pour plus tard, si tu le veux bien, tu auras tout le temps de t’exprimer sur ce sujet avec mes camarades flingueuses tout au long de ces deux jours de garde à vue.  En fait perso, j’aurai aimé savoir quel est ton rapport aux livres et la lecture.

Ingrid : volontiers

Geneviève : Alors dis moi, quand le livre est-il rentré dans ta vie ?

Ingrid : très tôt, j’ai appris à lire seule (ce qui m’a valu de sauter une classe). A l’époque, j’avais le sentiment de faire un truc de grands, d’être une personne importante si je savais lire.
J’adorais les contes de Perrault

Geneviève : Impressionnant, moi qui ne sais toujours pas lire.
Quel genre de livre lisais-tu à l’époque?

Ingrid : ahahah c’est bien imité alors 😛
… les livres de contes, la comtesse de Ségur (comme tout le monde je crois) et ainsi parlait Zarathoustra
(je plaisante)

Geneviève : hahaha 😆

Ingrid : non le Nietzsche j’ai voulu le lire au collège, parce que le titre me plaisait… mais j’ai rien capté 😛

Sylvie : 😆

Ingrid : (ce qui a été une vexation terrible)

Geneviève : Pareil ! Rien capté non plus

Ingrid : 😁

Geneviève : Chez toi, y avait-il une bibliothèque familiale ?

Ingrid : je crois que oui
je piquais quelques bouquins à ma grand-mère

Geneviève : Tu n’en as plus le souvenir ?

Ingrid : je n’ai pas beaucoup de souvenirs de mon enfance

Geneviève : Tu me disais avoir appris à lire avec des contes.

Ingrid : oui ! Les contes je m’en souviens bien 🙂

Geneviève : Mais les contes c’est parfois assez dur ?

Ingrid : j’adorais ça
j’ai toujours mon livre de Perrault

Geneviève : C’est très formateur, tu pense chez une enfant ?

Ingrid : ça ne me choquait pas plus que ça… de toute façon, les enfants (comme les adultes) saisissent ce qu’ils sont à même de saisir, le reste ils l’occulteront

Geneviève : C’est vrai

Ingrid : oui, ça véhicule beaucoup de problématiques universelles, d’archétypes, ce sont aussi des mises en garde symboliques

Geneviève : Toi qu’est que qui te plaisait dans ces contes ?
Dans ceux de Perrault?

Ingrid : Bon… un de mes chats vient de s’inviter dans la GAV (et il est en train de siffler mon verre)

Sylvie : 😍

Ingrid : ne l’encouragez pas avec vos coeurs ! 😆

Geneviève : Il se prends pour ton avocat ! Mais reprenons si l’intrus veut bien !

Ingrid : c’était une façon de m’évader d’un quotidien bof, je crois que j’aimais bien frissonner !
Et…Oui dans mon imaginaire les avocats picolent . 😛

Geneviève : hihi, excellent le chat avocat qui picole. 

Ingrid : J’ai donné le nom d’un de mes chats à un avocat dans un de mes romans !

Sylvie et Geneviève : 👍

Geneviève :  Excellent cette anecdote Ingrid. Mais dis moi, tu aimais  frissonner ?  Déjà à l’époque ?

Ingrid : oui, déjà à l’époque. On porte déjà un peu tout ce qu’on sera en soi, même dans la plus jeune enfance

Geneviève : Excellent ça ! Et alors C’était pas les contes de princesse donc qui t’intéressaient ?

Ingrid : il ne fallait pas qu’il y ait que ça. J’aimais bien Cendrillon, mais j’aurais moins aimé si elle n’avait pas été une martyre et qu’on avait pas coupé les pieds de ses sœurs 😀
bah quoi 😛

Geneviève😆

Ge² : ( le double maléfique de notre porte Flingue entre dans la conversation) Après  les contes quelles lectures ont eu tes faveurs ?

Ingrid : Tiens, tu as changé de tête Geneviève !

Ge² : Oui maintenant Ingrid tu as affaire au double maléfique de Geneviève

Ingrid : J’ai adoré la mythologie grecque ! puis je suis passée à Barjavel, Maupassant, Stephen King, Anne Rice… Un double maléfique ? Je n’en tremble que plus !

Ge² : Obligée de me dédoubler  je suis au taf là !

Ingrid :

Ge² : Mais revenons à toi
Et à tes lectures

Ingrid : bien, chef 😛

Ge² : Hahaha, cheffe j’aime bien ! Lol Alors…La mythologie tu disais ! Là aussi les symboliques sont fortes voire fondatrices, non ?

Ingrid : absolument ! mais je crois que j’ai toujours eu besoin qu’il y ait plusieurs niveaux de lecture, une certaine profondeur…
j’étais pas très fun comme petite fille

Geneviève : Là c’est moi qui vais avoir peur ! Non c’est pour rire 😉 Enfin avec toi… ne sait-on jamais.
Sinon,plus généralement, Ingrid que t’ont apporté tes lectures ?

Ingrid : une fenêtre vers un ailleurs, une évasion du quotidien. C’est comme ça que j’ai appris à raconter des histoires. Le soir avant de m’endormir, du coup, je me projetais dans des histoires que j’inventais, je vivais des trucs géniaux ou durs, mais j’étais moi et une autre à la fois et c’était ma bulle à moi, que personne ne connaissait, où personne ne pouvait m’atteindre 🙂 et tu sais quoi ? Je continue de le faire…
Dans mes livres, certes, mais aussi juste pour moi, avant de m’endormir, parfois…
mes voyages sont intérieurs mais putain que je vais loin !

Geneviève : Besoin de t’évader Petite ?

Ingrid : oui

Geneviève : Quelque chose à fuir ?

Ingrid : bien sûr

Geneviève : Si c’est trop perso tu as le droit de ne pas répondre.

Ingrid : je n’ai pas eu une enfance des plus douces, mais ça m’a apporté force et imagination ! 😉

Geneviève : Tu penses qu’on peut se construire sans douceur ?

Ingrid : oui, à partir du moment où on sait en trouver là où d’autres n’en verraient pas. Trouver de la douceur.Où on comprend ce qui se passe, aussi… c’est le côté psy qui est ressorti très tôt, par nécessité.

Geneviève : Et la lecture a fait partie de cette douceur ? Et tes lectures t’ont forgée aussi ?

Ingrid : douceur et exutoire, aussi ! Je n’étais pas très tendre, ni dans mes jeux, ni dans mes goûts littéraires !

Geneviève : Tu penses que c’est ton vécu qui t’as poussée vers tes études et au-delà vers les littératures dites noires

Ingrid : l’écriture ça a été un hasard, une histoire de rencontre… mais vers la psy sans aucun doute ! J’ai toujours voulu comprendre les gens, le fonctionnement de l’humain 🙂

Geneviève : Du plus loin que tu te souviennes ?

Ingrid : je crois, oui … c’est peut-être pour ça que je voulais leur ouvrir le cerveau ! 😀(je voulais être neurochir)

Geneviève : As tu trouvé du réconfort dans la psy ?

Ingrid : je n’avais plus besoin de réconfort depuis longtemps quand je suis entrée en psycho !
je ne me suis pas construite dans la vulnérabilité !

Ge² (le retour du double maléfique) : Tu décortiques les âmes  et les corps dans tes bouquins ?

Ingrid : oui, madame !

Ge² : Tu es un peu chir finalement

Ingrid : hum… 😏 mais oui, on peut dire ça !

Ge² : Question de bibliothécaire
Attention !
As-tu fréquenté les bibliothèques ?

Ingrid : oui ! Ma bibliothèque municipale et la bibliothèque de la fac, aussi !

Ge² : Qu’y as-tu trouvé ?

Ingrid : je suis très attachée aux bibliothèques, je trouve ça hyper émouvant de voir des gens s’y réfugier, y faire des recherches !
honnêtement ? quand j’étais gamine, tous les livres interdits !
(oui, oui, les livres érotiques aussi…)
Ah ! j’oubliais, tiens, gamine je lisais l’encyclopédie Larousse médicale aussi (j’adorais et ça me dégoûtais en même temps : je tournais certaines pages du bout des doigts de peur de choper ce qu’il y avait sur la photo !)

Sylvie : 😆

Ingrid : après, en fac, un accès immense à la culture, aux essais… j’ai vraiment découvert les essais en fac

Ge² : Tu veux dire que petite déjà tu étais dérangée  ? Oups !!!

Ingrid : Euh… je crois que oui !

Geneviève😍

Ingrid : c’est grave, Docteur ?

Ge² :  possible ! 😆

Geneviève : Sinon penses tu que les bibliothèques et du coup le livre peut avoir un rôle social à jouer ?

Ingrid : mais oui !

Geneviève : Lequel d’après toi ?

Ingrid : Ne serait-ce que pour démocratiser un livre parfois cher, pour dédramatiser la lecture aussi, le fait d’entrer dans un temple du livre où tu ne craindras pas d’être jugé, j’observe aussi (en faisant des murder parties dans les bibhliothèques et médiathèques) qu’il y a une vraie fonction sociale, de construction d’un lien, pour lutter aussi contre l’isolement de certaines personnes. Je crois que les bibliothèques sont des pépites, pour cela, et le plus elles peuvent faire entrer de personnes chez elles, le mieux c’est ! ❤

Geneviève : Tu es engagée !

Ingrid : j’ai mis beaucoup de « h » dans bibliothèque… promis je ne veux rien découper, pourtant !

Sylvie : 😍

Geneviève : 😆 hahaha

Ingrid : oui. Il faut l’être. Pour le rayonnement de la culture, pour les gens aussi, je pense que c’est un acte politique et citoyen d’offrir la possibilité de se documenter ou de s’évader

Geneviève : Justement tu parlais plus haut de murder party, comment conçoit-on une de ces murder ?
On construit une histoire, un scénar, une pièce de théâtre ? ça ressemble à quoi ?

Ingrid : ouh là ! c’est un vrai casse-tête à concevoir ! mais pour faire simple, je viens dans ta librairie ou bibliothèque et on invite entre 50 et 200 personnes à résoudre un mystère en grandeur nature. En gros, on fait vivre aux joueurs une histoire qu’ils auraient pu lire dans un roman policier ! Tout le monde participe, les membres du personnel interprètent des personnages à interroger, on cache des indices un peu partout, on pose quelques énigmes et les gens ont un peu moins de deux heures pour trouver le coupable, le mobile, et l’arme du crime !
oui c’est un peu comme une pièce de théâtre où tout le monde joue un rôle !

Geneviève : Un cluedo grandeur nature
Mais alors il faut impliquer l’équipe ?

Ingrid : c’est génial, les gens s’amusent beaucoup et pour certains d’entre eux c’est une façon soft de remettre les pieds dans une bibliothèque ou librairie : ils se rendent compte que le personnel est cool et que ça a l’air génial de traîner par ici !
oui 😉

Geneviève : Mais l’auteur pour lui c’est un vrai casse tête, non ?

Ingrid : oui ! à concevoir c’est un enfer ! mais quel plaisir de voir les gens s’amuser !

Geneviève et Ge²👍

Geneviève : Dites moi madame l’autrice, il va falloir que l’on parle sérieusement toutes les deux !
Tu sais que tu m’intéresses là !

Sylvie : 👍

Ingrid : mais quand vous voulez, madame la bibliothécaire (mais que c’est long à écrire, ce mot !)

Geneviève : oh punaise à qui le dis-tu, je l’écris tout les jours de ma vie de bibliothécaire, lol 😆

 Ge² : Tu peux dire bib si tu préfères 😉

Ingrid : bib ce sera (genre je vais pas me faire prier)

Geneviève : hihi😆

 Bon je tenterai bien une dernière question car je sais que tu as une autre audition plus tard ?

Ingrid : allez, va pour la dernière

Geneviève : Crois qu’un bon lecteur puisse devenir auteur ? Attention j’ai pas dit un bon auteur ? Et ça marche aussi au féminin !

Ingrid : tu veux dire avec des -trices ? 😉

Ge²: 👍

Geneviève : Oui avec des trices !

Ingrid : si c’est le cas pourquoi pas ? si écrire est une envie, un besoin, il faut se lancer parce que ça fait un bien fou ! et tant pis si on n’écrit que des premiers chapitres, qu’on change d’avis mille fois ou qu’on n’est pas à la hauteur de ce qu’on aurait voulu… la vie est trop courte pour ne pas se faire ce plaisir (et sinon, il y a mes ateliers pour aider 🙂 )

Geneviève👍

Sylvie : 👎

Ingrid : qui a osé mettre un pouce en bas !
je suis choquée
blessée !
trahie !

Sylvie : 👍

Ingrid : (oui c’est la grande scène du II)

Sylvie : 😍

Ingrid : je crois qu’on a perdu Geneviève et son double maléfique !

Geneviève : Non, pas vraiment perdue, occupée 😉…à commencer une nouvelle

Ingrid : héhé ! tu as commencé une nouvelle ?

Geneviève :  Allez savoir ! Et ben merci Ingrid pour ce moment très agréable de GAV, j’en redemande.

Sylvie : 👍

Ingrid : eh bien le plaisir est partagé ! je me réjouis de notre prochain entretien !

Sylvie : 😍

Ingrid : des GAV comme celle-là on en redemande aussi !
à tout à l’heure, donc ?

Geneviève : Moi je reviendrai vers toi, d’abord pour conclure tes 4 auditions.

Ingrid : ok

Geneviève : Et ensuite à titre pro et perso pour parler Apéro polar et murder party

Sylvie : Merci pour l’échange Ingrid à te lire.

Ingrid : volontiers, vraiment, Geneviève

Sylvie et Geneviève😍

Ingrid : Merci Sylvie  🙂

Geneviève : Et maintenant je te libère mais avant as-tu quelque chose à rajouter ou les flingueuses ont-elles une ultime questions ?

Ingrid : merci aussi Danièle  et Aline  et So Fiou  🙂
J’ai un direct insta (celui que j’avais oublié dans mon planning) à 18h30 en direct, si ça vous dit 🙂

Sylvie et Geneviève😮

Geneviève : Les flingueuses, une ultimes choses à demander à Ingrid avant de clore cette audition ?

Dany : Non pas pour le moment Geneviève … je fourbis mes armes pour demain, je note …

Geneviève et Ge²👍

Ingrid : ahaha je les ai épuisées 😉

Geneviève😆

Dany : Épuisée moi (presque ) jamais !

Ge² : Pas si vite chère Ingrid, chez les flingueuses nous avons de la ressource !

Ingrid : en tout cas, vraiment vous avez un concept en or 😉

Sylvie : J’ai donné ma liste de question à  Danièle.   Je fonce sur le live…

Dany :  👍

Geneviève : Alors je déclare la première audition terminée !
à plus tard, alors !

Que l’on ramène notre suspecte dans sa cellule
Et… attention Ingrid, une flingueuse peut en cacher une autre !

Ge² : Je m’en charge !

Geneviève : Parfait ! 

18h 10  :

Fin de la première audition de la Gav d’Ingrid Desjours par Ge et ses Flingueuses.

La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses, dernière audition


La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses,

Episode 4

Mardi 16 octobre 17h30

Suite et fin de la Garde à vue de Monsieur

Vincent Hauuy

4e et dernière audition par Miss Aline.


La GAV, Garde à vue d’un auteur par le Collectif Polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Vincent ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 15 dans l’après midi et le mardi 16 en milieu d’après-midi et jusqu’en début de soirée.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours,

le premier PV a été publié le 25

Le deuxième procès-verbal le 27

L’avant dernière le 29 octobre

Allez place à la GAV de Vincent Hauuy


Vincent : Ready 😉

Ge : Notre flingueuse va arriver

Vincent : ok

Ge : Vincent comment ce passe cette GAV pour vous ?

Vincent : Très bien, cela se passe de façon très naturelle 😉

Ge : C’est à dire ?

Vincent : Pas de heurts dans les questions réponses 😉

Aline : Bonsoir à toutes et bonsoir Vincent.

Vincent : mais peut être avez vous été trop gentilles avec le prévenu 😉
Bonsoir Aline !

Ge : Peut-être ?

Vincent : glups ! Heu …. (gouttes de sueurs)….
… je voulais dire vous avez été TRES gentilles 😛

Aline : Si on ne vous avez pas « demandé » une suite au tricycle, auriez donné d’autres aventures à Wallace ?

Vincent : Je ne sais pas. Peut-être plus tard, je pouvais très bien clore cette histoire sur la fin du Tricycle.

Aline : mais vous ne pouvez pas clore avec le Brasier, on sent qu’il y a encore des choses à révéler, sur Noah ?

Vincent : Après, le personnage était prêt pour une suite ! Je ne sais pas si j’en aurai d’autres qui pourront se prêter à une série.
Non le brasier ne sera pas le dernier épisode. Mais il ne sortira pas l’année prochaine.
J’ai eu besoin de faire un break et partir sur une autre intrigue, d’autres personnages.

Aline : prenez le temps … auriez-vous pu être ami avec Wallace ?

Vincent : Haha, difficilement je crois. Déjà car il en a peu et que j’aurais dû fréquenter un milieu que je ne connais pas.
Le monde des profiteurs aux USA… profileurs pardon
Après nous avons des caractères très différents.

Aline : on n’écrit pas sans une part de soi dans son œuvre et/ou dans ses personnages. Wallace contient-il une part de vous ? Quelle est cette part ? Wallace a-t-il quelque chose que vous aimeriez avoir (un très de caractère par exemple) ?

Vincent : Il y a toujours une part. Il y a une sorte de bienveillance chez Noah que je pense partager avec lui. De la sensibilité également. Si je devais lui emprunter quelque chose, je dirais « ses dons extra lucides »

Aline : pourquoi avoir choisi un homme en personnage central/héros ? Pourquoi pas une femme ?

Vincent : aucune idée, et puis au premier Draft Sophie avait autant d’importance que lui. Je ne choisis pas vraiment mes personnages, ils s’imposent à moi.
Clémence en est le parfait exemple. Bernard Tremblay aussi, ou Abraham Eisik dans le Brasier
Ils sont juste « là », conçus au détour d’un chapitre 🙂

Aline : plusieurs fois (comme bien d’autres auteurs) vous dites que les personnages se sont imposés à vous. Vous pouvez développer ? Qu’est ce que cela veut dire ? Comment un personnage fictif peut prendre son destin en main, c’est vous l’auteur/le créateur ?

Vincent : C’est … étrange.  Cela part d’une étincelle, un contour, une silhouette et après ils prennent forment, ont leur propre voix, et sont animés par leur propres désirs.
Si on fait un plan en avance on peut très bien écrire : Steve tue Bernard sur le coin d’un post it et en faire une scène.

Aline : et ?

Vincent : Mais une fois que l’on connait Steve on se dit : Non, Steve ne peut pas faire ça, ce n’est pas lui.
Dans certaines séries vous avez des fois l’impression qu’un personnage agit de manière irrationnelle. Claque une porte, s’engueule avec un collègue sous un prétexte bidon. C’est quand le scénario a pris le pas sur le personnage,
et c’est ce qu’on appelle être « out of character ».
J’essaie d’appliquer une consigne de SK, (Stephen King, pas Strauss Khan)

Aline : qui est ?

Vincent : qui dit que si l’on est honnête avec ses personnages on ne peut pas se tromper.

Aline : les laisser vivre leur vie ?

Vincent : Les laisser réagir et agir en fonction de leur personnalité. Et à chaque fois que j’ai fait un plan, j’étais confronté à ce problème.
J’ai préféré écouter mes personnages plutôt que mon plan, c’est pour cela que je n’en fais plus.

Aline : je suis d’accord sur le fait qu’un plan enferme les personnages dans leurs actions ou leur personnalité, mais nous sommes bien d’accord que Steve n’existe pas, que c’est vous qui le créait donc d’une certaine manière il n’est pas libre de faire ce qu’il veut . Vous lui avez prêté des traits de caractères, des limites, des peurs etc ?

Vincent : On est le créateur oui, mais à un moment on est le spectateur de l’aquarium dans lequel ils évoluent.
Il y a une phase (la genèse) où l’on est en contrôle, mais une fois qu’on endosse leur costume on les comprend. C’est le même travail qu’un acteur dans le fond.
Surtout lorsqu’on écrit en première personne ou comme je le fais dans mes deux premiers en troisième personne interne. C’est assez fascinant d’ailleurs, d’être créateur/spectateur.

Aline : ça semble évident pour celui ou celle qui écrit mais pour le lecteur cela reste abstrait. Il est difficile de penser que les personnages fictifs échappent à leur concepteur.

Vincent : Je sais, mais tous les auteurs ne fonctionnent pas de la même façon. Peut-être souffrons-nous le temps d’une session d’écriture, d’un trouble dissociatif de l’identité ? 😛

Aline : allez savoir … !
Revenons au Brasier, vous commencez avec trois suicides…waouh, ça commence fort ! Pourquoi ? Pour tout de suite accrocher le lecteur ?

Vincent : Oui.
C’est ce qu’on appelle un hook.

Aline : c’est vrai que l’on voit ça souvent : un début qui explose .

Vincent : C’est un choix narratif.

Aline : je n’en doute pas .
Un amour particulier pour Wagner… est-ce le vôtre ?

Vincent : J’aime bien la musique classique (et beaucoup d’autres styles). Wagner, c’est pour l’énergie, la force. Je trouvais que cela convenait bien à la famille Engelberg.

Aline : complètement oui.
On connait le méchant, on se dit qu’il va forcément être arrêté d’une manière ou d’une d’autre. Le brasier est avant tout l’histoire de Noah. L’intrigue est entre-coupée de  récits sur son enfance.

Vincent : Oui, mais je ne voulais pas que cela soit « évident ». D’ailleurs si on dit son enfance, on spoil ! On pense qu’il s’agit de l’enfance de Karl (ce qui est aussi le cas). Mais je pense que ce sera toujours le cas.
Une partie de la vie de Noah sera dévoilée.

Aline : quel message, idée avez vous voulu faire passer avec ce personnage de Wallace ?

Vincent : Le déterminisme et la résilience.

Aline : vous pouvez développer ?

Vincent : Sommes-nous conditionnés par notre enfance et les traumatismes que nous vivons.Noah tente de se reconstruire mais son passé le rattrape. En cela, il peine à s’affranchir de son enfance.

Aline : la question miroir : pouvons nous nous déconditionner ou reconditionner ?

Vincent : je n’ai pas la réponse. C’est ce qui se passe dans le Tricycle et dans le Brasier. Mais cela passe toujours pas le biais d’épreuves traumatisantes.
Tortures et drogues dans le tricycle, virus dans le Brasier

Aline : c’est dans l’épreuve que l’on se révèle et que l’on avance ou pas !

Vincent : Disons que mes recherches tendent vers le oui quand même. Le conflit est toujours révélateur de caractère.

Aline : certes. Vous pensez donc que l’on peut changer sa personnalité ?

Vincent : Oui, cela existe d’ailleurs. C’est une pathologie.

Aline : vous parlez de dédoublement de la personnalité ?

Vincent : Le trouble dissociatif de l’identité (son nouveau nom). Il y a des cas célèbres.
Mais si la question est : peut-on changer ? Je pense que oui, mais c’est un chemin difficile.

Aline : voilà , je parlais de la personne lambda qui veut changer, s’améliorer, ne plus être ce qu’elle est aux yeux des autres.

Vincent : Nous sommes modelés. Par la famille, l’éducation , et même le langage.

Aline : je suis entièrement d’accord

Vincent : Pour changer il faut s’extraire du moule, tenter de nouvelles expériences (déménager, changer de métier, de cercles d’amis)
mais je ne suis pas sûr qu’on puisse radicalement changer. Peut-être certains traits. Ou certains événement traumatisants.
Manquer de mourir et devenir croyant alors qu’on était athée par exemple.
Ou comme le pécheur australien attaqué par un requin blanc, passer une partie de sa vie à les traquer et puis finir par les protéger.

Aline : la nature profonde d’un être est son identité, son ADN. Il a un très gros travail à faire pour le changer, si cela est profondément et fondamentalement possible.
le Brasier me pousse à m’interroger sur le conditionnement humain à tous niveaux. On peut se demander : a-ton vraiment notre libre arbitre en tant qu’individu, en tant que membre d’une société ?

Vincent : C’est pour cela qu’il brisait la volonté pour le faire (chez MK UItra, qui je le rappelle a existé)
Nous sommes orientés politiquement par exemple. Les médias servent de compas moraux… avant c’était l’église.

Aline : Noah peut-il être heureux ? Va-t-il l’être ?

Vincent : Aucune idée, je n’ai pas encore prévu de fin pour lui 😉
Je verrai le moment venu. Disons qu’il pourrait l’être.

Aline : Et Noah aussi verra ce qu’il a envie de faire le moment venu 🙂

Vincent : A condition de ne plus être hanté. C’est un personnage instinctif, il se laissera guidé 😉

Aline : il va choisir ce qu’il y a de mieux pour lui ! 😉

Vincent : Je pense reprendre tous les personnages du Brasier, pour la suite.

 

Aline : on aura donc une trilogie !

Vincent : Il y aura une suite au Brasier oui. Qu’est devenu Karl ? Que va faire Clémence avec Dimitri, etc…
Et je me suis amusé avec Eisik. Je pensais même faire un spin off sur lui.

Ge : 😮

Aline : Spin off… on prend. Faites vous plaisir, on aura plaisir à vous lire !

Vincent : Il est horrible, mais les chapitres de son point de vue étaient jubilatoires à l’écriture.

Aline : je n’en doute pas. Parce que c’est quelque chose que tout le monde porte en lui : une part sombre… qui s’exprime en réel ou pas .?

Vincent : Oh je pense que c’était son exubérance et son cynisme qui me fascinaient.

Aline : Va pour son exubérance et son cynisme…

Vincent : Un vieux briscard avec des principes, un peu déphasé avec le monde qu’il ne comprend plus, mais encore diablement efficace bien que sa date de péremption sur le terrain soit dépassée.

Aline : c’est dans les vieilles marmites que l’on cuisine le mieux !

Vincent : Oui, haha.

Aline : Je vais vous libérer Vincent. Sachant que Geneviève, doit prendre le relais pour la conclusion. Je tiens à vous remercier pour cet échange fort instructif et passionnant. J’ai passé un excellent moment. merci aussi de votre disponibilité et d’avoir enchaîné les GAV. Geneviève  ?

Vincent : Merci Aline, plaisir partagé.

Aline : 👍

Ge : Oui je vous suis de près.
Je crois que comme vous n’avez pas eu d’avocat je vais vous laisser le dernier mot

Vincent : Pour avoir commis deux romans le tricycle rouge  et le Brasier, je plaide coupable.

Ge : Auriez vous autre chose à rajouter ?

Vincent : j’avoue, c’est moi le responsable. Mais que voulez vous, je n’y peut rien, j’aime ça écrire des thrillers.
A part cela, non. Peut-être une question : A quand la parution du procès verbal ?

Ge : Ah ça c’est la bonne question. Moi même je ne le sais pas.

Vincent : On verra bien le moment venu !

Ge : Mais vous le premier prévenu 😉

Vincent : Oh, merci 🙂

Ge : Comme Aline je vais vous remercier pour tout ce temps consacré. Et c’est jolis échanges.

Vincent : Merci, comme je l’ai écrit, le plaisir est partagé !
Sur ce, à moins qu’il n’y ait une question de dernière minute. Je vais devoir quitter l’écran et… manger 🙂

Ge : Alors sur ces dernières paroles je déclare la fin de la 4e audition de monsieur Vincent Hauuy .

Vincent : Je vous souhaite à toutes une belle soirée !

Aline : 👍

Ge : Allez tout le monde passe à table !

Vincent : Bon appétit !

Aline : A quelle table ? qui est l’hôte ?

Ge : La Garde à Vue étant terminée que l’on relâche notre suspect ! Monsieur Hauuy est à nouveau libre.

Voici le dernier PV d’audition de ces 2 jours de GAV.

La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses, troisième audition


La GAV de @Vincent Hauuy sous le feu des flingueuses,

Episode 3

Mardi 16 octobre 17h30

Suite de la Garde à vue de Monsieur

Vincent Hauuy

3e audition par Clémence.


La GAV, Garde à vue d’un auteur par le Collectif Polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV de Vincent ayant eu lieu la semaine dernière entre le lundi 15 dans l’après midi et le mardi 16 en milieu d’après-midi et jusqu’en début de soirée.

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 6 jours, 1 tous les deux jours,

le premier PV a été publié le 25

Le deuxième procès-verbal le 27

Le dernier le sera le 31 octobre

Allez place à la GAV de Vincent Hauuy


Geneviève : Faites entrer notre suspect et notre flingueuse.

Clémence : Me voilà ! Bonjour Vincent  😉

Vincent : Bonjour Clémence

Clémence : Prêt à passer à la suite ?

Vincent : Oui paré

Clém : Alors on y va !
J’aimerai connaître vos rituels d’écriture ? Avez vous des habitudes , des préférences ?

Vincent : Pas vraiment de rituels, mais des horaires de préférence. Le matin et le soir

Clém : J’ai envie de vous demander pourquoi ? Pour le calme ? L’organisation du quotidien ?

Vincent : Au départ pour l’organisation (en dehors du travail), mais désormais free-lance à la maison, c’est en raison de mon esprit plus fécond dans ces créneaux

Clém : Vous vous astreignez à l’écriture quotidiennement ?

Vincent : Oui, normalement, 1000 mots/jours, mais il m’arrive de faire plus et moins certains jours ou je suis plus fatigué

Clém : C’est ça comme nous tous il y a des jours où l’on est moins productifs.

Vincent : Oui, et cela vient aussi de mon habitude de ne pas faire de plans, l’inspiration est variable

Clém : Vous dites donc que quand vous commencez vous ne savez pas comment va se finir l’histoire ?

Vincent : c’est ça. J’aime la découvrir. Il m’arrive d’émettre des hypothèses, d’imaginer quelques sens futurs, mais dans l’ensemble je découvre mon histoire.
Cela fonctionne vraiment à partir du moment ou les personnages prennent vie. Ils deviennent « autonomes » j’ai envie de dire.

Clém : Plus l’histoire prend forme plus vous vous lâchez en somme ? Vous prenez de plus en plus de plaisir c’est ça ?

Vincent : Oui, c’est l’idée, mais c’est aussi angoissant. On saute dans le vide, sans parachute.
Avant je faisais des plans, mais mes personnages se rebellaient et il ne me servait plus à rien.

Clém : C’est peut être une des raisons du succès de vos intrigues et de leur « chute » finale … puisque vous-même ne savez pas où cela va vous mener ?

Vincent : haha peut être oui. Après, il n’y a pas de règles pour concevoir une histoire. Chez les anglophones il y a une distinction faite entre les « pantsers » (ceux qui improvisent) et les « ploters » ceux qui ne commentent pas une ligne sans avoir le plan.Stephen King est un pantser. Il se laisse porter par le thème et ses personnages

Clém : Peut on dire que vous vous êtes inspiré de l’écriture de Stephen king ou du moins qu’elle vous donné des idées ?

Vincent : Des idées non, certains emprunts de style surement. Disons que j’apprécie le sens du détail et d’explorer la psychologie des personnages.
Bien sur il y ces fameuses phrases en italique typiques de l’auteur, mais que beaucoup reprennent.

Clém : D’accord merci pour ces explications, j’aimerai revenir sur votre lieu d’écriture . Avez-vous un bureau ou pouvez-vous écrire n’importe où ? Comme vous bougez souvent peut être est ce difficile de se préparer un lieu bien à soi à chaque déménagement ? 
Je pense par exemple à maxime Chattam et son bureau des horreurs 🙂

Vincent : Alors pour le Tricycle j’avais une cave dédiée (mon sous sol), pour les autres livres, je suis passé en mode nomade et j’écris sur mon portable, n’importe où.

Clém : Cela ne change rien pour vous pour votre inspiration  ?

Vincent : Il faudrait que j’ai une nouvelle antre pour comparer ! Pour l’instant, non, je ne pense pas.

Clém : Même pas un petit morceau de musique en fond ?

Vincent : Peut être si j’avais un bureau rempli de figurines et une déco gothique… ha ça, si. Mais j’alterne entre musique, bruits de fonds (pluie, feu de cheminée) et ondes binaurales.

Clém : On peut en savoir un peu plus ? Sur le style musical j’entends

Vincent : Musiques de films, mais neutre si possible

Clém : Ondes binaurales qu’est ce donc ?

Vincent : des bruits dans chaque oreille sensée stimuler le cerveau.

Clém : Des bruits de quels type ?

Vincent : concentration ect…
Il faut tester pour expérimenter, mais cela ressemble à un bip continu.

Clém : D’accord et cela ne vous  déconcentre pas ?

Vincent : non, justement, c’est assez déconcertant, mais cela fonctionne

Clém : C’est original ! Puisque nous sommes dans la musique, hier vous nous avez avoué avoir dû vous séparer de vos instruments de musique , vous êtes donc un passionné ?

Vincent : pour le tricycle rouge j’écoutais beaucoup de Atrium Carceri.
J’ai fait de la batterie pendant 18 ans. Et j’ai composé quelques musiques aussi.

Clém : Uniquement la batterie ?

Vincent : un peu de guitare, des percussions. Et un clavier, mais je n’était pas très bon dans mes instruments secondaires 😉

Clém : On ne peut pas être bon partout ! Si on devait prioriser tes passions la musique passerait-elle avant la lecture et l’écriture ?

Vincent : non, mais elle n’est pas loin.

Geneviève en aparté avec Danièle : Tiens notre Clem est passée au tutoiement ! 

Dany: Tu as remarqué toi aussi Cheffe ?

Geneviève : voui et Vincent fait comme si de rien n’était. Impertubable notre auteur ! 

Danièle et Ge : 😉

Clém : Tu évoquais également le cinéma , fait-il partie de tes passions aussi ?

Vincent : Disons que c’est très différent. J’étais dans un groupe de musique et lorsque j’écris je suis seul.
Oui, je suis un boulimique de cinéma et séries

Clém : Tu as donc une vie bien remplie !

Vincent : Oh que oui ! Ajoutons à cela la vie de famille etc…

Clém : Que du bonheur en somme …

Vincent : Oui je n’ai pas à me plaindre. Même si le temps défile à une vitesse inouïe.

Clém : Parenthèse : je m’excuse pour le tutoiement qui m’a échappé …
Oh oui je suis bien d’accord …

Vincent : heu j’ai pas fait attention. Au Québec c’est la norme.

Clém : D’ailleurs , vous avez accepté pour notre plus grand plaisir de participer à cette expérience, mais au final nous voyons peu d’interviews de vous .. est-ce un choix de rester discret ?

Vincent : heu non pas du tout ! On ne me le propose pas tout simplement 🙂

Clém : On y pense pas tout simplement cela doit être l’explication . 
Que diriez vous de vos relations avec votre lectorat?

Vincent : il est assez distant pour l’instant et ne se fait que par retour sur les réseaux sociaux et via les bloggers. J’aimerais participer à davantage de salons pour les rencontrer.

Clém : J’allais y venir … les salons … étant à l’étranger il vous est difficile de vous y rendre?

Vincent : A Montréal, oui. Mais je suis de retour en Europe, et un billet d’avion Faro-Paris (par exemple) coute à peine plus qu’un billet de TGV

Clém : Vous aviez fait le salon du livre de Paris. En avez-vous fais d’autres et qu’en avez vous pensé ? Qu’avez vous ressenti ?

Vincent : j’étais au Salon de Paris et de Montréal. Ensuite j’ai fais les nocturnes littéraires dans le sud de la France cet été. Je retourne en novembre à Toulon pour le salon du Var.
Pour l’instant, c’est plaisant, mais j’avoue avoir eu assez peu de monde en dédicace. Je ne suis pas assez connu !

Clém : Pourtant vos livres le sont ! Peut être n’avez-vous pas été mis assez en avant ?

Vincent : Oh non, je pense que les livres sont plus connus que l’auteur tout simplement. Surtout le Tricycle d’ailleurs

Clém : Au final n’est ce pas l’essentiel ?

Vincent : oh, si. Je n’ai pas de problème d’égo en souffrance, tout va bien 😉

Clém : LOL c’est le principal ! Et il y a de quoi être fier après votre prix et votre publication en format poche . Beaucoup d’auteurs rêvent de voir leurs bébés apparaître en édition poche.

Vincent : C’est vrai que c’est fantastique d’avoir une sortie poche !

Clém : Vous pourriez prétendre à une participation sur le super salon de « Saint-Maur en poche » peut-être ?

Vincent : Après ça met une forme de pression !
C’est mon éditeur « Le livre de poche » qui doit s’en occuper. Mais je pense que si Collard n’a pas lu (ou pas apprécié) mes livres, c’est cuit 🙂

Clém : Vous serez peut être entendu … qui sait ?! 
Pensez vous que le fait d’être édité en version poche vous ouvre les portes d’entrées de l’édition plus facilement? Vous crédibilise en quelque sorte ?

Ge : Notre libraire n’est heureusement pas le seul à choisir les auteurs.


Vincent : Je n’ai aucune idée si cela me rend plus crédible. J’imagine que oui, mais la vérité est que je connais assez peu ce qui se passe vraiment en coulisse.
Je pense que le nombre de vente globale d’un livre a un impact en revanche.

Clém : Il se peut oui en effet … Comment avez-vous pu concrétiser avec votre maison d’édition?

Vincent : Le concours. Le gagnant était édité, tout simplement.

Clém : Et pour le suivant ?

Vincent : Et bien, j’étais déjà auteur de la maison, donc c’était beaucoup plus simple !

Clém : Mais être auteur déjà intronisé  ne veut pas dire que le second roman plaira ?

Vincent : c’est vrai, j’aurais pu avoir une mauvaise surprise à la remise du manuscrit !

Clém : Et pourtant non ce qui prouve la qualité de vos écrits apparemment !

Vincent : mais cela n’a pas été le cas ! Il peut arriver effectivement qu’on demande de revoir la copie car non publiable !

Clém : En dernier point j’aimerai abordé vos influences , vous avez évoqué King mais encore ?

Vincent: King, Tolkien, Dan Simmons, George Martins.

Ge : Des sacrées références vous avez placé la barre très haut

Vincent : Grangé chez les français, Stieg Larson…

Clém : Des grands noms … si vous me le permettez je fais un petit retour en arrière … on rembobine …
Si l’occasion du concours ne s’était pas présentée auriez-vous quand même tenté le combat pour la recherche d’une ME?

Vincent : chez les nordiques (le pauvre quand j’y pense) …
Oui, j’aurai tenté ma chance dans une ME. J’aurais, d’ailleurs j’ai des manuscrits non publiés d’un tout autre genre, que je signerai surement sous pseudo.

Clém : On peut savoir de quel genre il s’agit ?

Ge : 😮

Vincent : j’ai un Fantasy jeunesse, une bit-lit et un un SF (dystopie cyperpunk)

Clém : Alors je suis désolée mais besoin que l’on m’éclaire sur Bit-lit ?

Vincent : vampires, loup garous. « Bite Littérature »… devenu « bitlit »

Ge : Ça tombe bien ce sont des gens aussi que l’on apprécie chez « collectif polar »

Clém : « bite » mordre … ok je saisis …

Vincent : Ils doivent être retravaillés, il m’ont servi à progresser. Ils ont été écrits avant le Tricycle.

Clém : Chaque tentative est un pas de plus vers la réussite !

Vincent : mais ok, je note.
Oui, je crois beaucoup au travail. On s’améliore à force de travail et de persistance.

Clém : Et de persévérance c’est clair

Vincent : Oui, on peut être tenté d’arrêter. C’est long d’écrire un livre !

Clém : Je suppose que comme dans chaque projet il y a des moments de doute et l’envie d’abandonner, mais la passion prend toujours le dessus.
Et bien Vincent notre audition touche à sa fin , je te remercie pour cet agréable moment d’échanges et je te propose une petite pause avant la prochaine ( si la cheffe est d’accord ) ?

Vincent : oui sans la passion les mots sont morts de toute façon.

Ge : Peut-être une dernière question justement sur l’envie d’abandonner

Vincent : Oui ?

Ge : Vincent dites-moi vous croyez qu’ écrire est un chemin de souffrance ?

Vincent : Elle est présente surtout lorsque je m’enlise ou j’ai l’impression d’être dans un cul de sac narratif. C’est l’inconvénient de mon mode d’écriture. Et souvent je me dis « ha si t’avais fait un plan !! »
Mais on arrive toujours à s’en sortir. Les culs de sacs poussent à réfléchir.

Clém : C’est ce qui fait l’inattendu 😉

Vincent : mais peut aussi générer des crises d’angoisse !

Clém : Ainsi que pour le lecteur lol ! 
Je vous remercie Vincent  et laisse la place à Aline dès qu’elle sera prête

Vincent : Ok, c’est donc à quelle heure ? à 18h30 c’est ça ?

Ge : Je n’ai plus les horaires en tête. Mais je m’informe. 

Vincent : Il me semble. D’après le message d’Aline. (ce qui m’arrange car je dois aller chercher mon petiot à la crèche. Je reviens tantôt 😉

Ge : A très vite. Après votre permission

Clém : A bientôt et merci

Ge : Merci Clémence, fort intéressant interrogatoire.

19h08 je note:  Fin de la troisième audition. On se retrouve dans moins d’une heure pour la suite et fin

NDLR : Pour vous chers lecteurs et chères lectrices, il vous faudra être patient. La retranscription de la dernière audition de cette garde à vue se fera le 31 dans l’aprem.