Fantazmë de Niko Tackian


Il y a deux mois sortait en poche la seconde enquête de Tomar Khan pour cette occasion notre mamie Flingueuse nous offre son retour de lecture


 

Le livre : Fantazmë de Niko Tackian. Réédité en poche le 2 janvier 2019 chez Le Livre de Poche. 7€70 ;  (281 p.) ; 18 x 11 cm

Paru initialement le 3 janvier 2018 aux Editions Calmann- Lévy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18,50 € ; (263 p.)  13,5 x 21,5 cm.

4 ème de couv :

Fantazmë

Janvier 2017, Paris, XVIIIe arrondissement. Le corps d’un homme atrocement mutilé est retrouvé dans une cave. Le commandant Tomar Khan pense d’abord à un règlement de comptes. Le genre d’affaire qui reste en suspens pendant des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre. Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.

 

 

L’auteur : Né à Paris en 1973, Niko Tackian fait des études de droits, d’Histoire de l’art avant de devenir journaliste et rédacteur en chef. Scénariste, réalisateur, romancier Niko Tackian est un touche à tout. Il se défini lui-même comme « un raconteur d’histoire ». Il reçoit en 2015 le prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac pour « Quelque part avant l’enfer » avec un thème minutieusement étudié : le phénomène de la mort imminente. En 2016 suivra « la nuit n’est jamais complète » puis « Toxique ». Ce premier volet, paru aux Editions Calmann Lévy, nous amène à suivre le commandant Tomar Khan, que l’on retrouve dans « Fantazmë » en ce début 2018.

 

Extrait :
« Il y avait d’abord cette enquête et la pénible impression d’avoir mis les pieds dans un labyrinthe de désespoir d’indifférence qui lui rappelait celui de son enfance »
« Bouvier (le légiste) n’était pas croyant, sa foi se limitait aux processus métaboliques et à l’activité cérébrale. Pour lui l’existence se résumait à une longue phrase dont la naissance formait la majuscule et la mort le point final. Passer de vie à trépas était le plus naturel des phénomènes et le destin de chaque être humain. Espérer autre chose était vain…. Il était persuadé que l’identité d’une personne se créait en réaction aux relations entretenues avec ses semblables. « Nous n’existons pas sans l’autre » … »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

Page 242 « Il y avait d’abord cette enquête et la pénible impression d’avoir mis les pieds dans un labyrinthe de désespoir d’indifférence qui lui rappelait celui de son enfance 

 

C’est le deuxième roman de cette série commencée avec « Toxique ». On y retrouve le groupe d’enquêteurs du 36 en tout début de l’année 2017. La mafia albanaise qui a main mise sur la drogue, l’esclavage sexuel et autres trafics à Paris et dans la banlieue, voit un certain nombre de ses « soldats » disparaître avec une violence maximale. Qui est donc ce justicier ? Ce Fantazsmë, ce spectre. Tomar rompu aux situations extrêmes et aux débordements aurait-il trouvé son maître ?

Scénarisé avec efficacité, une intrigue en premier plan interpelle le lecteur sur sa peur de voir la réalité qui l’entoure, l’indifférence généralisée comme maladie du siècle et en arrière plan, une interrogation plus intime qui concerne Tomar et ses débordements. Mal en point ce héro fatigué va-t-il se nettoyer le cerveau avec l’aide d’un ami médecin et d’un psychiatre, aura-t-il confiance au point de se livrer ? Son éducation et sa culture font-elles suffisamment obstacles à sa violence pour qu’il puisse rester le flic champion de la criminelle ?

Enfin une construction originale qui dévoile l’identité du justicier vers le milieu de l’intrigue … une vraie claque !

Notons dans la galerie de personnages que nous offre Niko Tackian, celui de Ara, la mère de Tomar, ancienne peshmerga, humaniste et généreuse, toujours prompte à rappeler à son fils les fondamentaux de son éducation.

L’auteur nous avait promis un vrai méchant sans circonstances atténuantes : c’est vrai, je l’ai rencontré ! Flippant !

 

Extraits :
« … il y avait des rumeurs concernant le commandant Tomar Khan… Certes ses états de service étaient impressionnants, et on lui devait la résolution de bon nombre d’affaires, mais on parlait aussi de méthodes borderline et surtout d’un homme au passé difficile, obligé de canaliser sa violence par la pratique du sport à outrance. »
« Combien de drames pourraient être évité en signalant un hurlement nocturne ou une conduite violente, combien d’auteurs de souffrances tues et cachées sous des apparences de banalité pourraient être condamnés ? »
« Lui aussi (Tomar), il préférait voir des ombres diffuses là où se trouvait la réalité de la souffrance humaine. Des fantômes qu’on tentait d’oublier sans pouvoir nier leur existence. »
« Tomar n’adhérait à aucun dogmes, mais il croyait au sacrifice… à la rédemption, sa rédemption. »
« Eric (le SDF) ne pouvait pas lui en vouloir, depuis le temps qu’il galérait dans cette ville il avait pigé que les gens n’étaient pas foncièrement mauvais, ils avaient juste peur. Peur qu’on leur parle, qu’on les mettent en retard, qu’on leur demande de l’argent, qu’on leur file des maladies, qu’on les agresse, peur de tout un tas de trucs au point de se réfugier sur l’écran de leurs téléphones portables ou dans leurs bouquins pour être le moins en contact possible avec le reste du monde. Y avait qu’à lever la tête pour voir tous ces gens fuir la réalité dans laquelle lui et ses camarades d’infortune se trouvaient empêtrés ».

Chacun sa vérité de Sara Lövestam


 

 Le livre : Chacun sa vérité : une enquête du détective Kouplan de Sara Lövestam. Traduit du suédois par Esther Sermage. Préface de Marc de Gouvenain. Paru le 3 novembre 2016  Robert Laffont ; La Bête Noire.  19€  ; (287 p.) ; 23 x 14 cm

Rééditer en poche chez Pocket le 11 janvier 2018. 6€95 ; (301 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv : 

« Si la police ne peut rien pour vous, n’hésitez pas à faire appel à moi. »

Kouplan, détective sans-papiers

Depuis trois ans, Kouplan est en « situation irrégulière ». Sa demande d’asile a été rejetée par la Suède mais il ne peut rentrer dans son pays, l’Iran, sans risquer sa vie. Dans l’attente d’un avenir meilleur, il lui faut échapper à la vigilance quotidienne des autorités, tout en gagnant assez d’argent pour subvenir à ses besoins : ex-journaliste, il songe à poursuivre dans l’investigation. Un jour, il propose ses services sur Internet et une femme lui répond : sa fille de six ans a été enlevée. Cette enquête va le précipiter dans le Stockholm underground, ces recoins de la ville où les clandestins sont des proies faciles pour les criminels…

 

L’auteur : Née en 1980, Sara Lövestam était professeur de suédois pour les immigrés avant de devenir journaliste et écrivaine à plein temps. Elle écrit notamment une rubrique pour l’important magazine gay QX. Pour son premier roman, Différente (Actes Sud, 2013), elle s’est vu décerner le prix du Swedish Book Championship. 

 

Extrait :
Prologue

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UNE PLUIE BIZARRE TOMBAIT le jour où on a enlevé Julia, un fin crachin qui vous mouillait peu à peu, insensiblement. Julia l’avait dit, d’ailleurs :
— Regarde la pluie, maman ! Elle ne fait pas plic ploc, les gouttes ressemblent à des moustiques ou à… Ça s’appelle comment, déjà ? les petites bêtes qui volent ? Maman ?
Lorsqu’elle a levé son nez mouillé, la capuche de son blouson imperméable est tombée en arrière pour la quinzième fois. Je la lui ai remise d’un geste qui, a posteriori, me paraît sans grande affection ni tendresse, et je lui ai pris la main.
— C’est à des moucherons que tu penses ? Allez, viens, Julia, on est un peu pressées, tu sais.
Elle s’est libérée de mon emprise et s’est obstinée, comme elle le faisait souvent dans ce genre de situation. Comme elle le FAIT. Comme elle le FAIT souvent.
— Ah ! oui, c’est ça, des moucherons.
J’ai tellement pensé à ces mots… Les dernières paroles de ma fille en ma présence : « Ah ! oui, c’est ça, des moucherons. » Comme si elles recelaient un indice quelconque.

 

Le post-it de Ge

Pour gagner sa vie tout en restant sous les radars, Kouplan propose ses services comme détective privé. Se faire invisible, évoluer dans la jungle du Stockholm underground, il connaît : ancien journaliste d’investigation dans son Iran natal, Kouplan est sans-papiers. La fillette de sa première cliente a disparu. Pour une raison mystérieuse, elle aussi souhaite éviter l’administration… Dès lors, de bête traquée, le clandestin se fait chasseur.

Premier volet de la tétralogie Kouplan, Chacun sa vérité a reçu le prix de l’Académie suédoise des auteurs de polars 2015.

Sara Lövestam n’en ai pas à son coup d’essai, elle a déjà écrit plusieurs romans, tous traduits dans de nombreuses langues.  Même si ce quatrième roman est bel est bien un premier roman policier. Pour notre jeune auteur, c’est la première fois qu’elle s’attaque à ce genre si particulier et elle le fait avec brio. Grâce à des personnages souvent en marge ou en quête d’identité, elle réussit à mettre subtilement en lumière les enjeux de société actuels et amène ses lecteurs à questionner l’ordre établi.

Son talent est salué par la critique, unanime, et par son public, toujours plus fervent. En 4 livres elle a déjà reçu deux prix, c’est dire !

 » Sara Lövestam fait sensation en Suède !  » Emily Barnett, Grazia
 » Une véritable bouffée d’air frais sur la scène policière scandinave.  » Ulrika Johnsen, QX

Personnellement j’ai adoré ce personnage atypique ‘enquêteur. Kouplan a quelque chose de vraiment singulier, de totalement humain. A travers lui, l’auteur porte un regard extérieur aux problèmes  de l’exclusion, la peur de l’autre, de ce qui nous est différent, la xénophobie mais aussi le racisme plus ordinaire.

Elle nous amène à réfléchir au modèle de société que nous voudrions voir pointer son nez. Sur notre avenir, sur le savoir vivre ensemble. Mais aussi sur notre modèle économique qui semble à bout de course.

A travers les yeux Kouplan, c’est nous qui nous interrogeons.  quel positionnement avons-nous face au chômage, à l’exclusion,  aux économies parallèles et sa délinquance. Face à la situation actuel de notre monde qui déverse chaque jour sa cohorte d’immigrés et de réfugiés.

Je vous l’avez dit, Kouplan est singulier, c’est notre part d’humanité qui parle à travers lui !

Le journal de ma disparition – Camilla Grebe


Le livre : Le journal de ma disparition de Camilla Grebe. Traduit du suédois par Anna Postel. Paru le 7 mars 2018 aux Editions Calmann Levy  dans la collection Calmann Levy – Noir. Broché : 21,90 € ; 432 pages ; 15 x23 cm

4ème de couverture :

Il y a huit ans, la jeune Malin, alors adolescente, a découvert une fillette dans la forêt de Ormberg, une ville suédoise isolée. On n’a jamais pu identifier la petite victime.

Devenue une jeune flic ambitieuse, Malin est affectée auprès de Hanne, la célèbre profileuse et de l’inspecteur Peter Lindgren, qui reprennent l’affaire. Mais Peter disparaît du jour au lendemain, et Hanne est retrouvée blessée et hagarde dans la forêt.

Le seul témoin est un adolescent qui aime errer dans les bois enneigés, la nuit. Sans le dire à personne, il récupère le journal que Hanne a laissé tomber et se met à le lire, fasciné…

Désormais seule dans son enquête, Malin est appelée sur les lieux du tout premier crime : une nouvelle victime a été découverte. Et si tous ces faits étaient tragiquement liés ?

L’auteur : Née en 1968, Camilla Grebe est diplômée de la Stockholm School of Economics. Elle est cofondatrice de Storyside, une maison d’édition suédoise de livres audio. Camilla Grebe est déjà célèbre en Suède pour sa série de polars écrite avec sa sœur Asa Träff. Un cri sous la glace, son premier livre en solo, paru en 2017 aux Editions Calmann-Lévy, a connu un très beau succès dès sa sortie tout en devenant un phénomène mondial.
Extrait :
« Si je m’attendais à être recrutée pour enquêter sur la fille d’Ormberg ! Moi qui travaillais comme simple agente à Katrineholm depuis l’obtention de mon diplôme. Pourtant, la décision de mes supérieurs est rationnelle : on m’a envoyée dans ce bled parce que j’y ai grandi. Il n’a aucun secret pour moi. Et je dois être la seule personne originaire de ce trou dans la police. Que ce soit moi qui aie découvert le cadavre en cette soirée d’automne huit ans auparavant n’a probablement guère fais pencher la balance de ma faveur.

 

L’accroche de Miss Aline :

Le journal de ma disparition, Camilla GREBE

Malin, jeune flic, se retrouve sur une enquête qui fait échos à son passé. Ormberg elle en est partie, elle y revient. Elle va renouer avec un petit village où il ne se passe –quasiment- jamais rien. Et pourtant les racines sont profondément enfouies sous cette neige qui n’en fini pas de recouvrir le sol suédois.

Une profileuse célèbre qui ne sait plus comment ni pourquoi elle se retrouve en pleine forêt seule, sans chaussures. Son co-équipier introuvable, volatilisé.

Une nouvelle victime retrouvée sur le monticule de la petite fille retrouvée morte et non identifiée d’il y a huit ans.

Un adolescent en quête de son identité va cheminer parallèlement à tout ce monde.

Deux voix dans ce livre : Malin et Jake. Deux récits parallèles d’une même affaire. Deux vies chamboulées qui se cherchent. Les chapitres sont courts, le rythme est intense mais cotonneux comme sous une chape de neige. C’est d’une écriture fluide que l’auteur t’entraîne dans cette forêt opaque, oppressante, là ou les secrets sont bien enfouis. Cette forêt qui voudrait bien livrer ses mystères.  Avec Malin tu suis l’enquête qui se fait (presque) tranquillement et paradoxalement avec des avancées parfois déroutantes de chapitres en chapitres. Tu sens que sous la couche de poudreuse se cache un truc. Il ne peut en être autrement. L’auteur sait garder ses secrets, elle distille ses indices avec parcimonie  pour t’amener à une conclusion déroutante.

J’ai acheté ce livre d’abord pour sa couverture, ce qui est très rare chez moi. Ensuite pour sa 4ème de couverture. Non je n’ai pas lu le premier roman de Camilla Grebe mais je vais me rattraper, c’est certain. D’ailleurs il est déjà dans ma bibliothèque (oui je sais on dit « dans ma PAL !).

Bonne lecture.

7/13 de Jacques Saussey


Le livre : 7/13 de Jacques Saussey. Paru le 10 janvier 2018 chez  Toucan dans la collection Toucan noir. 13.2 € – e-book : 9.99 € ; (464 p.) ;  20 x 12 cm

 4ème de couverture :

Hiver 2015. Durant l’absence prolongée des propriétaires, une villa de la banlieue
parisienne est le théâtre d’un crime atroce. Lorsqu’il arrive sur les
lieux, le capitaine Magne découvre avec effroi que le corps n’est plus
reconnaissable. Pas de vêtements, pas de papiers : l’identification
s’annonce compliquée.

Décembre 1944. Londres. Un officier américain scrute avec inquiétude le brouillard qui plombe le ciel de
l’Angleterre. Il projette de traverser la Manche au plus vite pour
rejoindre la France où il doit préparer l’arrivée prochaine de ses
hommes. Le mauvais temps s’éternise mais bientôt, une proposition
inattendue va faire basculer son destin.
Soixante-dix ans plus tard, elle confrontera les enquêteurs du quai des Orfèvres à l’un des mystères
les plus stupéfiants qu’ils n’aient jamais rencontrés.

L’auteur : Jacques Saussey est né en 1961.
Il a commencé à écrire ses premières nouvelles à 27 ans, en 1988. Deux nouvelles ont été primées dans des concours (« Quelques petites taches de sang » en 2002 aux Noires de Pau, et « Alfred Jarry est mort » en 2007) et une éditée en BD (« Le joyau du Pacifique« , en 2007).
« La Mante Sauvage » est son premier polar. Son deuxième thriller « De Sinistre Mémoire » est paru en 2010 aux Éditions des Nouveaux Auteurs. Actuellement il travaille comme cadre technique dans une grosse société. Il a pratiqué le tir à l’arc de compétition pendant dix ans, de 1985 à 1995, avec à la clef un titre national individuel en 95 et un par équipe en 92. Il vit dans l’Yonne.

le blog de l’auteur:
http://jacques-saussey.over-blog.com/

Extrait :
« Fred s’était arrêté sur le tout dernier article qu’elle avait publié. Il s’agissait d’un long plaidoyer à propos des hordes de migrants qui continuaient à s’agglutiner aux portes de l’Angleterre, près de Calais, dans des conditions d’hygiène et de survie d’une hallucinante précarité. Ils étaient de plus en plus nombreux chaque jour qui s’écoulait, comme si un barrage humain s’était rompu quelque part en amont, dans un monde inconnu de l’Occident. »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

Avec la participation inattendue d’Olivier Norek présentement préfacier …

Dans la série Magne- Heslin, je prends le 7ème et j’essaye de ne pas spolier ! Je peux d’abord dire que j’ai aimé tout en trouvant l’intrigue plus complexe à suivre que dans le précédent opus.

Deux temporalités se déroulent parallèlement, ça l’auteur l’a déjà fait notamment dans « la pieuvre » mais cette fois il nous fait d’avantage penser à Nicolas Lebel et à la construction de son roman « De cauchemar et de feu ». En effet une enquête au premier plan nous permets de renouer avec le couple Magne-Heslin que nous avions quittés dans « Ne prononcez jamais leurs noms » bien mal en point, va percuter une énigme non résolue de la dernière guerre mondiale. Une série de meurtres pousse nos enquêteurs dans l’arrière pays Boulonnais pollué, au contact avec des immigrés. Certes il semble qu’après l’ »Entre deux mondes » d’Olivier Norek et le « Fantazmë » de Niko Tackian, le sujet de l’incapacité à répondre dignement aux problèmes de l’immigration clandestine occupe nos auteurs. C’est que le thriller-polar est un incroyable vecteur de réflexion pour les sujets de société et les lecteurs ne s’y trompent pas en plébiscitant leurs auteurs.

Jacques Saussey nous tient en haleine avec cette enquête complexe, je l’ai déjà dit, à tiroirs, menée par les rescapés de l’équipe de la criminelle dirigée par Daniel Magne à laquelle les renforts, sous forme du duo improbable rencontré dans « le loup peint » (non pas Dupont et Dupond mais M et M), apportent une loufoquerie bienvenue et rafraîchissante. Il faudra attendre d’être au-delà des ¾ du roman pour comprendre la signification du titre … Non ça n’est pas la tension artérielle de Lisa ni le numéro du modèle du coucou volant de la couverture … lisez et vous trouverez !

Passionnant, instructif, bien écrit … tout pour plaire ce 7/13, qui n’est pas non plus la note attribuée à ce thriller qui mérite bien plus !

« Il y a chez cet auteur, une générosité et une bienveillance que l’on retrouve au fil des pages. Pas de risettes gratuites, d’amitiés de façade, Jacques est un sincère. Et bien malheureux celui qui s’en prendra à ceux qu’il aime. Un peu comme ses flics, pour qui l’équipe est une famille. D’ailleurs, chacun de ses personnages est une partie du complexe puzzle Saussey. Magne et Heslin, son couple d’enquêteurs, représentent ses propres anima et animus, la part masculine et féminine de sa personnalité. Comme un homme fort de fête foraine qui plierait des barres de fer en maillot rayé tout en récitant de la poésie. Complexe je vous ai dit. » – Extrait de la préface d’Olivier Norek

 

 

 

Le gang des rêves de Luca Di Fulvio


Le livres : Le gang des rêves de Luca Di Fulvio. Traduit de l’italien par Elsa Damien. Paru le 2 juin 2016 chez Slatkine & Cie.  23€ ; (715 p.) ; 23 x 16 cm
 
 4ème de couv

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

 

 

Luca di Fulvio a Saint Maur en Poche (SMEP) en juin 2017

L’auteur : Luca Di Fulvio, né le 13 mai 1957 à Rome, est un homme de théâtre et un écrivain italien, auteur de roman policier, de fantastique,. C’est sous le pseudonyme de Duke J. Blanco qu’il aborde la littérature d’enfance et de jeunesse.  Ce dramaturge est aussi l’auteur de dix romans. Deux d’entre eux ont déjà été adaptés au cinéma ; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.

 

 

Extrait : 
La première chose que j’ai vu en arrivant en bateau de Hambourg, c’est la statue de la liberté, racontait toujours son père dans ses élucubrations d’ivrogne. C’était le soir et on ne voyait rien de la ville. Mais la silhouette de cette statue, cette escroquerie, se détachait sur le ciel. C’est la première chose que j’ai vue, et j’ai pas compris que c’était une foutue torche qu’elle tenait à la main : j’ai cru qu’elle montrait une liasse de billets ! J’ai cru que c’était mon fric, le fric que je voulais gagner dans le Nouveau Monde, l’unique raison pour laquelle j’avais quitter ma mère et mon père…. et non seulement j’ai trouvé ni fric ni liberté dans cette ville merdique… et chaque fois que je lève les yeux, au marché, je vois cette connasse de statue qui est là-bas et se fout de ma gueule. Avec sa torche, elle a brûlé tous mes rêves.

 

 

Le petit avis de Kris

Le gang des rêves – Luca Di Fulvio

Réédité en poche le 4 mai 2017 chez Pocket.  9€30 ; (943 p.) ; 18 x 11 cm

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…

L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.

Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.

Cetta, une adolescente de 15 ans, quitte le sud de l’Italie pour les Etats-Unis avec son fils Natale. Elle débarque à Ellis Island en 1909. Le roman suit la vie de la mère et de l’enfant, rebaptisé Christmas, qui tentent de garder espoir et dignité dans l’univers âpre du New York des années 1910 et 1920.

Émouvant, troublant, sombre et lumineux a la fois, un roman qui se dévore (700 pages, moi qui avait dit je ne veux plus lire des gros pavés !) Une fois le nez dedans on ne peut plus le lâcher ! Ah l’Amérique des années 20, cette Amérique qui en a fait rêver plus d’un et déçu quelques autres.
Une bien belle histoire qui me rappelle l’écriture de Dennis Lehane a ses belles heures !
Bref une belle découverte que je ne regrette pas.

 

Crotales de Jean-Luc Bizien


 Bonsoir les polardeux,

Aujourd’hui c’est Chronique Croisée.

Alors après le Off de Poh sur Crotales de Jean Luc Bizien,

C’est au tout de Danièle de nous donner son avis sur ce même titre.

Allez c’est parti pour La Chronique Jubilatoire de Dany.


Le livre  : Crotales de Jean-Luc Bizien.  Paru le 16 novembre 2016 aux Ed. du Toucan dans le collection Toucan noir. 19€90 ; (541 p.) ; 22 x 14 cm

 

Résumé de l’éditeur :

Paik Dong-Soo est surnommé « le Chinois » par les Mexicains. C’est un Nord-Coréen un peu étrange, qui mène une vie d’ermite, retiré près d’El Paso. Victime d’hallucinations, il récupère ses médicaments chez un vieux médecin allemand, réfugié lui aussi dans la Sierra depuis des lustres. Dong-Soo passe une grande partie de ses journées à scruter les écrans de ses ordinateurs pour y surveiller à distance sa femme et son fils, installés à New York et persuadés qu’il est mort.
Pour vivre et entretenir ses réflexes d’ancien soldat, il accepte de boxer de temps à autres contre les champions d’un des parrains locaux de la drogue. Ce dernier a pour favorite une jeune femme que Dong-Soo prend en pitié et projette de sauver. Jusqu’à ce qu’un membre du gang des Italiens de New York vienne dealer avec le Mexicain et reconnaisse Dong-Soo lors d’un combat de boxe clandestin.
Toutes ces histoires se percutent et se résolvent en une nuit, à la fin du roman.

L’auteur : Jean Luc Bizien est né à Phnom-Penh, Cambodge , le 07 mai 1963.  Jean-Luc Bizien est un auteur de romans policiers, de science-fiction, de fantasy, de littérature jeunesse, de livres-jeu. Il écrit également sous les noms de plume Sean McFarrel et Vuk Kovasevic. Il est publier dès 1989. Mais c’est Seulement en 2001 qu’il quitte définitivement l’Éducation Nationale pour se consacrer à l’écriture.
Extrait : 
« Concentré sur ses actions et ses choix, il prenait son temps. C’était son habitude – son rituel, comme s’obstinaient à dire les prétendus « profilers », ces crétins qui s’autoproclamaient « spécialistes en serial killers ». Dewey méprisait tous ces types qui donnaient des conférences devant des parterres de gogos buvant leurs paroles comme si elles provenaient des Saints Évangiles. Des conneries, oui ! C’était facile, d’inventer des conclusions une fois que les gars s’étaient fait prendre. Dewey se demandait toujours pourquoi jamais un tueur en série n’avait entrepris d’éliminer un à un tous ces pseudos scientifiques, histoire de leur faire ravaler leur suffisance. L’idée était certes excitante, mais il avait trouvé le système parfait et comptait l’exploiter tant que la source ne serait pas tarie. Au vu de la régularité avec laquelle les Mexs s’entassaient dans les bidonvilles, ça n’était pas demain la veille. »

La Chronique Jubilatoire de Dany

 

D’abord il y a les Daltons … pas vraiment racistes mais accros à la violence gratuite, juste pour l’adrénaline, alors pourquoi pas contre les latinos aux prises avec leur cerveau reptilien ?

Puis il y a les narcos et leurs clans, leurs trafics, l’exploitation de la pauvreté des villageois  qui habitent le long de la frontière métallique entre les US et le Mexique et la domination en en faisant leurs mules et leurs esclaves.

Vient ensuite la CIA, toujours prête à se fourvoyer dans des plans douteux pour atteindre ce qu’elle présente comme des objectifs glorieux.

Et puis, et puis … il y a Païk Dong-Soo, plus mal en point que jamais mais encore plus attachant aussi.

Enfin le talent de l’auteur qui vous entraine dans l’exotisme mexicain, avec toute la cruauté primaire, à l’approche l’élection présidentielle à laquelle se présente un certain Donald Trump. Une intrigue forte, sans doute encore en-deçà de la réalité. Une narration sur plusieurs plans qui se rejoignent on s’en doute, bien habilement. Quatrième volet de la vie de l’agent très spécial Coréen, laissé presque mort à la fin du « berceau des ténèbres », à la hauteur de ce qui ne devait être qu’une trilogie, pour notre plus grand plaisir de lecteur.

Notez que pour faire connaissance avec Païk, il n’est pas absolument nécessaire de connaître la trilogie mais je suis sure qu’après cette lecture vous irez vite vous la procurer !

Entre deux mondes de Olivier Norek


Salut les Polardeux,

Si, il y a un livre que je me devais de chroniquer cette année c’est bien celui-là. Lors de sa sortie j’ai laissé la primeur à Oph notre flingueuse que je trouvais légitime pour cet exercice. Mais maintenant que l’année s’achève, je ne peux décemment pas, ne pas vous donner mon avis sur un des livres qui m’a le plus marquée en 2017.

Voici donc mon billet sur  :

Entre deux mondes de Olivier Norek.

Et ici celui d’Oph

 

Entre deux mondes de Olivier Norek. Paru le 5 octobre 2017 chez M. Lafon.  19€95 ; (413 p.) ; 23 x 14 cm

Résumé

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.
Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger

L’auteur : Engagé dans l’humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, Olivier Norek est l’auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires.
Après Code 93, Territoires et Surtensions, il nous invite dans un monde Entre deux mondes que nul ne peut imaginer, où se rencontrent deux inspecteurs que tout semble opposer et qui devront unir leurs forces pour sauver un enfant.
Extrait :
L’Angleterre s’est refermée, contractée même, comme tous les pays riches, qui n’ont qu’une seule trouille, c’est de voir l’autre partie du monde venir se décrotter les pompes sur leur paillasson. 

Le post-it de la bibliothécaire

 

Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences.

Adam est un policier syrien qui a fui son pays pour se rendre en France afin de rejoindre sa femme et sa fille, Nora et Maya, qu’il a cru mettre en sécurité dans ce pays. Mais elles ont disparu et Adam découvre que la France abrite un endroit situé entre deux mondes où il n’y a aucune loi. Dès le premier crime commis, Adam décide d’intervenir, aidé de Bastien, un policier français.

Si…Et je dis bien si, il y a un auteur qui m’a surprise cette année c’est bien Olivier Norek. Je connaissais déjà le talent du jeune homme. Je le suis depuis ses débuts. J’ai aimé sa trilogie du 93  même si j’ai préféré le réalisme et surtout la noirceur des 2 premiers opus au style résolument plus vif du dernier. Pour autant l’ensemble était parfaitement mené.

Mais là avec « Entre deux mondes« , mister Norek m’a scotché. Il m’a secoué aussi. Je ne suis pas du genre tendre. Je ne pleure jamais quelque soit l’histoire que je lis. Mais là, j’avoue, j’aurai pu avoir les yeux mouillés tellement l’auteur retranscrit avec justesse chacun des personnages, chacune des situations. Il ne juge jamais, il fait de nous les témoins privilégiés de ce drame qui se joue à nos portes, sur notre territoire, près de chez nous. Dans cette zone de non droit qu’est la jungle de Calais. Il nous permet l’empathie avec chacun des protagonistes, comprenant tour à tour le point de vu de chacun. Il nous fait vivre leur espoir, leurs déceptions, leur tragédie.

Il nous oblige à ouvrir les yeux sur ce drame humain que l’on fait souvent semblant de ne pas voir, justement.

Son regard fait fi de tous les préjugés. Il a un point de vue global. Il est le migrant, il est la victime, il est les bourreaux. Il incarne aussi ces policiers calaisiens, au bout du rouleau. Il nous montre leur impuissance face à une situation qui les dépasse et dont ils sont aussi les victimes eux que l’on ne perçoit bien souvent que comme les méchants de l’histoire.

Il met de l’humanité là où il en manque énormément.

Alors certains diront que son roman n’est point une fiction. Que l’auteur fait plus ici oeuvre de documentariste. Ce n’est pas totalement faut, mais c’est justement ce qui fait la force de ce roman !

Mais que font ces détracteur de l’intrigue qu’Olivier noue au milieu de ce drame humain. De cette histoire de flic qui s’intègre parfaitement, et illustre magnifiquement ce roman.

Dans le contexte ci particulier qu’est le jungle de Calais, Olivier Norek nous offre un livre coup de point. Avec son style abrupte, il va directement à l’essentiel. Il trouve le point crucial qui ne peut que toucher en plein coeur.

Bravo Mister Norek, votre livre est tout bonnement magistral !

 Retrouvez la chronique d’Ophélie ICI sur

Entre deux mondes d’Olivier Norek.

On la trouvait plutôt jolie de Michel Bussi


Le livre :  On la trouvait plutôt jolie de Michel Bussi. Paru le 12 octobre 2017.  21€90 ; (461 p.) ; 23 x 14 cm

4e de couv : 

 

« Les femmes sont souvent plus fortes que les hommes dans mes romans, même lorsqu’elles sont victimes des pires machinations »
Michel Bussi

« Qu’est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie. Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie.
– Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l’essentiel. Je suis une mauvaise mère. Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l’un d’eux, l’un d’eux peut-être, échappe au sortilège.
Elle ferma les yeux. Il demanda encore :
– Qui l’a lancé, ce sortilège ?
– Vous. Moi. La terre entière. Personne n’est innocent dans cette affaire. »

Du désert sahélien à la jungle urbaine marseillaise, en quatre jours et trois nuits… Un suspense renversant et bouleversant.

 

L’auteur :  Michel Bussi est professeur de géographie à l’Université de Rouen. Il est l’un des auteurs de polars parmi les plus primés en France au cours de ces dernières années. Son roman Omaha Crimes (2007) connaît une consécration nationale en obtenant cinq prix littéraires majeurs. Dans la foulée de ce succès, Mourir sur Seine (2008) est salué par le public et récompensé par le prix Reine Mathilde. Depuis il est le deuxième auteur le plus lu en France en 2016. Michel Bussi a publié aux Presses de la Cité plusieurs romans : Nymphéas noirs (2011) Un avion sans elle (2012), Ne lâche pas ma main (2013), N’oublier jamais (2014), Gravé dans le sable (2016), Maman a tort (2015) et Le temps est assassin (2016), devenus des best-sellers et traduits dans le monde entier. 
Extrait :
L’occident croit que s’il ne se barricade pas, toute l’Afrique va débarquer chez lui. Quelle peur idiote ! L’immense majorité des populations veulent rester là où elle habitent, là où elles sont nées, avec leur famille et leurs amis, du moment qu’elles ont à peu près de quoi survivre. Elles s’en contentent. Il n’y a que quelques fous pour tenter l’aventure. Entre cent mille et deux cent mille migrants qui tentent de passer la Méditerranéenne chaque années, moins d’un Africain sur dix mille, et on parle d’invasion ?

Le billet de Carine

💖 MICHEL BUSSI : UNE VALEUR SÛRE 💖

« ON LA TROUVAIT PLUTÔT JOLIE » de Michel Bussi

Michel Bussi est l’un des auteurs de romans policiers les plus lus et les plus primés en France. Ses romans, des page-turner sans surenchère de détails macabres, parviennent à faire la synthèse entre le meilleur de l’atmosphère des romans policiers populaires français et le rythme des romans à suspense américains. Et c’est ce que les lecteurs adorent…

A Port-de-Bouc, près de Marseille, Jules Flores est chargé d’élucider le meurtre de François Valioni, membre influent d’une association d’aide aux réfugiés, retrouvé vidé de son sang dans un hôtel. L’enquête le mène à Leyli Maal, mère célibataire d’origine malienne. Cette jeune femme pleine de charme cache un lourd secret.

J’aime beaucoup Michel Bussi et découvrir un nouveau roman de lui est à chaque fois un immense plaisir. Ici, passé et présent s’entrecroisent afin de nous conter l’incroyable destin de Leyli, une cabossée de la vie.

Un roman totalement différent de ce qu’a pu nous proposer l’auteur jusqu’à présent. Une chose pourtant ne change pas : il nous captive toujours autant. J’ai adoré ce bouquin … une réussite totale !!!!!! Je vous encourage vivement à le découvrir …

 

 

Entre deux mondes d’Olivier Norek


Le livre : Entre deux mondes d’Olivier Norek. Paru le 5 octobre 2017 chez M. Lafon.  19€95 ; (409p) ; 23 x 14 cm

4e de couv :

Fuyant un régime sanguinaire et un pays en guerre, Adam a envoyé sa femme Nora et sa fille Maya à six mille kilomètres de là, dans un endroit où elles devraient l’attendre en sécurité. Il les rejoindra bientôt, et ils organiseront leur avenir.
Mais arrivé là-bas, il ne les trouve pas. Ce qu’il découvre, en revanche, c’est un monde entre deux mondes pour damnés de la Terre entre deux vies. Dans cet univers sans loi, aucune police n’ose mettre les pieds.
Un assassin va profiter de cette situation.
Dès le premier crime, Adam décide d’intervenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est flic, et que face à l’espoir qui s’amenuise de revoir un jour Nora et Maya, cette enquête est le seul moyen pour lui de ne pas devenir fou.

Bastien est un policier français. Il connaît cette zone de non-droit et les terreurs qu’elle engendre. Mais lorsque Adam, ce flic étranger, lui demande son aide, le temps est venu pour lui d’ouvrir les yeux sur la réalité et de faire un choix, quitte à se mettre en danger.

L’auteur : Olivier Norek lieutenant de police à la section enquêtes de recherches du SDPJ 93 depuis dix-sept ans, auteur de Code 93Territoires et Surtensions, trois polars largement salués par la critique et le public. Surtensions a remporté Le Prix Le Point du polar européen en 2016.
Extrait :
Ce n’est pas le premier. La violence est partout puisque la pauvreté est immense. Tu ne peux pas mettre ensemble dix mille hommes, quasiment enfermés, tributaires de la générosité des Calaisiens et des humanitaires, sans autre espoir qu’une traversée illégale, et croire que tout va bien se passer. Des morts, il y en a toutes les semaines. Les No Border les traînent aux limites de la Jungle, devant les CRS, mais parfois ils sont simplement enterrés entre les dunes et la forêt. Si un jour ils rasent la Jungle, il ne faudra pas creuser trop profond.

Le OFF de OPH

 

Adam a découvert en France un endroit où l’on peut tuer sans conséquences.

Adam est un policier étranger qui, fuyant un pays en guerre, arrive dans un autre pays, à 6.000 km de chez lui, pour rejoindre sa femme et sa fille, Nora et Maya, qu’il a cru mettre en sécurité ici. Mais elles ont disparu et il s’avère que ce pays est un univers sans loi, entre deux mondes. Dès le premier crime commis, Adam décide d’intervenir. Il sera aidé de Bastien, un policier français.

Olivier et Oph

En refermant « Entre deux mondes », je me suis retrouvée enfermée entre deux sentiments… bouleversée et émue.

Bouleversée par l’histoire d’Adam, policier Syrien d’abord puis migrant à son arrivée à Calais.

Bouleversée par l’histoire de Kilani, enfant Soudanais et migrant.

 

Émue par les liens que Bastien, policier français, va lier avec Adam.

Émue parce que toute cette histoire me touche pour de multiples raisons:

Flic j’ai dénoncé les conditions de travail de mes collègues aux abords cette Jungle en occultant trop souvent les tragédies humaines qui pouvaient se dérouler à l’intérieur de ce microcosme,

Originaire de Grande-Synthe je vois régulièrement les migrants de la « Jungle bis », à proximité du lac où j’allais me promener  et que maintenant j’évite, fermant les yeux sur ce drame humain parce que c’est tellement plus facile…

Parce que quasiment chaque fois que je prends l’autoroute A16 pour retrouver mes proches, je suis plus vigilante que sur n’importe quelle autre autoroute, ayant déjà failli renverser des migrants prêts à tout pour rejoindre leur « Terre Promise », cette Angleterre qui est devenue leur Eldorado…

Olivier m’a renvoyé à nos contradictions, nos paradoxes… Il a su dépeindre avec précision et sans pathos les émotions et les conflits internes que peuvent ressentir les policiers calaisiens entre drames humains et maintien de l’ordre public.

Une fois encore le monde policier y est décrit avec une précision et une authenticité que je n’ai retrouvé chez aucun auteur et qui me touche particulièrement. Un humour noir qui cache nos fêlures et nous aide à lutter contre les monstruosités de la société. Les flics sont les seuls à pouvoir la dépeindre sans le filtre de la bienséance ou du politiquement correct, et pour cela merci Olivier. Tu montres avec brio notre humanité, nos douleurs, nos ras le bol, nos faiblesses et notre impuissance aussi face à certaines situations révoltantes.

Mais « Entre deux mondes » n’est pas qu’une histoire de flics… c’est aussi le drame migratoire et l’incapacité de notre pays à faire face à cette situation.

C’est la capacité de l’Homme à s’adapter pour survivre  « Nous devenons tous des monstres quand l’Histoire nous le propose »…

C’est le desarroi des habitants de Calais qui ont été pris en otages par l’Etat français, fermant les yeux sur ce qui se déroule, encore aujourd’hui, dans cette ville.

C’est l’énergie que dépensent les associations humanitaires pour apporter un peu de réconfort à ces déracinés fuyant les guerres dans leurs pays…

« Entre deux mondes » n’est pas un roman pro-migrants, il y dénonce notamment les abus des passeurs,  « Entre deux mondes » c’est juste une histoire profondément humaine qui vous bouleversera….

Ce pays qu’on assassine de Gilles Vincent


Aujourd’hui j’ai la chance d’accueillir une nouvelle chroniqueuse dans les rangs de collectif Polar. Et pas n’importe quelle chroniqueuse, puisque c’est Carine Boulay qui nous rejoint.  Carine a longtemps tenu un blog qui nous parlait de polar, Le noir émoi. Un blog que je suivais avec intérêt.

Aujourd’hui, si elle a arrêté son activité de blogueuse, elle reste une grande lectrice de littératures policières. Et puis quand on a tenu un blog, on aime toujours donner son petit avis sur nos lectures. Alors, Carine blogueuse un jour, blogueuse toujours vient aujourd’hui nous parler du dernier opus de Gille Vincent.

Je vous laisse découvrir cela.

 

Le livre : Ce pays qu’on assassine de Gilles Vincent. Paru le 10 février 2017 aux Editions In8.  19€ ; (385 p.) ; 21 x 12 cm

4e de couv :

Au coeur de Marseille, on exécute Tarek Bsarani de trois balles dans la tête. Il était le directeur de campagne d’une jeune députée du Vaucluse, espoir prometteur du Parti National de France. À l’autre bout du pays, on découvre dans la boue les corps meurtris de deux jeunes Érythréennes. Deux migrantes égarées sur les routes dévastées de l’exode.

Forte de son expérience et d’une équipe soudée, la commissaire Aïcha Sadia tente de dénouer l’affaire marseillaise, tandis qu’au nord, dans ces territoires laminés par la crise, le capitaine Carole Vermeer, flic fragile et vacillante, butte sur la solitude et le mensonge. À mesure que l’échéance électorale approche, la tension politique vient brouiller les pistes…

Des houillères du Pas de Calais aux plaines brûlantes de Camargue, l’auteur livre un roman noir, lyrique, politique et social. Le portrait sans concession d’une terre au bord de l’abîme, un pays sombre et parfois lumineux : le nôtre.

L’auteur :
Gilles Vincent, né le 11 septembre 1958 à Issy-les-Moulineaux. Après 33 ans dans le Nord et onze ans à Marseille, Gilles Vincent décide, en 2003, de poser valises et stylos dans le Béarn. Depuis quinze ans, il consacre le plus dense de sa vie à l’écriture. Il est aussi l’animateur d’ateliers d’écriture en milieu scolaire, en prison, à l’hôpital…
Les pages lues, écrites sont ses poumons, les mots, tout le sang qui l’habite…
Auteur de polars connu et reconnu, il a plusieurs fois été récompensé : prix Europolar 2014 pour Djebel, prix Cezam Inter-CE 2014 pour Beso de la Muerte et prix du Mauvais Genre 2015 du Val Vert du Clain pour Trois heures avant l’aube.

Le mot de Carine

Tarek Bsarani, le directeur de campagne d’une députée du Parti national de France, a été exécuté à Marseille. De l’autre côté du pays, les corps de deux migrantes érythréennes sont retrouvés. La commissaire Aïcha Sadia est chargée de l’enquête sur le meurtre marseillais, pendant que Carole Vermeer s’occupe de l’autre affaire, dans le Pas-de-Calais.

On dit de lui : « Les pages lues, écrites sont ses poumons, les mots, tout le sang qui l’habite … » Je trouve qu’il n’y a pas de meilleure introduction que celle-ci afin de vous parler de cet auteur que j’affectionne tout particulièrement.

Que d’émotions à la lecture de cet ouvrage … Gilles Vincent est doté d’une qualité rare que je trouve tout simplement remarquable côté écriture. Effectivement, qu’il exprime l’amour d’un homme pour sa compagne qui dort à ses côtés, un crime crapuleux, un paysage ou même un attentat il le fait toujours de la même manière. C’est juste ex-cep-tion-nel cette façon très personnelle qu’il a de traiter tous les sujets avec finesse et émotion. Pourtant à la lecture de ce roman vous allez vous prendre la fureur des hommes en pleine gueule ! Et lorsque vous tournerez la dernière page vous vous prendrez également en pleine tête la puissance du titre : ce pays qu’on assassine

Notre Chroniqueuse :

Carine Boulay férue de littérature noire.
Je suis tombée dans la marmite très jeune puisque ma découverte du policier prend sa source au coeur de la bibliothèque verte (on ne se moque pas). Eh oui, j’ai dévoré l’intégralité de la série Alice détective dans laquelle la brillante et non moins sympathique Alice Roy se lançait dans la résolution d’enquêtes toutes plus trépidantes les unes que les autres.
J’ai poursuivi avec des romans en tous genres pendant de nombreuses années avant de glisser progressivement du côté obscur.
La naissance de mes trois enfants a eu raison de mon temps libre mais j’ai replongé dès que j’ai pu au coeur de mes noirs émois.
J’ai approfondi les différents styles qui composent le genre ces dernières années et c’est d’ailleurs incroyable de voir combien mes goûts ont évolué.
À ce jour, je reconnais volontiers avoir un faible pour les auteurs français et je suis ravie de constater qu’une nouvelle vague déferle chez nous, mais pas que.
La lecture fait partie intégrante de ma vie. Synonyme de plaisir, d’émotion, de dépaysement parfois, elle a un pouvoir considérable sur moi : elle contribue à mon bonheur !
Alors merci à nos chers auteurs …