Fantazmë de Niko Tackian


Il y a deux mois sortait en poche la seconde enquête de Tomar Khan pour cette occasion notre mamie Flingueuse nous offre son retour de lecture


 

Le livre : Fantazmë de Niko Tackian. Réédité en poche le 2 janvier 2019 chez Le Livre de Poche. 7€70 ;  (281 p.) ; 18 x 11 cm

Paru initialement le 3 janvier 2018 aux Editions Calmann- Lévy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18,50 € ; (263 p.)  13,5 x 21,5 cm.

4 ème de couv :

Fantazmë

Janvier 2017, Paris, XVIIIe arrondissement. Le corps d’un homme atrocement mutilé est retrouvé dans une cave. Le commandant Tomar Khan pense d’abord à un règlement de comptes. Le genre d’affaire qui reste en suspens pendant des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre. Avec cette enquête troublante, Tomar Khan plonge dans des zones d’ombre où s’affronteront inévitablement son devoir de policier et ses sentiments d’être humain.

 

 

L’auteur : Né à Paris en 1973, Niko Tackian fait des études de droits, d’Histoire de l’art avant de devenir journaliste et rédacteur en chef. Scénariste, réalisateur, romancier Niko Tackian est un touche à tout. Il se défini lui-même comme « un raconteur d’histoire ». Il reçoit en 2015 le prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac pour « Quelque part avant l’enfer » avec un thème minutieusement étudié : le phénomène de la mort imminente. En 2016 suivra « la nuit n’est jamais complète » puis « Toxique ». Ce premier volet, paru aux Editions Calmann Lévy, nous amène à suivre le commandant Tomar Khan, que l’on retrouve dans « Fantazmë » en ce début 2018.

 

Extrait :
« Il y avait d’abord cette enquête et la pénible impression d’avoir mis les pieds dans un labyrinthe de désespoir d’indifférence qui lui rappelait celui de son enfance »
« Bouvier (le légiste) n’était pas croyant, sa foi se limitait aux processus métaboliques et à l’activité cérébrale. Pour lui l’existence se résumait à une longue phrase dont la naissance formait la majuscule et la mort le point final. Passer de vie à trépas était le plus naturel des phénomènes et le destin de chaque être humain. Espérer autre chose était vain…. Il était persuadé que l’identité d’une personne se créait en réaction aux relations entretenues avec ses semblables. « Nous n’existons pas sans l’autre » … »

 

 La chronique jubilatoire de Dany

Page 242 « Il y avait d’abord cette enquête et la pénible impression d’avoir mis les pieds dans un labyrinthe de désespoir d’indifférence qui lui rappelait celui de son enfance 

 

C’est le deuxième roman de cette série commencée avec « Toxique ». On y retrouve le groupe d’enquêteurs du 36 en tout début de l’année 2017. La mafia albanaise qui a main mise sur la drogue, l’esclavage sexuel et autres trafics à Paris et dans la banlieue, voit un certain nombre de ses « soldats » disparaître avec une violence maximale. Qui est donc ce justicier ? Ce Fantazsmë, ce spectre. Tomar rompu aux situations extrêmes et aux débordements aurait-il trouvé son maître ?

Scénarisé avec efficacité, une intrigue en premier plan interpelle le lecteur sur sa peur de voir la réalité qui l’entoure, l’indifférence généralisée comme maladie du siècle et en arrière plan, une interrogation plus intime qui concerne Tomar et ses débordements. Mal en point ce héro fatigué va-t-il se nettoyer le cerveau avec l’aide d’un ami médecin et d’un psychiatre, aura-t-il confiance au point de se livrer ? Son éducation et sa culture font-elles suffisamment obstacles à sa violence pour qu’il puisse rester le flic champion de la criminelle ?

Enfin une construction originale qui dévoile l’identité du justicier vers le milieu de l’intrigue … une vraie claque !

Notons dans la galerie de personnages que nous offre Niko Tackian, celui de Ara, la mère de Tomar, ancienne peshmerga, humaniste et généreuse, toujours prompte à rappeler à son fils les fondamentaux de son éducation.

L’auteur nous avait promis un vrai méchant sans circonstances atténuantes : c’est vrai, je l’ai rencontré ! Flippant !

 

Extraits :
« … il y avait des rumeurs concernant le commandant Tomar Khan… Certes ses états de service étaient impressionnants, et on lui devait la résolution de bon nombre d’affaires, mais on parlait aussi de méthodes borderline et surtout d’un homme au passé difficile, obligé de canaliser sa violence par la pratique du sport à outrance. »
« Combien de drames pourraient être évité en signalant un hurlement nocturne ou une conduite violente, combien d’auteurs de souffrances tues et cachées sous des apparences de banalité pourraient être condamnés ? »
« Lui aussi (Tomar), il préférait voir des ombres diffuses là où se trouvait la réalité de la souffrance humaine. Des fantômes qu’on tentait d’oublier sans pouvoir nier leur existence. »
« Tomar n’adhérait à aucun dogmes, mais il croyait au sacrifice… à la rédemption, sa rédemption. »
« Eric (le SDF) ne pouvait pas lui en vouloir, depuis le temps qu’il galérait dans cette ville il avait pigé que les gens n’étaient pas foncièrement mauvais, ils avaient juste peur. Peur qu’on leur parle, qu’on les mettent en retard, qu’on leur demande de l’argent, qu’on leur file des maladies, qu’on les agresse, peur de tout un tas de trucs au point de se réfugier sur l’écran de leurs téléphones portables ou dans leurs bouquins pour être le moins en contact possible avec le reste du monde. Y avait qu’à lever la tête pour voir tous ces gens fuir la réalité dans laquelle lui et ses camarades d’infortune se trouvaient empêtrés ».

Piranhas de Roberto Saviano.


Le livre : Piranhas de Roberto Saviano. Traduit de l’italien par  Vincent Raynaud  Paru 4 Octobre 2018 aux Editions Gallimard, Collection Du monde entier. 22.00 euros ; (368 pages). 21 x 14 cm

4ème de couverture :
Naples, quartier de Forcella. Nicolas Fiorillo vient de donner une leçon à un jeune homme qui a osé liker des photos de sa copine sur les réseaux sociaux. Pour humilier son ennemi, Nicolas n’est pas venu seul, il s’est entouré de sa bande, sa paranza : ils ont entre dix et dix-huit ans, ils se déplacent à scooter, ils sont armés et fascinés par la criminalité et la violence. Leurs modèles sont les super-héros et les parrains de la camorra. Leurs valeurs, l’argent et le pouvoir. Ils ne craignent ni la prison ni la mort, mais une vie ordinaire comme celle de leurs parents. Justes et injustes, bons et mauvais, peu importe. La seule distinction qui vaille est celle qui différencie les forts et les faibles. Pas question de se tromper de côté : il faut fréquenter les bons endroits, se lancer dans le trafic de drogue, occuper les places laissées vacantes par les anciens mafieux et conquérir la ville, quel qu’en soit le prix à payer.

L’auteur : Roberto Saviano est un écrivain et journaliste italien.
Après des études de philosophie à l’Université Frédéric II, il s’intéresse à la question du crime organisé et réalise de nombreux reportages sur le sujet pour l’hebdomadaire L’Espresso. Il a été journaliste au Cronache di Napoli.
En 2006, à la suite du succès de son documentaire Gomorra, très accusateur à l’égard des activités de la Camorra, il est victime de menaces de mort, confirmées par des déclarations de camorristes collaborant avec la justice, et des informations révélant le projet du clan Casalesi de l’éliminer. Roberto Saviano vit sous protection policière depuis le 13 octobre 2006. Son œuvre Gomorra a été vendue à plus de quatre millions d’exemplaires à travers le monde et il a été traduit dans une quarantaine de pays.
Une œuvre théâtrale a été tirée de l’ouvrage Gomorra, écrite par Saviano avec Mario Gelardi, et une adaptation est sortie en 2008 au cinéma. Le film a obtenu le prix du jury au festival de Cannes en 2008 avant d’être choisi pour représenter l’Italie aux Oscars.
Depuis, Roberto Saviano a publié des essais et des nouvelles. Son nouveau livre-documentaire Extra pure est une plongée sous l’angle économique dans l’univers de la cocaïne.
Extraits :
« On pense toujours sont pour les adultes, mais plus jeune est la main qui manipule le chien, le chargeur et le canon, plus le fusil, la mitraillette le pistolet ou même la grenade est efficace. (…). Les armes sont faites pour les jeunes, pour les enfants. C’est vrai sous toutes les latitudes. »
« Pour devenir un enfant j’ai mis dix ans. Pour te mettre une balle dans la tronche je mettrai pas plus d’une seconde. »

Les Lectures de Maud :


C’est bouleversée que j’ai refermé ce roman sur fond de Paranza (à la fois un bateau, mais aussi un groupe d’individus vivant en bande). Nous suivons l’histoire de plusieurs enfants-adolescents qui vont peu à peu devenir et souhaite devenir des mafieux. Jouer dans la cour des grands, devenir leur propre groupe, ne travailler pour personne ; voici l’objectif qu’ils se sont fixés à tout prix. On comprend également leur envies et besoins de vouloir tout, tout de suite, en effet la mort peut les faucher à chaque virage.

Ces ados, menés par Nicolas, vont bafouer toutes les règles existantes dans le Système de Naples. Ils sont issus de familles de classe moyenne, vont à l’école, jouent à la console et pourtant ils aspirent à un autre avenir, un autre idéal. Pour cela ils vont s’unir, s’armer et braver tous les dangers pour régner sur les places et sur leur quartier, sur leur Ville. De braquage en extorsions, en passant par le deal de drogue, ils vont se faire un nom, leur paranza va se faire connaître. Elle prime sur l’individu, tous les membres agissent en leur nom et pour elle, c’est une véritable unité à elle seule. Mais quel avenir s’ouvre devant eux ?

L’auteur, après avoir publié deux documentaires sur ce thème, signe ici un très vraisemblable premier roman. La plume et le rythme nous montre la rapidité avec laquelle les jeunes veulent évoluer rapidement et griller les étapes. Les nombreux dialogues et échanges entre eux, nous montrent leurs pensées et leurs envies et aspirations. Cette lecture est choquante de réalité, percutante de réalisme. Je lirai très probablement prochainement Gomorra et Extra pure. Malgré les différentes menaces qui pèsent sur l’auteur, il continue d’écrire et je salue également son courage.

Je remercie babelio et les éditions Gallimard pour cette découverte et pour la rencontre qui a eu lieu le 08.10 qui fera elle aussi l’objet d’un retour.

Version lue : Broché

Mention : Premier roman

Le gamin des ordures de Julie Ewa


Le livre: Le gamin des ordures de Julie Ewa, paru le 30 janvier 2019 aux éditions Albin Michel, collection spécial suspens; 416 pages;19,90 euros; format 14,5 x 3 x 22,5 cm
4eme de couverture :
Recroquevillés au fond d’une impasse où sont entreposées des bennes à ordures, deux enfants et un adulte tentent de s’abriter de la pluie. Lorsqu’elle les aperçoit, la jeune Lina leur apporte aussitôt de l’aide en leur procurant une tente.
Les Stanescu viennent de Roumanie. Le père a atterri ici, dans le nord de la France, avec ses enfants, Darius, neuf ans, et Cybèle, seize ans, espérant récupérer un peu d’argent pour rembourser sa dette au passeur.
Un destin tristement banal pour une famille Rom, à la merci des trafiquants en tout genre, qui bascule lorsque Darius et son père sont portés disparus. Alertée par Cybèle, Lina part à leur recherche avec l’aide de Thomas, un ami, remontant la piste périlleuse d’un réseau criminel aux ramifications puissantes.
Un suspense implacable et remarquablement documenté qui retrace le dangereux périple d’une famille Rom à travers l’Europe. Après Les Petites filles, Julie Ewa confirme sa singularité et se place parmi les jeunes voix du thriller français.

L’auteur Julie Ewa est née à Altkirch , le 16/06/1991.Auteure alsacienne, Julie Ewa est diplômée en philosophie à la faculté de Strasbourg. Elle oeuvre dans le domaine de la protection de l’enfance.
« Les petites filles » (2016) est son premier roman publié et reçoit le Prix des Lycéens Sang d’encre au Festival du Polar de Vienne. Elle publie aujourd’hui son second roman, Le gamin des ordures.

 

Extrait:
 » D’un pas volontairement lancinant, la Rmni se fondit à nouveau parmi les gadjé pour lui montrer l’exemple.Au lieu d’attendre que les passants viennent à elle, elle les interpellait ouvertement en brandissant son gobelet sous leur nez, sans se soucier des réactions virulentes qu’elle suscitait parfois.
« On finit par s’y faire… »
Non, Cybèle ne s’y ferait pas. Elle n’aurait pas la force de l’imiter! Depuis qu’elle avait commencé à mendier, chaque refus lui renvoyait l’image de sa propre médiocrité: le rien, le vide. […]
En les regardant, Cybèle éprouva le désagréable sentiment d’être complètement transparente: un mirage, un spectre, du vent… Pourquoi la fuyait-il comme la peste? Pensaient-ils qu’elle ne méritait par leur attention? »

Le OFF de OPH

Le gamin des ordures de Julie Ewa

Avec Le gamin des ordures , Julie Ewa nous emmène à la rencontre des Roms devant lesquels nous fermons si souvent les yeux… Qui sont-ils? Pourquoi viennent-ils en France? Que vivent-ils réellement? Au delà des clichés, des idées pré-conçues et au travers d’une intrigue criante de réalisme, la jeune auteur nous entraîne dans un roman écrit avec le cœur et l’âme.

Dans ce second roman de Julie Ewa, je retrouve sa plume caractéristique: des images chocs, des pointes d’humour, de la nervosité enrobée de douceur. Les chapitres sont courts et les 416 pages se lisent sans même que l’on s’en rende compte.

Les lieux et les références temporelles s’imbriquent les uns dans les autres sans pour autant nous faire perdre la chronologie des événements, contribuant à maintenir la tension narrative tout au long du roman.

Une fois encore, elle nous livre des personnages attachants qui nous font sourire, pleurer, qui nous touchent…

Mais ce qui marque le plus dans ce second roman, ce n’est pas l’intrigue, aussi bien menée soit-elle, ce n’est pas la forme, mais bien le travail de fond qu’a fait l’auteur et la passion qu’elle a mit dans l’écriture pour nous livrer cette histoire. Comme pour son précédent, Les petites filles, Julie se sert d’un roman pour nous faire entendre son cri.

Comme beaucoup, je détourne les yeux quand je vois des Roms. J’en ai une image négative, les a priori liés à mon métier, l’agressivité de certains, mais aussi et surtout cette capacité que nous avons tous à nous méfier de ce que nous ne connaissons pas.

Grâce à la plume de Julie, à l’histoire de Darius et de sa famille, mon regard a changé, je n’ai plus peur…

Bien que s’agissant d’un roman à suspens, Julie raconte les Roms, leur histoire, leurs us et coutumes, leur attachement à la famille, leur vision d’une France que les passeurs leur présentent comme un Eldorado pour s’engraisser sur le dos de leurs congénères. Elle revient sur leur arrivée plus massive en France depuis 2007 avec l’intégration de la Roumanie et de la Bulgarie à l’Union Européenne.

Roms, Tziganes, Manouches ou Gitans, plusieurs mots qui définissent une minorité ethnique sans pays, qui partage une origine commune et qui a évolué différemment selon les pays dans lesquels ils se sont installés.

Elle nous raconte la vie des Roms de Roumanie avant et après Ceausescu, le rejet des populations des pays dans lesquels ils vivent. Mal aimés, mis au banc des sociétés, l’Europe entière leur fait comprendre qu’ils sont des parias à nos yeux d’ « Hommes civilisés ».

Julie nous parle aussi de la mafia Roms, de ces individus qui par goût de l’argent et de la richesse, n’hésitent pas à exploiter les leurs, les enfants: réseau d’enfants voleurs ou encore de prostitution, partout l’argent corrompt l’humanité.

Enfin, l’intrigue se déroule en partie dans une ville du Nord, ne cherchez pas cette ville sur une carte, elle n’existe pas. Bugrassot pourrait être n’importe quelle ville de France…

Le gamin des ordures, une lecture qui marque et qui fait évoluer notre regard sur le monde…

 Bandidos de Marc Fernandez


La chronique à deux voix des Jumelles

Le livre : Bandidos de Marc Fernandez. Paru le 3 Octobre 2018 aux Editions Préludes. Collection Préludes Noire. 15.90 euros. 320 pages. 13 x 2,5 x 20 cm


4ème de couverture :
Le corps calciné d’une femme menottée, une balle dans la nuque, est retrouvé dans un parc de Madrid. Diego Martin, journaliste radio d’investigation, connait la victime, rencontrée vingt ans auparavant… En Argentine. Jeune reporter à l’époque, il avait couvert l’assassinat du frère de la victime : Alex Rodrigo, photographe pour un grand hebdomadaire, tué selon le même mode opératoire.
Un meurtre identique à des milliers de kilomètres de distance, à deux décennies d’écart. Il n’en faut pas plus au présentateur d' »Ondes confidentielles » pour se lancer dans une enquête qui le mènera à Buenos Aires, où il retrouvera une femme qu’il n’a jamais pu oublier…
Entre corruption politique, flics ripoux et groupes mafieux, ce voyage va faire ressurgir les fantômes du passé. Car parfois, ceux qu’on croyait morts reviennent hanter ceux qui sont restés.

L’auteur : Journaliste depuis plus de 15 ans, il a longtemps été chargé de suivre l’Espagne et l’Amérique latine pour Courrier International.
Co-auteur, avec Jean-Christophe Rampal, de La ville qui tue les femmes, enquête à Ciudad Juárez, de « Pinochet, un dictateur modèle » (Hachette Littératures) et du roman Narco Football Club (éditions Moisson Rouge). Ils ont également réalisé le webdocumentaire La Cité des mortes.
Mala Vida est son premier roman en solo.
Marc Fernandez tient le blog polar Mauvais genre sur Slate.fr

 

Extrait:
«Ce ne sont plus les militaires qui nous mettent en danger, ils ne sont plus là depuis un moment et c’est tant mieux. Mais d’autres les ont remplacés. Ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, qui font tout pour le garder, pour l’étendre. A tout prix. Même s’ils doivent piétiner pour cela nos droits les plus fondamentaux. Et quand je parle de pouvoir, ce n’est pas seulement le pouvoir politique auquel je pense, mais aussi et surtout le pouvoir économique. En gros, celui des plus riches. Les fusils se sont tus, c’est vrai. Ils ont été remplacés par un nouvel arsenal, moins visible mais tout autant, sinon plus dangereux : les transactions financières et les enveloppes de billets. Le dollar comme arme de destruction massive. L’argent fait plus de dégâts qu’une rafale de kalachnikov.»

Chronique de nos jumelles

 Bandidos de Marc Fernandez

Après des heures de lecture, nous avons bouclé notre reportage exclusif pour Collectif Polar. De l’Espagne au Chili, nous avons achevé notre périple en Argentine en suivant à la trace Diego, Ana, Isabel, David et récemment plus récemment Léa.

C’est à la recherche des « Bandidos » que nous avons plongé cette fois. Des policiers corrompus à la solde de politiciens véreux qui n’ont qu’un seul objectif: museler la presse.

Le Senior Fernandez nous a entraîné, dans un style vif porté par une plume percutante et journalistique, à la suite de nos amis, afin de faire la lumière sur le sombre meurtre d’une jeune journaliste mais aussi celui de son frère commis 20 ans plus tôt. Assassinés de la même manière, pourquoi a-t-on voulu réduire au silence ces deux porteurs de « faits » et de vérité?

Nous avons dû nous faire toutes petites sur les traces de nos amis, le danger les guettant à chaque coins de rues, il n’aurait pas fallu nous faire repérer! Penchées sur l’épaule de Diego, nous avons pu lire ses premiers papiers, ceux de ce jeune journaliste qu’il était, déjà combattant des mensonges et des pratiques occultes des pouvoirs politiques.

Sous la houlette, de Marc, nous avons enquêté sur les modes de communication et nous nous sommes posées cette question (largement insufflée par l’auteur): Que penser des médias aujourd’hui? Pour Marc, la réponse semble claire, comme tant d’autres de secteurs, l’information n’est plus qu’une question de rentabilité: les mêmes articles repris par plusieurs journaux différents, des copier-coller sans saveur ni substance, sans analyse réelle. Mais à qui profite cette non-information?… Nous vous laissons réfléchir à cette question.

Corruption des institutions, manipulations, mensonges, Marc n’épargne rien ni personne et assume les messages qu’il souhaite faire passer au travers de ses romans, qui, s’ils sont tous des fictions, puisent leur source dans des événements réels.

Du scandale des bébés volés sous Franco au Guerilleros du Chili, nous achevons avec Bandidos les aventures de David et ses amis. Des personnages que nous avons suivi dans leur évolution, leurs joies, leurs peines. Une amitié sans faille qui, même dans la trahison ou dans la mort, s’est révélée inaltérable.

Si les trois romans peuvent se lire dans l’ordre que vous avez choisi, nous vous recommandons toutefois d’en suivre la chronologie afin de comprendre les personnages, leurs réactions. Apprenez à les apprivoiser comme ils vous apprivoiseront, car au final, c’est eux qui nous transportent.

Cette séparation s’annonce difficile pour nous, nous nous sommes attachées à chacun des membres de cette équipe, qui, nous les entendons, scandent en chœur « No Pasaran » chaque fois que Marc Fernandez signe un de ses romans.

 

 

Tags : Polar, Journaliste, Argentine, Mafia, Espagne, Politique , Médias

 

Mad de Chloé Esposito


Le livre : Mad de Chloé Esposito, paru le 14/06/2018 aux éditions Fleuve Editions … Le prix broché 20,90 € – epub 14,90 €  (480 pages) ; format 21×14 cm

 4ème de couverture :

Alvie est une catastrophe ambulante sans avenir, virée de son boulot et même de son appartement par ses colocataires. Tout le contraire de sa sœur jumelle, Beth, qui réside dans une somptueuse villa de Taormine en Sicile avec son mari, un superbe Italien, et son adorable petit garçon. De quoi lui donner des envies de meurtre ! Alors, quand Alvie reçoit un appel de sa sœur qui lui propose un vol en première classe pour la rejoindre, elle ne saute pas immédiatement de joie… avant de céder à l’appel du luxe et du soleil. Mais la gentillesse n’est pas gratuite : Beth lui demande de se faire passer pour elle le temps d’un après-midi.
Cet échange d’identité va se révéler la première étape d’un tourbillon diabolique et irrésistible ! Entre faux-semblants et rebondissements, Alvie se découvre de nouvelles passions peu ordinaires et apprendra que la vie de rêve peut parfois avoir un goût de… sang..

 

L’auteur :  Britanique, Chloé Esposito est titulaire d’un BA et d’un MA d’anglais de l’Université d’Oxford.
Elle est également diplômée de la Faber Academy.
Elle a été consultant senior en management, professeur d’anglais dans deux des meilleures écoles privées du Royaume-Uni et styliste de mode à Condé Nast.
Mad (2017) est son premier roman et le premier tome d’une trilogie.
Originaire de Cheltenham, elle vit à Londres avec son mari et sa fille.

 

 

Extraits :
« Je m’extirpe péniblement du lit et pose le pied en plein sur ma pizza d’hier, dont je n’ai mangé que la moitié avant de m’écrouler vers quatre heures du matin. Me voilà avec de la sauce tomate partout sur le pied et une rondelle de salami entre les orteils. Je la prends et l’enfourne dans bouche avant d’essuyer la sauce avec une chaussette. Puis je m’habille avec ce que je trouve par terre ; une jupe en nylon ne nécessitant aucun repassage et un tee-shirt en coton qui en aurait eu besoin. Je me regarde dans le miroir et fronce les sourcils. Pas génial. Je me frotte les yeux pour effacer le mascara qui a coulé, j’ajoute une touche de rouge à lèvres prune, coiffe mes cheveux gras avec mes doigts. Çà suffira bien; je suis en retard. Encore une fois. Je pars au travail. Je relève le courrier à la porte et je l’ouvre tout en marchant, une Malboro au bec. Des factures, des factures, des factures, une carte d’une entreprise de VTC, une broche pour des pizzas à emporter.  » DERNIER APPEL », « AVIS D’HUISSIER », »RÈGLEMENT EN URGENCE ». Toujours le même refrain. Taylor Swift n’a pas à s’emmerder avec ça, elle. Je fourre les lettres dans les mains d’un sans-abri posté près de la bouche métro : maintenant, ce n’est plus mon problème. »

 La chronique jubilatoire de Dany

Mad de Chloé Esposito

 

« Les deux moments les plus importants d’une vie sont le jour oú on vient au monde et le jour oú on découvre pourquoi. »

Mais qu’est-ce qui est donc fou dans cette histoire … tout et assurément le grain de folie de l’auteure est contagieux pour le plus grand bonheur des lecteurs ! Rendez-vous compte c’est un premier roman étonnamment maîtrisé, bourré de citations cinématographiques et musicales !
L’auteure nous immerge dans la tête d’Alvie, sa narratrice, à moins que ça ne soit Beth sa jumelle … on peut parfois douter. Alvie : ange ou démon, victime ou manipulatrice, Alvie ou Beth ??? Tout l’entourage s’y trompe alors que nous quittons un quartier sordide de Londres pour la Sicile ensoleillée et mafieuse. Et comme en supplément il y a beaucoup de désirs et de fantasmes chez Alvie, avec un humour décapant et parfois hard, quelques scènes scabreuses et d’autres sanglantes, elle s’amuse à repousser ses limites pour assouvir ses désirs d’amour, d’argent, de voiture et de … maternité, pour enfin découvrir sa vocation… Un vrai suspense dont le lecteur est en droit de se demander comment va donc s’en sortir l’auteure … c’est pour ça que la fin peut sembler un peu abrupte mais quelle autre alternative y avait-il ?
Jubilatoire et coup de cœur. Je tiens à décerner une mention particulière à la traductrice qui a si bien rendu le ton et les émotions dans un langage très juste.

« Je repose le livre sur la table. Je stresse suffisamment comme ça, autant éviter de lire des tragédies. Je commanderai un recueil de recueil de poèmes […] demain matin ; un truc joyeux, Baudelaire par exemple.»

Le pouvoir de Naomi Alderman


Attention coup de coeur et chouchou du week end !

Le livre : Le pouvoir de Naomi Alderman.  Traduit de l’anglais par Christine Barbaste.  Paru le 3 janvier 2018.  21€50 ; (393 p.) ; illustrations en noir et blanc ; 22 x 14 cm.
  4e de couv :
 ET SI LES FEMMES PRENAIENT ENFIN LE
POUVOIR DANS LE MONDE ENTIER ?
Aux quatre coins du monde, les femmes
découvrent qu’elles détiennent le « pouvoir ».Du bout des doigts, elles peuvent infliger
une douleur fulgurante – et même la mort.Soudain, les hommes comprennent
qu’ils deviennent le « sexe faible ».Mais jusqu’où iront les femmes
pour imposer ce nouvel ordre ?

« Électrisant ! Choquant ! Décoiffant ! Vous ne regarderez
plus jamais les choses de la même façon… »

  Margaret Atwood, auteur de La Servante écarlate

« Mettre en lumière les travers des humains
et continuer d’éveiller les consciences :
c’est là que réside le pouvoir de ce livre. »
Aurélie Janssens, librairie Page et Plume, Limoges

« Une écriture électrique. Un rythme endiablé. Si le pouvoir
change de camp, pour le meilleur comme pour le pire,
ne passez pas à côté : Lisez ce livre ! »
Charlotte Desmousseaux, librairie La vie devant soi, Nantes

 

@Livemint

L’auteure, qui vit entre Londres et New York où elle a travaillé comme scénariste pour des jeux vidéo, s’était fait remarquer par deux romans en France, traduits aux éditions L’Olivier, Désobéissance (2008) et Le Mauvais genre (2011). Fille d’un historien renommé du peuple juif, Naomi Alderman est née en 1974 à Londres et a grandi dans la communauté orthodoxe de Hendon d’Angleterre.

 

 

 

Extrait :
Il ne s’est rien passé de spécial, aujourd’hui. Simplement, chaque jour qui passe, on grandit un peu, chaque jour apporte sa pierre, jamais la même, et de cet amoncellements émerge soudain une possibilité qui n’existait pas auparavant. C’est ainsi qu’une jeune fille devient une femme. Pas à pas, jusqu’à atteindre l’âge adulte.

 

Le post-it de Ge

Présenté comme une « dystopie féministe », The Power, le dernier roman de Naomi Alderman vient de remporter outre-Manche le Bailey’s Women’s Prize 2017 qui récompense une œuvre de fiction écrite par une écrivaine de langue anglaise.

Du jour au lendemain, aux quatre coins du monde, des adolescentes découvrent qu’elles sont capables de générer de leurs doigts une puissante décharge électrique pour se défendre ou agresser. Dorénavant, elles n’ont plus à se laisser dominer par les hommes et rien ne les empêche de prendre le pouvoir. Roxy, Allie, Margaret et Tunde sont témoins de ce bouleversement.

Dans le roman d’Alderman, les femmes ont ce pouvoir inédit de tuer les hommes par une simple pression du doigt. Son livre est aussi une réflexion sur la notion même de pouvoir : qui l’a, pourquoi, et une fois que l’on a le pouvoir combien de temps s’écoule avant que ce dernier ne nous corrompe ?

Ici en effet les rapports de pouvoir sont inversés. C’est une jeune fille d’Afrique sub-saharienne qui découvre la première son don. Très vite cette jeune femme qui n’a connu que la condition de soumission, comprend que grâce à ce nouveau pouvoir, elle va pouvoir changer les choses. Surtout qu’elle a aussi le pouvoir de transmettre ce don de vie et de mort à d’autres femmes.

Les rapports de force s’inversent, le concept ici est poussé à son extrême. C’est là tout l’intérêt de ce texte mais c’est pas le seul.

Ce thriller futuriste est le premier roman de science-fiction à remporter un prestigieux et généreux prix littéraire britannique. Aussi aujourd’hui, on peut à raison se demander si « le futur de la science-fiction n’est pas féministe ». ….

Je vous laisse méditer là dessus.

Moi j’ai ma petite idée !

« Tunde élargit son cadre pour intégrer les spectateurs à l’arrière-plan, derrière les baies vitrées du centre commercial, et filmer leurs réactions : on voit des hommes qui cherchent à éloigner de force leur femme des vitres ; et des femmes qui les éconduisent d’un mouvement d’épaule, sans un regard, sans un mot, et qui, paumes écrasées contre les vitres, dévorent le spectacle des yeux. Tunde comprend alors que ce truc va prendre comme une traînée de poudre, embraser la planète tout entière et changer le monde. Plus rien ne sera jamais comme avant et cela le comble d’une telle joie qu’il se met à crier avec les femmes au milieu des flammes. »

Le Brasier -Vincent Hauuy


le brasier Vincent Hauuy couvLe livre : Le Brasier de Vincent Hauuy.  Paru le 5 avril aux Editions Hugo Thriller.                 19,95 € ; 496 pages ; 14×21.

4ème de couverture :

Quand le Général Lavallée engage Noah Wallace pour retrouver les assassins de sa fille Sophie, le profileur refuse de croire à sa mort.

Persuadé que la jeune journaliste est en danger, mais vivante, il accepte la mission et mène l’enquête avec Clémence Leduc, sa troublante partenaire. Mais tous deux vont très vite se rendre compte qui cette affaire est plus vaste qu’il n’y paraît et pourrait être liée à la récente vague de meurtres et de suicides inexpliqués qui frappent l’ensemble du territoire américain.

Hanté par les visions d’un petit garçon sans visage et d’un brasier d’où s’échappent des cris d’effroi, Noah va se retrouver au cœur d’une investigation qui le mènera aux portes de la folie.

 

29342906_1702804633138966_2640271247602089984_n(1)L’auteur : Concepteur de jeux vidéo, Vincent Hauuy aime créer des puzzles, tisser des intrigues et donner vie à ses personnages. Son premier roman Le tricycle rouge, par en 2017, a remporté le Prix VSD RTL du meilleur thriller français présidé par Michel Bussi et conquis plus de 50 000 lecteurs.

 

 

Extrait :
« un drame violent, suffisamment marquant pour laisser une empreinte indélébile, s’est déroulé ici, sur cette propriété. Il ressent ce malaise avec une telle acuité que cela lui glace le sang, compresse sa poitrine et provoque des palpitations cardiaques. […] Noah n’a aucun doute que les habitants ont dû aussi subir cette pression sourde pendant des mois, d’une manière insidieuse. Il peut aisément deviner ce qui s’est passé. Un brouillard humide et glacial les a enveloppés, a fini par pénétré leur chair, s’est infiltré dans leurs os. Des murmures, des vertiges, une sensation de se faire aspirer par l’intérieur, de ne pas être le bienvenu. Et ils sont partis sans pouvoir expliquer leur malaise ou leur inconfort de manière rationnelle. »

L’accroche de Miss Aline

 

le brasier Vincent Hauuy petit format

 Trois suicides en guise de prologue, bon début ! Ensuite, on fait connaissance avec Karl Engelberg et ses règles de captivité. Voilà, on sait d’emblée que c’est lui le méchant. Il a enlevé Sophie journaliste et fille du Général Lavallée. Elle est dans une mauvaise posture. Tellement mauvaise que son père reçoit une vidéo de son exécution.

Noah Wallace accepte de travailler pour le Général afin de retrouver les assassins de sa fille. Etrange enquête. D’abord l’exécution de Sophie,  à laquelle Noah ne croit pas. Elle est vivante, il le sait, il le sent. Puis ses visions, ce petit garçon dont le visage est caché, ce brasier.  Et enfin la musique : Wagner.

Pour son enquête Noah veut travailler avec Clémence, ancienne du CSIS (Service Canadien du renseignement de sécurité). Le Général, ayant le bras long, va permettre de « libérer » Clémence.

Lors des ses investigations Noah va approcher une vérité qui le concerne directement. Elle va le bouleverser. Dès les premières pages tu l’apprécie Noah Wallace. Tu  as senti une fêlure en lui, une blessure béante qu’il peine à refermer. Il a un passé trouble. Pour en savoir plus sur lui, tu vas lire « le tricycle rouge » (premier roman de Vincent Hauuy). Etape obligatoire.

En attendant, tu le suis dans sa course poursuite pour retrouver Sophie, pour éloigner Clémence de la mafia russe, pour décrypter un message codé… tu marches dans ses pas et tu souffres avec lui, pour lui.

 

L’enquête est entre coupée du récit de Karl sur son enfance. Une enfance marquée fortement par  l’autorité paternelle, le maître absolu. Karl est froid, profondément méchant, brutal, mauvais, manipulateur. Non pour lui tu n’as pas d’empathie. Bien sûr son enfance explique  ce qu’il est devenu. Aurait-il pu faire d’autres choix qui l’auraient mené vers un autre lui-même ?

Avec ce roman tu peux t’interroges sur le conditionnement humain, la manipulation mentale. Tout un chacun la pratique de manière inoffensive. Chaque parent conditionne son enfant dans sa vision de la vie, ses choix musicaux… En grandissant, tu fais le choix de ta propre éducation, de tes codes, de tes valeurs. Mais avant cela tu avais celles que tes géniteurs t’ont inculqués.

Où est vraiment notre libre arbitre en tant qu’individu, en tant que membre d’une société ?

 

 

Emmène-moi au paradis – Estelle Surbranche


Salut les polardeux,

Dernier jour de notre week-end prolongé spécial  « 8 mars Journée de la femme ».

Avec une jeune auteure que je vous recommande vivement.

Puisque ce matin c’est de son second roman que nous vous présentons.


Emmène-moi au paradisLe livre : Emmène-moi au paradis de Estelle Surbranche. Paru le 17 mai 2017 chez la Tengo éditions. 18€ ; (315 p.) ; 19 x 14 cm.

4e de couv :

Emmène-moi au paradis

Des femmes qui se suicident, ça arrive tous les jours. Sauf que la capitaine Gabrielle Levasseur se rend compte que certaines avaient le même amant dans la région de Toulouse. Simple hasard ou un pervers narcissique, aussi séduisant que sadique, hante-t-il la ville rose ?

Pour répondre à cette question, Gaby se voit obligée d’affronter ses vieux démons, sa méfiance des relations amoureuses et la peur de la trahison. Alors que ses investigations enveniment ses relations avec Alejo, son amant de l’ETA, les dangers s’accumulent autour d’elle. Lâchée par sa hiérarchie, elle est traquée par Nathalie, la redoutable tueuse de la mafia serbe qui veut assouvir sa vengeance.

 

L’auteur : Plongée dans le chaudron techno dès ses 16 ans, Estelle Surbranche jongle entre ses études à l’ESSEC et la fréquentation assidue des clubs, pour finalement devenir reporter. En 2002, elle fait ses premiers pas de DJ avec le collectif Girls’n’Roses, puis se lance seule sous le nom de Estelle S. Résidente du Ritz, elle aura alors l’occasion de jouer aussi bien sur les plages de Calvi on the Rocks que dans les clubs de la capitale. En 2003, elle écrit une biographie du Suprême NTM et cofonde le magazine Flavor dont elle assure la rédaction en chef jusqu’en 2014. En 2015, elle publie Ainsi vint la nuit (éd. La Tengo). Emmène-moi au paradis est son deuxième roman.

 

Le post-it du bibliothécaire

Oh que je l’attendais ce second opus des aventure du capitaine Gabrielle Levasseur. Bon ok j’ai mais un peu de temps à la lire mais…Vous savez ce que c’est, les histoire de PAL !

Je disais donc, c’est avec plaisir que j’ai retrouvé Gaby. Vous avez comme moi fait sa connaissance il y a un peu plus de deux ans et demi alors qu’elle enquêtait dans le nuit de la nuit et de la drogue. Souvenez vous c’était dans 

 

Aujourd’hui elle est chargée des affaires criminelles et enquête sur une série de suicides suspects de femmes qui fréquentaient toutes le même homme dans la région de Toulouse. Elle va être confronter à un tordu qui séduit les femmes pour mieux les envouter et les manipuler.

Mais c’est pas tout, il y a aussi Nathalie, cette  jeune femme traumatisé par la guerre des Balkans. Au prise avec ses terreurs. Et qui va tout faire pour les exorciser. Jusqu’à devenir porte flingue de la mafia. Et dans cet intrigue, Nathalie vient jouer les trouble-fête.

Aussi dans ce second opus de nos duettistes, nous on apprenons un peu plus sur nos deux protagonistes que nous avons hâte de retrouver pour un troisième couplet. Estelle Surbranche ayant ce don de se glisser véritablement dans l’âme de ses personnages, comme si elle les habitait.

Ici elle nous parle des femmes, de la femmes, de la condition féminine. Du rôle que l’on fait jouer au femme, de la société qui conditionne nos élans. Des servitudes qui pèsent sur les femmes. De l’obligation d’être une superwoman, tout à la fois, mère, amante et épouse  devant mener de front sa carrière.

Aussi une nouvelle fois Estelle Surbranche nous offre une enquête survitaminée. Son écriture toujours aussi punchy nous entraîne dans deux intrigues dont une diabolique d’où personne ne sortira indemne.

Ainsi avec ce second opus, l’auteur ne fait que confirmer tout le bien que nous pensons d’elle. A découvrir de toute urgence.

Après Ainsi vint la nuit, élu parmi les « 30 polars préférés » du magazine Elle, cette nouvelle enquête de Gabrielle Levasseur entraîne le lecteur dans les diaboliques mécanismes de l’addiction amoureuse et impose Estelle Surbranche comme l’un des maîtres du thriller psychologique moderne.

Personnellement je vous recommanderai de commençait par son premier roman.  Ainsi va la nuit

Vous pouvez même si vous le souhaitez retrouver mon petit avis ICI

Le gang des rêves de Luca Di Fulvio


Le livres : Le gang des rêves de Luca Di Fulvio. Traduit de l’italien par Elsa Damien. Paru le 2 juin 2016 chez Slatkine & Cie.  23€ ; (715 p.) ; 23 x 16 cm
 
 4ème de couv

New York ! En ces tumultueuses années 1920, pour des milliers d’Européens, la ville est synonyme de « rêve américain ». C’est le cas pour Cetta Luminata, une Italienne qui, du haut de son jeune âge, compte bien se tailler une place au soleil avec Christmas, son fils. Dans une cité en plein essor où la radio débute à peine et le cinéma se met à parler, Christmas grandit entre gangs adverses, violence et pauvreté, avec ses rêves et sa gouaille comme planche de salut. L’espoir d’une nouvelle existence s’esquisse lorsqu’il rencontre la belle et riche Ruth. Et si, à ses côtés, Christmas trouvait la liberté, et dans ses bras, l’amour ?

 

 

Luca di Fulvio a Saint Maur en Poche (SMEP) en juin 2017

L’auteur : Luca Di Fulvio, né le 13 mai 1957 à Rome, est un homme de théâtre et un écrivain italien, auteur de roman policier, de fantastique,. C’est sous le pseudonyme de Duke J. Blanco qu’il aborde la littérature d’enfance et de jeunesse.  Ce dramaturge est aussi l’auteur de dix romans. Deux d’entre eux ont déjà été adaptés au cinéma ; ce sera le destin du Gang des rêves, qui se lit comme un film et dont chaque page est une nouvelle séquence.

 

 

Extrait : 
La première chose que j’ai vu en arrivant en bateau de Hambourg, c’est la statue de la liberté, racontait toujours son père dans ses élucubrations d’ivrogne. C’était le soir et on ne voyait rien de la ville. Mais la silhouette de cette statue, cette escroquerie, se détachait sur le ciel. C’est la première chose que j’ai vue, et j’ai pas compris que c’était une foutue torche qu’elle tenait à la main : j’ai cru qu’elle montrait une liasse de billets ! J’ai cru que c’était mon fric, le fric que je voulais gagner dans le Nouveau Monde, l’unique raison pour laquelle j’avais quitter ma mère et mon père…. et non seulement j’ai trouvé ni fric ni liberté dans cette ville merdique… et chaque fois que je lève les yeux, au marché, je vois cette connasse de statue qui est là-bas et se fout de ma gueule. Avec sa torche, elle a brûlé tous mes rêves.

 

 

Le petit avis de Kris

Le gang des rêves – Luca Di Fulvio

Réédité en poche le 4 mai 2017 chez Pocket.  9€30 ; (943 p.) ; 18 x 11 cm

Une Italienne de quinze ans débarque avec son fils dans le New York des années vingt…

L’histoire commence, vertigineuse, tumultueuse. Elle s’achève quelques heures plus tard sans qu’on ait pu fermer le livre, la magie Di Fulvio.

Roman de l’enfance volée, Le Gang des rêves brûle d’une ardeur rédemptrice : chacun s’y bat pour conserver son intégrité et, dans la boue, le sang, la terreur et la pitié, toujours garder l’illusion de la pureté.

Cetta, une adolescente de 15 ans, quitte le sud de l’Italie pour les Etats-Unis avec son fils Natale. Elle débarque à Ellis Island en 1909. Le roman suit la vie de la mère et de l’enfant, rebaptisé Christmas, qui tentent de garder espoir et dignité dans l’univers âpre du New York des années 1910 et 1920.

Émouvant, troublant, sombre et lumineux a la fois, un roman qui se dévore (700 pages, moi qui avait dit je ne veux plus lire des gros pavés !) Une fois le nez dedans on ne peut plus le lâcher ! Ah l’Amérique des années 20, cette Amérique qui en a fait rêver plus d’un et déçu quelques autres.
Une bien belle histoire qui me rappelle l’écriture de Dennis Lehane a ses belles heures !
Bref une belle découverte que je ne regrette pas.

 

Fantazmë de Niko Tackian


Le livre : Fantazmë de Niko Tackian. Paru le 3 janvier 2018 aux Editions Calmann- Lévy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18,50 € ; (263 p.)  13,5 x 21,5 cm

4 ème de couv :

Janvier 2017. Dans une cave du XVIII ème arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’affaire qui restera en suspens des années, se dit-il. Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt une rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, cette d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, un « spectre » en albanais, qui s’en prend à la pègre.

 

 

L’auteur : Né à Paris en 1973, Niko Tackian fait des études de droits, d’Histoire de l’art avant de devenir journaliste et rédacteur en chef. Scénariste, réalisateur, romancier Niko Tackian est un touche à tout. Il se défini lui-même comme « un raconteur d’histoire ». Il reçoit en 2015 le prix des lecteurs au Festival Polar de Cognac pour « Quelque part avant l’enfer » avec un thème minutieusement étudié : le phénomène de la mort imminente. En 2016 suivra « la nuit n’est jamais complète » puis « Toxique ». Ce premier volet, paru aux Editions Calmann Lévy, nous amène à suivre le commandant Tomar Khan, que l’on retrouve dans « Fantazmë » en ce début 2018.
Extrait : « le sang sur ses mains s’était volatilisé et il était incapable de dire ce qui tenait du rêve et de la réalité. Bob l’avait clairement mis en garde contre lui-même. Il ne pouvait se résoudre à écouter les mots de son croque-mitaine, pourtant il était obligé d’admettre que quelque chose était en train de se passer »

Chronique croisée de trois flingueuses passionnées…

Avez-vous déjà rêvé d’être une petite souris et de savoir de quoi parlaient nos flingueuses entre elles? Vous savez maintenant qu’elles sont hyper bavardes et ce avant même le levé du soleil… Pour vous parler de Fantazmë, Danièle, Aline et Ophélie ont imaginé un dialogue, un échange autour du livre pour vous parler du dernier roman de Niko Tackian. Installez-vous confortablement, et savourez…

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Oph : Hello la dream team! Vous aviez raison, Fantazmë est une vraie claque!

Dany : Coucou Oph!
On te l’avait dit 😉 Il faut dire qu’avec « Toxique » il avait déjà créé des personnages attachants. J’ai d’ailleurs particulièrement apprécié la mise en avant d’Ara, la mère de Tomar. L’humanisme et la générosité de cette ancienne peshmerga est davantage mis en lumière dans cet opus et sa relation avec son fils s’est encore renforcée.

Oph: Oui Dany, il a largement étoffé ces personnages et la sensibilité de son équipe. Enfin des flics qui ressemblent aux vrais! C’est assez rare que des auteurs mettent en avant notre réalité, nos ressentis, nos émotions et nos faiblesses. J’ai vraiment beaucoup aimé cet aspect.

Aline : Hello les filles!
Ça ne m’étonne pas de toi Choupinou! D’ailleurs l’enquête de la police des police sur Rhonda et son soutien sans faille à Tomar force le respect. Leur relation a évolué dans le bon sens et pourtant ça ne doit pas être facile de tout mener de front pour cette jeune Lieutenant!
Au fait, vous avez remarqué à quel point la notion de « rêve » est présent dans ce nouveau roman. On savait déjà que Tomar faisait des rêves étranges mais là, ses rêves récurrents dont il est un acteur conscient. Je me demande si Niko Tackian a bossé sur ce sujet cher à Freud!

Danièle : Je plussoie Aline! Il faudra le lui demander lors d’une interview.
J’ai aussi été marquée par ce côté épuisé et fatigué de notre héros! On se demande s’il va craquer, s’il aura assez confiance pour se livrer au médecin et au psychiatre sur ses rêves, enfin plutôt ses cauchemars.

Aline : Ouiiiiii, je me suis même demandé s’il ne perdait pas les pédales, avec ce passé toujours ancré et vivant en lui.

Oph : Dany a raison Miss Aline, c’est une question à poser lors d’une future interview pour Freud!

Ce qui est certain c’est qu’il y a un vrai travail de recherche de la part de notre auteur autour de la notion de spectre, de fantôme, de fantazmë. Que ce soit nos passés que l’on traine comme des casseroles, ou encore ces personnes que nous croisons tous les jours, femmes et hommes en souffrance que nous préférons ne pas voir et à qui nous n’offrons que notre indifférence. D’ailleurs j’ai beaucoup aimé la réflexion autour de la phrase que va avoir Bouvier, le légiste « nous n’existons pas l’un sans l’autre ». Elle m’a fait beaucoup réfléchir autour du fait qu’effectivement ne pas être vu, ne pas interagir, c’est errer comme un fantôme, c’est ne pas exister finalement!

Danièle : Je te rejoins et l’intrigue aussi le montre. Elle m’a interpellée sur notre peur de voir la réalité qui nous entoure, cette indifférence dénoncée par Niko comme étant la maladie du siècle. Et son personnage de Fantazmë l’illustre très bien aussi. Son visage cagoulé, sa rapidité, il est en mode furtif et personne ne semble le remarquer et encore moins savoir « qui » il est! D’ailleurs en parlant d’intrigue, quel scénario! Parce que pour le coup, on sent bien que c’est aussi une casquette de notre auteur. Découvrir au milieu du roman « qui » se cache sous la cagoule c’était un pari risqué! malgré tout on a envie d’aller au bout… Une vraie claque!

Aline : Piouffff tu peux le dire Danièle!
Il y aussi ce Paris post attentats, ces victimes pour lesquelles le monde s’était soudé comme un seul homme et qui sont maintenant oubliées. On les devine sans les voir au fil des pages. C’est comme le sujet de la traite des être humains, ça fait parti du décor. Personne ne voit rien, ne veut rien voir. Encore une fois l’indifférence et l’invisibilité dont tu parlais Oph. Cette notion de « fantôme, traitée tout au long du roman.

Danièle : D’ailleurs en parlant de victimes, que dire sur ces bourreaux d’hier qui deviennent les victimes de notre Fantazmë!!! Mais chuuuut!

Aline : Oui Chuuuuut, il ne faudrait pas que les autres flingueuses et les lecteurs en apprennent trop en nous écoutant! Comme dit notre Cécilette, la découverte est le plus beau des plaisirs.

Oph : En tous cas les girls, j’annonce, Fantazmë est mon premier coup de cœur de l’année!
Allez je file, j’ai un bus qui m’attends, je vais encore être en retard!

Aline: Oui file vilaine! que faisais-tu ici d’ailleurs, je croyais avoir été claire effronté

Danièle: Je file aussi, l’espagnol m’attend!

Et c’est tout les jours pareil chez les flingueuses clin d'oeil
Chaque jours elles échangent sur leurs lectures, leurs bobos etc…

Mais ce dialogue avait pour but premier de vous présenter

Fantazmë de Niko Tackian!

En espérant que nos flingueuses de choc auront éveillé votre curiosité….