Avalanche Hôtel de Niko Tackian


Attention aujourd’hui journée spéciale Avalanche Hôtel.

Vous allez avoir droit à une double chronique.

Ce matin c’est Ophélie qui vous donne son avis, ce soir ce sera Isabelle.

Et entre les deux, vous aurez la chronique duo d’Aline et Danièle.

De quoi vous faire une idée de ce nouveau titre de Niko Takian

Le livre: Avalanche Hôtel de Niko Tackian. Paru le 2 janvier 2019 chez Calmann-Levy dans la collection Calmann-Levy Noir. 18€50 ; (270 p.) ; 14 x 22 cm .

4eme de couverture : 

Surtout, ne vous fiez pas à vos souvenirs !

Janvier 1980, à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Joshua Auberson, agent de sécurité, enquête sur la disparition d’une jeune cliente, avec un sentiment d’étrangeté.
Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd conscience…
… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma.
Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps.
Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

Entre Shining ET Jason Bourne, Un thriller hypnotique signé Niko Tackian

L’auteur Niko Tackian est un scénariste, réalisateur et romancier français, né le 5 avril 1973 à Paris. Il a réalisé plus de trente albums dans lesquels il aime explorer différents genres, tels que science-fiction, dark fantasy, policier, fantastique. Il a également réalisé de nombreux téléfilms. Il a notamment créé avec Franck Thilliez la série Alex Hugo pour France 2. Il a commencé une carrière d’écrivain de thrillers en 2015 avec Quelque part avant l’enfer.  Son premier roman, paru en 2015, a reçu le Prix Polar du public des bibliothèques au Festival Polar de Cognac. Après La nuit n’est jamais complète,  Quelque part avant l’enfer, Toxique et Fantazmë, il signe avec Avalanche Hôtel son cinquième roman.
Extrait:
 » Vous connaissez Robert?
– Le gardien? Oui… C’était un gamin à l’époque. Il n’a jamais voulu accepter la fin. Vous savez le passé vaut mieux l’oublier, ça aide à vivre. Sinon ça vous ronge, comme une maladie…
Ces derniers mots résonnaient dans la tête de Joshua, lui qui faisait tout, au contraire, pour recomposes ses souvenirs. »

Le OFF de OPH

Avalanche Hôtel de Niko Tackian, Chronique grise pour roman blanc .

Comme beaucoup, j’attendais avec impatience ce roman. Une histoire sans Tomar, une histoire originale plus proche du thriller que du roman policier, quelque chose de différent mais aussi une sortie littéraire autour de laquelle la communication a été particulièrement bien maîtrisée. Habile, cette mise en avant du roman plusieurs mois avant sa sortie nous a transformé en enfants la veille de noël, trépignant d’impatience à l’idée de lire ce thriller énigmatique.

Le problème d’une communication abondante, c’est qu’elle provoque de nombreuses attentes chez le lecteur, surtout quand celui-ci est exigeant . Me concernant, si elles n’ont pas été comblées, il n’en reste pas moins que certains aspects m’ont plu et rendu l’ensemble de la lecture agréable. Paradoxe ? Oui sans doute.

Avec cette intrigue, Niko traite de la mémoire, de son fonctionnement, de la construction des souvenirs de manière très intéressante et visuelle, évitant de nous perdre sous des aspects scientifiques qui auraient rendu la lecture plus lourde. Il parle de la mort aussi et du rôle de la mémoire dans l’image que nous nous en faisons : « Elle se tenait sur le bord d’un abîme dans lequel elle allait disparaître sans laisser la moindre trace. Les morts n’existent qu’à travers le souvenir des vivants et dans son cas, personne ne s’était manifesté, ni famille ni amis… Elle était seule dans les abysses, il n’y avait rien de plus froid que l’oubli. ». Il soulève également par ce biais la question de la quête de soi : qui sommes nous ? Pourquoi les choses se font ainsi ? Avec parfois des impressions de roman à portée initiatique « Y a des choses qui doivent se faire à des moments précis ». Toutefois, soyez-rassurés, Avalanche Hôtel reste un pur thriller.

On retrouve l’écriture fluide et la plume dynamique de Niko et si on ne peut parler de rythme effréné, l’auteur suscite chez son lecteur de nombreuses interrogations qui rendent la lecture compulsive. Mais… Mais je suis restée sur ma faim et une fois les 261 pages lues, j’ai un sentiment globalement mitigé. Je n’ai pas détesté au contraire, j’ai plutôt aimé sans toutefois être tranchée sur un avis positif.

Côté intrigue pas d’errance ou d’approximation, l’histoire est maîtrisée et ne souffre pas d’une fin inachevée, au contraire. Toutefois, les références à Shining et Jason Bourne en 4ème de couverture ont, je pense, biaisé l’appréciation de ma lecture. Si parfois j’ai pu ressentir une angoisse comme sait la déclencher King, qu’effectivement l’Avalanche Hôtel peut avoir des airs de ressemblance avec son cousin l’ Overlook, la comparaison s’est pour moi arrêtée là ; tout comme je n’ai pas pensé une seule seconde à Jason Bourne en dehors du travail sur la mémoire. S’il fallait vous donner une idée de référence, je trouve Avalanche Hôtel plus proche des Rivières Pourpres, tant dans le rythme, que l’ambiance très mystérieuse et parfois oppressante ou encore l’histoire que nous conte Niko.

Ce livre étant assez court, je crois que j’ai été plus exigeante et donc pas totalement convaincue même si je crois sincèrement que c’est un bon roman et qu’il plaira à beaucoup de lecteurs

C’est donc une chronique grise pour un roman où le blanc de la neige domine, toutefois, il ne s’agit que d’un avis personnel et très lié aux attentes que j’avais sur cette sortie. Je ne doute pas qu’ Avalanche Hôtel trouvera son public !

Elizas de Sara Shepard


Elizas de Sara Shepard. Traduit de l’anglais par Amélie de Maupeou. Paru le 26 juin 2018 aux éditions Charleston dans la collection Charleston Noir.  22€50 ; (429 p.) ; 23 x 15 cm
4e de couv :

Elizas

Une jeune femme, belle et fragile, un luxueux hôtel hollywoodien et un dangereux mélange d’alcools forts et de médicaments…

Quand Eliza Fontaine, jeune auteure à succès, se réveille dans une chambre d’hôpital, il lui suffit d’un regard à ses proches pour comprendre qu’on la soupçonne d’une nouvelle tentative de suicide.

N’a-t-elle pas été retrouvée ivre morte au fond d’une piscine alors qu’elle ne sait pas nager ? Pourtant, Eliza en a la certitude, cette fois, c’est différent.

Ses souvenirs sont flous, sa mémoire se dérobe, mais elle se souvient d’une voix, d’un rire…

Uniquement armée du roman qu’elle vient de terminer, et dans lequel semblent se mêler fiction et réalité, la jeune femme part à la recherche de ce qui s’est réellement passé. Car, s’il y a une chose dont Eliza est sûre, c’est qu’elle n’a pas sauté dans cette piscine. Quelqu’un a tenté de la tuer.

« Sara Shepard nous éblouit avec ce thriller glaçant qui brouille les lignes entre fiction et réalité. Un roman vibrant et brillant, avec une héroïne que vous n’oublierez pas de sitôt. »
Mary Kubica, auteure du best-seller Une fille parfaite

L’auteur : Sara Shepard vit à Philadelphie en Pennsylvanie où elle est née le 8 avril 1977. Sara Shepard est l’auteure des séries best-sellers Pretty Little Liars et The Lying Games. La série télévisée tirée de Pretty Little Liars a vu sa septième et dernière saison en 2017.  Diplômée de littérature au Brooklyn College, elle s’est inspirée de son propre vécu pour sa série Les Menteuses. Elizas, son nouveau roman, paru en avril 2018 aux États-Unis, est encensé par la critique.
Extrait : 
Lance m’encourage d’un hochement de tête. Il aimerait sans doute que je lui en révèle davantage, mais je n’en ai pas l’intention. La dernière chose dont j’ai envie, c’est d’expliquer mes élans créatifs devant ma famille. Ce roman est mon accomplissement personnel, pas le leur – d’ailleurs, ils ne l’ont pas soutenu, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce ne sont pas des artistes. Ils ne lisent même pas. S’ils le lisaient, ils le taxeraient probablement de stupide. Frivole. Mélodramatique. Je ne leur ai même pas dit qu’il sortait dans un mois. J’espère qu’ils ne s’en apercevront pas et qu’ils ne penseront même pas à le lire. Je n’ai pas envie d’entendre leurs interprétations hasardeuses.

 

Le post-it de Ge

@lillycharleston

Je ne connaissais de Sara Shepard que les romans young-adulte qui ont fait sa renommée. Les premiers publiés il y a une dizaine d’années paru chez Fleuve Noir sous le titre générique « Les menteuses »  l’histoire de cinq lycéennes Alison, Hanna, Emily, Spencer et Aria, les filles les plus populaires de Rosewood qui  ont un lourd secret qu’elles se sont juré de ne jamais révéler à personne.  Une Série plus connu sous le titre de Pretty Little Liars. Il y a eu par la suite The lying game mettant à nouveau des adolescentes en scène, deux soeurs jumelles Emma et Sutton séparées à leur naissance. Ces séries romanesque ont fait l’objet d’adaptations télévisées. Dans la même veine Sara Shepars a écrit Les Perfectionnistes  puis l’an dernier arrivent ses romans les Amateurs dans lequel ses héros et héroïnes sont cette fois de jeune adultes. Et aujourd’hui elle entre dans la cours des grands si je puis dire avec son premier roman destiné à une public adulte.

Avec Elizas, l’auteure nous offre là un pur roman psychologique

Tandis qu’Elizas est en passe de faire publier son premier roman, elle se sent manipulée par son entourage. Parce qu’elle a déjà fait plusieurs tentatives de suicide, personne ne veut la croire quand elle affirme avoir été poussée dans la piscine. Au cours de l’enquête qu’elle mène sur cette agression, sa vie ne cesse de se confondre avec celle de Dot, personnage de son propre roman.

Une fiction où réalité et fiction se mêle étroitement. une histoire où notre héroïne est un peu perdue et nous perd parfois non pas parce que c’est inintéressant mais parce qu’il y a de nombreux rebondissement. D’ailleurs chaque fin de chapitre est un véritable cliffhanger difficile pour les lecteurs et pour la lectrice que je suis de ne pas vouloir connaître la suite. De ne pas savoir comment s’en sort Elizas. Et puis l’alternance entre les chapitres sur Elizas et les chapitres sur son propre roman sont intéressants. Cette autosimilarité donne du relief au roman. Une mise en abyme qui accentue le coté suspense et rajoute de la tension au texte. Cela lui confère aussi un petit coté malsain et glaçant.

Bref vous l’aurez compris, Elizas est un page turner bluffant où réalité, fiction et folie se mêlent. Un thriller psychologique parfaitement construit qui fonctionne à merveille. M^me si je l’avoue, la vieille lectrice de polar que je suis a repéré assez vite les indices que sème l’auteur tout au long de son intrigue.

Cheptel – Céline Denjean


Le livre : Cheptel de Céline Denjean. Paru le 17 janvier 2018 chez Marabout dans la collection MaraBooks Thriller. 19€90 ; (653 p.) ; 23 x 15 cm

4ème de couv

Le corps d’une jeune femme est retrouvé en Lozère.

Au regard des éléments qu’ils détiennent, les enquêteurs de la SR de Nîmes se forgent rapidement un avis: elle a fait l’objet d’une chasse à l’homme…

Pour le capitaine Merlot, d’Interpol, les conclusions médico-légales placent cette victime dans une longue série.

Les gendarmes nîmois vont alors apprendre à leur grande stupéfaction, qu’Interpol tente depuis vingt-cinq ans de démanteler un réseau de trafic d’êtres humains.

Louis Barthes, notaire à la retraite, est à la recherche de sa soeur jumelle dont il ignorait l’existence. Ses démarches vont a peu à peu le faire remonter jusqu’à une poignée d’orphelins juifs dont la fuite vers l’Espagne s’est arrêtée dans les Pyrénées…

Jeune adolescent de 13 ans, surdoué, Bruno passe des vacances dans les Pyrénées quand il tombe dans un dangereux torrent et est emporté par les flots. Il parvient miraculeusement à s’extirper des eaux tumultueuses, et cherchant de l’aide, découvre une communauté vivant hors temps et hors réalité dirigée par une grande prêtresse qui se fait appeler Virinaë.

Trois fils que Céline Denjean tisse ensemble dans un suspens et une tension exceptionnels, et surtout avec sa remarquable maîtrise du récit révélée dans ses précédents romans.

L’auteur  : Avec des grands-parents libraires, Céline Denjean a grandi au milieu des livres. Après avoir travaillé dans le domaine social, elle se consacre aujourd’hui à l’écriture. Elle est l’auteur de Voulez-vous tuer avec moi ce soir ? (Nouvelles Plumes, 2015 ; Pocket, 2016) et de La fille de Kali (Marabout, 2016).
Extrait ; (très difficile de choisir tellement tout est bon !) :
« La déflagration la fit sursauter. Elle sentit ensuite la douleur dans son dos. Elle eut le réflexe de tourner la tête avant de chuter en arrière. Et là, elle l’aperçut. La femme. Qui baissait son fusil à lunette. Un rictus méchant et triomphant agrafé au visage. Puis sa vue commença à se brouiller et ses tympans bourdonnèrent étrangement comme un chrysanthème rouge sang florissait sur sa poitrine. Elle entendit vaguement un hurlement de victoire et tout près de son oreille, les gémissements du chien qui l’avait rejointe. La vie fuyait son corps au grand galop. Les boches avaient encore gagnés…….. »

 

La lecture de Marie Nono

 

LE CHEPTEL de CELINE DENJEAN –

650 pages chez MARABOUT THRILLER

850 g de bonheur (hé oui je l’ai pesé !)

On démarre sur deux histoires totalement loufoques, d’un côté un vieux notaire qui découvre que trois jours après sa naissance, il est mort ! de l’autre il y a toute une clique de pèlerins avec des prénoms à dormir dehors (Anten, Elicen, Atrimen, Kalire etc…) qui semblent hors du temps.

Et puis à partir de la page 27, B I M, c’est parti pour une sacré pression, une histoire de dingues avec des dingues, ça rend dingue et carrément addict !

Tous les détails sont importants et vraiment bien dévoilés grâce à l’excellente plume de Céline.

C’est fort, émouvant, captivant, et difficile à lâcher. Donc allez y les yeux fermés, c’est 850 grammes de mots qu’il faut absolument déguster.

 

 

Le Manuscrit inachevé de Franck Thilliez


Le Manuscrit inachevé de Franck THILLIEZLe livre : Le Manuscrit inachevé de Franck Thilliez. Paru le 3 mai 2018 chez Fleuve éditions – collection Fleuve noir. 21€90 ; (525 p.)

4ème de Couv :

Une enquête sans corps.

Une défunte sans visage.

Un thriller sans fin.
Aux alentours de Grenoble, une voiture finit sa trajectoire dans un ravin après une course-poursuite avec la douane. Dans le coffre, le corps d’une femme. À la station-service où a été vu le conducteur pour la dernière fois, la vidéosurveillance est claire : l’homme n’est pas le propriétaire du véhicule.Léane Morgan et Enaël Miraure sont une seule et même personne. L’institutrice reconvertie en reine du thriller a toujours tenu sa vie privée secrète. Sa vie ? Un mariage dont il ne reste rien sauf un lieu, L’Inspirante, villa posée au bord des dunes de la Côte d’Opale, et le traumatisme de l’enlèvement de sa fille Sarah. L’agression soudaine de son mari va faire resurgir le pire des quatre dernières années écoulées.Dans le vent, le sable et le brouillard, une question parmi d’autres se pose : vers qui, vers quoi se tourner, quand l’unique vérité est que tout vous devient étranger ?

franck thilliez et sofiaL’auteur :  Franck THILLIEZ est né en 1973 à Annecy. Il était ingénieur en nouvelles technologies, il se consacre maintenant à l’écriture. Il vit actuellement dans le Pas-de-Calais. Il est membre de La Ligue de l’Imaginaire. Il est l’auteur de 17 romans, parmi lesquels Atomka, Le Syndrome E et, plus récemment, Pandemia Rêver et Sharko. Lauréat du prix Étoiles du Parisien-Aujourd’hui en France pour le meilleur polar 2014 avec Angor, il confirme sa place de pilier du thriller français et continue d’alterner one shots et enquêtes menées par son couple phare, Lucie Henebelle/Franck Sharko. Après Sharko où on retrouvait le duo de flics, il revient avec un one shot Le manuscrit inachevé. Adapté au cinéma pour La Chambre des morts (prix SNCF du polar français), Franck Thilliez est aussi scénariste. Ses livres sont traduits dans le monde entier.

 

Extrait :
« Je n’ai rien calculé. J’ai écrit comme c’est sorti. Il est violent, certes, mais vous pensez que le monde dans lequel on vit ne l’est pas ? »

 

Les p’tits papiers de So

manuscrit inachevé sofia Thilliez

Le Manuscrit inachevé- Franck THILIEZ–  Fleuve Noir

Inachevé ce roman ne l’est en rien. Il m’a rappelé mes premiers émois de la jeune vierge du genre que j’étais quand j’ai découvert l’auteur, et qui m’a rendue addict au roman noir et de l’auteur.

C’est l’histoire d’un manuscrit retrouvé inachevé, dans un bouquin inachevé, dans un roman inachevé, dans….Complexe ? Complexe il l’est oui. Il nous livre un scénario sans faille, qui n’aura de cesse de vous surprendre, de vous balader. Et quelle foutue balade dans le Nord. L’auteur vous transportera dans une tempête sombre, tumultueuse, sans répit. Déroutant. Noir. Franck Thilliez signe son roman le plus noir, le plus abouti.

Des personnages finement travaillés, étoffés, une intrigue incroyablement bien menée. Où se placer, comment avancer, qui sommes-nous, qui est-il ? L’auteur le sait-il lui-même ? Nous livrerait-il ici ses états d’âmes d’écrivain ? J’ai lu tous les romans de Franck Thilliez, après l’excellent Sharko pour les adeptes du couple phare de l’écrivain, Le Manuscrit inachevé, « one shot » est très différent ce qu’il a pu écrire jusque-là. Une histoire de dingue, où chapitre après chapitre vous serez emportés dans la noirceur, et où il vous précipitera au bord du précipice.  Ce roman est un foutu bouquin où son auteur maîtrise parfaitement l’art de la manipulation. Du génie purement et simplement. Chapitre après chapitre, il vous mènera là où il l’a décidé, comme bon lui semblera, et vous ne pourrez que le suivre. Vous vouliez une chronique plus détaillée ? Il vous faudra lire le roman. Il m’a mis mat. KO. Achevée….

L’invisible de Robert Pobi


Mes petites lecturesLecture d’avant

9782355841149,0-1392327Le livre : L’invisible  de  Robert Pobi.Traduit de l’anglais (Canada) par Fabrice Pointeau. Paru le 10 mai 2012 chez Sonatine éditions. 21€30; (400 p.) ; 22 x 14 cm

9782757826959,0-1639960Réédité le 10 mai 2013 en poche chez Point dans la collection Thriller. 7€90 ; (476 p.) ; 18 x 11 cm

4e de couv :

L’invinsible

Jake Cole, profiler hors-catégorie au FBI, revient dans la maison où il a grandi. Son père, artiste de génie à moitié fou, est mourant. Quand le shérif du coin lui demande de l’aider à résoudre un double meurtre, tout son passé ressurgit. Jake est convaincu que son père connaît l’identité de ce dépeceur fou. Et si la clé résidait dans ces milliers de tableaux peints par son père, qui semblent constituer un étrange puzzle ?

Thriller
Il y a un monstre ici. Un monstre que personne ne connaît à part moi. »

Avec son premier roman, L’Invinsible, un best-seller international, Robert Pobi s’est classé au rang des plus grands du genre : Jesse Kellerman (Les Visages) ou Thomas Harris (Le Silence des agneaux).

« Premier roman et déjà partout : Pobi séduit, pis, obsède. Il faut dire que l’atmosphère de son thriller est asphyxiante. »
Le Point

Pobi-99x150L’auteur : Inlassable voyageur, Robert Pobi a longtemps travaillé dans le monde des antiquités.  Il vit au Canada du coté de Montréal

 

 

Extrait : 
1
Quatrième jour
Montauk, Long Island
Soixante mètres sous la surface de métal ondulant de l’Atlantique, une poignée de fantômes glissaient sur le fond de l’océan dans un roulement heurté et tumultueux, déferlant dans un ballet diluvien. Ils étaient entraînés par l’orage qui se déchaînait au-dessus d’eux, toujours groupés après des kilomètres de progression sur le fond jonché de cailloux. Bientôt la pente douce du sol marin s’accentuerait, la terre s’enfoncerait dans le noir et les fantômes dégringoleraient vers les profondeurs. Ils seraient alors emportés par le Gulf Stream et remonteraient le long de la côte est, franchissant le Massachusetts, se déversant finalement dans l’Atlantique Nord. Peut-être pour y être dévorés par les créatures qui nageaient dans le monde sombre des eaux froides – ou peut-être simplement pour y pourrir et sombrer dans l’oubli –, mais une chose était sûre, ni la lumière du jour ni la chaleur ne les atteindraient plus.
Des débris jonchaient le fond de l’océan tout autour d’eux et le bruit du monde qui se déchirait résonnait au-dessus. Une armée de meubles de jardin, des morceaux de tuiles, de contreplaqué, des pneus, une vieille poupée Barbie, des sacs de golf, un réfrigérateur défoncé, des peintures à l’huile, une Dodge Charger cabossée s’entrechoquaient dans le courant, fonçant droit vers le large. De tous ces vestiges, c’était la Charger qui avançait le moins vite, basculant sans cesse sur le flanc, une portière manquante, ses phares luisant encore tels les yeux d’un robot mourant. Barbie était la plus rapide, maintenue droite grâce à sa poitrine moulée par injection et à la bulle d’air piégée dans sa vieille tête vide.
La tempête n’accordait aux fantômes nul traitement de faveur, nulle considération ; ils entraient en collision avec les appareils, s’accrochaient aux rochers, étaient inélégamment couverts d’algues et de sacs en plastique, et leur peau était aussi déchirée et lacérée que le reste des déchets.
Mais, contrairement aux autres épaves qui étaient entraînées vers le large, ils n’étaient pas la conséquence de l’ouragan ; ils avaient été créés par quelque chose de bien plus malveillant, et de bien moins prévisible que la météo.

 

Le Post-it de votre bibliothécaire :

Montauk, Nouvelle-Angleterre. Jack Cole, profileur travaillant en indépendant pour le FBI, enquête sur un double assassinat. Jack pense à un autre crime, jamais résolu : le meurtre de sa mère lorsqu’il avait 12 ans. Il pense aussi que son père, atteint de la maladie d’Alzheimer, connaît l’identité de l’assassin. La clé réside-t-elle dans les 5.000 tableaux peints par son père ? Premier roman.

 Comme un puzzle, Robert Pobi tricote une histoire démente qui va vous tenir en haleine et vous trotter dans la tête pendant un petit moment. Il nous offre un  thriller cauchemardesque parfaitement ciselé.

Et…La chute risque de laisser certains lecteurs désemparés ou désabusés.

Un auteur a suivre car d’après moi il a tout le potentiel  pour, sans aucun doute, continuer à nous surprendre !

 

Sérum: saison 1 épisode 1 de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza


mes-petites-lectures (1)
9782290041741,0-1330512Le livre : Sérum : saison 1,Volume 1  de Henri Loevenbruck et Fabrice Mazza.Paru le 28 mars 2012 chez J’ai lu dans la collection J’ai lu Policier. 6€ ; (188 p.) ; 18 x 11 cm

Quatrième de couverture

Serum

Saison 1 (…) épisode 1

1773 : Mesmer invente l’hypnose

1886 : Freud invente la psychanalyse

2012 : Draken invente le sérum

Une injection.

Sept minutes pour accéder au subconscient profond d’Emily Scott.

Un carnet pour décrypter ses visions fantasmagoriques.

Quelques jours pour empêcher le pire.

Mais quand les morts suspectes se multiplient, le NYPD se pose une question : Arthur Draken est-il un psychiatre de génie ou un dangereux criminel ?

Les auteurs :
henri-loevenbruck@2x
fabrice-mazza@2x

Henri Loevenbruck est né le 21 mars 1972 à Paris. Il est à la fois auteur, chanteur, compositeur français et
auteur de thriller, de livres de
fantasy et de d’aventures est traduit dans plus de quinze langue.

Fabrice Mazza né en 1970 est le grand maître des énigmes en France.  Ses ouvrages sont lus dans le monde entier et ont dépassé le million d’exemplaires vendus

Extrait :
« Velasquez prit un scalpel et un tube dans son sac et s’approcha de la victime dans le coma. Elle avait l’air de dormir, paisible. Le sang avait été nettoyé de son visage et, sans le bandage qu’on était en train de lui mettre on aurait peine à croire que cette femme venait de prendre une balle en pleine tête.
L’agent pris sa main, gratta un peu de peinture déposée sur l’épiderme et fit glisser quelques particules dans le tube hermétique numéroté. Ensuite, il sortit un encreur et une étiquette de son kit de prise d’empreintes digitales.
Il attrapa délicatement l’index de la femme sous le regard de l’infirmière, l’appuya sur l’encreur, puis appliqua le bout du doigt sur la petite étiquette blanche.
Velasquez fronça les sourcils.
Rien. Juste une trace d’encre qui bavait. Le résultat ressemblait à tout sauf à une empreinte digitale.
Le policier se racla la gorge en sentant le rouge monter à ses joues. Il avait fait plusieurs prises d’empreintes à l’Académie de police, cela n’avait jamais posé de problème. Il sortit une nouvelle étiquette et essaya une nouvelle fois.
Toujours rien. Pas de « dermatoglyphe ».
La femme semblait n’avoir aucune empreinte sur l’index. »
lecture-d_avant

Petits résumé et avis

Arthur Draken est un psychiatre spécialisé dans la thérapie par l’hypnose. Il utilise un sérum facilitant l’induction hypnotique. Sa principale patiente est sa compagne, victime d’une amnésie totale après avoir reçu une balle en pleine tête. Avec l’aide de Lola Gallagher, détective, Draken va devoir découvrir quel secret est enfoui dans la mémoire de sa partenaire.

« Serum » est une série de livres inédits. Voici le premier volume d’une série romanesque d’un nouveau genre, construite sur le modèle des séries télé. La saison 1 comporte six épisodes. Dans chaque épisode, les lecteurs ont la possibilité d’approfondir l’expérience de lecture. Chaque épisode contient des flashcodes qui donnent accès à du contenu supplémentaire (musiques, vidéos, documents…).De plus, la série Serum propose une expérience en ligne inédite pour ses lecteurs sur le site http://www.serum-online.com.Comme toute bonne série, l’ensemble est hautement addictif. Et l’association entre Fabrice Mazza, grand maître es-énigmes, et Henri Loevenbruck, l’un des meilleurs auteurs de thrillers intelligents made in France, est très prometteuse

Bref…Voici le premier volume d’une série romanesque d’un nouveau genre, beau compromis entre le roman feuilleton et la série TV. La saison 1 comporte six épisodes. Tous les éléments d?un très bon polar sont réunis ici. Une détective au caractère bien trempé, un psy aux expériences étranges, une victime sans mémoire. Et comme dans toute bonne série, l?ensemble est hautement additif.

Lire le début de Sérum 1.1

 

ON PEUT EFFACER VOTRE MEMOIRE, PAS VOTRE PASSÉ.

En cas d’accoutumance, consultez leur site
www.serum-online.com

Facebook Serum :
www.facebook.com/Serumonline

Canyon Creek de Alexis Aubenque


Mes petites lectures

 9782810004973,0-1426307Canyon Creek de Alexis  Aubenque. Paru le 27 juin 2012 aux Ed. du Toucan. 9€95 ; (552 p.) ; 18 x 11 cm
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 4e de couv :

Canyon Creek, petite ville tranquille de l’Ouest américain qui tient son nom du canyon qui la borde, est en proie à une succession de crimes de jeunes filles latino-américaines. La sergente Suzie McNeill est persuadée qu’il s’agit d’un tueur en série, contrairement au chef de la police locale qui n’y voit qu’une simple coïncidence statistique.

A l’aide du lieutenant Jack Spencer, elle est prête à dépasser les limites du règlement pour prouver ses théories et arrêter le détraqué qui sévit dans sa ville. Mais c’est un but qui sera difficile à atteindre alors que revient dans sa vie Dale Turner, un homme au passé mystérieux, tout juste sorti du coma, amnésique après un accident étrange survenu un mois plus tôt…

4+46+76L’auteur :

Alexis Aubenque né le  23 décembre 1970 à Montpellier est un ancien libraire mais un jeune écrivain, féru de littérature de genre. Il est entré dans le domaine du thriller en 2008 avec le premier volume de sa trilogie, 7 Jours à River Falls. s (Prix Polar Cognac 2009). Il a été comparé à Harlan Coben pour son sens inégalé du suspens.

 

 

Extrait :
Ma petite, la moitié des hommes de cette ville vont aux putes, et c’est ainsi depuis la nuit des temps. Ce n’est pas parce que des puritains fondamentalistes ont réussi à faire passer des lois contre la prostitution que pour autant c’est vraiment un acte odieux. N’oublie jamais que pendant la Prohibition, boire de l’alcool était tout autant répréhensible. Les lois vont et viennent.
 Lecture d’avant

Le post-it de Ge

Canyon Creek serait une petite ville tranquille sans ces crimes de jeunes filles de latinos qui se succèdent. Pour le sergent Suzie McNeill et le lieutenant Jack Spencer, c’est un tueur en série qui agit.

Le shérif, qui est le père de Suzie, n’est pas d’accord. Mais voici que revient Dale Turner, un homme au passé mystérieux…

Après la série des River Falls ( prix du polar Cognac 2010), Alexis Aubenque avec son sens inégalé du suspense, nous entraîne cette fois dans un village où des jeunes filles latinos sont assassinées.

C’est sur la psychologie de ces personnages que l’auteur fait reposer son intrigue. Et comme à chaque fois ceux-ci sont magnifiquement décrits et campés.

C’est fluide, superbement orchestré, bien huilé.  L’auteur nous offre un excellent  page-turner Et l’on dévore donc avec grand plaisir ce très bon polar.

Origine de Diana Abu-Jaber


Mes petites lectures9782355840371,0-5684339782757821114,0-1178929

Origine de Diana Abu-Jaber ; traduit de l’anglais (États-Unis) par Édith Ochs.Paru le 22 avril 2010 chez Sonatine éditions.22€ ; (500 p.) ; 22 x 14 cm

Réédité en poche le 18 mars 2011 aux Points dans la collection Thriller.
 8€,20 ; (541 p.) ; 18 x 11 cm
4e de couv :

Syracuse, État de New York. L’hiver est terrible, la ville est sous la neige, battue par des vents glacés. Lena, experte en empreintes digitales, travaille à l’unité scientifique de la police. C’est une jeune femme renfermée, à l’équilibre fragile, qui, en dépit de compétences exceptionnelles, préfère rester dans l’ombre et se consacrer aux cas de violences faites aux enfants, conséquence peut-être d’un passé tourmenté. Orpheline trouvée dans d’étranges circonstances à l’âge de 2 ans, Lena ignore en effet tout de ses origines.

Son parcours croise un jour celui d’Erin Cogan, dont le bébé vient de décéder. Les médecins ont diagnostiqué une mort subite du nourrisson, la mère ne les croit pas. On a tué son fils, elle en est sûre. Bien vite, le doute s’insinue aussi dans l’esprit de Lena, qui découvre un nombre anormal de cas similaires dans la région. Y aurait-il vraiment un serial killer qui s’attaque aux bébés ? Plus étrange encore, Lena sent confusément que l’énigme de ses origines est liée à Erin et aux meurtres des enfants. Parviendra-t-elle à reconstituer son histoire et à percer le sombre secret de ses origines ? Malgré la pression de la presse qui s’empare de l’affaire, malgré les menaces qui pèsent sur sa vie, Lena ira jusqu’au bout d’une enquête passionnante.

Diana Abu-Jaber nous livre avec ce thriller, qui transcende les limites du genre, un chef-d’oeuvre d’écriture et d’intrigue à l’intensité quasi hallucinatoire. Elle nous offre également une exploration fascinante et pleine de compassion de thèmes aussi universels que la maternité, le deuil, l’identité et la mémoire. Indispensable.

 

dianaL’auteur : Après une enfance passée entre les États-Unis et la Jordanie, Diana Abu-Jaber, née en 1960, est aujourd’hui professeur à l’université de Portland. Origine est son premier roman publié en France.

 

 

Mes petites lectures

Résumé et avis :

 Enfant trouvée à l’âge de 2 ans dans de mystérieuses circonstances, Lena ignore tout de ses origines. Elle n’a gardé aucun souvenir de son enfance si ce n’est un don étrange, une sensibilité quasi animale… Lena, qui travaille pour la police scientifique de Syracuse, état de New York, elle est experte en empreintes digitales, refuse d’exercer ce don sur le terrain.  Elle rencontre Erin Cogan, jeune mère d’un bébé décédé, persuadée que son enfant a été assassiné. Lena découvre des cas anormaux de décès dans la région.  Cette série de décès de bébés va l’y contraindre : elle seule peut pressentir l’existence d’un assassin d’enfants.

 Diana Abu Jaber nous propose un roman proprement novateur, un roman sur le thème universel de la quête d’identité. Une écriture magnétique qui vous envoute. C’est intelligent et fascinant. Un livre pour tous les publics car très littéraire.

Intrusion de Elena Sender


9782266210867,0-1301081 9782845633568,0-559981 Le livre : Intrusion  de Elena Sender. Paru le 11 février 2010 chez XO.  20€90 ; (411 p.) ; 25 x 16 cm
Sorti en poche le 9 février 2012 chez Pocket. 7€70 (532 p.) ; 18 x 11 cm. On ne le trouve plus qu’en occasion.
4e de couv :

Beaucoup rêvent d’oublier le passé. Cyrille, elle, voudrait bien se souvenir… Que lui est-il arrivé durant ces dix années qui sont comme un trou noir dans sa vie ?

Brillante neuropsychiatre, spécialiste des troubles de l’âme, Cyrille Blake reçoit un nouveau patient : Julien Daumas. Très séduisant, mais obsessionnel, impulsif, le regard inquiétant. D’emblée, il la tutoie, lui dit qu’il la préférait avec ses cheveux blonds. Cyrille est pourtant sûre de n’avoir jamais vu cet homme. En vérifiant dans ses dossiers, elle doit se rendre à l’évidence : elle l’a soigné lorsqu’elle terminait son internat de médecine. Comment peut-elle ne plus s’en souvenir ?

Déstabilisée, Cyrille fouille son passé et découvre l’impensable : elle a oublié des pans entiers de son existence. C’est incompréhensible. D’autant qu’au même moment, des événements inhabituels surviennent autour d’elle. Épiée en permanence, traquée jusque dans son appartement, Cyrille croit devenir folle ! Il faut qu’elle retrouve la mémoire. Coûte que coûte. Sauf que dans certains cas, il vaut mieux ne jamais se souvenir car, parfois, l’oubli est la seule solution pour continuer à vivre.

Une intrusion dans les rouages de la mémoire, un thriller psychologique subtil et haletant, un premier roman captivant qui explore les mécanismes fascinants du cerveau.

L’auteur : 

téléchargement (10)Elena Sender est née en 1971. Elle est journaliste scientifique à Sciences et Avenir et a signé plusieurs films et livres documentaires (Canal Plus, Arte). Également passionnée par l’environnement, elle a cosigné un documentaire sur les coulisses du sommet de Copenhague, diffusé sur Canal +.

Elle est l’auteur de deux romans très remarqués : Intrusion et Le Sang des dauphins noirs (2012). Surtout ne mens pas ,son troisième roman, est paru en septembre dernier toujours chez XO.

Elena vit près de Paris, avec son mari et ses trois enfants.

Extrait : 
Elle était psychiatre, connaissait les pathologies mentales, mais elle avait choisi une autre voie qui lui semblait bien plus audacieuse et compliquée. Elle passait quinze heures par jour à soigner et à combattre le mal qui poussait dans le meilleur terreau qui soit, notre société de compétitivité, de rentabilité et d’individualisme. Ce « mal » prenait différents aspects selon la personne à qui il s’attaquait. Repli sur soi, tristesse, démotivation, dégoût de tout, solitude, sentiment d’abandon, souffrance psychique, manque de confiance en soi, manque d’amour, sensation d’inutilité, peur de vieillir, de s’enlaidir, angoisse de rater, de ne pas être parfait, peur de perdre ses acquis, la mémoire, de devenir dépendant, terreur du lendemain et de l’inconnu, peur de perdre le contrôle… Tous ces maux insidieux, exprimés de milliers de manières différentes, devant elle, dans son bureau de consultation, relevaient selon elle du même mal.

Résumé et avis :

Je profite de la sortie du troisième roman de cette auteur pour vous parler comme souvent de son premier roman.

Un nouveau médicament vient de faire son apparition, il promet le bonheur, faisant disparaître tout sentiment désagréable. De son côté, Cyrille Blake, neuropsychiatre de renom, reçoit un patient qui semble la connaître : elle l’aurait traité dix ans plus tôt. Pourtant, elle ne se souvient pas du tout de lui. .

images (2)  Prise au piège d’une mémoire morcelée, se sentant épiée, traquée, craignant d’avoir sombré dans la folie, elle doit percer le mystère de son propre cerveau. Mais ce qu’elle risque de découvrir pourrait se révéler pire que l’oubli…

Elena Sender est grand reporter au magazine Sciences et Avenir, spécialiste des secrets du cerveau, de la psyché et des émotions. Elle signe un premier roman remarquablement documenté, inspiré des recherches en cours sur la mémoire.

Elle nous offre un thriller scientifique et psychologique de très bon niveau.

Une jeune héroïne brillante professionnellement mais pourtant très dépendante affectivement de son tout aussi brillant mari et mentor.

Une intrigue bien ficelé et ingénieuse impeccablement maîtrisé.

Une écriture sans fioriture qui sert parfaitement  le rythme du roman.

C’est haletant, terrifiant, parfois passionnant. Un très bon premier roman.

Globalement, on peut dire qu’avec ce titre Eléna Sender rentre de plein pied dans la cours des grands auteurs français de thriller. Une auteur à suivre donc.

 A signaler : Intrusion a reçu Prix Carrefour du premier roman 2010 sous la présidence de Maxime Chattam.

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Vous pouvez retrouver la chronique sur son 3e bouquin, Surtout ne mens pas ICI. Par Yvan

Extrait 2 :
Le deuil, la perte, la douleur, la souffrance font partie de la vie humaine. L’homme est capable de tout surmonter car il existe un phénomène qui s’appelle la résilience et qui permet, même aux victimes des pires ignominies, de s’en sortir. Le cerveau, grâce à son extraordinaire plasticité, sait faire le tri tout seul et désapprendre la souffrance, avec le temps. Bien sûr, il faut l’y aider, c’est ce que je tente de faire à longueur de journée, en atténuant la douleur par le médicament Mésératrol, en les accompagnant. Mais leur faire oublier ? Non !