Population : 48 – Adam Sternbergh


Le livre : Population : 48 d’Adam Adam Sternbergh. Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Charles Bonnot. Paru le 11 octobre chez Super 8 Editions, 22 € ; (418 p.) ;  20 x 14 cm

 

4ème de couverture :

Caesura Texas – une minuscule bourgade clôturée, au fin fond du désert. Population ? 48 habitants. Des criminels, a priori. Ou des témoins. Comment savoir ? Tous ces gens ont changé d’identité, et leur mémoire a été effacée. Pour leur bien. Dans l’optique d’un nouveau départ.

En échange de l’amnistie, les résidents doivent accepter trois règles simples : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur, et aucun retour possible en cas de départ. Une expérience unique, menée par un mystérieux institut. Pendant huit ans, tout ce petit monde est resté à peu près en place. Jusqu’à aujourd’hui. Errol Colfax, en effet, s’est suicidé… avec une arme qu’il n’aurait jamais dû posséder. Puis Hubert Humphrey Gable est assassiné. Calvin Cooper, le shérif local, est contraint de mener l’enquête. Ce faisant, il risque de déterrer des secrets que l’essentiel des habitants – y compris lui-même – auraient préféré voir rester enfouis. Trop tard pour faire marche arrière. Bientôt, un irrépressible déferlement de violence va s’abattre sur les rues poussiéreuses de Caesura…

Férocement drôle, comiquement féroce, Population : 48 – le troisième roman d’Adam Sternbergh – est aussi un redoutable page-turner où, quelque part entre Tarantino et La Quatrième Dimension, aucun personnage n’est vraiment ce qu’il paraît être.

 

L’auteur : Adam Sternbergh est un journaliste américain, il fut entre autres responsable des pages culture du New York Times.. Population : 48 est son second roman, après le fossoyeur, publié en 2014.

 

 

 

Extrait :
“Je ne veux pas un nom négroïde”, dit La Tige-Tatouée d’une voix calme en regardant Robinson dans les yeux.
Il n’y a plus qu’eux deux dans la pièce. Robinson ne se souvient que trop bien de ce genre de défi, du temps où il était flic à Baltimore. Il plante son regard dans celui de La Tige pour lui faire comprendre qu’il a relevé sa provocation de petit branleur mais qu’il ne la commentera pas et ne se laissera pas troubler par celle-ci.
“Jefferson, Johnson, Thompson. Je ne veux pas d’un nom négroïde, répète La Tige.
– C’était vos noms avant d’être les nôtres”, remarque Robinson.
– La Tige cède le premier. Il jette un coup d’oeil à la liste et revient à Robinson. “Tous les bons noms sont pris. Je ne peux pas avoir Wayne ?
– Non.
– Et Dean ?
– Déjà pris.
– Bah merde.
– Quarante-quatre personnes sont arrivées ici avant toi, il y a moins de choix. Mais tu n’es pas obligé de prendre un nom d’homme, tu sais. Tu peux choisir chez les femmes.”
La Tige regarde cette liste et s’arrête sur Marlène Dietrich
“Et Dietrich ?
– Il est disponible. Mais il te faut aussi un prénom. De la liste des vice-présidents.”
La Tige regarde la deuxième liste. “C’est bizarre, non ? D’arriver aussi haut au cours de ta vie et d’être ensuite complètement oublié ? C’est vrai, qui se souvient de Schuyler Colfax ? Ou de John C. Breckinridge ?
– Les livres d’histoire.
– Croyez-en mon expérience, les bouquins d’histoire sont le dernier endroit où il faut aller chercher la vérité.” La Tige consulte de nouveau la liste. Pendant qu’il lit, Robinson observe les tatouages qui recouvrent ses bras et son cou, jusqu’à son menton comme un col de uré. Des visages entourés de halos ou de roses, des hommages visiblement. Des femmes, des hommes et même quelques jeunes enfants. Tous arborent un sourire béat.
“Tu connais tous ces gens ? demande Robinson.
– Oui. Enfin je les ai connus.
– Et ils sont tous morts?
– Oui monsieur.
– Ça en fait de la douleur sur les bras”, remarque Robinson, qui commence à reconsidérer son absence de compassion pour l’homme assis en face de lui.
La Tige tend les bras et remonte les amples manches de sa chemise en lin pour observer ses tatouages comme un homme inspectant un costume coûteux. “oui , monsieur, c’est la pure vérité.” puis il pose le doigt sur un nom en bas de la liste des vice-présidents. “Et dick ?
– Dick. Il est à toi.
– Dick Dietrich, sourit La Tige. Ça sonne bien, vous trouvez pas ?
 – En tous cas ce n’est pas un nom négroïde, fait remarquer Robinson en l’inscrivant dans le registre.
– Dick Dietrich.” La Tige hoche la tête, satisfait de son choix. “Voilà, ça c’est un nom que l’Histoire va retenir.”

Chronique d’une flingueuse

les petits mots de Flo

Une ville minuscule dans le désert texan, éloignée de tout, de tous : Caesura, surnommée également Blind Town.

Caesura accueille 48 habitants particuliers, puisqu’ils ont en commun d’avoir une partie de leur passé qui a été effacé. Parmi ces hommes et ses femmes, un enfant, Isaac, né à Caesura, il y a 8 ans, au tout début de l’arrivée de ces drôles de colons.

La vie s’écoule lentement, sous les yeux et le contrôle du shériff, Adam Cooper, et est soumise à des règles très précises : aucun contact avec l’extérieur, aucun visiteur et en cas de départ, aucune possibilité de revenir à Caesura.

A leur arrivée à Caesura, tous doivent choisir un nouveau nom et un nouveau prénom, obligatoirement parmi ceux des anciennes stars de cinéma et d’anciens vice-présidents.

Après 8 années de calme absolu, Caesura va faire face à ses premiers meurtres et la paisible bourgade va devenir un terrain particulièrement dangereux pour ses habitants.

Inutile d’en dire plus, au risque de trahir l’intérêt de ce roman que j’ai fini par beaucoup aimé.

Des personnages vraiment attachants, qui vont se révéler au fur et à mesure des chapitres, un rythme qui va croissant et en filigrane un propos plutôt intelligent

Mention spéciale pour Calvin Cooper,le shérif de Caesura, Sidney Dawes, sa nouvelle acolyte et Bette Burr, parmi les derniers arrivés.

“Férocement drôle” n’est pas ce que je dirais à propos de ce roman, contrairement à ce que nous vante la 4ème de couverture. Toutefois, il offre une réflexion très intéressante sur le droit à l’oubli, sur certains de nos fantasmes. En effet, qui n’a pas rêvé un jour d’effacer tout ce qu’il y a eu de terrible dans sa vie, de redémarrer en quelque sorte à zéro, d’avoir oublié toutes ses fautes ?

Population : 48 n’est pas passé loin du coup de coeur pour moi, sans doute parce que les premiers chapitres ont été un peu laborieux mais Adam Sternbergh a réussi à m’emmener dans son univers, avec ce thriller vraiment original. Alors si vous souhaitez une lecture dépaysante, invitez-vous pour quelques heures à Caesura !

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 6


Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 6

 

Avis d’Expert : Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher. Episode 6

Souvenez-vous il y a deux semaines  Sylvie nous présentait son mémoire en Criminologie appliquée à l’expertise mentale.

Et puis on plongeait dans la folie.

Il y a 3 semaines nous abordions l’histoire de la psychiatrie

Il y a 2 semaines nous faisons connaissance avec Joseph Vacher

Enfin la semaine dernière nous nous attachions à découvrir la personnalité de Vacher

Aujourd’hui, les médecins se prononcent sur le cas Vacher

 

Allez c’est parti pour l’épisode 5


Avis d’Expert

Mémoire sur l’affaire Joseph Vacher.

Par Sylvie Buttard

Episode 6 : L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DE LA PSYCHATRIE

L’AFFAIRE JOSEPH VACHER
JUSTICE ET PSYCHIATRIE DE LA FIN DU 19e
SIECLE
SERAIT-IL JUGE RESPONSABLE DE SES
ACTES AUJOURD’HUI ?

II/ L’AFFAIRE JOSEPH VACHER DU POINT DE VUE DE LA PSYCHATRIE

D/ 1ère expertise psychiatrique sur l’état mental de Joseph Vacher : 12 septembre 1893

Le Docteur Guillemin, médecin-adjoint de l’asile de Dôle, est requis par le Juge d’instruction de l’époque pour pratiquer une expertise sur la personne de Joseph Vacher. Le 12 septembre, il rend un rapport médico-légal en déclarant Joseph Vacher « atteint d’aliénation mentale caractérisée par le délire persécution, et par conséquent, « irresponsable de ses actes ».

Dans le rapport médico-légal, le docteur GUILLEMIN déclare que Vacher lui écrivait des lettres dans lesquelles il exposait ses malheurs, ses « soi-disant malheurs », dit Guillemin. Il se dit suicidaire, tente de se jeter par la fenêtre. Il a la manie de la persécution, et déclare que des gens cherchent à lui nuire. Il parle seul, en agitant les bras de façon menaçante. Il laisse aussi libre cours à sa force physique en soulevant les meubles à bout de bras. Durant l’expertise, le docteur GUILLEMIN constate effectivement une « grande surexcitation », une « manie de la persécution », puis un « affaissement moral ». Il ne cesse d’exprimer ses « malheurs » et ses idées suicidaires, marquant ce dernier point par une tentative de défenestration depuis le deuxième étage.

Ces déclarations sont corroborées par le commandant de compagnie de Vacher lorsque celui-ci travaillait sous ses ordres. Il faisait les mêmes constatations de délires de persécution, signalant des « mouchards » autour de lui. Le commandant de compagnie ajoute même que ses camarades de cantonnement dormaient avec leurs baïonnettes, craignant que Vacher ne s’en prenne à eux durant leur sommeil. Et son « besoin de voir couler le sang » ne les rassurait pas non plus. Malgré tout cela, ses supérieurs reconnaissent que Vacher, en tant que soldat, est un élément honnête, à la « moralité parfaite », et d’une grande « honorabilité ».

Son enfance est marquée elle aussi par les mêmes traits de caractère : un caractère violent et soupçonneux. Sa cruauté envers les animaux n’est pas anodine non plus. A quinze ans, il sera novice dans la congrégation des frères de Saint-Génis-Laval, près de Lyon.

Il y reste trois ans, désireux d’y faire ses études, mais fautes d’argent suffisant, il devra quitter, et en gardera une profonde rancune à l’encontre des ses parents.

Lettre de Joseph Vacher adressée en 1898 au Professeur Lacassagne

Examen direct du Docteur GUILLEMIN lors de l’arrivée de Joseph Vacher à l’asile : 1893

Physiquement, il présente une « asymétrie faciale produite par la paralysie de la septième paire du côté droit », un « abaissement de la commissure labiale, la joue flasque », et une plaie suppurante au niveau de l’oreille droite, conséquence de sa tentative de suicide en juin 1893.                                La mastication est difficile, et la parole traînante.                                                  Le premier jour, il est abattu, et se plaint beaucoup de sa plaie que les médecins doivent panser régulièrement.                                                                      Puis reviennent les complaintes expliquant que les personnels de l’asile veulent le voir mourir et qu’ils s’occupent plus des autres malades que de lui. Tous les matins, Vacher demande qu’on l’opère et lorsque les médecins lui annoncent qu’ils vont accéder à sa requête, le jour de l’opération, il se débat et refuse finalement l’intervention car il pense « qu’ils veulent le tuer et non le guérir ».                                                                                                                     Il menace de mettre fin à ses jours, il s’ennuie. Il tient des propos contradictoires. Le 20 juillet 1893, il dit qu’il n’est pas fou et qu’il ne doit pas rester à l’asile, sans quoi il mettra fin à ses jours !                                                    Il revient sur la période du régiment, en disant que ses frères d’arme sont devenus ses ennemis et qu’ils sont la cause de tous ses « malheurs ». Le docteur GUILLEMIN ajoute : « A certains moments, il lève la tête, fixe les yeux, comme s’il entendait des voix invisibles ».

Les conclusions du rapport médico-légal du Docteur GUILLEMIN :

Joseph Vacher est « un délirant par persécution en première période ». « A l’asile, cet état maladif suit une marche progressive ».                                             « Quoique l’inculpé nie les actes désordonnés auxquels il s’est livré le 25 juin dernier, nous estimons qu’alors Vacher agissait sous l’influence d’hallucination de l’ouïe ».

« De ce qui précède nous pouvons conclure :
– que le sieur Vacher (Joseph) est atteint d’aliénation mentale caractérisée par le délire de persécutions.                                                                                               – Il est irresponsable de ses actes. »

Au vu de ce rapport, le Juge d’Instruction rend une ordonnance de non-lieu le 16 septembre 1893 et l’Action Publique s’éteint.

Joseph Vacher est libéré de sa responsabilité, mais transféré à l’asile d’aliénés de Saint Robert, en Isère, en vertu de la loi du 30 juin 1838.                Il y entre le 21 décembre 1893, et est libéré avec un certificat de complète guérison le 1er avril 1894.

Lettre de Joseph Vacher adressée en 1898 au Professeur Lacassagne (suite 1)

E/ L’expertise psychiatrique décisive et punitive: après son arrestation le 4 août 1897

Le 19 septembre 1897, le Docteur BOZONNET rend un rapport d’expertise concernant Joseph Vacher qui le déclare une nouvelle fois irresponsable de ses actes, car atteint de débilité mentale. Il dira que sa « responsabilité est très notablement diminuée ». Ce qui, sous le code pénal de 1994 pourrait aboutir à un alinéa 2 de l’article 122.1, à savoir une altération du discernement. Mais, sous le code pénal de 1810, l’article 64, dès lors que la responsabilité est diminuée, alors le prévenu est considéré comme atteint de démence, puisqu’il n’y a pas de demi mesure.

Le juge Fourquet, s’il avait décidé de suivre l’avis de l’expert, aurait donc pu conclure à une nouvelle irresponsabilité pénale, mais il n’en fera rien. Au contraire, en droit français, le Juge d’Instruction n’a jamais été forcé de suivre l’avis de l’expert. C’est pourquoi, insatisfait par le rapport du Docteur BOZONNET, il décide de chercher plus loin et de demander une nouvelle expertise par le truchement de trois autres médecins :

Alexandre LACASSAGNE, professeur de médecine légale, et chef de file de l’école de criminologie française.
Auguste PIERRET, professeur de clinique des maladies mentales et médecin-chef de l’Asile départemental d’aliénés de Bron.                                                  Fleurey REBATEL, directeur de la maison de la santé de Champvert, et accessoirement beau-père d’Edouard HERRIOT.

Tous les trois se rendent d’abord à la prison de Belley, là où le Docteur BOZONNET a expertisé Vacher le 19 septembre, puis se transportent à la prison de St Paul à Lyon.

Là-bas, ils rédigent un rapport ratraçant en détail la vie de Joseph Vacher, ainsi que son parcours criminel, et plus particulièrement sa série de meurtres. Hormis leur certitude que le tueur était bien atteint d’une « aliénation mentale transitoire » lorsqu’il tente d’assassiner Louise BARRANT en juin 1893, ils veulent découvrir si Vacher a commis ces crimes horribles sous l’emprise d’une pathologie mentale au moment des faits ou s’il était conscient des ses actes.

Ils reprennent donc chaque affaire en étudiant pour chacune le mode opératoire, les mutilations subies par chaque victime, et en arrivent à la conclusion que Joseph Vacher prenait un soin particulier à choisir l’endroit, et le moment pour commettre ses méfaits.                                                        Pourquoi s’attaque-t-il principalement aux bergers et aux bergères ? Peut être parce qu’ils sont isolés. Ce sont donc des cibles faciles, et l’innocence de leur jeunesse confère à Vacher l’avantage de la surprise. Les experts font apparaître par leurs recherches, « une suite d’actes réfléchis ».

Joseph Vacher pense retourner rapidement à l’asile, mais les médecins et le juge Emile Fourquet continuent de faire des recoupements entre les affaires, cherchant la faille. Ils ne veulent pas que certains criminels, sous la « couverture » de l’aliénation mentale, échappe à la Justice et ne répondent pas de leurs actes. Ils refusent « le brevet d’impunité ».

Après expertise des Docteurs LACASSAGNE, PIERRET et REBATEL, le nommé Joseph Vacher est déclaré assassin sadique et simulateur. Ils délivrent donc un « certificat d’aptitude à une condamnation ».

Ils ajoutent que :                                                                                                              « Vacher n’est pas un épileptique, ou un impulsif. C’est un immoral violent, qui a été temporairement atteint de délire mélancolique avec idées de persécution et de suicide ». « Vacher, guéri, était responsable quand il est sorti de l’asile de Saint Robert. Ses cris sont d’un anti-social sadique et sanguinaire, qui se croyait assuré de l’impunité, grâce au non-lieu dont il avait bénéficié et à sa situation de fou libéré. Actuellement, Vacher n’est plus un aliéné : il simule la folie. Vacher est donc un criminel, il doit être considéré comme responsable, cette responsabilité étant à peine diminuée par les troubles psychiques antérieurs ».

Lettre de Joseph Vacher adressée en 1898 au Professeur Lacassagne (fin)

Fin de l’épisode 6

Avalanche Hôtel de Niko Tackian


Attention aujourd’hui journée spéciale Avalanche Hôtel.

Vous allez avoir droit à une double chronique.

Ce matin c’est Ophélie qui vous donne son avis, ce soir ce sera Isabelle.

Et entre les deux, vous aurez la chronique duo d’Aline et Danièle.

De quoi vous faire une idée de ce nouveau titre de Niko Takian

Le livre: Avalanche Hôtel de Niko Tackian. Paru le 2 janvier 2019 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€50 ; (270 p.) ; 14 x 22 cm .

4eme de couverture : 

Surtout, ne vous fiez pas à vos souvenirs !

Janvier 1980, à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Joshua Auberson, agent de sécurité, enquête sur la disparition d’une jeune cliente, avec un sentiment d’étrangeté.
Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd conscience…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma.
Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps.
Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

Entre Shining ET Jason Bourne, Un thriller hypnotique signé Niko Tackian

L’auteur Niko Tackian est un scénariste, réalisateur et romancier français, né le 5 avril 1973 à Paris. Il a réalisé plus de trente albums dans lesquels il aime explorer différents genres, tels que science-fiction, dark fantasy, policier, fantastique. Il a également réalisé de nombreux téléfilms. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2. Il a commencé une carrière d’écrivain de thrillers en 2015 avec Quelque part avant l’enfer.  Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. Après La nuit n’est jamais complète,  Quelque part avant l’enfer, Toxique et Fantazmë, il signe avec Avalanche Hôtel son cinquième roman.
Extrait:
 » Vous connaissez Robert?
– Le gardien? Oui… C’était un gamin à l’époque. Il n’a jamais voulu accepter la fin. Vous savez le passé vaut mieux l’oublier, ça aide à vivre. Sinon ça vous ronge, comme une maladie…
Ces derniers mots résonnaient dans la tête de Joshua, lui qui faisait tout, au contraire, pour recomposes ses souvenirs. »

Le OFF de OPH

Avalanche Hôtel de Niko Tackian, Chronique grise pour roman blanc .

Comme beaucoup, j’attendais avec impatience ce roman. Une histoire sans Tomar, une histoire originale plus proche du thriller que du roman policier, quelque chose de différent mais aussi une sortie littéraire autour de laquelle la communication a été particulièrement bien maîtrisée. Habile, cette mise en avant du roman plusieurs mois avant sa sortie nous a transformé en enfants la veille de noël, trépignant d’impatience à l’idée de lire ce thriller énigmatique.

Le problème d’une communication abondante, c’est qu’elle provoque de nombreuses attentes chez le lecteur, surtout quand celui-ci est exigeant . Me concernant, si elles n’ont pas été comblées, il n’en reste pas moins que certains aspects m’ont plu et rendu l’ensemble de la lecture agréable. Paradoxe ? Oui sans doute.

Avec cette intrigue, Niko traite de la mémoire, de son fonctionnement, de la construction des souvenirs de manière très intéressante et visuelle, évitant de nous perdre sous des aspects scientifiques qui auraient rendu la lecture plus lourde. Il parle de la mort aussi et du rôle de la mémoire dans l’image que nous nous en faisons : « Elle se tenait sur le bord d’un abîme dans lequel elle allait disparaître sans laisser la moindre trace. Les morts n’existent qu’à travers le souvenir des vivants et dans son cas, personne ne s’était manifesté, ni famille ni amis… Elle était seule dans les abysses, il n’y avait rien de plus froid que l’oubli. ». Il soulève également par ce biais la question de la quête de soi : qui sommes nous ? Pourquoi les choses se font ainsi ? Avec parfois des impressions de roman à portée initiatique « Y a des choses qui doivent se faire à des moments précis ». Toutefois, soyez-rassurés, Avalanche Hôtel reste un pur thriller.

On retrouve l’écriture fluide et la plume dynamique de Niko et si on ne peut parler de rythme effréné, l’auteur suscite chez son lecteur de nombreuses interrogations qui rendent la lecture compulsive. Mais… Mais je suis restée sur ma faim et une fois les 261 pages lues, j’ai un sentiment globalement mitigé. Je n’ai pas détesté au contraire, j’ai plutôt aimé sans toutefois être tranchée sur un avis positif.

Côté intrigue pas d’errance ou d’approximation, l’histoire est maîtrisée et ne souffre pas d’une fin inachevée, au contraire. Toutefois, les références à Shining et Jason Bourne en 4ème de couverture ont, je pense, biaisé l’appréciation de ma lecture. Si parfois j’ai pu ressentir une angoisse comme sait la déclencher King, qu’effectivement l’Avalanche Hôtel peut avoir des airs de ressemblance avec son cousin l’ Overlook, la comparaison s’est pour moi arrêtée là ; tout comme je n’ai pas pensé une seule seconde à Jason Bourne en dehors du travail sur la mémoire. S’il fallait vous donner une idée de référence, je trouve Avalanche Hôtel plus proche des Rivières Pourpres, tant dans le rythme, que l’ambiance très mystérieuse et parfois oppressante ou encore l’histoire que nous conte Niko.

Ce livre étant assez court, je crois que j’ai été plus exigeante et donc pas totalement convaincue même si je crois sincèrement que c’est un bon roman et qu’il plaira à beaucoup de lecteurs

C’est donc une chronique grise pour un roman où le blanc de la neige domine, toutefois, il ne s’agit que d’un avis personnel et très lié aux attentes que j’avais sur cette sortie. Je ne doute pas qu’ Avalanche Hôtel trouvera son public !

Elizas de Sara Shepard


Elizas de Sara Shepard. Traduit de l’anglais par Amélie de Maupeou. Paru le 26 juin 2018 aux éditions Charleston dans la collection Charleston Noir.  22€50 ; (429 p.) ; 23 x 15 cm
4e de couv :

Elizas

Une jeune femme, belle et fragile, un luxueux hôtel hollywoodien et un dangereux mélange d’alcools forts et de médicaments…

Quand Eliza Fontaine, jeune auteure à succès, se réveille dans une chambre d’hôpital, il lui suffit d’un regard à ses proches pour comprendre qu’on la soupçonne d’une nouvelle tentative de suicide.

N’a-t-elle pas été retrouvée ivre morte au fond d’une piscine alors qu’elle ne sait pas nager ? Pourtant, Eliza en a la certitude, cette fois, c’est différent.

Ses souvenirs sont flous, sa mémoire se dérobe, mais elle se souvient d’une voix, d’un rire…

Uniquement armée du roman qu’elle vient de terminer, et dans lequel semblent se mêler fiction et réalité, la jeune femme part à la recherche de ce qui s’est réellement passé. Car, s’il y a une chose dont Eliza est sûre, c’est qu’elle n’a pas sauté dans cette piscine. Quelqu’un a tenté de la tuer.

« Sara Shepard nous éblouit avec ce thriller glaçant qui brouille les lignes entre fiction et réalité. Un roman vibrant et brillant, avec une héroïne que vous n’oublierez pas de sitôt. »
Mary Kubica, auteure du best-seller Une fille parfaite

L’auteur : Sara Shepard vit à Philadelphie en Pennsylvanie où elle est née le 8 avril 1977. Sara Shepard est l’auteure des séries best-sellers Pretty Little Liars et The Lying Games. La série télévisée tirée de Pretty Little Liars a vu sa septième et dernière saison en 2017.  Diplômée de littérature au Brooklyn College, elle s’est inspirée de son propre vécu pour sa série Les Menteuses. Elizas, son nouveau roman, paru en avril 2018 aux États-Unis, est encensé par la critique.
Extrait : 
Lance m’encourage d’un hochement de tête. Il aimerait sans doute que je lui en révèle davantage, mais je n’en ai pas l’intention. La dernière chose dont j’ai envie, c’est d’expliquer mes élans créatifs devant ma famille. Ce roman est mon accomplissement personnel, pas le leur – d’ailleurs, ils ne l’ont pas soutenu, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce ne sont pas des artistes. Ils ne lisent même pas. S’ils le lisaient, ils le taxeraient probablement de stupide. Frivole. Mélodramatique. Je ne leur ai même pas dit qu’il sortait dans un mois. J’espère qu’ils ne s’en apercevront pas et qu’ils ne penseront même pas à le lire. Je n’ai pas envie d’entendre leurs interprétations hasardeuses.

 

Le post-it de Ge

@lillycharleston

Je ne connaissais de Sara Shepard que les romans young-adulte qui ont fait sa renommée. Les premiers publiés il y a une dizaine d’années paru chez Fleuve Noir sous le titre générique « Les menteuses »  l’histoire de cinq lycéennes Alison, Hanna, Emily, Spencer et Aria, les filles les plus populaires de Rosewood qui  ont un lourd secret qu’elles se sont juré de ne jamais révéler à personne.  Une Série plus connu sous le titre de Pretty Little Liars. Il y a eu par la suite The lying game mettant à nouveau des adolescentes en scène, deux soeurs jumelles Emma et Sutton séparées à leur naissance. Ces séries romanesque ont fait l’objet d’adaptations télévisées. Dans la même veine Sara Shepars a écrit Les Perfectionnistes  puis l’an dernier arrivent ses romans les Amateurs dans lequel ses héros et héroïnes sont cette fois de jeune adultes. Et aujourd’hui elle entre dans la cours des grands si je puis dire avec son premier roman destiné à une public adulte.

Avec Elizas, l’auteure nous offre là un pur roman psychologique

Tandis qu’Elizas est en passe de faire publier son premier roman, elle se sent manipulée par son entourage. Parce qu’elle a déjà fait plusieurs tentatives de suicide, personne ne veut la croire quand elle affirme avoir été poussée dans la piscine. Au cours de l’enquête qu’elle mène sur cette agression, sa vie ne cesse de se confondre avec celle de Dot, personnage de son propre roman.

Une fiction où réalité et fiction se mêle étroitement. une histoire où notre héroïne est un peu perdue et nous perd parfois non pas parce que c’est inintéressant mais parce qu’il y a de nombreux rebondissement. D’ailleurs chaque fin de chapitre est un véritable cliffhanger difficile pour les lecteurs et pour la lectrice que je suis de ne pas vouloir connaître la suite. De ne pas savoir comment s’en sort Elizas. Et puis l’alternance entre les chapitres sur Elizas et les chapitres sur son propre roman sont intéressants. Cette autosimilarité donne du relief au roman. Une mise en abyme qui accentue le coté suspense et rajoute de la tension au texte. Cela lui confère aussi un petit coté malsain et glaçant.

Bref vous l’aurez compris, Elizas est un page turner bluffant où réalité, fiction et folie se mêlent. Un thriller psychologique parfaitement construit qui fonctionne à merveille. M^me si je l’avoue, la vieille lectrice de polar que je suis a repéré assez vite les indices que sème l’auteur tout au long de son intrigue.

Cheptel – Céline Denjean


Le livre : Cheptel de Céline Denjean. Paru le 17 janvier 2018 chez Marabout dans la collection MaraBooks Thriller. 19€90 ; (653 p.) ; 23 x 15 cm

4ème de couv

Le corps d’une jeune femme est retrouvé en Lozère.

Au regard des éléments qu’ils détiennent, les enquêteurs de la SR de Nîmes se forgent rapidement un avis: elle a fait l’objet d’une chasse à l’homme…

Pour le capitaine Merlot, d’Interpol, les conclusions médico-légales placent cette victime dans une longue série.

Les gendarmes nîmois vont alors apprendre à leur grande stupéfaction, qu’Interpol tente depuis vingt-cinq ans de démanteler un réseau de trafic d’êtres humains.

Louis Barthes, notaire à la retraite, est à la recherche de sa soeur jumelle dont il ignorait l’existence. Ses démarches vont a peu à peu le faire remonter jusqu’à une poignée d’orphelins juifs dont la fuite vers l’Espagne s’est arrêtée dans les Pyrénées…

Jeune adolescent de 13 ans, surdoué, Bruno passe des vacances dans les Pyrénées quand il tombe dans un dangereux torrent et est emporté par les flots. Il parvient miraculeusement à s’extirper des eaux tumultueuses, et cherchant de l’aide, découvre une communauté vivant hors temps et hors réalité dirigée par une grande prêtresse qui se fait appeler Virinaë.

Trois fils que Céline Denjean tisse ensemble dans un suspens et une tension exceptionnels, et surtout avec sa remarquable maîtrise du récit révélée dans ses précédents romans.

L’auteur  : Avec des grands-parents libraires, Céline Denjean a grandi au milieu des livres. Après avoir travaillé dans le domaine social, elle se consacre aujourd’hui à l’écriture. Elle est l’auteur de Voulez-vous tuer avec moi ce soir ? (Nouvelles Plumes, 2015 ; Pocket, 2016) et de La fille de Kali (Marabout, 2016).
Extrait ; (très difficile de choisir tellement tout est bon !) :
« La déflagration la fit sursauter. Elle sentit ensuite la douleur dans son dos. Elle eut le réflexe de tourner la tête avant de chuter en arrière. Et là, elle l’aperçut. La femme. Qui baissait son fusil à lunette. Un rictus méchant et triomphant agrafé au visage. Puis sa vue commença à se brouiller et ses tympans bourdonnèrent étrangement comme un chrysanthème rouge sang florissait sur sa poitrine. Elle entendit vaguement un hurlement de victoire et tout près de son oreille, les gémissements du chien qui l’avait rejointe. La vie fuyait son corps au grand galop. Les boches avaient encore gagnés…….. »

 

La lecture de Marie Nono

 

LE CHEPTEL de CELINE DENJEAN –

650 pages chez MARABOUT THRILLER

850 g de bonheur (hé oui je l’ai pesé !)

On démarre sur deux histoires totalement loufoques, d’un côté un vieux notaire qui découvre que trois jours après sa naissance, il est mort ! de l’autre il y a toute une clique de pèlerins avec des prénoms à dormir dehors (Anten, Elicen, Atrimen, Kalire etc…) qui semblent hors du temps.

Et puis à partir de la page 27, B I M, c’est parti pour une sacré pression, une histoire de dingues avec des dingues, ça rend dingue et carrément addict !

Tous les détails sont importants et vraiment bien dévoilés grâce à l’excellente plume de Céline.

C’est fort, émouvant, captivant, et difficile à lâcher. Donc allez y les yeux fermés, c’est 850 grammes de mots qu’il faut absolument déguster.

 

 

Le Manuscrit inachevé de Franck Thilliez


Le Manuscrit inachevé de Franck THILLIEZLe livre : Le Manuscrit inachevé de Franck Thilliez. Paru le 3 mai 2018 chez Fleuve éditions – collection Fleuve noir. 21€90 ; (525 p.)

4ème de Couv :

Une enquête sans corps.

Une défunte sans visage.

Un thriller sans fin.
Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d’une femme. À la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme n’est pas le propriétaire du véhicule.Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. Sa vie ? Un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’Inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale, et le traumatisme de l’enlèvement de sa fille Sarah. L’agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées.Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi d’autres se pose : vers qui, vers quoi se tourner, quand l’unique vérité est que tout vous devient étranger ?

franck thilliez et sofiaL’auteur :  Franck THILLIEZ est né en 1973 à Annecy. Il était ingénieur en nouvelles technologies, il se consacre maintenant à l’écriture. Il vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est membre de La Ligue de l’Imaginaire. Il est l’auteur de 17 romans, parmi lesquels Atomka, Le Syndrome E et, plus récemment, Pandemia Rêver et Sharko. Lauréat du prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014 avec Angor, il confirme sa place de pilier du thriller français et continue d’alterner one shots et enquêtes menées par son couple phare, Lucie Henebelle/Franck Sharko. Après Sharko où on retrouvait le duo de flics, il revient avec un one shot Le manuscrit inachevé. Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste. Ses livres sont traduits dans le monde entier.

 

Extrait :
« Je n’ai rien calculé. J’ai écrit comme c’est sorti. Il est violent, certes, mais vous pensez que le monde dans lequel on vit ne l’est pas ? »

 

Les p’tits papiers de So

manuscrit inachevé sofia Thilliez

Le Manuscrit inachevé- Franck THILIEZ–  Fleuve Noir

Inachevé ce roman ne l’est en rien. Il m’a rappelé mes premiers émois de la jeune vierge du genre que j’étais quand j’ai découvert l’auteur, et qui m’a rendue addict au roman noir et de l’auteur.

C’est l’histoire d’un manuscrit retrouvé inachevé, dans un bouquin inachevé, dans un roman inachevé, dans….Complexe ? Complexe il l’est oui. Il nous livre un scénario sans faille, qui n’aura de cesse de vous surprendre, de vous balader. Et quelle foutue balade dans le Nord. L’auteur vous transportera dans une tempête sombre, tumultueuse, sans répit. Déroutant. Noir. Franck Thilliez signe son roman le plus noir, le plus abouti.

Des personnages finement travaillés, étoffés, une intrigue incroyablement bien menée. Où se placer, comment avancer, qui sommes-nous, qui est-il ? L’auteur le sait-il lui-même ? Nous livrerait-il ici ses états d’âmes d’écrivain ? J’ai lu tous les romans de Franck Thilliez, après l’excellent Sharko pour les adeptes du couple phare de l’écrivain, Le Manuscrit inachevé, « one shot » est très différent ce qu’il a pu écrire jusque-là. Une histoire de dingue, où chapitre après chapitre vous serez emportés dans la noirceur, et où il vous précipitera au bord du précipice.  Ce roman est un foutu bouquin où son auteur maîtrise parfaitement l’art de la manipulation. Du génie purement et simplement. Chapitre après chapitre, il vous mènera là où il l’a décidé, comme bon lui semblera, et vous ne pourrez que le suivre. Vous vouliez une chronique plus détaillée ? Il vous faudra lire le roman. Il m’a mis mat. KO. Achevée….

L’invisible de Robert Pobi


Mes petites lecturesLecture d’avant

9782355841149,0-1392327Le livre : L’invisible  de  Robert Pobi.Traduit de l’anglais (Canada) par Fabrice Pointeau. Paru le 10 mai 2012 chez Sonatine éditions. 21€30; (400 p.) ; 22 x 14 cm

9782757826959,0-1639960Réédité le 10 mai 2013 en poche chez Point dans la collection Thriller. 7€90 ; (476 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

L’invinsible

Jake Cole, profiler hors-catégorie au FBI, revient dans la maison où il a grandi. Son père, artiste de génie à moitié fou, est mourant. Quand le shérif du coin lui demande de l’aider à résoudre un double meurtre, tout son passé ressurgit. Jake est convaincu que son père connaît l’identité de ce dépeceur fou. Et si la clé résidait dans ces milliers de tableaux peints par son père, qui semblent constituer un étrange puzzle ?

Thriller
Il y a un monstre ici. Un monstre que personne ne connaît à part moi. »

Avec son premier roman, L’Invinsible, un best-seller international, Robert Pobi s’est classé au rang des plus grands du genre : Jesse Kellerman (Les Visages) ou Thomas Harris (Le Silence des agneaux).

« Premier roman et déjà partout : Pobi séduit, pis, obsède. Il faut dire que l’atmosphère de son thriller est asphyxiante. »
Le Point

Pobi-99x150L’auteur : Inlassable voyageur, Robert Pobi a longtemps travaillé dans le monde des antiquités.  Il vit au Canada du coté de Montréal

 

 

Extrait : 
1
Quatrième jour
Montauk, Long Island
Soixante mètres sous la surface de métal ondulant de l’Atlantique, une poignée de fantômes glissaient sur le fond de l’océan dans un roulement heurté et tumultueux, déferlant dans un ballet diluvien. Ils étaient entraînés par l’orage qui se déchaînait au-dessus d’eux, toujours groupés après des kilomètres de progression sur le fond jonché de cailloux. Bientôt la pente douce du sol marin s’accentuerait, la terre s’enfoncerait dans le noir et les fantômes dégringoleraient vers les profondeurs. Ils seraient alors emportés par le Gulf Stream et remonteraient le long de la côte est, franchissant le Massachusetts, se déversant finalement dans l’Atlantique Nord. Peut-être pour y être dévorés par les créatures qui nageaient dans le monde sombre des eaux froides – ou peut-être simplement pour y pourrir et sombrer dans l’oubli –, mais une chose était sûre, ni la lumière du jour ni la chaleur ne les atteindraient plus.
Des débris jonchaient le fond de l’océan tout autour d’eux et le bruit du monde qui se déchirait résonnait au-dessus. Une armée de meubles de jardin, des morceaux de tuiles, de contreplaqué, des pneus, une vieille poupée Barbie, des sacs de golf, un réfrigérateur défoncé, des peintures à l’huile, une Dodge Charger cabossée s’entrechoquaient dans le courant, fonçant droit vers le large. De tous ces vestiges, c’était la Charger qui avançait le moins vite, basculant sans cesse sur le flanc, une portière manquante, ses phares luisant encore tels les yeux d’un robot mourant. Barbie était la plus rapide, maintenue droite grâce à sa poitrine moulée par injection et à la bulle d’air piégée dans sa vieille tête vide.
La tempête n’accordait aux fantômes nul traitement de faveur, nulle considération ; ils entraient en collision avec les appareils, s’accrochaient aux rochers, étaient inélégamment couverts d’algues et de sacs en plastique, et leur peau était aussi déchirée et lacérée que le reste des déchets.
Mais, contrairement aux autres épaves qui étaient entraînées vers le large, ils n’étaient pas la conséquence de l’ouragan ; ils avaient été créés par quelque chose de bien plus malveillant, et de bien moins prévisible que la météo.

 

Le Post-it de votre bibliothécaire :

Montauk, Nouvelle-Angleterre. Jack Cole, profileur travaillant en indépendant pour le FBI, enquête sur un double assassinat. Jack pense à un autre crime, jamais résolu : le meurtre de sa mère lorsqu’il avait 12 ans. Il pense aussi que son père, atteint de la maladie d’Alzheimer, connaît l’identité de l’assassin. La clé réside-t-elle dans les 5.000 tableaux peints par son père ? Premier roman.

 Comme un puzzle, Robert Pobi tricote une histoire démente qui va vous tenir en haleine et vous trotter dans la tête pendant un petit moment. Il nous offre un  thriller cauchemardesque parfaitement ciselé.

Et…La chute risque de laisser certains lecteurs désemparés ou désabusés.

Un auteur a suivre car d’après moi il a tout le potentiel  pour, sans aucun doute, continuer à nous surprendre !

 

Sérum: saison 1 épisode 1 de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza


mes-petites-lectures (1)
9782290041741,0-1330512Le livre : Sérum : saison 1,Volume 1  de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza.Paru le 28 mars 2012 chez J’ai lu dans la collection J’ai lu Policier. 6€ ; (188 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Serum

Saison 1 (…) épisode 1

1773 : Mesmer invente l’hypnose

1886 : Freud invente la psychanalyse

2012 : Draken invente le sérum

Une injection.

Sept minutes pour accéder au subconscient profond d’Emily Scott.

Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.

Quelques jours pour empêcher le pire.

Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel ?

Les auteurs :
henri-loevenbruck@2x
fabrice-mazza@2x

Henri Loevenbruck est né le 21 mars 1972 à Paris. Il est à la fois auteur, chanteur, compositeur français et
auteur de thriller, de livres de
fantasy et de d’aventures est traduit dans plus de quinze langue.

Fabrice Mazza né en 1970 est le grand maître des énigmes en France.  Ses ouvrages sont lus dans le monde entier et ont dépassé le million d’exemplaires vendus

Extrait :
« Velasquez prit un scalpel et un tube dans son sac et s’approcha de la victime dans le coma. Elle avait l’air de dormir, paisible. Le sang avait été nettoyé de son visage et, sans le bandage qu’on était en train de lui mettre on aurait peine à croire que cette femme venait de prendre une balle en pleine tête.
L’agent pris sa main, gratta un peu de peinture déposée sur l’épiderme et fit glisser quelques particules dans le tube hermétique numéroté. Ensuite, il sortit un encreur et une étiquette de son kit de prise d’empreintes digitales.
Il attrapa délicatement l’index de la femme sous le regard de l’infirmière, l’appuya sur l’encreur, puis appliqua le bout du doigt sur la petite étiquette blanche.
Velasquez fronça les sourcils.
Rien. Juste une trace d’encre qui bavait. Le résultat ressemblait à tout sauf à une empreinte digitale.
Le policier se racla la gorge en sentant le rouge monter à ses joues. Il avait fait plusieurs prises d’empreintes à l’Académie de police, cela n’avait jamais posé de problème. Il sortit une nouvelle étiquette et essaya une nouvelle fois.
Toujours rien. Pas de « dermatoglyphe ».
La femme semblait n’avoir aucune empreinte sur l’index. »
lecture-d_avant

Petits résumé et avis

Arthur Draken est un psychiatre spécialisé dans la thérapie par l’hypnose. Il utilise un sérum facilitant l’induction hypnotique. Sa principale patiente est sa compagne, victime d’une amnésie totale après avoir reçu une balle en pleine tête. Avec l’aide de Lola Gallagher, détective, Draken va devoir découvrir quel secret est enfoui dans la mémoire de sa partenaire.

« Serum » est une série de livres inédits. Voici le premier volume d’une série romanesque d’un nouveau genre, construite sur le modèle des séries télé. La saison 1 comporte six épisodes. Dans chaque épisode, les lecteurs ont la possibilité d’approfondir l’expérience de lecture. Chaque épisode contient des flashcodes qui donnent accès à du contenu supplémentaire (musiques, vidéos, documents…).De plus, la série Serum propose une expérience en ligne inédite pour ses lecteurs sur le site http://www.serum-online.com.Comme toute bonne série, l’ensemble est hautement addictif. Et l’association entre Fabrice Mazza, grand maître es-énigmes, et Henri Loevenbruck, l’un des meilleurs auteurs de thrillers intelligents made in France, est très prometteuse

Bref…Voici le premier volume d’une série romanesque d’un nouveau genre, beau compromis entre le roman feuilleton et la série TV. La saison 1 comporte six épisodes. Tous les éléments d?un très bon polar sont réunis ici. Une détective au caractère bien trempé, un psy aux expériences étranges, une victime sans mémoire. Et comme dans toute bonne série, l?ensemble est hautement additif.

Lire le début de Sérum 1.1

 

ON PEUT EFFACER VOTRE MEMOIRE, PAS VOTRE PASSÉ.

En cas d’accoutumance, consultez leur site
www.serum-online.com

Facebook Serum :
www.facebook.com/Serumonline

Canyon Creek de Alexis Aubenque


Mes petites lectures

 9782810004973,0-1426307Canyon Creek de Alexis  Aubenque. Paru le 27 juin 2012 aux Ed. du Toucan. 9€95 ; (552 p.) ; 18 x 11 cm
.
 
 4e de couv :

Canyon Creek, petite ville tranquille de l’Ouest américain qui tient son nom du canyon qui la borde, est en proie à une succession de crimes de jeunes filles latino-américaines. La sergente Suzie McNeill est persuadée qu’il s’agit d’un tueur en série, contrairement au chef de la police locale qui n’y voit qu’une simple coïncidence statistique.

A l’aide du lieutenant Jack Spencer, elle est prête à dépasser les limites du règlement pour prouver ses théories et arrêter le détraqué qui sévit dans sa ville. Mais c’est un but qui sera difficile à atteindre alors que revient dans sa vie Dale Turner, un homme au passé mystérieux, tout juste sorti du coma, amnésique après un accident étrange survenu un mois plus tôt…

4+46+76L’auteur :

Alexis Aubenque né le  23 décembre 1970 à Montpellier est un ancien libraire mais un jeune écrivain, féru de littérature de genre. Il est entré dans le domaine du thriller en 2008 avec le premier volume de sa trilogie, 7 Jours à River Falls. s (Prix Polar Cognac 2009). Il a été comparé à Harlan Coben pour son sens inégalé du suspens.

 

 

Extrait :
Ma petite, la moitié des hommes de cette ville vont aux putes, et c’est ainsi depuis la nuit des temps. Ce n’est pas parce que des puritains fondamentalistes ont réussi à faire passer des lois contre la prostitution que pour autant c’est vraiment un acte odieux. N’oublie jamais que pendant la Prohibition, boire de l’alcool était tout autant répréhensible. Les lois vont et viennent.
 Lecture d’avant

Le post-it de Ge

Canyon Creek serait une petite ville tranquille sans ces crimes de jeunes filles de latinos qui se succèdent. Pour le sergent Suzie McNeill et le lieutenant Jack Spencer, c’est un tueur en série qui agit.

Le shérif, qui est le père de Suzie, n’est pas d’accord. Mais voici que revient Dale Turner, un homme au passé mystérieux…

Après la série des River Falls ( prix du polar Cognac 2010), Alexis Aubenque avec son sens inégalé du suspense, nous entraîne cette fois dans un village où des jeunes filles latinos sont assassinées.

C’est sur la psychologie de ces personnages que l’auteur fait reposer son intrigue. Et comme à chaque fois ceux-ci sont magnifiquement décrits et campés.

C’est fluide, superbement orchestré, bien huilé.  L’auteur nous offre un excellent  page-turner Et l’on dévore donc avec grand plaisir ce très bon polar.

Origine de Diana Abu-Jaber


Mes petites lectures9782355840371,0-5684339782757821114,0-1178929

Origine de Diana Abu-Jaber ; traduit de l’anglais (États-Unis) par Édith Ochs.Paru le 22 avril 2010 chez Sonatine éditions.22€ ; (500 p.) ; 22 x 14 cm

Réédité en poche le 18 mars 2011 aux Points dans la collection Thriller.
 8€,20 ; (541 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :

Syracuse, État de New York. L’hiver est terrible, la ville est sous la neige, battue par des vents glacés. Lena, experte en empreintes digitales, travaille à l’unité scientifique de la police. C’est une jeune femme renfermée, à l’équilibre fragile, qui, en dépit de compétences exceptionnelles, préfère rester dans l’ombre et se consacrer aux cas de violences faites aux enfants, conséquence peut-être d’un passé tourmenté. Orpheline trouvée dans d’étranges circonstances à l’âge de 2 ans, Lena ignore en effet tout de ses origines.

Son parcours croise un jour celui d’Erin Cogan, dont le bébé vient de décéder. Les médecins ont diagnostiqué une mort subite du nourrisson, la mère ne les croit pas. On a tué son fils, elle en est sûre. Bien vite, le doute s’insinue aussi dans l’esprit de Lena, qui découvre un nombre anormal de cas similaires dans la région. Y aurait-il vraiment un serial killer qui s’attaque aux bébés ? Plus étrange encore, Lena sent confusément que l’énigme de ses origines est liée à Erin et aux meurtres des enfants. Parviendra-t-elle à reconstituer son histoire et à percer le sombre secret de ses origines ? Malgré la pression de la presse qui s’empare de l’affaire, malgré les menaces qui pèsent sur sa vie, Lena ira jusqu’au bout d’une enquête passionnante.

Diana Abu-Jaber nous livre avec ce thriller, qui transcende les limites du genre, un chef-d’oeuvre d’écriture et d’intrigue à l’intensité quasi hallucinatoire. Elle nous offre également une exploration fascinante et pleine de compassion de thèmes aussi universels que la maternité, le deuil, l’identité et la mémoire. Indispensable.

 

dianaL’auteur : Après une enfance passée entre les États-Unis et la Jordanie, Diana Abu-Jaber, née en 1960, est aujourd’hui professeur à l’université de Portland. Origine est son premier roman publié en France.

 

 

Mes petites lectures

Résumé et avis :

 Enfant trouvée à l’âge de 2 ans dans de mystérieuses circonstances, Lena ignore tout de ses origines. Elle n’a gardé aucun souvenir de son enfance si ce n’est un don étrange, une sensibilité quasi animale… Lena, qui travaille pour la police scientifique de Syracuse, état de New York, elle est experte en empreintes digitales, refuse d’exercer ce don sur le terrain.  Elle rencontre Erin Cogan, jeune mère d’un bébé décédé, persuadée que son enfant a été assassiné. Lena découvre des cas anormaux de décès dans la région.  Cette série de décès de bébés va l’y contraindre : elle seule peut pressentir l’existence d’un assassin d’enfants.

 Diana Abu Jaber nous propose un roman proprement novateur, un roman sur le thème universel de la quête d’identité. Une écriture magnétique qui vous envoute. C’est intelligent et fascinant. Un livre pour tous les publics car très littéraire.