On a tous une bonne raison de tuer, Pétronille Rostagnat.


La double Chronique,

Aujourd’hui 2 flingueuses vont vous donner leurs avis sur un même livre.

Ce matin c’était Fanny qui nous faisait découvrir son billet,

Cet après-midi c’est au tour de Miss Aline de nous proposer son accroche.


Le livre : On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat. Paru le 19 janvier 2019 aux Editions Incartades. 21€ ; (344 p.) ; 22 x 14.5 cm

4ème de couverture :

« Gabrielle est découverte dans son bain les poignets tranchés. Tout laisse croire à la tentative de suicide d’une mère au foyer désœuvrée, mais Gabrielle n’a aucun souvenir de son acte. Poursuivie par la désagréable impression d’être en permanence observée, elle est presque sûre d’avoir été, en réalité, victime d’une tentative de meurtre.

Après avoir installé des caméras chez elle, elle surprend la visite d’une jeune inconnue puis découvre, lors d’un cocktail organisé dans le cabinet d’avocats de son mari, qu’il s’agit d’une proche collaboratrice de celui-ci. Trois jours plus tard, cette dernière est retrouvée assassinée.

Commandant au 36 quai des Orfèvres, Alexane Laroche se retrouve impliquée de plein fouet dans cette affaire. Son mari Charles est l’un des associés du cabinet et personne ne peut être exclu de la liste des suspects… »

L’auteur :  Pétronille Rostagnat, a vécu en Chine et à Dubaï, et réside désormais à Lyon. Mère de trois enfants,
elle a été responsable marketing pendant une dizaine d’années avant de se consacrer entièrement à
l’écriture de romans policiers. Alexane, commandant à la brigade criminelle de Paris, son héroïne, a vu
le jour en 2015, dans son premier roman intitulé La fée Noire. On a tous une bonne raison de tuer est
son troisième livre.

 

 

Extrait :

« Elle avait appris au cours des nombreux interrogatoires qu’elle avait menés dans sa carrière que cela ne servait à rien de trop presser le prévenu. Il fallait faire preuve de patience, créer un moment d’intimité, presque de complicité, pour obtenir des aveux. C’était principalement la nuit, quand le 36 était plongé dans le silence, que le bruit des bateaux-mouches sur la Seine avait cessé, que le bourdonnement de tous les jours avec les allées et venues des officiers de police n’était plus, que les hommes et les femmes vidaient leur sac.

Gabrielle termina son verre de vin, le posa et, sans oser croiser le regard de son amie, conclut cette discussion simplement :

–         Tu connais cette citation de l’auteur dramatique français Antoine Bret : « Le vrai n’est pas toujours  conforme à l’apparence » ? »

  L’accroche de Miss Aline :

 

Deux couples amis depuis tellement longtemps qu’ils se connaissent sur le bout des doigts. Les époux se sont associés, il y a des années, pour ouvrir leur cabinet d’avocats. Les épouses, l’une commandant au 36 quai des Orfèvres, l’autre mère au foyer. Pourquoi cette dernière a-t-elle tenté de mettre fin à sa vie ?

Comment gérer l’après tentative quand ton mari est entendu par la police ? Qu’a-t–il avoir avec le meurtre de sa jeune collaboratrice ?

Comment gérer une enquête dont tu es écartée parce que ton mari est entendu par tes collègues ?

Débute le jeu du chat et de la souris : qui sait quoi, qui a vu quoi, qui a fait quoi ? Les révélations se font et se défont. La confiance est mise à rude épreuve.

L’histoire semble simple : une tentative de meurtre qui échoue, cherchons à qui profite le crime. Voilà que l’auteure te fait suivre une rencontre qui remet tout en question. L’intrigue prend alors une toute autre tournure. Et que dire de cette phrase qui te reste dans le creux de l’oreille. Les choses s’étoffent, se corsent et tu ne vois plus l’intrigue de la même manière.  

S’il est un thème  à retenir dans ce roman c’est celui de la confiance. Confiance en ses proches d’abord. Des êtres que tu connais depuis tellement longtemps que tu peux prévoir leurs réactions. Confiance professionnelle ensuite. Des collaborateurs qui sont ta deuxième famille, à qui tu confirais ta vie les yeux fermés. Mais connait-on jamais vraiment, totalement la personne qui nous fait face ? Il suffit d’un grain de sable pour révéler les êtres et en faire des étrangers (à son cœur).

On a tous une bonne raison de tuer, quel titre  approprié. L’auteur va distiller lentement mais surement le doute sur chacun des personnages. On va suivre des scènes avec dialogues dont on ignore l’identité de celui qui parle. D’autres où on ne comprend pas (ou ne voulons pas comprendre) de qui l’on parle. Un peu comme ci on avait des morceaux de puzzle qui nous laisse perplexe parce qu’ils ne semblent ne pas avoir de place dans le tableau. Chaque révélation, rebondissement te fais dire « non, impossible ! ».

Jusqu’à la dernière page, dans un style fluide, l’auteur va nous surprendre.

Belle découverte que la plume de Pétronille Rostagnat. Merci aux Editions Incartade(s) pour ce SP confié au Collectif Polar : chroniques de nuit.

Bonne lecture.

On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat


La double Chronique,

Aujourd’hui 2 flingueuses vont vous donner leurs avis sur un même livre.

Ce matin c’est Fanny qui nous fait découvrir son billet,

Cet après-midi ce sera au tour de Miss Aline de nous proposer son accroche.


Le livre : On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat. Paru le 19 janvier 2019 aux Editions Incartades. 21€ ; (344 p.) ; 22 x 14.5 cm

4ème de couverture :

« Gabrielle est découverte dans son bain les poignets tranchés. Tout laisse croire à la tentative de suicide d’une mère au foyer désœuvrée, mais Gabrielle n’a aucun souvenir de son acte. Poursuivie par la désagréable impression d’être en permanence observée, elle est presque sûre d’avoir été, en réalité, victime d’une tentative de meurtre.

Après avoir installé des caméras chez elle, elle surprend la visite d’une jeune inconnue puis découvre, lors d’un cocktail organisé dans le cabinet d’avocats de son mari, qu’il s’agit d’une proche collaboratrice de celui-ci. Trois jours plus tard, cette dernière est retrouvée assassinée.

Commandant au 36 quai des Orfèvres, Alexane Laroche se retrouve impliquée de plein fouet dans cette affaire. Son mari Charles est l’un des associés du cabinet et personne ne peut être exclu de la liste des suspects… »

L’auteur :  Pétronille Rostagnat a vécu en Chine et à Dubaï et vit désormais à Lyon. Mère de trois enfants, elle a été responsable marketing pendant une dizaine d’années avant de se consacrer à l’écriture de romans policiers.

 

 

 

 

 

Extrait :
« La peur et l’angoisse montaient en elle. Elle restait intimement persuadée que l’on avait attenté à sa vie, sans savoir ni qui ni pourquoi. Mère au foyer depuis des années, menant une vie calme et rangée comme des milliers d’autres femmes autour d’elle, elle ne comprenait pas en quoi elle pouvait représenter une menace pour qui que ce soit. Ce qui la torturait le plus, c’était d’avoir été sauvée ; elle respirait encore…on allait donc s’en prendre à nouveau à elle… Restait à savoir quand, qui et comment. Elle n’avait pas identifié la menace, cela pouvait alors être n’importe qui ! Même son mari ! Elle jouait la comédie de la femme déprimée, droguée par les médicaments, inconsciente du drame qui s’était réellement joué ce soir-là. Elle devait gagner du temps, baisser la garde de son ennemi « invisible ».
Gabrielle prit encore une grande inspiration, il était temps d’agir. Elle s’installa à son bureau pour allumer son ordinateur. Ses recherches commencèrent par les mots « self defense », « stand de tir », « arme à feu », « vidéosurveillance ». »

Le petit billet de Fanny Louise :

On a tous une bonne raison de tuer de Pétronille Rostagnat

Je ne connaissais pas Pétronille Rostagnat, j’ai donc abordé la lecture de ce roman sans aucun préjugé et ni aucune attente particulière, si ce n’est celle d’espérer prendre du plaisir. La quatrième de couverture était une promesse avec une bonne accroche et on peut dire que c’était une très bonne surprise qui m’attendait.

Ce roman est captivant dès les premières lignes, le suspens monte crescendo et il est très difficile de lâcher ce livre tant on est embarqué dans l’histoire. La lecture est très fluide, c’est détaillé mais pas trop, c’est précis mais pas ennuyeux.

L’auteure se joue du lecteur en le guidant d’une piste à l’autre pour aboutir à un final, qui s’il n’est pas révolutionnaire, n’en est pas moins surprenant car les clés ne sont données qu’en toute fin d’histoire.

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Alexane, femme moderne, dévouée à son métier et à sa famille mais qui a aussi ses failles. Elle n’est pas parfaite et cela la rend d’autant plus attachante. Quand elle se retrouve embarquée malgré elle dans une enquête qui la touche de près, on la sent forte et fragile à la fois. L’auteure a su brosser un portrait de ses personnages féminins plutôt raccord avec la réalité. Au-delà de l’intrigue elle-même, ce sont vraiment les personnages qui m’ont conquise.

Cette histoire rythmée, où chacun semble avoir quelque chose à cacher, est rondement menée. Les thèmes de l’amitié, de la trahison, du temps qui passe sont abordés avec beaucoup de finesse et cela en parallèle d’une enquête policière très bien ficelée et aux rebondissements multiples.

Ce livre est vraiment un bon polar, qui se lit vite et qui vous attrapera de la première à la dernière ligne.

Merci aux Editions Incartades, ce fut un vrai bon moment.

Mission plaisir de lecture : accomplie !!

 J’irai tuer pour vous – Henri Lœvenbruck


La double chronique

Quand deux Flingueuses vous donnent leur avis sur un même livre.

Aujourd’hui c’est Mamie Danièle et  Jean Paul notre Mister Flingueuse.


Le livre : J’irai tuer pour vous de Henri Lœvenbruck. Paru le 24 octobre 2018 aux Éditions Flammarion. 22,00 € ; 640 p. ; 15,3 x 24,1 cm.

4ème de couverture :

1985, Paris est frappé par des attentats comme le pays en a rarement connu. Dans ce contexte, Marc Masson, un déserteur parti à l’aventure en Amérique du Sud, est soudain rattrapé par la France. Recruté par la DGSE, il est officiellement agent externe mais, officieusement, il va devenir assassin pour le compte de l’État. Alors que tous les Services sont mobilisés sur le dossier libanais, les avancées les plus sensibles sont parfois entre les mains d’une seule personne… Jusqu’à quel point ces serviteurs, qui endossent seuls la face obscure de la raison d’État, sont-ils prêts à se dévouer ? Et jusqu’à quel point la République est-elle prête à les défendre ? Des terrains d opérations jusqu’à l’Élysée, des cellules terroristes jusqu’aux bureaux de la DGSE, Henry Loevenbruck raconte un moment de l’histoire de France qui résonne particulièrement aujourd’hui dans un roman d’une tension à couper le souffle. Pour écrire ce livre, il a conduit de longs entretiens avec « Marc Masson » et recueilli le récit de sa vie hors norme.

L’auteur : Henri Lœvenbruck est né en 1972 à Paris, écrivain, parolier et scénariste. Auteur de thrillers et de romans d’aventures, il est traduit dans plus de quinze langues.
Après le bac, hésitant entre la musique et la littérature, il tente d’allier ses deux passions : la semaine, il étudie en khâgne au lycée Chaptal et le week-end il se défoule en concert ou en studio avec de nombreux musiciens. Après avoir étudié la littérature américaine et anglaise à la Sorbonne, l’heure du service national venue, il fait une objection de conscience et passe 17 mois comme maquettiste aux Éditions Francophones d’Amnesty International, il épouse d’ailleurs une Anglaise, puis il part vivre en Angleterre, près de Canterbury, où il enseigne le français dans un collège.
De retour en France, il exerce divers métiers, de barman à web-designer en passant par professeur d’anglais, avant de se diriger vers le journalisme littéraire. Après quelques pas dans le journalisme et la musique (il chantait et jouait de l’orgue Hammond dans divers groupes de rock parisiens), au milieu des années 90, il fonde Science-Fiction Magazine avec Alain Névant, un ami d’enfance.
Après être resté rédacteur-en-chef de ce titre de 1996 à 2000, il publie son premier roman en 1998 aux éditions Baleine, sous le pseudonyme de Philippe Machine. Il décide ensuite de se consacrer pleinement à l’écriture.
Il publie alors deux trilogies de Fantasy, La Moïra (2001-2002) et Gallica (2004), lesquelles rencontrent un succès inédit pour un auteur français (La Moïra dépasse en France les 300 000 exemplaires, toutes éditions confondues, et les droits sont vendus dans 11 pays).
Suivront de nombreux thrillers aux éditions Flammarion (Le Syndrome Copernic, 2007, Le Rasoir d’Ockham, 2008…) qui lui vaudront d’être qualifié par le Nouvel Observateur de « nouveau maître du thriller français ».
Auteur-compositeur-interprète, il écrit des chansons pour lui-même et pour d’autres artistes français. De 2013 à 2015, il rejoint le groupe de rock Freelers.
Membre fondateur du collectif d’artistes La Ligue de l’Imaginaire, en juillet 2011, il est nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres.
En 2015, son roman Nous rêvions juste de Liberté, salué par la critique, est en cours d’adaptation pour le cinéma.

son site 

 

 Extrait :

« Mon père connaît le nom des arbres. Parfois, il les nomme, comme ça, devant moi, et je me contente de hocher la tête. Pin du Paraná, flamboyant rouge, palo borracho… Je ne dis rien, de peur de sortir une bêtise et que le padre, irrité, ne mette un terme à notre expédition. Ces moments de bonheur me paraissent si fragiles ! Je retiens mon souffle et je le regarde religieusement poser des pièges, construire des arcs, tailler des flèches, ramasser les baies comestibles, allumer un feu… Ici, mon père, ce n’est plus un modeste ouvrier, ce n’est plus une bête de somme. Ici, c’est un savant, un aventurier. Un guerrier. »
 

La chronique jubilatoire de Dany

Après Nous rêvions juste de liberté, les lecteurs attendaient le nouveau Loevenbruck. Certes, il a fallu patienter trois ans et demi, mais il est excusé car quand on voit la masse de travail de documentation qu’a dû demander ce thriller, on comprend que la gestation a été longue et semée d’embuches. La relation des sentiments et doutes de Marc, le personnage central inspiré d’un homme que l’auteur a côtoyé pour faire de sa vie un roman, est en soi un pari réussi. Il n’est sans doute pas aisé d’approcher les secrets d’Etat, mes méandres du renseignement et d’être fidèle à l’histoire, la petite et la grande. Nous en découvrons des choses qu’il est parfois plus confortable d’ignorer.  Tout ça n’en rend que plus précieux le résultat par ces 640 pages.

Soit un triangle, une pyramide si vous voulez, … au somment les politiques,  cyniques, qui ne pensent qu’à leur élection présidentielle, voire leur réélection, ils vont mener le jeu, la diplomatie qu’ils disent … Une sphère publique, dont on connaît les noms, soucieuse de l’image et de son avenir, dépendante de la haute finance qui tire les ficelles de la vente d’armes à l’international…

Entre le sommet et la base, les services secrets qui ont pour objectifs de démanteler les réseaux et commanditaires des attentats et des prises d’otages, parce que c’est leur job. Ils observent, analysent, préparent, choisissent les cibles, déploient la logistique nécessaire mais pas toujours suffisante…

Et enfin la base, niveau de l’exécution, qui ne doit pas se poser de questions sur le bien fondé des commandes à honorer, sans état d’âme ou presque.

La base, c’est bien le centre de ce thriller, l’auteur nous fait approcher le cheminement d’un obscur, la construction de sa personnalité, par son carnet qui ponctue le récit actuel. Les lecteurs comprennent alors pourquoi un petit aventurier devient barbouze sans scrupule, capable de mener de front ses deux identités.

L’action principale se situe au milieu des années 80, pendant une période d’attentats perpétrés à Paris, que les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître … : les événements ont cependant une résonance particulière au vu de notre actualité récente. Nous allons assister au recrutement, à l’entrainement et aux actions de ce héros de l’ombre, attachant par ses questionnements et sa quête de bonheur. Au-delà des aventures qui, si elles n’étaient pas adaptées du réel, pourraient sembler improbables, la vie de Marc est donc tumultueuse et clandestine …

Il est peu aisé d’en dire d’avantage si ce n’est qu’il faut lire absolument ce dernier Loevenbruck, bien loin de l’ésotérisme et la fantasy auxquels il nous avait habitués dans ses premiers romans, plus proche de Nous rêvions juste de liberté par sa sensibilité et ses questionnements.

Rythmé et réaliste, précis et haletant, un style efficace, ce « témoignage » sera sans conteste un coup de cœur 2019 …

Lu en version numérique.

epub 13.99 € (640 pages)

 

Extraits :
« — Il y en a qui disent que nous, les musulmans, on ne dénonce pas assez les attentats, qu’on devrait les condamner publiquement, et que si on dit rien, c’est qu’on les cautionne. Mais le reste du temps, on nous demande de nous intégrer, de faire comme tout le monde, de pas faire de bruit, de pas nous faire remarquer. Du coup, moi, je me sens complètement paumée, au milieu de tout ça. J’ai l’impression qu’on m’enlève le droit d’être simplement triste et terrifiée, comme tout le monde. Comme n’importe quelle Française. Dans la rue, j’ai l’impression qu’on me regarde de plus en plus de travers, comme si j’étais complice. Comme si je devais me justifier.
— Ça fait partie du plan des terroristes, Samia. Ils veulent faire monter le racisme et le sentiment anti-islam en Europe, pour que les musulmans s’y sentent de plus en plus rejetés, incompris, détestés, et que du coup, par réaction, ils se radicalisent, qu’ils rejoignent le camp des fondamentalistes. C’est vicieusement parfait, comme stratégie. »
« — C’est une histoire de fric, comme toujours. Derrière tout ça, il y a juste des pays qui, pour des raisons d’argent, essaient de mettre la main sur la communauté musulmane qui s’est installée en Europe, en espérant peser à travers elle dans les choix économiques de nos pays.
— Et pourquoi les a-t-on laissés faire ?
— C’était une stratégie occidentale pendant la Guerre froide, Samia. Les Américains ont favorisé l’expansion d’un islam radical en espérant que cela empêcherait l’avancée du communisme et de l’influence soviétique dans le monde arabe. On a appelé ça la stratégie du « vert contre le rouge ». Une immense connerie…
— Et qu’est-ce qu’on peut faire, alors ?
— Toi et moi, pas grand-chose. Il faudrait que les gouvernements européens aient les couilles d’empêcher que l’islam en Europe ne soit financé depuis l’étranger. »
 
« Les sens aiguisés par la montée d’adrénaline, Marc enfila sa cagoule et se faufila entre les deux pans du mur éventré. Il avait tellement bien mémorisé le trajet planifié par la Boîte qu’il aurait pu le faire les yeux fermés.
À cet instant, dans ce moment de vérité, le jeune homme était entré, d’instinct, dans un état second. Un état d’ultraconscience, de concentration ultime, aiguisée, où chaque seconde comptait comme la dernière et où ses sens et son esprit n’étaient voués qu’à la seule réussite de sa mission. La condition d’un guerrier en chasse, une sagesse martiale. »
 
« On dit que la lecture est un plaisir solitaire, mais celui qui ne lit pas est bien plus seul encore. Il lui manque le monde entier. »
 
«… Vous préféreriez vivre sous un régime où la presse est bâillonnée ?
— Non, bien sûr. Mais parfois, j’aimerais juste vivre sur une île déserte, Hadès. Écouter le chant des oiseaux sur mon hamac en regardant le ressac…
— Damned ! Vous allez changer mon nom de code en Vendredi ?
— Ne m’en voulez pas, je vous aime bien, mais trente ans en tête à tête avec vous, non, je n’aurais pas la patience d’un Robinson Crusoé… Il suffit d’un indigène sur une île déserte, et ce n’est déjà plus une île déserte.
— « Le pluriel ne vaut rien à l’homme, et sitôt qu’on est plus de deux, on est une bande de cons », cita Masson.
— Pardon, mais Brassens disait « sitôt qu’on est plus de quatre », il me semble…
— Il était plus tolérant que moi, avoua Marc.
— Bon sang, ce qu’il me manque ! lâcha Dartan d’un air authentiquement mélancolique.
— À moi aussi, mais vous n’êtes tout de même pas venu à Lyon pour me parler de Brassens, Olivier ?
— Si seulement…, répondit l’officier en souriant. Mais commençons par demander au serveur de nous apporter à boire et à manger… »
 
«Je suis libre. Je suis libre et je veux boire ma liberté jusqu’à la dernière goutte, à présent que j’en connais le prix et la fragilité. Nul ne devrait jamais ignorer le prix de sa précieuse liberté, ni les combats qu’elle nécessite pour être préservée. »
 

Je me suis tue de Mathieu Menegaux


Le livre : Je me suis tue de Mathieu Menegaux.  Paru le 12 janvier 2017 aux Éditions, Points.  6€20 ; 400 p. ; 11 x18 cm.

Originellement Paru le 1er avril 2015 chez Grasset. 16€50 ; (190 p.) ; 21 x 13 cm

4ème de couverture :

Un dîner en ville. Au menu, nourriture bio, affaires et éducation des enfants. Claire s’ennuie et décide de rentrer seule à vélo. Elle ne le sait pas encore mais sa vie vient de basculer. Tour à tour victime puis criminelle, Claire échoue en prison et refuse obstinément de s’expliquer. À la veille de son jugement, elle se décide enfin à sortir de son mutisme…

 

 

L’auteur : Mathieu Menegaux est né en 1967. Il est l’auteur de Je me suis tue (Grasset, 2015 ; Points, 2017), primé aux Journées du Livre de Sablet, et de Un fils parfait (Grasset, 2017 ; Points, 2018), prix Claude Chabrol du roman noir, en cours d’adaptation pour la télévision. Et Est-ce ainsi que les hommes jugent ? (Grasset 2018). Avis rur  Je me suis tue « Un premier roman bouleversant qui se lit d’une traite. » Biba « Une tragédie moderne. » Philippe Vallet, France Info

 

 

 

Extrait :
« Toute ma vie pour cet instant ! Sa main sur la mienne posée, son sourire. Pouvoir le vivre, et le revivre, éternellement. Son émotion débordait. Il était intarissable, joyeux, excité, attentionné. Ses yeux pétillaient. Il redevenait un homme, enfin, et il en était fou de joie. Stérile disparaissait de son vocabulaire. Bouleversé. Tout a changé le jour où je t’ai donné la vie. Il était pris de vertige, perdu, ébahi devant cette perspective nouvelle. Je sentais son amour m’envahir et je jubilais au plus profond de moi : j’avais eu raison. J’avais raison. Quelle intuition, quel chef-d’œuvre, quel magnifique retournement de situation. Simple et limpide : cet enfant, c’était l’enfant d’Antoine, c’était notre bonheur, c’était la solution. Notre avenir prenait un tour enchanteur, et plus rien ne viendrait se mettre en travers de la belle histoire qui nous attendait. J’y croyais, dur comme fer. J’en étais persuadée, j’avais gagné. Tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Faire de chaque crise une opportunité, comme disent les manuels d’entreprise. Pauvre folle que j’étais. J’y croyais, ce soir-là, devant mon plat de pâtes. J’y ai cru, de toute mon âme.
C’est un beau roman c’est une belle histoire. »

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

Je me suis tue de Mathieu Menegaux

Bonjour à toutes et à tous…

 Je me suis tue est le premier roman de Mathieu Menegaux.

Lecture d’une seule traite… Pas le choix, l’auteur y a bien veillé, impossible de le lâcher.

Texte court, percutant, efficace, froid et glaçant, certaines phrases relèvent même de la poésie. Et la musique, cette musique qui nous poursuit tout le long du récit mettant en évidence la solitude de Claire.

Comment et pourquoi la vie d’une femme peut-elle basculer ainsi d’un instant à l’autre ?

 Je me suis retrouvé dans la tête de Claire. J’étais Claire.

Dès le début on la sait coupable. Mais coupable de quoi ?

D’ailleurs finalement, l’est-elle vraiment ?

 L’écriture sans concession de Mathieu nous raconte l’histoire très dure d’une femme perdue, d’une femme qui s’est perdue, elle qui ne voulait que le bonheur de son mari. L’utilisation de la première personne du singulier prends tout son sens au fur et à mesure du récit et comme Claire, j’ai subit ses doutes et ses angoisses. Un final inévitable mais qui fait quand même mal, car un jour ou l’autre, nous avons tous été comme Claire, à faire des choix qui auraient été différents avec un peu plus de réflexions…

 Quelques notes et tous mes regrets,

Tous mes regrets de nous deux,

Sont au bout de mes doigts…

 Il serait dommage de passer à coté de ce petit bijou.

A lire absolument.

Mon ombre assassine – Estelle Tharreau


Aujourd’hui c’est double chronique avec 3 avis pour le prix d’un !

Ce matin c’est Daniele qui vous a offert sa chronique jubilatoire.

Ce soir c’est Aline et Fanny qui nous présente leur « Chronique Duo »


Le livre : Mon ombre assassine d’Estelle Tharreau – Paru le 17/01/2019 aux éditions Taurnada  dans la collection Le tourbillon des mots –  9.99 € ; (260 pages) ; format 18 x 11 cm

 4ème de couverture :

En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession.
Celle d’une enfant ignorée, seule avec ses peurs.
Celle d’une femme manipulatrice et cynique.
Celle d’une tueuse en série froide et méthodique.
Un être polymorphe.
Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir.
Une ombre. Une ombre assassine.

 

 

 

L’auteur Estelle Tharreau, passionnée de littérature depuis l’adolescence, parcourt les genres, les époques et les pays au fil des auteurs qu’elle rencontre. De cet amour de la littérature est née l’envie d’écrire. Ayant travaillé dans le secteur public et privé, elle vit actuellement en Franche-Comté où elle partage son temps entre sa famille et l’écriture.

 

Extrait :
Le sort m’avait destinée à infliger la mort. Je ne savais pas quand. Je ne savais pas qui. Mais je savais que je tuerais encore, que je tuerais beaucoup et que je n’offrirais aucune occasion de m’arrêter. Je m’apprêtais à entamer une prédation méthodique. Le destin se chargerait de me désigner les proies.

 

 

Chronique duo Fanny Louise – Miss Aline.

******

Mon ombre assassine, Estelle Tharreau

Editions Taurnada.

 

Miss Aline : Bonjour Fanny, c’est notre première papote sur un roman. Ravie de partager cela avec toi. Nous avons donc lu Mon ombre assassine d’Estelle Tharreau. Est-ce ton premier roman de cette auteure ?

Fanny Louise : Bonjour Aline. Ravie de faire mon premier duo avec toi !! Oui c’est une découverte pour moi. Tu connaissais cette auteure ?

Miss Aline : Oui j’avais déjà côtoyé la plume de l’auteure dans son roman La boue dans la bouche. Où j’ai découvert son style, son écriture qui est particulière.

Fanny Louise : Ce type d’écriture n’est donc pas propre au roman que nous venons de lire. C’est son « style », donc ? C’est en effet assez particulier. Intéressant certes, mais il m’a fallu un peu de temps pour m’y faire.

Miss Aline : Je trouve qu’elle a une façon bien à elle de nous mettre hors du temps. Le livre, l’histoire t’absorbent. Qu’est-ce que tu entends, toi, par « style assez particulier » ?

Fanny Louise : D’un chapitre au suivant on passe d’une narration et d’un style à un autre. La construction même du roman est inédite, pour moi en tout cas. Je n’avais jamais lu un roman construit de manière aussi tranchée, avec un parti pris radicalement opposé d’un chapitre à l’autre sur toute la longueur de l’histoire. C’est déroutant au début, ce qui explique sans doute que j’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire.

Miss Aline : Parlons justement de l’histoire. La 4ème de couverture nous livre le contenu. Je me suis demandée ce que l’auteure allait bien pouvoir nous raconter…vu que nous savons qui est la « méchante » ! Mais c’est justement cette 4ème qui en a beaucoup dit, qui m’a attirée.

Fanny Louise : C’est vrai que la 4ème de couverture donne le ton du roman, on sait d’entrée à qui on va avoir à faire. C’est suffisamment attirant pour que l’on ait envie de plonger dans l’histoire mais cela ne donne pas d’indices précis sur le contenu. J’aime quand un livre se présente sans trop se dévoiler et ici c’est parfait et assez malin.

Miss Aline : Toutefois pas simple de se mettre dans la tête (froide) d’une tueuse en série.

Fanny Louise : Pas simple en effet mais justement c’est sûrement voulu car à priori personne n’a envie de se mettre dans la peau d’un tueur froid. Enfin je l’espère… Quels sont tes sentiments à l’égard de cette « héroïne » ?

 

Miss Aline : L’auteure nous livre une analyse méthodique et presque froide de ce qui se passe dans la tête d’une tueuse. Elle nous montre tous les éléments : la petite enfance difficile et isolée, la peur de mourir, une mère absente (et plus), idem pour le père. Je n’ai pourtant pas d’empathie pour cette « héroïne ». Dés son plus jeune âge elle est dérangeante, elle met mal à l’aise.

Fanny Louise : En effet il est difficile d’avoir une quelconque empathie pour elle mais j’ai  quand même le sentiment que les éléments de sa vie d’enfant et d’adolescente sont là pour donner une certaine légitimité à tous ses crimes. Comme si l’auteure avait voulu lui trouver des excuses tout en décrivant quand même une personnalité froide et sans cœur. Cet aspect m’a dérouté. N’as-tu pas été gênée par le parti pris de l’auteur de donner des circonstances atténuantes à son héroïne de par ce récit de sa vie passée ?

Miss Aline : Pour moi, Estelle Tharreau n’a pas donné de circonstances atténuantes. Elle a énoncé ce qui a amené Nadège à être ainsi. Nadège ne cherche pas d’excuses à ses actes, elle assume.

Fanny Louise : Je perçois les choses différemment, pour moi la description des sévices qu’elle a subi donnent une forme de justification à ses actes. Elle est devenue ce qu’elle est de part son vécu. C’est pour moi l’origine de son mal. Elle n’est pas née « mauvaise », elle l’est devenue. Si l’auteure n’avait pas donné à son héroïne ce passé, l’horreur aurait été absolue, le personnage aurait été le mal incarné. Alors que là, le lecteur peut avoir deux lectures différentes : soit il considère que le passé est une circonstance atténuante, soit il considère que le passé n’est que le détonateur qui révèle la personnalité de l’héroïne. Nadège détaille ses actions de manière chirurgicale en expliquant précisément sa relation avec chacune de ses victimes. J’ai l’impression qu’elle essaye de se dédouaner de ses actes en rejetant la faute sur ses victimes.

Mon ressenti est que l’auteure a voulu justifier les actions de Nadège et c’est précisément l’élément qui a fait que j’ai eu du mal à me mettre dans l’histoire. Car il faut reconnaître que Nadège est vraiment un personnage qu’on déteste et qu’on a envie de voir disparaître mais dont on se dit quand même aussi : wahou quand même elle en a bavé !

Tu n’as eu aucune empathie par moment pour Nadège ?

Miss Aline : Je n’ai pas d’empathie pour la femme qui se confesse au cœur de ce roman. Elle pose sa vie sur la table de dissection. Elle s’observe, s’analyse. Même enfant elle a un côté glaçant. J’ajouterai que ceci n’explique pas cela. Un enfant battu ne devient pas forcément un parent qui bat à son tour. Nadège a fait des choix. Elle aurait pu en faire d’autres. Je suis toutefois d’accord avec les deux niveaux de lectures que tu évoques.

Je trouve que l’auteure sait parfaitement dépeindre le genre humain, créer une ambiance, une atmosphère.

Fanny Louise : Je suis d’accord. On est en tension, oppressé, on veut voir où l’histoire va aboutir. C’est un excellent « page turner ». C’est haletant à souhait. C’est très narratif mais très bien rythmé.

Au-delà, du cœur de l’histoire, c’est un livre très bien construit et le suspens y est présent de bout en bout.

Miss Aline : Estelle Tharreau est forte sur la profondeur humaine. Ses états d’âme, ses douleurs, ses espoirs et surtout sur sa capacité à faire le bien ou le mal. Avec ce roman, elle appuie le fait que l’on ne connait jamais véritablement la personne qui nous fait face.

Fanny Louise : je n’ai pas d’élément de comparaison avec ses précédents écrits, ne l’ayant jamais lu mais sur ce livre, je reconnais que ton analyse est juste. Le récit est très factuel et c’est sûrement ce qui m’a dérouté au début. Nadège est froide et du coup le roman l’est aussi car c’est nécessaire à la construction de l’histoire. Les personnages sont disséqués de façon chirurgicale. Pas de place aux sentiments, c’est pointu et précis. Sur ce point, bravo à l’auteure car cela donne beaucoup de profondeur au roman. On n’est pas dans une description de situation. On est dans l’analyse, on creuse, on va au fond des méandres du fonctionnement humain.

Miss Aline : Ne pouvant aller plus loin dans notre analyse sans spoiler, je te propose de conclure Fanny. Pour ma part, ayant déjà lu Estelle Tharreau, je confirme ma curiosité à suivre son évolution dans l’écriture. Car incontestablement : auteure à suivre !

Fanny Louise : En effet, difficile d’en dire plus sans trop dévoiler l’histoire. Je pense que je vais lire les précédents romans de l’auteure car j’ai vraiment bien aimé sa plume. C’est une jolie découverte pour moi. Merci Aline de m’avoir permis de réalise ce premier retour duo.

Miss Aline : Le plaisir fut partagé Fanny.

Nous tenons à remercier les Editions Taurnada pour ce SP confié aux flingueuses du Collectif Polar. Nous remercions également Estelle Tharreau pour nous avoir fait entrer dans son univers livresque.

Ma vie sera pire que la tienne – Williams Exbrayat


Chronique duo ou la chronique à deux voix

2 flingueuses papotent ensemble et parle de leur ressenti de lecteure autour d’un même titre

Ce soir c’est Maud et Mamie Danièle qui nous par du polar d’Exbraxat. Williams, pas Charles, hein !

Alors..

 

Le livre : Ma vie sera pire que la tienne de Williams Exbrayat. Paru le 29 Août 2018 aux Editions Independently published. 12.99 euros. (240 pages.) 15 X 23cm

4ème de couverture :
Quel est le point commun entre un looser amoureux, un bouledogue alcoolique nommé Disco Boy et une jolie hôtesse de casino ? Une sévère propension à être là au mauvais endroit, au mauvais moment. Ces trois-là n’étaient pas faits pour se rencontrer, encore moins pour évoluer en milieu hostile : des trafiquants de drogues, des braqueurs grimés en présidents, des flics retors et une bête qui hante la campagne. Tuer ou se faire tuer, telle est désormais leur seule alternative.

 

L’auteur : Williams Exbrayat est dompteur de livres en bibliothèque et auteur de polar. Il est le créateur de la série humoristico-policière Maddog qui met en scène un détective privé à la morale douteuse et à la gouaille fleurie. Chasse à l’épaulard, le deuxième volet de la série, a remporté le prix des lecteurs du livre numérique 2014. Il y a toujours un peu d’humour et beaucoup de noirceur dans son travail comme en atteste son nouveau méfait : Ma vie sera pire que la tienne, un mélange détonant de roman noir, de novella et de pulp.

 

 

Extrait :
« La route n’en finit pas de serpenter dans la montagne. Des villages reculés, des vieilles bâtisses à l’abandon, des champs mangés par la forêt. Ici, la violence, c’est le mépris ; l’abandon du politique. Il ne reste plus rien. Pas d’écoles depuis longtemps, plus de bureaux de poste. Des nids de poule maltraitent les roues des voitures. Des lacets. Toujours des lacets. À mesure que le convoi s’enfonce dans la montagne, la misère devient de plus en plus prégnante. Elle n’est pas explosive comme la banlieue vue par la télé. Elle est silencieuse ; rampante ; oubliée des grands médias. Ici, c’est le royaume des petits paysans, des nouveaux pauvres, des marginaux, des sans-dents, du surendettement. C’est le triste spectacle de l’agonie d’un Ancien Monde qui se révèle sous les yeux d’Ulysse, sans risque d’insurrection ni de caillassage. »

 

 Papote de Flingueuses entre Maud et Manie Danièle

 

Maud : Coucou Danièle, alors toi aussi tu as lu Ta vie sera pire que la mienne de Williams Exbrayat ?

Danièle : Oui Maud et c’était une découverte … je connaissais bien un Exbrayat mais pas celui-là !

Maud : Pareil de mon côte Qu’en as-tu pensé dans globalité ?

Danièle : Alors globalement j’ai plutôt apprécié : le ton, les situations, les personnages.

Maud : Très bien. Moi je me suis laissée surprendre par la forme, je pensais à tort avoir à faire à des nouvelles 

Danièle : Pareil, arrivée au premier épilogue, je suis repartie sur la page de garde et j’ai vu que c’était un roman !

Je n’aime pas trop le format « nouvelle » mais il s’agit bien d’une suite. Un peu comme une pièce de théâtre où l’on change de décors à chaque acte

Maud : J’ai été agréablement surprise de voir que les histoires s’entremêlaient pour ne former qu’un seul et même roman. Le format Nouvelle ne me dérange pas du tout mais quand je suis prévenue. Mais comme tu le soulignes là c’est plutôt un changement d’acte comme au théâtre !

Danièle : J’ai particulièrement apprécié la première situation … les losers qui braquent un labo ça paye !

Maud : Oui oui la première situation est très sympathique, les losers face à des brigands organisés et la suite qu’en as-tu pensé ?

Danièle : J’y ai trouvé plus d’humour que par la suite …

du coup je suis restée au niveau du ton un peu sur ma faim. Cependant l’intrigue est bien menée

Maud : Dans la première partie il y a quelques phases d’humour noir ou de sarcasme mais l’humour est plutôt présent dans la seconde. Les Présidents tu en penses quoi ?

Danièle : J’ai aimé les Présidents, d’autant qu’on oublie les masques et qu’on attribue du coup les exactions à ceux qu’on a en mémoire … jubilatoire

Maud : Oui et leur caractère, leur perception correspondent plutôt pas mal aux vrais personnages. J’ai beaucoup aimé également

L’intrigue je la trouve aussi très bien menée je n’ai pas vu la fin arriver

Danièle : C’est aussi un artifice commode pour permettre au lecteur de suivre l’intrigue

Maud : A la fois très original et très prenant. Le lecteur retient très facilement les personnages

Danièle : La référence à Colomba n’est pas mal non plus

Les chiens sont des personnages à part entière

Maud : Très très bien trouvée cette référence

J’ai aussi trouvé la personnification des animaux très bien amenée, c’est vivant et réel

Danièle : Tu parles de la fin … j’avoue avoir dû relire l’analyse psy … un peu confuse pour moi mais j’étais sans doute en coma pré-endormissement tard dans la nuit …

Maud : Justement l’analyse psy nous amène aux bords de la future vérité. Mais comme dans tout le livre, rien ne se passe comme prévu

Danièle : Je suis d’accord

Difficile de dire ce qu’on en pense sans spoiler

Maud : C’est aussi ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre. Lorsque le lecteur pense savoir la suite et hop changement de situation et il est berné

Danièle : C’est sur … je n’essaierais pas le captagon amélioré !

Maud : Très difficile oui en effet

Je te comprends tout à fait !!!

Danièle : Ce qui est agréable aussi dans ce roman ce sont les lieux … quand on parle de la ville c’est une petite ville de province avec son quartier craignos, sa campagne est bien profonde et la Corse agréable mais ça peut se passer n’importe où …

Maud : Oui et les quelques allusions au sud de la France… les fermes ont un rôle important

Sans les quelques références géographiques on pourra se croire n’importe où

Danièle : du coup des petits losers tombés dans la délinquance, embarqués par le banditisme … ça peut arriver à nos voisins

Maud : Oui la notion de travaux subalternes et la référence aux cités expliquent comment ils en arrivent là

Danièle : dans un contexte de crise et de désertification rurale …

Maud : Le travail à l’usine ou le deal de drogue? Les deux solutions montrées à nos losers

Danièle : des belles bagnoles tout de même …

Maud : Oui pour certaines…car d’autres tombent en panne

Danièle : c’est pour le fun !

Maud : Je souhaite aussi saluer l’habilité de l’auteur qui a su faire s’imbriquer parfaitement deux histoires qui paraissaient totalement indépendantes

Danièle : oui c’est plaisant … passer un recueil de nouvelles au roman noir à intrigue c’est bien fait !

Maud : Oui oui très bien fait. Tout s’emboite très bien, pas de loupé!!

En conclusion, j’ai passé un très bon moment de lectures. Des personnages attachants pour certains, d’autres machiavéliques.

Et toi Danièle?

Danièle : Oui et je me dis que l’auteur a commis 3 romans, celui-là a été une agréable pause entre deux lectures plus graves et que j’irais bien voir du côté des 2 autres un jour !

Maud : Également l’auteur m a rendue également très curieuse !!

Danièle : Jamais vu en salon ?

Maud : Non pas pour ma part. Et toi?

Danièle : auto édition … explique peut-être la raison

Maud : Oui sûrement

Peut-être qu’un jour…

Danièle : Alors Maud on recommande ce titre ?

Maud : Oui pour ma part!!!!

Et toi?

Danièle : Aussi, léger mais pas que …, noir mais pas que …, rythmé mais pas que …

Maud : Un très bon cocktail rafraîchissant mais pas que…

Danièle : Merci à lui de nous avoir fait confiance … c’est jamais gagné avec les flingueuses !!!!

Maud : Oui c’est vrai. Merci Danièle pour cette lecture commune et ces échanges toujours très sympathiques

Danièle : Merci à toi pour cet échange ! A bientôt pour de nouvelles aventures … mais pas que !!!

Maud : Oui avec grand plaisir!!!!

  

Ma vie sera pire que la tienne de Williams Exbraya


Le livre : Ma vie sera pire que la tienne de Williams Exbrayat. Paru le 29 Août 2018 aux Editions Independently published. 12.99 euros. (240 pages.) 15 X 23cm

4ème de couverture :
Quel est le point commun entre un looser amoureux, un bouledogue alcoolique nommé Disco Boy et une jolie hôtesse de casino ? Une sévère propension à être là au mauvais endroit, au mauvais moment. Ces trois-là n’étaient pas faits pour se rencontrer, encore moins pour évoluer en milieu hostile : des trafiquants de drogues, des braqueurs grimés en présidents, des flics retors et une bête qui hante la campagne. Tuer ou se faire tuer, telle est désormais leur seule alternative.

 

L’auteur : Williams Exbrayat est dompteur de livres en bibliothèque et auteur de polar. Il est le créateur de la série humoristico-policière Maddog qui met en scène un détective privé à la morale douteuse et à la gouaille fleurie. Chasse à l’épaulard, le deuxième volet de la série, a remporté le prix des lecteurs du livre numérique 2014. Il y a toujours un peu d’humour et beaucoup de noirceur dans son travail comme en atteste son nouveau méfait : Ma vie sera pire que la tienne, un mélange détonant de roman noir, de novella et de pulp.

 

Extraits :

« Les portières du 4×4 claquent. Des gifles pour mes oreilles. J’ouvre les yeux. Trois silhouettes noyées dans la lumière crue d’un milieu d’après-midi. Elles s’approchent d’un pas résolu. Je protège mes yeux avec mes mains. Le soleil tape fort. Foutrement fort. Une enclume sur ma tête. Avec le stress, j’ai perdu des litres de gnôle. Une odeur vinaigrée imprègne mes vêtements. Ma transpiration. Faudrait que je mette le holà sur la piquette, sinon je vais finir comme un pickle. »

Les Lectures de Maud :

 Le deux premières partie sont distinctes, les histoires indépendants et personnages différents. Déjà le ton est donné, c’est de la dynamite qui ne demande qu’à se consumer. Et lorsqu’en plus, les histoires se rejoignent et s’imbriquent, c’est l’apothéose. Avec leur profil particulier, leur vie atypique, vont-ils réussir à s’en sortir ?

Des personnages aux multiples facettes, les situations vont leur faire ressortir le bon, le moins bon et le pire de chacun d’entre eux. Pourtant certains n’étaient pas destiner à partir en vrille. Même le chien est un personnage à part entière et a sa part d’histoire.

Mon préféré ? Sauveur, bien sûr !!! Les braqueurs qui portent le nom d’un de nos précédents, c’était super, le tout saupoudré de quelques clins d’œil de leur personnalité.

L’auteur signe ici un très très bon polar. Usant de sarcasmes et de jeux de mots, mêlant, intrigues, sournoiseries, rebondissements, voir retournements de situation avec brio. Une plume qui exploite tous les palettes de la langue française.  Une fin inattendue !!! Je recommande cette lecture à la fois pour son côté à la fois aérien et plein de noirceur.

Version lue : Numérique

 

 

Le douzième chapitre – Jerome Loubry


Le livre : Le douzième chapitre de Jerome Loubry. Paru le 19 septembre 2018 chez Calmann-Lévy dans la collection Calmann-Levy noir. 19€50 ; (355 p.) ; 22 x 14 cm.

4eme de couv
Eté 1986. David et Samuel ont 12 ans. Comme chaque année, ils séjournent au bord de l’océan, dans le centre de vacances appartenant à l’employeur de leurs parents. Ils font la connaissance de Julie, une fillette de leur âge, et les trois enfants deviennent inséparables. Mais une ombre plane sur la station balnéaire et les adultes deviennent de plus en plus mystérieux et taciturnes. Puis alors que la semaine se termine, Julie disparaît. 30 ans plus tard, David est devenu écrivain, Samuel est son éditeur. Depuis le drame, ils n’ont jamais reparlé de Julie. Un jour, chacun reçoit une enveloppe. A l’intérieur, un manuscrit énigmatique relate les événements de cet été tragique, apportant un tout nouvel éclairage sur l’affaire…

L’auteur : Jérôme Loubry est né en 1976 à Saint-Amand-Montrond. Il a d’abord travaillé à l’étranger et voyagé tout en écrivant des nouvelles. Désormais installé en Provence, il a publié en 2017 chez Calmann-Lévy son premier roman, Les Chiens de Détroit, lauréat du prix Plume libre d’Argent 2018.
Extrait :
Sa folie avait un nom à consonance allemande : Alzheimer. Ce kraken pris au piège dans l’océan céphalorachidien de cette pauvre femme avala le moindre de ses souvenirs. Voilà ce que disaient les adultes une fois revenus de ces soirées lorsque, fatigués ou honteux de leurs moqueries étouffées, ils prenaient conscience que cette maladie risquait un jour ou l’autre de se lancer à l’abordage de leurs propres esprits.

Le petit avis de Kris

Le douzième chapitre – Jerome Loubry

David et Samuel, 12 ans, sont dans un centre de vacances à Saint-Hilaire-de-Riez, où ils font la connaissance de Julie. Les trois enfants deviennent inséparables mais, à la fin des vacances, leur amie disparaît. Son cadavre est retrouvé sur la plage quelques jours plus tard. Trente ans après, David et Samuel reçoivent un mystérieux courrier leur relatant ces événements tragiques.

Quel plaisir de découvrir cet auteur !

Un roman passionnant aux multiples rebondissements, original comme je les aime.

Ces souvenirs d’enfance qui resurgissent alors qu’ils étaient enfouis bien secrètement et un suspense bien mené assorti d’une fin un peu pressentie mais attendrissante en font un roman attachant.

Excellent

Et si un manuscrit anonyme racontait une nouvelle version de votre pire souvenir d’enfance…
Le roman a reçu le Prix du polar de Moustiers 2018 dès sa parution!

 

Notre cheffe de meute a adoré aussi Le douzième Chapitre et elle avait  vraiment aimé aussi son premier roman Les Chiens de Détroit.

 

Le fruit de mes entrailles de Cédric Cham


Le livre : Le fruit de mes entrailles de Cédric Cham. Paru le 10 Septembre 2018 aux Editions Jigal. Collection : Polar. 18€50 ; 280 pages. 21 x 14 cm

4ème de couverture :
Trois personnages, trois histoires, trois destins qui se télescopent au cours d’une longue cavale infernale et sanglante.

Vrinks, fiché au grand banditisme, finit de purger une longue peine en centre de détention quand on lui annonce brutalement que le corps mutilé de sa fille Manon a été retrouvé dans un fleuve. Fou de rage, il ne pense plus qu’à s’évader pour la venger…
Amia, jeune femme d’une vingtaine d’années, prisonnière d’un sordide réseau de prostitution, réalise soudainement qu’elle va être mère ! C’est peut-être le signal qu’elle espérait pour trouver la force de fuir les griffes de ses bourreaux.
La capitaine Alice Krieg, en charge du dossier Vrinks, est une flic pugnace de la brigade de recherche des fugitifs. Elle a grandi sans père, en a toujours souffert et plus encore aujourd’hui quand elle découvre sa cruelle maladie…

L’auteur : « Je suis passionné de lecture depuis que je sais lire » confie Cédric Cham qui a grandi à Sorbiers, près de Saint Etienne dans la Loire. Après ses années lycées au lycée Fauriel à Saint Etienne, il fait des études de droit. Maîtrise en poche, il réussit le concours de l’Ecole Nationale de l’Administration pénitentiaire à Agen. Depuis novembre 2008, il est conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation au centre de détention de Roanne.
Passionné de littérature noire mais aussi de cinéma policier, de western, il a découvert le cinéma coréen de Park Chanwook et de Kim Jee-Woon.
Extraits :
« — Comment ça, je reste ici?
Les deux hommes se retournent d’un bloc. Ils n’ont pas entendu Amia approcher. Elle se tient dans l’encadrement de la porte. Vêtue d’un jean et d’un débardeur blanc. Ses cheveux ruissellent encore, collés sur son front et ses joues.
— Angelo te laisse la planque le temps de te retourner, explique Vrinks en la rejoignant. Il verra avec ses contacts s’il peut te trouver un job clean.
— Tu vas me planter là!
— Ce n’est pas contre toi, Amia. Tu sais ce que je dois faire.
Je m’en sortirai mieux seul.
— De la merde… Aie au moins le courage de reconnaître que tu veux te débarrasser de la petite pute!
— C’est mignon, ironise Angelo. Une scène de ménage! Bon, je vais me fumer une tige le temps que vous accordiez vos violons.
Amia est toujours dans l’encadrement de la porte. L’éclat dans son regard suffit à maintenir Vrinks à distance.
— Non, Amia. Il ne s’agit pas de ça. Et tu le sais très bien. Comprends-moi, tu viens tout juste de te sortir de la merde, c’est pas pour y replonger encore plus profond…
— L’excuse bidon! Tu m’as bien baisée… dans tous les sens du terme, sale con.
— Ne recommence pas!
— Quoi! Qu’est-ce que tu veux? Tire-toi. T’attends que ça.
— Tu te plantes, Amia, insiste Vrinks, le regard sombre. J’ai pas envie de te laisser.
— Parce que je signifie quelque chose pour toi?
— Évidemment.
— Cette nuit à l’hôtel…
— Oui.
— Elle a compté pour moi… Ce n’était pas juste une baise.
— Pareil pour moi.
— Alors ne me jette pas…»

Les Lectures de Maud :

Une lecture totalement addictive qui se lit à 100 à l’heure !! Les premières pages donnent le ton, livre dur et oppressant. Ensuite nous respirons au rythme de la fuite d’Amia et de la cavale de Simon. Dès leur rencontre, ils vont s’unir, ayant tous les deux le même but : la vengeance !! Parallèlement, Alice et son équipe mettent tout en œuvre pour retrouver le fugitif… Tout ne va pas se dérouler comme prévu…

Des personnages poignants, attachants, suscitant énormément d’empathie. Le lecteur comprend que Simon souhaite s’évader, voir même il le soutient… On a envie qu’il réalise son plan et retrouver le meurtrier de sa fille. Amia va le soutenir dans quête, tout en reprenant peu à peu confiance en elle, va vouloir assouvir la sienne… Et commencer ensuite une nouvelle vie.

Mais quel puissance ce livre, totalement addictif et très bien écrit. Aucun tabou, du brut à l’état pur, mêlant intrigue, violence et sentiments ; le tout mené avec brio !!! Mon premier livre de l’auteur et sûrement pas le denier !! Je recommande vivement cette lecture !!

Un grand merci à  Delphine Leroy du blog Mes Evasions Livresques pour ce conseil de lecture, même si je lui dois ma courte nuit !!!

Version lue : Broché

Tags : Evasion, prostitution, Paris, grand banditisme, vengeance

Guerilla Social Club – Marc Fernandez


Attention « Double Chronique »

Aujourd’hui les jumelles Flingueuses on décidait de nous proposer chacune leur avis sur un même bouquin

Ce matin c’était Maud qui nous parlait de sa lecture

Ce soir c’est Ophélie qui nous soumet son Off de Oph

Allez c’est parti pour un second avis!


 

Le livre : Guerilla Social Club de Marc Fernandez. Paru 8 Mars 2017 aux Editions Préludes – Collection Préludes Noir. 15.60 euros. 288 pages. 13 x 20 cm –

Paru le 3 Octobre 2018 aux Editions Le Livre de poche Collection Policiers – 7.20 euros. 288 pages. 11,1 x 1,3 x 18 cm

4ème de couverture :
Deux hommes disparaissent à Madrid. Un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois, le même scénario : les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé. Toutes ont aussi un passé commun : leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980.
Parmi ces disparus figure l’un des amis du journaliste madrilène Diego Martín. Il décide de se pencher sur cette affaire pour son émission de radio, aidé par la détective Ana Durán, sa complice de toujours, et par l’avocate Isabel Ferrer.
Une enquête de tous les dangers qui va les mener de l’Espagne à l’Argentine en passant par le Chili, et les obliger à se confronter aux fantômes de l’Histoire. Ce qu’ils découvriront fait froid dans le dos, car, quarante ans après l’opération Condor, le rapace continue de voler.

L’auteur : Journaliste depuis plus de 15 ans, il a longtemps été chargé de suivre l’Espagne et l’Amérique latine pour Courrier International.
Co-auteur, avec Jean-Christophe Rampal, de « La ville qui tue les femmes, enquête à Ciudad Juárez », de « Pinochet, un dictateur modèle » (Hachette Littératures) et du roman « Narco Football Club » (éditions Moisson Rouge). Ils ont également réalisé le webdocumentaire « La Cité des mortes ».
« Mala Vida » est son premier roman en solo.
Marc Fernandez tient le blog polar Mauvais genre sur Slate.fr
Extrait :
Le temps semble comme suspendu, les secondes s’égrènent lentement, très lentement, jusqu’au moment où la roquette atteint sa cible. Pile sur le capot. Bien joué. Un tir parfait. Pourtant, elle n’explose pas. Elle rebondit, cogne sur le pare-brise et finit sa course par terre tandis que le chauffeur de la Mercedes pile et manque de se faire rentrer dedans par la voiture qui le suit dans un concert de klaxons

 

Le off de Oph

« Il existe des petites histoires dans la grande Histoire, des exodes et des péripéties personnelles, des trahisons, des victoires et des échecs intimes qui n’ont pas leur place dans les manuels scolaires. » Cet extrait de la préface du roman est le reflet d‘une des facettes de « Guerilla SocialClub » : des trajectoires individuelles au cœur de l’Histoire collective.
Cette préface, elle m’a donné la chair de poule. Victor Del Arbol, son auteur, y explique, tout en lui rendant hommage, comment Marc, au travers de ses romans, attire notre attention sur des événements moins connus de l’Histoire. Des événements qu’on ne raconte pas dans les manuels scolaires, mais des événements, des histoires personnelles qui ont changé l’Histoire.

Dans « Guerilla social club » j’ai retrouvé avec grand plaisir Diego Martin, Ana Duran, David Ponce et Isabel Ferrer, personnages centraux de « Mala Vida », pour une nouvelle enquête. Une fois encore, je suis allée à la découverte d’un pan de l’ Histoire que je connaissais moins: les dictatures sud-américaines, les coups d’Etat…
Bien sûr, je n’en n’ignorais pas les grandes lignes, celles des manuels scolaires… mais je ne connaissais ni l’ opération Condor, ni la solidarité entre les peuples opprimés d’Amérique du Sud qui formaient des groupes communs pour aller combattre les régimes dictatoriaux chiliens, argentins, uruguayens…Mais toute médaille à un revers, et j’ai appris qu’à cette solidarité entre les peuples opprimés, faisait écho la solidarité entre dictateurs et pays occidentaux…
« Ils sont douze. Huit hommes, quatre femmes.Des chiliens bien sûr, mais aussi des Argentins, un Brésilien et un Uruguayen.La répression ne connaît pas les frontières avec le plan Condor […] La résistance a riposté et a fait de même. Tous ensemble. Partout sur le continent latino et ailleurs aussi.El pueblo, unido, jamas sera vencido! (le peuple, uni, ne sera jamais vaincu) »

Une fois encore, l’Histoire sert de base à l’histoire que nous raconte Marc. Et l’on sent la patte du journaliste au travers des recherches et des références citées dans le roman.

« Deux hommes disparaissent à Madrid, un autre à Paris et une femme à Buenos Aires. Chaque fois c’est le même scénario: les victimes sont enlevées et leur cadavre retrouvé mutilé.
Toutes ont un passé commun: leur combat contre les dictatures d’Amérique latine dans les années 1970 et 1980 ».

En suivant Diego et ses amis dans cette enquête, l’on découvre, outre ce que j’ai évoqué plus haut, l’histoire de la messagerie instantanée « Telegram », l’accès difficile aux archives « non censurées » des années noires malgré les lois de lever d’amnistie et la soi-disant volonté de ne plus rien cacher au monde, le combat pour la liberté mené par les guerilleros.
La liberté, un thème qui reste central et en filigrane dans tout le roman.

J’ai retrouvé l’écriture dynamique et punchy de Marc. Un roman qu’il m’a été difficile de lâcher. Pas que le suspens y soit haletant, nous ne sommes pas dans du thriller, mais la manière qu’à Marc de nous raconter cette histoire d’hommes et de femmes, combattant de la liberté, m’a transporté.

Plus fort, plus puissant encore que « Mala Vida », « Guerilla Social Club » touche et interpelle.

Merci à Marc de nous faire découvrir ces histoire individuelles oubliées de l’Histoire.