Le manufacturier de Mattias Köping


Le livre : Le manufacturier, Mattias Köping.  Paru le 25 octobre 2018 aux Editions Ring dans la collection Ring noir.  ; 21,90€ ;  (548 pages) ; 22×14 cm

 4ème de couverture :

Le 19 novembre 1991, une poignée de paramilitaires serbes massacrent une famille à Erdut, un village de Croatie. Laissé pour mort, un garçonnet échappe aux griffes des tortionnaires, les Lions de Serbie. Un quart-de-siècle plus tard, l’avocate Irena Ilic tente de remonter la piste jusqu’à la tête du commando, le sinistre Dragoljub.

Le 1er avril 2017, les cadavres d’une femme et de son bébé sont retrouvés dans la banlieue de Havre, atrocement mutilés. Niché dans le Dark Web, un inconnu sous pseudonyme revendique le double meurtre et propose les vidéos de ses crimes à la vente sur son site Internet… Depuis quand sévit-il ? Prêt à transgresser la loi, le capitaine de police Vladimir Radiche s’empare de l’affaire qui sème la panique sur le pays, au risque de voir l’inimaginable s’en échapper.

Les deux investigations vont se percuter avec une violence inouïe. L’avocate et le flic ont des intérêts divergents et se livreront une guerre sans merci. Emportés dans l’abîme du terrifiant conflit yougoslave, les enquêteurs évoluent dans un vertige noir, gangrené par la violence et la corruption, où les plus pourris ne sont peut-être pas ceux que  l’on croit. Crimes contre l’humanité, meurtres en séries, fanatismes religieux, trafics entre mafias sans scrupules, l’étau se resserre au fil des chapitres. Les égouts de l’Histoire finiront par déborder et vomir des monstres, trop vite oubliés.

N’ayez pas peur.

Oui, il y a tout ça dans Le Manufacturier. Non, il n’y a pas d’autre issue.

L’auteur : Mattias Köping, l’auteur des Démoniaques, thriller doublement primé en 2018 et acclamé par le public, libère toute sa puissance dans ce vrai page-turner, addictif et haletant, porté par une atmosphère envoûtante et une écriture ciselée. Programmé pour jouer avec les nerfs des lecteurs les plus aguerris de romans policiers, Mattias Köping confirme son entrée implacable parmi les maîtres du thriller français.

 

 

 

Extrait :« Tous ces témoignages atroces s’accumulaient en elle, lie noire de désespérance. Elle avait beau soutenir que la vie continuait malgré tout  et que les bourreaux n’avaient pas triomphé, elle s’accommodait de plus en plus mal de ce mensonge servi aux journalistes pour faire bonne figure. Son visage même trahissait sa pensée. En réalité, elle était hantée de tous ces charniers qu’elle avait visités, de toutes ces voix de femmes, d’hommes, d’enfants dont l’écho résonnait en elle. Elle vomissait l’humanité. L’espoir n’était qu’une allumette craquée dans un océan de ténèbres. »

L’accroche de Miss Aline :

Le manufacturier, Mattias Köping

Radiche capitaine de la crim’ aux méthodes plus que musclés, n’étant pas apprécié de ses collaborateurs et c’est le dernier de ses soucis.

Un pervers qui voyage sur le Dark net.

Un site des plus noirs : Le manufacturier de Jasenovac qui vend des vidéos d’une violence inouïe.

Milovan qui traine un passé douloureux qui le hante chaque seconde.

Irena Ilic avocate de l’ONG Dignité et Justice.

Dans les premiers chapitres l’auteur nous met face à tout ce petit monde et nous laisse faire connaissance. Mais dés le départ le ton est donné. Nous voilà dans une manufacture de 548 pages. Une usine de la violence brute et brutale. Une usine de tous les trafics : drogues, humains, argent. La manipulation, la corruption, le règne par la terreur. La peur suintant de tous les pores de la peau. La souffrance physique (viols, tortures), la souffrance morale (menace sur les proches). Que n’y a-t-il pas dans cette usine d’où sort la quintessence du mal ?

Depuis nos portes en passant par le conflit serbo-croate, on va respirer l’odeur fétide et abjecte de la mort. La violence est décortiquée. La mort  se pavane. La torture est reine. Des ventres évidés, des yeux énucléés, des enfants puzzles, des viols avec tout objet à portée de main… La mort vécut parfois comme une délivrance face à l’insoutenable.

Que n’a-t-on pas dit sur cet ouvrage ? Certes il n’est pas à mettre entre toutes les mains. Oui, âmes sensibles s’abstenir. Mais est-il pire que d’autres lectures où il n’y a pas d’avertissements. Pire qu’une réalité (surement amputée) délivrée quotidiennement, en flots incessants, dans nos postes de télévision ?

 Peut-on avoir envie de vomir en lisant un livre et écouter entre le plat et le dessert l’info sur une mère qui a tué son enfant une nuit où elle était tellement camée qu’elle ne sait même plus où elle a enterré le corps ? Peut-on avoir envie de vomir en lisant un livre et ne pas détourner la tête en allant voir tel ou tel film violent au cinéma ? Des années en arrière, je me souviens de parents ayant emmenés leurs enfants voir Dany the dog.

Alors non je n’ai pas eu envie de vomir en lisant Le manufacturier.  Bien que l’on descende très bas dans la noirceur, ce n’est que le haut de l’iceberg. L’homme est capable de l’impensable pour asservir, soumettre, manipuler, s’enrichir. Le mal, la violence brute sont incontestablement de ce monde.

Avec Le Manufacturier, Mattias Köping nous démontre une nouvelle fois son talent d’écrivain. Je salue également l’énorme travail de recherche pour ancrer son récit dans une réalité historique. Auteur à suivre incontestablement.

Un grand merci à Mattias Köping pour son accueil sur le salon de Nœud les Mines dernièrement, ainsi que pour sa disponibilité et sa gentillesse.

 Manta de Yann Julien


Le livre : Manta de Yann Julien. Paru le 7 septembre 2016 en auto-édition .18€ ; (188 pages) ; 13 x  20 cm

 4ème de couverture :
Le domicile d’une riche résidente visité par des « déménageurs ». Le butin s’élève à 4 millions d’euros. Une équipe de cinq jeunes gens avaient déménagé plus tôt dans la journée du mobilier au domicile de Mme Madeleine Douglas ; ils sont suspectés d’avoir procédé à un repérage, puisque quelques heures plus tard, la riche veuve recevait la « visite » de l’un d’eux. Elle l’a formellement reconnu et a pu dresser un portrait-robot aux enquêteurs. L’affaire se déroule dans la soirée, la police est appelée pour intervenir au domicile de Madeleine Douglas : elle a surpris un malfaiteur qui s’est introduit par effraction. Après avoir tenté de le rattraper sans succès, le cambrioleur a réussi à prendre la fuite. On ignore si le suspect a agi seul, mais il aurait procédé à l’effraction, la fouille et le vol du contenu du coffre-fort de Madeleine Douglas : principalement des bijoux. Le montant du vol s’élève à plusieurs millions d’euros.

L’auteur : Né en 1978 à Lyon, Yann Julien a été bercé par les aventures de Tintin, la magie des films de Steven Spielberg puis, plus tard, les intrigues et le sens de la mise en scène d’Alfred Hitchcock.
Son immersion dans la culture populaire se poursuivra au travers des lectures des œuvres de Jules Verne et surtout d’Alexandre Dumas.
De ces influences, il gardera un goût prononcé pour les histoires qui emportent le lecteur, tout en procurant un goût pour l’aventure. Il commence alors à imaginer des récits dans lesquels évoluent les personnages qu’il s’invente.
Travaillant dans le domaine de l’ingénierie mécanique, il cultive également une passion pour l’Histoire et décide de se lancer dans l’écriture.
Après un premier roman, « Arnaud et Amélie », encouragé par les lecteurs et favorablement accueilli par les chroniques littéraires, il s’est consacré à l’écriture de ce roman « Manta », polar traitant de la vengeance d’un frère au cœur d’une enquête ponctuée de scènes d’action.
Extraits :
« Ce goûter et le parfum de la crème, à l’instar de la Madeleine de Proust, replongeaient chacun
dans son enfance. Ce doux moment permettait à Guillaume de ne pas penser au chômage le
menaçant et pouvait chasser sa récente rupture de la tête ; tandis que Solène oubliait son fils de
deux ans tout le temps dans ses jambes et son second qui ne faisait toujours pas ses nuits. »

Les Lectures de Maud :

Tout commence par un cambriolage qui tourne mal, des millions d’euros en bijoux volés. Des suspects ? Oui, les déménageurs de l’après-midi… La victime établit le portrait-robot, tout parait facile dans cette enquête. Et pourtant le lecteur va rapidement se rendre compte que ce n’est que le début de multiples rebondissements. Le gang est le coupable idéal, ce sont des voleurs, alors les voici les coupables désignés, la victime les a identifiés. Mais voilà où se trouve le butin ?

Tim, personnage attachant, geek, va se retrouver entraîner dans cette sombre histoire où les apparences sont parfois trompeuses. En moins de deux jours, il va voir sa vie totalement bousculée. Quel va être son rôle ? A-t-il conscience des conséquences de ses choix ?  D’autres personnages sont très vivants et bien représentés.

Une écriture fluide, dynamique, une histoire addictive. Un véritable page turner où le lecteur est emballé. Un très bon moment de lecture. L’auteur met à bas les préjugés, les clichés et rend sa superbe à ce récit très original !!! Un plaisir de lecture ☺

Surface- Olivier Norek


Le livreSurface d’ Olivier Norek Paru le 4 Avril 2019 aux éditions Michel Lafon. 19.95€  ; (424 pages) ; 23 x 15 cm.

4ème de couverture :

Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.

Là-bas, personne ne veut de son enquête.

Noémie Chastain, capitaine en PJ parisienne, blessée en service d’un coup de feu en pleine tête, se voit parachutée dans le commissariat d’un village perdu, Avalone, afin d’en envisager l’éventuelle fermeture.
Noémie n’est pas dupe : sa hiérarchie l’éloigne, son visage meurtri dérange, il rappelle trop les risques du métier… Comment se reconstruire dans de telles conditions ?
Mais voilà que soudain, le squelette d’un enfant disparu vingt-cinq ans plus tôt, enfermé dans un fût, remonte à la surface du lac d’Avalone, au fond duquel dort une ville engloutie que tout le monde semble avoir voulu oublier…

L’auteur Olivier Norek est écrivain et scénariste, membre de la Ligue de l’imaginaire. Il est lieutenant de police à la section Enquête et Recherche de la Sous-Direction de la Police Judiciaire (SDPJ) en Seine Saint-Denis (93) en disponibilité. Il est l’auteur de 5 romans  aux  Éditions Michel Lafon:     Code 93, 2013 ;     Territoires,  2014 ;     Surtensions,  2016- ;  Entre deux mondes, 2017 et enfin Surface, 2019

 

 

 

 

 

Extrait :
« L’enfer reste toujours le regard que les autres portent sur nous. Comme un jugement. Le regard qui nous examine, celui qui nous empêche d’oser, celui qui nous freine, celui qui nous peine, celui qui nous fait nous aimer ou nous détester ».

Les P’tits papiers de So

Surface

Loin du 93 et de Calais, Olivier Norek nous emmène cette fois en Aveyron.

Ce qui pourrait sembler être un lieu hors du temps, est pourtant un lieu de vie. Bien sûr, on y cotoie le mal, les secrets, la noirceur, mais Olivier Norek sait rendre vivant ce qui ne l’est plus, sait toucher les gens.

Loin de sa trilogie de banlieue, loin de Calais et sa jungle, Surface est très différent de ce que l’auteur a pu écrire jusque là, toujours empreint d’humanité, mais plus intime, plus viscéral.

Surface pourrait être le roman du combat intérieur, celui de la reconstruction, celui de l’espoir.

Noémie, son héroïne, est un sacré bout de femme, particulièrement touchant.

J’ai un instant, considéré que c’était une véritable prise de risque que de choisir une héroïne, ben oui, je suis une femme et j’ai craint de côtoyer le temps d’une lecture un personnage féminin caricatural.  Mais c’était sans compter sur la sensibilité de l’auteur pour rendre ce personnage féminin vrai et sincère et si proche.

La plume de l’auteur est toujours aussi sûre et aussi efficace, dès les premières lignes, il nous attrape au vol, pour ne plus nous lâcher, avec comme toujours, ce supplément s’âme dont il a le secret.

Surface, c’est l’histoire de cette femme flic défigurée pour qui tout s’effondre, c’est celle d’un village de campagne, de ses villageois, de ses policiers. Surface, au fond, c’est notre histoire. Celle de chacun d’entre nous, avec ses souffrances, ses combats intérieurs, ses (re)construction. Surface c’est ce fil qui nous raccroche à la vie et qui lui donne du sens.

Ce roman rend noble ce qui ne semble pas l’être, en cela, l’auteur nous montre encore une fois, que l’humanité, bien que retorse ; est belle. Il sait apporter de la lumière dans l’obscurité, comme une fée, avec sa baguette magique, avec ses mots.

Olivier Norek montre encore une fois, qu’il a plus d’un talent sous sa plume, et qu’il compte bien nous surprendre encore et encore par ses histoires…..

Crow de Roy Braverman


Le livre : Crow de Roy Braverman.  Paru le 14 mars 2019 chez Editions Hugo Thriller. 19,95 € ;  ( 352 pages)   ; 14 x 21cm

4ème de couverture :

Des déserts arides du Mojave jusqu’aux Brooks Mountains dans le nord de l’Alaska, du pays des crotales au territoire des ours et des loups, une chasse à l’homme haletante et sans pitié.

Traqueur ou traqué, homme ou femme, prédateur ou victime, peu importe : le système ne pardonne jamais. Surtout pas aux innocents.

 

 

L’auteur : Plus connu sous le pseudonyme de Ian Manook, Patrick Manoukian, alias Roy Braverman, est l’auteur de la trilogie mongole à succès, Yeruldelgger parue chez Albin Michel entre 2013 et 2016. Le premier opus de la série a été récompensé en 2014 par seize prix des lecteurs, dont le Prix des lectrices de Elle, le Prix SNCF du Polar et le Prix Quais de Polar. Après Hunter (2018), Crow est le deuxième titre d’une trilogie américaine publiée chez Hugo Thriller. Ils seront suivis de Freeman, à paraître en 2020.

 

Extrait :
« Vous ne savez rien faire d’autre que de vous venger. Votre système est plus violent que les criminels qu’il enferme. Vous concentrez sur ceux que vous condamnez toutes vos haines instinctives, toutes vos craintes irrationnelles, parce que vous avez peur de voir en eux le reflet de vos vengeances. Pour justifier votre système, vous vous arrangez pour que ceux que vous enfermez finissent par ressembler à l’image que vous vous en faites. Alors, ils deviennent à vos yeux des enragés qui ne méritent rien d’autre que des cages à chiens. Des enclos où la loi, au nom de laquelle vous les avez condamnés, ne s’applique pas. »

 

L’accroche de Miss Aline 

Crow, Roy Braverman

 

Un collecteur de dettes qui file le train de Groove. Des ados qui se font ramasser par un type en apparence sympa et généreux. Un bus scolaire qui roule sur quelque chose qui ressemble à un corps.

Une ourse qu’il faut abattre parce qu’elle a gouté de la chaire humaine. Exit les viandards, la shérif Sarah Malkovich va faire appel à une trappeuse assermentée. Cette dernière va trouver un deuxième corps « gardé » par une meute de loup. Deux corps, deux signatures, deux tueurs dans les parages.

 « Je vais devenir ce qu’il ont fait de moi », ce sont les derniers mots d’Hunter dans l’opus précédent. A-t-il passé le cap pour devenir un tueur ?  En tout cas c’est ce que pense le FBI qui envoie sur place  l’agent Delesteros réintégrée pour les besoins de l’enquête, sous le commandement de l’Agent Spécial Cage.

Trop de testostérone. Trop d’ambition. Trop de certitude. Trop d’égo. Rapport de force constant où chacun sera tour à tour chasseur ou chassé. Quel prix faudra-t-il payer pour faire surgir la vérité ?

Le voilà enfin ce deuxième opus ! Les premiers chapitres défilent. Ton impatience est tenue en laisse. Il faut (re)faire connaissances avec tous les protagonistes. Comme une immersion progressive pour mieux te lier ensuite à l’intrigue et au devenir de chacun.

Immersion aussi au cœur de l’Alaska, sa nature luxuriante, son règne animal. Je vois tout : la beauté des paysages, les rivières ; l’ourse qui se dresse sur ses pattes arrières, qui hume l’air ; les loups meute organisée.

Immersion dans les conflits humains : conflit hiérarchique, conflit d’égo, conflit des genres.

L’auteur nous réserve bien des surprises dans son roman. Les rebondissements sont nombreux. La vérité a un dur combat à mener pour émerger. Il faut creuser et voir chacun sous son vrai visage. La vérité a un prix, la vengeance aussi. Ce prix est-il justifié ?

Roy Braverman à su, encore une fois, m’embarquer dans l’aventure. Admirative d’une force d’écriture qui m’immerge, le temps d’un livre, dans un autre espace temps. Qui me fait voyager jusqu’en Alaska sans avoir pris l’avion.

Crow, un roman comme un miroir humain. Qui montre l’individu dans ce qu’il a de beau mais aussi de plus noir.

Roy Braverman qui me fait relire deux fois la fin. Quel est le petit indice qui s’y cache qui me laisserait entrevoir la suite ?

A suivre…

Un grand merci aux Editions Hugo Thriller pour cette lecture tant attendue. Merci également à Roy Braverman pour sa force d’écriture qui embarque et pour ses quelques mots en dédicace.

Bonne lecture.

Trauma zéro de Elly Rosemad


Le livre : Trauma zéro de Elly Rosemad. Paru le 27 septembre 2018 Éditions De Saxus.
19,90€ ; (315 p.) ; 14,5 x 22 cm

4ème de couverture :

L’euthanasie vient d’être légalisée.
Un médecin va en profiter pour semer la mort.

Gabriel, un jeune médecin séduisant et talentueux, va profiter de cette opportunité pour assouvir ses pulsions criminelles et sadiques à l’insu de tous. Ses proies seront des femmes en fin de vie, mais leur mort sera tout sauf paisible.

Dans le même hôpital, Maddy, une psychologue au caractère rebelle abîmée par la vie, a mis au point Trauma Zéro, un protocole expérimental destiné à effacer les traumatismes de la mémoire des patients. Mais l’expérience a été suspendue suite à un accident.

Alors qu’elle tente de la remettre sur pied pour oublier ses propres souvenirs douloureux, elle essuie le refus de ses collègues. Désemparée, elle ne sait plus vers qui se tourner. Pourtant un événement va tout changer. Un jour, elle surprend Gabriel en plein meurtre. Mais contre toute attente, Maddy lui propose le plus inattendu des pactes : ne pas le dénoncer en échange de son aide pour s’appliquer le protocole Trauma Zéro.

Un jeu dangereux débute alors entre eux et ses conséquences seront terribles…

Un thriller psychologique intense !

 

L’auteur : Elly Rosemad est psychologue de formation.
Trauma zéro est son premier roman aux Éditions De Saxus.

 

 

 

 

 

Extrait :
« Gabriel lui adressa un dernier sourire. Un dernier regard insistant, de ceux que l’on n’oublie pas. Si seulement Bérénice savait ce qu’il s’apprêtait à faire. Si seulement tous avaient connaissance de la véritable raison pour laquelle il avait fait en sorte que l’euthanasie soit accessible à tous les patients dans cet hôpital, même les plus démunis. Par les temps qui couraient, il était exceptionnel de voir un hôpital prendre en charge les frais médicaux, et ce pour tous les patients. La sécurité sociale avait désormais entièrement disparue et, avec elle, la possibilité de couvrir les dépenses médicales par ce dispositif. Seuls les plus aisés pouvaient permettre de ses soigner ou de demander l’euthanasie. Les centres hospitaliers étaient finalement devenus des entreprises comme les autres, avec une exigence de rentabilité. »

 

 

Le ressenti de Jean-Paul

 

Bonjour à toutes et à tous…

 Nous sommes en 2025 – L’euthanasie vient d’être légalisée.

 Attention !

Style très direct, Elly Rosemad sous couvert d’un roman d’anticipation, ne tourne pas autour des mots. Elle tranche, elle cogne, elle traumatise… Ici pas de fioritures !

Âmes sensibles passez votre chemin !

 Trauma Zéro est un thriller psychologique très réussi qui m’a pris aux tripes. La lecture est très rythmée, haletante et dérangeante parfois, mais n’est-ce pas ce que l’on attend parfois.

Elly plante le décor dès le début, un hôpital qui fait des recherches, des personnages attachants ou répugnants… Ça c’est fait !

Dès la lecture commencée il m’a été très difficile de m’arrêter, tant l’atmosphère est particulière…

Angoissant, terrifiant, impuissance de certains médecins, la puissance de certains autres, avec un réalisme incroyable. Elly tisse une véritable toile d’araignée où je me suis englué dans ce récit gigogne.

 La mort y est omniprésente et tous les personnages ont des fêlures, des psychoses, sont mals dans leur peau.

Je ne dévoilerai rien de plus pour que vous découvriez par vous-même la puissance de cette plume.

 J’ai passé un excellent moment de lecture…

J’avoue que depuis plusieurs années, je fais parti de ceux qui souhaite que l’euthanasie soit acceptée pour une fin accompagnée de bien-être.

Mais là, Ça fait peur !!!

 Trauma Zéro, un vrai coup de poing qui ne peut laisser insensible…

Merci Elly Rosemad pour ce premier roman…

Rosemad. Tout un programme même dans le nom de l’auteur

 

Un grand merci aux éditions De Saxus…

Récidive – Sonja Delzongle


Le livre : Récidive de Sonja Delzongle. Paru le 8 mars 2018 aux Éditions, Folio. 8,30 € ; 480 p. ; 10,8 x 17,8 cm.

4ème de couverture :

New York, printemps 2014. Hanah Baxter, profileuse française qui traque les tueurs en série, est de retour chez elle après un voyage en Californie. Elle a assisté à l’exécution de Jimmy Nash, un meurtrier sadique qu’elle avait aidé à capturer et qui voulait lui faire une dernière confession. Peu à peu, des événements étranges envahissent son quotidien. De mystérieux appels anonymes retentissent à toute heure. Des réminiscences inexplicables hantent ses nuits. Et la terreur s’empare d’elle… Saint-Malo, hiver 2014. Du haut des remparts, sorti de prison, Erwan Kardec contemple la mer en savourant sa liberté. Il y a trente ans, il a tué sa femme à mains nues, devant leur fille, Hanah. Jamais il n’aurait été démasqué si la fillette n’avait eu le courage de le dénoncer. Malade, nourri d’une profonde haine, il n’aura de cesse de la retrouver avant de mourir. Le compte à rebours est enclenché, la confrontation sera inévitable. Mais la vérité n’est pas toujours celle qu’on imagine…

 

L’auteur : Née en 1967 d’un père français et d’une mère serbe, Sonja Delzongle a grandi entre Dijon et la Serbie. Après un DEUG en Langues et Lettres Modernes, elle s’attaque au concours de l’École des Beaux-Arts de Dijon et obtient un diplôme au bout de six ans. Elle peint et expose durant une quinzaine d’années, puis devient journaliste en presse écrite à Lyon… Après l’écriture d’une nouvelle devenue depuis un roman court, La Journée d’un Sniper, elle publie un premier thriller À titre posthume, puis Le Hameau des Purs, en 2011. La lecture d’ouvrages sur les serials killers combinée avec sa passion pour le continent africain, également visible sur ses toiles, l’incite à s’engager dans l’écriture de son roman Dust qui paraît en 2015 chez Denoël. L’ouvrage connait un succès éditorial et public. En 2016, paraît Quand la neige danse, toujours chez Denoël, qui met également en scène la profileuse Hanah Baxter et dont l’action se passe non plus au Kenya mais dans le froid nord-américain. Récidive paru en 2017 nous offre une troisième enquête… Sonja Delzongle vit toujours à Lyon.

 

Extrait :
“Le brouillard s’intensifie, les chutes de neige redoublent. Il est 22h53. Le capitaine a les yeux rivés sur le rocher où se trouve le phare. Ses paupières brûlent. Une fraction de seconde, il croit distinguer une lumière. Enfin ! Mais aussitôt, une nouvelle nappe de brouillard la voile. Puis elle réapparait. Un faisceau lumineux qui passe de rouge au vert.
C’est lui, c’est le phare du Grand Jardin ! On est sauvé ! Exulte William Gregory. C’est le moment, la chance d’entrer dans la passe et d’arriver au port. Le capitaine donne ses ordres, la manœuvre délicate est amorcée.
Et soudain, le choc, d’une violence inouïe, dans un fracas épouvantable. La coque du navire se déchire sur les arrêtes des récifs sombres émergeant des flots à tribord. Les passagers sont propulsés dans tous les sens comme des pantins. Des têtes heurtent le sol, les tables. Le sang jaillit déjà sur le Hilda. Des étagères se décrochent vont s’écraser les unes sur les autres, des piles d’assiettes valsent, des vitres explosent. Des pleurs, des cris de détresse emplissent l’intérieur du paquebot. On cherche ses proches, on tombe, on tente de se relever, tombe de nouveau pour, parfois, assommé ne plus se relever.
Mary serre ses deux enfants contre elle, les battements de son cœur soulèvent sa poitrine. Elle sent les leurs sur son ventre. Elle sait qu’ils vont mourir. Tous les trois, ensemble.“

 

Le ressenti de Jean-Paul

Récidive de Sonja Delzongle

Bonjour à toutes et à tous…

 

J’avais déjà été emporté par Dust, et Quand la neige danse, dans Récidive, Sonja élargit l’univers de Hanah Baxter, par rapport aux deux autres tomes. Ici, les enquêtes prennent moins d’importances au profit d’une profondeur dans les portraits psychologiques des personnages. Le fil rouge du roman tourne autour de la famille de Hanah, son père bien sûr, sa mère, son oncle, mais il y aura aussi bien d’autres surprises.

Comme a son habitude, Sonja nous offre une très belle écriture, très différente des polars habituels. Une dose de poésie dans ses descriptions font aussi vivres les lieux.

Ici les côtes sauvages de la Bretagne…

C’est un univers très visuels. Sonja conçoit ses romans comme des scénarios. Les flash-backs récurants, les différentes histoires qui s’entrecroisent, chaque petit détail compte, ses descriptions sont pointues et méticuleuses. Les actions et les événements s’enchaînent les uns derrière les autres, ne laissant aucun répit aux lecteurs et ce jusqu’au final…

 

J’ai trouvé ce tome plus puissant que les deux premiers. J’ai ressenti une implication de Sonja peut-être “plus personnelle”. J’ai eu l’impression qu’elle y a mis ses tripes. Hannah est malmenée tous le long de ce roman, Physiquement et psychologiquement, et de thriller… j’ai glissé petit à petit vers un univers noir, sans concessions…

 

Bravo Sonja, c’est du grand art !!!

 

 

Le dernier festin de Fabio M.Mitchelli


Le livre: Le dernier festin de Fabio M.Mitchelli, paru chez French Pulp Editions le 11 octobre 2018. 18€  ; (382 pages.) ; 14 x 21cm 
 
4ème de couverture:
J’étais froide.
J’étais froide car j’étais morte depuis déjà cinq jours. Abandonné au cœur de cette épaisse forêt, mon corps avait été livré en pâture aux bêtes sauvages qui n’avaient pas perdu de temps pour débusquer mon cadavre.Inspiré du « Monstre de Rostov », Andreï Tchikatilo célébre criminel qui dévorait ses victimes.Clarisse est morte. Elle ouvre les yeux sur son corps mutilé, entouré par la police scientifique qui s’affaire sur la scène de crime de son propre meurtre, quelque part sur une route de montagne des Alpes françaises…Clarisse va vivre ses derniers instants post-mortem dans une bien singulière situation : celle de refaire à l’envers le chemin des heures qui ont précédé sa mort, afin de confondre son propre meurtrier.Chris Lanzman, officier de police judiciaire, va chercher à découvrir ce qui a bien pu se produire cette nuit-là, sur cette route isolée. Egalement chargés de l’affaire, deux autres enquêteurs accompagnés d’un médium vont tenter d’entrer dans la tête du redoutable criminel.

Mais à trop vouloir approcher le monstre, on en oublie parfois que la vie ne tient qu’à un fil…

L’auteur: Fabio M. Mitchelliest né à Vienne (Isère) en 1973, musicien et écrivain, auteur de thrillers psychologiques, true crime, romans et nouvelles.
Pour ses ouvrages, l’auteur s’inspire de faits réels, d’affaires criminelles médiatiques du 20ème siècle et tisse une toile de fiction
En 1988, il découvre Edgar Allan Poe et se passionne pour ses œuvres. « Double assassinat dans la rue Morgue « sera son premier émoi littéraire et le déclencheur d’une passion pour l’écriture et la littérature noire.
En 2010,une modeste maison d’édition donnera sa chance à l’auteur en publiant son premier thriller fantastique.
Fin 2014, « La Compassion Du Diable », paru aux éditions Fleur Sauvage, sera l’un des coups de cœur du célèbre libraire Gérard Collard, et sera rapidement encensé par la critique. Surnommé « le livre bleu », l’ouvrage devient rapidement un best seller.
Extrait:
« L’amour avait ce putain d’arrière-goût des souvenirs fanés lorsqu’il disparaissait, il avait la consistance d’un pétale de rose desséché, craquant et racorni, sec en bouche, avec cette saveur amère qui nous rappelle que rien n’est immuable. »

LE OFF DE OPH

Le dernier festin de Fabio M.Mitchelli ou la chronique de l’abandon

Le dernier festin est un roman qui fait beaucoup parler de lui depuis sa sortie. Beaucoup l’ont adoré, Gérard Collard l’a encensé et moi… Je l’ai abandonné.

Le roman s’ouvre sur Clarisse qui vient de mourir. Elle se voit, morte, son corps abandonné dans la forêt. Pendant plusieurs pages on la suit, ou plutôt sa conscience, dans la recherche de son meurtrier. Et déjà là, je coince… Entre rêves, réalité, lymbes, je me suis rapidement perdue dans l’histoire. De ce point de départ, Fabio M. Mitchelli lance diverses lignes qui n’ont pas trouver de cohérence dans mon esprit. Je me suis rapidement égarée dans ces histoires, errant dans le labyrinthe de son univers sans trouver le fil d’Ariane qui aurait pu me sauver. Dans ce monde trop onirique, je n’ai su trouver mes repères et j’avoue avoir assez vite décroché, me forçant à poursuivre ma lecture. Je me suis accrochée mais j’ai fini par abandonner à 196 pages.

Je n’ai rien contre le thriller fantastique, au contraire. J’aime la magie, la science-fiction, l’imaginaire, les dystopies et tout ce qui peut me ramener à ma part d’enfant qui voulait croire que les sorcières, les elfes, les fantômes et les mages n’existaient pas que dans les contes de fée. J’aime ouvrir mes chakras et me laisser transporter aux frontières de notre réalité, mais ici la magie n’a pas opéré.

Cet échec, parce qu’abandonner un livre est pour moi un échec, ne remets aucunement en cause l’écriture de l’auteur. Fabio Mitchelli a une très belle plume, un style poétique et très recherché. Le phrasé est de grande qualité et il arrive sans difficulté à faire naître ,dans l’esprit de son lecteur, les images de qu’il nous narre. Ce sont des qualités d’écriture auxquelles je suis particulièrement sensible. Mais malgré ces aspects, je n’ai pas pris de plaisir dans ma lecture.

C’est donc la chronique d’un abandon. Et je suis la première à le regretter.

Le Vol de Lucrèce de Luce Marmion


Le livre : Le Vol de Lucrèce de Luce Marmion. Paru 4 Novembre 2016 aux Editions Pavillon Noir. 14.00 euros. 350 pages. 20 x 2,6 x 12 cm

4ème de couverture :
Jamais Adrien Magadur n’aurait pu imaginer qu’une banale enquête sur le vol d’une œuvre d’art le plongerait au fond de la folie destructrice, le précipiterait dans le vide… Une peinture de grande valeur nommée Lucrèce, vient d’être dérobée chez un particulier parisien. Le portrait de la jeune Romaine, prête à s’enfoncer un poignard dans le sein, attise la convoitise d’un collectionneur idolâtre, mais aussi celle, plus surprenante, d’un cartel de narcos. Avidité, cupidité, vénération fanatique pour l’art peuvent mener à des actes insensés, au crime. À travers un imbroglio émotionnel, les acteurs du récit, personnages complexes et tourmentés, sont emportés dans un drame où se mêlent passion, amitié et trahison. Chargé de retrouver le tableau de Cranach, Adrien Magadur, un privé à la déontologie douteuse, paiera de sa personne. Avec son âme-frère, un capitaine aux Stups du 36, il poursuit sa quête dans une atmosphère sombre et se laisse jusqu’au bout surprendre par de singuliers rebondissements.

L’auteur : Après avoir commencé des romans sans les aboutir, Luce MARMION, parisienne, voit son manuscrit reconnu par un comité de lecture. Luce Marmion se définit actuellement comme auteur de polars chez Corsaire Editions. Le Vol de Lucrèce est le premier thriller de Luce Marmion qui vit à Paris et consacre son temps à l’écriture.
Extraits :
« Lorsque ses proches quittaient Paris, Magadur se sentait comme un vieux chien abandonné, inutile. Pourtant, il ne les voyait pas tous les jours. Dès les premières minutes qui suivirent leur départ d’Orly, il ressentit un grand vide. »

Les Lectures de Maud :

Le Vol de Lucrèce de Luce Marmion


Nous voici plongés dans la première enquête de l’Agence Demorsy. Une équipe de privés qui va devoir mettre en échec un voleur d’œuvres d’art, puis un groupe de trafiquants de drogue. Se pourrait-il que les affaires soient liées ?

Adrien Magadur, un ancien flic des Stup, va se retrouver à enquêter, parfois en marge de son équipe ; afin de résoudre les différentes énigmes qui se succèdent. Un personnage bourru mais attachant. Cette équipe va devoir faire face à de multiples embuches, à des impasses, avec une cohésion de groupe également amicale.

Un rythme soutenu, les pages se tournent toutes seules, tant l’envie de connaitre la suite se fait sentir. J’ai été emporté par cette quête de retrouver « Le Lucrèce », et sensible à tous les obstacles que les différents personnages vont devoir surmonter, tout particulièrement Maga. Cette histoire addictive vous amènera au dénouement final sans vous en rendre compte.

L’auteur nous entraîne, avec une plume que j’affectionne particulièrement, dans une sombre affaire, avec au premier rang « l’Art », on ressent la passion de l’auteur pour la peinture. Un régal de lecture, un excellent moment, j’en redemande !!!

Mention : Premier roman

Je recommande vivement la suite, « Le Mur dans la Peau » qui nous présenteront bientôt sur ces pages ðŸ˜Š

Je remercie les éditions Polars pavillon Noir pour leur confiance ðŸ˜Š

Cross -Marc S. Masse


Le livre : Cross de Marc S. Masse – Paru le 08octobre 2018 aux Flamant Noir Editions – 19€50 ;  (272 pages) ; 22 x14 cm. – e-pub 9.99 €

 4ème de couverture :

Éric Milan, ex-policier devenu détective privé, boucle péniblement ses fins de mois quand un client lui propose une mission singulière : participer à une course de l’extrême – pour identifier un coureur chevronné et le tuer. Milan n’a rien d’un tueur à gages ni d’un athlète de haut niveau, mais la contrepartie financière est alléchante. Le détective s’élance, incognito, parmi les nombreux participants. Malgré l’effort intense, il parvient à garder la cadence mais sa mission va prendre une nouvelle tournure lorsqu’un coureur est retrouvé mort sur le bord de la route. (…) Milan veut mettre fin au contrat. La menace est palpable.  Pourtant son client insiste : il doit continuer… Franchira-t-il la ligne ?

 

L’auteur :  Né dans la région lyonnaise, Marc Masse est diplômé d’une business-school. Il a passé de nombreuses années dans des grandes sociétés d’ingénierie, françaises et étrangères, d’abord comme responsable de la négociation de grands projets puis a occupé diverses fonctions de management. Son métier l’a amené à voyager dans la plupart des continents. Il a vu ses équipes prises en otages au Nigéria, fréquenté la Libye, connu la guerre en Irak, rencontré des espions du KGB, sorti ses collaborateurs de prison. Sa vision de la géographie n’a rien de touristique. Quand il entend le mot « culture », il sort son dictionnaire. Ses pérégrinations ne lui ont pas fait oublier ses passions : en premier lieu l’écriture. Il y a des choses que l’on n’invente pas. Chez lui, la fiction se construit sur un fond de vérité, avec une dose d’humour. Sans humour, on n’est rien du tout. Il a déjà commis six romans du genre thriller, avec pour cadre l’entreprise, le monde des chevaux de course et des pays lointains, mais pas réputés touristiques. « Cross » est le premier-né sous l’aile de Flamant Noir, vous avez intérêt à avoir du souffle. On pourrait vous dire qu’il aime les animaux, ne boit pas, ne fume pas, respecte les limites de vitesse, traverse dans les passages piétons. Nul n’est parfait. Mais est-ce bien sûr ? Avant de l’accuser, il faudra présenter des preuves et qu’elles soient solides. Mais ça, c’est une autre histoire… Il est aujourd’hui l’auteur de 7 romans.

Extraits :
« L’accumulation des obstacles combinée à l’épuisement physique génère un entêtement halluciné. On continue parce que l’on continue. Parce que l’on éprouve une hargne intense contre la difficulté, une rage de la vaincre, une obstination qui porte au-delà du raisonnable et aussi parce que s’arrêter puis repartir s’avérerait impossible. Mon niveau d’abrutissement est tel que j’en oublie ma blessure, sensation noyée dans un océan de souffrances dont je ne tiens plus le compte. »
« Pour résumer : je travaille pour un client dont j’ignore l’identité sur une affaire qui n’est pas de mon domaine, à la poursuite d’un fantôme, ce qui m’oblige à me consacrer à plein temps à une épreuve sportive qui n’est plus de mon âge. Pour quelqu’un qui prétend exercer un métier où la logique et la raison sont les règles de base, il y a de quoi se remettre en question. Et pour couronner le tout, l’objectif final : assassiner quelqu’un est en complète contradiction avec la loi, l’éthique et la déontologie professionnelle. Je me suis laissé entraîner où je n’aurais jamais voulu et dû aller. Tout ça à cause de l’attrait d’une belle somme qui me tirerait d’affaire.
Éric, tu as fait une connerie… ! »

  La chronique jubilatoire de Dany

Cross -Marc S. Masse

 

Eric, le narrateur, détective privé, ancien flic, en instance de divorce et quasi sans le sou (clichés !) se voit contraint de passer «du côté obscur» en acceptant un contrat sur la tête d’un chauffard en participant à une course de l’extrême. Au bout de quelques foulées, le lecteur se doute bien qu’il a été manipulé et que le commanditaire cache sa vérité.  Tous les suspects rencontrent des sorts peu enviables et douloureux.

C’est en accompagnant Eric, cet antihéros, ce loser, dans l’épreuve, en esquivant avec lui les pièges de ses poursuivants, en immersion au sein des coureurs que l’on découvre avec plaisir les difficultés du cross, en milieu hostile.

Des chapitres courts, une narration à la première personne, maintiennent le rythme jusqu’au twist final à double détente et j’ai apprécié le style de cet auteur dont je lis un roman pour la première fois, alors qu’il en est à son septième. L’humour et la dérision sont toujours là. Une belle découverte. Il faudra lui demander s’il est pratiquant de fond car les coulisses et ressentis sont très bien documentés.

 

Extrait :
« Il faut miser aussi sur la force de son dialogue intérieur. Enregistrer les phrases bien choisies qu’on va se répéter en boucle pour avancer, pour traverser les moments pénibles, pour dépasser, comme ils disent, les limites normales de son organisme :
  • « Go, go ! »
  • « Allez, encore ! »
  • « J’en ai marre, marre. »
  • « On continue, encore et encore ! »
  • « Souviens-toi. Pourquoi es-tu là ? »
  • « Un pas et un pas encore, à l’aise. »
  • « Je me sens bien, bien. »
  • « Léger, je flotte, super ! »
Mais le mieux c’est encore de faire le silence. Parvenir à se transformer en robot, une machine à abattre des kilomètres, sourde à la douleur. Je ne prône pas l’anesthésie, mais tout au contraire de passer à un niveau de conscience supérieur. Une sorte de méditation transcendantale qui en gérant la souffrance, permet de changer sa manière de prendre la course. »

 

Le miroir aux fruits de la passion de Richard Louis


Le livre : Une enquête du chef Michel-Arthur Chevalier, Le miroir aux fruits de la passion.  Paru le 28 mars 2018  aux éditions L@ Liseuse. 19.90 € ; (280 pages) ; 15 x 23 cm

4ème de couverture :

Première enquête du chef Michel-Arthur Chevalier

Panique à Matignon : l’ambassadeur de France en Italie a disparu et son chef de cuisine a été assassiné. Pour rester le plus discret possible, le gouvernement français dépêche sur place le meilleur élément de la brigade spéciale du Premier ministre : le cuisinier Michel-Arthur Chevalier, alias Mac. Pendant qu’il enquête dans les arcanes du Saint-Siège, tout en goûtant aux trésors de la gastronomie italienne, de vieux ennemis se rappellent à lui et l’obligent à se replonger dans des souvenirs qu’il aurait préféré ne pas voir ressurgir…

Un roman palpitant dans lequel l’esprit de déduction et l’appétit sont tous deux aiguisés par une intrigue au moins aussi savoureuse que les recettes dévoilées à sa suite.

 

L’auteur : Richard Louis est issu d’une famille avignonnaise. Son arrière-grand père tenait une épicerie fine et son père restaurateur et traiteur à côté du Palais des Papes. Après avoir tenu le restaurant familial au début de sa vie professionnelle, Richard Louis s’est orienté vers une carrière dans la communication globale pour des entreprises régionales et nationales, tout particulièrement dans le domaine de la restauration. Sa passion pour l’écriture date de l’époque où il faisait du théâtre et où il avait tellement eu de plaisir à jouer une pièce qu’il s’était proposé d’en écrire la suite. Finalement, le temps qu’il parvienne à la fin, certains des comédiens avaient quitté le théâtre et, la pièce n’a jamais été jouée ! Alors, il en a écrit une autre, et puis il s’est lancé dans la narration des romans policiers … Ainsi, c’est au petit matin qu’il s’adonne à sa passion pour l’écriture. Dans ces ouvrages, il met en scène un personnage récurrent, Michel-Arthur Chevalier (alias MAC), un enquêteur qui est également chef de cuisine. Richard Louis, en amateur des mots mais également de saveur culinaire, propose à la fin de chacun de ses romans, les recettes des plats qu’il évoque dans ces récits. À ses heures perdues, l’auteur aime aussi jouer de la musique, dessiner, peindre ou sculpter.

 …

 

Extraits :
«  Le type qui m’avait renseigné n’était pas un enfant de chœur, pour qui connaissait son pedigree. Il m’avait Supercontacté par téléphone et, pour sa sécurité, n’avait jamais voulu que l’on se rencontre. Il m’avait tout balancé d’un coup. Il m’avait dit « qu’il y avait des choses qui ne se faisaient pas. En particulier, faire du mal à des enfants ». Il avait ajouté qu’il avait participé, au Rwanda, à une action punitive qui avait coûté la vie à vingt-huit enfants d’un village rebelle. Le temps avait passé, mais il avait toujours beaucoup de mal à s’en remettre. Je n’y croyais pas vraiment.»

La chronique jubilatoire de Dany

Le miroir aux fruits de la passion de Richard Louis

Un roman de 232 pages en fait, car la fin est un recueil de recettes : les recettes bien contemporaines de MAC pour les amateurs comme dans la série de Michèle Barrière qui reprenait les recettes médiévales.

Une narration sur trois époques permet au lecteur de reconstituer l’histoire douloureuse de Michel-Arthur Chevalier (MAC), membre d’un corps d’élite attaché au premier ministre du gouvernement français, sous couverture de son métier de cuisinier.

Les amoureux de Rome retrouveront avec plaisir les décors somptueux de la capitale italienne où la précision des descriptions peut nuire au rythme de l’intrigue.

Quant au contexte de l’action, la revue de presse très documentée et restituée in extenso nuit elle aussi au déroulement dynamique du récit.

En résumé une bonne intrigue sur le sujet sensible de la pédophilie au sein de l’église, entravée dans sa narration par un trop plein de précisions.

 

« Ah, c’était trop beau ! Cela faisait bien trois mois que j’étais resté tranquille dans ma cuisine à essayer de nouvelles recettes. Et, après ma dernière place, j’avoue que j’en avais bien besoin ! J’en venais même parfois à oublier que je pouvais sortir de ma cuisine. C’était un phénomène très particulier. Je m’y sentais vraiment en sécurité. Le monde extérieur n’existait presque plus. Il s’arrêtait au passe, cette fameuse barrière qui protégeait la cuisine de la salle et… vice-versa ! »

 

« J’avais prévu un repas dégustation, à prendre sur la terrasse. Il avait fait très beau toute la journée et je pensais qu’une soirée sous les étoiles, avec quelques lampions accrochés aux arbres et le grand photophore sur la table, serait du plus bel effet. J’avais composé un plateau de tapas chics, faciles à manger et variées, car je ne connaissais pas encore ses goûts. Il comprenait, entre autres, despiquillos à la brandade de Nîmes[R] – la brandade Raymond, la vraie, sans pommes de terre – de la tapenade noire maison aux figues[R] – une recette d’un ami turc –, des chips de betterave[R], des sucettes de volaille[R] et différentes petites verrines apéritives[R]. J’avais également préparé des américanos[R], un cocktail que je buvais allongé avec du Schweppes. Verre givré avec une tranche d’orange fendue, en décoration, sur le rebord, piquée d’une cerise confite. Tout était prêt !

J’avais mis toutes les chances de mon côté. »