La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, quatrième audition. 4/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 4

samedi

Fin de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

4e interrogatoire par Mamie Danièle


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours

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Dany : Tic, tac … 4 minutes pour vaquer à ses petites occupations et ensuite …

Ingrid : je suis prête, Danièle 🙂

Dany : Alors on y va …

Sylvie : Je vous suis aussi, bonjour Ingrid

Ingrid : Bonjour Sylvie

Dany : Alors Ingrid, tu as raconté ce que tu voulais sur ta vie d’autrice mais maintenant passons aux choses sérieuses …
Si tu nous parlais de ta fausse identité … c’est qui cette Myra Eljundir

Ingrid : Ce n’est pas une fausse identité, Myra Eljundir existe vraiment ! 😉

Dany : Mais encore …

Ingrid : (et merci de dire autrice 🙂 )

Dany : justement pourquoi pas auteure …?

Ingrid : Disons qu’elle est une de mes facettes, celle qui préfère le fantastique au thriller.

Dany : Elle correspond à une période particulière dans ta vie de créatrice ?

Ingrid : Eh bien autrice parce que c’est le mot originel ! Il a été effacé des dictionnaires par l’Académie française sous la pression de Richelieu qui voulait sortir les femmes du champ intellectuel. Pour preuve, le mot actrice (à une lettre près, c’est la même chose) qui ne le choquait pas car il s’agissait de faire « commerce de son corps » (en gros le Cardinal prenait les actrices – qui apprécieront – pour des putes !)
Je milite donc pour la réintroduction de ce mot injustement supprimé.
Myra correspond à un besoin d’écrire autre chose, et aussi à celui de rester dans l’ombre puisqu’à l’époque je n’envisageais pas de dévoiler mon identité.

Dany : Mais quand on voit les dates de publication les deux … en même temps

Ingrid : Ecrire autre chose ne veut pas dire renoncer à ce qu’on écrit par ailleurs ! 🙂

Dany : Je ne parle pas de renoncement… tu nous as dit que tu étais habitée par tes personnages … c’est un gros volume qu’ils occupent dans ta tête

Ingrid : A croire que j’ai une grosse tête 😛

Dany : Ça c’est de plus en plus certain Tu avais donc plusieurs « genres » en écriture en même temps ?

Ingrid : Oui ! j’ai écrit Kaleb 1 et 2  (ou 2 et 3, je ne sais plus … mais c’était deux tomes) et Sa vie dans les yeux d’une poupée la même année

Dany : Et il y avait une porosité entre les deux ?

Ingrid : Oui, des passerelles, c’est sûr ! mais le pire, c’est que je devais veiller à ne pas m’autoplagier ! Une fois j’ai écrit spontanément la même phrase dans les deux ! heureusement ça me « disait quelque chose » et en vérifiant j’ai constaté le méfait 🙂

Dany : une forme de schizophrénie

Ingrid : Plutôt de dédoublement de personnalité !

Dany : Ça c’est pour l’écriture mais tu as aussi des activités que tu mènes de front ! Tu as une organisation particulière pour ne pas perdre le fil ?

Ingrid : Bonne question, j’ai parfois tendance à trop charger la mule et c’est compliqué de tout faire… Je suis parfois obligée de mettre des choses de côté. Mais en général, quand je n’ai plus de jus pour une activité, j’en ai pour une autre… j’avance comme ça !

Dany : Tu as un espace dédié (un bureau ou ton canapé vert) pour écrire ?

Ingrid : J’ai un bureau. J’ai longtemps travaillé dans mon salon, assise sur le canapé (mon ostéo était ravi) mais j’avais du mal à établir la frontière entre travail et vie privée, je travaillais tout le temps, et je culpabilisais quand je ne travaillais pas. Maintenant, du fait d’avoir séparé le lieu de travail et le lieu de vie/repos… je suis plus zen dans mon salon et plus concentrée dans mon bureau 🙂

Dany : Tu nous as dit que l’écriture d’un thriller demandait qu’on suive un « plan » … tu n’as pas dit plan d’ailleurs il me semble … tu as un mur comme Norek ou des post-it partout comme Chattam ?

Ingrid : J’ai les deux, et aussi un plan sur feuilles A4 (11 pages de plan pour le nouveau)

Dany : Tu n’as pas recours aux outils bureautiques comme Thilliez qui organise ses plans comme des batailles ?

Ingrid : Je ne sais pas comment Franck opère, pour être honnête, ni quels outils il utilise !
moi je travaille comme Desjours et ça me va 😛 😀

Geneviève 😆 Dany 👍

Ingrid : Un truc sophistiqué où tout y est … passons

Dany : Pour les personnages, ils se construisent au fil des pages, cependant pour qu’ils soient cohérents tu as un truc ?

Ingrid : Se les représenter mentalement, connaître leur physique, mimiques, histoire, caractère… se faire des fiches ça peut aider, bien que j’en fasse rarement, ils sont tellement prégnants que je ne risque pas de les oublier !

Dany : Est-ce que tu les visualise en fonction de ressemblances avec ton entourage ou des personnes connues ?

Ingrid : ça peut, oui… il m’arrive aussi  de m’inspirer d’acteurs, de personnes connues

Dany : et ton chat qui ressemble à ton avocat …

Geneviève 😆

Ingrid : c’est l’avocat qui lui ressemble ! mon chat ne ressemble à personne, tu vas le vexer ! 😂

Dany et Geneviève 😆

Ingrid : Il faut ménager la susceptibilité de ces petits félins, ils sont comme nous, ils n’aiment pas qu’on les compare 🙂

Dany : Quand on te voit raconter, on a le sentiment que tu vis les histoires que tu veux transmettre … ta gestuelle, tes yeux … tu sembles vibrer avec l’histoire

Ingrid : Merci !!! ça me touche beaucoup que tu voies ça ! 🙂 c’est vrai que pour moi, raconter une histoire, c’est parler au cœur et à l’âme… avec le cœur et l’âme !

Dany : Tu as participé à l’adaptation d’un de tes romans pour la TV … comment as-tu vécu cette expérience ?

Ingrid : C’est une grande chance de voir ses personnages portés à l’écran, encore plus de pouvoir y participer ! Maintenant le bilan est mitigé car évidemment, on n’a pas autant de liberté que quand on écrit un roman, mais c’est le jeu ! Alors, on verra pour le résultat 🙂 mais quoi qu’il en soit je suis contente de l’avoir fait, j’ai appris beaucoup de choses

Dany : C’est en cours de tournage ou c’est déjà passé ?

Ingrid : C’est en cours de tournage (jusqu’au 21 décembre !) avec Jérémie Rénier et Clotilde Hesme
c’est TROP la classe 🙂

Dany : Et tu as participé au scénario et à la rédaction des dialogues ?

Ingrid : oui ! mais les choses ont un peu (ou beaucoup) bougé depuis le passage du réalisateur ! à voir, donc !

Dany : Tu pourras nous donner des précisions quand tu auras les dates etc … mais déjà Jérémie Rénier c’est bien … le réalisateur ?

Ingrid : Le réalisateur s’appelle Mathias Gokalp et bien sûr je vous donnerai tous les détails sur ma page Facebook ICI

 Dany : Belle aventure … est-ce que ça te donne des idées pour de nouvelles aventures ? Des fois que tu aurais du temps libre bien sûr

Ingrid : J’ai un projet de série policière en lecture par une chaîne en ce moment, mais ça ne veut pas dire que ça aboutira… C’est un métier qui demande beaucoup de patience et de résistance à la frustration

Sylvie, Geneviève👍

Dany : et c’est une toute autre approche que l’image … une autre frustration aussi
Est-ce qu’il y a un roman que tu aurais aimé écrire ?


Ingrid : les Rougon-Macquart de Zola … tous les Rougon-Maquart. Je trouve Zola d’une finesse, d’une intelligence dingues. Ce qu’il dépeint de la société et des rapports humains est tellement juste, et cette écriture juste sublime ! Oui, je lui envie cette œuvre !


Geneviève : 😍

 

Ingrid : tous Les Rougon-Macquart  hein ! soit une vingtaine de romans. (oui, je vise la lune, mais comme dirait Amel Bent, ça ne me fait pas peur)


Syvie et Danièle : 😍
Geneviève👍

 

 

Dany : Et quand tu lis pour le plaisir … que lis-tu ?

Ingrid : Des romans, des essais, des revues
des articles de journaux intéressants aussi

Dany : De tes collègues de plume …

Ingrid : Je ne lis pas de polars français … je cherche plutôt à me changer les idées 😀

Dany : Tu rencontres tout de même tes collègues en salon ?

Ingrid : bien sûr 🙂
et je leur dis même bonjour 🙂 😉 c’est dingue hein 😀

Sylvie 😆

Dany : Tu publies aussi dans les mêmes recueils …

Ingrid 😎

Ingrid : exactement !

Dany : Le polar français … ou le thriller … est plutôt prolifique, cependant les chasses aux éditeurs sont légion. As-tu eu des difficultés à trouver un éditeur ?

Ingrid : Non, j’ai eu beaucoup de chance pour cela 🙂

Dany : Tu en as eu plusieurs au cours de ta longue carrière …

Ingrid : Je sais à quel point c’est difficile pour beaucoup, c’est un Graal. Mais comme je dis à mes élèves : il est toujours possible de trouver son éditeur, il faut parfois savoir le chercher différemment 🙂

Dany : Est-ce que ton premier roman (le tout premier) a été publié ou est-il encore dans un tiroir ?

Ingrid : En 10 ans j’en ai eu 2 ! Mon premier éditeur, chez Plon, à qui je suis très reconnaissante de m’avoir donné ma chance ; et mon éditeur actuel chez Robert Laffont avec qui je collabore depuis plus de six ans 🙂
Le tout premier a été refusé par toutes les maisons d’éditions auxquelles je l’ai envoyé !!! 😀 il se terre de honte dans un tiroir, depuis 😛

Dany : Je terminerai sur ta relation avec les lecteurs … tu les rencontres en salon, sur les réseaux sociaux … est-ce que tu tiens compte de leurs avis ? Surtout comment réagis-tu à une remarque disons nuancée

Sylvie : 👍

Ingrid : J’essaie d’éviter de lire les critiques, car elles me font l’effet d’un horoscope inversé : je ne retiens que le négatif et ça me paralyse pour l’écriture
Après on peut très bien me dire qu’on n’a pas aimé, ce n’est pas un problème et ça fait partie du jeu, tant que ce n’est pas un procès à charge et que ça reste respectueux et constructif 🙂

Dany : Pour ma part je pense qu’il est plus constructif de mettre en avant les points forts que de s’étendre sur les points faibles et de toutes façons en respectant le travail de l’auteur et de l’autrice 😉

Ingrid : Je trouve aussi ! Personnellement, je préfère parler de ce que j’ai aimé, que de ce que je déteste 🙂

Dany : Et bien Ingrid je crois en avoir fini avec mes investigations et Geneviève devrait nous rejoindre sous (très) peu pour donner son verdict. Pour ma part j’ai été ravie d’échanger avec toi et à l’heure où je mets le point final je te dis … à samedi prochain à Blaye !

Sylvie : 👍

Dany : On me dit dans l’oreillette que la Cheffe est dans le couloir …
Peut-être y a-t-il une flingueuse qui souhaite compléter cette audition ?

Ingrid : Moi aussi j’ai été ravie ! 🙂 vraiment c’est super d’avoir cet espace de parole, même s’il a la taille d’une cellule de GAV ! 🙂

Sylvie : 😍

Ingrid : j’espère que pour vous toutes ça a été un bon moment aussi

Dany : Merci en tous cas de ta disponibilité et de ton adaptabilité …

Ingrid : J’avoue maintenant que j’ai fait les deux dernières auditions le ventre vide et avec un mal de crâne épouvantable ! J’espère que je n’ai pas raconté n’importe quoi 😂
sinon on mettra ça sur le dos de la douleur 🙂

Sylvie : 😮

Sylvie : Oh oui un bon moment de GAV

Dany : Ben non, pour moi c’était très clair et très sincère (du moins tel que je l’ai vécu) avec les autrices on n’est à l’abri de rien !

Ingrid : 😍

Ingrid : je ne sais pas ne pas l’être… c’est un gros défaut aussi
(sincère hein, parce qu’il m’arrive de ne pas être claire !)

Dany : 😆

Sylvie : Coucou Ingrid  je vous ai rencontrée à  Saint-Maur, accessible souriante et patiente je vous suis depuis et j ai beaucoup appris de par cette GAV .Merci de vous être livrée et à  bientôt

Ingrid : 😍

Ingrid : mais franchement, 2 questions : 1/ comment avez-vous eu cette idée géniale et super originale ? 2/ c’est un travail monstrueux pour vous de vous tenir dispo comme ça et de reporter ça sur votre site : comment faites-vous ? !
Merci Sylvie  ❤

Sylvie😍

Sylvie : Une super organisation avec une cheffe de meute et des  flingueuses au top..

Ingrid : 👍

Dany : La première GAV a eu lieu en Février avec Nick Gardel parce qu’on parlait d’ITV et qu’on était plusieurs à le connaître, du coup c’est devenu un concept qu’on essaye de maintenir une fois par mois … Le rythme est soutenu et ça demande aussi un minimum de connaissance des auteurs donc de travail en amont … ça demande aussi un auteur coopérant mais ça existe !

Sylvie, Ingrid : 👍

Ingrid : Oui j’ai senti beaucoup de travail ! On voit que vous n’arrivez pas les mains dans les poches !
C’est vraiment très agréable pour l’auteur

Geneviève : Cette idée  est née  d’une discussion avec Aline

Aline : 😍

Geneviève  : C’est vrai que c’est  chronophage  mais tellement intéressant
Chaque GAV est différente. Et surtout  c’est pour  vous que c’est le plus dur ! 
D’ailleurs à  chaud comment as-tu  vécu celle-ci  ?

Ingrid : Très bien, mais j’avais peur d’être un peu ennuyeuse des fois 😛 sinon je vous ai trouvé hyper réactives et bienveillantes, avec beaucoup d’intuition… vous savez sentir quand un sujet s’épuise ou que la personne n’a pas particulièrement envie de continuer là-dessus, j’ai senti beaucoup de respect et de finesse !
Les deux dernières étaient plus dures pour moi, physiquement à cause de mon mal de crâne mais j’arrivais parfois à l’oublier en vous répondant, donc c’est plutôt bon signe !

Sylvie😮

Ingrid : Vous êtes toujours là ?

Geneviève : oui je suis là 👍

Geneviève  : C’est  un peu le concept je l’ avoue. Vous avoir à  l’usure

Ingrid : 😆

Geneviève  : Non je plaisante ! Mais c’est vrai que de mener ces itv chacune notre tour nous permet de varier les sujets abordés. Où de revenir sur certain point que l’on aimerait approfondir

Ingrid : oui ! 🙂

Geneviève : Mais c’est la première fois que l’on avait un chat dans une garde à vue
Ingrid : il va être content ! c’est un vrai cabot🙂

Geneviève : Ça m’étonne pas que ce soit un cabot moi j’ai un chien qui se prend pour un chat
MDR. D’ailleurs quel est son nom à ce chat?

Ingrid : en fait j’en ai deux : Lojong  le chat bleu qui a donné son nom à Maître Lojong (qui ressemble beaucoup à Vergès) et Sherkan le tigré


Dany et Sylvie : 😍

Geneviève : donc il me reste à vous souhaiter une très bonne soirée et un excellent week-end (enfin ce qu’il en reste !) 
Ah oui et pendant que je te tiens Ingrid, je voudrais m’excuser de ne pas avoir pu participer ou écouter la troisième audition j’étais moi-même en interrogatoire avec un auteur en direct à  la bibliothèques

Ingrid : aucun souci, @Geneviève 🙂 tu étais là en pensées


Geneviève : 😍

Allez bonne soirée à tout le monde et bon dimanche à vous toutes
bonne soirée !
Et je reviendrai vers toi Ingrid en MP cette fois pour te parler d’Apéro Polar et de murder party pour la bibliothèque

Ingrid : d’accord 🙂 avec plaisir


Geneviève À très vite alors et prends soin de ton mal de tête


Ingrid👍Merci ! Bonne soirée !

Geneviève : Voilà Ingrid a été relâchée, nous n’avons retenu aucun motif d’inculpation.

Il est 18h59. Fin de la Garde à vue de décembre

La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, troisième audition. 3/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 3

Samedi

Avant dernier épisode de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

3e interrogatoire par Sofia


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours


Samedi 1er décembre 2018

14h26

Sofia : Bonjour Ingrid

Ingrid : Bonjour Sophie

Sofia : C’est Sofia 😉

Ingrid : Alors bonjour Sofia 🙂

So : bonjour bonjour !
Alors Ingrid, nous sommes à la moitié de votre garde à vue
Comment ça s’est passé? Pas trop éprouvée? La nuit fut bonne?

Ingrid : libérez-moi !!!! je suis innocente !!! je veux un avocat !!!! Oui, la taulière m’a fait apporter une couette… mais les fantômes des autres gardés à vue sont venus m’importuner toute la nuit 😞

So : Bien, nous allons y songer. Mais pour le moment, nous ne pouvons vous libérer dans l’immédiat. Nous avons encore quelques petites choses à éclaircir!
Les spectres peuvent être de bonne compagnie quand on est innocent…

Ingrid : soit…

So : Comment les avez vous fait fuir les fantômes, vous leur avez raconté des histoires?

Ingrid : je leur ai dit que je connaissais du monde en enfer… ça les a calmés

So : ahhh j’espérais des histoires….parce que vous savez les raconter….

Ingrid : merci 😉 mais j’ai préféré les bonnes vieilles menaces
 So : Hier, vous nous avez parlé de vos multiples casquettes, et de votre goût pour les contes et légendes

Ingrid : Vous croyez que pour faire peur aux fantômes on raconte des histoires de vivants ?

So : Les histoires vous les écrivez, mais vous avez aussi un talent pour les raconter, j’en ai écouté quelques unes (regardées)

Ingrid : oui, c’est vrai qu’il m’arrive de jouer les conteuses à l’oral aussi, comme autrefois
C’est un exercice différent, écrire, parler, raconter

So : Est-ce que quand on les raconte à voix haute on procède comme à l’écrit?

Ingrid : Oui, c’est vrai ! et c’est ce qui me plaît ! j’aime bien explorer toutes les formes de narration, j’écris aussi des scénarios..

So : Vous êtes une jongleuse alors?

Ingrid : on plante aussi le décor, on joue avec les émotions, mais ici le corps est un instrument, pour les gestes, les mimiques, les intonations de la voix.. le regard qu’on attrape…
On peut dire ça ! je n’aime pas ce qui est immobile

So : Besoin d’activité, de « vivant »?

Ingrid : Besoin d’être en mouvement, même intérieur, d’évoluer… je détesterais me scléroser dans l’immobilisme

So : L’imaginaire à un pouvoir important, et est, on pourrait dire, le fil rouge de toutes vos activités, mais est-ce bien juste cela? Juste le besoin de faire vagabonder votre imagination et l’exprimer sous plusieurs formes

Ingrid : C’est surtout le besoin de création qui est à l’origine, je pense. Ça et une énorme curiosité intellectuelle : j’ai besoin d’apprendre, découvrir, comprendre, questionner, transmettre…

So : Au quotidien, Ingrid, elle est comment ? Elle prend le petit déj avec ses personnages, elle est Madame tout le monde ou vit-elle dans un monde imaginaire?

Ingrid : Mais le besoin de création se retrouve dans tous les domaines, aussi bien quand j’écris que quand je cuisine ! Sinon je suis aussi la fille qui fait des dessins avec ses miettes de pain, à table ! (et te fout la honte au restau)

So : ahhh les miettes de pain!!!!

Ingrid : Déjà, elle évite de parler d’elle à la 3e personne 😀 sinon, plus sérieusement…
Je suis très ourse, en réalité. J’aime le calme, le silence, les petits groupes, les animaux et la nature, ma tanière… je ne laisse pas facilement les gens entrer dans mon cercle intime (aucune allusion sexuelle, hein).. j’aime être retirée du monde et n’y aller que lorsqu’il le faut ou que je le veux. Mais ma vie est assez simple et banale, il y a juste parfois la présence de personnages, de mondes… que je nourris de discussions, de lectures…

So : Le calme et le silence permettent d’ouvrir en grand la porte de l’exploration je crois
Hier, vous nous avez parlé de l’importance de la psychologie pour vous depuis votre enfance… en vous lisant, j’ai fait le lien avec les contes et l’aspect psy, avez-vous lu la psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim ?

Ingrid : Oui ! et c’est ce qui me ressource ? la solitude, le calme… je suis une introvertie. Les extravertis, eux, se ressourcent au contact de la foule. Moi ça me draine complètement.
Oui durant mes études

Sylvie : 👍

So : (excusez moi, perte du réseau wifi)

Ingrid : pas de souci 🙂

So : Est-ce que pour vous, d’avoir étudié la psy, est un vrai plus quand on écrit du roman noir?

Ingrid : Disons que ça permet d’être juste, cliniquement. Mais ce n’est pas forcément ce que recherchent tous les lecteurs !

So : Effectivement, mais ça permet d’entrer dans la mécanique, de comprendre ce qu’il se passe dans la tête des personnages, particulièrement quand ils sont sombre et/ou retors

Ingrid : et aussi quand ils sont victimes

So : Oui victimes aussi bien-sur
Avec ce regard « clinique » que vous avez, comment créer de l’émotion, prendre aux tripes du lecteur ?

Ingrid : En le projetant dans la tête de mes personnages, en leur donnant accès à leurs pensées, mais aussi à leurs émotions… en me mettant à leur place

So : On vous sent très sensible à « l’autre », proche des gens, ce besoin de se nourrir des autres et de partager, se mettre à la place de vos personnages doit faire terriblement souffrir

Ingrid : Oui, c’est d’ailleurs pour cela que je me protège autant… et je peux vous assurer que j’ai pleuré plus d’une fois en « vivant’ ce que je faisais subir à mes personnages.

So : Comment on se protège de cela?

Ingrid : De quoi ? des gens ?

So : De cette souffrance qu’on inflige à ses personnages

Ingrid : Ah ! mais je ne m’en protège pas ! Comment retranscrire leur souffrance, sinon ?😉
Oui, c’est un boulot de maso !

So : Ok, j’avais mal compris votre réponse!
Vous préférez vous mettre dans la peau d’un homme ou d’une femme?

Ingrid : Je n’ai pas de préférence, j’aime me mettre dans la peau de personnages complexes, avec un gros potentiel d’évolution. J’ai peut-être plus de mal à me mettre à la place de personnages fragiles, en revanche, quel que soit leur sexe

So : Parce que ça pourrait faire écho à vos propres fragilités?

Ingrid : non, parce que justement, je ne me suis pas construite dans la fragilité. Et que ça m’est moins accessible

So : Quand on vit la vie de ses personnages le temps de l’écriture, n’est il pas difficile de leur dire au-revoir une fois le roman achevé ?

Ingrid : Si, terriblement. Surtout si on les a fait souffrir à la fin… d’ailleurs c’est parfois difficile de lâcher son manuscrit et de le confier au monde, on a constamment envie de le corriger… une façon de rester avec eux 🙂

So : couper le cordon en fait

Ingrid : C’est ça ! T’as pas envie que ton bébé s’en prenne plein la tronche alors t’essaie de le faire le plus beau possible, sans le lâcher

So : il n’y a plus d’emprise une fois confié au monde

Ingrid : non

So : on pourrait envisager, de retrouver un de vos personnages pour le voir grandir, et ne plus le quitter justement
Avez-vous envisagé un/des personnages récurrents?

Ingrid : Pour être honnête, il y en a toujours un que j’ai envie de faire revenir, dans chaque roman ! 😀 et puis le temps passe et j’ai envie d’explorer d’autres personnages (psychologies / modes de vie…)

So : Mais ce personnage pourrait justement côtoyer ces personnages que vous avez envie d’explorer …ou peut-être est-il trop précieux/important pour le lier à d’autres ?

Ingrid : Il pourrait, en effet. Mais faire cohabiter deux mondes n’est pas forcément évident… et ce que j’aime c’est faire de nouvelles choses, explorer de nouveaux univers, j’aurais l’impression de faire du réchauffé
(mais je sais que certains lecteurs espèrent le retour de quelques personnages 😛 )

So : C’est important pour vous de passer totalement à autre chose ?

Ingrid : Je fonctionne comme ça… j’avance, je progresse… mon écriture évolue avec moi ! Je ne suis plus la même qu’il y a 10 ans quand je parlais de Garance Hermosa, par exemple ! Depuis Echo mon écriture a évolué, mes réflexions, mes centres d’intérêt. L’écriture c’est organique, pour moi, c’est comme un tatouage qui change en même temps que vous ! Je ne voudrais pas faire la même chose qu’il y a dix ans, j’aurais le sentiment d’être figée, de passer à côté de moi, voire de devenir une caricature ! Beurk !

Sylvie : 👍

So : On sent effectivement un virage après Echo

Ingrid : après chacun de mes romans, j’espère !

So : Ce qui est évident quand on vous lit, c’est qu’on se dit « c’est très différent de… », mais pour autant, être dans un registre, un style, ne signifie pas refaire la même chose. Enfin je crois.

Ingrid : (pardon je ne comprends pas trop la phrase)

So : Désolée si je ne suis pas très claire, je faisais référence au fait de reprendre les mêmes ingrédients, soit un personnage par exemple, de mon point de vue, ça ne signifie par pour autant d’être coincée dans une case

Ingrid : non, bien sûr… chacun son truc ! mais ce n’est pas le mien 🙂

So : Pour revenir à « c’est très différent », par exemple, si on prend Potens et la Prunelle de ses yeux, ce sont clairement des romans très différents

Ingrid : oui ! Ce n’est pas la même personne qui les a écrits

So : Les romans sont la transcription d’une certaine façon de votre cheminement, de votre progression dans la vie

Ingrid : c’est ça, Sofia 🙂 … tout comme vos goûts et attirances pour certains genres/auteurs… en fonction du temps qui passe 🙂

So : Alors j’ai envie de dire, et demain, Ingrid Desjours elle va vers quoi?

Ingrid : demain, je n’en sais rien… je n’y suis pas encore ! Mais aujourd’hui, j’écris un roman de littérature générale, j’aime être engagée dans mes textes, parler de faits de sociétés, réfléchir avec mes lecteurs… j’aime aussi prendre le temps d’écrire, de créer un univers, une ambiance, poser le décor sans précipitation…

So : Une chose à la fois, une pierre après l’autre…

Ingrid : oui 🙂

So : Réfléchir avec vos lecteurs, quelles relations avez vous avez eux ?

Ingrid : je suis médusée ! en fait ça m’intrigue de savoir qui me lit… ça m’épate quand quelqu’un vient me voir en salon ou me contacte sur les réseaux sociaux et me dit qu’il me lit, qu’il aime ce que j’écris. Et alors le top du top c’est quand le lecteur a lu entre les lignes, a compris mon propos, a poussé sa réflexion, a ressenti des émotions intenses ! Je ne comprends toujours pas comment moi, je peux provoquer ça, comment on peut aimer ce que j’écris, mais putain ça me touche tellement ! C’est presque trop beau 🙂

So : Parce que vous êtes dans le partage!!!! Vous avez réussi à transmettre!

Ingrid : Oui mais en vrai j’ai toujours l’impression d’être nulle, alors ça me souffle

So : Votre roman sera donc littérature générale, un autre type de lectorat peut-être alors ?

Ingrid : un lectorat élargi, j’espère, avec les fidèles et les nouveaux !

So : Eh bien nous allons surveiller cette future sortie alors!

Ingrid : ❤

So : Chère Ingrid, je dois malheureusement terminer, eh oui, je dois respecter l’horaire pour éviter un vice de procédure et d’avoir des problèmes avec votre avocat, mais avant de nous quitter, juste un petit indice sur votre prochain roman, un titre ou un thème à nous donner?

Ingrid : je comprends, la procédure, c’est important ! 🙂
Un indice (mais alors très vague, hein)…le personnage principal est un homme

So : ah ben  s’il est vague au moins deux indices sinon ça compte pas!!!!

Ingrid : je sais, c’est maigre, mais life is cruel !
nope ^^
je ne suis pas une balance, madame la flic !😉

So : Vous prenez des risques, je vous rappelle que vous avez une audition encore, et il serait dommage de contrarier les flingueuses 😆

Ingrid : je prends le risque !👹

So : Merci beaucoup Ingrid pour ces échanges, Danièle prendra la suite à 17h, nous verrons bien si elle sera d’humeur clémente après votre dernière déclaration!

Danièle :

 

Sylvie👍

Ingrid : Merci pour ces questions très intéressantes et pertinentes, Sofia ! 🙂

So😍

Ingrid : Quant à Danièle, je l’attends de pied ferme ! c’est quand elle veut

 

So : En attendant, reposez vous un peu dans votre cellule, et à très vite!😉

Ingrid : 😗

15h37

Geneviève : Fin de cette troisième et avant dernière audition de Ingrid Desjours, notre gardée à vue. 

La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, deuxième audition. 2/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 2

Vendredi

Suite de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

2e interrogatoire par Miss Aline


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours


30 novembre 2018,

19h58

 

Miss Aline : Bonsoir Ingrid,

Ingrid : bonsoir Aline ! je dois vite nourrir mes chats et j’arrive !

Tic tac, tic tac, tic tac…

20h03

Ingrid : Me voilà !

Miss Aline : alors c’est parti…. avez-vous des rituels d’écriture (lieu, période de la journée, fond sonore…) ?

Ingrid : avant j’écrivais plutôt la nuit, mais depuis quelques temps j’essaie de ne plus m’extraire du rythme des autres, donc j’écris la journée. Je n’ai pas de rituel particulier si ce n’est une caresse à mes chats avant de me lancer, et de temps à autres… sinon j’écris dans mon bureau, dans le silence le plus absolu et gare à ceux qui viennent le perturber ne serait-ce qu’en respirant trop fort à côté de moi !

Miss Aline : concentration absolue alors ?

Ingrid : exactement !

Miss Aline : Comment vous vient l’idée d’une histoire : vous choisissez un thème, ou vous avez une fin ou une phrase de début…?

Ingrid : elle me tombe dessus, littéralement ! Que ce soit au détour d’une conversation, de l’entrefilet d’un journal, d’un rêve. Là, pour le nouveau, c’est le thème qui m’est venu suite à une discussion !

Miss Aline : il n’y a donc pas de « message » à faire passer ? C’est une histoire pour une histoire ?

Ingrid : je n’ai jamais dit ça, malheureuse !!!! Au contraire, il y a TOUJOURS un message, un questionnement en filigrane !

Miss Aline : en filigrane c’est à dire en fond ou de manière inconsciente ?

Ingrid : il y a toujours une double lecture, un fond. Je ne peux pas écrire juste pour distraire

Miss Aline : vous diriez que chaque auteur met quelque chose de personnel (message, questionnement) dans ses écrits ?

Ingrid : je ne sais pas pour les autres, mais pour moi c’est le cas, en effet

Miss Aline : Comment est né le personnage de Gabriel ? (j’ai adoré ce personnage)

Ingrid : en regardant la scène du tango dans Parfum de femmes, avec Al Pacino ! 🙂 Je l’ai trouvé d’une sensualité folle… et j’ai eu envie de créer une intrigue autour d’un tel personnage !

 

Miss Aline : J’irai voir le lien… 

Dans la prunelle de ses yeux, Gabriel est aveugle. Pour moi il l’est au sens propre comme au figuré. C’est un personnage fort et complexe. En dehors de la sensualité folle… c’est ainsi que vous le vouliez : complexe ?

Ingrid : oui, avec ses contradictions, il est en clair obscur mais il n’est pas aveugle pour moi, intérieurement… il a déjà trouvé une forme de lumière intérieure, contrairement à ce qu’il imagine. Pour moi, c’est Maya qui est dans le brouillard et le vrai guide, c’est Gabriel
(j’adore aussi Gabriel)

Miss Aline : on rejoint donc ce qui est dit plus haut c’est à dire : autant de lecteur donne autant de lecture/d’interprétation .
Du coup quel était votre message dans « la prunelle de ses yeux » ?
(je relirai Gabriel avec grand plaisir)

Ingrid : oh oui ! et ça c’est précieux ! chacun son histoire en fonction de son histoire propre… c’est la magie de l’écriture, les personnages n’appartiennent pas à l’auteur, ils appartiennent à chaque lecteur

Miss Aline : je suis totalement d’accord avec ça.

Ingrid : il y en avait plusieurs, je pense… j’avais envie de me questionner sur le phénomène du bizutage et du bouc-émissaire… de parler aussi de la fragilité des femmes induite par la société (Maya se déteste tellement…) du poids de la culpabilité, de l’alcoolisme féminin, de la difficulté des générations à communiquer entre elles, de la paternité dans ce qu’elle a d’animal, primal, et de complexe

Geneviève : 😮

Miss Aline : ce qui m’a le plus marqué c’est la paternité. Pour le reste : bizutage… c’est plus explicite dans le roman.

Ingrid : oui 🙂
J’espère qu’il vous a ému autant que je l’ai été en l’écrivant ❤

Miss Aline : oh oui… surtout que bien que tout soit là, on ne s’attend malgré tout pas à cette révélation. Dés que je comprends où l’on va, je pleure.
J’ai pleuré en écrivant la « fameuse » scène… c’était horrible à décrire

Ingrid : je n’en doute pas.

Miss Aline : bien que cette scène soit déjà très difficile, quel genre de crime/scène ne pourriez vous jamais écrire ?

Ingrid : une scène où l’on fait du mal à un animal et de la cruauté gratuite, complaisante
Choquer pour choquer ne m’intéresse pas, je n’aime pas la surenchère

Miss Aline : vos personnages, vous les contrôlez totalement ou parfois ils vivent leur propre vie ?

Ingrid : Excellente question ! Je contrôle que dalle ! 😀 C’est fou, ils ont leur vie propre, leur caractère et ils me surprennent lors de l’écriture 🙂
Mais je leur inflige ce que je veux par contre 😉

Miss Aline : vous les portez en vous tout le temps de la création ou ils restent dans le bureau ?

Ingrid : Ils sont constamment avec moi ! Je pense à eux, je les fais évoluer au fil de mes rencontres, discussions, émotions, idées… c’est de l’organique, en constante évolution. De toute façon je les considère plus comme des personnes que comme des personnages

Miss Aline : une fois le livre terminé, publié… ils sont toujours là ? Ingrid  s’est échappée. Où elle dialogue avec son avocat ?

Ingrid : Oui, ils sont toujours là

Miss Aline : Les chats.. Geneviève !

Ingrid : je vis avec Gabriel, Maya, Lars, Haiko, Victor, Barbara, Marc… (ça fait beaucoup de monde dans ma tête)
Et là je vis avec quelqu’un dans ma tête en ce moment

Geneviève  : Ah oui le chat avocat…Ne pas l’oublier

Ingrid : (oui une urgence chat) (désolée) (en plus messenger ne sonne pas toujours)

Miss Aline : ooohhhh …on peut en savoir un peu plus sur ce quelqu’un ?

Ingrid : c’est un personnage qui va vous faire réfléchir, ressentir… qui va vous emmener loin. Je vis avec lui depuis environ 3 semaines, et dès que je m’en éloigne pour faire d’autres choses, il me manque… je suis complètement avec lui, dans son monde, son histoire…

Miss Aline : la rédaction a déjà commencée ?

Ingrid : ouiiiiiiiii !!!!!!!!!! je kiiiiiiiffffffe ! j’imagine
Ce roman m’excite plus que tout ce que j’ai écrit jusque là !

Miss Aline : aaahhh… ça sera LE roman alors ?

Ingrid : (c’est toujours un peu le cas en fait :p) … mais oui celui-ci est particulier pour plein de raisons

Miss Aline : on peut avoir un petit indice sur le « thème » ?

Ingrid : non, pas sur le thème mais je peux vous dire que…
Ce ne sera pas un thriller !

Miss Aline : pourquoi ce changement de genre ? le personnage s’est-il imposé à vous ?

Ingrid : parce que je me sens à l’étroit dans le thriller, j’ai besoin d’explorer plus, de déployer des choses que je n’ai pas le temps d’investir quand j’écris un thriller…
Le personnage est une évidence pour moi 🙂
Mais j’avais un peu amorcé le virage avec La prunelle de ses yeux

Miss Aline : quand va-t-on voir la sortie de ce roman ?

Ingrid : l’année prochaine, j’espère !

Miss Aline : qu’est ce qui vous bride dans le thriller ?

Ingrid : Les codes du genre, je dirais… mais aussi le genre lui-même, j’ai envie de raconter d’autres types d’histoires, de faire de la littérature générale, de ne pas toujours écrire les mêmes choses !
Je veux prendre mon temps aussi, celui de poser les choses, de déployer mon écriture. J’aime pouvoir évoluer, changer, tester de nouvelles choses et il est temps pour moi de m’essayer à d’autres écritures

Miss Aline : on vous souhaite de trouver ce que vous cherchez dans ce nouveau style d’écriture.

Ingrid : c’est gentil, Aline 🙂 merci beaucoup ! en tout cas c’est bien parti : je prends un plaisir dingue et c’est essentiel !

Miss Aline : oui c’est l’essentiel, le plaisir

Ingrid : 👍

Ingrid : Aline a une urgence chat aussi ? 😉

Geneviève  : Peut-être Ingrid, une urgence c’est certain mais pas de chat !

Miss Aline : je n’ai pas de chat Ingrid, j’en ai peur ! J’avais mon poisson à sortir…

Ingrid : ahaha 😀

Geneviève : Je l’avais dit, pas de chat


Ingrid : Mes chats ne sont pas effrayants 🙂

Miss Aline : Je vais vous libérer pour ce soir avant que nous partions dans un délire qui pourrait se retrouver (allez savoir pourquoi comment) dans un livre !!! lol

Ingrid : hummm vous avez raison !
Merci pour cet entretien, Aline 🙂
J’espère avoir répondu à vos interrogations !

Miss Aline : Merci à vous pour le temps que vous m’avez accordé.

Ingrid : c’était chouette ❤
Bonne soirée et à demain les flingueuses 😗

Miss Aline : Pour rappel demain vous avez rdv avec Sofia à 14h30 et Danièle à 17 h00.
Geneviève viendra vous libérer ensuite.
Bonne soirée à vous également.

Geneviève : Mais dis moi Ingrid, j’ai  une question sur les règles  et les codes du polar. Qu’elle sont-elles ? J’ai jamais compris

Ingrid : ce sera une journée bien remplie !
Ouh c’est une vaste question…
En gros, pour faire court, les codes c’est tout ce qu’on s’attend à trouver (espère) en lisant un polar…

Geneviève  : Bon ben je vois pas plus moi je lis une histoire. Policière  ou pas si elle m’embarque c’est l’essentiel

Ingrid : et tu as bien raison 🙂

Geneviève : 40 ans que je cherche ces  putains de code. C’est plus à une journée près !
Allez je te libère pour cette audition Ingrid. Mais tu restes en GAV  pour encore une journée

Ingrid : OK 🙂 je te souhaite une bonne soirée, ainsi qu’à tes comparses.
Normal, je retourne dans ma geôle avec ma couverture pleine de puces

Geneviève : Merci pour les flingueusess.

Miss Aline : alors nous ne donnons des couvertures pleines de puces….on ne donne pas de couverture tout court !!

Geneviève  : Que l’on apporte un repas à  notre prévenue et une couette propre

Ingrid : à la bonne heure ! (sinon mes chats attaquaient)

Geneviève  : Moi j’adore les chats les chiens et toutes la ménagerie alors même  pas peur
Et une chose à  savoir tout ce qui ai dit ici est retranscrit.
Na !!!

Ingrid : j’assume tout ! et je ne peux pas vivre sans animaux

Geneviève  : Pareil

Ingrid : ❤

Geneviève : C’est pour cela que tes chats peuvent faire partie de cette garde à vue

Ingrid : Alors on se comprend

Ge²  : 😍

Geneviève  : C’est bien possible.

21h27 : 

 Allez fin de la deuxième audition de madame Ingrid Desjours.

 

La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses, 1ère audition. 1/4


La GAV : @Ingrid Desjours sous le feu des flingueuses

Episode 1

Vendredi

Début de la Garde à vue de Madame

Ingrid Desjours

1e interrogatoire par Ge notre porte flingue


La GAV, Garde à vue d’un auteur par Collectif polar c’est : 4 interviews d’un même auteur par 4 flingueuses différentes.

La GAV c’est des interviews en direct, du vrai live, en conditions réelles.

Durant 2 jours nous kidnappons en quelques sorte un auteur de polar.

Nous lui demandons de nous consacrer au minimum 4h de son temps sur les deux jours que dure la Garde à Vue.

Et durant ce temps nous lui posons une série de questions en batterie auxquelles il ou elle doit répondre instantanément. Nous ne lui laissons pas le temps de réfléchir à ses réponses. C’est un échange en live. Comme sur un plateau, sur un salon. C’est pas préparé,  ce que l’on recherche c’est la spontanéité. Et croyez moi au réveil ou en fin de journée, nos auteurs sont comme nous, soit pas bien réveillés soit crevés de leur journée. Et là nous les cueillons !

Nous recueillons leurs confidences.

Et c’est celles-ci que nous vous proposons en direct live. ( enfin presque juste en léger différé).

Sauf cette fois, la GAV d’Ingrid ayant eu lieu le vendredi 30 novembre  et le samedi 01 décembre

Nous allons vous proposer la retranscription de ces 4 interrogatoires sur 2 jours, 1 en matinée et un le soir entre ce matin et demain  après-midi

Allez place à la GAV d’Ingrid Desjours


Vendredi  30 novembre 2018

15h58

Dany : Bonjour, essai de connexion pour la GAV d’Ingrid

 Sofia : Coucou OK pour.moi

Dany 👍

Ingrid : C’est bon ! 🙂

Dany👍

Sylvie : Ok

Dany :  parfait alors

Ingrid : Bonjour 🙂

Dany : Alors Ingrid on a un petit soucis car Geneviève  semble avoir un retard ! Un truc important à régler !
Nous sommes 4 à devoir t’auditionner sur deux jours consécutifs et les autres flingueuses pourront intervenir à la fin de chaque audition pour compléter ou faire préciser tes réponses
Tout ce qui sera écrit sur cette discussion fera l’objet d’une transcription et d’une publication sur le blog

Ingrid : J’ai prévu large, on peut attendre Geneviève 🙂

Dany : 👍

Dany : En attendant tu peux peut-être te présenter …
âge, formation, cursus …

Ingrid : Ingrid Desjours, autrice accro au principe de création, ex criminologue même pas repentie
créatrice et animatrice d’ateliers d »écritures.. et de murder parties, aussi…

Dany : mais encore … un criminologue c’est sur pièce ou sur documents qu’il travaille ?

Ingrid : je travaillais beaucoup sur dossier : pas question d’aller sur les scènes de crime et de souiller les lieux, comme on peut le voir (à tort) dans certaines histoires… et aussi sur entretiens avec des suspects ou des condamnés

Dany : tu es employée par la justice ?

Ingrid : j’étais. Je ne pratique plus depuis longtemps !

Dany : c’est une profession que l’on ne connait pas trop, à moins que ça ne soit les profileurs comme on dit maintenant ? C’est ça ?

Ingrid : Le profilage est en effet un outil que j’utilisais, mais ce n’est qu’un outil. Le FBI a employé il y a quelques années des profilers mais très vite, ça a été stoppé. Aujourd’hui les agents sont formés à différentes techniques dont le profilage criminel, mais ce n’est pas une profession en soi. Les « profilers » n’existent plus que dans l’imagination des scénaristes et des mythomanes 😉 C’est pareil pour criminologue, c’est un titre, pas un diplôme… par exemple moi j’ai un diplôme de psychologie, psychopathologie avec pour spécialisation la psychologie criminelle, c’est une nuance importante à souligner. La personne qui se prétend criminologue diplômé ou profiler vous ment 😉

Dany : Ingrid il y a une urgence … je dois m’absenter 20 minutes  @Geneviève arrive.

Ingrid : ok… je patiente

Sylvie : Bonjour Ingrid je prends le relais … tu penses que depuis quelques temps  le profilage est un phénomène  de mode ?

Ingrid : Oui, et comme le concept est aussi flou que la législation, ça excite la curiosité de beaucoup de personnes… et d’un certain nombre de mystificateurs !
(Bonjour Sylvie)

Sylvie : Et question on dit que les tueurs en série ont quasiment tous le même  profil psy qu en penses-tu ?
Énurésie, violence aux animaux  etc

Ingrid : ce sont effectivement des traits qu’on retrouve assez fréquemment

Sylvie : Revenons à  ton parcours.  Envie d’études de psy depuis toute jeune ?

Ingrid : Plus jeune, je voulais être neurochirurgienne !
on reste dans la bidouille de cerveau, cela étant 😀

Sylvie : Oui La psy du corps.  là  c’est l’esprit et pourquoi cette orientation criminelle?

Ingrid : Mais psy… on va dire que c’était en moi depuis toujours… j’étais une petite fille très timide, je n’osais pas parler aux gens mais je les observais beaucoup… j’avais aussi besoin de comprendre pourquoi ils agissaient comme ils le faisaient (je les trouvais tantôt touchants, tantôt cruels…)
C’est venu au cours de mes études, je m’intéressais à l’acte criminel  : qu’est-ce qui fait qu’on bascule et passe à l’acte, quelles conséquences aussi quand on l’a fait… il se trouve que j’ai terminé mon cursus pendant l’affaire Dutroux et que la sexocriminologie m’a intriguée, c’est aussi simple que ça !
Mais la criminologie est loin derrière moi à présent et ce n’est plus mon quotidien ni par ça que je me définis : je suis autrice avant tout

Sylvie : C’est effectivement intéressant fascinant voir complexe … dernière question : Dans le cas d’un criminel tu penses qu’il est possible de le soigner… ?

Ingrid : C’est une question qui appelle plusieurs réponses, et une analyse au cas par cas. Déjà, tous les criminels ne sont pas malades ! Toi aussi, demain, tu peux tuer quelqu’un : c’est ce qu’on appelle un meurtre. L’assassin qui prémédite n’est pas forcément malade psychologiquement, tous les tueurs ne sont pas des psychopathes sadiques et tueurs en série ! Après pour le criminel qui souffre de pathologies psychiatriques, ou de pulsions pédophiles par exemple, un traitement médicamenteux + une thérapie peut effectivement empêcher la récidive en contrôlant les pulsions et désordres neurochimiques. Pour les structures de personnalité perverses c’est plus compliqué voire impossible, mais c’est un long débat…

Sylvie : Merci oui on pourrais en parler  longuement  revenons à  ta vie d auteure…

Ingrid : merci 🙂, avec plaisir

Sylvie : Tu crées et animes des ateliers d’écriture comment t’es venue l’envie et avec qui travailles-tu ? …des jeunes?

Ingrid : J’ai plusieurs « publics ». Je travaille avec l’école Les Mots, à Paris où j’anime des ateliers sur le thème du thriller, pour les adultes. Je propose aussi des ateliers d’écriture ainsi que des Masterclass sur l’écriture de romans (dont le thriller mais pas uniquement), là aussi pour des adultes, que ce soit des passionnés de lecture, des écrivains en herbe, des adolescents… c’est même une activité que je souhaiterais développer en entreprise, je suis convaincue que ça peut être un merveilleux vecteur de cohésion sociale et aussi de prise de confiance en soi : parvenir à s’exprimer correctement, c’est se faire comprendre
se faire entendre…

Sylvie : Je suis novice en atelier, j’aimerais  bien en faire un, comment cela se passe? On a un thème et on écrit ou tu donnes les pistes pour écrire ?

Ingrid : J’ai une grande règle en fer pour taper sur les doigts des mauvais élèves et je les punis aléatoirement pour m’amuser 😛

Sylvie😆

16h20

Geneviève : Bonjour est  pardon pour le retard, j’étais sur une autre affaire, très urgente.

Ingrid : Bonjour Geneviève ! pas de souci, ça arrive !

Plus sérieusement :  j’aborde une technique, en exposant la théorie, en donnant des trucs, des anecdotes, des exemples… et après je donne une consigne d’écriture à mes élèves. Ils rédigent dans un temps imparti, et ensuite on débriefe ce qu’ils ont écrit, pour progresser.
Mes ateliers sont très intenses parce que je veux transmettre beaucoup de choses, mais extrêmement ludiques et bienveillants : on se marre bien, on apprend des choses, il se passe vraiment quelque chose sur le plan humain 🙂

Geneviève : Je vois Ingrid que tu as fait connaissance avec un certain nombre de Flingueuses. Moi qui voulais démarrer cette GAV en douceur…
C’est raté !

Ingrid : Moi je dirais que c’est un début réussi, Geneviève  🙂

Geneviève : Alors Parfait si ça te va.

Sylvie : 😍

Sylvie : Accessible à  tous ou il faut maîtriser la langue et le vocabulaire

Ingrid : Accessible à tous

Geneviève : Je te reconnais bien là, exigeante et pro.

Ingrid : Après les Masterclass sont plutôt réservés aux personnes qui ont un projet de roman

Geneviève👍

Ingrid : c’est gentil, je tâche de l’être, oui.

Sylvie : Merci maintenant je suis au top car j’avais commencé à  écrire et je demande aux auteurs s’ils ont un plan certains commencent en écrivant leur personnages et l’histoire vient ensuite et toi ?
… Ensuite je laisse la place à la cheffe. Je suis bavarde

Ingrid : J’ai un plan ! Je dirais que dans l’écriture de thriller c’est primordial de savoir où on va et comment (pour ne pas écrire d’incohérences)… et cela libère l’écriture, je trouve, car on sait qu’on est dans les clous

Geneviève : Oui ça ce comprends, le polar semble un genre bien normé.

Ingrid : C’est ce qu’on appelle les codes du genre

Geneviève : Mais laissons ces questions pour plus tard, si tu le veux bien, tu auras tout le temps de t’exprimer sur ce sujet avec mes camarades flingueuses tout au long de ces deux jours de garde à vue.  En fait perso, j’aurai aimé savoir quel est ton rapport aux livres et la lecture.

Ingrid : volontiers

Geneviève : Alors dis moi, quand le livre est-il rentré dans ta vie ?

Ingrid : très tôt, j’ai appris à lire seule (ce qui m’a valu de sauter une classe). A l’époque, j’avais le sentiment de faire un truc de grands, d’être une personne importante si je savais lire.
J’adorais les contes de Perrault

Geneviève : Impressionnant, moi qui ne sais toujours pas lire.
Quel genre de livre lisais-tu à l’époque?

Ingrid : ahahah c’est bien imité alors 😛
… les livres de contes, la comtesse de Ségur (comme tout le monde je crois) et ainsi parlait Zarathoustra
(je plaisante)

Geneviève : hahaha 😆

Ingrid : non le Nietzsche j’ai voulu le lire au collège, parce que le titre me plaisait… mais j’ai rien capté 😛

Sylvie : 😆

Ingrid : (ce qui a été une vexation terrible)

Geneviève : Pareil ! Rien capté non plus

Ingrid : 😁

Geneviève : Chez toi, y avait-il une bibliothèque familiale ?

Ingrid : je crois que oui
je piquais quelques bouquins à ma grand-mère

Geneviève : Tu n’en as plus le souvenir ?

Ingrid : je n’ai pas beaucoup de souvenirs de mon enfance

Geneviève : Tu me disais avoir appris à lire avec des contes.

Ingrid : oui ! Les contes je m’en souviens bien 🙂

Geneviève : Mais les contes c’est parfois assez dur ?

Ingrid : j’adorais ça
j’ai toujours mon livre de Perrault

Geneviève : C’est très formateur, tu pense chez une enfant ?

Ingrid : ça ne me choquait pas plus que ça… de toute façon, les enfants (comme les adultes) saisissent ce qu’ils sont à même de saisir, le reste ils l’occulteront

Geneviève : C’est vrai

Ingrid : oui, ça véhicule beaucoup de problématiques universelles, d’archétypes, ce sont aussi des mises en garde symboliques

Geneviève : Toi qu’est que qui te plaisait dans ces contes ?
Dans ceux de Perrault?

Ingrid : Bon… un de mes chats vient de s’inviter dans la GAV (et il est en train de siffler mon verre)

Sylvie : 😍

Ingrid : ne l’encouragez pas avec vos coeurs ! 😆

Geneviève : Il se prends pour ton avocat ! Mais reprenons si l’intrus veut bien !

Ingrid : c’était une façon de m’évader d’un quotidien bof, je crois que j’aimais bien frissonner !
Et…Oui dans mon imaginaire les avocats picolent . 😛

Geneviève : hihi, excellent le chat avocat qui picole. 

Ingrid : J’ai donné le nom d’un de mes chats à un avocat dans un de mes romans !

Sylvie et Geneviève : 👍

Geneviève :  Excellent cette anecdote Ingrid. Mais dis moi, tu aimais  frissonner ?  Déjà à l’époque ?

Ingrid : oui, déjà à l’époque. On porte déjà un peu tout ce qu’on sera en soi, même dans la plus jeune enfance

Geneviève : Excellent ça ! Et alors C’était pas les contes de princesse donc qui t’intéressaient ?

Ingrid : il ne fallait pas qu’il y ait que ça. J’aimais bien Cendrillon, mais j’aurais moins aimé si elle n’avait pas été une martyre et qu’on avait pas coupé les pieds de ses sœurs 😀
bah quoi 😛

Geneviève😆

Ge² : ( le double maléfique de notre porte Flingue entre dans la conversation) Après  les contes quelles lectures ont eu tes faveurs ?

Ingrid : Tiens, tu as changé de tête Geneviève !

Ge² : Oui maintenant Ingrid tu as affaire au double maléfique de Geneviève

Ingrid : J’ai adoré la mythologie grecque ! puis je suis passée à Barjavel, Maupassant, Stephen King, Anne Rice… Un double maléfique ? Je n’en tremble que plus !

Ge² : Obligée de me dédoubler  je suis au taf là !

Ingrid :

Ge² : Mais revenons à toi
Et à tes lectures

Ingrid : bien, chef 😛

Ge² : Hahaha, cheffe j’aime bien ! Lol Alors…La mythologie tu disais ! Là aussi les symboliques sont fortes voire fondatrices, non ?

Ingrid : absolument ! mais je crois que j’ai toujours eu besoin qu’il y ait plusieurs niveaux de lecture, une certaine profondeur…
j’étais pas très fun comme petite fille

Geneviève : Là c’est moi qui vais avoir peur ! Non c’est pour rire 😉 Enfin avec toi… ne sait-on jamais.
Sinon,plus généralement, Ingrid que t’ont apporté tes lectures ?

Ingrid : une fenêtre vers un ailleurs, une évasion du quotidien. C’est comme ça que j’ai appris à raconter des histoires. Le soir avant de m’endormir, du coup, je me projetais dans des histoires que j’inventais, je vivais des trucs géniaux ou durs, mais j’étais moi et une autre à la fois et c’était ma bulle à moi, que personne ne connaissait, où personne ne pouvait m’atteindre 🙂 et tu sais quoi ? Je continue de le faire…
Dans mes livres, certes, mais aussi juste pour moi, avant de m’endormir, parfois…
mes voyages sont intérieurs mais putain que je vais loin !

Geneviève : Besoin de t’évader Petite ?

Ingrid : oui

Geneviève : Quelque chose à fuir ?

Ingrid : bien sûr

Geneviève : Si c’est trop perso tu as le droit de ne pas répondre.

Ingrid : je n’ai pas eu une enfance des plus douces, mais ça m’a apporté force et imagination ! 😉

Geneviève : Tu penses qu’on peut se construire sans douceur ?

Ingrid : oui, à partir du moment où on sait en trouver là où d’autres n’en verraient pas. Trouver de la douceur.Où on comprend ce qui se passe, aussi… c’est le côté psy qui est ressorti très tôt, par nécessité.

Geneviève : Et la lecture a fait partie de cette douceur ? Et tes lectures t’ont forgée aussi ?

Ingrid : douceur et exutoire, aussi ! Je n’étais pas très tendre, ni dans mes jeux, ni dans mes goûts littéraires !

Geneviève : Tu penses que c’est ton vécu qui t’as poussée vers tes études et au-delà vers les littératures dites noires

Ingrid : l’écriture ça a été un hasard, une histoire de rencontre… mais vers la psy sans aucun doute ! J’ai toujours voulu comprendre les gens, le fonctionnement de l’humain 🙂

Geneviève : Du plus loin que tu te souviennes ?

Ingrid : je crois, oui … c’est peut-être pour ça que je voulais leur ouvrir le cerveau ! 😀(je voulais être neurochir)

Geneviève : As tu trouvé du réconfort dans la psy ?

Ingrid : je n’avais plus besoin de réconfort depuis longtemps quand je suis entrée en psycho !
je ne me suis pas construite dans la vulnérabilité !

Ge² (le retour du double maléfique) : Tu décortiques les âmes  et les corps dans tes bouquins ?

Ingrid : oui, madame !

Ge² : Tu es un peu chir finalement

Ingrid : hum… 😏 mais oui, on peut dire ça !

Ge² : Question de bibliothécaire
Attention !
As-tu fréquenté les bibliothèques ?

Ingrid : oui ! Ma bibliothèque municipale et la bibliothèque de la fac, aussi !

Ge² : Qu’y as-tu trouvé ?

Ingrid : je suis très attachée aux bibliothèques, je trouve ça hyper émouvant de voir des gens s’y réfugier, y faire des recherches !
honnêtement ? quand j’étais gamine, tous les livres interdits !
(oui, oui, les livres érotiques aussi…)
Ah ! j’oubliais, tiens, gamine je lisais l’encyclopédie Larousse médicale aussi (j’adorais et ça me dégoûtais en même temps : je tournais certaines pages du bout des doigts de peur de choper ce qu’il y avait sur la photo !)

Sylvie : 😆

Ingrid : après, en fac, un accès immense à la culture, aux essais… j’ai vraiment découvert les essais en fac

Ge² : Tu veux dire que petite déjà tu étais dérangée  ? Oups !!!

Ingrid : Euh… je crois que oui !

Geneviève😍

Ingrid : c’est grave, Docteur ?

Ge² :  possible ! 😆

Geneviève : Sinon penses tu que les bibliothèques et du coup le livre peut avoir un rôle social à jouer ?

Ingrid : mais oui !

Geneviève : Lequel d’après toi ?

Ingrid : Ne serait-ce que pour démocratiser un livre parfois cher, pour dédramatiser la lecture aussi, le fait d’entrer dans un temple du livre où tu ne craindras pas d’être jugé, j’observe aussi (en faisant des murder parties dans les bibhliothèques et médiathèques) qu’il y a une vraie fonction sociale, de construction d’un lien, pour lutter aussi contre l’isolement de certaines personnes. Je crois que les bibliothèques sont des pépites, pour cela, et le plus elles peuvent faire entrer de personnes chez elles, le mieux c’est ! ❤

Geneviève : Tu es engagée !

Ingrid : j’ai mis beaucoup de « h » dans bibliothèque… promis je ne veux rien découper, pourtant !

Sylvie : 😍

Geneviève : 😆 hahaha

Ingrid : oui. Il faut l’être. Pour le rayonnement de la culture, pour les gens aussi, je pense que c’est un acte politique et citoyen d’offrir la possibilité de se documenter ou de s’évader

Geneviève : Justement tu parlais plus haut de murder party, comment conçoit-on une de ces murder ?
On construit une histoire, un scénar, une pièce de théâtre ? ça ressemble à quoi ?

Ingrid : ouh là ! c’est un vrai casse-tête à concevoir ! mais pour faire simple, je viens dans ta librairie ou bibliothèque et on invite entre 50 et 200 personnes à résoudre un mystère en grandeur nature. En gros, on fait vivre aux joueurs une histoire qu’ils auraient pu lire dans un roman policier ! Tout le monde participe, les membres du personnel interprètent des personnages à interroger, on cache des indices un peu partout, on pose quelques énigmes et les gens ont un peu moins de deux heures pour trouver le coupable, le mobile, et l’arme du crime !
oui c’est un peu comme une pièce de théâtre où tout le monde joue un rôle !

Geneviève : Un cluedo grandeur nature
Mais alors il faut impliquer l’équipe ?

Ingrid : c’est génial, les gens s’amusent beaucoup et pour certains d’entre eux c’est une façon soft de remettre les pieds dans une bibliothèque ou librairie : ils se rendent compte que le personnel est cool et que ça a l’air génial de traîner par ici !
oui 😉

Geneviève : Mais l’auteur pour lui c’est un vrai casse tête, non ?

Ingrid : oui ! à concevoir c’est un enfer ! mais quel plaisir de voir les gens s’amuser !

Geneviève et Ge²👍

Geneviève : Dites moi madame l’autrice, il va falloir que l’on parle sérieusement toutes les deux !
Tu sais que tu m’intéresses là !

Sylvie : 👍

Ingrid : mais quand vous voulez, madame la bibliothécaire (mais que c’est long à écrire, ce mot !)

Geneviève : oh punaise à qui le dis-tu, je l’écris tout les jours de ma vie de bibliothécaire, lol 😆

 Ge² : Tu peux dire bib si tu préfères 😉

Ingrid : bib ce sera (genre je vais pas me faire prier)

Geneviève : hihi😆

 Bon je tenterai bien une dernière question car je sais que tu as une autre audition plus tard ?

Ingrid : allez, va pour la dernière

Geneviève : Crois qu’un bon lecteur puisse devenir auteur ? Attention j’ai pas dit un bon auteur ? Et ça marche aussi au féminin !

Ingrid : tu veux dire avec des -trices ? 😉

Ge²: 👍

Geneviève : Oui avec des trices !

Ingrid : si c’est le cas pourquoi pas ? si écrire est une envie, un besoin, il faut se lancer parce que ça fait un bien fou ! et tant pis si on n’écrit que des premiers chapitres, qu’on change d’avis mille fois ou qu’on n’est pas à la hauteur de ce qu’on aurait voulu… la vie est trop courte pour ne pas se faire ce plaisir (et sinon, il y a mes ateliers pour aider 🙂 )

Geneviève👍

Sylvie : 👎

Ingrid : qui a osé mettre un pouce en bas !
je suis choquée
blessée !
trahie !

Sylvie : 👍

Ingrid : (oui c’est la grande scène du II)

Sylvie : 😍

Ingrid : je crois qu’on a perdu Geneviève et son double maléfique !

Geneviève : Non, pas vraiment perdue, occupée 😉…à commencer une nouvelle

Ingrid : héhé ! tu as commencé une nouvelle ?

Geneviève :  Allez savoir ! Et ben merci Ingrid pour ce moment très agréable de GAV, j’en redemande.

Sylvie : 👍

Ingrid : eh bien le plaisir est partagé ! je me réjouis de notre prochain entretien !

Sylvie : 😍

Ingrid : des GAV comme celle-là on en redemande aussi !
à tout à l’heure, donc ?

Geneviève : Moi je reviendrai vers toi, d’abord pour conclure tes 4 auditions.

Ingrid : ok

Geneviève : Et ensuite à titre pro et perso pour parler Apéro polar et murder party

Sylvie : Merci pour l’échange Ingrid à te lire.

Ingrid : volontiers, vraiment, Geneviève

Sylvie et Geneviève😍

Ingrid : Merci Sylvie  🙂

Geneviève : Et maintenant je te libère mais avant as-tu quelque chose à rajouter ou les flingueuses ont-elles une ultime questions ?

Ingrid : merci aussi Danièle  et Aline  et So Fiou  🙂
J’ai un direct insta (celui que j’avais oublié dans mon planning) à 18h30 en direct, si ça vous dit 🙂

Sylvie et Geneviève😮

Geneviève : Les flingueuses, une ultimes choses à demander à Ingrid avant de clore cette audition ?

Dany : Non pas pour le moment Geneviève … je fourbis mes armes pour demain, je note …

Geneviève et Ge²👍

Ingrid : ahaha je les ai épuisées 😉

Geneviève😆

Dany : Épuisée moi (presque ) jamais !

Ge² : Pas si vite chère Ingrid, chez les flingueuses nous avons de la ressource !

Ingrid : en tout cas, vraiment vous avez un concept en or 😉

Sylvie : J’ai donné ma liste de question à  Danièle.   Je fonce sur le live…

Dany :  👍

Geneviève : Alors je déclare la première audition terminée !
à plus tard, alors !

Que l’on ramène notre suspecte dans sa cellule
Et… attention Ingrid, une flingueuse peut en cacher une autre !

Ge² : Je m’en charge !

Geneviève : Parfait ! 

18h 10  :

Fin de la première audition de la Gav d’Ingrid Desjours par Ge et ses Flingueuses.

Livres en citadelle 2018, une flingueuses sera présente


Livres en citadelle 2018, une flingueuses sera présente

Livres en citadelle – édition 2018 – 7, 8 et 9 décembre

Par mamie Danièle

Pour en savoir plus, le programme, les auteurs invités, c’est ICI
Une page Facebook existe aussi 

Livres en citadelle – édition 2018 – 7, 8 et 9 décembre

Par mamie Danièle

 

Ceux qui avaient réussi à braver cette tempétueuse Ana l’année dernière seront sans doute tentés par cette édition 2018.

En prologue le vendredi pour les chanceux blayais, de 19 h à 21 h c’est la vie de château avec nos polardeux Jacques Saussey et Stanislas Petrosky, sur réservation au 06-77-82-98-49.

Le salon se tiendra quant à lui le samedi de 14 h à 18 h et le dimanche de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h.

Pensez-donc, dans le cadre sublime de la Citadelle et son couvent des Minimes (patrimoine mondiale de l’UNESCO) cohabiteront ces deux journées :

Armelle Carbonel, Céline Denjean, Ingrid Desjours (qui sortira à peine d’une Garde à Vue de Collectif Polar), Simonne Gélin, René Manzor (actuellement sous mesure de bracelet électronique versus Collectif Polar -), Stanislas Petrosky, Sandrine Roy, Jacques Saussey et Danielle Thiery.

J’espère que les organisateurs autour d’Isabelle et Laurent Chaulet auront pris toutes les précautions d’usage car le risque de faire cohabiter tous ces psychopathes est bien réel !

Pour ma part ma prospection, ma chasse aux indiscrétions se fera le samedi après-midi … je parlerai volontiers de leur actualité 2018 et de leurs projets … Leur bilan 2018 est déjà impressionnant !

Carbonel – Sinestra :

Suisse. 1942.
Le Val Sinestra, refuge isolé au cœur de la vallée des Grisons entouré de monumentales montagnes, accueille un convoi de réfugiés fuyant les horreurs de la guerre. Des mères brisées au bras de leur progéniture, des orphelins meurtris et atteints de désordres psychiques. Mais là où ils croyaient avoir trouvé la paix, les résidents vont réaliser que le mal a franchi la frontière avec eux.

Denjean – le cheptel

Alors que les enquêteurs de la SR de Nîmes enquêtent sur le meurtre d’une jeune femme, Louis Barthes, un notaire retraité, est à la recherche de sa soeur jumelle. Bruno, un adolescent surdoué, tombe dans un torrent et est secouru par une étrange communauté.

Sandrine Roy – Pas de printemps pour Eli

Lynwood Miller, le retour !
Le beau mais ténébreux ex-GI coule le parfait amour avec la jeune, belle mais très curieuse Éli. Tous deux profitent béatement des douceurs de l’été pyrénéen lorsqu’un coup de téléphone vient rompre cette quiétude : le père de Lynwood est décédé. L’ancien membre des forces spéciales américaines va devoir retourner au Texas pour l’enterrement. Il va lui falloir aussi révéler à ce qui reste de sa famille qu’il n’est pas mort depuis vingt ans ! Sa fiancée est, bien sûr, du voyage. Tout juste arrivé dans le ranch familial pour les obsèques, le couple découvre que des truands font pression sur James, le frère de Lynwood, qui doit juger – et condamner ? – un redoutable trafiquant…

Desjours – la prunelle de ses yeux

Il est aveugle. Elle est ses yeux. Elle pense le guider vers la lumière. Il va l’entraîner dans ses ténèbres.
Gabriel a tout perdu en une nuit. Son fils de dix-sept ans, sauvagement assassiné. Ses yeux. Sa vie… Les années ont passé et l’aveugle n’a pas renoncé à recouvrer la vue. Encore moins à faire la lumière sur la mort de son enfant.
Quand un nouvel élément le met enfin sur la piste du meurtrier, c’est une évidence : il fera justice lui-même. Mais pour entreprendre ce long et éprouvant voyage, Gabriel a besoin de trouver un guide. Il recrute alors Maya, une jeune femme solitaire et mélancolique, sans lui avouer ses véritables intentions…
La cécité de conversion est une pathologie aussi méconnue qu’effrayante : suite à un profond traumatisme psychologique, vous êtes aveugle. C’est ce qui est arrivé au personnage principal de ce roman.

Simone Gélin – sous les pavés la jungle

Dans la cour de promenade de la maison d’arrêt de Fresnes, deux vauriens nouent une amitié indéfectible. Plus tard, Mounia, une jeune clandestine, viendra troubler le jeu. Une fois libéré, Milo s’efforce de suivre le droit chemin, guidé par le fil rouge du passé. Bordeaux, l’estuaire, les vignobles du Médoc, le bassin d’Arcachon, une villa engoncée dans l’hiver, au Cap ferret, en cherchant à faire la lumière sur l’histoire de ses grands-parents, deux soixante-huitards qui ont connu une passion explosive sur les barricades, Milo découvre une région et retrouve ses racines.
Il croit pouvoir tourner le dos à la délinquance, alors que Kevin, de son côté, n’a de cesse de vouloir grimper dans la hiérarchie de la voyoucratie, s’adonnant aux trafics sordides et commerces d’êtres humains. Leurs routes semblent définitivement se séparer, mais on ne sort pas indemne de la prison, le sort, peut-être, en décidera autrement.

Stanislas Petrosky – Réquiem pour un fou

Pour commencer, prenez :
Un prêtre exorciste agent du Sodalitium Pianum, les services secrets du Vatican.
Un curé qui a compris qu’il avait fait le voeu de célibat et non de chasteté.
Un homme d’Église qui manie la langue d’Audiard avec amour.
Un abbé qui vous confesse avec la délicatesse du Marginal de Jacques Deray.
Vous obtiendrez Requiem…

Danielle Thiery – Féroce

Des ossements sans têtes sont découverts au zoo de Vincennes dans l’enclos des lions. Des enfants. Alix de Clavery la jeune criminologue de l’OCRVP est en alerte. Elle fait immédiatement le lien avec la petite Swan, dont la disparition au zoo de Thoiry six ans auparavant, continue à l’obséder. S’agit-il du même prédateur ?
Alors que toutes les forces de l’Office sont mobilisées par le démantèlement d’une filière pédophile, le service du commissaire Marion est atteint en plein cœur : son adjoint est retrouvé inconscient, les mains en sang et une brigadière a disparu. Pour la 1ère fois, la commissaire Marion doute. Mais le pire est encore à venir. Une alerte enlèvement est déclenchée : il s’agit d’une fillette, dans le sillage d’un lionceau…
Des hommes ou des animaux, on ne sait qui sont les plus féroces.

René Manzor : ………………Apocryphe : lien

Jérusalem. An 30.
Un petit garçon regarde avec rage son père agoniser sur une croix.
Son nom est David de Nazareth,
et ceci est son histoire.

Une fresque épique, violente et émouvante, sur les traces d’un adolescent en quête de justice et de vérité.

Un thriller biblique à couper le souffle, relecture stupéfiante de l’histoire officielle

Et, et … et

Jacques Saussey et son inoubliable Enfermé(e)

Enfermé.e

Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait…

Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface.

Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…

« Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu’être emprisonnée dans un corps qui n’est pas le mien. »

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L’avis jubilatoire de Dany

On sait quand on suit Jacques Saussey, qu’il n’est jamais aussi déroutant que dans ses one-shots … Après le loup peint et le pied de nez à notre conscience écologique, c’est notre plus profonde intimité qu’il ébranle avec enfermé(e).
Deux temporalités se mettent au service de la démonstration. La première au passé nous fait revivre l’histoire de Virginie, prisonnière d’un corps qui ne convient pas à ses émotions, son parcours et son coming out….. la seconde au présent se consacre à l’intrigue de nos jours …
Mais ça ne s’arrête pas là … trop simple pour Jacques Saussey. C’est plus généralement de la domination des faibles par les pervers, les toxiques, ceux qui ne peuvent accepter la différence mais aussi de la fin de vie et du traitement réservé à ceux qui ont eu un passé et qui sont en train de perdre leur identité « au bénéfice » de l’âge qu’il parle ici. Mais ne sommes-nous pas tous complices de détourner le regard de ce que nous ne voulons pas voir …
On a déjà beaucoup écrit sur ce thriller et c’est tout à fait légitime pour ce roman noir bien foncé, ces 373 pages d’une densité rare et hyper documentées. C’est pour moi un véritable coup de coeur 2018 !
Des « artifices » de rédaction rendent ce récit encore plus dérangeant : pas de noms propres pour ceux qui sont en perte d’humanité, seuls les personnages ayant abouti dans leur parcours trouvent un nom.
Plus déglinguant que Meurtre pour rédemption de Karine Giébel auquel on pense immanquablement lors de la description du parcours carcéral, c’est une vision optimiste néanmoins pour ceux et celles qui viennent à bout de tous les obstacles posés par notre société bien (trop) pensante.

Le top des lectures 2018 de Mamie Danièle


Le top des lectures 2018 de Mamie Danièle

 

Les 14 jubilations de Dany pour 2018 …

Notre cheffe avait demandé 10 coups de cœur, après âpre négociation j’ai obtenu 14 ????

… l’exercice est toujours aussi …

complexe

Ces auteur(e)s m’ont tous étonnée cette année.


1- Power de Michael Mention :

lu en juillet 2018

Comment fait donc cet auteur pour changer de style et d’univers à chacun de ses romans ?

L’action se déroule de 1965 à nos jours dans une Amérique raciste, les descendants d’esclaves décident de s’organiser pour sécuriser et pacifier les quartiers ghettoïsés. Au début, démarche expérimentale, la réaction pacifiste aux extrémismes doit s’organiser quand le phénomène s’amplifie et devient un fait de société. 
Le contexte historique est illustré au travers des assassinats qui ont marqué cette période à commencer par 
Malcolm X, puis les frères Kennedy, le pasteur King et tous les autres ainsi que les événements de cette deuxième moitié du XXème siècle. Grâce à cette fresque si bien dépeinte, tout s’éclaire et notamment les origines du Black Panther Party, la lutte pour l’égalité des droits et contre les violences faites aux femmes, au travers de personnages follement attachants ou franchement antipathiques, tous désespérés. Un regard incisif, un récit hyper documenté, une immersion au coeur de la contestation de cette société qui aurait pu réaliser le rêve de fraternité mais qui a mené notre humanité mesquine à ce qu’elle est malheureusement encore aujourd’hui.

Après l’écologie (bienvenue à Cottons Warwick), la grande criminalité (la voix secrète), les journalistes véreux(le carnaval des hyènes), ce dernier roman choral étonne et captive avec une grande maîtrise du sujet … Où donc va-t-il nous emmener la prochaine fois ?
Power … mon coup de coeur 2018 !

2 – Le supplément d’âme de Matthieu Biasotto :

lu en septembre 2018

Que d’émotions en refermant ce livre, véritable parcours initiatique et métaphorique. Thomas est dans le coma et il a perdu ses souvenirs.

Au moment de l’accident, on peut dire que c’est un vrai « connard » ! le jeune garçon qu’il a été, va le guider, comme Virgile dans la Divine Comédie dans un espace parallèle : le supplément d’âme, … de l’autre côté. L’histoire pourrait être celle d’un triangle amoureux classique, celle d’un ambitieux qui fait passer sa carrière avant sa famille. C’est bien plus que ça, c’est celle des choix de la vie. Quand donc Thomas a-t-il rompu avec ses rêves, quand donc a-t-il trahit TK ? Sa quête de vérité, il va la faire pendant son coma, aux portes d’une mort annoncée et ainsi découvrir les malversations de ses collaborateurs, jusqu’au dénouement final, révélation inattendue et violente. La narration de Thomas rend le lecteur complice. 

Inclassable roman à suspense, très fort et dérangeant, c’est le premier que je lis de Matthieu Biasotto. Sa sensibilité à fleur de peau, son style affuté et surréaliste à la fois m’ont fait penser aux Thanatonautes de Bernard Werber.

3 – Enfermé.e de Jacques Saussey :

lu en octobre 2018

On sait quand on suit Jacques Saussey, qu’il n’est jamais aussi déroutant que dans ses one-shots … Après le loup peint et le pied de nez à notre conscience écologique, c’est notre plus profonde intimité qu’il ébranle avec enfermé(e).

Deux temporalités se mettent au service de la démonstration. La première au passé nous fait revivre l’histoire de Virginie, prisonnière d’un corps qui ne convient pas à ses émotions, son parcours et son coming out….. la seconde au présent se consacre à l’intrigue de nos jours …
Mais ça ne s’arrête pas là … trop simple pour Jacques Saussey. C’est plus généralement de la domination des faibles par les pervers, les toxiques, ceux qui ne peuvent accepter la différence mais aussi de la fin de vie et du traitement réservé à ceux qui ont eu un passé et qui sont en train de perdre leur identité « au bénéfice » de l’âge qu’il parle ici. Mais ne sommes-nous pas tous complices de détourner le regard de ce que nous ne voulons pas voir …
On a déjà beaucoup écrit sur ce thriller et c’est tout à fait légitime pour ce roman noir bien foncé, ces 373 pages d’une densité rare et hyper documentées.

Des « artifices » de rédaction rendent ce récit encore plus dérangeant : pas de noms propres pour ceux qui sont en perte d’humanité, seuls les personnages ayant abouti dans leur parcours trouvent un nom. 


Plus déglinguant que Meurtre pour rédemption de Karine Giébel auquel on pense immanquablement lors de la description du parcours carcéral, c’est une vision optimiste néanmoins pour ceux et celles qui viennent à bout de tous les obstacles posés par notre société bien (trop) pensante.

4 – Crotales de Jean-Luc Bizien :

lu en janvier 2018

D’abord il y a les Daltons … pas vraiment racistes mais accros à la violence gratuite, juste pour l’adrénaline, alors pourquoi pas contre les latinos aux prises avec leur cerveau reptilien ?
Puis il y a les narcos et leurs clans, leurs trafics, l’exploitation de la pauvreté des villageois qui habitent le long de la frontière métallique entre les US et le Mexique et la domination en en faisant leurs mules et leurs esclaves.
Vient ensuite la CIA, toujours prête à se fourvoyer dans des plans douteux pour atteindre ce qu’elle présente comme des objectifs glorieux.
Et puis, et puis … il y a Païk Dong-Soo, plus mal en point que jamais mais encore plus attachant aussi.

 

Le talent de l’auteur qui vous entraine dans l’exotisme mexicain, avec toute la cruauté primaire, à l’approche l’élection présidentielle à laquelle se présente un certain Donald Trump. Une intrigue forte, sans doute encore en-deçà de la réalité. Une narration sur plusieurs plans qui se rejoignent on s’en doute, bien habilement. Quatrième volet de la vie de l’agent très spécial Coréen, laissé presque mort à la fin du « berceau des ténèbres », à la hauteur de ce qui ne devait être qu’une trilogie, pour notre plus grand plaisir de lecteur.

5 – Fantazmë de Niko Tackian :

lu en janvier 2018

C’est le deuxième roman de cette série commencée avec « Toxique ». On y retrouve le groupe d’enquêteurs du 36 en tout début de l’année 2017. La mafia albanaise qui a main mise sur la drogue, l’esclavage sexuel et autres trafics à Paris et dans la banlieue, voit un certain nombre de ses « soldats » disparaître avec une violence maximale.

Qui est donc ce justicier ? Ce Fantazsmë, ce spectre. Tomar rompu aux situations extrêmes et aux débordements aurait-il trouvé son maître ?

Scénarisé avec efficacité, une intrigue en premier plan interpelle le lecteur sur sa peur de voir la réalité qui l’entoure, l’indifférence généralisée comme maladie du siècle et en arrière plan, une interrogation plus intime qui concerne Tomar et ses débordements.

Mal en point ce héro fatigué va-t-il se nettoyer le cerveau avec l’aide d’un ami médecin et d’un psychiatre, aura-t-il confiance au point de se livrer ? Son éducation et sa culture font-elles suffisamment obstacles à sa violence pour qu’il puisse rester le flic champion de la criminelle ?

Enfin une construction originale qui dévoile l’identité du justicier vers le milieu de l’intrigue … une vraie claque !

Notons dans la galerie de personnages que nous offre Niko Tackian, celui de Ara, la mère de Tomar, ancienne peshmerga, humaniste et généreuse, toujours prompte à rappeler à son fils les fondamentaux de son éducation.

L’auteur nous avait promis un vrai méchant sans circonstances atténuantes : c’est vrai, je l’ai rencontré ! Flippant !

6 – Apocryphe de René Manzor :

lu en octobre 2018

Inclassable ce thriller historique. Pour la mécréante que je suis c’est comme si j’avais entendu parler des deux premières saisons d’un série et que je découvrais la troisième aujourd’hui . Un péplum très contemporain par son ton et les thèmes traités : ne pas rater !

Jérusalem, an 30. Un petit garçon de 7 ans reste sur le Golgotha, les yeux rivés sur l’homme cloué sur la croix centrale. Il est le fils de Yeshua. Plus tard, le jeune David de Nazareth, qui a grandi dans le désert de Judée auprès de sa mère, Mariamné, est lassé de vivre caché. Sa révolte intérieure le pousse à s’enfuir afin de rejoindre Jérusalem.

 

 

 

 

7- Salut ô toi mon frère de Marin Ledun :

lu en mai 2018

Huit ans après « la guerre des vanités », l’auteur retourne dans sa région natale … même mentalité étriquée, mêmes a priori, … mêmes embouteillages.

Mais le ton adopté pour ce dernier roman est tout autre que celui auquel Marin Ledun nous a habitués avec les sujets basques et landais. On sent qu’il a pris beaucoup de plaisir à créer cette nouvelle tribu, héritière de mai 68 et du flower power.

Adélaïde, la cheffe de meute, après avoir fait trois enfants a décidé avec Charles son compagnon d’agrandir la famille en adoptant trois orphelins Colombiens. Gus le petit dernier de quinze ans est victime du délit de « sale gueule » et fait les frais d’une série de preuves trop évidentes. Heureusement qu’il y a Personne, oui c’est le nom de l’enquêteur ce qui est jubilatoire avec la syntaxe que cela induit …

Sa famille hors norme tellement sympathique dans ses excès, va faire bloc pour défendre Gus, face aux poncifs locaux.

Truffé de références littéraires, musicales, cinématographique, … ce petit bijou d’impertinence est un plaidoyer pour la tolérance et contre le racisme « ordinaire », le tout dans la bouche de la narratrice Rose, « perle féministe » !

Le virage dans le style de l’auteur n’est pas sans rappeler celui de Gilles Legardinier abandonnant lui aussi le thriller pour la « série des chats ».

L’intrigue est intéressante et présente tous les arguments pour une pause humoristique entre deux romans plus sanglants car ici, point de morts ni d’hémoglobine ou alors si peu … et rien que pour le plaisir !

8- Mourir encore … (et plein d’autres choses) de Nick Gardel :

lu en août 2018

Après deux trilogies et quatre « one shot » où les personnages se croisent pour notre plus grand plaisir et auxquels il faut ajouter un poulpe, c’est un recueil de nouvelles que nous propose cette fois cet alsacien d’adoption, jongleur de mots et addicte aux calembours.

Le fil rouge c’est le nôtre … le temps, le temps qui passe, qui apporte tracas ou sérénité. Et sa durée toute relative … et au-delà Nick Gardel nous livre une réflexion, toute personnelle sur le métier d’auteur.

Même si la nouvelle n’est pas le format que je préfère en général, c’est bien en lisant une nouvelle (un état d’esprit) qu’il avait publiée comme feuilleton dans FaceBook que j’ai fait connaissance avec cette plume caustique et hilarante. C’est une nouvelle version remaniée de 20 nouvelles, inédites pour la plupart, qu’il nous livre aujourd‘hui. Oui Nick Gardel sait aborder des sujets graves avec dérision et déraison … et c’est sans compter avec sa galerie de personnages cocasses et qui ressemblent terriblement à vos voisins ! Certes le temps est relatif et le temps de lire les nouvelles de Nick Gardel ne dure pas assez pour le plaisir qu’elles nous procurent.

Idéal pour une pause entre deux romans sérieux ou sanglants, un univers déjanté, des histoires saugrenues, des personnages fous, une certaine forme de philosophie et ce foutu style incomparable … tout y est, même le bonheur !

9 – Les voleurs de temps de Corinne Martel :

lu en mars 2018

Toujours aussi inclassable Corinne Martel avec ce deuxième roman. Alors que le lecteur se jette dans l’aventure aux côtés de Chloé et Valentin, qui doivent se marier samedi prochain, les rapports ambigus de la jeune femme et de sa sœur Manon déroutent à souhait.

Pour organiser la cérémonie, le couple fait appel à un organisateur de mariage et sa coéquipière couguar, deux personnages atypiques eux-aussi et, il se passera ce qui doit se passer … ou pas.

La narration véhicule une angoisse grandissante et interpelle chacun d’entre nous sur les limites que nous sommes prêts à franchir par amour et c’est en fait au cœur de la folie que nous plongeons … Poétique et fou, entre « l’écume des jours » de Boris Vian et « Régis » de James Osmont, addictif et savamment dosé.

Impossible d’en dire d’avantage sans spolier, mais sachez que Corinne Martel a superbement assuré et comblé les espoirs que l’on pouvait mettre en elle avec « et tu vis encore ». A noter la ponctuation du récit par de superbes illustrations qui confortent le lecteur dans ses errements … beau boulot !

10 –  Sa majesté des ombres de Ghislain Gilberti :

lu en juillet 2018

Un pavé au sens propre comme au sens figuré ! 739 pages, encore plus de grammes au bout du poignet mais un sacré thriller-polar-roman noir !
J’avais laissé le commissaire Sanchez à la fin du « bal des ardentes » et sur les conseils de l’auteur, je me suis mise en quête de la « majesté des ombres », premier tome d’une trilogie annoncée. C’est peu de dire que le suspense est au comble avec final, comme dans ses précédents romans, en apothéose. 
Plusieurs niveaux de lectures … l’orgueil d’un chefaillon qui met en péril ses troupes, une guerre des polices qui tourne au cataclysme, une justice qui a beaucoup de mal à mener sa mission, des mises au placard malvenues, des trafics de drogue sophistiqués, des techniques d’investigation psychologique qui font du profilage un art majeur, des infiltrations à hauts risques, et le tout au service d’une histoire plus crédible que nature, tant elle est documentée avec en prime, cette dose de sensibilité découverte avec l’inclassable « 
dynamique du chaos ». 
C’est vrai qu’on connaissait l’auteur expert en armes à feu, en stupéfiants et en profilage. Tous ses dons sont ici confirmés et pour la suite annoncée pour cette fin d’année 2018, les lecteurs peuvent légitimement se demander où donc Ghislain Gilberti va pouvoir nous propulser ?

 

11 – La prunelle de ses yeux d’Ingrid Desjours :

lu en avril 2018

On ne m’avait dit que du bien que cette auteure … je n’ai pas été déçue du premier roman que je lis d’elle ! Suspense angoissant, manipulations assorties d’usurpation d’identité …
L’action tire ses ressorts d’un drame qui s’est déroulé en 2003. Gabriel y a alors perdu son fils et la vue. Il a la détermination d’un père prêt à tout pour venger Victor, promis à une belle carrière, qu’un « rite initiatique » a brisé. Une espèce de road-movie où la politique s’abaisse au plus bas du populisme, va nous faire voyager aux côtés de Maya dont on ne sait si elle est ange ou démon … et le méchant et ses dominés ici habitent le XVIème arrondissement, un vrai méchant sans circonstances atténuantes ! Il faudra attendre le dénouement pour approcher la vérité extrêmement douloureuse. 
Le personnage de Nour est un petit rayon de soleil dans ce monde de brutes ! Les interludes scientifiques rythment ce récit et renforcent le malaise latent. C’est chacun des personnages qui nous pose la question : qu’aurais-tu fait à ma place ?

 

12 – Les encombrants de Jeanne Faivre d’Arcier :

lu en avril 2018

Des personnages cocasses, une intrigue originale mais au-delà de tout, une chronique sur Pigalle qui nous fait découvrir la faune implacable et équivoque qui peuple cette eau trouble et une approche très sociale de la prostitution et aussi une ode à la solidarité ….

C’est ainsi que se mêlent un faux médecin, un travesti, une ivrogne patente, un couple de danseurs, une apprentie peintre, des prostituées « Poulpe » ou « Rascasse », un couple de charognards, quelques flics et fliquettes qui cherchent leurs orientations sexuelles, quelques serveurs de bars louches et une flopée de chiens tous aussi barrés … Oui, une galerie de personnages tous plus barrés les uns que les autres, que ne renierait pas Nick Gardel … Un bébé abandonné dans une armoire destinée aux encombrants, puis une rixe, qui tourne mal et en fait un enjeu meurtrier !

Une jubilation à l’état pur, une découverte due au hasard d’une rencontre programmée dans un salon à venir …

Cette auteure, cataloguée souvent dans la catégorie jeunesse (5romans), fantastique ou épouvante a commis à ce jour 15 romans dont certains inspirés par son goût de l’orientalisme. Avec « les encombrants » elle signe son deuxième polar pour adultes.

13  – Les couleurs de l’incendie de Pierre Lemaître :

lu en mars 2018

Une suite de « au revoir là-haut » qui peut se lire sans avoir lu le premier opus.

Dans une ambiance pesante, nous suivons la descente sociale de Madeleine, fille de banquier et épouse d’un ancien militaire condamné à la prison ferme. Elle n’était pas destinée à succéder à son père et fait l’objet des malversations aux fins de s’accaparer sa fortune. Elle ne peut faire confiance à personne et ses alliances improbables feront des miracles.

A noter de bons personnages de second rang, au titre desquels je relève la fantastique « castafiore »

Pas un polar mais une intrigue réglée comme un mécanisme d’horlogerie, prenante tout au long de ces 540 pages sans aucune longueur superflue. Bien loin de la trilogie Verhoeven mais tout aussi riche et efficace.

14  – Sœurs de Bernard Minier :

lu en avril 2018

Heureusement l’auteur précise : le personnage d’ «  Erik Lang n’est pas inspiré de mes collègues auteurs de polars qui sont, pour la plupart, des gens fort sympathiques et accessibles ! » Heureusement … pour la plupart …

Ce roman se déroule sur deux époques, la première moitié sorte de préquel (antépisode) permet au lecteur de faire la connaissance de Servaz à ses débuts dans la police en 1992-1993 et la seconde moitié se passe de nos jours. Tout sépare les deux polices : celle de l’avant téléphone portable et celle des balbutiements de l’investigation assistée par l’ADN et les caméras de surveillance. Et les lecteurs en apprennent beaucoup sur le héros récurrent de Bernard Minier. Il était en bien meilleure forme en 93 et déjà bien affuté et aux dires de l’auteur, lui ressemblait physiquement …

La mort suspecte de son épouse va placer un auteur de polar au cœur de l’intrigue et raccrocher les faits actuels à ceux vieux de vingt-cinq ans, la toute première enquête de Servaz.

Au-delà de l’enquête bien ficelée, par son style efficace, Bernard Minier nous entraîne aussi sur une réflexion sur les relations entre les auteurs et leurs lecteurs, ambigües et exclusives parfois. De l’adoration à la soumission, de la manipulation à la vengeance extrême, le mensonge est partout.

Avec ce cinquième opus des aventures de Servaz nous retrouvons avec plaisir son équipe et nous approchons un peu plus l’intimité de Servaz. Un très bon cru que 2018 !

Et heureusement que certains n’ont rien sorti en 2018 …

La prunelle de ses yeux – Ingrid Desjours


Ingrid Desjours sera avec nous à Saint Maur en poche.

N’hésitez pas à aller à sa rencontre


Le livre « : La prunelle de ses yeux , de Ingrid Desjours . Paru le 12 octobre 2017 aux éditions Pocket . 7.90€ ; (448 p.) ; 10.9 x 17.8 cm.

4ème de couverture :

Il est aveugle. Elle est ses yeux. Elle pense le guider vers la lumière. Il va l’entraîner dans ses ténèbres.
Gabriel a tout perdu en une nuit. Son fils de dix-sept ans, sauvagement assassiné. Ses yeux. Sa vie… Les années ont passé et il n’a pas renoncé à faire la lumière sur la mort de son enfant. Quand un nouvel élément le met enfin sur la piste du meurtrier, c’est une évidence : il fera justice lui-même. Il recrute alors Maya, une jeune femme solitaire et mélancolique, sans lui avouer ses véritables intentions…

L’auteur : Ingrid Desjours est psychocriminologue. Après avoir exercé de nombreuses années auprès de criminels sexuels en Belgique, elle décide en 2007 de se retirer en Irlande pour écrire son premier thriller. Depuis, elle se consacre entièrement à l’écriture de romans et de scénarios pour des séries télévisées. Les nombreux psychopathes qu’elle a profilés et expertisés l’inspirent aujourd’hui encore. Outre ses tableaux cliniques pertinents, l’auteur excelle dans l’art de lever le voile sur la psychologie humaine et de faire ressentir au lecteur ce que vivent ses personnages, pour le meilleur et surtout pour le pire… Tous ses romans, Écho (Plon, 2009), Potens (Plon, 2010), Sa vie dans les yeux d’une poupée (Plon, 2013), Tout pour plaire (Robert Laffont, 2014) et Les Fauves(Robert Laffont, 2015), ont été plébiscités tant par le public que par la critique et les libraires. Consécration : Tout pour plaire est en cours de développement pour une série TV par Arte. Elle a également animé l’écriture de Connexions (Plon, 2011), un polar interactif édité en partenariat avec l’émission  » Au Field de la nuit  » (TF1). Son dernier roman, La Prunelle de ses yeux, a paru chez Robert Laffont en 2016. Ingrid Desjours publie également chez cet éditeur des sagas fantastiques sous le pseudonyme de Myra Eljundir. Tous ses thrillers sont repris chez Pocket. L’auteur vit aujourd’hui à Paris.
L’extrait :
« Je suis un privilégié et je me dégoûte pour cela.
Je suis venu au monde pour faire partie de son élite et priver le reste de la population de tout espoir de sortir de sa condition ou remettre la mienne en question.
Je ne suis qu’un sale petit merdeux élevé dans du coton, je ne vaux guère mieux que ces bouffons ridicules et pétris de vanité dont je me suis juré de détruire la vie. »

L’avis de Clémence , de la page « Les lectures de Clémence »

Histoire palpitante et touchante d’un duo d’âmes cabossées : Gabriel qui souffre de cécité ne rêve que de vengeance , et Maya qui se noie dans l’alcool pour essayer d’oublier ses souffrances .
C’est un duo atypique puisqu’au départ la confiance n’est pas présente . Gabriel pense que Maya lui ment et la manipule donc.
L’auteur va les pousser pas à pas à s’ouvrir , et à explorer leurs mémoires jusqu’au bout …d’une façon remarquable .
Ce binôme s’articule autour de Victor , qui n’est plus mais a une place primordiale dans la vie de nos protagonistes .
Gabriel n’est pas aveugle de naissance , il souffre d’une cécité d’ordre probablement psychologique survenue suite à un drame . un traumatisme tel que son cerveau ne veut plus lui traduire les signaux que lui envoient ses nerfs optiques .
Tous les ingrédients sont réunis pour entamer la quête d’une vengeance implacable où l’Amour va prendre de plus en plus de place.
Malheureusement , Gabriel est parti en guerre en ne se contentant que de « on dit » et n’a en fait aucune certitude. Il est aveugle du point de vue sensation, mais également aveugle sur ce qui l’entoure … Dans ce thriller, il est question de doute , de méfiance , de remise en question….et de l’amour qui vient tout bouleverser.
La difficulté que rencontrent les personnages est celle d’accepter ce qui s’est passé car cela reviendrait à accepter leur culpabilité probable . Pour cela , ils vont se forger une carapace de mensonges et de certitudes qu’ils ne voudront casser.
Le thème du rejet de l’autre a une place primordiale dans ce livre .
Bref mélange parfait entre un homme dans le noir , une femme dans le noir également et un personnage principal décédé …

2ème édition de ce festival de l’entre-deux-mers …le retour de Dany


2ème édition de ce festival de l’entre-deux-mers …

Les psychopathes du polar ont envahi la petite bourgade de Fargues-Saint-Hilaire, samedi 12 mai en plus de ses 2800 habitants, une bande de lecteurs et … de gendarmes, en manque a plus que doublé la population.

La grande prêtresse Pépita et ses aficionados associés étaient aux manettes pour nous offrir une journée « hors sol » .

Une affiche a faire pâlir plus d’un mordu et autre accro ….

 

Des tonnes de papier ont changé de mains à cette occasion grâce l’organisation remarquable de la librairie et des ses animateurs

Dans la catégorie internationale, demandez les petits Suisses, chers à Marie-Noëlle :

Marc Voltenauer

Une parution début 2019, une suite de « qui a tué Heïdi » avec les mêmes personnages

Nicola Feuz

Deux actualités pour le 30 août 2018 : Horrora borealis en livre de poche et un tout nouveau « le miroir des âmes »

Dans la catégorie motard est nommé …

Jacques Saussey

Il vient de passer une semaine de vacances avec son épouse et sa moto … ils arrivent à Fargues avec la pluie et leur sourire légendaire

Il a changé d’éditeur et m’annonce avec enthousiasme sa prochaine parution en octobre : un thriller one-shot avec pour toile fond une histoire de vie très peu traitée à ce jour, le parcours d’une personne transgenre, qui quitte le corps où elle était enfermée pendant ses vingt premières années pour conquérir sa véritable identité ! Pour cette aventure, Jacques s’inspire très largement du parcours d’une personne de sa famille, particulièrement proche, afin de témoigner des difficultés et de sa détermination à sauter le pas.

J’ai eu le droit de voir le projet de couverture, très suggestif et épuré.

Après 7/13 en janvier 2018, il nous promet de retrouver Magne et Heslin mais n’a pas voulu me dire ce qu’était devenu le petit garçon … Non je ne spolie pas !

Franck Thilliez c’est un peu comme les soldes, on va le voir une fois par an mais chez lui, on est reçu avec le sourire et on trouve toujours ce que l’on cherche … une bonne dose d’évasion et pas que …

Sortie récente d’un one-shot, nous retrouverons Sharko et Henebelle l’an prochain ainsi que toute leur équipe … il nous promet aussi que les personnages secondaires vont prendre de plus en plus d’importance.

Guy Rechenmann

(qui a fait l’objet d’une garde-à-vue du collectif polar en avril

***LA GAV de Guy Rechenmann***

Il était venu avec Anselme. Il a changé d’éditeur avec « Même le scorpion pleure » et l’ensemble de ses romans va sortir sous un nouveau format chez Cairn … En cours également la réécriture du « choix de Victor » accommodé à la sauce polar ! Une nouvelle vie annoncée donc pour les romans de Guy.

Sandrine Roy confirme : elle est toujours addicte au chocolat et l’assume ! Linwood Miller revient en forme, pour une troisième aventure en fin d’année 2018 avec un mort, un vilain méchant, une double intrigue et des souffrances pour l’ancien agent secret.

Céline Denjean a sorti « Cheptel » début 2018 c’est donc l’actu de l’année pour la toulousaine. Elle est fascinée par la description de l’emprise mentale et avoue commencer l’écriture de ses romans sans en connaître la fin ni le cheminement.

************* panier à salade Céline embarque Sandrine **************

Jean-Luc Bizien a toujours plein de projets … un huis clos en prison, noir, opposera un méchant à un maton, puis un one-shot au Mexique sur le trafic d’organes … puis, pour notre plus grand plaisir une suite de « crotales » en 2018, en nous embarquant à nouveau en Corée mais seulement en Corée du Sud cette fois, pays où tout se clone, les chiens et bien d’autres choses aussi et où tout ce qui vous semble blanc peut tout à fait devenir noir, très noir, même noir foncé ! Enfin une série dans le genre thriller historique à l’époque de Louis XIII pour la fin 2019 … Faudra prévenir nos banquiers,  vos cartes vont chauffer amis lecteurs !

Laurent Scalese a consacré beaucoup de temps à la TV depuis la naissance de Samuel Moss mais de nouvelles aventures de ce névrosé hypocondriaque (qui fera l’objet d’une adaptation en série TV – attendre 2 ans pour sa diffusion et dont je n’ai pas pu extirper le nom de l’acteur même en insistant très fort), sont attendues début 2019 !

Par ailleurs, « la voie des âmes » va devenir une série TV canadienne

René Manzor … plein de mystère, m’a tout de même lâché qu’un « one-shot » devait paraître en octobre, qu’il ne se passera pas aux USA, ni en Europe et c’est tout ! Pour les autres indices il faudra attendre (Dalhia, pas Dalhia …)

Et parce que les intrigues de leurs deux romans m’inspirent une certaine filiation … ils ont échangé pour la photo

Simonne Gélin qui trouve toujours que son premier roman « la fille du port de la lune » a été bâclé, a décidé de le réécrire et il sortira dans sa nouvelle version au  « livre de poche » en septembre. Son actualité du moment c’est « sous les pavés, la jungle » qui lui a permis de plonger le lecteur dans une évocation de mai 68 dans la capitale girondine, mais pas que … Un nouveau polar annoncé et, elle sera à Gradignan pour « lire en poche » en octobre.

Patrick Bauwen vient de sortir « la nuit de l’ogre » et termine tout juste d’un stage avec le groupe d’enquêteurs spécialisés de la police des sous-sols de Paris « Evangile » par opposition aux autres policiers surnommés « la surface ». Le troisième tome des aventures du docteur Kovak sortira en 2019, plus glauque, plus sombre et donc toujours en sous-sol …

Santé Patrick

Niko Tackian est heureux, il laisse Tomar se reposer et propose en tout début 2019 un « one-shot » qui se passe en Suisse, à Montreux plus précisément mais … qui aurait tout à fait pu se situer ailleurs ! Un flic insignifiant, tout le contraire de Tomar, va grandir au fil de l’intrigue qui nous réserve semble-t-il de belles surprises et des nuits blanches !

A noter pour les abonnés Netflix que « la nuit n’est jamais complète » fera l’objet d’une adaptation (un film) et que les paysages seront australiens …

Jérôme Camut et Nathalie Hug … que ceux qui se sont régalés avec Isla Nova préparent leur carte bancaire … la suite est prévue pour début 2019 … suite et préquel à la fois, « Silverback » donnera les clefs des personnages d’Isla Nova et nous fera voyager en France, aux USA, en Allemagne et en Afrique.

Pas d’actualité « poche » pour 2018 … 2019 sans doute pour Islanova et … adaptation au cinéma pour « Prédation »

La nouveau Marin Ledun vient de sortir «  Salut à toi ô mon frère », plus caustique et déjanté que ceux auxquels il nous a habitué, nous retournons cette fois en Ardèche. Il s’est beaucoup amusé avec cette famille et tous les ingrédients sont réunis pour en faire une série …

Laurent Loison, pour « Chimères » son troisième « one-shot » traîne ses héros dans les forêts de l’Île de France où vont s’opposer journalistes et flics. Après une série d’énigmes sous forme de charades dans son premier roman,  puis un dénouement individualisé et personnalisé par internet pour « cyanure », nouveau pari avec une incorporation de type « cadavre exquis » de 14 textes de blogueuses, quasiment sans retouche … Mystère, mystère quand tu nous tient ! Pas de date …

Jeanne Faivre d’Arcier, une multicarte pour cette régionale d’étape … fiction, jeunesse, thriller pour adultes et même des crayons de couleurs pour les enfants qui lui rendent visite sur le salon … Après le jubilatoire « les encombrants » en 2017, en 2019 elle annonce un polar adulte qui se passera à Paris, Bordeaux et sur les bords de Garonne plus en amont. Elle a choisi un chasseur de têtes pour nous accompagner, métier qui fut le sien il y a quelques années.

Sacha Erbel , Sacha chroniqueuse de collectif polar, Sacha la bonne humeur,  accueille tout les lecteurs avec le sourire, à côté de Cicéron qui empiète un peu sur son territoire.

Elle promet de se venger dans quelques années quand elle aura publié autant de volumes que son voisin. Talia de retour à la Nouvelle-Orléans va suivre les traces de Marie Laveau, l’action se situera de 1837 à nos jours. « L’ombre de Nola », écrit et en cours de correction sera disponible fin 2018.

Ghislain Gilberti me provoque … il n’a pas de parution numérique depuis son 3ème roman, du coup en 2018 c’est 738 pages et 750 grammes qui vont aggraver mon durillon de lectrice compulsive. Bah « les sœurs «  de Bernard Minier font dans les 760 g alors va pour « sa majesté des ombres » tome 1 de la trilogie. Trilogie vous avez dit monsieur Gilberti ? La suite, il l’annonce pour la fin de cette année. J’ai eu une longue conversation avec lui, sous ses allures de bad boy, c’est un hyper sensible que j’ai face à moi. Je m’en doutais un peu après « la dynamique du chaos » … oui, ses souvenirs encore à fleur de peau me touchent.

Dans les mois à venir, il va nous rendre une longue visite au collectif polar en participant à une « Garde-à-vue version flingueuse » ! Hâte … volontaire,

… tout comme sa voisine de stand, Ingrid Desjours, toute en douceur et en écoute de ses lecteurs.

Encore une multitâche avec un sourire d’ange qui dézingue plus vite que son ombre … et use d’un pseudonyme pour commettre des sagas fantastiques.

Elle parle de ses vidéos où elle raconte des histoires …  https://www.facebook.com/idesjours/videos et annonce la parution d’une nouvelle dans le cadre de l’anniversaire de la griffe noire en juin 2018.

C’est fini pour les indiscrétions de nos chouchous, parce que je n’ai pas eu le temps d’en susciter d’avantage … l’affiche tellement alléchante de cette journée qui laissera de beaux sourires en mémoire, on a parlé collectif polar et cadavre exquis avec Danielle Thiery

Le tréport de Cicéron avec Claude Picq

Des tonnes de papier ont changé de mains, les auteurs ont évoqué leurs personnages comme s’ils les connaissaient dans la vraie vie … oui il y a du monde dans leurs têtes … comme dirait Marie Manzor-Lalanne  :  oui,  une vraie troupe de saltimbanques … C’est fou ce que j’aime la magie de ces rencontres !

Pépita et Marie-Noëlle dans leur superbe panier à salade nous disent déjà à l’année prochaine

Tout comme eux

Avec déjà la présence assurée de

PS : j’ai perdu une partie de mes fiches au retour … mes notes sur un régional d’étape … désolée Mehdi Brunet … il va me pardonner avec le sourire

 

 

Plus de photos :

Dany : Notre mamie Flingueuse heureuse de cette journée …

Mon petit tour au salon de Mennecy


 

Le week-end du 3 et 4 février dernier avait lieu  le Salon du livre et de la BD d’Île-de-France. c’était la 8e édition de ce salon généraliste, la deuxième fois que je m’y rendais.

Et oui deux années consécutives, car j’avais un anniversaire à fêter. Que dis-je, nous avions un anniversaire à fêter avec ma Cécile. Mennecy est le salon où je l’ai découverte pour la première fois. Ce fut une très belle rencontre qui a débuté sur une très belle complicité.

Aussi, dés potron -minet, Cécile a fait le détour et elle est venue me chercher. Ainsi ensemble nous avons fait la route afin d’arriver avant l’ouverture au public afin que notre auteure est le temps de s’installer tranquillement à son stand !

C’est toujours agréable d’arriver sur un salon alors que les auteurs débarquent à peine. On a ainsi le privilège de les accueillir. Aussi une fois Madame notre Auteure, Cécile Pellault installée, je suis allée saluer les premiers auteurs de polar déjà arrivé.

Puis Cécile m’a présenté à un couple d’ami à elle. Le monsieur, Patrick Bedier, est auteur de polar et il est édité dans la même maison que Cécile, Le Manuscrit.com

J’ai ensuite fait un tour de table pour aller saluer les auteurs que je connaissais.

Il y avait là Bob et Armel

Les premiers arrivés. Il y avait là  Cicé et Jacques.

 

Il y avait là Ghislain

  Et puis sont arrivés les populaires

Olivier, Claire, Nicolas

Avec Claire nous étions d’humeur taquines

C’est d’abord Olivier qui en a fait les frais !

Puis ce fut le tour de Nicolas

Nous lui avons pourri son stand !

Oui clairette c’est bien toi qui a fait ça, tu peux  donc fièrement porté ton badge Collectif Polar

Et pour changer un peu du polar je me suis rendu sur le stand de Cindy et Laura Derieux de Vinkingar

 Et puis est arrivée l’heure de déjeuner.

Alors avec une joyeuse bande, nous nous sommes rendus dans la salle du restaurant

Je tiens ici à remercier les organisateurs du salon de m’avoir permis avec Eppy Fanny et Laurence de partager le déjeuner des auteurs.

Certains auteurs, toujours les mêmes, se sont même titillés un peu pour un morceau de gâteau au chocolat. Mais pourquoi, les avoir fait mangé dans un dojo.  Nico, Olivier, je vous aurais volontiers laissé ma part si j’ai su !

Après avoir bien ri à table il était temps de retrouver nos auteurs sur leur stand.

 

De retrouver aussi mon Eppy Fanny qui comme d’habitude bosse comme une forcenée sur un salon.

Eppy notre flingueuse en chef est intenable, toujours en reportage…

D’ailleurs elle avait donné rendez-vous à deux auteurs pour une petite séance d’interview.

Aussi nous nous somme éclipsées pour filmer cela.

Interview exclusif d’Eppy Fanny en direct du Festival du livre de Mennecy.
Regard croisé sur 2 générations de policiers.

Avec Olivier Norek et Patrick Nieto 

L’aprem c’est poursuit d’abord auprès de nos auteurs de polars

A discuter avec nos auteurs mais aussi des lecteurs, des blogueuses mais aussi des passionnées de qui se sont lancées dans l’aventure salon du polar.

J’ai aussi fait mieux connaissance avec Laurent Malot et Jess Kaan.

 Et puis je me suis à nouveau éclipser pour aller écouter Bob Garcia qui donner une conférence sur l’art du polar

Même si ces propos sont très sérieux notre journaliste et auteur sait captiver son auditoire en mêlant les fait, les chiffres et l’humour.

Voilà la journée touchait à sa fin

Il était tant pour moi de retrouver Madame notre Auteure Flingueuse et de finir cette belle journée avec Cécile puisque tout avait commencé avec elle !

Et pour vous quelques autres photos de ce samedi de Festival !

 

Et mes petit achats

 

 

 

 

Et encore merci aux organisateurs, aux bénévoles au gens de la mairie pour leur parfaite organisation.

3 ans du blog : Fin du premier jeu-concours


Souvenez-vous !

Il y a dix jours nous vous proposions notre premier jeu-concours pour fêter l’anniversaire de notre blog :

Concours Un Livre – Une mise en scène : 3 ans du blog

Nous vous demandions de prendre parmi les livres chroniqués depuis 3 ans, un titre que vous avez aimé et lu et d’imaginer une mise en scène pour mettre votre lecture en valeur ! Et ensuite de prendre en photo ce montage et de nous soumettre vos œuvres photographiques.

 

Aussi avons nous eu quelques envoies

Quelques lectrices se sont lancées dans l’aventures.

Voici quelques-uns de résultats.

12 photos en Finale de ce premier jeu-concours, 3 ans du blog

1 : Soul of London de Gaëlle Perrin

Chronique de Ge ICI

  2 : Cynure de Laurent Loison

Chronique de Marie No ICI

3 Touch de Claire North

Avis de Julie Ici

4  Sans pitié ni remords de Nicolas Lebel

La chroniques de Ge sur Sans pitié ni remords

5 : Tension Extrème de Sylvain Forge

Chroniqueé par Dany Ici

 

6 : La voix secrète de Michaël Mention

Avis d’Eppy Fanny sur La voix secrète de Michaël Mention

 

 7) Le brouillard d’une vie de Cécile Pellault.

Ma chronique du Brouillard d’une vie ICI

8 : Soul of London de Gaëlle Perrin

La chronique de Ge de Soul of London ICI

 

Certaines contributrices sont  malignes.

Elles ont fait la mise en scène

Mais n’ont pas respecté les instructions à la lettre.

A savoir exposé un livre chroniqué dans les pages de notre blog.

Aussi je ne leurs en tiendrai pas rigueur et accepte que ces clichés participent à la finale de ce 1e concours

9 : La prunelle de ses yeux d’Ingrid Desjours

La chronique est quelques part dans mes vieux brouillons. J’ai sans doute oublié de l’illustrer afin de la publier.

 

10  : J’ai lu et adoré 7 jours avant la nuit mais je n’i pas encore trouvé le temps de donner mon petit avis.

11 : Je n’ai pas encore lu Coupez mais c’est vrai qu’il est dans ma Pal

Aussi j’accepte cette mise en scène !

12 : Sous surveillance de Dorothée Lizion

Ce livre a été chroniqué par une voire deux flingueuses

Mais la chronique n’a pas encore été publiée.

Et ça ne saurait tarder.

 

Voici donc les 12 clichés retenus, vous pouvez dores et déjà nous donner vos 3 préférés.

Avec les Flingueuses nous allons nous réunir et voter pour nos favoris

Je cois que cette concertation peut vite devenir terrible.

Il va falloir vite définir les gagnantes.

mais ne vous inquiétez pas, je reviens vous tenir au courant.

Enfin s’il ne m’arrive rien d’ici là !