Laisse tomber de Nick Gardel


Le livre : Laisse tomber de Nick Gardel  – Paru le 12 mars 2019 aux éditions Caïman. 12€ ; ( 212 pages) ;  12×19  cm.

 4ème de couverture :

Antoine Spisser est obèse. Ça ne le définit pas, mais ça le décrit assez bien.

Surtout quand il se retrouve en équilibre sur la rambarde d’un balcon à 15 mètres du sol.

Mais ce qui l’a amené dans cette situation est une autre histoire.

Et ce ne sont pas les autres copropriétaires de son petit immeuble qui vous diront le contraire.

Enfin… Ceux qui sont encore en vie…

 

L’auteur : Si Desproges revêtait ses plus beaux atours pour agacer la libido d’un Exbrayat ayant viré sa cuti, le résultat de telles amours coupables aurait sans doute donné une calamité biblique comme l’est Nick Gardel. Ni Rasta ni danseur de Tango, le type s’ingénie à valser avec les mots. Son quadrille lexical n’a aucun sens, mais il lui arrive de lorgner du côté des aînés illustres. Ça tombe bien, Nick Gardel est né dans les années 70, élevé par des tontons, biberonné au Bebel magnifique ou marginal et il balance des mandales comme Lino. Mais, chez lui, point de nostalgie, le verbe se mâchonne avec des pâtes et des potes, entre Brassens et Thiéfaine. Le noir et le polar n’ont qu’à bien se tenir, c’est avec le sourire qu’il les alambique. Le roman de gare y retrouvera au moins ses lettres de noblesse.

 

 Extraits :
« Élever ma masse et gravir les étages n’a jamais été une sinécure pour moi. L’escalier est l’ennemi du gros. Il procure un sentiment erroné de stabilité. Une succession de petits efforts qui donne l’illusion du réalisable. Mais la répétition de ces stations minuscules que sont les marches est pire qu’un chemin de croix. Trop étroites pour décider d’y faire une pause, on les enchaîne témérairement. On surpasse ses propres capacités pour atteindre le palier suivant. Là, le retour en arrière n’est plus envisageable, l’énergie mise en jeu ne peut être gaspillée, il faut monter, encore, coûte que coûte, malgré le corps qui rechigne, le souffle qui manque, le cœur qui s’alarme et le système sudoral qui s’emballe. Le gros ne s’élève pas, il grimpe, avec le cortège de souffrance que cela engendre. »

 

 

La chronique jubilatoire de Dany

C’est de la pure jubilation cotée à 9.5/10 sur l’échelle d’agression des zygomatiques ! Avec sa gouaille habituelle, son sens du calembour et ses personnages hors normes, l’auteur nous présente les tribulations d’un obèse qui a des difficultés à s’assumer.

Pourtant il a eu de la chance Antoine, il vit comme on dit « de ses rentes » mais du fait de son appartement en rez-de-chaussée, on le confond avec le gardien de l’immeuble. Il se voit alors contraint de rendre service … et c’est alors que tout tourne mal !

Coté fiche pratique de bricolage, de volets (cf. Droit dans le mur) il n’est plus question, cette fois nous apprenons à fabriquer nos produits de nettoyage domestiques (désinfection du frigo et joints de salle de bains), écologiques et économiques.

Des copropriétaires encombrants et complètement barrés vont rendre la vie d’Antoine quasi impossible. Et c’est aussi une réflexion grave sur la vieillesse et la dépendance qui s’invite chez le lecteur …

Nous découvrons également l’approche du doute comme philosophie de comportement : la zététique.

L’auteur émaille son récit de références cinématographiques, le jardin secret d’Antoine.

Oui, tout pourrait aller pour le mieux dans la vie d’Antoine, pas aussi vieux que ses voisins, mais cependant handicapé par son embonpoint. Dans cet immeuble, le drame vient des voisins du dessus ! Souvent les voisins du dessus ! Et quand survient un accident mortel, c’est un enquêteur placardisé et incompétent qui va être chargé de l’enquête. Il voit là  l’occasion de redorer son image et va mettre tout en œuvre pour confondre des innocents ! Tous suspects sauf peut-être le véritable auteur de la bavure …

Nick Gardel nous balade dans cette « aventure alsacienne » et son héros n’est pas sans rappeler le « pauvre » Martin de ses débuts (cf. Le cercle d’agréables compagnies) victime des coups du sort incongrus autant qu’improbables. 212 pages, je l’ai dit, de rigolades … mais où va-t-il chercher tout ça ! 212 pages truffées de surprises comme on aimerait en lire d’avantage dans ce monde de brutes, car en fin de compte, c’est bougrement bien écrit !

Trop court Monsieur Gardel, même si certains personnages ne sont pas en état de servir une deuxième fois, on en redemande !

Merci Nick de m’avoir fait confiance pour cette lecture avant-première

 

Extraits : 
« Il faut compter un bon demi-litre de vinaigre pour un litre d’eau tiède. Là-dessus, une grosse cuillère de savon noir et surtout des huiles essentielles. Moi j’aime le citron et le pin. Mais je varie parfois avec de la lavande, de la menthe poivrée, de l’eucalyptus ou de la cannelle. Mais on a tôt fait de se retrouver avec un intérieur qui sent comme les relents d’un vieux moule à gâteaux moisi ou les toilettes publiques d’une gare de province. Alors j’en reste aux basiques : agrumes et pin des landes.
Quand je dois réfléchir, je ne me perds pas dans la contemplation des chiures de mouches sur mon plafond. Je ne bave pas, l’œil vide, face à un soap américain de début d’après-midi. Quand il me faut du temps de cerveau disponible, pas besoin des pubs de la première chaîne, je prépare ma tambouille dans une cuvette, je dose, je dilue, je touille et finalement je transfère à l’entonnoir dans un pulvérisateur qui va devenir mon arme de destruction bactérienne massive.
C’est un préparatif, un préliminaire à la vaste orgie ménagère qui va avoir lieu. »
« Orsini est la caricature du vieillard. Voûté, la peau parcheminée et plissée comme un lit défait, il a dans les yeux une éternelle tristesse qu’aucun sourire ne pourra jamais totalement effacer. Son front a gagné la lutte de terrain sur sa chevelure blanchie qui se retire néanmoins dignement dans l’arrière-pays de son crâne. Ses lobes d’oreilles accusent les ans, dévorés par la broussaille, tandis qu’un nez large s’épate entre rides et poches, ombrant des lèvres fines sans teinte. Orsini n’a pas d’âge, mais le compteur a dû sacrément tourner. C’est le seul représentant mâle de notre copropriété, si on excepte mon auguste personne. Il est la preuve que cacochyme s’accorde surtout au féminin, les hommes lâchant la cordée bien avant le sexe prétendu faible. Il ne vient qu’exceptionnellement aux assemblées générales, on ne le croise que rarement tant il vit dans le confort clos de son appartement du premier étage. Je crois que je ne l’ai jamais vu autrement que dans un impeccable costume qui lui donne cette classe surannée des anciens chanteurs de charme. Pourtant, là, devant moi, il donne l’impression d’avoir rétréci dans une coquille trop grande. Bien sûr, la masse de mon corps en impose, mais il se rajoute un je-ne-sais-quoi de déséquilibré dans notre confrontation sur mon paillasson. Je me sens dans la peau d’un ogre devant l’un des frères de Poucet. »
« …j’enseigne la zététique à l’université.
— L’esthétique ? interrogea Berchtold soupçonneux.
— Non Zé-té-tique, avec un Z. C’est la science du doute.
— Du doute ?
— Oui, le doute, l’esprit critique, la remise en question des croyances paranormales.
— Vous enseignez aux gens à douter ?
— C’est cela. Disons que, plus modestement, j’essaye de leur apprendre à développer des armes de défense contre les raccourcis et les approximations qui permettent aux charlatans de s’installer. Rien de bien extraordinaire, voyez-vous. Du bon sens, je suis sûr que dans votre métier vous pratiquez cela quotidiennement.
— Pas à ma connaissance. Le cursus policier ne comporte aucune formation aux techniques… comment dites-vous déjà… zététiques.
— C’est essentiellement un mot, mais je suis sûr que vous en maîtrisez les fondements de façon intuitive.
— Un bon enquêteur doute, c’est sûr.
— Exactement. Par exemple, dans vos interrogatoires, vous connaissez le principe des moisissures argumentatives de l’esprit ?
— Des quoi ?
— Vous voyez, c’est un des premiers postulats, si vous voulez imposer une idée, commencez par définir un vocabulaire. En fait, derrière cette appellation obscure je faisais référence à une série de processus logiques que l’on met en œuvre pour dissimuler sa mauvaise foi.
« C’est comme cela qu’après avoir fait le tour des merveilles cinématographiques qu’on associe généralement à un plat de pâtes, d’une trilogie des dollars jusqu’aux différents « il était une fois », poussant même aux limites d’un héros cradingue qui s’appellerait personne, je me noyais dans le grand Ouest américain classique en suivant distraitement les péripéties d’un Gregory Peck mené à la baguette par le sémillant égyptien Omar Sharif, plus mexicain que jamais. La scène de l’ombre d’un piton rocheux indiquant l’entrée d’une vallée merveilleuse valait bien les deux heures molles de cet « Or de McKenna ». Parfois le souvenir d’un émerveillement d’enfant suffit. Le cinéma a cette force, il peut vous marquer l’esprit si profondément que même le temps n’arrivera pas à effacer cette sensation. Distordue, délavée, déformée, mais toujours vivace, elle reviendra par surprise des décennies plus tard, essayant de se faire une place dans votre réalité mémorielle. »

Et retrouvez ICI l’ITW de Nick par miss Aline et Mamie Danièle

Serial Belle-Fille de Cécile Pellault


La double chronique

Aujourd’hui deux flingueuse se sont penchées sur un premier roman.

Ce matin c’est Maud qui vous parle de sa lecture.

Cet après-midi notre jumelle papotera avec son porte flingue pour savoir ce qu’elle aussi à penser de ce titre.

Allez je vous laisse découvrir l’avis de Maud

serial belle-fille de cécile pellaultLe livre : Serial Belle-Fille de Cécile Pellault. Paru le 24 Mai 2005 aux Editions Le Manuscrit. Collection : Fiction et Litt. 15.90 euros. 158 pages. 14 x 0,9 x 22,5 cm


4ème de couverture :
Des femmes qui se retrouvent pour partager leurs déboires avec leurs belles-mères, des supplices inventés pour se défouler de la frustration à devoir les supporter, une soupape d’humour pour ne pas craquer et renvoyer ladite mégère dans ses pénates. . . Mais la plaisanterie tourne au cauchemar, le jour où une vieille fille décide de gagner l’admiration de Chloé, la présidente du club, et celle de ses amies en agressant leurs belles-mères pour les venger. . . Un jeu de piste s’engage pour la débusquer et tout le monde est mis à contribution. . .

L’auteur : Cécile Pellault a déjà publié trois romans : Serial Belle-FilleOn ne choisit pas sa famille et Le Brouillard d’une vie. Ce dernier a reçu le Prix du rendez-vous littéraire du salon de Moret sur Loing en 2016. Elle est également auteure de nouvelles et de poésie. Elle a vu un de ses textes primé par le Musée du Luxembourg et édité dans l’ebook collectif réalisé par le musée sur le peintre Fragonard.
Extraits :
« Je ne sais pas si on doit en rire ou en pleurer. C’est une chose de plaisanter sur les supplices en réunion, de nous défouler comme des gamines de nos frustrations de belle-fille à défaut d’aller à la confrontation avec nos belles-mères. Ce sont tout de même les mères de nos maris, concubins, voir concubines et comme on ne peut pas exiger de couper les ponts. »

Les Lectures de Maud :


 N’ayant pourtant pas de belle-mère actuellement, je me suis laissée tenter par cette découverte à la fois de l’auteur et de ce premier livre dont le thème m’avait fait sourire. Et oui qui n’a jamais eu envie d’envoyer sa belle-mère suite à une réflexion sur son travail ? sa maison ? ou ses enfants ?

Une histoire originale de jeunes femmes qui ne supportent plus leur belle-mère respective et qui se regroupent afin de se lâcher à leur sujet. Une ambiance à la fois noire car ce livre relate également les différentes conditions sociale et culturelle des protagonistes. On y retrouve par exemple la femme au foyer, la working girl, la flic, … autant de personnalités différentes mais qui ont un réel point commun.

Chloé, personnage principal, nous relate son quotidien, ses espoirs, sa vie, son association à laquelle elle voue une partie de son temps. Pourtant derrière le côté « vidage de sac » pendant leurs soirées, les fantasmes de vengeance à l’encontre de la mère de leur amour pleuvent. Tout se passe bien jusqu’au moment où l’une d’entre elles va se mettre à réaliser leurs rêves cachés. Chloé et son équipe, prises de remords, vont faire en sorte que les expéditions punitives cessent. Pourtant après avoir souhaités bien des maux à l’encontre de la grand-mère de leurs enfants, elles vont se rendre compte que derrière l’attitude il y a un profond malaise… Jusqu’où ira la vengeance ? Jusqu’aux excuses ?

Dans un style à la fois léger, direct et oral, ponctué d’humour et de sarcasmes, l’auteur met en lumière le ressenti de (sûrement) beaucoup de femmes. De nombreux dialogues rythment ce récit à la fois ludique, très réaliste, émouvant et faisant ressentir un cocktail d’émotions. Les relations humaines, les clichés et la vie de tous les jours sont également à l’honneur.

Je regrette juste l’absence de traduction lors de passages en anglais, ayant des connaissances plus que limitées dans cette langue.

Version lue : Broché

Mention : premier livre

Enfin (tous) réunis d’Annabelle Léna


Le livre : Enfin (tous) réunis  d’Annabelle Léna. Paru le 21 septembre 2013 aux ed. du Caïman. 12€ ; (254 p.) ; 19 x 12 cm

4e de couv :

Marseille, nowadays. Les maquereaux tombent les uns après les autres, un couteau planté dans le coeur. Le commissaire Rognes est chargé de l’enquête mais il s’en fout, comme il se fout de tout.

Sur le lieu d’un des meurtres, une photo sépia attire son attention. Une photo toute simple mais qui l’obsédera jusqu’à lui faire affrontée son propre album de famille.

Les intrigues se croisent, entre vengeance des prostituées du quartier et introspection d’un homme trop seul. Bien sûr, pour être heureux, il lui suffirait de rassembler les siens…

Mais comment faire ?

 

L’auteur : Annabelle Léna est née le 25 juillet 1979 à Marseille. Elle grandit à la campagne où, à l’abri d’un saule pleureur, elle s’assoit et reve durant des heures. Petite, elle veut devenir caissière indépendante mais ne trouva aucun débouche, à Page adulte. À défaut, et après des études bien ennuyeuses, elle devient donc contrôleur de gestion mais trop d’histoires se bousculaient dans sa tête en réclamant à sortir. Annabelle se fâcha alors avec les chiffres pour acheter un stylo quatre couleurs et écrire. Écrire, encore écrire. Elle fit ainsi la fortune de certaines papeteries et remplit ses tiroirs de feuillets fiévreusement raturés. Depuis elle a publié 2 romans. « A tort ou à raison » chez Eastern Editions. Et celui ci , Enfin (tous) réunis aux ed. du Caïman.

 

Extrait : « Rognes avait tout compris. Et il s’en maudissait.
Il se maudissait car peu importait si ces deux bonnes femmes se détestaient, se tripotaient ou bien s’echangeaient des secrets sur les méthodes d’epilation à la cire. Ce qu’il devait déchiffrer, lui, c’était pourquoi le coeur du type à terre avait été transperce par un couteau en G-10, c’est-à-dire en fibre de carbone avec résine, laminé en multicouche, soit un petit bijou dont le prix affichait plusieurs zéros et n’intéressait que les cultelluphilistes, le tout incliné en suivant un angle sud / sud-ouest impeccable.
Mais ça, Rognes n’en savait rien…
Et surtout, il s’en foutait. »

Le Post-It de Ge

 

A Marseille le commissaire Rognes enquête sur la mort de plusieurs souteneurs. Une vieille photographie découverte à côté de l’un des cadavres va l’obséder.

Enfin (tous) réunis est son deuxième  roman noir. Le ton y est incisif, les personnages torturés.

Annabelle Léna nous fait vivre la descente au enfer d’un flic torturé, dépressif, sans conteste. Un mec pas forcément sympa, il peut même être carrément odieux. C’est vrai, on lui trouve des excuses, il a perdu sa femme et sa fille, alors depuis il a une obsession. Il cherche à se recréer une famille. Et c’est aussi sans doute pour cela qu’il est attiré par les photos des autres. Peut-être cherche-t-il a ce composer un album digne de la famille qu’il aurait aimé avoir.

Alors on va suivre l’odieux commissaire Rogue dans son enquête marseillaise, à la poursuite d’un tueur en série s’en prenant aux proxénètes . Mais notre policier, il faut le dire ne met guère de cœur à l’ouvrage pour résoudre cette affaire qui secoue de la cité phocéenne.

La cité phocéenne, parlant en, c’est bel et bien le deuxième personnage de ce roman, même si sous la plume de l’auteur la ville est fantasmée voire magnifiée. On l’a découvre tantôt belle et enjouée et d’autres fois, sordide, sale ou encore misérable.

Vous l’aurez compris, Annabelle Lena nous propose un roman noir sans nuance, elle excelle quand elle nous parle et décortique l’âme humaine, quand elle compose ces personnages. Sa plume est alerte et sait se monter parfois ironique et aime jouer avec l’humour. Un humour noir, grinçant, il va sans dire.

Et même si l’intrigue policière passe au second plan, cela me m’a pas gênée dans ma lecture tellement le style et la maîtrise de l’écriture sont au rendez vous. Ce roman, je vous le dis, est une formidable découverte.

Extrait :
Quoi ? Vingt-quatre cadavres de filles dans la salle de bains ? Pourquoi n’ai-je pas été prévenu plus tôt ?
 Heu… non, commissaire. Vingt-quatre passeports…
(…)
Et que ceux, comme Ranc, qui voulaient sa place aillent se faire foutre car vingt-quatre cadavres pouvaient parfaitement s’entasser dans une salle de bains. Découpés en petits morceaux et bien alignés, ça devait tenir. Peut-être en utilisant quelques planches de bois pour éviter l’affaissement de l’édifice. Suffisait simplement d’être organisé, de vider le sang, de se débarrasser des organes spongieux, de réfrigérer la pièce et de s’équiper en formaldéhyde.

Ma vie sera pire que la tienne – Williams Exbrayat


Chronique duo ou la chronique à deux voix

2 flingueuses papotent ensemble et parle de leur ressenti de lecteure autour d’un même titre

Ce soir c’est Maud et Mamie Danièle qui nous par du polar d’Exbraxat. Williams, pas Charles, hein !

Alors..

 

Le livre : Ma vie sera pire que la tienne de Williams Exbrayat. Paru le 29 Août 2018 aux Editions Independently published. 12.99 euros. (240 pages.) 15 X 23cm

4ème de couverture :
Quel est le point commun entre un looser amoureux, un bouledogue alcoolique nommé Disco Boy et une jolie hôtesse de casino ? Une sévère propension à être là au mauvais endroit, au mauvais moment. Ces trois-là n’étaient pas faits pour se rencontrer, encore moins pour évoluer en milieu hostile : des trafiquants de drogues, des braqueurs grimés en présidents, des flics retors et une bête qui hante la campagne. Tuer ou se faire tuer, telle est désormais leur seule alternative.

 

L’auteur : Williams Exbrayat est dompteur de livres en bibliothèque et auteur de polar. Il est le créateur de la série humoristico-policière Maddog qui met en scène un détective privé à la morale douteuse et à la gouaille fleurie. Chasse à l’épaulard, le deuxième volet de la série, a remporté le prix des lecteurs du livre numérique 2014. Il y a toujours un peu d’humour et beaucoup de noirceur dans son travail comme en atteste son nouveau méfait : Ma vie sera pire que la tienne, un mélange détonant de roman noir, de novella et de pulp.

 

 

Extrait :
« La route n’en finit pas de serpenter dans la montagne. Des villages reculés, des vieilles bâtisses à l’abandon, des champs mangés par la forêt. Ici, la violence, c’est le mépris ; l’abandon du politique. Il ne reste plus rien. Pas d’écoles depuis longtemps, plus de bureaux de poste. Des nids de poule maltraitent les roues des voitures. Des lacets. Toujours des lacets. À mesure que le convoi s’enfonce dans la montagne, la misère devient de plus en plus prégnante. Elle n’est pas explosive comme la banlieue vue par la télé. Elle est silencieuse ; rampante ; oubliée des grands médias. Ici, c’est le royaume des petits paysans, des nouveaux pauvres, des marginaux, des sans-dents, du surendettement. C’est le triste spectacle de l’agonie d’un Ancien Monde qui se révèle sous les yeux d’Ulysse, sans risque d’insurrection ni de caillassage. »

 

 Papote de Flingueuses entre Maud et Manie Danièle

 

Maud : Coucou Danièle, alors toi aussi tu as lu Ta vie sera pire que la mienne de Williams Exbrayat ?

Danièle : Oui Maud et c’était une découverte … je connaissais bien un Exbrayat mais pas celui-là !

Maud : Pareil de mon côte Qu’en as-tu pensé dans globalité ?

Danièle : Alors globalement j’ai plutôt apprécié : le ton, les situations, les personnages.

Maud : Très bien. Moi je me suis laissée surprendre par la forme, je pensais à tort avoir à faire à des nouvelles 

Danièle : Pareil, arrivée au premier épilogue, je suis repartie sur la page de garde et j’ai vu que c’était un roman !

Je n’aime pas trop le format « nouvelle » mais il s’agit bien d’une suite. Un peu comme une pièce de théâtre où l’on change de décors à chaque acte

Maud : J’ai été agréablement surprise de voir que les histoires s’entremêlaient pour ne former qu’un seul et même roman. Le format Nouvelle ne me dérange pas du tout mais quand je suis prévenue. Mais comme tu le soulignes là c’est plutôt un changement d’acte comme au théâtre !

Danièle : J’ai particulièrement apprécié la première situation … les losers qui braquent un labo ça paye !

Maud : Oui oui la première situation est très sympathique, les losers face à des brigands organisés et la suite qu’en as-tu pensé ?

Danièle : J’y ai trouvé plus d’humour que par la suite …

du coup je suis restée au niveau du ton un peu sur ma faim. Cependant l’intrigue est bien menée

Maud : Dans la première partie il y a quelques phases d’humour noir ou de sarcasme mais l’humour est plutôt présent dans la seconde. Les Présidents tu en penses quoi ?

Danièle : J’ai aimé les Présidents, d’autant qu’on oublie les masques et qu’on attribue du coup les exactions à ceux qu’on a en mémoire … jubilatoire

Maud : Oui et leur caractère, leur perception correspondent plutôt pas mal aux vrais personnages. J’ai beaucoup aimé également

L’intrigue je la trouve aussi très bien menée je n’ai pas vu la fin arriver

Danièle : C’est aussi un artifice commode pour permettre au lecteur de suivre l’intrigue

Maud : A la fois très original et très prenant. Le lecteur retient très facilement les personnages

Danièle : La référence à Colomba n’est pas mal non plus

Les chiens sont des personnages à part entière

Maud : Très très bien trouvée cette référence

J’ai aussi trouvé la personnification des animaux très bien amenée, c’est vivant et réel

Danièle : Tu parles de la fin … j’avoue avoir dû relire l’analyse psy … un peu confuse pour moi mais j’étais sans doute en coma pré-endormissement tard dans la nuit …

Maud : Justement l’analyse psy nous amène aux bords de la future vérité. Mais comme dans tout le livre, rien ne se passe comme prévu

Danièle : Je suis d’accord

Difficile de dire ce qu’on en pense sans spoiler

Maud : C’est aussi ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre. Lorsque le lecteur pense savoir la suite et hop changement de situation et il est berné

Danièle : C’est sur … je n’essaierais pas le captagon amélioré !

Maud : Très difficile oui en effet

Je te comprends tout à fait !!!

Danièle : Ce qui est agréable aussi dans ce roman ce sont les lieux … quand on parle de la ville c’est une petite ville de province avec son quartier craignos, sa campagne est bien profonde et la Corse agréable mais ça peut se passer n’importe où …

Maud : Oui et les quelques allusions au sud de la France… les fermes ont un rôle important

Sans les quelques références géographiques on pourra se croire n’importe où

Danièle : du coup des petits losers tombés dans la délinquance, embarqués par le banditisme … ça peut arriver à nos voisins

Maud : Oui la notion de travaux subalternes et la référence aux cités expliquent comment ils en arrivent là

Danièle : dans un contexte de crise et de désertification rurale …

Maud : Le travail à l’usine ou le deal de drogue? Les deux solutions montrées à nos losers

Danièle : des belles bagnoles tout de même …

Maud : Oui pour certaines…car d’autres tombent en panne

Danièle : c’est pour le fun !

Maud : Je souhaite aussi saluer l’habilité de l’auteur qui a su faire s’imbriquer parfaitement deux histoires qui paraissaient totalement indépendantes

Danièle : oui c’est plaisant … passer un recueil de nouvelles au roman noir à intrigue c’est bien fait !

Maud : Oui oui très bien fait. Tout s’emboite très bien, pas de loupé!!

En conclusion, j’ai passé un très bon moment de lectures. Des personnages attachants pour certains, d’autres machiavéliques.

Et toi Danièle?

Danièle : Oui et je me dis que l’auteur a commis 3 romans, celui-là a été une agréable pause entre deux lectures plus graves et que j’irais bien voir du côté des 2 autres un jour !

Maud : Également l’auteur m a rendue également très curieuse !!

Danièle : Jamais vu en salon ?

Maud : Non pas pour ma part. Et toi?

Danièle : auto édition … explique peut-être la raison

Maud : Oui sûrement

Peut-être qu’un jour…

Danièle : Alors Maud on recommande ce titre ?

Maud : Oui pour ma part!!!!

Et toi?

Danièle : Aussi, léger mais pas que …, noir mais pas que …, rythmé mais pas que …

Maud : Un très bon cocktail rafraîchissant mais pas que…

Danièle : Merci à lui de nous avoir fait confiance … c’est jamais gagné avec les flingueuses !!!!

Maud : Oui c’est vrai. Merci Danièle pour cette lecture commune et ces échanges toujours très sympathiques

Danièle : Merci à toi pour cet échange ! A bientôt pour de nouvelles aventures … mais pas que !!!

Maud : Oui avec grand plaisir!!!!

  

Ma vie sera pire que la tienne de Williams Exbraya


Le livre : Ma vie sera pire que la tienne de Williams Exbrayat. Paru le 29 Août 2018 aux Editions Independently published. 12.99 euros. (240 pages.) 15 X 23cm

4ème de couverture :
Quel est le point commun entre un looser amoureux, un bouledogue alcoolique nommé Disco Boy et une jolie hôtesse de casino ? Une sévère propension à être là au mauvais endroit, au mauvais moment. Ces trois-là n’étaient pas faits pour se rencontrer, encore moins pour évoluer en milieu hostile : des trafiquants de drogues, des braqueurs grimés en présidents, des flics retors et une bête qui hante la campagne. Tuer ou se faire tuer, telle est désormais leur seule alternative.

 

L’auteur : Williams Exbrayat est dompteur de livres en bibliothèque et auteur de polar. Il est le créateur de la série humoristico-policière Maddog qui met en scène un détective privé à la morale douteuse et à la gouaille fleurie. Chasse à l’épaulard, le deuxième volet de la série, a remporté le prix des lecteurs du livre numérique 2014. Il y a toujours un peu d’humour et beaucoup de noirceur dans son travail comme en atteste son nouveau méfait : Ma vie sera pire que la tienne, un mélange détonant de roman noir, de novella et de pulp.

 

Extraits :

« Les portières du 4×4 claquent. Des gifles pour mes oreilles. J’ouvre les yeux. Trois silhouettes noyées dans la lumière crue d’un milieu d’après-midi. Elles s’approchent d’un pas résolu. Je protège mes yeux avec mes mains. Le soleil tape fort. Foutrement fort. Une enclume sur ma tête. Avec le stress, j’ai perdu des litres de gnôle. Une odeur vinaigrée imprègne mes vêtements. Ma transpiration. Faudrait que je mette le holà sur la piquette, sinon je vais finir comme un pickle. »

Les Lectures de Maud :

 Le deux premières partie sont distinctes, les histoires indépendants et personnages différents. Déjà le ton est donné, c’est de la dynamite qui ne demande qu’à se consumer. Et lorsqu’en plus, les histoires se rejoignent et s’imbriquent, c’est l’apothéose. Avec leur profil particulier, leur vie atypique, vont-ils réussir à s’en sortir ?

Des personnages aux multiples facettes, les situations vont leur faire ressortir le bon, le moins bon et le pire de chacun d’entre eux. Pourtant certains n’étaient pas destiner à partir en vrille. Même le chien est un personnage à part entière et a sa part d’histoire.

Mon préféré ? Sauveur, bien sûr !!! Les braqueurs qui portent le nom d’un de nos précédents, c’était super, le tout saupoudré de quelques clins d’œil de leur personnalité.

L’auteur signe ici un très très bon polar. Usant de sarcasmes et de jeux de mots, mêlant, intrigues, sournoiseries, rebondissements, voir retournements de situation avec brio. Une plume qui exploite tous les palettes de la langue française.  Une fin inattendue !!! Je recommande cette lecture à la fois pour son côté à la fois aérien et plein de noirceur.

Version lue : Numérique

 

 

Pottsville 1280 habitants – Jim Thompson


Le livre : Pottsville 1280 habitants de Jim Thompson. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Jean-Paul Gratias. Paru le 13 avril 2016 aux éditions Rivages. 8,00 euros ; 270 pages ; 11 x 17 cm.

 4ème de couverture :

Shérif de Pottsville, 1280 habitants, Texas, au début du vingtième siècle, Nick Corey mène une vie routinière pas trop fatigante dans la mesure où il évite de se mêler des affaires de ses administrés. Débonnaire, apparemment pas très malin, il se laisse même contester et humilier en public. Comme si ça ne suffisait pas, il est cocu et aux prochaines élections, il pourrait perdre sa place. Il décide donc de commencer à faire le ménage…

 

 

L’auteur : Jim Tompson est un écrivain américain, né en 1906 et mort en 1977. Il a écrit 29 romans. Il est considéré aujourd’hui comme une des plus grands écrivains de romans policier, alors que de son vivant il n’était que très peu reconnu. De nombreuse adaptations au cinéma ont été faites de ses livres.

 

Extrait :
-Rose, tu devrais arrêter de jurer comme un charretier. Ça risque de t’échapper à un moment gênant.
– Ouais, t’as raison bon sang ! C’est la faute à Tom, ce salopard de fils de pute, mais tu peux être foutrement sûr que je vais faire de mon mieux pour m’améliorer, bordel de Dieu !
– Parfait, Je vois que cela ne posera pas trop de problèmes.

 

L’arrêt sur image de Marc …

Pottsville 1280 habitants

Le titre original est « Pop1280 ». Il est sorti pour la première fois en France, sous le titre mystérieux de « 1275 âmes ». Pourquoi ôter 5 habitants à l’édition française ? Le mystère demeure. J’ai bien lu quelques explications, mais aucune ne m’a convaincu du bien-fondé de ce titre. De plus une partie non négligeable des dialogues a été purement et simplement supprimée. Alors quel bonheur quand j’ai su que le livre était réédité avec une traduction intégrale, et en plus avec un titre cohérent.

Pottsville 1280 habitants c’est l’histoire de Nick, le sheriff de cette ville. Sa philosophie, c’est de se tenir loin des ennuis, de ne contredire personne. Précepte qu’il applique aussi bien dans sa ville, qu’à la maison avec l’acariâtre Myra qui lui sert de femme. Cela arrange un peu tout le monde d’avoir quelqu’un comme Nick à ce poste. Les magouilles peuvent continuer tranquillement. Rares sont ceux qui le respecte, nombreux sont ceux qui le prennent pour un nigaud. Mais cet homme masque un coté machiavélique, sans scrupule, et un parfait calculateur. Personne ne va sentir le vent tourner, et ils vont tous payer d’avoir voulu jouer au plus fin avec lui. Ce roman est au sommet du noir, il côtoie les meilleurs du genre. L’humour y tient une grande place, mais c’est le cynisme glaçant qui est le plus marquant.

C’est truculent, je me suis même surpris à un moment de ma lecture à dire à voix haute : « Il est immense ce type… ».

Venez découvrir Jim Thompson avec ce roman, et vous aurez envie de lire d’autres choses de lui à ne pas en douter.

 

Le petit plus de Collectif Polar

 

En 1981 Bertrand Tavernier réalise Coup de torchon,  avec Philippe Noiret, Isabelle Huppert et Stephane Audran.
Le scénario de Jean Aurenche et Tavernier est tiré du roman de Jim Thompson . Il déplace l’action dans l’Afrique coloniale à la veille de la Seconde Guerre mondial

Un été sans dormir de Bram Dehouck


Un été sans dormir de Bram DehouckUn été sans dormir de Bram Dehouck. Traduit du néerlandais (Belgique) par Emmanuèle Sandron. Paru le 20 septembre 2018 chez Mirobole Editions dans la collection Horizons noirs..19€50 ; (250 p.) ; 20 x 15 cm.
4e de couv :

« Les pales découpaient l’air chaud en tranches. Elles n’avaient jamais tourné aussi vite. Comme devenues folles. »

C’est arrivé près de chez vous, un été étouffant, à Windhoek, petit village belge sans histoire…

Jusqu’au jour où la municipalité fait installer des éoliennes. Ce bruit de pales ! Flap, flap, flap. Le boucher en perd le sommeil. Plusieurs nuits d’insomnie et il pique du nez dans sa spécialité, une recette dont les clients raffolent. Dès lors, par un effet domino aussi logique qu’absurde, les catastrophes s’enchaînent, les instincts se libèrent, et les vengeances s’exercent… Pour le pharmacien, les amants cachés, le jeune désoeuvré ou la femme du facteur, rien ne sera plus pareil à Windhoek.

AVT_Bram-Dehouck_2668L’auteur : Bram Dehouck est né en 1978, il vit près de Courtrai en Belgique flamande. Publié en Allemagne et en Angleterre, il a reçu des prix importants tels le Schaduwprijs (meilleur premier roman noir néerlandophone) et le Gouden Strop (meilleur polar de langue néerlandaise). Un été sans dormir, son deuxième roman, est sa toute première traduction française.

 

 

Extrait :
« Éveillé désormais comme en plein jour, il poussa
un soupir. Se retourna. Les points orange du volet
laissaient une impression bleutée sur l’écran de ses
paupières. Ils ne dansaient plus : ils vrombissaient
comme des mouches autour d’une bouse de vache.
Et cela durait depuis cinq nuits.
Une semaine plus tôt, à l’inauguration officielle
des dix éoliennes de Windelektrix, l’avenir lui avait
pourtant paru particulièrement radieux. Venue de la
ville et des villages voisins, la foule des grands jours
s ’ était pressée à la fête. Quelle transhumance ! Tout
le monde accourait pour voir les éoliennes, dressées
au point culminant de Windhoek telles des idoles. »

Le post-it de Ge

Un été sans dormir et Bram Dehouck

Ah les couverture des éditions Mirobole, une vrai signature à elles seules.

Quand j’ai eu ce bouquin dans les mains, j’ai tout de suite pensé à la canicule qui avait endormi Paris durant l’été. Enfin quand je dis endormi je devrait plus dire énervé Paris. Oui car en ces mois d’été 2018, punaise que les franciliens étaient fatigués de ne pas assez dormir à cause de la chaleur insupportable la nuit.

Et bien c’est un peu cette ambiance que j’ai retrouvé dans ce livre. Et oui la canicule sévis sauf que là nous sommes dans un village de Flandre Occidentale, et de se coté là en Belgique on a pas forcément l’habitude d’avoir si chaud !

Bon et c’est pas tout voilà que sur la commune de Windhoek, on a installé des éoliennes. Et une fois l’euphorie de l’inauguration passé on s’aperçoit que celles-ci ont des petits inconvénients et quelques nuisances directes qui perturbe aussi la population locale.

Et de ces petites pollutions sonores ne vont pas être sans répercutions sur le quotidiens et la vie de notre bourg à l’instar de notre bouché charcutiers qui doit préparer la fête d’inauguration avec ses fameux Paté Bracke de Windhoecke.

Voilà le postulat de départ de notre roman ! Et c’est avec un humour féroce mais aussi avec avec un brun de burlesque que Bram Dehouck nous conte cette histoire d’où jaillissent des personnages incroyables et pourtant bien ordinaires. 

Je vous avoue que j’ai adoré cette petite pépite où le surréalisme façon belge donne toute sa saveur à ce petite gâterie acidulée où l’absurde et le cruel font excellent ménage !

Un petit bijou d’humour noir grinçant, poétique et  mordant  !

La daronne de Hannelore Cayre


Ce matin j’ai le plaisir de vous présenter une nouvelle chronique

« L’arrêt sur image de Marc … »

Et oui la famille s’agrandit et voici un nouveau mister Flingueuse.

On vous le présentera et on vous en dira plus bientôt promis

Pour l’heure place à l’avis de Marc


Le livre : La daronne de Hannelore Cayre. Paru le 09 mars 2017 aux éditions Métailié dans la collection Noir. 17€ ; (176 pages) ; 14 x 21 cm.

Réédité en poche le 8 mars 2018 chez Point dans la collection Point Policier. 6€60 ; (176 p.) ; 18 x 11 cm

 4ème de couverture :

« On était donc fin juillet, le soleil incendiait le ciel ; les Parisiens migraient vers les plages, et alors que j’entamais ma nouvelle carrière, Philippe, mon fiancé flic, prenait son poste comme commandant aux stups de la 2e dpj.

– Comme ça on se verra plus souvent, m’a-t-il dit, réjoui, en m’annonçant la nouvelle deux mois auparavant, le jour de sa nomination.

J’étais vraiment contente pour lui, mais à cette époque je n’étais qu’une simple traductrice-interprète judiciaire et je n’avais pas encore une tonne deux de shit dans ma cave. »

Comment, lorsqu’on est une femme seule, travailleuse avec une vision morale de l’existence… qu’on a trimé toute sa vie pour garder la tête hors de l’eau tout en élevant ses enfants… qu’on a servi la justice sans faillir, traduisant des milliers d’heures d’écoutes téléphoniques avec un statut de travailleur au noir… on en arrive à franchir la ligne jaune ?

Rien de plus simple, on détourne une montagne de cannabis d’un Go Fast et on le fait l’âme légère, en ne ressentant ni culpabilité ni effroi, mais plutôt… disons… un détachement joyeux.

Et on devient la Daronne.

 

L’auteure : Française, Hannelore Cayre est né en 1963 et vit à Paris. Elle est avocate à la cour d’appel de Paris. Elle est aussi scénariste et réalisatrice. Commis d’office sorti en 2004 est son premier roman.

 

Extrait :
 « Je ne dis pas que j’ai vécu comme une nonne pendant vingt ans, mais ma vie sexuelle se bornait à des rencontres d’un soir, toujours avec des avocats pénalistes par essence narcissiques, menteurs, coureurs et infidèles… et je parle d’un temps où ils me plaçaient encore dans la catégorie Milf – mother I’d like to fuck . Parce qu’une fois la quarantaine passée, c’était fini. « 

L’arrêt sur image de Marc …

La daronne – Hannelore Cayre

Il est des livres qui soufflent un air frais sur nos lectures, et qui permettent de souffler entre deux thrillers. La daronne est de ceux-là. Moins de 180 pages ce n’est pas un pavé, mais ce format va très bien à cette histoire. Patience est une femme qui est seule avec ses filles, depuis le décès de son mari. Elle partage sa vie entre son boulot de traductrice judiciaire, et ses visites dans l’EHPAD ou sa maman survit. Une vie monotone et sombre, qui ne laisse pas beaucoup de place à l’épanouissement. Mais un jour elle découvre qu’elle peut changer ça, grâce aux écoutes qu’elle traduit pour les enquêteurs de la brigade des stups. Cette femme est culottée, et très maline et va berner tout le monde pour notre plus grand plaisir. Totalement jubilatoire, le récit qui fleurte souvent avec le politiquement incorrect, et qui marche à l’humour noir, vous donne le sourire.

Hannelore Cayre a réussi son pari. Parler de sujets graves, avec beaucoup d’humour. Une très belle découverte pour moi. 

Ses Yeux Bleus – Lisa Hågensen


Le livre : Ses Yeux bleus de Lisa Hågensen. Traduit du suédois par Rémi Cassaigne. Paru le 6 juin 2018 chez Actes Sud dans la collection Actes Noirs. 22€80 ; (363 p.) ; 24 x 15 cm

4e de couv :

Raili Rydell, bibliothécaire célibataire de quarante ans mal dans sa peau, passe l’été dans son chalet au bord d’un petit lac de la forêt de Lövaren. Elle y rencontre Olofsson, un ours solitaire qui vit sur la rive opposée. Il lui raconte d’étranges histoires au sujet des habitants du coin, notamment celle du couple voisin dont l’un des enfants a disparu du jour au lendemain sans que personne ne semble s’en préoccuper, comme s’il n’avait jamais existé. Il évoque également un chien qu’il est persuadé d’avoir eu et qui se serait volatilisé sans laisser la moindre trace – ayant même disparu de ses albums photos. Raili est à la fois fascinée et sceptique : son nouvel ami est-il mythomane ? Ou n’a-t-il simplement pas toute sa tête ? Mais lorsque Olofsson est retrouvé noyé dans le lac, elle comprend que quelque chose ne tourne vraiment pas rond dans ce petit « havre de paix ».

 

L’auteur : Née en 1966 à Ljungskile, en Suède, l’auteur Lisa Hågensen a été professeure et éleveuse de chevaux. Ses yeux bleus est le tome inaugural d’une trilogie.

 

 

 

 

Extrait :
 Je ne pouvais pas sacrifier mon sac à dos. L’idée que quelqu’un puisse se glisser dans la chambre, prendre le sac et filer me faisait serrer les dents à me faire mal aux mâchoires. Putain non, je ne pouvais pas sacrifier mon sac à dos.

Le Post-It de Ge

Raili Rydell, bibliothécaire d’une quarantaine d’années, décide de prendre des vacances dans la forêt de Lövaren. Des événements étranges l’inquiètent : les disparitions inexplicables d’un chien et d’un enfant ainsi que la noyade d’un homme ne semblent pas préoccuper les habitants. Pourtant, d’étranges créatures se promènent dans la forêt. Premier roman.

Raili Rydell, une bibliothécaire célibataire de 40 ans, va passer l’été dans son chalet au bord d’un petit lac au milieu de la forêt dans le comté de Lövaren. Mais les vacances dans ce petit havre de paix ne vont pas se passer comme prévu. Un chien se volatilise sans laisser la moindre trace, un enfant disparaît sans que personne ne semble s’en préoccuper et un homme est soudain retrouvé noyé. Raili va bientôt réaliser que rien n’est comme il paraît. Dans la forêt obscure se cachent des choses qui n’ont rien de naturel et les habitants du coin ne sont peut-être pas ce qu’ils prétendent être…

Un premier roman fascinant aux retournements de situations inattendus et un glissement vers le surnaturel parfaitement maîtrisé distillant une ambiance troublante qui met le lecteur sur le qui-vive et réveille en lui cette peur diffuse du mal.

Ovni parfaitement addictif, Ses yeux bleus met en scène un personnage haut en couleur, sorte de délicieux croisement entre Bridget Jones et Hercule Poirot, qui se trouve aspiré dans un cauchemar délirant, digne d’un roman de Stephen King.

Un livre hybride comme je les aime, mêlant avec brio, polar, fantastique et légendes locales. De plus, je ne sais pas pourquoi, mais j’ai aimé cette héroïne touchante, une bibliothécaire joviale un peu ronde.

J’aimé aussi , l’imagination , l’humour, la créativité et l’inventivité de l’auteur. Une douce folie et une subtile dérision parcourent cette histoire. C’est assez jubilatoire.

Et attention, Ses Yeux Bleus est le premier opus d’une trilogie. Il inaugure de façon magistral celle-ci. Voilà pourquoi certain d’entre vous resteront un peu sur leur faim. Et oui, quand on termine ce livre on en redemande. Alors vite la suite !!!

Le diable s’habille en licorne : une aventure de Requiem – Stanislas Petrosky


Le livre :Le diable s’habille en licorne : Requiem, T3  de Stanislas Petrosky. Paru le 9 février 2018 chez Lajouanie das la collection Roman policier mais pas que…. 18€ ; (210 p.) ; 19 x 13 cm.
4e de couv :
Requiem, votre curé préféré est de retour à… Dunkerque et en plein carnaval ! Pour une séance d’exorcisme. Notre héros, hors norme, est, il faut l’avouer, un peu étonné par cette divine mission. Non pas qu’il ne croie pas au démon, c’est quand même un petit peu son boulot, mais il se méfie, c’est tout. Il faut dire que les festivités donnent lieu à de sacrées fiestas mais aussi à quelques curieux décès. Des lycéens meurent les uns après les autres après avoir ingurgité des bonbons aux saveurs bien peu catholiques. Requiem réussira-t-il à démanteler ce trafic de «Licorne» et à sauver le carnaval ? Vous le découvrirez dans ce troisième tome des aventures de Requiem, le plus déjanté des serviteurs du Seigneur… Un homme d’Eglise pour le moins atypique, de drôles de paroissiens, des missionnaires aux curieuses positions, des fêtards invraisemblablement grimés, des harengs comme si il en pleuvait : Stanislas Petrosky met le feu à Dunkerque. Accrochez-vous les Ch’tis ça va secouer !
……………………
L’auteur : Stanislas Petrosky vit en Normandie, à quelques kilomètres du Havre. Sa profession, thanatopracteur, n’est probablement pas pour rien dans son goût pour le crime, la transgression et l’humour… noir. Cet auteur atypique voue un culte immodéré à Frédéric Dard. Sa plume est trempée dans la même encre. La preuve, c’est cette fois Patrice Dard, le propre fils du maître et heureux continuateur de San-Antonio, qui bénit le bouquin et signe une présentation aux petits oignons…
……………………
Extrait : 
“Tu n’es peut-être pas croyant toi qui me lis, et je m’en cogne. Oui tu as bien lu, que tu croies ou non en l’existence du Patron m’en caresse une sans réveiller l’autre, c’est pour te dire. Ma pomme elle respecte tout le monde, que tu croies en une force divine, un Alien, la suprématie des fourmis, en celle de ta biroute de Godzilla, je m’en fous…
Tant que tu vas pas flinguer pour ça, je m’en bas les roupettes avec une porte-fenêtre. Il n’y a aucune obligation, si ce n’est de respecter les idées des autres.”
……………………

Le “ressenti” de Jean-Paul

Le diable s’habille en licorne : une aventure de Requiem – Stanislas Petrosky

Voici une chronique un peu différente

J’ai englouti le tome 3 !

Alléluia, gloire à tous les Seins, Gloria in excelsis Deo ! … houla ! Faut que j’me calme !

Encore une fois c’est aux petits oignons…

J’attaque sans préambule, comment veux-tu que je t’…

stop !!!

Je vais vous la faire courte. (je parle de ma chronique – qui exceptionnellement n’en sera pas une !)

Venit enim potest*

* pour ceux qui calent : Advienne que pourra !

13/04/2018

Gare du Nord – 8h16

Terminus tout le monde descend, attention à la marche en descendant !

Putain qu’est-ce que je fout là ?

J’étais bien dans mon pieu. Maintenant je sais ce que ressent une sardine dans sa boîte et je ne vous parle même pas de l’odeur.

Les portes s’ouvrent (enfin je respire, n’est pas Jacques Mayol qui veut…), le wagon nous crache sur le quai déjà bondé.

En plus des grèves il faut supporter la mauvaise humeur des gens (pas que dans le sens olfactif !)

Bon j’suis pas rendu…

Pardon, pardon, pardon (oui, oui, plusieurs fois, y a du monde sur le quai, tu suis pas ???)

Direction le métro.

Je ne sais même plus où je dois aller. Ça c’est les médocs.

Après le médecin, la psy, médecine du travail, aujourd’hui séances de relaxation, hypnose/massage… enfin un truc Zen !

Il parait que cela doit me détendre. Pourtant avec une petite bière et hop c’est bon !

Mais c’est pas encore l’heure.

Je dois lâcher prise… Pas facile, et y a des positions ou c’est même pas possible sinon tu te casses la gueule !

Alors ok ! Va pour le massage…

Je m’entête à me foutre de tout,

mais pourvu qu’elle soit rousse !

Les hommes préfère les blondes, moi c’est les rousses, elles ont des subtilités plus épicées…

Escalator.

Hey ! poussez pas y a un cœur dans ce petit corps !

En bas des marches le “gus” me zieutes !

Non ! Pas possible…

Hazard ou coïncidences, c’est bien lui !

Salut Requiem ! Qu’est-ce que tu fais là ?

On s’colle un bequot (en tout bien tout honneur, je préfère les rousses – voir un peu plus haut)

Incroyable !

Les voies du Seigneur sont… (vous devez connaitre la suite… Sinon un conseil, lisez très vite les 3 tomes de Stanislas !)

– Mais franchement tu penses que les gens vont croire à notre rencontre hasardeuse ?

– Tu sais moi les croyances… A part au Patron j’crois plus en grand chose. j’te paye un cahoua ?

Et c’est parti.

Bla-bla-bla, bla-bla-bla… (J’vous la fait courte vu que Requiem à un train à prendre et moi… C’est quoi déjà ?)

Ah oui. Je croise des doigts, rousse, rousse qu’elle soit rousse.

Non content d’occuper mes lectures voilà que Requiem tape l’incruste dans ma vie !

Requiem… un sacré numéro ou un numéro “sacré”, à vous de décider.

Finalement, peut-être plus que Dieu, je suis sûr que satan l’habite !